Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
- Le lobbying, c'est anticiper,
prévoir les manoeuvres de son adversaire
et organiser la riposte.
Le gagnant possède toujours une longueur d'avance
et joue sa carte maîtresse
quand l'adversaire a abattu la sienne.
- Il vaut mieux éviter de dire ça à l'audience.
- C'est provoquer la surprise
sans jamais se laisser surprendre.
- Je vous repose la question.
Madame Sloane,
pouvez-vous nous décrire la nature de votre travail ?
- Sur le conseil de mon avocat, je dois refuser de répondre
à cette question en me fondant sur les droits
que me confère le Cinquième Amendement de la Constitution.
- Ces mots-là.
En dehors du serment ou des détails à confirmer,
vous ne dites que ces mots-là, dans cet ordre-là.
« Versez-vous fréquemment des pots-de-vin
à des fonctionnaires plus d'une fois par mois ? »
- Sur le conseil de mon avocat...
Est-ce que je pourrais varier ? Sur l'avis de mon avocat ?
De mon conseiller juridique ? - Il est hors de question...
- OK ! D'accord, je comprends.
Le dernier, c'était vraiment trop audacieux.
Ce serait beaucoup plus facile si je pouvais juste
crier « Cinquième ».
- Ils vous veulent derrière les barreaux.
Une seule déclaration,
une réaction à une accusation calomnieuse
et c'est fini.
Si vous renoncez au recours au Cinquième Amendement,
vous devrez répondre à toutes les questions.
Ils vous envoient au bûcher devant la presse nationale,
ils feront l'impossible pour vous faire sortir de vos gonds.
Même si vous êtes Candy, vous voudrez leur couper la langue.
« Avez-vous offert à des membres du Congrès
« des avantages tels que des voyages,
« des hôtels de luxe et des billets
d'événements sportifs à la demande de vos clients ? »
« Avez-vous offert à des membres du Congrès des avantages
tels que des voyages, des hôtesses... »
- Daniel.
Quand je serai à la barre, je serai un vrai mur.
- Bien.
- Madame Sloane ! - Madame Sloane !
Une déclaration, s'il vous plaît !
- Pouvez-vous nous donner des détails ?!
- Aucun commentaire. Merci.
- Madame Sloane ! Madame Sloane !
- C'est serré.
Ils auraient pu choisir une salle plus appropriée.
- Ah, les Nationals avaient un match à domicile.
- Bonjour. Je suis le sénateur Ronald Sperling,
président de cette audience. Madame Sloane.
Veuillez lever la main droite.
Jurez-vous solennellement de dire la vérité, toute la vérité
rien que la vérité sous peine de parjure ?
- Je le jure. - Veuillez vous asseoir.
Le témoin peut-il décliner son nom complet
devant cette assemblée ?
- Madeline Elizabeth Sloane. - Plus fort, s'il vous plaît.
- Madeline Elizabeth Sloane.
- Et le témoin peut-il confirmer
que ces détails sont exacts ?
26 juillet 1976.
700, avenue New Hampshire,
Watergate Sud, appartement 504,
North West Washington. - C'est exact.
- Vous avez été employée
chez Cole, Kravitz & Waterman,
société à responsabilité limitée,
durant une période de dix ans, soit de 2006 à 2016 avant...
- Une période de 11 ans.
- Je vous demande pardon ?
- De 2006 à 2016, ça fait 11 ans, sénateur.
- Quelle était la nature de votre travail
chez Cole, Kravtitz & Waterman ?
- Sur le conseil de mon avocat,
je dois refuser de répondre à cette question
en me fondant sur les droits que me confère
le Cinquième Amendement de la Constitution.
- Avez-vous, le 12 octobre de l'année dernière,
accepté comme client le gouvernement
de la République d'Indonésie,
avec le mandat de faire campagne
contre l'imposition de nouvelles taxes fédérales
sur l'importation d'huile de palme aux États-Unis ?
- Sur le conseil de mon avocat, je dois refuser
de répondre à cette question
en me fondant sur les droits que me confère
le Cinquième Amendement de la Constitution.
- Aujourd'hui, c'est un grand jour.
Tu sais pourquoi ? Parce que je suis libre.
- Nomme-moi une chose que tu peux faire aujourd'hui
que tu pouvais pas faire hier. - Donner ma démission.
- T'aurais pu le faire hier, mais ç'aurait été stupide.
- Mais maintenant, je peux partir.
- Ce le serait toujours.
Tu finis de rembourser ta dette d'études
et tu fêtes en t'inscrivant au doctorat ?
- Le monde universitaire me convient davantage.
- Tu me suis pas aux toilettes
pour me parler de ta liberté, Jane.
Parle-moi plutôt de la taxe Nutella.
- Beurk. On va vraiment l'appeler la taxe Nutella ?
- L'huile de palme est l'ingrédient clé
du Nutella. Si le gouvernement fédéral la taxe à 300%,
ça va coûter beaucoup plus cher pour sa gaver.
- Il y a de l'huile de palme dans tout, non ?
- On aurait pu l'appeler la taxe sur le savon,
mais les gens tiennent plus au Nutella qu'au savon.
Plus que cinq sénateurs à convaincre
de voter contre la loi et on peut compter sur Jacobs
pour la retirer.
- Comment tu vas faire ? - Dire aux Indonésiens
qu'ils doivent recevoir le sénateur Jacobs
pour lui montrer leurs plantations.
- Tu te laves jamais les mains.
- Il va emmener sa femme et ses enfants en voyage au soleil
et au retour, il leur vantera leurs efforts de conservation
et sa loi mourra de sa belle mort.
- Si le gouvernement indonésien paie le voyage, c'est illégal.
- S'ils se servent d'une organisation à but non lucratif
pour financer le voyage, c'est légal,
pour autant que ce soit à des fins éducatives.
- Mais le gouvernement indonésien va quand même payer.
Tu vois, c'est pour ça que j'envisage de faire un doctorat.
- Jane, les études, ça sert à nous préparer à la vraie vie.
- Je suis pas sûre que j'aime la vraie vie.
- Tu tiens vraiment à te plonger dans Socrate ?
- Tu savais que Socrate n'a jamais rien écrit ?
- C'est complètement hors sujet.
Si t'aimes pas quelque chose, tu le changes.
C'est pour ça que t'es là. - Madame Sloane ?
- Ils vous attendent dans la salle de conférence.
- Spencer, vous saviez que les Américains trouvent le Nutella
plus essentiel que le savon ?
- Euh... OK.
- Tu vois ?
Pas de réaction.
- OK, tout le monde, on fait ça vite ;
j'ai une réunion ! Ils attendent combien de manifestants
à la réunion du FMI ? - Entre 500 et 1000.
- Et il y a une marge d'erreur de 100%?
Techniquement, c'est possible que personne se présente.
- Cinq cents minimum, et le reste dépend de la météo.
Plus de gens haïssent les banques quand il fait soleil.
- La météo annonce quoi ?
- Liz, il faut vendre Jacobs
à l'Indonésie ! - Je sais !
- Quand Henry va tomber, on aura...
- La masse critique, je sais.
- Si on trouve une organisation
pour parrainer le voyage et qu'ils le traitent comme un roi,
il va succomber. - Est-ce que tu sors
des toilettes des femmes ?
- Je vois pas du tout de quoi tu parles.
- On parle du nombre de manifestants
à la réunion du FMI. Alex, appelle Metro Talent ; on aura
peut-être besoin de renfort.
- Je m'en occupe.
- On va vraiment se servir de figurants ?
- Le type qui hurle contre l'avidité des multinationales
est beaucoup moins crédible à côté d'un faux clochard
qui porte une pancarte « abolissons l'argent ».
- « La merde, ça fait chier et allez tous chier ! »
La meilleure pancarte d'Occupy.
Dis-moi que c'était l'une des nôtres.
- Ah non. Je suis incapable d'être aussi créative. Franklin !
Les gâteaux Shmallow ? - Ouais ?
- Les taxes s'appliquent aux gâteaux ET aux biscuits ?
- Je... sais pas.
- Tu ne sais pas ?
OK, tout le monde, écoutez ça.
Je vais vous raconter une histoire.
- Ah non... - Un prêtre raccompagne
une religieuse en voiture après la messe.
En changeant de vitesse, il pose la main
sur le genou de la religieuse. - C'est choquant
et indécent, ton histoire. - La religieuse lui dit :
« Mon père, souvenez-vous de Luc, chapitre 14, verset 10. »
Le prêtre retire sa main, embarrassé.
Quand il s'arrête au feu suivant,
il pose la main un peu plus haut
sur sa cuisse. Alors, la religieuse lui dit :
« Souvenez-vous de Luc, chapitre 14, verset 10. »
Le prêtre lui demande pardon.
« Vous savez, la chair est faible », lui dit-il.
Il la dépose et une fois rentré, il prend la Bible
et il se met à chercher Luc, chapitre 14, verset 10.
Vous savez ce qui est écrit ? Hum ?
Qu'est-ce qui est écrit, Pat ?
- « Mon ami, monte plus haut ; alors, cela te fera honneur. »
- Connaissez votre sujet, autrement dit.
À défaut de quoi, vous risquez de perdre
des occasions inespérées.
Quand je te reverrai cet après-midi,
t'as intérêt à me réciter la loi sur les taxes
dans toutes les langues.
- On m'a dit que je devais lui serrer la main. Hein ?
- Quoi ? - Eh bien...
quand je vais la rencontrer, on m'a dit...
qu'elle est pas trop du genre bise sur la joue
que les femmes font beaucoup de nos jours.
- Vous l'avez jamais rencontrée ?
- On a assisté aux mêmes réceptions quelquefois,
mais on n'a pas été présentés.
- Dans une si petite ville, comment est-ce possible ?
- Alors, je lui serre la main ? - Inutile de vous inquiéter.
- Liz. - Bonjour.
- Bill Sanford.
- Étonnée que ça ait été si long.
- J'aurais voulu venir me présenter
pendant le dîner de la libre entreprise,
mais vous êtes partie tellement vite.
- Petite crise sur la colline.
- Eh bien, un moins bon commandant aurait confié ça
à un soldat. D'ailleurs, c'est pour ça que je suis là.
- Pourquoi êtes-vous ici au juste ?
Tuer des projets de loi comme Heaton-Harris,
c'est votre pain quotidien, non ?
- Vous l'avez lue, alors ? - Non, mais je suis au courant.
Une loi bipartisane pour qu'on vérifie
les antécédents des acheteurs d'armes.
- Sur toutes les ventes d'armes à feu au pays. Voyez-vous ça ?
Le cadeau d'un père à son fils, ou à un ami d'enfance.
Ça ne changera qu'une chose. Ça ne fera que compliquer la vie
à tout le monde. C'est Big Brother, vous savez.
Des registres sur la santé mentale des gens,
une entrave inconstitutionnelle au droit garanti
par le Deuxième Amendement. Et comme vous dites...
on fera de cette loi nos rôties du matin.
- Monsieur Sanford, je m'occupe principalement de taxation
et de l'ingérence du gouvernement
dans la libre entreprise... - Je sais. Je suis au courant.
Mais votre réputation est tellement brillante
qu'à vrai dire,
nous n'attendions qu'une occasion de vous engager.
- Très bien, je vous écoute.
- Les femmes.
Nos sondages nous indiquent que...
on a du mal à rejoindre l'électorat féminin.
Alors, on voudrait
changer la façon de penser ; passer des mères
dont les enfants meurent à cause des armes
aux mères qui protègent leurs enfants grâce aux armes.
De la femme battue sous la menace d'une arme
à la femme qui se défend contre son mari violent
avec un calibre 38.
- Les armes comme instrument
de l'émancipation des femmes.
- C'est quoi le dicton ?
Dieu a créé les humains...
- Samuel Colt les a rendus égaux.
- Ouais. - Ha ! Ha ! Ha !
Alors, Liz, imaginez... une nouvelle organisation
qui s'adresserait aux femmes rebutées
par la rhétorique agressive
des défenseurs du Deuxième Amendement
et par notre association avec la droite politique...
mais sans aucun lien avec nous.
Sans passif. Sans position
déclarée sur les armes à feu. Hein ?
Et vous,
vous la bâtirez.
Vous développerez son programme.
Et, lentement, mais sûrement,
vous ferez de tous ses membres
des militantes convaincues
en faveur du Deuxième Amendement.
- Et ce serait quoi ? Les mères unies
pour une Amérique plus sûre ?
Qui défendrait le principe que chaque citoyen
doit être armé jusqu'aux dents ? - Liz.
- Vous êtes sérieux ? C'est ça, ma brillante réputation ?
Médaillée d'or des bas-fonds éthiques ?
- Je ne vois aucun problème éthique
à tenter de recadrer un débat.
- Chercher à gagner la faveur des femmes en camouflant
le lobby des armes à feu sous des paillettes roses,
c'était tellement ignoble. C'est forcément l'idée
d'une bande de vieillards.
- Pas du tout !
C'est moi qui ai eu cette idée.
- Eh bien, je vous conseille
de la tuer dans l'oeuf immédiatement.
Il vous faudra plus qu'un discours sécuritaire banal
pour nous convaincre
de votre opinion sur le Deuxième Amendement.
- Eh bien, le fait demeure qu'en termes d'appui féminin,
nos chiffres devraient être meilleurs.
- Je vois.
Alors, laissez-moi regarder les chiffres moi-même
et on en discutera ensuite ?
- Mais pour qui elle se prend ?! - On peut voir ça autrement.
Pour gagner sa confiance,
c'était peut-être la bonne tactique.
- Vous avez vraiment cru, même une seule seconde,
que c'était cette idée qu'elle avait en tête
quand elle lui a dit sans broncher
d'aller au diable avec sa campagne ? Candice !
Appelez Sloane dans mon bureau ! Tout de suite !
- Elle est efficace, hein.
- « Vous allez regarder les chiffres » !
Je suis sûr que le président de l'un des groupes
les plus puissants sur la colline est honoré
que Sa Majesté ait accepté de regarder
les foutus chiffres !
Mais, bon sang, qu'est-ce qui vous a pris ?
- Le système est tellement poreux qu'il prend l'eau.
- Je ne me rappelle pas vous avoir entendue énoncer
quelque opinion que ce soit à propos des armes à feu.
- Mon opinion s'est formée quelque part
entre Columbine et Charleston.
Écoutez, George, n'importe quel cinglé,
bandit ou terroriste peut acheter un fusil d'assaut
dans une expo, sur Internet ou de son partenaire de bowling.
Et cela sans même qu'on lui demande une carte d'identité.
La loi Heaton-Harris...
