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...
- Excusez-moi de vous avoir convoquée.
- Non, mais je comprends.
- Vous allez bien ? - Oui.
- Je préfère en être sûr.
Je me demandais si vous n'aviez pas des problèmes de santé.
- Pas du tout, non.
Si vous parlez du fait que je ne suis pas là souvent,
c'est parce que je n'ai pas besoin de ce programme.
C'est un peu un prétexte.
Je suis à Paris pourvoir des personnes qui...
peuvent concrètement nous aider à protéger notre patrimoine.
La guerre fait des ravages. - Oui, je comprends.
Vous connaissez Paul Lefebvre, je crois ?
- Pardon ?
- C'est un ami à vous, non ?
- Vous le connaissez ?
- Il travaille ici.
- A la Maison des Cultures du monde ?
- Oui.
Il m'a beaucoup parlé de vous.
- Ah bon.
Mais... Il travaille ici depuis longtemps ?
- Depuis son retour de Jordanie.
- Il est là aujourd'hui? - Bien sûr, son bureau est à côté.
Il doit passer, d'ailleurs.
- Il sait que je suis là ?
- Il m'a conseillé de vous contacter.
- Pourquoi ?
- Mme El Mansour.
Paul Lefebvre m'a indiqué la vraie raison de votre présence ici.
- Il vous a dit quoi ?
- Il nous a parlé de discussions sur la Syrie.
- Nous ? Qui, nous ?
- La Direction Générale de la Sécurité Extérieure.
La DGSE.
- Quelles discussions sur la Syrie ?
- Celles auxquelles vous participez...
- Je sais pas ce qu'il vous a raconté,
mais il s'est trompé.
- Ce doit être lui.
Parlons-en avec lui.
- Bonjour.
- Tu travailles ici ?
- Madame El Mansour...
Paul Lefebvre est venu nous trouver
parce qu'il a peur pour votre sécurité.
Vos amis vous soupçonnent de travailler pour nous.
- Ton collègue Nadim me l'a dit.
Il me tournait autour.
J'avais peur pour toi.
- Tu as été voir les renseignements.
- J'étais inquiet.
- Tu te rends compte de ce que t'as fait?
Officiellement, vous répondez à une convocation,
vous n'êtes pas avec les renseignements français.
On veut juste discuter.
- Ils te soupçonnent d'être une espionne.
- Non. Ils se méfient de tout le monde, mais pas de moi.
- Je crois que si.
- Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça sans me demander ?
Et comment tu sais ? - Il ne le savait pas.
Nous avons deviné en faisant des recherches.
- S'ils savent que je vous parle, je suis morte.
- Ils sauront pas.
- Je l'aurais pas fait
si je pensais pas que t'étais en danger.
- De quoi tu parles ? C'est toi qui me mets en danger.
- T'es en danger, ils me suivent. Ils sont venus chez moi.
Ils ont approché ma fille.
- Je suis désolée.
Je pensais pas que ça irait jusque-là.
Tu as fait une erreur en prévenant les services secrets.
Ca va être pire, maintenant.
Nadim se serait calmé au bout d'un moment.
- Non.
Il aurait découvert des choses qui n'auraient rien arrangé.
- Quoi ?
- Que je travaille à la DGSE.
- Tu... Tu travailles à la DGSE ?
Depuis quand ?
- Depuis longtemps.
- A Damas, tu travaillais déjà à la DGSE ?
- Oui.
- C'est pour ça que tu es parti ? - Oui.
- On t'a demandé de reprendre contact avec moi ?
- Tu nous donnes un moment?
Laisse-nous.
Je te parlerai après.
On m'a rien demandé.
Tu n'as rien à voir avec mon activité.
Ca va te paraître... bizarre.
Je travaille pour la DGSE depuis longtemps.
C'est eux qui m'ont envoyé en Syrie.
J'avais des choses à faire là-bas.
J'avais ma vie.
Je t'ai rencontrée et tu as fait partie de ma vie.
Mais de ma vie normale.
Je t'ai pas espionnée, tu faisais pas partie de ma mission.
Je voulais te dire qui j'étais, mais en Syrie, c'était impossible.
Ils m'ont dit de partir et j'ai dû te mentir encore.
Quand je suis arrivé ici...
j'ai compris que je pouvais pas t'oublier.
T'étais toujours dans ma tête.
Même si je savais que je pourrais plus te revoir.
Et j'ai appris que t'étais à Paris.
Je me suis dit qu'on pouvait peut-être...
peut-être recommencer, à tes conditions.
