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Original subtitles

Bah, non. Je vais dire � tout le monde que tu tiens mal l'alcool.

Non, non ! �a, c'est dans la table de nuit.

Merci.

Autre chose ?

Non, je crois qu'on est pas mal.

On part.

Donc, je r�sume.

Vous avez appris que des n�gociations

informelles entre Bachar Al Assad et l'opposition

avaient lieu en ce moment m�me � Paris

sous l'�gide des Russes, c'est �a ?

C'est �a.

Donc, ce que vous nous dites,

c'est que l'opposition syrienne, que nous h�bergeons, que nous soutenons,

que nous finan�ons, avec qui nous parlons tous les jours,

ne nous a pas inform�s, nous, au quai d'Orsay, qu'elle n�gociait avec l'ennemi.

C'est � peu pr�s �a.

Vous vous dites quoi, en fait ?

Vous parlez de quoi ?

Vous vous voyez tous les jours quasiment. C'est pour quoi ?

Donc, on va avoir un informateur sur place ?

Oui.

Vous allez recruter quelqu'un sur le territoire fran�ais, vous, et non pas la DGSI.

Oui.

Et vous voulez mon assentiment ?

Oui.

Bah vous ne l'avez pas.

OK.

Qui est cet informateur ?

Tromper son mari en Syrie, �a doit pas �tre facile, hein ?

Non.

Elle sait ce qu'elle veut.

Elle prend des risques.

Un atout pour nous.

Oui, m�me si �a n'a rien � voir.

Elle a pas cherch� � vous joindre pour vous dire qu'elle �tait � Paris ?

Non, elle avait aucun moyen de me joindre.

Donc, vous vous rencontrez par hasard, au mus�e du Quai Branly.

Ouais, j'y �tais avec ma fille. Nous sommes all�s voir une exposition sur les Incas puis on est all� d�jeuner au Caf� Branly.

Et puis Nadia �tait l�.

Qu'est-ce qu'elle faisait l� ?

Rencontrer les conservateurs de mus�es fait partie de sa couverture.

Mais la connaissant, je pense qu'elle �tait l� pour son propre plaisir.

�a arrive souvent qu'un clandestin recroise quelqu'un qu'il a connu sous l�gende ?

C'est tr�s rare.

Mais c'est d�j� arriv�.

Et dans ce cas, il y a un protocole pr��tabli ?

Pas vraiment, non.

On endort les choses, gentiment.

Gentiment ?

Ouais, enfin c'est du cas par cas, mais ...

la r�gle, c'est de ne pas �veiller les soup�ons.

Donc l�, avec Nadia El Mansour,

Le minimum, c'�tait de la revoir, c'�tait d'aller d�jeuner avec elle, et c'est ce qu'on a fait 3 jours plus tard.

Et c'est l� qu'elle vous a dit pour les n�gociations.

Et �a vous a pas �tonn� ?

Pour elle, je ne suis qu'un prof de fran�ais, hein.

Mais, elle a quand m�me trahi assez facilement un secret d'�tat, hein.

C'est pour �a que vous pensez que le recrutement est possible ?

C'�tait comme �a entre nous, on se mentait pas. On mentait aux autres mais pas � nous.

Elle mentait � son mari, mais vous, vous lui mentiez � elle.

J'�tais sous l�gende.

Bien s�r.

Elle est encore amoureuse de vous ?

Oui.

C'est pour �a que vous pensez pouvoir la convaincre ?

Oui, je pense que �a devrait jouer pour nous.

Pourquoi pensez-vous qu'elle est encore amoureuse de vous ? Elle vous l'a dit ?

Non, mais ces choses l� se sentent.

On l'a cr��e avant-hier.

Il est bon le son.

�a vient de l'ordinateur du banquier.

Heureusement, il �tait allum�.

- Qu'est-ce qu'on attend maintenant ? - Le message est pass�, on attend qu'il nous contacte.

Je pr�f�rais vous le signaler, �a me para�t important.

Mais d'apr�s-vous, elle �tait s�rieuse quand elle vous a dit �a ?

Enfin, je veux dire, c'�tait des propos d'amoureux

ou est-ce qu'elle le pensait vraiment ?

