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Un sens au monde
T'as pas eu de chance!
Pourtant, moi, j'y ai cru, � votre histoire de gouine.
Il faut dire que ton CV � la mondaine �tait long comme un jour sans pain.
T'as vraiment eu des relations....disons, particuli�res, avec madame B�riot?
Non.
Elle est mari�e!
Et c'est une gourde.
Pour une invertie, tu mens mal.
Tous ceux que j'ai rencontr�s mentaient comme des arracheurs de dents.
Il faut dire, � force de cacher l'essentiel... �videmment...
Tu l'as dans la peau, la petite Lucienne, hein?
Pas vrai?
C'est l'homme de peine de l'�cole, Maxime. C'est lui qui t'a perdue.
J'y suis retourn� pour boucler le dossier...
On parle et... Visiblement il t'aime bien d'ailleurs.
... il me dit que le jour du d�fil� c'est impossible que tu aies pu saboter quoi que ce soit puisque tu �tais avec un boche.
Il t'a vue monter dans les escaliers avec lui.
Reinhard, il t'aime bien, aussi, d'ailleurs...
Mais bon... pas au point de finir sur le front russe.
Des flics, je connais.
Si je ne suis pas encore dans les pattes de la Gestapo, c'est que vous avez quelque chose � m'offrir.
Nous, ce qu'on veut, ce n'est pas toi, ce n'est pas madame B�riot ni B�riot.
Celui qu'on veut, c'est Antoine.
Je ne sais pas o� il est.
Je t'ai dit: tu mens mal.
Ou bien tu sais, ou bien tu peux trouver. J'en suis s�r.
Ce n'est pas toi qui as sabot� la radio...
... puisqu'apparemment tu as un alibi en b�ton... allemand, si je puis dire.
... donc c'est madame B�riot qui y est all�e.
... donc c'st elle qui plonge.
Tu sais ce qu'ils font les boches, aux couples, hein?
Je n'ai pas envie de savoir.
Ah, je te comprends.
Moi, j'ai quand m�me envie que tu saches.
Ils vont la violer, devant son mari... une fois, deux fois, trois fois...
... et une fois qu'ils sauront que tu en pinces pour elle...
... je ne sais pas ce qu'ils feront, mais ils le feront! Crois-moi.
Ecoute, si tu parles, une fois qu'on aura v�rifi�, tu es libre.
On ne fait rien � madame B�riot.
Par contre, pour B�riot, je ne te promets rien. Bon, mais �a tu t'en fiches un peu. C'est pas vrai?
Je veux trois laisser-passer pour la Suisse.
Je parle quand eux sont � l'abri.
Tu crois encore au p�re No�l, toi!
Un laisser-apsser pour elle et pour lui. De moi, vous faites ce que vous voulez.
D'accord.
D'accord.
Une fois qu'on aura log� Antoine, tu auras tes trois laisser-passer.
T'as ma parole.
Bon, alors, il est o�, Antoine?
Vous fumez trop.
Il ne va plus vous en rester.
Moi, je ne pourrais pas vous en donner, il ne m'en reste plus qu'une.
Je la garde pour plus tard.
J'ai un autre paquet.
Vous en voulez une?
C'est quoi, comme tabac.
Turc.
Je vous pr�viens, c'est fort.
J'ai jamais go�t�.
Turc!
Mmm.. Le meilleur tabac du monde.
Au sud d'Ankara, des champs � perte de vue, dor�s de soleil.
J'y ai �t� avec ma premi�re femme, en 32.
Voyage magnifique.
Mazette, c'est fort...
... mais c'est bon.
Dites... vous avez fait quoi pour vous retrouver ici?
J'aimais trop la pur�e.
Non, mais s�rieusement?
R�glements de comptes. Un type se venge de moi en faisant croire qu'il fait de la politique.
Ah, bien s�r, vous allez me dire que chez les bolcheviks �a n'arrive jamais.
Bin, non. Chez nous tout est politique.
Il n'y a pas vraiment de place pour la vie priv�e.
Ca doit �tre d'un triste!
Non!
On est des millions � lutter pour quelque chose de grand.
... qui d�passe l'int�r�t de l'individu.
Le seul compte � r�gler, c'est celui du capitalisme.
Et on le r�glera.
Mais vous ne serez plus l�.
J'aurais contribu�.
Il y aura peut-�tre mon nom �crit quelque part.
