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La Livraison (S05 E07)
J'ai besoin d'un m�decin.
Vous sortez de chez moi ou j'appelle la police.
Vous allez venir avec moi, Docteur que �a vous plaise ou non.
Il a une chance de s'en tirer?
Il va s'en sortir.
Vous me ramenez, maintenant?
Dans deux jours.
On est chez le Docteur Larcher, ici?
C'est lui, c'est Kohn. Chope le, chope le.
Le bon docteur Larcher! Il h�berge un ... youpin recherch�.
Votre femme est dans une sale situation.
Son fr�re, Antoine, dirige un maquis quelque part dans les montagnes.
Est-ce que vous savez o� se trouve le camp de votre fr�re?
Attention, la fen�tre!
Il para�t qu'il y a eu une raffle � la brasserie George.
Contr�le d'identit�, Mesdames et Messieurs.
Marcel peut �tre ex�cut� � tout moment.
Feuer! (coup de fusil)
Vous �tes s�re que Marcel est avec eux?
Je l'ai vu.
C'est lui qui m'a dit que Raoul �tait l�-bas.
Il a �t� tortur�.
Ecoutez, on est d�sol� pour vous, mais... en quoi cela nous concerne?
Mais enfin... Tu ne peux pas leur dire �a!
Les gens se font torturer, fusiller tous les jours...
... � Villeneuve o� ailleurs...
C'est triste mais... Ceux-l� on les conna�t.
Et alors, la vie d'un homme a plus de valeur parce qu'on le conna�t?
Claude, on n'est pas au th��tre.
Mais fiche moi la paix avec le th��tre!
Je te parle de notre s�curit�, l�.
Intervenir l�-dedans c'est prendre d'�normes risques...
... alors excusez- moi d'insister, mais en quoi est-ce que �a nous concerne?
En temps ordinaire, j'aurais mont� une op�ration avec le mouvement, mais avec l'arrestation d'Anselme, tout le monde est dans la nature
Je n'ai personne, � part vous.
On n'est pas capable... d'attaquer une prison.
Mais personne ne te parle d'attaquer une prison!
On va vous aider.
C'est quoi, votre plan?
Bin, dans notre malheur on a une chance: le cousin de mon mari qui est gardien chef � la prison de Villeneuve...
... m'a dit que Marcel et les autres seraient transf�r�s demain � 15h � la Kommandantur.
Vous voulez attaquer la Kommandantur!
Non! Mais c'est pire que la prison �a! Arr�te!
Il ne s'agit pas d'attaquer la Kommandantur, juste de leur filer une arme discr�tement. Anselme saura s'en servir.
Et... c'est quoi, votre plan pour entrer?
J'avais pens� qu'avec les ... uniformes que vous aviez r�cup�r�s, on trouverait quelque chose.
Qu'est-ce que tu fais?
J'ai d�cid� de te peindre.
Moi aussi.
Tu as d�j� fait �a?
Il y a un d�but � tout.
Prends la pose.
La pose... Quelle pose?
Tu joins les mains...
... en pri�re...
... tu prends le regard inspir�.
Inspir� par quoi?
Disons...... par Dieu. Tu connais?
Non, mais je peux toujours essayer.
Heu... Comme �a. Ca va?
C'est parfait.
Sainte Hortense.
Ahhh... �a fait maintenant 24h que je n'ai pas eu mal.
J'avais oubli� comment �a faisait.
Je suis contente pour toi.
Ne bouge pas.
Oui.
C'est dr�le de penser que c'est gr�ce � ton mari.
Oublie-le un peu, tu veux.
Hier, quand tu es all�e prendre la morphine...
Oui?
Ne bouge pas. Il t'a parl� de son fr�re?
Non, il ne m'en a pas parl�.
Sans doute, hier il y avait beaucoup de malades.
Oui, je te l'ai dit, il y avait beaucoup de monde.
Pourtant... tu m'as dit qu'il avait eu le temps de te parler de politique.
Et alors?
