All language subtitles for Le retour de don Camillo (Duvivier, Julien 1953)_BDRip.720p.x264.AAC_FR

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Original subtitles

Voici Don Camillo. Vous le connaissez.

C'est le curé de ce petit monde entre le fleuve et la montagne,

quelque part en haut de l'ltalie.

Ce petit monde où il se passe des choses uniques.

Don Camillo part pour l'exil.

Il a défendu avec ses poings ses idées contre celles de Peppone,

le maire communiste, son adversaire et ami.

Des coups de poing ne sont pas convenables pour un prêtre.

Monseigneur a envoyé Don Camillo en pénitence,

loin de ce petit monde qu'il aime tant.

Vive le champion ! - Bravo, bravo !

Bravo Alberto ! - Vive le champion !

Bonjour, mon Révérend.

Bonjour, grand-père. Où est la cure ?

Vous remplacez Don Luciano ? - Oui.

Don Camillo, hein ? - Euh, oui.

On a entendu parler de vous, ici.

C'était un brave curé, Don Luciano. Doux comme une brebis.

Dommage qu'il soit parti.

On peut pas toujours durer.

Il avait 86 ans.

Que Dieu le reçoive à son paradis.

C'est loin d'ici, la cure ?

Au village, une dizaine de kilomètres.

10 km ? Il y a un autobus ?

Il peut pas y aller, mais je vais vous rapprocher.

J'ai mon vieux cheval, là-bas.

Je ne peux pas vous mener plus loin.

Votre métier ? - Cantonnier.

Vous devriez être aviateur.

Où il est, le village ?

Vous voyez ce nuage ? C'est derrière.

- Au revoir, mon révérend. - Merci, grand-père.

Prenez le chemin à gauche et c'est tout droit.

Merci.

Il y a quelqu'un ?

Un brise-fer ! On me l'avait bien dit ! Un brise-fer !

Rien ne lui résiste. - Pardon.

Don Luciano s'y est assis pendant 30 ans.

En une fois, vous le mettez en pièces.

Qui êtes-vous ? - La voisine.

Je m'occupais de Don Luciano, je continuerai avec vous.

Ils tremblent tous, mais moi, j'ai peur de rien.

Mon père était tueur de loups.

Ah ! Ne me touchez pas !

Je suis dans une maison de fous.

Faites pas l'innocent.

On sait que vous étrillez les pécheurs.

Qui a raconté ces sornettes ?

Ici, y a que des vieux et des femmes,

c'est pas un endroit pour faire le cyclone.

Le cyclone ?

Faut pas exagérer.

Une pièce seule pièce ?

Vous avez tout sous la main.

C'est quoi, cette porte ?

Seigneur, Vous êtes encore plus mal logé que moi.

Don Camillo avait l'habitude de parler avec Jésus,

qui souvent lui répondait.

Sans vouloir me plaindre, est-ce qu'on mérite ça ?

Mais Jésus cette fois ne semblait pas entendre.

Je me suis mal conduit, d'accord,

mais être curé chez les fous, c'est déjà dur.

Vous n'allez pas me laisser seul dans ce pays moribond ?

Et Jésus ne répondait pas.

Seigneur, Vous m'avez dit : "Je serai partout avec toi."

Si Vous ne tenez pas vos promesses, à qui peut-on se fier ?

Dans la vallée, la vie a repris son cours.

Plus de Don Camillo, donc plus de querelles.

Le climat du village est revenu au beau fixe.

Silence. Silence !

On en a avalé de plus coriaces que vous, M. Cagnola !

Fini les matamores à la Don Camillo !

Maintenant qu'on est débarrassés de ce suppôt,

les ennemis du peuple ne gêneront plus le progrès social.

Saccager les vignes, quel progrès !

100 pieds de moins ? Vous en avez 10000 !

Le pays vit sous la menace de l'inondation.

La nouvelle digue vous fera perdre quelques pieds,

mais renforcera la digue existante

et protégera les terres inondées chaque année.

Ces terres deviendront cultivables.

Et vous les donnerez à vos électeurs !

Progrès social égal intérêt électoral !

M. Cagnola, l'opposition partage l'avis du maire.

Si Don Camillo était encore ici...

Laissez Don Camillo où il est ! Sa cure d'air lui fera du bien.

Cagnola, si vous ne cédez pas ce terrain, on le prendra !

Touchez à ma terre et je vous canarde !

Ecoutez, M. Cagnola...

Si vous entravez les travaux, tant pis pour vous !

Lâchez-moi, sauvage !

Même avec l'Armée rouge, vous n'aurez pas ma vigne !

La violence est mauvaise conseillère,

il vaut mieux s'expliquer.

C'est ce qu'on faisait.

Sachant que le conseil municipal était réuni,

j'ai voulu venir poser devant l'assemblée

la question de la réparation du clocher.

Vous aviez promis à mon prédécesseur de faire le nécessaire,

mais le temps passe.

La lézarde s'agrandit

et la grosse cloche, Gertrude, risque de tomber.

Vous n'êtes pas du pays. Vous ignorez tout.

Je sais reconnaître une lézarde.

C'est une lézarde personnelle entre Don Camillo et moi.

Mais Don Camillo... - Inutile d'insister.

Don Camillo n'est pas là, la lézarde attendra.

Puisque vous, vous êtes là,

c'est quoi la statue dans l'église, à la place

de San Lucio ? - Sainte Rita de Cascia.

San Lucio est le patron des laitiers.

L'enlever trouble l'ordre économique.

Faites disparaître cette étrangère !

La municipalité ne choisit pas la décoration de l'église.

Je dépends de monseigneur et je lui en référerai.

C'est Don Camillo qui commande ici !

Je veux dire, c'était.

C'est pas un prêtre de trois kilos

qui changera l'ordre établi par le titulaire de la paroisse.

On entre.

Monsieur Spiletti !

Venez, venez !

Il va plus mal ?

Excusez-moi. - C'est votre père ?

Pauvre Dr Spiletti. Ça me fait quelque chose.

Cette une vieille carcasse réactionnaire !

Il a mis au monde les uns et sauvé les autres.

C'est l'homme le plus aimé du pays.

Camarades,

sans oublier les nécessités de la lutte prolétarienne,

il faut s'incliner devant l'adversaire méritant,

surtout s'il est mort.

Ouvrons une souscription publique

pour offrir au Dr Spiletti un tombeau

en témoignage de notre affection.

D'ACCORD.

La séance est levée. Je vais lui faire une dernière visite.

Il est mort.

Que Dieu lui pardonne, il a pas voulu se confesser.

Embrasse ton grand-père.

C'était un adversaire,

mais on sait reconnaître la valeur des individus.

Le conseil votera un jour de deuil.

Ça te ferait plaisir, espèce d'âne rouge !

- Mais docteur ! - Médicalement, il est mort !

Il respire, c'est un fait. C'est un outrage à la science !

Tu serais content de m'enterrer, hein ?

Tu attendras !

Je mourrai... quand Don Camillo m'aura administré.

S'il vous faut Don Camillo,

nous vous garderons parmi nous jusqu'au Jugement dernier !

Les vieillards se retinrent de mourir,

les enfants de naître

et les amoureux de se marier, sans Don Camillo.

Celui-ci, dans son pays derrière les nuages,

s'efforçait de conquérir ses nouveaux paroissiens.

Dominus vobiscum et cum spiritu tuo.

Lte missa est, Deo gratias.

