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Ch�re Blu, comment vas-tu ?
La m�t�o annonce toujours le m�me temps de merde,
rien de plus, rien de moins.
C'est toujours et sans cesse la m�me merde
qui s'�tale sur toute la journ�e.
Rien de nouveau, quoi.
Quand tu avais 16 ans, chaque jour se ressemblait,
chaque jour �tait terrible.
�a a l'air impossible, mais il y a 25 ans, c'�tait comme �a.
Tu pouvais faire ce que tu voulais :
�couter de la musique ou te balader,
�crire ou rester en colle � la biblioth�que.
C'�tait toujours pareil,
et je suis l� pour te le rappeler.
Le 23 mars, � 16 h 37, tu avais 16 ans,
ma tr�s ch�re Blu, et la vie te faisait vraiment chier.
Quoique tu sois en train de faire maintenant, souris.
Rien ne pourra �tre pire que ce que c'�tait.
Bien � toi, Blu.
Ciao.
BLU AIME SUCER DES BITES
UN BAISER
Nous y voil�.
Tu pensais que c'�tait plus grand ?
Non, �a ressemblait � �a sur les photos.
Viens, ta chambre est par l�.
On voulait mettre de trucs aux murs,
mais on pr�f�re te laisser choisir.
Merci, et il est pour moi, l'ordi ?
Il �tait � mon cousin et je l'ai fait nettoyer, il te pla�t ?
�norm�ment.
L'armoire risque d'�tre petite pour mes fringues et mes chaussures,
pour mes millions de chaussures et de chapeaux.
C'est pour que vous soyez pr�ts.
On est pr�ts.
- Autre chose. - Oui.
Il faut un miroir en pied... Le drame.
- J'en prendrai un. - On va s'en charger.
Je range mes affaires.
On te laisse.
BIENVENUE LORENZO !
Merde...
Il s'est sauv�, c'est rien.
Je suis mauvais, j'ai tir� trop t�t.
Ce sera pour une prochaine, viens.
Tu veux pas que je t'accompagne ?
Tu veux d�j� direct d�truire ma vie sociale ?
Tout, mais pas fils � sa maman.
OK...
BLU EST UNE PUTE
- C'est pas Turin, ici. - Peu importe.
Je suis n� pour survivre, n� pour �tre courageux.
Lady Gaga.
- Je dois te faire un cours acc�l�r�. - C'est s�r.
Je comprends m�me pas quand tu parles.
On se voit � la maison.
Salut.
P�dale !
Bienvenue au lyc�e, Lorenzo, c'est parti.
La prochaine fois, je te fais pas entrer.
- Excusez-moi. - Asseyez-vous.
Reprenez, Lorenzo.
Je suis revenu au centre d'accueil o� j'ai continu� mes �tudes.
Et hier, je suis arriv� dans cette jolie petite ville.
Vous allez nous �couter, on travaille sur "L'Enfer" de Dante.
� la fin du cours, on discutera ensemble du programme.
Asseyez-vous pr�s de Mlle Mantoni, vous pourriez devenir amis.
- Cool, ta chemise. - Je te la pr�te ?
Elle est mieux que ton pull jaune � gerber.
C'est trop une tapette...
Ciao.
Je m'appelle Lorenzo.
- Oui. - Mlle Mantoni !
Vous devez retourner � la biblioth�que,
comment �a se fait ?
Vous verrez �a avec Mme la proviseure.
On reprend Dante, ouvrez vos libres
aux pages 238-239.
Tu bosses � la bibli ?
J'�tais en colle pour avoir envoy� chier Mme Messina
qui m'emp�chait de tabasser les trois connes.
Messina, c'est la prof d'anglais, les trois connes,
c'est Caterina, Irene et Claudia.
Lisons d'abord le passage.
"R�jouis-toi, Florence, puisque ta renomm�e"...
Je m'appelle Blu.
- Comme la couleur ? - Non.
Comme "� ma naissance, mes parents �taient d�fonc�s".
Les miens aussi, mais ils m'ont donn� un nom normal.
- Par contre, pour le reste... - Heureusement.
Roberto Santoro, je t'attendais.
Bonjour.
Pas de t�l�phone portable ici.
- Tu pratiques quel sport ? - Aucun.
Comme elles flippent, elles les d�gonflent juste.
- Tu leur as fait quoi ? - Rien.
C'est vrai ce qu'on voit sur les murs ?
Que je suis une pute ? Non.
Je sors avec le plus convoit�, donc elles me ha�ssent.
Et toi, t'es homo ou c'est une couverture ?
J'aime les gar�ons, donc je pourrais bien �tre homo.
- J'en ai jamais connu. - Tu l'ignorais peut-�tre.
On dit qu'un gars sur 15 est homo.
La station est l�-bas au bout,
tu pousses ou t'es un homo fragile ?
Je suis un homo malin : je pousse avec toi.
Faites une passe � Antonio !
Attendez pas qu'ils arrivent...
On va se boire une bi�re ? On sera rentr�s � 21 h.
Il y a Giacomo, toi, Gianluca et Paolo
�a fait cinq, la voiture est au complet.
Restez pas une heure sous la douche.
Tu voulais venir ?
- Je dois �tudier. - �tudier, toi ?
- �a te sert � rien. - J'ai des trucs � faire.
SALUT TRA�N�E
SALUT TAPETTE J'AI PAS ENCORE FINI MA PARTIE
TRA�N�E ET LENTE AVEC �A ! JE T'APPELLE, T'EXCITE PAS
Tu vas me dire que t'es bon aussi en latin ?
Je le suis dans toutes les mati�res,
et quand les gens le d�couvrent, �a les �nerve.
Pas moi, j'aime bien que tu fasses tout.
T'avais quoi, comme notes ?
� Turin, j'avais 16 de moyenne, un vrai g�nie.
Mes parents seraient fiers de moi s'ils �taient en vie.
�a t'a fait chier ?
Non, pas du tout.
Si, parce qu'ils t'ont pas demand� d'aller au pub avec eux.
Je m'en tape, Simone, c'est un bouffon.
C'est clair...
�a, c'est vrai.
Mais �a t'a quand m�me fait chier.
Un peu, mais pas trop.
Ils pensent que je suis d�bile.
Tu t'en tapes, Antonio.
