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Original subtitles

Qu'y a-t-II ? Qu'y a-t-iI ?

Ma tête ! Ma tête !

Mary, aide-moi !

Êtes-vous folle ? Vous voulez la mort de mon fils ?

Non, madame. Je l'aime.

Ce que vous auriez fait est stupide.

Ne le touchez pas ! Je vous interdis !

- Majesté ! - Mon oncle.

Soyez patiente, mon enfant.

On peut se fier aux médecins pour sauver la vie du roi.

C'est sa troisième crise en un mois.

Il pourrait bien en mourir.

On serait stupide de l'ignorer. Votre destin en dépend s'iI meurt.

Il ne mourra pas.

- Ne parlez pas de ça. - Au contraire, Mary.

Je serai plus direct que mon frère.

Nous, la famille de Guise, avons terminé.

Si François meurt, sans enfant de vous...

- Je ne conçois pas la vie sans lui. - Il le faut.

Vous êtes reine d'Écosse de sang, reine de France par alliance.

Et reine d'Angleterre par droit.

Elizabeth est une bâtarde et n'a pas droit au trône d'Angleterre.

Une femme qui fréquente son maître de cavalerie.

Superbe, Robin. Vous êtes aussi bon auteur que chanteur.

Votre majesté, le compositeur d'une telle mélodie

va au-delà de mon pauvre talent.

J'ai trouvé ça en regardant de vieux manuscrits à Greenwich.

- J'ai cru que ça vous amuserait. - Qui l'a écrite ?

Votre père l'aurait composée pour votre mère, Anne Boleyn,

avant leur mariage.

Lorsqu'iI lui a demandé ce qu'elle en pensait,

elle aurait répondu en lui demandant ce qu'en pensait son épouse.

Mon Dieu, ma mère était courageuse comme dix, et toi aussi.

Un message pour la reine.

Un message pour la reine.

De Sir William Cecil, mon lord.

Votre femme a été trouvée morte.

Le cou cassé au pied de l'escalier.

Mes condoléances, Lord Robert.

Lady Dudley était seule chez elle.

Il y a des rumeurs de meurtre.

Partez et ne revenez pas avant que je vous appelle.

Le grand scandale va commencer. Mes ennemis vont se réjouir.

Selon vos espions, qu'en dit l'ambassadeur d'Espagne ?

Il est resté silencieux.

- L'ambassadeur de France ? - Content.

Que dit-iI ?

Que dit-iI ?

Que bientôt, iI verra Mary Stuart sur le trône anglais.

Car même les Anglais protestants ne soutiendront pas

Elizabeth, la bâtarde, quand elle épousera son maître de cavalerie,

Dudley, qui a tué sa femme pour lui laisser la place.

- Il est innocent. - Laissez-le le prouver.

J'étais menacée pendant le règne de ma sœur,

iI ne m'a pas abandonnée.

Votre majesté, vous êtes menacée en ce moment

par Mary Stuart et la cause catholique.

Mary Stuart ? Elle est en France pour toute sa vie.

Vraiment ?

Il paraît que son mari a une fièvre du cerveau.

S'iI meurt, que ferait Mary ?

Rappelez-vous,

sa mère est la régente qui règne sur l'Écosse.

La mère de Mary Stuart ne règne pas sur l'Écosse,

elle tyrannise l'Écosse avec l'armée française.

Elle impose la foi catholique aux Écossais.

La moitié de ses nobles sont protestants et en révolte ouverte.

Je ne crains ni Mary Stuart en France ni sa mère en Écosse.

Ni vos nobles catholiques qui vivent dans le nord,

- près de la frontière écossaise ? - Pourquoi le devrais-je ?

Ils ne sont pas persécutés. Je ne suis pas un tyran.

L'Écosse est la porte arrière de l'Angleterre.

Elle ne doit pas être ouverte par un scandale dans la cour anglaise.

Si vous protégez Lord Robert Dudley et semblez excuser un meurtre,

les lords du Nord vont croire que vous allez l'épouser.

La rumeur court. Ils se révolteront certainement.

Jugez-le en cour, ne cachez rien.

J'ai mal ! C'est comme des flèches de feu dans mon cerveau.

Votre majesté !

S'iI vous plaît, François, entrez.

Non, je vais fuir la douleur en montant à cheval.

Non, non. Je le dois !

François, s'iI vous plaît !

François !

François !

Apportez-moi une chaise.

Rentrez, votre altesse.

Je dois veiller pour le roi.

Dieu Tout Puissant, si Vous aimez François plus que moi,

prenez-le, mais prenez-moi aussi, car je ne veux pas vivre sans lui.

Votre majesté.

Qui est là ?

Un lord écossais.

Lord Bothwell, émissaire de votre frère Lord James Stuart, régent d'Écosse.

James ?

Non, ma mère est la régente.

Madame, votre mère est morte.

Votre mère est morte.

Non !

Je suis envoyé par votre frère pour vous préparer.

Quoi que vous dise James Stuart, souvenez-vous de ceci :

iI y a un grand désordre dans votre pays.

Les clans se battent déjà pour le pouvoir.

- C'est mon pays. - On a besoin de vous en Écosse.

François !

Assez !

Contre ma volonté, mon fils l'a épousée.

Maintenant, iI est mort, par sa faute.

Non !

Je règnerai ici, en attendant que mon deuxième fils ait l'âge.

Si vous me défiez, non seulement je la bannirai de la cour,

je l'exilerai de la France.

Aidez-moi, mon frère.

Vous étiez si gentil quand on était petits. Que dois-je faire, James ?

Si vous le désirez, je vous amènerai en Écosse,

où vous serez la reine légitime.

Vous n'avez pas besoin de mariages étrangers ou d'armées.

Serai-je heureuse ? Les Écossais m'aimeront-ils ?

Tolérez la nouvelle religion et vous aurez leur cœur.

Non.

Oncle, je le dois. Je ne peux pas vivre en exil.

Je dois croire qu'iI y a de l'espoir pour une nouvelle vie en Écosse.

Vous allez m'aider ?

Votre majesté.

Mes lords.

L'usurpatrice Elizabeth sera ma voisine ?

Oui.

Alors, je ferai un nouveau départ avec elle

et avec mes sujets protestants.

Je voyagerai en Écosse à travers l'Angleterre.

J'irai à la cour d'Elizabeth et je gagnerai son amitié.

Jamais. Je ne discuterai pas avec cette femme et je ferai tout

pour empêcher son retour en Écosse.

- Ce n'est pas sage, votre altesse. - Expliquez-vous.

Votre majesté, si on ne la ramène pas en Écosse,

servile à une cour protestante,

elle arrivera avec une armée catholique. Ses oncles y veilleront.

Et elle cognera bientôt à la porte arrière.

Qu'est-ce qui l'empêchera de faire ça maintenant ?

Les lords protestants en Écosse me sont-ils si dévoués ?

Madame, je suis le premier d'entre eux

et je suis dévoué à la paix et à l'ordre dans nos deux pays.

Une fois qu'elle sera à Edimbourg plus de danger.

Mary Stuart règnera symboliquement, je règnerai en réalité.

Si mon amitié compte pour vous, vous garderez cette promesse.

Elle devrait rentrer chez elle.

Mais pas à travers mon royaume.

Le duc de Guise, madame.

Oncle François !

Mary.

C'est de la part d'Elizabeth ?

Elle me refuse un sauf-conduit pour voyager en Angleterre.

Elle me déteste.

Elle vous craint.

Elle dit : ''Renoncez au trône anglais.''

Ne renoncez à rien,

ni à votre voyage en Écosse

ni à votre revendication du trône d'Angleterre.

En effet, mon frère. C'est la décision de Sainte-Mère-Église.

Vous êtes la reine anglaise. Elizabeth est une bâtarde et une hérétique.

Vous avez raison.

Qui est ce prêtre ?

C'est père Ballard, votre nouvel aumônier et confesseur.

Un prêtre anglais ?

Mais je ne suis plus anglais. Ni français ni écossais.

Quand iI s'agit de vie et de mort, iI y a juste

les catholiques et les hérétiques. Seul un idiot pense autrement.

Je ne l'oublierai pas.

Voici David Riccio, un chanteur d'Italie.

Je suis venu de loin pour vous servir, votre altesse.

Et on a une longue route à faire. Marchez avec moi.

Juste deux sortes d'hommes ?

Que sont le prêtre anglais et le petit Italien ?

Le prêtre est un Jésuite fidèle à vous seule, la vraie reine d'Angleterre.

- Vous pouvez lui faire confiance. - Le chanteur est l'agent du pape.

Votre cour sera protestante.

Il vous faut un lien sûr et secret vers vos vrais amis.

Nous en France, Philip en Espagne et Sa Sainteté à Rome.

Riccio est ce lien. Laissez-le chanter pour son souper.

Promouvez-le lentement et faites-lui confiance.

Il parle plusieurs langues et est expert avec les codes.

Andrew ! Faites partir ces putes et ces paysans

avant que je sorte mon épée !

Baissez le ton,

c'est dur à supporter.

