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Ça veut dire quoi, sueñito ?

Sueñito ?

Ça veut dire : petit rêve.

C'est tout ? Pas d'histoire ?

On peut se baigner, maintenant ?

Laissez-le raconter.

Bon, asseyez-vous.

Bueno.

Il était une fois

un quartier en voie de disparition.

C'était il y a longtemps,

au pays lointain de Nueva York.

Dans un barrio

appelé Washington Heights.

Dites-le, pour pas qu'il disparaisse.

Washington Heights !

Les rues résonnaient de musique.

¡Mi gente!

Ici votre animateur, Kid Mero.

Il est 5 h 30. Voici les titres :

en pleine canicule record, le maire prie les habitants de quoi ?

De limiter la clim,

alors que les délestages continuent dans le Bronx.

La fête de quartier très attendue du week-end,

Fiesta in the Heights, va remplir les rues et les boîtes...

Salut, papa.

Mes plus belles années.

Bonne journée, abuela .

Prends tes médicaments.

- Dieu te garde. - Je t'aime.

Lumière sur Washington Heights Au soleil levant

En arrivant Je dois chasser ce petit délinquant

Je lève le rideau et en chantant

Je nettoie l'auvent

Salut, les gens

Granité bien frais ! Pour garçon et fille, cerise et fraise,

et le parfum spécial, sapote !

Ça va, l'ami glacier ?

Comme toujours, Usnavi.

Granité bien frais !

Je m'appelle Usnavi Mon nom ne doit pas vous parler

Ma célébrité présumée Est très exagérée

Amplifiée par ma syntaxe tout emberlificotée

Car je viens de la plus belle des îles caribéennes

La République dominicaine Je l'aime

J'en suis fier, même

Depuis que mes parents sont décédés

Je n'y suis pas retourné Il est temps de me bouger

Le lait a tourné, c'est pas de pot

Pourquoi tout est chaud dans ce frigo ?

C'est la tuile, cette chaleur

Mes clients veulent leur café avec un nuage de douceur

Abuela , j'ai du café mais plus de leche .

Fais comme ma mère, remplace-le par du lait concentré.

Bien vu !

Ton ticket de loto.

Patience et espoir !

Abuela, c'est pas ma vraie grand-mère

Mais elle m'a élevé Ici, c'est son repaire

Vous vous dites : "Je suis perdu !"

Je ne suis jamais allée au-delà de la 96e rue

La ligne A vous emmènera à bon port

Passez Harlem et continuez vers le nord

Descendez à la 181e, prenez l'escalator

Notez bien, vous aurez un quiz de la mort

Les temps sont durs pour ma bodega

Un promoteur a déjà racheté Ortega

Les loyers ont explosé Les prix se sont envolés

On a juste assez pour subsister

Dans le quartier Je me réveille, je commence ma journée

Il y a des bagarres, des dettes

Et des factures à payer

Dans le quartier Je ne tiens pas sans café

Je sers du café

Car je sais

Que je suis pas près de me coucher

À côté, Kevin Rosario

Sa société de taxis tente de rester à flot

Les études de sa fille Nina Coûtent un bras

Il s'en sort pas Il achète tout à prix bas

Bonjour, Usnavi !

Du pain frais Un café con leche

Et 20 $ de tickets de loterie

Tu te sens verni ?

C'est bien parti

Tu m'as l'air fort réjoui

Ma Nina est rentrée en avion cette nuit

L'aubaine ! Abuela a cuisiné toute la semaine

Mon ami, on se voit ce week-end

Pour s'emplir la bedaine

Là, Yesenia est arrivée

Elle sentait le sexe et le parfum bon marché

Comme un désodorisant de voiture tout séché

Juré !

Elle braille : "Julio, avec qui tu es ?"

Daniela.

Elle enfonce la porte, et...

Carla !

Il était au pieu avec le caviste José !

¡No me diga!

Et Cuca, du salon de beauté.

Merci, Usnavi !

Cuca !

Adiós, chéri.

Sonny,

t'es en retard.

C'est bon, tu m'adores quand même.

Avec mon cousin On a ce magasin

L'épicerie familiale du coin

Quelle chaleur ! Comme le chantait Cole Porter

Les gens passent acheter de l'eau Et un ticket de loto

Métro, boulot Rêve de gros lot

Ça cancane Moi, je ricane

Première étape avant le taf Et paf !

Un dollar, deux dollars 1,50 $, 1,69 $

Des préservatifs, quelle taille ?

Deux eaux au sirop Le New York Times

Un sac ? J'ajoute les taxes

Quand on pratique un max On calcule de tête, relax

Serviettes maxi Babioles pour taxi

Tout le monde est en stress Mais se presse

Gère son découvert Et ses galères

Dans le quartier Je prends mon café à emporter

J'essaie de me concentrer Sur ce qui me fait avancer

Dans le quartier Même si je suis fauché

Tous les soirs, ma sono est branchée

Encore planté là ?

Benny !

- Donne-moi un... - Milky Way

- Et le... - Daily News

- Et le Post - Et surtout le...

- Café au lait du patron - Cinq sucres

Je rapporte des dollars Je suis débrouillard

Le patron me laissera pas au placard

- Que tu crois - Je me bouge, mais toi

- Devine quoi ? - Quoi ?

Tu restes planté là

Ha ha

- Vanessa est passée ? - La ferme !

Pas la peine de t'énerver

Déclare-lui ta flamme, invite-la Au lieu de croiser les bras

M. Johnson, j'ai la caution, ça y est

Dans ma penderie, sous clé

Ça n'apparaît pas sur mes relevés

Mais j'ai économisé Pour payer ce loyer

Non, je ne vous décevrai pas

C'est ta chance, invite-la !

Nous pourrons lire le bail En détail

Allez, bouge-toi Te dégonfle pas

Tu me dois une bouteille de champagne

Tu déménages ?

Un petit chèque et je pars au sud de Manhattan

Le café est pour moi

- Usnavi, invite-la - Il le fera pas

Bon, à plus tard

Bravo, le tombeur, elle part !

Mec, sors prendre l'air

Laisse pas ta vie filer comme l'éclair

On se bat tous contre les galères

Et toi, tu restes planté comme un réverbère

Je suis un réverbère Cloué ici

Le monde s'affaire Je reste figé, assis

Mon entourage vit sa vie

Mais la roue tourne alors j'augmente le beat

Mes parents n'avaient rien Ils ont quelques biens

La fortune est loin Mais on a le magasin

Ce qu'ils m'ont légué C'est une destinée

Bientôt, sous les cocotiers Je serai rentier

Dans le quartier J'affiche mon drapeau avec fierté

Venus de loin On a tant en commun

Car je viens d'une autre contrée

Dominicains, Portoricains On lâche rien

Dans le quartier

Du matin au soir Patience et espoir

Demain On ne sera plus dans le besoin

Dans le quartier Je vis au présent

Le présent est notre seul présent Alors en avant

Dans le quartier J'affiche mon drapeau avec fierté

Car je viens d'une autre contrée

Dans le quartier Les prix ne font qu'augmenter

On n'est pas couchés

Mais demain, mi pana Tu verras, tu sentiras

Les nuits endiablées Les plats antillais

Les granités fruités Je vais pas le répéter

Préparez-vous bien À explorer le quartier d'où l'on vient

Washington Heights

D'OÙ L'ON VIENT

3 JOURS AVANT LA PANNE DE COURANT 28 °C

Pas de répit pour les braves !

Alejandro, ça va ?

- Le cabinet d'avocat ? - Il tourne toujours, Dieu merci.

Tu es le portrait de ton père.

- Alors, la République dominicaine ? - J'ai vu de vieux amis.

Tu sais ce que c'est. J'aimerais y retourner plus.

C'est clair.

Tu as pu voir le local de mon père ?

C'est toujours pareil ?

Tu es prêt ?

Me fais pas mariner.

Joue pas à ça !

Il ne doit pas être comme dans ton souvenir.

Mais ça peut être l'occasion

de lui redonner vie.

¡Diablo!

Mon père se retournerait dans sa tombe en voyant son bar comme ça.

Le courant a sauté.

Le toit a été emporté par l'ouragan.

D'où le prix abordable

et la mise en vente rapide.

El Sueñito...

Le petit rêve de papa.

Je me souviens quand j'aidais, au pistolet à soda.

J'étais John Wick.

Je faisais...

J'économise depuis longtemps pour ça.

Dans ce quartier, on ne fait pas un pas

sans croiser un rêveur à grandes ambitions.

Mi hijo...

Tu parles toujours de ton rêve.

Tu veux le réaliser ?

D'accord, je marche.

Merci, mon ami.

À plus, mon grand.

Voilà.

C'est parti.

C'est de la folie !

On y va !

J'avais un petit rêve à l'ancienne.

Rentrer en République dominicaine, pour garder nos racines.

