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Original subtitles

Le d�m�nagement.

Je suis vraiment d�sol�, Monsieur Schwartz.

C'est une faute.

Une faute tr�s grave.

Je peux vous assurer qu'il va y avoir des sanctions.

Personne ne lui a ferm� les yeux.

C'est � dire, la proc�dure...

On ne doit toucher � rien tant que le l�giste...

S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire.

Quand est-ce que je pourrai disposer du corps?

Apr�s I'autopsie.

Je croyais qu'elle s'�tait jet�e par la fen�tre devant t�moins.

C'est � dire... comme �a s'est pass� au commissariat...

...qu'il y a eu des n�gligences, il va y avoir une enqu�te.

Je ne veux pas qu'on la charcute. Compris?

Si vous voulez faire quelque chose pour moi, laissez-moi l'emmener et l'enterrer comme �a.

Je ne porterai pas plainte, de toute fa�on.

La seule famille qu'elle a ne risque pas de porter plainte non plus.

Je comprends.

Une enqu�te ce n'est pas �a qui la ram�nera.

Ecoutez, je vais voir avec le juge.

Mais j'imagine que c'est possible au vu des circonstances.

En tout cas, monsieur Schwartz... Oui, je sais.

Vous �tes d�sol�.

Pas autant que moi.

Tu �merges.

Tu es le fils de Marie Germain, toi.

Ben qu'est-ce que tu fabriques ici?

Je ne sais pas. Je me suis pris vingt ans de travaux forc�s...

...le mois dernier par un juge fran�ais.

Visiblement, les fran�ais m'ont refil� aux boches...

On est chez les boches, ici?

Les boches contr�lent tout.

Il y a un quartier droit commun.

Les matons sont fran�ais.

Alors, vous trois vous �tes des r�sistants?

Oui. Mais moi, j'ai rien fait.

Je ne comprends pas.

T'as rien fait!

Mais non, enfin...

Juste une planche de tickets de viande au march� noir.

Pour ma fianc�e.

Elle manque de fer, elle a une mauvaise constitution.

De toute fa�on je n'ai rien fait et on m'accuse de terrorisme.

C'est dur.

Vous croyez que je risque de rester longtemps en prison?

Si tu as de la chance.

C'est si mauvais que �a, ici?

Ils en ont fusill� un, hier.

Et un lundi.

Je crois qu'on est dans un quatre �toiles.

Je croyais qu'ils ne fusillaient plus.

Qu(ils d�portaient en Allemagne.

A croire qu'ils varient les plaisirs.

Marcel Larcher.

Je sais qui vous �tes.

Moi, c'est Anselme.

Alors, toi, tu es le fils de Marie Germain?

Ouais

Je connais ta m�re.

Ah bon!

Elle va bien?

Elle serait contente de savoir que tu es l�.

Vous croyez qu'on peut demander � avoir un avocat?

Oui, oui.

Je crains qu'ils refusent.

Tambouille.

Il va y avoir une finale, dans la journ�e.

Je crois que c'est quelqu'un de chez vous.

C'est quoi, une finale?

Je suis d�sol�e. Il fallait que je te vois d'urgence.

Qu'est-ce qui se passe?

Ton cousin Hubert.

Bin, quoi?

Il est toujours gardien-chef � la prison?

Oui. Il doit avoir des facilit�s pour les visites?

Mais, euh, je suppose. pourquoi?

J'ai besoin d'un laisser-passer tr�s rapidement.

Pour un politique.

Pour qui?

Et bien pour qui exactement?

G�rard, tu es pr�t � m'aider ou pas?

Il faudrait que je puisse le voir aujourd'hui.

Aujourd'hui, c'est impossible.

Il te faudrait des faux papiers.

Ca, j'ai.

Pour un gardien-chef. Une simple visite. Je suis s�re que cela est possible.

Je ne sais pas. Tu d�barques comme �a!

J'ai pas le choix, G�rard.

Je suis le bon con, quoi!

Ecoute, le type que je dois voir a tir� sur un officier allemand.

