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Original subtitles

Un acte de naissance.

Vous �tes s�rs que Marcel est avec eux?

Oui, oui. Il a �t� tortur�.

On va vous aider.

La mort de madame Schwartz �tait une faute grave. Maintenant vous vous enlisez avec le maquis!

On finit par se demander � quoi vous servez, Marquetti.

Il est o�, Marcel?

Il est rest� l�-bas.

Tu as d�truit ma confiance, Hortense.

Tu prends tes affaires et tu t'en vas imm�diatement.

Tata. Mes ch�ris, mais qu'est-ce que vous faites l�?

Marguerite est d�rang�e, Jules. C'est une invertie.

Elle a la photo d'une femme sous son oreiller.

Des gens comme vous, il faudrait les enfermer.

Sarah?

Heureusement qu'un voisin nous a pr�venu de votre retour.

Allez, vas-y!

Va-t-en.

Va trouver tonton Anselme.

Allez!

Oh...Ooooh.....

(g�missements)

(la porte claque)

Daniel!

C'est moi! C'est moi Marcel.

Chuuu...t

C'est Marcel.

Je vois rien.

Attends... Attends.

Bouge pas.

C'est toi le m�decin, maintenant!

C'est vrai que la guerre fait des miracles.

Mais qu'est-ce qui t'est arriv�?

Ils m'ont pris parce que...

... je cachais un juif...

Antoine... le maquis...

Je sais o� ils sont.

J'y ai pass� 6 jours.

Comment on fait pour pas parler!

Donne- moi ce baiser..

... garant de notre amour.

Je... je ne sais si je dois.

Mais cesse donc tes d�tours.

Ouais, c'est mieux si je te tiens le visage.

C'est plus naturel.

Essaye avec les �paules, pour voir.

Donne-moi ce baiser...

... garant de notre amour.

Je ne sais si je dois.

Apr�s la guerre, on va la monter pour de vrai, la pi�ce.

... et on va la monter dans un vrai th��tre.

... et tu seras une Arianna formidable.

L�, on joue devant des r�sistants. Il faut leur faire une fleur.

Marie, c'est une chef r�sistante...

... c'est pas une com�dienne.

... alors que toi...

Tu m'en veux pas?

Non, non. Merci.

.... je ne sais si je dois Non, non, prends-la...

... par les �paules. Pas le visage.

Ah oui, mais quand je la tiens par le visage, c'est... c'est plus intense, quoi.

Oui, mais si tu fais �a, on est s�r qu'ils vont s'embrasser.

On doit surprendre le public. Il faut toujours le surprendre.

R�essayez sans le texte, juste pour voir la position.

C'est beaucoup plus beau comme �a.

Allez, reprenez la sc�ne depuis le d�but.

Donne-moi ce baiser garant de notre amour.

Je ne sais si je dois.

Je peux parler � la vedette?

Laquelle des deux?

Toi.

Oui, allez-y.

De toute fa�on il faut qu'on r�gle le mouvement des sentinelles.

Maximum 1/2 heure, hein.

Sentinelles!

J'ai vu Jeannine.

Si �a t'int�resse toujours.

Et alors?

Et alors deux cents mille francs. Voil�.

Et elle est d'accord pour nous laisser faire le sabotage. Elle m'a donn� les horaires de garde et un plan des locaux.

Voil�.

Tu t'es d�brouill� comme un chef, dis-donc!

Je t'avais dit qu'elle marcherait.

Il faut faire parvenir cet argent � Daniel Larcher. Je vais envoyer quelqu'un.

Tu voulais autre chose?

Tu joues � quoi avec le petit?

Au th��tre.

J'ai toujours voulu essayer.

Il a 20 ans. 21.

Il est raide dingue de toi.

C'est grave?

Je ne comprends pas t'es... t'es devenu sa nounou?

Non.

Je suis un peu la seule famille qui lui reste, oui.

Alors, je ne suis pas un bon parti?

trop vieille, trop s�che, trop... trop quoi?

C'est pas bon.

Te Quiero, il mangerait jamais �a.

Pour l'instant il dort et qui dort dine, alors profitons-en.

Vas-y.

Dis que Daniel n'est pas l� et prends le nom du patient.

Et �cris lisiblement, pour changer.

H�! C'est toi, le docteur, maintenant!

Gustave, qui est-ce?

H� bien, r�ponds-lui.

C'est ton ami allemand.

Tu peux dire boche, tu sais.

Gustave, va jouer.