Il aurait d� avoir le temps de te parler de son fr�re.
Heinrich, qu'est-ce que tu cherches � la fin?
Daniel m'ennuie. Je n'ai plus envie de le voir ni de discuter avec lui � part quand j'ai besoin de morphine pour toi. Voil�, �a te va?
Qu'est-ce qui te prends? Tu me fais mal!
Heinrich, qu'est-ce que tu fais?
De l'art vivant.
Mais tu es fou!
Oui, fou. On me le dit souvent ces derniers temps.
Assez!
Arr�te.
Ton mari a �t� arr�t� par le maquis il y a plusieurs jours. Qui t'a donn� la morphine?
Hummm?
Chassagne.
Tu prends tes affaires et tu t'en vas imm�diatement.
Heinrich, j'ai fait �a pour toi.
Tu as d�truit ma confiance, Hortense...
... et sans confiance...
...il n'y a plus rien.
Heinrich!
Si tu es encore l� dans 20 mn, je te fais mettre dehors.
C'est impossible, entrer dans la Kommandantur comme �a.
Vous allez vous faire prendre et massacrer.
M�me avec des uniformes?
Uniformes, c'est pire.
On vous demandera tout de suite, en allemand, qui vous �tes, o� vous allez.
Nein, il vaut mieux �tre en civil.
Mais il vous faut... vorladung... une convocation, un papiere...
Les allemands ne croient qu'aux papiers.
Bon! Ca me semble clair.
Il y a quelqu'un qui pourrait entrer facilement dans la Kommandantur.
Qui �a?
Raymond Schwartz.
Vous iriez lui demander �a?
Ah non! pas moi.
Je ne vous entend jamais arriver.
J'aime bien vous voir remplir les encriers.
Ca me rappelle ma m�re.
...quand elle pr�parait le petit d�jeuner. Elle versait le th� dans les tasses...
... des tasses de porcelaine bleue.
Je n'ai jamais retrouv� ce bleu.
Si vous saviez comme �a m'ennuie, moi, les encriers.
Pourtant, vous avez le coup de main. C'est l'habitude.
Oh, non! Encore.
Si on n'y allait pas!
O�? A l'abri.
Je ne vois pas pourquoi, juste cette fois, la bombe tomberait sur l'�cole!
Si, si. Venez.
On ne sait jamais.
Ils sont cens�s nous lib�rer, mais ils nous bombardent.
Ils bombardent l'Allemagne.
Aujourd'hui, ce n'est pas l'Allemagne.
Ca doit �tre les usines de Montb�liard.
Non... C'est plus pr�s.
Peut-�tre la gare de triage.
Ne vous inqui�tez pas.
Les avions sont loin.
Ca peut aller vite, un avion.
Je me souviens, en juin 40...
... on avait emmen� les enfants faire un pique-nique avec Bruno...
... l'institeur principal,...
... il faisait beau...
... les avions �taient � 100km...
... c'est ce qu'on nous avait dit...
... mais ce jour-l� deux enfants sont morts et Bruno aussi.
Il ne faut pas penser � des choses comme �a.
Du coup, moi aussi, j'y pense, maintenant.
C'est malin!
Vous pensez � quoi?
Camille.
Votre premier amoureux?
Le professeur.
Mon amoureux, oui.
Quoi, ce n'�tait pas votre amoureux?
Si, si.
Une bombe est tomb�e sur son �cole, c'est �a?
Oui.
Pas loin d'ici, d'ailleurs.
Il est mort avec huit enfants de sa classe.
Il �tait mari�?
Ah, non.
Non, ce n'�tait pas le genre.
Il �tait... mmmh...
Je crois qu'il m'a tout appris.
Sur quoi?
Sur quoi?
Je ne sais pas.
Je crois que....
Je crois qu'il m'a appris � rire.
Oui, c'est �a, il m'a appris � rire.
Avant lui, je ne riais pas beaucoup.
Parfois, on dirait que vous l'aimez encore.
Il est mort.
Et alors?
Non.... C'est du pass�.
