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(déclics d'interrupteur)
(♪ Du techno joue en sourdine. ♪)
- Fait que Sarah vient pas finalement ?
- Non, elle a un brunch de filles…
ou anyway, un shower, une affaire de même.
- Vous vous êtes pognés.
- Non, non, pantoute.
On est vraiment dans une bonne passe en plus.
- Osti !
Je te le dis, je veux pas que tu fasses le saut.
Mais la sœur à Rivette, elle va être là à soir.
- Ah, tabarnac, il comprend pas
qu'on la hait, sa crisse de sœur ?
- Elle dérangera pas, là, elle…
elle tourne un film pour son école.
- Osti qu'elle va être gossante ! C'est sûr qu'elle va gosser.
- Anyway, Rivette, il m'a dit
qu'on l'aurait pas dans les jambes, fait que…
Elle vit sa vie, on vit notre vie.
On se rendra même pas compte qu'elle est là.
(coups de klaxon)
(sirène au loin)
(♪ jazz ♪)
(sirène au loin)
(Un homme parle en anglais.)
(coup de klaxon)
- Bon.
(♪ Looking For Knives par DYAN ♪)
♪♪♪ I went looking for blood ♪
♪ And they're giving me bone ♪
♪ And I wanted a map ♪
♪ And I got directions back home ♪
♪ I went looking for knives ♪
♪ And they're giving me blooms ♪
♪ I went looking for knives ♪
♪ And I was looking for you ♪♪♪
- Coudon, c'était donc ben long ! Vous êtes passés par où ?
- Ben ouais.
- Ben, regarde, on est arrivés.
On va pas te raconter tout l'osti de voyage.
Prends ça, hum… - Hé, euh, Matt !
Je te dis ça parce que je sais que tu l'aimes autant que moi,
mais ma sœur est là.
- (riant) : OK. - Ouais.
Je sais pas elle est où. Avec son ami Matisse.
Ils filment des arbres quelque part, je sais pas trop.
- Oh, boy…
- Allô ! - Yo !
- Salut ! - OK, wô, wô !
Vous avez pas fait 125 km pour vous asseoir sur le lavabo.
- Ils arrivent, veux-tu leur laisser 2 secondes ?
- Comment est-ce qu'il va ? - Il fait de son mieux.
- On y va ? Le soleil va se coucher.
- Me niaises-tu ? - Quoi ? Arrête !
Je viens de te le dire. - Frank.
- Non, je suis ben trop gelé, je me rendrai pas jusqu'au souper.
- Max ? Max ?
- Brass. - Quoi ? Crisse !
- Arrête ! - Quoi ? Ah…
On n'est pas encore là-dessus ?
- Hé, pour toi.
- C'est du petit weed. Je m'en souviens pas.
- (ensemble) : T'écoutes jamais quand on te parle.
- Écoutes-tu, des fois ? T'écoutes jamais.
- Bon, je n'ai plus un osti de chum dans la place.
Quessé je fais, là ? Hein ? - Il a besoin d'amour, Brass !
- C'est moi qui mange la marde ici.
Je suis tanné de ça, à chaque fois.
Allez chier ! - Il a besoin d'amour !
- Touche-moi pas, crisse ! Arrête ! Arrête ! Arrête ! Arrête !
Arrête ! Arrêtez ! - On dégage ! Go, on y va ! Go !
- Vas-y, te baigner, fatigant !
- OK, ben, moi, j'y vais. - Sacrament !
- Moi aussi, je suis down.
(toux)
- Excusez-moi, les garçons.
- Bon, ça y est. - O-M-G !
Je sais pas comment dire ça.
En fait, c'est juste que, genre, j'avais des amis
qui étaient supposés drive jusqu'ici pour shoot un film,
sauf que last minute, ils "flexent".
- Voyons ! Attends un peu. "Menu principal", "français".
Pourquoi j'ai juste la version "petite conne d'Outremont" ?
- Et "la grande tapette qui gosse fucking" ?
- Tes amis devaient venir ici pis ils sont pas venus. Pis, ça ?
- Ben, genre, ils venaient pour, comme, act dans le film, genre.
- Oh, boy ! - Matt.
- Ben, genre, est-ce qu'il y a 2 gars…
que, genre, ils seraient down de act dans le film, genre ?
- Ben, moi, jamais, mettons. - De jouer dans le film, Érika.
T'es en cinéma, crisse d'épaisse !
- Lâche-moi, esti de fif !
- T'as dit à maman que tu t'occuperais de ton côté.
Fais ça pis arrête de les faire chier !
- Pourquoi tu décides pour tes fucking amis ?
- Hé, hé !
Je vais le faire, moi.
- Han ? - Han ?
- Ben, ça me dérange pas de… de jouer dans ton film.
- Oh, my God ! T'es tellement nice ! Merci !
Je te l'avais tellement dit que Max, c'était le plus chill !
- OK, décâlisse, là. - Mais il en faut deux.
- Érika, je vais te tuer. Ça te tente, que je te tue ?
- Matt ? - Ah non, je suis pourri.
Je déteste ça.
- Demande à Brass.
Non, demande à Frank.
Demande à Frank. - Oui, Frank !
- Esti que ça va être bon ! - Aight.
Oh, mais, guys, pour vrai, genre,
si vous êtes down, je suis genre fucking down, sérieux.
- Hé, 24 000 $ par année pour parler comme une charogne
pis prendre des photos de ses lunchs.
(soupir)
- Es-tu malade, toi, osti ?
- Ben non, t'étais bon dans La Macarena en secondaire 5.
- Ta yeule, Rivette ! T'es fendant !
Il est pas capable de fermer sa yeule.
- C'est vrai ! T'étais touchant !
- Il me semble que tu pleurais quand même ben.
- Un analphabète qui essaye de pleurer avec un accent français !
Comme un éléphant qui essaie de se passer la soie dentaire !
- Coule-le !
- Lâche-moi, crisse de laid !
- T'aimes ça, quand je te touche, hein ? T'aimes ça ?
- Lâche-moi !
- T'as juste à fermer tes yeux pis à penser à ton prof !
- Ah, ta gueule !
- Pense à ton vieux, vieux monsieur.
- Ta mère est tellement grosse
que son Patronus, c'est un Burger King !
- Ta mère est tellement grosse qu'elle l'a mangé, son Patronus !
- Ta mère est tellement grosse…
- Hey, ferme-la !
- Je pense pas que je vais revenir le premier Noël.
- Ah ouais ?
Fait que… un an straight ?
- Ouais.
(conversation indistincte au loin)
- Pis…
comment ta mère, mettons ?
- C'est… C'est ma tante Ginette qui va s'occuper d'elle.
On est…
passés chez le notaire, là,
elle va, comme… comme, prendre ma place.
Elle va devenir sa tutrice.
À un moment donné, je suis pas tout seul dans la famille.
(soupir)
Anyway, c'est pas compliqué, tu sais.
Elle paye ses comptes, elle achète sa bouffe,
elle laisse pas traîner de cash.
N'importe quel épais est capable de faire ça.
- Are you ready for your close-up ?
- Hein ?
- Are you ready for your close-up ?
- Ah…
OK.
(petit rire)
Yes, I am ready.
(rire)
Ben oui, j'ai le droit. C'est ça, le Commonwealth.
J'ai pas besoin de visa pour aller là.
- Ben, OK, ouais. - Pis barman toujours ?
- Sans visa, il faut des documents.
Tu rentres pas là comme dans un moulin.
- Donc, ce serait le fun que ton père,
il donne ma lettre de recommandation.
- Ça s'en vient. C'est pas de ma faute, il est occupé.
- Mais là, attends une minute, je comprends pas.
Tu t'en vas pas faire du bénévolat.
Tu t'en vas, je veux dire, tu vas aller gagner de l'argent.
- Non, c'est parce que c'est
pour tous les pays qui prennent pas Visa.
(rires)
- Han ? - Ouais.
- Voyons, dummy.
- Mais, Max ?
- Oui, barman.
Ben, tu sais, pour commencer.
Pis c'est plus facile, je connais ça.
- Le gars s'en va jusqu'à Melbourne
faire la même ostie de job de marde
que sur le boul. Taschereau.
- "Shoote" 200 000 $,
on te l'envoie comme roommate à Cambridge.
- Non, mais anyway, moi, c'est ben correct.
Tu sais, je commence comme barman.
Pis après ça, ben, lentement, le temps que je trouve mes…
- Mes repères. - Mes repères.
- Tabarnac, mon gars ! - Sacra…
- Tu lui suggères pas juste les mots, tu lui mets dans la yeule !
- "Mes repères." - "Mes repères."
- Hé, ta yeule, là ! - Tu fais ça depuis le primaire.
- C'est vrai que tu fais toujours ça.
- Pardon ? - Tu fais tout le temps ça.
T'as toujours fait ça.
- C'est la première fois que je fais ça.
- Quoi ? Quoi ?
- Voyons, cochon ! Es-tu fou, Matt ?
- Je sais même pas de quoi qu'on parle.
- De ta maladie mentale, c'est de ça qu'on parle.
- Voyons, c'est toi, l'osti de malade !
J'ai fait ça 2 fois dans… Regarde, 3, 4 pour être fair.
- Voyons, tu me l'as fait à la fête à Suzy.
Le mois passé, tu m'as corrigé sur une ostie de niaiserie
pendant que j'allumais les bougies.
Brass, tu l'as filmé, là. - Non.
Je sais pas. En tout cas, je n'ai plus ça.
- Oui, on l'a "instagrammé" ou "snappé" ou je sais pas quoi.
- Wow ! T'es tellement cool ! Ben, montre-moi.
- Je vais te montrer, certain. - Go.
- Hey, il y a quelqu'un qui arrive.
- Oui, ça doit être Shariff.
- J'ai dit "chandelle". T'as dit : "Faut dire 'bougie'."
"Chandelle, c'est un archaïsme." Arrogant.
- J'ai jamais dit ça. Mais c'est vrai.
- Tu l'as fait tantôt au gym.
- Quoi ? - Tu m'as fait ça tantôt au gym.
- Ben, as-tu un exemple ?
- Ah ben, si c'est pas Shariff avec nos taxes !
- (Tous) : Hé !
- Comment ils vont, mes enfants de chienne préférés ?
(rires et brouhaha)
- Je suis content de te voir !
- What's up, big ? - What's up ? What's up ?
- Ça s'achète du beau linge neuf avec nos taxes !
- Pendant que t'écris ton ostie de thèse de marde,
nous autres, on s'est trouvé des vraies jobs !
- J'ai construit mon char à mains nues pour aller à l'école !
- Vous parliez de quoi ?
Ça jase de quoi, un contribuable à la campagne ?
- Voyons, ça va, Denys Arcand ?
- Es-tu gelé, toi ? - Moi ? Non. Ça dépend.
Mais vous parliez de quoi quand je suis arrivé ?
- De rien.
- Matt qui veut toujours avoir raison,
c'est de ça qu'on parlait.
- Sois précis, c'est même pas ça.
Je l'ai repris sur une erreur de français.
- Oh, my God ! L'éminence de Matt en français !
C'est un grand classique. C'est quoi que t'essayes de gagner ?