Moi, je me demande o� il sera �crit, mon nom.
Dans l'annuaire des tra�tres et des collabos.
C'est terrible, ce que vous �tes sinc�re vous, les bolcheviks.
C'est �a qui vous rend si dangereux.
Parce que vous, vous n'�tes pas sinc�re?
Pas toujours.
Pas souvent.
Etre sinc�re en politique ce n'est pas conseill�.
En amour, j'ai �t� sinc�re une fois...
... il y a tr�s longtemps..
... et du coup, elle s'est mari�e avec un autre.
Vous, vous �tes un... pas mari�, pas d'enfant, pas de femme...
Si. Et ile passent apr�s la politique?
C'est pas pour vous qu'ils l'ignorent.
Notre informatrice est all�e deux fois dans le camp.
C'est dans une combe, � une heure de marche.
C'est qui, l'informatrice?
La maitresse de chant de l'�cole.
C'est une invertie. On la tient bien.
Bon. Epargnez-moi les d�tails.
Trois auxilliaires sont all�s voir.
Des gars du coin, discr�tement. Il y a bien un camp de maquisards, l�.
...et il y a bien Antoine.
Vous �tes s�r? Oui.
Ils l'ont vu � la jumelle. On leur avait donn� une photo.
Vous nous sauvez la vie, Marchetti.
Combien sont-ils?
Une vingtaine.
A leur d�gaine, c'est pratiquement tous des r�fractaires.
Ils sont arm�s?
D'apr�s nos gars la plupart de leurs fusils seraient des trucs factices en bois, mais bon...
Oui, apparemment ils auraient quelques armes.
Et... vous avez pr�venu les allemands?
Non... Non, j'attendais vos ordres.
Excellent!
Vraiment excellent.
Avec des GMR tous nos effectifs et quelques auxilliaires, on pourrait... On pourrait les prendre en solo, non?
Oui!... Ce serait fantastique.
Mais, pour l'instant, pas d'initiative.
Vous les encerclez. Moi, je vais pr�venir les hautes sph�res.
L'intendant de police, c'est �a? Oui.
Entre autres.
Qu'est-ce que tu nous pr�pares de bon?
Pur�e de ch�taignes... avec des petits morceaux de comt�.
Ca va �tre un r�gal.
Je croyais que tu voulais que l'on fasse une f�te pour No�l!
Ouais, ouais, j'ai dit stop, hein.
Ouais, � propos, je me disais, pour la f�te de No�l...
... on va jouer les remparts, alors?
Oui.
Et je me disais... comme Marie est partie � Dijon...
Bin t'... T'auras le r�le, bien s�r.
Et on commence quand, les r�p�titions?
Ca... faut demander au chef.
C'est quand vous voulez.
De toute fa�on, pour l'instant, on ne peut rien faire d'autre que de se tenir peinard.
... et attendre que l'orage passe.
... en esp�rant qu'ils ne nous trouvent pas.
Et c'est toi qui va jouer Golfo?
Non.
Non, il vaut mieux que ce soit Charles.
Je ne suis pas s�r qu'il se laissera convaincre.
Et bien, alors?
Ca peut �tre toi!
Malgr� ce que tu dis, tu....
... feras Golfo tr�s bien.
Peut-�tre.
Avoir de vrais amis, et bien c'est quand m�me la meilleure chose qui puisse arriver...sur terre, hein?
Mmmm... Oui.
Tout s'est bien pass�?
Oui.
Je suis �puis�e.
Ils vous ont r�interrog�e?
Non. Ils m'ont fait signer un papier o� je reconnais �tre leur informatrice et...
... ils m'ont expliqu� comment je devais faire.
Ils vous ont gard�e longtemps, quand m�me.
Je me suis inqui�t�e.
Merci de vous inqui�ter pour moi, �a me touche.
Non, mais je veux dire... Je sais ce que vous voulez dire.
C'�tait long parce qu'ils m'ont fait attendre deux heures.
Ils interrogeaient d'autres gens. C'est tout.
Ils vous ont reparl� de nous?
Enfin de moi... Ne vous inqui�tez pas.
Personne ne vous en reparlera.
Pas m�me moi.
Parce que je ne voudrais pas que...
... que Jules apprenne notre mission par l�-bas....
Il me ferait enfermer et puis il me prendrait Fran�oise.... Tout va bien se passer.
On va filer en Suisse.