Enfin, j'ai encore sa photo sous mon oreiller.
Parfois, je me dis...
... qu'elle me prot�ge.
... contre les forces du mal.
Risquer sa peau, �a ne me g�ne pas, mais pour une bonne raison.
Trois r�sistants � faire �vader, ce n'est pas une bonne raison?
Je ne le fais pas pour les types.
Je le fais pour la fille.
Et alors?
Ce n'est pas une bonne raison?
Pas dans ta position d'aujourd'hui.
On nous a entrain� ici sur un projet de groupe et tu nous mets en danger pour un truc individuel.
Excuse-moi, mais...
... pourquoi tu fais faire du th��tre � ces pauvres malheureux?
Ca n'a aucune... Non!
Tu fais �a pour toi.
Parce que le th��tre c'est ta vie.
Ca ne me g�ne pas.
Chacun ses g�uts.
Mais ne viens pas me raconter que c'est pour eux!
Tu agis pour toi, comme tout le monde.
Evidemment!
Alors?
La question dans la vie, c'est: est-ce que ton �go�sme sert � quelque chose?
Trois prisonniers � faire �vader, �a, sert � quelque chose.
Et qui te remplacera si tu te fais descendre?
Je ne sais pas.
Elle?... Toi?
Quelle importance?
Je n'ai pas envie que tu te fasses descendre.
C'est tr�s gentil � toi.
... mais �a ne m'emp�chera pas de faire ce que j'estime devoir faire.
Je ne vous d�range pas?
Si!
Non, je plaisante.
Moi, j'ai fini.
Je retourne sur sc�ne.
Tiens!
C'est tout ce qu'on a.
Anselme saura s'en servir, Larcher aussi, je suppose.
J'aimerais venir avec toi, mais je suis trop connue � la Kommandantur, �a ferait plus de mal que de bien.
Je sais.
En tout cas merci... pour ce que tu fais.
Oui.
Est-ce... Est-ce que Raymond a �t� votre amant?
Tu poses beaucoup de questions, dis-donc.
C'est pour savoir comment lui pr�senter ma demande... c'est de la strat�gie militaire.
Mais tu sais bien que Raymond et moi, on a v�cu quelque chose. Pourquoi tu demandes?
C'�tait il y a longtemps?
Oui... et c'est fini, depuis longtemps aussi.
Alors, comment tu comptes t'y prendre avec lui?
Je ne sais pas.
En �tant sinc�re.
Tr�s mauvaise id�e. S'il sait que c'est pour moi, il ne le fera pas.
Vous deviez nous fournir quelqu'un pour infiltrer le maquis.
Nous l'attendons toujours.
On ne trouvera personne.
Il nous faut quelqu'un du coin.
Malheureusement, les gens du coin les soutiennent.
A moins qu'on leur donne beaucoup d'argent.
De l'argent, on n'en a pas.
On ne va pas commencer � payer pour avoir de l'information sur les anti-nationaux!
On finit par se demander � quoi vous servez, Marchetti.
Parce que vous savez � quoi vous servez, vous, peut-�tre?
Ecoutez, Marchetti, la mort de Madame Schwartz �tait une faute grave. Maintenant, vous vous enlisez avec le maquis!
Je crois effectivement qu'il faut du changement.
Le capitaine Blanchon des GMR va prendre la direction de la police de Villeneuve. (GMR:Groupe mobile de r�serve unit�s paramilitaires cr��
Et moi?
Repartez aupr�s de lui.
Je compte sur vous pour localiser et neutraliser le maquis Antoine. C'est compris
Messieurs.
Vous auriez d� le r�voquer.
C'est un bon policier.
Comment pourrait-il �tre bon, il a engross� une juive.
Savez-vous que le g�n�ral Heydrich, le cr�ateur de notre ch�re SD, avait une maitresse juive?
Vous plaisantez.
J'esp�re que votre Blanchon aura de vrais r�sultats et rapidement, Servier.
Ne vous inqui�tez pas, c'est un dur.
