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Original subtitles

C'est Adam et vous êtes sur KABL-AM, KABL-FM.

On est partout dans I 'air, à San Francisco,

sur la baie magnifique de San Francisco.

PERVERSION STORY

CLINIQUE DUMURRIER

Qu'est-ce qu'elle a ?

Tu as bien fait de m'appeler.

Susan a fait une nouvelle crise d'asthme.

♪ arrive tout de suite.

Attends, George.

Était-ce vraiment nécessaire ?

Tu es le directeur de la clinique, etje n'ai pas à discuter ce que tu fais.

Je ne suis que médecin, ici.

Mais il me semble que tu exagères, là.

TRANSPLANTATION CARDIAQUE PRÊVUE A LA CLINIQUE DUMURRIER A SAN FRANCISCO

Les journaux sont toujours remplis d'informations inexactes.

Et peut-être qu'un jour, on effectuera vraiment une greffe cardiaque.

- Ce n'est pas si invraisemblable. - George, ce jour n'est pas proche.

Nous ne sommes pas équipés pour effectuer des greffes!

Ce n'est qu'une basse trouvaille publicitaire.

Je suis ton frère et il est de mon devoir de te le dire.

Sais-tu que, dans le milieu médical, tout le monde rit dans notre dos ?

M. Philip Holden n'appartient pas au milieu médical.

Et c'est quelqu'un qui peut nous aider à payer les dettes de la clinique.

C'est un millionnaire du Nevada qui possède banques, hôtels et pétrole.

Ce bel article I'a impressionné.

Il m'a appelé et m'attend ce soir, à Reno.

C'est donc à son attention que tu I'as fait publier ?

Bien sûr. Il y a toujours une raison cachée.

Tu verras. Je finirai par obtenir un financement.

Ne pars pas, George. Elle a été si malade!

Je n'aijamais été aussi inquiète pour ma sœur!

♪ ai déjà demandé à la clinique d'envoyer une infirmière.

Tu sais bien que je finirai par la renvoyer.

Je ne veux personne ici!

Tu ne fais ça que pour...

soulager ta conscience!

Je ne peux pas reporter ce voyage.

Bien sûr,je sais.

Si tu ne trouves pas d' argent, ton bateau va comer.

Ça fait des années que je maintiens la clinique à flot.

Etje continuerai à le faire.

Si j'arrêtais maintenant, c'en serait fini.

Il y a d'autres choses qui sont f totes.

Tu fais allusion à notre mariage ?

"|| faut sauver la clinique." Depuis toujours!

- Ne mets pas ça sur le dos de la clinique. - Non,justement.

La faute te revient à toi.

- La cünîque n' est qu'une excuse. - Si ça peut te consmer, (festvrai.

Depuis combien de temps travaillez-vous chez nous ?

Ce n'est que mon 2ème jour, docteur.

Sans quoi je vous aurais remarquée plus tôt.

Je dois vous prévenir: ma femme a un caractère...

un peu difficile.

Essayez de gagner son estime, sa confiance...

Vous comprenez ?

Voilà ses médicaments.

Ça, c'est du Listhofel, pour ses crises d'asthme.

Ma femme en fait souvent.

Presque tous les jours.

Faites très attention.

Tous les soirs, vous devez lui faire prendre 20 gouttes

de Neurosedyl. C'est un tranquillisant.

Il serait très dangereux que vous confondiez les deux flacons.

Administré lors d'une crise d'asthme, le Neurosedyl peut provoquer

Pétouffement.

Je ferai très attention, docteur.

Venez. Je vais vous présenter à ma femme.

- Soyez très patiente avec elle. - Vous I'aimez beaucoup, pas vrai ?

Oui, évidemment.

Allume-moi une cigarette.

- Quand as-tu décidé de me quitter ? - La nuit dernière.

- On aurait pu en discuter. - Tu ne crois pas qu'on en a assez parlé ?

Ça n'a servi à men.

Mais que s'est-il passé ?

Rien. Du moins, rien de nouveau.

- Je t'emmène à la gare. - Comme tu veux.

♪ ai du mal à fimaginer à San Luis Obispo, jouant la f tile de bonne famille.

Larry rachètera ma part.

Je lui laisserai I'atelier, on s'est déjà mis d'accord.

Tu as proposé à Larry de lui céder I'atelier ?

- Donc tu y songeais déjà depuis longtemps. - Bien sûr.

C'est logique, que j'y aie pensé.

Mais pourquoi partir ?

Tu t'enfuis.

Oui,

peut-être que je m'enfuis.

Mais, moi, je t'aime.

Et si je restais, cela n'auraitjamais de fin.

Et tu veux vraiment en finir ?

Oui, je veux en finir.

Susan est catholique, elle rejette le divorce.

Si elle n'était pas malade, j'aurais pu la convaincre.

Et tu serais déjà ma femme.

Es-tu sûr quej'aurais accepté de t'épouser ?

Mais, si ce n'est pas le mariage,

alors, que veux-tu ?

Un homme entièrement à moi.

En amour, je ne veux rien partager.

Séparons-nous ici.

Je ne supporte pas les gens qui agitent leur mouchoir.

Je les trouve ridicules.

Comment puis-je me rendre à San Luis Obispo ?

San Luis Obispo ?

C'est de I'autre côté ! Faites demi-tour.

- Vous devez faire demi-tour, monsieur. - Merci.

Dis-moi, George. Comment cela va-t-il finir entre nous ?

Je ne sais pas.

Mais moi, je le sais.

Unjour,je prendrai ce train.

Et tu ne seras plus là à m'attendre.

Non.

Quelque chose finira bien par arriver.

- C'est pour vous, M. Dumurrier. - Merci.

Qu'y a-t-il ?

C'est mon frère. Depuis ce matin, il a appelé trots fois.

George...

C'est Susan.

- Elle est morte. - Morte ?

C'est vraiment incroyable...

qu'on devienne des étrangers, après s'être tant aimés.

Après avoir pris ses gouttes,

Susan a sans doute renvoyé I'infirmière et est restée toute seule.

Elle I'avait déjà fait, malheureusement.

L'infirmière a dû oublier de réveiller Martha avant de partir.

