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Allez, Iurie ! verrouille...
Arrache-le du sol, va chercher le bras !
C'est ça, bloque le bras !
C'est bien, Iurie ! verrouille !C'est le moment !
C'est bien, Iurie !
On contrôle !
Stop ! C'est bien. Tu vois comme ça vient ?
En position.
En position, Vider.
Les trente dernières secondes. C'est parti !
Vas-y, continue !
Continue ! Défends !
Défends ! C'est bien !
Allez !
Tiens les trente secondes, Iurie !
Plus que dix secondes ! Tiens bon !
Stop ! Bien, bonne défense !
LE FLÉAU
Mais...
♪ ai travaillé toute la journée,
je n'ai pas pu t'appeler avant.
Je n'ai pas le temps entre l'entraînement et le boulot.
Je t'explique juste quej'ai passé lajournée au boulot,
et tu dis que tu ne sais pas à quoi je passe mon temps.
Exact. Où je vais? C'est ce que j'essaie d'expliquer.
Je passe mon temps à travailler !
Oui. Bon...
On ne peut pas discuter avec toi.
Dis-moi à quoi tu passes ton temps.
Oui, toi.
Je ne suis pas convaincu.
Crois ce que tu voudras, je m'en fiche.
On ne parle pas la même langue, apparemment.
C'est ça, salut !
Bonjour.
Putain...
Je ne voudrais pas avoir à me battre avec toi.
Je t'assure que mon entraîneur
n'est pas de ton avis.
- Ah non ? - Il me trouve mou.
Dis-lui de venir te voir au champ.
- Tu n'y es pas allé? - Pas depuis une semaine.
- Je croyais. - Non, quelqu'un devrait la voir.
Iurie pourrait ramener quelques provisions.
Tiens, Iurie.
- Dis-moi. - Prends cette cagette.
Oui.
Va chercher quelques tomates, des aubergines,
une salade, des poivrons...
Tu les amènes à Mme Maria.
- Tiens, prends aussi des oignons. - Et des oignons.
- Des aubergines? -Oui, un peu de tout.
- D'accord ? - Bien.
Maria !
Maria !
Où étais-tu passé ?
Où étais-tu ?
C'est bon ?
Lara, attention à la voiture !
Voiture !
- J'y vais, papa. À demain. - Bien, a demain.
Soyez sages.
D'accord ?
Non, je ne monterai pas ce week-end.
Non, j'ai trop à faire.
Je ne sais pas, on verra le week-end prochain.
D'accord ?
Allez, bisous. Je vous rappelle demain.
Oui, salut.
- Bonjour. - Bonjour.
Comment t'en sors-tu, Rose ?
C'est limite, mais je m'habitue doucement.
Pourquoi ? C'est dur ?
Les grands-parents ne me laissent pas une minute de repos :
"Donne la cuvette, je crois que je vais vomir."
"Je vais me souiller".
Je n'arrive pas a me faire a ce travail.
Ne t'inquiète pas, tiens bon. Tu finiras par t'habituer.
Ça vaut mieux que de retourner aux Philippines.
Accroche-toi. On vit bien, ici.
Adapte-toi à la culture. Tu finiras par t'habituer.
Tu le dis parce que tu vis ici depuis longtemps.
Courage. C'était pareil pour moi.
Tu peux le faire. Ça viendra.
- Je n'ai pas le choix. - Ne t'en fais pas.
Tu y arriveras.
Domingo, vous voulez de l'eau ?
Et vous, Mme Felisa? Un peu d'eau ?
C'est bien trop !
Un verre plein, j'ai soif.
- D'accord ? Un verre plein. - Je vous le sers tout de suite.
Buvez, ça vous fera du bien.
- Antonieta ? - Un petit peu.
Bien.
- Tu vas nous soûler. -Je n'y ai pas rajouté d'anis.
C'est inoffensif.
Angela?
- Moi, j'en veux ! - Tenez.
Juanito !
Vous prendrez un peu d'eau ?
Hein ?
Tenez.