Il va les �craser.
Comme de la pur�e?
Savez-vous que Monsieur Chassagne fait une pur�e exceptionnelle, avec des rattes? J'ai eu le plaisir de la goutter r�cemment...
Oui.
Je sais, exceptionnelle.
Mais faites attention � la pur�e. Elle peut s'av�rer tr�s indigeste.
Je ne vous raccompagne pas.
Je peux t�l�phoner � Besan�on?
Le t�l�phone est r�serv� aux consommateurs, Madame.
J'ai juste assez pour une communication et il faut absolument que je t�l�phone. Je vous en prie.
C'est l�-bas.
Je vous remercie.
Le 113 � Besan�on, s'il vous pla�t.
Ne quittez pas.
Vous avez Besan�on, Madame.
Merci.
Allo.
Qui est � l'appareil?
Allo?
Madame m�re?
Ah, c'est toi!
Je vous d�range, on dirait.
Oui. Enfin, j'attends une livraison.
Qu'est-ce que tu veux?
Daniel a �t� arr�t�, je ne sais pas o� loger.
Pourquoi tu ne peux pas rester chez vous?
C'est compliqu�...
C'est de l'argent que tu veux. C'est �a?
Non. Non. Juste venir quelques jours, le temps de trouver une solution.
Et puis comme �a, je verrai papa.
Ton p�re! Il ne reconnait personne, il ne dit rien.
Est-ce que je peux venir ou non?
Daniel, il a �t� arr�t� ou vous vous �tes disput�s?
Ecoutez, c'est grave. Il va peut-�tre mourir. J'ai juste besoin de quelques jours pour me requinquer.
Tu as toujours le chic pour te mettre dans des situations...
Je vous en prie.
Tu arrives quand?
Le temps de repasser � la maison prendre quelques affaires. Si le train de 5h est � l'heure, je suis l� � la demi.
Nestor ira te chercher � la gare.
Ne t'attends pas � faire bombance.
Je ne m'attends � rien.
Tr�s bien. A tout � l'heure.
Bon...jour, ma ch�rie.
Coucou, coucou, coucou, c'est papa.
Ca va, mon coeur?
Ah Humm...
On re�oit, ce soir?
Ah non. Non, non. C'est juste comme �a. J'avais envie de ....
Vous �tes encore plus belle que d'habitude.
On a encore eu une alerte aujourd'hui.
Une heure pass�e � l'abri.
Les anglais bombardaient Montb�liard.
Si vous voulez mon avis, il y en aura de plus en plus des alertes!
C'est emb�tant, mais c'est plut�t bon signe.
Et vous, votre r�union?
Ennui mortel.
Les nouveaux programmes scolaires, la chasse aux doryphores, l'influence n�faste des nations et des juifs.
La routine, quoi!
Oui, c'est un point de vue.
Et pour finir, le recteur a inaugur� une plaque pour les enseignants victimes des bombardements.
C'est dr�le, justement...
Marguerite m'a parl� d'un confr�re � elle qui est mort la semaine derni�re avec ses �l�ves
Dans un bombardement?
Le recteur a d� vous en parler.
Un professeur tu� r�cemment, mais c'�tait o�?
Je ne sais pas. Pr�s d'ici.
Pr�s d'ici? J'en aurais forc�ment entendu parler.
C'�tait un grand ami de Marguerite. Elle n'a pas pu se tromper.
Ah... il y a une enseignante qui a �t� tu�e � Pouligny il y a quinze jours.
Non, pas une enseignante, Jules, un enseignant, un professeur de coll�ge.
Ah, je ne vois pas.
Il y a eu un accident de cantine � Besan�on, le mois dernier.
Un professeur, je vous dis. Il avait 45 ans.
Il y a eu les deux instits de Besan�on, en f�vrier, mais ils n'avaient pas trente ans, donc...
Bon eh bien.... J'aurais mal compris
Au fait, Marguerite voulait que vous passiez signer des papiers.
