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Nuit et jour
- Bonjour. - Bonjour.
- Professeur Woolley. - Bonjour.
BUREAU DU DO YEN
- Le doyen vous attend. - Merci.
En tant que membres de la facult� de Droit, nous attendons de vous...
- dignit� et application. - Et j'ai un...
Mais votre attention semble se porter sur le football.
- Et les chansons. - Sans parler du Follies Theatre...
- et des girls. - De plus...
vous �tes arriv� en retard � vos cours chaque matin.
Oui, mais j'ai rattrap� �a...
en partant plus t�t chaque apr�s-midi.
Ceci nous est tomb� entre les mains.
IL DEVRAIT Y AVOIR UNE LOI, PROFESSEUR !
- Quel manque de dignit�. - Peu convenable.
Ridicule ! Vous n'allez pas prendre ce dessin au s�rieux ?
Il y a de la ressemblance.
� l'avenir, vous concentrerez votre attention sur vos cours.
Sinon ce comit� sera dans l'obligation d'agir.
Je suis conscient de la n�cessit� de pr�server la dignit�...
et les traditions solennelles de l'universit� de Yale.
FINALE DU CONCOURS DE CHANSON !
Tr�s bien, messieurs.
Votre attention pour la chanson suivante...
qui est proph�tique pour nos amis d'une obscure �cole nomm�e Harvard.
- Porter est l� ? - Pas encore.
- Ceci doit lui tenir � c�ur. - Doc saura peut-�tre.
- Qu'as-tu trouv� ? - Pas lui.
Eh bien ?
J'ai regard� en sciences, en �tude et � la biblioth�que.
- Il y �tait pas. - Il n'y est jamais all�.
Si quelqu'un connaissait le num�ro du Follies Theatre...
Quelqu'un le conna�t.
D'accord. Oui, oui, je lui dirai.
H�, Porter, un gars au t�l�phone dit qu'ils t'attendent au campus.
- Dis-lui que je serai en retard. - Il le sait d�j�.
- C'est � toi, Clarence. - Tout ?
Dernier concurrent de notre concours, c'est avec plaisir...
que je vous pr�sente Cole Porter, accompagn� d'un ch�ur...
interpr�tant "Bulldog Song"...
inspir�e du beau Dan, la mascotte de l'universit�.
Vous avez dit � Cole que le train part � 7 h 15 ?
6 h 15, pour �tre s�r qu'il soit � l'heure. On peut r�ver.
Cette fac de m�decine enseignerait-elle ce qui explique l'attitude de Porter ?
La m�decine moderne a ses limites.
- En voiture ! - Gracie, t'es une sentimentale.
J'aimerais passer No�l avec toi.
Tu �gayerais le paysage, mais que deviendrait le th��tre am�ricain ?
Je dois me sacrifier pour mon art.
Pour toi. Ne l'ouvre pas avant... etc.
Je sais que �a doit �tre ravissant.
- Ils sont l�. - Qui ?
- Ward et Woolley. - Le professeur Woolley ?
Je dois couvrir 3 ans de droit en un week-end.
J'ai eu l'esprit ailleurs.
Merci pour ma chanson.
- Je t'en suis reconnaissant. - Envoie-moi l'autre.
Je te rendrai c�l�bre.
T'es merveilleuse.
Au revoir et amuse-toi bien. Ne m'oublie pas.
Toi non plus. Joyeux No�l. Au revoir.
Cole, te joins-tu � notre petite croisi�re ?
Suis-je en retard ?
Je suis en retard.
En voiture !
Joyeux No�l, ma ch�re.
N'oubliez pas de le raser pour No�l.
Vite, ton grand-p�re selle les chevaux.
Il ne fait pas confiance � Sam ?
Ton grand-p�re aime tout faire lui-m�me.
Caleb, allez chercher Mlle Nancy et Mlle Lee.
- Oui. - Ajoutez une couverture.
Mlle Lee n'est pas habitu�e aux hivers ici.
- Bonjour, p�re. - Bonjour.
Ne va pas loin. Caleb est parti chercher ta cousine.
- Ma cousine ? - Nancy. Tu t'en souviens.
Tu veux parler de ce vilain canard avec un appareil et des lunettes ?
Sa m�re la dit s�duisante dans ses lettres.
Sa m�re t'�crit.
On a toutes un parti pris pour nos enfants.
Dans ton cas, c'est parfaitement justifi�.
Pr�t, Cole ?
- Il fait pas trop froid, p�re ? - Je trouve pas. Je sais pas pour Cole.
Je suis un dur � cuire.
Au revoir.
- Bonjour. - On fait son petit tour ?
Daniel Boone me montrait l'Indiana � la dure.
J'ai vite fait ma valise et n'ai pris que 2 pieds.
En tant que m�decin de famille, j'ai prescrit air et exercice.
Garde tes th�ories d'�tudiant pour toi.
Un verre de sherry pour vous d�geler ?
J'ai devant moi une femme avec une �me.
- Venez. - Pas avant le d�ner, me semblait-il.
Naturellement. Mais l�, c'est avant le petit-d�jeuner.
Je vais �tre franc. Je suis un peu d��u par tes notes, cette ann�e.
- Je sais. - J'en parlerai au professeur Woolley.
L'avoir amen� � la maison avec toi d�note...
un int�r�t pour ton travail que j'ignorais.
Franchement, je l'ignorais aussi.
Je n'ai jamais voulu �tre avocat. Tu le sais.
Tu auras ton dipl�me dans un an.
Non. Je crains que non. Je ne retourne pas � Yale.
Tu n'y retournes pas ?
Non. J'ai vraiment essay�, mais c'est inutile.
Qu'as-tu l'intention de faire ?
- Composer de la musique. - Quoi ?
Moi aussi, j'ai eu des id�es saugrenues �tant jeune.
J'ai fait des choses insens�es. Concours de chansons...
Abus de bi�re chez Mory. Je connais tout �a, Cole.
Je comprends. Sinon tu ne serais pas mon petit-fils.
Mais tout au long de ma vie, j'ai accumul� un peu d'argent...
et des responsabilit�s que je transmettrai � quelqu'un...
le moment venu.
J'ai toujours compt� sur toi pour t'en occuper.
Je suis vraiment d�sol�, je ne m'en occuperai pas.
Ma d�cision est prise.
Ta m�re avait raison. Il fait frisquet.
Nous y voil�. �a te pla�t ?
- Nancy, c'est charmant. - Tu devrais voir �a au printemps.
- C'est une invitation ? - Bien s�r. Viens.
Voil� tante Kate ! Tante Kate !
Je suis ravie de te voir. Tu es resplendissante.
- Merci. Voici Linda Lee. - Contente que vous soyez l�.
Merci. C'�tait gentil � vous de m'inviter.
Entrez, je vous en prie.
J'avais oubli� que c'�tait si joli.
Les affaires de Mlle Nancy, dans la chambre bleue...
et celles de Mlle Lee, dans la verte.
- Vous devez avoir faim. - Oui. Grand-p�re Cole !
- Bonjour, Nancy. - Linda, ma ch�re.
Mon sac � main !
- Ta m�re avait raison ! - Pardon ?
- Tu es devenue s�duisante. - Mais...
Qu'as-tu fait de ton appareil et de tes lunettes ?
- C'est un plaisir. - Tout le plaisir est pour vous.
- Merci. On y va... - Cole !
Tu n'as pas du tout chang�. Contente de te voir.
Nancy ?
- Alors qui... - Mlle Lee, ma camarade de chambre.
- Voici mon cousin, Cole. - C'est toujours un plaisir ?
Encore plus.
O� sont pass�s ton appareil et tes taches de rousseur ?
Ne commence pas, Nancy. C'est pas mon jour.
"Linda, de la part de Nancy."
- Joyeux No�l. - Merci, Linda.
- "Pour Cole, de la part de Tina." - Merci, Nancy.
DROIT AM�RICAIN
Linda, tu en as oubli� un.
� chaque No�l, j'ai quatre ou cinq rasoirs. Cette ann�e, sept.
- �a fera huit. - Pas de carte sur celui-l�.
Des probl�mes, Cole ?
Oui.
J'ai g�ch� en beaut� le No�l de grand-p�re.
Il m'en a parl� cet apr�s-midi.
Je le sentais venir depuis longtemps.
C'est plus fort que moi, je...
Je ne peux vivre de son argent...
en me demandant ce que j'aurais fait par moi-m�me.
Si on ne m'avait pas mis les b�tons dans les roues.
Je pourrais obtenir mon dipl�me et �tre avocat.