Il a d�j� �t� condamn� � mort deux fois. Il faut que je le vois.

C'est lui?

G�rard, on est en guerre.

Des gens meurent tous les jours. Le pays cr�ve de faim.

Les histoires de couple �a va mais bon, franchement, il faut d�passer.

Ce n'est pas parce qu'on est en guerre qu'on cesse de s'aimer.

Tu vas m'aider?

S'il te pla�t.

Vous devez montrer ce qui n'existe pas.

Montrer l'invisible.

C'est �a, le th��tre.

Claude!

Il y a Antoine qui t'appelle.

(il rit) Je t'ai eu, l�!

H�, je l'ai eu.

Vous voyez. Lui, au moins, il progresse.

Oui, mais nous ce qu'on voudrait c'est... c'est des histoires.

Ce n'est pas dr�le quand il n'y a pas d'histoire.

Une histoire!

Et bien, je n sais pas. Qu'il se passe des trucs, quoi!

Des... des duels...

... des histoires d'amour...

.. des drames...

Bon. Vous voulez une histoire? Et bien vous allez avoir une histoire.

On va monter une pi�ce.

On pourrait jouer le Cid.

Cest la pi�ce pr�f�r�e de ma m�re.

C'est ringard. Cyrano, �a c'est une bonne id�e.

C'est un peu court, jeune homme.

C'est bourgeois.

Bon bh� alors quoi?

Les remparts de Saragosse.

Une pi�ce moderne, mais en vers.

Qui raconte quoi?

Saragosse. Espagne. Huiti�me si�cle.

Les sarrasins assi�gent la ville.

S'ils entrent...

... ils tuent tout le monde.

Un jeune capitaine, Golfo, garde un coin des remparts.

Coin le plus secret.

La cl� de la d�fense de la ville.

Une belle gitane, Marianna...

... vient parler � Golfo d'amour. Elle le distrait de sa garde.

Il tombe sous son charme.

Mais, l'aime-t-elle vraiment?

Ou est-elle li�e aux sarrasins.

Ou peut-�tre les deux.

C'est pas mal! Et �a finit comment?

On s'en fiche, de �a. C'est la question qui est importante, pas la r�ponse.

C'est de qui, cette pi�ce?

Henri Bernstein.

Une oeuvre de jeunesse, jamais jou�e.

Bon, Claude...

Qu'est-ce que vous foutez, l�?

Bin, on travaille.

On a trouv� notre pi�ce.

Je m'en fous de votre pi�ce. Il faut qu'on soit parti ce soir. Demain au plus tard.

Il y a plein de trucs � pr�parer pour le d�part.

Le th��tre, �a ne vous dispense pas de corv�e.

Bon. Et bien on y va.

Quand je vous disait qu'ils �taient dangereux.

Mais vous savez toujours tout mieux que tout le monde.

Vous connaissez cette zone?

Des bois de conif�res, tr�s en pente...

... un grand lac, des mar�cages...

... des sables mouvants, m�me.

Sur cette route, on peut faire amener des v�hicules blind�s?

Je ne crois pas.

Il vous faut longtemps pour monter une op�ration l�-bas?

Sans troupe de montagne, sans pouvoir amener les blind�s, deux ou trois jours.

Mais qu'est-ce que vous attendez!

Dans 2 ou 3 jours ils ne seront plus l�.

Qu'en savez-vous?

Ce ne sont pas des idiots.

Ils savent que les filles vont parler.

L'ennemi peut �tre idiot, vous savez.

Parfois.

L'ami aussi.

Et si vous aviez d�clench� une op�ration lorsque je vous le sugg�rais...

... voous seriez d�j� sur place.

Bon. Avec des si, on mettrait Paris en bouteille.

Sachez, en tout cas que nous pouvons mettre � votre disposition nos groupes mobiles de r�serve.

Non. Pour le moment, il faut suivre leur progresion.

... en les infiltrant si possible, mais quand ils seront r�install�s, bien pos�s...

... qu'ils se croient bien � l'abri, alors, nous les �craserons.