Non, pour elle, c'�tait s�rieux.

Et vous pensez qu'elle serait capable de le faire ? Elle quitterait son mari pour vous ?

Je sais pas, peut �tre qu'un jour, elle me demandera de partir avec moi, et si je dis oui, peut �tre qu'elle me suivra.

Vous l'emm�neriez avec vous ?

- Si ma mission �tait termin�e ? - Oui.

Si j'avais la possibilit�, oui.

Rien d'autre ?

Non.

� demain alors.

� demain Marie-Jeanne.

Marina !

Reza veut nous voir.

Et il fait la gueule.

J�r�me est en arr�t maladie pour 10 jours.

Il pourra pas m'assister � la conf�rence d'Oslo.

J'ai besoin d'un topo

sur toutes les intensit�s sismiques de l'Oc�anie.

Photos, bilan, perspectives ...

Il vous faut �a pour quand ?

Pour hier.

Fanny, tu peux rester s'il-te-plait ?

Vous pensez qu'il va l'emmener en Iran, ou pas ?

Bah elle est brillante, elle a les m�mes comp�tences que J�r�me,

ils travaillent ensemble depuis 6 mois. Ce serait logique.

Vous allez faire quoi ?

Je vais l'attendre en bas de chez elle un soir de pluie et la poignarder entre les omoplates.

Je vais faire comme en Iran.

Passer du temps avec elle, la faire parler, devenir sa meilleure amie

pour voir o� je peux frapper.

Vous voyez quand vous voulez.

C'est les Berthaud.

Et c'est partie.

Bonjour, vous �tes bien chez Jean-Pierre, Paul, An�mone et Sarah Berthaud.

Nous sommes absents mais lai ....

C'est l'oncle.

All� ?

Monsieur Jean-Fran�ois Lefebvre ?

Lui-m�me.

Je suis un ami de Paul.

Paul ?

Paul qui ? Mon neveu ?

Oui, votre neveu.

OK, et alors ?

C'est lequel celui-l� ?

C'est l'enceinte qui est reli�e � mon ordi.

Secr�tariat du docteur Godin ?

Oui, je voudrais parler au docteur Godin s'il vous plait.

De la part du g�n�ral Kerbouche.

C'est tr�s important.

Ne quittez pas. Je vais voir s'il peut vous prendre.

C'est l'Atelier. Dites � Guillaume Debailly de venir.

Monsieur Kerbouche ?

Godin � l'appareil.

Bonjour Monsieur Godin.

Je vous remercie de me prendre au t�l�phone.

Je voulais juste vous pr�venir que j'allais venir demain � Paris.

Je voulais savoir si je pouvais passer vous voir.

Nous n'avons pas rendez-vous, si ?

Ah, si si si. Vous m'avez appel� l'autre jour et nous avions convenu de nous voir mais vous �tiez tr�s tr�s occup�.

Je devais confirmer.

Je vous ai appel� ?

Votre secr�tariat en tous les cas.

Je peux venir demain vers 12 heures si vous voulez.

Non, je suis d�sol�, ma consultation est compl�te.

Je compte sur vous pour trouver un moment pour me recevoir.

Pouvez-vous m'envoyez une voiture � Orly ?

Comment �a, je ne comprends pas ?

Vous demandez Monsieur Benarfa.

Monsieur Kerbouche, je crois que vous faites une confusion.

Comme �a, vous ne pouvez pas vous tromper, n'est-ce pas ?

Monsieur Benarfa.

Et vous prenez les mesures n�cessaires, n'est-ce pas ?

Merci, docteur.

Il a effectivement devin� qu'on mettrait le m�decin sur �coute.

Bien jou�.

Bon, il faut pr�parer son accueil demain, 12 heures � Orly.

Ambulance ?

Malaise, m�decin, ambulance.

Non, trop lourd.

On lui demande de suivre un douanier dans un bureau, il sort par derri�re.

Essayez plut�t taxi, P�p� dans le taxi, sas,

fourgonnette borgne. On fait simple, d'accord ?

OK.

T'as pas mang� � midi ?

