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Original subtitles

OCTOBRE 1942

LA VEILLE DU DÉBARQUEMENT AMÉRICAIN EN AFRIQUE

UNE BASE SECRÈTE DE COMMANDOS DANS LA MÉDITERRANÉE

Voici des soldats italiens. Comme vous aujourd'hui.

Regardez-les bien. Vous venez de passer six mois à Brescia.

C'est ici qu'est basé votre régiment.

Bien entendu, vous connaissez tout par cœur.

Les stades, les cinémas, les théâtres, les chansons.

Et les infirmières !

Tous les dimanches, examen complet dans le parc à 15 h !

Bon, ça suffit.

Une bataille décisive à Marmarica.

Le 28 juillet de l'an dernier.

Rappelez-vous.

Vous y étiez. Comme à Brescia.

Vous avez combattu avec vos alliez allemands.

Voilà vos alliés.

L'AfrikaKorps.

C'est lui qui remplace Freeman ?

Un autre gratte-papier envoyé par l'état major.

Merci.

Salut fasciste.

Partie trois, paragraphe C, page 2 de vos instructions.

Ordre opérationnel.

Parfait, Sergent. Je suis le capitaine Valli.

Sergent Sullivan.

Mettons d'abord les choses au point.

Je n'ai pas dit au lieutenant Freeman de se casser une jambe.

- Nue étrange coïncidence. - C'est-à-dire ?

Dino et moi étions avec Freeman depuis les Philippines.

- Hein, Dino ? - Oui.

Un mois là-bas contre une division de Japonais.

On est trois à en être sortis vivants.

Je sais, j'ai lu le rapport officiel.

Vous vouliez Freeman plutôt que moi.

Je n'ai pas dit ça.

Vous n'aviez pas besoin de le dire.

Garde-à-vous.

Voici le capitaine Valli, le nouveau commandant.

Il commandera notre mission.

Merci.

Ils ont eu un mois d'entraînement spécial.

On a choisi les meilleurs, tous parlent italien.

Ils sont tous américains d'origine italienne.

Un seul est n'est pas d'origine italienne.

C'est moi.

Mais Sergent, on vient tous d'Amérique. On ne mange que des hot-dogs.

Vous êtes aussi d'origine italienne ?

Bien sûr. Mon père est italien. De Palerme.

C'est à cause de nos origines qu'on nous a choisis.

Parce qu'on parle italien.

Et parce que si on est nés ou avons vécu en Italie,

avant tout, nous somme citoyens américains.

Même des repris de justice, comme ces deux-là.

Vous me croyez pas ?

Jetez un œil aux fichiers de la police de Chicago.

- Arrête de faire le malin. - On n'est pas à Chicago.

Du calme.

Vous avez fait votre numéro, et on a bien rigolé.

Mais trêve de plaisanterie.

Le temps presse. On part bientôt.

Notre nouveau commandant est arrivé.

Non, repos, Sergent.

Oublions les formalités.

D'accord ?

Ce n'est pas une visite officielle.

Je sais que vous auriez préféré voir Freeman à ma place,

mais la guerre ne s'arrête pas à cause d'une jambe cassée.

- Que cherchez-vous à me dire ? - Vous connaissez les hommes.

Vous les avez entraînés, ils vous font confiance.

Mais à part Dino, vous êtes le seul à avoir l'expérience du combat.

J'ai même eu une médaille.

Oui.

Sullivan. Je suis venu car j'ai besoin de votre aide.

Bien sûr, on est tous des amis. Toujours la même rengaine.

Je sais que vous avez besoin de moi.

- Une minute. - Asseyez-vous, Capitaine.

Quel est votre expérience du combat avec les commandos ?

Vous savez ce que ça veut dire d'emmener ces gars au combat ?

J'ai conçu l'opération exactement dans les moindres détails.

Exactement.

Mais que savez-vous exactement ?

Vous avez écrit sur du papier.

Mais savez-vous ce que ça veut dire de tuer quelqu'un avec ça ?

Ou avec ça ?

D'enfoncer un couteau dans la gorge ou le ventre et le tourner ?

Vous devez tenir le gars fort.

Pour pas qu'il se libère avant que vous l'ayez tué.

Vous avez déjà senti l'odeur du sang, Capitaine ?

Une odeur chaude, qui donne la nausée.

C'est pas une belle histoire, Capitaine.

Peu en sont revenus pour la raconter.

Que diable savez-vous exactement ?

Je vous ai amusé ?

Je vous attends au rapport vous et vos hommes demain à 10 h.

Je suis sûr que vous exécuterez mes ordres à la lettre.

Au cas où ce ne serait pas clair, c'est moi qui commande, ici.

