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LiENS SECRETS
Les choses arrivent comme ca.
Sans raison.
Par exemple quand on �tait petits...
Le soir de nos 4 ans...
Maman nous avait fait un g�teau d'anniversaire.
C'�tait le d�but de l'�t�. L'air �tait parfum�.
Carol est ma soeur jumelle.
On se ressemblait beaucoup.
Maman est all�e � la fen�tre.
Elle devait soupconner papa.
Elle nous a fait sortir tr�s vite.
Nous avons travers� en lui tenant la main.
C'�tait une belle soir�e.
Ne fais pas �a!
C'�tait dr�le.
Plus dr�le que Charlot ou F�lix le Chat.
L'homme n'avait presque plus de t�te,
et papa et la femme �taient nus.
Papa a grill� sur la chaise, la femme s'est suicid�e
et maman a �t� marqu�e � vie.
Ils �taient nus et c'�tait dr�le.
C'�tait si dr�le, je me souviens.
Je me souviens bien de ce soir-l�.
D'apr�s "Apr�s nous le grabuge" de Jim Thompson
Les ann�es ont pass�. Carol et moi
avons tenu notre promesse:
�pouser une personne rejet�e,
m�pris�e, laiss�e pour compte.
Ton plat pr�f�r�. Un r�ti de b�uf.
Ton fils a eu son bulletin. Il a 15 en discipline.
Formidable.
Oui, papa.
Faut que je file.
Je n'aime pas que tu sortes si tard.
La ville ne dort jamais. Moi non plus.
Je suis sur une tr�s grosse affaire.
Une affaire dangereuse?
Je serai prudent, ne t'inqui�te pas. Je t'aime.
Prends soin d'elle.
D'accord, papa.
Pour moi, le journalisme �tait un jeu avec la mort.
J'�tais venu � Chicago bien d�cid� � grimper au sommet.
Salut, Marty.
Prends une cigarette.
Coincer C.C. Casper, le premier flic de Chicago...
Je suis s�r que �a t'excite, Marty.
Tu as des noms, des dates, des lieux et tes sources sont solides?
Je connais la musique, Marty. J'ai tenu ta rubrique cinq ans.
Tu le sais bien.
Un article doit �tre couvert par les avocats du journal.
Je vais te rendre c�l�bre, Marty. Des rues porteront ton nom.
On fera un film sur toi avec Marlon Brando.
Mais une com�die musicale.
Voil� ta part.
De la morphine liquide. Celle des docteurs.
Bien dos�e, elle te durera un moment.
Contr�le-toi, Joseph. Si tu la prends pure, tu meurs.
J'ai l'air d'un d�butant?
Donne-moi ce qu'il me faut, je te donne ce qu'il te faut.
Ne fais pas d'exc�s.
Excuse-moi.
Je vais me confesser.
Ne te perds pas.
C.C. Casper te passe le bonjour.
Je ne connais pas C.C. Casper.
Et l'autre type? Marty quelque chose...
Demande-lui.
- O� est Marty? - Aux gogues.
La vie est pleine de dangers.
Mais l'un des pires, c'est un flic de Chicago
qui cherche � vous descendre.
Trois ann�es de travail parties en fum�e.
Les flics et les magistrats v�reux
ne laisseraient pas en vie un journaliste trop curieux.
Il fallait que je me planque, et vite.
Prochain arr�t: Wichita, Kansas.
Si vous voulez pisser, c'est maintenant.
Je suis parti en Californie, o� vivaient maman et Carol.
Le mariage de Carol avec un d�g�n�r�, William Wharton II,
avait mal tourn�.
Alors elle s'occupait de maman.
Maman avait arr�t� de d�m�nager. Toujours insatisfaite,
mais trop fatigu�e pour bouger.
Le taxi m'a co�t� 95 cents. J'avais 2 dollars en poche.
Je les ai donn�s au chauffeur.
Etre fauch� ne me g�nait pas. J'allais enfin retrouver Carol.
Apr�s trois longues ann�es... Notre plus longue s�paration.
Rien d'autre ne comptait.
Marty.
Entre.
Laisse-moi te regarder.
Tu peux me regarder, maman.
Aussi longtemps que �a te chante.
C'est incroyable. Tu es encore plus s�duisant.
Tu restes jeune.
O� est Carol? Ma petite rouquine?
Je t'ai pr�par� le d�jeuner.
Elle est encore au lit?
J'ai tout pr�par�.
O� est sa chambre?
Viens d'abord d�jeuner. Tu dois �tre fatigu� et avoir faim.
Je me suis donn� du mal. J'ai tout pr�par� comme tu aimes!
En haut de l'escalier, � c�t� de la salle de bains.
Cette fois...
n'allez pas vous attirer des ennuis.
Des ennuis? Tu es un peu injuste, maman.
On s'est d�j� attir� des ennuis?
Ecoute-moi bien.
Trouve-toi un travail.
Tu peux y arriver. Il y a trois journaux, ici.
Avec ton savoir-faire,
ton exp�rience, ton talent et...
ton physique.
Tu vas encore me faire rougir.
Et fais venir ta famille.
Arr�te. Arr�te-toi l�, maman.
Je veux que tu aies ton foyer � toi.
Maman, j'ai grandi!
Tu vas le faire?
Tu ne resteras pas ici un jour de trop.
Tu ne le penses pas.
On dirait presque que je suis ind�sirable.
Je l'ai regard�e avec une sinc�re tristesse.
C'est triste, une m�re qui craint son fils
et ne l'aime pas. C'est presque insupportable.
Et pourtant, j'en ai vu d'autres.
C'est juste que...
j'ai vieilli.
Je ne peux plus faire face.
Tu n'as jamais pu.
Je me rendais compte combien elle m'avait manqu�
quand je la revoyais.
Dormait-elle? Ou faisait-elle semblant?
Monsieur Martin Lakewood.
Madame Carol Lakewood Wharton.
Ma s�ur.
Mon fr�re.
Je me souviens quand tu �tais une petite fille...
Cette Monroe est partout.
Et moi je ne gagne plus un sou.
Ils veulent tous des gros nichons. A cause d'elle.
A table!