Quelque chose me dit qu'on ne la reverra pas à la clinique.

Laisse-nous seuls, George.

Il te faut quelque chose, George ?

Un tranquillisant.

♪ ai roulé toute la nuit, je me sens vraiment à bout de nerfs.

Alors un calmant ne suffira pas. Je vais te donner un somnifère, c'est mieux.

Docteur...

Tu vois, la nudité ne suffit pas. Il faut un peu d'horreur pour vendre.

Alors, ajoute un insecte dégoûtant. C'est à la mode.

- Et si je mettais ce grillon-poisson ? - Oui, oui. Essaie sur le sein.

Ça te plaît, là 7

- Là ? - Non. Plus bas.

- Là ? - Ouais.

-ÇavaJà? - Ouï.

- Bouge un peu, laisse-moi voir. - Qu'en penses-tu ?

- Non. -Non?

Non, je n'aime pas. Il nous faudrait un mille-pattes.

Non, le mille-pattes, c'est trop dégueu. Pourquoi pas un crabe ?

- Bon, les spots sont en place. - Oui, maisje ne suis pas prête!

Allez, Larry, t'as pas une idée ? Rien qu'une ?

- Une idée... - Oui, une idée!

"La belle et la bête", c'est un peu idiot, non ?

- Alors invente un truc plus marrant. - Je ne sais pas, moi.

Je t'ai dit d'essayer le mille-pattes...

- Non, c'est dégoûtant, n'exagérons pas. - Attends. Attends...

- Oui, je veux bien voir... - Eh bien... Oui.

Une libellule, c'est pas mal. Ce n'est pas parfait, mais...

Mais sur ses fesses, alors.

Pas mal!

Retourne-toi un peu. Râle pas et fais ce que je dis.

C'est pas mal, comme ça, non ?

Mais comment se fait-il que Martha n'en ait rien su ?

Elle n'aurait pas attendu un mois pour me prévenir.

Elle n'a trouvé la police qu'aujourd'hui, dans un tiroir.

Mais pourquoi tu t'agites tant ? Je ne comprends pas.

Si elle t'avait laissé des dettes, je comprendrais.

Non, pas comme ça. Pense à quelque chose de beau, chérie.

Mais feu ton épouse

t'a laissé une assurance d'un million de dollars.

Voilà, bravo. C'est ça, voilà.

Et tu te plains ?

Allez, chérie, retourne-toi.

Plus érotique!

Susan était une femme. Tu ne savais pas les femmes imprévisibles ?

Ou tu viens de le découvrir ? Retourne-toi, chérie. Allez.

Mais que Susan me désigne seul bénéficiaire

d'une police d'assurance d'un million de dollars,

c'est même plus qu'imprévisible!

Ouais, mais elle I'a fait. C'est tout ce qui compte.

Volupté et horreur, chérie.

Certes, une pareille somme

peut résoudre bien des problèmes dans la vie.

Si j'étais toi...

Mais t'arrêtes pas de manger, toi ! Je remercierais la chère disparue!

Ouais,

je la remercierais de tout mon cœur.

Sors ta petite langue. Comme ça.

Bravo.

Ce que vous ne comprenez pas, c'est que Susan m'a toujours détesté.

Elle me reprochait de vivre, alors qu'elle se sentait tarie, morte.

On ne parlait presquejamais.

Si bien qu'elle en était arrivée

à s'enfermer dans sa chambre des jours durant.

Oui.

Je sais qu'elle ne laissait même pas mooter les domestiques.

Dans ces moments-là, Martha et moi étions les seuls à pouvoir la voir.

Docteur Dumurrier!

On vous demande au téléphone.

Merci.

Allô ?

Un instant, s'il vous plaît.

C'est la société de prêt. Ils veulent te parler. Ne...

Passe-les-moi.

Il n'y a plus rien à craindre.

George Dumurrier à I'appareil.

Vous aurez votre argent en totalité.

Oui, d'ici une semaine.

Je vous I'ai dit: vous aurez votre argent!

Certes, un million de dollars peut tout arranger.

Au sujet de cette police d'assurance...

Tu ne savais rien, George ?

Non, Henry.

Je n'en savais rien du tout.

- L'addition, s'il vous plaît. - Tout de suite.

C'était Henry. Il m'attend à la clinique.

Navré pour notre soirée.

Mais comment t'a-t-i| trouvé ?

Nous sommes venue ici par hasard.

Oui, va savoir.

Je le lui demanderai.

Très bonne idée.

LES ANNÉES FOLLES STRIP-TEASES INTÊGRAUX

C'était une excuse trop bidon.

Assieds-toi. Ce n'est pas le genre de lieu où faire des manières.

♪ essaie de faire en sorte que tu te sentes à I'aise, George.

Je n'ai plus de cigarettes. Tu en as ?

♪ ignorais que tu appréciais ce genre de spectacles.

Pourquoi ne vas-tu pas demander son nom ?

À quoi bon ?

Par curiosité.

- Monica Weston. - Tu la connais ?

Je t'ai posé une question.

Non, je ne la connais pas. Tout à I'heure, au téléphone,

quelqu'un m'a dit de regarder à ma gauche. J'ai regardé

- etj'ai vu I'affiche. - Quelle affiche ?

De cet endroit. Elle y était.

Il y avait sa photo ?

Oui. J'ai été frappé par sa ressemblance avec Susan.

Tu vois, vue de près, on dirait que c'est elle!

Oui, incroyable.

Mais pourquoi ne me I'as-tu pas dit ?

Tout ça me paraissait... si absurde.

Invite-la à notre table.

À quoi bon ?

Je te I'ai dit: par curiosité.

Salut.

Ça vous convient, monsieur ?

Oui, merci.

Tu as commandé du champagne... Quelle élégance!

Vous êtes venue visiter la ville du péché ?

Non. Nous habitons San Francisco.

Ah, vous n'êtes pas des étrangers!

Bon, on peut plonger dans le péché, même chez soi...

C'est même plus excitant!

Elle est mignonne, ta copine.

Elle est très... féminine.

Écoute, si vous voulez satisfaire une Iubie...

je sais être compréhensive.

Faites-moi une off re, je vous dirai sije suis partante ou pas.