Donnez-moi la main.
Là.
Je vous aide.
Dernièrement, Mme Maria Ros a été admise.
- La directrice vous en a parlé ? - Oui.
Mme Maria Ros a 88 ans, elle est de Gallecs.
Elle est catalane, elle a toujours vécu ici, a la campagne.
Elle est arrivée à cause d'un problème respiratoire.
Elle est parfaitement saine d'esprit.
D'après ma conversation avec elle, il transparaît
qu'elle pourrait ne pas accrocher avec les personnes de son âge.
Rose, il serait bon que vous en preniez soin.
- Dorlotez-la. - D'accord.
Vous avez des questions ?
On dispose de son rapport ?
Oui, il est à l'infirmerie.
Tout est prévu.
Pas de complications dans la prescription.
Vous avez bien dormi ?
Parfois oui, parfois non.
Quand le soleil s'est levé, il y avait de ces mouches !
Vraiment ?
C'est assommant !
Quand vous aurez fini, vous vous laverez le visage.
- D'accord. - Parfait.
Les températures sont de Perdre de 35 “C, la chaleur est intense,
mais elle ne devrait pas être généralisée à tous les secteurs...
Tu vas griller sous ce soleil.
Est-ce que j'ai le choix ?
- Ça peut être dur. - Enfin...
Si tu vois que tu ne tiens pas, appelle-moi, je passerai te prendre.
- D'accord. - Ça t'évitera d'avoir trop chaud.
Je me fais belle...
- Àplus. -Àplus.
Salut, Maribel !
Aïe, aïe, aïe...
Et merde !
- Qu'est-ce qu'on peut faire ? - Les sulfater.
On ne peut pas. On le vend comme un produit bio.
Soit tu le sulfates, soit tu perds ta récolte.
Ou alors tu attends qu'il pleuve fort pour tout laver.
C'est la façon de tuer la mouche blanche, car elle tombe par terre.
Tu as vu le temps qu'il fait ?
Regarde, là.
Regarde, il y en plein ici.
C'est ravageur pour les plantes, la mouche a attaqué la tige...
♪ ai arraché la plante, tu vois comme la tige est pourrie ?
Si tu la brises,
tu vois que l'intérieur est pratiquement pourri.
Elle est bien affectée.
Putain de mouche blanche !
En avant et en arrière ! Je ne veux pas de pont.
On passe au pont !
De dos, sur le front... Sur le côté, au milieu...
Levez bien les hanches. Le nez au sol !
Trois tours sur le front, dans les deux sens !
Des tours dans les deux sens !
Ça te fait encore mal ?
Ça s'est arrangé, mais à l'entraînement...
- Ça s'est rouvert ? - Oui, ça s'est rouvert.
Ces blessures mettent longtemps à cicatriser.
Tu es prêt pour le championnat d'Espagne ?
Plus ou moins, mais je suis épuisé par le travail.
- Tu travailles? -Oui, dans les champs.
- Dans les champs? -Oui.
C'est pour ça que tu as quitté la Moldavie?
- Il n'y a pas de fermes, là-bas ? - Non, aucune.
Et alors ? Il faut bien travailler.
- Il faut aussi gagner son pain. - C'est bien vrai.
- À quelle catégorie tu t'inscris ? - Chez les 74 kg.
♪ ai remporté le championnat de Catalogne sans difficultés.
- Entraîne-toi et ça ira. -Tu as encore le temps.
Je vais tenter les 96 kg.
- Et toi, Alex ? - Je vais essayer les 74 kg.
Voilà. Nom et prénoms.
- Qu'est-ce qu'on peut y faire ? - Et Iurie ?
Je ne sais pas. Si on a besoin de lui pour autre chose...
Je verrai s'il y a du travail pour moi a l'entrepôt.
Essaye. Moi, je ne chercherai rien d'autre.
Ça me suffit de contenir la mouche blanche.
Ça ne sera pas trop pénible ?
- Les deux boulots. - On fera avec.
- J'ai toujours eu deux boulots. -Oui, mais parfois...