Je savais pas que t'allais divorcer.
Et je voulais te dire qui j'étais.
Ce que je faisais, arrêter de te mentir.
Bref...
En reprenant contact, j'ai alerté les services de sécurité.
Ils ont pensé que j'étais un espion. Et j'en suis un.
Mais pas pour toi.
Mais ils allaient pas faire la différence.
J'ai vu que je te mettais en danger.
Et que...
Quoi que je puisse leur dire,
ils penseraient que tu travaillais avec moi.
Alors j'ai tout dit à la DGSE.
Ils savaient rien pour toi et moi. Ca les concernait pas.
Mais là, j'avais besoin d'eux pour te protéger.
Parce que je peux plus le faire tout seul.
- Me protéger comment?
- En me laissant redevenir Paul Lefebvre.
- Je comprends pas.
- Nadim ne doit pas découvrir ma véritable identité.
- Ta véritable identité ?
Paul Lefebvre, c'est pas ton nom ?
Tu t'appelles comment?
Tu peux pas me le dire.
Tout ce que je sais sur toi, c'est faux.
- Tout est quasiment vrai.
J'ai été marié, j'ai divorcé et j'ai une fille de 18 ans.
- Pourquoi je suis là ?
- La DGSE voudrait connaître le contenu de vos discussions.
Les Russes sont au courant, pas les Français.
On a besoin de savoir ce qui se passe. En plus, c'est ici.
- En échange de leur protection. - Oui.
- Je devrais trahir des secrets d'Etat.
- Qui finiront par être révélés.
- S'ils le sont aujourd'hui, c'est fini.
Bachar reprendra les massacres. - Ca ne se saura pas.
Bachar ne veut pas que ce soit public.
Les renseignements savent tout.
- Paul... Ca doit te faire bizarre que je t'appelle comme ça.
Écoute-moi bien.
Jamais je ne trahirai mon pays.
- Alors j'ai peur pour toi, Nadia.
- Je n'ai rien dit.
Je n'ai rien trahi et je ne trahirai rien.
Oui, je cours un gros risque.
Quand ils sauront qui tu es, ils m'arrêteront.
Mais ils auront tort et ce sera injuste.
Débrouille-toi pour qu'ils n'apprennent jamais qui tu es.
Sois qui tu veux, ça ne me concerne pas.
Moi, je ne serai pas une traître.
- Nadia !
Prends 24, 48 heures.
Dis que tu reviens aux conférences pour calmer les organisateurs.
Reviens demain ou après-demain.
- C'est inutile. - Nadia !
Ne prends pas de décision rapide. C'est tout ce que je demande.
Réfléchis.
Musique intrigante
- Je suis sur eux.
- Que dois-je annoncer au ministre ?
- Que lui avez-vous dit?
- Rien. Mais je ne peux plus me taire.
- Bon... Alors, vous lui dites...
- Pas besoin de me souffler. Je veux les éléments pour décider.
- D'ici 48 h, on saura si on a une oreille dans la place.
- Et les participants ?
- Hachem el-Assad du côté du gouvernement.
Nadia El Mansour pour l'expertise historique. C'est tout.
Pour l'opposition...
- On ne sait toujours pas.
Mais si vous n'avez pas d'oreille dans la place,
engagez des moyens techniques
pour écouter.
- Si on échoue, il n'y aura plus grand-chose à écouter.
- Alors, vous devez réussir.
Musique orientale
- C'est toujours trop court, les massages.
- C'est vrai, ça fait du bien.
- Vous êtes détendue ?
- Très. - C'est bien.
J'ai besoin que vous soyez concentrée.
Je sais qui est votre patron.
Je sais ce qu'il fait et ce qu'il va faire.
Quelque chose qu'on ne peut pas laisser faire.
Partez pas, sinon ils sauront qu'on se voit une fois par mois.
- Je ne vous ai jamais vue.
- Il a suffi de 400 dinars pour que la coiffeuse nous laisse.
Avec 40000, je lui fais dire ce que je veux.
- Que voulez-vous ? - Vous faites quoi pour lui ?
- Mon travail.
Je lui apporte son courrier,
je réponds au téléphone, je rédige ses mails.
- J'ai besoin que vous réfléchissiez.
Avez-vous accès à quelque chose qu'il porte tous les jours ?
Des lunettes que vous nettoyez,
une montre, un bijou qu'il enlève pour se laver.
- Pourquoi ? - J'ai besoin de savoir.
- Je ne peux pas. J'ai peur.