Tu t'en tapes.
T'es le plus fort au basket, t'es indispensable.
Ils sont rien sans toi, souviens-toi de �a.
Oui, je m'en souviendrai.
Maintenant, va te coucher et pense plus � �a.
La mesure est mauvaise, le morceau doit �tre 2 cm plus court.
Excusez-moi un instant.
All� ?
Oui, c'est moi.
Pardon ? Qui est � l'appareil ?
Comme t'es mignonne.
P�dale.
Alors ?
Renato crie un peu de temps en temps.
Si c'est lui qui crie, �a va.
M. Petris, n'en faisons pas toute une histoire.
Lorenzo n'a pas �t� renvoy� de cours � cause de son vernis.
Ah, non ? C'est bizarre,
c'est ce que vient de dire l'enseignante.
Vous n'avez pas dit vouloir le renvoyer � cause de �a ?
Le vernis du jeune homme a provoqu� le d�sordre
et les �l�ves l'ont chahut�...
Il fallait donc renvoyer les autres.
Ne l'appelez pas "le jeune homme", mais Lorenzo.
Les �l�ves ont juste �t� surpris.
Si je viens en classe habill�e en tahitienne
et que les �l�ves font du boucan, ce n'est pas de leur faute.
Mon fils n'avait pas de couronne de fleurs.
Vu l'�nergum�ne, il en a l'air capable, �a ne nous �tonnerait pas.
Anna, je t'en prie.
Si vous �tes incapable de maintenir la discipline en classe,
ce n'est pas notre probl�me, mais le v�tre.
Et si vous renvoyez Lorenzo � cause de ce vernis,
vous finirez dans les journaux.
Vous n'aviez pas le droit de le renvoyer de cours.
Dites � ce jeune homme d'avoir un comportement appropri�.
Il s'appelle Lorenzo. Appelez-le Lorenzo, compris ?
Vous savez quoi ?
Je vais lui dire de se mettre du gloss,
et si vous vous y opposez, vous verrez bien.
Renato, calme-toi.
Je suis tr�s calme.
Connasse.
Je vous demande pardon ?
J'ai dit "connasse",
vous vous sentez vis�e ?
M. Petris, on peut s'arr�ter l�.
Le fait que Lorenzo ait mis du vernis
ne peut pas �tre qualifi� d'�l�ment perturbateur.
Demain, votre fils Lorenzo pourra venir en cours.
Si ces comportements provocateurs continuent,
je ne r�ponds pas des r�actions des �l�ves.
Mais bien s�r que si.
Vous devez leur enseigner le respect.
Et la tol�rance, qui doit �tre r�ciproque.
Je n'aime pas le mot "tol�rance".
Mon fils ne doit pas �tre tol�r�,
il doit �tre accept� pour ce qu'il est.
On a termin� ?
N'en fais pas tout un plat, personne n'�coute Mme Messina.
C'est une enseignante � Lorenzo.
�a me fait vraiment chier.
Miriam va bien ?
- Oui, elle en est au 5e mois. - Passe-lui le bonjour.
- D'accord. - J'y vais, Roby.
- Merci. - De rien. Salut, Lorenzo !
Tu peux te mettre tout le vernis que tu veux.
Si tes profs disent quelque chose, tu m'appelles, OK ?
Stefy ? Tout va bien, on arrive.
- T'as gard� cette sonnerie ? - C'est tr�s moderne.
Et � l'usine, je suis le seul � avoir celle-l�.
- Je peux te demander un truc ? - Oui.
Pourquoi vous m'avez choisi ?
Comment �a ?
Au centre d'accueil, il y avait des gar�ons plus jeunes,
plus jeunes et plus faciles.
Mme Rosato m'a dit qu'� 16 ans...
Elle nous a dit que les gens vont l�-bas pour les plus jeunes
et elle nous a expliqu� ce qui s'est pass� avec tes autres parents.
Mais on a vu une photo o� tu dansais
dans la salle de r�union du centre.
- J'�tais habill� comment ? - Avec un collant jaune.
C'�tait il y a un an, j'imitais celui dans "Glee".
Je sais pas ce que tu faisais, mais...
j'aimais bien.
Je n'ai pas peur, pas besoin de me mettre � l'�preuve.
- Moi non plus. - C'est bien.
- Salut. - Salut, Stefania.
Tout va bien ?
Tr�s bien, pas vrai ?
Montre-moi un peu tes mains.
Le noir, �a fait sale, choisis une autre couleur.
Ils s'attendent tous � ce que je mette du rose.
Ah, toi !
"Madame Coroni, nous sommes d�sol�s,
"mais votre proposition ne convient pas � notre maison d'�dition".
Salut.
Salut, �a va ?
Bien, mais j'ai bu trop de caf�, ce matin.
Et tu as aussi trop fum�.
- �a te va, des lasagnes ? - Oui.
- Luca est rentr� ? - Pas encore.
J'ai bien travaill�, ce matin.
J'ai �crit deux pages qui ont l'air bien.
Je les ai m�me relues, et toi, les cours ?
Il y a un nouvel �l�ve, Lorenzo.
Tu vas tout me dire, mais avant, je vais voir le courrier.
Croise les doigts pour moi.
Ch�re Blu, quand tu seras grande, tu repenseras au temps
o� tes parents s'occupaient de toi,
o� ils te prot�geaient des d�ceptions
et de la cruaut� de la vie.
T'as vraiment oubli� comment �a se passait.
Ils ne te prot�geaient pas du tout.
Ils t'aimaient, mais ils ne te prot�geaient pas.
C'�tait pas de leur faute, ils n'y arrivaient pas,
ni avec toi ni avec ton petit con de fr�re.
Je me plains ? Non, je ne me plains pas.
Je suis s�re que �a a �t� utile
pour ne pas trop en attendre de tes ann�es lyc�e.
Et tu as croqu� la vie � pleines dents, pas vrai, Blu ?
En 25 ans, tu en as m�me plus que profit�.
Je te pr�pare un caf� et tu pourras �tudier.
Salut, papa.
Tu veux manger du poulet ?
Non, merci, j'ai mang� au travail.
Je vais au lit, demain, je suis de nuit.
J'ai achet� des fleurs, je voudrais y aller avant la nuit.
