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L'Arrestation
Antoine!
Bitte. Haut les mains.
Le temps qu'elles rentrent, que les boches s'activent. Deux heures apr�s, elles balancent tout.
Je vous promets qu'on ne dira rien.
Ils vont se faire rep�rer et �crabouiller. C'est �a qui va arriver.
Si cet abruti de fermier t'a parl�, il parlera � n'importe qui.
Contr�le d'identit�. Qu'est-ce que vous avez dans votre main, madame Larcher?
Le policier qui vous arr�t� par erreur a �t� r�voqu�.
Merci. N'oubliez pas vos affaires.
Regarde!
Comment tu as eu �a?
(ils chantent) Mar�chal, nous voila Quand je pense qu'au d�but, quand vous �tes arriv�e...
...on n'avait pas tout � fait confiance en vous.
Laissez-moi faire de la r�sistance avec vous.
Comment est-ce que vous vous �tes fait tirer dessus?
C'est moi qui ai tir� sur le maire � l'�cole.
Vous �tes vraiment irresponsable!
On ne peut pas le garder ici.
Il ira o�?
Ah ben �a... Il y a des moments, il faut aussi penser � soi.
Il ne faut pas se raconter d'histoires.
Depuis l'attaque du camion, on a des armes, on n'a pas la possibilit� de s'en servir.
Il y a des flics partout.
Vous savez que le groupe des ritals est tomb�.
Sergio et la bande?
Lui, sa femme et deux copains de Milan.
Ils ont fusill� Sergio sur une chaise tellement il �tait amoch�.
Elle, elle s'est tu�e pour ne pas parler.
Elle a aval� des bouts de verre.
T'as des nouvelles de l'inter�gional?
Rien.
Tu sais, je suis comme vous. Je me terre comme un rat. Je ne vois personne.
... ou presque.
V'vous emmerdez pas trop, vous?
On s'emb�te moins � deux.
Moi, ma femme, je ne l'ai pas vue depuis...
J'sais plus.
J'esp�re qu'elle me reconna�tra apr�s la guerre.
Je n'ai aucune nouvelle d'elle.
... depuis plus d'un an.
Mauvaise nouvelle.
B�bert a �t� arr�t� ce matin.
La Gestapo.
Il avait sur lui une liste de nos planques sur Villeneuve.
C'est des planques d'�t�, ce n'est pas bien grave.
Si les boches descendent au chalet, ils trouveront qu'on a quelqu'un � la brasserie Georges.
... et en interrogeant le personnel, ils finiront par coincer J�r�mie.
Et s'ils coincent J�r�mie... Attends, qu'est-ce qu'on peut faire?
Il faut le pr�venir.
Non. On ne va pas t�l�phoner � la brasserie, elle va �tre sur �coute.
Il a un chez-lui?
Aucune id�e.
Alors il faut y aller, il n'y a pas d'autre solution.
Qui y va?
On est tous recherch�s, maintenant.
On risque tous autant.
Bon, et bien en avant.
Je viens avec toi.
Qu'est-ce que tu racontes.
Mais vous savez tr�s bien qu'un couple c'est beaucoup moins dangereux.
Suzanne! Et puis moi, il n'y a ma photo nulle part.
Ca c'est pas r�gulier.
Eh bin, j'emmerde le r�gulier.
Dis-donc, je t'aime bien, mais si tu viens trop souvent, �a va finir par se voir
La ferme d'� c�t� c'est des collabos.
Pas s�r que vous soyez bien plac� pour me donner des cours de s�curit�.
Ca veut dire quoi?
La fille que vous m'avez envoy�e l'autre jour...
Ta nana, quoi! C'�tait ma soeur.
Ta soeur?
Vous �tes tordus dans la famille ou quoi?
C'aurait pu �tre une fille envoy�e par les boches...
Non. Pour �a j'ai un sixi�me sens.
Ah bon. Vous avez gob� que c'�tait ma nana.
Soeur ou nana c'est kif-kif. Pour la s�curit� c'est devenu une soeur.
C'est pour �a que tu es venu?
Non. J'ai besoin d'un m�decin.
On a piqu� des armes � des boches hier, et on en a bless� un.
Tu veux soigner un boche!
C'est un prisonnier de guerre.
Avec des id�es comme �a, tu vas attraper des migraines.
Ils te d�couperont en morceaux.
C'est son probl�me.
Vous connaissez un m�decin, ou pas?
