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Matt Simons : Catch & Release
...
-Monsieur Lonisse ? M. Dalançon vous attend.
-Vous avez un bouton de défait.
-Ah oui.
-Vous êtes toujours habillée en homme ?
-Je suis pas habillée en homme.
-C'est une chemise d'homme. Les boutons sont à droite.
-En quoi ça vous regarde ?
-Oui, entrez.
-Vous vivez une rupture douloureuse.
-Mais trop pas. -Mais trop si.
-Je te tutoie, ça va plus vite.
-Euh... Oui, ça me va.
-Vire cette cravate
de fayot. -M. Lonisse veut
développer sa start-up.
-Donc Love Is Dead a 2 ans ? -3 ans.
Business plan irréaliste,
pénible hausse du CA
de 12,2 %. -Jamais entendu parler. Mon métier,
c'est d'entendre parler de tout.
Tu saisis l'anomalie ? -Oui, je l'ai saisie. Oui.
-Hé...
Vous êtes combien ?
-Ils sont 1.
-Ah oui.
Tu vis en autarcie.
Surtout pas embaucher. Les charges, c'est trop lourd...
So French.
-On est en France. -Non. On est
en Monde.
T'as une valise de pognon
et tu l'ouvres pas.
So French.
Tu communiques comment ? Un site Internet ? Pub ?
-Il est même pas référencé
sur Google. -Les gens me connaissent...
-Pardon.
-Il y a le bouche-à-oreille. -Oublie, oublie.
Le bouche-à-oreille, c'est le Solex du marketing.
Notez-le, tiens. -C'est quoi, un Solex ?
-Elle est con.
Rires
Si je mise sur ton truc, tu vas devenir hype, viral.
-Ce serait bien. On aiderait plus de gens.
-Je la vois déjà, la pub.
Un couple, un combat de catch,
le mec écrasé par le cul de la bonne femme.
"Ne soyez pas le perdant
"de vos ruptures. Partez le premier."
-Votre dossier parle trop des clients et pas assez des cibles.
-Juliette, très bon,
cet espresso.
Hop.
Ton concept, c'est pas un service, c'est un cadeau.
-Un cadeau... -Mais oui.
Débarrasser l'humanité d'une tâche odieuse,
j'appelle ça un cadeau.
Non ?
Il est vexé ?
-Eh bien, je connais une femme qui a décidé d'offrir ce cadeau
à un homme qui, je cite : "saute sur tout ce qui a un cul.
"Elle abandonne cet homme qu'elle a longtemps aimé,
"mais qui la met en compétition avec des créatures qui ont
"deux avantages sur elle :
"la jeunesse et le tour de poitrine." Fin de citation.
Solange vous quitte.
Rire étouffé
-Fort.
Combien elle t'a donné ? Je double la mise.
Dis-lui que tous les culs valent pas un petit déj avec elle.
-J'ai peur que ce soit trop tard. Et je ne suis pas corruptible.
Je vais vous demander...
de me signer... ceci.
-Bon. C'est quoi encore, son expression ?
*-Depuis 15 ans, tu sautes sur tout ce qui a un cul.
-Ca, c'est fidèle.
-Infidèle, plutôt.
-J'aime beaucoup ton humour.
Allez, fous-moi le camp.
-Je me suis démenée pour ce rendez-vous.
C'est sur moi que ça va retomber, cette histoire.
-Vous avez pouffé. -Par votre faute.
-C'est dangereux, de nos jours, de pouffer.
On a changé d'époque.
-Il va pas pas me virer pour "poufferie" ?
-C'est jamais facile, de se faire plaquer.
-Je suis au courant.
-Eh ben, voilà. Ca remonte à quand ?
-6 mois. Au revoir.
-Et vous étiez très amoureuse.
Avec Love Is Dead, vous n'auriez pas souffert.
-C'est horrible, ce que vous faites aux gens.
-Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un Post-it ou un SMS.
-Un Post-it ?
-Vous stagnez dans la nostalgie d'un amour mort
et chez un patron qui n'aime que votre café, malgré votre bac + 5.
Beaucoup de stagnation, hein.
Beaucoup de café.
-Oui...
-Toute rupture radicale rouvre le champ des possibles.
Profitez-en.
Paul Simon : 50 Ways to Leave Your Lover
...
Non.
Ce salon n'a jamais trouvé sa vibration organique.
Un petit café. -Euh... Oui.
-Merci.
...
-Ca y est ? C'est fait ?
-J'en ai bien peur.
Alors, je vous ai obtenu la signature de Clarisse, qui est ici.
-Ca a pas été trop dur ?
-Non. Vous savez, c'est le job.
Vous pourrez pas le joindre.
Téléphone changé, nouvelle adresse.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il a rencontré quelqu'un. Il se tape une salope.
-Allan vous quitte car il ne vous aime plus.
-On ne quitte pas quelqu'un pour si peu.
-On ne fait pas durer le supplice.
-Un peu barbare. -La barbarie,
c'était avant, à l'époque de la rupture naturelle.
-La rupture naturelle ?
-La boucherie des couples qui font ça eux-mêmes,
à la main, sans anesthésie.
-Elle a pas pleuré ?
-Bien sûr que si, elle a pleuré.
Mais il faut pleurer.
Clarisse ?
Clic
-J'aurais craqué. Je l'aurais prise dans mes bras...
-Geste paradoxal menant à un rapport sexuel sympathique,
mais totalement contre-productif.
Allez.
-Elle va me lâcher comme ça ?
-Avec Love Is Dead, Ben Laden n'aurait pas été retrouvé.
-Elle peut mettre ma mère sur écoute.
-Ce couteau, c'est pas un cadeau d'elle ?
-Ah non, j'y tiens. Période Rahan.
Coutelas d'ivoire. -OK.
-Il faut couper les voies de la réminiscence. Je suis sérieux.
Ce tapis. Vous n'avez pas connu des moments
intimes, dessus ?
-Euh... Si.
-Combien ?
-Je sais pas...
13.
-5, je vous le laissais.
-Des vrais coïts, 7. -On n'est pas au souk.
-Tu me donnes ça.
-Comment s'appelle cette copine ?
-Isis. Elle dit que si je l'aime,
on doit jouer à l'élastique. Et moi, j'aime pas ça.
-L'amour ne consiste pas à tout faire ensemble.
Aimer, c'est se détacher. Précepte fondamental du stoïcisme.
A ne pas confondre avec l'épicurisme genre "carpe diem".
Il y a des jours qu'il vaut mieux s'abstenir
de cueillir. Toutes choses égales par ailleurs...
-On arrête. Ecoute pas trop tonton Matthias.
Il dit n'importe quoi.
-On avait un échange fertile sur l'amour.
-Tout le monde n'y pense pas dès la couveuse.
-Pas la couveuse, au CE1. -C'est vrai.
"Florence" Mylon, le drame de ta vie.
-D'abord, c'était Laurence Mylon.
Ensuite, c'était pas un drame. C'était une belle expérience.
-T'as pas arrêté de fumer ?
-Ce sont des clopes bios. Sans additifs, pas de dépendance.
-Elle en est où, la recherche sur le cancer bio ?