Pourquoi vous me faites ça ?
Vous ne le connaissez pas. - Mieux que vous.
- Il voit tout, il sait tout.
Il sait peut-être que je vous parle.
Je suis morte et je le sais pas.
- Il va rien vous arriver.
- Comment vous le savez ? - Je vous le jure.
- Ca vous coûte pas cher.
- Sur la tête de mes enfants.
- Vous n'en avez peut-être pas. - Si, deux.
Un garçon et une fille.
5 et 7 ans.
Lydie et Sofiane.
Musique intrigante
- Sur leur tête ?
- Sur leur tête.
Réfléchissez.
On a besoin d'un objet de tous les jours.
Quelque chose qu'il porte toujours.
Musique intrigante
- On a reçu cette photo
prise par l'assistante. Tu peux les user de la même façon ?
- Je connais un cordonnier magique.
- L'assistante, ça ira ?
- Mme Slimani.
- Mme Slimani.
- Je sais pas, je ne peux pas dire.
Aura-t-elle peur,
tremblera-t-elle ?
Se repentira-t-elle en balançant tout ?
Est-ce sa maîtresse ? C'est pas dit.
- Elle est nerveuse, mais elle le fera.
Avec la photo des chaussures, on la tient.
Elle peut plus reculer.
- Qu'avez-vous prévu ?
- Pour quoi ?
- Si elle tremble.
S'il a des caméras dans son bureau ?
Si les chaussures ne sont pas parfaites, bref,
si Lefkir se rend compte qu'elle l'a trahi ?
- Si c'est ça, oui, on prend le risque.
- Non, c'est elle qui le prend.
- Ca va aller.
- Nous avons un clandestin
qui va être livré à un groupe terroriste
pour crédibiliser une taupe algérienne.
Quand les islamistes ont un agent comme Cyclone,
ils le négocient très cher.
Ils n'obtiennent rien, donc, ils l'égorgent.
Notre unique solution, pour l'éviter,
c'est que Mme Slimani fasse cet échange de chaussures.
Oui, il y a un risque qu'elle se fasse pincer,
mais le risque est raisonnable.
D'un côté, Cyclone va à une mort certaine,
et Mme Slimani de l'autre. On la choisit.
Est-ce qu'on est fous ?
- Vous êtes française ? - Oui.
- Pourquoi vous travaillez en Iran ?
- C'est intéressant pour mon travail.
Je suis sismologue. Je travaille avec Reza Mortazavi.
Appelez-le, il vous le dira.
- Nom et prénom ?
- Mortazavi... - Non, vous.
- Loiseau Marina.
- Votre adresse à Paris ?
- Ancienne adresse, j'ai rendu l'appartement.
23 rue des Pyrénées. - Métro ?
- Porte de Vincennes.
- Date et lieu de naissance ?
- 14 mai 1989 à Bayonne.
Avenue du Général Leclerc.
- C'est quoi le nom des arènes à Bayonne ?
- Je sais pas, j'aime pas la corrida.
- Si vous avez grandi à Bayonne, vous le savez.
Vous avez grandi à Bayonne ?
Arènes de...
Lachepaillet.
- Lachepaillet.
- Ca t'emmerde de me répondre ? - Non.
- T'es contente d'être ici ?
- Je me pose pas la question. - Ah bon ?
C'est pas mon impression. T'as pas l'air de vouloir me parler.
- C'est pas une question d'envie. - Tu vois.
- Non ! - Tu préférerais rentrer ?
- Mais non.
- Tu sais que je dois faire un rapport?
Je dois écrire que tu n'aimes pas qu'on teste ta légende ? C'est ça ?
- J'ai jamais dit ça. - Tu veux que j'écrive quoi?
- Je veux rien, c'est vous qui décidez.
- Tu me laisses dire que je teste ta légende ? C'est ce que je fais ?
- Ah merde, merde. - Oui.
Merde, oui. - C'était l'interrogatoire.
- Oui. - Et merde.
- Pour un exercice, si je dis pas stop, vous continuez.
A Téhéran, ça s'arrêtera pas.
Quoi qu'il arrive, vous continuez. Même si on veut vous déstabiliser.
Vous lâchez jamais. - D'accord.
- Jamais. Allez.
Les discussions se poursuivent en arabe.
Elle s'étouffe.
La porte s'ouvre.
Musique intrigante
A l'hôtel.
Vrombissement du tapis de course
- Tu voulais me voir ?
- T'as des nouvelles ?
- Toujours rien, non.
