All language subtitles for Manto (2018) [HINDI - 720p - WEB HDRip - x264 - DD 5.1 - Multi Sub - 2GB] - fRA

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Original subtitles

Sarita !

Dépêche-toi ! Kishori attend.

Viens de suite !

Ils sont arrivés en voiture.

- Ils attendent depuis si longtemps. - Attention !

Envoie vite la petite.

Je réparerai le ventilateur plus tard. Je vais dehors.

Allez, dépêche-toi !

Ma, Shanta est assez âgée maintenant.

Envoie-la aussi.

OK.

Je demanderai à sa mère, et elle ira un jour avec toi.

Regarde-moi.

Tu sautes partout toute la journée. Dépêche-toi.

- Tu sors encore, Sarita ? - Je reviens vite.

- Ne dérange pas les clients. - Oui.

- De quelle couleur est la voiture ? - Tu le verras.

Le maquereau arrive.

Elle est trop jeune.

Bonjour. Désolé, nous sommes en retard.

C'est bon.

- Elle ne créera pas de problème ? - Non, faites-moi confiance.

- Monte. - À l'arrière.

Oh, là ?

- Monte. - Attention.

Ils payent bien. Ne crée pas de problème, OK ?

- Au revoir. - Voilà.

Merci, messieurs.

- Comment t'appelles-tu ? - Je m'appelle Kifaayat.

Comme un oiseau dans la forêt

Je chanterai...

Goûte.

Ce n'est pas une fille, c'est un feu d'artifice.

Allez !

Attrape-la !

Attrape-la !

Arrête de t'enfuir !

Arrose-le un peu !

Viens ici, mon feu d'artifice.

Retournons à la voiture.

Je n'ai pas de raison de le prendre.

Il regarda derrière, et il vit...

Shahab et Anwar avachis, tout comme le billet de banque.

Vois comme il regarde.

Ces yeux te font peur aussi ?

Ceux de père.

Pas autant que tes histoires.

Nighi, mon bébé !

Ma chérie...

viens ici.

Bébé, tu es réveillé ?

Pourquoi achètes-tu autant de stylos pour ne pas les utiliser ?

Les stylos de papa...

SAADAT HASAN MANTO

- Ça va, Das ? - Très bien.

Que fais-tu là ? Va-t'en.

Bonjour.

Maintenant, lève-toi lentement.

Dialogue !

Ô sage,

Pourquoi le voyage de la vie est si difficile ?

Parce que Dieu nous teste à chacun de nos pas.

Alors, comment peut-on réussir le test de la vie ?

Mon enfant, en semant les graines de l'amour.

C'est quoi ces conneries ?

- Quoi ? - M. Manto ?

"Semer les graines de l'amour !" Conneries !

Demande-lui d'arrêter de jeter des fleurs.

Enlève-le.

Pourquoi avoir changé le texte ?

De retour de Lahore ?

On dit que la cour vous a acquitté.

Enlève-le. Ce rôle le demande.

M. Manto...

Notre film va être une réussite grâce à votre chance.

Du thé ?

Je veux 2 800 roupies.

Je ne peux pas payer ça de suite.

On peut s'entendre pour 1 800 roupies, n'est-ce pas ?

Donnez-moi ce que vous avez. Le reste, la semaine prochaine.

Retirez l'argent du chèque lundi.

Quoi ? J'ai besoin de l'argent maintenant.

- Alors, je peux vous donner 1 200. - C'est ridicule !

Aftaab...

Celle à la peau sombre est belle, mais...

choisis celle à la peau claire.

Manto, ça ne dépend que de vous.

1 200 en liquide maintenant, ou 1 800 ce lundi.

- À vous de voir. - Très bien.

Ismat et Manto,

à vos deux acquittements.

- Santé ! - Santé !

Hé ! Que faites-vous ?

Pas maintenant.

Je te promets que je la ferai enlever.

Retire ça !

C'était mon premier et mon dernier procès.

Je ne veux pas, comme Manto, y être régulièrement.

Écoute ça.

"C'est une honte que Saadat Hasan Manto ait été acquitté une troisième fois.

Lui et son histoire obscène, L'odeur,

auraient dû être interdits.

Mais, malheureusement..."

Vous devriez plutôt vous préoccuper des lettres de haine que j'ai reçues.

Toi aussi, Ismat ?

Tu imagines une femme qui écrit une histoire d'amour entre deux femmes ?

Que Dieu nous pardonne !

J'ai adoré cette histoire si différente.

Ça met certaines personnes mal à l'aise, mais...

Mettre ces personnes mal à l'aise, c'est plutôt réconfortant.

Le Quilt est la meilleure des histoires que tu as écrites.

- Sauf la dernière ligne, insensée. - Pourquoi ?

- Qu'est-ce qui ne va pas ? - Totalement inutile.

"Quand le quilt fut levé, ce que je vis...

je ne le révélerais pas pour un million de roupies !"

Cette phrase est assez bonne pour que tu t'en souviennes.

Arrêtez tous les deux.

Safia...

ces procès sans fin doivent beaucoup te perturber.

Il ne l'admet pas, mais c'est aussi le cas pour lui.

Je t'ai dit de rejoindre l'Association des écrivains progressistes, mais...

Un écrivain n'est progressiste que s'il rejoint l'Association ?

- Quand ai-je dit ça ? - M. Chander, Maître en Littérature,

les gens se réfèrent à Manto pour la littérature progressiste.

Ceux qui n'aiment pas les mots crus vont vers Ismat Chughtai !

Bravo.

Je pense que tu exagères.

À quoi ça rime de provoquer tout le temps les gens ?

Si tu ne supportes pas mes histoires,

c'est parce qu'on vit à une époque invivable.

Concentre-toi alors sur le combat des ouvriers,

ou sur les atrocités commises par les Britanniques.

Au lieu de ça, en ces temps difficiles, il s'inquiète des prostituées.

- Shahid ? - J'ai tort ?

J'avais 22 ans quand je suis arrivé ici.

Depuis la fenêtre de ma chambre à Faras Road,

je voyais des femmes disparaître dans des alcôves avec de vils hommes.

Pourquoi ne pas écrire sur ça ?

Ne font-elles pas partie de notre société ?

Effectivement.

Après tout, ils ne vont pas aux prostituées pour prier.

Ils peuvent y aller librement, alors pourquoi ne pas écrire sur ça ?

Comment as-tu pu voir ce qui se passait derrière ces portes closes

depuis ta fenêtre ?

Tu ne me crois pas ? Tu peux vérifier par toi-même.

Ismat te taquine. Ne t'énerve pas.

Quelqu'un vient avec moi, ou je pars seul ?

Manto, assieds-toi. C'était une blague.

Ne t'inquiète pas, Safia.

Il va aller à Clare Road fumer une cigarette,

pour revenir avec une autre histoire en poche.

Hé !

Tu montes ou c'est moi qui descends ?

Tu cherches quelque chose ?

Une fille ?

Il y en a une en haut.

Lève-toi !

J'ai amené un client.

Laisse-moi dormir.