Quoi ? Ce n'est pas ce que vous aviez en tête ?

Que voulez-vous ?

Rien.

On voulaitjuste boire un peu de champagne avec vous.

D'accord. Buvons!

0k. Que me voulez-vous ?

Je peux savoir pourquoi vous me regardez ainsi ?

BOT':

j'ai eu ma dose!

Ce fut un vrai plaisir.

Vous êtes vraiment bizarres, tous les deux.

As-tu remarqué la couleur de ses yeux ?

Oui. Ils sont verts.

Ceux de Susan étaient marron.

Qui est-ce ?

Comment as-tu trouvé mon numéro ?

Je I'ai acheté.

- Pour 200 dollars. - 200 dollars ?

Mais que me voulez-vous, tous les deux ?

Comment ça, "tous les deux" ?

Nous ne voulons rien.

Il n'y a que moi.

Tu ne vas sans doute pas me croire,

maisje suis timide.

La proposition queje m'attendais à recevoir de vous deux au night-club...

ne m'enchantait pas.

Je préfère I'amour simple, normal.

Naturel.

À deux.

Sans trop de complications.

Ça veut dire que tu refuses les plans à trots ?

Ça dépend de ce que ça me rapporte, chéri.

Regarde autour de toi, mon loulou.

C'est un chouette endroit, raffiné, et même chic.

Mais ça me coûte très cher.

- Et il faut queje rentre dans mes frats. - Oui,j'imagine.

Mais, pour toi, ça ne do it pas être un problème.

Tu dois avoir beaucoup d'argent, toi, hein ?

Disons queje suis suffisamment riche

pour faire toutes les bêtises qui me passent par la tête.

Veinard!

Comme ce que je fais là, maintenant.

Eh, c'est censé être un compliment, ça ?

Non.

Mais, parfois, même les choses agréables cachent des raisons idiotes.

Écoute, machin,

je ne suis pas une lumière.

Tu ne fais que parler, etje n'y comprends rien.

Donc, essaie de mieux t'expliquer, tu veux ?

Laisse tomber.

Ce serait encore plus idiot.

Mon loulou,

fais un truc intelligent.

Déshabille-toi.

L'ambassadeur américain espère quelques progrès

après avoir entendu le discours prononcé à Paris...

Chouchou, qu'est-ce que tu as ?

L'amour te rend muet ?

Mais mieux vaut ça aux gars qui me racontent leurs affaires, après.

Pourquoi ?

C'est mauvais pour ta santé ?

Je n'ai jamais fumé. Je n'aime pas ça.

Ou alors, tu es asthmatique et tu ne peux pas fumer...

Mais qui c'est ?

- Va voir qui c'est, s'il te plaît. - Comme ça ?

Et moi, alors ?

Allez, vas-y, chéri.

ll y aura bientôt 20 ans qu'Andy Granatel/I a quitté Minneapolis...

' Bonjour! ' Bonjour!

Monica ! Ecoute, Monica chérie,

peux-tu me rendre mes gouttes ? Je n'arrive pas à dormir.

- Quelles gouttes ? - Je te les ai données la semaine passée.

- Je parie que tu ne t'en es pas servi. - Ah, celles-là ! Si, j'en ai pris.

Cherche-les.

Écoute, Monica, tu vois ce gars, la nuit dernière ? Celui avec la Porsche.

Ben...

Ce sont... ces gouttes-là ?

Oui.

C'est bien celles-là, merci!

Mais qu'est-ce qu'il a, ce type ?

♪ ai sans doute des complexes, maisje ne suis pas folle!

- C'est moi qui allais devenir fou ! - Ignore-le.

D'habitude, il est taciturne. Et quand il parle, c'est du charabia.

Tchao!

Réponds.

Allez, réponds.

Allô ?

Allô.

A//ô ?

Allô ?

Mlle Monica Weston est-elle là ?

♪ aimerais parler à Monica Weston.

Qui est-ce ?

Allô ?

Qui ça ?

Carol ?

Carol Timmons ?

Vous avez fait un faux numéro.

Oui,je suis Monica Weston.

Non, je ne connais personne de ce nom.

Idiote!

Carol Timmons...

- Je ne la connais ni d'Ève, ni d'Adam. - Et Jane Blicker ?

- Jane qui? - Blicker.

Non plus.

- Pourquoi je I'ai appelée ? Devine. - Je ne vais rien deviner.

C'est à toi de me I'expliquer.

0k, je vais te le dire.

Reviens sur la 3ème.

L'idée folle m'est venue que Susan se faisait passer pour Monica.

Celle-là peut faire I'affaire.

- C'est une idée absurde, je sais. - Qui n'explique pas ton coup de fil.

Mais si.

Suppose que tu veuilles te faire passer pour quelqu'un d'autre...

Si tu la coupes là, on peut I'utiliser.

Si quelqu'un t'appelle en prétendant te connaître,

au début, tu fais semblant de le connaître,

et tu le laisses parler, pour ne pas te trahir.

C'est ce quej'ai tenté avec Monica.

Si elle avait été Susan, elle serait tombée dans le piège, non ?

C'est une explication confuse.

Maintenant, à ton tour, George.

Je crois que tu as couché avec elle pour mener ton propre test...

Arrête, Jane.

Choisissons les photos.

Allez, ne perdons pas de temps.

Ça te plaît ?

- Tu n'as pas un gros plan ? - Si, si, le voilà.

Maisj'ai I'impression qu'on n'en a pas besoin, non ?

- Nos clients ne veulent que des... - Attends. Remets celle d'avant!

Elle te plaît ?

À moi aussi.

Oui, elle est trèsjolie.

Mais le meilleur est en dessous.

- Tu I'as vu sur I'autre photo. - Je la connais.

Maisje ne me souviens pas qui c'est.

COMPAGNIE D'ASSURANCES

♪ avoue que j'ai failli tout laisser tomber.

♪ ai suivi Dumurrier desjours durant, sans rien trouver.

C'est un homme à la vie linéaire.

- S'il a bien une amante, rien de suspect. - Et là, qu'avez-vous trouvé de neuf ?

Jetez un œil Ià-dessus.

C'est sa femme, Susan Dumurrier.

- Presner ! - La photo date de quelques années.