- Manger la yeule grande ouverte comme un fucking cochon,
ça vient avec le forfait Je m'habille comme Roch Voisine ?
- Ôte tes pieds de la table, pas de classe !
- Ben oui, enlève ça. - Ben voyons ! Hey, crisse !
- Ça s'améliore pas avec l'âge.
- Avertissement général,
je me rapproche dangereusement du vidéo !
(rires et exclamations)
- Les gars ! C'est quoi, cette odeur-là ? Sentez-vous ça ?
- Quoi ?
(reniflements)
- Je sens rien. - Ah non, laissez faire.
Non, c'est juste l'odeur de Matt qui perd un bet, je pense.
(rires)
- C'est mon procès à soir ?
- Osti ! Osti ! Je l'ai ! Je l'ai trouvé !
Osti, c'est le plus beau jour de ma vie !
Si j'ai raison…
- Si t'as raison, rien, mon gars.
- Ah non, par exemple. Tu veux avoir raison.
T'es sûr à 100 % que tu m'as jamais dit ça ?
- 100 %, mais je parie pas là-dessus.
- On n'a pas à parier de l'argent.
- Je veux "better" là-dessus.
Rivette a fait une erreur pis Matt l'a corrigé ?
- (ensemble) : Oui. - Tabarnac, les gars !
J'ai une dette étudiante, go !
- Je sais ce qu'on parie. - Tu sais rien, face de plotte.
- Non, on parie ton Dupont, ton briquet.
- On parie pas le briquet que mon père m'a donné à mes 18 ans.
- Pourquoi pas ? Tu fumes même pas.
- Mais je fume socialement.
- Lors d'anniversaires
où tu reprends tes amis
sur leurs choix de mots.
- OK, vas-y ! Parie, crisse de laid !
Parie ! Envoye, go ! - OK, OK.
Je sais qu'est-ce qu'on parie.
Mais je peux pas le dire.
- Fuck you, ça marche pas de même.
- Tu perds rien, tu gagnes rien, pas de souffrance physique.
On te pitchera pas dans le lac, fais-moi confiance.
- Dis-le à moi, Rivette. - OK.
(stridulations d'insectes)
(petit rire)
- De toute façon, si t'as raison,
t'as raison, c'est assez, non ?
- (ensemble) : Your punishment must be more severe !
- What's the next step on your master plan ?
- (ensemble) : Crashing this plane with no survivors !
(rires)
- OK, OK, OK, Matt, faut que tu me promettes que tu le fasses.
- Pour vrai, Matt, c'est correct.
- Anyway, je sais que je vais gagner, j'ai jamais dit ça.
Pas à ce party-là.
- Non ?
All right.
(propos indistincts)
(gémissement)
Il y en a donc ben, des chandelles là-dessus.
- On dit pas "chandelle", on dit "bougie".
(cris et exclamations)
- Osti de tabarnac !
- C'est exactement ça, osti de con !
- Câlice ! Osti !
(rires)
(soupir)
- OK, t'as raison, là. C'est quoi, le pari ?
- Tu joues dans le film d'Érika.
(rires)
- Ah, c'est bon ! - Oh, my God !
Est-ce que, genre, j'ai bien entendu ?
(stridulations d'insectes)
- Esti que je me suis fait fourrer, crisse.
Je te l'avais dit ou je te l'avais pas dit
qu'elle nous gosserait avec son osti de film plate ?
- C'est peut-être pas plate.
- Ben là.
- Excusez, les gars.
Est-ce que vous vous êtes déjà embrassés avant ?
- Eh boy, jamais en faisant la vaisselle, en tout cas.
(rire)
(rire)
- OK, mais sérieusement ?
- Ben non.
- Peut-être…
Peut-être une fois au…
- Hein ? - Oui, au secondaire, je pense.
- Ben non.
- Euh… - Non, non.
- Ah, OK.
(petit rire)
- OK, fait que la dernière fois,
ça remonte à longtemps quand même.
Parce que c'est ça, la scène, dans le fond.
C'est 2 gars.
Deux gars qui se frenchent.
(conversation indistincte au loin)
(cri d'Érika)
- T'es tellement fucking laid !
T'es tellement fucking "injusse" !
- Je suis pas injuste, Érika.
C'est que tu fais chier mes amis avec tes idées de marde !
- C'est pas une idée de marde.
Ça aurait été le fun que tu nous le dises avant.
- Ben non, mais vous avez fait un fucking bet.
- Matt, tu peux pas ditch le bet.
- C'est pas ça, la question, c'est juste que…
(brouhaha)
- Qu'est-ce que ça fucking change ?
I mean, genre, vous arrêtez pas de vous faire des tresses
pis, genre, de wrestle comme des estis de wack.
Comme, Jesus, chill, guys !
(rires)
- Oh, my God !
- Just chill, Jesus, guys ! Chill !
- Oh, my God ! Ta gueule, esti d'attardé sale !
- Mais pourquoi tu nous l'as pas dit avant ?
- Mais ça change quoi rendu là ? What's the difference ?
- Arrête de parler en anglais, crisse de laide !
- Fine ! C'est quoi, la différence, là ?
Allô ?
- Il y en a pas… - Ben, il y en a… Ben…
- Ça me dérange pas, c'est même pas ça. C'est juste…
- Anyway, on s'est déjà embrassés, fait que…
- Arrête avec ça, tu gosses ! - Ben quoi ?
- Au party de Karine Mercier, secondaire 3, sur Logan !
- Merci. - Merci !
- Frank, t'es tellement stalker !
- J'avais pris 3 ecstasys.
- Trois. - Ça kickait pas.
- Je m'en câlisse. Ça me dérange pas, la scène, OK ? Bon !
(pas dans l'escalier)
(soupir)
(soupir)
Tabarnac ! Esti !
(soupir)
(soupir)
- Matt ?
- Hum ?
(glissement de fermeture éclair)
(soupir)
(Il ouvre le robinet.)
(Il ferme le robinet.)
(soupir)
(Il tire la chasse.)
- Épais.
(gargarisme)
(profonde respiration)
(gargarisme)
(vrombissement d'imprimante)
(vrombissement d'imprimante)
(soupir)
- Oh, my God ! C'est tellement beau !
I wanna die like right fucking now !
- Je suis obligé de porter ça, là ?
- Ben, je trouve que ça add contrast to it.
- Ah.
Pis… Vegeta, il est obligé d'être là ?
- C'est quoi, Vegeta ?
- Le trou de cul dans Dragon Ball.
- La série sur HBO ?
- Ah non, laisse faire. Mais il peut…
Ça se pourrait, mettons, que tu peaufines ça en haut, là ?
Cette… Ta création, là ?
(soupir)
- O-M-G ! OK ! Donc, dans le fond, en fait, OK.
Genre, le film, c'est comme…
c'est vraiment genre impressionniste,
mais, comme, genre,
expressionniste à la fois, genre.
Je sais pas si vous me suivez.
- Euh… Ben, moi, je connais pas ça, là.
mais hum, impressionniste pis expressionniste…
les deux en même temps…
Ça se peut ? Ça se peut ?
- Ben, justement, ce que tu viens de dire m'amène à dire
que le synopsis, c'est, genre, 2 femmes,
vous êtes comme 2 femmes ou 2 hommes, genre,
et, comme, tout à coup, genre, bam !
Comme, vous vous embrassez, genre.
It's the only real thing, genre.
- Ben, dans le sens… Regarde, excuse-moi.
T'es dans un bel élan, là, mais on…
on est 2 gars.
- Oh, my God ! Vous êtes trop cutes, genre !
OK, comme, c'est quand même assez tricky parce que, genre…
Tu sais, comme du point de vue de votre génération, genre,
j'ai le goût de vous dire, comme, peut-être,
mais, genre, pour vrai, comme, moi, là,
je me définis pas à travers des étiquettes.
Et genre, visuellement, genre, c'est vrai.
Mais outre, omis le fait, genre, de la barbe, du poil
et genre autres choses d'hommes, comme, who really knows, genre ?
- C'est vrai qu'ils se sont frenchés en secondaire 3 ?
J'étais pas là. - Oui, c'est un classique.
- C'est pas un classique tant que ça,
sinon Matt, il l'aurait pas oublié.
- De toute façon, j'étais là, en secondaire 3,
pis c'est la première fois que j'entends parler de ça.
- Ben…
(rires)
- Quoi ?
- C'est imbécile rare, ce que tu viens de dire là, gros laid.
- Ben, quoi ? - Ben…
- J'étudie pas en psycho à Cambridge,
mais c'est clair que Matt écrira pas sur le hood de son char :
"J'ai frenché Max, secondaire 3, never forget !"
(rires)
- Oh wow !
Ah, c'est le plus beau jour de ma vie, merci !
- Bon, ben, Frank, t'es concierge dans une université
pis le soir, tu résous des énigmes mathématiques
dans le couloir.
- C'est pas un ostifi de génie
de m'avoir répondu ça non plus, on va se calmer.
- Ben oui. Frank, c'est Will Hunting.
Pis il y a pas un livre à la bibliothèque qu'il a pas lu.
- J'ai une petite tendance à la chicane,
mais je suis vite en osti.
- Voyons donc, le grand génie.
- Ben oui, c'est quand même…
(cris)
- Pensez-vous que vous êtes ben cachés, gang de crisses ?
Go, là.
- Ready ?
Et dans 4, 3, 2, 1.
Action.
(vrombissement)
(soufflement du vent)
(tic-tac d'une horloge)
(léger écoulement)
(soupir)
- (chuchotant) : Max ?
Max, dors-tu ?
(soupir)
(pépiements d'oiseaux)
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
(respiration haletante)
- Est-ce que je peux vous aider ?
- Euh… Le chalet des Rivette ?
- Des Rivette ? - Oui.
- Oh, mon Dieu ! C'est pas la porte d'à côté, mon garçon.
Veux-tu que j'aille te reconduire ?
- Euh…
♪♪♪
- Veux-tu ben me dire quessé qu'il câlisse loin de même, lui ?
♪♪♪
(respiration haletante)
- Fuck… Fuck… Fuck…
(respiration haletante)
(toux)
- Hé… Esti…
- Fuck !
Je me suis perdu.
Oh, fuck…
- Pourquoi t'es allé loin de même ?
- Ah…
(respiration haletante)
- Ça va, Matt ?
(cris de goélands)
(soupir)
(soupir)
- C'est papa qui serait fier !
J'ai d'ailleurs pris la liberté d'envoyer un SMS à Me Ruiz
pour lui dire que fiston gravissait les échelons, quoi.
Bon, loin de moi l'idée
de mettre la charrue avant les bœufs,
mais voilà, c'est vrai que tu… tu m'impressionnes.
Et je pense que d'ici…
Bon, je veux pas mettre de nombre définitif de…
Han ? Restons vagues.
Mais bientôt, ou tiens, avant longtemps.
Voilà, avant longtemps,
j'ai l'intention de te donner un peu plus de… d'importance
ou, comme je me plais à dire, une vue sur René-Lévesque.
Hein ?
(rire)
Ben… Ben… alors ? Hein ?
- Bon… Ben, non, non, là, je suis…
Ben…
Je suis… je suis très heureux, évidemment, mais…
- Tu sais, Matt…
- Non, mais Gilles, c'est juste que…
- Non, non, attends, attends.