Mais pas un bon. Je manque de concentration.
Si je pouvais arriver � te faire comprendre.
Je prends un livre de droit, j'entends un air.
Chaque contrat se transforme en paroles.
Je ne sais pas d'o� �a vient, mais c'est la r�alit�.
- Je crois que je comprends. - Vraiment ? Merci.
Tu te souviens de ta chanson de l'�t� ?
Oui. Pourquoi ?
Il y a un petit cadeau, � c�t� de ceux de ton grand-p�re.
� c�t� des livres de droit.
Tu l'as faite publier.
J'ai su avant toi qu'on n'aurait jamais d'avocat chez nous.
Comme c'est gentil.
- Viens, joue-la. - M�re, je...
Tout le monde la conna�t en Indiana.
- Ah oui ? - J'adorerais l'entendre.
Soit.
ACCESSOIRES DE TH��TRE
On n'est pas venus par accident.
Tout a �t� minutieusement pens�.
On organise un spectacle musical d'une dimension encore...
jamais envisag�e m�me par les plus mauvais.
Un pourcentage du projet est encore disponible.
Comme nos com�diens doivent �tre habill�s, on a pens� � vous.
Vos costumes et sa musique devraient cr�er un pr�c�dent...
qui perdurera dans le th��tre am�ricain.
Je ne crois pas aux investissements th��traux.
J'ai toujours investi dans des choses plus traditionnelles.
Immobilier. Obligations.
Vous retarderiez le th��tre am�ricain de 50 ans...
� cause de votre conservatisme victorien ?
Il s'agit d'art.
Par ailleurs, Porter vient de Yale.
Pr�sent� de cette fa�on...
Tenez, M. Porter. M. Woolley.
�a a toujours bien march� ici, non ?
Plut�t bien, M. Woolley. Je pense m�me agrandir.
Agrandir ? �a ne serait pas co�teux ?
Je suis pr�t � d�penser 20 000 $.
Je veux que tout soit parfait.
Approchez, Joe.
SALLE DE R�P�TITION
PAROLES ET MUSIQUE DE C. PORTER
MIS EN SC�NE PAR M. WOOLLEY
Oui, �a va.
C'est bien. Il en faut plus comme �a.
Ce num�ro est supprim�.
Que celles que j'ai appel�es restent.
Les autres, au revoir et merci d'�tre venues.
C'est tr�s humiliant !
Dix ann�es � Broadway et jamais rejet�e !
Que faisiez-vous avant ?
Je me laissais pousser la barbe !
Merci. Si vous laissez votre nom...
au metteur en sc�ne, M. Woolley, il vous appellera.
Excusez-moi. Cole !
�a va pas, non ?
- Je suis sa m�re. - Vous plaisantez ?
Vous aussi, j'esp�re.
- Cole ! - Gracie !
Mesdames, vous voulez bien vous asseoir.
- Comment vas-tu ? - Bien.
Je suis tomb�e sur ton annonce.
Tu montes un spectacle. Quelle surprise.
Me dis pas que tu as tout �crit.
- Rien pour moi ? - Choisis.
"See America First", "You Got That Thing", "Let's Do It".
Qu'attendons-nous, "Let's Do It". Assieds-toi.
Je savais que tu ferais ce m�tier. Bonne chance.
Merci, Gracie.
- Tout le monde est l� ? - S�, se�or.
Je vais voir ce que je peux faire.
SALLE DE R�P�TITION WILOWSKI
Monsieur, approchez ! Dans 7 mn 30, tout le monde doit d�guerpir.
Il reste 30 minutes � l'heure contract�e.
Celle-l� ne marche pas. Sept minutes trente.
J'ai un mariage �l�gant.
Un couple malavis� va prononcer ses v�ux...
- dans ce boudoir ? - 7 minutes !
Une demi-heure de retard ne fera qu'aiguiser l'app�tit de tous.
Bient�t, le soleil filtrera � travers la fen�tre.
Le futur mari� verra bien la future mari�e et tout peut capoter.
Attendez. J'ai une offre � vous faire.
Tu es merveilleuse ! Diff�rente !
- Que t'est-il arriv� ? - J'ai souffert.
Cole, j'ai une chose importante � te communiquer.
Tu te souviens du professeur Woolley.
� pr�sent metteur en sc�ne.
Cole tient un succ�s, avec moi chantant.
Imaginez Gracie Harris � Broadway !
�a ne n�cessite pas une grande gymnastique mentale.
On arr�te. On reprend demain � la m�me heure.
On arr�te. M�me heure demain.
Comment trouver l'argent pour demain ?
J'ai conclu un march� avec Wilowski.
Il nous laisse la salle demain si tu joues du piano pour le mariage.
- Quel mariage ? - Pas de questions.
Attention, voil� la future mari�e.
Excuse-moi, Gracie, je dois payer le loyer.
Ouverture ! Allez, allez-y. Mettez-vous � vos places.
Toi aussi. Vas-y. �a va, les filles, vous �tes belles.
Montez sur sc�ne. Prenez vos places.
- Bonne chance, M. Porter. - Merci. De m�me.
�a me touche beaucoup que vous soyez l�.
Je n'aurais manqu� �a pour rien.
Ta m�re voulait venir, mais n'a pas pu persuader ton grand-p�re.
Il ne me pardonnera jamais.
- Le gang de Yale t'encouragera. - Bien.
- Pas le trac, Gracie ? - Du tout.
Tout le monde a le trac un soir de premi�re.
- Mais regarde-moi, rien. - Je vois �a.
- Tout va bien. - Merci.
Regardez qui est l� !
- Professeur. - Bonjour, Nancy.
Bonjour, Linda.
Alors tu as ouvert un cabinet et d�j� fait grimper le taux de mortalit�.
Exact. Je traite les toux des enfants et les griefs des vieilles filles.
En parlant de vieilles filles...
- o� est ma cousine ? - Elle a choisi mon infirmi�re.
�a te donne une id�e de la progression des choses.
- C'est le moment. Bonne chance. - Merci.
Le rideau monte. Tenez-vous pr�ts !
� plus tard. J'ai r�serv� chez Delmonico.
Merveilleux.
Delmonico ? C'est pas un peu cher ?
Ne sois pas b�te. Le ma�tre d'h�tel a investi dans ce spectacle.
- Bonjour, Broadway. - Au revoir, pauvret�. J'esp�re.
Gracie, viens.
Que se passe-t-il, Gracie ?
- Qu'y a-t-il ? - Je sais pas.
- Y a un probl�me et �a vient pas d'elle. - Je vais voir ce qui se passe.
- Que se passe-t-il ? - Quelque chose est arriv�.
- Qu'est-il arriv� ? - Mieux ailleurs.
Tu �tais parfaite. Va te changer.
- Que fait-on ? - Le spectacle continue.
Pr�pare-toi pour la suite.
D�gagez la sc�ne. D�monte le d�cor, Bill. D�p�chez-vous.
NAUFRAGE DU LUSITANIA
Suppl�ment !
- Tu es s�re, elle y �tait ? - Oui. Regarde la liste des passagers.
Suppl�ment ! Tout sur le Lusitania !
Suppl�ment ! De nombreux morts !
Allez donc chez Delmonico. J'attends Cole.
- Bonne id�e. - Que s'est-il pass� ?
Il veut �tre seul. �a vous est jamais arriv� ?
- Si, mais avec quelqu'un. - Tr�s dr�le. Chez Delmonico.
Tout sur le naufrage !
Suppl�ment ! Le naufrage du Lusitania !
Suppl�ment ! Le Lusitania a coul�. Tout sur le naufrage.
- Rangez ces accessoires. - C'est ce qu'on fait.
Pas de veine, M. Porter.
Ce sont des choses qui arrivent.
Comme quand je me suis mari�. Un flop, mais �a m'a pas arr�t�.
J'ai remis �a.
�a a encore �t� un flop.
�a t'a arr�t� ?
Non, mais �a m'a ralenti un peu.
- Merci, Tom. Bonsoir. - Bonsoir.
- Nancy ? - Non, c'est Linda.
Les autres sont partis devant.
Merci de revenir, Linda.
D�sol�. Je n'avais envie de voir personne ce soir.
Je sais. Je comprends.
Le spectacle �tait bon, il y en aura plein d'autres.
Je ne pensais pas � mon avenir ou au spectacle, mais � tout...
ce qui a coul�.
Il n'y a rien qu'une personne puisse faire.
Je me demande.
� pr�sent qu'on est dans un joyeux �tat d'esprit, allons chez Delmonico.
On pourra pleurer dans du champagne.