Vous voulez que je lui en parle? Vous avez l'air toute contrari�e.
Non, je vous dis que j'ai d� comprendre de travers.
On ne va pas en faire toute une histoire.
Comme vous voudrez.
Tata!
Mes ch�ris, mais qu'est-ce que vous faites l�?
Mes ch�ris, mes ch�ris.
Sarah et le copain de tonton Daniel ont �t� arr�t�s.
Ils �taient venus chercher tonton, mais il n'est pas l�.
Comment vous �tes venus?
On a march�.
Depuis Moissay?
On est fatigu�!
Oh, mon ch�ri.
Mon ch�ri.
On a fouill� partout, mais il n'y a rien � manger.
Il n'y a rien?
Ils ont tout pris, m�me les affaires de m�decine de tonton.
Il est o�, d'ailleurs?
Il est prisonnier.
Des boches?
Non. C'est compliqu�. Mais je suis s�re qu'il va revenir.
Tu vas pouvoir nous acheter � manger?
Oui.
Bien s�r, il faut.
Mon amour.
Non, Non. Non!
Eliane!
Respire, respire, respire, respire.
Respire, respire.
Ca va, �a va, �a va.
Respire.
Respire.
Allez, allez. Allez!
Qu'est-ce qui t'a pris!
Je n'en peux plus.
Je pense � Madame Jos�phine tout le temps.
Je vois son sourire.
Elle avait un sourire si doux.
Maintenant elle est morte.
...� cause de moi.
Tu crois que c'est en te supprimant que �a va la faire revenir? Hein?
Non.
Au moins je n'y penserai plus.
Ce n'est pas toi qui as tu� Madame Jos�phine, comme tu dis...
... c'est la guerre, hein!
Elle a bon dos, la guerre.
Tu sais quoi? C'est moi qui l'ai tu�e. Voil�.
C'est moi. J'en ai tu� d'autres et j'en tuerai s�rement encore d'autres.
Mais toi, toi tu n'as rien fait, tu n'as tu� personne.
Tui es jeune, tu as la vie devant toi. Tu ne peux pas la gaspiller comme �a.
Qui va me faire ma soupe de lard, apr�s?
Hein?
Vous trouverez bien quelqu'un!
Vous aviez votre juive, avant.
Ma juive, comme tu dis, je l'aime.
Elle a un fils de moi.
Elle est loin.
Elle ne veut plus me voir.
Toi, je ne t'aime pas, mais je t'aime bien.
En plus tu es l�.
Promis que tu ne recommenceras plus?
Allez, promets.
Je ne sais pas.
Si je t'�pouse?
Vous dites des b�tises.
Non, pas cette fois.
Je t'�pouse.
Ca t'assure un peu de stabilit�.
Si jamais il m'arrive quelque chose, ce qui est... ce qui est assez probable...
... tu auras une pension sur mon salaire.
Femme de flic �a fait un peu con, mais veuve de flic ce n'est pas mal.
Hein?
Vous �tes seul?
Oui.
Le gardien arrive dans une heure.
Je suppose que tu es au courant.
Oui.
On peut entrer?
Oui, oui. Si tu veux.
Tu as soif?
Non!
Bin moi, j'ai soif.
Avec l'occupation, j'ai d�couvert la prune.
J'aime pas trop le go�t mais c'est le seul truc que Garder avait � la distillerie.
Tu es s�r, tu n'en veux pas?
Ouais.
Tu es un peu s�rieux. Tu ne bois pas, tu ne fumes pas...
... tu ne baises pas.
L'enterrement, c'est quand?
C'est pour �a que tu es venu?
Apr�s-demain 11h.
Il y aura les flics... et peut-�tre les boches...
Je sais.
Alors, pourquoi tu es venu, alors?
J'ai... j'ai besoin d'un papier.
Un contrat de l'ann�e derni�re.
Vas-y, sers-toi.
J'ai besoin d'une voiture aussi.
Tu pousses un peu l�, quand m�me, hein!
Et j'ai besoin de vous dans la voiture.