La situation ne...
S'il peut arracher quelques heures à l'entrepôt...
L'après-midi seulement.
Oui, mais Raul est très occupé.
Bon, mais...
- Il faut bien travailler. - D'accord mais...
- Ouand vois-tu les enfants ? - Ils sont à la plage.
Tu crois que c'est bon que vous soyez séparés ?
De ne les voir qu'un jour par semaine?
- Les années filent. - Il faut bien travailler.
D'accord, mais tu manques de temps pour profiter de tes enfants.
- Qu'est-ce que je devrais faire ? - Ça vous regarde, mais...
- Tu n'en profites pas. - Dis-moi ce que je devrais faire.
Si les conditions sont mauvaises, ne pas s'échiner.
- Je ne devrais pas travailler ? - Bien sûr que si.
Au champ, il y atoujours àfaire.
Bon, mais en période de vaches maigres...
C'est comme ça que je le vois.
- Laisse, Isidro. - Arrête de le bassiner.
Tu diras ce que tu voudras.
Il faut abattre le travail, la plage attendra.
Quand profite-t-il de l'été, ton fils ?
Il peine quand la culture va mal et quand il y a du travail aussi.
- C'est toujours pareil, Raul. - Les choses s'arrangeront.
Au champ, on n'a pas d'heures. On travaille du matin au soir.
Je sais bien, je l'ai vécu avec toi et tes parents.
- On s'en est sortis. -Oui.
Maintenant dis-moi combien d'étés on a passé ensemble.
Inutile de vous disputer.
À quelle heure rentrais-tu ?
A 21h00 ou 22h00.
Mari Pau et toi dormiez depuis longtemps.
À l'époque, il ne prenait pas son dimanche.
- Regarde, quelqu'un veut un boulot. - C'est dommage.
Quand en aurais-tu besoin ?
Demain.
Le pronostic du thermomètre est en hausse de cinq degrés.
Les températures devraient atteindre les 40 “C,
voire 41 “C, parfois même 42 “C
à a' 'Ouest, dans Je centre de la Catalogne
et à Vintérieur des terres de PÈbre.
Le piémont pyrénéen connaîtra des températures similaires.
Comment allez-vous aujourd'hui ?
- C'est jour de douche! - Non !
- Comment ça ? - Je ne veux pas me doucher!
- Pourquoi ? - Je n'aime pas ça, j'étouffe !
Pour un jour de douche par semaine...
- C'est aujourd'hui. - Je ne veux pas.
Allons, c'est l'heure de la douche.
Est-ce qu'on a le choix ? C'est jour de douche.
- Allez. - Vous avez toujours le dernier mot.
- Qu'est-ce qu'on peut y faire ? - Rien !
Je ne fais que mon travail, Maria.
Mais c'est toujours toi qui décides.
- C'est comme ça. - Non lJe n'irai pas à la douche!
Que vous le vouliez ou non, vous vous doucherez.
- Je ne me doucherai pas. - C'est parti.
- Je ne veux pas. J'étouffe ! -Àla douche, point final.
Allez, on y va!
Tu as beau refuser de faire quelque chose,
elle te force à le faire.
Oui, elle est bornée.
Oui!
Ça doit se passer comme elle l'entend.
Exact. Je me suis déjà fâchée avec elle.
Dans le fond, elle est gentille.
Gestion opinion, pas la mienne.
Ah non ?
Non.
Oui en veut davantage ?
Salut, tu peux venir me chercher?
Tu en as pour longtemps?
D'accord.
Salut. Aide-moi à la plier.
- Ça a été ? - Moyen.
- Il fait chaud. -Oui.
- Attrape l'eau. - Plutôt chaud.
Tu t'en sors ?
Oui, je ne peux pas trop te parler.
Je rentre à l'instant, et je suis crevé.
Je suisjuste fatigué...
D'accord, bébé. On se rappelle demain.
Bonne nuit.
- Fatigué ? - Je n'en peux plus, Andrei.
Moi non plus.