- Liz, c'est le lobby des armes à feu !
Est-ce que vous savez depuis combien de temps
j'essaie de les avoir comme client ?
Non. Quelque chose s'est produit.
Vous connaissez une personne qui a été victime
d'une arme à feu. - N'importe quoi.
J'ai une opinion, c'est tout. - Vous êtes la championne
du libre marché. Les interventions
déraisonnables du gouvernement...
- Je ne qualifierais pas les lois
sur les armes à feu de dérai... - Les Indonésiens !
Pour l'amour du Ciel, Liz ! Vous travaillez avec les Indonésiens !
- Pour empêcher le gouvernement
d'éliminer une de leurs sources de revenus.
Quel est le problème avec l'Indonésie ?
On va envoyer Al Jacobs sur le terrain.
- C'est une promesse ou une menace ?
Je vois déjà le sénateur jeté
dans un chaudron d'eau bouillante
entouré d'indigènes qui dansent autour de lui.
Tenez-vous-en à vos clients
du Fortune 500!
Vos interventions extravagantes nous font une publicité
dont cette firme pourrait volontiers se passer.
- Je travaille pour des causes auxquelles je crois.
Comme ça, je dors sur mes deux oreilles.
- Arrêtez, vous ne dormez pas !
Vous passez vos nuits obsédée
par l'idée de gagner, peu importe la cause.
Les pilules dans votre sac à main,
ce ne sont pas des somnifères.
La seule raison qui fait que vous
et votre équipe de petits morveux mâcheurs de gomme
êtes ici chez nous, c'est que vos bouffonneries insolentes
font assez de bruit pour attirer des clients
comme Bill Sanford.
En clair, si vous refusez de vous occuper de sa cause,
cette firme pourra se passer de vos services.
Sortez d'ici maintenant.
Allez regarder les chiffres
et convainquez les femmes que les armes,
c'est une bonne chose !
- Des étourdissements ?
Des nausées ? - Non.
- C'est ce que vous répondez toujours.
- Docteur, je vais bien.
Si ma compagnie d'assurances n'était pas aussi pointilleuse,
on n'aurait pas cette conversation.
- À quelle heure vous couchez-vous ?
- Je dors beaucoup. Ça varie.
- À quelle heure vous êtes-vous couchée hier soir ?
Avez-vous dormi au moins ?
- Je suis très occupée en ce moment.
- Vous n'avez pas besoin
d'un médecin pour savoir que vous creusez votre tombe.
Les longues heures de travail...
- Quel numéro vous avez composé pour m'appeler ?
- Celui de votre résidence.
- Mon cellulaire est éteint,
le chocolat chaud est prêt,
mon livre m'attend près du lit.
Je serai endormie dans deux heures. Merci d'avoir appelé.
Du Parti républicain ; il peut vous aider en Californie.
D'accord. Génial.
Ah !
Bonsoir. Comment allez-vous ?
Je vais vous présenter le sénateur Davidson.
Oui, j'apprécie que vous participiez aux campagnes.
Je reviens tout de suite.
Bonsoir. J'espère vous revoir.
C'était super.
- Vous rentrez déjà ?
- Si vous voulez une déclaration,
vous perdez votre temps.
- Je viens de vous voir vous extirper de trois conversations
pour aller trois fois aux toilettes en une demi-heure.
- Vous m'avez démasquée, je suis incontinente.
Vous pouvez l'écrire. - J'espère me tromper,
mais on dirait que vous en avez assez de cette ville.
- Êtes-vous du Post ? Comment êtes-vous entré ?
- J'aimerais que vous m'accordiez cinq minutes.
- D'accord. Ma voiture est à trois minutes de marche.
Faites ça vite.
- La rumeur dit que vous avez refusé de travailler
pour le lobby des armes à feu contre Heaton-Harris.
- Je ne commente pas les rumeurs, désolée.
- Forcément, si vous avez fait ça,
c'est que vous appuyez le projet de loi.
C'est assez étonnant que vous ayez refusé
un client aussi important au nom de vos convictions.
Elizabeth Sloane, la lobbyiste engagée. Qui l'eût cru ?
- Écoutez, si vous alliez droit au but ?
- Vous admettez que le système est inadéquat ?
- Je demeure en faveur du Deuxième Amendement.
- Les godemichés sont interdits au Texas.
Mais le premier venu peut entrer dans un magasin
et en sortir avec une arme à feu.
- Ça explique le taux quasi nul
de meurtres au godemiché au Texas.
OK. C'était pas si drôle que ça.
Qu'est-ce que vous voulez ?
- Votre déclaration.
- Très bien.
Il suffit de croire qu'on peut gagner la bataille
pour être un lobbyiste engagé.
- Excellent. Merci.
Une dernière question. Juste entre nous...
Qu'est-ce que vous savez de leurs adversaires ?
- La campagne Brady ? Ils vont perdre,
parce que leur budget total équivaut à ce que dépense
le lobby des armes à feu en cirage à chaussures.
- Et leur lobbyiste, Peterson Wyatt ?
C'est une agence bipartisane
spécialisée dans les affaires gouvernementales.
- « Spécialisée » est un euphémisme de... petit joueur.
« Bipartisane » veut dire hippie en complet cravate.
- Vous connaissez le président de cette agence ?
Il s'appelle Schmidt. - Jamais entendu parler.
Mais c'est simple, si sa firme est à son image,
c'est une poule mouillée qui met tout sur le contenant
et rien dans le contenu.
- C'est noté.
Au fait, je ne me suis pas présenté, je crois.
Je suis Rodolfo Schmidt,
président de Peterson Wyatt.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je suis pas assez poule mouillée peut-être ?
- Votre firme a 12 ans, vous devriez vous appeler Peterson
ou...
Qu'est-ce que vous voulez, au juste ?
- Vous êtes pro Heaton-Harris et on sait tous
que vous êtes en guerre avec la direction de votre firme.
La campagne Brady voudrait que vous meniez la bataille
pour cette loi. Vous viendriez travailler chez nous
et ensuite, vous n'aurez plus qu'à choisir
parmi toutes les mégaboîtes
qui baveront d'envie de vous engager.
Voici...
les détails exacts...
de notre offre.
- J'ignore si je devrais être flattée ou insultée, M. Schmidt,
mais je vous assure que vous vous trompez à mon sujet.
- Je crois
que je ne me trompe pas du tout.
Ne me dites pas que le défi ne vous intéresse pas.
- Au revoir, monsieur Schmidt.
- Où est votre voiture ? - Le chauffeur doit m'attendre
devant l'entrée, je ne conduis pas.
« Il ne suffit pas de croire qu'on peut gagner
pour être un lobbyiste engagé. »
Salut, Jane. - Tu sais quelle heure il est ?
- Oui, je sais quelle heure il est,
mais écoute...
si Socrate n'a jamais rien écrit,
comment on a pu le connaître ?
- Par les textes de ses disciples :
Platon, Xénophon.
- Il nous faut une réunion.
Où va loger le sénateur Jacobs ?
Le Lombok Lodge ? - Oui.
- C'est sur la plage ? - Oui.
- Bien. Envoie ça au comité d'éthique du Sénat.
Une fois le voyage autorisé, on met Jacobs dans l'avion.
- C'est pas un peu risqué ? - Non, pas du tout.
Techniquement ? - Ça va, t'inquiète pas.
- Mais en tant que lobbyistes, on a pas le droit
d'organiser des voyages outre-mer
pour des membres du Congrès.
Je lis le code d'éthique pour faire semblant d'être occupé.
- Si tu faisais pas juste semblant, tu saurais
que l'astuce est de faire signer l'organisation sans but lucratif
et qu'ils l'envoient eux-mêmes au comité d'éthique.
J'ai l'air de m'inquiéter ? - D'accord.
- George m'a dit ce qui s'était passé
avec Sanford. T'es complètement débile ou quoi ?
- Pourquoi tu manges du gâteau au chocolat pour déjeuner ?
C'est honteux. - C'est un muffin.
T'as jamais mangé un muffin pour déjeuner ?
- Un muffin. Voyons voir. Oeufs, lait, farine, sucre,
poudre de cacao, chocolat. Exactement comme un gâteau.
Mais bien sûr,
une personne civilisée ne peut pas manger
du gâteau au chocolat pour déjeuner.
- T'as perdu la tête. - Franklin ? Tu m'écoutes ?
Parce que je te parle. Les gâteaux Shmallow,
c'est pas des gâteaux. C'est de la pâte de guimauve
entre deux biscuits recouverts de chocolat.
Notre loi sur les taxes
considère les gâteaux comme des articles de luxe
et les taxe davantage.
Alors que les biscuits sont évidemment une nécessité
et ne sont donc pas taxés.
Tu comprends ? - Quoi ?
- Fais en sorte que les gâteaux deviennent des biscuits.
Le mot « gâteau » dans le nom, ce n'est que du marketing.
Il te faudra des preuves, mais trouve des experts
qui confirmeront qu'ils sont faits de 80% de biscuit
et de 0% de gâteau.
C'est la formule gagnante.
- Vous saviez ça depuis le début ?
- Tu y aurais pensé tôt ou tard.
- Alors, pourquoi vous me le dites ?
- Au cas où tu ne viendrais pas avec moi.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- OK. Écoutez-moi. Je vous ai convoqués pour vous annoncer
que dès maintenant, je démissionne de Cole, Kravitz
pour devenir consultant principal
pour la campagne Brady chez Peterson Wyatt.
J'ai prévu des postes pour chacun d'entre vous.
Sans changement à vos salaires actuels.
Qui veut me suivre alors ?
- Je viens de passer au moins une heure
à récupérer tes conneries avec Bill Sanford !
Je l'ai assuré que tu serais la meilleure candidate
pour grossir ses effectifs !
On est à deux doigts d'avoir le feu vert !
- Est-ce que je dois comprendre que tu hésites un peu ?
- Tu n'as pas la moindre chance de réussir ça !
- Qui est avec moi ?
- Je suis avec vous.
- Oh, oh, oh ! Ross, hé, fais pas ça, j'ai besoin de toi.
- Elle encore plus. - Alex.
Lauren.
- Mais merde ! C'est Jerry McGuire ou quoi ?!
- Vous avez vu Jerry McGuire ?
- Les armes, ça me fait peur.
- Alors, Sloane et compagnie contre Connors et qui d'autre ?
O'Hara, Wickman, Moore.
Trio du tonnerre.
Ramirez ?
Combien d'armes à feu tu possèdes déjà ?
- Assez pour défendre ma propriété.
Plus deux autres pour énerver les gauchistes.
- OK. Jane, appelle Rodolfo Schmidt
chez Peterson Wyatt et dis-lui qu'on sera six à débarquer.
- Ouais. Bien, j'en compte cinq, moi.
- Les maths, c'est pas ton fort, on dirait.
- Qui t'a dit que je te suivais ? - Moi, je le dis.
Appelle Rodolfo. - Et si je voulais rester ?
- Ha ! Écoute, Jane, c'est pas le moment d'essayer
de développer ton sens de l'humour.
- Tant mieux. Parce que je ne ris pas.
- Allez, vas-y, c'est pas grave.
Ça m'est complètement égal.
- T'avais entièrement raison
à propos du doctorat ; c'était un prétexte.
Je suis dans l'une des meilleures firmes de la ville.
Ta réputation va survivre de toute façon, même si...
tu travailles avec une équipe
de troisième ordre pour une bataille perdue d'avance.
Mais pas la mienne. - Ça alors.
Je retire ce que j'ai dit.
- J'ai appris beaucoup avec toi, Liz,
durant ces deux dernières années.
Tu vas me manquer.
Les appels à 3 h du matin,
un peu moins. - De toute évidence,
tu as appris plus qu'il n'y paraissait.
Tu as fait preuve de plus d'ambition en 60 secondes
que durant ces deux dernières années.
Mais tu t'illusionnes complètement
si tu penses que tu peux survivre sans moi.
Si on n'est pas d'accord là-dessus,
ne va pas t'imaginer que j'aurai une once de compassion
pour toi. Je crois que c'est clair.
Je te donne encore une chance de changer d'avis,
mais ce sera la dernière.
Très bien. Je dois faire mes adieux au grand financier.
Quand cette ville t'éviscérera comme du petit gibier
et t'étouffera avec tes propres entrailles,
ne viens pas pleurer chez moi.
- Nous reviendrons plus tard
sur la République d'Indonésie, en Asie, mais...
voyez-vous, ce qui me trouble,
c'est l'important pouvoir d'influence dont vous avez joui.
Nous avons vu des communications de nombreuses...
personnalités d'expérience à Washington
qui craignaient que vous, une lobbyiste,
ayez le pouvoir de détruire leur carrière
d'un claquement de doigts.
Avez-vous cultivé
cette réputation, madame Sloane ?
- Sur le conseil de mon avocat, je dois refuser de répondre
à cette question en me fondant sur les droits
que me confère le Cinquième Amendement de la Constitution.
- Vous savez, il est en soi inacceptable
que quiconque dispose d'une telle influence.
Mais si celle qui possède ce pouvoir dérape,
si elle a des problèmes,
une addiction,
eh bien, le bateau
de la politique américaine se retrouve
tout bonnement conduit par une ivrogne.
Avez-vous...
Avez-vous déjà eu dans le passé des...
des problèmes de consommation de drogue ?
- Sur le conseil de mon avocat,
je dois refuser de répondre à cette question
en me fondant sur les droits
que me confère le Cinquième Amendement
de la Constitution. - Il semble que vous souffriez
d'insomnie ?
Nous avons ordonné la production de votre dossier médical.
Vous êtes... atteinte d'insomnie chronique
depuis des années, n'est-ce pas ?
Vous travaillez régulièrement
plus de 16 heures par jour,
mais vous n'arrivez pas à dormir. Est-ce exact ?
- Sur le conseil de mon avocat, je dois refuser de répondre
à cette question en me fondant sur les droits
que me confè... sur les droits que me confère
le Cin... le Cinquième Amendement de la Constitution.
Voilà.
- On vous a prescrit
à plusieurs reprises des...
benzodiazépines.
Mais d'après la déposition de l'un de nos témoins,
vous vous êtes procuré, sans ordonnance,
certains psychostimulants
dans le but de rester éveillée et fonctionnelle
durant de longues heures.
Est-ce exact ?
Madame Sloane ?
- Sur le conseil de mon avocat, je dois refuser de répondre
à cette question en me fondant sur les droits
que me confère le Cinquième Amendement de la Constitution.
- Très bien. Revenons à votre travail
pour la République d'Indonésie en Asie.
- Je ne suis pas une toxicomane.