Vous voyez, Seigneur, je fais fuir les fidèles.

Je ne suis pas à ma place, ici.

Je suis comme un cuirassé enfermé dans un étang.

Dès que je bouge, les grenouilles se révoltent.

Ça peut pas durer comme ça.

Saloperie de pluie. Si ça continue, le fleuve avalera tout.

Raison de plus pour commencer. Au travail !

Vite, allons-y.

Si tu n’avais pas renvoyé Don Camillo, t'en serais pas là.

Il aurait forcé Cagnola à céder, lui.

C'est l'évêque qui l'a renvoyé.

Et ton Camillo, c'est pas un magicien.

Je dis ce que tout le monde pense.

Fichez-moi la paix. Il est bien où il est !

Pas si bien que ça. Il s'étouffe.

Excusez-moi, j'ai frappé avant d'entrer,

mais vous criiez si fort que vous n’avez pas entendu.

Entrez, mon révérend.

Un moment, je vous avais pas reconnu.

Il y a si longtemps qu'on oublie votre figure.

Vous êtes trempé. - C'est rien.

J'ai rencontré votre brigade de choc.

C'est quoi ? Le grand soir ?

C'est pour les travaux de la commune.

Toujours maire ?

C'est pas un village de girouettes.

Le pays est plein de bon sens depuis votre départ.

Et le nouveau curé est si gentil !

Il fait pas de politique. Un curé modèle !

Il ferait pas de mal à une mouche.

Des spaghettis, monsieur le curé ?

Merci.

Et là-haut, ça va ?

A merveille.

Mes nouveaux paroissiens sont...

si plaisants, si affectueux...

Et le climat... On respire !

Ici, il pleut, mais là-haut...

Ce matin, quand je suis parti... Il pleuvait pas.

Tant mieux. En somme, tout le monde est content.

Tout le monde est content.

Comment va Lénine ?

Lénine ?

Oui, Lénine Camillo Liberio, ton petit dernier.

Gazouillis - Bien. Tiens, il se réveille.

Glouglouglou ! Il est magnifique.

Heureusement qu'il s'appelle aussi Camillo,

ça le préservera de la rougeole.

Ce sacripant est ici ? Je le croyais au collège.

Tu m'aimes toujours autant !

Il s'est sauvé encore une fois. Demain, je le ramène.

S'il proteste, il ira en pension.

Je veux pas aller au collège.

Alors, tu iras chez Don Camillo !

Je veux pas y aller !

Ouh ! Va te coucher !

Tu n’es pas honteux ? - Tête de cochon !

Le vrai fils de son père.

Moi, je veux bien y aller, avec toi.

Mais toi, tu es un ange.

Je t'emmènerais bien là-haut, mais je peux pas.

Il fait froid, c'est triste.

Alors, tu apprends toujours bien ton catéchisme ?

J'y vais plus. - T'y vas plus ?

C'est du joli !

Y a pas que moi. Personne n'y va plus.

On attend que...

Tais-toi, va te coucher !

Vous empêchez les enfants d'aller à l'église ?

J'empêche rien. Chacun est libre de faire ce qu'il veut.

Sauf ce qui est interdit

par tes bandits rouges à mitraillettes !

Ça vous regarde pas. Vous êtes un étranger.

Retournez dans vos nuages.

Entendu.

J'ai besoin du transporteur Bottazzi dit Peppone.

C'est pour ça que je suis venu.

Pour quoi faire ?

Transporter un objet lourd à Montenara, à l'embranchement.

Combien vous prendrez ?

Je vous ferai payer juste l'essence.

La location sera gratis pour le plaisir de vous voir partir.

Je vous attends à 10h au coin du chemin de Boschetto.

C'est quoi, cet objet ?

Votre mortier de 81 ?

Une arme plus forte qui vous pulvérisera tous.

Bien sûr Jésus, Vous êtes sur la terre et dans les cieux,

j'adore pas de fétiche,

mais sans Vous, je me sens perdu.

Vous me comprenez ?

Cagnola est arrivé avec ses hommes et des fusils.

Si on commence, il tire.

Salaud ! J'y vais. Qu'est-ce que c'est ?

Où est le maire ? Il sera le 1er à payer.

Je te casserai les os.

Mauviette !

Quelle horloge a sonné 10h ? Y en a pas.

J'en ai mis une à la maison du peuple.

Une horloge progressiste !

Eh ben, elle retarde.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu as perdu ta langue ?

Vous voulez un chauffeur ou un orateur ?

On dirait qu'on nous suit.

Pourquoi ?

Non, elle a tourné.

Pourquoi on nous suivrait ?

Je voudrais vous poser un cas de conscience.

La conscience, tu sais ce que c'est ?

Imaginez quelqu'un que vous connaissez bien.

Vous le savez honnête.

Vous avez même eu parfois de l'estime pour lui.

Et alors ?

Cet homme vient vous dire :

"Dans un moment de légitime défense, j'ai tué un salaud.

"Aidez-moi." Que feriez-vous ?

Quand as-tu fait ça ? Qui tu as tué ?

Moi, personne. C'est juste une idée.

Une idée ? Alors, il y a pas de problème.

Tu me réveilleras à l'embranchement.

C'est le tonnerre ?

Oui. Il fait beau dans vos bien-aimées montagnes.

Merci quand même.

Tu m'enverras ta facture.

Vous avez besoin de moi ? - Non merci.

Ça va, tu peux t'en aller. Bonne route !

Vous le montez là-haut ? Vous êtes fou !

Oui, file !

Et tiens ta langue, assassin !

Relève-toi, Don Camillo. Tu vas prendre froid.

Seigneur, c'est vous ? C'est votre voix ?

C'est vous qui me parlez ?

Je n'ai jamais cessé de te parler.

Tes oreilles étaient bouchées par l'orgueil, la violence,

mais elles viennent d'être débarbouillées.

Seigneur, jamais je Vous avais trouvé si lourd.

Jamais tu n'avais tant mérité de transpirer.

Vous savez, c'est pas un village si sinistre.

Les habitants sont pas si sauvages qu'on le dit.

Tu disais que c'étaient de vieilles grenouilles.

Jamais de la vie, Seigneur.

Ils sont vieux, petits, fragiles,

et moi, je rue au milieu d'eux comme un âne enragé.

Tenez, comme le fauteuil de Don Luciano que j'ai atomisé.

Je suis le plus grand imbécile de la terre.

Tu manques toujours de modestie.

On va vivre ici, Seigneur. Ce sera merveilleux.

Oui, mais souviens-toi du fauteuil. Retiens la vapeur.

Je ferme le robinet, Seigneur.

Encore toi ?

J'ai fait une grosse bêtise.

Si à chaque bêtise, tu dois me le dire, achète un téléphone.

Assieds-toi.

Non, pas là !

Prends plutôt cette chaise.

Qui c'est que tu as tué ?

Ce porc de Cagnola a assommé le Nero

et moi, je l'ai assommé.

Il ne veut pas de digue sur ses terres.

J'avais raison !

De devenir assassin ?

Je suis pas un assassin !

Quelqu'un qui tue quelqu'un, c'est pas une sage-femme.

Pourquoi tu es revenu ?

J'ai vu une camionnette de carabiniers.

Ça ferait moche de rentrer avec eux.

Vous triompheriez. - Moi ?

Vous, la réaction, les propriétaires, etc.

Alors, voilà. Je suis ici depuis 9h00.