J'ai pas envie de jouer.

Ob�is � ta tante, s'il te pla�t.

Qu'est-ce que tu veux?

M'excuser.

Toi!

Le grand Heinrich Muller!

Mais c'est peut-�tre vrai que vous allez la perdre cette guerre.

Ecoute, Hortense...

J'ai �t� injuste, aveugle, �go�ste... Oui.

C'est ce que j'ai toujours aim� chez toi.

De �a aussi tu vas t'excuser?

J'ai compris que tu as fait ce que tu as fait...

... pour m'aider.

Tu aurais d� m'en parler. Avec toi c'est impossible.

Je voudrais que tu reviennes chez moi.

Non.

Quoi?

J'ai deux enfants sur les bras et Daniel est je-ne-sais-o�.

AAlors si tu veux, je t'invite � d�ner, mais c'est toi qui fais les commissions et pour plusieurs jours.

Tr�s bien. Tu me tiens au courant.

Tu as une migraine, mon ch�ri?

A force de lutter contre les imb�ciles!

Je vais te masser.

Aaah.

Mmm.. �a fait du bien.

Tu m'aimes?

Plus que �a!

Plus qu'aimer, c'est quoi?

Adorer.

Je ne trouve pas que ce soit plus qu'aimer.

Tu sais, ce que nous a racont� Servier...

... les patrons qui filent du bl� aux r�sistants...

Oui.

On est en train de r�ussir un fameux coup. On a un infiltr� chez les types qui collectent l'argent.

Galbier. Tu te souviens de Galbier?

Vaguement, oui.

Il est charg� de centraliser le fric, et de faire la compta.

D'ici peu on aura la liste compl�te de tous ceux qui arrosent les r�sistants.

Je peux te dire qu'on va les passer � la moulinette.

Un poil moins fort, Jeannine. Merci.

Au pied de nos remparts, je regarde l'horizon...

Il est plein de barbares hostiles � nos maisons.

Elle est o�! On avait dit 1/2 heure.

Je vais la chercher.

Je crois qu'ils sont partis vers la for�t.

Arr�tez-vous plus au milieu.

Au fait... puisque tu ne poses pas la question...

Gustave est ... en s�curit� avec Hortense.

Comment il va?

Il allait bien.

Enfin... avant l'arrestation de Sarah.

Il demande de mes nouvelles?

Pas depuis l'ann�e derni�re.

Il ne t'a pas vu depuis deux ans, tu sais.

Quand je pense que tu as v�cu un mois � 10km de lui sans t�l�phoner, sans passer le voir...

Tu es terrible.

On est tous les deux �corch�s, lamin�s, fatigu�s,...

Pas loin du peloton, de la guillotine...

... et tu trouve encore le moyen de me donner des cours de paternit�.

Oh, je ne te donne pas des cours...

Alors que franchement, t'es pas en position...

Pourquoi tu dis �a?

Alberto Rodriguez...

... un r�publicain espagnol...

... il m'a tout racont�...

... comment tu lui as menti, les yeux dans les yeux...

... en lui disant que tu n'�tais pas au courant.

Comment ta femme et Marchetti ont mont� une fausse accusation pour l'�loigner...

Il n'aurait pas pu �lever Te Quiero.

La belle affaire.

C'est �a ta justification!

Apr�s la guerre, si... par miracle on s'en sort...

... j'irai le voir..

... on trouvera une solution.

Il a �t� fusill� hier.

Daniel Larcher!

Oui.

Interrogatoire.

Courage.

Bonjour. Bonjour.

Je cherche Martin. Est-ce qu'il est l�?

Martin.

Martin? Peut-�tre.

Je... je viens de la part de Raymond.

Je ne connais pas de Raymond.

Raymond Schwartz. Ca ne me dit rien.

La scierie Schwartz.

Vous ne connaissez pas?

Non.

Je suis d�sol�. J'ai du travail.

J'ai un message urgent � lui faire passer.

Je vous dis que j'ai du travail et je ne connais pas ce monsieur.

Il m'a dit de vous contacter en cas d'urgence et l� c'est une question de vie ou de mort.

Allez-vous en.

Ecoutez. J'ai pris de gros risques en venant ici.

Allez-vous en madame. Pour vous... et pour moi.

Il y a un tra�tre chez vous.

Un rouquin qui s'appelle Galbier qui est en train de compromettre tous les gens qui donnent du fric � la r�sistance.

Comment le savez-vous?