Mais aide-moi.
-Je suis fort pour éteindre les braises, pas pour les allumer.
Chacun sa spécialité.
-C'était qui, Laurence Mylon ?
-La femme de ma vie.
-Moi, c'était Katie Binder.
CM2, Châlons-sur-Marne.
-Xavier Dalançon m'a virée. -Prévisible.
-En attendant, c'est votre faute.
En compensation, je vous demande de m'embaucher.
-Je n'embauche personne.
-Vous m'avez dit de rouvrir le champ des possibles
et vous m'avez tendu votre carte.
-Je proposais une assistance psychologique.
-Vous m'assisterez
psychologiquement en me donnant un travail.
-Un café ? Vous êtes tendue.
-J'ai étudié vos bilans, et je sais de quoi vous avez besoin.
-Je vais mettre un caleçon.
-Oui, commencez par ça.
Hum...
C'est galère, pour trouver vos locaux.
Vous avez peur
des représailles ? -Non.
J'essaye juste de protéger mon intimité.
-Ah bon ? C'est pas votre bureau, ici ?
-Si. Là,
c'est mon bureau.
Et là, c'est un autre bureau.
-C'est pas un bureau, c'est une table de ping-pong.
Et vous jouez au golf ? -Oui,
mais je suis pas sur les réseaux sociaux.
-C'est la base de la com.
Et je peux m'en charger. Mon ex-patron,
c'est un connard, mais il a raison sur un point :
vous vous développerez jamais seul.
-Love Is Dead est un beau métier. Je le sais, je l'ai inventé.
Je comprends votre enthousiasme.
Mais avec une rupture mal digérée et un licenciement pour "pouffitude",
vous n'êtes pas apte.
-C'est à la portée de n'importe qui.
-De n'importe qui ?
Vous avez vu l'aspect sympa de Love Is Dead.
Un mec infidèle qui se fait larguer, ça choque personne.
Je vous emmène sur un FAR, et c'est beaucoup plus tendu.
-Un FAR ?
-FAR, F.A.R., Forfait Anti-Rechute.
Elimination radicale des résidus infectieux.
Séparer un client de ses souvenirs.
Vous avez le coeur bien accroché ?
-Ben oui. Pourquoi ?
-Votre entretien d'embauche vient de commencer.
-Je pensais presque plus à Franck, ces derniers temps.
Et bam, je tombe sur ce Photomaton de nous deux.
On l'avait pris
au Monoprix, en bas de chez nous.
-Et vous vous êtes dit : "On n'était pas si mal."
-Oui.
Vous me fouillez
ces machins de fond en comble
et vous effacez.
Photos, mails, films, tout doit être détruit.
C'est à la portée de n'importe qui.
Je peux inspecter les lieux ? -Oui.
-Ah, d'accord. Vous m'avez remis du Franck partout, là.
-Oui.
-Un mot de passe ?
-Oui. New York.
-Oui, "New York".
C'est lui, là ? -Oui.
Il était super fort en slalom.
-Elle est sympa, la photo.
-Juliette, on efface.
(-Je la mets dans la poubelle.)
-D'accord.
Vous les aviez quand il vivait ici ?
-Oui. -Achetez-vous une nouvelle couette.
Juliette, vie numérique neutralisée ?
-On n'est pas obligés d'effacer.
On peut tout archiver sur un disque dur.
-Dites-lui
pourquoi vous avez voulu
une Love Is Dead. -Oui. C'est parce qu'il me tapait.
-Ah bon ? -Pour me taquiner.
-Ex-champion de France
de taekwondo, le taquin. -Matthias.
-Oui.
-Vous êtes sûr que c'est légal ?
-Ben, c'est une mission d'utilité publique.
-Vous êtes sûr ?
-Vous êtes sûre que vous voulez le job ?
Les souvenirs empêchent d'avancer.
Cet homme vous a fait du mal. -Il m'a fait du bien, aussi.
-Vous voulez un mouchoir ?
-Jérôme, enfin... -Ben oui, Jérôme, enfin.
-Allez, pour fêter ça.
Une petite photo.
Juliette, vous avez le job. -Merci.
-C'est quoi, ce merdier ?
Ah non, non, non, non !
Je veux une collaboratrice,
pas Mary Poppins.
-Il me faut bien un coin.
-Lâchez Walter.
C'est quoi, ça ? -Je vous propose
une petite restructuration.
-Laquelle ?
-On se détend.
Bon. Ici, appartement,
vie privée.
Là, agence Love Is Dead, travail.
Cul nu, costume.
Cul nu, costume.
Costume, cul nu.
-OK. La vie, c'est le mouvement. Rien n'est immuable.
Mais vous me laissez de la place. -OK.
-Là, zone d'entraînement.
-Là, bureau.
Mon bureau.
-Oh là là. Juliette, Juliette...
Ayez bien conscience qu'à partir de cet instant,
il ne sera plus jamais question de sexe entre nous.
-Il fallait prévenir, j'aurais fait le ménage demain.
-Hé.
Matthias.
-Ca va ? -Mademoiselle.
Une nouvelle assistante ? -Juliette vient d'être recrutée.
-Juliette, qui vient d'être recrutée, enchanté.
Tony, premier abonné officiel. -Abonné ?
C'est quoi ? -On sait pas. Venez.
(-Elle est bonne.) (-Oh, ça va.)
Hôtesse d'accueil
au Salon de l'auto ?
-Beaucoup plus high level : hôtesse de l'air.
-3 milliards de mecs, 3 fantasmes.
-Les deux autres ?
-L'infirmière.
-Et la secrétaire. -La secrétaire.
-Votre abonnement prévoyait 10 ruptures ce mois-ci.
Là, c'est la 11e.
-Filez-moi un extra. Je suis un super client.
-On vous fait ça pour quand ?
-Tout de suite.
Elle revient de Delhi, je suis censé passer la prendre.
-Je vais pas courir à Roissy. -Un coup de fil suffira.
-Juliette, prenez
le numéro de cette malheureuse. -Allez, Juliette.
-Je vous écoute. -Oui.
Pardon.
Alors, c'est le 06 34...
87... -Oui, oui.
-62 et 69. -OK.
-Et 69.
-Oui, j'ai compris. Et son nom ?
-Son nom, son nom... -Etat civil, Tony.
-Ah, il manque une info. Est-ce qu'elle a un nom, d'ailleurs ?
-C'était bien un être humain ?
-Elle était souvent à 4 pattes.
-Love Is Dead, c'est Queutard Assistance ?
-Je vais pas laisser
une hôtesse de l'air en plein jet-lag
attendre un sextoy qui viendra jamais.
-Le sextoy, c'est moi.
-Au revoir, Tony.
-On peut jouer au sexe, avec moi. -Oui.
Pardon.
-Je me sens investie d'une mission d'utilité publique.
-Il va falloir vous blinder.
Moi, tenez, je prends énormément sur moi.
Personne n'a jamais touché à ma table de ping-pong.
Bonne journée.
Ouah.
D'accord.
C'est assez ergonomique ?
-Là, oui. Et il y a une dame qui vous attend.
Elle vient commander une Love Is Dead.