Mais Nina Rosario, elle rêvait

de réussite.

Championne d'orthographe, première de la classe,

elle aidait aussi son père, et c'était un peu ma petite sœur.

Une fusée, bien décidée à décoller.

Non !

Le petit génie est revenu !

Tu m'as manqué.

- Toi aussi ! Tu viens de rentrer ? - Hier soir.

Dernière semaine ?

Oui, cette fois, la page se tourne.

Tu me raconteras tout autour d'une manucure ?

J'en ai bien besoin.

Et Benny est à la centrale, aujourd'hui.

Je dis ça comme ça.

Test, 1, 2, 3

Ici Benny à la centrale d'appel

¡Atención!

Oyez, oyez Ici Benny, j'aimerais mentionner

Ma présence au micro toute la matinée

Klaxonnez pour me missionner

OK, ça bouchonne côté ouest

Sortez à la 79e, par la voie express

Riverside Drive Devrait être sans entrave

West End Avenue est l'issue Feux verts à perte de vue

Évitez la rocade Deegan "Big Papi" joue au stade ce week-end

Fierté dominicaine Mais évitez la 87e

Congestion extrême

Ça alors !

Benny, salut

Tu es revenue ?

- Ça va bien ? - Ton père est en chemin

Je repasserai

Content de te croiser

À très vite

Pas si vite !

Tu as déjà géré cette centrale, c'est ça ?

Une ou deux fois

Admire la technique

Accident de la circulation À l'intersection

Tout près Du palais des congrès

Sur la 192e rue Attroupement de gugusses

À cause d'un accident de bus

Écoutez Nous avons une invitée

Qui revient de son année à l'université

Accueillez-la, calmez son anxiété

Nina Rosario, la star du quartier

Klaxonnez

Elle sourit

Dis bonjour

Bonjour à tous !

Je te laisse travailler

Merci pour le comité d'accueil

C'est toujours un plaisir, Nina

Reste avec moi, ici

Il fait déjà chaud, dehors

La clim nous rafraîchit

Reste avec moi, ici

Range ta langue.

- Il est sorti avec elle ? - La fille du patron ?

Nina Rosario !

Ça roule ?

Te fais pas écraser à peine rentrée.

Le quartier a changé, depuis ton départ.

Ton père a gardé la moitié de sa devanture.

Le pressing facture 9 $ la chemise.

Quoi ?

Une revenante !

Mais je rêve ! Pourquoi tu es plus grand que moi ?

Il prend 5 cm et il fait son mec.

- Lâche-moi. - Petit mec !

Dis, tu viens à la manif, la semaine prochaine ?

Comme avant ?

Ça concerne quoi ?

L'expulsion des mineurs sans papiers. On doit l'empêcher.

Tu viens ?

Je reconnais cette voix !

Viens par là !

Compte sur moi.

À plus.

- C'est bon, t'as fini ? - Oui.

Qui surveille le magasin ?

Merde !

Pete ! On se sert pas comme ça !

Reviens ici !

C'est pour ta pomme, mon grand.

Brodées à la main par ta mère.

Paix à son âme.

On les utilisera pour la fête.

Magnifiques.

Abuela Claudia n'a jamais eu d'enfants,

alors elle a adopté le quartier tout entier.

Et avec nous, nos sueñitos.

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Une fois à Stanford,

je me suis sentie tellement isolée, seule.

Je me demandais ce que je faisais là.

Je sais, ma chérie.

Quand ma mère est arrivée de Cuba,

Dios mío...

Elle s'est sentie

comme un petit grain de sable des plages que l'on avait quittées.

Qu'est-ce qu'elle a fait ?

Elle a acheté un manteau d'hiver et des gants en velours.

Ses mains craquelées par l'eau de Javel,

les gants les cachaient.

On a dû asseoir notre dignité par petites touches.

C'est la beauté de ces serviettes.

Et la beauté des gants de ma mère.

Ces petits détails disaient au monde

que nous n'étions pas invisibles.

Va parler à ton père.

C'est ma rue, ici

Je souris aux visages que j'ai vus toute ma vie

Qui me regardent avec fierté

Tout le monde est gentil Me dit : "Tu t'en es bien sortie"

Comment leur avouer Que lorsque je me suis absentée

Je passais mon temps à me cacher

Coucou, c'est moi

La fille la plus décevante qui soit

La petite a pas tenu

Elle est rentrée et erre lentement dans les rues

Bienvenue

Allez, respire

Tandis que la radio reprend De vieux airs de boléro

Je repense au temps Où j'étais comme un poisson dans l'eau

Je repense aux compliments "Ay te adoro, te quiero"

Le voisinage me saluait Et me disait

"Accroche-toi Et tout te sourira"

C'est peut-être moi

Mais ça me paraît si loin, tout ça

Comment dire ça

À ces visages que je connaissais autrefois ?

"Me revoilà" ?

Regarde, Nina

Ils ne s'en font pas pour moi

Ils comptent tous sur moi

Je suis celle qui a sauté le pas

Celle qui réussissait tout

Mais j'aurais peut-être dû rester, c'est tout

Enfant, j'étais en éveil, toujours

Je grimpais tout en haut des escaliers de secours

Je visais le sommet

J'ai eu toutes les bourses et j'ai économisé

Pour entrer à l'université Alors comment leur expliquer

Que je rentre à la maison

Le regard fixé sur l'horizon

Le pont George Washington Me questionne

"Et maintenant, Nina ?

"Que vas-tu faire de toi ?"

Je me redresse et je souris aux voisins

Tout est cool, tout va bien

Je dis que j'ai plein de partiels et d'examens

Je souris Je fais bonne figure et je prie

Comment avoir le courage de le dire ?

Est-ce que je peux vraiment dire :

"Je sais que je vous déçois"

Allez

Respire

Dans une fac prestigieuse,

ça rigole pas.

Quand je suis partie d'ici, on m'a dit :

"Montre-leur qui on est, représente-nous."

Mais en fait,

à Stanford, j'ai un sentiment de trahison.

Ah bon ? Envers qui ?

Ma famille.

Les miens.

Le président

m'a invitée à un dîner pour la diversité, avec de riches donateurs,

ultra chic.

Je suis en robe longue noire, je vais m'asseoir,

et là, l'une des invitées

me met son assiette dans les mains

et me dit : "J'ai commandé le menu végétarien."

Tous les serveurs,

tous latinos, m'ont fixée du regard.

"Elle va faire quoi, la Portoricaine ? Elle est de notre côté ou du leur ?"

Il n'y a pas de honte à être serveuse.

Ni à être atypique.

Comme toi.

Papa,

le délai est passé.

Pour payer les cours du printemps.

Tu es sûre ? Je n'ai pas reçu de courrier.

J'ai pu finir, mais on doit payer.

Pas de souci, je m'en occupe.

Papa...

C'est trop tard aussi pour m'inscrire à la rentrée.

Qu'est-ce que tu dis ?

- Tu en sais quoi ? - J'ai modifié l'adresse.

J'ai donné celle de ma résidence étudiante.

- Pourquoi ? - Tu as vendu la moitié de l'entreprise.

Rien que pour payer ma première année.

La vente a permis de rembourser nos dettes.

Non.

Les finances étaient déjà précaires.

- Ce n'est pas réaliste. - Je les appelle.

C'est terminé, Stanford.

Ne dramatise pas.

Je suis sérieuse.

Ne te soucie pas de nos finances.

C'est à moi de m'en soucier.

Dieu te garde.

Merci !

C'est quoi, ça ?

Sur les tuyaux ?

De la rouille.

Charmant.

Et ça ?

C'est le toit.

Par terre ?

Usnavi !

Tu as toujours trop travaillé.

Tu crois que ça changerait en République dominicaine ?

Ça me rappelle ma mère.

Du matin au soir, année après année...

Et pour quoi ?

Elle a récuré des sols jusqu'au jour de sa mort.

Oui, mais ici, je travaille pour survivre.

El Sueñito serait un travail et une passion.

Le magasin, c'était provisoire, mais j'ai presque 30 ans.

L'idée a toujours été de rentrer au pays.

Et j'espère ne pas y aller seul,

mais avec Sonny et toi.

Sonny ?

Il est partant ?

Je compte lui en parler.

Je ne pars pas sans lui.

J'en fais mon affaire.

Je n'irai nulle part sans toi.

J'ai beaucoup donné à la communauté, non ?

Oh que oui !

El Sueñito 2.0 !

L'air des tropiques te rajeunira !

¡Caramba!

Achète-moi un bikini !

On y va !

Je sais pas...

Quitter Washington Heights ? Faut que j'en parle à mon père.

T'es encore un môme.

Tu peux pas t'imaginer.

Tu vas kiffer la République dominicaine.

Tu sais,

c'est ton truc.

C'est chouette, mais sans moi.

