All language subtitles for Deux.sous.de.violettes.1951.1080p.BluRay.DTS.x264-KG

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Original subtitles

Deux sous de violettes

Pour deux ronds, �a sent bon

�a vous monte pas � la t�te

C'est bien honn�te

l'amour, c'est b�te

Comme ces petits bouquets ronds

C'est jamais qu'une amourette

Deux sous de violettes

l'amour, c'est b�te

au-

-Th�r�se,

montrez-moi la dentelle de votre petit pantalon,

et je vous laisserai partir � 18 h. -Non.

-Rien que la dentelle.

Je vous donnerai 100 sous. �Non.

-Alors, Th�r�se, vous vous croisez les bras.

Que faites-vous depuis 7 h 30 ? �a n'avance pas.

Il faut la porter avant 10 h.

C'est samedi. Vous ne pensez qu'� demain.

Et les glaces qui ne sont pas faites.

Toi, tu ne dis rien.

-J'�tais en train d'engueuler Th�r�se.

En effet, �a va mal, ce matin.

-Grand d�go�tant.

Regardez cette rose.

Elle est belle, hein ? Vous l'avez pay�e 4 Faux Halles.

Regardez ce que j'en fais. Dites-le donc � votre femme.

-Une fess�e, c'est...

C'est une fess�e qu'elle m�riterait.

Une bonne petite fess�e par son patron.

Cloche

Bonjour, madame.

Quelques belles roses ?

Des �illets, plut�t, avec un peu d'asparagus ?

Des fleurs blanches ?

C'est pour une jeune fille ?

Au-

-O� vas-tu ?

Tu laisses la boutique ? -Je vais aider Th�r�se � d�baller.

Elle n'en finit pas aujourd'hui, nom de Dieu.

-L�chez-moi, ou je crie !

-Tu n'oserais pas, ma petite fille.

-Arr�tez, la patronne est au-dessus.

-Georgette,

tu m'as parl� ?

�Non, je fais les frites.

N'oublie pas que Th�r�se s'en va dans une demi-heure.

-Vous savez ce qu'on m'a dit, hier, chez Lachaume ?

Ils n'ont plus que 2 vendeuses.

�a va mal, en ce moment.

-Ah, oui?

C'est bien triste.

-Les fleurs valent trop cher.

Cloche

Tenez, ce matin, aux Halles,

j'ai pay� jusqu'� 20 F la botte de lilas.

-Non, non ! Non, M. Pignot, je vais appeler la patronne !

Si vous me jurez de ne pas bouger...

si vous me laissez partir � 19 h pour que je puisse aller au cin�ma

et que vous reculez de 2 pas,

je vous montrerai la dentelle de mon pantalon.

-Yvon !

Yvon !

-T'es sortie de bonne heure. -Oui. Il fait beau.

-On fait un tour ? On passe par le quai.

-Si tu veux.

-|| fait beau, hein ?

-Quel beau soir. -Ouais.

-�a sent bon.

-C'est bient�t le printemps.

-Oui.

-�a va, chez tes patrons ?

-Oh, oui, �a va.

Les patrons...

-Mon contrema�tre me cherche des crosses.

Il me remet apprenti : j'ai cass� une pi�ce.

Ces pi�ces valent cher.

-Mais comment t'as fait ?

-Je ne sais pas.

Je pensais � toi.

-La grande, elle est dactylo.

Et la plus petite, elle est coursi�re chez le fleuriste.

-Depuis quand sont-ils l� ? -Ce sont des r�fugi�s du Nord.

Ils sont arrives pendant la guerre, sans rien, monsieur l'agent.

On leur a pr�t� des paillasses et des chaises.

-Ils travaillent pas ?

-En grandissant, les enfants s'y sont mis.

Il n'y a que la m�re, mais on ne peut rien dire.

Pour tout vous dire,

cette femme met un chapeau pour aller au march�.

Vous voyez le genre d'ici.

-Le fils �tait bien dans l'usine ?

-Pour �a, oui, monsieur l'agent. Il �tait chez Citro�n.

Ils disent qu'il ch�me seulement depuis qu'il a un doigt ab�me.

-C'est bon.

-Mais qu'est-ce qu'ils ont fait, monsieur l'agent ?

Dans le fond, �a ne m'�tonnerait pas.

-Non. On voulait seulement des renseignements.

-Bonsoir, mon petit.

-Bonsoir, madame.

� demain.

-� demain.

C'est beau, le printemps.

�Et une casquette neuve ! Avant-hier, une cravate !

Tu crois que je vais accepter �a ?

Je te pr�viens, il me faut des explications.

Pour commencer, d'o� te vient cet argent ?

Hier, tu avais 20 F. -C'est du beau.

Madame fouille dans les poches.

Je ne vous f�licite pas.

-Une m�re a le droit de tout savoir.

-Si tu me l'avais demand�,

je t'aurais dit que Dudule m'a donn� 50 F.

-50 F.

? en ai pas vu le 1er centime.

Et pourquoi t'a-t-i| donn� 50 F, ce Dudule ?

�Pour mes beaux yeux.

-Mince ! �a va se g�ter.

Oh, non ! Ne recommencez pas !

-On recommence pas. On continue.

-T'as pas besoin de crier.

Maman veut juste comprendre.

-Justement, �a me pla�t pas, moi.

Je lui demande pourquoi y a une robe commenc�e pour Lucienne ?

-Une "nouvelle robe" ? O� �a ? -Th�r�se !

Th�r�se!

Je te d�fends de regarder.

Th�r�se, je t'interdis !

C'est � moi de te demander des comptes.

Qu'as-tu fait de la brosse � ongles de ta s�ur ?

-Si la chouchou n'en avait pas, on n'y toucherait pas.

�a co�te au moins 100 sous, une brosse � ongles.

-Votre s�ur voit du monde. Elle doit para�tre.

-Dans un bureau ! Elle ne voit que des ronds-de-cuir.

Mademoiselle est une cr�neuse.

Je vois du monde au magasin. On s'en fout.

Je n'ai pas besoin d'une brosse � ongles, mais de bas.

Regardez-les, mes bas.

-De la tenue ! Devant ton fr�re !

-Quand est-ce que j'en aurai? -Avec ta paye.

-Dans 8 jours. Avec des trous comme �a ?

Pendule

Bien, maman.

...

-Tu te d�gonfles ?

-Le cin�ma est � 20 h.

On frappe � la porte.

Bonjour.

Tu tombes bien. -|| est l�, Maurice ?

�Oui. Mais pas pour toi.

-Bonsoir, m�chant.

Bonsoir, Mme Desforges. -Asseyez-vous donc, Germaine.

Comment �a va, chez M. Loret ?

-Comme ci, comme �a.

Le docteur lui interdit de boire. Alors il gueule.

Je me laisse pas faire.

Il ne voulait pas que je sorte.

Je l'ai regard� dans les yeux.

Et je lui ai dit : "Je t'emmerde!

"J'ai 28 ans. Je t'ai fait 500 escargots.

"T'en auras pas d'autres pour le faire pour 1000 F par mois."

-"1000 F par mois" ! T'en as de la chance !

Elle a m�me pas un vrai patron.

-Je m'en fous, de ce qu'elle gagne. Elle m'en donnera pas.

-Comme t'es m�chant.

Et puis, d'abord, tu te trompes.

Tu vois, mon petit Maurice,

justement, je voulais t'en donner.

Si tu viens danser, je te paierai ton entr�e et des cigarettes.

-Je marche pas. Tu danses trop mal.

Et t'es trop grasse.

-Maurice !

-Pourtant, je mange plus.

? ai encore grossi de 380 grammes cette semaine.

-C'est pas pour maman, le petit paquet?

-Tais-toi, mal �lev�e !

Est-ce qu'on demande comme �a aux gens ?

Il est vrai que j'adore les escargots.

Mais de l� � demander � Germaine. -3 douzaines au moins.

Elle les dig�rera au cin�ma, ces escargots de Bourgogne.

-Comment ?

Qui a dit que j'allais au cin�ma ?

Tout �a d�pendra de Lucienne.

-�a sent les escargots. Germaine est pass�e par la !

-Elle est encore l�.

Mais c'est pas pour vous. C'est pour votre m�re.

-L'odeur est pour tout le monde.

Et moi, j'ai mal au c�ur.