En tout cas, Fran�oise et vous.
Et vous attendrez tranquillement la fin de la guerre.
Mais comment on va faire?
J'ai des laisser-passer.
Un des r�sistants me les avait fil�s pour si notre mission radio tournait mal.
Vous en avez deux?
Trois.
Ah! Quelle chance.
Ils ne sont plus valables que 24h, il faut se d�p�cher.
Vous y pensez, vous, parfois, � ce qu'il y a apr�s?
Apr�s quoi?
La mort.
J'sais pas.
Y a rien.
Il ne peut pas y avoir... rien de rien.
Je trouve �a �trange, que vous parliez de �a.
Pourquoi?
Vous avez envoy� tellement de gens � la mort.
En d�portation.
Vous vous demandiez ce qu'il y avait pour eux, apr�s?
Je ne faisais pas �a pour mon plaisir mais pour d�fendre mes id�es.
Vous devriez comprendre �a, non!
Non.
Nous, les communistes, on n'envoie personne � la mort.
... sauf les collabos.
Ben voyons...
Et les proc�s 36-38, jamais entendu parler?
Ca n'a rien � voir.
Des milliers de types ex�cut�s avec parmi eux les chefs de la r�volution de 17 et les plus grands mar�chaux.
C'�taient des espions.
Vous faites la m�me chose que nous.
Il n'y a que nos id�es qui diff�rent.
Moi, je d�fends le peuple.
Mais moi aussi, je d�fends le peuple. Qu'est-ce que vous croyez?
Vous �tes du peuple, vous, fils et petit-fils de m�decin?
Vous vous �tes d�j� battu avec vos fr�res parce qu'il n'y avait pas assez � manger � la maison?
Non, pas pour �a.
Fils de bourgeois devenu communiste. Quelle piti�.
Et vous?
Fachiste fusill� par les boches! C'est pas une piti�?
Non, merci.
Sans fa�on.
(Ils rient)
Et bien, alors, qu'est-ce que vous fabriquez?
J'ai commenc�.
Figurez-vous que je viens d'avoir une bonne nouvelle.
Il n'y a rien aujourd'hui.
Il y a du petit sal�.
... trop sal� mais... mangeable.
C'est quoi, la bonne nouvelle?
Du petit sal�! Il a l'air bien gras.
Alors, prenez ce qu'il y a sur la carte.
J'attends la bonne nouvelle.
Monsieur le Sous Pr�fet.
Vous n'avez rien d'autre que le petit sal�?
Une belle entrec�te avec des frites?
Parfait.
Il ne m'avait pas dit qu'il y avait de l'entrec�te.
Mon amie, le sous pr�fet, c'est moi!
Je vous pr�viens, je veux go�ter les frites.
Nous avons rep�r� Antoine.
Un mot de moi et nous l'�crasons.
C'est �a, la bonne nouvelle?
Mon pauvre ami, vous ne comprendrez jamais rien � la politique.
Expliquez-vous.
Depuis avant-hier, pour la population de Villeneuve, Antoine est un h�ros.
Et vous voulez l'�craser?
Je devrais lui remettre la l�gion d'honneur?
Mon ami, les allemands ne peuvent plus gagner la guerre.
Ca vous n'en savez rien.
Vous me le disiez encore hier.
Je ne suis pas sp�cialiste.
Les allemands vont partir... et dans pas tr�s longtemps.
Et � ce moment l�, il arrivera quoi � l'abruti qui aura �cras� Antoine...
... et ses r�fractaires, tous des gars du pays?
Je suis coinc�, Arlette.
Vichy me r�clame la t�te d'Antoine.
Paris m'appelle toutes les deux heures et... vous avez vu ce qui arrive � Chassagne!
H� bien... claironnez � Vichy que vous avez coinc� Antoine... et refilez le b�b� aux allemands.
Laissez-les faire le sale boulot. Restez le plus loin possible de tout �a.
Et, si vous voulez �tre vraiment grand...
... aidez les maquisards, tr�s discr�tement, � s'enfuir.
Pardon.
(soupir de bien-�tre)
On part quand, Jules?
Je ne sais pas. Je ne sais pas encore.
Ca va aller.
En Suisse, vous serez � l'abri.
Je vous sens toute tendue. Vous avez peur.
Oui, pour Fran�oise...
... et pour vous.
Pour vous aussi, j'esp�re.
Parfois j'ai l'impression que vous vous oubliez.
