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J'�tais comme de l'herbe qu'on n'aurait pas arrach�e. Fernando Pessoa
- Tu fais quoi... ? - Arr�te !
Arr�te !
Toi, arr�te !
Tu fais quoi ?
Arr�te !
Tu vois �a ?
LE BAL D'AUTOMNE
Je te pardonne tout.
Tu aimes toujours Jaan ?
�a m'emb�te toujours quand je vois qu'un int�rieur
n'a pas �t� d�cor� par un professionnel et qu'il est bien fait.
Comment est-ce possible ? Je consid�re que c'est moi qui devrais...
Je le fais, mais...
C'est quand m�me un probl�me.
Que quelqu'un sans formation soit capable...
S'il a le sens du style...
C'est bien, ce qu'ils ont fait � l'ext�rieur.
Je sais pas si c'est fini ou pas.
�a a l'air d'�tre encore en cours.
Sympa, cette f�te.
Alors, Maurer, tu vis toujours dans cette banlieue ?
- Oui. - Pourquoi ?
Je pratique l'humilit�.
Pourquoi, vraiment ?
Tu rentres t�t.
Je suis fatigu�.
De quoi ?
Avec eux, tout doit �tre...
cosy,
agr�able et douillet.
Avec qui ?
Je peux plus supporter mes amis, mes coll�gues.
Ce cynique m'a encore attaqu�.
Il m'a demand� pourquoi on vivait ici.
Il croit peut-�tre que je suis pas sinc�re.
Quel sale type !
Mais d'ailleurs...
pourquoi on vit ici ?
Quoi ?
Tu serais quand m�me un exemple pour l'humanit� si tu vivais
plus pr�s du centre-ville.
De quoi tu parles ?
Personne ne vit ici !
Ici, l� ! Personne ne vit ici ?
Je vais manger quelque chose.
S�MINAIRE LITT�RAIRE - LA CONSCIENCE BALTE 2006
Les Lettons et leurs id�es folles...
Je ne crois pas vous conna�tre.
Je suis venu manger.
Il n'y a que �a � faire. Ces pr�sentations sont d'un ennui...
C'est tellement artificiel, la volont� permanente des Europ�ens de l'Est
- de se forger une identit�, non ? - Si.
L'Ouest ne finance que des utopies,
pour avoir la conscience tranquille.
Mais tous ces investissements ne sont qu'une prolongation du colonialisme.
La conscience balte n'existe pas.
Balte, �a veut rien dire.
Nommer les choses, c'est de la pure violence.
Vous me prenez pour une idiote.
Vous, vous savez tout.
- Tu es de quel signe ? - B�lier.
Tu vis pas du tout comme un �crivain.
Tu as lu Pessoa ?
"J'ai fait de moi ce que je n'aurais su faire,
et ce que de moi je pouvais faire, je ne l'ai pas fait."
Je l'ai pas lu. C'est qui, Pessoa ?
C'est qui, Pessoa !
Tu es diff�rent.
Tu es... vrai.
Quelqu'un de vrai.
Tu me laisseras lire ce que tu �cris ?
J'ai rien � te donner.
Tu es modeste, en plus.
Tu es peut-�tre un g�nie...
un ermite pas encore d�couvert.
Mais apr�s ta mort, ton appart miteux de c�libataire
- d�voilera le plus beau texte au monde. - Je suis portier.
Je comprends pas.
Y a rien � comprendre.
Maurer ?
J'ai vu un manchot, aujourd'hui.
J'ai vu un homme qui avait un moignon,
buvait de l'eau de Cologne et puait la pisse.
On doit parler de �a maintenant ?
Bon Dieu !
J'ai peur des manchots.
Peur qu'ils me refilent une terrible maladie.
Quelque chose de contagieux, transmissible par l'air.
C'est affreux, ce que je dis ?
R�ponds-moi, Maurer.
Je peux dire de telles choses ?
Je peux penser de telles choses ?
On peut en reparler demain matin ?
Deux pi�ces, c'est normal.
Trois, c'est d�j� du luxe.
Deux-pi�ces, cuisine, et salle de bains.
Pas mal.
Pas mal du tout.