Maintenant, examinez celle-ci. Regardez-la bien.

Qu'en dites-vous ?

C'est toujours Mme Dumurrier. Coiffée différemment,

- et avec les cheveux blonds. - La deuxième n'est pas Mme Dumurrier.

C'est une femme tout ce qu'il y a de vivante.

Elle s'appelle Monica Weston et elle est strip-teaseuse.

On dirait pourtant la même personne.

Non seulement Monica Weston est bel et bien vivante,

mais elle et le Dr Dumurrier sont, comment dire... très intimes.

- C'est une drôle de coïncidence ! - C'est aussi ce queje crois.

Vous savez, M. Bent, j'aurais une hypothèse à suggérer aux policiers...

Allez, avance.

Allez, chérie, dépêche-toi.

SERVICES DE POLICE

Puis-je savoir ce que vous me voulez ?

Qu'est-ce quej'en sais, moi ? ♪ exécute les ordres.

Les dames d'abord.

Vous cherchez Monica Weston ?

Oui.

- Qui êtes-vous ? - La police.

Mais que faites-vous ici ?

- Qu'est-il arrivé à Monica ? - Rien. Elle va très bien.

On I'ajuste emmenée au poste pour lui poser quelques questions.

Mais alors, pourquoi fouillez-vous son appartement ?

Monica a des ennuis ? Dites-moi ce que c'est.

Je pourrai sans doute I'aider.

La meilleure chose à faire, c'est de dégager.

Maisje... je voudrais...

Allez, sortez.

Dites-moi au moins ce que vous cherchez.

♪ aimerais bien le savoir, ce qu'on cherche!

Vous ne voyez rien, inspecteur ?

- Si, des taches et du gribouillage. - Change de diapo.

Remarquez-vous quelque chose ?

Non.

La numéro 5.

Voilà. Ça, c'est un

ça, uuu , uSu , un |lall' unu.

"Susan". Vous avez lu ? "Susan".

La numéro 6.

Dans cette diapo, agrandie au maximum, on voit mieux "Dumurrier".

"Susan Dumurrier".

Éteins le projecteur.

Voici le morceau de buvard que nous avons agrandi.

- Où avez-vous trouvé ça ? - Dans I'appartement de Monica Weston,

oublié au fond d'un tiroir.

Cet oubli risque de lui coûter très cher.

Ouais.

C'est la preuve qu'elle s'est entraînée à imiter la signature de Susan Dumurrier.

Je ne pensais rien faire de mal.

Cette femme...

Cette femme était très malade.

Il lui restait peu dejours à vivre.

Elle était condamnée par un mal incurable.

Elle n'avait rien à y perdre, la pauvre!

Elle, rien. Mais la compagnie d'assurances, oui.

Elle allaitjuste perdre 1 million de dollars!

Mais ces compagnies ont plein de fric!

Bien sûr.

Appelle le procureur.

Elle a avoué. Pour ce que ça vaut.

Elle aurait été exploitée par une femme nommée Betty.

Monica la décrit comme :

"grande, élégante, plutôtjeune.

"Elle portait toujours des lunettes de soleil.

"Et, chaque fois, elle était coiffée différemment."

D'après Monica, elle portait des perruques.

- Juste "Betty". Pas de nom de famille ? - Non, et pas d'adresse non plus.

C'était toujours cette Betty qui la contactait.

C'était elle qui lui donnait rendez-vous.

Et elle I'a récompensée avec 20000 dollars.

Dès qu'elle a signé la police au nom de Susan Dumurrier, Betty I'a payée.

En espèces.

- Puis elle a disparu. - Et maintenant, c'est presque un fantôme.

Oui.

Que pensez-vous du Dr Dumurrier ?

À mon avis, il est le seul à tirer profit de cette histoire.

- À propos, de quoi est morte sa femme ? - D'une crise d'asthme.

- Elle s'est asphyxiée lors d'une crise. - Avait-elle d'autres maladies ?

Non, pas queje sache.

Non, non. Merci.

L'asthme est rarement une maladie mortelle.

Si ce n'était pas le cas, je serais mort il y a 50 ans!

Dumurrier est médecin, il est censé savoir tout ça.

La ressemblance est frappante.

Vous dites que vous ne connaissiez pas Monica Weston, avant.

Je vous ai expliqué où et quandje I'ai rencontrée.

Oui, bien sûr. L'appel, I'affiche, etc.

Vous ne me croyez pas.

Franchement, docteur,

vous êtes doté d'une grande inventivité. Et vous I'avez démontré plus d'une fois.

Si j'avais vraiment de I'imagination,

j'aurais inventé une meilleure histoire.

Votre femme pourrait avoir été tuée.

Vous n'y avezjamais songé ?

Qui peut penser pareille chose ?

Moi, j'y pense.

Etje ne suis pas le seul.

Le procureur a donné I'ordre d'exhumer le corps de votre femme.

Désolé, mademoiselle. C'est une formalité exigée par la loi.

Oui, c'est elle.

C'est elle, mais pourquoi continuez-vous à la tourmenter ?

Voici les analyses de I'affaire Dumurrier.

Le corps contenait assez de curare pour tuer un cheval!

Ce poison entraîne I'asphyxie, à I'instar de I'asthme.

Quand ton amie Betty t'a dit que ton sosie était malade

et qu'elle mourrait bientôt, tu I'as crue, c'est ça ?

Et tu n'asjamais soupçonné, pas même un instant, que quelqu'un...

ait intérêt à la précipiter dans la tombe.

Ne sais-tu pas que celui qui se rend complice d'un meurtre

est aussi coupable que celui qui le commet ?

C'est désormais une certitude : Mme Dumurrier a été empoisonnée.

Et, toi aussi, tu es coupable de sa mort.

Nous savons être très cléments

à I'égard de ceux qui aident Ia justice à découvrir la vérité.

Il serait très avantageux pour toi de nous aider.

Je vous ai déjà dit tout ce queje sais.

Je ne te crois pas.

Il y a une chose qui cloche dans ton histoire.

Si le Dr Dumurrier utilisait cette Betty comme intermédiaire,

pourquoi est-il venu te voir au club "Les années fo||es" ?