-Oh, la rengaine !

T'as pas mal autre part ?

-On n'est pas encore partis.

-Ma pauvre grande. Tu as eu beaucoup de travail au bureau.

-"Ma pauvre grande. Tu as eu beaucoup de travail."

-Ne me manque pas de respect.

L'inventaire lui donne un travail fou.

-Je voudrais bien la voir � l'usine.

-Voil� 4 mois que tu n'y vas plus.

Tu n'es qu'un bon � rien.

-R�p�te, et t'en prends une. -Ne sois pas vulgaire.

Ta famille a eu des revers, mais sait se tenir.

-C'est pas une situation, d'avoir eu des revers.

-Maurice a raison ! -Regardez l'avorton qui s'en m�le.

-Nous sommes les seuls � travailler.

C'est lourd, des couronnes.

Et toi, tu parles toujours de vexation.

Que dirais-tu quand on te donne un pourboire ?

Tu sais ce que j'ai envie de leur dire ? Merde!

-C'en est trop. Si tu dis encore ce mot, je te gifle.

Ce n'est pas une fille, mais une amie.

-"Une amie." Ta chouchou.

Si je la tenais dans un coin, tu sais ce que je lui ferais ?

-Elle est trop vulgaire.

-Vous vous croyez sorties de la cuisse de Jupiter ?

-Maurice.

Sois pas grossier avec ta m�re.

-Mes escargots !

Germaine, je ne vous retiens plus.

Il n'est plus question de cin�ma.

Je sens la migraine qui me reprend.

Je vais me coucher.

-Allez, viens, M�maine.

Tu vois bien que �a sent le br�le ici.

-Si j'avais su...

j'aurais pas montr� ma culotte � l'autre salaud.

Quelqu'un siffle.

...

-Th�r�se ! -Quoi ?

? ai rat� mon rancard.

Si tu veux, je t'emm�ne danser.

-J'ai rien � me mettre. T'as vu mes bas ?

Chauffes-en une paire � la pleureuse. Fais vite.

-Bon. Je viens.

La porte grince.

Au-

-Allez, grouille-toi !

Il t'en faut, du temps !

-Merde ! Elle a les pieds trop grands.

-Fous-y du papier.

-Tu te rends compte ?

Une robe neuve � cette grande bique.

Elle en a eu une il y a peut-�tre 3 mois.

Et moi, toujours la m�me depuis 3 ans.

Ah, l�, l�!

Pourtant, je pourrais en avoir, des robes.

C'est � cause de maman.

-Pour �a, je suis d'accord avec maman.

Tu fais une b�tise,

t'en prends une et je casse la gueule au type.

-Penses-tu.

Je le ferai jamais.

�a me d�go�te, rien que d'y penser.

M�me avec un jeune.

Et comme c'est toujours des vieux !

Le coup des 50 F, c'est pas en travaillant.

-T'occupe pas des affaires des autres.

Ne t'en fais pas.

Le petit Maurice, il ne se fera plus engueuler � l'usine.

Allez, viens.

\ MI 3

au-

Alors, �a va depuis tout � l'heure ?

'�a Va.

-Dis donc, qui a rentr� la voiture ?

-Quelle voiture ?

T'es cingl�.

-Laisse-nous jouer, tu veux ?

-Qu'est-ce qu'il y a, les copains ?

-T'es emmerdant, toi, alors. Laisse-nous jouer, qu'on te dit.

-Qu'est-ce qu'ils ont?

-Un panach�, mon petit gars ?

Fais attention. Charlot est sorti de prison. Il est l�-haut.

-Dix de der.

-Dis donc, Maurice,

tu viens. C'est une java.

T'entends. �a commence.

-Je danse pas. On rentre.

-Qu'as-tu ? C'est la java de D�d�.

-J'ai pas envie de danser.

Viens. On va autre part.

-Alors zut ! Quelle soir�e ! On va passer son temps � marcher.

-C'est toi, le Maurice ?

-Comme tu vois.

Pourquoi?

-Pour rien.

T'as bonne mine.

Tu fais quoi, comme boulot?

-Je suis au ch�mage.

-Depuis longtemps ? -Quatre mois.

-�a n'a pas l'air de te g�ner.

Tu bouffes � ton aise.

T'as une belle g�pette et un beau foulard.

C'est ta m�me qui t'a donn� �a ?

-C'est de moi que vous parlez ?

Vous vous trompez. Je suis sa s�ur.

Je suis venue ici pour danser.

On va danser autre part.

-T'as envie de danser ?

Viens. Je t'invite.

-Mais dites donc !

-Laisse tomber.

Ou je me f�che.

\ MI 3

au-

Quel �ge tu as ?

-17. Bient�t 18.

-Tu viens souvent ici ?

-Non. C'est la 2e fois.

-�a se sent.

Tu sautes encore en tournant. T'as pas l'habitude.

-Vex�e ?

-Non. Pourquoi?

-Parce que t'as l'air d'avoir aval� ta langue.

-Tu r�gles l'affaire comme �a ?

'�a Va.

Ce soir, je suis occup�.

T'es m�chante ?

T'aimes pas �a 7

-J'aime pas �a.

C'est parce que je suis trop maigre.

-Tu me plais. T'es pas comme les autres.

\ MI 3

au-

C'est ton coffre-fort ?

-Des vieux journaux.

Elles sont trop grandes. Elles sont � ma s�ur.

-T'as m�me pas une paire de godasses ?

-C'est pas si triste.

-�a va. Je monte.

-On danse plus ?

-Non.

-Viens, maintenant. Tu l'as dans�e, ta java.

On ne remettra pas les pieds ici de sit�t.

-Erreur.

Je suis occup� ce soir. Mais tu reviendras.

Et avec elle.

On est de la revoyure, tous les deux.

Et pas d'histoires � la petite.

�a te concerne aussi.

-En tout cas, t'es un beau d�gonfle. T'en menais pas large.

-Tu sais pas de quoi tu parles.

Je suis dans de sales draps. -Pourquoi ?

-Sa m�re nous a dit qu'il �tait d'accord.

Il avait un d�p�t de pneus vol�s. Il �tait en taule pour �a.

Ils les ont vendus et me foutent tout sur le dos.

Moi, j'ai seulement conduit.

-Que va faire Charlot ?

-Ceux qui ont tremp� dans le coup vont d�rouiller. C'est un dur.

Il a d�j� descendu trois types.

-Ne retourne pas l�-bas.

�Tu penses qu'il me retrouvera. M�me pas un rond pour foutre le camp.

-Allez, viens. Rentrons.

Je te laisserai pas. -Rentre, toi.

Je vais t�cher d'aller voir Dudule.

Dis donc.

Il y a qu'une chose qui pourrait le calmer.

Il a l'air de t'avoir � la bonne.

Il vaudrait peut-�tre mieux qu'on y retourne demain.

Enfin, tu verras.

Penses-y.

Sifflement de train

...

�Je te supprime tes 10 F par mois pendant trois mois.

De plus, � la fin de la semaine, les nouveaux bas seront pour ta s�ur.

Au-

-Tu fais encore ta danseuse ?

Le remords t'�touffe pas !

Tu as vol� mes bas dans l'armoire.

-C'est pas le moment.

Mademoiselle a ses lubies. Si tu recommences...

-T'as qu'� pas avoir tant de choses, et moi rien.

Pourquoi tu as une nouvelle robe ? -Nous avons nos raisons.

�Des raisons d'�tre injustes.

-Ma petite fille,

si tu �tais de l'�ge de Lucienne

et dans la situation o� elle se trouve,

je te ferais une robe.

? aime mes enfants de la m�me fa�on.

Mais j'�paule ceux qui en ont besoin.

Pour le moment, c'est Lucienne.

-"L'�pauler." Pourquoi cette grande bringue ?

-|| vaut mieux la mettre au courant.

-Tu as toujours raison, ma grande.

Voil�, Th�r�se.

Ta s�ur va probablement �tre demand�e en mariage.

Et tu sais par qui?

Son sous-chef de bureau. -Merde, alors !

-C'est le seul mot qui te vient pour f�liciter ta s�ur ?

-Pardon, maman. Merde. 7 h 30 !

Lucienne, on l'a demand�e en mariage. Son sous-chef.

-Sans blague. T'es contente ?

-�a me fait dr�le.