Si.

T'as d�cid� d'�tre tr�s gros ?

Non. Quand je stresse, je mange.

Pas toi ?

Moi, �a me rend anorexique.

Il y en qui font des pellicules.

Je sais.

T'en a plein les �paules.

T'en penses quoi de cette histoire ?

- Malotru ? - Oui.

Rien.

Je crois au hasard.

Je crois ...

� la conjonction d'�v�nements.

Bah, c'est ce qui complique notre m�tier, hein ?

T'y crois pas, toi ?

J'avais un instructeur, il me disait ...

" Dans notre m�tier, il n'y a pas de hasard. Il n'y a que des enculeries."

Guillaume ?

Je crois que c'est une erreur que ce soit vous qui recrutiez Nadia El Mansour.

Pourquoi ? Je suis la seule personne � pouvoir le faire pourtant.

Et la seule personne qui ne devrait pas le faire.

Votre avis est important. Vous avez raison, cette op�ration est d�licate.

Je dois prendre en compte tous les param�tres et ma relation avec Nadia est un param�tre � double-tranchant, effectivement.

Vous devriez en parler � MAG.

D'accord.

Des ennemis partout.

� l'int�rieur, � l'ext�rieur. Ils se multiplient.

Vos alli�s.

Les alli�s de vos ennemis.

Il faut faire �cran partout.

Se m�fier de tout, et de tout le monde. Tout le temps.

Ne plus jamais,

ne plus jamais se croire en s�curit�.

Veuillez enregistrer votre message.

Bonjour, vous �tes bien chez Paul Lefebvre. Malheureusement, je ne suis pas l�, vous pouvez laisser un message apr�s le bip sonore. Merci.

On pourrait penser que dans une situation comme celle-l�, on devient confus,

on se trompe,

on ne sait plus vraiment qui on est.

Mais moi, je n'�tais pas confus.

Je savais qui j'�tais.

Je savais que j'�tais Paul Lefebvre.

Faisons une pause.

Vous devriez pas jouer � ce jeu l� ici, vous risquez trop gros.

Quel jeu ?

Je connais vos trucs.

Vous cachez la v�rit� avec la v�rit�.

Le probl�me, Guillaume, c'est que vous aviez vraiment besoin d'�tre Paul Lefebvre

et vous en avez toujours besoin.

Le syndrome du clandestin.

C'est votre fantasme depuis le d�but, �a.

Je sais que vous �tes souvent dans le d�ni, mais l�, il faut vous r�veiller. Vous �tes en �tat d'arrestation.

D'observation.

D'observation, oui.

� l'issue de laquelle, vous risquez de passer le restant de vos jours en prison.

Mais vous �tes l� pour quoi, vous, exactement ?

Vous avez pas devin� ?

Je suis le vrai d�tecteur de mensonge.

Ne vous trompez pas, ils m'ont venir ici pour une seule chose.

Leur dire � quel moment vous vous mentez � vous m�me.

- Hello ! - Tadaaa !

- Bah t'emballe pas, parce que ... - Merci.

J'ai aussi �a avec.

Et c'est super chiant, les intensit�s macrosismiques.

Ah non, mais n'importe quoi ces donn�es. Je sais pas o� il les a d�nich�es.

Tu veux du vin ?

Ah, putain, Oui. Oui, oui !

Je sais pas pourquoi il s'excite comme �a pour Oslo, Reza.

Tout le monde s'en fout d'Oslo, non ?

Il est pas en Europe longtemps. Il veut faire la tourn�e des colloques et qu'on se souvienne de lui.

Il t'a propos� d'y aller avec lui ?

� Oslo ? Oui.

T'y vas alors ?

Bah oui.

Ouais, du coup je suis d�sol�e parce qu'il nous demande de faire le truc ensemble, mais c'est moi qui y vais avec lui.

Tu vas remplacer J�r�me dans son coeur en fait.

Tu ferais quoi s'il te proposait d'y aller avec lui ?

� Oslo ?

Non.

S'il te proposait l'Iran.

Il t'a propos� ?

Tu ferais quoi ?

Je sais pas. Il prend pas de femmes de tout de fa�on.