Vous pensez que Betty n'existe pas et que je suis la complice du docteur ?

C'est exactement ce que je pense.

D'accord.

Je vais tout vous dire, inspecteur.

La voilà.

Vous n'aviez pas trouvé cette cachette, hein ?

On ne s'attendait pas à devoir démolir I'appartement.

Je ne m'y attendais pas non plus.

Apporte I'enveloppe au Iabo, ça nous aidera à éclaircir les choses.

Penche-toi en arrière, contre la balustrade. Voilà, comme ça.

Non, non, pas trop sexy.

Ne bouge pas, chérie, hein. Quelles diapositives ?

Celles qu'on projetait quand George était là.

Il avait I'impression d'avoir déjà vu cette f tile.

- Penche-toi d'un côté. - Il faut qu'on la retrouve.

Qui do it-on retrouver ?

La f tile. Elle n'est pas mannequin. Tu I'avais trouvée dans un night-club.

Dans un night-club ?

Ah, celle avec la perruque rousse!

C'est une pute.

Fini pour aujourd'hui!

Oui,j'ai enfin compris de qui tu parles.

Elle faisait un numéro dans un club. Mais ça remonte à plus d'un an.

Cette f tile était chez George, la nuit où sa femme est morte.

Tu vois dans quelles circonstances ?

C'était I'infirmière!

Oui.

♪ ai compris.

Oui.

Dites-moi.

- Oui. - Je veux payer...

- Un petit caniche noir. - Je veux payer la caution de Monica Weston.

Weston a été libérée il y a deux heures.

Il avait un journal dans la gueule ?

On peut retrouver le chien, mais pas le journal.

- Qui a payé la caution ? - Ça ne vous regarde pas.

Non, madame,

- on se fiche de la vie sexuelle du chien. - Mais, sergent!

Excusez-moi, sergent... C'était une caution de 3 000 dollars.

Vous ignorez combien il a été difficile pour moi

de rassembler une telle somme.

Réjouissez-vous, vous pourrez la garder.

Oui, madame, je vous écoute. Oui, madame. Appelez quand vous voulez.

Oui, soyez sûre que tous les policiers de San Francisco chercheront votre chien.

Écoute, c'est le... le restaurant Vagenende,

142, boulevard St-Germain.

Oui, rappelle-moi plus tard.

Tu m'espionnes comme un vilain garçon, Benjamin ?

- Ton amant est français ? - Quel amant ? Cesse avec cette histoire!

♪ ai suffisamment de problèmes comme ça, si seulement tu savais!

Je reviens du commissariat.

Je voulais payer ta caution!

Oh, Benjamin!

Tu veux te ruiner ? Tu ne peux pas te le permettre!

Maintenant, je suis sûr que tu as un amant.

Oui, tu as deviné.

C'est quelqu'un qui m'aime beaucoup plus que toi.

Mais c'est une femme.

C'est moi!

- 3 000 dollars, c'est beaucoup d'argent. - Je suis peut-être riche.

Au fond, me connais-tu vraiment ?

Benjamin...

Oublie-moi.

Tu n'auraisjamais dû me rencontrer.

Maisje t'ai rencontrée.

- Désormais, il est trop tard pour moi. - Mais pas pour moi!

♪ en ai assez de ta jalousie!

Non, Monica, je ne suis pasjaloux.

Peu m'importe que tu couches avec d'autres hommes.

C'est quand tu n'en gardes plus qu'un que je suis fini.

Tout finit, tôt ou tard.

Non, pas ça!

Ça ne peut pas finir!

Je ne t'en demande pas tant.

Qu'on se retrouve ici,

toi et moi,

de temps en temps,

et quand cela t'arrange. C'est tellement important pour moi!

Monica, si tu me prives de ça,

je n'ai plus rien.

- Rien, tu comprends ? - Alors, tue-moi ! C'est ça ?

Oui...

Je te tue.

Tu veux bien t'en alter ?

Monica...

Va-fen'.

Alors ?

Ouais.

- Pas mal. - Merci.

Mon Dieu!

Jane ? On est prêts!

- Jane, c'est mon associée. - Comme ça ?

Elle a beaucoup de talent, tu verras.

Si le mannequin lui plaît, c'est elle qui le prendra en photo.

La voilà.

Qu'en dis-tu ?

Ça Va.

Je m'en occupe.

Bon,je vais au cinéma voir Mickey, d'accord ?

Tchao!

Vous ne me reconnaissez pas ?

Si, mais il n'est pas nécessaire d'en parler.

Tu étais plus désinvolte au club. Tu me tutoyais.

Dans notre milieu, c'est différent... Jane.

Il va souvent voir Mickey ?

Pas toujours. Seulement quandje le lui demande.

Je suis bien, comme ça ?

Tu es parfaite.

Et si on éteignait la lumière ?

Mais ton associé m'avait dit qu'il ne s'agissait que de photos...

Et tu ne sais que poser ?

Non, mais ça coûte plus cher.

Ce n'est pas un problème, chérie.

- Si ça te gêne, je peux éteindre. - Pourquoi ça devrait me gêner ?

Qui est-ce ?

Une danseuse.

Une certaine Elizabeth O'Neill.

Mais tu |'appelais sans doute Liz. Elle dormait dans ta chambre.

Vous étiez intimes.

- Je ne la connais pas. - Vous travailliez ensemble.

Chez Carol Doda, en septembre dernier.

Ça, tu ne peux pas le nier. Le reste est sans doute vrai aussi.

Quel reste ?

Des rumeurs.

Entendues par-ci par-là par un ami, au sujet de vos rapports...

D'accord.

Éteins ça.

Je veux rencontrer cette f tile.

Elle n'est plus à San Francisco. Elle est partie.

Si tu sais où elle se trouve, tu dois me le dire.

C'était donc ça que tu me voulais.

Oui, entre autres.

Je paierai le prix pour cette information.

C'est toi qui as eu I'idée de ce coup de théâtre ?

Je croyais que Iesjournaux exagéraient en parlant de tes trouvailles ingénieuses!

Ils ont publié à mon sujet beaucoup de choses vraies. Sauf une :

je n'ai pas tué ma femme.

Et, pour le prouver, je dois trouver ton amie Liz.