À ton âge, c'est normal d'avoir des… des doutes.
Han ? De douter.
Essayer des nouvelles affaires.
On se réveille un jour pis oups ! Tout est figé.
Oui.
Ouais.
Parfois, on est bon toute sa vie dans une chose,
pis finalement, c'est une autre.
(petit rire)
Bon, je t'embête pas plus
avec mes histoires de promotion pour l'instant.
Là, revenons-en à Thompson. Où est-ce qu'il est, lui ?
Ah ! J'ai parlé ce matin à madame…
Bon, son nom m'échappe, comme de raison.
Madame, madame, madame…
Attends un peu, je vais la trouver, là.
Madame…
(Il parle en sourdine.)
Bon, là, tu vas être patient 2 secondes
parce que là, je suis complètement paumé.
Ah !
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je te fais tes… tes nouilles.
Les nouilles que t'aimes.
- As-tu des nouvelles de ton frère ?
- T'aimes encore ça, ces nouilles-là ?
La dernière fois que je t'ai fait ça, t'aimais ça ?
- Ouais, ouais.
Il retourne pas mes messages, le petit crisse.
Hey, c'est quoi, là ?
(soupir)
- C'est correct si tu fumes pas direct en te levant.
Wow…
Qu'est-ce que tu fais ?
(ouverture de cannette)
Oups…
- Envoye, arrête de niaiser.
- Regarde… - Envoye.
(soupir)
(La télévision joue en sourdine.)
- Je vois ma tante Ginette demain.
- Oh wow, chanceux…
- Astheure qu'elle va… qu'elle est retraitée,
elle va pouvoir prendre soin de toi pendant mon voyage.
- J'ai pas besoin de cette folle-là dans les jambes.
Pas besoin de chaise roulante, je me tiens debout.
- Non, mais c'est la paperasse, la bouffe,
l'argent, l'histoire de tuteur.
Ça va être elle, là.
- Pardon ?
- Ben oui…
Tu sais que t'as besoin de quelqu'un pour te surveiller.
- J'ai besoin de personne !
Quand tu vas rentrer ça dans ta tête ?
J'ai pas besoin de toi, de l'autre folle,
pas besoin de personne, pas besoin de rien.
- Tu vas pas te remettre à radoter les mêmes affaires.
- Je vais radoter comment je veux, c'est chez nous !
- Mais je paye, ça va mal !
- C'est pas toi, c'est mon argent.
Tu me le prends pis tu me fais chier icitte !
- On peut pas te faire confiance pour le dépenser.
- Tu m'étouffes, tabarnac ! Tu m'étouffes ici.
Comprends-tu ça, Monsieur le Dictateur ?
Tu m'étouffes, je ne suis plus capable de te voir la face.
- Regarde, je repasserai mais que tu sois parlable.
- Il faudrait pas que ton frère te voie !
Il le sait, ton frère, quessé tu me fais ? Il le sait ?
- Tu recommenceras pas là-dessus, câlisse !
- Il est au courant de ça ? - Depuis le début !
- Ah, me semble qu'il est au courant.
- Je suis tanné qu'on ait les mêmes osties de conversations !
- Tu mens comme tu respires. - Non, je mens pas, tabarnac !
Arrête avec ça, crisse ! Osti ! On fait ça pour ton bien !
- J'en veux pas, de ton bien ! - Julien, Ginette…
J'en veux pas, de ton bien ! J'en veux pas, de ton aide !
Je veux pas ton cash ! - T'en as besoin !
Si c'était pas de moi, tu serais dans la rue, câlisse !
Tu serais dans une dompe, en train d'infester en tabarnac !
- Osti !
(La télévision joue en sourdine.)
- Ah… Esti… Va chier, câlisse…
(claquement de porte)
(gémissement au loin)
- Je me suis ennuyé de toi en fin de semaine. Toi ?
- Ben là, ennuyée, c'est vraiment un gros mot.
(rires et petit cri)
Ah non ! Ah non, attends !
Tu sais que j'aime pas ça ! T'es con !
(rire)
- Je t'aime.
- As-tu acheté la bouteille ?
- Quelle bouteille ?
- Ben, pour chez Martine.
- Hey, ça m'est complètement sorti de la tête, là.
C'est ce soir ?
- Oui, mais regarde, c'est pas grave.
Je vais y aller pendant que tu prends ta douche.
- Hey, Max, il est censé venir ? - Je sais pas, demande-lui.
C'est quoi ? Tu veux pas qu'il vienne ? Vous vous êtes pognés ?
- Non, non, je… Je demandais ça de même.
- OK, mais prends ta douche, là.
- Yo ! What's up, bro ?
- Oui, Julien, c'est moi. Ça va ?
- Not bad, fam ! Shit's lit !
- Pourquoi tu me parles en anglais ?
- Oh ! Gotcha, man !
This is Jules. Just leave a message…
(soupir)
(bip de répondeur)
- Oui, Julien, c'est moi.
(soupir)
C'est… C'est…
C'est spécial, hein, pareil, ton… ton… ton message !
Je ne reconnais même plus ta voix.
Euh… Écoute, j'arrive de chez maman, là,
pis, hum…
ben, je voulais quand même te dire que ça fait…
ça va faire 6 mois qu'elle est clean.
Fait que c'est… c'est…
En tout cas, c'est… On… On fait des progrès.
Hum…
Pis c'est ça, écoute, je sais pas, là, anyway,
si t'as des… des plans la fin de semaine prochaine,
mais moi, pour l'anniversaire de maman, tu sais,
peut-être que je ferais un souper
ou qu'on irait au restaurant pis…
C'est sûr que si tu pouvais faire New Haven/Montréal,
ben, ça lui donnerait l'occasion de te voir.
Pis ça, ben, elle l'apprécierait vrai…
(voix féminine automatisée en anglais)
(crissement de pneus et coup de klaxon)
- Lâche ton téléphone, osti de cave !
(vrombissement du moteur)
(soupir)
(♪ piano ♪)
(♪ piano ♪)
(♪ piano ♪)
(♪ piano ♪)
(♪ piano ♪)
- Tabarouette ! Je te dis qu'on ne niaise plus, hein ?
- Ah, ils jouent pas tous au piano de même certain,
les petits English avec qui t'étudies.
- Ben, il est dans un groupe de musique, un groupe de jazz.
Ben, il était. Il aimait pas ça, là, c'est fini. Hein, Marco ?
- Maman, ça fait 2 heures que tu gosses pour jouer,
pis là, vous faites rien que parler.
- Mon Dieu ! Pardonne-moi, Amadeus ! Pardonne-nous.
Nous nous taisons, nous serons muettes comme des carpes !
(rires)
- Oh, des carpes !
(rires)
Écoute, veux-tu ben me dire ce qu'il faisait
dans un groupe de jazz ?
- Fouille-moi ! - Je vous entends !
(ouverture de porte)
- Allô ! - (ensemble) : Bon !
- Hé ! Les retardataires font leur entrée !
- Non, le retardataire.
Elle a rien à voir là-dedans, la belle Sarah.
Ma belle Sarah, comment vas-tu ?
- On n'a pas le pied dans la porte, ça commence.
T'as été en retard les 20 premières années de ma vie,
quand je suis déménagé en appart,
t'as commencé à arriver en avance.
- C'est vrai, ça, Francine.
- Colette Kostopoulos,
ça prend ben une vipère comme toi
pour me faire une bassesse comme ça !
- (chuchotant) : Pour qui je joue ?
(fermeture du piano)
- As-tu fait exprès d'en mettre partout, coudon ?
- Ouais, c'est un nouveau look. - Ah.
C'est le fun en maudit.
- Pourquoi tu checkes ta montre
quand il y a une horloge sur le mur ?
- Pourquoi, toi, tu te coupes au sang
pis tu te crisses une calotte blanche sur le cul ?
- Elle est sur ma tête, elle…
elle est pas sur mon cul.
- Arrête. - Ben, ça chauffe donc ben.
- Ben oui, mais c'est ça.
Comment tu vas faire en Australie
mais que tu te pètes la face ?
Arrête.
- Je me péterai pas la face, là.
Je me suis pas pété la face, j'ai… j'ai tombé.
Je… Je… Je suis tombé.
(soupir)
- Qu'est-ce que tu vas faire là-bas ?
- Je comprends… ben, genre, généralement parlant,
genre, ou au jour le jour ?
- Je sais pas, les deux.
- Je vais travailler.
Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ?
- Tu travailles ici.
Tu t'épanouis pas Aux deux hirondelles avec moi ?
(petit rire)
Bon, le sang sur le chandail, là, tu fais pas ben chic.
Tu te prendras de quoi dans le locker à Éric.
- Hey, euh…
Qu'est-ce que tu fais vendredi ?
As-tu des plans le soir, vendredi soir ?
- Je sais pas, ça dépend, là.
Je remplace la grande conne à Caro,
faut qu'elle parte avant minuit.
(soupir)
- Parce que mon ami Shariff, il fait, comme, un party chez lui,
pis toute la gang va être là pis…
- Mais me demandes-tu d'être ta date ou…
- Non, je me quête un lift.
Ben oui, crisse.
(soupir)
(claquement)
(soupir)
- Fait que je vais passer mon vendredi soir
à me faire donner des coups de coude dans les boules
par une gang de caves qui font des jeux de mots de marde.
C'est ça ? - Ouais, ça va ressembler à ça.
(rire)
Ça te tente pas ? - Ben non.
(inspiration)
Ouais, ouais, je vais être là.
(pas s'éloignant)
- Une vraie folle !
- Oui, mais tu pouvais pas le savoir, bonyenne !
- Ben non, mais Jean-Marc m'avait dit :
"Ma nouvelle boss est jamaïcaine,
"on l'appelle 'la louve des SS',
"elle s'habille comme une bonne sœur, etc."
Alors, je préviens les invités ainsi que Jocelyn,
avec sa nouvelle copine,
une belle grande fille assise à côté.
- Des grandes jambes longues de même !
- Pis j'en beurre épais.
"La boss de Jean-Marc s'habille comme une nonne.
"Elle est plus catholique que le pape."
- C'était elle ! - C'était elle !
- Han ! Va-t'en dehors ! Sortez-la !
- Je te le dis !
- Enfermez-la, jetez la clé ! - Je te le dis !
Jocelyn était pas venu avec sa nouvelle copine.
C'était la louve des SS ! - La torrieuse !
- En avance en même temps que lui qui m'écoutait sans parler.
(cris et tintement de verre)
(rires)
- Écoute ! - Oui !
- Elle était pas jamaïcaine pour 2 cennes,
j'étais plus bronzée qu'elle !
Elle était blanche comme un banc de neige !
- Un banc de neige, je te dis ! - Ben oui !
(articulation silencieuse)
- Ben oui, elle était là ! - Étais-tu là ou t'étais pas là ?
- En tout cas !
(stridulations d'insectes)
(conversation indistincte au loin)
… un court-métrage sur Qui suis-je… Qui je suis ?
- Qui je suis ?
(conversation indistincte)
- Mon Dieu, Érika ! C'est incroyable, comme t'as l'œil !
- OK, sérieux, guys, arrêtez de parler.