Qu'elle aille se faire foutre!
Je vais lui d�visser la t�te!
Je te jure.
Je me moque pas.
Je savais que ses menaces �taient s�rieuses, mais ca m'amusait.
C'�tait incongru: ces vilains mots dans cette jolie bouche...
Je perds mon sens de l'humour.
Si je couche avec un marin de plus, je vais avoir le mal de mer.
Dans quoi tu t'es fourr�,
� Chicago? Maman a vu tes articles.
- Elle �tait en rage. - J'ai eu de la chance.
J'ai trouv� un joli cadavre, les fonctionnaires responsables
et le chef de toutes leurs magouilles.
Donne-moi une...
Mais personne n'�tait pr�t � me suivre.
Les �lecteurs, mon r�dacteur
et les dirigeants ont tous pr�f�r�
que ces sales voleurs gardent leur boulot.
Je te connais, mon chou.
Tu �claires toujours ce que les autres ne veulent pas voir.
Comment tu t'es fait prendre?
Que lui r�pondre? Avais-je inconsciemment
cherch� les ennuis? Provoqu� ma perte?
Le temps jouait contre nous.
A moins de changer. Mais comment?
Carol et moi avons toujours eu des probl�mes.
Nos cousins et les amis de nos cousins
nous trouvaient �tranges, diff�rents.
Bonjour, cousin Lyle.
Ils avaient raison. Nous l'�tions. Nous devinions nos sentiments,
nous devinions nos pens�es.
Leur opinion nous indiff�rait et c'�tait impardonnable.
Il fallait nous punir.
Tim, tu es pr�t?
Et nous �tions coupables
du crime le plus terrible entre deux personnes.
Nous nous aimions.
J'essayais de le faire comprendre � ma soeur:
on peut se conduire mal dans un monde juste,
mais pas se conduire bien dans un monde injuste.
Celui dans lequel nous vivions.
La sensation d'injustice aurait �t� insupportable.
Faut voir les choses autrement, Carol.
Ce qu'on a subi �tait normal pour nous,
� l'�poque, vu les circonstances.
C'�tait normal. On n'a pas �t� maltrait�s.
Prends �a.
J'insiste.
Tu es fauch�. Prends ce qu'il te faut
et envoie le reste � Glenda.
Tu dis que �a marche mal. Il y a plus de 300 $ .
Et alors? C'est beaucoup?
Pas pour ce que je fais!
Tu as ta pension alimentaire.
�a paye le loyer, mais pas les docteurs de maman.
Tu es comptable? Que d'histoires pour 200 $!
Allez, crache le morceau.
Tu vois, Marty... J'ai �conomis� pour un truc.
- Deux dollars � la fois. - Fallait le dire.
Je te connais. Si je t'avais dit que j'en avais besoin...
Que je gardais l'argent pour moi...
Son expression m'inqui�tait.
Tu veux quoi?
Je ne savais pas pourquoi.
Un vison.
Mais je n'en ai pas besoin.
Et puis avec toi, on va rouler sur l'or,
pas vrai?
Alors? Tu es satisfait, maintenant?
Oui, je suis satisfait.
Pas d'ennuis avec les macs?
lci, c'est des guignols. Faudrait que tu voies �a.
Elle avait �tabli son territoire dans un bar.
Ils avaient envoy� un type la prendre en main.
Un Rob Roy.
T'es plut�t mignonne.
Pas toi.
Ton petit nom?
Qui le demande?
Je m'appelle Lloyd. Je tiens cette turne pour McCloud.
Rentre chez ta maman boire un verre de lait.
Si tu vends ton petit cul ici, faut nous donner une part.
Si McCloud veut me parler, qu'il vienne en personne.
Tu dis quoi?
II dit qu'il m'offre mon verre.
Alors les deux grands chefs,
McCloud et Galloway, viennent � la maison.
Je leur pr�pare
un joli cocktail.
Et tu sais quoi? lls l'ont aval�
comme des anges.
Ils ne devaient pas conna�tre l'hydrate de chloral.
Il a fallu � la police une bonne semaine
pour les retrouver.
L'un d'eux est mort.
Et l'autre a d� �tre enferm� dans un asile de fous.
Des types si gentils...
Et depuis,
plus personne ne m'emb�te.
Sacr�e petite s�ur!
J'ai �t� engag� dans le premier journal o� je suis all�.
Sans aucune difficult�.
Depuis que j'�tais tout jeune,
je trouvais du travail sans probl�me.
Le contraire aurait �t� �tonnant.
Je pr�sente bien et mon intelligence est au-dessus de la moyenne.
Je dois l'avouer, quitte � manquer de modestie.
Quand je le d�cide, je peux �tre charmant.
Et j'avais �t� form� tout petit
par des professeurs s�rieux.
On trouve vite du boulot quand on risque une racl�e.
On apprend � s'imposer.
C'�tait le plus grand journal de la ville.
Mais il n'�tait pas tr�s grand ni tr�s bon.
Les journalistes �taient convenables.
Dans la moyenne. �a allait bien pour eux,
jusqu'� ce que j'arrive.
J'ai d�barqu�...
Un vrai journaliste, une lumi�re... Compar�s � moi,
ces m�diocres avaient l'air de tar�s.
Quand je le voulais et que le but m'amusait,
je grimpais les �chelons.
L�, j'ai battu mon record:
r�dacteur en chef adjoint en une semaine.
Quinze jours plus tard: r�dacteur en chef.
Carol avait moins de chance dans le travail.
Mal nourrie et souvent viol�e,
elle n'avait ni l'�nergie,
ni le temps, ni l'app�tit de r�ussir.
Moi, je progressais. Ma soeur essayait juste de s'en sortir.
Mon ascension ne fit pas la joie de tous.
Le journal allait mal. Les employ�s �taient exc�d�s.
Le r�dac-chef avait d�missionn�.
Le chef des reportages s'�tait remis � boire.
Le patron ne souriait plus.
Il r�lait apr�s tout le monde. Sauf moi.
Personne n'arrivait � le satisfaire. Sauf moi.
M. Griffith veut te voir.
- Asseyez-vous, Marty. - Merci, M. Griffith.