Je pensais qu'on pleurait dans de la bi�re �vent�e.
Un compositeur de Broadway se doit de pleurer dans du champagne.
�a a �t� quelque chose.
Peu de compositeurs c�l�brent � la fois leur premi�re et leur derni�re.
Delmonico ?
Delmonico.
Un fiacre ?
Un fiacre.
- Suppl�ment ! Tout sur le naufrage. - Cocher !
- J'aimerais marcher. �a vous ennuie ? - Bien s�r que non.
Pouvez-vous nous suivre ?
Au moins, tu t'es prouv� quelque chose.
Quoi ?
Que tu fais de la bonne musique. Tu le sais.
- Ah bon ? - Bien s�r que oui.
Cole...
tu ne m'�coutes pas.
En fait, je ne t'�coutais pas.
Je pensais � Tommy Farnsworth. Il �tait � bord.
- Qui ? - Un type que j'ai connu � Yale.
On l'appelait "grand-m�re".
Il allait s'engager dans l'arm�e fran�aise.
Alors, c'est �a. Je m'en doutais.
Tu te d�cides tr�s vite, n'est-ce pas ?
Parfois.
Et toi ?
Que j'ai �t� b�te. Pardonne-moi.
Avec tout ce qui est arriv�, j'ai oubli� de te donner �a.
Quoi ?
Magnifique. Mais je ne devrais pas...
Mais si ! Ils ne le reprendront pas. Je l'ai fait graver.
"Mes v�ux les plus chers pour cette premi�re..."
Je me demande ce qui va nous arriver.
On saura �a dans quelques ann�es.
MES V�UX LES PLUS CHERS POUR CETTE PREMI�RE
Voil� la liste des nouveaux patients, Linda.
1-1-3-1-7.
"Duryea, George". Radio. Suivant.
Lieutenant Porter, Cole.
1-1-2-9-9.
Porter, Cole. Radio. Ces 4 hommes vont � la radio.
Radio. Par ici, s'il vous pla�t.
Ne vous bousculez pas.
Tout droit.
Pourriez-vous...
- Bonjour, Cole. - Bonjour.
En y r�fl�chissant, un de nous a d� suivre un de nous.
J'�tais l� en premier.
Oui, �a explique tout.
Je ne m'en remettrai jamais.
Pr�s de 5 000 km, 3 ans et tout � coup, toi.
J'avais tout pr�vu de cette fa�on.
Donne-moi ta main.
�a fait longtemps, hein ?
Longtemps, Cole.
Et ta musique ?
Je n'ai pas eu le temps d'y penser.
Cole Porter n'ayant pas de temps pour la musique ?
- Il faut changer �a. - Je ne sais pas.
Ma musique n'est plus aussi importante.
Pourquoi ? Qu'envisages-tu de faire ?
Je n'envisage pas de faire quoi que ce soit.
J'ai appris � laisser les choses arriver.
M�me si tu te retrouves avocat. Et apr�s ?
�a ne te ressemble pas.
Tiens.
Voici les r�gles.
Je ne voudrais pas d'un avocat qui te ressemble.
Je penserais � la musique pas compos�e.
- Mais... - Non, garde �a dans ta bouche.
Je reviens dans une minute.
H� ! �a va le faire monter.
C'est ton Cole Porter ?
Oui, c'est Cole.
Comment il se sent ?
Il va bien.
Mais il a chang�. Il n'est plus le m�me qu'avant.
Aucun d'eux n'est comme avant. Tu le sais.
Il y en a des centaines pareils.
J'ai consult� son dossier m�dical. Il a fait 4 h�pitaux.
C'est pas tant son pied. Son moral n'est pas au mieux.
Il est maussade, agit�. Il est pas mal secou�.
�a ne lui ressemble pas. Je le connais.
- Si seulement on avait un piano. - Tu vas encore faire des d�penses ?
- Tu leur as donn� des billards... - Je ne pensais pas l'acheter.
Mon amie, la comtesse...
La comtesse Fontaine nous a offert un piano.
Ton amie, la comtesse, est tr�s g�n�reuse, mais hautement mythique.
Il est 10 h. Extinction des feux, lieutenant.
Bon, �teignez-les.
- Comment as-tu su ? - J'ai des espions.
Ne t'arr�te pas.
- C'est charmant, Cole. - Tu aimes ?
�a me donne du fil � retordre.
Linda, te rends-tu compte que tu es toujours l�...
dans les moments les plus importants ?
Je le suis ?
Quand j'ai d�cid� de quitter Yale.
Ce maudit soir de premi�re � New York.
� pr�sent, pour baptiser ma 1�re blessure.
- C'est peut-�tre un pr�sage. - Peut-�tre.
Je ne veux que toi aupr�s de moi dans les moments importants...
ou � tout autre moment d'ailleurs.
Vraiment ?
Vraiment, Linda.
Quand tout sera fini, je prendrai peut-�tre une villa sur la C�te d'Azur.
Un magnifique endroit pour travailler.
- Que comptes-tu faire exactement ? - Je ne pensais pas � moi...
Combien de temps encore serai-je l� ?
Pas longtemps. C'est ce que je me disais.
Quoi ?
Eh bien, je me disais que peut-�tre...
- toi et moi, nous pourrions... - Attends une minute.
Je crois que j'y suis.
- Vous �tes en retard. J'allais partir. - Je ne pouvais pas filer avant.
- C'est gentil de m'avoir attendue. - C'est vous qui �tes gentille...
avec votre bel h�pital pour les pauvres gar�ons.
- Asseyez-vous � c�t� de moi. - Merci.
Vous voulez que je revienne chanter pour eux ?
Quel jour, quelle heure ?
J'ai un plus gros probl�me cette fois.
Vous �tes dans la revue d'Anatole Giron ?
On m'a persuad�e d'en �tre la vedette.
- Vous avez tous vos num�ros ? - Bien s�r. Pourquoi ce myst�re ?
Avant que je continue, ceci est entre nous.
Mon nom ne doit jamais �tre mentionn�. Vous comprenez.
Je commence � comprendre.
S'il est question d'un homme, il tombera amoureux de moi.
Je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme �a.
Je cours le risque l�-dessus.
Vous chanterez le num�ro d'un jeune compositeur.
Un compositeur inconnu ? Impossible, ch�rie.
Je vous fais une faveur. Il fera une grande carri�re.
- Vous serez la 1�re � le d�couvrir. - Vous �tes la 1�re � le d�couvrir.
"Je suis malheureux au jeu", �a s'appelle. C'est mon cas.
Hier soir, au casino !
Ce serait amusant de faire une chanson en anglais...
avec tous nos alli�s � Paris.
- Alors vous le ferez ? - Qui sait ?
J'en parlerai � mon producteur.
Mais Giron, apr�s tout, a ses propres id�es.
C'est un homme d'affaires. Il ne pense qu'� l'argent.
Je me charge de �a. �a vous pla�t, c'est tout ce qui compte.
Pas un mot de nos arrangements.
Moi, courir un tel risque avec un jeune homme.
Et pas le mien ! Je crois que je perds la t�te, non ?
N�anmoins, tout pour l'amour. Je comprends.
Je comprends tout.
J'ai �t� amoureuse une fois, de nombreuses fois.
Je trouve que le num�ro �tait tr�s bon.
Il y a des gens qui ne seraient pas de ton avis.
Quelque chose ne va pas.
D�sol�, Monsieur Giron.
Je suis �galement d�sol�, M. Porter.
J'aime beaucoup la chanson.
Mais le public peut �tre d'avis diff�rent.
Vos paroles sont trop intelligentes, trop recherch�es.
Vous savez ce qu'ils veulent de nos jours.
C'est tr�s regrettable.
Cependant, le reste du spectacle aura du succ�s.
Vous n'aurez pas de raison de regretter d'investir votre argent.
Il pourrait peut-�tre �crire une autre chanson.
C'est pas grave, Linda.
Je crains avoir fait un faux pas.
C'est pour �a que j'ai pas choisi la diplomatie.
Mes excuses. D�sol� pour le num�ro.
- En Am�rique, vous pourriez... - Peut-�tre.
Si vous me permettez, je vous enverrai du champagne.
- J'ai un ros� qui est divin. - Merci.
Ne crois pas que je suis ingrat.
Ce que tu as fait est merveilleux, mais je le regrette.
Cole, est-ce si terrible d'avoir voulu t'aider ?
Tu te sentirais mieux si je t'avais factur� 6 %.
Non. Mais tu aurais d� me le dire. J'aurais �crit une meilleure chanson.