- Ben oui, on va tout manquer le dialogue.
- Chut ! Allez-vous vous taire ?
- C'est beau !
- C'est très intéressant, ça.
Les arbres comme ça.
- C'est pas des tournesols, ça.
- Non, ça, c'est des marieuses.
- Ah, ah. OK. - Je pense.
- C'est quand même beau ! - Oui, c'est de la nature.
- Ça, c'est non binaire, ces balançoires-là ?
- T'es mieux de te taire.
- Non, je veux juste être sûr, ç'a pas de pénis, pas de vagin ?
(soupir)
- Ah, ben ! Ça finit bien !
- Bravo ! - Ouais, ouais, ouais.
- Encore bravo ! - Ouais ! Ouais, ouais, ouais !
- Merci ! Merci, merci !
OK, fait que le grading est pas fait
et genre c'est pas encore "soundmixé",
Matisse a pas fait les end credits et les autres shits…
- Tut, tut, tut ! Bravo, belle Érika, c'était très beau !
Écoute, c'était très prenant.
J'étais… J'étais prise. - Ah… Merci !
- Ah oui, oui, franchement, chapeau, han !
C'est tout un devoir, ça, Érika !
Je sais pas, vous, mais moi, j'ai chaud d'un coup.
- Ah. Je suis très fière de toi, ma choupette !
Vraiment, t'as un don !
Tu devrais plus te faire confiance.
- Le don de dire 6 mots en anglais dans une phrase de cinq.
C'est un beau don. - Ta gueule, osti de déchet !
- Érika ! Marc-Antoine !
Peux-tu, s'il te plaît, encourager ta sœur ?
- Tu m'as pas dit que t'avais tourné
dans son film, c'est drôle !
- Mais je pensais que personne ne verrait jamais ça.
- Ben non, c'était super !
- Elle tient de moi, c'est une esthète.
- Ça va ? - Oui.
- Es-tu allé fumer ? - Oui, j'ai fumé.
- Un peu comme des métaphores.
- Moi, je trouve que la sensualité…
La sensualité, hein ? - Ah oui.
- La couleur du t-shirt, ce rouge, hum… tomate.
Moi, ça m'a beaucoup, beaucoup, beaucoup touchée.
- Oui ! Oui ! Il y a du Almodóvar là-dedans !
Es muy bien ! Muy bien, señorita !
Là, non, me gusta mucho, mucho !
- Sensual !
(rires)
- Hey, bon, qui veut une eau citronnée ?
Je vais aller me faire ça, moi.
Vamonos ! - Envoye donc !
- Franchement, je sais recevoir !
- Hey, là ! Reste là, toi ! Reste là ! La fêtée ! Hey !
- Si vous le dites.
- Ah… Hey !
Les beaux petits garçons, ils ont grandi !
- Il y a rien qu'ils ont pas fait, ces deux-là.
- Ben oui, pis le beau Max.
Ah… C'est pas une vie, ça. - Ah. Je le sais. Chut…
- Tu m'avais pas dit ça, Matt, c'est un beau film !
- T'as tellement dead, Matt, for real.
- Mais t'aurais pu me le dire, là.
Pourquoi vous m'avez pas attendu ?
- Ben, parce que je savais pas t'étais où,
mais pour vrai, le film dure, genre, 1 min 06 s, genre,
je peux te le remontrer live si tu veux.
- Quessé qu'il y a ? T'es pas content ? C'est bon, Matt !
- Non, mais je pensais pas
que c'était soir de grande première, c'est tout.
- Ben non, mais voyons. Grande première, on est entre nous.
Pis Érika était tellement fière de son film ! Hein, choupette ?
- T'as tellement dead, Matt, sérieux.
- C'est très, très bon !
- Non, il est bon, mais…
- T'acceptes de jouer dans un film, c'est le showbiz.
- Premièrement, j'ai pas accepté de…
Explique-lui au lieu de rester planté là.
- Moi ? Non, mais explique, toi.
- De toute façon, il y a rien à expliquer, bébé, voyons.
- Appelle-moi pas bébé, OK ? Excuse, là, je…
(tintement de vaisselle)
- Euh… Colette Kostopoulos !
- Pour vrai…
- T'es mieux de pas oublier mon eau citronnée !
La maudite folle. - Non, ça s'en vient, là !
Hé, Martine, veux-tu ben me dire c'est quoi, cette bouilloire-là ?
- Où est-ce que tu vas avec tes skis ?
(inspiration)
- Voyons, Colette, c'est pas ma bouilloire,
c'est mon purificateur d'air !
- Hein ? - Elle est là, ma bouilloire.
(voix entremêlées au loin)
(♪ Symphony No 40 In G Minor, K. 550 : I Molto joue sur cellulaire ♪)
- Ça te dérange si je mets un peu de musique ?
C'est juste que je trouvais que ça marchait avec la situation.
(♪ Symphony No 40 In G Minor, K. 550 : I Molto se poursuit. ♪)
(♪ Symphony No 40 In G Minor, K. 550 : I Molto se poursuit. ♪)
- Ton souper de filles demain soir, là, je peux venir ?
- Ben, t'es chez vous, Matt.
Hey, as-tu demandé à ta mère pour vendredi ?
Ce qu'elle veut qu'on emmène.
- Hein ?
- Vendredi, qu'est-ce qu'elle veut qu'on emmène à manger ?
- Quessé qu'il y a vendredi ?
- Ben, son garden-party.
- Voyons, il y a un festival de garden-partys
pis personne ne me l'a dit ?
- Ben, il y a un festival de garden-partys que t'oublies.
On est en plein dedans.
- C'est pour quoi, déjà ?
Allô ! C'est pour quoi ?
- Ben, pour le départ de Max.
- Ah ! Oui, oui, oui !
Oui, oui, oui, oui, je sais. OK, ouais.
C'est vrai. Ah ouais.
Ben, je vais lui demander.
(♪ Symphony No 40 In G Minor, K. 550 : I Molto se poursuit. ♪)
- On n'est quand même pas pour fumer dehors comme des bêtes.
Je vais ouvrir la fenêtre, tiens. Tiens, toi.
Regarde si c'est beau.
(petit rire)
Pis ? Es-tu nerveux ? Grand départ !
(inspiration)
- Non. - Non ?
Vois-tu quelqu'un ces temps-ci ?
- Toi ?
- Ha ! Oh, mon Dieu !
(rire)
Ginette, hey, ça fait longtemps
qu'elle a accroché sa sacoche, mon minou.
- (riant) ; Pourquoi ? Voyons, t'es belle.
- Bah… - Ben, t'es belle.
- T'es ben fin, mais… Pfft !
T'as toujours été fin, toi, c'est ça, ton problème.
Le monde fin, ça… Ha ! On se méfie du monde fin.
Je sais pas pourquoi, c'est de même, qu'est-ce tu veux ?
C'est ça. C'est plate, c'est ça.
Mais bon, hey, tu vas finir
par tomber sur quelqu'un, c'est comme rien, là.
Han ? - Hum, hum.
(soupir)
Euh…
Regarde…
(expiration)
(soupir)
(glissement de fermeture éclair)
Ça, là, c'est la paperasse que je suis allé te ramasser.
- Ouais.
- Pour la rencontre de la semaine prochaine.
Parce qu'il faut retourner chez le… chez le notaire
pour que tu deviennes officiellement subrogée-tutrice.
- Hé, tournevis ! Subro… quoi ? Comment ?
C'est comment, son petit nom ?
- Subrogée, subro… oui, subrogée-tutrice.
- Hé, château, han ! Je te dis qu'on ne niaise plus !
Bon, je vais prendre une autre cigarette, tiens, j'ai le temps.
Subrogée…
Hum…
Montre-moi donc ça pour voir, que je regarde ça.
- Ben non, mais… - De quoi ç'a l'air ?
- Regarde, c'est tout de la paperasse de…
Ça explique le détail de la tutelle,
le transfert de propriété, euh…
- OK. - Osti de câlisse !
Relevés de compte, relevés de… tu sais, les affaires de banque.
- Oui. Ben oui, il y en a, par exemple, hein ?
- Qui disent en gros que tu deviens responsable de son cash.
- Hum, hum.
- De… De tout ce qu'elle a.
Pis tu deviens sa… tutrice.
(petit rire)
Elle est pas toujours agréable, mais…
- Ouais.
(petit rire)
Quessé… Quessé que t'as dans le front ?
- Ah… C'est rien, c'est rien.
(profonde respiration)
Attends de voir l'autre gars, osti de tabarnac !
(rire)
- Il est peut-être petit,
mais c'est fait fort, le petit maudit !
(rires)
Hé ! Mon Dieu ! Moi, mon heure de lunch achève, là.
Hein ? Subrogée, subrogée.
Mais on ne voit plus le temps passer avec ça !
Je peux pas arriver en retard à ma dernière journée de travail.
Bon, j'oublie de quoi, moi ? J'oublie toujours quelque chose.
C'est à moi. - Tes cigarettes.
- Euh, oui, OK. Ça, tu me laisses ça.
Vite, parce que je suis en retard.
OK, envoye, Ginette, au bureau !
- On reçoit cette semaine la visite d'un jeune avocat
qui nous est envoyé par Hartley Himelstein. Tu…
- Oui, oui, de Toronto.
- Voilà. Alors, il nous envoie ce…
Je l'avais, il y a 2 minutes, ça fait exprès.
Hum…
Ah ! McAfee.
Bon, Me McAfee.
Il vient donc vendredi, en… en éclaireur,
voir de quoi il en retourne ici.
(inspiration)
Alors, c'est pas ben, ben compliqué, tu le sors.
La grande séduction.
Des petites pâtes chez Ferrari,
un single malt au Square Phillips,
un "cappucc" au McCafé, et puis basta.
Tu lui donnes le goût de dire à ses boss
de venir nous voir la semaine d'après.
Je vais te trouver toutes les informations,
son vol, son heure d'arrivée, l'hôtel et tout.
Pis…
Attends un peu, je vais la trouver, là.
Alors…
je compte sur toi pour le distraire.
♪♪♪
(murmures de conversations)
(profonde respiration)
♪♪♪
- Attention à toi, là ! - Ouais.
Une chance t'es là, toi !
- Ginette.
♪♪♪
(soupir)
- Ça fait combien de temps que tu nous caches ça ?
- Ben là, franchement, tu le sais, que je te cache rien.
- Ça fait juste 5 jours qu'elle le sait.
- OK, pis toi, tu l'as su en premier ?
♪♪♪
♪♪♪
(inaudible)
- La mère à Rivette est à veille de slaquer sa sécheuse
à son chalet.
(reniflement)
Anyway, Rivette, il m'a dit qu'elle me ferait un prix,
mais je pense qu'elle va nous la donner gratis.
Voyons, osti…
- T'as la tête dure, t'as pété la télécommande.
Je pensais pas que je te pognerais le front.
As-tu mangé ?
Hum ? As-tu mangé à matin ?
- Ah… Ben oui, j'ai mangé.
- Ben, réponds-moi, je te pose une question,
je suis pas voyante.
- Je t'ai dit : "Oui, j'ai déjeuné."
C'est quoi, ta question ?
- As-tu des plans pour dîner ?