Voici l'oasis.

Notre point de chute.

On sera parachutés dans le désert à 3 km de notre but.

Nous avons une heure pour arriver aux puits

et prendre la place des Italiens qui l'occupent.

Mais…

On doit tous les tuer ? Même ceux qui dorment ?

Ne te fatigue pas la cervelle.

On fera exactement ce que dit le capitaine.

Pas de prisonniers.

C'est exact.

Seul deux officier et le radio seront épargnés. Ils nous seront utiles.

J'espère que vous comprenez l'importance de notre mission.

Elle prépare l'opération Torche.

Les Américains et les Alliés doivent débarquer en Afrique du Nord.

On doit défendre le point d'eau à tout prix.

C'est la seule source d'eau à des centaines de km.

L'ennemi, en se repliant, ne doit pas le détruire.

Nous savons qu'une division blindée allemande

se trouve à 50 km de là.

Vous devez le savoir, car vous aurez à les affronter.

Ils viendront se ravitailler en eau.

La situation pourrait se compliquer.

Nous devons toujours nous rappeler notre nouvelle identité.

Vous êtes des soldats de l'armée royale italienne.

Oublions que nous sommes américains.

On doit manger, dormir et penser en italien.

Rappelez-vous. Les Allemands sont là

et ne doivent se rendre compte de rien.

Bon.

Vous les soldats italiens. Jetez tout dans ce casque.

Vos amours, vos souvenirs. Vous avez une chance de vous confesser.

Avant de tomber de 6 000 m et de vous casser le cou.

Commence.

D'accord.

D'abord mon père et son mauvais anglais.

Ma mère et son rosaire, mes trois sœurs,

et 15 ans de petits boulots chaque semaine en Amérique.

Je jette tout là-dedans. Oublié. Fini.

Et toi, tu mets quoi ?

Moi ?

Une pelle.

Pourquoi mon père est parti en Amérique pour être fermier ?

Il aurait pu l'être chez lui en Sicile.

Et vous deux, les anges, vous jetez quoi dedans ?

- Je passe. - Moi aussi.

Pas de vol à main armée ? D'extorsion ?

De racket ? Allez, jetez tout ça dedans !

Je te donne un conseil, l'ami.

Ne plaisante pas avec certaines choses.

Ça porte malheur.

Demande à celui-là où il garde sa mère.

Je vais vous tuer !

Vous êtes devenu fou ?

Lis.

"Empire State Photographers" ! C'est en Italie ?

On risque notre peau avec ça !

- D'autres ici ont des secrets ? - Assez, Sullivan.

Je veux voir tout le monde assis !

Allez !

Tout le monde, vous y compris, Sergent.

- Prêts à sauter ! - Prêt.

Allez.

Bonne chance, Sullivan.

Le signal.

Vingt-quatre, 25…

On fait quoi ? On prend du retard. Il en manque deux.

Restez calme, Capitaine.

Les voilà.

Dino.

Cet idiot s'était emmêlé. J'ai dû le libérer.

Corbi.

- Sullivan. - En route.

Vous, avec moi.

Allons-y.

Une revanche. Tu vas te refaire.

Non, on part à l'aube. Notre boulot à l'oasis est terminé.

Bonne nuit.

Je vais dormir un peu.

- Alors, il est prêt, ce café ? - Dans une minute.

Non, c'est l'heure de relever la garde. Je repasserai plus tard.

Qui va là ?

Hé, camarade.

Il fait trop chaud. Impossible de dormir.

- Cigarette ? - Non, merci. Bonne nuit.

C'est bientôt prêt, Sergent.

Pardon, Capitaine !

- C'est toi, le radio ? - Oui, Capitaine.

Écoute-moi bien. Si tu tiens à ta peau, pas de bêtise.

Fais exactement ce qu'on te dit.

Qu'est-ce que tu as ?

Rien.

Debout, c'est ton tour de garde.

Toi aussi. Debout.

- Des commandos ? Combien ? - Aucune idée.

Partons.

Go !

Allez !

Des Allemands.

- Sortez ! - On est encerclés !

Allez voir s'il y en a d'autres.

Attention, Capitaine !

On n'est pas armés !

Sullivan, ça suffit ! Vous m'avez entendu ? Assez !

- Vous avez dit pas de prisonniers ! - Ne discutez pas !

Il y a des Allemands dehors. On est découverts.

Des Allemands.

Allons-y. Dino, surveille-les. Vite !

Ils sont tous morts. Il n'y en a pas d'autres.

Feu !

- Envoyons les prisonniers devant nous. - Vous êtes dans la mauvaise armée.