Mais si jamais.

Il t'a propos�.

- Tu veux dire que tu veux que je t'aide � d�cider, c'est �a ? - Non, je veux savoir ce que toi, tu ferais.

Je pense que j'irais.

Ah, tu irais.

C'est une opportunit�.

Et puis, c'est une zone int�ressante.

J'aime bien voyager.

Et toi ?

Il me proposera pas.

Non, mais si jamais.

Je sais pas.

Alors, bois tant que tu es ici, alors.

Aux failles sismiques.

Aux failles sismiques.

� la tienne.

Tu trouves pas �a chiant.

Passer des concours, l�, tout le temps.

D'attendre qu'on te ... Qu'on te choisisse.

De savoir si tu pars, si tu pars pas ...

� notre �ge, quoi.

Devoir toujours prouver que t'es bonne ...

que tu vaux le coup ...

qu'on a raison de miser sur toi, tout �a.

Si.

Y en a marre, quoi !

J'ai l'impression d'�tre toute seule.

Je vais pas y arriver.

Tu te mets trop la pression.

Non.

C'est pas moi.

C'est pas moi qui me met la pression.

C'est la France.

La France ?

Je suis pas l� pour la sismologie, si tu veux savoir.

T'es l� pour quoi ?

Pour les beaux yeux de Reza ?

Tu veux que je te dise pourquoi je suis l� ?

Je suis ...

�a va ?

Ouais ...

J'ai trop bu.

T'as vomi ?

Humm presque.

C'est mieux que tu y ailles, l�.

Je vais pas te laisser comme �a.

Sors.

Je vais pas te laisser toute seule. Sors !

�a va mieux ?

Ouais.

D�sol�e, hein.

Je tiens pas l'alcool.

La honte.

Arr�te.

Tu vas dire � tout le monde que je suis alcoolique ?

Je connais la diff�rence.

Ma m�re est alcoolique.

Non.

Si, si.

Une vraie !

Discr�te, insoup�onnable.

�a fait 20 ans qu'elle picole doucement, en cachette.

Du matin au soir.

�a, personne ne le sait.

Parce que tout le monde sait par contre, sauf ma m�re, c'est que mon p�re la trompe depuis 25 ans.

�a, tout le monde est au courant.

La famille, les amis, les voisins. Tout le monde le sait.

Et elle, elle voit rien.

Christine Bensoussan.

Voil�, une fille qu'elle connait bien. C'est pas une amie, mais presque.

Mais elle le sait.

C'est peut �tre m�me pour �a qu'elle boit.

Ah non, non. Je te jure, non, non. Elle boit pour ne pas le voir justement, et �a marche.

Ouais, parfois je me dis que je devrais lui en parler, mais bon, putain, je sais pas.

Tu me vois dire �a � ma m�re : "Maman, Papa te trompe depuis 25 ans."

Compliqu�.

- �a va mieux. - Ouais ?

Bonjour.

- �a va ? - �a va.

Tu l'as trouv�e, la boutique de v�los ?

Non, mais j'irai lundi.

T'es au courant pour El Mansour ?

Bah oui, on a ressuscit� Paul Lefebvre.

Bien s�r.

C'est dingue, non ?

Ouais.

Je comprends maintenant pourquoi il m'avait demand� toutes ces recherches.

Des recherches sur quoi ?

Sur elle.

Quand ?

Bah, il y a quelques semaines.

Entrez !

�a va avec votre rapport ?

Vous avez besoin d'aide ?

C'est d�licat, un recrutement. Faut bien cerner la cible.

Je sais.

Tout va bien.

J'ai tout ce qu'il faut.

Qu'est-ce qui vous pr�occupe ?

Nadia El Mansour ou Guillaume Debailly ?

Nadia El Mansour, moi, je la connais moins bien que vous maintenant.

C'est Malotru qui vous pr�occupe alors ?

Malotru ...

Comment le voyez-vous depuis qu'il est rentr� � Paris ?

Depuis qu'il est rentr� � Paris, on communique moins, forc�ment.

Vous le regrettez ?

Pourquoi je regretterais ?