Alors, iI faut boucher vos délicates oreilles.

Vous allez entendre ça en Écosse,

après avoir quitté les pépiements de la cour française.

Si c'est un exemple de l'esprit écossais, l'hiver sera pénible.

Lord Bothwell, nous naviguerons directement jusqu'en Écosse.

Le voyage sera plus dur que par la Manche.

Je n'ai pas peur de la mer.

On se reverra au port de Leith, où vos chevaux blancs seront prêts

pour votre entrée triomphale à Edimbourg.

Ce sera triomphal, Bothwell ?

Il n'y a qu'une question, votre altesse.

Dirigerez-vous les lords écossais ou vous dirigeront-ils ?

Je les dirigerai.

Je vous souhaite donc, reine Mary Stuart, un bon voyage.

Au revoir, chère France. Au revoir.

Je n'imaginais pas que je serais triste de rentrer chez moi.

Ça fait si longtemps qu'on a quitté l'Écosse.

Triste. Chère Fleming, maintenant, j'accueille l'Écosse.

Il y aura deux bateaux.

Un pour la reine et un pour Bothwell, qui l'escortera.

Vos capitaines peuvent prendre le bateau de Bothwell ici.

Pourquoi ? Ça provoquera la colère des Français et des Écossais pour rien.

Si je veux respecter ma promesse, on doit enfermer Bothwell.

Il est dangereux. Avec son aide, Mary pourrait

m'éliminer et diriger l'Écosse toute seule.

Mais iI n'est pas papiste.

Il est pire. C'est un athéiste qui se moque de Dieu et ne craint personne.

Sa fierté est sa loyauté envers la reine Stuart, iI ne peut pas être soudoyé.

Non ?

J'espère qu'on l'attrapera vivant.

J'aimerais étudier un phénomène si rare.

Où sommes-nous ?

Je l'ignore, majesté. Le capitaine jure que c'est le bon endroit.

Écoutez.

Jamie !

Bonne santé à votre majesté. Bienvenue en Écosse.

James, que s'est-iI passé ? Où sont mes gens ?

Durant cinq jours, iI y a eu du brouillard.

- On ne vous attendait pas si tôt. - Mais vous êtes ici ?

On s'est dépêchés dès le coup de feu d'avertissement.

Vos lords de la Congrégation vous souhaitent la bienvenue.

Oh ! Je comprends.

Bientôt, la garde royale sera ici et on déroulera le tapis pour moi.

Il y aura des tirs de saluts.

Non, iI n'y aura rien. On ne peut pas gaspiller d'argent pour ça.

Ce n'est pas la France.

Que Dieu bénisse l'Écosse.

Que Dieu bénisse la reine écossaise, qui est enfin si proche de son trône.

Mes lords de la Congrégation,

c'est un honneur, vous vous êtes tant hâtés pour me rencontrer.

Mon bon frère est sage de ne pas gaspiller d'argent pour la cérémonie.

Je vous embrasse pour votre sagesse.

Et devant ces lords, je vous nomme premier ministre.

Dieu protège la reine !

Dieu protège la reine !

Merci, chère sœur. Amenez les chevaux.

Amenez les chevaux de la reine !

Ce ne sont pas les miens. Je vais attendre.

Ils ont été pris par les Anglais.

Comment ? Ils sont dans l'autre bateau. Bothwell les a.

Il a été capturé. Il n'avait pas de sauf-conduit dans les eaux anglaises.

L'ambassadeur d'Elizabeth s'est plaint à moi.

Bothwell est-iI mort ?

Ils le gardent en sécurité.

Ça ne fait que trois jours qu'on a perdu de vue son bateau.

Et vous connaissez déjà son destin

et celui de Lord Bothwell.

Le cavalier le plus rapide ne va pas de Londres à Edimbourg en trois jours.

Montez ! Le temps est clair et iI faut avancer.

Plus vite ! Plus vite !

Alors, Robin ?

La mort de ma femme est jugée accidentelle. Je suis innocenté

malgré les efforts des espions de Cecil de trouver des preuves contre moi.

Alors, vous êtes innocent. Vous pouvez retourner à la cour.

Si vous le permettez.

Je l'ordonne.

Et je vous ordonne de prendre l'appartement au-dessus du mien.

Je sens que j'aurai constamment besoin de votre avis.

Si vous me voulez constamment à vos côtés,

épousez-moi, mon amour.

Dans ce pays, iI n'y aura qu'une maîtresse et aucun maître.

Alors, je ne reviendrai pas à la cour. Je quitterai ce pays.

Pas question !

Vous êtes mon maître de cavalerie. Les Catholiques diront

que le maître de cavalerie qui chevauche la reine, va l'épouser.

Vous osez me parler de mariage ?

Pardonnez-moi. Je suis ravi de vous revoir.

Vous êtes un roturier qui rêve de porter une couronne.

Au travail ! Occupez-vous des chevaux de la reine d'Écosse.

Je les rendrais peut-être.

La reine écossaise...

Voilà une jolie veuve pour un lord ambitieux.

Votre altesse ?

J'ai dit : ''Robin, vous mangerez avec moi ce soir

et on se tiendra compagnie jusqu'au lever du soleil.''

On y est. Votre palais à Holyrood.

Mary Stuart !

Dieu a éliminé votre mère et Il vous détruira !

Qui est-ce ?

John Knox, madame. Le chef de notre église.

- De votre église, pas de la mienne. - Écoutez-moi !

J'ai prié pour que cette reine meure avant d'atteindre ce pays.

Regardez ce qu'elle amène avec elle,

un prêtre. Elle aurait dû venir avec des troupes françaises.

Elle consolera les papistes qu'on a renvoyés de ce pays.

Des moines, des pères, des prêtres...

des nonnes et ce genre de sales personnes.

Une foule est

plus craintive que 10 000 soldats armés.

Pas pour moi !

Vous défendez la foule ?

Je défends l'église de Rome qui est l'église de Dieu.

Allons-y.

Non. J'écouterai patiemment vos affreuses paroles, John Knox.

Vous, comme tous mes sujets, avez la liberté de conscience

tout comme j'ai la mienne.

Pute papiste.

Vous m'avez humiliée.

Vous pouvez garder votre religion.

Mais je vous suggère d'être plus discrète là-dessus.

C'est moi qui règne ici ?

On ne doit pas se faire d'illusions.

On a partagé le même père, James Cinq d'Écosse.

Et je me suis retrouvé du mauvais côté de la couverture.

C'est le destin d'un fils bâtard de roi de ne jamais devenir roi,

je l'ai accepté.

Je ne veux pas votre couronne.

Je combattrai celui qui voudra vous détrôner.

Vous êtes la reine.

Je suis la reine, mais vous dirigerez.

Je veux que vous soyez heureuse.

Vous aurez de la danse, de la chasse, de la musique et de bons repas.

Mais laissez-moi les ennuis d'État.

Venez, Mary.

Un passage secret vers les quartiers royaux.

Suivez-moi.

Votre chambre.

J'ai persuadé votre oncle, le cardinal, de me laisser apporter de France

tous vos effets personnels.

Je vous remercie de tout mon cœur.

Ici...

vous souperez et prendrez vos aises.

Ici, on fera les réunions.

Votre salle de réception.

Dans une heure, je vous présenterai tous les lords d'Écosse.

Vous avez bien commencé.

Rappelez-vous, soyez discrète.

Et consultez-moi pour tout.

Il y aura une chapelle privée pour la pratique de votre religion.

Prêtre, ne vous montrez pas

et ne provoquez pas les lords de la Congrégation.

Mary, vous pouvez voyager si vous le désirez.

L'Écosse est un beau pays.

Merci, cher frère.

Chère sœur.

Vous l'avez entendu ?

Allez jouer, iI me dit. Comme si j'étais une enfant.

- Je suis piégée. - Pas encore, votre altesse.

Je suis en cage.

Vous devez faire semblant de chanter joyeusement.

Je ne peux pas continuer. Mentir m'étouffe. Je le hais.

Il doit vous faire confiance.

Bientôt, iI sera négligent et iI deviendra votre prisonnier.

Je n'ai pas d'armée, pas de fonds, pas d'alliés.

Vous avez des alliés. Vos oncles, en premier lieu.

Ils vous aideront en vous trouvant un époux.

- Un prince. - Catholique.

- Avec une armée. - Pour s'occuper de James Stuart.

Vous marcherez vers le Sud, en Angleterre.

- L'Écosse d'abord. - Est-ce possible ?

- C'est certain. - Alors, je me marierai vite.

Je ne vais pas croupir dans ce pays aride.

Avez-vous senti ces lords écossais ? Mon Dieu.

Dire que ma douce mère a enduré tout ça pour mon bien.

Le mariage sera notre plan.

Le mariage de Mary Stuart à n'importe quel prince catholique

sera vu comme un acte de guerre contre l'Angleterre.

Dites ça à vos maîtres royaux.

On n'aura pas de pouvoir étranger sur notre frontière nord.

On se rend compte que notre chère cousine en Écosse a été leurrée

par des hommes dangereux et égoïstes.