Mais, les infiltrer, les infiltrer, comment?

Messieurs, merci. Je ne vous raccompagne pas.

Maintenant on fait quoi? On s'en va?

Euh, oui. Je suppose.

Ce type est incroyable.

Ca ne va pas?

Oui, �a va.

Ca va tr�s bien.

Il ne t'en reste presque plus!

Oh j'ai beaucoup augment� les doses, sinon �a ne me fait plus rien.

Daniel m'avait dit que tu en avait pour au moins une semaine...

Oui, mais ce n'est pas lui qui a mal, c'est moi.

Heinrich! Donne-moi le flacon.

Tu es en train de te d�truire et tu ne t'en rends m�me pas compte. Heinrich...

Il faut que tu te fasses op�rer, Heinrich.

C'est ta seule chance de rester un homme.

Il faut parfois reconnaitre quand on a besoin d'aide.

M�me quand on est un grand chef du S.D.

Je suis juste un petit chef.

Heinrich, n'oublie pas que toi et moi, on est dans la zweisamkeit, non?

Tu as gagn�.

Va pour l'op�ration, Hortense.

Le temps que je m'organise pour la convalescence, de pr�venir la hi�rarchie, �a prendra trois � quatre semaines.

Il me faut de la morphine d'ici l�. Je ne tiendrai pas, sinon.

Tu pourrais en demander une derni�re fois � .. ton m�decin favori?

Pourquoi vous les tuez?

Des collabos. Pourtant ils sont enferm�s comme nous.

Mais non, regardez. Ils passent par des petits trous...

... ils circulent, ils sont libres. Des collabos, je vous dit.

C'est pas s�r.

Vous condamnez bien vite.

Apr�s tout t'as peut-�tre raison.

Si tu veux, pour le prochain, on pourra faire un proc�s.

Tu pourras faire l'avocat.

Et bien d'accord.

Toi, tu feras le juge.

Je ne sais pas si je saurais.

Mais si!

C'est tr�s facile.

Tu donnes la parole, tu coupes la parole, tu donnes le verdict.

Audience demain matin.

Et toi, tu feras quoi?

Le greffier.

... ou alors le public.

T'as des gamins, toi?

Un fils.

Je ne l'ai pas vu depuis deux ans.

Il s'appelle Gustave.

Il vit avec sa m�re?

Non, elle est morte en 40.

Il vit avec mon fr�re.

L'ancien maire, tu sais.

Oui.

Tu t'entends bien avec ton fr�re?

En tout cas, je ne suis pas m�content qu'il s'occupe de mon gamin.

Larcher!

Visite!

Tu es folle d'�tre venue ici!

Arr�te!

Mes papiers sont solides

Le cousin de G�rard est gardien-chef ici.

Et tu lui fais confiance?

Il a le sens de la famille.

Tu veux dire, plus que moi.

Comment tu es cens�e t'appeler?

Jeanne Lemarchand.

Ils savent qui tu es?

Oui.

A cause de la lettre?

Je me suis dit que �a avait cass� tes faux papiers.

Non.

Ils n'ont pas lu la lettre.

C'est un flic qui m'a reconnu. C'est tout.

Et toi, tu l'as lue?

Je ne crois pas que c'est le probl�me pour le moment.

Le probl�me, c'est de te sortir d'ici.

C'est tr�s difficile de sortir d'ici.

... quasi impossible.

Tu crois qu'ils vont t'interroger encore longtemps?

Pas de contact physique.

Je suis dans une cellule o� je peux partir � tout moment.

Partir o�?

Je ne survivrai pas si... Ne dis pas de b�tise!

S'il vous pla�t!

Si �a arrive je veux que tu continues la lutte.

Dans ma cellule, il y a le fils de Marie Germain.

Marie Germain, la fermi�re?

Oui.

Larcher. Termin�.

Ecoute, je ne pourrai probablement pas revenir. On t'enverra quelqu'un.

On va te sortir d'ici.

Au revoir, Jeanne.