Vous �tes s�r?
C'�tait quand? On commence d'abord par le g�teau puis le cadeau apr�s.
Je pense qu'il faut commencer par le cadeau d'abord.
Comme �a, il met sa montre et il mange avec.
Vous pensez vraiment qu'il ne se doute de rien?
L'ann�e derni�re, il a carr�ment oubli�.
C''st parce qu'il pense tout le temps aux autres. Il ne pense pas � lui.
Non, si on veut une vraie surprise, il faut d'abord montrer le g�teau
Gus a raison. Vous me tenez au courant.
Bon, D'accord. On met les bougies.
Quand on entend qu'il arrive, on les allume, vous vous cachez.
Vous apparaissez comme par magie.
Vous commencerez sans moi. D'accord.
Allez, au revoir, Roger.
Bon, et bien, je vais y aller, moi.
Vous revenez � quelle heure, de Villeneuve?
Pas avant huit heures, j'ai au moins dix patients.
Rentrez pas trop tard, quand m�me.
Vous avez promis � Te Quiero de lui lire une histoire.
Je ferai le maximum.
Ezechiel, je peux vous dire un mot?
Oui.
Je n'ai pas de bonnes nouvelles.
La milice est venue � la mairie de Moissay � deux reprises, hier et aujourd'hui.
Vous pensez que c'est moi qu'ils cherchent?
Ca, on ne peut pas en �tre s�r.
Ils n'�taient jamais venus � Moissay.
Vous voulez que je parte, c'est �a.
Ecoutez, on avait dit une semaine, non.
Ca en fait quatre.
Comprenez-moi...
J'ai peur pour ma famille.
J'aurais d� partir de moi-m�me.
La chaleur de la famille, justement...
...�a me... Je suis d�sol�.
Je vais pr�parer mes affaires.
Oui mais attendez, pas avant l'anniversaire surprise, quand m�me.
Ah, vous �tes au courant.
Bon. En allant � Villeneuve, je passerai voir quelqu'un que je connais, et il vous prendra s�rement quelques jours.
Surtout, vous n'en parlez pas � Sarah...
... ni aux enfants.
Bien s�r.
Je leur dirai moi-m�me.
Bon, Sarah, je n'ai pas mes cl�s, elles sont toujours chez le serrurier.
Vous m'ouvrirez.
Evidemment.
Merci.
Dis-moi...
Mmmm... Tu penses parfois � Julien?
Non.
Jamais?
Non. De toute fa�on tu ne dis jamais ce que tu penses.
Alors pourquoi tu me le demandes tout le temps?
Moi, j'y pense souvent.
Je pense � sa m�re.
Tu l'as vue?
J'irai la voir apr�s la guerre.
Enfin, c'est ce que je me raconte.
Apr�s la guerre on aura peut-�tre autre chose � faire, non?
Un voyage de noces?
Tu ne penses vraiment qu'� toi.
Je ne pense pas � moi, je pensais � nous en disant voyage de noces.
Mais toi, moi, nous, c'est pareil.
C'est petit, petit.
Pourquoi tu dis �a?
Pourquoi tu t'arr�tes?
Pourquoi tu dis �a?
Je ne sais pas. Sergio mort fusill� sur une chaise, Carlotta s'est vid�e de son sang...
... des camarades tombent tous les jours dans la lutte contre les nazis. Apr�s la guerre, il faudra qu'on se batte pour construire le socialisme.
Et toi, tout ce qui t'inqui�te c'est ta culpabilit� vis-�-vis de Julien.
Ou notre voyage de noces.
Excuse-moi, c'est petit-petit.
Et qu'est-ce qui serait grand?
Sortir de ton petit machin �triqu� de petite bourgeoise �triqu�e qui ne pense qu'� son petit bonheur �triqu�.
Sa petite maison avec son petit mari, son petit monde capitaliste amm�nag�...
Tu crois que Julien, il est mort pour �a?
Il est mort pour quoi, � ton avis?
Pour pr�parer un avenir meilleur aux enfants du monde.
Aux enfants du monde! Mais pendant que tu leur pr�pare un avenir meilleur aux enfants du monde, les n�tres ils ne nous voient pas et ils en cr�vent. Et moi aussi, j'en cr�ve.
Ne me touche pas.
Attends. D�p�che-toi.
On a une mission � accomplir. La r�volution mondiale n'attend pas.
Attends.
Suzanne, attends-moi.
Tu veux encore un peu de caf�?