Et vos questions à ce sujet
ne sont pas pertinentes dans cette affaire.
Mes médicaments n'affectent pas pus mon jugement
qu'un double espresso ! Et je tiens à ajouter,
parlant d'abus de substances, que je peux citer de mémoire
une liste de sénateurs très dignes et respectables
qui ont voté des lois dans des états d'ébriété
très avancée. Et pour votre information,
je crois que nous sommes maintenant tous
parfaitement au courant et pleinement conscients
que l'Indonésie est en effet une République
qui se trouve bel et bien et sans aucun doute
sur le continent d'Asie !
- Madame Sloane.
Que la fête commence.
- Cinq ans.
Ça valait vraiment la peine ?
Cinq ans minimum. - Cinq ans, qu'est-ce que c'est ?
- Tout ça pour une boutade puérile
sur la situation géographique de l'Indonésie.
Vraiment, vous n'avez pas vu que toute cette stratégie
était conçue pour... Ils vous on eue.
- Est-ce que vous allez me répondre ?
Qu'est-ce que c'est, cinq ans ? - Vous vous êtes fait avoir.
La plus brillante lobbyiste de Washington
s'est fait avoir par grand-papa Simpson.
- Cette conversation va être interminable.
- C'est la peine en vigueur
pour parjure devant le Congrès.
Vous avez renoncé à vos droits.
Maintenant, tous ceux qui veulent votre peau,
et ils sont nombreux et très acharnés,
vont consacrer tous leurs efforts et leur génie
à prouver que vous avez menti.
- Mais si je garde le silence ? - Quelle excellente idée !
Merde, pourquoi votre avocat n'y a pas pensé ?
- Si je refuse de répondre ?
- Vous irez en prison
pour outrage au Congrès !!! - Chut !
- Vous venez d'ouvrir la boîte de Pandore !
- Calmez-vous, Daniel.
On dirait que ça vous importe, maintenant.
- Non. Je me fiche royalement de vous
et de ce qui peut vous arriver.
Je travaille pour le seul cabinet
de lobbying éthique dans cette ville.
Et là, je dois défendre le symbole par excellence
de la profession la plus immorale et pourrie
après celle de guérisseur !
Votre voiture est en bas. Rentrez chez vous.
Allez regarder le plafond.
Préparez-vous à être crucifiée.
- Je sais que je n'ai pas suivi
vos recommandations de façon exemplaire.
- Ne vous parjurez pas, point final !
- Dommage que les choses
ne se soient pas arrangées avec Elizabeth.
- Oh, nous avons d'autres options.
Le poulet amish, qu'est-ce que c'est que ça ?
- Un exercice de marketing ?
- Non. On va simplement trouver un autre lobbyiste.
- En fait, je parlais du poulet amish.
- Elle est devenue votre ennemie maintenant.
Je vous ai invité parce que personne
n'est aussi bien placé que nous pour la neutraliser.
- On a travaillé avec elle pendant des années.
Nous savons exactement comment elle procède.
Ah, c'est juste un poulet ordinaire élevé par les Amish.
- Ah. Il a meilleur goût
parce qu'il ne connaît pas Google, c'est ça ?
Écoutez.
Nous sommes plus de cinq millions
et nous sommes armés.
On a déjà empêché ce genre de lois auparavant,
on y arrivera encore cette fois.
Ils vont faire beaucoup de bruit,
ils vont brandir leurs pancartes,
mais le résultat...
est tellement prévisible.
- Elle n'est pas prévisible.
Son objectif est de surprendre.
Elle dit certaines choses à son équipe, mais pas tout.
Elle aura un plan pour certaines personnes
qui n'en sauront rien
avant de se retrouver plongées dedans jusqu'au cou.
Il y a toujours des choses qu'on n'attend pas
avec elle. C'est sa façon de travailler.
- On sait quels sénateurs elle va vouloir convaincre.
Suffit de les approcher avant.
- Et leur talon d'Achile, ce sont les sénateurs
sur qui ils croient pouvoir compter. Badgley, Michigan.
Il peut influencer peut-être six votes.
Si on le convainc, c'est une victoire facile.
- D'accord.
Montrez-moi ce que vous savez faire.
- Filet mignon. Saignant.
- Même chose. Bien cuit.
- Bien cuit pour moi aussi. - La truite pour moi.
- La salade de poulet amish.
- Excusez-moi.
- C'est pour ce genre d'observations très fines
que tu es ici. - Pardon, mais...
qui a bouclé l'entente ?
- Quoi, vous êtes qui, vous ? - Bonsoir, madame.
- Où est le gars qui vient d'habitude, Mark ?
Si c'est son vrai nom.
- Mark est parti.
Appelez-moi Forde.
- C'est votre vrai nom, ça ?
- Pour vous, oui.
Et vous, ma beauté... - C'est pas vrai...
- Vous êtes dans la politique ou cadre d'entreprise ?
Qu'est-ce qu'une belle dame comme vous
peut venir chercher dans la chambre 904?
- Pas la conversation. Combien de verres avez-vous bus ?
- Avec le minibar la volonté, je dirais pas assez.
- Il est interdit de fumer ici.
- C'est interdit d'acheter de la compagnie aussi.
Et vous le faites quand même.
- La fumée est détectable ! Ça peut attirer l'attention,
ce n'est pas professionnel.
- Je vois. Cadre d'entreprise. Ou avocate peut-être ?
- Si j'ai recours à vos services,
je demande que certains principes soient respec...
- Les règles de l'agence, paiement comptant.
Je suis le seul à être au courant
de la petite fête que je vais vous faire.
Avec la moitié du minibar derrière la cravate.
Si vous cherchez autre chose, je comprends.
- Vous ferez l'affaire.
Allons droit au but.
- Comme vous voulez.
- Ça vous fait pas trop l'effet d'un taudis ?
Je pensais que ça serait plus bizarre. Des poufs partout,
des balançoires ici et là...
- Dis-moi que vous avez des douches.
- Il en y avait chez Cole Kravitz ?
- Les clients en avaient besoin après une demi-heure avec lui.
- On avait toutes les commodités,
mais pas le temps. Ça ira.
- La machine distributrice est bizarre.
Pour voir ma boisson, j'ai dû déclarer mon sexe et mon âge.
- La compagnie qui fait la machine
vend nos informations à des grandes agences.
J'ai déjà déposé une plainte.
- C'est pas grave, j'ai menti.
- T'as dit que t'étais un homme adulte ?
- Pourquoi t'es si méchante avec lui ?
- Jacobs vient de retirer la taxe Nutella.
- Depuis quand ? - Ça vient de se passer.
- Cette taxe, c'est vous qui l'avez fait avorter ?
- On l'a assassinée. - Et avec elle,
combien d'espèces de la forêt équatoriale indonésienne ?
- C'était pas une chose à dire.
- C'est à eux de s'occuper de ça.
Après tout, c'est leur pays, non ?
- Tu sais combien de pollution génère leur coupe
et leur fumée industrielle ?
- Moins de 0,2% des émissions de gaz à effet de serre.
- Alors, la rumeur est vraie ? - Ouais.
Ross est vraiment une femme.
- On dit que Sloane est un vrai bloc de glace.
- Elle pisse debout, je te jure.
C'est fou. Moi-même, je fais pas ça.
- T'as un cerveau qui contrôle ta bouche ?
- Bonjour. - Bonjour.
- J'ai pensé qu'on pourrait peut-être faire un tour de table
pour se présenter. - C'est inutile
et ce serait pénible. Si vous voulez casser la glace,
faisons-le intelligemment. On est ici pour faire en sorte
que le projet de loi Heaton-Harris soit adopté.
Comment va-t-on y arriver ?
- Si on est réaliste, on n'y arrivera pas.
On mène la meilleure bataille possible,
on crée une base de sympathisants solide
pour avoir une chance de réussir pour le même projet de loi
l'année prochaine ou l'année suivante.
- Je ne suis pas ici avec l'ambition de perdre
le plus lentement possible. Nom et ancienneté ?
- Esme Manucharian. Neuf ans.
- Manucharian. J'ai déjà entendu ce nom-là.
- C'est notre spécialiste du contrôle des armes à feu.
Elle connaît tout le dossier à fond.
- C'est vous qui avez dirigé la campagne
contre le port d'arme invisible dans l'Illinois.
- Sans succès au final,
mais oui.
- Très bien, Esme. Pourquoi allons-nous perdre ?
- Pour chaque dollar qu'on dépense dans cette campagne,
vous savez combien en dépense le lobby des armes à feu ?
38.
- Les politiciens obéissent à l'argent. Mais pourquoi ?
Il ne va pas dans leurs poches,
ce serait de la corruption.
- Comme les Indonésiens
avec le sénateur Jacobs.
- C'était de la corruption
légale à des fins éducatives.
Mais oui, la priorité d'un sénateur,
ce n'est pas de représenter le peuple,
c'est de garder son cul sur son siège.
- C'est tellement cynique.
- Cynique est un mot que
les optimistes naïfs utilisent
pour qualifier la lucidité qui leur fait
cruellement défaut. - Wow.
Vous prenez vite vos aises.
- Si les sénateurs ne se préoccupaient
que de conserver leur poste,
vous ne pensez pas que ça les rendrait esclaves
de l'opinion publique ? - D'après les sondages,
la majorité des Américains sont en faveur de Heaton-Harris.
- Voilà pourquoi vous échouez sans arrêt.
- C'est la première fois qu'on s'attaque aux armes à feu,
mais je comprends votre argument.
- Quel argument ?
- L'opinion publique a peu d'importance.
82% des sénateurs ont été réélus aux élections de mi-mandat
avec 36% de participation.
- C'est sûr que la plupart sont des amis
du lobby des armes à feu. - Merci !
- Nos adversaires se sont créé
une vaste base d'électeurs fanatiques
qui n'appuient leur vote que sur la question des armes à feu.
- Comment rivaliser avec ça ?
- On bâtit notre base de sympathisants
qui vont bouger leurs fesses pour aller aux urnes
et voter contre les armes à feu.
Quel est le meilleur indicateur des intentions de vote ?
L'argent !
- C'est notre premier objectif. L'action sur le terrain
dans l'unique but de solliciter des dons.
Pas de signature sur une pétition,
pas de clic dans le cyberespace.
- Ils vont savoir ce qu'on récolte ?
- Les OSBL sont obligées de déclarer leurs revenus.
- Et tout le personnel
des membres du Congrès n'attend que de voir ces chiffres.
- Pendant que vous vous battrez sur le terrain,
je m'occuperai des sénateurs influents
qui peuvent faire changer le vote de leurs collègues.
C'est notre deuxième objectif. Le troisième
sera d'identifier les groupes d'influence
dans les États cibles :
employeurs, associations de travailleurs.
On n'entre pas dans le bureau d'un sénateur
juste pour faire son boniment.
Sachez en qui ils ont confiance.
Sachez à qui ils voudront à tout prix éviter de déplaire.
Et persuadez ces gens-là de faire valoir vos arguments.
Ça, c'est la formule gagnante.
Vous ne conduisez pas ?
- Je sais conduire, mais j'aime pas trop.
- Vous êtes allée plus loin que moi,
j'ai même pas de permis.
- Mon compte en banque et mes idées progressistes
ne me permettent pas d'avoir une voiture.
Et vous, c'est quoi votre excuse ?
- Je suis pas douée pour conduire.
J'ai passé le test à 16 ans ;
c'est le seul examen que j'aie échoué.
Mon professeur m'a dit que j'étais irresponsable
et que je manquais de vigilance.
C'est là que j'ai su que j'étais faite pour la politique.
- Vous aviez l'air très passionnée tout à l'heure.
Vous avez connu quelqu'un...
qui a été victime de violence armée ?
- Bien non. Pourquoi on s'imagine ça ?
- Vous en parlez avec conviction.
- Comme si je ne pouvais voir la valeur des arguments
que quand ils me touchent personnellement.
Il y avait un membre du Congrès, j'ai oublié son nom...
toute sa carrière, il a été
contre les droits des gays. Et il a fait
une volte-face totale quand son frère
est sorti du placard. Quelle sage façon
de se forger une opinion rationnelle !
- Donnez-lui un marteau et une toge.
- Est-ce que vous avez faim ?
- Vous mangez ici tous les soirs.
- Hum. Presque. Ça ne ferme jamais.
- Vous trouvez pas ça monotone ?
- C'est une nécessité. Ce serait comme trouver monotone
d'aller aux toilettes.
- OK. Vous allez trouver ça très étrange,
mais la nourriture occupe une place incroyable dans ma tête.
- Et les armes à feu ?
Quand j'ai pris connaissance du dossier,
votre CV a attiré mon attention.
Vous avez beaucoup travaillé
sur la question des armes à feu,
J'imagine que c'était volontaire de...
privilégier ce genre de dossier ?
- C'est une cause qui me tient à coeur, oui.
- Ça ne me regarde pas,
mais il y avait un trou dans votre historique.
Avant Berkeley, vous avez fréquenté une école
à Bloomington, dans l'Indiana, à la fin des années 90.
Le nom de l'école n'était pas indiqué.
Qui d'autre est au courant ?
- Rodolfo.
C'est tout.
- Vous savez à quoi je pense ?
- Je suis désolée, Elizabeth, mais j'ai gagné ma réputation.
Je ne la dois pas à un événement
qui m'est arrivé à l'école secondaire,
même si ma position vient de là.
Parler de ça pourrait même
saper ma crédibilité. On dira que je suis trop émotive.
De toute façon, les tireurs n'avaient même pas eu
à acheter leurs armes.
Heaton-Harris n'aurait rien changé
à ce qui s'est passé. - En témoignant publiquement,
vous craignez de perdre votre pouvoir de changer les choses.
Mais si admettre ce qui est arrivé faisait la différence
entre l'échec et la victoire ?
- J'apprécierais que vous me traitiez
comme les autres membres de l'équipe.
- Parmi les plus compétents, j'en suis sûre.
Vous nous êtes précieuse.
- Soixante.
C'est le chiffre magique.
Soixante votes et on empêche l'obstruction.
- Donc en face, ils gagnent avec 41.
- Ils peuvent gagner avec moins.
Il nous en faut 60.
Moins que ça, c'est insuffisant ;
cinquante-neuf, c'est insuffisant.
Il nous faut 60 sénateurs qui iront voter.
Si on n'y arrive pas, ils gagnent. Point final.
- Ouais, c'est ce que je disais.
D'après mes calculs,
le lobby des armes à feu a 34 votes à peu près sûrs.
Ça, c'est de leur côté.
De notre côté, nous en avons 44 à peu près sûrs.