C'est le dernier. Après, tu pourras dormir.

Laisse-moi tranquille.

Lève-toi, ma chérie. Ne fais pas de chichi.

Sinon comment mangera-t-on ?

Alors, laisse-moi mourir de faim.

Mais je ne veux pas.

Lève-toi, sale traînée !

Debout !

Je te le demande.

Ça fait des jours que je n'ai pas dormi.

Pour l'amour de Dieu, aie pitié de moi.

Lâche-moi !

Obéis-moi. Ce n'est plus une demande !

Tu ne peux pas te fourrer ça dans la tête ?

Va au diable. Laisse-moi dormir.

Je vais te tuer.

"Ceux qui veulent que les Britanniques partent sont fous.

Grâce à eux, nous avons progressé.

Avant, les corps étaient brûlés.

Il y a maintenant un numéro sur chaque tombe, et c'est plus facile."

"Tu peux le noter avec les autres numéros.

Par exemple, pointure : 5. Téléphone : 44457.

Assurance : 225689. Tombe de mère : 4817."

Tiens.

Mère voulait être enterrée à côté de père.

- Prions pour les deux. - Non...

seulement pour mère.

Tu ne pries nulle part ailleurs.

Reste près de Dieu, Saadat.

Je commence toujours mes écrits avec le nombre sacré, 786.

Parce que mère t'a fait jurer de le faire.

Ici gît Saadat Hasan Manto...

enterré avec les secrets de l'écriture de nouvelles.

Saadat !

Sous terre, il se demande s'il est le plus grand conteur, ou si c'est Dieu.

Mon Dieu ! Que de sottises !

As-tu accepté le travail à Lahore ?

- Sûrement pas. - Quoi ?

Qui te payera 1 000 roupies par mois ici ?

Personne, mais je ne ferai qu'y vivre.

On sera plus en sécurité là-bas.

Qu'on vive dans la rue ou dans un manoir, ici, les gens ne voient pas la différence.

Mais si Bombay décide d'aller là-bas, je pourrais y aller avec elle.

Sois un peu sérieux de temps en temps.

Encore quelques jours de chagrin Encore quelques jours de torture

Ces jours aussi passeront Comme les autres avant

Un jour, le printemps reviendra Dans notre jardin

S'il y a un paradis Ramenez-le sur Terre

- Deux pour Byculla. - Gare Victoria Terminus.

Tu n'as pas apporté ton appareil photo ?

- Tu ne prends jamais de photo de moi. - Je le ferai.

Je ne ressemble pas à une star ?

Certainement, Shyam Chaddha.

Il fait chaud.

- Enlève ça. - Les stars n'ont pas chaud.

Ces salauds d'Anglais auront fini par partir.

Regarde le nom de ce batteur !

- Hiptulla. - Hiptulla ?

- Hiptulla ! - C'est un nom étrange.

Tu es une star, Shyam Chaddha.

Ne fume pas ça, c'est pour les simples employés.

- Tu te débrouilles ! - Juste un peu.

Excusez-moi. C'est impossible de les trouver.

Un quémandeur !

Je peux une de plus ? Pour mon voyage de retour ?

Hiptulla !

Arrêtez de hiptuller ! Le train ne s'enfuit pas.

- Vive la révolution ! - Longue vie à Hiptulla !

Arif aurait son âge.

Cinq ans et trois mois.

Notre fils est avec nous, Safia.

Il quittera ce monde avec nous.

Regarde-la.

Sa tresse frappe son dos comme un gros fouet.

Safia ! Elle a une barbe et une moustache !

Tu trouves ça répugnant, des poils sur le visage d'une femme ?

Pas du tout, et Hameeda non plus.

Son nom est Hameeda ?

Tu te rases aussi ?

Non, j'utilise Baby Touch.

Quand je frotte ici, ça me fait éternuer,

mais la moustache revient après une semaine.

Hameeda doit aussi utiliser Baby Touch.

Non, elle utilise un rasoir.

Je vois.

Et ?

Et quoi ?

C'est toi l'écrivain.

N'importe qui peut créer une histoire.

C'est vrai.

Il y avait un garçon à l'université de Hameeda,

Rasheed,

décent et gentil,

comme toi.

Il voulait se lier d'amitié avec Hameeda,

mais il n'eut jamais le courage.

Alors...

À ton tour.

Un jour, il vit des garçons la taquiner.

M. Hameeda !

Deux pour le prix d'une ! Un homme et une femme.

Rasheed voulait parler, mais il se tut.

Il n'a rien dit ?

Quelques jours plus tard, Hameeda tombe malade.

Elle écrit à Rasheed, et il arrive en courant.

Il voit le visage de Hameeda couvert de poils épais.

Il fait rapidement bouillir de l'eau.

Il fait de la mousse avec du savon, adoucit sa barbe avec,

puis il la rase doucement.

Maintenant, Rasheed n'a pas une barbe à raser mais deux.

Les sandales, c'est plus confortable ?

Jinnah dit que nous sommes plus en sécurité ici.

Jinnah ? Nehru ? Qu'est-ce que ça peut me faire ?

Mon pays, c'est le Bhendi Bazaar.

Je ne déménagerais pas pour Grant Road, et tu m'envoies à Karachi ?

C'est leur pays.

C'est juste un slogan : "Hindou-Musulman, frère-frère."

- Ils nous tueront, brûleront nos maisons. - C'est la même chose ici.

Il n'y a pas de rivière de paix qui coule ici.

Écoute...

nos ancêtres sont enterrés ici, et je le serai aussi.

Tu comprends ?

Comme tu veux, mais moi j'y vais.

Vous êtes M. Manto, n'est-ce pas ?

Heureux de vous rencontrer.

On vient de se rencontrer, et vous êtes déjà heureux ?

J'achète le magazine Mussavar uniquement pour vous lire.

Mais pas de colonne, vendredi dernier ?

Peut-être que le politique a pris le dessus.

Que s'est-il passé ?

C'était un admirateur ?

Quand je regarde mes affreux pieds, j'ai envie de me lamenter.

Mes pieds sont pires.

Trop féminins !

Et alors ? Tu portes un intérêt particulier aux femmes.

Ça ne veut pas dire que je veux en devenir une.

On va vous tuer, les musulmans !

On va brûler vos boutiques !

Ne vous inquiétez pas. Je vais vous faire sortir par derrière.

Hindous, hindi, Hindoustan ! Les musulmans au Pakistan !

On va tous vous tuer !

- Allez. - Manto !

Hindous, hindi, Hindoustan ! Les musulmans au Pakistan !

Safia ?

Safia ?

Safia, réveille-toi.

Désolé, mon amour,

mais on doit célébrer ce jour ensemble.

Viens.

Regarde, Nighi !

Viens.

Regarde le ciel.

Regarde !

Longue vie à l'Inde !

Victoire à l'Inde !

Tu vas naître dans une Inde libre.

- M. Ashok, la date pour ma photo ? - Bientôt.

Ismat, j'ai lu ton histoire.

M. Naushad !

- Mon ami. - Shyam !