Je pourrais faire ma roue suisse.
Tu sais, quand vous reveniez de l'école, toi pis ton frère,
quand ça sentait la roue suisse…
- Ben oui, j'étais là, je m'en souviens.
(profonde respiration)
Ça prend… Ça prend de la pâte à tarte pour faire ça.
Pis du jambon, pis des brocolis, pis j'ai rien acheté de ça, moi.
Anyway, t'as pas le temps de te mettre à faire ça là.
C'est quoi, l'idée ?
- Ça me tentait de te faire plaisir, je peux ?
Non ?
À un moment donné,
si on ne peut plus se donner une petite chance…
- T'es pas obligée de me recevoir à la roue suisse,
je suis pas la princesse de Monaco.
- C'est encore drôle.
(soupir)
(craquement du plancher)
(pas s'éloignant)
(soupir)
(♪ Always On My Mind par Pet Shop Boys ♪)
(en anglais) : M. McAfee ?
Câlisse !
M. McAfee ? C'est moi, Matt…
Désolé.
- C'est quoi, le problème ?
- Je m'appelle Matt. Désolé…
- Ouais.
- C'est moi, Matt… (rire)
- Désolé ! Je te niaise.
- Oh… You…
- Je t'ai vu, je faisais le con. Matt, c'est ça ?
- C'est drôle. - Non.
Je suis saoul, j'ai bu dans le train.
Content de te rencontrer !
Je crève de faim ! La bouffe était dégueu.
Une bouchée, et je crois que je suis devenu infertile.
On va où, là ? Tu le sais ?
Mais oui, c'est ta ville ! On va où ?
- Oui, par là.
- Par là ? (en français) : Allons-y.
Ça se dit : « allons-y » ?
- Yeah, allons-y. - Allons-y.
Je parle mal français, je parle un peu.
(en anglais) : Non, t'es bon. Super !
- D'accord ! (en français) : Allons-y.
(rire)
(conversation indistincte)
- Aimes-tu ça ou…
- Oui, oui.
- Si tu me le dis pas, je le devinerai pas.
- Oh…
Ça marche, c'est bon.
(reniflement)
Hum.
As-tu… J'ai… Voyons, j'ai laissé un mess…
En tout cas, j'ai essayé de laisser un message à Julien.
(reniflement)
Euh… Hier.
As-tu entendu son… son nouveau message sur le répondeur ?
Tu sais… il vient juste de le changer,
tu sais, les messages quand t'appelles, les messages avec…
- Oui, je sais c'est quoi, un message d'accueil.
- Bon.
- Non, ça fait un bout que je lui ai pas téléphoné,
il rappelle pas, fait que… ouais.
- Anyway, c'est ça, il… Je pense que…
Je pense que peut-être tu trouverais ça drôle.
- Son message.
- Il niaise là-dessus, c'est un gag.
(sonnerie)
Ça sonne…
Il répondra pas.
- Yo ! What's up, bro ? - Ah !
- Not bad, fam ! Shit's lit !
- Je comprends rien, c'est en anglais.
- Ben, regarde, parce que là, t'es censée…
- This is Jules.
- Vous êtes tous rendus là-dessus, vous autres, les jeunes.
- Non, mais parle pas en même temps, c'est…
- Hum ?
- Anyway, en tout cas, c'est… c'est… c'est…
C'est ça, l'affaire, c'est ça, l'idée, c'est…
Tu penses que c'est lui qui répond,
mais finalement, c'est rien qu'un message.
(reniflements)
- OK, redonne-moi l'argent.
Donne-moi l'argent que t'as placé pour moi
mais que tu t'en ailles.
Je vais me refaire, je suis correcte, là.
Je suis correcte.
Qu'est-ce que tu fais ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Voyons…
- Quessé que je câlisse icitte, osti ?
- Bon, regarde, non, non, là, viens te rasseoir.
On est capables de parler, on est capables de se parler.
On est 2 adultes. Voyons !
Viens t'asseoir 2 minutes.
Regarde, on va pas se chicaner toute notre vie.
- Va falloir que tu m'en fasses en tabarnac,
de la roue suisse, osti !
Je te redonnerai pas ton cash, comprends-tu ?
Va falloir que tu me passes sur le corps, OK ?
Hé ! - Quessé que tu câlisses…
- Qu'est-ce que tu fais, tabarnac ?
- Hé ! - Lâche-moi, osti ! Lâche-moi !
- Tu te calmes ! OK ? Tu te calmes !
(crachat)
(respiration haletante)
Osti…
- C'est ça, va te cacher, mon osti !
C'est pas nouveau, ça !
Quand tu te caches dans les toilettes,
quand tu te caches dans les garde-robes !
- Ta yeule ! - Toé !
Toé, ta yeule.
Es-tu correcte, ma petite fifille ?
Han ? Elle braille ? Elle braille, la petite fifille ?
(respiration haletante)
(en anglais) : C'est l'histoire de ma vie : être rejeté par des salopes.
Pas des salopes. On ne peut plus dire ça en 2019.
Tu sais, des filles banales qui se trouvent originales
parce qu'elles ont un DEC en Histoire de l'art.
J'ai perdu tellement de temps à leur courir après,
alors qu'elles voulaient m'humilier.
Sûrement des filles correctes, mais…
En tout cas, j'ai une blonde maintenant et on est fiancés.
- Félicitations ! - Merci !
Putain que ça te rend fier.
Je me souviens d'avoir regardé la bague de mon père
et de m'être dit : « Merde ! J'en veux une. »
Tu comprends ? Je voulais grandir pour en porter une.
Alors, Montréal ?
Je viens pas souvent. Fuck que les filles sont belles !
Chaque fois qu'on a des stagiaires de McGill,
ce sont toujours des belles brunettes fougueuses, survoltées.
Des vraies bombes !
(petit rire)
(en français) : Matt, est-ce que je vous ennuie, mon ami ?
- No, no, no ! Euh…
No, I just… I… I have a…
- On peut parler le français si c'est plus facile.
- Ben, en fait, j'ai juste peur d'être en retard, c'est pour ça.
- En retard pour quoi ?
(en anglais) : Dire au revoir à mon ami.
- Il s'en va ?
- Oui, il part pour deux ans.
(en français) : Vous êtes proches ?
- Euh…
(en anglais) : Très proches ?
- Pas vraiment.
- Oh.
Le party est chez ma mère.
Donc, c'est…
… compliqué ?
- C'est la même chose en anglais. Pas très compliqué…
Je te niaise.
- All right…
- Yo !
- Je vais payer.
- Huh…
- Alors, paye.
(♪ Il suffirait de presque rien par Serge Reggiani ♪)
♪♪♪ Il ne suffirait de presque rien ♪
♪ Peut-être 10 années de moins ♪
♪ Pour que je te dise "Je t'aime" ♪
(soupir)
- OK, bon, alors crudités, c'est réglé,
on n'en parle plus, ils sont dans le frigo du garage.
Trempette, yes ! Dip au crabe. Non, c'est fait.
Euh…
(claquement de langue)
Voyons donc, écris donc encore plus petit
la prochaine fois, Francine Lamy.
(soupir)
(♪ Il suffirait de presque rien se poursuit. ♪)
- Frank m'a défendu, mais…
- Non, tu fais souvent ça, là, chercher la marde, arrête.
- Tu la cherches tout le temps ! - Non, ben non ! Non !
- Tu sais que je t'ai fait tes petits pains fourrés
à la viande, han, mon Max ?
- Je sais, Francine. Merci, t'es fine !
T'étais pas obligée. - Franchement !
Insulte-moi pas. Il est drôle !
À part de ça, t'es mieux de les regarder
dans les yeux, t'en reverras pas tout de suite !
Ils doivent pas être forts sur les petits pains en Océanie !
- Oh ! Ding, ding, ding ! L'Océanie !
Ça, c'est juste au sud de l'Indochine, ça, Francine ?
- Ça y est, le Rivette-o-thon commence, mesdames et messieurs !
- Francine, veux-tu que j'arrête à la Commission des liqueurs
chercher une couple de bouteilles ?
Elles sont en spécial ! - Lâche-la donc, la floune.
- What an interesting choice of words.
- Viens donc m'aider ! Hey, la floune !
Le monde continue de tourner quand t'arrêtes de mémérer.
- Bon. - Envoye, viens-t'en !
- Non, non, mais regarde, donne-moi 2 minutes, j'arrive.
(♪ fredonnement ♪)
(ouverture de porte)
- Osti que je suis brûlé !
- Une heure de retard pis tu te plains que t'es fatigué ?
Je lancerai pas de fleurs à ton père,
mais t'as pas hérité de son imagination pour te justifier.
- Je t'ai textée. Le requiem de la matriarche à soir.
La matriarche avait les 2 bras dans la popote.
Je faisais autre chose que texter.
- C'est pas mon problème, tu t'es acheté un téléphone
pour le laisser sur la commode.
- Hé ! Ça va faire, la génération d'Internet.
- T'es là ! - Salut !
- Ben oui, on ne l'espérait plus.
- Ça va ? - Oui, c'est le gars de Toronto.
J'avais pas le choix, ça s'est étiré.
- "J'avais pas le choix", frère de "c'est pas de ma faute".
"C'est pas de ma faute" pis "j'avais pas le choix".
L'autre est jamais ben loin. - Me lâches-tu, là ?
- Une heure assis à se tourner les pouces.
- C'est son problème, toute la gang est là.
Il a une langue, il est capable de parler.
- Il se déniaise quand t'es là.
- D'ailleurs, as-tu sa lettre de recommandation
de ton père ?
- Quelle lettre ? - On peut, là ?
- Il se la fait demander à Sydney par des employeurs.
- Je sais, mais c'est pas de ma faute, c'est mon père…
- Ah ! "C'est pas de ma faute". - Ah…
- Trois tentatives de livraison.
Là, j'arrive à l'espèce de centre de cueillette.
Le paquet est en livraison pour midi, il est sur la route.
Je suis là-bas, moi…
- Rendez-vous dans la cuisine
pour les gardiens du secret, merci.
- Oui, là, pour que tout le monde comprenne,
c'est le livre Le secret, c'est pas un vrai secret.
- Il se met sur le dodo, ce mâche-patate-là, des fois ?
- Ben non ! Jamais ! - Voyons, voyons !
- Bon, alors là… - Bon. Qu'est-ce qu'on fait ?
- (chuchotant) : Approche-toi, Matthias.
- (chuchotant) : Youppi, on chuchote ! Yes !
- Bon, alors là, toi, tu vas parler en premier,
tu vas faire ton petit laïus.
Hein ? Matt ? Matt ?
- Oui, je parle. Pis après ?
- Bon, alors, laïus.
Ensuite, vous lui donnez le hoodie en premier.
Parce que le iPad est plus… Han ? Oui, bon, voilà.
Après les cadeaux, gâteau aux petits fruits.
- OK, mais c'est quoi, les petits fruits ?
- Fraises, framboises, bleuets, des petits fruits.
En connais-tu ben d'autres, des petits fruits ? Envoye !
- Ben non, mais…
(conversation indistincte au loin)
- Hum-hum !
- Il était brisé. - Ben voyons, crisse !
(tintement de verre)
- Excusez ! - Ah non !