- Je le sens pas. - Il reste 2 jours.
- Nadim, celui qui s'occupe de la sécurité, c'est un malin.
- En France, il peut rien lui arriver.
- Tant qu'elle est en France, oui.
- Je peux surveiller les vols pour Damas.
Ca t'irait ? - Oui, merci.
Il reprend son souffle.
Applaudissements
- Merci, merci.
Merci.
Merci, merci.
Merci quand même à nos confrères japonais.
Applaudissements
A ceux qui n'ont pas été assez rapides.
Et à ceux qui nous ont accueillis.
Applaudissements
- Pardon.
- Merci.
- Ca, c'est du shirine polo.
Ca, c'est du phessen joun.
Ca, du sabzi polow.
Azar. Je suis la femme de Reza.
- Ah ! Enchantée. Je ne savais pas que vous étiez à Paris.
- Juste pour quelques jours.
Je déteste aller à ses trucs de boulot
où je ne connais personne. - Vous parlez bien français.
- Je ne comprends pas de quoi les gens parlent.
- Tous ces appareils, ces courbes.
La sismologie, ça a l'air poétique,
mais la réalité, c'est des maths.
Et vous, pourquoi avoir choisi ce métier ?
- Parce que c'est fascinant.
Vous voyez, là ?
Le point rouge dans le Pacifique ?
Là, 2 plaques se frottent. La terre tremble.
- Maintenant?
- Oui.
Ca dit à chaque seconde ce qui se passe loin.
Si la terre tremble, si elle dort.
Ce qu'on peut prévoir,
ce qu'on risque, ce qu'on peut pas éviter.
- C'est poétique.
Mais ça reste des maths.
T'aimes pas trop cuisiner ?
- Pas trop. J'ai pas le temps.
- Tu travailles trop. Comme Reza.
Toutes ces études... Bac +10 ? - Oui.
Ca colle vachement, ce machin.
- T'as fait une école d'ingénieurs ?
- J'ai fait l'école Polytechnique.
- Le lait à la rose,
c'est une spécialité de chez moi.
De l'Elbourz.
J'ai grandi dans les montagnes, tu sais.
Et toi ?
Tu es parisienne ? - Je suis du Sud.
- Où ça ? - Bayonne.
- Bayonne !
C'est là où il y a le jambon. - Oui.
- Et les taureaux. - Aussi, oui.
- J'ai un cousin qui m'avait envoyé une carte postale...
Ca s'appelle comment, déjà, les arènes de...
De...
Cava?
- Oui, c'est les arènes de Lachepaillet.
Dans le quartier de St-Esprit.
J'étais à l'école à côté.
- Tu as fini ?
- J'ai tout raté.
- Mais non ! Tu as bien réussi.
Elle parle farsi.
- Vous avez déjà fait connaissance.
Ils ont l'air bons, ces gâteaux.
- Marina les a faits.
Je lui ai montré les gâteaux iraniens.
Elle m'a montré des frottements dans le Pacifique.
Vrombissement de l'aspirateur
- Je l'ai pas vue venir, c'est vrai.
Mais j'ai rien lâché.
Vous voulez pas arrêter ?
- 2 secondes.
Vrombissement
C'est une porcherie, ici, j'en peux plus.
Si je le fais pas, personne s'y met.
Vous m'aidez ?
C'était pas sa femme.
- Comment ça ?
- Les services secrets vous ont testés.
Une femme passe plus inaperçue.
- Oh!
La salope...
- La bonne nouvelle, c'est que s'ils s'intéressent à vous,
c'est qu'il veut vous proposer quelque chose.
Allez.
Deux hommes parlent en arabe.
Appel à la prière
Musique douce
- Bureau de M. Leglise-Costa ? *- Mme El Mansour à l'appareil.
J'ai vu M. Leglise-Costa hier, nous devions nous revoir demain.
- Je peux vous proposer demain, 14h30 si ça vous va.
*- Très bien. - C'est noté.
A demain, madame El Mansour.
Un téléphone vibre.
- Allô ? *- Elle revient demain.
- Merci.
Musique douce
- Ici pépé, il y a du bolchévique dans les parages.
- Nadia El Mansour.
Vous avez failli tout saboter avec ce recrutement.
- Vous auriez dû prévenir.
Au lieu d'agir dans notre dos.
- Ce qu'on vous dit se retrouve sur Mediapart.
- Personne n'a intérêt à ce que les négociations s'arrêtent.
Mais si Bachar el-Assad apprend ce qui s'est passé,
il mettra fin aux pourparlers.