Pardon, excuse-moi. Je ne savais pas que tu croyais au P�re No�l.
Je n'y crois plus.
Jos�phine m'a tout racont� quand j'avais six ans.
Ah bon.
Elle t'a dit qu'il n'existait pas, comme �a?
C'�tait un 27 ou 28...
... 27...
... je n'arrivais pas � dormir...
... je l'ai vue qui ammenait les cadeaux sous le sapin...
Je lui ai demand� si le P�re No�l �tait en avance...
... elle a h�sit�...
Je me rappellerais toujours du moment o� elle a h�sit�.
Le dire, ne pas le dire...
... puis elle l'a dit.
Faites voir un peu, votre prune.
Ca arrache!
Tu avales cul sec. Ca arrache moins.
Les trois condamn�s � mort vont �tre sortis de la prison...
... pour �tre interrog�s � la Kommandantur.
Qu'est-ce que tu veux que �a me foute?
L'un des trois, c'est le fils de Marie.
C'est elle qui t'envoie?
Elle ne voulait pas que je vous le dise.
Elle pensait que si je vous le disais vous ne le feriez pas.
Et toi, tu te dis, comme je lui dis, il va accepter. C'est �a?
Ben, tu vois c'est elle qui avait raison.
Ca vous arrive de vous demander pourquoi Jo est morte?
Parce que tu as fait le con.
Si vous m'aviez laiss� partir en STO, elle serait toujours en vie.
Tu vas me le reprocher?
Non.
C'est vous qui me reprochez quelque chose, il me semble.
Jo est morte parce que notre pays est occup�.
Qu'elle voulait faire quelque chose.
Non.
Jo est morte pour toi, pauvre petit con.
C'est qui, les deux autres?
Marcel Larcher...
...et Anselme, un fermier r�sistant.
Oui, je connais.
Tu es impossible! Nestor t'a attendue une heure � la gare. Tu as chang� d'avis, c'est �a?
Non. Non, non, non, pas du tout, seulement ...
... maintenant, je suis avec Te Quiero ... et mon neveu Gustave...
Le fils de Marcel.
Oui.
Tu peux venir avec Te Quiero si tu veux.
Mais qu'est-ce que je fais de Gustave? Je ne vais pas le laisser ici tout seul sans rien � manger.
C'est � Marcel de s'en occuper.
Oui, mais il ne peut pas.
Evidemment!
Il va �tre fusill�.
Bon d�barras!
Mais enfin, comment osez-vous..?
Pourquoi �tes-vous d'une telle m�chancet�!
Surveille tes paroles.
Mais qu'est-ce qu'on vous a donc tous fait, moi, papa, le genre humain...?
Vous �tes une horreur, Madame M�re, un monstre, une cr�ature malfaisante. J'aurais d� vous le dire il y a bien longtemps, mais je vous le
Entendez-moi bien. Je vous souhaite tout le mal possible, je vous souhaite toute la mis�re du monde,
je vous souhaite de crever seule malade sans personne pour vous regarder, sans m�me un verre d'eau!
Et bien, �a fait du bien!
Mais ce n'est pas �a qui va nous donner � manger.
Il faudrait qu'on passe par l�, par derri�re, par l'entr�e des fournisseurs.
L�, il y a moins de risque d'�tre fouill�.
Comment vous avez eu ce plan?
Avant que tu arrives, en 41 j'ai refait des bureaux � la Kommandantur. Voil�. Ils �taient quand m�me oblig�s de me filer les plans.
Et �a fait longtemps que vous n'y �tes pas all�?
Ah non. Mais ils me reconnaitront.
Donc vous serez grill�, apr�s?
Je suis d�j� grill�.
Ici et ailleurs.
Ils sont cens�s arriver vers 15h.
Vous pensez qu'ils vont passer par o�?
Par l�. Par l'entr�e principale.
Nous, on devrait �tre assis sur le banc des visiteurs, ici. Il y aura peut-�tre , je ne sais pas, 3, 4, 5, 6 boches, plus ceux qui vont monte
D�s qu'ils arrivent on se l�ve.