Vous savez que j'ai vir� Samuelson?
Le directeur... J'ai entendu dire �a.
Il avait l'air sympa. Mais vous avez vos raisons.
La place est � vous, si vous la voulez.
Vous touchez 75 dollars par semaine.
Vous aurez plus.
82,50.
Samuelson �tait correct avec moi.
C'�tait un minable! II ne pouvait pas tenir ce journal.
Vous le pouvez. Vous le savez.
Et je le sais. Commencez aujourd'hui.
Je d�missionne.
Vous en aviez marre de le payer 112,50 dollars.
Vous cherchez un autre pigeon? Non merci.
Fallait m'en parler avant de lourder Samuelson.
Vous �tes fou?
Pas assez pour avaler vos conneries.
Vous ne pouvez pas me faire �a.
Si! Je peux!
Je me suis fix� certaines r�gles! Et vous avez viol� ma r�gle n1!
De quoi vous parlez?
La r�gle
que n'importe quel idiot est cens� conna�tre!
Oui, en v�rit�, c'est la le�on tir�e
de tout ce qui s'est pass� depuis la Cr�ation du monde:
"N'abuse pas de celui qui a son froc baiss�
"car � chacun vient son heure
"et ma demeure est vaste
et peupl�e d'hommes qui ont une plus grosse bite que toi."
Sortez!
J'aimerais pouvoir dire que j'avais voulu corriger ce vieux salaud.
En v�rit�, j'avais fait ca parce qu'il croyait me conna�tre.
D�s qu'on croit me tenir et m'avoir compris,
je frappe. Personne ne me conna�t.
Je fais ce que je fais. C'est tout.
Mais le monde n'avait pas chang�. Il fallait gagner sa vie.
Carol n'�tait pas en veine.
Aucun riche pigeon � l'horizon.
Je m'en foutais. Une occasion se pointerait bient�t.
En fait, l'occasion marchait droit sur moi.
Mais c'est Alice la Bleue!
Coucou, jolie Alice.
L�chez-moi.
Certainement pas.
Quoi? Je ne vous plais pas?
- L�chez-moi ou �a va mal aller. - Accordez-moi une valse.
Ou un quadrille. Ils danseront avec nous.
Vous allez me l�cher, oui?
Vous �tes tellement douce.
Et puis que pouvez-vous faire?
Police.
- Je vous arr�te. - J'ob�is.
Tr�s volontiers, avec plaisir.
Enfermez-moi dans un endroit frais et sombre.
Et mettez-moi les menottes.
Je devrais vous coffrer mais je ne suis pas en service.
C'est votre voiture? Elle va bien avec vos joues.
Taisez-vous! Tenez-vous bien ou je vous embarque.
Et votre corps vous va bien.
Vous �tes blonde partout, ou seulement o� �a se voit?
S'il vous pla�t, partez.
Bien s�r, Alice.
Dis-le avec sinc�rit� et je m'en vais.
Tu ne me reverras jamais. Parole de scout.
Quoi, ma belle? Vas-y.
On pourrait aller boire un verre.
Je ne crois pas.
En fait, c'est hors de question. Les flics en service...
- Je ne suis pas en service. - J'ai du mal � te croire.
Et je sais autre chose. Les femmes flics sont c�libataires.
Le mariage est un motif de renvoi.
Elles peuvent aussi �tre renvoy�es illico
pour toute conduite suspecte.
Pas question de batifoler.
Un scandale et c'est fini.
Les policiers peuvent baiser autant qu'ils veulent,
mais une femme...
que peut-elle faire si ses instincts f�minins
sont... disons... un peu plus extr�mes que chez d'autres?
Si elle est tr�s excitante, qu'elle a tout ce qu'il faut
et qu'elle a besoin d'un peu d'action...
que faire?
Parle plus fort.
On pourrait aller chez moi.
Oui. J'aimerais bien voir ta maison.
Je d�teste aller � l'h�tel.
Non! Je voulais dire aller chez moi et d�ner.
On pourrait parler... J'habite pr�s de la plage.
�a me plairait beaucoup. Fantastique. On fera tout �a apr�s.
On couche d'abord ensemble et apr�s,
si tu n'es pas trop fatigu�e, tu feras le d�ner.
On pourra marcher. M�me parler.
�a te tente pas?
II me suffit de faire un tour, j'en trouverai une dizaine...
Je le sais!
Laissons tomber.
Mais apr�s...
Tu ne me respecteras pas. Je ne me respecterai pas.
Tu vas me trouver nulle.
Tu te trompes tellement.
Je m'en foutais compl�tement. Ou presque.
C'�tait un flic, bien s�r. Et papa avait tu� un flic.
Je pr�f�rais ne pas y penser.
Attendez, monsieur.
Attendez.
Ne partez pas.
Venez chez moi tout de suite.
Vraiment?
Venez chez moi tout de suite.
Mais vous allez me trouver nul...
Venez chez moi tout de suite ou je m'allonge ici.
Elle s'appelait Lo�s Archer. Elle avait 28 ans.
Elle �tait dans la police depuis cinq ans.
Secr�taire pendant trois ans, puis agent. �a payait plus.
�a lui avait paru excitant, mais c'�tait pas son genre.
Elle continuait car un bon boulot n'�tait pas facile � trouver.
Les gens venaient pour le climat, pr�ts � travailler pour rien.
Elle avait un fr�re soldat. Ils poss�daient la maison en commun.
C'est tout ce que j'appris d'elle.
Et ca me suffisait.
Tu as une tr�s belle peau, Los.
Tu rougis tr�s joliment.
Pas autant que ma femme, mais tu n'as pas autant de surface.
Tu es compl�tement fou, ch�ri.
Toi et ta femme de 200 kilos.
Elle p�se s�rement plus, maintenant. Elle n'arr�te pas de grossir.
L'�l�phantiasis. C'est pas de la graisse, c'est de l'expansion.
Sa t�te p�se probablement plus que toi tout enti�re.
C'est �a...
Je te vois bien avec une femme comme �a.
Qui d'autre l'aurait �pous�e?
Elle n'a pas le droit de se marier?