J'ai beaucoup de chance.
J'ai fini pour aujourd'hui.
Pas question que je prenne tes clients.
Quels clients ?
J'ai plus de rendez-vous aujourd'hui.
Et la queue ?
Quelle queue ?
Kaski !
Que tu sois finlandais n'y change rien.
C'est un petit commerce.
Le succ�s ne vient pas
du jour au lendemain. Il faut �tre enthousiaste.
Je veux plus que tu appelles ici ! Tu es so�l !
Bon...
�a a l'air de fonctionner, maintenant.
Je serais pas contre un petit verre, si vous me l'offrez.
C'est une boisson de femme.
C'est doux.
- Vous avez un bel appartement, spacieux. - Oui.
Vous vivez seule ici...
- avec votre fille ? - Oui.
�a ne doit pas �tre facile, la vie est si ch�re de nos jours.
Et vous �tes toute seule...
Les adultes aussi ont des besoins, non ?
Que voulez-vous...
Ne vous en faites pas, je disais juste
que je sais ce que c'est.
Parfois, ces besoins vous submergent et...
Et �a ne s'arrange pas avec l'�ge !
Taisez-vous !
�coutez, mademoiselle, ne soyez pas si...
Je pourrais... avec vous...
Je suis un �tranger pour vous.
Nous pouvons nous parler franchement.
Il est inutile de...
Vous avez mon num�ro. N'h�sitez pas...
Laura !
Attends !
�coute...
Je veux voir ma fille.
Tu es so�l.
C'est pas juste.
Je te ferai retirer la garde.
Je sais que tu re�ois des hommes chez toi.
Crois pas que je suis pas au courant.
T'es qu'une pute !
Je te tuerai !
Lotta ! Entre, tu vas attraper froid.
Il parle de quoi, ce film ?
La femme est le personnage principal.
- Elle vit un amour interdit. - C'est quoi, un amour interdit ?
Un amour qui n'est pas permis.
Vous avez lu Pessoa ?
J'ai fait de moi ce que je n'aurais su faire,
et ce que de moi je pouvais faire, je ne l'ai pas fait.
J'en connais une aussi.
Un cochon et une poule ont tir� un coup...
Non !
Un cochon et deux poules ont tir� un coup...
C'est une blague de la r�gion de Marjamaa.
Je suis d�sol�e. T'es un mec cool.
Je voulais pas te vexer.
Une vraie charreti�re...
T'es cool.
C'est pas contre toi.
T'es tr�s cool.
Quelle charreti�re !
Je suis vraiment d�sol�e.
Si on a le temps, on te plaindra.
Je suis d�sol�e.
MERIKE - Verseau
�coutez, je me suis dit...
Si vous avez le temps et rien � faire,
vous pourriez nettoyer devant le restaurant.
Comment ?
Avec un balai, ou quelque chose comme �a.
Je suis pr�pos� au vestiaire.
On a tous nos responsabilit�s.
Je dirige et vous veillez � laisser les choses en ordre.
�a s'appelle les t�ches diff�renci�es.
Ma t�che n'est pas de faire le m�nage.
Il semble que nos opinions divergent sur ce point.
Mais c'est moi le directeur.
C'est pas mon travail de nettoyer.
Vous n'aimez pas �a ?
O� est votre veste ? La veste !
Les employ�s travaillent. Les �crivains lisent.
- F�licitations, mon salaud ! - Pour quoi ?
Tu sais pas ? Tout le monde est au courant.
- Non, je sais pas. - Tu as re�u
la Croix de Terra Mariana et 100 000 kroons.
- La Croix ? Moi ? - Oui.
C'�tait dans le journal.
Tu m'as cru ?
Non.
J'ai fait cette blague � 5 personnes. Tout le monde m'a cru !
Tu fais chier avec tes blagues d�biles !
- On t'a dit que je suis devenu fou ? - Non.
C'est l'impatience qui tue l'amour.
L'impatience des corps � vouloir vivre, et qui pourtant se meurent.
L'impatience des corps qui se meurent, et qui pourtant veulent vivre.
Et qui ne laissent passer aucune chance.
Qui veulent...