On offre maintenant une solution sage et juste.

On a un plan pour le mariage de Mary. On offre

notre sujet le plus loyal, Robert Dudley, à Mary Stuart.

Demain,

on le nommera comte de Leicester et iI le mérite.

Mary n'acceptera pas.

Elle se fâchera de l'insulte, comme eux.

Non, madame, je m'oppose fortement

à ce mariage proposé entre Mary et cet homme.

Je n'ai pas choisi d'aller au nord vers ce pays barbare.

Je l'ai choisi.

Un roturier, un protestant, sujet au scandale ?

C'est mon choix.

J'obéirai volontiers puisque le maître Cecil s'y oppose.

Vous n'êtes pas convenable.

Mon devoir est de penser politique et de convaincre la reine.

Ce que vous jugez mauvais pour moi est bon pour moi.

Vous aurez une couronne sur la tête.

C'est vous que j'aime. Que vous.

Alors, épousez Mary.

Je serai tranquille quand elle épousera l'un de mes sujets.

Ses assassins, ses fanatiques et ses rebelles ne me menaceront plus.

Elle l'épousera car je lui donnerai ce qu'elle désire plus que tout,

la promesse ferme devant témoin du trône anglais à ma mort.

Partez avant que mon cœur ne l'emporte sur ma raison.

Douce majesté.

Votre majesté, vous regretterez ce jour.

Si vous croyez que Robert Dudley mettra son ambition de côté...

- Elle ne l'épousera pas ? - En effet.

Bien. Car je ne veux pas qu'elle l'épouse,

mais je veux qu'elle le croie.

Elle n'aura pas le brave et fidèle Robin !

J'ai quelqu’un d'autre en vue pour épouser Mary Stuart.

Avec votre aide, je dois trouver un ambassadeur pour tendre le piège.

Dehors. Ne fermez pas la porte.

Monsieur, iI paraît qu'on ne peut pas vous soudoyer.

Vous êtes Cecil.

Vous donnez de l'or aux traîtres écossais.

Vous êtes sans le sou car Lord James Stuart a vendu vos terres

et vous pouvez rester ici jusqu'à votre mort. Vous n'avez pas d'amis.

Ça fait longtemps que je veux vous tuer.

Je pense vous relâcher.

Le prix ?

Que vous parliez à votre reine, pour la mienne.

Voici l'acte de succession.

Rien n'est caché. Je lui offre librement la couronne.

Après mûre réflexion, Mary sera la bénéficiaire légitime.

Il n'y a pas de signature, votre altesse.

Il y en aura une.

Quand votre maîtresse épousera le comte de Leicester,

elle garantira la paix entre nos deux royaumes.

Alors, je signerai cette promesse sacrée et elle héritera de tout,

après ma mort, qui, prions Dieu, ne viendra pas trop tôt.

Amen !

Je dois transmettre votre offre en secret à ma reine. C'est tout ?

C'est tout.

Pour prouver ma sincérité, Lord Henry Darnley ira avec vous.

Non seulement iI vous escortera jusqu'en Écosse,

mais iI transmettra mes salutations et mes cadeaux à votre reine.

Il rendra ses chevaux à sa majesté.

Lord Darnley est aussi un cousin,

membre d'une des plus vieilles familles catholiques d'Angleterre.

Il a un droit de sang sur le trône d'Angleterre, juste après Mary.

Il est la crème de notre noblesse, doux, brave et galant.

Êtes-vous prêt ?

Je suis prêt, votre altesse.

Que Dieu vous donne un bon voyage.

Je vous charge de dire à notre cousine, Mary,

que nous regrettons que ses chevaux aient été pris par erreur.

Dites à sa majesté qu'Elizabeth lui demande pitoyablement pardon.

Faites-moi confiance.

Je suis sûre, Henry, que vous comblerez tous mes espoirs.

Adieu, mes lords.

Darnley était beau, n'est-ce pas ?

Je vous parie 50 couronnes en or que Mary l'épousera.

C'est une affaire trop sérieuse pour parier.

Vous êtes expert en affaires d'État mais vous connaissez peu les femmes.

Mary est une jeune veuve. Elle a le sang chaud.

C'est étrange, j'ai l'impression de la connaître.

- Et je ne l'ai jamais rencontrée. - Votre raisonnement me dépasse.

Si j'étais à sa place, épouserais-je l'amant rejeté de mon ennemie ?

Non, vous seriez folle de rage.

Dans ma fierté, est-ce que j'ignorerais l'acte de succession

pour trouver un autre mari et blesser mon ennemie ?

- Non. - En effet. Mais elle, si.

Supposons qu'un beau jeune homme vienne à ma cour sur un cheval blanc,

avec une promesse du trône anglais et un catholique,

ne le verrais-je pas avec grâce ?

Avec Dudley, vient la couronne d'Angleterre !

Aucun monarque ne rejetterait ça, pas même Mary d'Écosse.

C'est une femme.

Vous ne refuseriez pas une telle offre pour un bel homme.

Cette femme est d'abord un monarque.

Voilà Robin.

Madame, vous avez tort. Maintenant, j'en suis certain.

Aucune femme ne choisirait le garçon avant l'homme.

J'accepterai votre pari.

50 couronnes en or qu'elle prend Dudley et la succession.

Alors, les princes catholiques étrangers ne nous menaceront plus.

Mais j'avoue que ça me coûtera cher.

Si elle épouse Darnley, on n'aura rien donné

et elle aura un idiot faible et dégénéré comme compagnon.

Même si je perds ce pari, je ne perds pas la partie.

Harry !

Mon amour. Mon amour !

Ne bougez pas.

Restez tranquille.

Quelle chute heureuse,

avec tout ce réconfort.

Il y a des larmes sur vos joues.

J'ai revu la mort de mon mari, c'est tout.

- Mais... - Laissez-nous !

Robin !

Je suis rejeté.

Elle m'a rejeté.

Elle m'a fait attendre cinq jours.

Elle s'est exhibée devant moi en compagnie de Darnley.

Elle danse, soupe et monte à cheval avec Darnley.

Elle vous a rejeté ?

Avec des insultes. Encouragée par Bothwell, votre messager.

Elle a parlé de moi comme étant votre amant rejeté

et indigne de toute vraie reine.

Elle est folle. Sous mes yeux, elle a déchiré l'acte de succession.

Mais elle voit ce garçon !

Ce garçon obscène et minaudier.

Par tous les saints, madame, cette femme a besoin d'un homme.

- Quel genre de femme est-ce ? - Elle a un corps de déesse.

- Est-elle plus belle que moi ? - Non, madame.

- Danse-t-elle plus élégamment ? - Non. Mais avec passion.

Passion ! On dit qu'elle est ennuyeuse et qu'elle coud sans arrêt.

Joue-t-elle d'un instrument mieux que moi ?

Non. Mais elle adore la musique.

Peut-elle converser en italien, en latin et en grec comme moi ?

Qui sait. Mais elle parle de façon charmante.

Elle vous a charmé.

Cette femme qui m'a insultée vous charme.

Oh ! Non. Elle était ennuyeuse.

Menteur !

- Menteur ! - Madame !

Vous étiez pressé de l'épouser et de coucher avec elle.

Je n'ai fait que vous obéir. Je n'aime que vous.

Vous avez joué votre rôle. Je ne peux pas me plaindre.

Mon rôle ?

C'est sa perte si elle vous rejette.

Comme je suis heureuse de vous avoir à la maison.

Dites-moi franchement, je ne suis plus fâchée.

Est-elle aussi belle qu'on le dit ?

Elle est très belle.

Dehors ! Je vais refroidir vos ardeurs pour elle.

Sortez ! Dehors !

Qu'iI plaise à Dieu qu'elle me déteste autant que je la déteste

car elle devra épouser Darnley et j'aurai gagné.

Vous semblez très riche, Davie.

On m'estime.

Non. Vous êtes détesté.

Pas par vous, cher Harry.

Le roturier. Le petit étranger détesté.

Vous êtes jaloux de mon influence.

Parlez pour moi, Davie. Je serai roi ici.

J'ai le droit d'être roi.

Les nobles catholiques d'Angleterre appuieront Mary si je suis roi.

Mais vous êtes vicieux. Tous les vices vous attirent.

- Je me croyais aimé de vous. - Je préfère la reine

et je trouverais cruel de vous aider à entrer dans son lit.

Vous me voulez dans le vôtre ?

Edimbourg est peuplée de jolis garçons

et comme vous, j'aime aussi les femmes. Je ne manque de rien.

On est des parias dans cette cour.

Vous n'avez d'autre ami que moi et moi que vous.

Que cela vous plaise ou non, cher Harry,

on doit rester proches.

La reine !

- Toujours le travail. - Je n'arrivais pas à dormir.

Moi non plus.

- Vous devez me conseiller. - Si je le peux, votre majesté.

Est-ce vrai que l'espoir de me libérer par le mariage est vain,

car si j'épouse un prince étranger, on ira en guerre ?

C'est vrai.

Mais...