Il en reste donc 22 qui sont l'enjeu de cette campagne.
Ce sont ces messieurs dames qui se trouvent ici au milieu.
En principe, Heaton-Harris sera présenté
dans 84 jours. La bonne nouvelle,
c'est que si on va chercher 16 votes, on atteint le seuil.
- C'est censé être une bonne nouvelle ?
Il nous faut 16 votes sur 23?
C'est comme faire un examen dont la note de passage serait...
- 70%. - Et la mauvaise nouvelle,
c'est que le lobby des armes à feu est fabuleusement riche.
- C'est un fait.
- Et que c'est court pour arracher
16 votes au groupe le plus puissant de Washington.
- Aussi. - Ce que Ross essaie de dire,
c'est qu'il nous en faut 16
et qu'il ne leur en faut que sept.
- Merde.
- Et l'homme qui a fait ça nous a volé leurs rires...
leurs sourires.
Et je ne peux pas accepter
qu'on n'ait pas pu l'en empêcher.
Nos belles petites filles !
On aurait pu faire quelque chose,
on aurait pu lui enlever son arme
et mes bébés seraient toujours en vie !
- Ouais, bon, ça va.
- On a compris.
- Brenda et Joel Patterson. La fusillade a provoqué
une nouvelle vague antiarmes à feu dans le Wisconsin.
- Et ça fait plus d'un mois.
- Ça ne s'atténue pas. Brenda est devenue la figure de proue
du mouvement des mères pour le contrôle des armes à feu.
- L'indignation publique après une fusillade dure...
peut-être une semaine par victime.
L'histoire des Pattinson devrait être morte et enterrée.
- Patterson.
- Pat... Hein ? - Leur nom.
C'est la famille Patterson.
- Ils peuvent s'appeler Ducon, je m'en fiche complètement !
Elle a fait ça. - Il faut en parler à Sanford.
Il faut adapter noter stratégie pour maximiser l'impact.
- Les appuis au contrôle des armes à feu
ont grimpé de 8% en deux semaines.
Les deux sénateurs du Wisconsin sont vulnérables.
S'il n'appuie pas Heaton-Harris,
Kirkpatrick ne passera pas l'automne et Wallace
est fini dans deux ans.
- Et qui va à ce truc médical ?
- Le sénateur Wallace.
Il peut influencer deux autres modérés.
- Et je n'ai absolument aucun doute qu'elle compte
rafler leurs votes durant cet événement.
- Non, Carlos,
ce n'est pas acceptable.
Les médias doivent être présents. Tout l'intérêt est là.
Il faut que ce soit enregistré
et que ça puisse repasser en boucle
s'il songe seulement à se rétracter.
Je t'envoie une photo de Clara Thomson.
Elle sera à l'avant gauche.
Clara, vous porterez quoi ?
- Une robe en crêpe noire à une épaule.
Une robe en crêpe noire à une épaule.
Ce sera la seule dans la salle
si on est chanceux. Merci, Carlos.
Alex ! Dis-moi que c'est possible
qu'un médecin n'ait pas le temps d'aller sur les médias sociaux.
- S'il travaille 15 heures
par jour, ouais. - Génial.
- Mais il peut pas ne pas être sur Doximity,
la version médicale de Linkedln.
- T'aurais pas pu t'arrêter quand j'ai dit « génial »?
- Bonjour.
Lecture légère ? - Vous savez au moins
ce que c'est, la pneumologie ? - Bien sûr.
C'est l'étude du pneumo.
- Les poumons sont asymétriques.
Le droit a trois lobes ; le gauche deux. Et pourquoi ?
- Le coeur a besoin d'espace ?
- Bravo. OK, tout le monde ! Écoutez-moi !
- Pour vous, c'est pas un problème, j'imagine.
- Qu'est-ce qu'ils racontent ? Allez !
Arguments, contre-arguments !
On se dépêche ! Réveillez-vous !
- C'est le premier pas
vers un registre national des armes à feu.
- Discours alarmiste.
Personne n'a jamais rien proposé de pareil.
Et si ça arrivait, ce serait vivement débattu au Congrès.
Suivant !
- On est à deux doigts de la confiscation.
- La rhétorique du lobby des armes est basée
sur la fausse idée que nous voulons enlever
quelque chose aux gens. C'est faux.
Nous voulons que ce soit
plus difficile pour les individus dangereux
d'acheter des armes. Si on n'arrive pas à démolir
cette idée fausse, on perd tous notre temps.
Esme, faites-moi une biographie de Wendy Furniss.
- D'accord. - La présidente
de Harwood-Nortons ? - Hum-hum.
Le deuxième plus gros employeur de Virginie.
Les deux sénateurs hésitent, mais si
je peux la convaincre de leur parler...
- Demander à un entrepreneur de la Défense
de plaider pour l'interdiction des armes à feu,
c'est ironique. - On ne veut rien interdire.
Vous parlez comme eux !
- Je suis dans le personnage. Suivant !
- Les nouvelles règles vont augmenter le temps d'attente
de deux semaines. - Bienvenue en Amérique !
Où vous pouvez attendre six mois
pour passer une radio, mais où vous pouvez acheter
un AR15 en seulement cinq minutes !
- Vous allez être aussi directe
en public ? - Les longs discours tièdes
n'ont aucun impact. Les phrases-chocs, oui.
Et celle qu'il nous faut, c'est la suivante.
Celui qui est aussi pressé de mettre la main sur une arme
ne devrait même pas avoir le droit d'en approcher une.
- Le nombre total d'appareils IRM dont nous disposons...
- Si l'honorable sénateur
finit bientôt son discours, on passera aux questions.
La troisième question sera pour vous.
- Vous croyez qu'il le fera ?
- Les médias sont là, il ne peut pas risquer
d'être hué à sa propre levée de fonds.
Mettez-le au pied du mur.
- Un nouvel investissement de deux millions de dollars
pour l'achat de quatre nouveaux appareils
durant la première année
de mon prochain mandat. Merci. Merci beaucoup.
Merci !
- Très bien. Alors, le sénateur
va maintenant répondre à quelques questions.
Oui ? La dame en blanc.
- Monsieur le sénateur, je suis la présidente
du Centre Westfield...
- Je devais poser la troisième question ; qu'est-ce qu'il fait ?
- Il suit les ordres. Trois tables derrière vous,
à votre droite. Ils nous attendaient dans le Wisconsin.
Ils auraient vérifié les antécédents de tout le monde.
Vous êtes grillée.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ça veut dire qu'on passe au plan B.
- Et la dernière question
sera pour le Docteur Raj Amarasekara -
pardon pour la prononciation -
de l'Association pulmonaire d'Amérique.
- Merci.
- RAJ AMARASEKARA
est un acteur du nom de Matthew Cantaria. Connors croit
qu'il va poser une question
sur la qualité de l'air. - ...à coup sûr
au moins trois ou quatre victimes des armes à feu.
Peut-être des enfants ou des adolescents.
Comment voterez-vous sur le projet de loi Heaton-Harris
quand il sera présenté devant le Congrès ?
- Eh bien... Comme vous avez pu le constater...
la violence armée est un réel problème.
- J'ai servi à leur tendre un piège ?
- Raj Amarasekara a plagié personnellement
sept articles scientifiques, tous disponibles en ligne.
Il a même un compte Doximity.
- ... Fardeau financier, il y a le fait que...
certaines victimes sont des...
- Des enfants.
- Des jeunes.
Alors, je crois que nous devons d'abord et avant tout penser
aux familles endeuillées, aux proches des victimes
de la violence armée.
Mais il est vrai
que cette violence représente une charge
extrêmement lourde pour les hôpitaux
et pour tout leur personnel.
Oui. Absolument.
C'est pourquoi
j'ai l'intention de soutenir pleinement
le projet de loi Heaton-Harris. Merci !
- Et on remballe. Merci.
- Merci beaucoup !
Comptez sur moi ! Je vous remercie !
- Qui va voter comme lui ?
- Safidelli et Garcia.
- Esme, j'ai une surprise
pour vous, mercredi.
- On va dans un nouveau restaurant ?
- Un débat sur le Deuxième Amendement
à la faculté de droit de l'Université
de New York. Ne criez pas ça sur les toits,
mais j'ai confiance que vous réussirez mieux
que quiconque dans l'équipe.
- Vous ne pouvez pas y aller ?
- Je me considère comme un membre de l'équipe.
J'arrivais même pas à m'identifier
aux jeunes quand j'étais jeune.
J'étais pas assez cool. Je vous envoie les détails.
Encore vous !
Je leur ai demandé spécialement de m'envoyer Mark.
- Je vous ai dit spécialement qu'il était parti.
- Alors, pour quelle agence il travaille maintenant ?
- J'en sais rien, je suis pas son agent de probation.
- Est-ce qu'il a des problèmes ?
- C'était pour rire.
Ah...
On s'est tellement bien amusés, l'autre soir.
Vous savez où est la porte. Allez rejoindre votre Mark.
- J'ai du travail ce soir.
- Vous plaidez une grosse affaire ?
- Forde, les rapports humains
sont un échange ; mon argent contre votre...
- Queue ?
Savoir-faire.
Mais c'est la seule forme d'échange à laquelle je consens.
- Maintenant, on dirait une banquière.
Mais je dois me préparer,
de toute façon. - Pour quoi ?
- Une autre cliente.
Demain soir.
- Vous vous... préparez ?
- Pour une réception officielle.
Croyez-le ou non, c'est pas tout le monde
qui m'engage pour mon... savoir-faire.
La moitié de mes clientes veulent juste m'avoir au bras.
Certaines veulent parler à quelqu'un d'un autre milieu
qui les jugera pas. - C'est tellement pathétique.
- Les soirées, c'est différent.
L'agence me fournit des fausses identités...
Cadre dans les assurances, publicitaire...
Demain, c'est le pétrole et le gaz.
- Au revoir, Forde.
- Je crois que vous me devez un peu plus.
- Non. Tout est là. Comptez.
- Ça, ça couvre mes services.
Je viens de vous donner
tout un tas d'informations sur mon travail.
Selon vos principes d'échange... - OK, non.
C'était un don volontaire de votre part.
Je vous paie pour imaginer
une vie à laquelle j'ai renoncé pour prioriser ma carrière.
- Ce genre de vie,
vous pourriez vous en faire une.
- C'est pas pour moi. Ni dans la jeune vingtaine
ni maintenant, c'est clair.
- Alors pas de foyer, pas de famille,
aucune attache ? - Han-han.
- Vous regrettez des fois ? - Pas une seule seconde.
- Au moins, j'apprends quelque chose.
- Et mes principes d'échange ne me permettent pas
de vous en dire plus.
Au revoir, Forde.
- Si vous êtes un terroriste
ou personne non autorisée à prendre l'avion,
quelle file d'attente allez-vous choisir ?
- Évidemmen...
- Jeudi matin. Oui, reste en ligne.
Lauren ! Boston ! Jeudi ! - C'est noté !
- J'ai effacé toutes les traces de mon existence en ligne.
- Vous ne les avez pas remplacées,
ce qui a laissé un grand trou dans Google
qu'ils ont tout de suite voulu creuser.
- Oui, je les ai remplacées.
- Esme !
- Clara Thomson venait de rentrer
d'une mission de deux ans
avec Médecins sans frontières. C'était crédible.
Pourquoi vous n'avez rien dit à propos de ce...
ce Raj... Ama... - Appelez-le Matthew.
- J'ai vérifié aux finances.
C'est pas nous qui avons payé votre acteur.
Vous l'avez payé de votre poche.
- Il vaut toujours mieux s'étaler le moins possible.
Où qu'on soit dans cette ville,
on n'est jamais à plus d'un mètre d'un rat.
Hé. Je vous veux sur le podium
au dîner de l'ARS.
- Attendez. C'est énorme. Je crois qu'on devrait
partager un peu les discours en public.
- Et gâcher la sympathie qu'on a pour vous ?
- Je suis pas sûre d'être à l'aise sous les projecteurs.
- Le train est déjà en marche. Mettez-vous à l'aise. Oui.
Jeudi matin. Je serai là.
- Tous les jours, 48 enfants
et adolescents sont atteints par balle.
Et pas dans le monde entier, non, juste ici, en Amérique.
Nous accueillons maintenant une représentante
de la campagne Brady, Esme Manchurian.
- C'est Manucharian.
- Porte-à-porte, visites à domicile...
Combien de temps ça vous a pris pour arriver jusqu'ici ?
- Considérez ceci comme la preuve de toute l'importance
que nous accordons à votre soutien.
- Pourquoi ? Durant votre longue et distinguée carrière,
vous n'avez absolument rien fait pour le féminisme.
- Les questions de genre ne m'intéressent pas.
- Tout ce qu'il vous manque, c'est une queue.
- Je crois que votre présence dans la pièce
serait d'une grande aide lorsque
je parlerai au sénateur Hoffman.
Avec l'aide de Dieu, nous pouvons protéger nos prochains
de ces tragédies qui frappent l'Amérique
beaucoup trop souvent.
- Esme Man... Machurian ? - Manucharian.
- Esme, je voue remercie d'être avec moi.
- Dans ce pays, neuf femmes sont tuées chaque semaine
par leur conjoint armé. Le risque d'homicide
bondit de 5%...
- Arrêtez de me vomir des statistiques,
je suis pas journaliste. Vous croyez que je sais pas ça ?
- Et vos membres le savent ?
Parce que ce serait le bon moment pour leur dire.
- Larson et Parr ont donné des millions
de leurs fortunes personnelles... - Oui.
- Je peux pas leur demander plus.
- Hé ! Manucharian !
Mendell est presque mûre. Il me faut
des sujets de conversation. - Quoi ?
- Des sujets légers,
des trucs anodins, juste pour bavarder.
- Vous planifiez votre bavardage social ?
- Oui. Intérêts, passe-temps... Enfants !
Pour flatter un parent, on lui dit
combien ses enfants sont extraordinaires.
- Entendu.
- La dernière fois qu'on s'est vus, votre plus jeune
allait entrer dans une université... Logan, je crois.
- Je me rappelle même pas de cette conversation.
Mindy Hamlin de l'Association
des infirmières d'Amérique sur la 3.
- Je crois qu'il y a des gens sur la colline
qui se sont habitués à votre généreux soutien.
Un petit électrochoc ne leur ferait pas de mal.
- Vos donateurs. Ne leur en demandez pas plus, mais moins !
- Si Heaton-Harris vous tient à coeur,
vous pourriez vous engager à rompre les liens
avec tous les sénateurs qui ne voteront pas pour la loi.