L'impatience des corps � vouloir vivre, et qui pourtant se meurent.
Des corps qui ne ratent pas une chance.
Qui veulent profiter au maximum de leur vie limit�e, diminu�e, m�diocre.
Qui ne peuvent...
Qui veulent profiter au maximum de leur vie limit�e, incapables d'aimer
parce que les autres leur semblent limit�s, diminu�s, m�diocres.
Limit�s, diminu�s, m�diocres.
Incapables d'aimer...
C'est l'impatience qui...
L'impression est mauvaise.
J'arrive pas � lire.
C'est si cher que �a ?
- Natasha ! - Oui ?
- C'est combien, "Maaja" ? - Laissez tomber.
- C'est quoi ? - Le magazine porno !
Y a pas le prix dessus ?
C'est tr�s mal imprim�, j'arrive pas � lire.
- Attendez, je me renseigne. - Laissez tomber.
Combien co�te "Maaja", le magazine porno ?
Oui, porno. C'est �crit, mais j'arrive pas � lire.
Il y a un prix, mais illisible.
- 39 kroons. - 39 ?
39, on le voit bien.
Je l'avais lu, mais �a me semblait trop cher.
39, c'est clair.
Qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce que vous faites, bon sang !
- Je voulais juste... - Sale type !
Vous allez o� comme �a ? Pervers !
Regardez ! C'est un pervers !
Regardez ! Un pervers !
Vous allez o� ?
Lotta !
Tu te souviens, je t'ai parl� des �trangers ?
Il ne faut rien accepter d'inconnus.
�a veut dire quoi, "pervers" ?
C'est tr�s important o� et comment je vis.
- Je suis pas agent immobilier mais architecte. - Je vois. Tu es un maniaque.
Ne le regarde pas.
Les psychopathes n'aiment pas qu'on les fixe.
Pourquoi le portier t'a regard�e comme �a ?
Navr� mais la cuisine est ferm�e.
Donnez-nous une bouteille de cognac.
Serveur ! Apportez-moi du champagne !
Vous �tes divine.
Comme Aphrodite sortant des eaux.
Vous savez ?
Non. Ne faites pas d'esclandre.
- Les gens nous regardent. - Quels gens ?
C'est des automates.
Vous savez, ma femme m'a quitt� pour mon meilleur ami...
Buvons !
Coucou !
Tchin-tchin.
Soyez pas si frileuse.
Si r�serv�e.
C'est pas un concours de beaut�.
Buvons !
Pourquoi tu portes toujours la m�me robe ?
- Quoi ? - Tais-toi.
J'en ai assez de cette robe.
Elle te va pas, tu as pas assez de poitrine.
Mademoiselle ! Respect !
Merci pour cette charmante soir�e.
Qu'est-ce qui va pas ?
Votre chemise est tremp�e.
Je suis d�sol�e.
- O� est partie la femme ? - Quelle femme ?
Donnez-moi ma veste.
Je suis d�sol�.
Je sais pas ce qui m'a pris.
File-moi les cl�s.
Roulons un peu.
Je vais conduire.
- Allez, on a qu'� aller chez moi. - Arr�tez.
Tu vas o� ?
Arr�tez !
Pars pas.
- Connard ! - Je fous La bagnole dans un arbre.
T'entends ?
Bien dormi ?
Tu bois �a ?
Tr�s bon.
Putain...
ma chemise est vraiment horrible.
C'est...
C'est vraiment des gros �ufs.
Des gros �ufs.
Anton !
Pourquoi t'es habill� comme �a ?
Je travaille. Un sculpteur peut pas survivre.
Ta voiture est mal gar�e.
Trois pi�ces, �a change tout.
21 000 kroons le m�tre carr�. Pas mal, hein ?
On peut dire que j'ai beaucoup de chance.
Comme tu es seul, tu devrais vendre ton appartement.
- Je sais pas. - Ou te d�goter une nouvelle femme.
O� ? Comment ? Je sais pas comment faire.
Alors, vends ton appartement.
Je sais pas aborder les femmes.
C'est pourtant tr�s facile
Il faut les aborder quand elles ovulent.
Elles sont tr�s r�ceptives pendant l'ovulation.