Si j'épousais un Anglais ?

- Un Anglais ? - Harry Darnley.

Est-ce un bon parti ? Le Saint-Père nous bénira-t-iI ?

Je ne peux pas le nier.

C'est la volonté de Dieu que la paix

et mes plus profonds désirs se réalisent à travers lui.

Je l'aime.

Les reines peuvent choisir quand les autres femmes sont choisies.

Je le choisis. Il sera mon mari, mon amant, mon compagnon.

Et votre maître, si vous le faites roi.

Non. Il sera prince consort. Il comprendra cela s'iI m'aime.

Qui pourrait ne pas aimer votre majesté ?

Mais les lords d'Écosse le détesteront-ils ?

Pas plus que n'importe quel autre étranger supérieur à eux.

Que dirait James ?

Darnley fera un bon roi. Il me le faut.

Priez pour moi, Davie.

Vous rend-elle souvent visite la nuit ?

On travaille ici en secret.

Elle ne vient que pour des questions d'État ?

Vous avez l'esprit grivois. N'avez-vous pas écouté à la porte ?

J'ai écouté, mais la porte était trop épaisse.

Harry...

Si je parle pour vous à la reine,

la laisserez-vous mener,

reconnaissant en elle la vraie monarque du royaume ?

Non. Je serai maître.

Je m'opposerai à vous.

''Je le choisis, Davie.''

Quand aura-t-elle le courage de me le demander ?

- Ne la trahissez pas. - ''Quel bon roi iI fera...''

- Écoutez-moi. - Non. Écoutez-la !

''Je le veux, Davie.''

Elle m'aura, et je serai son maître.

Baisez la main de votre roi et je vous pardonnerai vos menaces.

Embrassez-la.

Allez... Agenouillez-vous devant moi.

À genoux.

Dites : ''Je vous aimerai et vous servirai, roi Henry.''

Dites-le, Davie.

C'est entre les mains de Dieu.

Vous êtes imprudent de contrarier votre seul ami.

Le sournois petit Italien tentera de la monter contre moi.

Il chuchotera à son oreille. Il sèmera la graine du doute.

Il craindra de perdre sa place.

Ce n'est pas entre les mains de Dieu.

C'est entre les miennes.

Faites entrer Lord James Stuart.

Madame, qu'y a-t-iI de si important pour me faire attendre à votre porte ?

Cher frère, je veux que vous commenciez les préparatifs

pour mon mariage à Henry, Lord Darnley.

Je l'interdis.

Il est catholique. Ni moi ni John Knox...

John Knox, cet hypocrite qui vient d'épouser une fille de 15 ans.

Ce vieillard lubrique qui se cache derrière la parole de Dieu.

Madame... vous vous égarez.

Non, vous n'empêcherez pas mon bonheur. J'épouserai Henry Darnley.

Je vous reparlerai quand vous vous serez ressaisie.

Gardes !

C'était un mauvais jour pour vous quand vous avez vendu mes terres.

Maintenant, je dirige l'Écosse. Qui est pris au piège à présent ?

David Riccio, je vous nomme premier ministre.

James Stuart, comte de Moray, vous êtes banni.

Donnez vos clés et vos sceaux à maître Riccio.

Riccio, vous êtes catholique.

Confessez-vous et soyez en état de grâce à tout moment.

Dès maintenant, je le jure, votre mort est imminente.

Oui, je suis de l'ancienne religion

et on la verra renaître en ce pays au grand plaisir des saints du paradis.

Votre majesté,

si vous tenez à votre sécurité, faites-le emprisonner ou exécuter.

- Je refuse de suivre ce conseil. - Mais je vous le donne.

Lui parti, les autres s'agenouilleront devant vous,

mais s'iI revenait, ils se joindraient à lui en une vengeance sanglante.

Je ne commencerai pas mon règne en tyran.

Escortez mon frère jusqu'à la frontière et revenez dès que possible.

On doit préparer mon mariage à Lord Darnley.

Avec mon corps, je te vénère.

Avec mon corps, je te vénère.

Et de tous mes biens terrestres, je te fais don.

Et de tous mes biens terrestres, je te fais don.

Au nom du père...

Au nom du père...

- et du fils... - et du fils...

- et du Saint-Esprit. - et du Saint-Esprit.

Amen.

Amen.

Je suis si heureuse que je n'ose pas en parler.

Qu'est-ce que c'est ?

Un cadeau, votre altesse, de Lord Bothwell à la reine.

Un joyau de la poignée de son épée. C'est tout ce qu'iI a de précieux.

Rendez-le.

Lord Bothwell dit que si vous avez besoin de l'épée d'où vient le joyau,

envoyez-moi, Andrew, le chercher.

Je le ferai, gentil Andrew.

Regardez !

Si vous le gardez, vous ne m'aimez pas.

Je vous aime.

Alors, faites ce que je demande. Je l'exige en tant qu'époux.

Je refuse car vous seriez mon maître. C'est impossible.

Vous êtes le maître de tous, sauf de la reine.

Je suis le roi.

Vous m'obéirez.

Je suis le roi !

La nuit de ses noces, le roi doit être servi par ses lords.

Morton, Ruthven, Huntly, vous me servirez.

Montrons à la reine qui est le maître.

Votre altesse !

Je suis le premier ministre. Je vous servirai.

Je m'agenouillerai si vous le voulez.

Que ces bons messieurs continuent à s'amuser en ce jour heureux.

Non.

Ils nous serviront tous les deux, Davie. Je l'ordonne.

Moi, votre roi, je vous l'ordonne.

- Votre majesté... - Asseyez-vous avec moi.

C'est votre récompense pour avoir parlé à la reine de votre ami.

Venez, messieurs !

Les serviteurs, partez ! Dehors !

On en a de meilleurs ici.

Asseyez-vous près de la reine, maître Riccio.

C'est votre droit en tant que premier ministre.

Messieurs les lords...

Voyez comme on m'obéit.

Je vois comment vous agirez si je vous cède la couronne

et que vous devenez roi.

Ils m'obéissent.

Quand la reine sera servie, servez le premier ministre avant moi.

Servez le petit Italien,

l'ami du pape.

Leur haine envers vous sera si grande qu'iI n'en restera plus pour moi.

Messieurs les lords, j'irai bientôt au lit avec cette dame...

Ma reine.

Je propose donc un toast à mon premier-né.

Votre majesté.

Asseyez-vous.

Je vous ai fait venir pour vous remercier de votre cadeau.

Pourquoi quittez-vous Edimbourg ?

Comme vous avez choisi un roi, je pars m'occuper de mes affaires.

Mais j'ai besoin de vous ici.

Mais vous avez maintenant un mari pour vous protéger.

Il dirigera votre armée,

iI punira les lords qui conspirent contre vous

et sera un bon politicien, j'en suis sûr.

Êtes-vous contre mon mariage ?

Je ne suis jamais contre un monarque. Je me suis appauvri pour ça.

Ne vous moquez pas.

Me moquer ?

Je ne trouverais pas les mots pour me moquer d'une reine d'Écosse

qui choisit un garçon imberbe pour maître

et un Italien pour premier ministre !

Partez, alors !

Bothwell.

Vous êtes devenu pauvre en me servant ?

Oui.

- Je vous indemniserai. - Je peux me débrouiller sans.

Ne soyez pas arrogant. Je vous paierai !

Gardez votre argent pour acheter des costumes à votre mari.

Pourquoi êtes-vous fâché ?

Vous sentez-vous exclu ? Êtes-vous jaloux ?

On peut dire, votre majesté, qu'en vérité...

je suis jaloux.

Alors, vous êtes idiot.

J'ai besoin de votre aide, Bothwell, pour maintenir l'ordre au pays.

Et le moment venu, on marchera vers le sud.

On éliminera Elizabeth l'hérétique et je régnerai sur mes deux royaumes,

comme je le dois, si Dieu le veut.

Resterez-vous à la cour pour m'aider ?

Je reviendrai quand j'aurai réglé mes affaires à la frontière.

Quand ?

Quand je me serai marié pour l'argent.

Marié ?

Pas sans ma permission. Je vous promets...

À présent, je sais qui est roi ici. Cet arriviste !

Vous vous faufilez chez lui la nuit.

Ce n'est pas mon enfant que vous portez. C'est son bâtard !

L'enfant est de vous !

Vous m'avez trahi tous les deux. Il parle contre moi pour ça.

Je parle contre vous, car vous ne savez pas régner.

- Je suis votre ennemi, pas la reine ! - Partez. Vous me dégoûtez.

Je vous dégoûte ?

Vous m'aimiez.

Vous m'aimiez. Maintenant, je vous dégoûte.

Je suis perdu.

Fauconnier !

Votre majesté ! Qu'y a-t-iI ?

Le roi, votre majesté.

Mary !

Éloignez les autres, Seton.

La reine dit de vous reposer.

Mary !

Mary !

Rentrez immédiatement !

Pourquoi criez-vous ? Êtes-vous ivre ?

Non. Pardonnez-moi, mais iI y a un complot. Rentrez !