Que suggérez-vous ? Le jour va se lever.

On doit faire sauter la porte. Utilisons des explosifs.

C'est Riccio.

Il y a une entrée de l'autre côté.

Essayons par là ou il sera trop tard. Couvrez-nous, on y va.

De ce côté !

Riccio, le bazooka. Éliminons la mitrailleuse.

Putain, c'est qui, elle ?

Pourquoi n'êtes-vous pas partie avec les autres ?

Pour aller où ?

En Tunisie ? En Italie ?

Non, Il y a trop de concurrence.

Je gagne plus ici.

Capitaine, qu'en dites-vous ? Je la fouille ?

- Restez dans votre chambre. - C'est ici que je travaille.

Et si des clients viennent me voir ?

Je dois bien les recevoir.

Les hommes ne doivent pas venir ici. Compris ?

- Pas une goutte de Coca-Cola. - C'est pour ça qu'on leur fait la guerre.

On te l'a pas dit ?

Vous êtes le directeur de l'hôtel ?

Vous lui avez expliqué la situation, Sergent ?

Sauvez le puits, et Allah vous protégera.

Oui, il a compris.

Et les prisonniers, Capitaine ? On les épargne ?

Exécutez mes ordres.

À vos ordres, Capitaine.

J'espère que vous savez ce que vous faites.

- Emmenez-les au sous-sol. - Allons-y !

Lieutenant.

Juste une question. Je vous conseille de bien me répondre.

Que faisaient ces trois Allemands ici ?

Tu as entendu ? Trois.

Ils ont pas eu le 4e.

- Interdit de parler ! - Salaud !

J'attendais une excuse pour te buter !

Calmez-vous, Sergent.

Emmenez les prisonniers.

Allez !

Tuez-moi, mais je ne parlerai pas.

À vous de trouver ce qu'ils faisaient ici.

Vous ne tenez pas beaucoup à vos hommes.

- Leur sort dépend de vous. - Comment ça ?

Si vous ne coopérez pas, si vous faites un pas de travers,

je les ferai fusiller.

- Vous ne pouvez pas faire ça. - Je le ferai sans hésiter.

Alors, ces Allemands ?

Ils étaient ici pour miner le puits.

Ils devaient repartir demain matin.

J'espère qu'ils nous renverront vite au front.

Vous avez entendu ? Le professeur a retiré son masque.

Sous le modeste uniforme d'un simple lieutenant,

bat le cœur d'un vrai soldat.

Garde-à-vous ! Un nouveau Rommel est parmi nous.

Repos. Je suis sérieux.

Au front, on se repose plus qu'ici.

Non, professeur.

Tu ne peux pas nous décevoir chaque fois comme ça.

Le destin d'un professeur comme moi,

c'est celui d'avoir à décevoir des héros comme toi.

Ne me fais pas rire. Lieutenant.

Je ne voulais pas t'offenser, Rudi. Je plaisantais.

Nous aurons bientôt le même grade, je te connais.

Tu cherches toujours à monter en grade. Félicitations.

Tu as l'étoffe d'un colonel.

Non, c'est trop beau pour être vrai.

Vous vous apprêtez à passer la soirée à l'oasis.

Je ne pense pas que le colonel nous autorisera.

Tu te trompes.

Le colonel est de bonne humeur. De nouveaux chars sont arrivés.

De nouveaux panzers ? Et tu ne me disais rien ?

Hier, ils ont bombardé le camion postal.

Le colonel n'a pas reçu sa lettre parfumée.

Ça le rend nerveux.

- Des nouvelles ? - Rien de leur côté.

- Ils ne parlent pas de l'atterrissage. - Restez à l'écoute.

- Prévenez-moi si vous avez du nouveau. - Oui.

Il y en a déjà…

Capitaine.

Les camions-citernes italiens arrivent.

Jouez ici dans la cour.

- Tu joues gardien. - Non.

- Vous êtes prêts ? - D'après vous ?

Allez.

- Et ce bouchage de trous ? - J'ai presque fini, pas mal, hein ?

Ne fais pas ce geste, tu as l'air d'un Américain.

Ils arrivent.

J'espère que je n'ai pas à vous rafraîchir la mémoire.

Dépêchez-vous avec l'eau.

- Salut. - Je vous ai jamais vus ici. Pourquoi ?

On est nouveaux.

Lieutenant, la facture.

Passe-le-moi. Vite !

Excusez-moi, Lieutenant ! J'ai pas fait exprès !

Voilà. Prenez le stylo.

Je vous le tiens.

- Vous vivez plutôt bien ici. - Oui.

Lieutenant.

- Capitaine. - Une signature.

Adriana !