La plage,

le merengue, le carnaval.

L'été toute l'année.

Qui t'accueillera ?

Un cousin que t'as vu y a deux ans ?

J'ai passé mes plus belles années là-bas.

Qu'est-ce que tu peux être niais !

T'es arrivé, t'avais huit ans.

Tu as

la nostalgie des îles.

Pas moi, j'étais en couche-culotte, dans l'avion.

New York, c'est chez moi.

J'ai déjà mon île.

Va trouver la tienne.

Oublie pas d'où vient ton nom.

Répare ce frigo.

Tu te crois drôle.

Ça vient d'où, Usnavi ?

- C'est un drôle de nom. - Même pas vrai.

En arrivant à Nueva York...

mon père a vu passer un bateau au loin.

Et il s'est dit :

"Ce sera le prénom de mon fils."

US Navy !

J'aime bien.

Merci.

- M. Rosario ? - Oui.

Vous avez été mal renseigné.

En fait, nous prenons encore les paiements jusqu'en juin.

Le délai n'est pas passé ?

Non. Vous voulez connaître le solde ?

Oui, j'ai de quoi noter.

Pour le prochain semestre...

2 JOURS AVANT LA PANNE 31 °C

Rappelez-vous, le quartier se mourait.

Pour preuve :

le salon de Daniela déménageait,

après des décennies de soins, du corps comme de l'âme.

Personne ne pourrait marcher sur ses talons.

Surtout qu'ils faisaient 10 cm.

Il paie aucun loyer.

- Il squatte chez l'une, chez l'autre. - Ben voyons.

On laisse les mecs nous balader.

Il faut qu'on vise plus haut.

Trois stations...

et tu y seras.

Tu comprends vraiment pas !

Je suis trop vieille et le Bronx est trop loin.

Que veux-tu ?

Je suis chassée par les prix. Et il y a pas que moi.

Beaucoup de mes clientes ont déjà dû s'exiler.

Je les retrouverai.

Je pourrai pas venir sur ma pause déj.

Jessica, tu passes ta carte de transport,

tu fais trois stations,

et tu arrives à mon nouveau salon. 10 minutes max.

10 minutes ? Chérie...

En machine à remonter le temps ?

Pardon ?

Elle a pas osé !

Nos ancêtres ont survécu aux négriers.

On a survécu au génocide des Taïnos,

aux conquistadors et aux dictateurs !

Et on survivrait pas à la ligne D jusqu'au Grand Concourse du Bronx ?

Donne-lui la note.

Qui te coiffera mieux que moi ?

Y a de l'attente ?

Pour toi, mamita ,

un billet coupe-file.

Urgence, laissez passer !

- Beauté ! - ¡Linda!

Raconte-moi les derniers potins

- Vieille peau ! - Peau de vache !

Raconte-moi les derniers potins

- On rafraîchit - On désépaissit

On fait salon pour prendre des nouvelles

Raconte-moi les derniers potins

Bueno

Ne dis pas que je te l'ai dit

Mais mon petit doigt m'a dit

Qu'Usnavi avait couché avec Yolanda

¡No me diga!

Il sortirait pas avec une traînée pareille

Tu te fiches de nous

Je voulais voir ta tête

Raconte-moi les derniers potins

Je m'en fiche !

Que tu dis

Nina, dis

Tu as revu Benny ?

- Tu le sais par qui ? - On me dit

Qu'il a un très gros...

Taxi

¡No me diga!

Je ne veux pas savoir qui t'a dit ça

Tu veux dire quoi ?

Carla !

Une limousine qui n'en finit pas

Raconte-moi les derniers potins

Tant qu'il l'astique bien

C'est malin

Nina, on savait bien

Que tu serais celle qui s'en sortirait

Je suis sûre qu'à l'université

Tu es la meilleure et la plus admirée

On sera là pour te voir diplômée

Au son de ton nom

On sortira nos pompons !

Les filles !

J'ai abandonné.

¡No me diga!

Je dois y aller.

So,us-ti,tres par marchand de so,us-ti,tres.

Ça, c'est une sale nouvelle.

Elle a dû rater ses examens.

Ou alors, elle est en cloque.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

J'en sais rien

J'en sais rien

Raconte-moi les derniers potins

Moi, j'en sais rien

Dani, je sors déjeuner.

Rapporte-moi un soda !

Où elle va ?

Elle avait l'air pressée.

Bon, on rase tout.

Vanessa, tu es sublime.

Je t'adore, princesse. Je t'en prie !

Donne-moi une chance, beauté !

Vanessa, une vraie dure à cuire,

rêvait d'être styliste au cœur de Manhattan.

Son sueñito , elle le gardait secret.

Le métro aérien à ma fenêtre n'est plus un dérangement

Ses crissements Ne me réveillent plus vraiment

Ils me bercent, finalement

Le métro aérien Tout le monde s'en plaint

Mais moi, ça ne me fait rien

Les garçons que je ramène Trouvent que c'est une gêne

Pas de regret Je ne les laisse jamais rester

Un jour prochain

Ce métro aérien M'emmènera vers mon destin

Un jour très prochain

Les mecs sur le chemin M'interpellent dans la rue, de loin

Leur attitude macho Je la prends de haut

C'est un compliment Soi-disant

Les mecs sur le chemin M'interpellent au quotidien

Mais ça ne me fait rien

Si je suis d'humeur Ce sera pas avec un dragueur

Qui va me siffler Au lieu de venir me parler

Ou qui me klaxonne depuis sa Chevrolet

Un jour prochain

Je sauterai dans une limousine pour partir vers mon destin

Un jour très prochain

Pardon, j'ai un peu couru.

Je vous avais envoyé un mail,

mais revoici le formulaire.

Tenez.

Mlle Morales !

Désolée, mademoiselle.

Je voulais vous appeler.

J'ai des chèques.

Deux mois de loyer,

et la caution.

Mais sans garantie de revenus,

je ne peux rien faire. Vos parents peuvent être garants ?

À condition de gagner trois fois le loyer.

Si j'ai ça pour 17 h, je verrai.

Bonjour ! Ravie de vous voir.

Merci de nous recevoir.

Comment ça s'est passé ?

On trinque ?

La nana de l'agence a vu mon dossier

et a dit non.

Tant pis pour elle.

Tu as une tache.

C'est tout.

Mon cousin, là-bas,

avec la langue pendante,

aimerait savoir...

ce qu'une jeune femme comme toi

a prévu ce week-end.

Il danse, ton cousin ?

Comme...

Chita Rivera bourrée.

Arrête.

Dis à ton cousin :

rendez-vous à la fiesta.

On pourra aller en boîte.

Et voir le feu d'artifice.

Garde-le.

Bonne journée.

Il s'est passé quoi ? J'ai trop chaud, me touche pas

¿Qué pasó? Pince-moi, c'est trop beau !

Arrête pas, continue

Tu m'as vu ? Je l'ai eue

Le week-end est bien lancé Sonny, c'est ma tournée

République dominicaine chérie, tu restes dans mon radar

Un rencard, encore quelques dollars Et je viens te voir

Mais en attendant ce jour décisif J'ai un objectif

Je veux rentrer chez moi Vanessa, elle, s'en va

Je veux rentrer chez moi Vanessa, elle, s'en va

Le salon de quartier

Est mon lieu de travail provisoire

Je coiffe les clientes Et je les entends qui commentent

Jour après jour Qui couche avec qui et pourquoi

Le salon de quartier Ne me paie pas assez

Mais ça ne fait rien

En balayant le trottoir du salon

J'entends les réacteurs d'avion

Qui tracent des lignes à l'horizon

Les yeux levés Je pense à toutes ces années

Qui ont filé

Un jour prochain

J'irai à pied à l'aéroport JFK

Et je décollerai

Un jour très prochain

C'est pour demain

Ça va pas ?

T'as fait quoi, là ?

C'est mes cheveux.

Bien joué, et en plein milieu !

Je vais ressembler à une grue.

T'as dit "Chita Rivera bourrée".

C'est qui ?

Les fruits sur la tête ?

Ça, c'est Carmen Miranda.

La peintre à gros sourcils ?

Mais non !

Tais-toi.

Mais que fait l'école ?

Répétez après moi.

Prêts ?

Chita, Rita,

Frida, Celia,

Dolores...

Isabel, Sandra,

Julia, Rigoberta, Mirabal.

Très bien !

Et Sonia, présidente de la Cour suprême.

Bravo !

Bien joué !

Encore là ? Tout ferme à cause de la chaleur.

On va à la piscine.

Dieu existe !

Tu prends rien sans ma permission !

PARTIS À LA PISCINE

Allez, on y va !

- Sonny, viens ! - J'arrive.

Réponds !

Sans déconner !

Ces sandales me fripent les pieds.

Je suis tout serré.

Usnavi ! Attends deux secondes !