Je ne sais pas pourquoi, je suis s�r que vous me cachez quelque chose.
(on frappe) C'est Marguerite! Oui.
Excusez-moi.
Il y a un policier � l'entr�e.
Il veut vous voir.
Marchetti?
Non, un que je n'ai jamais vu.
Il est seul?
Oui.
Alors ils ne viennent pas pour m'arr�ter. Ils seraient au moins deux.
Il n'a rien voulu me dire.
Il ne voulait parler qu'� vous.
Inspecteur Delage.. c'est �a?
U� peut-on se parler tranquillement?
Mais de quoi? De choses graves.
... et je suis press�.
Par l�, venez.
Mais.... je ne vous suis pas tr�s bien. Je suis le directeur de l'�cole...
Venez. Ici.
Je suis un ami de Vernet.
Votre maitresse de chant, Marguerite Martin. Elle a balanc� le maquis Antoine contre des laisser-passer.
C'est pas possible! Elle a racont� tout ce qu'elle savait � Marchetti.
J'ai pr�venu Vernet.
Il va essayer d'alerter le maquis.
... et Vernet m'a demand� de vous pr�venir.
Et vous croyez que ma femme et moi risquons une arrestation?
Pas avant qu'ils aient neutralis� Antoine.
Ils ne feront rien qui puisse �veiller vos soup�ons.
Mais d�s demain ou apr�s-demain au plus tard...
Mais... est-ce que... Vernet dit quelque chose... pour Marguerite?
Oh, qu'il ne la sentait pas depuis le d�but.
Non, mais sur ce que je dois faire.
Bah non. Ca, il n'a rien dit. Non.
Mais enfin... elle a balanc� tout le monde... J'sais pas...
Oui, mais vous dites que... Vernet n'a rien dit.
C'est � vous de voir.
Je vous laisse. Il faut que j'assure mes arri�res.
Et alors?
C'est rien. Une affaire de march� noir.
La cantine... enfin bref.
Rien � voir avec notre affaire!
Non! Allez faire votre sac. Je viendrai vous chercher dans votre chambre tout � l'heure.
Quand?
Je ne sais pas. D'ici une heure ou deux, peut-�tre trois. J'ai des choses � r�gler avant de partir.
En attendant, vous restez dans votre chambre. C'est compris?
Nous passerons la fronti�re ce soir, alors?
Ce soir, quelqu'un... nous emm�nera � la fronti�re.
A tout � l'heure, Lucienne.
A tout � l'heure.
Ca va?
Vous avez l'air... tout essoufl�.
J'habille Fran�oise pour la montagne?
Non. Ah bon, mais vous m'aviez dit que...
On ne part pas ce soir?
Margueite...
il para�t qu'elle a vendu le maquis Antoine.
Je vous avais dit qu'elle n'�tait pas fiable.
Elle a fait preuve d'un grand courage, d'apr�s ce que vous m'avez dit, avant-hier.
Sans elle, le d�fil� n'aurait pas eu lieu.
C'est une menteuse... et une intriguante.
Vous dites �a parce que c'est une invertie.
Non. Parce qu'elle a trahi.
Elle n'a pas d� avoir le choix.
Votre histoire �tait fragile. Reinhard a d� parler.
Je ne comprends pas pourquoi vous la d�fendez toujours de cette mani�re.
Qu'est-ce que vous allez faire?
Je ne sais pas.
Tabac turc!
Non merci. Finissez-la.
J'ai un mot pour mon fils.... Vous lui donnerez?
(respiration bruyante) Marcel!
Marcel!
Marcel!
Marcel!
Marcel!
Marcel! Qu'est-ce que tu fabriques encore?
Rien.
Fais voir tes mains.
Non! Fais voir tes mains ou j'appelle papa.
Tu es fou. Si papa voit �a il...
Je sais tr�s bien que tu es l�.
Si tu ne sors pas de ton propre gr�, �a va tr�s mal se passer.
C'est toi!
Ah, je ne m'y attendais vraiment pas! Je ne le referais plus.
Ca, c'est certain, mon gar�on.
T'es s�r?
Vernet te fait dire que la fille a tout balanc�.
J'ai eu un contr�le entre la route d�partementale et le chemin vicinal.
Ca veut dire qu'on est encercl�.
Si on se magne, on peut peut-�tre filer par le chemin des douaniers, pour ceux qui connaissent.