On va vers le groupe, on les bouscule et on essaie de glisser le flingue dans la poche sans qu'ils nous voient mais �a, �a va �tre coton.
On sera arm�.
Oui, mais les boches aussi.
Ca, alors!
Monsieur Antoine!
Eliane!
Qu'est-ce que vous faites l�?
Vous deviez venir aujourd'hui?
Eh, je suis venue r�cup�rer mon acte de naissance. Vous me l'aviez demand� pour des papiers administratifs, vous vous en souvenez?
Euh... Oui,oui,oui, peut-�tre. Vous en avez besoin pour quoi?
Euh... une histoire de famille.
Bon, je vais voir si je le trouve...
Je voulais vous dire... je suis vraiment d�sol�e pour ce qui est arriv� � Madame.
C'�tait une si bonne personne!
Merci, Eliane.
Je prie pour elle.
... chaque soir.
Merci.
Je ne le trouve pas.
Je ne le trouve pas. C'est urgent?
Euh... non.
Pas vraiment.
Parce que l� on a du travail. On n'a pas trop le temps. Vous repasserez et vous le trouverez.
D'accord. D'accord.
Oh, oh, Eliane. Vous ne dites � personne, je dis bien � personne, que vous avez vu Monsieur Antoine ici.
Oui.
D'accord?
Je compte sur vous.
Vous pouvez, Monsieur Schwartz.
Bon. Je vous laisse. A plus tard.
Elle avait l'air bizarre.
Non, elle est comme �a, elle est bizarre.
Mais elle fait bien le m�nage et puis elle ne pose pas de question.
Et puis ta soeur elle l'aimait bien aussi.
Maxime!
Maxime!
J'ai besoin du fer � repasser.
Vous savez bien que c'est Mademoiselle Martin qui l'a.
Jusqu'� demain.
Ah oui, c'est vrai.
Mais l�, elle est sortie.
Je sais... Merci, Maxime.
Marguerite?
Marguerite, j'ai besoin du fer � repasser.
Vous n'�tes pas au bureau
Non.
Tu as ramen� tes papiers?
Non.
Il faudra que j'y retourne.
Tu as �t� longue.
On a parl� avec Monsieur Schwartz pendant qu'il cherchait les papiers.
Viens t'asseoir l�.
De quoi vous avez parl�?
De la pluie, du beau temps...
... de la vie, de la mort...
De Madame.
De Madame!
Elle �tait belle quand elle a saut� par la fen�tre.
C'est dr�le parce que j'ai eu l'impression qu'elle me faisait un signe comme... comme pour me dire � bient�t.
Vous ne devriez pas dire des choses comme �a.
Non, je ne devrais pas, non.
Il ne s'est rien pass� d'autre?
Rien.
Monsieur Antoine �tait l�.
Il regardait les plans de la Kommandantur de Villeneuve.
Tu vois, c'est bien que tu m'ai parl�.
Si tu ne m'avais pas parl�, je ne sais pas ce que j'aurais fait.
Et maintenant, vous allez faire quoi?
Permets moi, je t'en prie... Faites des jeux puissants. Vous faites des allers et retours, comme �a.
Quand je pense que je l'ai abandonn� juste avant qu'il se fasse arr�ter!
... que je lui ai �crit que je voulais le quitter.
J'esp�re qu'il n'a pas lu la lettre.
Mais je suis s�re qu'il sait que vous l'aimez.
Ca lui servira � quoi, devant le peloton?
Il ne faut pas penser comme �a. Il faut y croire, il faut esp�rer.
Vous �tes croyante.
Non.
Vous parlez comme une croyante.
Mais je crois � l'engagement.
... parfois � la chance.
Je ne supporte pas de rester � ne rien faire.
D'�tre l�, comme �a, � regarder des abrutis jouer aux com�diens.
Pourquoi faut-il que j'aime au plus mauvais moment, quel est celui qui s�me l'amour...