Adriana, mon amour ! J'ai été payé !

J'arrive !

Que voulez-vous ? Lâchez-moi, espèce de porc !

- Silence. - Lâchez-moi.

- Viens, ma belle. - Non, lâchez-moi.

Je suis là.

Excusez-moi, je ne savais pas que…

La prochaine fois, pense à réserver.

Tiens, c'est pour toi.

- Au revoir ma belle. - Au revoir.

Où tu vas ?

À l'atelier. Je cherche une clé anglaise et de câble.

Je sais pas si tu trouveras ça.

Tenez. On est très bien équipés.

- C'est pour quoi ? - Le carburateur.

- Le carburateur ? - Ça tiendra pas avec de la salive.

Deux autres hommes aux pompes !

Reste où tu es, l'ami.

- Quelle chaleur. - Oui.

- J'essaie. T'en dis quoi ? - Tu veux mourir ?

Ta mitrailleuse fait du bruit. Ils vont dire quoi, dehors ?

T'inquiète pas. Il y a aussi ça.

Pour pas déranger nos invités.

Le sergent te cherche.

- Au revoir ! - Bon voyage !

- Oui ! - Ça s'est bien passé, cette fois-ci.

Une demi-douzaine de ces convois arriveront tous les jours.

C'est vrai.

Ne vous réjouissez pas trop. Vous ferez ce qu'on veut quand on veut.

Mettez-le avec les autres.

Oui, Capitaine.

Je connais le chemin.

Combien il y a d'Américains ?

Une trentaine.

Pas ici. En Amérique.

150 millions.

Tous contre nous ?

Merde !

Courage, l'ami.

Les politiques se lassent, les guerres finissent,

et on est de nouveaux amis.

Allez.

Le voilà. Les officiers sont tous pareil.

Lieutenant, vous savez d'où il vient ?

- De Partinico. - Pas moi, mon grand-père.

Venez, vous deux. Le repas est prêt.

- Et eux ? - Plus tard.

Lieutenant.

Ça peut servir.

La boîte à fusibles est là. C'est moi qui ai fait l'électricité.

On doit ouvrir la boîte.

Si les Américains vous appellent encore une fois…

Je n'espère pas beaucoup.

Vous savez quoi ? On doit changer de tactique.

Faisons semblant d'abandonner.

Parlez-leur. Faites ami-ami.

Oui, mais vous devez changer aussi.

Un officier s'intéresse à son uniforme, son honneur,

mais on doit les duper.

J'essaierai.

Au travail, les gars. Toi, à la fenêtre. Vous deux, à la porte.

Allez.

- Silence ! - C'est pas facile.

Ils font quoi ?

Ces salauds mangent.

- Vous mangez pas, Capitaine ? - Non.

Merde !

Je comprends pourquoi mon père a fui l'Italie.

Comment pouvez-vous dormir là ?

Comment ?

Prends ça.

Fume. Fais ce que je dis.

Toujours rien.

- Et s'ils atterrissent pas ? - Ils vont arriver.

Vos amis généraux vous l'ont dit ?

Arrêtez.

Vous vous sentez piégé ?

Pourquoi êtes-vous inquiet ?

C'est pas la première fois pour moi. Ça fait quoi ?

- Vous ne savez parler que de pièges. - Le sujet favori des souris.

Ne compliquez pas les choses. J'ai assez de soucis.

Ne vous en faites pas. Je suis content que vous soyez là.

Vous pouvez voir ce qui se passe sur le terrain.

Assez !

J'espérais que vous m'aideriez. Mais peu importe.

C'est ma responsabilité. Contentez-vous de suivre mes ordres.

Seulement mes ordres. C'est compris ?

C'est compris ?

Oui, j'ai compris.

Mais, un conseil. Ne faites pas d'erreur. Sinon…

Allô ?

Oui, camarade. Qu'y a-t-il ?

Je vois. Je m'en occupe tout de suite.

Terminé.

Les Allemands de la division blindée.

- Alors ? - Ils arrivent.

- Quand ? - À 21 h. Ils veulent des spaghetti.

- Je pourrais me présente à Hitler. - Pour quoi faire ?

Pour voir s'il dirait : "Heil, Hitler !"

Les gars, pas de bêtises, c'est compris ?

Si vous devez tirez, ne le faites que sur ordre du capitaine.

- C'est ma place. - Bonne astuce. Qui t'a appris ça ?

Une mauvaise fréquentation.

C'est du costaud. Avec ça, on va les avoir.

Sergent.

- Ça va, capitaine ? - Oui.

Allez, bois, poupée.

Quand tes amis allemands viendront te voir,

ils te trouveront endormie.