(exclamations)
- Excusez, les petits gars !
Qui ne sont plus ben, ben des petits gars,
mais bon, c'est des petits gars pareil.
- Et la belle Sarah. - Ben oui !
- Bon, alors… - Je hais ça !
- Le beau Maxime ! On sait que tu n'aimes pas les orations.
- Non, et pourtant… - Mais tu n'as pas le choix.
Han ? Tu t'en vas, tu pars, tu nous quittes, oui.
Pendant 2 ans.
Ah… alors, voilà, Matt a préparé un petit quelque chose.
- Bon, Max ! Han ? Max…
Euh… Ben, je ne veux pas non plus…
(petit rire)
Je veux pas… Tu sais, je sais que t'aimes pas les…
Je sais que t'aimes pas les discours,
donc je vais faire… je vais faire ça sweet.
Hum…
Je… Je…
Hum…
Euh…
C'est con, j'aurais dû…
j'aurais dû écrire un petit quelque chose.
- Ben oui ! Han ?
(petit rire)
- Hum… Ça va être… Ça va être étrange de te perdre.
Mais en même temps…
Bon, euh…
Mon Dieu ! Comment je pourrais formuler ça ?
Hum… Ça va être étrange de te perdre,
mais on va se retrouver différemment.
Dans une nouvelle énergie.
Et je suis sûr que…
Je suis sûr que tu vas vivre plein de belles découvertes
dans ton… dans ton voyage là-bas.
Et que tu vas nous revenir enrichi.
Fait que c'est ça.
Pis… Euh…
Pis, ben, tu vas nous manquer.
Je pense qu'à nous tous, tu vas nous manquer.
Fait qu'à Max, han !
- Hé, mon Dieu ! On t'a connu plus éloquent.
Han ? Ben… Allez, à Max ! Han ?
- À Max ! - (ensemble) : À Max !
- Santé, Max ! - Bon voyage !
- Hé ! - À Max !
- Bon. Cadeaux ! Cadeaux ! Cadeaux !
- Vas-y ! - Wô… Pourquoi ?
- Ben oui, ben oui ! - Non ! Non, vous savez…
- Max, ta yeule ! C'est sûrement beau !
- Vous savez que je hais ça, les cadeaux.
- C'est pour te faire chier qu'on fait ça.
(rires)
- C'était tellement le fun !
- Ah ! - C'était parfait !
Comme d'habitude ! Merci ! Les petits pains à la viande !
- Ah… Bon !
De toute façon, on se voit avant ton départ, mercredi ?
- Oui, je viens chercher la val…
Non, vendredi, je pars. - Ben, voyons donc !
- C'est vendredi, je viens chercher la valise.
- Pourquoi j'avais mercredi… - C'est pas grave.
(soupir)
Ça… Ça, là, c'est trop, ça.
- Non, franchement ! - Oui, c'est trop.
- Franchement, il est drôle ! - C'est trop !
- Ça venait de nous tous ! - Merci.
- Peux-tu me "shooter" l'adresse de Shariff pour le GPS ?
- Euh… J'ai laissé mon cell dans ton char,
mais je vais venir tantôt.
- Attends un peu, j'ai ben entendu, moi, là ?
Benjamin Shariff ?
- Non, c'est ça, Omar Sharif, le comédien décédé.
C'est chez lui qu'on va. - Oui, ton beau Shariff.
- Comme de raison, il était pas foutu
de se pointer le bout du nez ici.
- Il organise le party, laisse-lui une chance.
- Toujours aux études, le beau Benjamin ?
S'il continue de même, il va finir par virer prof.
- Ben, il est chargé de cours en ce moment.
- Voilà, un classique. Pas née d'hier, la Francine.
- C'était quoi, sa thèse, déjà ? - Coudon, tu l'appelleras.
- Ben là, tente-moi pas, beau bonhomme de même.
Un genre d'Alain Delon mélangé
avec un Peter Sellers mélangé avec un Marocain.
Moi, j'ai toujours eu un faible pour les Basques.
Le père de Matt, regarde, un beau grand Portugais
qui connaissait les vins, qui parlait plus fort que tous.
- Bon. Moi, les gars, je vous dis bye.
- Tu viens pas chez Shariff ?
- Han ? - Ben là, le beau Benjamin !
- Oui, mais pour vrai, je suis brûlé, brûlé.
Franchement, je croyais que tu voulais…
- On peut ? - OK, si tu veux mon opinion.
- Félix Moquet va être déçu. Il fait un beau film étudiant !
J'ai dit que t'étais dispo.
- Ta yeule, pour vrai, décroche. - C'est une blague, câlisse !
- Je comprends pas. Ça fait longtemps que tu le sais.
- J'ai ma semaine dans le corps, je suis brûlé pis…
- Je peux te parler, s'il te plaît ?
- De toute façon, Max, on se voit avant que tu partes ?
- Oui, oui, stresse pas avec ça. - On se texte ?
- Matt !
(aboiements au loin)
(pépiements d'oiseaux)
- Regarde, je vais aller te reconduire
pis tu reviendras par tes propres moyens, that's it.
- Regarde, Sarah, c'est pas ça, la question.
Ça me tente juste pas, je suis brûlé.
- Regarde, Matt, arrête 2 minutes, là, arrête.
Il est 7 h 30, fuck, t'as pas 100 ans.
T'as sorti un avocat pour une pâte au pesto sur Crescent.
Vous avez pas traduit Guerre et paix.
(petit rire)
- OK.
(soupir)
C'est bon.
- Je t'attends dans le char.
(soupir)
(soupir)
(conversation indistincte au loin)
- Je m'en vais pas à Bordeaux,
je suis à Longueuil, osti de con !
- Qu'est-ce que tu fais là, bozo ? Voyons !
- J'enlève mes vêtements, que je trouve trop chics,
que ça me gosse d'être habillé de même.
J'ai fait ça pour faire plaisir à Francine.
- T'expliques ça au gars à chemise avec petits bonhommes.
- Han, ta yeule, au moins, je m'habille pas
comme une lopette de mini-putt.
- (ensemble) : Oh ! - Une lopette de mini-putt ?
- Frank, remets ça, c'est bon, ça.
- Quoi, moi, ça ? - Ben oui, crisse.
Frank, c'est encore ton nom, ça ? Reviens, man. Reviens.
(Il change les postes de radio.)
Tu reviens. Non, là, t'avances, t'avances.
- C'était : "Youhouhouhouhou".
- Crisse, Frank, tu me niaises, man, t'as juste un poste…
- Ta yeule ! Je vais te tuer ! - Un poste !
- C'est la toune de la fois qu'on était ben faits…
Excuse… Qu'on était ben faits sur le mush
pis qu'on avait décidé d'écouter
Les invasions barbares.
- Oh oui, envoye avec Robin
pour une grosse conversation de pipe au passé simple.
- Un beau concours d'adjectifs à 12 lettres, un après l'autre.
- J'essaye ! J'essaye ! - Demeuré, on va la manquer !
- C'est ça ! C'est ça ! - C'est elle !
♪♪♪ Dans mes bras ♪
(♪ fredonnements ♪)
- (ensemble) : ♪ You're the one that's making me strong ♪
♪ I'll be looking, looking for you ♪
♪ Like the melody of my song ♪
(propos indistincts)
(♪ J'ai Cherché par Amir se poursuit à la radio. ♪)
- (ensemble) : ♪ Et de nos désinvoltures ♪
♪ C'est quand on n'y croit plus du tout ♪
Qu'on trouve un paradis perdu en nous ♪
(rires)
♪ You, you, you, you ♪
♪ You ♪
♪ You're the one that's making me strong ♪
♪ I'll be looking, looking for you ♪
♪ Like the melody of my song ♪
♪ Like the melody of my song ♪♪♪
(♪ J'ai Cherché par Amir se poursuit à la radio. ♪)
- À un moment donné, revenez-en, vos gags pis vos tounes.
Je vais y aller ce soir, là,
mais ça me tente juste d'être plus là pour toi,
de prendre des distances avec cette gang-là.
Pas tout le monde, là, mais une personne ou deux.
- Ben, c'est ben parti, en tout cas.
Ça devrait se faire assez naturellement, d'après moi.
- OK, mais…
- Tu sais, je le sais, que t'avais l'avocat tantôt, là.
Mais 1 h 15, quand même !
Pis, tu sais, je le sais, que ta mère est particulière,
mais il faut comprendre, là, Matt.
Pis là, je sais pas si… La prochaine, Norbert, hein ?
- Oui, mais c'est parce que, Sarah…
- Non, non, laisse-moi finir, Matt.
Penses-tu que le discours, ce que t'as dit pour Max tantôt,
penses-tu que ç'a fait l'unanimité, ce discours-là ?
Pis penses-tu que peut-être que t'as fait de la peine à Max
parce que tu veux pas aller au party ?
Pis là, je sais… Jean-Béliveau, à gauche, han ?
- Oui, mais coudon…
- C'est pas juste me, myself and I.
- Non, mais c'est pas toujours me, myself and Max, osti !
Pourquoi tu me dis tout ça là ?
C'est mon procès à soir live, là, c'est ça ?
(soupir)
C'est à cause du film, c'est ça ?
C'est à cause de cet osti de film de marde là, han ?
Hein ? C'est ça, hein ?
Sarah ? Sarah ?
- Mais, Matt, je sais même pas de quel film tu parles !
- Come on, sérieux !
L'osti de film sale qu'Érika vous a montré.
Sarah, ça voulait rien dire pour moi, comprends-tu ?
C'était juste un bet ! Je voulais même pas le faire, OK ?
Tu comprends ?
Fait qu'oublie ça pis… Oublions ça, OK ?
(tic-tac de clignotant)
- Je tourne ici sur Notre-Dame-de-Grâce ?
- Oui.
- Amuse-toi ce soir.
(ouverture de porte)
(inspiration)
- Oh… Câlisse !
- (Rivette) : Là, il y en a pas un tabarnac qui parle
pendant que j'explique les règles.
- All right, all right, all right !
- Shariff, t'es chez vous, ta yeule pareil.
- 10 ans d'amitié, cheers ! - Je m'en fous.
Premier set, tu fais deviner le mot qui est écrit comme tu veux,
mais sans utiliser de mots de même famille.
Je veux dire, mettons… "maison, maisonnée", "travail, travailler", "amour, aimer".
- C'est ça. - Deuxième set, un seul mot.
- C'est le fun ! - Je vais te tuer !
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? - Troisième set, mime.
Pas bruit, pas son, hein, Brassard ?
Mime ! - Ouais.
Temps : 30 ? 45 ?
- Ben là, 30. - (ensemble) : 45 !
- 45, c'est beau, mangez-moi pas.
Et c'est parti, mesdames et messieurs !