...en pareil temps.
Alors, tu te sens pr�t?
Ouais.
Tu me laisses parler. C'est compris?
Tu passes le flingue.
Anselme. C'est celui que je connais le mieux.
Il saura pourquoi je suis l�.
Il est d�gourdi.
D'accord.
D�s qu'il arrive, tu rep�res sa poche.
C'est ton objectif. Tu vises sa poche. Tu es s�r.
Tu te l�ves, tu bouscule le groupe, tu lui glisses le flingue dans la poche.
Et rentre � la maison.
Et pas d'initiatives � la con cette fois. C'est bon?
Ils arrivent tout de suite.
C'est bon. Allons-y.
Monsieur Schwartz.
Monsieur Schwartz.
J'ai rendez-vous , je suis en retard.
Vous avez une convocation?
Non, le major Seidlitz m'a convoqu� par t�l�phone.
Seidlitz, de la direction du Kommen Zelt (?)
Oui.
Il n'est pas l� aujourd'hui.
Il m'a demand� de passer d'urgence.
Il ne sera pas content si on me renvoyait.
Il est l�, mais en r�union.
Vous allez vous mettre sur la banquette, l�-bas, et attendre.
Ca risque d'�tre tr�s longtemps.
Maintenant, qu'est-ce qu'on fait?
On prie pour que Seidlitz en ai pour un moment.
Que les autres arrivent vite... vite.
Alors, Delage, du neuf?
Oui.
Je me suis tap� la serveuse d'hier.
Je pense � des enjeux plus collectifs, Delage.
Elle a une soeur, si tu veux.
Eh dites, vous �tes au courant de la nouvelle organisation?
Oui, je suis au courant, oui.
Servier m'a pr�venu.
F�licitations.
Personnellement, je ne pense pas que �a puisse marcher.
Je pr�f�rerais que vous demandiez votre mutation.
Non, je suis bien, ici.
Le climat, tout �a, j'aime bien.
Vous avez une info?
... un tuyau, quelque chose de neuf?
Oui, oui, j'ai du neuf. Oui.
J'�coute.
L'inspecteur Delage vient de se taper la petite serveuse du caf� d'en bas.
Ca faisait un mois qu'il �tait sur le coup.
Ce n'est pas bien d'�tre en retard pour son �vasion.
Pourquoi vous �tes venu avec moi, finalement?
Qu'est-ce que �a peut faire.
Discuter, �a m'occupe l'esprit.
J'ai peur, si vous voulez savoir.
C'est bien. Tu es moins con que tu en as l'air.
Tu regardes la poche d'Anselme, c'est tout ce qui compte.
Tu as les cartouches?
Oui.
Dans l'arme, dans le chargeur.
Et le cran de s�ret� a �t� d�verrouill�.
Combien de balles?
Huit.
Ce n'est pas beaucoup!
Maintenant, si les boches se mettent � tirer...
Et Marie....
Vous l'aimez encore?
C'est de l'histoire ancienne.
Vous dites �a, parce que Jo est morte il y a deux jours.
C'est bien. Tu choisis bien ton moment pour une discussion entre hommes.
Ta soeur, je l'aimais.
C'�tait une belle personne.
Si les choses avaient bien tourn�, h� bien, j'aurais �t� heureux de faire ma vie avec elle.
Rien que pour �a, je suis content d'�tre ici.
Il y a une autre raison, aussi.
Anselme, c'est moi qui l'ai balanc� aux allemands.
Quoi!
Chut
Ca semblait le seul moyen pour sauver ta soeur.
... et puis �a n'a servi � rien.
Je lui dois bien �a.
Vous l'avez balanc� aux boches.
Tu verras, la vie c'est compliqu�.
Tu comprendras quand tu seras grand.
C'est peut-�tre vrai que vous l'aimiez, finalement, Jo
Les voil�.
Raymond!
Ils n'ont pas de poche.
Putain, ils n'ont pas de poche.
Qu'est-ce qu'on fait?
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