Vous avez �t� sa veilleuse pendant 6 ans, et maintenant, il vous �chappe.

Oui, mais �a, c'est dans l'ordre des choses, c'est ...

C'est le m�tier !

C'est curieux cette co�ncidence, qu'ils se retrouvent � nouveau � Paris, Mme El Mansour et Debailly. Non ? Vous trouvez pas ?

Si.

Il �tait tr�s amoureux d'elle ?

Oui, je peux le dire. Il s'en est jamais cach�.

Il a pu apprendre qu'elle �tait en train de divorcer ?

- Elle est en train de divorcer ? - Oui.

Je vois pas comment il aurait pu le savoir.

� moins qu'elle le lui ai dit.

Elle avait aucun moyen de le joindre.

- Vous en �tes s�re ? - S�re.

Tr�s bien.

Bon courage.

�a va ?

Bah non.

Toujours dans les enculeries ?

Oui !

G�n�ral Kerbouche ?

Vous �tes Monsieur Vincent ?

Enchant�.

J'aime les gens qui comprennent vite, m�me les choses compliqu�es.

Vous �tes pr�ts � me faire une offre ?

On sait pas ce que vous vendez.

Des informations.

Des informations.

Je suis toujours pr�t � payer des informations. � condition qu'elles soient bonnes et fiables.

Rachid Benarfa, 38 ans.

Gestionnaire de patrimoines financiers.

Alias Cyclone.

Il lui a donn� son nom de code.

O� est-il ?

�a fait partie de ce que je vends.

J'ai besoin d'une preuve de vie.

Il est toujours vivant. Du moins, pour le moment.

Encore pour 4 ou 5 jours au moins.

J'ai besoin d'une preuve.

Je ne peux pas vous la donner.

Vous jouez quel r�le dans cette affaire ?

Celui d'espion.

Je vous renseigne.

J'ai mes r�seaux.

Ils sont tr�s efficaces.

Vous ...

vous ne savez rien dans cette affaire.

Vous savez m�me pas o� chercher.

Moi ...

je suis votre boussole.

Et puis, arr�tez votre petit jeu !

Je suis l� alors que tout le monde croit que je suis chez le m�decin !

Vous me filmez, vous m'enregistrez. Vous me tenez !

Si vous me d�cevez,

moi, je vais rentrer avec mes petits secrets.

C'est ce que vous voulez ?

Que voulez-vous ?

Le 11 f�vrier 1992,

� la caserne de Boughezoul,

vous avez des �coutes.

Je les veux maintenant.

Je croyais qu'il voulait de l'argent.

�a peut prendre du temps.

J'attends.

OK.

C'est d'accord.

Merci.

Vos informations, maintenant.

Patience.

On peut lancer, si vous voulez.

Non, pas encore.

Passezz-moi le d�but.

[parle en arabe]

Stop.

Pas fiable, votre Benarfa.

D�pressif, sous m�dicaments.

Franchement,

j'esp�re que vous en avez des plus costauds.

Il a �t� arr�t� il y a quelques semaines en �tat d'ivresse.

Embarqu� au commissariat,

il a commenc� � d�blat�rer.

� gueuler.

Je suis un agent fran�ais, j'ai trahi mon pays.

Les policiers ne le prennent pas au s�rieux. Pour eux, ce n'est qu'un ...

un ivrogne de plus.

Mais un des policiers a un cousin qui travaille au DIM.

Le d�partement d'infiltration et de manipulation des services de s�curit�.

Il appelle son cousin

qui lui fait part de cet ivrogne qui se dit �tre un espion fran�ais.

Son cousin d�barque.

Il �coute Benarfa

et il d�cide de l'exfiltrer du commissariat.

Il emprunte un de ces nombreux souterrains qui relient beaucoup de b�timents officiels.

Et il le livre � son chef.

Et c'est l�

que la chance a quitt� votre ami Benarfa.

Et c'est l� que la chance vous a quitt�e, vous !

La DGSE.

Le chef du cousin,

c'est le g�n�ral Lefkir.

Un vrai psychopathe !

Un dur !

Un intriguant !

�lev� au lait du KGB, comme moi.