- Ce qui nous permettrait donc de leur serrer la vis
tout en dépensant moins d'argent.
- Je refuse de vivre dans une société
où il y a chaque semaine une nouvelle fusillade
dans une école ! C'est pourquoi,
quand nous passerons au vote,
je donnerai mon appui au projet de loi
Heaton-Harris ! Comptez sur moi !
- Un don anonyme, mais tout le monde pense que c'est Bloomberg.
- Cinq cent mille dollars !
C'est plus de 12% de notre budget.
- Quand on donne autant,
pourquoi le faire de façon anonyme ?
- C'est évident. - Par souci...
de discrétion. - Non.
Pour devenir un héros quand on coule l'information.
- C'est pas vrai... T'es venu au monde cynique ?
- Ça, c'est un mot que les optimistes naïfs...
- ...utilisent pour qualifier la lucidité qui leur fait défaut.
Ouais, je sais.
- Attention, en ondes dans trois minutes !
- Depuis quand les caméras t'intimident ?
- Ah...
- Qu'est-ce qui se passe, tu t'es trouvé une ride ?
- Si c'est pas le caniche de Bill Sanford...
au bout de sa laisse et qui lui renifle le cul
à la recherche d'un contrat.
- Si t'avais pas déconné, on aurait déjà un contrat avec lui.
J'ai une proposition. Donne un congé
à ta petite protégée et viens te battre au front.
Débat en direct à la télé, toi et moi.
- Tu dois être désespéré
pour venir m'offrir du temps d'antenne.
- Je vais te botter le cul assez fort
pour prouver à Bill Sanford qu'il a eu raison
de venir me voir. - Non. Tu veux que je me montre
forte pour l'inquiéter.
- Tu seras beaucoup moins forte après un face-à-face avec moi.
- D'accord. Je t'accorde ton entrevue d'embauche
à la télé nationale.
Tu pourras montrer à ton maître que t'es un gros méchant chien.
Ce dont nous allons parler ne peut être évoqué
au bureau ou par courriel
que de manière codée. Mes anciens employeurs
pourraient très bien nous écouter
et nous surveiller. - Vous pensez
que notre salle de conférence
est sur écoute ? - On va cibler
un sénateur dans un État
auquel on ne peut absolument pas prétendre.
- Bon sang, ne me dites pas... - Alberto Gomez, républicain,
Floride. - Quoi ?
Je pensais au Missouri ;
la Floride, c'est absurde.
- J'essaie d'être positive. - L'opinion publique
y est contre Heaton-Harris. - On discutera plus tard.
- Quoi, au bureau ? Comment j'exprime mon désaccord ?
Par sémaphore ?
- Alex, tu t'occupes des pancartes.
Tu vas chez JWT à 2 h.
Je veux deux messages enregistrés.
Clara, Brian, Lauren, vous en faites un.
Cynthia, Esme, Franklin, vous faites l'autre.
Ross, vous leur donnez des chiffres. Allez, au travail !
- Que faites-vous ? Je ne comprends pas.
- Laissez-moi faire mon travail.
- On n'est pas Cole Kravitz, figurez-vous.
Nos clients sont des OSBL,
pas des conglomérats pleins aux as.
Je suis sur le trottoir avec mon chapeau tendu,
prêt à supplier le premier venu qui sent l'argent
et vous êtes prête à flamber un demi-million de dollars
sur une pure fabulation.
Écoutez, c'est bien charmant, cette histoire à la James Bond,
mais si vous croyez vraiment pouvoir gagner du terrain
en Floride, vous êtes dans le champ.
- Rodolfo, j'ai cru comprendre,
quand vous m'avez proposé de diriger cette campagne,
que vous aviez une certaine confiance dans mon expertise.
- George, c'est moi.
- Je sais exactement ce que je fais.
- Il faut qu'on parle de la Floride.
- Et je ne fabule jamais.
- Wow. Quel coup !
- Vous me battez à plate couture à tel point
que je commence à penser que vous vous êtes invité
juste pour m'envoyer au tapis. - Ha ha.
- Personnellement, je suis en faveur d'Heaton-Harris.
J'ai fait une déclaration publique,
mes électeurs m'appuient.
Et vous vouliez vraiment me voir juste pour m'envoyer au tapis ?
- Ha ha. Écoutez, vous avez le pouvoir sur six votes.
Et Sanford n'est pas un idiot.
Il sait aussi que ses opposants comptent sur eux.
Il sait aussi que s'ils ne les obtiennent pas,
leur campagne est fichue.
- Alors, vous comptez faire quoi ?
Entrer dans mon club, me proposer un billard
et me faire un grand discours sur la liberté ? M'expliquer
que si les libéraux obtiennent ce qu'ils veulent,
dans 200 ans, le Deuxième Amendement garantira notre droit
au port du bâton de baseball ?
- Non. Ça, c'est ce que vous direz
à vos amis de la coalition des Blue Dogs
quand vous leur expliquerez votre nouvelle position.
Bill Sanford songe à soutenir un nouveau candidat.
Un des leurs. Une étoile montante.
Un Hispanique. Les huit universités de l'Ivy League
lui ont fait des offres.
- Les universités de l'Ivy League ?
Vous avez vu ma cote de confiance ?
- Il ne se présentera pas contre vous...
mais contre votre fils.
Le lobby des armes veut votre soutien,
Hank.
Ils savent que votre fils
se présente dans le Michigan,
ils lui choisiront un adversaire et le porteront au sommet.
J'ai tenté de dissuader Sanford, mais...
- Vous me prenez pour qui ?
C'est vous qui avez imaginé ce plan, espèce de fumier !
- À propos de votre cote de confiance...
vous avez deux choix.
Vous vous rétractez discrètement,
vous protégez votre fils
et Sanford ne l'oubliera pas.
Ou bien vous le décevez. Ha ah.
Ça non plus, il ne l'oubliera pas.
- C'était bien, à Pittsburgh ?
- Vous êtes de la police ou quoi ?
- La présidente de l'Association des femmes
dans les forces publiques de la côte est
a appelé pur vous remercier pour le lunch.
Je savais pas qu'elle faisait partie du plan.
C'était pas dans vos dépenses.
- C'était un lunch d'une demi-heure.
Il ne font pas partie du plan,
c'est pourquoi je n'ai pas réclamé cette dépense.
Je n'ai pas le droit à une vie sociale ?
- Ça m'étonne que vous en ayez une...
pour quelqu'un qui délègue à ses assistants
le choix de ses sujets de conversation.
- Je maintiens un petit cercle d'alliés.
- Han-han. Des infirmières et des policières ?
- Je peux vous fournir une liste
si vous exigez une divulgation complète.
Alors...
le grand dévoilement.
Est-ce que vous venez ? - On a un problème plus grave.
Pendant que vous parcouriez le pays pour luncher,
nos opposants ont fait leur travail.
Hank Badgley,
le président des Blue Dogs,
qui contrôle le vote de... - Six sénateurs.
Je le connais. On l'a dans la poche.
- Vraiment ? Vous en êtes sûre ?
Il était de notre côté, mais il a fait un virage à 180 degrés.
Il dit qu'il veut attendre de voir.
- Attendre de voir, c'est 90 degrés.
- On cherche à convaincre les sénateurs indécis,
on ne peut pas perdre sept votes qui nous étaient acquis.
On ne s'en remettrait pas.
- On a les vidéos où il se déclare pour ?
- Absolument.
- On n'a qu'à lui en faire baver.
- Merci.
Alex.
Ces bannières sont excellentes.
- Tu pourrais répéter ça en ayant l'air moins surprise ?
- Attendez.
Je crois à une erreur. Le sénateur Gomez...
- On laisse tomber la Floride.
- Quoi ?
- Il n'y a plus de Floride.
- Mais vous avez dit qu'on irait en Floride pour convaincre Gom...
- Veuillez tous ouvrir l'onglet 9, s'il vous plaît.
- Il n'y a rien à l'onglet 9.
- Sécurité. Fermez le bureau de Cynthia Green.
Sécurisez tous ses dossiers
et escortez-la jusqu'à la sortie.
Votre BlackBerry.
Plus vite !
Allons-y.
- Il m'a offert de devenir associée.
- Vous pouvez toujours rêver.
- Que tout le monde sorte !
Allez, allez, allez ! Tout le monde dehors !
Je fais vérifier partout s'il y a des micros.
- Arrêtez donc vos histoires à la James Bond.
- On reparlera de ça plus tard.
Allez, tout le monde hors de l'immeuble !
Allez ! Sortez ! Dépêchez-vous !
- J'arrive pas à croire
que toute cette histoire de Floride était une ruse.
- Et avant même qu'ils aient repris leurs esprits,
on va arriver du champ gauche et prendre le Colorado.
- Comment elle a pu faire ça ?
Ne serait-ce que penser à faire ça ?
- Peut-être que dans sa grande naïveté,
elle a cru que ce serait bon pour sa carrière.
- Je parlais pas de Cynthia.
- Bonjour.
Veuillez vous asseoir.
- On ne dit pas que c'est pas possible...
- Mais c'est risqué.
On n'a pas le droit à l'erreur.
- Hé.
- On vous a suivie ?
- De toute évidence.
Faites-le entrer.
- Jurez-vous solennellement de dire la vérité,
toute la vérité et rien que la vérité sous peine de parjure ?
- Je le jure.
- Votre nom au complet, s'il vous plaît.
- Wow. Ça alors.
Rodolfo Vittorio Schmidt.
J'imagine que cet équipement ne sert pas
à réparer ma Chevrolet 69.
- Rodolfo, mon équipe de soutien non officielle.
- Big Sam.
- Lil Sam.
- Durant la période où vous avez travaillé avec Mme Sloane,
vous est-il arrivé de discuter avec elle
de l'utilisation de techniques de surveillance illégale ?
- Vous êtes nombreux dans votre organisation ?
- On est six. Il y en quatre
qui sont en mission. - Et vous venez de...
- La NSA. - Badgley nous laisse tomber.
Mais le moyen le plus rapide de le mater,
c'est de lui trouver des squelettes
dans le placard et de le faire chanter.
- Monsieur Schmidt ? Répondez.
- Oui, sénateur, c'est arrivé.
- De quels moyens ces gens disposaient-ils au juste
pour exercer cette surveillance ? - Surveillance audio et vidéo
24 heures sur 24,
piratage de téléphones et comptes en ligne,
localisation et filature.
Et grâce à notre nouvelle technologie :
surveillance audio furtive.
N'importe où,
n'importe quand. Vous avez déjà rêvé
d'être une mouche sur un mur ?
La fine pointe en matière d'écoute aux portes.
- C'est une coquerelle. - En version améliorée
pour devenir une robot-bestiole cybernétique... grâce à ceci.
On colle des électrodes à ses antennes, on perfore
le thorax et on contrôle ses mouvements à distance.
- N'appelez pas la SPCA, Schmidt.
- Il se glisse sous les portes, dans les fissures, les mallettes
sans être détecté. Il reste des semaines
sans se nourrir tout en demeurant mobile.
- Et comment avez-vous réagi
à tous ces moyens qu'elle voulait utiliser ?
- Je lui ai dit que c'était complètement sidérant,
très ingénieux, moralement répugnant
et totalement inacceptable.
- Bouh ! - Vous voulez faire chanter
un membre du Sénat des États-Unis ?
Vous avez une idée des conséquences si on l'apprenait ?
- Et les conséquences si on ne récupère pas Badgley ?
- Sans vouloir porter atteinte à votre prodigieux travail,
notre firme défend certains principes
que je suis pas prêt à sacrifier.
Laissez-moi sortir. - Schmidt.
- Trouvez un autre moyen.
- Le réveil a été dur ce matin pour le sénateur du Michigan
Hank Badgley, qui a été poursuivi depuis chez lui
jusqu'à son bureau par son rongeur monté...
- C'est quoi cette histoire ?
- ... militants pour le contrôle des armes à feu
ont ainsi voulu répondre à ce qu'ils considèrent
comme un changement de cap complet de sa part.
- Comment elle a fait ça, merde ?!
- ... qui a dû accomplir ses tâches journalières
à l'ombre d'un rat géant.
- ... A été poursuivi dès qu'il est sorti...
- C'est sur tous les réseaux d'information nationale.
- Quelqu'un peut m'expliquer comment elle a fait ça ?!
- Elle n'a rien fait. La gauche parle d'elle.
- Il a son propre compte Twitter.
- Hein ?
- ...volte-face incompréhensible...
- Le rat.
- Vraiment, je crois qu'il y a beaucoup plus
qu'un regrettable malentendu derrière cette histoire de rat.
J'ai été l'un des premiers membres du Sénat
à donner mon appui à Heaton-Harris.
Ce projet de loi est indispensable
pour la sécurité publique.
Et mon soutien à son égard demeure indéfectible.
J'espère qu'on mettra fin rapidement à cette mascarade...
- Trois autres sénateurs des Blue Dogs ont convoqué
des conférences de presse la semaine prochaine.
- Continuez de marteler
que nous ne demandons pas la confiscation.
Heaton-Harris vise uniquement... Les criminels.
- Et les psychopathes. Je suis une pro maintenant.
Liz, on se voit tout à l'heure.
- Depuis quand vous saviez qu'il y avait une fuite ?
- Pardon ? - Cynthia.
Quand avez-vous commencé à soupçonner la fuite ?
- Après la levée de fonds de l'Union des médecins.
- Vous l'avez fait suivre par un détective privée ?
Comment vous saviez que c'était elle ?
- Je vous demande pardon ? - La fuite.
Vous avez fait surveiller Cynthia ?
Comment vous saviez que c'était elle ?
- Je le savais pas.
- Vous nous avons tous surveillés ?
- Salut.
Karl Schneider, banquier et actuaire.
Je suis sûr qu'on a été présentés,
mais votre nom m'échappe.
- Désolée. Je crois que vous faites erreur.
- Je suis sûr que non. J'ai la mémoire des visages.
Et le vôtre ne s'oublie pas.
- Écoutez, monsieur... Schneider ?
J'ignore avec qui vous me confondez,
mais vous vous trompez.
- Hum-hum. Vous savez qu'on devrait pas
être en train de se parler ? - La moitié de l'Oregon
est un parc fédéral protégé. Ils peuvent pas le développer.
Le budget de l'État provient des revenus d'abattage.
- Liz, vous devriez pas être en train de rassembler vos idées ?
- Donc les bûcherons sont un groupe
extrêmement influent. Excusez-moi !
Quelqu'un peut lui faire son maquillage, s'il vous plaît ?
- Je participe pas au débat. - Vous êtes une figure publique
et il y aura plein de caméras. - C'est elle ?