Mes amiti�s � la famille.

Au revoir.

Tu n'y vas pas de main morte avec l'alcool, dis donc.

Pas plus que �a.

Hier soir, tu as bu un verre de porto...

... avant-hier deux Marie Brizzard avant de te coucher..

... du vin � table et maintenant �a.

Bin dis t'es pire que les flics.

Ca me d�tend.

Ce n'est pas le moment de te d�tendre, c'est le moment de tendre, au contraire.

Papa m'a appel�e tout � l'heure. Il dine avec Barth�l�my ce soir.

Il me dit tout le grand bien qu'on pense de toi � Paris.

Penser... toujours penser.

Bah, il faut bien penser avant d'agir!

Non. Il faut agir pour forcer les gens � penser comme on veut qu'ils pensent.

C'est �a que les mar�chalistes n'ont toujours pas compris.

Quand tu forces les gens, au bout d'un moment, �a ne marche pas.

Ca marche, Jeannine.

Ca marche en Russie et en Italie depuis vingt ans!

En Allemagne depuis 10.

Il suffit de mettre en place des hommes qui d�cident.

Et �a marchera tr�s bien ici, tu verras.

Philippe Chassagne.

Bonjour, c'est Hortense Larcher...

Je ne vous d�range pas?

Jamais!

Voil�, je...

J'ai besoin de vous voir parce que...

Vous n'avez pas de raison � donner.

Aujourd'hui.

Quand?

Disons, 16h � mon bureau. Vous savez o� c'est.

Oui.

16h. Tr�s bien.

C'�tait qui?

L'Union villeneuvoise des jeunes filles de France.

Elles veulent une subvention.

Les jeunes filles...

Je devrai peut-�tre venir, alors?

Ca fait longtemps que tu n'es plus une jeune fille, Jeannine.

Salaud (ils rient)

Finissez �a.

Et faites attention.

Allez, pressez-vous.

Vous �tes plus lents que des filles qui vont � leur premier bal.

C'est depuis qu'on fait du th��tre.

C'est malin!

Qu'est-ce que c'est que tout ce bazar?

Ben c'est pour la tambouille.

Mais tu n'as pas besoin de tout �a!

Bin... faut des cuill�res, faut des gamelles, faut des spatules...

Mais c'est encombrant, c'est lourd et tu sais qu'on a 15km � faire?

Et il y a de sacr�es mont�es. Mais c'est des trucs que j'ai � porter moi.

Ecoute, c'est lui qui les porte.

C'est bruyant en plus.

Bon, d'accord, je ne prends pas tout.

Tu l'aimes bien, cette pur�e de chataigne.

Oui, ben pas si elle nous fait rep�rer.

Sinon... qu'est-ce qu'on va faire des boches?

On ne va pas transporter le bless� avec nous!

Non. On va le laisser repartir avec le toubib.

... comme �a, ils mettront plus de temps pour rentrer.

Et l'autre?

Je ne sais pas.

Qu'est-ce que vous venez faire l�?

On va le lib�rer, votre cher docteur, ne vous inqui�tez pas.

J'ai de mauvaises nouvelles de Villeneuve.

La r�pression, encore?

Ta soeur, elle a �t� arr�t�e peu apr�s �tre venue ici.

Par des fran�ais ou des allemands?

Elle est morte, Antoine.

Tais-toi.

Les allemands l'ont tortur�e, oui ou non?

Je ne sais pas.

C'est probable.

Mais enfin, vous �tes fou! Taisez-vous, vous!

Je ne sais pas ce qui vous arrive, mais il n'y est pour rien.

C'est un boche.

Arr�te �a tout de suite.

Mais fichez moi la paix, vous aussi!

Comment �a, t'as vu Marcel?

Le cousin de mon mari est gardien � la prison.

Je croyais que tu ne t'entendais pas avec ta belle famille.

Mon mari s'est �vad� en septembre.

Je l'ai revu plusieurs fois depuis.

C'est lui qui m'a arrang� le coup.

Ca y est, tu recommences les conneries!