Non, non. Je suis d�j� assez �nerv� comme �a.
Contre moi?
Mais non, pas contre toi.
Contre ces abrutis qui ne savent pas s'organiser. Regarde.
Et contre ton fr�re qui, lui, savait.
Oui, une seconde!
Je ne consulte que sur rendez-vous. C'est pour une urgence.
Quel genre?
On m'a dit que quelque soit les opinions des gens, vous soignez tout le monde.
Oui, mais pas � n'importe quelle heure.
C'est pour une urgence, je vous dis.
On a un bless� par balle en for�t.
Non, ce n'est absolument pas possible.
Je dois �tre � Moissay ce soir pour... pour une op�ration d�licate.
Il faut juste retirer une balle. On n'est pas loin.
Et vous serez � Moissay ce soir avant sept heures, je vous le garantis.
Le bless�, c'est un ami � vous?
C'est un soldat allemand.
Quoi? Mais vous �tes compl�tement fou!
Docteur, si on ne soigne pas cet homme, il va mourir...
... et on ne peut pas l'amener ici.
Mais �a il fallait y penser avant de lui tirer dessus. Sortez de chez moi.
S'il meurt, la r�pression va s'accro�tre sur la population.
Ce sera � cause de vous, pas � cause de moi. Sortez de chez moi ou j'appelle la police.
Vous allez venir avec moi, Docteur, que �a vous plaise ou non.
Encore un d�ner avec elle, �a devient une manie.
Oh, Lucienne, je l'aime bien, vous l'aimez bien, elle nous aime bien...
... o� est le probl�me?
C'est pas parce qu'on s'aime bien qu'on est oblig� de diner ensemble tous les soirs.
On l'a invit�e deux fois dans le mois...
Non... trois.
Je ne comprends pas. Il y a un probl�me avec Marguerite?
Non, non.
Regarde, on va essayer de dormir un petit peu.
Hier, vous me dites que je peux lui faire confiance...
... et aujourd'hui vous... C'est pas �a.
Vous dites que vous allez la recommander pour l'acad�mie...
C'est des histoires.
Elle va rentrer avec vous dans la r�sistance.
C'est �a?
Vous savez bien que je n'aime pas parler de ces choses l�.
Ecoutez, si elle vient d�ner, �a me regarde aussi.
Alors, c'est oui ou non?
Oui.
Alors, imaginer que pendant ce d�ner vous allez comploter devant moi...
On ne va pas comploter. On va manger, boire et s'amuser. C'est mal?
Ah, vous �tes parfois compliqu�e, quand m�me!
Je suis comme je suis, d'accord?
Et vous �tes parfaite pour moi.
Vous essayez de m'acheter avec des flatteries. C'est �a?
Et �a marche.
Alors... C'est oui?
C'est oui.
Marchetti, je veux voir ma femme.
Asseyez-vous et calmez-vous.
Elle est o�?
En cellule. Asseyez-vous. C'est bon.
Votre femme est dans une sale situation.
Quelle situation?
Son fr�re Antoine dirige un maquis quelque part dans les montagnes.
Elle n'a rien � voir avec �a.
Elle sait o� il est.
Ca, �a m'�tonnerait.
Je sais qu'elle l'a vu avant-hier.
Est-ce que vous, vous savez o� il est? Non.
D'ailleurs c'est un petit con mais il est deport en agitation.
Hier, il a bless� et enlev� deux soldats allemands.
Les boches nous ont transmis les t�moignages tr�s pr�cis des jeunes femmes qui les accompagnaient.
Un juge trouverait certainement que votre femme est complice de ce truc l�.
Heureusement, les boches ne savent pas qu'elle est mouill�e. Enfin ... pour l'instant.
Et vous, comment vous le savez?
Si elle ne me dit pas o� est son fr�re, malheureusement, je serai oblig� de la balancer aux boches.
Et l�, je vous avoue que personne ne pourra plus rien pour elle.
Alors je vais vous laisser la voir mais je vous conseille de la convaincre de me dire o� est le maquis de son fr�re.
Commissaire...
Ouvrez la porte.
Je peux rester seul avec elle?
Non.
Si vous voulez que �a se passe bien, il faut que je reste seul avec elle.
Je vous laisse quinze minutes, pas plus.
Ils t'ont fait mal?
Tu crois qu'ils vont me laisser sortir?
Jo... Antoine et ses gars ont enlev� deux soldats boches, hier...