Liz ?
- Salut ! Il faut que Brian convainque ces bûcherons.
- On s'occupe des bûcherons. Occupez-vous de votre débat !
- Juste un moment. - Rassemblez vos idées,
comme je vous l'ai demandé. - Allô ?
- C'est pas vrai...
- C'est bon.
- Madame Sloane, bonsoir.
Bienvenue. Asseyez-vous ! Je vous en prie.
- Je sais que, vendredi, tu vas déclarer tes chiffres
et que ta campagne sera morte.
Mais si tu penses que je vais t'épargner, tu rêves.
- On est en direct ! Alors pas de langage coloré.
- Tu fais des offres d'emploi de cul à mes employés maintenant ?
Tu descends plus bas que jamais.
- Un rat gonflable géant. Je t'en prie.
- T'as détruit sa carrière. - Taisez-vous tous les deux !
Ça suffit maintenant ! Allons-y !
Bonsoir à tous. Ici John O'Neil.
Bienvenue à cette édition spéciale
de Washington cette semaine !
Êtes-vous pour ou contre le contrôle des armes ?
Il y a eu 372 fusillades de masse l'an dernier,
64 fusillades dans des écoles.
Il y a 300 millions d'armes dans le pays.
- T'as travaillé avec Connors ? - Quatre ans.
Il est grossier, surprenant
et très efficace.
- Pour que la vérification des antécédents soit efficace,
elle devrait s'appliquer pareillement
à toutes les ventes d'armes,
ce que Heaton-Harris propose. - Exactement.
La loi alourdirait de beaucoup la réglementation
et représenterait un nouvel affront
aux droits constitutionnels des Américains.
- Le projet de loi ne fait que combler une faille
qui permet à des gens listés comme terroristes d'acheter
des armes sans aucune espèce de contrôle.
- C'est une entrave à la liberté individuelle imposée
par un gouvernement tout... - Comme le permis de conduire ?
- Le permis de conduire ? - Il est interdit de conduire
une voiture sans se soumettre
à de rigoureux tests théoriques et pratiques.
C'est une entrave claire à la liberté individuelle
de conduire un véhicule
ou de piloter un avion. - Allez... les maîtres fugu !
- Vous savez, au Japon, les chefs s'entraînent sept ans
avant de pouvoir servir un poisson venimeux
qu'on appelle le fugu,
- ... Vérification des antécédents.
- Voilà une excellente question ! - Y a-t-il quelqu'un qui pense
que le gouvernement devrait abolir le permis de conduire ?
- C'est absurde. - Pourquoi ?
C'est une entrave du gouvernement
à la liberté individuelle.
Nous l'acceptons parce que c'est une chose sensée.
Plus l'engin qu'on manipule est dangereux et plus
les contrôles doivent être rigoureux.
Une arme semi-automatique fait partie des appareils
qu'on peut considérer comme extrêmement dangereux.
- Le Deuxième Amendement de la Constitution
ne garantit pas le droit de conduire une voiture.
Ni de manipuler des appareils ou de servir du poisson venimeux.
Il garantit le droit de posséder et de porter des armes.
Peut-être ne l'avez-vous jamais lu ?
Le projet de loi ne retire pas le droit
de posséder et de porter des armes.
- Le Deuxième Amendement a été adopté à une époque
où l'espérance de vie était de 38 ans
et où nos Pères fondateurs avaient coutume
de résoudre leurs différends à l'aube en duel au pistolet.
Ce qui était parfaitement logique à cette époque éloignée
est entièrement inadéquat pour régler...
- C'est pas le contre-argument. Qu'est-ce qu'elle fait ?
- La Constitution des États-Unis a résisté à l'épreuve du temps.
Elle a été écrite pour garantir
des droits inaliénables qui doivent perdurer
et non changer au gré du vent.
Et elle a été écrite précisément dans le but
de contrer les Elizabeth Sloane de ce monde,
qui se torchent de la Constitution des États-Unis
et se croient aptes à juger de ce qui est bon
et sont convaincus d'être plus sages
que les Pères fondateurs de notre grande nation.
- Il n'y a rien qu'on ne puisse améliorer,
pas même la Constitution.
Je vous ferai remarquer que l'énoncé des droits
que vous êtes si prompt à invoquer
est en fait un amendement.
- On peut ne pas être d'accord,
Elizabeth, mais c'est le Deuxième Amendement,
qui vient après la liberté d'expression,
de religion, de la presse
et quelque part avant le droit d'être protégé des perquisitions
et de ne pas s'autoincriminer. Tout ça forme un tout
qu'on appelle la Déclaration des droits.
Comment contourner ça ? - Pas besoin de contourner.
La Cour suprême a conclu que le droit de posséder une arme
est soumis à des restrictions légales,
dont la vérification des antécédents.
- La vérification universelle est une atteinte aux droits.
Vous comprenez ce que c'est, une atteinte aux droits ?
Ou pas du tout ? - Je comprends que c'est
l'argument le plus minable
et le plus faible de votre pitoyable arsenal.
C'est le dernier refuge de ceux qui n'ont aucun argument.
- On parle de la Constitution des États-Unis.
- S'ils avaient le moindre argument rationnel,
je me rangerais volontiers
de leur côté, mais que ce soit
écrit dans la Constitution,
dans la Bible ou dans mon horoscope,
ce n'est pas un argument valable.
C'est une bouée de secours,
le refuge intellectuel des imbéciles
pas fichus de se battre et qui préfèrent
se cacher sous les jupes de maman.
- Si on revenait au problème... - Attendez un peu !
Demandez donc à toutes les mères qui ont perdu leurs enfants
à cause de psychopathes armés jusqu'aux dents
si elles sont d'accord avec ce droit inaliénable
de porter des armes !
Demandez à la jeune fille terrifiée
qui s'est enfermée dans un placard de l'école
secondaire Bloomington, forcée d'écouter
pendant que ses camarades se faisaient massacrer.
Demandez-le-lui ! Ayez le courage !
Elle s'appelle Esme Manucharian !
Et elle est ici même, dans ce studio !
- C'est pas vrai. Qu'est-ce qu'elle fait ?
- OK ! Très bien !
On va faire une petite pause
et au retour, nos invités vont peut-être
arrêter les courbettes et se décider à jeter les gants.
Restez là.
- Je n'insulterai pas votre intelligence en prétendant
que c'est sorti sous le coup de l'émotion.
- Depuis combien de temps ?
Depuis que je me suis habituée à m'adresser aux médias ?
Je vois. Depuis le début ?
Wow.
Au restaurant, ce soir-là...
vous m'avez demandé si je parlerais publiquement
si ça faisait la différence entre la victoire et l'échec...
Et si j'avais dit non ?
Vous l'auriez fait quand même ?
- Probablement.
Mon mandat, c'est de gagner.
Et j'ai la responsabilité de me servir
de toutes les ressources disponibles.
La couverture médiatique que ça va nos donner,
ce serait manquer à notre devoir de ne pas...
- C'est ce que je suis ? Je suis une ressource ?
- Au plan professionnel, oui.
Vous avez des sentiments et une vie privée,
mais je n'ai aucun devoir à leur égard.
J'ai des devoirs envers la cause,
et si quelque chose peut la servir,
ce sera toujours la cause qui l'emportera.
- Eh bien, bravo pour le franc-parler.
- OK. Préparez-vous, Esme.
La station veut une déclaration.
Refaites votre maquillage.
On va sortir ensemble.
Ce sera bref. Aucune question.
Ce soir, le but, c'est de les laisser sur leur faim.
- Tout d'abord, je tiens à souligner
que j'ai consacré ma vie au problème
de la sécurité des armes à feu
parce que le système actuel est défaillant.
C'est une observation rationnelle,
pas un jugement émotif.
Je suis une survivante
du massacre de l'école Bloomington de1998.
Pendant des années, j'ai voulu fuir
la douleur et les souvenirs de peur de les revivre.
Mais je me suis rendu compte
que les milliers des personnes
victimes de la violence armée doivent sortir du silence
et prendre enfin la parole.
Il leur faut quelqu'un qui les représente
et qui puisse témoigner de ce qu'ils ont enduré.
- Téléphonons à Sanford.
Il y a peut-être encore quelque chose à faire.
- Vous êtes un sacré numéro.
Si vous voulez vous immoler pour satisfaire
votre besoin de gagner, je ne m'y oppose pas.
Mais Esme ?
- J'ai un objectif à atteindre.
En bon gauchiste vertueux, vous pouvez dédaigner les moyens.
Mais vous avez besoin de moi. - Un objectif ?
Il est mort quand vous vous êtes accroupie
pour pisser sur le drapeau.
Comparer la Constitution des États-Unis à un horoscope ?
C'est de ces conneries que se nourrit le lobby des armes.
Ou alors vous réalisez que c'était perdu d'avance.
- Tout ça est plus important que ma carrière
ou que la gêne d'Esme devant les journalistes.
- Vous êtes complètement folle. - On va gagner cette guerre !
Et si je vous disais...
que toute cette stratégie n'est qu'un leurre
pour donner le change
aux Cynthia Green de cette firme ?
- De quoi est-ce que vous parlez ?
- Bill Sanford avait raison.
Les femmes sont dans l'angle mort du lobby des armes.
Une énorme base de pouvoir qu'ils n'ont jamais consultée
et qu'ils ne peuvent pas contrôler.
- Et ?
- Ces mystérieuses excursions que j'ai effectuées...
groupes représentant des femmes,
organisations féministes,
patronat féminin...
je les ai convaincues d'encourager leurs troupes
à faire des dons à mon comité d'action politique.
- Vous avez un comité d'action politique ?
- Bill Sanford sera très surpris
quand on va déclarer nos revenus.
- De quelle somme on parle ? - Quinze millions,
provenant de plus de trois millions de donatrices.
- En un seul trimestre ?
- Encore moins que ça.
- C'est pas croyable.
Pourquoi vous me le dites maintenant ?
Vous me l'avez caché tout ce temps
et vous me le dites ce soir ? - C'est pas vrai.
On reprend le dessus et c'est tout ce que vous avez à dire ?
- Vous alliez trahir Esme ce soir.
Vous avez gardé cette nouvelle pour m'empêcher de vous virer.
- Vous êtes clairvoyant pour un lobbyiste d'agence spécialisée.
- Vous aviez tout prévu d'entrée de jeu.
- Le lobbying, c'est anticiper,
prévoir les manoeuvres de son adversaire
et organiser la riposte. - Je ne suis pas
votre adversaire ! Vous comprenez ça ?
Est-ce que vous avez déjà été normale ?
Dans votre enfance ?
Ou est-ce que vous êtes née avec cet esprit dérangé
et complètement tordu ?
Parce que j'ai beaucoup de mal
à comprendre comment une personne peut en arriver là.
- Faut croire que je suis un sacré numéro.
- Je vous verrai demain matin.
- Vous êtes Madeline Elizabeth Sloane.
Vous travaillez en communication
dans les affaires gouvernementales.
- Bravo. Bien googlé.
- C'était quoi ça ?
À la soirée-bénéfice ?
Vous avez fait comme si se connaissait pas.
- À quoi vous vous attendiez ?
- Ça va ? - Hum-hum.
La seule personne qui m'appelait Madeline, c'était ma mère.
Les communications et les affaires gouvernementales,
ce sont juste des grands mots pour dire lobbying.
- Et lobbying, c'est un grand mot pour dire quoi au juste ?
- Hors de cette chambre,
nous sommes des étrangers. Ce sont les règles
de cette relation. - On était seuls.
- Dans un endroit public.
Je ne peux pas être associée avec vous dans ces lieux.
Au moins une personne savait qui vous étiez.
D'ailleurs, vous étiez avec qui ? - Je révèle jamais
l'identité de mes clientes. - Vous vous immiscez
dans leur vie et cherchez la vérité sur Google ?
- Les lobbyistes sont pas trop bons avec la vérité.
- Vous avez quatre identités
et couchez avec des inconnues pour de l'argent.
- Je suis surpris de voir à quel point vous êtes bonne menteuse.
- J'ai grandi dans le mensonge, Forde.
Je voulais pas mentir, j'y ai été obligée.
C'est pour ça que j'excelle dans le mensonge.
C'est une compétence que j'aurais volontiers échangée
contre une vie normale.
- La normalité, on s'en fout.
- Désolée.
Je suis désolée...
Mais je peux pas.
- Y a un problème ?
- Je suis désolée. On laisse tomber pour ce soir.
- Pourquoi ? J'ai fait un faux pas ?
- Non. C'est...
Je suis pas dans le bon état d'esprit.
Tenez.
De l'argent facilement gagné.
- Non, j'ai rien fait.
- Vous vous êtes présenté, je...
je vous ai fait perdre votre temps.
- On pourrait s'asseoir et par... - Prenez l'argent
et c'est tout, Forde !
Allez-vous-en, s'il vous plaît.
- Comme vous voudrez.
- Newmark.
Milner. - J'ai pas assez de deux mains.
- Carlson. - Powelll, Virginie !
- Hackman s'est rangé aussi.
- On a perdu Milner, Newmark, Carlson, Hackman.
Adam Hood assouplit sa position. - Alex !
- Assouplit mon cul. - Sanford sur 3.
- Je viens de convaincre Adam Hood. C'est gagné.
- Génial !
- Elle prend mes propres idées et elle s'en sert contre nous.
- On a essayé de vous mettre en garde...
- Quinze millions de dollars, de trois millions de donateurs
en moins d'un trimestre.
- Triomphez d'elle et vous triomphez d'Heaton-Harris.
- Il faut l'attaquer au plan personnel.
C'est elle qui doit faire la nouvelle.
- On peut se servir de nos relations avec les médias.
On va la mettre sur la défensive.
- Je veux pas la mettre sur la défensive,
je veux pas juste qu'elle quitte la campagne,
je veux qu'à l'avenir,
son exemple fasse réfléchir tous ceux qui voudraient
s'en prendre aux défenseurs du Deuxième Amendement.
Je veux sa carrière.
- Salut, Alex. C'est moi.
Je viens d'atterrir.
Ça s'est super bien passé
à Philadelphie.
On en est où ? - Encore quatre et on est bons !
- Vraiment ?
- On continue le travail !
- Wow. C'est incroyable.
- Alors nous recevons maintenant
Esme Manucharian. Esme, merci d'être avec nous.
Est-ce que le débat sur les armes à feu
est devenu une question avant tout féminine ?
- Il suffit de regarder les chiffres.
La sécurité des armes à feu est devenue
un enjeu essentiel pour les Américaines.