C'était le bureau du loto.

Pourquoi ces numéros ?

On a vendu un ticket gagnant, hier.

Sérieux ? J'ai joué !

Déjà, je veux un peu de ta commission.

- Je touche zéro. - Mince.

C'est un gain de combien ? Me dis pas 500 $.

Vu tout ce que je joue.

96 000.

La vache !

96 000.

Dollars ? Bonnard !

Ça en fait, de la peinture.

Si je touche le jackpot Mon pote

C'est pas dans les magasins que j'irai tout claquer

Mais dans une école de commerce réputée

Et peut-être que comme amis je vous garderai

Je palperai plus que Kevin avec ses taxis

Au golf, Tiger Woods sera mon caddie

Je deviendrai un vrai baron

Pas un bouffon Je veux l'anneau de Frodon !

Regarde-moi ce fanfaron

La taille de ton nez en dit long

Peur du taureau ? Va pas au rodéo

J'ai un meilleur beat Qu'Obi-Wan Kenobi

Arrête de rapper, t'es pas prêt

Ça va chauffer T'es déjà tout trempé

C'est une réponse, ça ?

Tais-toi, rentre chez toi, rhabille-toi

Quant à toi, Frodon de la Comté

96 000, c'est pas assez pour l'oisiveté

J'aurai de quoi te mettre sur le cul

Après impôts, un petit sac avec trois écus

96 000

¡Ay, alabanza!

¡No me diga!

Je gagne jamais !

Franchement

Quel pied, de vivre tranquillement

D'avancer dans la vie sans regret

Sans s'échiner Pour se faire respecter et payer

Franchement

Fini d'être au volant

On fera un apéro géant

Avec tous ces gens

Un week-end cool où on se détend

Allô maman, vérifie mes numéros

Un, deux, trois

Avec 96 000, tu ferais quoi ?

Ça restera entre toi et moi

Ta question laisse pantois

Je sais !

Avec 96 000 balles

Je m'offrirais un nouveau bail

La plage, les doigts de pied en éventail

- Et des extensions - Ou une décoloration

Vous tournez pas rond

Je dis ça comme ça

C'est idiot de rêver dans l'absolu

Si tu veux réussir, fixe-toi des buts

Quand c'est fait, tu peux rayer

Avec ces 96 000, je sais ce que je ferai

- Tu feras quoi ? - Je ferai quoi ?

Il faudra la moitié pour rembourser ce que je dois

Sonny gardera la bodega

Une partie sera pour toi

Car la seule vue que je veux, c'est celle-là

Je donnerai le reste à abuela

Et direction Puerto Plata Je serai bien là-bas

Ça te va ? Dommage, c'est pour toi

T'es le plus jeune businessman de ces bois

Avec cet argent J'améliorerais le logement

J'offrirais au quartier des ordinateurs puissants

Ici Les écoles sont toutes moisies

Changeons Parlons de la gentrification

De la flambée des prix À cause des nantis

On paie pour rester Au lieu de manifester

Quoi, l'immigration ?

C'est de la provocation

Le racisme latent Est devenu flagrant

Encaisser N'empêche pas de protester

On va rien lâcher Avant d'être écoutés

Toi-même tu sais !

Je vais pas pioncer Mais aider mon quartier à progresser

T'es trop chou !

Ça m'est venu comme ça.

Comment tu t'appelles ?

96 000, à toi.

Si je gagne au loto

Vous ne me reverrez pas de sitôt

On blaguait Reste fauchée !

Je m'installerai dans le centre-ville

Je prendrai un joli studio

Je quitterai le barrio

Franchement Quel pied, de vivre tranquillement

D'avancer dans la vie sans regret

Sans s'échiner Pour se faire respecter et payer...

96 000 !

Un, deux, trois

On ferait quoi ?

Je m'installerai en centre-ville

On remboursera ce qu'on doit

On le criera sur tous les toits

Je pourrai m'évader en avion

Nager dans le pognon

Fini d'hésiter On va rafler ce blé

Une fois lancés Rien ne pourra jamais...

Fini d'hésiter On va rafler ce blé

Une fois lancés Rien ne pourra jamais...

96 000 !

On a les numéros !

Le 5 !

Le 7 !

Le 16 !

Le 26 !

On va rafler ce blé

Et une fois lancés Rien ne pourra nous arrêter

Le 33 !

Personne ?

10 $ de tickets ?

Merde, c'est le dernier.

Ça va être le bon !

Qui avait gagné ?

Bonne question. Personne ne s'est jamais présenté.

Quoi ? Tu te fiches de nous !

Mytho, dis-nous !

- Allez ! - Je le dirais si je savais.

Peu importait,

tant qu'on avait tous un sueñito .

Mais en attendant, on survivait comme on pouvait.

¡Qué calor, qué calor!

Granité, granité

Dans un bloc de glace pilée

Frais et bien sucré

À la mangue, au fruit de la passion

À la fraise ou à l'ananas

À l'orange ou au citron

Grand ou petit format

Granité, granité

Dans un bloc de glace pilée

Frais et bien sucré

Tenez !

Il fait plus chaud que sous les tropiques

Et le camion de glaces veut me faire fermer boutique

Mais je m'accroche et j'ose le défier

Hé, pana, ici c'est mon quartier !

Granité, granité

Mon camion !

Il faut s'accrocher...

Dégage !

C'est mon coin !

¡Qué calor!

Voyou !

De la broderie comme ça, on n'en fait plus.

Brodées main par une vieille amie.

J'achète.

VEILLE DE LA PANNE 34 °C

Je ne les vends pas !

C'est pour une grande occasion ce week-end.

Pour demain, 16 h ?

Parfait !

Gracias.

9 dollars pièce, fois 12.

Les taxes... Sans tarif d'urgence.

Espèces ou carte ?

Bueno...

Je vais réfléchir.

Bien sûr.

Bienvenue dans le quartier.

Avoue.

T'es content que j'arrête Stanford.

Je vais pas te mentir, Nina.

Je jubile.

Tu étais prise à NYU, à Columbia,

mais tu es partie loin.

Qui avait rompu ?

Pour pas être un boulet.

On en avait parlé !

- C'est reparti. - Comment ça ?

Laisse-moi écouter le quartier.

Enfant, je croyais

Qu'on habitait au sommet du monde

Quand le monde n'était qu'un plan de métro

Et que le train 1/9

Montait en pointillés

Jusqu'à chez moi

La branche 9 a été supprimée

C'est vrai.

Enfant, je pensais que le Bronx

Était un quartier dans le ciel

Quand le monde n'était qu'un plan de métro

Et que mes rêves avaient cours

Dans les escaliers de secours

Peux-tu me rappeler

À quoi ressemblait

La vie au sommet du monde ?

Suis-moi

Premier arrêt Devant ma bouche d'incendie préférée

Tu l'ouvrais tous les étés

Avec une clé à mollette Pour faire trempette

Les flics arrivaient

- Moi, je détalais - Comme un lapin

Je m'en souviens bien

J'allais voir ton père : "Ouvrez, ils vont m'arrêter !"

Toujours à chercher les ennuis

Faux !

Ton père, narquois Me cachait, et toi

- Tu étais là - La vie était plus simple, autrefois

Nina, tout est plus simple quand on est chez soi

La rue est un peu plus tendre quand on est chez soi

Tu ne vois pas

Que le jour a plus d'éclat

Maintenant que tu es là Ou est-ce que c'est moi ?

C'est peut-être juste moi

Suite de la visite

Le soleil décline vite

Est-ce que tu m'emmènes à Castle Garden ?

Bien essayé Mais il fait une chaleur à crever

J'ai un spot ombragé Trop stylé

Au frais, tranquille

Bienvenue dans ta ville

Au lycée, quand il se faisait tard

Tu traînais dans le square

Et Usnavi apportait sa sono

En rentrant à pied De mes cours renforcés

Je vous voyais tous rapper

Avec le volume à plein

Et toi, tu passais pas loin

N'arrête pas, continue

sb.Tr ader

Viens par là, allez !

Quand on est chez soi

Les soirées d'été sont plus fraîches quand on est chez soi

Maintenant que tu es avec moi

Et la chanson que tu entends là

C'est le quartier qui la chante pour toi

Ne dis pas ça

- Pourquoi ? - Ne dis pas ça !

Enfant, j'essayais d'imaginer Ce qui se serait passé

Si mes parents étaient restés à Porto Rico

Qui aurais-je été si Manhattan était resté loin

Si j'avais vécu à Porto Rico parmi les miens ?

Parmi les miens

J'ai cherché des réponses toute ma vie

J'ai trimé, appris l'espagnol

Et fait tous les efforts

Je pensais trouver la réponse à Stanford

Mais je fixais l'océan

En pensant : "Où est ma place, vraiment ?"