De jouir de la vie autant qu'une autre?
II aurait fallu l'endormir � la naissance,
comme notre premier gosse.
- Oui, bien s�r. - Il le fallait.
C'est le mieux � faire pour un mongolien.
Et ton gosse...
Je suppose qu'il lui manque un truc?
C'est mon gosse. Bien s�r qu'il lui manque un truc.
Tu sais ce que je vais te faire?
Non, ce n'est pas la bonne question.
Il ne s'agit pas de ce que tu vas me faire,
mais de ce que je vais te faire.
A part une vague sensation de malaise et d'inach�vement,
j'�tais content.
J'avais Carol. Nous �tions r�unis.
J'avais Lo�s. Du moins pour quelque temps...
�a me pla�t beaucoup! C'est g�nial!
La maison est situ�e � l'ext�rieur de la ville.
Elle vaut moins qu'une maison en ville, mais la vue est belle.
�a a l'air tr�s bien.
Comme je te le disais, poup�e, le fr�re pose un petit probl�me.
J'ai l'impression que c'est un client s�rieux.
�a la rend nerveuse de prononcer son nom.
Mais �a peut marcher.
La maison vaut dans les 30000 $ . Elle le fait venir,
il signe, je le bute, elle vend et on gagne 30000.
�a prendra environ un mois.
Marty, elle te pla�t, non? Elle te pla�t?
Tout le monde me pla�t. Sauf ton ex-mari.
William Wharton II. Je lui dois une visite.
Et un peu de souffrance.
Il est presque midi.
Faut que j'aille "Chez Claire" bosser un peu.
Je me trompe ou tu as pris du poids?
lmb�cile!
�a te va bien, la cuisine de maman.
C'est pas gentil de dire �a � une fille.
Dis �a � ton flic, elle te coffre.
T'inqui�te pas, t'es belle.
A plus tard. Fais gaffe � toi.
Juste pour rigoler,
puisque je ne devais plus aller pointer,
j'ai regard� ma soeur � l'oeuvre.
J'avais eu une sacr�e bonne id�e.
Le gros porc en blanc puait le d�tective priv�.
Quelqu'un en voulait � ma soeur
et je me doutais de qui c'�tait.
Bonjour. Mon nom est Marty Grosvenor.
Je vous connais?
Notre secr�taire ne vous a pas appel�?
Non, personne n'a appel�.
Je repr�sente M. Wharton II sur la c�te Ouest.
Tr�s bien... Veuillez vous asseoir.
J'�tais sur l'affaire ce matin. Je filais Mme Wharton.
Vous pr�cipitez un peu les choses.
Comment �a?
Quatre jours d'enqu�te et j'ai d�j� envoy� deux rapports.
Quatre jours?
Wharton met la pression. J'en sais quelque chose.
Je ne critique pas. Je suis tr�s bien pay�, mais...
Critiquez tant que vous voulez.
C'est tout � fait l�gitime, M. Krutz.
Je n'ai rien contre lui, mais c'est un salopard.
Cette affaire le prouve bien.
Vous n'avez pas vraiment tort, M. Grosvenor.
Je connais toute l'affaire.
M�me si la presse n'en a pas dit grand-chose.
Wharton
�tait tomb� au fond du trou.
C'�tait devenu une �pave, le dernier des minables,
un petit maquereau!
Et un jour,
cette gentille petite gamine,
Carol Lakewood, d�cide de l'�pouser.
Ne me demandez pas pourquoi. Et elle le remet sur pied.
Comme il ne sait rien faire, c'est elle qui l'entretient.
Quand elle ne s'�puise pas au boulot,
elle s'efforce de le retaper.
Le dorlotant, donnant tout ce qu'elle a!
Et elle arrive � le remettre d'aplomb!
Elle y arrive tellement bien
que sa famille de la haute, sur la c�te Est,
d�cide de le reprendre au bercail.
Et comment il la remercie? II la quitte
apr�s lui avoir coll� une bonne dose de syphilis.
Puis il divorce en l'accusant.
Elle �tait trop jeune. Elle ne pouvait pas se d�fendre.
Je vois que vous connaissez les faits.
Vous avez bien �pluch� le dossier.
Oui, bien s�r. C'est mon boulot.
Vous me comprenez?
Et votre patron?
Naturellement, je suis content d'avoir cette affaire,
mais pourquoi il fait �a?
Se donner tant de mal pour quelques dollars?
Pourquoi il fait �a?
Je me le demande. Et vous?
Quoi?
Suivre une pauvre petite pour quelques dollars...
Rien � foutre! C'est mon boulot.
Si c'�tait pas moi, quelqu'un d'autre le ferait.
J'ai pas raison, monsieur...
Quelqu'un d'autre le ferait?
Vous en �tes s�r? Pourquoi ne pas r�pandre le bien
en refusant de faire ce qu'un autre ferait?
Calmez-vous, monsieur. Je vous prie de changer de ton.
Vous avez p�ch�!
Vous avez viol� la r�gle num�ro 1 bis.
Oui! En v�rit�!
Ce n'est pas de ma faute!
En v�rit�, dit le Seigneur:
"L'aveugle qui pisse par la fen�tre
vaut mieux que celui qui lui ouvre."
Votre main.
Je suis tr�s f�ch�e contre toi.
Pourquoi, maman?
Tu sais ce que tu as fait.
Tu te conduis tr�s mal.
Tu ne peux pas t'en t'emp�cher.
Dis-moi ce qui te tracasse.
Je suis choqu�e.
Tu t'en remettras, maman.
Tu quittes ton travail
� "La Sentinelle" sur un coup de t�te.
Je ne voulais pas te contrarier.
�a arrive.
Tu ne veux pas t'am�liorer.
Toi non plus.
Vous ne faites rien pour.
Moi ce que je dis...
Avant que tu ajoutes un seul mot,
je voudrais savoir de quel droit tu dis tout �a.
Que veux-tu dire?
Je ne peux pas �tre plus clair, maman.
Je ne voudrais pas �tre d�sagr�able, mais...
Soyons r�alistes. Pourquoi devrait-on se soucier
de ton opinion sur ce qu'on fait?