Êtes-vous malade ? J'aimerais bien,

alors je vous pardonnerais la honte que vous m'avez fait endurer.

Vos gardes m'ont refusé l'accès aux appartements royaux.

Quand j'ai sorti ma dague, ils ont menacé de me tuer. De tuer leur roi.

Vous n'êtes pas le roi. Vous êtes mon consort,

Lord Darnley, l'époux d'une reine.

Si je meurs, vous redeviendrez Lord Darnley

et n'aurez pas la couronne.

C'était vous ! Vous m'avez fait refuser l'accès.

Oui. Vos habitudes me dégoûtent.

Vous m'avez ridiculisé. Je serai la risée de la cour.

Alors, quittez la cour.

- Vous m'interdisez votre lit ? - Vous ne m'approcherez plus.

Rentrez. De nouveaux appartements vous attendent.

Le petit bâtard Riccio est derrière ceci. Je me vengerai !

Je me vengerai !

Ne me tuez pas. Ne me tuez pas !

Debout, votre majesté. On est vos loyaux sujets.

- On vous a fait du tort. - Oui.

L'espion du pape, Riccio, a ensorcelé la reine.

Ils se voient dans sa chambre, la nuit.

Pour affaires d'État.

On dit que vous êtes cocu.

- Des mensonges ! - C'est anormal qu'une femme règne.

C'est anormal que les grands lords d'Écosse

s'assoient au Conseil et soient dominés par un petit papiste

quand iI y a un roi au pays.

Vous vous moquez. Je ne suis pas roi. Je suis le roi consort, une marionnette

sans pouvoir. Vous le savez.

Nous, vos loyaux sujets, ferons de vous le vrai roi.

Le Conseil vous accorde le droit à la couronne pour régner ici

et être le maître du royaume.

Dans ce cas, vous régneriez même après la mort de la reine.

Le roi Henry Ier de l'Écosse et des Îles !

Longue vie au roi !

Que dois-je faire pour cela ?

Adopter la foi protestante et la défendre contre les papistes.

La reine est papiste.

Contre tous les papistes.

Je suis d'accord.

On a rédigé ce contrat. On vous promet la couronne

et de combattre et d'éliminer tous ceux qui s'opposent à vous.

Vous trancherez la gorge de Davie ?

Le contrat ne parle pas d'assassinat.

Au besoin, vous tuerez...

une autre personne ?

On a tous signés.

Et aucun d'entre vous n'osera trahir les autres.

C'est une bonne coutume écossaise.

Il manque une signature.

Vous défendrez notre innocence,

même en présence de la reine, peu importe ce qu'on fera.

C'est tout ?

Vous accorderez un pardon à James Stuart, comte de Moray.

C'est d'accord.

Signez, votre majesté, que vienne le jour du couronnement.

- À une autre condition. - Dites !

Vous tuerez Riccio en sa présence et j'en serai témoin.

Elle ne doit courir aucun danger...

avant ce moment.

Est-ce vrai ?

C'est une copie de notre ambassadeur.

Tout le monde à la cour d'Écosse le sait sauf la reine et l'Italien.

Et son cher mari y a apposé sa signature et son sceau.

- Oui. - Voilà ce que vaut le mariage.

Lord James Stuart est prêt à se rendre en Écosse.

Et alors ?

Il lui faut de l'argent pour acheter les lords.

Qu'iI le trouve ailleurs.

Mais madame, tout ce que vous espériez arrive.

Il faut appuyer nos amis protestants.

C'est un contrat de meurtre préparé par des traîtres contre leur reine.

Mon nom s'y trouve-t-iI ?

Est-iI écrit qu'Elizabeth d'Angleterre paiera des assassins ?

Votre majesté, vous avez envoyé Darnley en Écosse.

Le reste était entre les mains de Dieu. Venez, Robin.

La reine porte un enfant

qui pourrait devenir roi d'Angleterre.

Combien de temps dois-je vivre sous la menace de cette autre reine ?

Je la veux sans pouvoir, mais pas morte.

Si ce n'était pas de la politique,

j'irais à son palais l'avertir de ce qui arrive.

Madame, les lords écossais ont choisi un plan d'action.

Il est sage, pour nous comme pour eux, qu'ils aillent jusqu'au bout.

Qu'ils en trouvent les moyens ailleurs !

Votre majesté...

Votre majesté, si vous m'épousiez et donniez naissance à un héritier,

elle ne serait plus une menace pour vous.

Maître Cecil, donnez à James Stuart 3 000 couronnes en or

et un cheval pour rentrer chez lui.

Les pièces d'or ne doivent pas porter mon effigie.

Je ne serai pas avertie de sa mort. Allez-y !

Mon Dieu, merci pour Robert Dudley et son ambition d'être roi

qui a souvent provoqué chez la reine de sages décisions

contre son gré, mais pour Votre gloire.

Amen.

- Où sont-ils ? - Dans la tour.

Elizabeth exige de lui tant d'affection

qu'iI ne se réconciliera pas avec sa femme par peur de la reine.

Pourquoi êtes-vous ici ?

S'iI plaît à votre majesté,

que Riccio sorte de cette chambre où iI est resté caché trop longtemps.

Il est ici sous mes ordres.

Il a offensé votre honneur !

Vous divaguez. Vous êtes fiévreux.

Faites sortir Lord Ruthven et verrouillez les portes.

Ne me touchez pas !

Mon Dieu ! Sauvez la reine !

- Mon Dieu, Harry. - Sauvez-moi !

Au nom de Dieu, je vous sauverai.

- Sauvez-moi ! - Mon Dieu !

Non !

Riccio ! Tuez-le !

Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez-les !

Et ceci vient du roi.

Perdants !

Non, parlez gentiment à sa majesté.

J'aurai du repos quand votre cœur sera plus lourd que le mien.

Silence !

L'enfant que je porte se vengera de vous tous !

Si vous vivez !

Silence, messieurs les lords ! Ne menacez pas l'héritier d'Écosse.

Il naîtra, mais la reine restera emprisonnée après sa naissance.

''Emprisonnée après sa naissance ?''

Ce bon roi-ci dirigera le royaume.

L'héritier sera élevé dans la foi protestante

et vous serez notre prisonnière à perpétuité.

L'enfant !

Je crois que c'est l'enfant.

Harry !

Aidez la reine à s'aliter. Prenez-la doucement.

Doucement. Prenez soin d'elle.

Messieurs, donnez-nous de l'intimité !

Si la reine accouche après ces atrocités,

alors le calme doit se faire.

Venez, messieurs.

- Je reste. - Le palais est gardé.

Vous avez fait votre choix, sire. Vous devez aller jusqu'au bout.

J'ai choisi.

Pardonnez-moi.

Pardonnez-moi.

Le roi est seul, mais la porte extérieure est surveillée.

Il faut s'échapper ce soir, sinon on sera perdues.

Mon mari doit venir, sinon les lords s'en serviront pour avoir la couronne.

Comment ?

Je dois faire de mon traître de mari un double traître.

Trouvez Andrew. Qu'iI apporte des chevaux.

Courage ! Dieu vous protégera.

Qu'en est-iI de vos douleurs ? Pourquoi êtes-vous ici ?

Pardonnez-moi. Notre enfant est vivant, ce n'est pas encore le moment.

Je ne vous ai jamais trahi, mais j'ai eu tort et je vous demande pardon.

- C'est trop tard. - Non, je jure que non.

Vous deviendrez roi sans être élu par ces meurtriers,

mais j'ai peur pour vous.

Ils vous tueront quand ils auront notre enfant.

Que puis-je faire ?

Que puis-je faire ?

Ne craignez rien. Je sais quoi faire. Faites-moi confiance.

Vilte !

Pour l'amour de Dieu, vite !

Attendez ! J'ai peur de perdre l'enfant.

Perdez-le, alors. On en fera un autre quand on sera en sécurité.

- Père, Davie... - Je sais. Lord Bothwell attend.

Pouvez-vous monter à cheval ? Il n'y a pas de voiture.

Oui, je peux monter.

- A-t-on assez de chevaux ? - Oui, montez avec moi.

Pour plus de sécurité, relevez vos jupes.

Et dépêchez-vous.

S'ils nous rattrapent, on sera découpé en bouchées pour les chiens.

Andrew !

Bienvenue à Hermitage.

Mon sanctuaire, madame.

Merci.

Allez-vous bien ?

Oui, ça va, et mon moral est bon. Entrons.

Qui est cette dame ?

C'était Lady Jean Gordon, fille du lord le plus riche des Highlands.

C'était ?

Elle est maintenant Lady Bothwell.

Bienvenue au château Hermitage, votre majesté.

Vous vous êtes marié ?

Oui, madame.

Aidez-moi, l'enfant va naître !

Je ne vous ai pas donné la permission de vous marier.

Emmenez-la vite à l'intérieur.

- Eh bien ? - L'Écosse a un nouveau prince.

Non !

La reine d'Écosse a accouché d'un beau garçon.

Je suis infertile.

Je le lui ai caché,

mais la défaite des lords protestants d'Écosse m'oblige à parler.