C'est quand m�me bien que j'ai pu revoir Marcel si vite, non?

Non, ce n'est pas bien.

Ca complique toute tentative d'�vasion.

Mais, enfin, pourquoi?

Le cousin, on ne peut pas se reposer sur lui.

Moi, je pense que si.

Tu penses!

Mais p't-�tre qu'il va parler.

ou p't-�tre qu'il va se faire prendre parce qu'il t'a donn� un passe-droit?

Et en plus il conna�t ton vrai nom!

Evidemment.

Evidemment.

T'as revu ton mari sans nous en parler.

Enfin, �a n'est pas moi, le probl�me.

C'est Marcel.

Il est dans une cellule de condamn�s � mort, l�!

Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse!

Trouver un moyen pour... pour le faire �vader.

C'est une prison contr�l�e par les allemands?

Comment?

En passant par le cousin, justement.

Eh oh, �a suffit avec le cousin.

C'est un maton. Il n'est pas de chez nous.

Il repr�sente un danger, pas une chance.

C'est la seule chance de Marcel.

Ecoute, Suzanne, je me suis tromp� sur toi il y a deux ans, d'accord...

... tu es une fille r�glo. Mais tu ne respectes pas les consignes. Tu mets tout le temps le parti en danger.

... alors tu nous laisses nous occuper de Marcel.

Et qu'est-ce que vous comptez faire?

Je ne sais pas.

On va trouver un plan qui ne repose pas sur des gens pas fiables.

Je suis s�re que vous ne ferez rien.

Vous pr�f�rez laisser crever Marcel plut�t que de risquer de violer la ligne.

T'as pas le droit de dire �a.

En bien je le prends.

En attendant, moi, je vais tenter quelque chose avec le cousin.

Si tu fais �a, tu te mets hors parti.

La belle affaire!

Tu sais, la guerre m'a pris mon mari...

Oui, mais pour Jo, c'est de ma faute.

Pourquoi tu dis �a?

Elle est morte parce que je ne suis pas parti au STO.

Si j'�tais parti...

Mais la vie, ce n'est pas comme �a, Antoine.

Ta soeur est morte parce que...

... parce que il y a des boches qui occupent notre pays et qu'il y a des ordures qui les aident. Le reste, c'est le chemin de la vie.

Votre mari...

Il est mort comment?

Le chemin de la vie.

Et Raymond?

Quoi, Raymond?

C'est quoi, pour vous?

Un souvenir.

Il faut vraiment se presser maintenant. On ne sait pas ce que Jos�phine ou Anselme ont pu raconter.

Il est o�, ton nouveau campement?

Sur la colline de Ribeaucourt.

Pr�s de la source.

Vous connaissez?

Oui. Et comment tu fais pour le docteur et les boches?

Je pensais les laisser l�.

.. en attachant bien celui qui est le plus valide.

Le temps que le docteur le d�tache, on sera d�j� loin.

Tr�s bien.

Je te retrouve � Ribeaucourt apr�s-demain?

Pourquoi faire?

Pour qu'on parle de la suite. Il faut vraiment qu'on coordonne nos actions, maintenant.

D'accord.

T'es fatigu�?

Tu veux qu'on se repose un peu?

Non.

On est encore loin de Villeneuve, tu sais.

Antoine!

Je... je ne vais pas prendre mes outils pour la bouffe, finalement.

J'en ferai d'autres l�-bas, quoi.

Bonne id�e.

C'est juste la grande spatule. Je me disais que la grande spatule, je pourrai la reprendre.

Ca me para�t tr�s bien.

Hein, la grande spatule! La grande spatule, bien s�r.

Et la fille?

Elle nous retrouvera � Ribeaucourt.

Je commence � me dire que je ne suis pas de taille � vraiment diriger seul.

Ne dis pas �a.

Ils te suivent tous, tu sais.

M�me toi?

Moi, du moment qu'on fait du th��tre...

Je te suis autour du monde.

Tout le monde est pr�t? Oui.

Il faut resserrer les liens du boche.