Je pensais pas que vous aviez des clientes de plus de 60 ans.
Accent espagnol
-La lucidité se moque du nombre des années.
Où est-elle ? -Côté cul nu.
-Comment ça, côté cul nu ?
Quoi ?
...
-Je n'ai rien pu faire.
-Maman ?
-Bonjour, mon fils.
-T'es là ?
-Je suis venue te dire que je m'en vais.
-Ah, OK. Où ça ?
-Je vais quitter papa.
-Très drôle.
Qu'est-ce qui t'amène ?
-Je viens de te le dire. Une Love Is "Did".
-Love Is Dead. "L'amour est mort."
-Oui, c'est bien ça. Comme le petit chat.
Complètement mort.
-OK, c'est absurde. Tout va très bien, avec papa, non ?
-Tout le temps dans mes pattes. -C'est affectueux.
-Non. Il s'emmerde, depuis qu'il est à la retraite.
-Vous vous engueulez jamais. -Si. Moi, je gueule.
Tout ce qu'il répond, c'est : "Calme-toi, chérie."
Il met des "chérie" partout.
-Te plains pas. Beaucoup disent "chérie" et pensent "connasse".
-Ah bon ? Il dit "chérie" et il le pense, ce con.
Et il se passe plus rien. Ton père a un haricot dans le slip.
-Je veux pas savoir ça.
-Je veux ce que m'a expliqué la demoiselle :
papiers, certificats, cérémonie...
-Tu peux pas me demander ça.
-Je savais que t'aurais des scrupules.
Je t'ai trop bien élevé. C'est bête.
-Ce qu'on fait, c'est violent.
On écrabouille le coeur des gens à coups de talon.
-C'est exactement ce qu'il me faut.
40 ans de mariage, ça mérite une fin glorieuse.
-Mais oui ! Oui, mais là, non.
-C'est ton métier.
Si t'étais dentiste, je dépenserais pas 3 000 E pour des implants.
Tiens. Il restait un peu de blanquette.
Tu me rapporteras le Tupperware dimanche.
*Musique folk
...
-Excusez-moi, je cherche Yvon.
Est-ce qu'il est par là ?
-Yvon, il y a un ami qui te demande.
-Yvon, il y a un ami qui te demande.
-Tu parles d'un ami. C'est mon fils.
-Vous vous ressemblez pas.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
C'est interdit aux mineurs, ici. Allez, Bob,
mets-lui un panaché.
Mais t'enlèves la bière avant. -D'accord.
-Alors, qu'est-ce qui t'arrive ?
-L'autre jour, à la maison...
Ah, d'accord. Merci.
Maman avait l'air de vouloir prendre une décision.
-Prendre la Freebox ? J'ai rien contre.
Rires
-Non. Un truc plus radical.
-Un lifting ?
Je lui ai dit : "Claudine, attention. Il y a du boulot
"à tous les étages."
...
-En fait, maman, elle m'a demandé de faire un truc un peu compliqué.
-Elle veut que tu changes de job.
-C'est ça. -Qu'est-ce que tu veux...
Elle comprendra jamais. Pour elle, le mariage, c'est sacré.
Allez, tu joues ? -Non. J'ai un autre rendez-vous.
-T'as peur de prendre une rouste, oui.
...
-Merci pour le verre.
-Matthias.
N'écoute pas ta mère. Fais ce que t'as à faire.
-Ouais.
-Si ça vous met dans cet état, rabibochez vos parents.
-C'est pas dans mon ADN.
-Refusez la mission et envoyez-les chez un conseiller conjugal.
-Qu'est-ce que vous venez de dire ?
-Parfois, les conseillers conjugaux, ça peut aider.
-Le conseiller conjugal est là.
Love Is Dead est là.
On ne vit pas dans le même monde,
on ne se parle pas, on ne se regarde pas.
On s'ignore, tout simplement.
Le conseiller conjugal, c'est l'ennemi.
-OK.
Non. Ca dépend de votre degré de fragilité.
Si vous pensez craquer, on peut venir demain.
On frappe à la porte.
Le Forfait Anti-Rechute, c'est 350 euros.
Oui, c'est sûr, c'est un investissement.
Bon, écoutez.
Je vous laisse réfléchir. Rappelez-moi.
On fait comme ça. A bientôt. Au revoir.
Bonjour.
-Surprise de voir une femme.
Je pensais que ça pouvait être qu'un job de mec.
-Je peux vous aider ?
-Je voudrais voir Matthias Lonisse.
-Il est en déplacement. Mais je peux faire l'entretien.
-C'est quoi ?
-Quelques questions pour déterminer
le degré d'urgence de la mise à terme.
Alors ? Qui est l'heureux élu à qui on va défoncer la gueule ?
-C'était moi. La mise à terme a déjà eu lieu.
On m'a quittée grâce à vos services.
-Et... ça va ?
-Vous vous foutez de moi ? -Non.
-Nausées, maux de tête,
somnolences, insomnies, ballonnements...
J'ai repris la clope et j'ai perdu 7 kilos.
-Ca, c'est positif.
-Ah ? Moi, je me sens comme un donut.
Un bourrelet de chagrin avec le trou du manque au milieu.
-La phase donuts, moi aussi, je viens tout juste d'en sortir.
Avec Love Is Dead, j'aurais rien senti.
-Personne ne vous a privé d'une dernière entrevue
avec votre ex. Vous savez de quoi je parle.
On se roule par terre, on supplie sans amour-propre
et on finit par faire l'amour. -Ca, c'est fortement déconseillé.
-Peut-être, mais c'est un droit constitutionnel.
Les coordonnées d'Allan Caradec.
-M. Lonisse a mis en place un programme de protection très strict.
On a des coffres, et moi, j'ai pas de mémoire.
-J'ai un trou au ventre et je veux voir Allan une dernière fois.
S'il vous plaît.
-Bon.
Vous me promettez de ne pas faire comme moi.
Vous n'allez pas le harceler, dormir sur son paillasson ?
Vous allez rester digne ? -Promis.
-Parole de castor ?
-Parole de castor.
-Combien de couples
vous avez sauvés ?
-Mon travail n'est pas de sauver les gens.
-Sur 10 qui viennent vous voir, il y en a combien qui se séparent ?
-Vous me faites passer un audit ?
-Je côtoie un couple et je pense que ça se passe mal entre eux.
-Donc ça ne se passe pas bien dans votre couple.
-Ah non, non.
C'est un homme et une femme qui se connaissent depuis 40 ans.
Dernièrement, la femme m'a dit qu'elle voulait partir.
Et du coup, j'ai envie de les aider.
-Mais vous n'êtes pas là pour vous ?
-Ah non. Jamais je viendrais voir une conseillère conjugale.
Je pense que ça marche pas sur moi.
-Bien sûr. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
-J'aimerais savoir, en fonction de ce que je vais vous dire,
si leur situation est délicate, grave, désespérée,
ou si elle est récupérable.
Et dites à ma mère
qu'elle doit... ne doit pas
quitter mon père.
-Et pourquoi votre maman ne doit pas quitter votre papa ?
-Il y a un âge où les 2 personnes forment un tout,
et c'est trop compliqué de les séparer.