Alors, r�veille-moi.
Je peux y aller seule, mais je demande pas � Antonio.
R�veille-moi.
P�DALE ! JE HAIS LORENZO
VOUS �TES DES PETITES MERDES UN JOUR VOUS BOSSEREZ POUR MOI
Lorenzo !
Sors, viens !
PARDON
Vous voulez quoi ?
T'es quand m�me pas f�ch� ?
On te d�teste pas, on t'adore.
Tu nous as �clair�s.
Je l'ai tout de suite su, je te souriais.
Avant moi, vous �tiez d'un ennui mortel,
des bouseux endormis, des zombies, vous savez ?
Oui.
Allez, Lorenzo, te f�che pas !
Tu es vraiment trop exceptionnel.
C'est vrai que je le suis.
Si vous le voyez, c'est tout � votre honneur.
- Et comment tu fais ? - C'est inn�.
Pourquoi le groupe des sportifs est ici ?
- Et Antonio ? - Il pouvait pas venir.
Il veut te parler seul � seul.
T'aimes bien Antonio ?
Dis-nous la v�rit�.
�a suffit.
Je peux pas rester, on se verra au lyc�e,
mais je ne vous dirai pas bonjour.
Je dois garder un certain niveau... Je me retire.
Quelle bande de connards.
Ils sont tous l�, Claudia est en train d'�crire.
Regarde cet exemple de communication sans effort.
Avec un seul post, cette connasse m'insulte
et invite les gens � son anniversaire.
Tu y vas, toi ?
Jamais de la vie, et puis, je suis pas invit�e.
Mais si elle t'invitait ?
- Si elle te priait de venir ? - Non.
Elles te d�testent � cause de Gio' ?
Pas uniquement.
L'an dernier, je me suis tap� les quatre canons du lyc�e
qui sont en derni�re ann�e.
Tous en m�me temps.
- C'est pas vrai. - Si.
Ces cons sont all�s le raconter et tout le monde me d�teste.
Le mois dernier, Giacomo m'a propos� 50 euros pour une branlette.
T'as fait quoi ?
Je lui ai dit que sa m�re lui ferait la totale.
Ici, on m'appelle "p�d�".
- Comment tu tiens le coup ? - Je les ignore.
Dans deux ans, je m'en vais, et toi ?
Moi, je fais �a.
Regarde.
Ils se sont suicid�s.
Ils ont saut� par la fen�tre, ils se sont pendus,
ils se sont coup�s les veines ou se sont tir� une balle.
Je finirai pas comme eux.
J'ai plein de bonnes raisons de vivre.
- Genre ? - Genre, la vie.
Genre Antonio, il te pla�t et je l'ai vu.
Non... oui.
Il est louche, t'as remarqu� qu'il dit jamais rien ?
Les gens disent qu'il est d�bile.
- Pourquoi ? - Je sais pas.
Ils l'appellent "handicap�".
La plupart du temps, les gens disent des conneries.
Y a quoi, l�-dedans ?
Des CD, des vieilles fringues.
Des fringues vintage qui attendent de voir le jour ?
Non, des vieilles fringues, t'excite pas.
T'excite pas ? On ouvre.
Regarde !
Ils ont mis la musique pour pas qu'on les entende.
- Ils font l'amour, je le savais. - Casse-toi.
PR�TE !
PR�T ! GO !
Non, je danse pas.
Toi non plus, t'es pas invit� � la f�te de Claudia, bouffon.
F�licitations, rendez-vous vendredi, 20 h, au 5 rue Paolo Sarpi.
Dress code : tr�s �l�gant.
On dirait un d�bile ?
On dirait un d�bile.
Tu fais quoi ?
Mais comment t'es sap�e ?
On avait dit �l�gant.
Entre, je vais prendre froid.
Allez !
- Vous faites quoi ? - Assieds-toi.
Reste pas plant� l�.
- Ces fringues viennent d'o� ? - C'�tait � mes parents.
Dans le garage.
Le Dr Mantoni mettait cette veste ?
On n'est pas exceptionnels ?
On dirait deux tar�s.
Buvons vite ou ils vont nous virer.
On a la pizzeria rien que pour nous.
- Comme dans les films. - J'ai que 20 euros.
C'est pas vrai, arr�te.
Ici, personne vient jamais.
Je propose un toast :
aux trois plus gros bouffons du lyc�e Newton,
de la ville toute enti�re.
T'es fou ? Cul-sec ?
Moi, fou ? T'as vu comme t'es sap�e ?
- Touch�. - Quoi ?
- Touch�. - Touch� par qui ?
Vous prendrez quelles pizzas ?
C'est un �gyptien qui fait des pizzas napolitaines.
- Quoi ? - Alors ?
Une margherita.
Pour moi, une capricciosa.
Non, excusez-moi, je vais changer.
Ch�re Blu, petite surprise du mois d'avril.
Les choses changent.
Rien d'extraordinaire, la vie reste chiante :
au lyc�e, personne ne te parle,
les profs sont toujours des cons...
- Moi, une Jenny. - Jenny ?
Deux pizzas Texane.
Je reviens plus tard.
... mais parfois, tu l'oublies
car tu es so�le ou contente
ou que tu fais des trucs nouveaux.
Vous avez flipp� ?
Il y a des jours o� tu as moins peur,
o� le temps passe plus vite...
Si on disait � la police qu'il y a une bombe � la f�te ?
- T'es folle ! - On peut pas faire �a.
- Pourquoi ? - C'est pas cr�dible.
- Une fuite de gaz. - Faut appeler qui ?
- Vous d�connez ? - Les pompiers.
- Je rentre. - Reste avec nous !
... o� tu es un peu contente d'�tre de ce monde.
Ils sont vraiment nazes.
Les regardons pas.
Des jours comme �a, on s'en souvient toujours,
mais �a n'arrive qu'une fois sur un million.
M. Pavan, vous avez presque eu la moyenne avec votre r�daction.
J'ignore ce qui vous arrive, mais c'est bien.
Merci.
Mlle Mantoni...
je peux la lire � la classe ?
- S'il vous pla�t. - Pas moyen.
- Juste une fois. - On a fait un pacte.
Vous �tes encore mon �l�ve,
mais une fois que vous aurez votre bac, j'afficherai tout.