Si les élus refusent de les écouter,
elles se feront entendre en allant aux urnes.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
J'ai 15 millions à dépenser.
- Lauren s'occupe de votre correspondance.
Entre les courriels haineux et les menaces de mort,
elle a trouvé ça.
Prun Walsh du Sentinel prépare
un article sur le lobbying ; c'est-à-dire vous.
- Si elle veut me rencontrer, pourquoi envoyer une lettre ?
- Elle ne veut pas vous rencontrer.
Elle veut dire qu'elle vous a contactée
et qu'elle est restée sans nouvelles.
C'est une ruse. - Le moins qu'on puisse faire,
c'est de la décevoir. La réponse est oui.
- J'ai annulé votre rencontre de 10 h.
Vous pouvez consulter notre avocat.
Je crois que vous ne l'avez pas rencontré.
- Tu sais ce que je pense de tout ça !
J'étais contre son embauche depuis le début !
- Ton travail à toi, c'est pas le lobbying !
Ton travail à toi, c'est de nous protéger...
- Et c'est sans parler de ses pratiques complètement ignobles.
Qu'est-ce que tu t'imaginais ?
Oui, bon, peu importe.
Maintenant, tu vois que c'était stupide de l'engager !
- Liz. Votre protecteur.
- Daniel Posner, avocat en chef. - Liz Sloane,
fardeau ignoble et adepte de lecture sur les lèvres.
Qui a eu l'idée de ces murs de verre ? Vous êtes sérieux ?
- Deux entrevues à la télé demain.
Ensuite, un truc à la radio
et je pourrai enfin quitter l'Illinois.
Vous êtes où ? - Chez Gold Stone,
en attendant qu'ils inventent la bouffe en comprimés.
- C'est pas demain la veille. - Et je prépare le piège
pour nos quatre derniers sénateurs.
- Cinquante-six conquis, plus que quatre à convaincre.
On s'en sort. Désolée ! - Oh !
Je suis vraiment désolé. - Juste un instant.
- C'est de ma faute. Attendez, je vais vous aider.
- Merci. C'est gentil. - Et voilà.
Ça va ? - Merci.
Je suis désolée. - Vous vous souvenez
quand j'ai demandé comment faire pour gagner ?
« Si on est réaliste,
on ne gagnera pas. » - J'en suis toujours convaincue.
- Excusez-moi !
- Les 15 millions,
c'est un détail ? - Ouais.
Parce qu'on ne peut pas se vanter de la somme
qu'on a recueillie. - Esme...
- Les sénateurs relient les dons à des intentions de vote.
On ne peut pas dire des choses...
- Tu veux m'enlever ça, salope ?!
Hein ?!
- Esme, vous êtes là ? - Allez...
Prends-le !
- Esme ?! Qu'est-ce qui se passe ?
- Ça te rappelle quelque chose, hein ?
- Esme ?!
- Regarde-moi ! - Esme !
- Sauf que moi, je raterai pas mon coup.
- Je suis sur le site de la fusillade d'hier soir.
L'agresseur qui avait pris pour cible une figure connue
du mouvement pour le contrôle des armes à feu
a été tué juste à temps par un civil témoin de la scène
qui portait une arme à feu dissimulée.
Une chance inouïe pour la jeune femme, qui s'en est sortie...
- George ? Ha ha.
Vous regardez les nouvelles ?
Ça, c'est sûr, Bill Sanford aura jamais eu
un aussi beau cadeau de Noël.
Je suis en route pour l'aéroport.
Préparez-vous à dépenser beaucoup d'argent.
- La police a confirmé
qu'il s'agit de Frank McGill, un ancien militaire...
- McGill était le propriétaire légal
d'une arme dûment enregistrée.
Heaton-Harris ne changera rien pour lui.
Mais aurait rendu les choses plus difficiles
pour l'autre salopard.
Que sait-on à son sujet ?
Où a-t-il pris son arme ?
- Je crois que Mme Manucharian
devrait être reconnaissante envers le Deuxième Amendement,
qui lui garantit le droit
d'être protégée contre un individu malade,
et plus encore envers Frank McGill,
un bon citoyen, vigilant, responsable...
et qui sait viser juste.
- Tous les passagers de ce vol doivent maintenant être à bord.
Les passagers du vol UA124
sont priés d'embarquer immédiatement à la porte 10.
- Comment ça va ?
Vous rentrez chez vous ?
- Vous faites un aller-retour de Washington
pour m'attraper dans cet aéroport ?
Comme ça, vous pourrez me rayer de votre liste.
- J'ai trahi votre confiance.
C'est à cause de moi que vous en êtes là.
- Mais non, Liz, c'est pas votre faute.
C'est ce que vous voulez entendre ?
Vous pouviez pas savoir.
Désolée de vous décevoir.
Cet homme voulait me tuer.
- Je savais pas où étaient les limites.
Je sais jamais... jamais où sont les limites.
Bien sûr, prenez tout le temps que vous voudrez.
Quand vous serez prête, on serait ravis
que vous repreniez la campagne.
Pas de médias.
Vous pourrez travailler dans l'ombre.
Si vous ne voulez plus me voir...
eh bien, je démissionnerai.
Si vous le souhaitez.
- C'est votre stratégie pour me ramener à mon bureau ?
Vous voulez que je parle aux médias
pour contrer Frank McGill ?
J'ai même pensé un moment que vous étiez derrière tout ça.
Mais que vous n'aviez pas prévu
qu'il y aurait un civil armé juste derrière moi.
- Esme... - Je continuerai de me battre,
Elizabeth.
Chaque fois que je pourrai le faire.
Mais une chose est claire pour moi :
je le ferai loin de vous.
Vous avez dépassé les limites
quand vous avez arrêté de respecter les gens.
Vous êtes assez brillante pour le savoir.
Ça vous êtes égal, c'est tout.
- Merci, merci, mesdames et messieurs.
Notre prochain invité est le genre de gars qu'on souhaite
rencontrer quand on rentre du travail le soir et qu'un type
nous braque une arme au visage.
- Après sa carrière militaire, McGill a été pilote.
Les rues sont dangereuses. Et sans le courage, la bravoure
et l'excellente précision du tir de notre prochain invité,
nous ferions face à une autre tragédie.
Mesdames et messieurs, accueillons chaleureusement
Frank McGill !
Bonsoir. - Bonsoir.
- Frank McGill, le nouveau héros de l'Amérique.
- Pas du tout. Je suis un homme ordinaire
qui était au bon endroit au bon moment.
- Avec un 9 mm à la ceinture.-
la personne dont vous avez sauvé la vie a déjà fait campagne
pour bannir le port d'armes dissimulées.
Qu'est-ce que vous en pensez ?
- Avec tout le respect que je lui dois,
je ne suis pas d'accord. Mais cette jeune femme
a droit à son opinion et personne ne devrait l'attaquer
pour ça. Et encore moins braquer une arme sur elle.
- McGill est un cadeau du ciel.
Mais ça ne durera pas éternellement.
- On pourrait profiter de l'élan pour attirer l'attention
sur les agissements de Sloane.
- On pourrait imaginer une commission du Congrès
qui se pencherait sur ses pratiques
de lobbying peu orthodoxes.
Je suis sûr qu'on peut trouver un sénateur
suffisamment réceptif à cette idée.
- Si vous voulez une campagne de salissage
dans les médias, c'est une chose.
Une commission du Congrès requiert...
des allégations d'inconduite
très convaincantes. - Je donnerais ma couille gauche
pour la traîner dans la boue, mais on n'y arrivera pas.
Elle sait trop bien assurer ses arrières.
Je n'ai jamais connu personne
d'aussi pointilleux. - Lancez une inquisition.
Voyons à quel point elle a pris
toutes les précautions qui s'imposaient.
- Bonjour !
Pru Walsh. Merci beaucoup d'être venus. Voici Mike Gordon,
de nos services juridiques. - Daniel Posner. Même chose.
- Madame Sloane, vous êtes
aux premiers plans d'une industrie souffrant
d'une très mauvaise réputation. Vous croyez que c'est mérité ?
- Cette loi n'a pas été adoptée il y a des dizaines d'années
à cause des groupes d'intérêt.
Un lobbyiste qui recueille des... - On a eu aucune nouvelle
d'Esme Manucharian depuis son agression.
Êtes-vous en contact avec elle ?
- C'est... une affaire privée.
Ce qu'il ne faut surtout pas oublier...
- Avez-vous eu l'occasion de lui parler ?
- N'oubliez pas que Frank McGill est un propriétaire d'arme
responsable et respectueux de la loi
dont les droits sont protégés par Heaton-Harris.
- Vous sentez-vous coupable de ce qui s'est passé ?
- Pourquoi je me sentirais coupable ?
- Vous avez fait d'elle le visage de votre campagne.
Vous l'avez poussée sous les projecteurs le soir du débat.
- Je refuse de parler de ça. - Vous n'êtes pas obligée.
- Savait-elle que vous alliez faire
cette révélation ? Était-elle d'accord ?
- La majorité des propriétaires d'armes sont en faveur des vér...
- Elle a dû passer sa carrière à essayer de garder
le secret sur cet événement... - ... une fausse idée de la loi.
- Croyez-vous que votre petite révélation
est ce qui a fait d'elle une cible ?
- Mme Sloane ne souhaite pas parler de Mme Manucharian.
- Il est clair que votre article est déjà écrit.
- Ne répondez pas. C'est de la pure spéculation.
- Qui vous contrôle ? - On va arrêter ça.
- Vous ne pouvez pas savoir ce que Mme Walsh a l'intention...
- Vous n'êtes pas intéressée par ce que Mme Sloane a à dire.
- Comment vous savez ça ? - Votre dictaphone est éteint !
- Elle frappe fort.
- Ça aurait pu être pire.
- J'ai relevé quatre erreurs factuelles jusqu'à présent.
- Mauvaise nouvelle, Liz.
- Jetez-le au recyclage ! Ils en feront des crayons.
Y en aura peut-être un qui se retrouvera entre les mains
d'un journaliste intègre. Tout ça va passer.
- Oui, très bien. Merci.
Au revoir.
Bizarrement, les sénateurs sont tous très occupés tout à coup.
- On sait tous pourquoi.
- OK, bon, c'est pas la joie.
Les 15 millions nous ont beaucoup aidés,
mais ça ne va pas très loin
quand on se bat contre le groupe le plus riche sur la colline.
- Allons droit au but.
À quoi peut-on s'attendre le jour du vote ?
- La lutte va être serrée.
Mais selon les dernières projections,
il nous manquera entre quatre et sept votes.
- On ne peut rien faire de plus ce soir.
- Liz, on n'est pas obligés de rentrer.
- Il est encore tôt sur la côte ouest.
- On peut joindre l'Oregon !
Si on convainc ces bûcherons,
on peut gagner cinq votes ce soir.
- Rentrez chez vous et allez vous reposer.
Vous en avez assez fait pour aujourd'hui.
- Je vais sortir dans la rue et arracher une par une
ces foutues pancartes de Frank McGill.
- Rentrez, aiguisez vos couteaux ;
on continue demain.
On va continuer à se battre.
- C'est tout ce qu'on peut faire.
- Comme disait mon ex-épouse.
Quand je vous ai connue, vous fuyiez une soirée.
Vous pourriez mettre ça derrière vous.
Pourquoi vous démissionnez pas ?
- Pour faire quoi ?
- Bonne nuit.
- Allô ?
- Je suis étonnée que t'aies décroché.
- Vous avez fait un faux numéro.
- Elle a offert des tas d'avantages
repas gratuits,
billets pour des événements, week-ends de golf. Tout ça payé
par nos clients via la firme. - Voilà qui devrait suffire.
- Elle émettait des factures pour ces privilèges.
Même si les bénéficiaires ne les payaient jamais.
Ces dettes figurent comme des actifs dans notre bilan.
On pourrait les réclamer à tout moment.
- Tu as été son bras droit pendant deux ans.
Il y a forcément quelque chose.
- Pourquoi personne ne fouille ses dossiers ?
- Ils ont bloqué les autres.
On risque pas de trouver grand-chose.
- Vous êtes remontés jusqu'où ? - On remonte dans le temps
depuis son dernier dossier avant qu'elle quitte le navire.
Il vaut mieux trouver un truc récent.
- Et c'était quoi, ce dossier ?
- Les gâteaux Shmallow. Un problème de taxe.
Elle est partie avant que ce soit réglé.
- C'était pas l'huile de palme, le dernier ?
- L'huile de palme ? - La taxe Nutella.
- Attendez.
- Les Indonésiens ?
- Je me souviens pas d'avoir vu ça.
- Qu'est-ce que tu cherches ?
- Monsieur Dupont.
Elle a enfreint les règles éthiques du Sénat.
On en a la preuve.
- Ça s'annonce mal pour votre réélection, Ron.
À mon avis, vous allez devoir mettre les bouchées doubles
en publicité. - J'ai pas demandé votre avis.
- Qui donc serait en mesure de payer
ces messages télé si essentiels pour vous ?
- Je me suis engagé à soutenir Heaton-Harris.
Je ne peux pas le soutenir d'une main et le noyer de l'autre.
- Sous le couvert de l'impartialité, vous le pouvez.
Vous avez critiqué publiquement les lobbyistes par le passé.
Vous allez présider une commission d'enquête
sur les agissements de Sloane
pour répondre à la pression grandissante des médias
qui se plaignent de ses nombreux méfaits.
- Ces audiences coûtent une fortune
et elles sont payées par les fonds publics.
Je ne peux pas faire ça ! - Ron...
Nos clients vous ont identifié comme le candidat idéal
pour présider cette commission. Si vous refusez,
je ne pourrai pas les empêcher
de vous en faire subir les conséquences financières.
Ils ne s'arrêteront pas
tant qu'ils ne vous auront pas annihilé.
Vous connaissez la racine du mot « annihilé » ?
C'est du latin.
Ça veut dire « réduire à néant ».
C'est ça qu'ils vont vous faire, Ron.
- Vous voulez que je reçoive une contribution de Bill Sanford ?
Et que je dirige l'attaque
contre la défenseure d'Heaton-Harris la plus visible ?
Un enfant de dix ans ferait le lien entre les deux.
- On peut créer une structure
pour camoufler la source de l'argent.
Votre grosse contribution vous sera versée
via huit à douze petites entités
sans aucun lien avec les armes à feu.
- On parle de quelle somme exactement ?
- Une somme suffisante
pour faire la différence entre la poursuite de vos activités
comme sénateur des États-Unis
et l'annihilation complète de votre carrière.
- Toutes les critiques depuis le torchon de Pru Walsh,
qui a donné le coup d'envoi il y a deux semaines.