-Comment ça, "les séparer" ?
Mais enfin, les gens se séparent d'eux-mêmes.
-Les gens, on peut les séparer. Là, on n'a pas envie de le faire.
-Je comprends que pour un enfant, le divorce des parents
puisse être anxiogène, même à 35 ans.
Je peux vous conseiller un collègue.
Il peut vous aider
avant que vous ne vous remettiez à faire pipi au lit.
-C'est bien ce que je pensais. Vous faites un boulot de charlatan.
-Il faut y aller, maintenant. -Oui, c'est ça.
Eh oui. -Eh oui.
-Ca va ?
-Ca va.
-Alors ? J'ai loupé un truc ? -Non, non.
Rien de particulier. Et vous ?
-Rien de particulier non plus.
Vous êtes prise, ce soir ?
-Je sais pas encore. -Alors vous êtes prise.
Vous avez une tenue de soirée ? -Genre quoi ?
-Genre comme celle-là, mais le contraire.
Venez.
-C'est quoi, ces trucs ? -On récupère pas mal de choses,
avec les Forfaits Anti-Rechute.
Allez-y, servez-vous.
Vous allez bien trouver une tenue à votre taille.
-Et ça ?
-Des clientes qui ont appelé le jour de leur mariage.
-Incroyable.
-On aime sa liberté quand on la perd.
-Ou avant d'épouser un abruti. -Aussi.
Voilà le programme.
C'est une fête d'entreprise. -OK.
-Une cadre est sortie avec un type de la boîte,
puis ils se sont séparés.
Mais dans ces occasions, ils recouchent ensemble.
Elle veut qu'on les surveille.
-Une Love Is Dead de rappel, comme un vaccin.
-Exactement.
-Comme ça ?
-C'est parfait. A part la robe.
*Musique dansante
...
Bon. Cible masculine en vue ?
-C'est bien le George Clooney des Yvelines ?
-S'il avait fait Heineken à la place de Nespresso.
Moi, je m'occupe de la cliente.
-Elle est où ?
-Derrière vous, là.
La Charlize Theron de Picardie.
-Ah oui.
...
-Il est là, lui ?
-Il bosse avec eux. Il nous a rencardés.
-Alors, les Love Is Dead ?
Ca va ?
-Ouais. Et vous, Tony ? -Bof. J'ai un peu fait le tour.
-Vous avez déjà couché
avec tout le personnel ? -Ben... Non.
Pas la standardiste, là.
Elle est arrivée hier. On est pas des bêtes, non plus.
-Et notre Stéphanie, là-bas ?
-Ben, Stéphanie, non. Je l'ai pas fait, ça.
-Ca vous dirait pas... de la divertir ce soir ?
-J'ai toujours eu un doute sur ses seins.
-Elle en a deux.
-Dans ce cas...
je peux faire l'effort.
...
-Vous êtes très belle.
-Comment vous avez eu l'idée de Love Is Dead ?
-E.T. -E.T. ? L'extra-terrestre ?
-On se demande jamais ce qu'il fait sur Terre.
-C'est vrai.
-En fait, c'est qu'il s'est fait larguer par E.Tine, sa copine.
Ensuite, alcool, dépression... Il m'a fait savoir
qu'il trouverait utile
que des professionnels s'occupent des ruptures.
-Et sérieusement ? -Sérieusement.
Merde !
...
*Slow
-Vous sabotez la mission.
-Oh, ça va, on s'amuse.
Décoince-toi. Enlève le balai de ton cul.
Il faut lâcher prise.
-Non, non, non.
On reste ici. On reste ici, hein.
On savoure la fin du slow.
-Et qui va s'occuper de mon cul ?
-Je vous prête mon balai, si vous voulez.
-On pourrait pas changer de partenaire ?
-Je suis pas assez bien pour vous ? -Si, vous êtes super bonne.
-Ben, si je suis super bonne, emmène-moi faire un tour.
-Non, non, non.
Juliette !
...
...
Ah, parfait.
Tony, cadeau. Cadeau.
Regardez ce qui vous attend.
-Rebonsoir.
...
-Eh ouais, ce sont des vrais. Ce sont des vrais.
...
-Nuit courte ?
-Nuit longue. Sommeil court. -Vous avez fait du zèle, Juliette.
Le zèle, la version hystérique du professionnalisme.
-La cliente a couché avec son ex ?
Non, parce qu'il était avec moi.
Contrat rempli.
-Et alors, c'était comment ?
-Je suis partagée. Un cunnilingus interminable.
Il passe la langue
de haut en bas.
Je préfère les mouvements circulaires,
mais sans trop appuyer. -Ah oui, je vois. Un supplice.
-Enfin, j'ai joui 2 fois.
Ah non, 3 fois. A un moment, par-derrière...
-Très bien, bravo.
Mais champagne, alors.
Mais... fête du slip, hein. Carnaval.
Rires
C'est bien. -Oui...
-Donc circulaires ?
-Je l'ai mis dans un taxi et je suis rentrée chez moi. Seule.
Je sais pas pour qui vous me prenez.
Cris d'enfants
...
-Elle manque de sel, cette salade, chérie.
Hein, chérie ? Tu trouves pas que la salade
manque de sel ? -Non, chéri.
-Si, elle manque de sel.
C'est meilleur quand c'est salé.
La mâche sans sel, c'est du gazon.
Je t'en mets ?
-Non, ça ira.
-Régale-toi, chérie.
-Matteo, Isis, à table !
-Sam ?
Vent
-Ca vire au nord.
-T'as froid, là ?
-Je débarrasse le gazon ?
-Les enfants,
vous voulez de la salade ? -J'en veux bien.
-Tiens.
-Sam, tu rigoles ou quoi ?
-Sympa, cette moustache.
-Ton idée ? -C'est marrant.
-Je bannis le plastique.
-Sam, c'est bon, le plastique ?
-Ouais.
-Je peux avoir le sel ?
-Je t'ai rien demandé.
Je t'ai dit : "Yvon, va me chercher mon putain de gilet" ?
Merde, enfin !
Je suis pas encore handicapée, bordel de merde !
-Je te le pose là, chérie. -Allez, on mange.
-Ils s'énervent, hein.
-Ah, tu refais tout.
-Les bordés étaient pourris, alors quitte à refaire...
Et voilà. -Ah ouais.
Pas mal.
Il reste du boulot, quand même. -Ouais.
Bon.
-Maman, elle part au quart de tour.
-Ah...
C'est pas un âge facile, pour les femmes.
Elles passent toutes par là. Nous, on peut pas savoir.
On est sur le pont dès l'aube...
-En étant toujours à la maison, tu sens pas un petit malaise ?
-J'y suis jamais, je suis sur mon bateau.
-Et là-bas, c'est le cap Horn ?
-Ah non. Là-bas, c'est un saule pleureur.
-Je sais, papa. -Je sais que tu sais.
-Tu lui pourris quand même un peu la vie, avec ce bateau.
Je pense qu'elle a besoin de sentir qu'elle existe.
On pourrait croire qu'elle ne compte plus pour toi.
-Matthias...