Lefkir.

Qu'est-ce qu'il va faire de cet agent fran�ais qui lui tombe sur la t�te comme une noix de coco ?

Il vous le vend ?

Il vous le rend ?

Non !

Lefkir a un agent infiltr� dans un groupe salafiste,

l'�tat Islamique du Sahel.

Pour le cr�dibiliser, il lui fait cadeau

de votre pauvre Benarfa.

Son agent va organiser un faux enl�vement

et livrer Cyclone aux salafistes.

Un agent fran�ais.

Vous pensez ?

O� est Benarfa en ce moment ?

Pour l'instant,

dans les mains de Lefkir.

La livraison est pr�vue dans 4 ou 5 jours.

Si vous voulez r�cup�rer votre agent,

il vous reste pas beaucoup de temps.

Apr�s, il sera ex�cut�.

Et les images vont d�filer sur tous les t�l�phones portables de Seine-Saint-Denis.

Bon, j'organise imm�diatement une r�union avec la Direction des Op�rations.

[parle en arabe]

Kadah Bendjiha.

Le chef de la GIA � l'ouest, � l'�poque en 1991.

Et l'autre ?

Je sais pas.

Un officier de la DRS apparemment [D�partement du Renseignement et de la S�curit�].

Il a un cheveu sur la langue.

Qui �a ?

Bendjihah ?

Non, non, l'autre.

C'est cool qu'il t'ait donn� les cl�s.

Ouais.

T'es s�re qu'il va pas rentrer ?

Bah non, je te dis, il est en mission en ce moment.

En mission ?

C'est comme �a qu'ils appellent les trucs qu'ils font � l'�tranger.

C'est un espion ou quoi ?

Mais non.

Il travaille pour le minist�re.

Je sais pas si c'est la Francophonie ou les Affaires �trang�res.

Je crois que c'est la Francophonie.

Et du coup ...

il te laisse l'appart.

Cool.

Putain, t'as entendu ?

Ouais.

- C'est ton p�re, putain. - Mais c'est pas possible.

Papa ?

Papa !

Il y a quelqu'un dans l'appartement.

Oui, je suis toute seule.

Oui, je sais. Je dois �tre l� pour travailler.

Mais putain, papa, il y a quelqu'un qui est rentr�.

OK.

Ouais, OK.

Oui, je sais. J'aurais du pr�venir.

Bah oui, je suis toute seule.

C'est quelqu'un qui est venu r�cup�rer des trucs pour mon p�re.

All� ?

Et il savait pas que tu �tais l� ?

Et moi ?

Bah non !

Excusez-nous mademoiselle.

Au revoir !

Au revoir.

Au revoir, jeune homme !

Merde.

Mais c'est qui, putain ?

Mais je t'ai dit, c'est des coll�gues de mon p�re.

Ils sont venus r�cup�rer des trucs, ils savaient pas qu'on �tait l�.

Putain !

Bah t'�tais mignon avec ton vase.

C'est tout ce qu'on a trouv� au nom de Debailly.

2-3 papiers, les trucs personnels ...

Comme �a, si quelqu'un vient fouiner, on est bord�.

Le probl�me, c'est qu'on a pas pu faire le m�nage.

Ni le repassage.

Votre fille ...

Faut plus qu'elle vienne !

Elle viendra plus.

OK.

Je peux vous parler ?

- Vous les reconnaissez ? - Oui.

C'est des sources que j'ai rep�r� en Syrie.

Et vous leur direz quoi quand ils se feront arr�ter ?

Pourquoi vous voulez qu'ils se fassent arr�ter ?

Ah oui, vous leur direz : "J'�tais amoureux".

Je suis d�sol�, c'�tait trop agr�able.

Quand ils se balanceront � une potence, vous leur direz quoi ?

�a sert � �a les r�gles !

�a sert � les prot�ger, eux !

Parce que quand on enfreint la r�gle, on a pas peur de se faire pincer, on a pas peur du gendarme. On a peur de mettre nos sources en danger.

On a peur de les faire tuer.

Qu'est-ce qui vous arrive Marie-Jeanne, l� ? Pourquoi vous paniquez ?