- Ils sont battus ? - Oui.

Bothwell a rassemblé une armée et les a fait fuir.

Ruthven, Morton et Huntly se sont réfugiés de notre côté.

Stuart est assiégé à Dunbar.

Stuart !

Ça va ?

Debout, James. Entendez-vous les cornemuses ?

Votre chère sœur vient vous mettre la corde au cou.

Votre majesté, les rebelles sont vaincus.

Dunbar est à vous.

La reine a triomphé !

Où est mon frère ? Est-iI mort ?

Non. Je lui réserve l'échafaud.

Qu'iI fasse son testament et dise ses prières,

iI sera pendu avant la nuit.

Vous ne pouvez pas me pendre sans tuer votre mari.

Je n'ai pas tué Riccio.

- Menteur. - Mais votre mari y était.

Il a signé le contrat de meurtre avec les lords écossais.

- C'est une imitation. - C'est une copie.

L'original est bien caché en Angleterre.

Je ne serai pas condamné s'iI ne l'est pas. Même vous, grande reine...

devez respecter la loi.

Que Dieu soit témoin, j'agirai en conséquence.

J'aurai plaisir de vous pendre tous les deux au même échafaud.

Faisons-le !

Diviseriez-vous le royaume ?

Pendriez-vous la lignée des Stuart ?

Si vous accusez le brave Harry, iI clamera sur tous les toits

que votre enfant est le bâtard de Riccio et que vous étiez sa maîtresse.

Et que l'assassinat n'était que l'exécution d'un roturier

qui avait commis une haute trahison en rendant le roi cocu.

Pas besoin de la loi ! Votre frère sera mort au combat.

Non. Je ne veux rien pour moi,

la honte m'importe peu,

mais je ne donnerai pas aux hérétiques une raison d'éliminer mon fils.

Je ne mettrai pas son héritage en péril,

même pour le plaisir de vous voir mort.

Écossais, voici votre futur roi, James VI d'Écosse.

Et, le moment venu, James Ier d'Angleterre.

Je suis la reine par ma naissance et ma victoire.

Je déteste la tyrannie.

Je pratique l'ancienne religion, mais je tolère la nouvelle.

Je règne au nom de Dieu. Mon règne est juste.

La justice, c'est aussi la clémence.

En ce jour de grand triomphe, je serai clémente.

Je pardonne à James Stuart, comte de Moray.

Devant vous, iI se réconciliera avec mon mari et Lord Bothwell.

Mais... iI me déteste.

Pas autant qu'iI me déteste.

Faites bonne figure, au nom de la politique.

On trompe le peuple.

Prenez ma main, sire.

Un homme qui trahit la reine puis ses complices

est comme un lépreux. Il se réjouit d'avoir un ami.

J'attends le jour où l'un de vous tranchera la gorge de l'autre.

Ou la vôtre.

Laissez-moi partir !

J'en ai assez ! Partout où je vais, on me rejette !

Les gens m'ignorent !

Je refuse de me sentir coupable à cause d'un morceau de papier.

- À votre lit ! - Non, madame.

J'irai dans votre lit.

Soit ça, soit je quitte le pays. J'irai en Italie voir le pape.

Il annulera notre mariage.

Dans votre hâte, vous avez oublié la dérogation

dont les cousins ont besoin pour se marier.

Scélérat !

L'annulation fera de votre fils un bâtard !

Je sais. Et elle fera n'importe quoi pour que son fils, l'héritier,

devienne roi.

Venez vous coucher, chère épouse.

Bothwell !

Laissez-nous !

Et plus vite que ça !

J'ai bon appétit.

Pour l'amour de Dieu, souriez.

Et apportez-moi du vin.

Même si je vous dégoûte,

vous m'aimerez,

me caresserez et me garderez à vos côtés en tant que roi.

En montant sur vous, je monterai aussi sur le trône.

- L'avez-vous tué ? - Non.

- Je vous rendrai ce service. - Il est drogué.

Il est malade.

Malade ?

Il vagabonde durant la nuit depuis la naissance du prince.

Il a la variole. Il en mourra.

Seigneur !

Une fin honorable vaudrait mieux que ça.

Rappelez les lords exilés. Ils s'en occuperont.

J'ai quitté la cour avec Lord Bothwell.

Attendez mon retour.

Mon mari, certains lords en Angleterre ont été assez punis.

Les lords qui ont assassiné Riccio.

Leur reine clémente leur pardonne donc.

Vous les reverrez bientôt.

Je suis trahi.

Je l'ai ramené chez lui pour qu'iI repose en terre écossaise.

Sur son lit de mort, on a juré de le venger.

Choisissons celui qui tuera le roi au combat.

Il souffre de la variole.

Il se tapit dans son lit. Il ne se battra pas.

On ira le chercher et on le tuera, comme on a tué Riccio.

Personne n'a remarqué le meurtre d'un petit étranger.

Tout le monde remarquera le meurtre d'un roi.

Sa majesté a une maison en dehors des murs d'Edimbourg.

Il y emmenait ses putains et ses jeunes hommes.

Kirk o' Field.

Il veut assassiner Mary Stuart dans cette maison.

Les caves sont remplies de poudre à canon.

Il s'y rendra avec la reine

et trouvera une excuse pour la quitter pendant quelques heures et...

Il la fera exploser !

Il peut prendre un couteau, un fusil, du poison. Pourquoi la poudre ?

Personne n'utilise la poudre à canon. Les temps sont durs.

Les caves de Kirk o' Field sont quand même remplies...

de poudre à canon.

Tout le monde sait qu'iI est un ivrogne et un idiot. Il est aussi malade.

Je crois qu'en essayant de tuer la reine,

iI se fera exploser.

Pouvez-vous nous aider ?

Enterrez votre mort. Je m'occupe du reste.

Maintenant, iI nous traitera avec arrogance.

Pendant un moment. Un petit moment.

Nous Voici sains et saufs à Kirk o' Field.

Je vous ai obéi, mon amour, car je crois qu'il mourra de la Variole...

signe du courroux de Dieu qui le punit de sa Vilenie.

Ce qui est prévu n'est pas un péché.

Mais que Dieu me pardonne si j'ai tort.

Après votre divorce, on sera mari et femme.

Vous ne serez plus une marionnette, mais le maître.

Pour la première fois, je suis aimée et comblée.

Je me suis détournée de Dieu pour Vous, alors soyez loyal.

Andrew ! Préparez-vous. On part à Edimbourg.

Le travail vous attend.

Il faut y aller, votre altesse.

Vous aviez promis de rester.

Je dois aller au festin de mariage de Fleming. Je reviendrai.

Pourquoi avoir gardé la guitare de Davie ? Pourquoi avoir joué ?

Pour me mettre en colère ?

Non, mais je n'oublie jamais ceux qui m'ont été loyaux.

Davie est mort.

Oubliez-le.

Ça fait juste un an.

Ayez pitié de moi, mes frères.

Pour l'amour de Jésus Christ.

Ayez pitié de moi !

Il devait mourir de façon honorable lors d'un duel. Vous me l'aviez dit.

La mort est la mort.

Il faut penser à notre avenir.

Les ambassadeurs de France et d'Espagne, votre majesté.

Et d'Écosse.

On pleure la mort du roi Henry d'Écosse.

On le fait car la cour écossaise ne le fait pas.

Il a été notre sujet.

Son assassinat abominable nous choque.

On s'étonne de ce qui s'en est suivi.

Le roi a été emmené durant la nuit et enterré sans cérémonies.

Ses vêtements, ses biens, son cheval et son armure

ont été donnés à Lord Bothwell.

Les gens disent que Bothwell est l'assassin.

Les Écossais se rebellent.

Catholiques et protestants, lords et paysans, tous veulent sa mort.

Malgré tout, la reine Mary Stuart l'a épousé.

Il a été dit parmi les cours catholiques

qu'Elizabeth épouserait un maître de cavalerie qui avait tué sa femme.

Puis, que le peuple lui aurait préféré Mary.

Je ne me suis pas mariée.

Leicester est innocent.

Mes sujets ne se sont pas rebellés et Mary Stuart ne règne pas ici.

Dites à vos maîtres de ne pas interférer en Écosse, je ferai de même.

Que la reine d'Écosse règle ses affaires comme j'ai réglé les miennes.

Elle attend impatiemment la mort de Mary.

Elle la craint aussi.

Non, non, non.

Qu'y a-t-iI ?

- C'était un rêve. - Un rêve.

Heureusement que ce n'est pas James Stuart.

Éveillée ou endormie, j'ai peur.

Mes hommes seront ici au matin.

J'ai envoyé les messagers iI y a trois jours. N'ayez pas peur.

Ce sont mes hommes. Le jour se lève.

Ils nous encerclent.

On les retiendra jusqu'à l'arrivée de mes hommes.

Bothwell ! Montrez-vous ! Avez-vous peur ?

Je vais lui parler.

Je suis ici, Stuart.

Dites à sa majesté de nous rejoindre. On ne lui veut aucun mal.