- Que bois-tu ? - Du whisky.

Je vais en chercher un.

Que se passe-t-il ? Tu ne t'es pas présentée ?

- Non, j'étais juste... - Allez.

- Ashok, t'a-t-on présenté Safia ? - Qu'est-ce que tu racontes ?

Comment pourrais-je oublier son délicieux Keema Parathas ?

Pourquoi être timide ? Serre-lui la main.

Serrons-nous la main ! Vous ne buvez pas ?

Himanshu ! Excusez-moi.

M. Manto, avez-vous lu mon scénario ?

Comment c'était ?

Asif, je me fais payer pour donner mon avis.

- Attends. - Je plaisante.

- Salaam. - Salaam.

Comment allez-vous ?

Désolé, Jaddan Bai, un instant.

Voilà ton argent. Alors, comment était le scénario ?

Totalement nul.

- Tu es tellement cruel. - Non, Jaddan Bai, il a raison.

C'est pour ça que j'ai décidé de faire Mughal-e-Azam.

Et c'est un scénario que tu n'auras pas à lire.

Prends un autre verre !

Naushad !

Ne vas-tu pas à Lahore pour le mariage de ta sœur ?

Oui, mais sans lui.

- Il refuse de venir. - Pourquoi, Manto ?

Ne te suggère-t-on pas d'aller au Pakistan ?

On est très bien ici.

Un instant.

- Ashok, tu as eu une quatrième lettre. - Quelle lettre ?

Rien, c'est juste...

On accuse le Bombay Talkies d'engager trop de musulmans.

Qui ça, "on" ?

Des lâches, des anonymes.

Ils n'ont pas tort.

Sagar et Filmistan Studios en ont moins.

Moi, Ismat, Shahid...

- C'est notre affaire, qui nous engageons. - Renvoie-moi, il y en aura un de moins.

Tu n'as pas à être un martyr.

- Il ne s'agit pas de... - Oublie ça.

Dites-moi,

pourquoi avez-vous dit que mon scénario a moins de "Hiptulla" ?

- Car c'est le cas. - Que voulez-vous dire ?

Désolé d'interrompre la fête.

Merci.

Mesdames et messieurs.

Je n'arrive pas à croire que notre pays soit enfin libre.

Mais ce n'est pas nous qui avons fait ça. Nous n'avons versé ni sang ni sueur.

Le temps est venu...

pour nous d'être activement responsables.

Mais...

la fête d'aujourd'hui ne serait pas complète...

si Jaddan Bai ne chantait pas.

Qu'en dites-vous ?

Que dois-je dire ?

Ce que vous rencontrer

A signifié pour moi

J'ai compris le sens de la souffrance

J'ai trouvé mon cœur

Que dois-je dire ?

Que dois-je dire ?

Ce que vous rencontrer a signifié pour moi

J'ai découvert le sens de la souffrance

J'ai trouvé mon cœur

Que dois-je dire ?

Déchire mon cœur blessé

Déchire mon cœur blessé

Ou crois dans ma loyauté envers toi

J'ai découvert le sens de la souffrance

J'ai trouvé mon cœur

Que dois-je dire ?

Cette lettre est arrivée, il y a trois mois.

Qu'est ce qui t'arrive ?

Tu n'es pas le seul musulman au studio.

Maintenant, ils menacent de brûler le studio.

- Je ne veux pas que tu... - Détends-toi, Manto.

Ce n'est que folie, et ça passera.

Peut-être.

Pourquoi as-tu tourné ici ?

C'est un raccourci, je connais le chemin.

Mais c'est une zone musulmane.

C'est quoi ça ?

Depuis quand ?

Que fais-tu ?

Et s'ils te reconnaissent ? Tu es hindou.

- Es-tu fou ? - Repose ça, s'il te plait !

Ashok Kumar ?

C'est Ashok Kumar ! La star !

Ashok Kumar !

M. Ashok, la rue est bloquée. Prenez la rue sur le côté.

Laissez-les passer. Bougez.

Conduisez.

Au revoir, M. Ashok.

Tu as eu peur sans raison.

Qu'est-ce qui ne va pas chez toi, Manto ?

Tu avais de bonnes raisons.

- Tu avais raison d'avoir peur. - Comment ça ?

N'ai-je pas déjà vu des foules, ou des processions de mariage ?

Mais tu n'as pas vécu des temps comme ceux d'aujourd'hui.

- Il faut donc acheter des chapeaux. - Des chapeaux ?

Un chapeau hindou et un chapeau musulman.

Que faire ?

Quand la religion saute du cœur à la tête,

il te faut porter des chapeaux.

Grâce à père, Saadat est sans peur,

mais il...

Je suis heureux que toi et Nighi partiez.

À votre retour, tout ira mieux.

Je mets ça dedans.

Ça me fait bizarre de partir toute seule.

Pourquoi ? Petite Nighi sera avec toi.

Ne t'inquiète pas, ma sœur part aussi.

Je suis plus inquiète pour toi.

J'ai oublié de te dire,

Shyam s'installe pour quelques jours.

- Sa taille de chaussure est 9, non ? - Oui.

Je vais lui apporter une paire.

Tu avais oublié, la dernière fois.

Je suis ta Lune, tu es mon clair de Lune

Mon amour n'est pas une romance passagère

Je suis ta chanson, tu es ma mélodie

Je suis ta chanson, tu es ma mélodie

Je pense que tu n'y mets pas les sentiments, Shyam.

Arrêtons là la répétition.

Laissez-moi réessayer, M. Naushad.

Ça ira mieux demain. On se voit à 9 h au studio.

Bien sûr.

Qu'est-ce qu'il y a, ma star ?

Ton cœur n'y était pas.

Mon oncle de Rawalpindi est ici.

Viens avec moi.

Pourquoi ? Tout va bien ?

Manjeet.

Manjeet !

Manjeet.

La foule s'est alors approchée en criant, "Tuez-les !"

J'ai dit à tout le monde de se cacher dans la réserve,

mais Manjeet...

mon fils... aîné...

Je lui ai dit,

"Laisse-moi monter la garde avec toi."

Mais il n'a pas voulu.

Soudainement,

ils ont enfoncé la porte et les fenêtres.

On s'est enfuis par le toit.

On a réussi à aller jusqu'à la gare.

Je voulais retourner en arrière pour lui.

Mais comment pouvais-je ?

Comment pouvais-je laisser mère ?

Ou mes filles ?

Regardez-les.

Elles tremblent encore de peur.

Et ma femme...

elle n'a rien dit depuis.

"Où les os seront-ils brûlés ou enterrés une fois l'enveloppe religieuse enlevée ?"

Pour l'amour de Dieu ! Cesse de donner un tour littéraire à tout.

Ce ne sont pas des personnages de tes histoires.

Ce sont des gens.

Ils vivent, respirent, sont réels.

La vie de chacun importe,

ou celle de personne.

C'est facile pour toi de dire ça...

ou de l'écrire ?

Non.

Ça ne l'est pas.

Ces maudits musulmans !