- Il ne sait rien ?
- Non.
On va lui présenter une version light des faits.
Une enquête de routine a établi que Mme El Mansour
fréquentait un agent de la DGSE.
Grâce à la vigilance du FSB,
l'affaire a été réglée avant d'être un problème.
Par mesure de précaution, il a été décidé de l'écarter
et de délocaliser les négociations.
- Où?
- Ailleurs.
- Qu'attendez-vous de nous ? - Votre silence.
- En échange de quoi?
- En échange de rien.
Vous n'avez aucun intérêt à le divulguer.
Les retombées politiques seraient négatives.
- Je vais vous décevoir.
Je n'ai aucune conscience politique.
Mon métier, c'est le renseignement.
J'en produis, j'en vends, j'en achète.
Aux Chinois, aux Anglais, aux Américains.
Au monde.
Comment croyez-vous qu'on a eu le téléphone pour localiser Kadhafi ?
Vous voulez vraiment mon silence ?
Alors faites-moi une offre.
- La répartition des territoires
en l'état, donc non-définitive. - Et les voies de sortie d'Assad ?
Musique intrigante
- Le grand jeu. Celui des nations. L'Angleterre et la Russie.
L'union soviétique et les Etats-Unis.
L'Iran et l'Arabie saoudite.
Le grand marché de la monnaie humaine.
Nous en sommes tous les spéculateurs.
Nous fixons à la hausse, à la baisse, le prix des hommes.
Avec cette règle d'or :
ne jamais leur accorder la moindre valeur.
Musique intrigante
Musique inquiétante
Musique inquiétante
- Ahmed !
- En 35 ans de carrière, un chirurgien fait 17 erreurs fatales.
- Vous n'en avez pas fait.
- Non. J'ai risqué la vie d'une femme.
- Pour sauver celle de Cyclone. - Elle est morte.
- Oui.
- Et Cyclone est mal barré.
- Il reste encore des gâteaux.
Je vais encore grossir.
Finissez-les, c'est un ordre. - Merci.
J'adore ça.
- On a les résultats de la station d'Elbourz. Je peux ?
On voit l'épicentre, c'est magnifique.
- J'aimerais que vous me calculiez l'effet de site.
- Pour ça, faut collecter les données locales.
- Exactement.
- Vous me proposez d'intégrer votre équipe ? De partir ?
- Oui.
- Merci.
J'ai envie de partir, bien sûr, mais...
vous me laissez quelques jours pour réfléchir ?
Pour être sûre ?
- Répondez-moi rapidement. Il y a autre chose.
Je ne suis pas sensé vous le dire, mais...
Azar n'est pas ma femme.
- Ah bon ?
- Avant de proposer
à quelqu'un de venir en Iran, on doit prendre des précautions.
Azar était là pour s'assurer qu'il n'y a pas de problème.
- Quel genre de problème ?
- Aucune importance.
Mais je préfère être honnête avec vous.
Et... je ne suis pas à l'aise
avec tous ces secrets.
Musique douce
On sonne.
- Qu'y a-t-il ? - Tu fais la fête ?
- Non. - On s'en doutait.
Avec qui tu peux fêter ça à part nous ?
- Oh!
- On dérange ? - Non.
Mais c'est le bordel.
- Comme d'habitude.
- Merci.
- C'est fort ce que vous avez réussi.
C'est rare. - Comme vos compliments.
Musique intrigante
- Reste. - Nadim va venir.
- C'est pas un problème.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Je veux que tu restes.
- On m'a demandé de rentrer.
- Personne peut te contraindre.
Demande l'asile politique, tu l'auras.
- A quel titre ?
- Au titre que si tu pars, t'es en danger.
- Tu crois que je peux rester en France ?
Refaire ma vie ici?
Laisser mes parents, mes frères,
ma grand-mère.
Tu sais ce qu'on fait aux familles de traîtres ?
Tu savais ce que tu me ferais ?
- Je sais ce qu'on peut faire pour arranger les choses.
Mais si tu pars, je peux rien faire.
- Je pars.
Tu sais pourquoi?
- Dis-moi.
- Je peux pas tourner le dos à mon pays.
Je voulais contribuer à le soigner.
Voilà pourquoi j'étais ici.
Et maintenant, je renierais ma patrie ?
C'est impossible.
Je préférerais mourir. - Dis pas ça.
Tu peux pas partir.
Musique mélancolique
- Tu as l'air sincère.
- Amoureux ?
Musique inquiétante
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