Savoir qu'elle sera en blanc...

Je voudrais tant.

Avoir une maison, une armoire et du beau linge.

-Tu voudrais ?

-Tu vas �tre en retard.

-Tant pis.

Je voulais te dire,

nous deux, plus tard, si tu m'aimais...

Je suis qu'apprenti et j'ai mon service, mais apr�s...

-On aurait un appartement?

-Tu travaillerais plus.

-Tu gagnerais assez ? -On ne reste pas toujours petit.

-Dis donc, bougre de cossard !

Tu t'amuses avec des poules.

Tu vas me dire que ta m�re �tait malade.

Je te retire ta demi-heure.

Cavale ! Plus vite que �a !

Si tu veux pas que je te mette � pied samedi.

-Monsieur ! Vous avez oubli� quelque chose.

-Quoi ?

-Qu'on vous emmerde, tous les deux.

-Non. Pas d'�uf.

-Pourquoi ?

-T'as mauvaise mine.

C'est ton foie qui recommence.

Prends pas le gras, Georgette.

Je t'assure que t'as mauvaise mine.

-"Mauvaise mine" ? Je me sens forte comme le Pont-Neuf.

-On dit �a, et un beau jour, on s'en ressent.

Tiens, hier, � d�ner, par exemple,

�a n'allait pas.

T'avais des plaques rouges.

-Faudrait me purger, peut-�tre ?

Cloche

C'est vous, Th�r�se ?

-Oui, madame.

-Vous �tes encore en retard.

-T'�nerve pas.

�a te remue la bile.

Je vais l'engueuler. Je ne suis pas malade, moi.

Vous �tes en retard !

Qu'avez-vous encore fait hier soir, petite cochonne ?

-Je suis all�e danser. �a vous emb�te ?

-"Danser", on sait ce que c'est.

On commence par gambiller,

et on finit par autre chose.

Avec les yeux que vous avez ce matin,

�a m'�tonnerait pas que �a se soit passe comme �a hier.

-Non.

Si �a arrive, je vous avertirai pour vous emmerder.

-Petite salet�. Dire des mots pareils � son �ge.

�a m�riterait une fess�e.

-Qu'a�t�elle fait ?

-Elle a cass� une branche � un aspidistra. Elle la paiera.

Elle paiera tout.

Oh, nom de Dieu, les femmes !

Mais pose donc �a, toi !

Je ne veux pas que tu fasses d'efforts. T'as mauvaise mine.

-Je me purge demain.

-La purge, �a suffit pas.

Tu sais ce qu'il te faudrait ?

Huit jours � la campagne.

Pourquoi attendre ? Les cousins t'ont invit�e.

-Ne r�p�te pas tout le temps �a.

Pas � cette saison. Et le magasin ?

-Th�r�se et moi, on se d�brouillera bien tous les deux, hein ?

-Pourquoi faites-vous cette t�te ?

Ne restez pas comme �a.

Il faut que ce soit livr� avant 9 h.

�a serait joli, si j'�tais pas l� !

Cloche

-Tu vois.

Tu t'es mise en col�re, et t'as tes plaques rouges.

Je t'assure, Georgette.

Je suis inquiet pour toi.

-T'es press�e ?

Je t'ai vue entrer. Je t'ai attendue.

Il poireaute pas souvent pour une m�me, le Charlot.

-Mon patron m'attend. -|| a bien le temps, ton patron.

Je te fais un bout de conduite.

-Mais... -Quoi ?

-Qui vous a dit que je travaillais dans le quartier ?

-Si tu veux le savoir, c'est ton frangin.

Et ici, c'est ta patronne.

�a te la coupe, �a, hein ?

Je sais nager.

-Si vous savez nager ou pas, �a m'est �gal.

�a m'emb�te que mon fr�re ait eu peur.

-T'aurais pas eu peur, toi ? -Non.

-Tu me plais, Th�r�se. Je te paye un coup chez un pote.

Et tu sais, je vais te dire une chose.

Si ton frangin n'est pas en taule, c'est gr�ce � m�zigue.

Salut, L�on. -Charlot ! Sans blague !

Tu te prom�nes en plein jour. -Blanchi. Une pucelle.

-On peut dire que tu te d�merdes.

D�j� pour ton affaire de Marseille...

-Je suis pas ici pour �a.

Sers-nous deux fines � l'eau. Des grandes.

Et... � la table.

? ai � parler � Mademoiselle.

-Compris.

-Sois poli.

Ce que je vais te dire, ma jolie, j'aime mieux t'avertir

que je l'ai pas souvent dit � une m�me.

-Hein ? Demande � L�on.

-Fous-nous la paix, toi. On te parle pas.

Le petit Charlot n'a jamais fait d'avances � une gonzesse.

Mais toi, tu me plais.

Et je veux t'avoir.

? aime comme tu sens.

�Tu viens m'aider � la faire, cette valise ?

Qu'est-ce que tu fais ?

-Je rangeais la blouse de Th�r�se.

Elle laisse tout tra�ner, quand elle sort, cette cochonne.

-Serre-lui la vis.

-Compte sur moi.

-Tu vois, Gustave, maintenant que tu m'as d�cid�e � partir,

je le sens, que j'ai mal au foie.

-On ne se m�fie jamais assez de son foie.

Une fois install�e l�-bas, repose-toi.

Te presse pas.

Avec Th�r�se et moi ici, �a ira.

-Ne lui passe rien, hein ! -Rien.

-Pourquoi tu fais cette t�te-l� ?

T'as jamais vu un homme qui te veut?

-Oh, si, alors.

Plein les rues.

-Et �a te fait peur ?

-�a me d�go�te.

-Pourquoi tu crois que c'est fait, une fille ?

C'est fait pour �tre � un homme.

Je te parle pas des vieux qui pincent les fesses.

T'as beau dire non et te d�tourner...

t'es en train de le comprendre, toi.

T'as peur. Tu roules tes mirettes.

T'es tout pr�s d'avoir du plaisir.

Que veux-tu de plus ?

-Je veux qu'on m'aime.

-T'es pas ordinaire, toi.

Ben quoi, L�on !

On cr�ve de soif, chez toi. T'as qu'une table

et 2 clients. Tu peux pas les servir ?

Au-

-Je veux des escargots. Deux douzaines.

�a fait combien ? -Sept francs.

-Alors j'en voudrais une douzaine, pour une seule personne.

�Il y en a qui savent jamais ce qu'ils veulent.

-Merci.

-Prenez-en encore.

Je sais que vous les aimez.

-J'estime que la cuisine a une grosse importance.

Un homme bien nourri poss�de tous ses moyens.

-Vous avez de la chance.

Ma fille est un vrai cordon bleu.

-Vous go�terez un de ses lapins au vin blanc.

-Pr�cis�ment, j'adore le lapin.

-Maman ! -C'est Th�r�se ?

� cette heure-ci ?

-Th�r�se !

Pas de mauvaise nouvelle, au moins ?

Ne me dis pas que tu as perdu ta place.

-Non, maman. -Qu'as-tu � la main ?

-Rien.

-Pourquoi arrives-tu � cette heure-ci ?

-J'avais du temps.

? ai voulu rentrer. Je voulais te dire...

-Tu ne dis pas bonjour ?

-Tu vois cet inconnu, et c'est tout ce que tu lui dis.

-Bonjour, monsieur.

C'est ton fianc� ? -Oui.

M. Eug�ne Lecourbe, sous-chef de bureau � la compagnie Le Soleil.

Ma seconde fille.

Tu as d�jeun�, j'esp�re, chez Pignot.

-Oui, maman.

-Qu'est-ce qui �tait si press� ?

Parle. M. Eug�ne fera bient�t partie de la famille.

-Rien, maman.

Au-

-Th�r�se !

Je vous attendais.

Je vais faire une course. Voil� la clef.

Votre patron est malade. Il dit que vous rangiez tout.

Au-

-Monsieur Pignot !

Monsieur Pignot !

C'est l'heure.

Je range pour le soir.

Je vais partir.

Monsieur Pignot.

Je suis l�.

Je vais partir.

G�missement

Monsieur Pignot.

C'est Th�r�se.

Je vais partir.

...

�Je suis malade.

Voulez-vous me chercher des cachets d'aspirine ?

Dans le comptoir.

Au-

-Voil� les cachets.