Je suis musulman aussi, Shyam.

S'il y avait une émeute ici, tu pourrais me tuer ?

Oui, c'est possible.

786

Que fais-tu ?

Es-tu devenu fou ?

Tous les musulmans ne fuient pas au Pakistan.

Et toi, de tous les gens ?

Mon ami...

Tu ne peux pas partir.

Je ne te laisserai pas.

Tu n'es même pas vraiment musulman.

Assez pour être tué.

J'aurais dû aller sur la tombe de ma mère.

Mon ami...

- je regrette tellement ce que j'ai dit. - Oublie, Shyam.

Tu aurais eu plus de regrets si tu m'avais tué.

Tu te souviens que Govind nous avait une fois donné un paan ?

On n'avait pas d'argent pour le payer.

Je lui dois toujours une roupie.

Je le payerai.

Non.

Je ne veux avoir aucune dette dans cette ville.

Maudit cochon.

Cochon pakistanais.

Longue vie au Pakistan !

Longue vie à l'Inde !

- Hiptulla ! - Hiptulla !

Il n'y avait pas ici un magasin de chaussures ?

Il est encore là, ouvert après 9 h.

Combien vous avez ?

Ça vaut ça ?

Mon oncle, as-tu entendu ?

Gandhi a été tué.

- Quoi ? - Oui.

Quoi ?

- Qui a fait ça ? - Un hindou.

Trois balles dans la poitrine.

Oh, mon Dieu !

Tu es un insolent !

Tu ne sais même pas comment annoncer de mauvaises nouvelles ! Fous le camp !

Imran !

Tiens...

Mange ça.

Tu as trouvé Sakina ?

Des nouvelles ?

- Tu as trouvé ma Sakina ? - Ne t'inquiète pas, on la trouvera.

Ça fait quatre jours que tu dis ça.

Mais dis-moi, à quoi ta Sakina ressemble-t-elle ?

Je te l'ai déjà dit.

Elle a à peine 17 ans.

Très belle, de grands yeux et des cheveux de cette longueur.

Un grain de beauté sur la joue.

Je te promets qu'on la trouvera aujourd'hui.

Quand la trouveras-tu ?

Tu n'arrêtes pas de dire ça.

Frères...

Quelqu'un a vu ma Sakina ?

De grands yeux, de longs cheveux noirs.

Un grain de beauté...

- Sakina ! - Qu'est-ce qu'il y a ?

Je suis son père.

Ouvre.

Ouvre ça !

Le cadavre a bougé.

Sa main sans vie desserra le cordon, et elle baissa son pantalon.

Le vieux Sirajuddin cria de joie ! "Elle est vivante, ma fille est vivante !"

Le médecin en eut des sueurs froides.

Ouvre ça.

Incroyable !

Je vais le faire imprimer, M. Manto.

Comme imaginez-vous de telles histoires ?

Ça va me hanter pendant des jours.

Et l'histoire Viande froide ?

C'est trop osé pour mon magazine.

Veuillez vous asseoir.

De nos jours...

vous n'utilisez pas une machine à écrire ?

Le bruit fait fuir mes pensées comme des papillons.

Un crayon me suffit.

Et vos chers Sheaffers et Parkers ?

Ils sont quelque part dans un tiroir.

Mais ne pensez pas que ça peut être effacé parce que c'est écrit avec un crayon.

Quand vous n'effacez jamais vos mots, qui d'autre oserait le faire ?

Un instant.

- Voici ton beurre clarifié. - Merci, Nadeem.

Je n'ai plus à l'envoyer jusqu'à Bombay.

Je n'arrive pas à croire que tu vives ici.

Eh bien, Bombay vit en moi.

Qui a écrit ce poème ?

Faiz.

The Dawn of Freedom.

Chaque fois que je le lis...

"Cette lumière marbrée,

cette aube tachée de nuit,

ce n'est pas l'aube que nous attendions.

Ce n'est pas l'aube à laquelle nous aspirions,

comme nous avions entrepris de trouver

la destination finale des étoiles dans la vaste ciel.

Quelque part, les vagues épuisées par la nuit trouveront leur rivage.

Quelque part, notre navire chargé de chagrin trouvera son ancre."

Donne-le.

Vas-tu vider toute ta maison ?

Les livres de mon oncle sont éparpillés.

Au moins, ils seront remis en ordre.

Nuzhi a pris tous mes jouets.

- Et qu'as-tu fait ? - Je suis venue à toi.

Alors, assieds-toi ici.

Laisse-moi te raconter une histoire.

D'accord ?

Il y avait une fille, Nani, dont la sœur s'appelait Nahani,

et son frère s'appelait Bisaula.

Elle bâtit trois villages.

Deux avec des gens, et un vide.

Trois hôtes arrivèrent.

Deux boudaient, et l'autre n'était pas content.

Celui qui n'était pas content obtint trois baisers.

Un ici, un là,

et un qui s'est égaré !

Oncle, viens, s'il te plait.

Le repas refroidit.

Oncle...

as-tu pensé à obtenir un travail ?

Non.

Mais je pourrais travailler pour l'État,

ou vendre des potions comme ce charlatan de Ghulam Ahmad.

De plus, je trouve qu'il est difficile d'écrire.

Pourquoi donc ?

Qu'est-ce que j'écris ?

Ce matin, six brutes ont enlevé une femme à un terminus de bus.

Après l'avoir violée, ils l'ont laissée nue tremblotante dans la nuit.

Elle a couru avec son enfant qui est mort dans ses bras.

Dois-je écrire tout ça ?

Père.

Mon troisième baiser ?

Je ne te le donnerai pas.

Ne t'inquiète pas, j'écrirai assez pour que tu ne meures pas de faim.

C'est ce qui m'inquiète.

C'est à cause de tes écrits qu'on mourra de faim.

J'espère que cette fois l'article n'est pas trop sérieux.

Quelque chose de plus léger ?

C'est à propos des quémandeurs de cigarettes.

Quoi de plus léger que la fumée ?

Ouah !

Bien dit !

Excusez-moi.

M. Manto ?

Vos histoires témoignent toujours d'une certaine empathie pour les femmes.

- Pourquoi ? - Pas pour toutes les femmes.

Pour celle qui ne se vend pas mais est pourtant achetée,

et pour celle qui travaille toute la nuit...

et qui dort pendant la journée en se réveillant terrifiée

quand elle rêve que le vieil âge frappe à sa porte.

Cette putain pourrait être mon héroïne.

Allons-nous parler paiement ?

Qu'y a-t-il à discuter ? Les 50 roupies habituelles.

Vous devez plaisanter.

À propos de quoi ?

Je ne peux pas payer plus de 20.

Là, vous devez plaisanter.

Croyez-moi, c'est impossible.

Vous pouvez finir ça chez vous et l'apporter demain.

Pour 20 roupies, vous voulez que je vienne ici deux fois ?

Longue vie à l'Inde !

Longue vie au Pakistan !

Parmi ces slogans, beaucoup de questions ont été soulevées.

Quand nous étions esclaves, nous rêvions de liberté.