Bah, le chemin des douaniers, c'est... c'est casse-gueule.
On n'a pas le choix.
Allez, d�part imm�diat. Au trot . Et ne prenez que l'indispensable. Chaque minute compte.
Tu voulais partir.
Tu vas �tte content. On part tous.
Tu penses que par le chemin des douaniers, on a une chance?
M�me s'il n'y a aucune chance, il nous faut tout tenter.
... Oublier toute prudence, mourir dans la gait�.
C'est malin, �a!
Va pr�parer tes affaires. Magne-toi.
On y va?
Il y a un contre-temps.
Il y a deux flics en position pas loin de l'�cole.
Vous croyez que c'est pour nous?
Je ne sais pas, mais on ne peut pas prendre de risque. Je pr�f�re qu'on parte s�par�ment.
Retrouvons-nous dans la cave de l'�cole... disons.. vers 16heures. D'accord?
...avec vos affaires. Un camarade viendra et vous emm�nera � la fronti�re. Nous, nous partirons plus tard dans la nuit.
Je voudrais dire au revoir � Lucienne.
Elle va �tre tr�s prise pour le moment, pr�parer le voyage... tout �a...
Non, mais juste deux minutes.
Je ne vous promets rien.
Mais soyez bien � 16h dans la cave. D'accord?
Tu crois qu'on peut forcer le passage?
Non.
Il y en a forc�ment derri�re.
Il faut couper par la for�t.
Non. Aucune chance.
Avec cette pente, c'est trop difficile.
On fait quoi alors? Les trois acc�s sont bloqu�s.
On va demander � Charles et Andr� de rester pour surveiller ce qu'ils font.
Pendant ce temps l�, les autres, retour au camp.
Ca va servir � quoi?
C'est pas le moment de discuter.
Charles! Andr�!
Vous restez ici pour surveiller. Si �a bouge vous descendez nous pr�venir. On retourne au camp.
Il est o�, Gustave?
Dans la cuisine.
Tu as des nouvelles de son p�re?
Ton p�re est mort.
Il a �t� fusill� tout � l'heure.
Il a �t� tr�s courageux.
C'�tait un grand combattant.
Il m'a donn� un message pour toi.
Juste avant.
Mais tu ne pouvais vraiment rien faire?
Je peux �viter qu'on le mette � la fosse commune.
Son corps sera rendu � Daniel.
C'est la guerre, Hortense.
A la guerre, on tue les soldats ennemis, surtout quand ils nous tuent.
Tu ne crois m�me plus � cette guerre.
Je crois en moi et � notre zweisamkeit.
Et si je veux rester en vie, c'est � dire �viter la Russie, il faut que je ram�ne la t�te d'Antoine � Villeneuve.
Tu veux toujours de moi?
Mais tu sais bien que oui.
Alors, souhaite-moi bonne chasse.
Mon pauvre ch�ri...
Ils sont coinc�s.
On tient les deux acc�s principaux.
Le chemin de randonn�e ici, et le sentier des douaniers l�.
Je vois.
Ce qu'il y a c'est que, si on veut intervenir sans les boches, il faut y aller avant la nuit.
Pas question d'intervenir sans les allemands.
Attendez, je pensais que c'...
Ouiiiiiiiiii... mais les choses ont �volu�.
Quelles choses?
Je vais pr�venir les allemands par voie hi�rarchique, Pr�fet, Intendant de police...
Attendez, �a va prendre des heures, �a!
Merci messieurs. Vous recevrez vos directives par pneumatique.
C'est bon, c'est bon.
C'est une affaire d�licate, Marchetti.
Monsieur le sous-pr�fet...
On veut tous la peau d'Antoine. Ce n'est pas en le m�nageant qu'on l'aura.
Il ne s'agit pas de le m�nager, mais de laisser une place... l�gitime � nos amis allemands.
Nos amis allemands?
C'est quoi, c'est nouveau, �a?
Je souhaite que vous fassiez reculer vos hommes....
.. ici et ici.
Attendez, c'est absurde!
Le dispositif devient trop l�che.
Par la for�t ils peuvent s'enfuir.
C'est un ordre.
Je m'y oppose!
J'appelle l'intendant de police tout de suite.
Rita Wittenberg...
David Wittenberg, un b�b�...
J'ai r�cup�r� les papiers de Chassagne apr�s sa... son.. enfin, bref...