Je suis la femme de Philippe Chassagne...

Galbier... Vous vous souviendrez?

Vous devez �tre comme des soldats de plomb.

En mouvement. En plomb ou en mouvement? Les deux.

Allez, vous �tes pr�ts?

Un, deux, un, deux. Venez vers moi.

Un, deux, un, deux, un, deux, un, deux...

Attention, demi-tour.. droite et vous repartez.

Voil�. Jusqu'au fond.

Arr�te de lire, toi. Fais la sentinelle.

C'est bien.

Elle est o�, Marie?

J'en sais rien.

Je croyais que tu �tais parti la chercher.

Et bien je l'ai pas trouv�e.

Et qu'est-ce que t'as, toi, maintenant?

Rien.

Tu deviens aussi chiant qu'un vrai com�dien.

Je te dis qu'il n'y a rien.

Je commence � te connaitre. Je vois bien que tu fais la t�te.

H� bien quand je fais la t�te, il faut me foutre la paix.

C'est bien, les gars.

C'est pas trop t�t!

1/2 heure!

On avait des choses � voir avec Schwartz. Des choses importantes.

D�sol�e.

Bon, allez. On reprend.

Antoine.

A ta place.

D�sol�e.

Monsieur fait la gueule. Bin �a lui passera.

Sentinelles!... Allez-y.

Demi-tour.

C'est bon. Repartez ensemble.

Qu'est-ce qu'il y a maintenant?

J'ai une id�e.

A mon commandement... En avant... Marche!

Halte!

Demi-tour... Droite!

En avant... Marche.

Halte!

Demi-tour... Droite!

Arme au pied.

Tu joues � quoi, l�?

C'est �a qu'il faut faire!

Ca quoi?

Pour le 11 novembre. Un d�fil�.

Un vrai d�fil�.

Dans les rues de Villeneuve.

Quoi?

On a les gars, et les fusils.

On trouve des uniformes, on trouve des camions, on s'organise un peu... enfin beaucoup...

... et on d�file.

Dans la grand rue... la t�te haute ...

.. en chantant la Marseillaise ... et on d�pose une gerbe de fleurs au monument aux morts.

Et les allemands?

Il faut trouver un moyen de les attirer ailleurs.

Les flics fran�ais?

Ca? Je crois qu'on arrivera � les neutraliser.

Avec une baguette magique.

Non. Avec votre copain.

Jean-Louis le catho.

C'est un flic de Villeneuve. Il nous aidera.

Je n'ai jamais rien entendu d'aussi ridicule et d'aussi infantile.

Les uniformes? On en trouvera.

...ou on les fabriquera... On a bien fait des fusils!

On a des gars entrain�s pour d�filer.

On a les camions de Raymond pour les transporter.

Et surtout, nom de dieu, on a envie de montrer qu'on est des r�fractaires...

... ayant choisi la France Libre. Libre, bordel...

Libre... de d�filer le 11 novembre pour f�ter la victoire d'hier et la victoire de demain.

Libres de montrer qu'on est des hommes...

... des soldats... des fran�ais.

Imaginez...

... les gens de Villeneuve...

... vos parents...

.. vos fr�res, vos soeurs...

... qui nous voient d�filer en rangs.

L'arm�e du maquis!

... qu'ils nous entendent chanter la Marseillaise..

L�, je peux vous dire qu'ils comprendront que la lib�ration est en marche.

Pas question que les mouvements unis de r�sistance s'associent � cette pitrerie.

Je m'en fiche! On fera sans vous.

Enfin, dis-lui, toi, que c'est de la folie.

C'est de la folie.

Mais, putain, �a aurait une sacr�e gueule.

C'est infaisable.

Difficile, mais pas infaisable. Anselme!

Pas infaisable. Il a raison.

Il faut montrer � tout le monde qu'on est des soldats,; pas des terroristes.

Tu imagines la r�pression apr�s, si on fait une chose pareille?

T'imagine? J'imagine aussi l'impact!

... si on fait une chose pareille.

Ca se saura dans tout le pays.

Et m�me au-del� du pays.

J'en suis.

Alors?

Les mouvements unis de r�sistance sont-ils convaincus? Non.

Je trouve �a irresponsable, inutile. Je ferai tout ce que je pourrai pour m'y opposer.

Ca risque de ne pas suffire.

Et la pi�ce?

On ne peut pas faire la pi�ce et le d�fil�.

La pi�ce?

Tu la joueras pour f�ter la lib�ration.