Maintenant que nous sommes libres, de quoi rêvons-nous ?

Quel pays est le mien ? Pourquoi les gens sont massacrés ?

Toutes ces questions ont des réponses différentes.

Une réponse indienne et une réponse pakistanaise.

Une réponse hindoue et une réponse musulmane.

Certains cherchent des réponses dans les débris de la révolte de 1857,

certains rendent responsable la Compagnie des Indes Orientales,

et d'autres cherchent dans les restes de l'empire moghol.

Ils regardent tous dans le passé

tandis que les meurtriers d'aujourd'hui

écrivent l'histoire avec le sang et les armes.

En écoutant ces mots, si vous deviez me meurtrir,

je n'émettrais pas un soupir,

mais dans une émeute Hindous-Musulmans, si quelqu'un devait me tuer,

chaque goutte de mon sang gémirait.

Je suis un artiste.

Je n'aime pas les petites blessures et les bleus inutiles.

Quand j'ai plongé dans cette mer de sang

venant d'hommes saignés par des hommes,

j'ai trouvé quelques perles de larmes, de regrets et de hontes.

Elles sont dans mon nouveau livre...

Black Margins dont je vais lire trois histoires.

Double-crossed.

"Tu m'as vendu de l'essence au prix du marché noir,

mais elle était si impure qu'elle n'a pas brûlé un seul magasin."

Sorry.

"Déchirant le ventre, le couteau a glissé vers le bas

en coupant le pantalon.

Le tueur laissa échapper une prière en regardant l'homme nu.

'Pardonne-moi Allah, j'ai fait une erreur.'"

La dernière histoire s'appelle The Need for Rest.

"Il n'est pas mort. Il y a encore de la vie.

Oublie cela, mon ami. Je suis fatigué."

Je souhaiterais que toutes nos réunions soient ainsi remplies.

En tout cas...

selon la coutume, l'auteur est ici présent.

Si vous avez des questions pertinentes, veuillez les poser maintenant.

- Alors, allons-y... - Monsieur.

Je m'appelle Ansaar Shabnam Dil.

Pardonnez-moi.

Je trouve vos histoires déprimantes et nihilistes.

Certains pourraient vouloir se suicider.

Ceux qui ont un nom aussi fleuri que le vôtre pourraient être tentés.

Jeune homme, vous ne savez pas ce que ressentent les autres.

Donc, ne parlez que pour vous.

M. Manto,

vous savez que le locuteur ne doit pas répondre aux commentaires.

M. Manto !

M. Manto !

Incroyable ! Quel discours ! J'en avais la chair de poule.

Je vous accompagne ?

- Non, Shaad, je rentre chez moi. - Vous allez manquer au bar Clifton.

Au moins un petit coup ?

C'est ma dernière bouteille.

M. Manto...

Je suis désolé, je ne voulais pas vous offenser.

Eh bien, tu ne peux pas.

Vos histoires sont vraiment perturbantes.

Viande froide m'a empêché de dormir.

- C'est bien. - Oui, mais...

Donc, même en ces temps, comme les soi-disant progressistes,

vous choisissez d'être optimiste ?

- À la recherche d'une lueur d'espoir ! - Hé !

Donnez-moi.

Secrétaire de la Société Littéraire de l'université gouvernementale,

j'aimerais que vous vous adressiez aux étudiants.

Demandez d'abord à votre directeur...

si je peux y aller ivre.

- Comment ? - Oui.

Je demanderai.

Écoutez.

- Vous le connaissez ? - Il me doit de l'argent.

Je vois.

Quand il me voit, il est embarrassé.

C'est un homme bon. Il payera quand il pourra.

C'est le manoir Lakshmi où des hindous ont vécu pendant des années.

Certains ont été massacrés, d'autres ont été jetés dehors.

On vit ici maintenant.

Dites-moi ce qu'il y a là qui donne de l'espoir.

Manto !

Tout le monde te cherche.

Merci à ces Parsis.

C'est un peu comme à Bombay.

- Si les étudiants pouvaient... - Parlez à votre directeur.

Qu'est-il arrivé ?

Il n'a jamais dit...

Le voici. Je vous avais dit qu'il n'était pas à la maison.

- Que se passe-t-il ? - Ils fouillent...

M. Manto,

vous êtes accusé d'obscénités avec votre histoire Viande froide.

Le mandat de perquisition.

- Veuillez parler doucement. - Les enfants dorment.

On dit que vous écrivez beaucoup. Où sont tous ces écrits ?

On n'a trouvé que des papiers et une bouteille.

Cherchez dans la salle de bain.

C'est quoi ? Vous plaisantez.

C'est une adresse de Bombay.

Toutes mes affaires sont là-bas.

Monsieur,

- c'est tout ce qu'on a trouvé. - Jetez ça dehors.

Écoutez.

Le voyageur va de place en place

En oubliant le chemin du retour

Ce n'est pas la chanson que chantait Shyam ?

Il ne sait pas ce qui est à toi ou à moi

Oubliant ce qu'il peut dire sien

Très bien.

On se voit au tribunal.

- Allons-y. - Monsieur, un instant.

Tu vas bien ? De quelle chanson parles-tu ?

Manto ?

Qu'est-ce qui a été oublié ? Comment cela a-t-il été oublié ?

Pourquoi demandes-tu ?

Accepte juste qu'il ne soit pas à blâmer

L'homme ordinaire a simplement oublié

Le voyageur va de place en place

Oubliant le chemin du retour

Saadat Hasan Manto, pour avoir écrit Viande froide,

en tant qu'éditeur à Anwar, éditeur à Mateen et pour l'avoir publié,

est accusé d'obscénité.

Ceci est un crime selon la Section 292 du Code Pénal.

Où étais-tu ces derniers jours ?

Je ne sais pas.

Quelle sorte de réponse est-ce ?

Qu'est-ce qui ne va pas, mon amour ?

Kulwant.

Oui ?

Où étais-tu ?

Jouons à un jeu de cartes.

Laisse-moi.

Arrête de jouer, Ishar ! Sors ton atout.

Ishar Singh, sors ton atout.

Joue ton atout !

Quelle est la traînée qui t'a vidé ?

Qui est-ce ?

Personne, Kulwant.

Personne.

Jure sur Dieu qu'il n'y a pas de femme.

Kulwant.

Je t'ai demandé qui est cette traînée ?

Qui est-ce ?

Les hommes sont des créatures répugnantes !

Donne-moi des explications !

Tu m'as tranché la gorge !

Ne t'attends pas à ce que je parle vite.

La maison dans laquelle j'ai pénétré...

il y avait sept personnes.

J'en ai tuées six...

avec la même dague que tu as...

Laisse tomber !

Écoute...

Il y avait une fille.

Très belle.

Je l'ai portée sur mes épaules.

Sur le chemin...

je l'ai allongée sur une pelouse.

D'abord, j'ai pensé...

juste pour jouer.

Et alors ?

J'ai joué mon atout.

Mais...

Mais quoi ?

Elle était morte.

C'était un cadavre.