Pourquoi devrait-on t'�couter?
Nous ou qui que ce soit?
J'ai fait de mon mieux pour vous �lever.
Je n'y peux rien si...
Tu ne peux rien � beaucoup de choses.
Carol et moi, on ne te fait pas de reproches.
On pourrait d�ner tranquillement
et passer une soir�e agr�able, mais sois correcte avec nous.
On ne te critique pas, alors ferme-la.
Arr�te ces bavardages d�sagr�ables.
Je n'ai plus faim.
Je vais m'allonger.
�a va?
Carol, viens m'aider.
Tu viens m'aider?
J'�touffe!
Repose-toi.
Tu te d�p�ches?
J'arrive. Voil� ce qu'il te faut, maman.
Voil�, maman. Tu aimes �a, pas vrai?
- Tu te sens mieux? - Oui, un peu.
Maintenant, laisse-moi.
L'aveuglement m�ne � l'h�morragie c�r�brale.
C'est une mort d'aujourd'hui.
Parfaite pour les imb�ciles qui avalent sans broncher
les litanies qu'on leur serine: "L�chez la bombe sur Moscou"
ou "L'argent ne fait pas le bonheur".
Mon v�u le plus cher: tuer quelqu'un de valable.
Pauvre M. Krutz.
J'aurais voulu coucher avec lui. �a les rend si heureux.
Faut plus compter sur ta pension alimentaire.
Je d�teste que tu ailles "Chez Claire".
Tu ne devrais pas y �tre oblig�e.
Ne t'inqui�te pas, mon ange. Je vais tr�s bien.
Et puis faut que je turbine, pour me respecter moi-m�me.
Ne te fatigue pas trop. �a vaut pas le coup.
L'autre affaire se pr�cise.
La maison... �a devrait se conclure tr�s vite.
Tu feras quoi de Los, apr�s?
C'est pas � moi de d�cider.
Ce qui doit arriver arrivera, mais sans moi.
Faut juste avoir la gr�ce.
Comme tu veux, mon ange. Avec toi, tout me convient.
C'est elle. A plus tard.
Elle fait quoi, ta s�ur, ce soir?
Elle a un rendez-vous.
Pousse-toi.
Sur le trajet, Lo�s resta boudeuse et maussade.
J'entendais les neurones s'agiter dans sa cervelle de flic.
J'aurais pu laisser tomber, mais bon...
- Qu'est-ce qui ne va pas? - Rien.
Dis-moi ce qui te tracasse.
La fa�on dont vit ta s�ur. Cette maison...
Ses robes moulantes pour se pavaner comme une reine...
Elle est comme �a.
Elle mourrait si c'�tait autrement.
Ne me raconte pas d'histoires. Dis-moi plut�t
pourquoi tu me harc�les pour que je vende ma maison
au lieu de demander � ta s�ur de nous aider � partir?
Tu veux que je demande de l'argent pour nous...
� ma s�ur?
C'est ma proposition. D�sol�. Qu'en penses-tu?
Salaud.
D�sol�.
Tu pr�f�res �a?
�a va se voir � mon travail.
D'accord, ma petite garce!
Ma flic en chaleur!
Et comme �a, Los?
�a te va? Tu pr�f�res �a?
Plus fort, Marty.
J'essaye de t'ouvrir les yeux.
- Ne dis rien, ch�ri. - Tu sais quoi?
Je vais prendre un taxi et me tirer.
Je te l'interdis!
Tu veux que je continue?
Je vais te laisser dehors.
Les gosses te trouveront demain. Qu'en dis-tu?
Fais ce que tu veux.
Tu es s�re?
J'ai le choix?
Tu parles d'or, b�b�.
Le lendemain, elle se fit porter p�le.
On lui donna la journ�e.
Alors je suis rest�.
Ce fut une journ�e sauvage. Tendrement sauvage.
Une parfaite combinaison de douceur et de sauvagerie.
On a enlev� tous les tableaux.
C'�tait des horreurs.
Des saloperies bon march�.
On a pris deux carabines � son fr�re et on est all�s sur la plage.
Puis on a mang�, bu et pris un autre bain.
Elle s'est d�guis�e en paon.
On n'a pas parl� d'argent.
Par peur de briser la douce folie.
On n'en a pas dit un mot.
Je ne veux pas que tu te d�fonces pour un journal quelconque.
Je veux qu'on soit tous les deux.
Loin...
Loin quelque part tous les deux.
R�fl�chissons.
On pourrait...
tenir une cr�merie. Sans m�canique.
Juste du lait naturel.
Arr�te ou je te frappe.
Je pourrais finir mon livre.
- On deviendrait riches. - Tu �cris un livre?
- Raconte. - Je ne peux pas.
Non, ce n'est rien.
C'est ma solution au d�ficit.
Tu sais, un trait� sur la fiscalit�:
"Les Ressources de la Constipation"
ou "L'lmp�t sur le Transit Intestinal selon M. Lakewood".
Tu es fou!
C'est simple et beau.
Fini, les taxes sur la nourriture et le reste.
Le seul imp�t... porterait sur les intestins.
Qu'en penses-tu?
C'est un projet sens�.
"Un concept valable", comme on dit � Washington.
C'est sans doute le syst�me le plus �quitable jamais invent�.
Moins un homme a d'argent, moins il mange.
Moins il mange, moins il chie. Moins il chie,
moins il paye d'imp�ts.
Et s'il n'a pas un sou?
Que peut-il faire?
Tr�s dr�le.
Je ne plaisante pas.
On laisse mourir de faim, alors pourquoi pas de constipation?
Ce serait plus �quitable, bon sang!
L'homme aurait le choix. Il contr�lerait son destin.
Fini, les intrusions abusives des bureaucrates.
On peut lui refuser de manger,
mais pas de se retenir. Ce n'est pas juste.
Les gens doivent prendre...
Tu trouves �a dr�le?
lls doivent prendre leurs responsabilit�s...
Tu trouves �a dr�le?
C'�tait une blague.
Juste une vieille blague...
Tu m'aimes, Marty?
Tu m'aimes vraiment beaucoup?
Ce n'�tait pas la premi�re fois.