Si un jour je peux plus me torcher le cul,
ta mère est la seule que je pourrai regarder dans les yeux.
Bip
-Maman ? -Oui ?
-Je dois envoyer un SMS et j'ai plus de batterie.
Ton code, c'est ma date de naissance ?
-Non. C'est 29 90.
29 comme le Finistère et 90 comme ma poitrine.
-Merci.
Merci.
-Alors, tu fais ça quand ?
-Tu veux pas faire un break ?
-C'est quoi ? -Vous vous séparez
pendant 6 mois, et après, vous vous remettez ensemble.
-C'est nul, les breaks.
-Vous faites
quoi, dans le noir ?
Ouais...
Trop gros pour ta mère, un break.
T'es bien, avec ta Mini.
Tu veux changer de voiture, chérie ?
-Non, mais c'est vrai.
T'as aucune raison de changer. Aucune.
Non, c'est moi.
Les couples que vous traitez ont souvent du mal à communiquer, non ?
-C'est une embuscade anti-charlatan ?
-Je suis désolé, j'ai dit n'importe quoi.
"Au secours, mes parents divorcent", ça me fait mal.
-L'obsolescence de l'amour est programmée.
-C'est lamentable. -Mais ce n'est pas une fatalité.
-Vous savez ce qu'une femme veut entendre après 40 ans de mariage.
-J'ai des notions.
-Aidez-moi à écrire un texto à ma mère.
-Quoi ? Pardon ?
-J'ai inversé les noms dans son répertoire,
et si je lui envoie un message, ça affichera "Yvon", mon père.
-Ah. Vous voulez prendre la place de votre père ?
-C'est ça, voilà. Mais dans son portable.
-Vous devriez consulter. -Justement, je vous consulte.
Je vous ai trouvée sur Google,
en tapant "meilleure conseillère conjugale".
"Plus belle conseillère conjugale", ça marchait aussi.
Je crois "plus intelligente", "plus sensible"...
"plus beau sourire de conseillère conjugale"...
Par contre, "plus compréhensive", je suis pas sûr.
-Vous vouliez écrire quoi ?
-"On peut vivre à côté de quelqu'un
"sans voir le fossé qui nous en sépare."
-Et après ? -Ah oui, après...
"Même si je ne suis plus celui
"dont tu rêves, tu es l'amour de ma vie.
"Ne l'oublie pas."
-"Ne l'oublie jamais." -Hein ? "Pas" ou "jamais" ?
-Les deux.
-Ah oui, les deux.
Hop. OK, c'est parti.
Bip
-Ah. Elle a pas l'air convaincue.
"Je veux revenir au temps
"où mes mains écrasant
"tes seins..."
-Ca va pas !
-C'est votre père. -Ma mère va pas...
-Votre mère vous a pas fait avec les oreilles.
Elle a envie qu'on lui parle d'amour et de désir.
"Mon sexe en toi..." -Non, non.
-"...quelques coups de reins suffisaient à..."
-Doucement.
-"...t'entendre crier ton plaisir
"sans retenue et sans pudeur."
Trop tard.
Bip
-Oh, merde.
Merde ! Merde !
-Vous allez devoir affronter ce divorce.
-Pas question. On reste en contact.
-Ca marche.
-Je suis désolée. -Il y a pas
de "je suis désolée" !
Clé dans la serrure
-Qu'est-ce qui se passe ?
-On a un souci. Elle m'avait promis de pas dormir sur son paillasson.
Je me suis pas méfiée. -Elle lui a filé
mon adresse ! -Il est fumasse
-Elle fait des rondes
autour de chez moi !
-Je découvre comme vous
ce petit dysfonctionnement.
-Avec vous, les Américains auraient eu Ben Laden le 12 septembre.
-Vous lui avez parlé ? -Non. Je suis venu directement ici.
-On va gérer la situation.
-J'ai payé pour un service !
Je ne veux pas de problème.
-Vous serez hébergé au 3, rue Auguste-Ferdinand. 4e gauche.
-Mais c'est chez moi.
-Bien, Juliette.
Cas de force majeure.
On doit protéger Allan, et vous n'y êtes pas pour rien !
Merde !
Voilà, Allan. J'espère que vous êtes rassuré.
-Oui. Merci.
Merci pour le... pour le geste commercial.
-Les coordonnées des clients sont à protéger
comme des codes nucléaires. Vous voulez couler cette boîte ?
-Elle venait de se faire quitter...
-Juliette, la cible affective, on s'en fout.
Elle est bien entourée.
Notre Allan a choisi l'indépendance et la liberté.
Et pour ça, même ses amis vont insulter son nom
et toute sa descendance. Donc c'est lui qu'on défend.
-Pardon.
J'ai mis un peu trop d'affect. -Un tout petit peu trop.
Il serait bon de séparer l'affectif et le professionnel.
C'est la sensiblerie ou Love Is Dead.
Allez, allez.
-Non ! -Lâche !
Hop, hop, hop.
Don't fuck with me.
Il sait que vous l'aimez. -J'allais taguer "Je t'encule".
-Vous deviez rester digne !
-Vous voulez passer la nuit au poste pour vandalisme ?
-C'est moi qui vais porter plainte. -Pour quoi ?
-Destruction de vie sentimentale ? -Ben ouais, peut-être.
-On n'a rien détruit. Allan non plus.
Il a constaté la fin de la relation.
C'est une rupture. -Gros con !
-C'est bien. Libérez la colère.
Soulagez-vous. -Soulagez.
-Inutile de rester ici. Allan a été exfiltré.
-Rétention d'informations, atteinte à la vie privée.
Vous le payerez. Je vais monter une association.
-Vous êtes en plein décalage.
Vous vivez dans un monde révolu. -Depuis 2 mois.
-Allan ne veut plus être avec vous.
Il est temps de réagir.
-Là, elle a réagi.
-C'est bien. Il fallait que ça sorte.
A tout de suite. On t'attend.
-N'importe quoi, cette consultation. -Ca doit pas y ressembler.
Si elle devine qui vous êtes, elle va se braquer.
-Une non-consultation.
Moi aussi, je vous ai "googlisé".
-Ah bon ?
-C'est dingue, parce que j'ai rien trouvé sur vous.
Vous faites quoi, dans la vie ?
-Je suis biologiste.
-Ah ! -Ouais.
La pérennité des espèces...
Mécanismes d'accouplement.
Pourquoi, parfois, ça se grippe et une espèce meurt.
-Une espèce peut volontairement cesser de se reproduire ?
-Darwin a pas tout compris.
-C'est contre nature.
-Mon fils. -Salut, maman.
-Ca va ?
-C'est rien. Je me suis cogné.
Ca va ?
-Bonjour. -Bonjour.
-Alors... Ma mère, Claudine. Léane.
-Je suis contente. Il ne nous a jamais présenté personne.
Il est très timide,
ou alors, il a honte de nous.
-Non, Léane est une amie.
Elle est journaliste, et sa spécialité, c'est le couple.
-Je tiens juste le courrier du coeur.
Et la page sexologie.
-Ah ! Il vous a raconté.
-Non. Quoi ?
-Le haricot. -Maman
-Je vais quitter son père.