- Des nouvelles pour tes papiers ? - Non.
♪ en ai marre du travail, de rouler à vélo...
Surtout sous ce soleil.
Regarde comme tu es rouge.
- Mets de la crème. -Je suis noir.
On va voir ce qui se passe...
Je pensais que Isidro et Raul allaient me proposer un contrat
d'un an au moins.
Ça se passait bien.
Il faut que tu sois patient.
Combien de temps ? Il s'est passé deux ans.
Il faut s'accrocher.
Tu finiras par avoir tes papiers. Un peu de patience.
Qu'est-ce que tu manges ?
- Ce que je trouve. - Prépare-toi un truc.
Je n'ai pas envie, je suis fatigué.
Bon, je vais prendre une douche.
Elle m'enquiquine !
Qu'elle est agaçante !
Animal !
Tenez, Maria.
Ouvre-le.
Que c'est bon.
Non, rien. J'ai fait 20 euros, hier.
On ne vit pas avec 20 euros par semaine.
Je gagne mieux ma vie dans les champs.
C'est sûr. Ça va très mal, c'est démoralisant.
Je songe vraiment à m'arrêter là.
Pour perdre mon temps, ici, dans ces conditions...
Tous ces allers et retours pour des prunes !
Ça ne vaut pas la peine.
Tout lâcher après 20 ans...
Si je sacrifie tout pour si peu...
C'est rageant.
Je n'arrête pas d'y penser. Je serais désolée, mais...
Qu'est-ce que je peux faire ?
Venir tous les jours pour rien...
Tu ne peux pas chercher du travail ailleurs ?
Si, j'ai passé des coups de fil,
mais c'est resté sans suite.
♪ ai envoyé des CV, mais personne n'a rappelé.
Je suis disposée à me lever tôt
et à travailler quelques heures
si ça ramène du pain sur la table.
Ensuite il y a les factures à payer.
Ça fait beau coup.
Ton fils ne travaille pas?
Non, il est au chômage. Il fait une dépression.
C'est moi qui apporte les ressources pour le crédit.
S'il m'arrivait malheur, ce serait la catastrophe.
Ce serait la merde.
Quand on fait de l'argent, on rentre content chez soi,
mais quand on ne touche rien, on cogite :
"Qu'est-ce que je dois faire ?"
Et débrouille-toi pour payer les factures. C'est dur.
Des jours meilleurs viendront.
C'est ce que je me dis. En attendant, c'est creux.
Plutôt creux. Il y a de quoi s'inquiéter.
Comment vas-tu au travail ?
À pied, à travers champs.
- Par cette chaleur? -Je n'ai pas le choix.
♪ arriverais en retard si je devais attendre le bus,
alors je me déplace à pied.
Tu es noire.
Ça m'est égal, c'est ma couleur naturelle.
Je ne m'en fais pas pour ma couleur.
Regarde la télé, Rose.
C'est la plage.
Un jour, on pourrait aller se baigner.
Oui, un jour.
Regarde-les, ils sont tout nus.
Pas mal !
Elles montrent leurs seins.
Moi, jamais !
♪ aurais trop honte. -Tu ne le ferais pas?
Je n'ai pas les seins pour.
Ici, c'est à la mode.
Alors, vas-y, toi, montrer tes fesses !
Bonjour.
Combien y a-t-il eu de décès en mon absence ?
Quatre, je crois :
José Ledesma,
Josep Bosch,
Antonia et Pedro.
Et M. Carlos est parti.
Concentre-toi sur le travail. Ça ne doit pas Fafieder.
Si tu t'attaches trop à eux, tu finiras par souffrir.
Oui, mais c'était comme un grand-père pour moi.
Oui, parce que tu prenais soin de lui.
Mais tu ne dois pas en souffrir.
C'est comme moi avec Mme Maria. Parfois on se fâche,
parfois elle se conduit bien.
Pareil pour toi et Pedro.
Il Fembêtait quand tu lui donnais à manger,
et il te faisait rire quand tu le mettais au lit.