Tu �criras plein d'autres chansons.
Il te faut juste un endroit o� tu puisses travailler.
Cette villa sur la C�te d'Azur...
est entour�e de rosiers grimpants et de ch�vres.
Il n'y aura ni rosiers grimpants ni ch�vres.
Toi seule peux te le permettre. Les villas sont pas dans mon budget.
Le tien ne te limite ni aux claviers sales ni aux compositeurs en difficult�.
Le clavier n'a pas besoin d'�tre sale ni le compositeur en difficult�...
Tout le monde a besoin de l'aide d'autrui.
Quelqu'un a d� aider Shakespeare et c'�tait probablement Mme Shakespeare.
Probablement.
Tu �tais avec moi quand j'ai quitt� ma famille.
Je ne peux accepter d'argent ni d'elle ni de toi.
Tu sais ce que j'en pense.
Je dois me d�brouiller seul.
Tu veux dire, sans moi ?
Je rentrerai en Am�rique et j'essaierai encore.
Cole, si c'est ce que tu d�sires...
Je le crains. Sans aide.
Je crois que tu as raison.
Je ne pourrais �tre avec toi sans essayer de t'aider.
Il n'y a rien d'autre � ajouter, n'est-ce pas ?
Tiens.
Prends-en une.
Un jour j'apprendrai � ne pas les faire graver.
TOUT MON AMOUR LINDA
PARIS, 10 NOVEMBRE 1915
Bonne chance.
J'esp�re ne jamais vous revoir. Professionnellement, bien s�r.
Mollo avec la jambe. La plaie peut vous rappeler � l'ordre.
- Bon courage. - Merci. De m�me.
- Tu pars en Angleterre. - Bart veut que je l'aide.
Je m'int�resse pas mal � tout �a.
Au revoir, Linda.
- Pas de cette fa�on, Cole. - C'est mieux ainsi.
Pas dans une gare. Les gens y pleurent.
Pas sur un quai. Les sifflements emportent les mots.
Je penserai � toi, tout le temps et o� que je sois.
On est tous pr�ts, lieutenant !
PRODUCTEURS DE TH��TRE
D�sol�, M. Dowling est tr�s occup� pour le moment.
Demain ?
Si on a besoin de vous, on appellera.
- Pardonnez-moi. Allez-y. - Merci.
Au d�but de la sc�ne, l'h�tesse est seule � une table pour 2.
Le ma�tre d'h�tel entre, la regarde, puis chante cette chanson.
Je prends �a comme accessoire, si �a ne vous g�ne pas.
Cette dame fera l'h�tesse. Je serai le ma�tre d'h�tel.
Vas-y, Cole.
Le d�but de la sc�ne suivante...
Juste un instant, s'il vous pla�t. Je ne sais vraiment pas.
Je l'ai entendue ici, mais pas sentie l�.
Mon c�ur ach�te les chansons qui vendent mes spectacles.
- Qu'en penses-tu ? - J'�coute une chanson � 2 endroits.
Ici et l�.
Je l'ai entendue ici, mais pas sentie l�.
Et mon estomac vend autant de chansons que le c�ur de Leon.
J'ai moi-m�me une sensation ailleurs.
Vous avez du talent, Porter. �a ne fait aucun doute.
Votre premier spectacle �tait prometteur.
Cette chanson est intelligente et diff�rente. Peut-�tre trop.
Le public n'accrochera pas.
- Faites preuve de simplicit�. - De simplicit�.
Vous auriez d� na�tre sur l'East Side, comme les plus populaires.
Difficile d'arranger �a maintenant.
Frottez-vous aux gens. Descendez � leur niveau.
Essayez de d�couvrir ce qu'ils veulent.
Cette barbe est la v�tre ?
Le visage et le menton le sont. La barbe appartient au monde.
- Le g�n�ral Karamazov. - M. Woolley ! Bonne id�e.
Nous montons une nouvelle pi�ce. Il nous faut des acteurs barbus.
Le metteur en sc�ne est russe et insiste sur de vraies barbes.
Vous avez le physique. C'est un petit r�le. �a vous int�resserait ?
Un acteur ? Moi ! Jamais !
50 dollars par semaine.
Qu'en dites-vous ?
Si j'avais la possibilit� d'interpr�ter...
M. Woolley serait int�ress�.
� cause d'une habitude que j'ai depuis tout petit, celle de manger.
- Je suis forc� d'accepter. - Tr�s bien.
Le contrat. On se voit quand vous voulez, Porter.
Merci beaucoup. Au revoir, g�n�ral.
East Side, me voil�.
Je vais me frotter aux gens du commun pour que vous le sentiez ici et l�.
PARTITIONS
Une partition, madame ?
C'est notre derni�re valse, mesdames.
- Vous d�sirez quelque chose ? - Non, je regarde.
Oh, vous regardez.
- Jolie chanson ? - Elle s'appelle comment ?
Une vieille rengaine.
- Elle vient d'�tre publi�e. - Je l'ai d�j� entendue.
- Quelle heure est-il, M. Porter ? - L'heure de d�jeuner.
J'ai mal aux pieds.
- Je peux vous aider ? - Quelle vie. Je n'ai m�me pas faim.
- Mais qu'avez-vous aujourd'hui ? - Je serai franche.
- Votre attitude me d�pla�t. - Pourquoi ?
Je connais les pianistes. Ils font des propositions, des remarques insultantes.
Vous, absolument rien. Vous �tes poli. Vous me traitez en grande dame.
- M. Porter, je n'appr�cie pas. - Je ne savais pas.
Tenez, un sandwich.
Je sais que j'ai de beaux attributs. Et franchement, vous aussi.
Dommage qu'on ne puisse pas se les attribuer.
Vous �tes tr�s s�duisante, Carole, mais mangez votre sandwich.
Je ne devrais pas vous dire cela, c'est vous qui devriez me le dire.
Mais carpe diem. Je serai franche.
Mes roses sont toutes en fleurs.
Du lait ?
J'ai dit ce que j'avais � dire, n'y pensons plus.
Mais vous devriez me donner une petite chance, un de ces jours.
- Bien s�r. - C'est �a, votre petite chance ?
- M�me pas la moiti� d'un bras. - Vous �tes extraordinaire.
- Vous avez des nouveaut�s ? - C'est la pause d�jeuner.
Bon, bon. J'adore la musique.
Personne ne conna�t de mots de 2 syllabes ?
- J'en connaissais avant. - Vous �crivez mieux que �a.
Vous avez des roses et un bon sens critique.
Je sais. � quoi travailliez-vous l'autre jour ?
- Quoi ? - "Night and Day". C'est l�.
- Vous aimez ? - Je la connais par c�ur. Jouez.
- Et le directeur ? - Qu'est-ce �a peut vous faire ?
D'ailleurs, c'est la pause. Allez-y.
- Gardez-moi mon sandwich. - Je l'adore.
Quelle belle chanson d'amour ! Jouez-la encore !
J'ai une id�e ! Votre chapeau.
On s'en va. Mettez votre chapeau.
En sc�ne, Cosaques ! En sc�ne ! Et plus vite que �a.
Vous et moi, on pourrait faire un beau sirop pour la toux.
Monty ? Non. Monty ?
- Je dois te parler. - J'entre en sc�ne.
D�sol�. Il le faut. Ecoute.
J'en ai assez des bateaux � roue et des bastringues.
Je n'�cris plus pour �a. Plus de compromis.
- C'est ce que j'attendais. - Ma d�cision est prise.
- Nous allons faire un autre show. - Qui �a ?
Nous. Pardon. Carole Hill, M. Monty Woolley.
On m'a dit des merveilles de vous.
Tu ne l'as pas entendue chanter ! Il faut juste trouver l'argent.
L'argent ? Nous en avons trouv� dans le pass�. Nous en trouverons.
- Alors tu es d'accord ? - Bien s�r.
Tu crois que je me plais dans cette jungle de barbes pour 50 $ la semaine ?
- Parfait ! Quand commen�ons-nous ? - Maintenant !
Cher ami, avez-vous jamais r�v� de devenir acteur ?
Parfait ! Mon r�le est � vous. Vous dites : "Suivez-moi !"
Et ne soyez pas surpris d'�tre ob�i. Vous deux, suivez-moi.
Prenez ce cigare.
- O� allons-nous ? - Nous sortons de l'obscurit�.
Suivez-moi !
Nous sommes venus d�s que nous avons d�cid� de refaire du th��tre.
Naturellement, nous avons tout de suite pens� � vous...
et � votre talent inn� pour les costumes originaux.