9h00 ?

Si j'étais ici à 9h00, je pouvais l'assommer à 10h00.

Je peux pas aider un assassin, même maire.

Que puis-je faire ?

Attends les carabiniers ici. Il me faut un sacristain.

On frappe. - C'est peut-être eux !

Cache-toi là. Hé !

Cagnola, qu'y a-t-il ?

J'ai fait une grosse bêtise.

Qu'est-ce que c'est ? Entrez.

Asseyez-vous.

Non, pas là ! Prenez plutôt cette chaise.

Alors ? - Je crois que j'ai tué Nero.

Décidément, c'est une bonne soirée. Comment ?

Les communistes veulent faire une digue sur mes terres.

Le fleuve bouffera leur digue.

Mais ma vigne ?

Nero va devenir le martyr de la révolution.

Alors, voilà mon idée. Je suis ici depuis 9h00.

9h00 ?

Si j'étais ici à 9h00, je pouvais l'assommer à 10h00.

Vous avez les mêmes idées, Peppone et vous.

Vous êtes faits pour vous entendre.

Entrez donc, cher ami.

Assassin ! - Brute rouge !

Sauvages ! Arrêtez !

Mais qu'est-ce que c'est que ça ?

Seigneur, cette fois, c'est pas ma faute.

Voilez-Vous la face, devant ces sauvages.

Il me semble avoir entendu quelque chose.

C'est l'orage.

La foudre n'a pas frappé trop fort ?

Il leur faut plus qu'un tonnerre.

Donnez-moi un verre de vin, ce sera pas de trop.

Y a pas de vin, ici. Y a que de l'eau.

Y a pas de vigne, ici, il fait trop froid.

Y a pas de fleuve, y a que des torrents.

Y a pas de terre, que des cailloux et des nuages.

Et vous vous battez, car vous avez le plus beau fleuve.

Vous méritez les sept plaies de l'Egypte !

Toi, laisse construire cette digue et remercie Dieu

qu'il te reste de quoi soûler la province

ou tu grilleras en enfer !

Et le Nero ? Il lui a fendu la tête.

Impossible de lui fendre la tête, c'est qu'un os !

Alors ?

D'accord, mais s'ils me prennent trop de terre, je les assomme.

Bonsoir !

Merci...

Ecoutez, il faut que je vous dise...

Ce petit Don Pietro, ça se passe pas comme je vous ai dit.

Au village, tout le monde...

Je veux pas savoir.

Je suis ici, je dois y rester.

Je veux pas savoir ce qui se passe en bas.

Redescends dans tes marécages et laisse-moi en paix.

Va-t'en et laisse-moi.

Tu mettras "Au Dr Spiletti, la population reconnaissante".

"La population reconnaissante, moins les communistes."

On peut pas être reconnaissants à ce réac.

Politiquement, c'est une charogne, mais il a guéri ta typhoïde.

C'est vrai.

A part la politique, tu lui es reconnaissant.

Chef, ça y est !

Tu as vu Cagnola ? On commence quand ?

Il a dit "jamais" et m'a frappé.

Le cochon !

Cette fois, je le casse en deux !

Demande au notaire comment la loi peut l'obliger à céder.

Seul Don Camillo peut l'obliger.

Le pays peut vivre sans lui !

J'y vais.

A propos, il est parti, le vieux !

- Spiletti ? Ça y est ? - A quelle heure il est mort ?

Il est pas mort, il est juste parti.

Parti ? Où ?

A Montenara, pour être expédié par Don Camillo.

Il veut être enterré près de lui. Don Pietro va faire une tête !

Imbécile !

S'il meurt là-haut, que fait-on du monument ?

Ils diront qu'on les a chassés.

Ils voudront leur argent.

Aux élections, on est cuits.

Ouh !

J'avais dit que c'était une folie.

Qu'il n'arriverait pas vivant.

Il est là où il voulait être.

Il prie tout bas.

Je suis bien content de vous voir.

Quelle est cette comédie ?

Je m'économisais.

Redescendez tous, je n'ai besoin de personne.

Personne ne peut m'aider, sauf Don Camillo.

Sottises. Vous êtes mort en route en état de péché.

Je suis mort ?

Vous auriez pu mourir, et alors ?

J'avais amené le petit curé qui m'aurait confessé,

mais je voulais que ce soit vous qui m'ameniez au cimetière,

car quand on s'en va en compagnie de Don Camillo,

on risque rien.

Je me sens déjà mieux.

L'air est bon, ici.

Si je meurs pas tout de suite, vous vous fâcherez ?

Prenez tout votre temps.

Dans le bas pays, les registres de l'état civil restaient blancs.

Peppone, fulminant, déclarait que lui vivant,

Don Camillo ne reviendrait pas.

En somme, vous regrettez Don Camillo ?

Regretter ce dictateur ? Jamais, monseigneur.

Mais depuis son départ, on le prend pour un saint.

Ramenez-le pour que les gens voient que c'est un prêtre ordinaire.

Nous regrettons, monsieur le maire,

mais on songe à rendre définitif son changement de paroisse.

Don Camillo était pour vous un perpétuel danger.

Je dois vous protéger.

Il commence à avoir la réputation de faire des miracles, là-haut.

Des miracles, M. Bottazzi ? - Oui.

On dit qu'il a ressuscité le vieux Spiletti.

De partout, on lui apporte les mourants à dos de mulet.

Je me demande si c'est bien bon pour l'église.

Nous apprécions beaucoup votre sollicitude,

M. Bottazzi,

mais ne vous inquiétez pas.

Don Camillo n'est point un danger pour l'église.

Ecoutez, monseigneur,

soyons francs.

Je ne mens jamais.

Moi non plus, mais la vérité, la voilà.

Le village a besoin de Don Camillo.

Le village ?

Enfin, moi. - Tiens, tiens !

Passe encore pour Spiletti.

Mais un salaud de propriétaire, que le diable l'emporte...

M. Bottazzi ! - Pardon, monseigneur.

Il s'oppose à la construction d'une digue

dont le pays a besoin.

Ce porc de Cagnola,

y a que Don Camillo pour lui faire entendre raison.

Faut nous rendre Don Camillo. Ne refusez pas.

Je savais tout ça mais je tenais à vous l'entendre dire.

Je vous rends votre mauvais sujet,

mais ne vous plaignez plus s'il vous jette des tables.

S'il nous les jette, on les lui rend.

Alors...

Mon révérend, c'est vous ?

Vous deviez arriver par le train du soir.

Qui a dit ça ? - Le maire.

Il m'a dit de prendre le 1er train.

Non, il a annoncé que vous preniez le dernier.

Je vais vous chercher un parapluie.

Peppone refusait que le retour du curé

soit le triomphe de la réaction.

Il avait pris des mesures.

Tenez. - Merci, monsieur le chef de gare.

Au revoir, mon révérend.

Et pour être sûr qu'il n'y aurait personne à la gare, Peppone

avait organisé une réunion de boxe

au cours de laquelle Gorlini

mettait son titre en jeu devant le champion du village, Bagotti.

Pour soutenir l'honneur du pays, tous étaient là.

Avec lui, on est tranquille. Tu vas voir !

Alors, il pleut beaucoup ?

Des hallebardes !

Pourvu que ça dure jusqu'au train de nuit.

Grand combat

pour le titre de champion de la fédération provinciale

entre le tenant du titre,

le camarade Gorlini

et le challenger, le camarade Bagotti !