Je ne parlerai pas, je le jure.

Bois !

Je sais comment traiter les femmes comme toi.

Allez.

Salaud ! Sale porc !

Tu as raison, mais bois encore.

Non.

- Allez. - Assez.

Sergent.

Désolé, c'est toi qui as décidé de rester ici.

On est en guerre.

C'est mieux comme ça. Quand tu te réveilleras, tout sera fini.

- Tout va bien. - Bien.

Venez, Lieutenant.

Laquelle est la table des officiers ?

- Celle-là. - Bien.

C'est bien cette table qu'a désignée Abu Ali.

Vous devenez raisonnable, Lieutenant ?

Ne vous faites pas d'illusion.

Vous non plus.

Si ça tourne mal, je ferai tout sauter.

Vos hommes seraient les premiers sacrifiés.

Le sergent Sullivan vous aura à l'œil.

Toi aussi, cher capitaine, je t'ai à l'œil.

Pour un bureaucrate, il s'en sort pas mal.

Tu te fais avoir ?

Les gens comme lui s'en sortent. Ce sont les autres qui y passent.

Ouvrez l'œil, vous deux. Surveillez-les d'ici.

Très heureux.

- Où est le Capitaine Dalo ? - Il est…

- Il a été transféré. - Je suis le seul a être resté.

Mais j'ignore pour combien de temps encore.

Au train où vont les choses, vous serez rappelé bientôt.

Trop de changements. Il se passe quelque chose.

- Peut-être en savez-vous plus. - Que devrions-nous savoir ?

Ce que les Anglais feront après l'offensive de Montgomery,

où les Américains.

Les Américains !

Ils manœuvrent au large de Gibraltar.

Ils ne sont pas prêts à se frotter à nous.

Naturellement.

- Bienvenue, camarade. - Bienvenue, l'ami.

C'est une soirée spéciale. Vous êtes notre invité.

Merci.

Enlevons le sable que j'ai dans les dents. Vous êtes nouveaux, veinards.

Avec ça, tu vas même perdre tes dents.

Bois.

- Que faites-vous ? - Où sont mes experts en explosif ?

Je ne les vois pas. Où peuvent-ils être ?

En fait, ils ne sont plus là.

- Exact. Ils sont partis. - Partis ?

Impossible.

Ils devaient me présenter leur rapport.

Lieutenant, le désert est grand.

Ils ont dû se perdre ou se sont trompés de base.

Non.

Pas ces hommes.

Ce sont quatre soldats exemplaires. Je les ai formés.

Ils étaient quatre.

Qu'y a-t-il, Capitaine ?

Rien.

Rien, je me demandais s'ils auraient pu déserter.

Impossible !

Vous ne connaissez pas ma compagnie. Ce que vous dites est une insulte.

Rudi, calme-toi. Tu t'occuperas de tes hommes demain.

- On fait quoi ? - Rien, idiot.

- Vous venez d'où ? - Moi ?

Il est encore vierge. C'est son premier jour au front.

J'étais à l'arrière. Je n'ai pas vu beaucoup de combats.

- Bonsoir, messieurs. - Abu Ali.

- C'est bientôt prêt. - Il était temps.

Je vais vérifier les puits.

Je veux voir leur travail.

Les spaghetti sont presque prêts. On les a faits pour vous.

Un officier allemand va du côté des puits.

Surveille-le.

Dino, sois prudent.

Regarde.

Je suis sûr de t'avoir vu quelque part.

- Oui, en Tunisie, il y a trois mois. - Non.

- À Tobruk. - Laisse.

J'ai jamais vu d'Italiens à Tobruk.

Alors, c'était à Brescia !

Oui, j'ai passé du temps à Brescia à livrer des plans de blindés.

- Tu es de Brescia ? - Oui.

Ninetta. Tu la connais ?

C'est un marrant. Tu connais celle sur la torture chinoise ?

C'est un soldat chinois qui a attaché une brique de cette taille à…

- Ils sont déconnectés. - Pour pas qu'ils explosent à l'avance.

Vous feriez mieux de tout remettre en ordre.

En cas d'alerte, le puits doit être détruit immédiatement.

C'est le capitaine qui doit me donner cet ordre.

Considère ça comme un ordre.

La guerre change le caractère des hommes. Avant, j'adorais les insectes.

Mais ici, en Afrique, je les déteste.

C'est un éminent professeur en Allemagne. En entomologie.

Les insectes, c'est tout ton monde.

C'est très instructif.

- Très. - Vous chassez les papillons ici ?

La chasse aux Anglais, c'est un sport plus sérieux.

C'est vrai.