G�missements

-Ma t�te !

Voulez-vous ouvrir la fen�tre ? ? �touffe.

Apr�s, vous pourrez partir.

-Ah, petite garce !

Tu en as mis du temps pour venir.

Mais je te tiens, maintenant.

-Monsieur Pignot...

-Tais-toi.

Maintenant, j'en peux plus. Il faut que je t'aie.

Si tu te laisses faire, tu auras ce que tu voudras.

Un magasin de fleurs ou un beau voyage.

Je plaque tout. Je pars avec toi.

-Vous �tes fou, monsieur Pignot.

? ai jamais couch� avec personne.

N'approchez plus ! Laissez-moi partir.

Attention, ou je crie !

Non, non ! Je veux pas !

Je veux pas, monsieur Pignot! Non !

Non, non, non !

Au-

Non !

Non ! Non !

Si vous approchez, je vous tue avec mon couteau.

-Que peut-elle avoir ?

Elle a dit quelque chose � d�ner ?

-Non. Elle n'a pas mang�. Elle a descendu les ordures.

-"Ordures."

Pourquoi parlez-vous d'ordures ? Je ne suis pas sourde.

Des ordures, il y en a. ? en connais.

Qui ont des griffes. Regardez si je mens.

-Qui a pu la griffer ? -Elle s'est battue.

-Cette petite a eu un choc. C'est certain.

Il faut la tirer de l�.

D'abord, de la glace sur la t�te.

Et je vais vous faire une ordonnance.

T�chez de trouver un pharmacien ouvert,

pour commencer le traitement tout de suite.

D�s qu'elle pourra se lever, la campagne.

Je sais que c'est difficile. Mais c'est indispensable.

Avez-vous des parents � la campagne ?

-J'ai ma famille dans le Nord.

Je ne pourrai jamais lui avouer que nous en sommes l�.

? ai ma fiert�. -|| faudra la laisser.

Je veux que dans 15 jours, elle y soit.

-Voil� la maison.

-Que c'est beau !

-Tu trouves ?

Les voyages ouvrent l'app�tit.

Pour ceux qui viennent et ceux qui attendent � la gare.

Allez ! La table est mise.

-On mange dans la salle � manger ?

-O� veux-tu manger ?

Chez toi aussi, on y mange.

-Bien s�r.

La belle suspension !

Le beau buffet !

Que c'est beau, chez vous !

C'est grand, � c�t� de Paris.

-En province, on aime ses aises.

Je ne t'offre pas d'ap�ritif.

Tu n'es jamais all�e au caf�, j'esp�re ?

-Non.

�� la bonne heure.

-La soupe �tait sur le feu.

Nous n'avons plus qu'� nous mettre � table.

D�barrasse-toi, Th�r�se.

Non ! Au portemanteau. J'aime l'ordre.

Tu es ordonn�e, j'esp�re ?

-Alors nous nous entendrons bien.

Qu'est-ce que t'es maigre !

C'�tait pas contagieux, ce que t'as eu ?

-Oh, non. Seulement une fi�vre.

-Ton tailleur est bien fatigu�. C'est demain dimanche.

? esp�re que tu en as un mieux.

-Bien s�r, ma tante. ? en ai un autre, naturellement.

Seulement...

Je l'ai oubli�. -Oh, par exemple !

Je reconnais bien l� ta m�re.

-Tiens, parle-moi un peu de ta m�re.

Que fait ma s�ur � Paris ?

Elle �crit si peu. -Elle travaille ?

-Oh, non ! Elle s'occupe de la maison.

Tous les mercredis, elle consulte un sp�cialiste pour ses migraines.

-"Un sp�cialiste" ?

-Jeanne se met bien.

Que lui ordonne-t-il ?

-Des escargots.

Enfin, je veux dire, de bien manger et de se reposer.

�"Un sp�cialiste."

Je croyais qu'il y avait des h�pitaux gratuits, � Paris.

-Maman dit toujours : "Je suis d�licate. Si je devais me d�nuder..."

-"Une d�licate" ? Ta m�re ?

Elle t'envoie ici sans un sou.

-Ne te laisse pas aller.

-Toi, naturellement, tu d�fends ta s�ur.

Allez, prends les assiettes.

Tu l'as pas aim�e, ma soupe.

-Oh, si, ma tante.

-"Un sp�cialiste" !

�a se paye des sp�cialistes,

et �a vous laisse sa fille pendant des jours et des jours

sous pr�texte qu'elle a �t� malade.

Enfin...

Moi, j'ai bon c�ur.

Je suis une poire.

Et la famille, c'est sacr�.

Emporte les carottes.

-Pas un mot, hein ?

C'est pas une mauvaise femme, mais elle grogne tout le temps.

-Je te re�ois comme une invit�e.

On ne dira pas que je n'ai pas fait mon devoir.

Une chambre sur la rue. De la viande midi et soir.

Mais je te pr�viens.

Ici, tout est r�gl�.

? y pense. Ne fais pas ta toilette demain.

C'est dimanche. Jour du bain.

D'habitude, je le prends apr�s ton oncle.

Puisque tu arrives, tu te baigneras � ma place.

Ton oncle se baigne tous les dimanches. L'eau est propre.

Tu te baigneras apr�s lui. Tout est si cher.

Il faut faire attention.

Nous n'avons pas les moyens, nous,

de consulter des "sp�cialistes" !

-D�p�che-toi, Th�r�se ! On va �tre en retard � la messe.

C'�tait encore chaud ?

-Oui, mon oncle.

? ai plein de petits poils de barbe.

-Ta tante dit toujours �a.

�a tombe en s'essuyant.

-Bien, mon oncle.

Ce qu'on est bien chez les riches !

Orgue

...

-Je file � l'ap�ritif. Vous me rejoindrez.

-Attends que Mme Lambert voie mes renards. Elle va en jaunir.

-Regardez-la avec ses renards, par cette chaleur.

C'est d'un mauvais go�t.

Cloches

...

Madame Dubrek. -Madame Lambert.

Devinez qui est l�.

Th�r�se, la fille de Jeanne.

-C'est pas possible ! La fille de Jeanne !

Comme elle est p�le. Elle a de beaux yeux.

Elle n'est pas du c�t� de votre mari.

C'est le portrait de son p�re.

Simone, viens voir qui est l�.

Tout mon pass�. Th�r�se, la fille de Jeanne.

-Elle m'a encore trouve une amie d'enfance. Je reviens.

-Comme elle est affubl�e ! -Je la trouve charmante.

-La fille de Jeanne, ma meilleure amie de pension.

Vous devez devenir amies.

-Quand je pense qu'elles ont le m�me �ge.

-La fille de Jeanne ?

Mon Dieu, quelle grande fille !

Dire que je l'ai vue petite.

Viens saluer Th�r�se Desforges.

Petits, vous jouiez ensemble.

Tu voulais toujours pousser sa voiture.

Il faut que ces enfants se rencontrent.

Quand nous l'amenez-vous go�ter ?

-Voici ces dames.

-Bonjour.

Bonjour.

Bonjour.

-Mon ami, regarde bien cette petite.

Le portrait d'Henri.

-J'ai bien connu votre p�re, ma petite.

-Le plus beau et le plus fort gar�on de la ville.

S'il n'�tait pas mort � la guerre, il nous aurait tous dam� le pion.

-Bousquet, qu'en dis-tu ?

-Moi ? Je l'embrasse, puisque c'est la fille d'Henri.

C'est frais. Je recommence.

Mon petit lapin, c'est comme si j'embrassais ton papa.

Parce que ton papa, pour moi,

c'�tait comme un fr�re.

Embrasse-moi encore, hein ?

C'est b�te.

Moi, je suis �mu. Tu te rappelles ton papa ?

-J'�tais petite � sa derni�re permission.

-Ne nous attristons pas.

Joseph ! La m�me chose.

-2 vins doux pour ces dames.

-Doucement, M. Bousquet.

La petite n'a pas l'habitude.

-Maman ne serait pas contente de me savoir l�.

-Avec nous, tu ne risques rien.

Au souvenir de ton papa.

Presque un fr�re.

�Nous sommes ennuy�s.

Sa malle a �t� �gar�e.

Elle n'a que ce vieux tailleur.

�Mais c'est extr�mement d�plaisent. Il faut faire une r�clamation.