Mon préféré, c'est quand vous avez fait tomber la tête
du conseil étudiant au secondaire en faisant croire
à un faux scandale de plagiat.
Je présume que c'est pas diffamatoire. Ça vous ressemble.
- Cette sorcière était insupportable.
- Je vous retire de la campagne.
- Quoi ?
- Pas vous, elle.
- Je serai à côté.
- De quoi vous parlez ? - Heaton-Harris perd des plumes
chaque jour à cause de vous.
Sperling en a après vous.
- Je ne l'ai même jamais rencontré.
C'est un coup monté. Et s'ils l'ont organisé,
c'est parce qu'ils veulent que je quitte cette campagne.
- Il vous faut un avocat pour la commission.
- À propos de votre représentation
du gouvernement indonésien... - Dan, t'es occupé ?
- ...le sénateur Allan Jacobs,
parrain du projet de loi
que vous avez surnommé la taxe Nutella,
a été invité en Indonésie
en première classe, avec sa famille,
et installé dans un hôtel cinq-étoiles.
Notre vérificateur chiffre les coûts de ce voyage
à plus de 30 000$.
Peu après son retour au pays,
le projet de loi a été complètement abandonné.
Alors...
pourquoi cela s'est-il produit, à votre avis ?
- Si je m'abuse, c'était un voyage à des fins éducatives.
On peut présumer qu'il a pris conscience que le projet de loi
aurait mis gravement une industrie essentielle
et condamné des milliers de fermiers démunis
à l'indigence totale. - Depuis sa plage privée ?
Non. La vérité, c'est que votre client a financé ce voyage
pour inciter le sénateur à retirer son projet de loi.
N'est-ce pas exact ? - Pas du tout.
Mon client était le gouvernement indonésien.
Ce voyage a été financé
par l'Institut des études environnementales,
une organisation sans but lucratif,
et qu'il a été préapprouvé par le comité éthique du Sénat.
- Votre client avait-il déjà
fait des dons à cette organisation ?
- Je n'en ai aucune idée.
Je n'ai pas accès à leur liste de donateurs
et je n'ai joué aucun rôle dans le financement du voyage.
- Aucun rôle.
- Hum. - Évidemment.
Vous ne pouviez jouer aucun rôle puisque...
les règles éthiques du Sénat empêchent les lobbyistes
d'organiser des voyages outremer pour des membres du Congrès.
- Exactement.
- Vous savez ce que c'est ?
On va vous en remettre une copie.
- Merci. - Vous reconnaissez
ce formulaire ?
- C'est un formulaire de certification de commanditaire.
- C'est une copie du formulaire
de certification de commanditaire
déposé au comité d'éthique du Sénat
pour préautoriser le voyage du sénateur Jacobs
en Indonésie. Regardez l'écriture
sur ce formulaire, madame Sloane.
Est-ce que vous reconnaissez cette écriture ?
- Oui, sénateur. - Est-ce la vôtre ?
- Ça l'est.
- Eh bien, je crois que nous avons un problème.
Bien que le formulaire ait été signé et déposé
par l'organisation, c'est vous
qui l'avez rempli. Cela constitue
un début de preuve que vous avez participé à l'organisation
du voyage d'un membre du Congrès,
ce qui est clairement une violation
des règles éthiques du Sénat.
- C'est ça, votre carte maîtresse ?
Vous m'amenez ici,
vous me mettez un endoscope dans le postérieur
et durant tout ce temps, vous n'avez rien d'autre
pour tenter de m'incriminer qu'un formulaire irrégulier.
- Vous oubliez la surveillance illégale, madame Sloane.
Monsieur Rodolfo Schmidt a déclaré dans son témoignage
que vous comptiez utiliser des méthodes telles
que des micros cachés, pour prendre au piège
le sénateur Hank Badgley ! Est-ce exact ?
- Il est vrai que pendant un bref moment,
j'ai songé à ces méthodes. Mais cette idée
n'a pas été suivie d'une action. - Pourquoi cela ?
- M. Schmidt l'a formellement interdit,
comme il l'a certainement indiqué dans son témoignage.
- Mais ces méthodes ne vous gênaient pas.
Vous êtes-vous servie régulièrement
de tactiques d'espionnage
au cours de votre carrière de lobbyiste ?
- Non, pas du tout.
- Alors je vous pose cette question :
avez-vous déjà autorisé, commandé
ou organisé des activités de surveillance illégale,
de quelque nature que ce soit
et de qui que ce soit ? Je vous rappelle
que le parjure devant le Congrès
est un crime passible... - La réponse est non.
Je n'ai jamais autorisé de surveillance illégale.
- Cela conclut mon interrogatoire.
Merci, madame Sloane.
Nous avons un autre témoin.
- Soit vous venez de vous parjurer,
soit vous n'êtes pas si ignoble que ça, après tout.
- ... M. Robert Forde.
- Ne sautez pas aux conclusions.
- Monsieur le président,
je ne me rappelle pas avoir été avisé...
- Nous venons juste de réussir à localiser le témoin,
monsieur Posner. - Laissez-le parler.
- Puis-je m'entretenir avec ma cliente ?
Qui est-ce, ce Robert Forde ?
Écoutez, je peux faire une demande...
- Laissez-le parler.
Ils feront tout sortir d'une manière ou d'une autre.
- Monsieur Forde, veuillez lever la main droite.
Jurez-Vous de dire la vérité,
toute la vérité, rien que la vérité
sous peine de parjure ?
- Je le jure. - Asseyez-vous.
Monsieur Forde, pourriez-vous décrire
la nature de votre travail ?
- J'ai plusieurs emplois.
- Alors lequel vous rapporte le plus de revenus actuellement ?
- Je suis escorte à Washington.
- Vous couchez avec des femmes pour de l'argent ?
- Je réponds aux demandes des clientes.
Quels que soient leurs besoins.
Parfois, les clientes ne savent même pas
de quoi elles ont besoin.
Ça fait partie de mon travail de le découvrir.
- Mais parfois, votre travail implique...
des relations sexuelles rémunérées.
- Oui, monsieur.
- Avez-vous déjà rencontré Elizabeth Sloane ?
- Monsieur le président, les relations intimes
de Mme Sloane ne regardent pas le Sénat !
- La sollicitation est une infraction criminelle !
Dans le cadre de cette commission, il est légitime
de chercher à établir si Mme Sloane a enfreint la loi.
Monsieur Forde,
avez-vous déjà rencontré Mme Sloane ?
- Ouais.
- Pourriez-vous l'identifier, s'il vous plaît ?
- Elle est assise là.
- Quelle était la nature de votre relation avec elle ?
- J'accompagnais une cliente à une soirée officielle.
J'ai essayé de me présenter,
mais elle m'a repoussé. - Monsieur Forde,
avez-vous déjà servi Mme Sloane
en tant que cliente ?
- Non, monsieur.
- On a deux témoignages sous serment
de deux employés de l'Hôtel Carver,
indiquant qu'ils ont vu Mme Sloane
dans le hall de l'hôtel un jour où vous, monsieur Forde,
aviez réservé une chambre.
Avez-vous déjà servi Mme Sloane,
de quelque façon que ce soit, pour de l'argent ?
- Non, monsieur, pas du tout.
- Merci, monsieur Forde.
Vous pouvez vous retirer.
Cette procédure prendra fin demain.
Et Mme Sloane recevra
son jugement du comité d'éthique du Sénat.
- Quelle bande de salopards !
Faire venir ce type... - Ross !
Comment va notre projet de loi ?
- C'est au point mort. Ça n'intéresse plus personne.
- C'est exactement ça qu'ils voulaient.
- Et on sait tous ce qu'il faudrait
pour faire revivre le projet de loi.
- Sérieusement...
un tremblement de terre.
- On a fait beaucoup mieux qu'on pouvait l'espérer.
On sera tous là demain.
- Bonjour à vous.
Avant que son témoignage
ne soit soumis au bureau d'éthique du Congrès,
le témoin a le droit de faire une déclaration.
Madame Sloane, avez-vous quelque chose à dire ?
- Monsieur le président, ma cliente ne souhaite faire
aucune déclaration. - Très bien.
Je vais maintenant vous lire
le document de référence au bureau d'éthique du Congrès.
- J'aimerais dire quelque chose, sénateur.
J'ai été dépeinte par la presse, ainsi que par cette commission,
comme un parasite
de notre démocratie.
On insinue sans arrêt que si je me suis battue
pour le contrôle des armes à feu,
c'est dans l'unique intérêt de ma carrière.
Mais il arrive parfois qu'on n'agisse pas pour soi,
mais tout simplement parce qu'il nous paraît juste d'agir ainsi.
- Madame Sloane, cela est-il pertinent
au regard de la com...
- Je crois que je suis libre de faire la déclaration
qui me plaît, sénateur. - Procédez.
- Je crois que le projet de loi Heaton-Harris
est une bonne chose.
Mais en même temps, je dois reconnaître que...
mes vraies motivations étaient ailleurs.
Quand on m'a offert de diriger la campagne,
j'ai été séduite par le défi que ça représentait.
Ma décision d'accepter l'offre
était basée sur mon désir de gagner.
Et de gagner plus gros que jamais auparavant.
Il est clair que ma conduite est tombée bien en deçà...
de ce qui est acceptable en matière d'éthique.
J'ai dérogé aux règles
et provoqué des conséquences désastreuses
pour assouvir mon obsession.
J'ai trahi mes alliés les plus proches.
J'ai mis des vies en danger.
Je mérite d'être blâmée pour ça,
bien plus que pour une irrégularité
dans un formulaire.
Quand il sera temps de voter sur le projet de loi Heaton-Harris,
j'espère que chaque membre du Congrès
suivra non pas mon exemple,
mais celui du groupe de personnes assises derrière moi,
qui ont fait de très grands sacrifices
dans le but de servir leurs plus profondes convictions.
J'espère que ces membres du Congrès
ne se serviront pas de ce vote
pour favoriser l'avancement de leur carrière politique,
mais qu'ils voteront plutôt
pour ce qu'ils croient être dans l'intérêt du pays.
Mais je sais que ces espoirs sont vains
et qu'une telle chose est impossible.
Parce que notre système
est pourri.
Il ne récompense pas
les politiciens honnêtes qui votent avec leur conscience.
Il récompense...
les corrompus,
qui sont prêts à vendre leur pays
pour avoir leur part du gâteau.
Ne vous y trompez pas.
Les vrais parasites de la démocratie américaine,
ce sont ces politiciens corrompus.
J'avais prévu que si nous avions un certain succès
dans notre campagne, il n'était pas impossible que...
qu'on cherche à m'attaquer personnellement
pour freiner notre impulsion et tenter de nuire...
à notre crédibilité.
Le lobbying, c'est anticiper,
prévoir les manoeuvres de son adversaire
et organiser la riposte.
- J'aimerais qu'on parle de mon avenir.
- Le moment est mal choisi, ma puce.
- Le gagnant possède toujours une longueur d'avance
et joue sa carte maîtresse
quand l'adversaire a abattu la sienne.
- Il est très bien choisi, au contraire.
- C'est provoquer la surprise...
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
- ...sans jamais se laisser surprendre.
- Ma lettre de démission.
Je préfère le monde universitaire.
- Quand j'ai quitté Cole, Kravitz et Waterman,
j'ai décidé de laisser un de mes agents
dans leurs rangs.
- OK, Jane, appelle Rodolfo Schmidt et dis-lui
qu'on sera six. - Qui a dit que je te suivais ?
- Un plan a été mis en place
pour mettre sur pied une commission bidon
sur ordre du lobby des armes à feu.
- Il y a forcément quelque chose !
- Je suis étonnée que t'aies décroché.
- Vous avez fait un faux numéro.
Elle a enfreint les règles éthiques du Sénat.
On en a la preuve.
- J'ai mis George Dupont sous surveillance
jusqu'à sa rencontre avec un membre du Congrès
qui manquait suffisamment de sens moral
pour devenir complice d'un tel plan.
Ce membre du Congrès, c'était le sénateur Ronald
Michael Sperling.
- Silence ! Vous ne pouvez pas vous servir de cette tribune
pour faire des allégations...
- Veuillez taper l'adresse suivante
dans vos navigateurs :
193.184.
216.
449.
Téléchargez un fichier nommé Tremblement de terre.
- Je peux pas soutenir le projet d'une main
et le noyer de l'autre.
Vous voulez que je reçoive une contribution de Bill Sanford...
Ces audiences coûtent une fortune...
- La voiture !
- ...Ces audiences coûtent une fortune...
- Incroyable.
- À la lumière de ces allégations,
l'audience est ajournée !
-... Vous connaissez la racine du mot « annihiler »?
« réduire à néant ».
- Reculez, s'il vous plaît ! Reculez !
- C'est ça qu'ils vont vous faire, Ron.
- Je suis étonné que vous soyez venue.
On dit que je suis pas le seul dont vous refusiez les visites.
Vous avez l'air bien.
- La prison, c'est pas si terrible
quand on n'a pas de pénis.
On ne se poignarde pas ; on forme des groupes d'entraide.
Et il y a un marché noir du rouge à lèvres.
- Hum.
Pourquoi cette fois ?
- Ils ont dit que ça concernait mon dossier.
- Ouais. Euh...
Les audiences de Sperling et Dupont sont confirmées.
Je vais demander une libération anticipée.
- Vous avez l'air bien, vous aussi.
- Merci.
Je crois que vous en avez encore pour quatre mois. Peut-être six.
Vous avez orchestré tout ça.
Vous avez fait de vous-même une arme
et fait délibérément s'effondrer le Capitole
sur votre tête. Pour quoi ?
Un projet de loi ?
- Ça a marché, non ?
- Félicitations.
Maintenant, les criminels sont obligés de trouver leur arme
sur le marché noir.
Ça valait vraiment la peine de sacrifier votre carrière ?
- Tuer sa carrière, c'est pas si difficile
quand l'alternative, c'est que la carrière vous tue.
Mon médecin vous dirait...
que j'ai très bien servi mes intérêts.
- Hum.
- Merci d'être venu, Daniel.
- Je suis curieux.
Votre petite erreur avec ce formulaire...
vous l'avez commise délibérément
pour leur tendre la perche ?
Sans elle, ils n'auraient pas pu justifier la commission.
MAIS... RIEN NE VOUS OBLIGE À RÉPONDRE.
ET VOUS N'AVEZ RIEN DIT
À PERSONNE DE VOTRE ÉQUIPE PARCE QUE...
- CINQ ANS MINIMUM.
- À BIENTÔT.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.