Mais je n'ai pas l'intention d'investir.
J'ai perdu de l'argent l'autre fois.
Je ne crois pas aux investissements qui ne rapportent pas.
Est-ce la faute de Porter si le Lusitania a coul� ?
Vous croyez qu'il l'a torpill� lui-m�me d�lib�r�ment ?
Cette fois, on a un spectacle du tonnerre.
Et n'oubliez pas que Porter a fait ses �tudes � Yale.
Oui, bien s�r. Il ne faut pas l'oublier.
Voil�, M. Porter, M. Woolley.
Vous n'avez jamais agrandi ici, n'est-ce pas, Joe ?
Non.
- Je vais le faire cette ann�e. - Combien allez-vous d�penser ?
Environ 30 000 $. Le co�t de la main-d'�uvre a augment�.
Il va falloir qu'on parle, Joe.
En sc�ne, tout le monde.
Souris, Monty. Je crois qu'on a un succ�s.
On ne dirait pas sous cette barbe, mais je souris.
PAROLES & MUSIQUE DE COLE PORTER
8e MOIS
2e ANN�E
- T�l�gramme, M. Porter. - Merci, Tommy.
Le spectacle marche tr�s bien.
J'ai une id�e pour le num�ro de la chute d'eau.
Un Indien sur une colline.
40 filles qui dansent au son du tam-tam, toutes pieds nus.
Le princesse entre. Elle est aussi pieds nus.
- Plus tard, Tommy. - Plus tard ?
C'est une id�e g�niale.
"Pouvez-vous faire spectacle � Londres ? Envoyez t�l�gramme.
Charles B. Cochran."
Le succ�s attire le succ�s. C'est le plus gros producteur d'Angleterre.
Un spectacle en Angleterre, �a te dit ?
Londres, brouillard, pluie ? Moi, j'aime les climats plus cl�ments.
Ne sois pas ridicule. Je ne pars pas sans toi.
Pourquoi ? Je vais bien � Hollywood sans toi.
�a fait 2 semaines que j'ai cette offre et que j'y r�fl�chis.
Maintenant, j'ai d�cid�.
Ce ne sera plus pareil.
Adieu, Broadway.
Bonjour, Hollywood.
Venez, je vais vous faire visiter.
Qui sont-ils, M. Cochran ?
Des chanteurs des rues qui divertissent le public des matin�es.
Parfois, le spectacle est meilleur dehors qu'� l'int�rieur.
J'ignorais que ma musique �tait connue ici.
On l'entend partout depuis 2 mois.
Pourquoi croyez-vous que je vous aie appel�.
INSTITUT POUR ENFANTS DU WEST END
Journal !
Journal ! Voil�. Demandez le journal.
N'allez pas dans la rue.
Si tu m'avais �pous�, ce serait nos enfants.
Les n�tres auraient �t� les plus difficiles du groupe.
Encore une chose. Il faudrait un autre bon num�ro de production.
Un num�ro extra qui viendrait couronner tout le spectacle.
J'essaierai, M. Cochran, mais cette sorte de num�ro...
- �a ne va pas ? - Non, tout va bien.
Je sais que c'est un peu abrupt. Pardonnez-moi.
- Puis-je vous retrouver au Claridge ? - Bien s�r.
Bien. � plus tard.
Je me suis souvent demand� si tu �tais aussi belle que je l'imaginais.
Eh bien, non. Tu es deux fois plus belle.
- Comment vas-tu, Linda ? - Bien.
- Tu es � Londres depuis longtemps ? - Je suis arriv� hier.
- Assieds-toi. - Merci.
Merci. Tu as gard� �a ?
Par habitude.
- J'ai eu ton adresse par Nancy. - Ah oui ?
Oui. J'h�sitais � venir te voir.
Je ne savais pas si toutes ces ann�es feraient une diff�rence.
- Oui, peut-�tre. - Pas pour moi, Linda.
Je n'ai jamais cess� de penser � toi. Tout ce que j'ai �crit...
et fait, ta pens�e ne m'a jamais quitt�.
Tu vois, j'ai...
Que disais-tu, Cole ?
- Tu tricotes ? - Oui, je mets la bordure.
- Un peu petit, non ? - C'est pour Peter.
J'esp�re avoir fini avant qu'il ne soit trop petit.
Ils poussent vite de nos jours, pas vrai ?
Donne.
- Enchant�, Peter. - Enchant�.
Ce n'est pas Peter. C'est Michael.
Deux ! C'est merveilleux.
- Eh bien, enchant�, Michael. - Enchant�.
Voil�, mon ch�ri. Sauve-toi.
- C'est un bon petit gar�on. - Il est adorable.
- Tu ne t'es jamais mari�, Cole ? - Non, non.
Il y a eu une infirmi�re � Paris pendant un temps, mais depuis...
J'ai suivi ta carri�re. Le succ�s, la c�l�brit�, tout ce que tu voulais.
Non, pas tout.
J'ai toujours d�sir� une petite villa sur la C�te d'Azur.
Avec des roses partout et une ch�vre chez le voisin.
On l'a vendue. La ch�vre a mang� les roses et le propri�taire l'a mang�e.
- Je peux avoir ma poup�e ? - Bien s�r, ma ch�rie.
La voil�.
- Ne va pas trop pr�s de la fontaine. - Non. Merci.
Inutile de te demander ce que tu as fait durant toutes ces ann�es.
J'ai �t� tr�s occup�e. J'ai �t� heureuse.
Venez, c'est l'heure de rentrer.
Saluez le monsieur.
C'est l'heure de leur th�.
Oui. Emmenez-les, Amy. Allez avec Amy, mes ch�ris.
- Regarde ta robe. - Viens.
- Ils ont tous leurs jouets ? - Oui.
�a a d� �tre difficile d'�lever tous ces enfants.
Non. On a d'abord eu les jumeaux et apr�s �a, �a a �t� facile.
Je m'en doute.
Pourquoi ne viens-tu pas voir Bart. �a lui ferait plaisir.
- Tu dois �tre heureuse avec lui. - Il a �t� merveilleux avec moi.
Mais tu sais comment sont les Anglais, si r�serv�s et polis.
M�me les Anglais semblent parfois oublier leur r�serve.
Nous vivons de l'autre c�t� du parc.
Bart est s�rement l�. Pourquoi ne pas t'arr�ter un moment.
C'est gentil, merci, une autre fois. J'ai beaucoup � faire.
Je t'appelle demain.
- Dommage. Au revoir, Cole. - Au revoir, Linda.
Leslie, viens ici, ma ch�rie. O� �tais-tu ?
Vous cherchez quelque chose ?
Tu vois, je...
PAROLES et MUSIQUE de COLE PORTER
Excusez-moi !
- Je vous demande pardon. - Merci.
Cole, notre r�ve s'est r�alis�.
Gr�ce � toi, ch�rie. Sans toi, je n'aurais jamais fini.
Cette chanson ne vous touche pas ?
MONTE LE PLUS GRAND SPECTACLE DE MA VIE.
IL NE MANQUE QUE LA MUSIQUE DE COLE PORTER.
QUAND ARRIVEZ-VOUS ? MAX FISHER.
- Appelez-moi un taxi. - Oui, monsieur. Taxi.
J'ignorais tout ce qu'un invit� d'honneur doit endurer.
- Voil� votre taxi, monsieur. - Merci. Un instant.
- L'air est frais, marchons. - Volontiers.
Dites-lui de nous suivre. Et qu'il prenne �a.
Suivez ces messieurs dames.
- Belle nuit, n'est-ce pas ? - Tr�s belle.
- Qu'est-ce que c'est ? - Je ne sais pas.
- Je ne connais pas. - Moi non plus. Pas mal, hein ?
J'adore �tre la femme d'un compositeur c�l�bre.
C'est encore mieux d'�tre le mari d'une si belle femme.
- Tu connais Max Fisher ? - Je ne crois pas.
Bien s�r que non.
- Tu en as assez de marcher ? - Pas du tout.
Et toi ?
Il monte une revue � New York et il croit que je vais faire la musique.
- Qui ? - Max Fisher.
Tu as faim ?
Moi aussi. Deux, s'il vous pla�t.
- Tout de suite. - Merci.
- Que lui as-tu dit ? - � qui ?
� Max Fisher.
Tu ne crois pas que je vais y aller avant notre lune de miel ?
Je ne veux pas revoir un th��tre avant des mois.
Pauvre Max, il doit perdre la boule.
- Peut-�tre ne sait-il pas, pour nous. - C'est le probl�me.
Pourquoi ne partons-nous pas quelque part ?