Enfant de notre ville,

que nous espérons voir briller au firmament du noble sport !

Bien entendu, nous souhaitons sportivement

que le meilleur gagne.

Si tu déshonores le pays,

je t'aplatis avec le marteau de la forge.

Content de vous voir revenu.

Je ne suis pas arrivé à comprendre vos paroissiens.

Ils sont un peu durs.

Ah ? Ce sont des agneaux.

En tout cas, le maire n'est pas un mouton.

Je vous attendais pour vous dire

que j'ai essayé de lui faire tenir ses promesses pour le clocher.

Finalement, je lui ai adressé un recommandé

le priant de venir lui-même constater les dégâts.

Il vous a répondu ?

Tenez.

"M. le maire reçoit de 5 à 7.

"Pour lui montrer la lézarde, portez le clocher à la mairie."

Ça se réglera avec le reste.

C'est très grave.

La pluie et le gel ont agrandi la fissure.

Venez voir.

Gertrude ne tient plus que par miracle, voyez.

Oh, attention !

Oh !

Je vais assister à un match de boxe.

Encouragements du public

Oh, l'imbécile ! Bon sang !

Coup bas ! Disqualifié, je l'ai vu ! Coup bas !

Je l'ai vu !

Protestations et sifflets

Tiens-moi ça !

Cri - Seigneur, c'est trop, aidez-le !

Tu me prends pour un champion de catch ?

Vous n'allez pas laisser cette brute

traiter pareillement le maire !

Qui a organisé ça ? Il s'est mis là tout seul.

On voit que Vous n'êtes pas d'ici.

Vive Don Camillo ! Vive Don Camillo !

Félicitations. - Merci.

Merci, merci !

Merci. Merci, mes enfants, merci.

Je suis très heureux d'être à nouveau parmi vous.

J'étais si pressé que j'ai pas pu attendre.

J'ai pris le 1er train.

Je suis arrivé à temps.

Je ne parle pas des scènes de violence

que le Seigneur m'a donné la force d'arrêter.

Honte à vous de vous repaître de ces luttes abominables.

Etes-vous des êtres humains

ou des buveurs de sang ?

Pendant vos jeux sanguinaires, par votre indifférence

et l'incurie de votre municipalité,

votre curé reçoit des cloches sur la tête !

Je vous donne rendez-vous dimanche à la messe.

J'espère que tout le monde sera là.

Même ceux qui ont sur la conscience

la ruine de la maison de Dieu !

Personne n'osa se soustraire à l'invitation de Don Camillo.

Seules quelques chaises restaient vides.

Peppone et sa troupe de choc n'étaient pas là.

Paroles confuses des paroissiens

Seigneur Jésus-Christ, soit béni.

Mes frères...

Mes bien chers frères, je suis heureux

de voir rassemblées devant Dieu toutes ces brebis,

même celles qui ont attrapé la fièvre aphteuse.

Hélas, ma joie est traversée par un douloureux événement.

Comme vous le savez tous, à l'exception de ceux

qui devraient le savoir, une crevasse mine notre clocher

qui peut s'effondrer.

Gertrude, la vaillante cloche

qui sonne depuis des siècles dans le ciel du village,

victime de ceux qui font des promesses sans les tenir,

est tombée.

Soupirs ébahis

C'est à vous, chers fidèles, que je m'adresse

pour aider la maison de Dieu qui est aussi la vôtre.

Quand je dis fidèles, je pense à ceux

qui viennent ici pour se sentir proches de Dieu.

Et non aux factieux qui veulent juste faire parade

de leur préparation militaire.

Après la messe,

profitant de la matinée que le Bon Dieu nous accorde,

devant le presbytère je recevrai vos dons.

Que ceux qui ne veulent pas donner le fassent au grand jour.

Donnez, même si vous ne le pouvez pas.

Ce n'est pas assez ?

Pour moi, oui, mais pour votre conscience, non.

Garde-à-vous !

En avant, marche !

Hum !

Plus que tous, nous tenons à remettre en place la cloche

qui a salué hier l'aube de la libération

et qui saluera demain l'aube radieuse

de la révolution prolétarienne !

Merci, monsieur le maire,

mais pour la révolution, soigne ton demi-tour et le pas de course.

Avant,

fixe !

A droite, droite !

En avant, marche !

Alors, monsieur le curé,

ça marche, ces réparations ?

Comme vous le voyez, ça se termine.

Quel bon vent vous amène ?

Ce cochon de Cagnola refuse de tenir sa promesse.

Il avait reçu une clé anglaise sur la tête, qu'il dit.

Il divaguait.

Entre nous, vous y croyez à cette digue ?

Ça m'aurait étonné que vous soyez pas d'accord avec ce chacal !

Quatre heures. C'est mon horloge.

Une horloge ?

Vous l'inaugurez tout juste. Grâce à votre générosité,

il me restait de l'argent.

Vous remercierez le parti.

Vous criez que votre clocher s'écroule

et vous achetez une horloge !

J'ai fait faire une réparation provisoire

et Gertrude est en place.

Escroc !

Je laisserai pas le pays se régler à l'heure de Moscou !

Tintement de l'horloge Tu entends ? Elle retarde.

Je vous dénoncerai devant le peuple avec une grande affiche.

Alors, cette digue ?

Cagnola... - Tant qu'il refuse,

je peux pas sécher les basses terres.

S'il accepte, tu gagnes des voix.

De pauvres diables n'ont pas de terre pour planter un poireau.

Si c'est ça, d'accord.

J'irai voir Cagnola.

Bien sûr, la moitié des terres pour tes pauvres,

l'autre pour les miens. - Hein ?

Hé !

Entendu.

Si vous parvenez à décider ce fumier...

Chut !

Tu peux envoyer tes bulldozers.

Vous êtes sûr ?

C'est comme si t'avais dit merci.

Merci.

Smilzo, va à la maison du peuple et avance l'horloge de 2 mn.

Bien, chef. Tout de suite.

Rien ne m'oblige à céder un pouce de ma terre.

C'est votre dernier mot ?

Nous allons relire le catéchisme.

Il éternue.

Que Cagnola, bigot à tout crin,

refuse d'obtempérer aux ordres de son curé,

Peppone ne serait pas disposé à le croire.

Les travaux de la digue devaient commencer la semaine suivante.

Lundi, faut que tout soit fini,

je travaille à la digue.

Cagnola a cédé ? Tu m'étonnes.

Y a pas que votre curé pour faire des miracles.

Quand Peppone s'engage...

Pourquoi faire ouvrir une fenêtre dans ce mur ?

C'est le côté couchant.

Avec cette ouverture, j'économiserai une heure de lumière par jour.

Et avec ce que tu me coûtes, la 11e année, ce sera déjà

du bénéfice. - La 11e année ?!

Ouille ! Vingt dieux de vingt dieux !

A jurer comme ça, tu finiras par perdre ton âme.

Mon âme ! Vous me prenez pour un crétin ?

Tu ne crois pas à l'âme ?

Personne n'a jamais vu d'âme.

Tu as quoi, à l'intérieur ?

C'est vous, le médecin !

Les boyaux. Quand ils marchent, on est vivant,

sinon, on est mort.

Qu'est-ce qui les fait marcher ?

Pardi, c'est la vie !

Si tu es sûr de pas avoir d'âme, vends-la-moi.

Quoi ? - Vends-la-moi. Je te l'achète.