- Elle n'a rien à voir dans cette affaire. - Oh que si, et tu le sais.

Tu en sais bien plus que ce que tu as dit à I'inspecteur Wald.

Je lui ai tout dit.

Plus que tu ne le crois.

Elle est toujours à I'étage.

Laissez-nous chercher cette Elizabeth O'Neill,

danseuse acrobatique

- et infirmière à ses heures perdues. - Vous ne me croyez pas, hein ?

- Mais si. - Vous ne me croyez pas.

Alors montrez cette photo à ma belle-sœur. Ou à la clinique.

Quelqu'un finira bien par la reconnaître.

Oui, il est fort probable que cette infirmière

ait empoisonné votre femme alors que vous étiez loin.

Malheureusement,

il sera difficile de convaincre Iesjurés que la f tile n'a pas agi selon vos ordres.

Vous êtes convaincu que ça s'est passé ainsi ?

Tout ce que je sais, c'est que, des trots femmes impliquées dans cette affaire,

Betty, Monica Weston

et, maintenant, cette infirmière-danseuse,

aucune d'elles n'avait de raison de tuer votre femme.

Vous êtes le seul à en avoir, docteur.

C'est vous qui avez encaissé I'assurance.

C'est un mobile de premier ordre.

Oui, mais...

- ça ne prouve pas queje suis coupable. - Non, j'en conviens.

Mais, dites-moi,

d'après vous, céder à un chantage n'équivaut-il pas à des aveux ?

- Un chantage ? - Oui.

Monica Weston a avoué.

Elle m'a dit pourquoi elle vous a demandé de venir aux "Années fo||es", ce soir-là.

Non. Non!

- Ce n'est pas elle qui m'a appelé ! - C'était Monica Weston.

Elle vous a appelé et vous avez couru la voir.

Le lendemain, vous lui avez remis 10000 S!

Non ! Je ne lui aijamais donné d'argent!

Docteur, on I'a trouvé!

Il était dans cette enveloppe.

Y figuraient des empreintes digitales qui sont en cours d'analyse.

Si elles devaient correspondre aux vôtres,

vous comprenez que ce sera la chambre à gaz.

Cette f tile est la seule à pouvoir sauver Dumurrier, si elle est toujours là.

- Ou si elle n'a pas été tuée. - Oh, ça poserait un problème.

Oui, un vrai problème.

Mais c'est ouvert!

Non,

non. Elle est partie avec un riche!

Un amant français.

Boulevard St-Germain, restaurant Vagenende.

Mais...

Maisje dois la retrouver!

Je dois la retrouver... C'est impossible!

- M. Benjamin. - Elle ne peut pas me quitter ainsi...

- Elle ne peut pas me quitter... Non... - M. Benjamin...

Non.

Non, ne me chassez pas, s'il vous plaît.

Je n'ai pas encore fini de chercher...

Vous savez bien que vous ne pouvez pas rester là. Rendez-moi la clé.

- La clé ? - Oui.

Il pourrait avoir des choses à nous raconter.

Il ne vous raconterait que les problèmes que cette femme lui a causés.

Oh, ce serait une histoire très intéressante!

Si Monica Weston a quitté le pays, on va mettre le FBI à ses trousses.

Et même Interpol, s'il le faut!

PRISON D'ÉTAT DE CALIFORNIE SAN QUENTIN

- On do it alter dans le couloir de la mort. - Votre nom, monsieur ?

Henri Dumurrier.

Avez-vous des colts, des appareils photo, des boissons alcoolisées ?

- Non. - Parfait.

- Vous pouvez passer. - Merci.

Le laissez-passer est à I'autre portail.

BUREAU DE POSTE FRANKLIN D. ROOSEVELT

Votre attention, s'il vous plaît.

La compagnie TWA annonce le départ du vol 209

vers Londres et Paris.

Porte d'embarquement n° 7. Les passagers sont priés de s'y diriger.

La compagnie TWA annonce le départ du vol 209

vers Londres et Paris.

Porte d'embarquement n° 7.

Dernier appel de TWA pour le vol 209

vers Londres et Paris, au départ à la porte n° 7.

C'est moi qui ai prié I'avocat de nous laisser seuls.

C'est complètement insonorisé, personne ne peut nous entendre.

C'est le droit des condamnés.

Je ne pense pas avoir grand-chose à te dire.

Jane sait prendre soin d'elle-même.

Etje n'ai pas d'enfants à te confier, heureusement.

Je sais.

Ton enfant, c'était la clinique.

Maisje n'auraisjamais été capable de la gérer tout seul.

Mais...

Ainsi,

j'ai pensé qu'il était inutile d'attendre, etje I'ai vendue.

Grâce à I'argent de I'assurance, il n'y avait plus ni hypothèques ni dettes.

C'était une bonne affaire, et mon avenir est assuré.

C'est comme si j'avais obtenu un financement sans intérêts.

Une opération financière qui va me coûter la vie, Henry!

Oui, unjeu d'argent...

qui a pour résultat d'être en ma faveur.

Vu que tu n'as pas d'enfants,

c'est moi seul qui bénéficierai de ta condamnation.

C'est un aspect que lesjurés n'ont pas envisagé.

Ils étaient convaincus de ta culpabilité

car la police d'assurance était en ta faveur.

Mais ils n'ont pas pensé aux avantages que moi j'en tirerais.

Moi,

ton frère et héritier.

Certes,j'aurais pu trouver le mo yen de te tuer, mais c'était trop risqué.

Ce sera donc I'État qui s'en chargera. Gratuitement.

Henry...

Mais qu'est-ce que tu racontes ?

Tu n'as pas encore compris, George ?

C'est moi, ton propre frère, qui t'envoie à la chambre à gaz!

Tu...

- Tu as tué Susan... - Non.

Personne ne I'a tuée.

Susan est bien vivante.

Non seulement, mais en parfaite santé, comme toi et moi.

Enfin, te concernant, jusqu'à demain matin, bien sûr.

Du calme, George. Ils n'entendent pas, mais ils voient très bien.

Assieds-toi, si tu veux entendre la fin de I'histoire.

Sinon, je vais devoir leur dire que tu es devenu incontrôlable.

Maisj'ai vu Susan morte.