Alors ne dis pas que tu es fier de moi

Alors que j'ai perdu ma voie

Laisse-moi au moins te confier

Que j'ai pensé à toi toute la journée

Écoute-moi

C'est peut-être comme ça que tu le vois

Mais Nina, crois-moi

Quand tu retrouveras ta voie

Tu changeras le monde, et là

On pourra tous se vanter

De t'avoir connue autrefois

Quand ici, c'était chez toi

Bienvenue chez toi

Quand tu es ici avec moi

Je croyais

Qu'on habitait au sommet du monde

Bienvenue chez toi

Tu es enfin chez toi

Je suis chez moi.

Patron, votre café.

Je suis en réunion.

Bonjour, Pike.

- Tout va bien ? - Merci, Benny.

- Besoin d'autre chose ? - Non.

Merci beaucoup.

Un bon petit gars. Café con leche.

Point numéro 12...

Il aura une meilleure école.

Je paie ses allers-retours.

Noëls, étés...

Pour qu'il revienne te voir.

Je sais que tu es son père.

Je suis que son grand cousin.

Mais quand même,

ce serait bien pour lui.

Tu hésites ?

Dis-moi.

Détends-toi.

Tu tournes en boucle. Tu devrais redescendre.

C'est ta première ?

Écoute.

Si je pouvais dire...

"Pars, Sonny."

Je le ferais.

J'y ai pensé.

Mais je peux pas.

Il m'écoute pas, de toute façon.

C'est un oui ?

À ton avis ?

Tonton, s'il te plaît.

C'est un gamin super, intelligent,

il est drôle et il pense aux autres.

Il a des bonnes notes, il bosse dur.

J'en suis témoin.

Je le vois tous les jours, au magasin.

Je le fais trimer.

Il a l'occasion d'avoir la vie qu'on a pas eue.

Allez, tío .

Comment tu le paies ?

En liquide.

Pourquoi, à ton avis ?

Tu t'es demandé ?

Pardon, Alejandro.

Merci de me recevoir sans rendez-vous.

Je venais aux nouvelles concernant l'acompte.

Bonne nouvelle, mi hijo .

Le chèque est encaissé.

C'est à toi.

Je peux plus reporter l'achat,

si je veux régler quelques affaires

avant de partir ?

Tu m'as entendu ?

Tu es propriétaire, mi hijo .

Tu as des doutes ?

Non.

C'est génial, merci pour tout.

La vie nous fait des croche-pieds.

Mais je vais me débrouiller. Merci encore.

Félicitations.

- C'était mon rêve, pas vrai ? - Oui.

JOUR DE LA PANNE 37 °C

Le père de Sonny le laisse partir ?

Ça lui va.

Super !

Tu as mis la casquette de ton père ?

Oui, elle me va.

¡Qué guapo!

Comme tu es beau !

Apporte le pain et les gâteaux sur la table.

Gracias, mi amor.

Regarde ce que j'ai fait.

Faut qu'on parle.

Pas tout de suite, plus tard.

C'est ouvert !

Voilà les ennuis !

- Belle robe. - Toi aussi !

Bonne chance.

Tu vas en avoir besoin.

Quoi ?

Pardon.

Tu es magnifique.

Ma couleur préférée.

C'est parce que...

j'ai un rencard, ce soir.

Exact.

Tu as un rencard.

Moi aussi.

Ah oui ?

Toi et moi, on a rencard.

Rencard.

C'est un rencard.

Bois un coup.

Réflexe.

Il faut pas qu' abuela voie ça.

Usnavi, Vanessa, venez danser !

Ne t'en va pas

Ne me quitte pas...

Encore cette chanson !

Si jamais

Tu t'en allais

Tu resterais dans mes pensées

À jamais

Elle adore quand le disque saute.

J'adore quand le disque saute !

Allez, Claudia.

Tu arrêtes la viande, c'est ça ?

Tiens, de la quiche végétarienne.

Abuela !

Ça se danse comme ça.

Sexy !

Comme ça, abuela .

Tu m'as mis de la sauce sur la manche !

Passez-moi un mouchoir.

J'ai ce qu'il te faut.

C'est bon.

Tu vas voir.

Dis donc !

Vas-y franchement.

Ça va partir.

Il m'a tout enlevé. Enfin, toute la sauce !

Bien vu.

Je retiens.

Danse avec Kevin !

Ma première entreprise, j'avais 7 ou 8 ans.

Chaque fois que tu racontes cette histoire,

tu te rajeunis.

7 ou 8 ans.

Avec un chiffon et une boîte à café, je suis allé sur la place d'Arecibo

pour frotter des chaussures pour 5 cents.

J'ai tout dépensé en cirage. La fois d'après, j'ai demandé 10 cents.

Investisseur dans l'âme !

Benny !

- Assieds-toi ! - Pardon du retard.

J'ai pas faim.

Pas faim, toi ?

Mange, regarde tout ce qu'il y a !

Kevin, votre réunion avec Pike Phillips,

c'était ce que je crois ?

Je me repasse la scène en boucle, et...

J'attendais le dessert.

Pour quoi ?

Quand Pike a racheté la moitié, il voulait tout l'espace.

Donc je lui en ai reparlé.

Félicitations.

- Quoi ? - Je le savais.

Bon, parlons-en maintenant.

On avait ton âge,

ta pauvre mère et moi, quand on est arrivés ici.

On a mis toutes nos économies dans deux taxis.

Des Cadillac bordeaux.

C'était ton parc !

Commencer petit, rêver en grand.

Je la reconnais en toi.

Je te jure qu'elle aurait fait comme moi.

Papa...

- J'ai vendu Rosario's. - Félicitations !

Trinquons !

Encaisse l'argent !

À Nina, qui va pouvoir finir

ce qu'elle a entamé à Stanford.

À Nina !

Remercie ton père.

Papa, le délai a expiré.

Menteuse !

Arrête, je les ai appelés.

J'ai appelé !

- Arrête de me protéger. - Il y avait pas que l'argent.

T'as rien écouté !

Si, sur les préjugés idiots.

Comme quand on est arrivés.

Non, c'est pas la même chose.

À votre arrivée,

toute une communauté vous a ouvert les bras.

Enfants, abuelas , avocats, 1re ou 5e génération.

Il n'y a pas ça, à Stanford.

Je me suis fait fouiller.

Je me suis fait fouiller.

Le jour où j'ai emménagé...

ma colocataire a perdu son collier de perles.

Ses parents et le responsable d'étage

sont entrés et m'ont fouillée.

Ils ont vidé mes tiroirs,

retourné mon sac.

Et j'ai laissé faire.

J'ai laissé faire,

sans rien dire.

En fait, le collier était dans son sac.

Toi, notre championne,

tu peux pas quitter le ring.

Arrête de me mettre cette pression !

C'est pas notre championne ?

Je me suis même excusée, comme une idiote.

J'ai rien fait et je me suis excusée.

Tes bonnes notes sont ta revanche.

- Vous n'écoutez pas. - J'y retournerai pas !

- ¿Como? - J'y retournerai pas.

Tu balaies mes décisions ?

Je le fais pour toi !

Non, pour toi !

Et si je refuse ton argent ?

Si j'en veux pas ?

Dis-le-moi dans les yeux.

Je refuse.

Elle refuse.

La fête est finie.

Dehors !

Fiesta in the Heights !

Vanessa !

Stylé !

J'aime bien les lumières tamisées

C'est donc ça, le club branché du quartier

La musique me plaît

Et toi, tu es très en beauté

Vraiment...

Usnavi, détends-toi

Je suis détendu !

Ouah, Vanessa !

T'es déjà venue ?

Moi, je ne sors presque plus

Le boulot au magasin me tue

Pour danser après, c'est foutu

Mais toi et moi, on devrait se voir plus

Je parle trop

Si on allait boire un verre ?

- Un cocktail sucré - Tu me connais

Avec un peu de cannelle

- Trinquons à mon licenciement - Tu boudes ?

¡Salud!

- Sans même un merci - Après toutes ces années

Santé !

À ton rencard avec Vanessa Ton col est mal mis

Merci !

- Aux cuites du week-end - Tant que tu paies, mec

Cul sec !

- Salut, toi - Qui, moi ?

- Tu danses ? - Non

J'ai tenté ma chance

Vas-y, si tu veux

- Ça te dérange pas ? - Ça va

À qui parle Vanessa ?

Un mec, je sais pas

Un mec ? C'est pour te rendre jaloux

Jaloux ? Je les éclate tous

Vanessa, danse avec moi

Vanessa, viens par là

Quand tu transpires en ondulant ton corps

J'en veux encore

Vanessa, danse avec moi

Vanessa, viens par là

Quand tu transpires en ondulant ton corps

J'en veux encore

Barman, un amaretto Pour la belle du ghetto

Tu me mets K.-O.

Tu me complètes Tu es ma Juliette

Je suis fait pour toi Suis-moi !