Voulez-vous que je demande � mon mari d'intervenir ?

-Non, merci. Mon mari s'en occupe.

Il a �galement des relations aux chemins de fer.

-Regardez-les toutes les deux.

Simone lui fait visiter sa chambre.

Elles ont le m�me �ge.

C'est encore une enfant timide, r�serv�e.

C'est une bonne fille.

-"Une enfant" ?

Pourtant, elle est � la veille de son mariage.

C'est pour dans un mois ?

-Parfois, l'id�e de ce mariage me fait peur.

Quand on pense que ces petites sont encore si innocentes.

Enfin, c'est un tr�s beau parti.

-Tu veux voir la photo de mon fianc� ?

La voil�.

-Qu'il est beau ! Il est officier de marine ?

-Oui. Il fait un stage sur un bateau-�cole.

Il revient dans un mois. Nous nous marierons aussit�t.

Tu as un amoureux, toi, � Paris ?

Que fait-il ?

-J'en ai pas.

�La vie � Paris est tellement diff�rente

de la vie de nos jeunes filles ici.

-Ce que t'es b�te !

Tu peux avoir confiance en moi.

Tiens, je vais te parler la premi�re.

Charles et moi,

Ouest d�j� fait.

-Non ! Mais ta m�re ?

-Quoi, "ma m�re" ? Puisqu'on va se marier.

Avec les autres, j'ai jamais voulu.

Je suis pas folle.

C'est seulement pour s'amuser.

Parce que tu sais...

Il y en a un autre.

Un homme, tu sais. Un vieux.

Il a 30 ans, et une barbe.

Une belle petite barbe blonde qui chatouille.

Je ne l'aime pas.

Mais �a m'amuse de voir les yeux qu'il fait quand je l'embrasse.

On sonne.

-Simone !

Simone !

-Maman.

-C'est ton professeur de piano. Qu'il n'attende pas.

Ce ne serait pas respectueux. -Bien, maman.

-Comme je vous disais,

ma belle-s�ur a des relations tr�s int�ressantes � Paris.

Des commer�ants, des industriels,

un grand m�decin sp�cialiste.

N'est-ce pas, Th�r�se ?

-Oui, ma tante.

-C'est un homme qui a un doigt� extraordinaire.

Piano

au-

-Elle a une excellente technique.

-Oui.

Il lui a fait faire beaucoup de progr�s.

-Et vous, mademoiselle ? Vous ne jouez pas d'un instrument?

-Moi non, madame.

Mais ma s�ur...

Toute la journ�e.

Au-

Fausses notes

-On dirait qu'ils se sont arr�t�s. -Oui.

Maintenant, il doit lui faire un peu de th�orie.

Piano

au-

Au-

-Comment �a s'appelle, ce que vous jouez ?

-La R�verie de Schumann.

-Que c'est beau !

�a fait penser � des choses douces.

On a envie d'�tre heureuse, en �coutant �a.

-Vous n'�tes pas heureuse ?

�Si.

Ici.

-Et � Paris ?

-C'est pas pareil.

-Vous avez parl� � votre tante de notre rencontre dans la rue, jeudi ?

-Non, je lui ai pas dit.

-Moi non plus, je l'ai pas dit � ma m�re.

Je savais que vous deviez y aller jeudi.

Quand j'ai vu que votre tante sortait seule,

je n'ai pas os� rentrer.

-Pourquoi ?

Moi aussi, je vous attendais.

-Je vous en joue un autre ?

-Non, s'il vous pla�t.

Le m�me.

-Pouvons-nous nous rencontrer encore ?

Sans le dire � votre tante.

-Oui.

�Oui, Andr� est jeune.

Mais je ne suis pas de ces m�res qui veulent les garder.

S'il trouvait une bonne petite femme d'int�rieur

avec un peu de bien...

Tout au moins des esp�rances.

-Comme je vous comprends, Mme Delgrange.

-L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue.

Andr� prendra la suite de son p�re.

Alors si de son c�te, la jeune fille pouvait apporter quelque chose...

Ou tout au moins des esp�rances.

-Bien s�r. Bien s�r.

Il n'est d�fendu � personne d'esp�rer.

En attendant, je vous ai gagn� vos 10 sous.

Au-

Quelqu'un approche.

-Tu as ton chapeau ! C'est un peu fort.

O� vas-tu encore ? Je t'attendais pour l'argenterie.

-J'allais marcher.

Le m�decin l'a dit.

-|| ne t'a pas dit de faire marcher tes bras ? Tu ne fais rien.

Que ton lit.

Et Dieu sait comment.

-|| a dit, pour la circulation, c'est la marche en plein air.

-"La marche en plein air."

C'est encore un sp�cialiste. Est-ce que j'ai le temps, moi?

Aide-moi avec l'argenterie. Tu marcheras plus tard.

Tu comprends, ma petite, il faut te rendre compte.

Tu as peut-�tre le physique de ton p�re.

Mais t'as le temp�rament de ta m�re.

Toujours pr�te � filer chez le sp�cialiste.

Et tant pis pour ce que �a co�te.

Ton oncle a un c�ur d'or.

Moi aussi, d'ailleurs.

Seulement moi...

je fais les comptes.

Sais-tu ce que j'ai d�pens� ?

Rien que pour toi, depuis un mois, j'ai 615 francs de suppl�ment.

Et tu es l�. Tu penses � rien.

Tu ren�cles pour m'aider.

Tu crois que �a va durer longtemps, cette vie de millionnaire ?

? ai �crit � ta m�re que tu te portais beaucoup mieux.

-�coute, je ne suis pas encore tr�s bien.

La nuit, j'ai chaud.

Tu peux pas dire que je grossis. -�a, non. Tu ne grossis pas.

Pourtant, avec ce que tu manges...

Je me demande o� tu le mets.

-J'ai toujours mal � l'estomac.

-Frotte dur. �a te passera.

-Th�r�se, vous �tes en retard.

-J'ai couru. Ma tante a voulu m'emp�cher de partir.

? ai bu du vinaigre.

-"Du vinaigre" ? Pourquoi du vinaigre ?

-J'en bois tous les jours pour maigrir.

Sinon, ma tante me renverra � Paris,

avant que vous ayez d�cid� vos parents.

-Vous allez vous rendre malade !

-�a m'est �gal.

Je vous aime, Andr�.

Et je boirais pour vous pire que du vinaigre s'il le fallait.

-Ma ch�rie.

Moi aussi, je ferais tout au monde pour vous m�riter.

Ma d�cision est prise.

Je parle � ma m�re, ce soir.

Je sais tout ce qu'elle va m'opposer.

Mais j'ai 22 ans. Je suis un homme.

Je vais �tre tr�s cat�gorique.

16 h 15.

Papa m'attendait � l'usine � 16 h.

Vous n'avez pas �t� exacte. Je dois filer.

-Attendez un peu.

Vous serez en retard.

? ai bien abandonn� ma tante.

-Impossible. Papa est terrible.

-Mais, Andr�...

Vous m'aimez ? -Bien s�r. Je vous adore.

Mais il faut que je file. Papa ne badine pas.

Au-

-Mais c'est toi !

Pourquoi te l�ves-tu toutes les nuits ?

-J'avais soif.

-Tu avais "soif".

Et quand tu as soif, tu viens boire du vin.

Mais c'est du vinaigre.

Tu buvais du vinaigre ? Tu es folle.

-Tante, je t'en supplie. Ne crie pas.

? ai d�j� si mal � l'estomac. -Tu vas te ruiner la sant�.

Pourquoi bois-tu du vinaigre ? Tu ne trouves pas assez maigre ?

-Pour pouvoir rester plus longtemps.

Parce que... je t'ai menti, tu sais.

On est pauvres, � Paris.

On est tr�s pauvres.

On vit dans deux pi�ces.

Moi, je couche dans la salle � manger.

Je suis fleuriste.

Je fais des courses.

Et mon patron me propose des choses.

Et les autres hommes aussi.

Lucienne est dactylo.

Maurice est en ch�mage.

Et maman va � l'h�pital.

Les robes neuves, c'est pour Lucienne

parce qu'elle voit du monde.

Je veux pas retourner l�-bas.

Comprends, tante.

Il a dit qu'il m'aimait et qu'il voulait se marier.

Je resterai ici.

? aurai une maison comme toi. Je me tiendrai bien.