Un voyage en bateau en Norv�ge ?
J'en ai toujours r�v�. �a serait bien.
- Tu n'as pas le mal de mer ? - Non.
Tiens.
Ce n'est pas la bonne �poque pour aller en Norv�ge.
Et Budapest ? La danse, la musique, Budapest.
- On pourrait prendre l'avion. - J'adore voyager en avion.
Je ne sais pas.
Non, pas Budapest !
Tu sais o� on va aller ? Au Caire ! Ce sera merveilleux.
On descendra le Nil en bateau. On montera les pyramides.
Tu n'as pas le vertige ?
- Non. - Bon. C'est bien.
- Quand partons-nous ? - �a va d�pendre.
- O� veux-tu aller en premier ? - New York, bien s�r.
Ne sois pas b�te. Tu meurs d'envie de faire ce spectacle.
On partira en voyage apr�s.
Tu es une fille formidable !
SPECTACLE LYRIQUE 50 MILLIONS DE FRAN�AIS
Voil� encore un show m�morable. Dis-le � Cole pour nous.
J'aurais aim� que vous restiez.
Tu connais Ward, il a rendez-vous avec une vieille appendice.
Entre vous et moi, vous ne manquez rien.
- Nous vous verrons � notre retour. - Retour ?
- J'enl�ve Cole demain matin. - Ravi de l'entendre.
- O� pouvons-nous t'�crire ? - Une villa sur la C�te d'Azur.
Un chalet dans les Alpes, Vienne, Biarritz, Salzbourg, partout.
Pourquoi n'es-tu pas compositeur ?
Vous allez vous amuser.
Viens, mon chou. Nous y sommes.
Tu voulais rencontrer des c�l�brit�s c�l�bres. En voil� une vraie.
Gracie !
- Comment vas-tu ? - Vise mon vison.
- Je te pr�sente mon chou. - Mon chou ?
- Il a 4 millions. - Chou � la cr�me, hein ?
Ravi de faire votre connaissance. Je suis Jed Morrow.
Je viens de Cow-Town, Texas, j'y suis n�.
Je suis un bon Am�ricain, et vous aussi, � ce qu'il me semble.
- Je rep�re les Am�ricains de loin. - �a doit vous occuper.
Viens, je vais t'en pr�senter d'autres.
Regarde �a. Il y en a une d'Irving Berlin.
Tu commences � �tre reconnu. Je savais qu'on y arriverait.
Mes f�licitations.
M. Porter, vous �crivez de la belle musique.
J'ai toujours dit et je maintiens que je suis 100 % am�ricain.
Vous aussi, n'est-ce pas ?
Je rep�re les Am�ricains � des kilom�tres.
Un de ces Am�ricains de l'est.
Cole, mon cher, donnez-moi votre autographe.
Ma fille vous adore. Votre musique est si belle.
Je vais � tous vos spectacles. J'adore tout ce que vous �crivez.
- Cole, pour demain, je... - Cole, ta musique est merveilleuse !
Je serai franche, Moi aussi, j'�tais merveilleuse.
- C'�tait merveilleux. - Une photo, M. Porter ?
- �a ne prendra qu'un instant. - Excuse-moi, ch�rie.
Te rends-tu compte � quel point il est merveilleux ?
Voil�, ici, c'est bien.
Madame Porter ?
Oh, non. Sans moi.
- Souriez. - Donnez-moi ces t�l�grammes.
- Signez ici. - Regarde-moi tout �a.
- Ah, Mme Porter. - Bonsoir.
Belle soir�e, n'est-ce pas ?
Je suis si heureux que Cole ait accept� de faire mon nouveau show.
- Ah bon ? - On commence vendredi.
Venez aux r�p�titions. Vous pourriez peut-�tre nous aider.
Merci.
- Allez, souriez. - Excuse-moi, Gracie.
- Merveilleux spectacle. - Merci.
C'est fini, pour le moment. Un de ces jours, nous aurons...
- un moment � nous, toi et moi. - Esp�rons que nous saurons quoi faire.
- Tu veux un verre ? - J'en ai besoin.
Moi aussi.
- � quoi buvons-nous ? - � ton prochain succ�s ?
Max Fisher t'a parl� du nouveau spectacle.
Tu as d� oublier de lui dire que nous partions en voyage.
�a va aller vite. J'en ai d�j� �crit la moiti� dans ma t�te.
Tu vas voir. Tu vas adorer.
Bien s�r. Mais je n'aime pas te voir aller � ces r�p�titions.
Je te vois � peine et quand je te vois, tu es si pr�occup�.
Je ferai seulement la musique, ils se chargeront de la production.
Tu ne me verras pas � des kilom�tres des r�p�titions.
Allons, c'est une c�l�bration.
Que dit-on sur le nouveau show "Anything Goes"...
les r�p�titions chez Cole Porter ! Champagne, piscines...
et danseuses � gogo. Que nous r�serve-t-il de plus ?
Ce rouge � l�vres orange ne lui va pas, mais il est divin sur moi.
Quand je roulerai sur l'or, j'en aurai des tonnes.
- Je peux bien r�ver, non ? - Bonjour.
Nous �tions juste... �a ne vous d�range pas ?
Pas du tout. Je suis juste venue chercher un mouchoir.
- Tr�s joli. - Excusez-moi.
- Belle chambre. - Magnifique.
Je crois bien que j'ai perdu mon mouchoir.
En personne. Et pas au cin�ma.
Je suis contente de vous voir. �a fait si longtemps.
- Je ne vous interromps pas ? - Pas du tout.
J'ai cru voir des gens du spectacle ici.
Le spectacle de Cole ouvre la semaine prochaine.
Il fait si chaud en ville, il vaut mieux r�p�ter ici.
Charmant. C'est ce que j'aime � la campagne : paix et solitude.
- Vous ne vous sentez pas trop seule ? - Ce n'est pas dr�le.
Monty, pourquoi ne restez-vous pas quelques jours ?
Je te pr�viens, quand je m'installe quelque part...
les gens l�vent le nez et les loyers baissent.
Allons voir Cole. Vous �tes le seul qui puisse l'interrompre.
Et si on avait des danseuses pour cette chanson ?
- Jouez le finale. - Le finale.
Il faut un interlude entre les ch�urs.
- Bien, je vais pouvoir... - Bonjour, Broadway !
- Bonjour, Hollywood. - Non, au revoir, Hollywood.
- Pourquoi es-tu parti ? - J'�tais ivre.
Ils voulaient me mettre dans une com�die musicale.
Si j'avais su que tu venais, tu seras dans celle-l�.
Plus un mot.
On m'a donn� un r�le dans The Man Who Came To Dinner.
- Un type insupportable. - Un r�le de composition.
Comment allez-vous, ma ch�re ?
On m'a dit que vous �tiez la star de Broadway.
Gr�ce � Cole. Regardez mon num�ro, et vous verrez.
Et ce n'est pas super ici ?
Je vois des possibilit�s qui m�ritent d'�tre explor�es.
Je te remercie d'accepter tout �a.
- Ce n'est rien. - On ne s'est pas beaucoup vus.
Tu es occup�, je comprends.
Quand je commence un de ces shows, j'oublie tout le reste.
Et si on d�nait ensemble, toi et moi, ce soir ?
D'accord.
Je sais que c'est dur pour toi. Ce show sera le dernier pendant longtemps.
On pourrait faire ce voyage en Europe dont nous avions parl�.
- Tu es s�rieux ? - Bien s�r.
On ira si loin qu'on ne pourra penser qu'� nous.
J'ai attendu si longtemps que tu me dises �a.
- March� conclu ? - March� conclu.
Tout le monde en place pour le finale.
Les enfants, on r�p�te le finale. D�p�chez-vous.
Bill, arrange-moi �a. J'ai d�j� ajout� quatre mesures.
Viens donc avant d'�tre happ� par la foule.
Dois-je enfiler mon maillot et me joindre � elles ?
�a te d�range pas de rester avec Monty pendant le num�ro ?
Plus rien ne me d�range maintenant.
Quel luxe pour certaines femmes.
Je ne ferais pas l'erreur d'exposer mon mari � toute cette peau nue.
C'est aussi fatal que les oreillons.
Formidable. Mais ce n'est pas un peu comme si vous habitiez dans une gare ?
�a m'est �gal.
C'est le dernier show de Cole, puis nous partons pour l'Europe.
N'attendez pas trop de l'Europe. Elle ne va pas bien.
Je ne cherche pas � �tre cynique. Je suis naturellement m�fiant.