T'as �crit quoi ? Tu me fais lire.
Laisse tomber, t'es trop homo.
Des jours comme �a te font regretter le pass�.
Mais c'est quoi ?
Non ! Elles �taient o� ?
T'es moche avec ces lunettes.
C'est les lunettes des Mods !
- C'est qui ? - Je vais te le dire...
Ils sont fiers, �l�gants et toujours � l'avant-garde !
- Tu vas bien, ce soir ? - Elles �taient o� ?
Ces jours-l� ne sont pas la r�gle
car si c'�tait �a, la vie, ce serait insoutenablement beau.
Vous me ferez pas changer d'avis.
Pourquoi tu nous apprends pas � jouer ?
Vous �tes pas capables, faut �tre coordonn�s.
- Je suis vex�e. - Moi, pas coordonn� ?
� 13 ans, j'ai publi� une vid�o o� je dansais comme Justin Bieber
et j'ai eu 300 like.
Et 3 000 messages d'insultes.
Et alors ? Du coup, je l'ai retir�e.
Je suis tr�s coordonn� ! Donnez-moi imm�diatement ce ballon !
Bravo !
- Tu tra�nes avec ces bouffons ? - Joue, va.
Il va pas le faire.
- Je suis s�r que si. - Il va pas le faire.
- Tu le connais pas. - Toi non plus.
Mais je le comprends, et tu verras, il va le faire.
Pavan, souviens-toi bien de l'ordre :
on se savonne et on se rince, pas le contraire.
Va te faire foutre.
Faut �viter de pointer la lumi�re sur Lorenzo,
mais la pointer sur le fond sans qu'elle d�borde.
- Blu t'a montr� mes vid�os ? - Quelques-unes.
Il a vu celle o� maman dort pendant 360 minutes,
celle de l'aquarium avec le poisson mort,
mais pas celle sur la banane qui moisit en vitesse acc�l�r�e.
C'�tait des anciens travaux.
John Lennon a s�duit Yoko Ono avec une pomme pourrie.
Laissez tomber... Vous vous donnez bien du mal.
On doit faire un reportage sur un fait-divers invent�.
C'est lui ?
Il l'a fait ! Il est super petit !
Quoi donc ?
- On met le couvert ? - J'ai presque fini.
Il manque une centaines de paillettes.
Cette veste peut pas �tre plus simple ?
Je veux pas limiter ta libert� d'expression,
je te le jure, mais j'ai faim.
ON ENREGISTRE DEMAIN !
C'est des tar�s.
JE SAIS PAS SI JE VIENS
Trop tard. Bonne nuit et faites de beaux r�ves.
De beaux r�ves sur nous.
On sait m�me pas si c'est vrai.
Si, �a se voit � des kilom�tres.
Mais �a la regarde, elle fait de mal � personne.
T'aimes bien Irene ? Tu veux te la faire ?
Non, je l'aime pas.
- C'est le texte. T'as la trouille ? - Non.
Ils vont nous le faire payer.
En nous insultant et se moquant de nous ?
J'ai l'habitude.
Si on dit des mensonges sur toi, tu devrais...
Mensonges ou pas, on s'en tape.
Si tu veux plus le faire, dis-le.
J'ai pas dit �a.
�a te rend agressive, ce truc.
Impossible.
Quand ma m�re fume cette beuh, elle aime le monde entier.
Quoi ?
C'est dur de te regarder, tu es trop belle.
N'importe quoi !
Je suis comment ?
Exceptionnel.
J'ai jamais vu de journaliste avec une bague.
Elle appartenait � ma m�re, pas Stefania.
J'ai toujours voulu la porter pour mes d�buts dans le spectacle.
Et si je concluais avec une chanson ? "Applause".
Non !
Est-ce que je sue ?
Il me faut plus de poudre ?
Non, pas besoin,
m�me si tu aimerais bien.
Miracle ! Il a fait une blague.
On fait un essai pour le son.
J'ai compris, va.
Bonne chance !
Bonsoir et bienvenue au premier �pisode de la web-s�rie :
"Les ragots du lyc�e Newton".
Dans la rubrique "Secrets d�voil�s",
on va parler des trois stars de la terminale A :
Caterina, Irene et Claudia.
Tout le monde ignore s�rement que Caterina
s'est fait jeter de la voiture de Gio' Accardi
alors qu'elle �tait so�le et essayait de le sucer.
Ou bien qu'Irene Cadorin transpire tellement
qu'aucun d�odorant ne fonctionne.
Quant � Claudia, ses sacs de marque
proviennent de chez le marocain du coin o� sa m�re marchande.
Passons � la rubrique "La nature belle-m�re",
en vous montrant un document exclusif.
Giacomo Dorsi, le meneur populaire de l'�quipe de basket,
a le sexe le plus microscopique jamais con�u par l'homme.
Vous voyez �a ? Vous ne voyez pas ?
C'est �a, le probl�me.
On remercie les cr�ateurs du groupe "Je hais Lorenzo".
C'est facile de critiquer, nul n'est normal en ce bas monde.
En attendant, occupez-vous de votre cul,
et rendez-vous au prochain �pisode, g�n�rique !
Qu'est-ce qu'il y a de si dr�le ?
Rien, je te jure.
Je pense qu'on va me virer de l'�quipe de basket
� coups de pied au cul.
C'est triste, vraiment tr�s triste.
Pourquoi ? Tu as perdu un match important ?
Il a r�v�l� des d�tails compromettants sur les membres de son �quipe.
- Quels d�tails ? - La taille de la bite...
Aucun d�tail.
- Mais vous avez bu ou quoi ? - Non.
On � l'esprit ouvert, mais faut pas se comporter comme �a.
Mais enfin !
Je crois que j'ai compris.
Je vous raccompagne, et Lorenzo, dans ta chambre.
Nous aussi, on a fum� quelques p�tards,
mais on s'exhibait pas devant nos parents.
Allez, debout ! Filez, et vite !
Pardon, M. Petris, on prend nos manteaux.
J'aurais pas d�, � ton avis ?
Non, tu as bien fait.
Il faut poser des limites, non ?
Oui.
Si je lui montais une tisane pour qu'elle me raconte tout ?
Quand tu fumais des p�tards, ta m�re te montait une tisane ?