J'en ai pas, c'est pas honnête.

T'occupe. Vends-la-moi.

Si tu n'en as pas, j'en suis pour mon argent,

et si tu en as, elle est à moi.

Combien vous m'en donnez ? - 500 lires.

C'est pas assez. Il me faut au moins mille lires.

Une âme rouge comme la tienne, ça vaut 500 lires.

Et c'est bien payé. - Mille lires ou rien.

D'accord.

Je te fais un contrat sur papier témoin.

Ça y est, j'ai compris.

Vous envoyez ça aux journaux pour traîner le parti dans la boue.

"Les communistes vendent leur âme."

Ma parole que ça reste entre toi et moi.

Personne n'en saura rien.

Si tu veux, je l'ajoute au contrat.

Je vous crois.

Bon. Alors, voilà.

"Je soussigné Francesco Gallini, dit Nero,

"vends par la présente mon âme au Dr Spiletti

"pour la somme de 1000 lires que j'ai reçue

"et qui lui donne droit à la possession immédiate.

"Il peut disposer de cette âme comme il lui conviendra."

Signe.

1000 lires pour rien. L'âge vous a ramolli le cerveau.

T'inquiète, j'ai jamais fait une mauvaise affaire.

C'est pour le carnaval.

J'ai vu Cagnola. - Ah, merci !

Ah, voilà...

Cagnola...

Qu'y a-t-il avec Cagnola ?

Il veut rien savoir. - Hein ?

Il refuse. Il veut rien savoir.

Entrez.

Laisse-moi, je suis mourant.

Ma femme m'a forcé à venir.

Une bonne infusion. Buvez ça.

Du poison ?

Non, c'est de la bourrache.

Vous n'êtes pas complice de Cagnola,

mais vous connaissez mon tempérament.

La colère nous emporte.

La colère, je connais pas.

Sucrez-la avec du miel de ma ruche.

Que donnes-tu à tes abeilles, l'hiver ?

Les œuvres de Karl Marx ? - Cet hiver,

j'ai pas besoin de les nourrir.

Je leur ai répété votre dernier sermon.

Depuis, elles dorment.

Tu as quelque chose à me demander.

Je peux rien. Cagnola a fait venir un avocat.

Il ne s'agit pas de Cagnola.

Après carnaval, je lui mets la grève sur ses terres.

Non, je vous parle en tant que père, pas en tant que maire.

Hein ? Ah oui. Tu as encore pondu un petit moujik ?

C'est mon aîné, Peppo.

Le principal du collège dit qu'il peut rien en faire.

Si j'y vais, je lui casse la tête.

Ça arrangerait rien.

Vous pouvez y aller ?

Moi ? Il peut pas me voir, ce petit.

Il est aussi mauvais que son père.

Il vous craint. Vous pouvez lui parler sans le battre.

Si j'y vais, j'ai peur que des gifles m'échappent.

Quelques taloches, d'accord, mais n'appuyez pas trop.

Pour un Bottazzi, il n'a pas encore mon développement.

Ça veut régler le sort du monde

et ça se fait pas obéir par un galopin.

Entendu. J'irai dimanche prochain.

Je vous laisse.

Vous n'avez pas fini de transpirer

avec toutes vos mauvaises humeurs.

Bonne nuit.

Tintement de l'horloge

Tu as encore avancé

ta sale mécanique ?

On sera pas en retard sur la réaction.

Le soleil fait pas de politique. Ton horloge avance.

C'est l'horloge du peuple.

Tant pis pour le soleil et son système.

Seigneur, protégez-vous, ils vont refaire l'univers !

Il éternue.

A la tienne ! Tu seras pas venu pour rien.

Bonjour.

Allez, viens.

Tu as pas froid ? Serre ton cache-col.

On se croirait à Londres. Tu sais où c'est, Londres ?

En plus, tu connais pas ta géographie ?

Tu crois faire plaisir à ton père qui se fend les os

pour payer la pension du collège ?

Allez, viens.

Assieds-toi là. Faut que je te parle.

Hum... Voilà... - Je peux faire un 100 m ?

Tu cours pas en récréation ?

On se cogne aux murs.

D'accord. Après, faut que je te parle.

Hum... Allez, tu viens ?

Qu'est-ce que tu regardes, là ?

C'est un ver de terre. - Ah oui ?

Oh, regarde le petit là, à côté !

Maintenant, assieds-toi, faut que je te parle.

Ton père fait des sacrifices...

Oh, y a un nid !

C'est un nid de geais.

C'est sûrement des merles.

Tu n'y connais rien. C'est des geais.

Non, c'est sûrement des merles.

Tu es aussi orgueilleux que ton père.

Tu veux toujours avoir raison.

Fais voir la plume.

Ah, c'est des merles ! Vous n'aviez pas raison.

Hum...

Oh, une glissade !

Attends ! A moi, tu vas voir !

Oh, bravo !

UN, DEUX,

TROIS !

A moi, maintenant !

UN, DEUX, TROIS, QUATRE !

Bravo !

Attendez, en voilà une bien plate !

UN, DEUX, TROIS, QUATRE, CINQ, SlX !

Oh bravo, bravo ! Tu es un as !

T'as pas soif ? - Oh si. Et puis faim.

Faim ? Viens.

J'aurai des moutons, des cochons et beaucoup de pigeons.

J'aime les oiseaux !

Ecoute... - Châtaignes !

Des châtaignes ?

Tu en veux ? - Oh oui !

Des châtaignes bien chaudes pour le petit.

Oui.

50 lires.

Merci.

Elles viennent de chez nous, je reconnais le goût.

Mm...!

Cinq heures déjà. Il faut partir.

Tes châtaignes. - Non.

Pourquoi ?

Ils les prendront. En arrivant, on vous fouille.

Bonsoir.

Bonsoir.

Et tâche de...

Enfin, je veux dire... Tâche d'un peu travailler.

Promis.

(Par la fenêtre du couloir, je vous dirai au revoir.)

(Hé !)

(Tiens.) - (Merci.)

Allez, au revoir.

Il s'est encore sauvé. Le directeur m'a appelé.

Si je l'attrape, je le tue !

Autant pas l'attraper.

Vous veniez de le sermonner.

Ce collège est une prison. Il le supporte pas.

Le directeur m'a dit que pour se sauver, il a écarté

les barreaux !

Il est très fort. Enfin, intelligent.

Dire qu'il est peut-être mort !

Oh !

Paraît que tu voulais plus le voir. - Moi ?

Le mettre en maison de correction. - Moi ?

Il avait un drôle d'air !

Si je le retrouve vivant, il fera ce qu'il veut.

Regarde devant qui tu parles et souviens-t'en.

Viens.

Chut, il dort. - Qu'a-t-il ?

Il veut pas être professeur, mais paysan, comme sa famille.

Pour laisser un enfant du peuple dans l'ignorance,

vous êtes d'accord !

Que le parti trouve ses têtes parmi les enfants de la ville.

Il lui faut de l'air. Là-bas, il meurt.

Tu veux une châtaigne ?

Et ta promesse ? C'est une promesse électorale.

Tiens.

Mieux vaut faire un bon paysan

qu'un mauvais professeur par force.

A la tienne. - A la vôtre.

Et Peppone remit son fils à l'école du village

avec l'ordre de passer au moins son certificat d'études.

Bonjour les enfants !

Bonjour, mademoiselle. - Bonjour, révérend.