(♪ Signs Of Life par Arcade Fire ♪)
♪♪♪ Those cool kids Stuck in the past ♪
♪ Apartments of cigarette ash ♪
♪ Wait outside until it begins ♪
♪ Won't be the first ones in ♪
♪ Spend your life waiting in line ♪
♪ You find it hard to define ♪
♪ But you do it every time ♪
♪ Then you do it again ♪
♪ Looking for signs of life ♪
♪ Looking for signs every night ♪
♪ But there's no signs of life ♪
♪ So we do it again ♪
♪ Looking for signs of life ♪
♪ Looking for signs every night ♪
♪ But there's no signs of life ♪
♪ So we do it again ♪
♪ First kiss tastes like cigarettes ♪
♪ Dead man walking take your bets ♪
♪ Once again you lost your friends ♪
♪ Around and around again ♪
♪ Those cool kids ♪
♪ Stuck in the past ♪
♪ Apartments of cigarette ash ♪
♪ Where are we going ? ♪
♪ Who did you ask ? ♪
♪ Those cool kids ♪
♪ Stuck in the past ♪
♪ In a world of cigarette ash ♪
♪ Where are we going ? ♪
♪ Who did you ask ? Who did you ask ? ♪
♪ Looking for signs of life ♪
♪ Looking for signs every night ♪
♪ But there's no signs of life ♪
♪ So we do it again ♪
♪ Looking for signs of life ♪
♪ Looking for signs every night ♪
♪ But there's no signs of life ♪
♪ So we do it again ♪
♪♪♪
♪♪♪
Coureur.
- Ah… - Euh…
Fuck ! - Ils vont pas l'avoir.
C'est sûr qu'ils l'auront pas.
- (ensemble) : Usain Bolt ?
- Oh, mon Dieu, Max, j'ai mal pour toi.
- Ferme ta fucking yeule ! pendant ma game, osti !
(brouhaha)
Rivette ! Retourne-toi. Retourne-toi, Rivette.
- L'autre, il lui parle !
(brouhaha)
- Pis il parle, on joue !
- C'est mon tour, tabarnac ! Tu me déconcentres !
Tu te tais, tu te tais, tabarnac !
- J'ai le droit ! - Ferme ta yeule !
- Il t'a donné ton indice.
- Mais je l'ai pas entendu.
- Je le sais, qu'il y en avait un autre.
Je m'excuse. - Tu l'auras pas.
- Owens… Jess… - (ensemble) : Jesse Owens !
(alarme et brouhaha)
Oui, oui, oui, oui ! C'est bon ! De quoi tu parles ?
- Vous l'avez pas, vous le remettez dedans, just too bad.
- T'as pas dit Jesse.
- J'ai dit Jesse Owens, crisse !
- C'est pas assez une fucking légende pour vous ? - Oui !
- Hey, Rivette, le temps, le temps.
- C'est beau, donne-moi 2 secondes.
- Let's go ! - Let's go, Shariff !
- Et c'est… - Concentration.
- 3, 2, 1, go ! - OK, OK, OK, OK, OK.
- Euh… Trône, trône. - Game of Thrones.
- Non ! - T'as pas le droit de parler !
- Jon Snow ! Jon Snow ! - Oui !
- Fais pause ! Fais pause ! Fais pause ! Rivette !
Fais pause ! Rivette, fais pause ! - Time out ! Rivette !
- Max ? - Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Qu'est-ce que tu viens de lui dire, Max ?
- Hein ? Moi ? - Oui.
- À Rivette ? - Fais pas semblant.
Tu lui as dit un truc dans l'oreille,
ç'a duré un bon 10 secondes.
Ça serait quand même étonnant
que tu l'aies complètement oublié, non ?
- Il a parlé de Jesse Owens. - C'est ça.
- Ah oui ? Quoi ? - Ça change quoi, rendu là ?
Il est passé, le mot, reviens-en.
- On est là pour avoir du fun. - Je te parle pas. Max ?
- Je peux au moins fucking finir mon tour ? Fais pas chier !
- Assieds-toi pis compte jusqu'à dix, OK ? Max ?
- Voyons !
- Euh… Ça… Ça va, Matt ?
- Moi ? Moi, ça va super bien. Toi, ça doit ben aller, hein ?
Tu dis à Rivette quel mot tu vas utiliser
pour la prochaine boulette.
- T'es donc ben rushant. Pfft ! Mange de la marde.
- Non, hey… - Non, non, c'est correct.
- Sérieusement, c'est tellement heavy.
- Non, non, ce que tu portes, c'est heavy.
OK ? - Nice.
- Si vous le permettez,
je pense que je vais tout de suite mettre 10 points de plus.
Pour compenser pour le trichage.
Dix points, c'est safe, on est d'accord ?
On s'entend pour 10 points ? - Matt !
Matt, Matt, Matt, Matt. Relaxe.
- Moi, je suis super relax, là.
Peut-être que 10 points, c'est trop. C'est trop ?
Au pire, 5 points. Cinq points ?
- Trois minimum. - De quoi tu parles ?
- T'es stressant. C'est quoi, ton osti de problème ?
Moi, aucun, mais je trouve ça plate, que ces deux-là trichent.
- Osti, arrête ! J'ai pas triché, crisse, OK ?
Arrête avec ça ! Tu capotes, Matt !
- Excuse, je capote, ben oui. - Oui, tu capotes.
- Ben oui, c'est weird, je me sens ben en ce moment, tout ça.
- OK, checke, décâlisse si t'es pas content.
Va-t'en chez vous, règle tes ostis de problèmes.
- Excuse-moi, si t'es pas capable
de comprendre le concept du trichage.
C'est un peu hors de ta portée intellectuellement.
- OK. Guys, c'est un fucking jeu !
Calmez-vous, là.
- Non, Frank !
- Oh, shit ! - Frank, arrête !
- Esti, c'est un jeu ! - Frank, Frank !
- Non. - OK, Frank.
- Non, non, non. - Non. Frank.
- Sérieux, les gars, non, non.
- Frank.
- T'as l'air d'un osti de cave, là, Matt.
Va-t'en chez vous, fais de quoi, OK ?
- Qu'est-ce que tu fais, man ?
(brouhaha)
- Désolé !
(brouhaha)
- Hé ! Hé ! Écoutez !
Frank ! Frank ! Regarde-moi ! Arrête ! Lâche-le, esti !
- Ta yeule, la tache.
(soupir)
(ouverture de porte)
- Fucking boulette, esti !
(fermeture de porte)
(soufflement du vent)
(♪ classique ♪)
- Il peut y aller. - Non, je dis pas qu'il peut pas y aller.
Je dis juste que ça vaut pas la peine d'y aller.
Tu le décourages ! - C'est impossible.
- Toute la planète est allée la voir.
T'es le seul qui est pas allé, fait que tu y vas.
- Oh boy ! Mad Matt ! Bad boy number two !
- C'est qui, le numéro un ? - C'est moi, osti.
Il est où, l'osti de lighter ?
Il y en a un.
- Frank.
- Je sais pas, Matt. Il est à ma portée, ce briquet-là ?
Intellectuellement ?
(rires)
- Hey, Frank, pour vrai, là…
Je m'excuse, pour vrai.
Pour vrai, excuse-moi.
- Ah… Je te niaise, le gros, viens ici, je suis à toi.
- C'est tellement touchant, des bons monsieurs
qui se tapent sur la yeule, mais qui s'aiment pareil !
- Es-tu jaloux, mon beau Marc ? T'aimerais que je te pogne…
- Il est jaloux. Je le sais, il me l'a dit tantôt !
Mon beau Frank ! - Lâche-moi, crisse de laid !
Non, arrête, esti ! - Lâche-moi qui ?
Lâche-moi qui ? - Lâche-moi, crisse de laid !
(imitation d'un témoin sonore)
Lâche-moi, douche sale !
(imitation d'un témoin sonore)
Lâche-moi, M. Francis !
C'est la bonne réponse, d'habitude.
(voix entremêlées)
(stridulations d'insectes)
(ouverture de porte)
- Joues-tu ? - C'est à qui ? C'est à qui ?
C'est à qui, esti ? - Brass ! Brass, tu peux jouer.
- Come on, il cache des clowns dans sa main.
(rire)
- C'est bon, ça. - Hein ?
- C'est à toi, Rivette. - Ben… ta carte est bonne.
Rivette, esti. - Envoye, man.
- Come on.
- C'est bon, après ça, tu vas pouvoir mettre ces deux-là.
- Va-t'en. Va écouter la télé dans le salon, je sais pas.
J'ai pas le goût que tu restes à me respirer dans le cou,
tu m'empêches de me concentrer.
- Rivette, on s'en fout. - Hey, Matt.
- Ben oui ! - Non ! Oui pis non.
- Ben oui pis joue, osti ! - Crisse de zinzin, joue, man !
- Un sept, c'est pas compliqué ! - Envoye, joue, osti !
Crisse que c'est long…
(La télévision joue en sourdine.)
(soupir)
(petit rire)
(petit rire)
(♪ Song For Zula par Phosphorescent ♪)
- Quoi ?
- Rien.
(rire)
- Arrête !
(♪ Song For Zula se poursuit. ♪)
(soupir)
(conversation indistincte au loin)
(♪ Song For Zula se poursuit. ♪)
(conversation indistincte au loin)
(rires)
- Tu l'as trouvée comment ?
- Peux-tu ne pas parler de la sauce de ma mère ?
- Ben, c'est parce que c'est tellement bon !
- Je le savais ! Je le savais que c'était ça que t'allais dire !
Arrête !
(conversation indistincte au loin)
- Yo ! - Oh, boy, boy !
- Si tu veux qu'on reste amis, tu ne parles pas de religion,
de l'argent pis de ma mère, surtout pas de sa sauce, osti.
- C'est à qui, là ? C'est à toi ? - Arrête de rire.
Parce que si je parlais de la sauce de ta mère,
tu serais pas content, toi non plus.
- Je m'en fous. - Oui ou non ?
(conversation indistincte au loin)
Brass, elle est bonne, la sauce de ta mère ?
- Ben oui, elle est bonne ! Mais elle est moins bonne que…
(♪ Song For Zula se poursuit. ♪)
(soupir)
(soupir)
(soupir)
(soupir)
(respiration haletante)
(grondement de tonnerre)
(respiration haletante)
♪♪ So honey I am now ♪
♪ Some broken thing ♪
♪ I do not lay here in the dark ♪
♪ Waiting for day here ♪
♪ Now my heart is gold ♪
♪ And my feet are light ♪
♪ And I'm racing out ♪
♪ On the desert plains all night ♪
(♪ Song For Zula se poursuit. ♪)
(averse)
♪ So some say love ♪
♪ It is a burning thing ♪
♪ And that it makes a fiery ring ♪
♪ All that I know love ♪
♪ As some caging thing ♪
♪ Just a killer come to call ♪
♪ From some… ♪♪♪
(respirations haletantes)
(gémissement)
(gémissement)
(respiration haletante)
(gémissement)
- Arrête. Arrête.
(respiration haletante)
Je comprends pas.
C'est pas nous, ça.
(respirations haletantes)
- Matt…
(soupir)
Osti, je…
Je… Je partirai pas vendredi.
J'étais censé partir vendredi,
mais je vais partir dimanche, osti.
Fuck… Fuck Boston, osti !
(soupir)
Je….
J'aimerais ça, qu'on passe le week-end ensemble.
J'aimerais…
Je veux qu'on parle. Faut qu'on parle.
Je veux comprendre.
(ouverture de porte)
Matt ?
(averse et grondement de tonnerre)
(sonnerie de cellulaire)
- Allô.