Qu'il mette longtemps � se d�tacher.

Je ne suis pas terrible, pour les noeuds, moi.

Moi, je suis terrible.

Bastien. C'est bon, je m'en occupe.

Entrez, entrez, Madame Larcher.

Vous pouvez nous laisser, Guisard, je vous remercie.

Je voulais tout d'abord vous remercier pour l'autre jour.

J'�tais dans une situation difficile et vous m'avez aid�e.

... m�me si je ne comprends toujours pas pourquoi.

J'aime bien aider mes amies.

Vous ne lui en voulez pas!

Je parle de vous, pas de lui.

Je crois beaucoup en l'amiti�.

C'est surtout lui que vous avez aid�.

Les amis de mes amis sont mes amis.

Et puis c'est un homme qui souffre. Il est normal qu'il ait des sautes d'humeur.

De toute fa�on, vous savez, je suis un fervent collaborateur.

J'ai besoin de ... (bruit d'un flacon qu'on pose)

Deviner ce que veut une femme, c'est �a, l'art de vivre.

Merci!

Vous croyez encore au p�re No�l, Hortense!

Ca vous rend encore plus excitante.

Laissez-moi partir.

Il est trop tard.

Si vous ne me donnez pas ce que je veux, je me d�brouillerai pour qu'il sache comment il a eu la morphine, la derni�re fois.

Vous lui avez racont� quoi?

(cris de douleur) Vous voulez jouer au jeu des r�v�lations?

Si je lui dis ce que vous venez d'essayer de faire, ce n'est pas dans la pur�e qu'il vous plongera la t�te!

(cris �touff�s de douleur)

Bon. Ca n'est pas trop grave.

Vous ave eu de la chance.

Il faudra r�duire la fracture provoqu�e par la balle.

Comment il a pu se d�tacher, bon sang!

Il n'a pas pu faire �a tout seul.

Qui peut aider un boche.

Moi.

C'est moi qui l'ai d�tach�.

Collabo!

H�, �a va.

Il pensait que vous alliez le tuer.

Je le comprends, d'ailleurs.

La valeur de votre parole.

Vous avez pr�f�r� aider un boche!

... et risquer la vie d'un des n�tres

Je ne voulais pas �tre complice d'une ex�cution.

On allait vous laisser ici avec les allemands.

Ca, il ne pouvait pas le savoir.

En tout cas, � cause de vous, Bastien est bless�.

Et vous ne risquez pas de rentrer chez vous, je peux vous le dire.

Je vous surveille en permanence.

D�s qu'on s'arr�te, tu l'attaches.

Vous vous relaierez avec Charles.

Je n'ai rien.

Daniel n'en avait plus. Il en aura peut-�tre demain... ou apr�s-demain. Je ne sais pas.

Oh, ce n'est pas grave.

Prends-moi dans tes bras, ce sera aussi bien.

Je suis d�sol�e.

Demain, demain est un autre jour.

Vous �tes Monsieur B�riot.

Oha. A cette heure-ci, pas compl�tement.

On se conna�t, non?

Je suis une amie de Marcel Larcher.

Vous n'�tiez pas au bureau de postes en 40?

Si. Mais c'est loin.

Qu'est-ce que je peux faire pour vous?

Marcel a �t� arr�t�.

Oui, c'est ce qu'on m'a dit.

Je cherche un moyen de le faire �vader.

Ah, je ne vois pas ce que je peux faire pour vous, Madame.

Je suis directeur d'�cole...

C'est vous qui avez contact Marcel l'ann�e derni�re, chez Madame Berthe.

... pour les gaulliste.

Venez.

Entrez.

Je cherche de l'aide.

Mais, comment dire, vous devez avoir des camarades qui peuvent vous aider, non?

Pas rapidement.

Et Marcel peut �tre ex�cut� � tout moment.

Et les camarades n'ont rien essay�?

Je ne crois pas.

Hh je suis vraiment d�sol� pour vous et pour lui, mais...

... je ne vois pas ce que nous on peut faire.