L'un est bless�, peut-�tre mort.
Ca veut dire qu'on ne peut plus rien pour Antoine.
Je ne comprends pas.
Les boches ne le l�cheront pas. C'est une question de temps.
Il est fichu.
Mais toi tu n'es pas fichue.
Il faut que tu leur dise o� il est.
Tu ne peux pas me demander �a!
Je t'avais dit de ne pas y aller.
Tu as fait ton choix, maintenant, il faut assumer.
En le trahissant!
Jo, il est fichu. C'est lui qui s'est trahi en s'emballant pour des conneries.
Tu ne vas pas payer pour lui, non!
Je ne peux pas faire �a.
Il ne s'agit pas de choisir entre toi et lui...
.. il s'agit de savoir si c'est lui qui plonge tout seul ou si c'est vous deux.
Je l'ai nourri � la cuill�re pendant trois ans, Raymond.
J'ai chang� ses couches.
Je l'aime plus...
... que moi-m�me.
Tu veux que je donne sa cachette aux allemands.
Je veux que tu choisisses la vie.
Va-t'en.
Ca ne sert � rien de continuer � parler.
C'est comme s'ils savaient d�j� o� il est.
Ca ira juste plus vite. C'est tout.
Commissaire!
On a termin�.
(Elle fait des vocalises.)
On dine ensemble, ce soir, alors.
Oui.
Dites, vous n'avez pas parl� � mon mari de ce dont nous avons parl� hier.
Mais enfin, vous �tes folle. Comment vous pouvez imaginer...
Je ne sais pas, il a l'air si ravi de vous inviter � diner.
Bin, parce qu'il m'aime bien.
Parce qu'on travaille ensemble.
Ne vous inqui�tez pas, je sais garder les secrets.
D'ailleurs, vous me disiez qu'il �tait au courant.
Oui. Il est au courant, mais il ne sait pas que...
Que vous y pensez tout le temps.
Vous savez, votre mari c'est un homme tr�s fin...
... peut-�tre qu'il le sait mais qu'il le garde pour lui.
Vous avez l'air de l'admirer beaucoup.
Vous alors! Vous pensez que j'essaie de vous voler votre petit mari.
Non, pas du tout Ne vous inqui�tez pas. Il est tout � vous.
Par contre, ce soir, vous chantez.
Ah non. Je chante mal.
C'est d�gueulasse, ce que tu m'as dit tout � l'heure.
Vraiment d�gueulasse.
On y va?
Messieurs-dame, bonjour. C'est pour d�jeuner?
Il n'est pas l�, J�r�mie?
Je suis son cousin Jean-Paul. Je suis de passage.
Ah, non, non. Il prend son service dans une heure, J�r�mie.
Ah bon! Bon et bien on va d�jeuner.
Cette table, �a vous va?
Oui, �a ira.
Allez-y, installez-vous.
Alors, aujourd'hui, plat du jour: gratin de topinambours � la proven�ale.
T'es malade ou quoi!
D'accord, j'ai faim mais c'est risqu�.
En plus c'est hors de prix.
Ce n'est pas tous les jours f�te.
Tu parles d'une f�te!
Une heure � attendre.
T'as faim. Tu vois que je tiens compte de toi.
Bon, alors, monsieur Schwartz...
Je fais quoi, maintenant?
Je la balance � Muller?
Ils vont l'�corcher vive, vous savez.
Ils vont d'abord lui arracher les ongles, un par un...
... avec une pince...
Si elle ne parle pas, ils vont certainement lui casser les dents...
... apr�s ils coinceront sa main dans un tiroir...
... en fermant tr�s fort...
... plusieurs fois...
Ensuite ils passeront � ses seins... Arr�tez!
Ecoutez, on se conna�t bien, vous et moi...
... je sais que vous �tes un pragmatique...
... vous tenez tr�s fort � votre femme et moi je dois absolument arr�ter Antoine avant les boches.
Vous ne savez vraiment pas o� il est?
Je connais peut-�tre quelqu'un qui saurait.
Qui saurait s�rement, m�me.
Je vous �coute.
Un fermier.
Il s'appelle Anselme.
C'est beau, un g�teau comme �a.
J'ai appris avec ma m�re.
Elle cuisinait tellement bien!
Moi, mon fils... Vous vous rappelez, mon fils...
Bien s�r.
Il voulait devenir p�tissier.
Ah bon?
Moi, j'ai le souvenir qu'il voulait devenir docteur.