Tous les hommes entendent ca un jour.
Je lui ai donn� la r�ponse qu'elle attendait.
Je suis perdu.
J'ai bien peur de t'aimer.
Tu m'aimes plus que n'importe qui?
Tu m'aimes plus que ta s�ur?
Pourquoi tu me parles d'elle?
Dis-le-moi.
- Dis-le. - Tu sais bien, c'est diff�rent.
Ce sont deux choses diff�rentes.
Elle est un verre de lait et toi, un cocktail.
Les deux sont bons � leur mani�re.
Mais ils sont diff�rents. C'est juste...
deux boissons diff�rentes. Deux fa�ons d'aimer.
On ne peut pas les comparer, Los.
Pourquoi tu me demandes �a? C'est tellement stupide.
Tu veux te prendre une baffe?
Tu es tellement m�chant parfois, Marty.
Je ne t'emb�te pas
avec des questions sur toi et ton fr�re,
dans son bel uniforme � la con...
Tu l'aimes. Je respecte �a. S�rement plus que tout le monde.
Non!
Je n'aime que toi!
Je t'aime plus que n'importe qui au monde
et je veux que tu me dises la m�me chose!
Tu peux attendre longtemps, Los.
Laisse sonner.
Une seule sonnerie.
Le signal de Carol. J'attendais qu'elle rappelle.
Bizarre.
Lo�s, elle, attendait je ne sais quoi.
�a s'est arr�t�.
Pourquoi tu me tires les cheveux?
C'�tait Carol. Elle parlait vite. Presque un murmure.
J'arrive d�s que je peux. Los comprendra.
Pardon pour tes cheveux.
C'est tout?
Ma m�re a eu une crise cardiaque.
C'est d�j� arriv�. Rien de s�rieux.
Mais Carol pense que je devrais venir.
C'est ce que Carol pense?
Alors tu peux t'appeler un taxi
parce que tu ne prendras pas ma voiture
pour rejoindre ta petite Carol!
Je vous ai vus vous tourner autour.
Tu veux savoir ce que je pense?
Sur toi et cette petite idiote de Carol?
Tu veux le savoir?
Un taxi au 175433 Wildwood Road. Le plus vite possible.
Allez, dis ce que tu penses!
Je pense que tu la baises!
Que tu baises cette petite salope!
Je pense que tu la baises du matin au soir!
Oh, mon Dieu!
Qu'est-ce que j'ai dit?
Je suis d�sol�e.
Je suis d�sol�e.
Je suis d�sol�
d'avoir pu t'amener � me dire �a.
Je t'en prie, pardonne-moi.
Tu peux prendre ma voiture.
Reviens. J'ai tellement besoin de toi.
Je reviens vite.
J'ai pris sa voiture. Naturellement. Elle avait insist�.
Tu l'as eu, poup�e.
Il ne te fera plus jamais de mal.
Je ne l'ai pas tu�, Marty.
Il est mort.
Tu aurais pu m'appeler.
Je ne sers plus � rien, si tu te d�brouilles sans moi.
Je n'ai rien fait, Marty.
C'est arriv� comme �a.
Qu'est-il arriv�? Dis-le-moi.
Je suis sortie du bar tr�s tard.
Et il est venu me voir.
Il �tait de passage en ville, alors...
Je l'ai amen� ici.
C'�tait tellement bizarre.
Quoi, b�b�? Qu'est-ce qui �tait bizarre?
Allez, tu peux me le dire.
J'ai commenc� � �tre un peu excit�e.
Il est bien mont�.
�a arrive.
Et tout d'un coup, ce qui s'est pass�
avec maman, papa, la voisine
et son mari... Sa t�te quand papa l'a tu�.
Tout m'est revenu.
Tout d'un coup, je l'ai regard�
et il tremblait comme s'il �tait �lectrocut�.
Du sang sortait de ses yeux, de ses oreilles, de sa bouche...
Regarde, il est plein de sang.
Chapeau. Tu es la premi�re tapineuse
� avoir provoqu� une attaque et une h�morragie c�r�brale.
C'�tait qui?
II s'appelait Barnett Gibons.
Il vendait des assurances-vie.
Tu plaisantes?
Marty, ce n'est pas dr�le.
Juste une �pave de plus sur la route...
Tiens bon, petite. Tout ira bien.
Vraiment, Marty?
Si je te le dis.
Bien s�r.
Je vais vomir.
Doucement, b�b�. Tu es nerveuse.
D'habitude, tu n'es pas comme �a.
D'habitude, �a ne se passe pas comme �a.
Faut bien finir un jour. C'est notre sort � tous.
C'est ainsi depuis plus d'un million d'ann�es,
gr�ce � un dieu tr�s marrant.
Au d�but, il n'y avait rien.
Puis II a parl�, et �a s'est g�t�.
Nous ne sommes que des pions.
Des acteurs qui jouent un r�le.
Dieu avait envie de s'amuser, alors II nous a invent�s.
J'esp�re qu'll rigole bien, pas toi, b�b�?
Tu dis de ces trucs, Marty.
Tu es r�veill�e?
Comment va ta s�ur?
Oublie-la.
- Quelle heure il est? - Oublie l'heure.
Je suis ton r�veil.
Tu te r�veilles. Tu �cris � ton fr�re.
Dis-lui que tu as un acheteur.
Et de rappliquer pour signer.
Apr�s, montre-moi le t�l�gramme avec la bonne date dessus.
Sinon, toi et moi c'est fini.
Je suis parti vite, satisfait. Elle allait c�der.
Elle n'avait pas le choix.
�a va mal?
Tr�s mal, Marty.
Je n'arrive pas � l'oublier.
Ne pense pas.
C'est ce qui devait arriver.
Oublie tout. C'est le mieux. Tu verras.
Ce truc va partir? Ce truc dans ma t�te?
Comme toujours, pas vrai?
Cette fois, c'est vraiment grave.
C'est vraiment grave.
Le jour, les trucs de la nuit disparaissent.
Et la nuit, les trucs du jour disparaissent.
Souviens-toi de �a et tout ira bien.
D'accord. Dis-moi une histoire.
Il �tait une fois
un petit gar�on et une petite fille.