Ecoutez, je suis all�e voir Marcel en prison hier...

... il est dans la m�me cellule que le fils de Marie Germain. Raoul!

Oui.

Menez-moi � elle. Elle, je suis s�re qu'elle voudra bien m'aider.

J'accuse Robert, ici pr�sent d'�tre un animal nuisible.

Malodorant, et sale.

Pourquoi vous l'appelez Robert?

Il faut bien lui donner un nom.

Robert c'est mon beau-fr�re. Je n'aime pas mon beau-fr�re.

Bon, reprenons. Robert est sale, il ne r�pond jamais aux questions, il fout le bourdon avant m�me qu'on ait le cafard...

Il est donc d�primant...

... dans une �poque qui l'est d�j� suffisamment.

Je demande donc la mort par �crasement manuel spontan�, Monsieur le Juge.

Avec confiscation des biens et indignit� animale.

Je proteste.

Le public n'a pas la parole.

Dans la justice populaire, le public a toujours la parole.

Mais qu'ils sont fatigants ces bolcheviks

La parole est � la populace.

Allez-y, allez-y Monsieur. Merci.

Le citoyen cafard, Robert, Oui, Robert.

Le citoyen Robert... est-il responsable du fait qu'il est un cafard?

Bien s�r que non. C'est son �tat naturel.

On voudrait donc condamner un �tre vivant pour ce qu'il est et non pour ce qu'il fait!

C'est la route du fachisme, Monsieur le Procureur.

Oh non l�... Exactement... (brouhaha)

Silence ou je fais �vacuer la salle.

(rire) Ca vous int�resse donc.

Bon, la parole est � la d�fense.

Mon client... est innocent, Monsieur le Juge.

Tiens donc. Et pourquoi �a?

C'est un honn�te cafard qui vaque � ses occupations cafardeuses...

Donc qui cafarde, je suppose.

Et il n'a rien fait.

Ah bon. Il n'a rien fait, il serait innocent. C'est �a?

Evidemment.

Mais nous tous qui sommes ici, c'est bien parce que nous avons fait tous quelque chose. Et nous ne nous consid�rons pas comme coupables, au contraire.

Parce que dans cette p�riode, c'est de ne rien faire qui est une faute.

Et si justement il n'a rien fait et bien Robert est encore plus coupable.

C'est pour moi que tu dis �a?

Concentrez-vous sur votre client, Maitre. Il risque de perdre sa t�te.

Le citoyen Robert n'a rien fait. Je demande la relaxe.

Bravo. Vive la justice du peuple.

Oui, de la populace, plut�t, la populace.

Cafards de tous les pays unissez-vous.

Elle est bien bonne celle-l�.

Monsieur le Juge, c'est � vous.

Je d�lib�re, je d�lib�re.

Simon Vateul!

Oui.

Venez!

Vous m'emmenez o�?

Schnell Mais j'ai rien fait.

Tu crois que c'est pour lui, la finale?

March� noir!

Ils vont juste l'interroger.

Ils �taient trois.

Et c'�taient des boches.

(des ordres sont donn�s en allemand)

(on entend un coup de feu)

Dominique?

Et vous c'est Marguerite, c'est �a.

Excusez mon retard.

Jules ne m'avait pas tr�s bien expliqu� le chemin.

Je veux dire, je ne connais pas tr�s bien la r�gion.

A l'avenir faites un effort.

J'ai des nouvelles de votre fils, Raoul.

Quoi? Il vient d'�tre transf�r� � la prison de Villeneuve.

Comment vous le savez?

Une femme, une certaine Fran�oise est venue en parler � Jules.

Elle veut vous rencontrer pour organiser une �vasion.

Son compagnon est enferm� avec votre fils.

Ah excusez-moi. Je n'avais pas de nouvelles depuis deux mois.

Je comprends.

Visiblement, il a pris une lourde peine.

Jules vous en a dit plus sur cette Fran�oise?

J'ai cru comprendre qu'elle �tait communiste.

Son compagnon, c'est Marcel Larcher.