- C'est vous qu'on veut. - Je n'irai pas.

Bothwell, avez-vous le courage de vous battre seul ?

Ou continuerez-vous à vous cacher dans les jupes de la reine ?

Je ne suis pas malade,

- comme le roi que vous avez tué. - Je vais le tuer.

Vous n'irez pas.

Je ne me laisserai pas couvrir de honte.

Nos hommes arriveront dans l'heure et je vous ferai pendre à ces murs.

Vous gaspillez votre salive. Roy !

Voici vos messagers !

Venez vous battre.

J'arrive.

Andrew, apportez mon armure.

Quand iI descendra... on lui tranchera la gorge.

Jamie, n'y allez pas. Ils vous tueront comme ils ont tué Davie.

Je les combattrai et j'en finirai.

Quand je descendrai, partez par le passage secret.

Il vous mènera hors du château. Andrew vous guidera.

- Partons ensemble. - Personne ne vous verra.

Je ne serai pas déshonoré.

Mon cher amour, qui se souvient de l'honneur des morts ?

Vous ne pouvez pas triompher de ce genre de trahison.

Seton ! Seton !

Mary. Je vous en prie, ne me couvrez pas de honte.

Votre mort sera la mienne.

Vous devez vous enfuir. Soulevez les hommes des Borders.

Je suis toujours reine et souveraine.

- Ne faites pas ça. - Au revoir, mon amour. Partez !

Donnez-moi du courage. Suivez-moi. Allons affronter ces traîtres.

Il faudra bientôt ouvrir les portes et se rendre.

Que Dieu nous aide.

J'observerai le combat d'ici, mon frère.

Vous n'attendrez pas longtemps.

Mon mari est décidé. Je ne peux pas l'en dissuader.

L'acte de votre abdication.

Il est de la volonté des lords...

et du peuple...

que vous le signiez.

Je n'abdiquerai jamais. Je suis la reine, je mourrai en tant que telle.

Huntly.

Dans ce coffret, se trouvent vos lettres

à Bothwell, la preuve que vous êtes une meurtrière

et que vous avez causé la mort du roi.

Abdiquez ou je les publierai et vous ferai condamner pour meurtre.

Non.

Bothwell ne vous aidera pas. Il ne s'est pas enfui.

Je l'ai attrapé.

C'est faux.

Demain...

je le ferai pendre.

Non !

Signerez-vous l'acte d'abdication ?

Jamais !

Jamie !

- Mary, mon amour. - Jamie.

Je vous croyais mort. Ils m'ont dit que vous étiez mort.

Votre frère croit que vivant, je peux encore servir.

Ils me pardonneront, vous épargneront et m'enverront au Danemark...

si je peux vous convaincre d'abdiquer.

Écoutez-moi. Je suis ambitieux.

J'ai soif de vivre mais je ne crains pas la mort.

La seule chose que je craigne, c'est ce qui vous arrivera.

Les lords exigent procès et exécution.

Votre frère veut vous faire partir avant qu'iI soit trop tard.

Il ment. Il veut ma mort.

Non. Il est un Stuart avant tout. S'iI le peut, iI vous sauvera.

Si vous abdiquez, iI vous fera franchir la frontière anglaise.

Mourir ou vivre séparés. Jamie, iI n'y a aucune solution.

Je ne peux pas vivre sans vous. J'invoquerai la mort.

Non.

Vous êtes la reine. Rappelez-vous ce que vous m'avez dit :

''Tant qu'iI y a de la vie, iI y a de l'espoir.''

On ne sera pas séparés longtemps.

Je reviendrai avec une armée pour vous chercher.

D'ici là, mon amour...

vous êtes dans mon cœur.

Alors ?

La mort ou l'exil ?

La frontière anglaise est à 3 km.

Je vous dis adieu. C'est notre dernière rencontre.

Vous l'espérez.

Longue vie, ma sœur. On élèvera votre fils en bon protestant.

Mon fils, que Dieu lui vienne en aide.

Seton, avant d'arriver à la frontière anglaise, on est presque libres.

Libres. Ça me soulage le cœur.

J'ai bon espoir.

Je triompherai. Bothwell et moi serons réunis.

Je n'ai que vingt-cinq ans. J'ai toute la vie devant moi.

Je suis libre ! Libre !

Que Dieu nous aide si Cecil devait l'apprendre.

N'ayez crainte. Personne n'en saura rien.

Les catholiques du Nord ont afflué pour lui rendre hommage à son arrivée.

À Carlisle, elle avait sa cour.

Est-elle folle ? Elle agit de façon éhontée.

- Je l'avais peut-être sous-estimée. - Elle n'a jamais été discrète.

Est-ce discret de ma part de la rencontrer en secret ?

C'est impératif.

Vous tenez la louve en laisse.

Allons voir cet animal.

Restez là !

Chère cousine.

Chère sœur et cousine.

Je suis venue, car vous avez dit que c'était urgent.

Ce que j'ai à vous dire doit être dit de vive voix.

Vous êtes l'ennemie des rebelles qui refusent leur prince légitime.

C'est vrai, madame.

Mes lords refusent leur reine.

C'est si grave que j'en oublie nos différends.

Je sais que vous m'aiderez. C'est mon droit.

Vous êtes courageuse.

Et vous êtes la grande reine dont tout le monde parle.

Et vous êtes jeune.

Pas trop jeune pour être à la tête d'une armée.

Vous me demandez une armée ?

- Oui, une armée et de l'argent. - Et de l'argent ?

Que je vous rendrai quand je règnerai en Écosse.

Que puis-je faire d'autre ? Soyez honnête.

Soyez assurée que je pense à vous constamment.

Votre destin est lié au mien.

Nous sommes princesses et liées par le sang.

Qu'avez-vous d'autre à me demander ?

Rien.

Rien ?

Quoi d'autre ?

De gentilles paroles concernant le meurtre du Lord Darnley.

Oui, bien sûr.

Soyez assurée que je suis innocente.

Je suis heureuse de l'entendre.

Quand vous serez acquittée du crime dont vous êtes accusée,

vous aurez votre armée et votre argent.

Cousine,

je ne viens pas pour avoir la vie sauve mais pour reprendre mon honneur.

Si vous doutez de ma parole, je demanderai de l'aide en France.

Vous n'irez pas.

Dans le passé, vous avez abrité ces traîtres qui règnent en Écosse.

Ils entrèrent librement en Angleterre et en ressortirent.

Préférez-vous ces traîtres ? Suis-je votre prisonnière ? Sous quelle loi ?

Si vous m'interdisez d'y aller, que ferez-vous de moi ?

Je vous garderai ici pour votre protection.

Je suis donc votre prisonnière.

Si vous êtes innocente, que craignez-vous ?

Vous m'avez trompée. Vous êtes avec mon frère.

Je ne répondrai de rien. Qui peut me juger ? Ai-je un égal ?

Le ferez-vous ? Au vu et au su de tous ? Non.

Vous n'en avez pas le courage. Vous espérez me déshonorer.

Vous vous déshonorez vous-même.

Croyiez-vous que je vous renverrais en Écosse avec une grande armée ?

Croyiez-vous que je sacrifierais ma réputation pour vous ?

Madame, vous ouvrez la bouche sans réfléchir.

Une reine ne se comporte pas ainsi.

Vous agissez comme une enfant capricieuse.

Je ne suis pas surprise de vous voir ici, alors que votre frère règne.

Vous n'êtes pas digne du titre que votre naissance vous donne.

Vous qui voulez ma mort et craignez de me tuer,

vous êtes mon ennemie jurée.

Depuis que vous m'interdisez de voyager, j'ai noté vos coups bas.

Je savoure votre haine.

Il est évident qu'Elizabeth, la bâtarde,

l'hérétique, l'usurpatrice, est maudite de Dieu.

Bientôt, elle ne pourra plus porter d'enfant et mourra seule.

Mais iI est évident qu'Elizabeth craint Mary !

Peu importe ce qui m'arrive, mon fils règnera ici.

Vous avez noté mes coups bas.

- Tous. - Excepté un.

J'ai envoyé Lord Darnley à votre cour, chère cousine.

Darnley ?

Une reine qui se fait duper par un homme vilain,

qui le conduit à son lit et lui donne une couronne

n'inspire pas la peur, mais plutôt la pitié.

J'ai pitié de vous, comme le jour où je vous ai envoyé Darnley.

Vous n'aviez ni sagesse ni discrétion, aucune qualité pour être reine.

Vous n'avez rien appris depuis.

Pas étonnant que les cours d'Europe vous traitent de putain royale.

Madame.

Protégez bien votre maîtresse car beaucoup souhaitent sa mort.

Je n'ai plus le choix.

Je dois la garder prisonnière jusqu'à sa mort.

J'espère que ce sera bientôt.

Madame, un officier anglais venu de France veut vous voir.

Oui.

Monsieur.

Bonjour, madame. J'ai des lettres pour vous.

Je les ai montrées aux autorités car je suis un Anglais loyal.

Très bien. Posez-les.

Non, je dois attendre votre réponse.