Je I'ai vue de mes yeux!

Essaie de te souvenir, George.

Combien de temps es-tu resté auprès de son corps ?

Et puis, tu étais si fatigué, ce soir-là, sur les nerfs.

Tu cherchais un tranquillisant, tu te souviens ?

À la place, je t'ai donné des somnifères.

L'infirmière ?

Les hommes de la morgue ne connaissaient pas Susan.

Certes, il fallait enterrer quelqu'un à sa place.

Et on a tué celle qu'on aurait pu penser être |'auteure du crime :

la danseuse-infirmière Elizabeth O'Neill.

Et quand tu I'as vu à la morgue, le corps était trop décomposé

pour être identifiable.

Alors, Martha savait!

Martha ferait n'importe quoi pour Susan.

Susan a une sœur très gentille.

Et toi, tu as un frère très méchant.

Un frère qui est I'amant de ta femme depuis bien des années.

Tu comprends ?

Cette situation ne pouvait pas durer...

Par ailleurs,

il aurait été aussi stupide qu'absurde de tout résoudre par un simple divorce.

Notre père t'a laissé la clinique parce que tu étais son fils préféré.

Et“ m'a condamné

à être ton sous-fifre.

Sans le moindre sou.

Tu vois,je ne voulais pas mener ma vie avec Susan dans de pareilles conditions.

Tu connais Susan :

il lui faut beaucoup d'argent pour être heureuse.

Tu le sais mieux que personne.

Je I'ai toujours aimée, George.

Mais elle t'a choisi, parce que tu étais riche.

Maintenant, tu comprends pourquoi je te hais autant ?

Ce n'est pas de la haine,

c'est de la folie.

Sans doute. Mais une folie lucide.

Même toi, tu dois bien admettre

que nous t'avons tendu un piège parfait.

Chaque mouvement a été étudié en détail

et exécuté au bon moment.

Il n'a pas été difficile de créer Monica Weston.

Les strip-teaseuses sont des vagabondes,

elles ne restentjamais longtemps au même endroit.

Il a suffi de I'un de tes voyages d'affaires

pour que Monica naisse et commence à vivre.

En devenant même plutôt populaire, ici, à San Francisco.

Susan s'est beaucoup appliquée.

Elle a accepté tous les compromis pour conquérir ceux qui lui seraient utiles.

Betty, évidemment, n'ajamais existé.

Susan vous a fait croire tout ce qu'elle voulait,

se montrant pourvue d'un talent d'actrice inattendu!

Même lorsqu'elle faisait semblant de souffrir d'asthme ?

Ça, c'était la moindre des choses.

Tu n'es pas un bon médecin.

Maintenant, je comprends pourquoi elle s'enfermait tant dans sa chambre...

Tout était calculé.

Même ce qui pouvait apparaître comme des erreurs,

tel le morceau de buvard, par exemple.

On devine aisément comment cette enveloppe a fini dans les mains de Wald,

avec cet argent

et tes propres empreintes.

Je te I'ai dit, George : je te hais.

Je n'auraisjamais pu te laisser partir à la chambre à gaz

sans que tu saches que c'est moi qui t'y envoie.

Et tu crois queje ne vais pas essayer de me défendre ?

Mais bien sûr.

Bien sûr!

♪ ai aussi pris ça en compte.

Tu parviendras peut-être à reporter ton exécution de 24 heures,

mais ça ne servira qu'à prolonger ton agonie.

Ton avocat bataillera pour te sauver,

ce qui alimentera ton espoir.

Un espoir inutile, George.

Du gouverneur d'État jusqu'au dernier éboueur de San Francisco,

tout le monde connaît tes guérisons miraculeuses

eues greffes de cœur que tu as 'mventèes

pour faire de la publicité à la clinique.

Il sera donc naturel de penser que tu auras inventé une autre histoire,

tout à fait absurde, pour sauver ta pea...

Ils diront que c'est ton chant du cygne.

Le Dr Fleming est demandé dans la cour.

Fermez le portail, sécurisation maximale.

Fermez le portail, sécurisation maximale.

Le coup de théâtre s'est produit 30 minutes

avant que le condamné soit transféré du couloir de la mort

à la cellule de haute sécurité du rez-de-chaussée.

ll était censé y passer la nuit, surveillé par deux gardiens choisis par lui.

C'est ce qu'on appelle "Ia veillée de la mort".

Demain, à 10h, tout aurait dû s'achever.

La nouvelle que nous venons de recevoir n'est pas accompagnée d'explications.

Nous ignorons encore quels sont Ies nouveaux éléments don't dispose Maître Mitchell.

Tout ce que I'on sait, c'est que le défenseur de George Dumurrier

a réussi à obtenir un renvoi de 24h.

Au cours de celles-ci, le gouverneur de I'État de Californie

décidera d'accorder ou non au condamné une plus tongue prorogation,

ce qui ouvrirait la voie à une révision du procès.

Il s'agit d'un crime particulièrement atroce, maître.

Et le statut social de I'accusé aggrave la situation.

En cherchant a creer une autre affaire Chessman,

vous nous demandez de garder Dumurrier en vie,

et de nous opposer à I'opinion publique, qui nous accuserait d'impartialité.

Tout ça, afin de retrouver cette... Monica Weston,

afin de vérifier si ses yeux sontverts ou marron.

Est-ce bien là ce que vous demandez, maître ?

Oui.

Ou, du moins, qu'on essaie de retrouver Henry Dumurrier.

Et si on le trouvait, quelles preuves aurait-on pour |'incriminer ?

Touflours en admettant que votre hîstoîre sottvraie,

pensez-vous vraiment qu'il passerait aux aveux ?

Non. Il dirait probablement que son frère est fou.

Ou alors il dirait que son frère a tout inventé pour sauver sa vie.

Et notez bien, Mitchell :

cela tiendrait devant le tribunal, même s'il était vraiment coupable.

Oui, mais... alors pourquoi Henry Dumurrier a-t-il disparu ?

Pour vous laisser le temps de semer le doute.

Supposons qu'Henry se soit accordé avec George.

Il ne court aucun risque.

Tout ce qu'il a à faire, c'est se cacher quelque temps.