- Non. - Ben, tu vois !
T'es encore debout ?
- Tu m'attendais ? - Non.
C'est que...
Tu r�pondais pas et j'arrivais pas � dormir.
J'�coutais de la musique.
J'avais plus de batterie, t'inqui�te pas, je vais bien.
Je sais, je vois �a. Mais �a va ?
- T'es bizarre. - �a va, maman.
Tu me montreras comment �a marche ? J'�coute toujours la m�me chanson.
Oui, mais va te coucher.
Vas-y aussi, il est tard.
Tu �teins ?
Je suis d�sol�.
De quoi ?
Ils te collent trop
� cause de ce qui m'est arriv�.
Ils s'inqui�tent.
C'est pas grave, �a fait rien.
Maman �coutait tes chansons.
Elle pourrait faire une attaque.
Y a des sacr�s morceaux.
Massimo ?
� mon avis, maman et papa auraient pr�f�r�
que ce soit moi qui meure, ce soir-l�.
- Si �a avait �t� l'inverse. - Dis pas de conneries.
T'es trop d�fonc�.
Pense � de belles choses, pense � Blu.
Couche-toi, va.
Tu me manques.
Tu me manques tellement.
Antonio !
Arr�te !
Tu sais pas chanter, t'as une voix de merde !
�teins le moteur.
Stefania a bien su prendre tes mesures,
elle te va trop bien.
Ils ont tous vu la vid�o.
Normal, on l'a mise sur YouTube.
- Ils sont super �nerv�s. - On doit accepter les cons�quences.
C'est mieux qu'ils se calment, allons pas en cours.
- Quoi ? - Allons dans les bois.
Dans les bois ?
Vous pouvez pas �tre aussi bouseux.
Qu'est-ce que j'ai dit ?
Tu as la carte de cr�dit de ton p�re ?
- Pourquoi ? - Parce qu'on se casse.
�a me fait tout dr�le qu'on soit habill�s pareil.
J'aime bien, on se ressemble et on dirait un groupe pop rock.
Y a quatre ans, je vivais � Trastevere, je vous montre o� ?
D'accord.
Je vous ai dit qu'on verrait ma maison de famille, moi ?
On va quand m�me pas visiter des vieilles baraques !
Et que d�sire faire le jeune homme exceptionnel ?
Imb�cile !
Laissez-moi deviner...
- Rien me va. - Moi, je prends ce bracelet.
Il co�te 2,99 euro, vous pouvez passer en caisse.
Qui lui a fil� ma photo ? C'est toi !
- Y a pas que moi, ici. - C'est toi, connard.
- Me touche pas. - �a risque pas.
Lui et ta salope de copine, ils te sucent bien ?
L�che-moi ou je t'en mets une.
Va te faire.
10 � huit ! S'ils marquent, ils gagnent.
Passe ! Suis la balle. Monte au panier.
12 ! Les Blancs vont au fond du terrain.
Vous allez o�, l� ? Bel esprit d'�quipe, hein !
Pourquoi t'es �nerv� ? Giacomo t'a dit quoi ?
Il m'a rien dit, mais il �tait �nerv� grave.
� mon avis, on a exag�r�.
Je vous file le devoir d'anglais avant que la prof arrive.
C'est quoi ?
Les lettres de refus que les �diteurs envoient � ma m�re.
�a la rendrait triste, alors je les intercepte.
Je te le passe.
"Nous avons aim� votre blog, 'Ma vie, c'est mon �criture',
"int�ressant portrait de vie de famille".
Blu, �a va ?
Bonjour.
Mlle Bortoluzzi, la porte !
Vous pouvez le faire.
Grouille.
Bien.
On va corriger les devoirs que vous aviez � faire.
Vous pouvez poser votre t�l�phone ?
Assieds-toi ou elle va criser.
Mlle Mantoni, votre t�l�phone !
Mlle Mantoni...
O� allez-vous ?
- Alors ? - Je sais pas.
Je vais vous faire renvoyer.
Ma fille a deux nouveaux amis,
un homo et un autre qui ne l'est pas.
Elle passe beaucoup de temps avec eux.
Trop ? Je sais pas si je les aime bien.
Elle sourit un peu plus, mais elle a toujours cet air triste
qui semble �tre indispensable � une jeune de 16 ans.
Moi aussi, j'�tais comme �a ? Passive et amorphe ?
Sur le canap�, on dirait une petite fille,
et je me souviens quand j'avais son �ge.
Stop ! Tu as l'autorisation de sortie ?
Elle dit qu'elle aime son fianc�,
je l'ai vue embrasser sa photo.
Ma fille est romantique, qui l'e�t cru !
Elle fait l'�mancip�e, mais ses jambes tremblent.
Ce qui me frappe, c'est son indiff�rence,
son manque constant de perspectives.
Que feront-ils quand ils seront grands ?
Je n'ai transmis aucun de mes r�ves � ma fille ?
Elle ne r�ve pas, elle se laisse glisser.
Est-ce qu'on peut regarder sa fille et penser
que c'est � la fois sa fiert� et son �chec ?
Qu'est-ce que tu fais l� ?
J'ai toute ma vie, l�-dedans !
Ma fille est romantique, d�prim�e,
elle a un ami homo, elle n'a pas de r�ves !
Tu parles de ma vie.
Non, je parle de la mienne.
Il est �crit nulle part...
Tu as mis toutes mes histoires sur Internet sans rien me dire.
Je dois �crire pour me lib�rer,
sinon j'ai l'impression de devenir folle.
T'as pas honte d'utiliser ma vie pour pouvoir �crire ?
T'as rien compris du tout.
Papa sait ce que tu �cris sur lui ?
"Mon mari est devenu un autre"...
Et � Luca ? "Mon fils n'a pas l'air brillant".
Personne le sait, juste toi et moi.
Blu...
Tu m'as toujours comprise.
Tu lis, tu �cris des r�dactions superbes.
Me touche pas.
Je te hais.
Tu peux pas dormir dehors.
Je rentrerai quand ils dormiront.
- Je peux aussi dormir ici. - J'ai d�j� froid, moi.
Vous vous imaginez jamais �tre ailleurs ?
Si, mais je finis toujours dans ce putain de trou.