Et alors?
Alors, il n'a pas eu le temps d'envoyer les papiers qui les auraient expuls�s de Suisse...
... moi, je peux encore le faire.
Tr�s bien.
Je ne comprends pas...
Vous servez les int�r�ts d'Antoine. Pourquoi?
Je sers les int�r�ts de la collaboration.
Je compte sur vous pour ex�cuter mes ordres.
Vous faites quoi, l�?
Je remplis le certificat de d�c�s.
Pourquoi faire?
Pour l'enterrement.
Sans certificat, le cur� ne voudra pas.
Le cur�!
Il reste deux places dans le caveau de famille.
... mais il faut le certificat.
Et un enterrement religieux!
Oui.
Enfin... le minimum.
Le cur� sait tr�s bien que Marcel �tait un m�cr�ant.
Il est froid.
Dites...
Ne le touchez pas trop...
Je l'ai arrang� comme j'ai pu, mais...
... c'est fragile.
Je me demande s'il a eu mal.
Non. Il n'a rien senti.
Juste un choc.
Puis c'est fini.
Alors, pourquoi on donne le coup de gr�ce?
Vous ne devriez pas le mettre dans un caveau.
Avec vos parents...
C'est un caveau de famille.
Je ne suis pas sa famille...
... mais Marcel n'aurait pas voulu qu'on le mette l�...
... avec son p�re qu'il d�testait...
Il y a notre m�re, aussi.
Il aurait pr�f�r�...
... qu'on le mette ... au grand air...
... dans un jardin... ou une for�t...
.. avec des oiseaux...
.. et du vent...
( sanglot)
Qu'est-ce que tu crois qu'on peut faire?
Attendre la nuit. Et passer au culot, un par un.
Honn�tement, on va pas tous s'en sortir.
Et puis les boches, ils ne font pas de prisonniers.
Antoine!
Antoine!
Les flics se sont barr�s.
Hein?
On les a suivi � la jumelle....
... ils ont recul� d'au moins 5 km.
Pourquoi ils ont fait �a?
Pourquoi, on s'en fiche. Mais il faut en profiter.
On peut essayer de passer par la falaise de Grand Fontaine.
Je ne connais pas.
C'est un �-pic de 50 m.
Une fois l�-haut, on peut se tirer par le plateau.
Mais comment tu franchis un �-pic de 50m, toi?
Lucienne n'a pas pu venir?
Non... Notre d�part la perturbe beaucoup.
Je....
Je lui ai pr�par� une lettre...
Vous lui donnerez?
Bien s�r.
Et j'ai aussi les...
les deux autres laisser-passer pour vous et Lucienne.
J'esp�re qu'ils fonctionneront.
Bien s�r. Merci.
Je me suis dit...
Il n'y en a pas pour Fran�oise...
Quand Vernet me les a donn�s, je n'ai pas pens� � elle.
Je suis d�sol�e.
Non, mais ce n'est pas � vous de penser � Fran�oise.
Alors, un camarade va venir, c'est �a?
Oui, il ne devrait pas tarder maintenant.
Il a une voiture?
Non. Il va ... vous emmener en bus jusqu'� Pontarlier, et apr�s il vous emm�nera � la fronti�re vers Ligny.
Mais pourquoi pas simplement la fronti�re r�guli�re?
Puisque j'ai un laisser-passer?
Personne ne va venir!
N'est-ce pas?
Je suis d�sol�.
Pas dans la t�te, s'il vous pla�t.
C'est pour vous que j'ai fait �a.
Pour Lucienne et pour vous. Taisez-vous!
La police savait tout.
Et elle avait des preuves.
Ils allaient prendre Lucienne.
La torturer...
A ma place, vous auriez fait comme moi, Jules!
... parce que vous aimez Lucienne...
... comme j'aime Lucienne.
Vous aimez l'avoir dans vos bras...
... comme j'ai aim� l'avoir dans mes bras.
Qu'est-ce que vous dites?
Peu importe... Faites ce que vous avez � faire.
Vous avez tenu Lucienne dans vos bras?
Mais qu'est-ce que �a change? Tirez!
Faites votre devoir!
Agissez comme un homme!
Je peux pas.
Partez d�s que possible.
C'est jouable.
Pour ceux qui n'en ont jamais fait, ce sera un peu long, mais...
Long comment?
J'sais pas, moi... une demi-heure par type. Au moins.