Passons aux choses sérieuses... votre altesse.

Père Ballard !

Levez-vous. Un travail dangereux nous attend.

- Mme Seton, faites le guet. - Oui, mon père.

C'est du roi Philip. Il a un nouveau plan contre Elizabeth.

Un autre ?

Depuis qu'on est enfermées, iI ne nous a pas aidées.

Cette fois, c'est différent. Lisez la lettre, madame.

Très bien.

Avez-vous des nouvelles d'Écosse ? Comment va mon cher fils, James ?

Je lui écris depuis qu'iI est en âge de lire mais iI ne m'a jamais répondu.

Il se porte assez bien pour écrire à Elizabeth.

C'est le fils de son père, après tout.

Lisez la lettre. Vite.

Une dernière question.

Avez-vous des nouvelles de mon mari, Lord Bothwell ?

Il est mort de folie dans une prison danoise.

Oh, mon père !

Je regrette toutes mes actions qui l'ont mené à cette fin horrible.

J'écouterai votre confession... ma reine.

Oui, père Ballard, iI est temps.

Il faut des garanties car les risques sont grands.

Le complot ressemble à celui de Northumberland.

Il serait raisonnable de la faire exécuter.

Non. Je n'ordonnerai pas la mort de Mary.

Pourquoi faire couler le sang ?

Depuis que je règne, l'échafaud pourrit car iI n'est pas utilisé.

Avant que Mary n'arrive en Angleterre. Laissez-nous !

Madame, je vous en prie, ouvrez les yeux.

Comme le pape vous a excommuniée car vous gardez Mary enfermée,

vos sujets catholiques sont déchirés.

Doivent-ils servir le pape ou la reine ?

S'ils se rebellent, c'est la mort ici,

s'ils ne le font pas, ils iront en enfer.

N'oubliez jamais que ce n'est plus un péché de vous tuer.

Pour les catholiques, c'est un acte saint.

Je suis malade. Je ne veux plus rien entendre.

Détruisez Mary et tous les problèmes s'effaceront.

Je crains son exécution. Elle est reine, comme je le suis.

Si vous aviez la preuve qu'elle compte vous tuer ?

Une preuve écrite et irréfutable.

Une telle preuve existe-t-elle ?

Elle existera.

William !

Rien de faux. La preuve sera montrée devant le peuple et le parlement.

Depuis le début, c'est sa mort ou la mienne.

Non, Walsingham, ce prêtre mourra avant de parler.

On a les autres, Babbington, Tichbourne, Charnock, Gerrard.

On les a tous. C'était un grand complot.

Mais on n'a pas la preuve que Mary était impliquée.

Vous avez tort.

Cet homme vient d'Espagne.

On l'a attrapé avec Ballard, iI avait une lettre écrite par Mary.

Elle adhère à l'idée qu'Elizabeth doit être assassinée.

On la tient.

''À Sa Sainteté, le pape.''

''Du roi Philip d'Espagne.''

''D'un... gentilhomme anglais.''

Et une autre.

Et encore une autre.

Vous jetez un mauvais sort à ceux que vous rencontrez. Sauf moi.

Et maintenant ?

Il m'a fallu des années pour vous attraper, madame.

Vous allez affronter la justice.

Peu importe la preuve, je crains le châtiment si j'ordonne sa mort.

Votre altesse, en attendant, elle doit être enfermée

où aucun traître ne pourra la joindre.

- Où l'enverrez-vous ? - Au château de Fotheringhay.

Quel endroit horrible !

J'ai pitié d'elle.

Je vous ai apporté des preuves irréfutables.

Si elle me demande pardon, elle vivra.

Fotheringhay. Serai-je assassinée ici ?

Comme vous le voyez, malgré vos efforts, je suis vivante.

Excusez-moi, je dois m'asseoir.

Les hivers difficiles de ma prison

et l'humidité des murs anglais ont pénétré mes os.

Mon Conseil, mon parlement...

et mon peuple exigent que vous ayez un procès.

Comme votre père l'a fait pour votre mère, m'accorderez-vous l'épée

et non la hache émoussée ?

Ne jouez pas avec moi.

Depuis que vous êtes enfermée, je crains de me faire assassiner.

Par vos assassins, vos partisans.

Je me force à aller librement parmi mes sujets,

mais je ne sais jamais quand une arme m'attaquera.

Ne riez donc pas de la mort.

Je suis fatiguée. Dites-moi ce que vous voulez et partez.

Je veux vous sauver, mais vous devez me demander pardon.

Vous devez l'écrire devant moi. Ensuite, j'interdirai le procès.

Oui.

Je savais qu'iI y avait un complot contre vous et j'en étais heureuse.

Mais dans cette pièce, devant vous...

c'est différent.

Je suis heureuse que vous soyez en vie.

Je vous demanderai pardon ici entre ces quatre murs.

C'est insuffisant. Écrivez-le.

Non... J'en serais maudite à jamais.

La lettre restera secrète. Seul mon premier ministre la verra.

Je vous offre votre vie.

Je rêve au procès, de me tenir devant les gens,

après ces années dans l'ombre et de me défendre.

Je remercie Dieu dans sa pitié et sa sagesse de me le permettre.

Je mourrai en martyre pour la foi catholique, la foi éternelle.

On n'y peut rien.

Aucun homme ne me jugera, vous ne me jugerez pas. Il n'y a que Dieu.

Vous avez peu changé.

Vous courez toujours vers la destruction.

Vos lettres à Bothwell.

Serez-vous une martyre catholique quand elles seront lues au tribunal ?

Que diront les gens quand on révélera ce complot contre moi

et qu'on se tournera vers votre passé ?

Votre vie est imprégnée de sang et de violence.

Les actions qui menèrent à votre mariage avec l'assassin Bothwell

seront répétées de vive voix devant le tribunal et le monde entier.

Vos lettres d'amour insipides

seront lues et les gens jubileront.

Ces preuves de trahison, de cruauté et de luxure seront-elles des hymnes

ou seront-elles votre perte ?

Seigneur !

Écrivez une seule page, j'annulerai le procès et vous vivrez.

Pour la première fois de votre vie, oubliez vos désirs personnels

et agissez en reine. Pensez à votre fils

qui règnera sur ces deux royaumes. Faites ce que je dis.

Vous ne me tenterez pas. Vous êtes le Diable. Je ne succomberai pas.

Soyez maudite !

Dès mes premières années, j'ai été trompée et trahie.

J'ai lourdement péché. J'ai perdu ma foi.

Je ne nierai rien ici, madame, car je m'en suis repentie.

J'ai fait la paix avec Dieu.

Je l'ai supplié d'expier mes péchés.

Il m'a menée ici pour que je meure couverte de gloire.

J'ai été sévèrement punie.

On m'a enlevé mon royaume, mes biens, mon enfant et mon époux.

Je suis enfermée depuis des années dans la misère

et maintenant, je dois mourir. C'est mon destin.

Et c'est votre destin de me tuer.

À vous les grands apparats, le pouvoir,

les intrigues, tout ce qu'une reine doit endurer ou apprécier.

Vous n'y pouvez rien. Je serai une martyre.

C'est à mon tour d'avoir pitié de vous

car vous devez ordonner

ce que vous avez toujours craint plus que la mort,

le meurtre juridique d'une reine couronnée.

Vous en serez tourmentée jusqu'à la fin de vos jours.

Robin !

Monseigneur.

Je prierai pour votre maîtresse, Elizabeth, au moment de ma mort.

Madame... si votre tête avait été à la hauteur de votre cœur,

je serais celle sur le point de mourir.

Ô Seigneur,

je vous fais confiance. Ne me laissez pas être confondue.

C'est l'heure, madame.

Ne pleurez pas. Je suis heureuse. Oui, je suis heureuse.

Au revoir, ma chère.

Vous m'avez été loyale. Je vous en remercie.

Priez pour moi.

Ô Seigneur, je Vous fais confiance car je ne désire que Vous.

Vous êtes mon espoir depuis ma jeunesse.

Pour certains, je suis devenue un monstre

mais je Vous ferai toujours confiance.

Que ma bouche soit remplie de Vos louanges,

que chaque jour, elle Vous glorifie.

Ne m'abandonnez pas quand mes forces s'en iront.

Ne Vous éloignez pas de moi.

Mon Dieu, venez en hâte à mon secours.

Avec la force du Seigneur, je pourrai avancer.

En Vous célébrant, j'aurai la joie sur les lèvres

et la joie sera dans mon âme que Vous avez délivrée.

- Pardonnez-moi, madame. -Je vous pardonne de tout mon cœur.

Je vous remercie. J'espère que ma mort mettra fin à mes tourments.

Car en ma fin gît mon commencement.

Seigneur, je remets mon esprit entre Vos mains.

Elizabeth régna sur l'Angleterre pendant encore seize ans.

Elle mourut comme elle vécut, célibataire et sans enfants.

Les trônes d'Angleterre et d'Écosse allèrent

au seul héritier possible, à un homme, au roi James Premier,

fils unique de Mary Stuart, reine d'Écosse.

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