Il n'y a aucune raison de dramatiser.

M�me si l'op�ration �chouait, je ne vois pas o� votre sc�nario catastrophe trouve sa place.

Vous n'avez pas peur pour eux ?

Vous vous en foutez, ils sont trop loins ?

Je les connais !

C'est moi qui les ai rep�r�s, je les ai fr�quent�s. Non, ils sont pas trop loins.

Si Paul Lefebvre est grill�,

ils seront ex�cut�s.

Vous commencez � m'inqui�tier avec vos souhaits de mort, l�.

Paul Lefebvre est probablement d�j� grill�. C'est pour �a que vous faites �a, non ?

Quoi ?

C'est pour prot�ger votre cul ?

Vous entendre mentir comme �a, �a me salit.

Marie-Jeanne.

Si je tombe, elle tombe avec moi.

Qui ?

Nadia.

Ils soup�onnent Paul Lefebvre d'�tre un agent fran�ais.

Ils vont l'accuser elle

d'avoir couch� avec un agent fran�ais.

Ils vont l'arr�ter, pour haute trahison.

Puis ils vont la torturer

pour savoir tout ce qu'elle sait.

Ensuite, ils l'ex�cuteront.

Tout �a parce que j'�tais amoureux d'elle.

Oui, c'est d�gueulasse.

Amoureux, traitre et bourreau.

C'est d�gueulasse.

Je suis beaucoup plus sali que vous.

Mais aujourd'hui, j'ai pas le temps de m'apitoyer.

Je dois la sauver.

Et le seul moyen de la sauver,

c'est de faire exister Paul Lefebvre.

De le faire tellement exister

qu'ils ne soup�onnent pas d'�tre autre chose qu'un prof de fran�ais.

Si je disparais, ils continueront leur enqu�te.

Il faut qu'ils viennent chez moi,

qu'ils fouillent dans mes papiers,

qu'ils me suivent dans la rue, tous les jours.

Ma l�gende doit �tre b�ton.

Si elle s'effondre, Nadia est finie.

Et pour �a, j'ai besoin d'utiliser toutes les ressources de la Bo�te.

Et la Bo�te, elle m'aidera que si Nadia est recrut�e.

Alors, vous voulez me faire tomber ?

D'accord.

Attendez qu'elle soit recrut�e et prot�g�e.

Ensuite, vous pourrez dire la v�rit�.

Je serai le seul � payer.

Vous �tes tr�s bon.

C'est la premi�re fois que �a me d�goute de voir quelqu'un d'aussi bon.

Votre dossier.

Le g�n�ral Lefkir ne peut pas agir dans le dos des autorit�s alg�riennes.

Il peut leur faire un enfant dans le dos,

mais il peut pas l'�lever sans eux.

Si vous voulez m'excuser pour cette image un peu lourde.

Il a la main sur le contre-terrorisme.

Pour nous, c'est un fou.

Pour les Alg�riens aussi, c'est un fou.

Mais c'est leur fou.

Ils y tiennent.

Donc ...

Donc, vous ne pourrez pas parler avec lui.

Vous avez � mon sens deux options : soit une op�ration pour lib�rer Cyclone,

soit des n�gociations

avec des autorit�s alg�riennes qui nieront �tre au courant.

Charmant.

Qu'est-ce qu'on sait de lui, de personnel ?

De notoire ?

Il a perdu deux enfants dans les massacres des habitants de son village,

il prend de la coca�ne,

il a des parts dans un grand nombre de soci�t�s li�es au secteur de l'�nergie,

il est riche, il a pas besoin d'argent, il a pas de femme,

et il a un cheveu sur la langue.

Pourquoi vous m'emmenez l� ?

- Bon, vous voulez pas me dire ce qu'on fait, l� ? - Chut !

Bonjour monsieur, nous sommes des amies de Fanny.

Ah, mais Fanny n'habite plus ici depuis un moment.

Ah, bah justement, on voudrait lui faire une surprise pour son anniversaire.

Il faudrait qu'on puisse parler � sa m�re. Est-ce qu'elle est l� ? C'est pour un truc de filles.