Je dis pas de r�ver d'�tre ailleurs,
mais d'imaginer que les choses soient diff�rentes.
Je le fais tout le temps et �a me rend exceptionnel.
Ouais, c'est �a...
Quand je veux pas voir un truc, je le vois pas.
Je suis ailleurs, je m'imagine autre chose.
- Genre ? - Genre, que tout le monde m'aime.
- T'as trop bu. - Pas assez, on en a encore ?
C'est ma m�re, je dois y aller, � demain.
- Blu, rentre chez toi. - Ouais.
Ciao.
- Tu m'enlaces, j'ai froid. - Dans tes r�ves.
C'est trop un fils � maman.
Ils le prot�gent parce qu'ils ont peur.
Tu le connaissais, son frangin ?
De vue, c'�tait un gars intelligent,
avec plein d'amis autour de lui, comme Antonio...
- Ils �taient proches ? - Je sais pas.
Il s'appelait Massimo, toute la ville est venue � son enterrement.
Il en parle jamais, ils devaient tr�s proches.
Passons � un autre drame... il t'aime bien.
- Qui ? - Antonio.
T'as pas vu comment il te regarde ?
T'as peur qu'il refuse de sortir avec toi,
alors t'inventes cette histoire.
J'ai peur de rien.
C'est toi qu'il aime bien, il rigole � toutes tes blagues.
Parce que je suis un gars extr�mement dr�le.
S�rieux ? Tu penses qu'il m'aime bien ?
T'es pire qu'une gonzesse.
J'aime bien Blu.
Par contre, Lorenzo...
Lorenzo, quoi ?
Je l'aime pas.
C'est un ami.
On est amis.
Laisse-moi tranquille, je dois dormir.
Pitoyables, nous, on aurait �t� bien plus originaux.
F�licitations pour ce joyeux bordel.
Laisse, regarde ce qu'ils ont fait, quand les profs verront...
L�che-la !
�a suffit ! Antonio, l�chez-la !
Qu'est-ce que vous avez fait ? Blu, que se passe-t-il ?
"Nous vous informons que suite � une r�union de discipline,
"votre fils Antonio a �t� renvoy� trois jours".
Je veux pas le faire, pourquoi ils nous croient pas ?
Ces dessins pourraient �tre les n�tres
et en plus, t'allais envoyer Caterina � l'h�pital.
- On le fait et on y va. - Pas moi.
- Lorenzo, tu m'aides ? - Oui, allez.
Mais vous devez commencer � comprendre.
� comprendre quoi ?
- Que cette vie est insupportable. - On l'a compris.
Ouais, prends ce seau
et change notre vie en nettoyant ce mur, va.
Tr�s bien.
Vous avez bient�t fini ?
On a presque fini.
C'est joli, hein ? On a repeint les autres murs.
Tout en blanc.
C'est joli ou pas ?
Oui, d�p�chez-vous.
Ch�re Blu, �tre ado, �a craint toujours et encore,
surtout apr�s que tous mes secrets et les tiens
aient fini sur Internet gr�ce � cette grande �crivaine, notre m�re.
Par contre, l'amiti�, c'est grandiose.
Souviens-toi de �a,
et si � 40 ans, tu n'as pas d'amis,
d�p�che-toi d'en trouver car c'est eux qui te sauveront.
Et personne d'autre.
J'aime pas bien cette nouvelle.
C'est juste un renvoi
de deux jours, c'est tout.
Un renvoi, c'est un renvoi.
S'ils te font encore redoubler ?
- Ils le feront pas. - Tu peux pas savoir.
Je sais plus quoi faire avec maman, elle m'enquiquine.
Elle dit que tu sors tout le temps,
que tu as chang�, et elle s'inqui�te.
Et toi, t'es pas inquiet ?
Tu ris et c'�tait pas arriv� depuis longtemps,
mais je veux pas que tu redoubles.
Tu peux pas voir tes copains et �tudier ?
Je peux essayer.
Tu dois bien pouvoir faire deux choses � la fois ?
Je suis pas comme Massimo.
C'est quoi le rapport, avec lui ?
Il �tait bon en tout, m�me � la chasse, et moi je prends rien.
D'o� te viennent toutes ces conneries ?
C'est moi qui les pense.
Eh bien, tu devrais pas, Antonio.
On est trop sur ton dos ?
Faut comprendre maman, elle a peur,
mais �a ne doit pas te freiner,
t'as compris ?
Vous me demandez toujours �a ! J'ai compris, je suis pas d�bile.
C'est une fa�on de dire, qu'est-ce qui te prend ?
Tu dis que si on parle trop, on prend rien.
Restons sans rien dire juste quelque temps.
Blu, tu vas o� ?
T'as pas cours aujourd'hui.
Je te parle, reste-l� !
J'aurais pas d�, pardon.
J'ai tout effac�, tu peux v�rifier.
Combien de temps tu vas me le faire payer ?
Tu lui laisses faire tout ce qu'elle veut.
Elle a �t� renvoy�e, si �a avait �t� moi...
Tais-toi et prends ton cartable, le bus va arriver.
Un jour, je vais porter plainte.
Salut, j'y vais.
- Tu manges rien ? - J'ai pas faim, merci.
Tu vas o� ?
Me balader avec Blu et Antonio, ceux qui ont �t� renvoy�s.
- Fais attention. - � quoi ?
� tout.
T'es bon � l'�cole, tu les �crases tous,
tes �l�ves, tes profs, et ils le supportent pas.
- Faut que tu te calmes. - Je ferai gaffe
� moins les �craser.
Ciao !
Un bisou, avant.
On doit l'encourager, ils nous l'ont dit � l'institut.
On doit l'�pauler.
Peut-�tre qu'on est en train de faire fausse route.
On devrait faire les choses diff�remment ?
Je sais pas.
On nous dit comment faire, mais on voit qu'il est heureux,
alors, �a n'a plus d'importance.
On se change ? Je vais l�-bas.
Alors ? �a y est ?
Salut.
- Tu fais quoi ? - Je remets �a dedans.
On les a pas ab�m�s, on les a utilis�s qu'une fois.
Vous avez bien fait,
mais rangeons-les, ils vont s'ab�mer.
- Pourquoi t'es d�j� l� ? - Y a que nous deux.
Maman et Luca restent chez mamie quelques jours.