Tout comme...

de la viande froide.

Mon amour.

Donne-moi ta main.

Que pensez-vous de cette histoire ?

C'est malsain et pervers, rempli de connotations sexuelles.

Les personnages utilisent sans vergogne un langage vulgaire.

De telles histoires pervertissent moralement notre jeunesse.

Veuillez développer.

En tant qu'écrivains, c'est notre devoir de raconter aux jeunes

nos sacrifices et nos victoires,

d'écrire sur la bravoure et l'espoir,

pas de...

Oui ! On ne doit pas dire la vérité.

Déchirez les pages que vous n'aimez pas.

Il ne s'agit pas de ce qui est vrai ou faux.

Ce que je veux dire, si vous voulez que la liberté écrive,

vous devez aussi connaitre les responsabilités de l'écrivain.

C'est tout, votre honneur.

Je vous avez averti de ne pas écrire à tous les écrivains.

Vous avez donné au procureur un témoin sur un plateau.

Peu importe, M. Khalid. Pour chaque Zaidi, il y a un Faiz.

Dans ce pays, les écrivains devraient savoir ce qui est ou n'est pas obscène.

Ce n'est pas une bataille littéraire, c'est une cour.

Réalisez-vous à quel point les accusations sont graves ?

M. Khalid,

la défense peut appeler son prochain témoin.

J'appelle le célèbre poète ourdou et éditeur en chef du Pakistan Times,

Faiz Ahmad Faiz, pour aller à la barre.

M. Faiz, en tant que responsable de la branche presse,

confirmez-vous les accusations d'obscénité contre Viande froide ?

Oui, mais j'étais totalement contre.

Je l'ai dit alors, et je crois encore

- que cette histoire n'est pas obscène. - Et son langage ?

Ce n'est pas conventionnel,

mais d'un point de vue littéraire, ce n'est pas non plus obscène.

Cependant, l'histoire ne répond pas aux standards élevés de la littérature,

mais ce n'est pas du tout obscène.

C'est tout pour aujourd'hui.

- M. Manto ? - Manto !

Manto !

Ismat !

- Rappelle-moi à Bombay. - Quoi ?

M. Manto, venez avec moi.

M. Manto, venez.

Que disiez-vous à cette femme ? Allons !

Que faites-vous ?

Allons.

Ouvre-les.

Ils t'écrivent tous, mais jamais tu ne...

C'était un autre monde.

Celui que tu as choisi de quitter.

Je ne comprends pas.

Dans la colère, on dit des choses qu'on ne pense pas.

Ce n'est pas ce que Shyam a dit.

Peut-être qu'un jour j'aurais pu aussi penser la même chose.

Nous ne sommes pas très différents.

Non.

- Ouvre-la. - Laisse ça.

Ouvre-la.

Lis au moins la lettre d'Ismat.

"Manto, mon ami, mon ennemi.

J'ai pensé à toi aujourd'hui.

Tu te souviens, au début, quand on s'est rencontrés ?

J'étais nerveuse comme quelqu'un avant un examen à l'école.

Ton parler m'avait paru être comme une piqûre empoisonnée,

mais nous nous sommes de suite parlé ouvertement et sans formalités.

C'est comme si nous essayions de rattraper le temps perdu.

Mes lettres pourraient ne pas suffire à te ramener ici,

mais tu peux au moins y répondre."

"Manto est un écrivain humain qui a vu la saleté de la société,

mais il a maintenant choisi le chemin du sensationnalisme.

Dans Black Margins, on dirait qu'il vole

des mégots et des bagues sur les cadavres.

Manto, les progressistes t'implorent

d'élever ton écriture et d'y apporter de l'intensité émotionnelle.

Je vais revenir.

Puis-je m'asseoir ici ?

C'est un endroit public. Asseyez-vous où bon vous semble.

Vous...

Vous auriez pu me le dire en personne.

Il est difficile de vous trouver, ces jours-ci.

Désolé, M. Manto, mais je ne viens pas dans de tels endroits.

Le gouvernement persécute nos amis.

Nos camarades sont en prison.

Et vous refusez même de voir que vous avez des ennemis ?

Des gens comme Shaad...

Ne vous préoccupez pas de quand, où et avec qui je suis.

Et de quels amis parlez-vous ?

Les camarades qui ont voté des résolutions contre moi ?

Ou ceux qui écrivent des lettres ouvertes ?

Je m'inquiète.

C'est pour ça que j'ai écrit. C'est pour ça que je suis là.

Et...

que vous êtes-vous infligé ?

- Ces chaises-longues vous ont perverti... - Ne vous inquiétez pas pour moi.

- J'essaye juste... - Nadeem !

Je t'ai accepté comme ami...

pas comme gardien de ma conscience.

Notre avocat a dû aller à Karachi pour des raisons personnelles.

Nous vous demandons de reporter l'audience.

Impossible.

Trouvez-vous un autre avocat.

Si vous le permettez, j'aimerais me représenter moi-même.

Très bien.

Vous pouvez contre-interroger le témoin.

Merci.

Maulana, veuillez venir.

Maulana Tahir,

vous avez dit, "On devrait épargner aux gens la lecture de Viande froide."

Absolument !

Si quelqu'un ose le lire en public, il n'obtient que des crachats.

S'il est lu en privé, il rend la conscience impure.

En lisant la fin de l'histoire, avez-vous...

La première partie était si dégoûtante que...

Dieu tout puissant !

"Ta bouche s'est fixée sur la mienne.

Ta langue enlacée avec la mienne.

Ton amour m'engloutit,

ton étreinte m'enserre."

Respectez la cour, et tenez-vous-en à cette affaire.

C'est ce que je fais, votre honneur.

Quelle est votre opinion sur ce verset ?

D'où vient cette insanité ?

- Alors, le poème aussi est obscène ? - Certainement.

- Donc, le poète est obscène aussi ? - Bien sûr.

Mais que voulez-vous me faire dire ?

Pour comprendre une œuvre littéraire, on doit connaître le contexte.

Un écrivain ne doit pas être jugé sur un mot ou une ligne,

mais sur le corps de son travail.

Tout comme les temps changent, la littérature doit changer aussi.

Pour votre information, le verset cité était de Khwaja Mir Dard.

Impossible !

- Je pensais que vous saviez. - Ça suffit.

Maulana, vous pouvez y aller.

La défense peut maintenant appeler son témoin.

J'appele le Directeur de l'université Dayal Singh.

Abid Ali Abid, MA LLB.

M. Abid, diriez-vous que Viande froide est obscène ?

Avant de répondre à cette question, on doit préciser ce qu'est l'obscénité.

Beaucoup de livres sont considérés comme obscènes par les lecteurs

mais aussi par les écrivains et les éditeurs.

Ils sont donc publiés sous de faux noms.

Le but de ces écrivains est de susciter

des fantasmes sexuels bon marché.

- Viande froide, c'est ça ? - Pas du tout.

En fait...

même la conscience du personnage

est fortement secouée par l'incident.

Ma fille et moi avons lu cette histoire,

et nous pensons que c'est

une des meilleures œuvres de Manto.