P�tissier!
A sept ans il a fait son premier strudel.
Encore meilleur que ceux de ma femme.
A sept ans!
Vous pensez � ce que vous ferez apr�s la guerre?
Vous savez, moi, j'ai... j'ai appris � penser � court terme.
A terme, je peux vous dire qu'il est bien parti, ce g�teau.
J'esp�re que Daniel ne rentrera pas trop tard.
Et quand est-ce qu'on le laissera repartir?
Lle carabin
Il dit qu'il a trouv� un endroit pas mal.
C'est bon. Enl�ve-lui le bandeau.
Venez.
C'est par l�.
Qu'est-ce que tu fabriques ici, toi?
M'sieur le maire...
Je ne suis plus maire depuis longtemps.
J'ai vu tes parents la semaine derni�re. Ils sont fous d'inqui�tude.
Bon. Vous venez?
Je croyais que vous �tiez press�.
Vous parlez bien allemand, dites donc.
T'es vraiment un gamin, toi.
Il me faut de l'eau.
Va chercher de l'eau.
Il a une chance de s'en tirer?
Je ne sais pas.
T'as rien mang�.
J'ai pas faim.
Je croyais que tu �tais affam�e.
C'est dr�le. Ca fait des mois que je r�ve de manger avec toi comme �a, dans un restaurant...
...en ville...
... comme si de rien n'�tait et puis euh...
... �a arrive et je ne ressens rien.
Je ne suis pas heureuse d'�tre l�...
Je ne vois pas ce qu'il y a de dr�le.
Bah, attendre, esp�rer quelque chose et quand �a arrive ne pas pouvoir en profiter, c'est dr�le.
Profiter, c'est bon pour les capitalistes.
En soci�t� socialiste, personne ne profite.
Tout le monde partage.
T'en as pas marre de r�citer ton cat�chisme?
Franchement, tu nous voit en URSS avec Gustave, L�onore...
...un enfant � nous...
... dans un kolkhoze.
Ben oui.
Pourquoi pas?
Bon, il traine l�, le J�r�mie.
S'il n'est pas l� dans un quart d'heure on laisse un mot et on se casse.
En tout cas, je n'ai rien pour �crire.
Moi non plus.
Excusez-moi, l'addition s'il vous plait.
Je pourrais vous emprunter votre crayon?
Il s'appelle reviens.
Bah il n'est pas bon, le gratin?
J'ai pas faim.
Vous allez faire des heureux!
Bon voyage.
C'est clair, non?
Je ne sais pas.
Tiens, le voil�.
R�gle l'addition avec �a.
Quand je reviens on y va.
Et voil�. La petite dame elle a dit, la monnaie c'est pour le monsieur.
Elle est o�, la petite dame?
Ah bin je ne sais pas, moi. Elle est partie.
Le crayon, je peux?
Contr�le d'identit�, mesdames et messieurs.
On se presse, carte d'identit�, carte d'alimentation.
Allez. Tout le monde sort ses papiers et on se d�p�che.
Allez, allez. Plus vite que �a!
Cette carte de rationnement est p�rim�e.
Je n'ai pas eu le temps de la changer, monsieur.
Allez, viens avec moi, toi.
Martin Jean-Paul.C'est courant Martin, comme nom.
Il parait.
Je veux dire c'est courant en ce moment. Il n'y en n'a jamais eu autant depuis 40, des Martins.
Vous d�jeunez seul, monsieur Martin?
Ma femme vient de partir.
O� �a?
Faire une course.
Quelle course?
Chercher une robe chez sa couturi�re.
Embarque-le.
(� l'ext�rieur) Mets-toi l�, toi.
Non. Thierry, �a ne va pas.
Il faut que tu t'imagines � Venise.
Tu connais Venise.
Non.
Une gondole.
Une barque. Oui.
Tu as d�j� p�ch� sur une barque. Oui.
Il faut que tu t'imagines sur une barque et tu veux glisser sur l'eau.
D'accord.
Reprenons.
On la tient plus haute, la rame, sur une gondole.
Il faut que tu ailles la chercher plus haut...
Alors?
Il va s'en sortir.
Il ne faudra pas le bouger pendant deux ou trois jours.
2 ou 3 jours!
Il faudra refaire son pansement toutes les 4 heures.
Qui va faire �a?
Bah, vous!
Ou un de vos gars.
Vous ne pouvez pas me montrer comment on fait?