-Ah bon ? C'est pas vrai. -Ben si. Quel gâchis.
-J'ai pas l'habitude de vivre en couple.
-Non, juste 40 ans de mariage. -Avant, il travaillait.
Il partait à 7 h 43 et revenait à 19 h 13. Ca m'allait.
Depuis qu'il est à la retraite,
il se mêle de tout, même de mes grilles de sudoku.
-Il travaille sur son bateau.
-A 3 m de ma terrasse. -Il a besoin
de se créer de nouveaux repères, de réinventer sa vie.
-Oui. Il va réinventer, mais sans moi.
-Vous n'avez pas de projets à deux ?
-Il veut qu'on fasse des ronds dans l'eau
parce que je lui ai dit que j'aimais la mer.
Non, mais moi, je veux... une croisière de luxe,
avec une cabine double, un Jacuzzi,
les Caraïbes...
Je suis pas accompagnatrice pour personnes âgées.
-Tu parles de papa ? -J'entends
votre angoisse de vieillir ensemble.
-Hors de question qu'on se regarde mourir.
Je supporte pas bien cette idée-là.
-Personne ne vous y oblige. -Vous...
Qu'est-ce que tu sous-entends ? -Ta mère devrait partir en croisière.
Vous êtes le 1er à me présenter sa mère avant de tenter une approche.
-Pourquoi vous lui dites de s'éclater à 62 ans ?
Vous deviez les rabibocher.
-Mais vous êtes le 1er à m'engueuler avant de tenter une approche.
Je comprends pas ce qui vous traumatise.
-Je dois être un nostalgique de l'amour éternel.
-Vous avez pas une tête de nostalgique.
-Ni vous, une tête de conseillère conjugale.
-Je vous dépose quelque part ?
-Oui. Chez vous.
-D'accord.
-J'imagine que...
pour vous, confondre l'affectif et le professionnel, c'est exclu.
-Il faut éviter les règles trop strictes et les grandes théories.
-Ca, c'est une théorie.
-Et ça, c'est de la théorie ?
-Ah non. Ca, c'est...
bien.
-Nuit courte ?
-Nuit longue. Sommeil court.
-Pour rattraper ma boulette avec Allan Caradec,
j'ai fait une petite statistique sur Love Is Dead.
-J'aime quand vous prenez des initiatives.
-Merci. -Ca va, avec votre colocataire ?
-On se supporte.
-Euphémisme : vous couchez ensemble.
-Vous mettez vos clients dans mon lit.
-Je suis désolé.
Et cette fois-ci, le cunnilingus, c'était comment ?
-Et vous, la fellation ?
-Bon. C'est quoi, cette stat, là ?
-37 % des gens qui ont des hémorroïdes
ne consultent jamais.
-Merci. Je vais vraiment passer une bonne journée.
-Ils ont honte. Comme les gens qui ne viennent pas chez nous.
Comment un truc honteux ne l'est plus ?
-Euh... La pub.
-La norme. Love Is Dead doit devenir la norme.
-Qu'est-ce qui
vous prend ? -Je dois sortir de la stagnation,
prendre des responsabilités.
Et je dois mener mes propres missions.
Avec augmentation de salaire.
-Ah non.
-Ah, voilà. Je m'en doutais.
Donc vous êtes radin.
-Juliette, vous n'êtes pas prête.
Vous jouez les gros bras.
Votre petit coeur naïf va craquer à la moindre résistance.
Vous êtes un petit oiseau fragile.
Honnêtement, vous êtes prête ?
Vous êtes pas prête.
Vous êtes prête ?
Vous êtes pas prête.
Il y en a qui disent qu'elle est prête.
Moi, je crois pas.
Juliette, je plaisante. Juliette...
Pleurez pas, Juliette. Oh, hé.
Non, mais Juliette... Oh, pardon.
Arrêtez, je vais m'y mettre. Arrêtez.
On va vous choisir une petite tenue de combat.
-Et c'est moi qui suis sensible.
-Ne refaites jamais... C'est immonde, ce que vous venez de faire !
Huées
...
-On fait quoi ?
-J'appelle Tony ? -Parfait.
-Mais... hé ! Mais... ho !
-Parfaite pour un début.
Pénélope travaille dans une bijouterie.
Elle commence à organiser une vie Livret A.
Son mec veut se barrer.
-Un mec courageux. -On juge pas.
Je mets en place la situation prétexte.
Après, c'est tout droit. -OK.
-Allez.
-Vous allez faire une heureuse. -J'espère.
(-Il vous l'a pas dit ?)
(-Il a soigneusement omis de m'en parler.)
(-Pas de sensiblerie.) (-Chut.)
-Bonjour.
-BONJOUR.
-Je peux vous aider ? -Oui. J'aurais voulu vous parler
Tranquillement... -Oui. On est tranquilles, là.
-AH OUI.
-De ce collier.
C'est bien de l'or ? -Ah oui. 18 carats.
Ramassé au tamis dans la rivière. -Oh...
Chérie, tu veux l'essayer ?
-Euh... Si.
Oui. -Excellent. Je vais chercher la clé.
-Merci.
(-Ca y est ? J'attaque ?)
-Ca dépasse nos compétences. On reviendra plus tard.
-Il faut qu'elle apprenne la vérité. On termine la mission.
-Un souci ? -AUCUN.
-Alors... c'est pour quand ?
-Ca pourrait être maintenant. Je suis à 8 mois.
-C'est très proche de 9.
-Et le papa ? -Il est ravi.
Un peu stressé, mais il a tellement hâte de le serrer dans ses bras.
Et voilà. C'est superbe, sur vous.
-Soyons fous, on le prend. Carpe diem.
-Ce n'est pas bien
de mentir.
-Il vous va très bien.
-A propos de Lucas. Il est pas ravi d'avoir cet enfant.
-Elle a un humour très sec,
comme sa mère. -Comment connaissez-vous son nom ?
-Nous travaillons pour la société Love Is Dead.
Lucas vous quitte.
Comme ce papa en or n'a pas mentionné l'existence de votre bébé
lors de nos entretiens,
vous pouvez considérer
que vous serez seule pour élever cet enfant.
-Mon agent le plus rude. L'école russe de Love Is Dead.
-Ce fumier qui vous quitte
à 8 mois de grossesse
ne mérite pas une larme.
-Ne stressez pas ce petit bébé.
-C'est ça. Fermez la boutique.
Bourrez-vous la gueule. -Je peux pas !
-Elle doit accepter la séparation,
pas accoucher sans péridurale !
-Je ne prends plus de leçons d'un patron comme vous.
-Vous avez beaucoup changé.
Halètements
Ambulance, là.
Sirène
...
-LOVE IS DEAD, T'ES FOUTU, LES LARGUES SONT DANS LA RUE !
MATTHIAS, PAUVRE CON, LAISSE-MOI MA SEPARATION !
LONISSE, TU PUES, OCCUPE-TOI DE TON CUL !
LOVE IS DEAD, T'ES FOUTU, LES LARGUES SONT DANS LA RUE !
MATTHIAS, PAUVRE CON, LAISSE-MOI MA SEPARATION !