T'es pas du genre volubile

L'oiseau des îles Va t'ambiancer, tranquille

Mais je digresse Parle, je stresse

No hablo inglés.

Yes !

Je venais te chercher !

- On s'est pas vus. - Tu me dois une danse.

Attends, on va boire des shots.

- T'en veux un ? - Non.

Je t'en prends un.

- Je reviens. - Reste, Usnavi !

Deux shots, s'il vous plaît.

¿Qué pasó?

- Oye, ¿qué pasó? - Une panne !

Panne de secteur Malheur !

Nous sommes privés d'énergie

Ouvrez les portes, bon sang !

Je ne trouve pas Usnavi !

- Vanessa ! - Nina, où es-tu ?

Quelqu'un a vu Benny ?

Benny !

Usnavi !

Il fait chaud Les gens sont vénères

Comme Usnavi Soyons les réverbères

- On fait la paire - Mon frère

- Comment faire ? - On éclaire

Avec une étincelle On illumine le ciel

Pour empêcher les lascars de piller

Approchez, prenez ce que vous voulez

Et on va tout allumer

Reculez !

Regardez les feux d'artifice dans les airs

Tout le ciel s'éclaire

Regardez les feux d'artifice

Dans les airs

Tout le ciel s'éclaire

- Elle était où ? - Sur la piste.

Elle t'a écrit ou appelé ?

Non, j'ai appelé et je lui ai écrit, elle répond pas.

Faut que j'aille à la centrale.

Moi, je dois retrouver Vanessa.

Comment ça ?

C'est encore mon boulot au moins ce soir.

Laisse.

Je peux pas. Reste avec Usnavi, à plus.

C'est la panique totale ! Tout le monde s'emballe

S'agite, s'excite Se presse, se stresse

Nous sommes privés d'énergie

Usnavi !

Vanessa !

- Tu m'as abandonnée - Qu'est-ce que tu racontes ?

Tu m'as à peine invitée à danser

J'ai essayé mais tu te frottais Contre tous les mecs du quartier

- Sympa ! - Tu m'as pas laissé ma chance

- Une autre danse ? - Je pars

Je dois y aller

Ne fuis pas notre histoire

Je n'ai besoin de rien ce soir

- Je retrouverai mon chemin - Tu veux partir loin

Sans toi

Regardez les feux d'artifice

Dans les airs

Tout le ciel s'éclaire...

Nagle Avenue, une femme enceinte à emmener à l'hôpital Columbia.

Tu la prends ? Merci et bon anniversaire.

Kevin, j'ai basculé les appels entrants sur mon portable,

et les sortants sur générateur.

Mes chéries !

Bien joué !

Malin !

Vous rentrez tôt !

Poulet au riz.

- Dure soirée en boîte. - Usnavi !

Oublie, bois un coup.

Aux psychodrames !

T'es pas gênée.

G51.

Bingo, les bombasses !

Regardez les feux d'artifice

Abuela, tout va bien ?

Tout le ciel s'éclaire

Les étoiles brillent ce soir

Regardez les feux d'artifice

Tu n'es pas seule ce soir

Tu n'es pas seule ce soir

Je veux toutes les voitures libres sur la 125e.

Après la synagogue...

Si vous prenez le pont, faites du covoiturage.

Faites le max.

Je te rapporte de l'eau.

- Allonge tes jambes. - C'est mieux.

- Ça va ? - Oui, merci.

Regardez les feux d'artifice

Tout le ciel s'éclaire

À Washington...

¡Calor, calor!

¡Ay, mama!

La journée la plus chaude de l'été

Paciencia y fe

Il faisait plus chaud chez moi À La Víbora

Le Washington Heights de La Havane

Une ville remplie de visages comme le mien

Lorsque j'étais enfant, à La Víbora

Je courais après les oiseaux

En priant pour que maman ait du boulot

En scrutant les étoiles à la recherche d'un signe d'en haut

Maman, il y a tant d'étoiles à Cuba

À Nueva York

Avec les réverbères, on ne les voit pas

On doit soudoyer le concierge pour accéder au toit

À Washington Heights, Cassiopée n'existe pas

Mais il n'y a rien à manger à La Víbora

Je me rappelle d'avoir vu La colère et la faim dans la rue

Les femmes pliaient Moi, je jouais

Avec mes amis sous la pluie

Pour travailler et sortir de la pauvreté

Maman a dit : "Vamos a Nueva York"

C'était loin Mais du boulot, il y avait plein

Alors nous sommes venus

Et aujourd'hui me voilà

Mille fois trop tard

J'essaie d'imaginer ce que tu ferais si tu étais là

Je repense à notre vie d'autrefois

Nueva York !

Ça a tellement changé

Tu aurais dit : "Paciencia y fe"

En débarquant ce jour-là

En décembre, dans le froid

Dans cette ville bouillonnante en 1943

Il a fallu devenir américains

Dans mes rêves en espagnol, je me souviens

Je dansais avec le maire, La Guardia

Toute la société nous ouvrait les bras À maman et moi

Nettoie cette saleté

Apprends l'anglais

Ne sois pas en retard

Fais ta part

Est-ce que tu es mieux

Qu'avec les oiseaux de La Víbora ?

On dormait serrées On tentait de se reposer

On se débattait avec l'anglais

Grâce aux amies On décrochait un job de femme de ménage

On a nettoyé et passé à l'encaustique

Tous les quartiers chic

Des jours, des semaines, des années

Et me voilà

Tandis que je nourris ces oiseaux

Mes mains se mettent à trembler

Et en prononçant ces mots

J'ai le cœur prêt à lâcher

Ay mama, qu'est-ce qu'on fait

Quand nos rêves se sont réalisés ?

J'ai passé ma vie à hériter de tes rêves à toi

J'ai rempli le contrat

J'ai survécu

J'ai réussi

À présent, dois-je partir

Ou rester ?

J'arrive, mama.

Paciencia y fe

Abuela !

Daniela !

Appelle les pompiers !

Appelle les pompiers !

Tout de suite !

Des serviettes !

Rapportez des serviettes !

Ça va aller.

Je suis là, abuela .

Je suis là.

Tiens bon.

Les pompiers ont prononcé le décès

alors qu'elle était allongée sur son lit.

Les pompiers ont dit

que son cœur avait lâché.

C'est ça qu'ils ont dit,

à cause du stress ajouté à la chaleur.

Pourquoi elle ne prenait jamais ses médicaments ?

J'espère qu'elle est partie en paix.

Avec des miettes de pain dans les mains.

Abuela Claudia avait des plaisirs simples.

Elle s'émerveillait de choses qu'on ne voit pas.

Les bouteilles de coca en verre, les miettes de pain, les étoiles,

elle les chérissait,

en s'écriant : ¡Alabanza!

C'est une façon de lever quelque chose vers le ciel

et de chanter ses louanges, au sens propre.

Quand elle était là, elle montrait la voie.

Elle était juste là.

Elle était juste là.

Alabanza

Alabanza, doña Claudia Ô Seigneur

On fait une pause ?

Non, papa. Continue.

3e JOUR DE PANNE 41 °C

Salut, papa.

Mes plus belles années.

C'est glauque, ce calme.

D'habitude, on a le crissement de la ligne 1.

Tu sais,

avec tout ce qui se passe,

je me suis mis à penser

aux gens à qui je tiens le plus.

Et j'ai pensé à toi.

Tu vas changer de code postal.

De pays, même.

Mais pas avant le mois d'août.

On a du temps.

Usnavi...

Je fais des manucures.

Il y en a plein d'autres comme moi.

Arrête !

Tu es une artiste.

Ton cahier de dessin de terminale...

J'étais censé regarder au tableau,

mais tous tes croquis,

c'était un peu...

un mélange entre Wonder Woman ,

Les Simpson

et Guernica .

En voyant ça, j'avais envie...

de voir le monde entier avec tes yeux.

Regarde ça.

Tu sais, avant que j'achète Rosario's,

ça s'appelait O'Hanrahan's.

Il y avait que des Irlandais.

Pourquoi j'ai acheté ?

Mon père

m'a fait arrêter le lycée

pour que je travaille dans la même ferme que lui.

Pour gagner une misère.

J'ai pensé en moi-même : "Non, papa.

"Ça rime à rien,

"de tout plaquer pour qu'un autre s'enrichisse sur mon dos."

Je suis venu ici.

Pour bosser à mon compte.

Sans jamais finir le lycée ?

Mais Nina l'a fini.

Vous m'avez demandé ce que voulait dire sueñito .

Je ne vais pas édulcorer la réalité.

Vous savez, un rêve,

ce n'est pas un diamant étincelant.

Parfois,

c'est dur.

Et pas toujours joli.

Vive les immigrés !

Les avancées politiques ne tombent pas du ciel.

Elles découlent de vos combats !