Tu m'expliqueras, et je serai plus digne que tout le monde.

-Qui veut se marier avec toi ?

-Andr� Delgrange.

Je l'ai revu.

Je dois te le dire.

C'est pour �a que je sors.

-Mais sa famille ne voudra jamais.

-Mais si. Il est s�r qu'elle acceptera.

-Ouais.

? imagine sa m�re quand elle saura la situation de ta m�re � Paris.

Enfin, cours ta chance, ma petite.

Je ne t'en emp�cherai pas, mais je ne sais rien.

Je ne veux rien savoir, tu entends ?

Je n'en parlerai m�me pas � ton oncle.

-Merci, ma tante.

-Seulement, ma petite, tu n'as pas le sou.

Ta famille n'est pas pr�sentable.

Pas d'esp�rances.

Quoi qu'en pense cet imb�cile.

Malheureusement, il faudra bien que tu l'apprennes un jour,

on ne prend pas les mouches avec du vinaigre.

Rebouche la bouteille.

Et remonte te coucher.

-Ma ch�rie, je vous ai fait attendre.

Je n'en finissais plus avec maman. -Alors ?

-J'ai �t� terrible.

Je lui ai dit que rien ne pouvait m'arr�ter.

-Alors ? -Elle m'a �cout� sans rien dire.

Elle n'a m�me pas cri�. �a a �t� d'une simplicit� !

Elle me croyait incapable de me d�cider.

Elle est d'accord. -Comme �a ? D'un seul coup ?

-|| faudra d�cider papa. Elle va poser les 1ers jalons.

-Elle sait que nous sommes pauvres ? -Oui.

Elle a trouve quelque chose. Je vous expliquerai.

Ma ch�rie.

Ma ch�rie, quel bonheur!

Vous serez bient�t � moi.

-Et on aura une maison ?

-Bien s�r.

-Je n'en sortirai jamais. Je n'irai plus jamais dans les rues.

Je ne serai plus jamais seule.

Vous me prot�gerez ? -Oui, ma ch�rie. Toujours.

-Et nous aurons des enfants.

Et nous deviendrons vieux. Comme ce sera bon !

Le tonnerre gronde.

Ce n'est pas une larme. C'est une goutte.

...

...

C'est vrai qu'un jour, on n'a plus peur ?

Ni de la nuit, ni de l'orage,

ni des autres hommes, ni de rien.

Parce qu'on a deux bras forts qui vous entourent comme maintenant.

-Oui, ma ch�rie.

-C'est comme si j'�tais enfin arriv�e quelque part.

Comme si j'avais enfin ma maison.

Comme c'�tait simple.

Ma maison, c'�taient vos bras.

C'�tait ce petit coin sur cette p�niche.

On est bien, chez nous.

-Ma ch�rie.

Ma ch�rie.

C'est doux de vous toucher.

-Oui.

C'est doux aussi d'avoir vos mains partout sur moi.

Je les connais bien maintenant, vos mains.

C'est comme si c'�taient mes mains.

-Je vous aime.

-|| me suffit de ces 3 petits mots pour que je me sente tranquille.

-Vous �tes ma femme.

-Oui.

Je suis votre femme.

Et c'est pour �a.

Coassements

...

-|| ne pleut plus.

-Non.

Il ne pleut plus.

C'est beau, le soleil sur le canal.

On dirait que c'est la premi�re fois qu'il fait soleil.

-J'ai honte, ma ch�rie.

Nous n'aurions pas d�.

? ai �t� fou.

Vous ne m'en voulez pas ? Vous n'avez pas trop honte ?

-Bien s�r que non.

-|| faut vous lever, maintenant.

'D�j� ?

On �tait si bien dans notre maison.

-|| ne faudra plus que nous restions seuls dans la campagne.

Nous avons �t� fous.

-Pourquoi ? Puisque nous nous aimons.

-Tout va s'arranger.

Maman ira voir votre oncle.

Vous n'avez rien, mais il est riche et n'a pas d'enfants.

Elle m'a dit que papa se contenterait de 200000 F de dot.

-"200000 francs" ? Ma tante ne voudra pas.

-Mais si, vous verrez.

Maman est tr�s persuasive, pour ces choses-l�.

D�s qu'on aura pris des renseignements...

-"Des renseignements" ?

-Mais oui.

�a se fait toujours.

Vous �tes un vrai b�b�, Th�r�se.

C'est s�rieux, vous savez, un mariage.

16 h 30. ? ai une demi-heure de retard.

Qu'est-ce que je vais dire � papa ?

Je file.

'� quand :2

� quand :2

Marche nuptiale

au-

�Tout le montage est fait au point turc.

�Je pense que Simone va �tre belle.

-Que c'est beau !

�C'est tr�s seyant.

-Elle est adorable, dans tout ce blanc.

-�a va si bien � l'innocence de cette petite.

-Pourquoi met-on une si belle robe

pour marquer le jour o� on fait une telle folie ?

Qu'est-ce, pour nous, femmes, le mariage ?

Les soucis de la maison,

les malaises de la grossesse,

les exigences brutales des hommes.

-N'en disons pas trop de mal.

Je ne veux pas m�dire du pauvre Octave.

Elles durent si peu de temps, ses exigences.

-J'ai sept enfants, madame.

� chaque fois, j'ai �t� malade comme au premier.

Mes accouchements ont �t� des supplices.

Mes p�riodes de grossesse,

des malaises incessants.

-C'est affreux, ce mal de c�ur.

On a chaud. On a froid.

On voit tout tourner.

Et ce d�go�t.

Cette naus�e � la gorge.

-|| y a des choses que j'adore.

Par exemple des frites bien grasses.

Penser � un plat de frites quand on est dans cet �tat...

-Mon voile !

-Th�r�se ! Qu'est-ce que tu as ?

Th�r�se, qu'est-ce qu'il y a eu ?

Tu en as, une mine.

Tu ne vas pas �tre malade ici. Tiens-toi.

Ce n'est rien, mesdames.

Elle a d� manger quelque chose qui n'est pas passe.

Je lui dis toujours:

"Tu manges comme quatre."

-Elle a encore vomi cet apr�s-midi.

�a fait 3 fois en 2 jours.

Elle ne se remettra pas si vite.

? ai bien envie d'�crire � sa m�re. -Calme-toi.

Pourquoi pr�cipiter les choses ?

-Tu ne comprends rien.

Tu ne sais rien, tu ne vois rien.

Il faut peut-�tre les pr�cipiter, justement.

-Je suis pr�te, ma tante.

-Ah, te voil�, toi !

Toujours aussi mal fagot�e.

Je ne comprends pas ta m�re.

Ou plut�t, si.

Maintenant, je la comprends trop bien.

-Tout �a s'arrangera quand on aura retrouv� sa malle.

-Allez, viens ici.

Je n'aime pas pr�ter mes affaires,

mais je n'aime pas beaucoup avoir honte, non plus.

Tiens, pour ce soir, je te pr�te une de mes blouses.

-Merci, ma tante.

Ce que je vais �tre belle.

? avais tant envie d'�tre belle, ce soir.

Air d'op�ra

au-

Reniflement

-Tu es enrhum�e ?

-Non, je pleure.

Ce que c'est beau.

Mais que c'est triste.

Tu crois qu'il va l'abandonner ?

-�a fait 20 ans qu'il l'abandonne toujours.

-Pas si fort. Vous allez g�ner les voisins.

Passe-moi les jumelles.

Au-

Qui est dans la loge de Mme Delgrange ?

-C'est la fille des Meunier d'Aluin.

Elle a le nez un peu fort. Et la grosse galette.

Ils la visent pour le petit.

Au-

-Je dois aller faire pipi.

-Attends l'entracte.

-Je ne suis pas bien. -Encore.

Au-

-J'avais peur que vous n'entendiez pas.

-Moi, j'avais peur que ma m�re vous entende.

Allons plus loin.

Je suis venu d�s que j'ai pu.

Vous auriez d� venir � l'entracte.

Si on remarquait que nous sommes sortis ensemble...

-Andr�, vous ne m'embrassez pas ? -Non.

Pas ici.

On pourrait nous voir.

Qu'avez-vous � me dire ?

-Andr�, pourquoi vous n'avez pas essay� de me voir ?

-�a a �t� terrible avec mon p�re. Il m'a envoy� � Arras.