On peut faire cela pour son frère. Ne croyez-vous pas ?

Vous pensez que c'est un coup monté ?

Ce n'est qu'une hypothèse.

Mais cet expédient épouserait bien la personnalité de George Dumurrier.

Un expédient plutôt cynique, si j'ose dire,

qui ne passerait pas aux yeux de I'opinion publique.

Suivant votre thèse, les positions sont inversées :

le condamné est innocent, la victime est coupable.

Si on diffusait cette information,

la sœur de la défunte pourrait porter plainte pour diffamation.

Oui,j'en conviens.

Pourvu que la disparition d'Henry soit vraiment un expédient.

Merci.

C'est à vous...

de prouver le contraire.

L'État de Californie vous a accordé 24 heures.

La police est à votre disposition. On ne peut rien de plus.

Si vous ne pouviez pas mooter,

comment saviez-vous qu'elle était dans sa chambre ?

Parce que, lorsque Mlle Martha montait à I'étage, on les entendait parler.

Ne me demandez pas de le confirmer.

Vos questions inutiles offensant la mémoire de ma sœur.

Quand Mme Dumurrier est morte, et que tu es monté à I'étage...

- I'as-tu bien vue... morte ? - Bien sûr que je I'ai vue.

- Et tu n'as rien remarqué ? - Comme quoi, monsieur ?

Comment le saurais-je ?

Quelque chose. N'importe quoi!

Il y a du nouveau ?

Qui veux-tu pour te surveiller, cette nuit ?

- Alors, ça veut dire... - Non, ça ne veut rien dire.

C'est le règlement de la prison, c'est tout.

Tu as le droit de choisir ton gardien

etje viens te demander lequel tu préfères.

Mais ça ne veut pas dire que tu vas devoir descendre.

Ne t'inquiète pas. La police travaille avec acharnement.

Non, je ne saurais pas vous dire laquelle des deux c'était.

Même pas en revoyant le corps ?

Certainement pas en me basant sur deux photos.

Mais si vous m'apportez son dossier dentaire,

je pourrai I'identifier avec certitude.

Tout Américain s'est rendu chez un dentiste, une fois dans sa vie.

Et on peut encore établir si la dentition est la même ?

Les dents demeurent intactes des années durant.

Amenez-moi le corps, je prendrai son empreinte dentaire.

Ensuite, avec le dossier, vous pourrez I'identifier.

Je peux vous dire que le gouverneur a autorisé |'exhumation de Susan Dumurrier.

C'est tout, pour I'instant.

- Y aura-t-il une autre autopsie ou... - Je n'ai rien à dire de plus.

Merci.

Dites à I'inspecteur Wald que nous sommes prêts.

George...

il te reste encore une chance.

Boone...

ou mauvaise ?

Je ne sais pas.

Des rumeurs circulent dans la prison.

Il semblerait qu'ils aient trouvé quelque chose.

Oui, nous avons examiné I'empreinte dentaire.

Etj'ai pu déterminer avec certitude I'identité de la morte.

- Il s'agit de Susan Dumurrier. - Quoi ?

Non ! C'est impossible!

Désolé. Voici I'empreinte quej'ai modelée à partir du cadavre.

Et voilà la fiche dentaire de Mme Dumurrier retrouvée par la police.

La denture correspond parfaitement.

Malheureusement, aucun doute n'est permis.

Mais avez-vous remarqué que cette fiche provient de la clinique Dumurrier ?

La clinique appartenait à son mari. Il est donc normal qu'elle y soit allée.

- Oui, mais... - Bien sûr.

D'après vous, Henry aurait aussi remplacé la fiche, c'est ça ?

Maître,

croyez-vous ce que George a dit ?

Désormais, j'ai fait tout ce queje pouvais.

Ce que je crois n'a pas d'importance.

Mais quelle cochonnerie m'as-tu donné à boire ?

Aidez-moi.

Je lui ai donné quelque chose pour la faire dormir.

Quelle heure est-il ?

Je ne sais pas, ma montre s'est arrêtée.

Ici, Donald Grant, pour radio KPAT,

en direct de la prison de San Quentin.

Je vous parle depuis la chambre à gaz de la prison.

Il est 10h30. Il y a une demi-heure exactement,

le Dr George Dumurrier a été amené ici et assis sur I'une de ces chaises,

ses bras et sesjambes maintenus par des sangles.

Les dernières formalités accomplies,

cette porte a été scellée hermétiquement à I'aide de ce volant.

Ce téléphone est directement relié au bureau du gouverneur, à Sacramento.

Afin que, le cas échéant, I'exécution puisse être annulée, même à la dernière seconde.

Comme vous le savez, le gouverneur avait déjà accordé au Dr Dumurrier

un report d'exécution de 24 heures.

En effet, I'avocat de la défense, Arthur Mitchell,

I'avait obtenu, au vu de nouveaux éléments portés à son attention.

Éléments cependant jugés insuffisants

et classés comme I'énième histoire farfelue et invraisemblable

de George Dumurrier.

Monica...

Monica...

Cela s'est produit à Paris, à 11h du matin,

soit à 2h du matin, heure de Californie.

Neuf heures exactement avant que George Dumurrier

n'entre dans la chambre à gaz.

C'est au cours de ces neuf heures que son sort a été décidé.

C'est un télégramme envoyé par la police française qui a tranché :

"Paris, le 2 février 1969.

"Ont été tués aujourd'hui, 2 février 1969,

"deux citoyens américains de San Francisco, Californie.

"Un homme, le Dr Henry Dumurrier,

"et une femme don't I'identité est incertaine.

"L'assassin, Benjamin Wormser, également américain

"et de San Francisco,

"affirme que la femme est Monica Weston.

"Mais son passeport,

"numéro 109356,

"a été délivré à Susan Dumurrier."

La police de San Francisco a reçu ce message quelques minutes avant 1 Oh.

Il était 1 Oh pile,

et le levier déclenchant le mécanisme permettant au gaz de se répandre

allait être actionné

quand ce téléphone s'est mis à sooner.

Le Dr George Dumurrïer 'etaïflîbre.

C'était Donald Grant, pour radio KPAT,

qui vous parlait depuis la prison de San Quentin en Californie.

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