Mais elles sont attir�es par les hommes � la m�choire anguleuse,
et tr�s poilus.
T'es oblig� de coller �a partout ?
�go�ste !
Tu vois ? Regarde !
Ovulation ? Quelle ovulation ?
- J'ai vu �a sur Discovery Channel. - Discovery ?
Va chier !
Je crois que j'ai jamais mang� ici.
Excellente cuisine.
J'ai assez d'argent pour acheter deux bennes.
Comment ?
Deux bennes.
Location de bennes. Pour les gravats et les d�chets m�nagers.
J'en prends deux de 4,5 m�tres cubes.
Quand l'argent rentre,
je passe � 10, 15, ou m�me 30 m�tres cubes.
Pour les tracteurs, les voitures endommag�es.
T'imagines tout ce qui se construit dans cette ville.
Tous les gravats qu'il faut d�gager.
Je vais pas �tre portier toute ma vie.
C'est parfait, tout �a...
mais il faut que j'y aille.
Attends, s'il te pla�t ! Attends !
Qu'est-ce qui s'est pass� ?
Il ne s'est rien pass�.
Je dois y aller, c'est tout.
Je pensais...
qu'il y avait quelque chose entre nous.
Me dis pas que tu l'as pas ressenti.
Si, je l'ai ressenti.
Qu'est-ce qui s'est pass� ?
Th�o, je dois vraiment y aller.
Donne-moi ton num�ro.
Je t'appellerai, moi.
Tu �tais o� ?
Tu sais combien de gravats g�n�re la ville ?
- Je t'ai pos� une question. - Je vais t'en poser une aussi.
- Ah bon ? - Oui.
Alors, vas-y.
Parlons-nous franchement, pour une fois.
Franchement ?
Oui, franchement. Sans peur d'appara�tre sous un mauvais jour.
- Franchement ? - Oui, franchement.
Franchement.
J'en ai assez de toi.
De ta peau s�che. De tes yeux froids.
De ton narcissisme petit-bourgeois, si vibrant et naturel.
Mais pour moi, c'est juste de la b�tise.
Marre de ton besoin pu�ril d'attention.
Marre de ta...
...f�minit�.
Tu crois que c'est moi, le probl�me ?
Je me fous des raisons.
Tu sais ce que tu es ?
Tu es comme un personnage de Bergman, m�me plus humain.
Pauvre petit, souffrant du silence de Dieu,
se d�battant dans son monde noir et blanc.
Peut-�tre... Oui.
Quelle sorte d'homme tu es ?
Lisse en surface, imbu de ta personne.
Voil� ce que je pense de ta surface lisse.
Vous ne prenez pas vos responsabilit�s !
Vous venez quand vous voulez !
Si vous disparaissez encore, je vous renvoie.
C'est clair ?
Vous allez o� ?
- Sortez ! - Merde !
Ne le traitez pas comme �a.
- C'est un grand acteur et metteur en sc�ne. - Grand comment ?
Il est connu.
Vous mettez quoi en sc�ne ?
Des com�dies sentimentales.
Des com�dies sentimentales ?
Des com�dies sentimentales...
Des com�dies sentimentales !
Je suis venue.
Oui.
Tu dois me ha�r, maintenant.
Ces immeubles ne retiennent pas le pass�.
Ils ont �t� b�tis dans une optique d'avenir.
Je voulais juste �tre heureuse.
Je veux �tre heureuse.
Dans chaque putain de cage � lapins,
il y a un �tre humain qui veut �tre heureux.
Des g�n�rations enti�res de m�res et fils, de p�res et filles,
d'�pouses, de leurs amants, de propri�taires de bagnoles...
Tout le monde veut �tre heureux.
Et leur vie s'envole comme le vent contre les murs gris.
Et qu'est-ce qui restera de tout �a ?
Tu ne me crois peut-�tre pas, mais je t'aime toujours.
Je ne crois pas.
Ce film est inspir� du livre Le Bal d'automne de Mati Unt
et d�di� � tous les hommes qui ont le c�ur bon et le foie fragile,
et qui errent seuls, la nuit, en sous-v�tements.
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