Il faut vraiment que je parte. Je vous l'ai dit, j'ai une op�ration urgente � Moissay.
Une op�ration urgente, pr�vue d'avance?
Une op�ration d�licate.
Bon, vous me ramenez, maintenant?
Qu'est-ce que tu fais l�?
Tu m'as fait peur.
T'es venue chercher L�onore?
Pas la chercher, juste la voir.
Elle me manque tellement.
Attends, je vais la chercher. Non, non, non.
Je ne veux pas qu'elle me voit, je te dis.
Rien que de la voir, d�j�, �a me fait du bien.
Oh, bien, c'est idiot.
Ah, oui. C'est tr�s idiot, m�me.
Et toi, tu viens la chercher, maintenant?
Ca ne te ressemble pas.
Je ne l'ai pas vue pendant si longtemps.
C'est que tu es en retard mon vieux. Il ne faut pas �tre en retard avec les enfants.
J'ai �t� bloqu� place Saint Pierre.
Il y avait un barrage, �a grouillait de flics...
Un barrage? Il para�t qu'il y a eu une raffle � la brasserie Georges.
Hein? Enfin, c'est le marchand de journaux qui me l'a dit.
Tu es s�re que tu ne veux pas lui parler?
Non. Non, non, il faut que j'y aille.
Quand vous inspirez, vous vous d�gagez les �paules, comme �a.
Quand vous chantez, vous devez sentir que �a s'ouvre l�.
(elle chante) Je ne sais pourquoi j'allais danser...
...� Saint Jean, au musette...
Ca a l'air si simple quand c'est vous. Mais c'est simple.
Il suffit de vouloir.
Allez-y.
Le vin, �a va vous aider � chanter.
Je ne sais pourquoi j'allais danser...
... � Saint Jean... C'est pas bien? Mais si c'est bien.
Maintenant, il faut que vous allongiez la nuque, comme �a.
Non. La nuque, pas le cou. La nuque et le cou, c'est pareil, non!
Comme �a.
Voyez. Allez-y.
Je ne sais pourquoi j'allais danser...� Saint Jean, au musette...
... mais il m'a suffit d'un seul baiser pour que mon coeur soit prisonnier.
(applaudissements)
D�p�chez-vous.
Le couteau toujours � droite.
Je vais chercher Te Quiero.
Euhhh... le sel, le poivre. Ah oui!
Je peux allumer les bougies?
Bien s�r.
Superbe!
Il arrive. Vite! Filez dans le placard.
Je vais fermer la porte.
(on sonne) Il sonne?
Oui, oui. Il n'a pas la cl�.Elle est chez le serrurier.
Bon. Le cadeau! Dans la chambre. Okay.
Ca va. Bien arriv�?
On est bien chez le docteur Larcher, ici?
Oui.
Il est l�?
Non.
C'est lui. C'est Kontz. Chope-le chope-le.
Ah! Ah! Ah!
Vous fouillez l'appartement.
Ca sent le youpin, ici.
Vous ne trouvez pas?
Alors, ce bon docteur Larcher, il h�berge un youpin recherch�...
Vous �tes qui, vous?
Sa domestique?
Sa pute?
Les deux?
Vous avez pas le droit!
J'ai pas le droit, moi!
Ahou!
Vous h�bergez chez vous un terroriste recherch� youpin de surcroit et vous me donnez des cours de droit.
P't-�tre que vous les aimez aussi, vous, les youpins
L�chez-moi.
Il n'y a rien.
Il n'y a personne d'autre dans la maison?
Le couvert est mis pour cinq. Le docteur Larcher va revenir avec deux invit�s.
Des gens de Villeneuve.
Bon et bien nous aussi, on va revenir le voir.
En attendant vous l'embarquez aussi.
Elle n'a rien fait! Pourquoi elle?
Je ne la connais m�me pas. C'est �a, raconte-moi ta vie.
Tu vois la source de Ribeaucourt?
Oui.
Au-dessus de la rivi�re, � 50m il y a une sorte de petit plateau.
L�-bas, on fera un bon campement.
On a de la vue et � d�fendre si besoin, ce n'est pas mal.
Bon. On ira l�.
Pr�viens tout le monde.
D�part apr�s-demain � l'aube.
Louis? C'est bon.
Je ne sais pas si tu te rends compte, mais tu accumules les conneries, l�.
Bonsoir. Marie!
Docteur.
Je suis d�sol�e de ce qui arrive.