Et vous, Capitaine, que faisiez-vous dans le civil ?

Moi ? L'uniforme a tout effacé.

Tout va bien.

- Remplace-moi. - Oui.

Vous êtes nouveau ici. Vous êtes encore sous le choc.

Bientôt, la guerre vous fera changer d'avis.

"Comme fouettés par des esprits invisibles,

"les chevaux solaires du temps

"emportent le frêle char de notre destin."

"Et, à nous, il ne reste rien, sinon de courageusement tenir les rênes

"et, tantôt à droite, tantôt à gauche, de tourner les roues."

Un Italien qui connaît Goethe, ici dans le désert !

Nous étions alliés, maintenant, nous sommes frères.

N'est-ce pas ?

Peut-être que Goethe ne parlait pas de chars d'assaut.

Non.

Mais je récite Goethe quand je suis enfermé dans un char.

Du Goethe en boîte.

- Ils partent quand, ces salauds ? - C'est comme ça chaque fois ?

Chaque fois.

Hé, toi ? Je peux tirer sur ta cigarette ?

Garde-les. J'aime pas fumer.

- Alors, pourquoi tu fumes ? - Ça me coupe l'appétit.

Quand je travaillais, je fumais et ça me coupait la faim.

Tu faisais quoi avant la guerre ?

Fermier.

Ça gagne bien, un fermier en Amérique ?

On s'en sort.

C'est poivré.

C'est bon pour…

Je monte voir Adriana.

- Non, elle dort. Elle bosse trop. - Je vais la réveiller.

Bonne idée, vieux cochon. Vas-y.

- Mange. - Allez.

Adriana.

C'est moi, Hans.

Réveille-toi, ma belle.

Qu'est-ce qui t'arrive ? Adriana !

Réveille-toi, tu m'entends ?

Je perds patience. Réveille-toi, Adriana.

On l'a épuisée hier soir.

Les Italiens, vous savez y faire avec les femmes.

Mes amis.

J'ai l'impression que quelqu'un essaie de me doubler.

Tu ne vas pas me faire croire

que tu as oublié cette bouteille de rhum.

Il y a quelques jours, nos amis italiens ont perdu un pari

et ils font semblant d'être surpris. N'est-ce pas, Tomassini ?

Je me rappelle où elle est cachée.

Aldo, va chercher le rhum pour le lieutenant.

Non, j'irai moi-même. Je n'ai besoin de personne.

Je ne veux pas n'importe quoi. Je veux la bonne bouteille.

Je vous connais, les Italiens. pour une femme ou une bonne bouteille,

vous rouleriez tout le monde. Je ne vous laisserai pas me duper.

Je veux du rhum. Pas de l'eau.

- C'est moi qui m'occupe du cellier. Je… - Ça ira.

Qu'y a-t-il, Capitaine ? Vous n'êtes pas vexé ?

Non.

Elle devrait être par ici.

J'avais raison.

C'est le remède qu'il nous faut.

Puisque vous l'avez trouvée, je vous l'offre.

J'accepte, à charge de revanche.

Ils s'amusent bien, on dirait.

Tu trouves ça juste ? Je vais chercher à boire.

- Encore. - Doucement.

Ce qu'ils s'envoient.

Boire autant avec les Allemands. Ça va mal finir.

Où allez-vous, Sergent ?

- Capitaine, les ordres pour demain ? - Buvez un coup, Sergent.

Non, merci. Je ne bois pas.

Buvez, c'est un ordre.

Vous n'êtes pas en service, c'est autorisé.

Ça vous fera du bien.

Merci, messieurs.

Un autre !

Tu me suis toujours. Qu'est-ce que tu me veux ?

- Qu'est-ce qui t'arrive ? - J'ai besoin d'un peut d'air.

Seul. Tu comprends ?

Et un pour nous, les soldats !

Par ici !

Que se passe-t-il ?

Qui a tiré ?

Qui a tiré ?

Moi, Capitaine.

- J'ai vu une ombre. - Qui c'était ?

Un chacal.

Je me demande ce qu'il aurait fait s'il avait vu un chameau.

Ils sont nerveux avec tous ces changements de garde.

Changements de garde.

Pour les chacals ?

J'ai cru que vous étiez attaqués par des commandos.

On vous aurait aidés.

Beau boulot, Sergent.

Sergent.

Qu'est-ce qu'il a ?

Laisse. Aide-moi à le porter.

C'est toi qui l'as sauvé des Japonais ?

Au départ, on était au moins 100.

On est que trois à avoir survécu.

Un massacre.

Tout ça à cause d'un major qui nous a envoyés au casse-pipe.

Je comprends pourquoi il en veut à Valli et il te garde près de lui.