Et ceux qui ne remplissent pas les conditions, comme ma nièce ?

Elle peut entrer à la fac sans avoir de papiers,

mais sans petit boulot,

et sans aucune aide financière, elle n'y arrivera pas.

C'est injuste.

Elle a dit quoi ?

Sa nièce ne peut pas faire d'études.

On peut rêver plus fort et mieux !

Qu'est-ce que tu as ?

Je peux pas passer le permis.

Ni aller à la fac ?

Elle parlait des sans-papiers.

Quand j'avais votre âge,

on nous disait :

"Si tu travailles dur et que tu respectes les règles,

"tu gagneras ta vie, tu auras des occasions,

"et ça pansera tes plaies."

C'est faux.

On fait tous les efforts pour aller loin

et on oublie ce qui est devant nous.

Je voulais être comme toi.

Vive les immigrés !

Racontez votre histoire !

Vous n'avez aucune raison d'avoir honte !

Racontons notre histoire !

Je sais quoi faire.

Tu m'as offert la meilleure éducation, je dois m'en servir,

et assurer un avenir à tous les mineurs sans papiers.

Stanford n'est pas une porte de sortie mais un retour.

Comme abuela le disait toujours :

asseoir notre dignité par petites touches.

Nous y voilà.

Où ça ?

Au moment où tu me surpasses.

Pas à cause d'un beau diplôme.

Parce que tu es plus visionnaire que moi.

Tu es portoricaine.

"New-yoricaine".

On est un peuple voyageur.

Embarque-nous !

Ignore ceux qui doutent de toi.

Tu prendras des coups, chérie, mais reste sur le ring.

DEMANDE DE LOCATION

RÉFÉRENCES

J'ai appelé, et il est encore libre.

Mais Vanessa a besoin d'un garant, qui ne quitte pas le pays.

Tu veux bien ?

S'il te plaît.

On est prêts, madame.

Señorita , je vous prie.

Bien, madame.

Señorita.

Prêtes.

On vous suit.

Quelle fournaise !

¡Adiós, mi gente!

Venez me voir dans le Bronx !

3843, Grand Concourse.

Où ils sont tous passés ?

Je rêve. À croire qu'ils ont baissé les bras.

PANNE D'ÉLECTRICITÉ

Au revoir, tout le monde !

Bande d'ingrats !

Notre chef de tribu passe l'arme à gauche,

et on réagit comme ça ?

On n'est pas privés d'énergie, on en a à revendre !

Claudia aurait dit : ¡P'alante!

À Porto Rico, malgré toutes les pannes récurrentes,

on faisait la fiesta.

On dirait L'Île aux naufragés .

Calme-toi. Demande-toi ce que ferait Jésus.

J'ai l'air de Jésus ?

Un peu, si je louche.

C'est quoi, ces mines abattues Que je vois dans les rues ?

Je dois avoir la berlue

Depuis quand les latinos Ont peur d'avoir chaud ?

Quand j'étais petite, dans les collines de Vega Alta

Noël était le moment de l'année qui me mettait en joie

- Demande-moi pourquoi - Pourquoi ?

Pas de neige à l'horizon

Mais des cocktails coco à foison

On chantait l'aguinaldo

Et le carnaval démarrait crescendo

On ferme toutes les boutiques

Et c'est parti

Faisons le carnaval

Del barrio

Carnaval del barrio

Pas besoin d'electricidad

Allez, debout, ¡avanza!

Sortez tambourin et maracas

Et dansez avec moi

Par ici, Dani J'ai une question

C'est quoi, cette chanson ?

Fais preuve d'invention

C'est de l'improvisation

Tu peux dire ce qui te tente Tout ce qui te chante

Tant que tu le chantes

Ma mère est dominico-cubaine

Mon père est chilo-portoricain

Moi, je suis chilo-domi-cu-ricaine

Mais je dis new-yorkaise !

Pourquoi ces mines réjouies ? On transpire, on n'a plus de jus

Vivement que je parte d'ici

J'en peux plus

J'étais en boîte avec un copain

On me poussait dans tous les coins

¡Ay, por favor!

Nous dis pas qu'Usnavi est un copain

On sait bien qu'il a le béguin

Maintenant que tu le dis La tension sexuelle se lit

- N'importe quoi - Tu vois pas ?

T'as tous tes cafés gratuits

Voilà Usnavi !

Asseyez-vous tous, j'ai une annonce à faire

Plus rien ne me retient Je m'en vais loin

Je ferme la bodega Sonny, tournée de sodas

Levons nos canettes bien haut

Abuela me manque, mais hissez haut

Daniela, Carla, chargez la bagnole Car demain, je m'envole !

Dingue !

Hissez le drapeau dominicain

Hissez le drapeau portoricain

Hissez le drapeau mexicain

Hissez le drapeau cubain

Hissez-les !

Où que vous soyez

Souvenir de ma contrée

Je me rappelle où je suis né

Cette belle bannière

Porte mon âme tout entière

Quand mon heure viendra

Je veux qu'on m'enterre là-bas

Benny, ne fais pas comme si de rien n'était

- Comment ça ? - Nina et toi

Vous fricotez

Benny et Nina

S'aiment en catimini

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie

C'est la meilleure !

Nina et Benny

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie

Attendez !

Minute !

Usnavi part en Rép Dom tout seul

Benny me vole mon âme sœur

C'était ma baby-sitter

C'est ce que vous voulez ?

Adieu la bodega, le quartier Les taxis, le salon de beauté

Et on est déconnectés

Privés d'énergie

Vous dansez, vous faites la fête Alors que tout part en sucette

Privés d'énergie

Il suffit d'allumer une bougie

On peut tout surmonter, ici

Vas-y, déclare notre décès

Notre impuissance de pauvres étrangers

Peut-être que le quartier est fini

Et qu'on ne sera plus jamais réunis

Mais tu veux gâcher ce moment Alors que l'épilogue est imminent ?

Pleurez sur votre sort

Je brandis mon drapeau haut et fort

Hissez-les

Où que vous soyez

Est-ce qu'on peut donner de la voix Vous et moi ?

Cette belle bannière

Porte mon âme entière

Chantez, hurlez, braillez

Résonnez jusque dans le New Jersey

Porto Rico, Saint-Domingue Peu importe d'où l'on vient

On représente les siens !

Vanessa, n'aie pas de regrets

Danse avec moi, s'il te plaît

Quand mon heure viendra...

On vous aime !

30 JOURS APRÈS LA PANNE 26 °C

Enlève ta main, et pousse.

Voilà.

Mon doigt !

C'est bon.

Appuie bien.

Tu pars que trois mois !

Laisse-moi écouter le quartier.

Je préférais le coucher de soleil pendant la panne.

Et si on faisait...

comme si on y était encore ?

Ça me plaît.

Début juillet...

Avec tout l'été devant nous.

Quand le soleil se couchera

Il te faudra une lampe de poche

Ou une bougie

Je trouverai bien, merci

Quand tu partiras

Je t'achèterai une carte pour m'appeler

Car plus ça va, plus tu me plais

Je partirai faire ma rentrée

Et moi, je te rejoindrai

Sur la côte ouest, en Californie

On a tout l'été

Tous les deux, pour en profiter

Un moment d'éternité

Quand tu te retrouveras

Soudain seule sans moi

Est-ce que tu m'oublieras ?

Même si j'essayais, je n'y arriverais pas

Quand je serai tout seul

Quand je fermerai les yeux

Ton visage m'apparaîtra à nouveau

Pendant ton absence

Tu sais que j'attendrai ton retour

Avec impatience

Mais tu es là avec moi

On fera tout pour se préserver

Mais au cas où nos chemins viendraient à se séparer

Laisse-moi te dire dès maintenant

Que tu vas changer le monde prochainement

Je penserai à chez nous

Et je penserai à toi

Tous les soirs

À la même heure

Au coucher du soleil

Nina a refusé qu'on l'emmène à l'aéroport.

Elle voulait sauter le pas seule.

En jeune femme indépendante et têtue.

Comme toi, ma puce.

C'est une qualité.

POUR USNAVI

C'est pas vrai !

T'as pas fait ça ?

T'as pas fait ça !

Tu me fais des farces !

Tu m'as fait une belle farce !

Abuela ...

Vous fermez à quelle heure ?

Super !

Merci beaucoup, au revoir.

T'attendais là ?

Tu pars demain, il paraît.

Viens, entre.

Alors, ton appart ?

Il est génial.

Je suis pétrifiée, j'ai pas cousu un seul modèle.

Ça viendra.

J'attends que l'inspiration vienne.

Tu as une grande fibre créative et artistique.

Ça va arriver.

Bon...