Merci, M. Abid.

- Alors, ça fait... - Monsieur.

Vous vous êtes expliqué. Vous pouvez y aller.

C'est tout pour aujourd'hui.

C'est un tribunal, pas votre maison, M. Manto.

Fumer est interdit.

Je n'allais pas le faire, votre honneur.

Hourra !

Monsieur.

"Cher oncle, salutations.

Cette lettre est de votre neveu pakistanais,

que personne ne connait dans votre terre des sept libertés.

Vous êtes mon oncle préféré.

Je vous demande alors de me donner,

pour une bonne cause,

une toute petite...

bombe atomique !

Vous avez accompli de nobles choses,

comme détruire Hiroshima et Nagasaki.

Beaucoup d'enfants américains sont nés au Japon grâce à vous."

C'est tellement vrai !

"Ici, beaucoup de gens pieux,

après avoir uriné dans la rue, s'essuient eux-mêmes...

avec une poignée d'argile.

Ils la mettent dans leur pantalon pour se sécher.

Quand je vois un homme faire ça,

j'ai envie de lui envoyer une mini bombe atomique dessus,

pour qu'il parte en fumée avec sa poignée d'argile !"

Manto devrait envoyer des lettres à l'Oncle Sam aux États-Unis.

- Bon, écoute. - Cigarette ?

Il dit...

"Je suis né sur une terre qui se trouve maintenant en Inde.

Ma mère y est enterrée

ainsi que mon père.

Mon premier-né, Arif, y est aussi enterré,

mais ce n'est plus mon pays.

Maintenant, c'est le Pakistan.

Comme mon pays, j'ai été divisé pour la liberté.

Vous pouvez imaginer ce qu'est la liberté pour un oiseau aux ailes coupées."

M. Manto !

Tu es ici !

Tu n'es pas venu sur le tournage.

Si tu ne m'avais pas rendu visite, je t'aurais fait enlever.

Tout d'abord, comment vas-tu ?

À ton avis ?

- Et ma Bombay ? - Ça va.

Je suis resté à Amritsar pendant une semaine.

Étrange ! À une heure de route et un pays complètement différent.

Non, attends.

Alors, raconte-moi.

Pourquoi ne réponds-tu pas à mes lettres ?

Ismat est en colère,

Ashok est inquiet, et je suis fâché contre toi.

Il n'y a rien à dire, Shyam.

Alors, reviens !

Bombay t'attend les bras ouverts.

Hiptulla !

Hiptulla.

Quoi donc ?

Tu n'écris pas pour des films ?

Je connais le propriétaire de Tehseen Pictures.

Devrais-je lui parler ?

- J'ai essayé. J'ai vraiment essayé... - M. Shyam !

Tu pourrais aussi nous parler.

Mes amis,

je suis ravi d'être de retour dans ma chère ville de Lahore.

C'est ici que j'ai appris l'art de la romance.

- Bravo ! - Bravo !

Le vin et la séduction vont bien ensemble.

Pourquoi tant d'empressement ?

Arrête de fumer cette cochonnerie !

C'est pour les simples employés, pas pour un écrivain comme toi.

Tiens. Garde-les.

- Garde-les ! - Non.

Donne-moi ça.

Quand a lieu la dernière audience ?

Plus tard, cette année.

Ou peut-être l'année prochaine, ou l'année d'après...

ou l'année d'après.

Allez, lève-toi !

- Lahore est ta ville maintenant. - Non, Safia est seule avec les enfants.

- Non, non. - Arrête avec les Hiptullas.

Non.

M. Shyam, allons-y.

On ne se retarde pas.

Le spectacle de danse pourrait déjà être fini.

Ne bouge pas. Je reviens.

Reste là.

- Allons sur la balançoire. - Nuzhi, fais attention !

J'aurais préféré que Faiz considère mon histoire comme obscène,

plutôt que, "elle n'est pas au niveau des standards élevés de la littérature."

Tu penses encore à ça ?

Je panique en pensant au verdict du juge.

Père, regarde ce qui est arrivé à mon serpent.

Oh ! Laisse-moi réparer ça.

Tu veux que je redresse la queue ?

C'est fait !

OK ?

Père, ta bouche sent mauvais.

Nuzhi, regarde, père a réparé mon serpent.

Je me sens impuissant, Safia.

"Je ne suis pas une chanson ou une mélodie.

Je suis la voix de ma défaite."

Ce n'est pas en citant Ghalib que tu résoudras tes problèmes.

- À écrire et à boire comme ça... - Ça me maintient en vie.

Et ceux qui sont vivants et dans ta vie ?

Toute ton empathie va à tes personnages.

À la fin, ce qui restera, ce sont les histoires et les personnages.

- Je veux juste celui que j'ai épousé. - Je buvais déjà alors.

Et je l'ai dit à ton père quand je l'ai rencontré au début.

Tu buvais, mais pas comme ça. Tu bois même pendant la journée.

- Comment t'es-tu fait ça ? - Laisse ça.

Quelqu'un qui ne s'occupe pas de lui, comment peut-il s'occuper des autres ?

Si je suis si horrible, quitte-moi.

Très bien.

Si c'est ce que tu veux.

Je partirai après le procès.

Mère.

Mère, pousse-moi.

J'admets avoir écrit Viande froide,

mais d'aucune façon, ça n'est obscène.

Vous pouvez décider d'aimer ou pas mon histoire.

Les critiques littéraires peuvent débattre si c'est ou pas au niveau des standards,

mais mon histoire est de la littérature,

et la littérature n'est jamais obscène.

Le procureur s'est focalisé sur le langage grossier d'Ishar Singh.

Au quotidien, les gens prononcent les mots utilisés par mes personnages.

Par exemple, si je disais...

"Tu es un enfoiré, je suis ici, et tu me cherches là-bas !"

Ou si je disais...

"Ce maudit juge n'est pas mauvais."

Est-ce que je l'insulte ?

Les gens ne parlent-ils pas ainsi ?

Pourquoi ne pourrait-on pas montrer la réalité ?

J'écris sur ce que je connais et vois.

Nier la réalité, cela peut-il nous rendre meilleur ?

Le langage d'Ishar Singh peut être grossier,

le contexte peut être haineux,

mais l'histoire montre qu'en dépit de sa nature bestiale

Ishar Singh n'est pas dépourvu d'humanité.

Et l'auteur, Saadat Hasan Manto, n'en est pas dépourvu non plus.

Au lieu de comprendre cela, me faire un procès est une farce.

Le romancier Gustave Flaubert pour son Madame Bovary,

et l'Irlandais James Joyce pour Ulysses ont eu les mêmes problèmes.

Mes histoires sont des miroirs dans lesquels notre société peut se voir.

Si quelqu'un a un problème avec ce qu'il voit,

suis-je à blâmer ?

Les feuilles de margousier sont amères, mais elles purifient le sang.

C'est tout ce que j'ai à dire.

Vous nous avez fait perdre notre temps.

Je pourrais vous punir juste pour votre discours.