Bah oui.

Bien s�r.

Ne vous inqui�tez pas, je vais vous la r�veiller.

Ch�rie ! Ouhouh !

Il y a des personnes qui veulent te parler, des amies de Fanny.

Pardon.

Je dormais.

Elles voudraient faire une surprise � Fanny.

Un truc de filles, il parait.

Bon, je vous laisse.

Merci.

Madame, d�sol� de devoir en passer par l�, mais nous tenions � vous parler en t�te � t�te.

Vous n'�tes pas des amies de Fanny ?

Madame, nous avons quelque chose d'important � vous dire. �a concerne votre mari.

Bon, je peux vous parler 5 minutes.

Madame Meyer, nous faisons parties d'une association �vang�lique de d�fense des droits des femmes.

Nous agissons dans votre quartier depuis plusieurs ann�es.

Notre mission est d'identier et de d�noncer tous les torts, et ils sont multiples, croyez-moi, qui sont faits � nos concitoyennes.

Nous sommes persuad�es que le silence est le pire des crimes et que la v�rit� est toujours bonne � dire.

Mais pourquoi vous venez me voir moi ?

Et bien, Madame Meyer, il se trouve qu'apr�s avoir recueilli plusieurs t�moignages concordants, nous sommes au regret de devoir vous anoncer que votre �poux vous est infid�le depuis plusieurs ann�es.

25 ans pour �tre pr�cise.

Alors, souhaitez-vous madame connaitre l'identit� de la maitresse de votre mari ?

Non.

Il s'agit d'une femme plus jeune que vous du nom de Christine.

Christine comment ?

Bensoussan.

Alors, courage.

Courage, et surtout n'oubliez pas.

Mieux vaut souffrir dans la v�rit� que d'�tre heureuse dans le mensonge.

Qu'est-ce qui se passe ?

Je suis d�sol�e.

Vous avez deux cercles.

Le premier, c'est pour les amis. Le deuxi�me, c'est pour les cibles.

Ces deux cercles ne doivent jamais se rencontrer.

Les amis restent des amis. Les cibles, vous pouvez �tre faire ami avec elles mais ce ne sont pas des amis.

�a veut dire quoi ?

Que vous pouvez d�truire leur vie en une minute.

Sans �tat d'�me. Vous ne les aimez pas, vous ne les appr�ciez pas, vous n'avez pas piti� d'eux.

Eux, ils peuvent vous aimer.

Ils doivent vous aimer.

Mais vous, ce sont vos proies.

Cette Fanny, quand elle vient chez vous,

quand vous buvez avec elle,

quand elle vous �meut avec ses histoires de famille ou de baise,

quand elle vous laisse pas toute seule sur le carrelage de vos toilettes, c'est votre proie. Compris ?

Cette fille, c'�tait votre ennemie.

Vous commenciez � �tre attach�e � elle.

N'importe qui aurait pu l'utiliser pour faire pression sur vous.

Ne vous attachez pas � vos cibles. Jamais !

Moi, je vais vous donner un conseil pour votre mission.

Ne vous attachez � personne. Jamais !

Bureau de Monsieur L�glise-Costa ?

Oui, bonjour. J'aimerai confirmer mon rendez-vous avec Monsieur L�glise-Costa.

Je suis Nadia El Mansour.

Oui ?

Demain, 14 heures. C'est �a ?

Oui.

Tr�s bien, c'est not�. Merci pour votre appel.

Elle vient de confirmer.

P�venez Moule � Gaufres, Malotru et la DGSI.

T'en veux un ?

Je viens de sortir du m�tro.

Elle arrive.

Tu vas � c�t� ?

Guillaume ?

Tu dis quoi, toi ?

Elle va marcher ou pas ?

J'esp�re.

J'esp�re.

Je viens de passer la pharmacie.

Je rentre.

Je viens d'arriver � l'accueil.

- Bonjour Madame. - J'ai rendez-vous avec Monsieur L�glise-Costa, s'il vous plait.

Oui, c'est au troisi�me �tage. C'est par ici.

Je n'ai pas de micro.

Je suis dans le couloir, j'arrive.

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