-Pourquoi ne pas avoir �crit?

-Je ne pouvais pas � cause de votre tante.

On ne compromet pas une jeune fille comme �a.

-Je veux vous parler.

-Th�r�se,

�coutez,

c'est moi qui vais vous parler.

Vous savez, je vous demande pardon pour l'autre jour.

Jamais je ne recommencerai.

Il ne faut plus en parler. -Si, au contraire. Il faut en parler.

Parce que...

-Vous �tes gentille de ne pas m'en vouloir.

? ai �t� fou.

Je ne sais pas comment j'ai os�.

D'ailleurs,

vous n'auriez pas d� accepter...

comme �a, tout de suite...

sur ce pont !

On aurait pu nous voir.

-Mais puisque nous nous aimons, Andr�,

ce ne pouvait pas �tre mal.

Vous m'aimez, n'est-ce pas ?

-Bien s�r.

-Parce que vous savez,

je voudrais vous dire...

�coutez, Andr�, c'est press�. Tout le monde va sortir.

Il faudra faire vite quelque chose

Parce que...

je suis malade depuis 8 jours.

Je sais que ce n'est pas une vraie maladie.

Enfin, vous me comprenez ?

-Que voulez-vous dire ?

-Andr�,

nous allons avoir un petit enfant.

-Th�r�se, qu'est-ce que vous dites ?

C'est pas possible. C'est pas vrai.

�a peut pas �tre moi.

Nous ne nous sommes vus qu'une fois.

-Andr� ! -Ce serait trop facile, � la fin.

Vous me voyez disant �a � mon p�re ? Je vous d�fends d'en parler.

Je dirai que c'est pas vrai.

C'est votre faute. On ne se laisse pas faire comme �a.

-Ne vous mettez pas dans des �tats pareils.

C'est pas la peine d'avoir peur comme �a.

Vous �tes trop laid, quand vous avez peur.

C'est une blague, une sale blague que j'ai voulu vous faire.

Allez-vous-en tout de suite !

Retournez pr�s de votre papa et de votre maman. Allez, vite !

Je ne pleurerai pas. Je ne pleurerai pas.

Je ne pleurerai pas.

Au-

-Bonjour, mademoiselle.

Vous avez un rendez-vous ? -Non.

Je voulais savoir le prix de la visite.

-C'est 20 francs.

-Merci, madame.

-|| y a longtemps que tu n'es pas venue.

Tu m'excuseras, je suis en train de ranger le trousseau de Simone.

Pourquoi ne t'a-t-on pas vue,

ces temps-ci ? -J'�tais encore souffrante.

-En effet. Tu n'as pas bonne mine. -Simone n'est pas l� ?

-Non. Elle est chez son professeur de piano,

M. Queuille.

-Je peux y aller ? Je voulais lui demander quelque chose.

-Non, non. Ils ne veulent pas �tre d�rang�s.

Ils nous pr�parent une surprise. Une grand-messe chant�e.

Ils travaillent toute la journ�e ensemble.

Simone prend go�t � la musique.

Elle dit que �a lui calme les nerfs.

Elle se d�p�che d'en profiter. Une fois mari�e, tu comprends...

Passe-moi donc ses chemises.

? en ai brod� douze au petit point.

? esp�re qu'elle sera belle, avec son mari.

C'est un tel souci, un mariage.

Mais je suis soulag�e. Simone est cas�e.

Et toi, ma petite Th�r�se, rien en vue ?

Pas un amoureux ?

-Non, madame.

Je ne me marierai s�rement pas.

Et puis, j'ai le temps.

Un mariage, de nos jours,

�a ne se d�cide pas comme �a, ma petite.

Je ne veux pas te retenir. Tu es d��ue de ne pas avoir vu Simone.

Tu m'excuseras, j'ai beaucoup � faire, ces derniers jours.

Tu n'avais rien � me demander de pr�cis ?

-Recevoir la fille d'un vieil ami est toujours une joie.

Alors, ma petite fille est venue voir le papa Bousquet?

Bon. C'est pour quelque chose.

S�rement pas pour une commission de l'oncle,

je l'ai vu � l'ap�ritif de 11 h. Sa commission,

il pouvait me la faire lui-m�me.

Alors quoi ?

-Je vais vous dire, monsieur.

Je passais et je me suis dit que comme il pleuvait...

? ai pens� que l'autre fois, vous m'aviez dit...

-Que �a me ferait toujours plaisir de te voir, mon petit rat.

Eh bien, tu vas me raconter

ta petite histoire.

Bien gentiment. Allez, viens.

Assieds-toi.

De quoi s'agit-il ?

-Monsieur, je vais vous dire, je suis venue vous demander 20 francs.

Voil�.

-Pourquoi "vingt francs" ?

-C'est un secret.

-Mais quel "secret" ? -Un secret pour moi toute seule.

-Tiens, tiens. On a donc des secrets ?

Petite farceuse.

-Monsieur, c'est dr�le, vous savez qui vous me rappelez ?

Vous me rappelez mon papa.

Je ne me rappelle plus tr�s bien, mais je sais

que s'il �tait vivant et que j'aie besoin de 20 francs,

je me serais assise � c�t� de lui,

il me les aurait donn�s.

-T'es un beau petit rat.

Un beau petit rat qui a besoin de 20 francs.

Mais c'est facile comme tout.

-Je vous disais que vous me rappeliez papa.

-Retire ta veste. T'es un beau petit rat qui a trop chaud.

-R�pondez-moi. Mon papa, c'�tait votre ami ?

-Ton p�re... Il est mort, que veux-tu.

Tout �a, c'est du pass�.

Toi, tu es jeune. Tu es vivante.

Et tu es venue me voir pour me demander 20 francs.

-M. Bousquet, vous vous �garez.

Il faut que je rentre. Je veux partir.

-Attends. Tu vas boire.

-Je veux bien, si vous me donnez les 20 francs,

parce que c'est press�.

-C'est entendu. Tu auras tes 20 francs,

des que tu auras bu un verre avec le p�re Bousquet.

Tu en auras m�me 100, si tu veux.

-|| me faut que 20 francs.

-Tiens. Bois encore. �a te r�chauffera.

Je vais te gu�rir, moi.

Tiens. Les voil�, tes billets.

Ils sont l�. Je les pose l�. Ils sont � toi.

Allez, tiens. Bois.

-Si �a pouvait me rendre plus gaie... -Allons donc.

On n'est pas triste, � ton �ge. On a l'avenir devant soi.

� quoi penses-tu ?

-Je suis presque heureuse que mon papa soit mort si jeune � la guerre,

parce qu'il aurait pu devenir vieux et vilain, comme vous.

-Ah. Te voil� enfin.

�a ne peut pas durer. D'o� sors-tu, encore ?

Je t'attendais pour une visite. Une "visite" qui s'impose.

Allez, monte.

? en ai une belle � t'annoncer.

Le fils Delgrange se fiance.

Avec la fille des Meunier d'Aluin. Une grosse fortune, naturellement.

Ils ont d� presser sec, en vous voyant tous les deux.

Ma pauvre Th�r�se.

Et toi qui croyais que ces gens-l� t'accepteraient...

Pour l'instant, je ne te demande qu'une chose : de la tenue.

Nous devons les f�liciter

pour leur montrer que �a nous est �gal.

Je te repr�terai ma blouse.

Je ne veux pas qu'il soit dit que tu n'as rien sur le dos.

Et puis mets-toi du rouge, voyons. Tu es livide.

-Ma tante. -Quoi, "ma tante" ?

-Elle sera debout dans trois jours.

-Non. Elle devait se marier ?

-Ah bon ? Alors, c'est aussi bien. N'en parlons plus.

Disons que c'est une chute providentielle.

Au revoir, Mme Dubrek.

Ne me raccompagnez pas. Allez plut�t lui remettre de la glace.

-Je ne veux pas savoir ce qui s'est pass�, ni avec qui.

Naturellement, je ne dirai rien � ton oncle.

Dans trois jours, tu rentreras � Paris.

Au-

-Maman !

C'est moi, Th�r�se.

Je suis rentr�e.

Je t'avais envoy� un t�l�gramme. Je pensais

que tu serais venue � la gare. -Ah. C'est toi.

Pas de bruit, j'ai ma migraine.

-|| est presque 14 h.