C'est comme ça.
C'est le travail. Ta vie personnelle est ailleurs.
Et après ?
♪ oublie Pedro?
Il continuera d'être comme ton grand-père, mais c'est la vie.
♪ étais comme toi quand j'ai commencé.
C'était dévastateur.
Ils étaient toujours...
Ils me donnaient leur amour.
C'est la vie.
Nous prenons soin de personnes très âgées.
Ils nous donnent leur amour, et c'est réciproque.
C'est naturel.
On n'y peut rien. C'est le travail.
Ça me fait de la peine.
C'est la vie qu'ils doivent mener.
Ils ont besoin de nous.
Nous sommes là pour leur donner de l'affection.
- Tu comprends ce que je dis ? - Oui, mais...
Si c'est pour vivre ce genre de situations...
Qu'est-ce qu'on est censées faire ?
Si un vieil homme arrive,
on doit l'accueillir, le soigner et lui donner de l'amour.
C'est notre obligation.
Il ne faut pas se laisser abattre.
Je sais que tu étais très proche de Pedro,
mais songe que c'est toi qui souffres maintenant.
- Alors je devrais l'oublier? -Oui, oublie.
Garde son souvenir au fond de ton cœur.
Sa vie a pris fin.
Ce ne sont pas des façons de manger.
C'est tous les jours pareil.
- Je reprends dans dix minutes. -Je sais bien.
Enfin...
À toi de voir.
Je n'aime pas te voir manger sur le pouce.
- Je suis débordé aujourd'hui. -Je sais bien.
On s'en va. Et hop !
On finira de mâcher en chemin.
- Raul, tu es une cause perdue. -A plus.
H fera extrêmement chaud cet après-midi,
le plus chaud de Pâté, probabœment.
Le niveau 2 du service de météorologie a été activé
en raison de la persistance du pic de chaleur.
Les pré visions pour les jours à venir
indiquent plus de soleil et de chaleur jusqu'à jeudi.
Bonne mère...
Bonne mère !
Pourquoi ?
- Bon... -Je vous ramène?
On est tellement bien ici.
Où pourrais-je aller d'autre ?
Allons-y.
Je n'ai plus de chez moi.
Allons-y.
Je n'ai pas le choix.
- Au revoir. - Au revoir.
Encore ? Iurie...
On s'entraîne en vue d'une compétition.
Il y a un horaire d'entraînement a respecter, alors tu t'y tiens.
Ça ne peut pas continuer comme ça.
On fait de la lutte.
Soit on s'entraîne, soit on arrête de perdre son temps.
Allez, dépêche.
Travaille plus au centre, lu rie.
Point. Point. Plus fort en défense !
C'est ça ! Point, un point... Bien !
Attention à Iajambe, Iurie !
Allez, sois plus agressif.
Plus agressif, Iurie.
C'est ça.
On s'accroche au point !
Iurie ! Deux fois !
Il te l'a faite deux fois ! Concentre-toi !
On reprend.
Fais-le bouger, va chercher sajambe ! Bien !
Fais-le bouger ! Bien !
Encore ! Démarre plus tôt !
Fais-le bouger ! C'est ça !
Allez, Iurie, sois plus agressif !
Va chercher le point ! Bien lDebout !
- À demain. - Salut.
Qu'est-ce que je voulais te dire?
Ce n'est pas lajoie.
Oui. Le champ du bas est quasiment irrécupérable.
Oui, on fait une croix dessus.
Il nous reste le champ du haut.
Oui, on essaie de le sauver.
Oui, la mouche blanche.
Oui.
Tu peux taire un trait sur la moitié de notre estimation.
D'accord.
Bien, compris.
À plus.
À plus.
Tu lui as donné espoir mais le champ du haut est sur la voie de l'autre.
On verra bien ce qu'il donne.
- Je rapproche ? - D'accord.
- Tu vas a la maison de retraite ? - Oui, au travail.
Comment peux-tu marcher par cette chaleur ?
Je n'ai pas le choix, je n'ai pas de voiture.