(aspiration tr�s bruyante)

Tu peux essayer de faire moins de bruit en mangeant ta soupe?

Ca vous d�range, le bruit?

Ca d�pend du bruit.

J'aime bien la musique. J'aime bien... le bruit de la pluie sur les toits...

...mais je n'aime pas t'entendre aspirer la soupe.

Avec mes parents, quand on �tait tous les trois on faisait toujours du bruit en mangeant de la soupe.

... �a faisait rire maman.

Gustave, essaye de faire moins de bruit s'il te pla�t.

Oui, tata.

Mon p�re, vous savez o� il est?

Oui. En prison.

Il a fait quelque chose de mal?

Gustave, arr�te.

Non, non. Pourquoi?

C'est la guerre, Gustave...

... il n'y a pas de bien ou de mal.

Il y a des gens qui se battent.

... et ton p�re se bat contre nous.

Il tue nos soldats.

...alors on l'a arr�t�.

Et vous allez le tuer?

Tu n'as pas � r�pondre � �a.

Ton p�re est un combattant comme moi...

... il se bat pour ses id�es.

Je le respecte vraiment.

Ca ne me dit pas si vous allez le tuer.

(bruits de ferraille) Euhhh! Euhhh!

J'ai pas parl�!

J'ai pas parl�!... Mais ils savent que je sais o� est le maquis.

Il y a une esp�ce de brute...

... Schneider... un type du S.D. ...

Oui, je connais.

Marcel...

... il faut m'aider � mourir, Marcel.

Je ne peux pas.

Je ne peux pas.

Tu le ferais, si je te le demandais?

(sanglot)

C'est in-fai-sa-ble!

Laisse-le aller au bout.

Imaginez que les boches soient inform�s le 11 novembre vers midi...

... que le commissariat de Moissay et la caserne allemande sont attaqu�s.

On t'a d�j� dit qu'on ne voulait pas d'attaque de ce genre.

Je ne vous ai pas dit qu'on attaquait...

... je vous ai dit que les boches �taient inform�s qu'on attaquait.

Tu vas enfumer les boches!

Comment?

Allo,... la Kommandantur? Commissaire Bertrand � l'appareil...

... les r�sistants nous attaquent. Ils sont des dizaines... on a des bless�s...

Ils attaquent votre caserne aussi. On entend des coups de feu. Venez vite! Venez vite.

Il est bon!

Bon. Mais enfin, le boche il raccroche, il t�l�phone � Moissay pour v�rifier. Fin de la r�cr�.

Non, parce que juste avant on aura coup� les lignes t�l�phoniques entre Villeneuve et Moissay.

Couper les lignes... Il y a quatre c�bles � couper et je sais exactement par o� ils passent

Par quel miracle?

C'est la scierie Schwartz qui fabrique les poteaux t�l�phoniques du secteur.

Je connais mieux le plan des lignes qu'un employ� des PTT.

Vive la collaboration.

Quatre gars bien d�gourdis et des bonnes scies et Villeneuve est coup� de Moissay.

Ils appellent Moissay. Ca ne r�pond pas. Ils pensent que Moissay est bel et bien attaqu�.

Non, mais attend. Ca ne marche pas.

Ton coup de fil, tu le passes d'o�?

J'sais pas. De n'importe o�!

Ah non! Si tu appelles en manuel, l'op�ratrice va dire � la Kommandantur d'o� tu appelles.

Bin il faut appeler en automatique.

T'en as de bonnes, toi!

L'automatique il n'y a que les boches, le commissariat et la pr�fecture qui l'ont.

Bin alors, il faut appeler du commissariat de Villeneuve.

Le commissariat de Villeneuve...

Vous n'�tes pas rest� en contact avec un gars qui pourrait donner un coup de mains au commissariat?

Peut-�tre un... oui.

Bon.

Admettons que tu trouves des uniformes...

... des camions et assez de malades mentaux pour te suivre...

Il y a lui, d�j�.

A onze heure, disons, tu coupes les lignes...

... � onze heure et demie, le type appelle au secours...

... les boches y croient et filent � Moissay.

Mais ils vont laisser des types ici. Combien?

Je ne sais pas. Ils sont 30 � la caserne. Disons au moins 5 o� 6.

Des troufions.

Oui. Les officiers... s'ils y croient... ils iront � Moissay.

Bin, alors... il est o�, le probl�me?