Il y a rien � manger ? -Oh, ne parle pas de manger,

tu m'�c�ures.

Il doit rester un paquet de nouilles. Fais-le cuire.

-Lucienne et Maurice sont pas venus d�jeuner ?

-Lucienne mange maintenant au restaurant avec son fiance.

Le mariage est pour bient�t.

Quant � ton fr�re...

Hum 1

Ce qu'a fait ton fr�re �quivaut � une d�ch�ance.

Ne reparle jamais de lui.

-Maurice ? Qu'est-ce qu'il a encore fait ?

-M�me dans une situation difficile,

je trouve inadmissible de vivre en concubinage

avec une marchande d'escargots.

-Ah. C'est �a. Avec la grosse Germaine ?

Il est pas difficile.

Mais alors, elle t'apporte plus d'escargots, la M�maine ?

Que vas-tu faire, sans tes bourgognes ?

-Je te d�fends de plaisanter sur un sujet si douloureux.

On tente d'entrer.

N'Y Va pas !

C'est le gaz.

-Le gaz. Je l'avais presque oubli�, le gaz, l�-bas.

�Allez�y !

Bottez-y leur porte !

Elles sont l�.

Je les ai vues entrer. C'est tous les mois pareil.

-Les charognes. Le travail des autres, �a s'en fout.

L'employ�, c'est fait pour monter les marches.

-C'est des r�fugi�es.

-Mais, maman...

O� sont les meubles ?

-Ma petite fille, je vais te dire...

? ai tout vendu pour �tablir Lucienne.

Demain, on vient prendre le lit et l'armoire.

Ils avaient promis que nous irions habiter avec eux � Neuilly.

Maintenant, ils refusent.

-Oh, les salauds.

-Toute seule ! Je suis toute seule.

-Ben, et moi, maman ?

Et puis, il n'y a pas que moi.

Attends un peu. Je vais tout arranger!

-Ils sont au premier. Ils sont encore au plumard.

Ton fr�re aurait la grippe. C'est moi qui fais tout le boulot.

Elle en fout plus un coup, la Germaine, maintenant.

Il y a longtemps que �a m'a pass�, � moi, cette "grippe"-l�.

-Qui c'est?

-Th�r�se. -Sans blague ?

Attends une minute. Je viens t'ouvrir.

On enl�ve le verrou.

Tu peux entrer.

Dis donc,

si ta m�re t'envoie faire des histoires,

c'est pas la peine.

Y a rien � faire.

-Non. Je suis venue toute seule.

? ai bien le droit de voir mon fr�re.

-C'est pas pareil.

Tu vois,

je le r�chauffe, ton fr�re. Il a la grippe.

-Alors, t'es l�, Maurice.

-Ben, tu vois. J'ai la grippe.

-Comme t'as grossi...

-Lui dis pas �a !

Il va plus vouloir manger, � pr�sent.

Oublie, mon coco. L'�coute pas.

Laisse faire ta M�maine.

-Alors, t'es revenue. T'as pas grossi, toi.

-Maurice, j'ai � te parler d'histoires de famille.

Dis � M�maine de descendre.

Il le faut, Maurice.

-Descends, M�maine.

-Mais non ! Y a rien � faire !

Vous comploterez et tu partiras.

Je les laisserai pas faire, t'entends ?

-�coute, Maurice, dis-lui de descendre. C'est presse.

Descends. On te rappelle.

-C'est des histoires de famille. Descends donc.

-Ma petite poule.

Je veux pas que tu partes, t'as compris ?

Embrasse ta M�maine et dis-lui que tu l'aimes.

-Mais oui, je t'aime ! T'es crampon !

Allez, pleure plus. Descends.

Tiens. Essuie-toi, plut�t.

T'as ton Rimmel qui coule.

-Tu sais, je suis bonne fille.

Mais n'exag�re pas, ou alors...

-Dis, Maurice.

T'as aussi des id�es nobles, puisque tu te souviens, toi.

C'est vrai, dis ?

-Bien s�r, que j'ai des "id�es nobles".

�a se voit pas ?

-Alors �coute,

maman a tout vendu pour �tablir Lucienne.

Ils lui avaient promis qu'on irait habiter avec eux.

Mais une fois qu'ils ont eu l'argent, ils ont dit non.

Et elle est foutue, maman. Elle pleure.

Et puis, tu sais, Maurice,

elle est vieille, maintenant.

Alors il faut que tu te l�ves,

que tu ailles lui demander pardon et que tu travailles.

-Comment ? "Pardon" ?

"Et travailler" ? Et entendre des le�ons de morale tous les soirs ?

D'abord, M�maine m'aime.

Regarde ce pyjama, c'est de la soie. ? aime �a.

? aime �tre mon ma�tre,

au lieu d'aller � l'usine pour gagner des haricots.

-Mais moi aussi, j'aime �a, Maurice.

Mais quand on n'a pas de sous, il faut s'en passer.

Ou faire ce que tu fais.

Maurice,

pense � maman.

Sois encore mon copain, comme autrefois.

Va-t'en d'ici. Deviens un homme.

-"Un homme" ? C'est maintenant que j'en suis un !

Les sermons, c'est fini. Fous le camp,

avec tes airs de sainte-nitouche.

Tu vas voir ce qu'est un homme !

-"Un homme" ? T'es un l�che, et tu me d�go�tes.

M�fie-toi. Tu deviens laid, � avoir de sales pens�es.

Tu sais � quoi tu ressembles, � baver de m�chancet� ?

Tu ressembles � un escargot !

N'aie pas peur.

Il partira plus jamais, ton Maurice.

-T'es encore l� ? -Quoi ?

C'est toi, Lucienne ? -C'est moi, maman.

Tu t'es endormie ?

Tu as froid. Il est tard. Viens te coucher.

-J'ai trop de chagrin.

? ai plus personne.

-Comment, Mme Desforges ? Et moi alors ? Je suis pas l� ?

Au dodo. Demain, on y verra plus clair.

Nous sommes toutes les deux, maintenant.

Et puis, je suis un homme. Je travaille !

-T'as m�me plus de place.

Et le gaz qui va repasser demain.

-Je demanderai un acompte.

T'inqui�te pas. Demain, je retourne chez Pignot.

-Alors vous arrivez comme �a ?

Vous redemandez votre place

et par-dessus le march�, vous demandez un acompte.

Eh ben, vous trouvez la vie facile, vous.

Enfin,

je vous donnerai 200 francs d'avance sur votre mois.

Mais il faudra arriver une demi-heure plus t�t.

Je fais tout, depuis que le patron ne peut plus travailler.

-Comment va le patron ?

-Toujours pareil. On lui fait des piq�res.

Sonnette

Bonjour, madame.

Qu'attendez-vous ? Allez passer votre blouse.

Quelques belles roses ?

Au-

-Vous voudriez la voir, la dentelle de mon pantalon.

Vous ne la verrez plus jamais.

? ai plus peur de vous, maintenant.

Je suis jeune, moi. Et je vais vivre.

Je ne veux pas avoir piti� de vous.

Jamais plus un sale vieux comme vous ne me touchera.

�Qu'attendez�vous, Th�r�se ?

Venez vite essuyer les glaces. Il est pr�s de midi !

'On y va!

Au-

Yvon !

Mais t'es soldat !

-Je me suis engag�. Je suis en perm.

Ta m�re m'a dit que tu �tais l�.

�a tient toujours, nous deux ? -Yvon...

-Je suis dans l'aviation. Je me perfectionne.

En revenant, je gagnerai beaucoup. On pourra se marier.

Ta vieille viendra chez nous.

-Yvon, c'est vrai ? -|| y en a plus pour longtemps.

Il y en plus que pour 782 jours.

-Le bonheur est pour bient�t?

-Pour tout de suite. Je t'emm�ne au restaurant.

-Un vrai restaurant? -Avec des nappes.

Il y a trois mois que j'�conomise.

-Eh ben, Th�r�se ? Qu'est-ce qui vous prend ?

-Deux sous de violettes

Pour deux ronds, �a sent bon

�a vous monte pas � la t�te

C'est bien honn�te

l'amour, c'est b�te

Comme ces petits bouquets ronds

C'est jamais qu'une amourette

Deux sous de violettes

La chanson continue.

Au-

Sous-titrage : ECLAIR V&A

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