La petite fille �tait sa m�re. Le petit gar�on �tait son p�re.
Oui, maman? D�sol�, on ne voulait pas te r�veiller.
Je m'en doute. Je m'en doute bien.
Evidemment.
On fait pas de bruit. Je lui raconte une histoire pour l'endormir.
Je sais ce que vous faites!
La m�me chose que depuis toujours, salet�s!
Vous �tes immondes!
Pas �tonnant qu'on vous d�testait. Ils savaient.
Vous n'avez tromp� personne. �a se voyait!
J'aurais d� vous tuer tous les deux.
J'aurais d� vous tuer au berceau.
Vous �trangler � la naissance!
Vous tuer dans votre lit!
Vous �tes pourris!
- Tous les deux pourris! - Tu ne sais rien!
Tu oses dire �a?
Elle ose dire �a?
Tu fais de la peine � Marty, maman.
Tu fais de la peine � Marty.
Je vais faire pire que �a. Bien pire.
Sors d'ici.
Ne me parle pas comme �a, diablesse.
Va dans ta chambre.
Ne me donne pas d'ordre! Je suis ta m�re!
Va dans ta chambre!
- Diablesse! - Va dans ta chambre.
Je ne le pensais pas.
Si, tu le pensais.
Tu le pensais. Va dans ta putain de chambre.
Je suis ta m�re.
Tu l'es vraiment?
Tu l'as �t�?
C'est l'heure de dormir pour toi, maman.
C'est l'heure de dormir, maman.
Tu vas te sentir mieux.
Aide-moi.
�a va te faire du bien, maman. Voil� ce qu'il te faut.
Tiens, maman.
Avale tout. Comme une gentille fille.
Celle-l� va te soulager.
Je me sens mieux.
Merci.
Ma petite fille.
Dans un sens, la plupart des gens meurent d'un exc�s de s�datifs.
D'un geste tremblant, ils saisissent le flacon � la douce odeur
sans regarder l'�tiquette... Et soudain ils sont morts.
Ils meurent. De mort naturelle.
On savait que Mme Lakewood avait le c�ur fragile.
Je lui avais dit que c'�tait dangereux
mais elle n'arr�tait pas: "J'ai mal, j'ai mal."
Elle est partie sereinement. C'est une chance.
Oui, docteur.
Merci, Marty. C'est s�rement les pompes fun�bres.
Pompes Fun�bres de l'Orangeraie. M. Lakewood?
Oui. Ma m�re est l�-haut.
Je vous laisse. Je vais d�clarer sa mort de cause naturelle
aupr�s du m�decin l�giste.
- La laissez pas tomber. - Non, Marty.
Non quoi?
Ne fais pas comme si tu n'avais pas de peine.
Je sais que tu aimes jouer les gros durs.
Mais au fond tu es un idiot sentimental.
C'est moi.
Je suis tr�s f�ch�e contre toi. Pour la fa�on dont tu m'as trait�e.
J'entends mal.
Tu me fais peur. Que se passe-t-il?
La ligne est mauvaise.
Parle-moi, je t'en prie.
Qui est-ce?
C'est Los.
Martin m'a souvent parl� de vous.
Je suis sa s�ur.
Quelque chose ne va pas?
Oui. Notre m�re est morte hier soir
et c'est un choc tr�s rude pour Martin.
Je suis d�sol�e.
Ils �taient tr�s proches.
Oui, je sais.
S'il vous pla�t, dites-lui que je pense � lui.
Bien s�r. Je lui dirai.
Et aussi que je vais faire ce qu'il m'a demand�.
Oui, je lui dirai
que vous allez faire
ce qu'il vous a demand�.
C'est toi et moi.
�a a toujours �t� toi et moi.
Marty ch�ri.
J'allais te dire o� je vais et ce que je vais faire,
mais il ne vaut mieux pas.
Tu te serais inqui�t� pour rien. Tout va bien se passer.
J'ai un petit probl�me mais je sais comment le r�gler.
Je reviendrai vite, mais pas � temps pour l'enterrement.
N'y va pas non plus, si ca t'ennuie.
Et ne regrette pas ce qui est arriv� � maman.
Certaines choses arrivent parce qu'elles devaient arriver.
Raconte-moi une histoire ce soir, ch�ri. Je t'�couterai.
Mme Lakewood �tait une merveilleuse chr�tienne.
Une merveilleuse �pouse.
Une merveilleuse m�re pour ses deux enfants.
Aim�e de tous, connue pour sa g�n�rosit�,
elle manquera cruellement � tous.
Je suis all� � l'enterrement. Mais je n'ai pas pu rester.
Quand ils ont commenc� � descendre maman...
Disons que je me suis senti mal.
Alors je me suis promen� dans la Ville des Gens Merveilleux.
Une ville tr�s peupl�e.
Ils �taient � l'�troit mais ca ne les g�nait pas.
Ils reposaient paisiblement, c�te � c�te.
Satisfaits de leur sort parce que... Ils �taient tous si merveilleux.
Marty Lakewood?
Qui le demande?
Lieutenant Harris.
C'�tait votre m�re, Mme Eleonor Lakewood?
Oui, c'est ma maman.
Et votre s�ur est Mme Carol Lakewood Wharton?
Chouette badge. C'est � quel sujet?
C'est au sujet d'un meurtre.
Monsieur J. Krutz.
Un d�tective priv� qui travaillait pour J.J. Wharton, de Boston.
Je ne l'ai jamais vu. Qui a-t-il tu�?
Montrez-lui l'autre photo.
Poignard� au cerveau,
on dirait.
- C'est pas tr�s joli. - Et �a?
Qui est-ce? Un autre d�tective mort?
Non, un as de l'assurance-vie.
Quel rapport avec Krutz ou moi?
D�sol�. Si c'est un jeu, j'ai rat� la question � un million.
Ce que Krutz, Gibons et vous avez en commun,
c'est elle.
Ma petite s�ur?
Une plainte pour vol � La Nouvelle-Orl�ans.
Elle est beaucoup mieux en vrai.
Les gens qui croisent votre s�ur meurent
ou disparaissent.