Dans notre profession, tant d'hommes se sont noy�s dans les eaux matrimoniales.
Parfois, m�me les femmes doivent �tre de bonnes nageuses.
Linda et Cole Porter vous invitent au Club 52...
apr�s l'ouverture de "Anything Goes"
- F�licitations, Cole. - � Cole !
Aux critiques, qu'ils ne tarissent pas d'�loges !
Mon chou, tu veux rencontrer des c�l�brit�s.
Tu verras les c�l�brit�s les plus c�l�bres de New York. Viens.
Tout ce que tu as � faire, c'est �tre dr�le et ne pas dire un mot.
- Cole, ch�ri ! - Gracie !
- Salut, les gars. O� est Linda ? - Quelque part.
Quelque part ?
- Je vous pr�sente mon chou. - Vous n'avez pas chang�.
Elle m'appelle mon chou, mais je m'appelle Ladislaus Schmetnick.
Voici M. Campbell, M. Davis et un vieil ami, Harry Crocker...
- M. Mon Chou Schmetnick. - Enchant�.
Et l'autre chou avec 4 millions de $ ?
- Il en a six ! - Six ?
- Sept ! - Sept. Venez donc boire un verre.
Ils vous ont augment�, hein ? Au revoir, Harry.
- Table neuf. - Tr�s bien, monsieur.
- Eddie, une table pour M. Bradford. - Suivez-moi.
Je suis ravie que vous ayez pu venir.
- Linda, ma ch�rie. - Bonjour, Carole.
- Le show n'est-il pas superbe ? - Certainement.
- O� est ce merveilleux homme ? - L�-bas, � la table centrale.
- Merci. Cole, ch�ri ! - Carole.
- �a ne t'ennuie pas ? - Il faut faire la queue.
Quelle nuit. Tu dois �tre fatigu�.
- Comment te sens-tu ? - Epuis�e.
- J'aimerais bien un remontant. - Pourquoi ne vas-tu pas au bar.
- Allons... - Carole.
- C'est la belle vie ? - Tu l'as dit.
Nous savons vraiment vivre.
Mon chou, dansons. N'est-il pas mignon ?
- Il sait danser le charleston ? - Non, mais il fait la danse des canards.
Quelle superbe soir�e, Mme Porter.
Merci beaucoup, Tommy.
- O� se trouve le bar ? - Il est l�-bas.
N'�tes-vous pas un peu p�le ?
Non, Monty. C'est ce cauchemar des premi�res.
Buvons un petit verre et vous pourrez vous reposer sur l'�paule d'oncle Monty.
Venez, ma toute belle.
Dites-moi tout.
C'est stupide. Nous partons, finalement, et �a me pr�occupe.
Je ne sais pas si je peux remplacer tout �a.
Les conseils pour peines de c�ur ne sont pas pour moi. Trop dangereux.
L'amour peut �tre d�lice, dilemme, d�go�t ou d�sastre.
Vous �tes trop amoureuse pour �tre battue...
et trop maligne pour ne pas avoir un atout dans la manche.
Tous mes atouts semblent inefficaces, ces temps derniers.
Le mariage n'est pas un jeu de cartes.
Le seul mariage que j'aie approuv�, c'est celui de mes parents.
Pour changer de sujet, vous voulez guincher avec un vieux satyre ?
- Avec plaisir. - Bien. Attendez une minute.
Venez. C'est un orchestre merveilleux.
S'il vous pla�t.
- Vous me connaissez ? - Non.
- M'avez-vous d�j� parl� ? - Non.
Vous m'avez d�j� vu ici ? Alors comment savez-vous que c'est moi ?
Ne tardons pas trop. On a un rendez-vous avec le bateau au matin.
Tout a �t� chang�.
- On ne part pas avant 17 heures. - Que veux-tu dire ?
Max et les gar�ons partent aussi.
J'ai chang� nos r�servations pour voyager ensemble.
- Qu'est-ce que tu en dis ? - Merveilleuse id�e.
- C'est une �bauche. - Pourquoi ne pas s'asseoir ?
- Il y a trop de monde. - Combien de temps �tes-vous � Paris ?
Deux semaines. Ensuite, Cannes.
Une fois, j'ai con�u un show entier durant la travers�e.
Non, nous n'avons pas assez de temps.
Nous irons � Cannes avec vous et nous y passerons l'�t�.
Je peux c�bler au r�gisseur de nous rejoindre en mai.
J'ai de superbes engagements pr�vus pour le show.
On pourra avoir Kennedy pour les d�cors. C'est le meilleur.
Quand on sera � Paris, allons voir Susie Solidor.
- Elle est formidable. - J'aimerais pouvoir avoir Mullier.
- C'est le meilleur chor�graphe. - Je reviens tout de suite.
Dites, quand avez-vous...
Quel est le probl�me ?
- Tu ne sais vraiment pas ? - C'est pourquoi je te le demande.
"Nous partirons si loin que nous ne penserons plus qu'� nous."
Je t'ai promis qu'on partirait et nous partons.
Que quittons-nous ? Nous emmenons tout ce que je voudrais quitter.
Tu ne vois pas que ce n'est pas l'Europe qui m'int�resse.
C'est notre mariage.
Ne peut-il pas passer en premier une seule fois ?
On n'a jamais eu une chance de vraiment se conna�tre.
Bien. Je change les r�servations.
Tu ne peux changer les r�servations et faire que tout aille bien.
C'est all� trop loin pour �a. Tu m'as mise dans un coin de ta vie...
et de temps � autre, tu te retournes et me souris.
C'est suppos� me dire : "Je t'aime, mais je suis occup�.
Sois une gentille petite et peut-�tre que bient�t...
je me souviendrai et je sourirai."
- Ce n'est pas assez, Cole. - Linda, �a ne peut �tre aussi grave.
Si tu ne sais pas que c'est grave, je ne sais pas quoi te dire.
Mesdames et messieurs.
Inutile de vous dire que Cole Porter a encore triomph� ce soir...
et je suis certain que vous voudrez tous l'applaudir.
Venez par l�, Cole.
Viens, Cole.
Viens, viens saluer. La soir�e t'appartient.
Eh bien, merci beaucoup...
mais je n'ai pas grand-chose � dire, sinon vous remercier. Merci.
J'ai beaucoup plus � dire, mesdames et messieurs...
O� est Linda ?
Elle m'a demand� de te donner ceci.
Assieds-toi et bois un petit verre.
COMME TOUJOURS, TOUT EST PERMIS LINDA
Un grand verre serait peut-�tre pr�f�rable.
- O� est-elle all�e, Monty ? - Elle est partie.
Elle a dit qu'elle devait r�fl�chir.
Cole, tu ne crois pas avoir pas mal g�ch� les choses ?
D'abord, tu n'aurais pas d� te marier.
Ensuite, puisque tu l'as fait...
agis plus en mari, pas comme un type qui n'aurait pas d� se marier.
Tu veux bien me r�p�ter �a ? Je suis arriv� au milieu.
- Elle a dit o� elle allait ? - Elle a parl� d'un avion.
Elle n'�tait pas tr�s s�re.
Si j'�tais toi, je m'abstiendrais.
�a ne servirait � rien. �a ne ferait qu'empirer les choses.
Linda vit ta vie depuis si longtemps, elle a juste envie de vivre la sienne.
Pourquoi ne pourrait-elle pas, Cole ?
- Elle t'a demand� de me dire �a ? - Non.
Elle m'a dit de prendre soin de toi.
Sers-moi un autre verre.
Walter Winchell L'homme du Jour
"King Cole" Porter r�p�te son nouveau spectacle � Philadelphie.
Il est toujours priv� de sa jolie Linda qui est en Europe, seule.
T�t le matin � Philadelphie, c'est plus t�t que partout ailleurs.
C'est aussi tr�s t�t au Texas, � peu pr�s � la m�me heure.
Arr�tez ! Arr�tez !
Qu'elles se reposent un peu.
Prenez cinq minutes de pause, mais ne partez pas.
- Il y a un probl�me ? - Rien. Je n'aime pas, c'est tout.
Relax, tout le monde. On va reprendre.
- Est-ce que tu aimerais un solo ? - Moi, un solo ?
J'ai �a depuis un moment. �a pourrait aller. Essaye en sol.
Attends une minute. C'est tr�s gentil, mais ce n'est pas pour moi.
Tu me gardes depuis longtemps. Trop longtemps.
Je suis bien dans une troupe, un ch�ur, pas meneuse de revue.
- De quoi parles-tu, Gracie ? - Je connais quelqu'un. Je te l'am�ne.