Arrête de poser des questions.

Regarde !

Sullivan.

N'y pense plus.

C'est fini. Terminé.

C'est ce qu'ils ont dit à l'hôpital.

"Vous êtes guéri du choc.

"Bravo, sergent, vous aurez une médaille."

C'était très sympathique.

- On a passé une belle soirée. - Oui.

Meilleure qu'aux Folies Bergères.

- Dormez bien, Capitaine. - Merci.

Allons-y.

Capitaine, j'apporterai la bouteille que je vous ai promise.

Au revoir.

Et Tomassini ? Où est-il ?

- Qu'est-ce que… - Je suis là.

Je ne peux pas fuir à pied dans le désert.

- Mon Dieu ! - Qu'est-ce qui se passe ?

- Je suis malade ! - Garde !

- Que se passe-t-il ? - Il y a un malade !

- Qu'est-ce qu'il a ? - Il vomit !

Allons-y.

Venez.

Doucement.

Vas-y.

- Qui va là ? - Le capitaine a dit…

Allez.

Arrêtez !

- Mettez du sable dans les réservoirs. - Sabotez les camions.

Arrêtez !

Allume le projecteur.

Ça marche pas.

Monte !

Baissez-vous ! À couvert !

Ça suffit. Ils sont hors de portée.

- C'est encore loin ? - On a fait la moitié du chemin.

- J'espère qu'on tombera pas en panne. - Détends-toi, on a fait le plus dur.

Lieutenant, écoutez.

Arrête.

C'est eux. Ils nous suivent. Ces salauds ont réparé leur camion.

Fonce ! Le plus vite possible.

S'ils arrivent chez les Allemands, on est perdus.

Tourne à gauche. Prends la piste.

Arrête une seconde.

- Ils sont passés par là. - Prends un virage large.

On est ensablés. Descendez. Poussez.

Allez, descendez !

Accélère !

Il ne bouge pas, Lieutenant. On fait quoi ?

Mettez vos chemises en dessous.

Comme ça.

- Allez. - Vas-y !

Allez !

Poussez !

Les voilà. Ils sont bloqués.

Vite !

Seigneur !

Mettez-le dans le camion.

Partons !

- Arrêtez ! - Cours plus vite !

J'arrive pas !

Arrêtez !

Je me rends.

Dino.

Dino !

Un champ de mines, Lieutenant !

Avance !

Stop !

Demi-tour.

Ça y est. J'ai de tout sur ma liste.

Polonais, Français, Anglais, Australiens.

Il me manque que des Américains à tuer.

Où ont-ils débarqué ?

Tu les trouveras bientôt devant toi.

Rattrape la colonne du général à El Alamein.

- Tout le monde est rentré ? - Oui, sauf le lieutenant Kasper.

Il cherche les experts en explosifs qui ont disparu.

- Appelez-le à la radio. - Oui.

Allez faire le plein à l'oasis avec les camions-citernes.

Veillez à ce que les Italiens suivent les instructions.

- Très bien. - Je peux y aller ?

J'aimerais saluer une dernière fois nos amis italiens.

J'ai une dette envers eux.

D'accord, mais pas trop de sentimentalisme.

- On n'a pas beaucoup de temps. - Bien entendu.

- Allons faire un rapport au colonel. - Oui.

Sullivan, je…

Dino.

Lieutenant, quelqu'un approche.

Tu as bien dormi, beauté ?

Tu as fait toute une histoire, mais la vie recommence.

Tu en profites car je suis seule ici.

Si on était à Naples,

mon frère t'aurait tué, sale lâche !

Si un jour je vais à Naples, présente-le-moi.

- Un avion de reconnaissance ! - Il est de chez nous !

Enfin quelqu'un !

Un message !

Ils disent qu'on doit partir.

- Et les puits ? - Ils n'en parlent pas.

"En raison des évènements, notre mission est annulée."

Annulée.

Quoi ?

On doit partir d'ici.

On doit se replier rapidement.

On doit se replier vers le point le plus près de la côte.

Ils sont fous !

Tout ça pour rien. C'est absurde !

Disons que c'était juste un pique-nique.

Oui, on rentre tous à la maison.

Chez nous.

Les ordres, c'est les ordres. Ça ne se discute pas.

Il reste un camion. Préparez-vous à partir.

Je sais, c'est 300 km à travers le désert.

- Et les Allemands ? - On nous ordonne de partir.

Capitaine, ne bougez pas.

J'ai donné un ordre. Exécutez-le.

Vous ne donnerez plus d'ordres. Vous n'auriez pas dû faire d'erreurs.

Vous vouliez jouer au soldat, mais c'est fini.