De toute fa�on, on n'a pas le choix.
Je vais chercher les autres.
Tiens, prends le fusil. Et pas de bagages, hein!
D�p�che-toi.
Bon, je vais passer devant...
Toi tu me regardes bien, mes mains, mes pieds. Tu mets les mains o� je mets les mains et puis o� je mets les pieds...
Ce sont les prises. Si tu fais exactement comme moi, il n'y a aucun risque.
D'accord.
Allez!
Au revoir, Marcel.
Hmmm...!
C'est bon, c'est bon, c'est bon, c'est bon!
Allez!
J'suis l�, j'suis l�.
Tu te d�brouilles bien, dis-moi.
Comment se fait-il que l'on apprend seulement maintenant que vous avez rep�r� les terroristes?
Je suis pass� par la voie hi�rarchique...
En temps de paix, c'est une b�tise, en temps de guerre c'est un crime.
L'ann�e derni�re lors du si�ge de la ferme Germain c'est ce que vous nous avez reproch�.
On n'est plus l'ann�e derni�re, Servier.
Maintenant on a un maquis qui d�file dans les villes ... et qui tue nos soldats.
Ecoutez, nous l'avons rep�r� ce maquis, et nous vous le livrons sur un plateau. Et on vous laisse tout le cr�dit de cette belle prise, si vous voulez.
Je croyais que votre carri�re d�pendait de la capture d'Antoine.
Herr Schneider, je suis un collaborateur sinc�re...
Oui, comme monsieur Chassagne...
Je crois que vos maitres sont beaucoup plus s�v�res que les miens.
Bon... Il faut que vos hommes d�crochent pour laisser la place aux n�tres.
J'avais anticip�.
Et pour vous �tre agr�able, j'ai fait reculer les GMR (Groupes mobiles de r�serve).
... afin que vos hommes puissent s'installer plus rapidement.
Bon. Il faut les faire monter, maintenant.
C'est une blague!
On ne peut pas monter jusqu'� l�-haut.
Antoine et Anselme y sont bien arriv�s.
Et ils n'avaient pas de corde.
Ah, il y a Antoine, l�-haut!
Je crois qu'il veut qu'on y aille.
Qui veut y aller en premier? Moi! Moi!
Vas-y, toi.
T'es important. Il faut que tu t'�chappes.
On est tous importants.
J'esp�re qu'on va tous s'�chapper.
T'as peur ou quoi?
Si j'avais peur, je ne te le dirais pas.
Mais non, j'ai pas peur.
Moi, j'y vais.
Putain! Mais qu'est-ce qu'ils foutent l�. C'est trop long.
J'y arriverai pas. Aide-moi, s'il te pla�t.
Ca va?
Ca va.
Quand partons-nous?
Pendant la nuit.
Qui va accueillir les enfants, demain?
Il faudra que les parents se d�brouillent.
Plus de maire.. plus d'�cole!
Tout part � vau-l'eau.
Vous avez vu Marguerite?
Hein? Marguerite!
Vous disiez que vous deviez la voir.
Oui.
Vous vous �tes expliqu�s.
Elle m'a donn� une lettre pour vous.
Ca ne m'int�resse pas.
Pourtant...
Pourtant quoi?
Parfois, je me demande qui vous �tes vraiment, Lucienne.
Votre �pouse!
Pour Kurt, je m'�tais fait une raison...
Je sais que vous y pensez souvent.
Elle vous l'a dit!
Mais non. Je le sais. C'est tout.
Je pensais que c'�tait de bonne guerre...
Mais l�! Ecoutez, Jules...
Je ne sais pas ce que Marguerite vous a dit, mais elle ment tout le temps, vous le savez!
Mon dieu! Quoi?
Le type, l�-bas.
C'est un flic r�sistant. Il vient pour tuer Margierite.
Elle a trahi pour nous, pour vous...
On ne peut pas laisser faire �a.
Filez dans la chambre de Marguerite. Je vais le retenir un petit peu...
... lui parler. Allez, d�p�chez-vous.
Dites-lui de passer par les jardins.
C'et ma poup�e... Non c'est la mienne...
(criailleries de gamines)
Christine!
Il faut lui rendre sa poup�e.
Non!
Christine, si tu ne lui rends pas sa poup�e, tu vas avoir des mauvais points. Tu as compris? Tu vas rester en retenue.
C'est ma poup�e. A moi!