Merci.

Assis.

Je vais vous parler de la charité.

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même."

Les enfants se lèvent.

Pardonnez-moi, monsieur le curé.

J'avais projeté de faire mon inspection mensuelle

avant votre cours pour ne pas déranger.

Je vois que vous êtes en avance.

Il n'est que trois heures moins cinq minutes.

Pardon, mais il est trois heures précises.

Ne serait-il pas souhaitable

que les deux horloges donnent la même heure ?

Les élèves ne sont plus à l'heure.

Et la discipline...

La vie de cette commune dont vous êtes l'employée

est conditionnée par la maison du peuple.

Le maire est trop zélé pour prendre sur cette question

une décision légère et inconsidérée.

Si vous voulez bien interroger les enfants...

Bon...

Asseyez-vous.

Combien font neuf fois neuf ?

Tu le sais pas ? - Naturellement, si.

Dis-le au maire.

Tu veux pas ? Pourquoi ?

Il a frappé mon père.

Quoi ? - Avec une clé anglaise.

J'ai vu, j'étais dans la voiture.

Qui est-ce ?

Mario Cagnola.

Le fils de ce salaud ?

Plus tard, je vous assommerai.

Je t'assommerai avant !

Restez tranquilles ! A vos places !

Des voyous, voilà ce que vous êtes !

Si tu cognes Cagnola, tu retournes au collège.

Tu t'es battu avec son père.

Laisse-le ou je prends le balai !

Je le corrige s'il le mérite et toi aussi !

Toujours le poing en l'air, bel exemple !

S'il se bat, à qui la faute ?

Je me bats pour qu'il n'ait pas à le faire.

Il recommence, je l'assomme.

Alors, tu es content de toi ?

Tu étais tout fier de faire le champion de boxe.

Tu es aussi fier aujourd'hui ?

Pas ma faute s'ils ont hérité du sang de leurs pères.

La violence fait naître la violence

et tu donnes trop l'exemple.

Ce n'est pas en montagne qu'il faut t'envoyer,

mais dans le désert.

Vous me les avez confiés.

Je les aime, mais je dois bien les corriger.

Je sais, Camillo. Ton cœur est plein d'amour.

Aïe !

Mais pourquoi tes gestes sont si vifs ?

Pourquoi m'avez-Vous donné de si grandes mains ?

Rien de plus chez vous que chez un homme normal.

Justement, je voudrais que vous regardiez

si j'aurais pas à l'intérieur, quelque chose qui n'y serait plus.

Vous avez été opéré ? - Non, jamais.

Alors, comment voulez-vous ?

Et dans la tête, là, vous n'avez pas écouté. Ecoutez.

On examine pas l'encéphale avec un stéthoscope.

Cessez de vous inquiéter, votre crâne est bien fermé.

Rien ne peut en sortir à votre insu.

C'est une boîte close.

Vous, vous êtes un vrai médecin, un savant.

Oh...!

Spiletti est un homme du siècle de l'obscurantisme.

Et l'âge l'a réduit à rien. Il est ramolli.

Ne croyez pas ça.

Dans notre métier, l'expérience compte.

Je respecte M. Spiletti

qui sait des tas de choses que j'ignore.

Le carnaval approchait,

quand un soir Peppone convoqua sa brigade.

"Camarade Bottazzi, on t'invite à t'installer à Moscou.

"Tu bénéficieras du traitement des citoyens russes

"et tu mettras à la disposition de la paix

"l'esprit de discipline, la fidélité inflexible,

"les dons d'autocritique qui n'ont d'égal

"que ta maîtrise professionnelle.

"Les instructions sur ton départ te parviendront vite.

"Ceci reste jusqu'au grand jour ton secret et celui du parti."

Quel honneur !

Cette invitation vaut tous les diplômes.

Parfois, on se croit oubliés.

Qui c'est, ce Franchini ?

Hein ? Peu importe. La lettre vient de la fédération, non ?

Pour un honneur, c'est un honneur.

Ça cloue le bec à ceux qui me reprochent

de pas manger de curés !

Je me demande si c'est le moment de partir,

quand la réaction relève la tête.

Si elle la relève, c'est qu'on n'a

pas su lui couper à temps. - Hein ?

Y en a avec qui on fait pas de concession.

Un chef, ça a de la poigne.

Montre ce qu'il faut faire.

Je ne suis pas chef,

mais que ce prêtre vienne se faire raser chez moi,

et tu verras si je l'égorge pas !

Et le matin du carnaval...

Bonjour tout le monde !

Oh, bonjour monsieur le maire.

Comment va Lénine ?

Lénine ? - Oui, Lénine Liberio Camillo.

Oh, bien, merci.

Que venez-vous faire ici ?

On m'a dit que tu voulais ma clientèle. Je suis venu.

A qui le tour ? A personne ?

Alors, c'est à moi.

La barbe.

Alors, monsieur le maire,

ça s'approche, ce départ ?

Quel départ ?

Pour le paradis des prolétaires.

Qui vous a dit ça ?

La rumeur publique. Elle se trompe ?

Non.

Le village va être privé de son cher maire,

mais on vous doit des félicitations.

Merci.

Au revoir.

La Russie, c'est un beau voyage.

Evidemment, c'est pas la porte à côté.

Dites, chef, je...

Que voulez-vous dire ?

La Russie, c'est loin.

En Russie, il n'y a ni exploiteurs ni exploités.

Les travailleurs sont fiers de se rendre

au pays qui a libéré le peuple.

Tu pars quand ?

Il ne s'agit pas de lui, mais de moi.

Vous avez quelque chose à dire contre la Russie ?

Moi ? Quelle idée !

Autant demander au Vatican !

Tais-toi.

Et... à ma place, vous partiriez ?

J'y suis pas.

Soyez un homme.

Avec vous, on ne peut pas discuter d'homme à homme.

Je suis tout oreilles.

Et alors, que pensez-vous de la Russie ?

Je te l'ai déjà dit.

Soyez franc, pour changer.

Tout le monde peut pas y aller.

Je sais juste ce que disent les journaux.

Tu dois savoir mieux que moi.

Bien sûr, je le sais !

Alors pourquoi demander ?

Sortez vos mensonges et je vous les rentre dans la gorge

avec votre propagande !

Donc d'après vous, en Russie,

on est ni mieux ni moins bien qu'ici.

J'ai pas dit ça, mais si tu le dis, je suis d'accord.

Pourquoi votre presse l'accable ?

Vous savez ce que c'est, la politique.

La politique !

Oubliez qu'il s'agit de moi.

Si quelqu'un pouvait aller en Russie pour un bon travail,

que lui conseilleriez-vous ?

Pour le travail, je lui dirai d'y aller.

Je ne pensais pas que tu aies la main si douce.

Il est très embêté, Seigneur.

Il pensait que je lui donnerais la force de refuser.

Je voudrais pas être lui.

Ni moi, toi. Tu es un méchant homme.

Comment ?

Où as-tu pris ce papier à entête ?

Chez l'imprimeur, pendant qu'il avait le dos tourné.

C'est une petite plaisanterie.

Il te faut la réparer.

Impossible.

Tu n'as plus de ce papier ?

Non, justement... Tonnerre

Il doit m'en rester une feuille.

Tu sais quoi faire.

Bien, Seigneur.

Marchetti, le fasciste

qui jadis leur avait fait boire à Don Camillo et lui

un verre d'huile de ricin !