-LONISSE...
-Votre abonnement est résilié.
-Je suis féministe, maintenant.
-C'est vrai ? -Oui.
-Vous, qu'est-ce que vous voulez ?
-Je veux revoir Allan une dernière fois.
-Quitte à souffrir 2 fois plus ?
-OUI !
-A ne pas faire le deuil ?
-OUI !
-A être aigrie
parce qu'il vous rejette ?
-OUI !
-Et vous faire des rides sur le front ?
-OUI !
-Très bien. Rendez-vous ici dans 2 heures.
Allan sera là.
Cris de joie
...
-Encore un câlin.
...
-BACHE.
On frappe à la porte.
...
-Il est où ?
-Simple précaution.
-C'est bon.
-Ah oui. Donc on est dans Dexter.
-Bonsoir, Allan. -Bonsoir.
-Allez, allez. -OK. C'est bon.
-Nous avons cédé devant le droit constitutionnel de Clarisse à vivre
une ultime scène de rupture. -Il m'a fallu beaucoup
de courage pour te quitter.
-Du courage pour envoyer cette merde me quitter à ta place ?
Tu te rends compte de l'humiliation ?
-Vous avez accès à ce qui est ici jusqu'à demain, 8 h.
En cas d'urgence, appelez ce numéro.
-Allan, ce dîner,
c'est pour dire à Clarisse que vous la quittez.
Vous lui offrez ces fleurs
pour ouvrir le dialogue.
(-Vous pouvez réagir.)
-Non !
-Champagne !
-Salope !
-Viens là, fils de pute !
Fils de pute !
-Allez, on va vous laisser.
-A bientôt.
-Salope ! Salope !
-Attends ! Attends !
Attends !
-Dans mes recherches,
j'ai vu qu'il y a beaucoup de créatures terrestres
qui ne forment pas un couple, mais qui aiment leur congénère,
communiquent, s'entraident, copulent
et survivent en harmonie.
-Comme ? -Les dauphins.
Nos amies les palourdes.
-Et toi, en tant que scientifique,
eux, là...
tu penses qu'ils en sont à quelle étape de leur relation ?
-Je pense que c'est très récent.
Ils se regardent beaucoup, il y a de la complicité.
Il a voulu l'impressionner :
le cadeau nuptial des animaux,
qui offrent une proie
ou des objets brillants aux femelles pour les amadouer.
-Je pense que c'est une espèce en voie d'extinction.
Ils s'offrent un bon resto après un break,
alors que la fille,
elle a le portable dans la main. C'est mal parti.
-Toi, t'es très pessimiste, comme conseillère conjugale.
-Non, ça dépend.
Mais le truc le plus important dans une relation...
-Cette fois-ci,
c'est moi qui t'ai surpris.
Bonsoir.
-Bonsoir. -T'es en mode boulot
ou perso ?
-Perso.
-Tant mieux pour vous, mademoiselle. Un vrai chacal.
-Il déconne. Tu déconnes, Xav.
-Pas du tout.
Et venant de ma part, c'est un compliment.
Il a retourné la tête de ma femme.
Et comme elle avait 51 % des parts, j'ai plus rien du tout.
Tu le savais, non ?
-Je suis un rat de laboratoire. J'exécute.
-Tu fais ce qu'on te demande,
t'es jamais responsable, c'est jamais ta faute.
So French.
Bon appétit.
-Bonsoir. -Bonne soirée à toi.
-T'as pas que des amis, chez les biologistes.
-Qu'est-ce que tu trouvais important dans une relation ?
-La sincérité.
-Ah oui, bien sûr.
Oui.
Ouah. -Carnage.
-Et ils avaient des doutes sur la nécessité de cette rupture.
-J'ai entendu parler d'une autre rupture nécessaire, hier.
Votre maman a appelé. Pour elle, c'est quoi, le plan ?
Votre réputation de grand destructeur de couples en prend un coup, là.
-Mon père et ma mère, c'est pas un couple. Ce sont mes parents.
-Quand il n'y a plus d'affection,
de tendresse,
ni même la douce habitude du vivre ensemble,
qu'il ne reste qu'une indifférence cordiale,
mieux vaut achever la bête.
Et c'est ce que vous savez faire de mieux.
Même si c'est dur.
Et moi, je suis là.
Venez, venez, venez.
Voilà.
Voilà.
Ah...
C'est bon.
Voilà.
C'est du pain complet. Venez, venez.
Ah non, pas les canards.
Barre-toi, toi.
Mais barrez-vous,
saloperies !
-Maman !
Mais on se calme, là.
-Vermine.
Bon, alors.
Tu comptes attendre combien de temps, pour parler à ton père ?
Je pars demain, alors tu dois faire ça ce soir.
-Il faut un minimum de préparation.
Il y a des étapes à respecter.
D'abord, il faut enregistrer un message preuve.
OK, voilà. En peu de mots mais nettement, tu dis l'essentiel,
le truc que tu veux qu'il entende.
-Là, maintenant ? -Oui.
-Yvon, tu m'as bien emmerdée, et il y a des limites au quota.
-C'est tout ?
-Oui. -Il doit
comprendre la démarche.
-OK, OK. OK.
-Allez.
-Yvon, tu m'as bien emmerdée, donc je m'en vais.
Je te laisse la maison. Pour les clés, on s'arrangera.
Je garde la Mini.
Et n'oublie pas de rendre le vélo à la voisine, qu'elle m'a prêté
avant le week-end.
C'est bon ?
-Quand il va écouter ce message, ce sera un peu rude, pour lui.
Il faudrait un peu adoucir la chose, essayer d'avoir des mots apaisants.
-Apaisants ?
Yvon, quand tu entendras tout ça,
ne prends pas de café à cause de la tachycardie.
-On y retourne.
*Musique rock
...
-Attention.
Voilà. Allez-y. Oui, pas mal.
-Viens.
Il faut qu'on parle.
-Qu'est-ce qu'il a dans son petit cartable ?
Il a oublié de faire signer son carnet ?
La maîtresse l'a grondé ?
-Ma société s'appelle Love Is Dead.
-Je sais. J'ai mis des billes dans ton bidule.
-C'est pas un bidule.
Notre société propose aux clients d'intervenir à leur place,
quand ils n'ont pas l'envie, le temps
ou le courage d'affronter les peines d'une rupture.
Récemment, maman...
m'a mandaté pour effectuer une mise à terme de votre relation.
-C'est quoi, ce petit numéro ?
Tu fais une répétition générale ?
...
-Elle te laisse la maison.
...
-Matthias...
Je te l'ai jamais dit, mais tu fais un boulot de merde.
Avec ton petit costume et ta cravate pourrie, là,
tu me fais pas pitié, tu me fais honte.
-Vous aimez mes initiatives ?
-Euh... Ouais.
-Voici un complément de service.
-"Rupture Rescu." -"Cue" !
-"Cue."
-C'est un guide d'assistance psychologique,
un manuel de survie post Love Is Dead,
pour s'en sortir en douceur en 10 étapes fonctionnelles.
-"Pour lutter contre la colère, penser aux erreurs faites."