L'accusé peut se lever.

J'écoute les arguments,

et je concède que cette histoire mérite d'être appelée littérature,

mais elle est contre les règles morales de ce pays.

La littérature obscène doit être qualifiée d'obscène.

Donc, selon la Section 292 du Code Pénal du Pakistan,

Saadat Hasan Manto,

Naseer Anwar et Arif Abdul Mateen

doivent chacun payer une amende de 300 roupies

qui leur vaudra trois mois de prison si elle n'est pas payée.

Je ne veux pas mourir en prison.

Je ne veux pas mourir en prison. Je ne veux pas...

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je ne veux pas mourir en prison.

Tu as dû faire un cauchemar.

Tu t'es débrouillé pour payer l'amende,

et on fera appel.

Ne t'inquiète pas.

Cette maison, donnée par Hamid,

le prêt de M. Chaudhary...

vivre grâce à quelques bienfaiteurs,

je ne supporte plus ça.

Je suis désolé.

Je suis désolé.

Je suis désolé.

Je suis désolé, mes petits anges.

Vous allez bien ?

Monsieur ?

Dites à Jamal Hussain qu'il me doit aussi pour la dernière colonne.

OK. Je vais revenir.

Il dit qu'il n'a pas l'argent maintenant.

Il paiera la semaine prochaine pour les deux colonnes.

Jamal Hussain !

Quoi maintenant ?

- Veuillez vous asseoir. - Non, merci.

- Partez. Je vous appellerai. - Attendez.

C'est mieux si nous parlons d'argent devant tout le monde.

J'ai déjà tout expliqué à votre ami. Demandez-lui.

Rendez-moi ma colonne.

- Vous n'avez pas à vous mettre en colère. - Rendez-la-moi !

Comme vous voulez.

Qui a la colonne ?

Voilà.

Où est la prescription du docteur ?

Remets-les en place. Étiquette l'autre boîte.

Comment peux-tu les empiler sans étiquettes ?

Meraj ?

Salaam !

Shaad Amritsari a dit que M. Yunus voulait vous voir.

Oui, heureux que vous soyez venu. Veuillez vous asseoir.

Je vais voir ça avec lui.

Je n'ai pas écrit de scénario depuis trois ans,

mais la vie a aiguisé mon crayon.

Veuillez me suivre. M. Yunus est occupé maintenant.

J'essaye de vous joindre depuis des jours.

J'allais écrire à M. Shyam.

- Shyam ? - Oui. Shaad ne vous a pas dit ?

M. Shyam n'arrête pas d'envoyer des télégrammes.

VEUILLEZ DONNER 500 ROUPIES DE MON PAIEMENT À M. MANTO.

DITES-LUI JUSTE, "HIPTULLA !"

Puis-je les garder ?

Oui. Qu'en ferais-je ?

Que Dieu soit avec vous.

Pak Tea House devrait vendre de la liqueur.

Monsieur, pourquoi les gens boivent-ils autant ?

Certains boivent pour endurer leur peine,

et d'autres...

pour faire taire leur conscience.

- Mais ça ne semble pas marcher pour vous. - Pourquoi ?

Au moins, ça maintient la chaleur de mon corps.

"Les feuilles de margousier sont amères, mais elles purifient le sang."

L'alcool est amer, mais il maintient la chaleur du corps !

Bravo, M. Manto !

Monsieur !

Je pense qu'il arrive.

Combien encore devait-elle attendre pour ses médicaments ?

Et s'il était arrivé quelque chose à Nighi ?

Lève-toi, oncle.

Allez.

- Amène-moi à l'hôpital. - Oui.

Amène-moi à l'hôpital.

- D'accord. - Je veux aller à l'hôpital.

Je vais arrêter de boire.

Je vais arrêter de boire.

- Mon haut ? - Où est-il ? Il était juste là.

- Tu l'as pris. - Les filles, ne vous battez pas.

Oncle, dépêche-toi. Le bus va bientôt être ici.

Je peux les enlacer une dernière fois ?

Ton haleine amère aura bientôt disparu.

Je sais que tu veux t'améliorer,

au moins par amour pour tes filles.

Pour toi.

Surtout pour toi.

Oncle !

On y va ?

Le bus 4 arrive.

Arrivèrent alors trois invités, deux qui boudaient et un pas content.

Celui qui n'était pas content obtint trois bises.

Une ici, une là,

- et une autre... - Ici ?

Arrête, arrête-toi là.

L'ACTEUR SHYAM CHADDHA EST MORT.

IL EST TOMBÉ DE CHEVAL PENDANT LE TOURNAGE D'UN FILM.

Ce n'est pas possible !

Avec qui vais-je faire Hiptulla, maintenant ?

Allons-y.

Le médecin t'appelle.

Qu'est-ce que le Pakistan ?

C'est un endroit en Inde où on fabrique des rasoirs.

Oopad di gudgud di annexe di bedhyan moong di dal di laalten.

Si nous sommes en Inde...

où est alors le Pakistan ?

Et si on est au Pakistan,

comment se fait-il qu'on était en Inde il n'y a pas si longtemps ?

Sais-tu où est Toba Tek Singh ?

Toba Tek Singh ? Ni au Pakistan ni en Inde,

parce que je ne l'ai pas ordonné.

Alors, s'il te plait, fais-le.

Regardez !

Ils sont là pour nous attraper.

Oopad du Pakistan et le gouvernement de l'Inde.

Oopad di gudgud di annexe di bedhyan...

Viens, frère.

- Non, non. - Viens.

- Je veux aller à Toba Tek Singh. - C'est là où on va.

- On va à Toba Tek Singh ? - Oui, allons-y.

Toba Tek Singh.

Ses jambes ne se plient pas.

Deux ou trois ans après la Partition,

les gouvernements pakistanais et indien

se sont échangés leurs fous après avoir fait cela avec les criminels.

Les fous musulmans d'Inde ont été envoyés au Pakistan,

et les fous hindous et sikhs du Pakistan ont été envoyés en Inde.

Toba Tek Singh.

- C'est Toba Tek Singh ? - C'est au Pakistan.

Marchez.

C'est au Pakistan ?

Avancez !

- Au Pakistan ? - Allez, bougez-vous.

- Pakistan ? - Hé !

- Où vas-tu ? - Pakistan !

Pourquoi reviens-tu ? Je t'ai dit d'aller en Inde !

Toba Tek Singh est en Inde ou au Pakistan ?

Toba Tek Singh est en Inde ou au Pakistan ?

Oopad di gudgud di annexe di bedhyan moong di dal!

Pakistan ! Inde ! Allez au diable !

L'homme qui se tenait sur ses jambes depuis quinze ans

est maintenant couché sur le sol.

Là-bas, au-delà des fils barbelés, se trouve l'Inde.

Ici, à l'intérieur des fils barbelés, se trouve le Pakistan.

Entre les deux, sur un morceau de terre sans nom...

se trouve Toba Tek Singh.

Oopad di gudgud di annexe di bedhyan di moong di dal

du Pakistan et de l'Inde, et...

Manto.

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