Alors je marche.
- Comment va Mme Maria? - Bof.
Elle s'adapte.
Heureusement que vous l'avez vue.
- Elle s'était enfuie ? - Oui.
♪ imagine qu'elle voulait revoir sa maison, les champs...
Les chemins qu'elle empruntait...
Un tel changement de vie doit être difficile.
Tu fais huit heures de travail ?
Douze.
Douze ?
Quand même...
Bonjour.
Maria ! Pourquoi ne descendez-vous pas avec moi ?
P - Non ! Ourquoi pas?
Parce qu'en bas, dès qu'on arrive au salon,
on voit tous ces visages blêmes...
Ici on dort, là on ne dort plus...
Quand on demande ce qu'il y a à la télé,
personne ne sait répondre.
C'est abrutissant.
Il faut bien faire quelque chose.
Bon, je fais œ que je peux
pour me distraire.
La nuit venue, je réfléchis, rien de plus.
- Vous pensez et c'est tout ? - Je réfléchis beaucoup.
On me demande de moins le faire.
Comment fait-on pour ne plus réfléchir?
- Comment ? - Essayez de dormir.
Vous ne pouvez pas passer la nuit à réfléchir.
- Comment on s'y prend ? - Eh bien, je ne sais pas.
Comptez les moutons.
Jusqu'à vous endormir. - Je me suis lassée de le faire !
♪ en perds le compte.
Je vais vous donner un conseil, Maria.
Il faut laisser derrière votre vie d'avant.
La vie que vous avez ici est différente.
Vous devez vivre dans le présent. Il faut affronter les choses.
- C'est ce qu'il faut faire. - Je le fais.
- Mais on n'arrête pas ses pensées. - Je sais bien.
Votre tête fonctionne parfaitement.
À Gallecs ou ici, ma tête fonctionne de la même manière.
Oui, mais il faut oublier, Maria.
Oui, si je pouvais, je le ferais.
- Vous êtes bien, ici ? - Oui, très bien.
Mais pas ma tête.
Je réfléchis trop.
Allez, Iurie !
Dégage-toi, Iurie !
Défends ! Ne baisse pas la garde !
Ne baisse pas la garde !
Ne baisse pas la garde !
Iurie, secoue-toi ! Ne pense pas à ton genou.
Allez, Iurie, continue !
Où es-tu allé mettre lajambe ?
On m'a broyé, cassé.
Putain...
Tu as affronté un ours ?
Le gars n'était pas bien grand, mais il était fort.
Ça a commencé à me faire mal, mais l'entraîneur
insistait pour que je continue.
Voilà le résultat.
Demain, je t'attends pour m'aider.
C'est ça, pour t'aider...
- Avec les haricots ? - Eh oui.
- Vous pouvez remuer les orteils ? - Oui.
- Ça fait mal ? - Non.
Je peux vous administrer un analgésique autrement.
- Au revoir. - Au revoir.
"Principalement dans le Sud, et remontant vers le Nord
jusqu'aux Pyrénées.
Ce changement de temps
devrait amener des pluies dès demain.
- C'est toujours pareil ! - Je vais étouffer aujourd'hui.
C'est mon devoir, Maria.
Il faut se doucher.
Puisque j'étouffe !
Qu'est-ce que je devrais faire en vous douchant ?
Éviter de m'asperger le visage.
Comment je vous lave les cheveux ?
Je ne sais pas, mais pas en m'arrosant.
- Je n'irai pas. - Il va pourtant falloir.
Que vous le vouliez ou non, vous devez vous doucher.
- Je n'irai pas. - Pourquoi ?
Je te l'ai déjà dit : parce que j'étoufie.
Maria, à la douche !
- Non. -Si!
Je n'irai pas ! Tu m'entends ?
Sorcière !
Vous direz œ que vous voudrez.
- Vous allez vous doucher! - Non !
Papa, chante toi aussi !
A LA MÉMOIRE DE MARIA nos (1923 - 2012)
Sous-titrage : www.36caracteres.com
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