C'est ma maman qui me l'a donn�e pour la No�l. Ca suffit.
Tu lui rends sa poup�e.
Non! Tu vas apprendre � ob�ir, maintenant.
Allez, rends-la moi.
Ma poup�e!
Donne.
J'ai pas fait expr�s.
Tu ne peux pas dire �a.
Tu ne m'ob�is pas. Tu ne m'�coutes pas.
Et du coup tu fais des b�tises, des b�tises grosses comme toi.
Et tu sais les cons�quences que �a va avoir?
Je vais devoir pr�venir tes parents.
Mais peut-�tre qu'on pourrait la r�parer.
Non, je ne pense pas qu'on puisse la r�parer.
(coup de feu, doubl�)
Allez, au suivant, bordel. La nuit tombe.
Qu'est-ce qu'ils foutent!
Qui y va?
Vas-y toi.
J'ai peur! On a tous peur.
Toi, allez.
Non. Je ne peux pas.
Mais tu seras attach�.
C'est quoi tous ces palabres. C'est pas vrai!
Vas-y Thierry.
Non. Toi, Claude.
Moi, je ne peux pas. Je passerai le dernier, c'est normal.
C'est le capitaine qui passe le dernier. Le capitaine c'est Antoine.
Et Antoine il est d�j� l�-haut.
Anselme!
Planquez-vous, vite!
On fait quoi?
Partez. Juste devant... Partez vite.
On se retrouvera � la c�te de la Ch�naie demain ou apr�s-demain.
Allez, vite. Au trot. Allez.
Ils sont fichus.
On ne peut rien pour eux.
On ne peut pas les laisser.
Toi, petit t'es un grand chef...
.. la r�sistance a besoin de toi.
Mort tu ne sers plus � rien. On a fait tout ce qu'on a pu.
Tu ne peux pas les sauver.
Je ne peux pas les laisser non plus.
Il faut sortir de l'enfance. Admets-le.
Accepter la r�alit�.
Se battre contre l'ennemi v�ritable.
Mourir ne sert jamais � rien.
Allez... Viens.
Antoine!
Antoine!
Bon. Tu ne glisseras pas. D'accord. Tu suis bien les marques.
Il y a la corde, mais quand m�me.
Oh, putain, c'est quoi, ce bordel?
Comment on va faire pour remonter une corde!
Ils vont en lancer une autre.
Antoine!
Ah, c'est marrant, il y a de l'�cho.
Antoine!
Beuh.. On ne peut pas monter sans corde, quand m�me!
Claude!
(un appel en allemand)
On repart au camp. On repart au camp. Vite. Allez.
Ah! Home, sweet home...
Allumez les torches. C'est pas dangereux?
Pas aujourd'hui.
Pas aujourd'hui.
Bon. On fait quoi?
Et bien, p't-�tre qu'ils auront vu qu'on n'est pas beaucoup...
Ils ne vont pas s'emb�ter � descendre pour quatre types.
Et on pourrait... on pourrait go�ter les provisions.
Et on a du vin.
Ah, du vin, �a c'est une bonne id�e.
Ram�ne du vin.
Je me demande s'ils vont venir.
Et s'ils seront nombreux?
Ah, du vin!
Claude!
Hummm..
Il est bon.
Non, merci.
Tu crois qu'ils vont passer par o�?
On ne sait m�me pas s'ils vont venir.
On ne sait jamais.
... si l'on vient.
Mais ce soir ils viendront. J'avoue, je suis des leurs.
Oh, triste d�sespoir d'accomplir ton malheur.
Sentinelles
Tu aides les sarrasins! Du soir jusqu'au matin.
Mon p�re est leur captif, Golfo.
Je n'y peux rien.
Eh, joyeux camarades, il semble qu'ils arrivent.
Pour nous, l'heure est venue d'aller sur l'autre rive.
(claquement d'une arme)
Que je suis malheureuse d'avoir pris ce d�tour...
D'avoir �t� peureuse
Quand est venu l'amour.
Non, ne regrette rien.
Oublie donc tes tourments.
Comprends bien qu'� la fin, seul compte le serment...
Adieu, mon Ariana.
Ma reine d'un autre... Encore un peu!
Je m'en vais mourir! Bien.
Je m'enfuis en chantant.
Je chante...
... � chaque instant...
Je chante � chaque seconde.
Il n'y a que l'amour qui donne un sens au monde!
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