(♪ Work B##ch par Britney Spears ♪)
♪♪ You want a ♪
♪ You want a ♪
(brouhaha)
♪ You want a hot body ? ♪
♪ You want a Bugatti ? ♪
♪ You want a Maserati ? ♪
♪ You better work bitch ♪
♪ You want a Lamborghini ? ♪
♪ Sippin' martinis ? ♪
♪ Look hot in a bikini ? ♪
♪ You better work bitch ♪
(en anglais) : Salope !
(rire)
T'as l'air d'un gars qui aime la vodka.
- Oui, cool. - Oui ?
- Je pensais pas que t'allais venir.
Viens. On est juste ici.
♪ You better work bitch ♪
♪ Now get to work bitch ♪
Je me suis souvent pogné au bureau à propos de l'Islam,
mais pas autant qu'au sujet de la monogamie et de la fidélité.
Mademoiselle !
On peut avoir deux vodkas, s'il te plaît ?
Attends ! T'aimes le Sour Puss ?
Tu vas aimer ça.
Deux Sour Puss, s'il te plaît.
C'est vraiment gay. Il fait fucking chaud !
Alors, la fidélité, donc…
Notre société est basée sur le besoin de posséder.
Et ça inclut les gens. Mais on n'en est pas, on est des animaux.
- Je suis un animal ? - Ouais !
T'es un lion, un chien, un fucking tigre !
Et les femmes aussi sont des animaux !
C'est pour ça que tous les mariages s'effondrent.
On comprend avec le temps qu'on possède personne.
On est ensemble jusqu'à ce qu'un des deux reçoive un appel
pour monter ou descendre les échelons du règne animal.
- OK.
(♪ Work B##ch se poursuit. ♪)
(brouhaha)
- C'est quoi, ton nom ?
- Quoi ?
- Tu m'as pas dit ton nom.
- Non ? - Non.
- Kevin.
Ou Kev.
- Kev. OK.
- Yeah. - Okay, then.
♪ I make the governor ♪
♪ Call me the governor ♪
♪ I am the bad bitch, the bitch that you'll never know ♪♪♪
(vomissement)
(toux)
(Quelqu'un tire la chasse.)
(fermeture de porte)
(soupir)
(soupir)
(♪ Another Love par Tom Odell joue sur les haut-parleurs. ♪)
♪♪ All my tears have been used up ♪
♪♪♪
(sans son)
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
(pépiements d'oiseaux)
(soufflement du vent)
(expiration)
(coups à la porte)
- Allô, Max ! - Salut !
- Oh ! T'as mis le beau petit chandail que je t'avais acheté !
- (riant) : Oui.
- Ah… Bon, attends un peu.
Ah… Maudite affaire… - C'est celle en haut ?
- Oui, attends un peu.
(effort)
(rire)
Hé, bonté ! Attends un peu.
Ah… Ah là là…
Tiens, je remets ça là.
Tiens. Bon ! OK. Bon !
Notre sport est réglé pour la journée, chose, han ?
(rires)
- Elle est parfaite, Francine.
Vraiment, c'est parfait pour moi, ça. Merci, vraiment !
- Ben… franchement ! Il est drôle, lui !
(soupir)
- Bon, ben, écoute…
- Ben…
- Je…
- Restes-tu un petit peu ?
Prendre un… thé glacé ? Hein ?
Quoique ce n'est plus ben, ben, ben le temps ?
- Ouais. - Hein ?
Ça commence à rafraîchir. - Oui.
Pis je travaille tantôt, fait que…
- Hum !
Ou ben donc, un beau grand verre d'eau, hein ?
Bois-tu assez d'eau, Max ?
Aimes-tu ça, l'eau ?
(rire)
Ben oui, t'aimes ça.
- Francine… est-ce que…
ça te dérangerait de me… de me donner le…
Merci. De me donner le numéro de ton ex ?
De Ronaldo ?
Parce que j'ai besoin d'une lettre de recommandation.
- Ben oui.
- Parce que, c'est ça, j'avais demandé à Matt
de demander à Me Ruiz une lettre de recommandation
pour l'été que j'avais travaillé pour lui.
- Oui. Ben oui, pis Matt…
Ben, Matt a demandé à son père, toujours ?
- Ouais. Hum…
Ben, je lui ai rappelé une couple de fois,
mais ça avait pas l'air de…
Je sais qu'il lui a demandé, pis là, à un moment donné,
il attendait après la lettre pis…
Hum.
- Non, non, mais je vais te trouver ça, moi.
Euh… Je dois avoir ça ici.
Ah… Bon. Attends un peu.
Ah… Ronaldo !
Bon, attends.
C'est écrit petit pour rien.
(soupir)
Mais l'as-tu redemandé à Matt ? Han ?
Max ?
Ça doit être en bas. Donne-moi 2 petites minutes.
- OK.
Merci, Francine !
(La télévision joue en sourdine.)
(soupir)
(déglutition)
(soupir)
(La télévision joue en sourdine.)
♪♪♪
(raclement de gorge)
(soupir)
(chuchotant) : Osti…
- Le syndicat a comme propriété en aucun cas…
♪♪♪
Un architecte peut évaluer un problème
qu'il n'est pas habilité…
- On est entre adultes, si vous le voulez bien.
Alors, tout d'abord, ils veulent barrer tous les architectes…
- La réputation n'a rien à voir là-dedans.
Tenons-nous-en aux faits. - Les faits !
Maître…
- Bon, s'il vous plaît. S'il vous plaît.
♪♪♪
♪♪♪
(soupir)
(en anglais) : Bonjour ! Je m'appelle Maxime Leduc.
Je suis un ami de Matt Ruiz.
Et il m'a dit…
qu'il avait appelé…
son père, M. Ruiz,
pour qui vous travaillez,
pour lui demander une lettre de recommandation pour moi,
parce que je pars bientôt pour l'Australie,
et j'ai besoin de la lettre.
Alors, veuillez me rappeler
au 514-555-1614.
Merci ! Passez une belle journée !
- Tu t'en vas en Australie, toi ?
(rire)
- Ouais.
- (riant) : Câlisse !
Ça va être beau mais que tu débarques sur la beach !
Ils comprendront pas un crisse de mot !
(rire)
(petit rire)
- Regarde.
(♪ Devil May Care par Half Moon Run ♪)
- Hé, bon, comment ça va fonctionner aujourd'hui…
♪♪♪ You was always saying that the devil may care ♪
♪ That you're lost and can't be found ♪
♪ But now you've got to thinking ♪
♪ We'll drive the coast from town to town ♪
♪ You keep trying to leave, but the car keeps breaking down ♪
♪ You was always sleeping like the day before noon ♪
♪ 'Cause you're living on another one's time ♪
♪ Yet once again we let out at dawn to skip the warden's fine ♪
♪ I said "isn't that like stealing ?" ♪
♪ You said "to steal is just to find" ♪
♪ Ooh you like to get to where you can't turn back ♪
♪ We should not be ♪
♪ Oh I believe that does it for you ♪
♪ But that does it for me ♪
♪♪♪
♪ Ooh you like to get to where you can't turn back ♪
♪ We should not be ♪
♪ Oh I believe that does it for you ♪
♪ But that does it for me ♪♪♪
- Non, tu le sais pas, justement.
All good ?
(claquement de langue)
- Ouais, ben, j'ai fini le ménage, là, pis…
il me reste rien qu'une valise à zipper, fait que…
- All right.
Je vais aller te chercher du café au Tim pis après ça…
on part direct pour l'aéroport ?
- Yes sir !
(pépiements d'oiseaux)
(expiration)
(sonnerie de cellulaire)
(sonnerie de cellulaire)
(soupir)
- Allô ?
(en anglais) : Bonjour ! Est-ce que je parle à Maxime Leduc ?
- Oui, c'est moi.
- J'appelle du bureau de Me Ruiz à Chicago.
- Euh… Oh !
- Oui. Euh…
- J'ai pris votre message concernant la lettre de recommandation.
- OK, et ?
- La lettre a bel et bien été écrite par Me Ruiz,
mais je l'ai envoyée il y a trois semaines à son fils, Matt, par courriel.
Allô ?
- Euh…
Allô ?
- Euh… Oui !
Euh…
(rire nerveux)
Pourquoi il ne me l'a pas envoyée ?
- Ça, c'est une question pour lui.
Je peux vous l'envoyer directement, si vous voulez.
M. Leduc ?
(soupir)
- Oui, désolé.
(reniflement) Je vais vous donner…
mon email.
Avez-vous un papier et un crayon ?
- Allez-y.
- C'est M-A-X-I-M-I…
Euh… Non.
E…
L-E…
D-U-C…
Hum…
… arobas, hotmail…
Hotmail…
Crisse, osti !
- Point. - Point.
Je le sais ! Point.
- Parfait. Je vous l'envoie sans faute cet après-midi.
- Merci.
- Bonne journée !
(soupir)
- Vous aussi.
(♪ La radio joue en sourdine. ♪)
(crachat)
(glissement de fermeture éclair)
(soupir)
(pépiements d'oiseaux)
(profonde respiration)
(♪ Song For Zula par Phosphorescent ♪)
♪♪♪ Some say love is a burning thing ♪
♪ That it makes a fiery ring ♪
♪ Oh but I know love ♪
♪ As a fading thing ♪
♪ Just as fickle ♪
♪ As a feather in a stream ♪
♪ See, honey, I saw love ♪
♪ You see it came to me ♪
♪ It puts its face up ♪
♪ To my face so I could see ♪
♪ Yeah then I saw love ♪
♪ Disfigure me ♪
♪ Into something ♪
♪ I am not recognizing ♪
♪ See the cage, it called ♪
♪ I said, come on in ♪
♪ I will not open myself up ♪
♪ This way again ♪
♪ Nor lay my face to the soil ♪
♪ Nor my teeth to the sand ♪
♪ I will not lay like this ♪
♪ For days now upon end ♪
♪ You will not see me fall ♪
♪ Nor see me struggle to stand ♪
♪ To be acknowledged ♪
♪ By some touch from his gnarled hands ♪
♪ You see the cage it called ♪
♪ I said, come on in ♪
♪ I will not open myself ♪
♪ This way again ♪
♪ You see the moon is bright ♪
♪ In that treetop night ♪
♪ I see the shadows ♪
♪ That we cast in the cold clean light ♪
♪ I might fear I go ♪
♪ And my heart is white ♪
♪ And we race right out ♪
♪ On the desert plains all night ♪
♪ So honey I am now ♪
♪ Some broken thing ♪
♪ I do not lay in the dark ♪
♪ Waiting for day here ♪
♪ Now my heart is gold ♪
♪ My feet are light ♪
♪ And I'm racing out ♪
♪ On the desert plains all night ♪
♪ So some say love ♪
♪ Is a burning thing ♪
♪ That it makes a fiery ring ♪
♪ All that I know love ♪
♪ As a caging thing ♪
♪ Just a killer come to call ♪
♪ From some awful dream ♪
♪ And all you folks, you come to see ♪
♪ You just to stand there ♪
♪ In the glass looking at me ♪
♪ But my heart is wild ♪
♪ And my bones are steel ♪
♪ And I could kill you with my bare hands ♪
♪ If I was free ♪♪♪
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