On va vous lib�rer. Pas avant deux jours.
Vous m'aviez donn� votre parole. La s�curit� des gars passe avant le respect de ma parole.
Et tu crois vraiment qu'en agissant comme �a tu vas assurer la s�curit� de tes gars?
Tu vas faire venir un r�giment de boches, oui.
C'est pour �a qu'on d�m�nage.
Bah alors, si vous d�m�nagez, tu peux le laisser partir.
Dans deux jours. Mais enfin, je ne peux pas rester deux jours ici!
J'ai une famille... j'ai des malades qui m'attendent.
On peut causer deux minutes?
Alors, c'est quoi cette fa�on de se comporter?
Je prot�ge mes gars.
Enfin! Il ne parlera pas.
Ce n'est pas son genre. En plus, sa compagne est juive.
Ben justement, si un jour elle a des probl�mes, il faudra bien qu'il la sorte de l�.
Je n'ai aucune confiance en lui.
Marie, c'est �a?
On ne se conduit pas comme �a dans la r�sistance.
Dans la v�tre peut-�tre. Ici c'est moi qui d�cide.
Il reste jusqu'� ce qu'on parte.
Alors qu'Il vient de passer des heures � sauver votre bless�.
Il vient surtout de passer trois ans � manger dans la main des boches!
Et puis deux jours ici, ce n'est pas le stalag.
Je vous demande de le laisser partir!
Bastien va vous raccompagner.
Bastien! Et vous, bougez pas, je n'ai pas termin�.
Moi, j'ai termin�. Tu la raccompagnes, de gr� ou de force.
Mais... Oh, �a va!
S'il vous plait, monsieur... Asseyez-vous madame.
Filez � la fouille
Allez vous asseoir.
Szymanski.
Szymanski, c'est fran�ais, �a?
Polonais. Mon p�re est venu travailler dans les mines � Longwy.
Travailler! Tu parles, les polacks, � part picoler...
Tu fais quoi dans la vie?
Etudiant � Besan�on.
Etudiant, �a aussi c'est travailler, je suppose.
Tout � l'heure, avant la brasserie, tu �tais o�?
Au cin�ma.
Avec une petite?
Seul.
A quoi �a sert d'aller au cin�ma tout seul?
A voir des films.
Tu as vu quoi?
Douce d'Autant-Lara avec Odette Joyeux.
T'as ton ticket?
D�gage!
Martin Jean-Paul.
Toi, ta t�te me dit quelque chose.
Eh bien... on s'est vu � la brasserie.
Avant.
Tu fais quoi, dans la vie, Martin?
Repr�sentant en cravates.
T'as pas tes �chantillons avec toi?
Je suis en cong�.
T'as d�j� fait de la t�le.
Non.
Vide tes poches.
C'est quoi, �a?
Une lettre.
Un coeur!
Elle vient de ton amoureuse?
Oui
"Marcel, mon amour...
Je croyais que tu t'appelais Jean-Paul.
Comment ne pas perdre la t�te...
... serr�e par des bras audacieux ...
... car on croit toujours aux doux mots d'amour quand ils sont dits avec les yeux...
Moi qui l'aimais tant, mon bel amant, mon amant de Saint Jean
Je restais gris�e sans volont� sous ses baisers.
C'est d�j� beaucoup mieux.
Vous vous rendez compte, juste en deux heures.
Vous devriez prendre des cours.
Vous n'auriez pas le temps?
Je ne pensais pas avec moi.
Vous �tes dou�e.
C'est plus facile avec la musique.
(Ronflements) H� bien!
Et on dit que les hommes tiennent bien l'alcool!
Moi, quand je bois un verre, je suis pompette.
Vous en avez bu trois!
Jules. Jules!
Je crois qu'il n'est pas pr�s de se r�veiller.
Qu'est-ce qu'on va faire?
Et bien il va falloir le coucher, le dorloter comme un b�b� puis pr�parer de l'aspirine pour demain matin.
Je ne vais pas y arriver toute seule.
Et bien, je vais vous aider.
Allez, allez.
(rires) Comment on va faire?
Il va falloir le tirer.
Un, et deux...
Ca fait une heure que tu es en train de te foutre de notre gueule.
T'en as pas marre?
O� est le maquis Antoine?
C'est �a ton combat.
Et moi, je ne suis qu'un honn�te fermier...
... qui commerce avec les allemands.
Ils vont pas �tre contents, s'ils apprennent comment vous me traitez.