Depuis, il avait quitté le pays.

Pardon, mon révérend. Peppone me poursuit.

Donnez-moi asile.

Tiens, un revenant ! Te voilà devenu Peau-Rouge ?

Je voulais revoir le pays, alors je me suis déguisé,

mais Peppone m'a reconnu.

Rassure-toi. Cette maison est inviolable.

Tu es ici en sécurité.

Merci.

Voilà le déluge qui recommence.

Don Camillo verrouille la porte.

Tu serais plus en sécurité

si tu ne m'avais pas fait boire d'huile de ricin.

Vous y pensez encore depuis tant d'années !

- On était tous deux des freluquets. - Tous les trois !

Je suis passé par la fenêtre de votre chambre.

J'ai deux comptes à régler.

Un avec vous et l'autre avec ce monsieur.

Le docteur m'a chargé de te faire boire cette huile de ricin.

Tu as l'estomac embarrassé.

Ça te fera le plus grand bien.

Vite, car cette barre risque de s'échapper de ma main.

Bois, bois !

Jette cette barre !

Allons, il est chargé.

Jette-la ou je tire. Je fais toujours ce que je dis.

Et maintenant, bois !

Je compte jusqu'à 3.

Un, deux...

Va chercher tes rouges !

Si je meurs, j'irai pas seul en enfer !

Mm... Une huile de 1re qualité. Tu vas l'adorer.

Faites pas l'idiot ou je tire !

C'est pas avec ça que peau rouge expédiera visage pâle.

Il est pas chargé.

Bois, bois ! - Non, non !

A trois, je te transforme en pâté de peau rouge. Bois !

Un peu rance ? Y a longtemps qu'elle t'attend. Là !

Si tu veux pas que Peppone te rattrape,

change-toi en lièvre !

Maintenant, tu joins le mensonge à la violence ?

Si j'avais dit que le fusil était pas chargé,

Peppone le massacrait.

Tu pouvais le dire quand il l'a forcé à boire.

Peppone l'aurait pas bu.

Tout ça pour ta vengeance !

Pardon, Seigneur, il y a une différence,

c'est pas de la vengeance, c'est la justice.

Je sais que tu as un sens profond de la justice,

n'est-ce pas ?

Que voulez-vous dire, Seigneur ?

La justice exige que la violence et le mensonge

soient punis.

C'est cela.

Tu as bien compris, Don Camillo.

Au fond, Seigneur,

ça va me rappeler... ma jeunesse.

Un souffle de jeunesse.

Toutes les écluses célestes semblaient s'être ouvertes.

Le défilé dut être annulé.

Des jours et des nuits durant, la nuit tomba.

Dans ce cataclysme,

la guerre des enfants tourna au tragique.

Une bagarre à coups de pierre.

Les enfants plus acharnés que les pères.

Brusquement, le sang répandu.

Il faut l'emmener d'urgence à mon cabinet.

Qui lui a fait ça ? - Toute la bande.

Qui ? - Mario Cagnola. Ils se sont battus.

Seigneur, pères et enfants se haïssent.

Qui peut arrêter ça ?

Même vous, vous y pouvez rien.

Le monde n'est pas fini, Don Camillo.

Il commence à peine.

Là-haut, on mesure le temps par milliards de siècles.

Il ne faut pas perdre la foi ni désespérer des hommes.

Nous avons le temps, Don Camillo.

Il est mourant.

Faites les brûler tout de suite.

Non, pas devant lui, il est de votre bord.

Devant celle-là qui fait pas de politique.

Il a une petite chance de s'en tirer.

Le médecin a dit qu'on le saura demain.

Je regrette que ce malheureux ait blasphémé,

mais que dire à un homme dont l'enfant va mourir ?

Il me déplaît juste qu'il ait appelé ma mère "celle-là".

Vous avez mal entendu.

Il a dit "La Sainte Vierge, sur cette stèle-là."

J'en suis heureux.

En parlant de moi, il a dit "lui".

C'est pour me faire affront à moi.

Une minute, il me semble qu'il m'attend.

Pourquoi faire des dettes pour de la fumée ?

Pour manger, prenez toute la boutique,

mais des cierges...!

Je me moque de ta mangeaille.

Je veux 5 cierges gros comme ça.

Je les paie la semaine prochaine.

Ceux-là feront aussi bien l'affaire.

Vous voyez, Peppone les a apportés pour Vous.

Ils sont petits, il n'a plus d'argent.

Il a dû les acheter à crédit.

Regardez, Seigneur. On dirait qu'ils brillent plus que les autres.

Tout cela est beau, Don Camillo.

Excusez-moi, Seigneur.

Son des aiguilles qui s'avancent

Le fils de Peppone guérit

et le déluge reprit.

Bientôt, le fleuve fit craquer toutes les digues

et noya les vignes de Cagnola et le reste du pays avec.

Oui, monsieur le préfet.

Ah oui, monsieur le préfet.

Oui, on a commencé d'évacuer par la grande digue.

Elle est intacte jusqu'à Malaseato.

Vos camions sont partis ?

Il a pu en envoyer que trois. - Trois ?

Que puis-je faire avec trois camions ?

Oui, bien sûr. Oui, je m'excuse.

Et une ambulance ? Ah bon. Une ambulance.

Oui, M. le préfet.

La moitié du village est sur la digue.

Quand arrivent les camions ?

Les camions devaient être là à midi.

Quelle heure est-il ? - 12h35.

Tu retardes, il est 12h45.

Grondement - Il est une heure juste.

Il est une heure.

Un moment. Il est une heure moins dix.

Il dit qu'en ville, il est 11h45.

Enfin, qu'ils se dépêchent.

Oui, comptez sur moi, M. le préfet.

C'est le moment d'user de votre autorité

pour convaincre les récalcitrants.

Il faut embarquer avant la nuit.

La gare est évacuée. La maison du peuple est noyée.

Je vous aide.

Dites, monsieur le maire,

vous avez mis vos armes et munitions au grenier ?

Sans ça, pas de révolution !

Je me servirai des vôtres.

Elles ont au sec dans le clocher ?

Je n'ai monté que des provisions de bouche.

Vous comptez rester ici ?

Je suis parti une fois en exil, ça me suffit.

Vous voulez encore faire le héros.

Utiliser le malheur des autres pour votre propagande !

Je vous pardonne

car vous êtes incapable de voir dans le ciel

autre chose qu'une combinaison politique.

Pardon, on m'attend.

Allez au diable et noyez-vous.

L'inondation aura servi à quelque chose.

Merci.

Vous savez nager au moins ?

Ah ! Comme une brique.

Et toi, ta famille est partie ? - Oui.

Alors je te confie ma smala. Moi, je reste.

Tu restes où ? - Ici.

Je vais pas laisser l'autre à faire le martyr dans son clocher.

Quand on reviendra, il aura sauvé le pays.

Chef, le vieux Spiletti ne veut pas partir.

Encore un coup de ce prêtre.

Viens, on va régler ça. - Oui.

C'est vrai que Spiletti va mourir ?

Ça lui est déjà arrivé plusieurs fois.

Il vous a pas parlé d'un contrat entre moi et lui ?

Je suis pas notaire. Je m'occupe des âmes.

Justement, je lui ai vendu la mienne

pour mille lires.

L'âme est l'invention des curés.

C'est toi qui l'as roulé et tu le regrettes.

Ce réactionnaire ira en enfer.