-Bien traitées, nos cibles seront les premières à nous faire de la pub.
-Je vois pas l'intérêt. -Nous éviter une hémorragie
de Clarisse, par exemple.
Avec un minimum de prévention,
on quittera les lieux sans laisser de plaie ouverte.
Tout à l'heure, j'en parlais avec Léane. Elle était d'accord.
-Léane ?
-Léane Marciano. Très belle femme.
Conseillère conjugale, ennemie jurée de notre profession.
Enfin, bref...
Je croyais qu'on les aimait pas, quoi.
-Ouais, je vois.
On s'est croisés à propos d'un client.
-Vous le prenez bien.
J'ai été mandatée par Marciano, Léane pour vous dire
qu'elle ne voit pas "comment quelqu'un de sensé pourrait
"construire une relation avec un menteur".
Je suis obligée de vous demander de me signer le contrat de rupture.
-Bon, OK. C'est pas mal, Juliette.
Vous avez oublié la lettre manuscrite.
-Plus tard, s'il y a déni de la cible.
Genre : "C'est une caméra cachée ?" -Il faut assommer l'adversaire.
-OK, c'est noté.
-Et quand la bête est à genoux,
hop, vous sortez le Dictaphone.
-Oui... -Ca devrait déjà être fait.
-Je voudrais pas vous accabler.
-Soyez professionnelle. Il faut pas me décevoir.
Engagez-vous à fond.
-Bon.
*-Ton angoisse, au début, c'était romantique.
Puis j'ai découvert ton métier. Ah, tu t'en es pas vanté.
Il y a des boulots pas glorieux, mais le tien est à vomir.
Tu t'es foutu de moi. Avec moi, sans sincérité,
love is fucking dead!
-C'est peut-être le moment d'inaugurer Rupture Rescue.
-Vous pouvez rentrer chez vous.
Sonnerie de portable
...
Léane ? *-Non, c'est Olivia. Ca va ?
-Ouais... *-J'ai besoin de te voir.
Je suis dans un bar. -C'est à propos de maman ?
*-Non, à propos de Juliette. Elle m'a tout raconté.
-Quoi ?
*-Elle t'a fait une Love Is Dead.
Elle croyait bien faire. Elle pense que tu vas la virer.
-Je suis crevé, là.
Je suis sonné, quoi.
*-On est au bar Le Jour de fête.
Ca fait deux heures qu'elle pleure, alors tu rappliques. OK ?
*Musique techno
...
-Il est là.
-HAPPY LOVE IS DEAD !
-Ca vous plaît ? -C'est quoi ?
-C'est pour votre 1re Love Is Dead.
Une fête post-partum.
Après une rupture, la meilleure chose à faire,
c'est profiter de la vie.
-Pas de quoi faire une bar-mitsvah, non plus.
-On teste le concept de la Love Is Dead Party.
-Je suis votre cobaye, en fait ? -Oui.
Salute.
Cul sec.
*La Roux : Bulletproof
...
Bitter's Kiss : Love Won't Make You Cry
...
-Ca va ? -Qu'est-ce que vous faites là ?
C'est votre jour de congé.
-Je venais aux nouvelles.
-Ca va.
En tout cas, la danse du donut était super.
-Ca vous ferait du bien, d'aller jouer au golf sur du vrai gazon.
-Ouais...
Ouais, c'est vrai.
Je vais le faire. -Eh ben, voilà.
-Je vais le faire.
Je suis prêt à partir, en fait.
-Quoi ?
-Je voudrais vous confier Love Is Dead quelque temps.
En fait, j'ai besoin
d'une interruption volontaire de ruptures.
Ouais.
-Quoi ?
-Au revoir.
-Au revoir.
Battements de coeur
...
-On sera dans la même classe ? -J'espère.
-Matteo, Isis, venez. On joue au foot.
-Allez, envoie, envoie.
-Passe, Matteo.
Il va marquer. C'est le but !
-On va faire une petite cérémonie pour dire adieu à ta tétine.
Ce sera très facile. Ce soir, tu n'y penseras plus.
Voix à l'hélium
-C'est le ballon magique.
-On va faire un noeud.
Allez, donne à papa.
-Bravo, mon Sam.
-T'as pas envie d'envoyer
tes clopes dans le ciel ?
-Mais très bonne idée, ça.
Ritualiser le détachement pour garantir son succès.
Bien sûr. Allez.
Mais bien sûr, bien sûr.
Ca, c'est pas pour toi.
-AU REVOIR, TETINE.
AU REVOIR, TETINE.
-Adieu, les clopes.
-Au revoir, tétine.
-Vous vous demandez qui je suis ? -Oui, un peu.
-Moi aussi.
Vous pensez que je vous drague. -Oui, un peu.
-Vous pensez que je veux discuter ? -Oui, un peu.
-Parlons des filles qui disent : "Oui, un peu."
-J'en connais pas.
-Bonjour. -Bonjour.
-Laura, Matthias Lonisse,
le fondateur de cette très belle entreprise.
-Désolée. -Enchanté, hein.
Oh là là là là.
Donc c'est immense, quoi.
Etre sur la rue, vous pensez que c'est mieux ?
-Ben oui. Les gens veulent nous trouver facilement.
Donc ça, c'est la Rupture Box.
Des petites activités à pratiquer après une séparation.
Donc on a de la vodka, du chocolat
et des musiques qui font bien pleurer.
-Et là, c'est quoi ?
-La grande nouveauté.
La salle des confrontations, ou Emergency Room.
-Emergency Room...
-J'ai repris votre concept Allan-Clarisse.
Les couples viennent se dire
ce qu'ils ont sur le coeur,
et quand c'est fini, hop : contrat, signature, chèque.
La rupture est validée et actée dans mon bureau.
-C'est magnifique.
-Venez.
Et donc...
ici, ce sera...
-Pas mon bureau.
-Attends. Super, mais on va essayer autre chose.
-Monsieur Lonisse ? -Oui.
-Je suis votre plus grand fan. J'adore le vélo.
Vous êtes le Steve Jobs de l'amour. -C'est gentil.
Un client ? -Non. On recrute un FAR Executive.
Un nouveau spécialiste des... -Des Forfaits Anti-Rechutes.
-Là, nos téléconseillers.
Brouhaha
...
-Vous avez changé la vie de milliers de gens.
Vous leur offrez une liberté dont ils n'auraient pas rêvé.
Ils ont besoin de vous.
J'ai besoin de vous.
-Vous vous débrouillez très bien toute seule.
Je suis désolé, c'est vrai.
-Vous avez du mal à faire le deuil ?
-Je dois bien reconnaître que, depuis que j'ai décroché,
c'est un peu dur, ouais.
-En somme, vous peinez à rompre avec la rupture.
-Mais c'est ça.
C'est plus fort que moi.
Je sais pas... Vous êtes médecin.
Il y a des couples, c'est une obligation morale, de les traiter.
-Cela peut arriver.
-Hier, par exemple,
j'ai croisé votre compagne.
Elle m'a expliqué votre situation et...
ça m'a touché.
La prochaine fois, on essaye l'hypnose.
-Oui. -Tope là.
Sous-titrage : Eclair Media
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