Les allemands, tu vas aller les retrouver, si tu continues tes conneries.
Dis, Loriot, a�re s'il te plait. Je n'en peux plus de cette tabagie.
Toi aussi, tu fumes.
Et bien je pr�f�re cailler que mourir asphyxi�, alors tu ouvres. Merci.
Oui, allo.
Tu sais, le maquis Antoine on va bien finir par l'avoir, de toute fa�on.
Je vous souhaite de r�ussir dans cette entreprise.
On essaie.
Chassagne commence � s'impatienter.
T'es vraiment devenu son petit larbin, toi.
Attends, c'est toi qui est parti en vrille avec ta juive.
Tu ne me parles pas d'elle.
Jamais. Je ne vous d�range pas, l�?
Je peux vous laisser seuls si vous voulez.
Bon. Va me chercher la fille.
T'es con parce que... on pourrait bien s'entendre, toi et moi.
Ca m'�tonnerait.
Je ne peux pas m'entendre avec les gars de la ville.
Question de vocabulaire.
Alors, �videmment je ne vais pas te demander de me livrer tout ton mouvement...
Je comprendrais que �a t'emb�te...
Je ne suis pas dans un mouvement, moi.
Ouais.
Tu vois �a?
R�sistance Jura.
Alors �videmment, on n'a pas tous les noms, il manque des cases, mais...
... on vous conna�t bien.
Je pourrais, je ne sais pas, moi, te demander qui est le grand patron sur Villeneuve, par exemple...
Bin non, je ne le fais pas.
Moi, tout ce que je te demande c'est de me balancer un petit con de maquisard.
... c'est tout.
Je ne sais pas du tout o� il est.
Et m�me si je le savais... je ne vous le dirais pas.
Vous ne m'�tes pas tr�s sympathique.
Asseyez-vous, je vous en prie.
Vous voulez un verre d'eau?
Non.
Vous pouvez m'enlever les menottes. J'ai mal aux poignets.
Oui. Loriot!
Vous connaissez cet homme, madame Schwartz?
Non.
Ahhh.
Chaque fois que vous me mentirez, je recommencerai.
C'est compris?
Lui, il ne parlera pas...
... mais vous? Mmmmm...
Est-ce que vous savez o� se trouve le camp de votre fr�re, madame Schwartz?
Argh...
Ch.....
Je vais vous poser la question une derni�re fois.
Attention, la fen�tre! Loriot!
Et merde! Putain.
Marcel, mon amour...
... je n'en peux plus de ne jamais vivre au pr�sent...
... avec toi, ce sera toujours demain, apr�s-demain...
...apr�s la r�volution ou apr�s le socialisme...
... apr�s, apr�s, apr�s...
... mais un enfant, une famille, c'est maintenant.
C'est tout de suite ou jamais.
Je crois que quelque chose se termine entre nous.
Tu ne veux rien faire de la beaut� du monde...
... l� , j'ai besion d'air.
Je pars au hasard.
Retrouvons-nous demain � la planque.
(elle chantonne)
'jour Lucienne.
Ouh l� l�!
Oh, la migraine que je tiens.
Je n'ai aucun souvenir de la fin de la soir�e. Je ne sais m�me pas comment je suis mont� l�-haut.
C'est gr�ce au syst�me LM.
Syst�me LM?
Bin oui, Lucienne Marguerite.
On vous a port�.
Ah bon.
Depuis le r�fectoire!
Vous �tes... vous �tes sportives.
Mais qui est-ce qui m'a mis sur le lit?
Le syst�me LM.
Et qui m'a d�shabill�? Le syst�me LM.
Ah non. Le syst�me L. Quand m�me.
Ah bon.
Je vous avais dit que ce serait sympa, ce d�ner.
Et vous avez chant�.
Oui.
J'ai chant�.
Mais attends, Suzanne. Pourquoi il a �t� arr�t� et pas toi?
On s'est engueul�. Je suis partie avant lui de la brasserie.
Attendez, vous ne pensez pas que j'y suis pour quelque chose, quand m�me!
Non. J�r�mie nous a racont�. C'�tait une raffle de routine.
N'emp�che que si il ne se pointe pas c'est que les faux papiers n'ont pas r�sist�.
... ou qu'il a �t� reconnu.
Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant.
Il faut d�j� trouver o� il est .
Ne t'inqui�te pas. Il a toujours eu de la chance, Marcel.
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