Vos 5 ou 6 troufions quand ils vont voir 100 r�sistants arm�s qui d�barquent...

... ils vont se tirer ou se planquer sous le lit, je peux vous dire.

Oui... mais non. Avant de se planquer sous les lits, ils vont appeler leurs officiers par radio...

On aura coup� les lignes.

Le t�l�phone, mais pas la radio.

D�s qu'on va commencer � faire du bruit, ils vont appeler la cavalerie.

Et l�, on devra d�crocher imm�diatement ou on est fait comme des rats.

On arrive et on repart, quoi.

D�sol�, petit. J'ai failli te croire.

Attendez...

Il est o�, le centre radio de Villeneuve?

Bin, � l'�cole.

Pourquoi?

Mais j'ai jamais entendu parler du central radio, moi.

Et bien apparemment, il est � l'�cole.

Mais c'est grand l'�cole.

... surtout c�t� allemand.

Et on n'est pas cens� y aller, hein.

B�riot m'a dit qu'il y allait r�guli�rement.

Il est � Lyon, B�riot.

.. sinon, c'est lui qui serait venu.

Il rentre quand?

Mais je ne sais pas.

Dans deux jours?

La femme de B�riot elle est l�, en ce moment?

Oui.

Mais elle aussi, elle y va, du c�t� allemand.

Elle saurait o� il est, le local radio.

Peut-�tre, mais... Mais quoi?

On ne s'entend pas.

D�brouillez-vous!

Mais, franchement, il vaudrait mieux trouver une autre solution.

Ecoutez, le 11 novembre vers midi, on va faire une action sp�ciale � Villeneuve...

... un truc �norme.

Mais on va tous risquer notre peau. On peut compter sur vous, oui ou non?

Mais �videmment! On d�pend enti�rement du fait que vous trouviez ce local radio...

Et que vous le sabotiez, un peu avant midi.

Mais c'est plein d'allemands l�-bas. Comment voulez-vous qu'on y arrive?

Normalement, des boches, il n'y en aura plus beaucoup.

Ils seront occup�s ailleurs.

Et si on n'y arrive pas?

On attendra un signal comme quoi vous y �tes arriv�es.

Je vais rentrer.

Ah bon.

On ne va pas faire l'amour ici, quand m�me!

Et pourquoi pas? Les enfants dorment.

Qu'est-ce que tu en sais?

Te Quiero, il s'endort comme une masse pour 12 heures et Gustave, sa chambre est loin.

Et si ton mari rentre?

T'as peur de lui, maintenant?

Peur! Hannn! Mais je n'aimereais pas qu'il rentre, quand m�me.

Apr�s tout on... on est chez lui, ici, non?

T'es quand m�me un curieux m�lange.

Tu ne suis aucune r�gle et voil� que soudainement appara�t une limite?

C'est parce que depuis... quelques temps, je vois la mort de plus pr�s.

La mort est une limite, tu sais.

T'es joyeux, comme compagnon!

Ce n'est pas moi, c'est l'�poque.

Peut-�tre c'est la morphine...

D'ailleurs, je vais en prendre.

... et je reviens.

Qu'est-ce que tu attends?

(sonnerie de t�l�phone)

Oui, allo

Ah, Ludwig!

Was?

Ich come.

Je crois que tu as laiss� passer l'occasion, Gustave.

Tu dois apprendre � saisir les occasions.

Hortense!

J'ai des nouvelles de ton mari.

Et elles ne sont pas bonnes.

Tu manges quoi?

De la pur�e de ch�taignes.

Pas mal.

Antoine nous a vu tout � l'heure

R�sultat, il est en train de faire une belle connerie.

Le d�fil�.

Je trouve �a marrant, moi.

Si �a rate, ce sera un massacre.

Si �a r�ussi, les boches feront un carton dans la population. Tu trouves �a vraiment marrant.

Ouais!

C'est pas un jeu, tu sais.

Bin, toi, tu as jou� avec lui...

... lui, il joue avec ses petits STO.

et puis nous, on fait joujou tous les deux

Tu m'�nerves.

Toi aussi tu m'enerves.

Je te d�teste.

Sans tes camions, il ne peut pas le faire.

Je sais.

Alors, tu vas les lui filer?

Oui.

Pourquoi?

C'est marrant.

Une, deux, une, deux, une, deux, une, deux, ...

Stop!

Vous �tes pas ensemble!

C'est pas facile.

Tout � l'heure � la r�pet, vous �tiez ensemble!

On �tait par rang�es de deux.