Ah, il a �t� arr�t�.

C'est un type bien.

Bon. Dites � B�riot de m'envoyer cette Fran�oise � la source de Ribeaucourt. J'y serai demain vers midi.

C'est clair.

La source de Ribeaucourt.

Tu dors encore?

Heinrich.

Heinrich!

Ludwig!

Ludwig!

J'au peur qu'il ait pris trop de somnif�re.

Ca va. C'est comme la morphine. Il lui en faut de plus en plus.

J'ai peur que son coeur l�che.

Il se croit indestructible mais...

Qu'est-ce qu'on peut faire?

Il faut vraiment qu'on trouve de la morphine.

Car, si les sarrasins...

Et leur force brutale...

investissent notre ville, notre sort sera fatal.

Il faut bien que tu dormes, une fois de temps en temps...

Que tu manges, que tu boives, que ton corps soit content.

Arr�tez, arr�tez.

Arr�tez, Ca ne va pas.

Les sentinelles, on ne sent pas que vous gardes une ville.

Vous �tes ensemble, vous �tes sous tension...

L�, on a le sentiment que vous vous baladez devant les remparts.

Ca va, les gars, vous �tes...

Ban. C'est exactement ce qu'on fait quand on est de garde.

Mais, surtout pas. Vous faites du th��tre. Oubliez la vie r�elle.

Votre garde, �a doit �tre comme un ballet, vous devez marcher ensemble. C'est compliqu�, �a?

Et vous deux, l�, il faut m�moriser le texte. Vous �nonnez.

Eh, c'est que ... il n'est pas �vident le texte.

Il y a des mots.

Car si les sarrasins et leur force brutale...

... investissent notre ville, le sort nous sera fatal.

Il faut bien que tu dormes une fois de temps en temps...

... que tu manges, que tu boives, que ton corps soit content.

Les mots sont simples, les id�es aussi. Mais ce qui est compliqu� c'est...

.. de bien rendre tout �a.

Allez, on fait rel�che.

Corv�e de bois, les th��treux, avant que la nuit tombe.

Et allez veiller le toubib qui est � la rivi�re avec le bless�.

Eh bin allez-y.

Allez.

Ils ob�issent plus � toi qu'� moi!

C''est toi qui aurait d� faire l'arm�e, finalement.

Quelle horreur!

On est loin de Ribeaucourt?

3 kilom�tres .

On y sera vers midi, demain.

Je n'arrive pas � croire qu'elle est morte?

Je me dis... plus tard, apr�s la guerre...

J'sais pas...

Je la retrouverai.

T'es croyant?

Evidemment.

Moi pas.

Si je l'�tais, je me dirais que...

... je la retrouverai plus tard.

Au ciel, non?

Ca, j'y crois pas.

Enfin, pas vraiment.

Etre croyant sans croire au ciel!

Quel gaspillage.

Tu me sauves la vie.

C'est incroyable comme c'est bon quand la douleur s'en va.

Tant mieux.

Viens ici.

Ah. Tu avais raison.

Il est grand temps que je me fasse op�rer.

Et ton mari ne t'a pas fait trop d'histoires? Non.

Comment est-il avec toi, maintenant?

Tu sais... normal.

Il �tait tr�s occup�.

Il m'a racont� ses histoires de patients comme d'habitude.

Et puis des consid�rations sur la politique de Villeneuve, tout �a...

Tu crois qu'il ne t'aime plus? Je nen sais rien, Heinrich

En tout cas, moi, je ne l'aime plus.

Tu penses que tu en auras suffisamment d'ici l'op�ration?

Je vais me rationner.

En tout cas, promets-moi de ne plus prendre de somnif�re comme cette nuit, j'ai vraiment ...

Je ne pourrai plus me passer de toi, maintenant. Tu sais, �a?

Nous deux, on est dans la zweisamkreit.

Ludwig!

J'ai un peu faim aussi.

Je vais nous faire des casse-cro�tes.

Ludwig, vous ne voulez un?

Non, merci, Madame.

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