Tout le monde meurt ou dispara�t. Vous la prenez pour Dieu?
Elle �tait l� hier � midi. Mais pas � l'enterrement.
Elle �tait boulevers�e.
Krutz la suivait?
Je ne sais pas. Elle ne m'a rien dit.
On vous a vu parler avec elle.
C'est ma s�ur. On est proches.
On parle. On s'aime. �a pose un probl�me?
Ta s�ur tapine.
Une bonne copine de J�sus tapinait.
Je ne lui demande pas d'o� lui vient son argent.
Ce serait de mauvais go�t.
O� est cette pute?
Je ne sais pas.
Je saisis pas.
Tu ne sais pas o� elle est le jour de l'enterrement de votre m�re.
Je ne sais pas. Je le jure. Je ne sais pas.
Sur une pile de bibles, je le jure.
M�me sur votre bite, si vous la trouvez.
Arr�te de crier.
Tu veux savoir dans quoi ta frangine s'est fourr�e?
�ajustifierait ma pr�sence. Allez-y.
Un soir, elle a racol� Gibons devant "Chez Claire".
Krutz la suivait. On pense
qu'elle a convaincu Gibons de le tuer.
Elle s'est tir�e avec Gibons?
On n'en est pas s�rs.
Rien ne prouve qu'elle les connaissait.
Gibons a pu tuer Krutz parjalousie
et faire porter le chapeau � ma s�ur.
Si vous saviez qui ma s�ur a fr�quent�
vous ne lajugeriez pas si vite.
Tu es sinc�re, Lakewood?
Compl�tement, capitaine.
Alors, tu nous contacteras si elle te contacte.
Bien s�r. Je veux l'innocenter le plus vite possible.
Juste un truc.
Vas-y.
Ne me faites pas surveiller.
Si elle a fait quelque chose ou si elle a peur,
elle ne me contactera pas tant que je serai suivi.
D'accord, Lakewood. Pas de filature.
Mais si ta s�ur te contacte
et que tu nous pr�viens pas, on t'arr�te.
Tu as pig�?
Parfaitement.
Vous �tes chez Martin Lakewood.
Marty, tu peux parler?
C'est un docteur � Mexico.
Au sujet de Carol, ch�ri.
B�b�, je suis d�sol�e.
Enceinte de cinq mois?
Je ne sais pas. Elle m'a dit trois mois.
�a se voyait pas.
Elle est petite.
Un vrai docteur l'aurait vu, non?
D�sol�, senor. J'ai fait ce que j'ai pu.
Aucune importance. Vous vous �tes tromp� de num�ro.
Attendez!
Attendre quoi?
Je fais quoi?
Je m'en fous.
Vous ne devez pas avoir la conscience tranquille.
Alors laissez-moi tranquille ou je vous envoie les flics.
L'avortement est ill�gal au Mexique aussi.
C'est un pays catholique.
Senor, �a fait presque quatre jours.
Il fait tr�s chaud.
Et l'odeur...
Balancez-la dans l'oc�an, dans une d�charge,
une ruelle, que les chiens pissent dessus.
C'est un mauvais num�ro.
Senor, c'est votre s�ur.
Le paquet de viande
sur votre table?
Ce n'est pas ma soeur. Je sais tr�s bien o� est ma soeur.
N'appelez plus ici. Adios.
C'est terrible.
Ta s�ur et ta m�re...
Ne sois jamais triste pour moi!
Jamais!
D�sol�.
Viens chez moi, Marty.
Il faut que tu partes d'ici.
Je tombais dans les t�n�bres qui avaient englouti ma soeur.
Si Carol �tait perdue, alors moi aussi.
Los, ne pleure pas. Ne pleure pas.
Il n'y a rien � faire.
Comme tu dois me d�tester!
Je n'ai jamais d�test� personne.
Il n'y a pas assez de larmes pour mon chagrin.
Je veux te parler de mon p�re.
Pourquoi?
Ch�ri,
ne me raconte pas une de tes histoires dingues
sur ton pass� et ta famille.
C'est une histoire. Ce n'est pas vrai.
Disons que c'est une histoire.
Alors d'accord. S'il le faut.
Il devait savoir que coucher avec la femme d'un autre,
la femme d'un flic,
�tait risqu�.
Dis-moi la v�rit�, Marty.
Tu ne me trouves pas horrible?
Mon fr�re... Il n'est rien pour moi.
Faut de tout pour faire un monde.
Il a toujours �t� tellement lent,
lourdaud.
Il va se remuer, maintenant.
Je lui ai dit qu'on m'avait offert 30000 dollars pour la maison.
Oui, avec �a il va se remuer.
C'est quoi ce bordel?
Fais pas �a!
Capitaine Miles Archer.
Unit� de Marines.
En poste � Hawa.
Une photo de mariage.
Tu es jolie en photo.
La police? lci l'agent Archer, j'appelle de chez moi,
au 175433 Wildwood Road.
Il y a eu un terrible accident. Un homme a �t� tu�.
C'�tait mon mari.
J'�tais chez moi avec un ami
et nous l'avons pris pour un cambrioleur.
J'ai tir� sans voir. Je n'attendais pas la visite de mon mari.
Pouvez-vous envoyer un l�giste?
Tout ira bien, Marty.
Les copains flics de Lo�s nous ont �vit� les ennuis.
Tout s'est bien pass� apr�s.
Les Farell sont charmants.
Votre maison est entre de bonnes mains.
Voil�.
Et voil� pour vous.
Voil� ce qui s'est pass�.
�a aurait pu se passer autrement, mais � quoi bon y penser?
C'est un jeu. Il change en cours de partie.
Dieu l'a voulu ainsi. Le jeu est truqu� et on prend des coups.
- Je t'aime, Los. - Pousse-toi.
Bient�t viendra une nuit, o� la pelouse luira au clair de lune.
Une petite fille avancera sur l'herbe.
Il me semble la voir s'approcher.
Elle aura peur parce qu'elle sera seule.
Puis elle ne sera plus seule. Nous partirons ensemble.
Nous partirons tous ensemble.
Adaptation: St�phan Levine
Sous-titrage TVS - TITRA FILM
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