Et mon papier, il l'emporte avec lui ou son fils en hérite ?

Non, je veux qu'il me le rende.

Attends à l'église, je vais voir ton propriétaire.

Mon propriétaire ? - Oui, Spiletti.

Pourvu qu'il lui reste un souffle de vie.

La paix ! Allez-vous-en !

Restez pas, ça donne le mauvais exemple.

Je veux pas mourir sur la route comme un vagabond.

Laissez-moi faire, je vais le raisonner.

On raisonne pas une mule. Il partira, point !

Voyons, papa.

Si tu approches, je tire.

Alors, on fait l'ouverture ?

Je vous donne l'extrême onction hier

et vous vous salissez !

Pas de comédie ! Il est d'accord avec vous

pour pas partir. - Vous restez ?

Bien sûr, mais vous, partez.

Je veux rester avec vous.

Papa, c'est de la folie !

Je l'installerai avec moi dans le clocher.

Et tous les deux, vous allez faire de nouveaux miracles

et préparer les élections.

Si vous restez, c'est avec moi !

Oh, espèce de vieux maboule !

Donnez-moi ça. Si t'approches, je te troue !

M. Spiletti, voyons !

Bon, ça va.

Mais demain, quand on sera seuls dans le village,

on réglera ça et tout le reste avec !

Adieu, Peppone !

Au revoir, monsieur le maire !

Au revoir, mes enfants.

J'ai encore de la place, si vous voulez.

Vous permettez, madame ?

Mario, aide ton copain.

Allez-y, allez.

Allez, avance, toi.

Viens, allez.

Monte.

Attention au petit, qu'il prenne pas froid.

Je viens dès que je peux. T'inquiète pas.

Rendez-lui ce contrat. Ça le rend malade.

Il a mal aux boyaux ? Il n'a que des boyaux à l'intérieur.

Ça vous regarde pas.

Et si y a une chose qui... Ben, vous n'y êtes pour rien.

Alors, tiens ! J'en ai plus besoin, mon affaire est faite.

Garde tes mille lires, ça vaut bien ça.

Non, l'affaire est annulée. Chacun reprend son bien.

Tenez.

Si, si, prenez-le, vous.

Cet argent maudit n'est même pas bon pour les pauvres.

Voilà.

- Sûr, je suis en règle ? - Aussi sûr que Dieu existe.

Bon...

Maintenant que tu as retrouvé ton âme,

pense à la nettoyer !

J'ai pas besoin de votre lessive.

Seigneur, qui comprendra jamais ces gens-là ?

Moi, Don Camillo ! - Hum...

De nombreuses familles campèrent sur la digue toute la nuit.

Le jour se leva

sur un dimanche de gel et de brume

et l'eau montait toujours.

C'est pas parce qu'on est inondés que c'est pas dimanche !

Vous avez bien compris, hein ?

Même si vous vous sentez fort, ne tirez pas trop.

L'inondation a rouvert la lézarde. C'est fragile.

Vous en faites pas. Solide au poste !

Mais c'est la messe !

Mes frères...

Mes frères...

*Mes bien chers frères...

Puisque l'office divin ne nous est pas permis actuellement,

laissons une prière d'espérance s'élever vers le ciel.

*Ce n'est pas la 1re fois

que nos maisons ont les pieds mouillés.

L'homme a connu d'autres déluges.

Mais un jour, les eaux se retirent,

le soleil revient,

les fleurs refleurissent,

et l'homme recommence.

Oui, un jour prochain, vous reviendrez.

Et nous recommencerons tous ensemble.

*Nous entendrons encore le bruit de la forge de M. Bottazzi,

notre maire bien-aimé,

la scie de Biondo qui fait grincer des dents tout le quartier,

les coups de marteau du cordonnier Rocca

qui font tant de mal aux oreilles.

Tous ces maudits bruits qui nous agacent tant

et qui vont tant nous manquer.

Et les cris de nos enfants

dans les cours de nos écoles.

Alors, nous nous souviendrons

de la fraternité qui nous a réunis dans ces heures terribles

*et avec le caractère que Dieu nous a donné,

nous recommencerons à lutter

pour que le soleil soit plus clair,

pour que les fleurs soient plus belles,

pour que la misère disparaisse un jour

de nos villes et de nos villages.

Nous oublierons nos discordes.

Et quand nous aurons envie de mordre,

nous tâcherons de sourire.

*Alors, tout sera facile.

Et notre village deviendra une petite image du paradis.

Je vous dis au revoir à tous.

Soyez en paix

loin de vos foyers abandonnés.

Je garde la maison. Ainsi soit-il.

AINSI SOIT-IL.

Hé, hé !

Oh, merci Seigneur

de recevoir dans votre paradis votre indigne serviteur.

Don Camillo, mon révérend, c'est moi, Peppone !

Cet individu ici, Seigneur ?

C'est pas possible !

Décidément, tu es partout !

Je me croyais au paradis, mais tu y étais,

alors j'ai su que c'était le purgatoire.

Si jamais je monte là-haut,

j'espère ne jamais vous rencontrer.

Le ciel est assez grand.

C'est toi qui m'as sorti de l'eau ?

C'est pas ce que j'ai fait de mieux.

Tenez.

Héhé !

Vous êtes là, vous aussi ?

J'ai décidé de ne pas mourir avant que tout soit en ordre.

Hum...

Il ne parle plus. - Il doit s'économiser.

Mettons-le dans l'ambulance.

La civière !

Vous vous obstinez à rester.

Tu m'as vu changer d'avis ? - On sera 2.

Le préfet vous attend.

Faut vous occuper de vos administrés. Venez.

Comment ?

Faites votre devoir.

J'aurais dû vous laisser dans le bouillon.

Vous savez ce que c'est ?

Un clou, non ?

Au retour, je vous le ferai avaler en travers.

Que ton horloge n'avance plus !

Pareil pour la vôtre ou je brûle le clocher.

C'est ta faute s'il est déjà en deux !

J'ai pas plus peur d'un curé mouillé que sec !

Quoi ? - Oui !

Tintements et grondements simultanés

On allait se mettre en colère.

Il est dix heures juste.

Mais dites ! Mais voilà le soleil !

On croyait qu'il existait plus.

On va pouvoir retourner à la maison.

Au revoir, mon révérend.

A bientôt, Francesco.

Bon voyage, Don Camillo. Le soleil est revenu.

Tous, rendez-vous dimanche à l'église.

Je regrette de vous laisser seul.

Si vous retombez à l'eau, j'aurais voulu vous aider.

A me noyer ? - Précisément.

Tenez, vous allez vous morfondre, seul.

Vous aurez le temps de fumer un bon cigare.

Merci. - C'est mon dernier.

Je vous en enverrai d'autres avec des provisions.

Faites bien attention et portez-vous bien.

Vous aussi, monsieur le maire.

Une bise au petit Lénine !

D'accord.

Vous n'avez plus d'église, où vous vous installerez ?

A la mairie !

Hein ? - A la mairie !

FAITES ATTENTION, MON REVEREND !

Au revoir, mes enfants. A bientôt.

Monsieur le maire ! Et alors, on vous attend !

Seigneur, protégez tous ces braves gens.

Pardonnez-moi de m'être cru dans votre paradis.

Il était mal fréquenté, mais j'y étais bien.

Ce n'est pas le moment de te reposer.

Tu vas avoir tellement à faire...

A votre disposition, Seigneur !

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