Mary, viens. Pose �a.
- M. Porter veut te voir. - Il veut me voir ?
- C'est ce que j'ai dit. - Je suis vir�e ?
Il a un air pour toi. Ne sois pas nerveuse.
Je ne suis pas nerveuse.
- Tiens, la voil�. - Enchant�.
Bonjour.
Bon, vas-y, joue.
- Ne sois pas nerveuse. - Qui l'est ?
Moi.
- Je n'ai pas... Quel est votre nom ? - Mary. Mary Martin.
Gracie me dit que vous chantez.
Elle vous a dit �a ?
Oui, je chante.
Quel est votre parcours, Mlle Martin ?
- Je viens de Weatherford, Texas. - Votre parcours musical.
J'�tais soliste dans les spectacles de l'�cole � Weatherford.
J'ai chant� dans le hall de l'h�tel � Mineral Wells.
- Impressionnant. - Vous �tes le seul � le penser.
�a fait deux ans que j'auditionne et...
Pourquoi ne pas essayer encore ? Vous voulez chanter maintenant ?
Avec plaisir.
Savez-vous o� se trouve le do du milieu sur le piano ?
- Vaguement. - Bien s�r que vous le savez.
Vous avez une jolie voix, mais ce n'est pas ce qu'il me faut.
- De quelle genre voulez-vous parler ? - Une sorte de... Pas votre style.
Vous voulez dire un peu plus :
Essayons �a ensemble. Peut-�tre que le travail � Mineral Wells portera ses fruits.
BR�LOT �A CHAUFFE
Pas typiquement Cole Porter, mais ils aiment bien.
On dirait qu'ils aiment.
Un appel longue distance de Mme Porter.
- Mme Porter ? - Votre m�re en Indiana.
Maman. Comment vas-tu ?
Oui, je vais bien. Merci.
Vraiment ?
Je suis d�sol� d'apprendre �a.
Oui, bien s�r. Bien s�r. Je prends le prochain avion.
Tr�s bien, maman, au revoir. � tr�s bient�t.
Un probl�me ?
Mon grand-p�re, il est malade. Il y a peu d'espoir.
Je vais y aller, Monty. Peux-tu me prendre une place ?
C'est vraiment un tr�s bon sherry.
- C'est bon de te revoir, Cole. - C'est bon d'�tre l�.
J'avais besoin d'un changement. �a fait bien longtemps.
Ta m�re n'a rien � voir avec �a, n'est-ce pas ?
- Maman ? Bien s�r que non. - Je suis tr�s fier de toi, Cole.
Merci. J'aime t'entendre dire �a.
Tu es surpris ?
Notre famille n'est pas connue pour beaucoup changer d'opinion.
On dit beaucoup de platitudes sur la sagesse qui vient avec l'�ge.
Mais je ne vais pas t'emb�ter avec �a.
Mais dire que je voulais faire de toi un avocat.
J'entends les gens chanter et siffler ta musique partout...
mais je n'ai encore entendu personne donner un avis juridique.
Dommage d'avoir attendu si longtemps pour ce verre de sherry.
Oui, c'est dommage pour beaucoup de choses, Cole.
Je vois que tu es fatigu�.
Tu travailles trop.
Et je sais par exp�rience que tout le succ�s du monde...
ne signifie rien si tu n'as pas quelqu'un avec qui le partager.
Oui, je suis juste en train de d�couvrir �a.
Cette lumi�re. Tu veux bien ? Le rideau.
- Si tu me servais un autre verre. - Bien s�r.
Je laisse des biens � mes h�ritiers...
mais je n'ai pas l'intention qu'ils aient une goutte de sherry.
Tu sais, Jack...
il a mont� le cheval de son grand-p�re chaque jour depuis les obs�ques.
COMME TOUJOURS, TOUT EST PERMIS LINDA
T�l�gramme pour vous, M. Woolley.
COLE S�RIEUSEMENT BLESS� CE SOIR EN TOMBANT DE CHEVAL...
- Bonjour, Monty. Ravi de vous voir. - Comment va-t-il ?
- Mal. L'usage des jambes, � moins... - � moins que quoi ?
Un nombre ind�fini d'op�rations, avec une faible chance de succ�s.
- Et c'est ce qu'il a choisi. - Je m'en doutais.
- Je peux entrer ? - Oui. Je l'ai pr�venu de votre venue.
Ne restez pas trop longtemps.
Te voil�.
Je t'ai cherch� dans toute la ville.
Incroyable, le nombre de bars.
Bonjour, Cole. Comment vas-tu ? J'avais envie de me reposer un peu.
Le studio a arrang� mon planning de tournage.
- Mlle Barnes, M. Woolley. - Bonjour, "Temp�rature".
- Comment ? - Je vous prie de m'excuser.
Je reviens tout juste de la jungle o� personne n'utilise de noms.
Non. Non. La majeure partie des habitants, l�-bas...
sont nomm�s "La Voix", "Le Nez", "Le Regard", "Le Corps", "Le Visage".
Moi, on m'appelle "La Barbe".
- Comme je te disais... - Vieux clown. Tu n'as pas chang�.
Assieds-toi. Merci pour toutes les fleurs.
On ne peut en envoyer � un homme que quand il est allong�.
Les bonbons sont pour "Temp�rature".
Oui, allez-y. Il manque peut-�tre un ou deux caramels, ma ch�re.
Le trajet en taxi de la boutique � l'h�tel �tait tr�s long.
Mlle Barnes, pourrais-je lui parler une minute ?
D'accord.
Monty, je veux te demander un service.
Je sais. Linda.
J'ai re�u une lettre d'elle la semaine derni�re, de Paris.
Je peux lui t�l�graphier.
Non. C'est �a, le service.
Tu ne veux pas qu'elle sache ?
C'est vous, Ward ? Comment s'est pass�e l'op�ration ?
Tr�s bien !
La 27e op�ration a r�ussi. Bient�t la 28e.
Pourrait-il �couter au t�l�phone pendant une minute ?
Juste un petit moment.
Tr�s bien. Tr�s bien.
Comment as-tu trouv� ?
Dis � Joe qu'il peut finalement agrandir son bar.
Eh bien, Cole, encore un succ�s ?
Pour la f�te de M. Porter.
Lui et sa bande vont vont faire la nouba � Yale.
�a doit �tre formidable d'�tre c�l�bre.
- Doucement sur le soda. - Scotch et soda, George.
- Excusez-moi, monsieur. - Ici, Gene.
Sant�, Cole !
- Merci. - Pas de quoi, M. Porter.
Je voulais rencontrer celui qui m'a mis au poste de garde.
� l'arm�e, j'ai entendu votre chanson "Don't Fence Me In"...
mais ils m'ont quand m�me enferm� !
Je suis content que Cole ait pu venir.
Il ne devrait pas, mais ce sera peut-�tre fini pour un bon moment.
La grosse op�ration est pour demain.
- Bonjour, Yale. - Bonjour, Yale.
Il nous a fallu des ann�es pour utiliser ces billets retour.
Oui, nous avons fait quelques escales, Monty.
- Nous voici de retour � Yale. - Je me demande si �a a chang�.
S�rement. Tout change. Regarde-moi !
Ce sont les ann�es qui ont chang�, pas Yale.
Le lierre est plus �pais sur les b�timents...
les crevasses dans les murs sont plus profondes...
le Bowl a remplac� le vieux stade de bois...
et quelques nouveaux noms ont �t� grav�s sur la cl�ture de Yale...
mais dessous, rien n'est diff�rent.
Le m�me esprit, la m�me tradition, b�tie par ceux qui croyaient en Yale...
et qui croyaient en leur pays.
Oui, c'est le m�me Yale...
et je sais que vous qui �tes partis, en faites toujours partie...
comme quand vous �tes arriv�s dans ce hall.
M�me moi, malgr� le lierre qui a pouss� sur mon menton...
je suis toujours, dans mon c�ur, un vieux professeur.
Et il en est de m�me pour lui.
Un de ces fils de Yale dont nous sommes tous fiers.
Je ne suis pas revenue depuis le Bijou Theater.
- De quoi ai-je l'air ? - On dirait que tu as vu un fant�me.
- �a repr�sente tant pour lui. - Et �a repr�sente tant pour moi.
- Heureux de vous revoir. - Content de vous avoir avec nous.
De quoi as-tu peur ? Il s'en est bien tir�, non ?
Oui.
Histoire d'amour, hein, mon chou ?
- Mon chou ? - Nous sommes fianc�s.
Sous-titrage : SDI Media Group
[FRENCH]
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