Et la pi�ce c'est pas pareil. L� c'est pour de vrai.

Il faudrait mettre les petits devant et les grands derri�re.

Chacun se r�gle sur le pas de celui qui est devant... Je ne sais pas...

On va essayer en marchant.

Oh tiens, passe moi le fusil Allez, d�p�che-toi avec le fusil..

Arm�e du maquis en avant. Une, deux, une, deux, une, deux, une, deux, une... Stop!

Oh, oh, oh, oh vous refaites comme � la r�pet, c'est pas compliqu�!

Si c'est compliqu�.

Il faudrait p't-�tre demander � Claude.

D�merde-toi!

Ecoute.. je suis d�sol� pour la pi�ce...

... mais... mais la pi�ce, tu pourras la jouer plus tard, non?

T'as une fa�on de manipuler les gens, c'est terrible.

Mais pas du tout.

Attends, d'abord tu veux jouer, pour marivauder avec Marie fouttant en l'air tout le travail de Thierry et Charles...

T'�tais pas oblig� d'accepter....

T'�tais bon. J'y peux rien.

Et elle aussi.

Et puis soudain, �a te prends comme une envie de pisser tu rechanges d'avis et tu reviens avec ton id�e foireuse de d�fil�, l�.

C'est pas foireux.

Tu traites les gens comme des pions, Antoine.

C'est pas ce que tu fais, quand tu les mets en sc�ne?

Quand on met en sc�ne, on n'est pas dans la vie, bordel! Sur sc�ne on peut traiter les acteurs comme de la merde, mais apr�s il faut savoir les respecter.

Ecoute...

Ce d�fil� c'est... c'est comme une pi�ce...

... mlais qu'on va jouer devant tous les habitants de Villeneuve.

C'est un spectacle.

... dont ils se souviendront toute leur vie.

Un spectacle qui va peut-�tre changer toute la face de la r�sistance dans le Jura.

Ca, c'est un sacr� d�fi, pour toi, non?

C'est les remparts que je voulais jouer, moi!

Pas faire un d�fil� militaire � la con.

Mais, pourquoi tu pr�f�res faire une pi�ce � la con plut�t qu'un d�fil� � la con?

Elle ne te plait pas, la pi�ce?

Attends, elle est compl�tement nulle. C'est le Cid sans le talent.

Ca n'a rien � voir avec le Cid.

Aheh... l'amour contre le devoir... en alexandrins... pas fameux, d'ailleurs...

M'�tonne pas qu'il ne l'ai jamais fait jouer ton Bernstein.

Ecoute, des pi�ces, t'en monteras des tonnes apr�s la guerre...

... et des meilleures que �a.

... mais, je ne peux pas y arriver sans toi.

J'ai besoin de toi.

Voil�... T'es content?

Oui, je suis content.

Tu vas m'aider.

Oui, je vais t'aider.

Tu nous rejoins.

Oui.

Tu sais, quand tu es parti, en 36...

Et bien quoi?

Papa...

... il continuait � manger son poulet comme si de rien n'�tait...

Et alors?

... au bout d'un moment il s'est essuy� les doigts et il m'a dit...

Ton fr�re, c'est un emmerdeur... et une t�te de mule...

... mais il a du courage.

On a tous du courage.

... mais pas pour les m�mes choses.

Daniel Larcher!

Debout!

Qu'est-ce que vous venez faire ici?

Aussi curieux que cela puisse para�tre...

(en allemand il demande le formulaire)

... je vous lib�re.

Je ne vous d�range pas?

Non. C'est vous qui avez peur de d�ranger, maintenant!

Ecoutez, je suis d�sol�e de ce qui s'est pass�. Je ne veux pas parler de �a.

Tr�s bien.

Je ne suis pas venue pour �a, de toute fa�on.

Vous savez que je suis engag�e dans les activit�s de votre mari.

Ca ne me regarde pas.

Si.

J'ai besoin de votre aide.

Pour ces activit�s?

Il n'en est pas question. Lui ne serait pas d'accord.

Qu'en savez-vous?

Demandez-lui quand il reviendra, vous verrez.

J'ai besoin de votre aide avant qu'il ne rentre.

Je ne vous crois pas.

Vous allez parfois dans la caserne allemande?

Oui, �videmment.

Mais enfin moins ces derniers temps. Ils ont renforc� la s�curit�.

Est-ce que vous voyez o� se trouve la radio?

La TSF?

Non. La radio militaire.