Vous êtes fou.

Vous risquez la cour martiale.

C'est de l'insubordination.

Six de nos hommes sont morts à cause de vous,

et des officiers, qui, pour une médaille, se fichent de la vie des soldats.

Calme-toi, Sullivan. Je sais ce que tu as traversé.

- Dino m'a dit… - Reste où tu es.

Vous ne comprenez pas ?

Si on suit ses ordres, on mourra tous.

Je vous ferai fusiller.

Vous pouvez en être certain, Sullivan.

Ça ne risque pas.

Je ne vous en laisserai pas l'occasion.

- Fais pas de connerie, Sullivan. - Appelez le capitaine !

Les Allemands arrivent.

Je vous conseille de faire attention.

Allez.

Nous revoilà.

Comme vous le voyez, je tiens ma promesse.

Merci.

Que se passe-t-il ? Le débarquement américain vous tracasse ?

N'accordez pas trop d'importance à l'ennemi.

Et Tomassini ?

On se prépare à partir.

Tomassini a rejoint l'état-major.

Lieutenant Heitzel, un appel radio pour vous.

- Urgent. - Excusez-moi.

Je dois prendre contact avec l'état-major. Je vais avec vous.

- Lieutenant. - Merci.

Ici Heitzel. Allô ?

- Tu l'as réparée ? - Non.

Il est là. Ici Heitzel. À toi.

- Donne. - Allô ?

- Ici Kasper. Tu as tes écouteurs ? - Oui, pourquoi ?

- Tu es le seul à m'entendre ? - Oui, qu'y a-t-il ?

Écoute-moi bien.

Valli et les autres sont des commandos américains.

Ils sont là pour les puits. Tu as compris ?

Fais comme si tu ne savais rien.

Oui, je comprends.

Tu as vérifié ? C'est bien sûr ?

Tomassini s'est enfui. Il nous a prévenus. Ils sont tous morts.

C'est évident. J'ai compris.

Quels sont les ordres ?

Gagne du temps. J'arrive avec des chars.

- Parfait ! - Ne les attaque pas, compris ?

Ils nous ont fait marcher hier, aujourd'hui, c'est à nous.

- Bonne nouvelle. - On sera la bientôt. Attends-nous.

Terminé.

Vite. Allons-y.

Dommage pour Tomassini.

J'aurais aimé lui dire au revoir.

Il m'a demandé de vous dire au revoir à sa place.

Buvons à notre alliance.

Et à notre rencontre.

À notre rencontre.

À un ami que je venais de rencontrer et que j'ai perdu trop vite.

Parce qu'aujourd'hui, nos chemins se séparent.

Capitaine.

Hé, toi !

Démarre le moteur et emmène-le là-bas.

Va prévenir les autres.

J'ai une dette envers vous.

Je voulais vous remercier pour cette belle soirée.

Vous ne me devez rien. C'était un moment entre soldats.

Non. Entre amis, Capitaine.

- Ils font quoi aux pompes ? - Ils gagnent du temps.

Va déterrer les armes.

Allez, dépêchez-vous.

La bazooka. Va voir ce qu'ils font.

Sergent !

Buvez, Sergent.

Je vous l'ai dit, je ne bois pas.

C'est une occasion spéciale.

Vous ne pouvez pas refuser.

- Arrêtez ! - Feu !

Maintenant !

Aux camions-citernes !

Ils vont essayer de s'échapper. On doit les en empêcher ! Allez !

- Qu'est-ce que c'est que ça ? - Une arme anti-char ! Je sais pas.

Va trouver le lieutenant Kasper.

Dis-lui que les Américains ont une nouvelle arme anti-char. Vite !

Barrez-leur la route ! Vite !

Au camion !

Le camion ! Visez le camion !

Voilà !

Halte !

Je leur avais dit de m'attendre.

Visez au centre.

Feu !

À l'abri !

Quelqu'un devrait leur dire que notre mission a été annulée.

Allez, avancez !

À l'aide !

- Aidez-moi ! - Ne reste pas là !

- Tu veux te faire tuer ? - Je ne vois plus rien ! À l'aide !

Rodolfo !

- Je ne vois plus rien ! - Viens !

Ils sont là !

Le bazooka !

- On avance. - D'accord.

En position !

Recharge.

Sainte Mère !

Sainte mère de Dieu !

Baissez-vous !

Allez.

Non ! Pourquoi ?

Valli !

Sergent, je…

Où voulez-vous aller ?

Finir la mission, avec votre permission.

Adieu.

Sullivan, revenez !

Sullivan ! Attention !

Sergent.

Sors !

Sors, salopard !

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