Ce que je t'ai apporté

Je l'ai acheté à côté

- Tu fais quoi, ce soir ? - Le ménage

- Tu as fini pour aujourd'hui - Que tu dis

On a rencard

Avant ton grand départ

Je te dois une bouteille de champagne

Bien frais

La bouteille est bien perlée

- Il fallait pas - Ouvre-la !

Je ne sais pas si j'ai des gobelets J'ai déjà tout empaqueté

Ce soir, on boit au goulot

Usnavi

Daniela m'a dit ce que tu avais fait pour moi

Jamais personne n'a fait preuve d'une si belle attention envers moi

Que puis-je dire ou faire

Pour te remercier de ta gentillesse ?

Comment on enlève ce machin doré ?

Avant de nous quitter

Avant que les enseignes changent dans tout le quartier

Allons faire un tour à pied

Une dernière fois

Usnavi, ça va ?

Ça va, j'essaie d'ouvrir ce champagne

Le tortillon est cassé

Mais je vais y arriver

- Laisse-moi faire - Je gère

Usnavi, lâche ça

Tu t'es donné tout ce mal pour moi

Tout ira bien, ne t'en fais pas

Je suis fatigué, excuse-moi

Il faut que tu restes

Quoi ?

Reste là Dans cet appartement, pourquoi pas ?

Très drôle

Sonny manque d'exemples masculins

Pour lui montrer le chemin

Explique-toi

Je dis juste que tes vacances peuvent attendre

Toi aussi, tu nous as quittés

Je suis encore à portée de métro

- À proximité - Précise ta pensée

Tu quittes le pays, on ne te reverra jamais

Tu nous rends accros à ton kawa Et tu t'en vas

Je ne comprends pas pourquoi tu es en colère comme ça

J'aimerais être en colère

J'arrive trop tard

Ça prendra combien de temps ?

Entre le dépôt de la demande,

les audiences au tribunal,

les appels et le verdict final,

ça peut prendre cinq mois, ou cinq ans.

Cinq ans ?

Pour une carte verte, ou alors...

pour un refus.

La justice va à son rythme.

Alors on s'y met.

Ce ticket vaut 96 000 $.

Ça nous permet quoi ?

Je veux payer tes honoraires et placer le reste pour Sonny.

- Mec... - T'inquiète.

- Putain, c'est énorme. - Reste poli.

T'as eu ça quand ?

T'occupe. C'est moi qui pose les questions.

J'ai plutôt l'habitude des chèques.

Je pars à l'aube, j'ai pas le temps de l'encaisser.

J'aurais aimé, mais...

S'il te plaît.

D'accord.

Mon grand...

Ça va être une période éprouvante,

qui peut se solder par un échec.

Mais il y a une chance, non ?

Oui, mais il est de mon devoir

de le prévenir

que c'est loin d'être gagné.

Je comprends.

Mais je veux me battre.

Pete !

Sérieux !

Pardon ! Prends un de mes chiffons.

- Combien tu le vends ? - Je te le donne.

J'en ai plein.

Vous entendez ça ?

Des voix divines.

Le dernier matin,

la ligne 1

avait des accents de Juan Luis Guerra.

Et les camions poubelles

sentaient les fleurs des îles.

Mes plus belles années,

j'arrive.

Rideau sur Washington Heights au soleil levant

Je plie bagage, je vais de l'avant

Mais j'essaie de répartir

Cette somme d'argent pour que Sonny ait un avenir

Abuela me voyait sur la plage à boire des margaritas

Et ce sera bientôt le cas

Je m'apprête à monter dans un 747

Au départ de JFK

Les bouches d'incendie sont ouvertes

La brise fraîche nous berce

Les bouches d'incendie sont ouvertes

La brise fraîche nous berce

Granité, granité

Dans un bloc de glace pilée

Bien frais et bien fruité

Un jour prochain

Le vent souffle au bord du fleuve

On se croit lassé et les souvenirs pleuvent

Le lever du jour dans l'escalier

Les soirées à écouter Le rap qu'on aimait

Tout ici va me manquer, vous savez

Kevin et ses conseils avisés

Voir à l'horizon Vanessa au salon

Il faut qu'on avance Qui remarquera notre absence ?

À la fin

Quand le jour déclinera au loin

Serai-je apaisé Quand ce sera terminé ?

Quand on aura baissé les bras Qu'est-ce qu'on laissera ?

Le murmure d'abuela me manque trop

Quand, à Noël, elle jouait au loto

Quand cette ville sera un repaire de bobos

Qui regrettera mon petit magasin pas bien beau ?

Salut, toi.

Tu as deux minutes ?

Tu veux voir le monde avec mes yeux ?

Viens.

Regarde pas.

Attention.

Je vais où ?

Ne bouge plus.

- Regarde pas. - Je fais rien.

Je sens tes yeux s'ouvrir.

- Non. - Arrête !

Attends.

C'est bon, ouvre.

En te quittant, hier soir,

je me suis mise

à marcher dans le quartier,

pendant un moment.

Et je suis tombée sur Pete.

J'ai vu un de ses chiffons.

Ça m'a inspiré ce modèle.

J'ai demandé à Sonny d'ouvrir la bodega,

j'avais besoin de coudre.

Elle avait besoin

de plein de chiffons, alors je me suis mis à peindre.

Comment t'as...

C'est la plage de mon père.

T'avais plein de photos, à la caisse.

J'ai dessiné de tête.

J'ai fait le crabe, dans le coin.

Ben quoi ?

On s'en fout, du crabe.

- C'est le meilleur. - N'importe quoi.

- Il est dans le coin. - Tu l'aimes pas ?

J'ai pas dit ça, mais bon...

- Tu pourrais le vendre. - Combien, 25 cents ?

- 2 000 $. - Hein ?

Arrête un peu.

Il déteste.

Il se forge une impression artistique.

PATIENCE ET ESPOIR

T'as fait ça cette nuit ?

Adieu mon vol.

Hein ?

Graffiti Pete, rachète de la peinture

Changement de programme, finis ce mur

Votre mission, si vous l'acceptez :

Dites que je reste aux gens du quartier

Annoncez-le à tout le monde ici Sonny...

Vas-y !

Usnavi reste !

Je suis un réverbère, détendu

J'éclaire les histoires des gens de la rue

Il y a des heurs et des malheurs

Mais je les connais, c'est mon bonheur

Qui d'autre transmettra tout ça ?

Qui fera le café aussi bien que moi ?

Abuela, repose en paix Tu es dans mes pensées

Mais je pense à Sonny Et je suis à ma place ici

Je m'épanouis C'était un test, c'est réussi

Et jamais je ne partirai d'ici

Les bouches d'incendie Sont nos plages de paradis

Les escaliers Nos feuilles de palmier

Abuela, pardonne-moi Je reste pour être ton porte-voix

Je peux te dire au revoir

J'ai trouvé mon île J'étais dessus, c'est ma ville

Je suis chez moi

Jusque-là,

je les pensais au passé.

Quoi ?

Mes plus belles années.

Finalement, je suis resté.

Et j'ai construit mon petit rêve, mon sueñito ,

ici.

À Washington Heights.

Dites-le, pour pas qu'il disparaisse.

Washington Heights !

Parce que c'est ici...

Toi,

toi, ma puce,

tu es mon rêve.

À jamais...

J'ai un rencard.

Je retiens.

Il y a une chance, non ?

Un ticket gagnant !

Commencer petit, rêver en grand.

Ces petits détails

disaient au monde que nous n'étions pas invisibles.

On peut aller se baigner ?

T'as parlé des heures !

Viens, Iris !

Papa,

je peux aussi ?

Demande à ta mère.

Maman, je peux ?

Oui, mon cœur, vas-y.

Je t'aime, papa.

Les bouches d'incendie sont ouvertes

La brise fraîche nous berce

La vie est belle

Joyeux Noël ! Je suis chez moi

Abuela, notre reine, c'est toi

Même après ton envol, je suis chez moi

Là où le café coule à flot Là où je déverse mon flow

Dans ma bodega Je suis chez moi

Je veux transmettre autour de moi Qu'on est bien, chez soi

Que ce soit clair entre nous

Je demande à Vanessa un deuxième rendez-vous

Chez moi Il fait 40 degrés l'été

Mais la patience et l'espoir font notre unité

La musique nous envahit

Prenez le métro jusqu'au sommet du monde Je suis ici

Chez moi

Subtitles by sub.Trader subscene.com

À la mémoire de Doreen

D'OÙ L'ON VIENT

Adaptation : Anaïs Duchet

Il fait plus chaud que sous les tropiques

Et le camion de glaces a eu un hic

Envoyez-moi une dépanneuse !

C'est vers moi que ses clients vont se précipiter

Je t'avais dit, c'est mon quartier !

Granité, granité

Fait ch...

1,25 $ le granité

2,25 $ le granité

Dans un bloc de glace C'est moi qui ramasse

Vive les pannes À moi la manne

Il faut s'accrocher !

Granité !

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