Oui. .. Dans l'ancienne salle des cartes.

Vous pensez que je pourrais y aller?

C'est strictement interdit. Et puis c'est ferm� � cl�.

Qui a la cl�?

Un feldwebel.

Vous le connaissez?

Oui.

C'est le grand brun.

... �tudiant en histoire, po�te � ses heures.

Ah oui.

Il s'appelle Reinhard.

C'est �a?

Oui.

Il a une fianc�e � Dresde.

Vous le connaissez bien, dites-moi.

Si vous voulez tout savoir, je crois qu'il a un petit faible pour moi.

Il faut que je puisse entrer dans cette salle.

Demain, un peu avant midi.

Il le faut, Lucienne.

Si Jules �tait l�, c'est lui qui le ferait.

Il n'est pas l�. On doit le faire.

Pourquoi?

Parce que Jules et moi sommes engag�s avec des gens qui en ont besoin. Et ils n'ont pas demand� �a � la l�g�re, croyez-moi.

Il faut qu'on trouve un moyen de faire venir Reinhard ici...

... le 11 novembre, un peu avant midi.

Pendant que vous l'occupez...

... on lui prend la cl�...

... je vais l�-bas, ... et je reviens...

C'est impossible.

C'est comme le chant, Lucienne.

Il suffit de vraiment vouloir.

Ca se l�ve.

Un, Deux, Trois. Amour sacr� de la patrie...

(le clairon l�che une batterie de canards)

Ne serre pas trop fort, mon ch�ri, tu me fais mal.

Mon papa � moi.

Ton papa, oui.

Je suppose que c'est � toi que je dois ma lib�ration.

A moi et � lui.

O� il est, maintenant?

D'apr�s ce que j'ai vu, il a dormi ici.

Ah! Quelle importance.

Tu sais comment il a fait?

Il t'a d�clar� comme informateur de la police allemande.

Il n'y avait pas d'autre moyen.

Remarque, je ne suis plus � �a pr�s.

T'as eu peur?

Oui.

Et papa?

Il tient le coup.

Pourquoi tu es sorti et pas lui?

C'est un peu compliqu� � t'expliquer.

Ouais, ben c'est d�gueulasse!

Pour ton papa, il y a encore de l'espoir.

Tu ne m'embrasses pas?

J'ai pas envie d'�tre en retard.

Ca lui passera.

Pas s�r.

Si tu as envie qu'il vienne ici, �a m'est compl�tement �gal.

Et puis... je lui dois la vie. Pas vrai?

Je suis heureuse de m'occuper de Te Quiero, tu sais.

Une fois tous les six mois, oui.

(conversations allemandes)

Celle de la radio, c'est celle-l�, devant.

Madame B�riot... il y a un probl�me?

Heu... c'est possible, de parler � Reinhard, deux minutes?

(il appelle en allemand)

Qu'est-ce qu'il dit?

Il dit... "ta ch�rie est l�", je crois, quelque chose comme �a.

C'est plus qu'un petit faible, hein.

Ca va �tre facile.

Bonjour, Marguerite. Bonjour.

Bonjour Reinhard.

Ah, madame B�riot a un probl�me...

Oui, c'est un probl�me de plomberie.

... mon mari n'est pas l�, en plus.

Je suis pas tr�s fort en plomberie.

Erich est tr�s bon.

Mais non, vous.

... comme �a, vous nous parlerez de Dresde.

J'ai toujours r�v� moi, d'aller � Dresde.

Ah bon!

Vous voulez que je vienne maintenant?

Non. Demain, � 11h trente.

Demain difficile. Cas sp�cial. 11 novembre ...

... pas sortir de la caserne.

Ce serait gentil.

Aor�s-demain?

Apr�s-demain, il y a les enfants...

Reinhard, pour me faire plaisir.

Alors l�, c'est la tuile!

C'est pas vous qui lui plaisez, c'est moi!

Qu'est-ce qu'on va faire?

Je ne vois qu'une seule solution.

Demain c'est moi qui le retiens et c'est vous qui allez � la radio.

Vous �tes compl�tement folle!

Je suis incapable de faire �a.

Ecoutez, Lucienne, il faut arr�ter de vous raconter que vous �tes incapable de tout faire.

L�chez-moi.

Je vais le vamper, subtiliser la cl�...

... et vous la passer.

Discr�tement.

Vous pourrez faire �a avec un homme?

Vraiment trop dr�le!