C'est pour te laisser tranquille, pour t'aider.
Elle pouvait rester, �a aurait rien chang�.
Quand on est adultes, les choses sont plus compliqu�es.
Maman pense peut-�tre que je suis un rat�, et toi aussi.
Je le pense pas, papa.
Moi, je le pense un peu.
Mais Nina peut continuer � �crire et �a suffit � me rendre heureux.
Tu devrais pas la juger.
Moi, je le fais pas.
Finis de ranger.
T'exag�res pas un peu ?
Quatre messages, et tu r�ponds � aucun !
- Tu me dis pas bonjour. - L�che-moi.
Pourquoi c'est si grave ? Je t'aime bien, et alors ?
Tais-toi ! Barre-toi !
- T'es pas avec les deux bouffons ? - L�che-le.
Bonjour.
Regarde ce que je t'ai achet� au march�.
T'aimes bien ?
- Tu l'essaies ? - Laisse-moi.
Je trouve que c'est bien ton genre.
Il y a les deux m�mes pour tes copains.
Qu'est-ce qui va pas ?
Je suis amoureux d'Antonio, mais il veut pas de moi.
Excuse-moi, Stefania, laisse-moi.
Pousse-toi.
T'es chiant, arr�te.
Pourquoi tu veux plus nous voir ?
- J'ai pas envie d'en parler. - Moi, si.
On s'�clatait tous les trois.
C'est toi et Lorenzo qui �tes unis depuis le d�but.
C'est pas vrai.
Au fleuve, vous �tiez de m�che.
Je suis d�bile, mais pas autant que �a.
Je savais que Lorenzo t'aimais bien, et alors ?
Pourquoi tout devrait changer ?
Tu comprends vraiment pas ?
C'est moi qui dois te le dire ?
Je suis amoureux de toi, Blu.
Mais moi, je peux pas.
Je suis avec Gio', tu le sais.
Celui qui t'a fait coucher avec trois autres gars.
C'est pas lui qui me l'a fait faire, j'�tais d'accord.
- T'en sais rien. - Moi, je pourrais pas.
Je te voudrais pour moi tout seul, lui, c'est un connard.
Laisse-moi passer.
Je peux entrer ?
Oui.
�a va un peu mieux ?
Oui.
J'ai achet� du poulet pour ce soir.
Du poulet au curry ?
Mon plat pr�f�r�.
� ton �ge, je suis tomb�e amoureuse d'un gar�on du coin.
Il s'appelait Giulio.
Le raconte pas � Renato.
Il �tait beau...
et j'avais arr�t� de manger.
J'�tais devenue maigre comme un clou.
Il �tait avec une autre,
plus vieille, tr�s belle, et qui travaillait � l'usine.
Il me regardait m�me pas.
Parfois, je le rencontre.
Il est devenu gros et moche.
Quand je pense combien j'ai souffert pour lui...
- �a t'arrivera aussi. - Antonio deviendra gros et moche ?
Non, tu oublieras son visage.
�a, je sais pas.
Je voulais te dire que tu y arriveras.
Oui, j'y arriverai.
Enfin...
tu y arriveras et tu seras heureux.
Il vient quelques jours voir son p�re.
Je suis content pour toi.
Quelle t�te ! Je te crois pas.
Le l�gendaire Gio' devient enfin r�el. G�nial !
- C'est mieux comme �a ? - Oui.
Tu fais quoi demain, avec Antonio ?
Je vais f�ter son anniversaire, ni plus, ni moins.
T'es compl�tement tar�.
J'ai mis une tonne de sucre glace.
- Merci. - Souffle, la bougie fond.
Fais un souhait.
Un v�ritable souhait.
- C'est bon ? - Oui.
Et un, deux, trois !
Bon anniversaire !
Bon anniversaire, mon ch�ri !
Bon anniversaire !
Dimanche, on ira acheter le reste.
T'auras plus de place dans ta propre chambre.
Prends ton sac, tu vas �tre en retard en cours.
Maman et moi, on coupe le g�teau.
Si je pouvais revenir en arri�re, je ferais 10 enfants.
Ne pense pas. Souris et ne pense pas.
C'est ce que je fais tout le temps.
- Qu'est-ce que tu veux ? - Une urgence.
Vous devez me coiffer comme sur cette photo.
Mais on est ferm�...
Je viens juste te dire bonjour.
Viens l�.
T'as bien fait, mais je vais chez le notaire avec mon p�re.
On se voit ce soir, hein ?
Ciao.
T'es de plus en plus belle.
�a va ?
J'ai mal au genou, je peux pas faire de sport.
Pas de souci, ils jouent au volley, de toute fa�on.
�a doit pas �tre facile pour toi.
Notre �cole est vieux-jeu, pleine de pr�jug�s.
- Tu t'attendais � mieux. - Je m'attendais � rien.
Parfois, on dirait des animaux,
et j'aimerais secouer leurs t�tes vides.
Ce que je veux dire, c'est que tu dois �tre fort.
Tu dois �tre plus fort qu'eux, compris ?
Excusez-moi.
On se voit plus tard, alors.
Prof ?
Vous inqui�tez pas pour moi, je suis plus fort qu'eux.
Moi, je le suis.
Salut !
- On t'a manqu� ? - C'est clair... �norm�ment.
�a va ?
Salut, �a va.
Mamie veut savoir quand tu iras la voir.
J'irai un de ces jours.
Tu restes pas d�ner ? On vient de rentrer.
J'ai des trucs � faire, on se verra demain.
Tu vas chez Gio' ? J'ai su qu'il �tait rentr�.
Impossible de garder un secret, ici.
- Il veut quoi ? - Il t'apporte un cadeau ?
- Tu veux quoi ? - Bon anniversaire.
Je t'ai apport� un cadeau.
Lorenzo, barre-toi, t'as compris ?
Je t'ai apport� �a, je partirai pas.
- Casse-toi, p�d� ! - J'ai pas peur.
Bon anniversaire.
Bon anniversaire.
Barre-toi !
Ce soir, nous recevons un invit� tr�s sp�cial : Lorenzo.
- Je suis ravie que tu sois l�. - Merci.
Tu es devenu un jeune homme que le monde entier admire.
En effet, et j'aimerais remercier tous mes fans
car c'est � eux que je dois tout, merci.
Comment c'�tait quand tu �tais ado ? Comment on te voyait � l'�cole ?
C'�tait les plus belles ann�es de ma vie.
On m'aimait beaucoup, j'avais un tas d'amis.
Des ann�es inoubliables.
Tout �tait magique.
Tu n'auras plus d'amis comme ceux que tu avais � ce moment-l�.
T'es la meilleure.
Combien tu t'en es tap�, � Milan, mon petit salaud ?
J'�tudie toute la journ�e et je pense � toi.
Bien s�r...
Tu me crois pas ?
Je regarde tr�s souvent notre vid�o.
- Laquelle ? - Celle de l'an dernier.
La f�te de fin d'ann�e, ici.
Y a une vid�o ?
Vittorio l'a faite et me l'a envoy�e.
Je savais pas qu'on nous filmait.
On s'en fout, �a reste entre nous, je vais pas la mettre sur Internet.
Pour qui tu me prends ?
Tu veux la voir ?
Tu veux la voir ? T'es trop belle.
Allez...
Salut, b�b�.
Attends qu'ils s'en aillent.
Y a que nous.
Tu sais que t'es belle ?
- Casse-toi ! - T'es trop belle.
Y a que nous, t'inqui�te.
- Viens l�, viens avec moi. - J'ai pas envie.
Allez, viens...
C'est moi, b�b�.
- J'ai honte. - Mais de quoi ?
- Je veux pas. - C'est des potes.
- Pourquoi ? - Je veux rentrer.
Rentrer ? Non !
Allez, on va jouer.
Une chute du scooter de Blu ? Je te crois pas.
C'est vrai, je te jure,
je faisais l'andouille et j'ai gliss�.
Heureusement, je me suis pas cogn� la t�te.
Demain, je viens au lyc�e avec toi voir tes profs.
Quel est le rapport avec mes profs ?
Je veux m'assurer que tu me dises la v�rit�.
C'�tait Blu, je voulais lui voler son gloss.
Arr�te.
Demain, je viens au lyc�e avec toi.
Salut.
Doucement, papa essaie d'endormir Luca.
Chaque fois qu'on sort, �a le perturbe.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Blu, qu'est-ce qu'il y a ?
Je voulais pas, maman.
Je me suis vue.
Je comprenais rien, je voulais pas.
C'est rien, laissez-nous.
- Qu'y a-t-il ? - Laissez-nous.
Retourne au lit.
Calme-toi.
Quoiqu'il soit arriv�,
tout peut �tre r�par�.
C'�tait des conneries.
Je faisais ce qu'ils me disaient de faire,
mais je comprenais rien, je comprends rien de rien !
Mais qui, "ils" ? De quoi tu parles ?
Lorenzo !
Je suis d�sol�, je sais pas ce qui m'a pris.
Je suis d�sol�.
TOUJOURS AVEC GIO' ? ANTONIO M'A EMBRASS�, APPELLE-MOI
Antonio !
On se s�pare.
Du calme.
Tu dois rester calme.
Respire.
Comme �a.
Tu dois pas avoir peur, Antonio.
Tout d�pend de toi.
C'est bien.
Il l'a d�j� racont� � tout le monde.
Blu sait d�j� ce qui s'est pass�
et tout le monde au lyc�e aussi.
Lorenzo a d�j� tout racont�.
Respire.
C'est bien, comme �a.
Tu es parti, mais tu as mis le temps.
T'es rest� l�.
C'est toi qui es all�
le chercher en bas de chez lui,
oui ou non ?
Et m�me que �a t'a plu.
C'est toi qui as fait...
Antonio !
Tu l'as tu�.
Bravo !
C'est bien.
Bonjour.
- Tu as cuisin� quoi ? - J'ai tout fait.
On appelle Renato ?
Si t'as fait �a pour pas que je vienne, c'est inutile.
Tout va bien, c'�tait rien,
pas besoin de parler aux profs.
Ni Renato ni moi croyons � une chute en scooter.
On ne peut rien vous cacher.
C'est un accident, des conneries entre potes.
Des potes, �a fait pas des trucs comme �a.
�a arrive, � notre �ge, on s'est expliqu�s, tu peux me croire.
Je vais me changer, mais me lave pas ce t-shirt.
- Pourquoi ? - Je dois le faire encadrer.
Comment va Blu ?
�a ira, �a ira bien pour tout le monde.
- Je le trouve pas. - Vincenzo, tu cherches quoi ?
N'aie pas peur.
On vient porter plainte.
Je t'avais pr�venu, je te fais pas entrer, ce matin.
Allez, viens.
Mais c'est la derni�re fois.
Alors ?
LORENZO BAISE AVEC ANTONIO
Tout ira bien, tu as fait ce qu'il fallait.
Je reviens.
- Qu'y a-t-il ? - Un jeune homme au lyc�e a �t� tu�.
Ch�re Blu, c'est la derni�re lettre que je t'�cris.
J'ai commenc� � l'�crire pour que tu n'oublies pas tes 16 ans,
mais c'est inutile,
car tout ce qui s'est pass�, tu ne pourras jamais l'oublier.
Tu ne pourras jamais l'oublier.
Ce qui est arriv� t'accompagnera tous les jours,
et tu voudras tout l'oublier, mais ce sera impossible,
car Lorenzo et Antonio seront toujours avec nous, ils ne nous quitteront plus.
Il y a quelque chose qu'on doit faire,
que tu dois faire quand tu seras grande,
car aujourd'hui, je n'ai pas la force.
Tu devras raconter cette histoire.
Tu devras raconter ce qui t'est arriv�,
mais surtout que �a ne devait pas se passer ainsi.
Pas forc�ment.
�a aurait pu �tre diff�rent, et nous aussi,
on aurait pu �tre meilleurs et plus forts.
Voil� ce que tu devras raconter :
il en fallait si peu.
Il fallait avoir moins peur.
Il en fallait si peu, Blu.
Il en fallait si peu
et on aurait pu �tre heureux.
Lorenzo, c'est pas ce que je veux,
en tout cas, pas maintenant.
Maintenant, on fait quoi ?
On va se baigner, comme on a dit.
�a va, vous deux ?
�a va, �a va super.
On a tout notre temps.
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