Pour de faux, je pourrais faire �a avec un l�zard.

Un l�zard?

Ne vous inqui�tez pas. Tout ce que vous auraz � faire c'est de repasser c�t� allemand et d�brancher un fusible.

Oui mais devant un soldat.

D'apr�s ce qu'on m'a dit, il n'y en aura plus beaucoup, des boches.

Ils seront occup�s ailleurs.

Oui, bon mais peut-�tre que Reinhard ne sera pas l�.

S'il est en charge de la radio, je doute qu'il s'en aille.

Il faut qu'on aille chercher les camions.

Antoine?

On m'envoie � Dijon pour coordonner les actions des MURS sur le nord est.

F�licitations.

Sache que...j'ai rendu un rapport pour critiquer violemment ton projet.

F�licitations.

Renonce. C'est un mauvais projet que tu fais pour de mauvaises raisons.

Vous semblez bien s�re de vous.

... comme toujours.

Tu m'en veux, c'est �a?

Non, pourquoi?

Tu le sais tr�s bien.

Je n'ai aucune raison de vous en vouloir.

Bon voyage � Dijon.

Il faut qu'on y aille. Il faudrait qu'on arrive avant la nuit.

Si tu y vas, je ne te le pardonnerai jamais.

Restez l� tous les trois pour l'instant.

Vous avez raison. Il n'y a pas le gardien.

Il n'y a plus grand chose � voler, de toute fa�on.

Tiens, viens. Par l�.

Ce soir on va prendre les camions, mais... je ne vais pas venir avec vous au d�fil�.

Vous pr�f�rez d�filer � Dijon?

T'es un petit malin, toi, hein?

Je croyais que c'�tait une vieille histoire?

Ecoute, jeune ou vieille, c'est mon histoire de toute fa�on.

Du moment qu'on a les camions, �a me va.

H�... qui �a peut �tre?

Ca ne peut pas �tre le gardien. Il n'oserait pas aller dans le b�timent principal.

C'est peut-�tre des voleurs.

Non. Ce soir, c'est nous, les voleurs.

Viens, on va voir.

Oh, calme-toi.

Je suis calme.

Ca y est. Je l'ai trouv�.

Je ne l'avais jamais vraiment regard� mon acte de naissance il est beau au fait.

Je ne savais pas que je m'appelais Eliane, No�mie, Cl�mentine.

Vous �tes gentil.

Ca ira. Vous voulez que j'aille voir s'il reste quelque chose dans le garde-manger?

Qu'est-ce qu'elle fait l�?

Oh, je lui avais promis un papier. Et puis j'ai oubli�.

Il ne faudrait pas qu'elle nous voit.

Attendons qu'elle soit partie.

Comme vous voudrez, monsieur Marchetti.

Ah non. Jean, je ne pourrais pas.

M�me � la mairie.

Pour moi vous serez toujours le.. Monsieur Marchetti.

Bon, �coutez, on verra. Je vais pas tarder � rentrer. Il faut que je passe chez ma cousine r�cup�rer des robes.

On est parti tellement vite l'ann�e derni�re qu'elles sont rest�es l�-bas.

Elle est en cheville avec Marchetti.

C'est elle qui a balanc� Jo.

Ah mon dieu!

Arr�te-toi. Eliane. Attends!

Eliane.

Antoine. Non,!

Jeannine!

Je suis l�.

Tu sais, le type dont je t'avais parl�...

Galbier...

Oui.

Il s'est fait descendre.

Deux types � moto tout � l'heure en sortant de chez lui.

Mon dieu...

Ils l'ont achev� d'une balle dans la bouche.

Il a eu le temps de transmettre la liste?

Putain! On va les traquer, les trouver, ces ordures.

Je suis vraiment d�sol�e, mon amour.

Dis, on d�jeune toujours chez le pr�fet, demain?

Non. Non, non. Il y a des rumeurs comme quoi les r�sistants pr�parent un coup pour le 11 novembre.

A Gournay ou Moissay.

Je vais demander des effectifs de police en plus.

En tout cas je peux te dire que si ces salopards s'agitent, on va le venger, Galbier.

(g�missements)

Qui t'a fait �a?

Mmm... Qui?

C'est mmm..sch... ... Antoine.

Je ne veux pas mourir...

Non. Tu ne vas pas mourir.

Je vais te trouver un m�decin.

Tu ne vas pas mourir.

D'accord?

C'est... c'est vous..

Toutes ces �toiles...

Eliane!

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