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...
...
...
Rugissement et claquement de fouet.
...
Quelqu'un r�cite un po�me en anglais.
...
- C'est bien,
Zemour.
15. Non... 9.
� cause du livre ouvert. - Je lisais pas.
- Mais si, vous lisiez. - Non !
- 9 !
Je crois qu'on en a termin� pour aujourd'hui.
� moins que...
Non, on va pas avoir le temps. Mais si, peut-�tre.
Alors, au hasard...
Ben tiens...
Serrurier !
Allez, venez. Restez pas l�-bas.
Qu'on vous voie. Ce serait dommage...
Rires.
- Allez.
Il r�cite un texte en Allemand.
...
- Zwei, Serrurier.
- C'est mes origines.
Rires.
- Aujourd'hui, c'est la Bavi�re, la semaine derni�re, le fandango.
Demain,
vous porterez le tchador.
Au moins, vous ne d�cevez jamais, vous �tes toujours nul.
Absent,
inexistant, sauf pour faire le malin, le pitre.
Vous devriez faire clown, au bac.
Vous allez faire rire.
- Dans 5 secondes, mise � feu du premier �tage.
- Hop l� !
- Hop l� !
Oh damned !
- Oh dur, putain !
- Merde.
...
- Je sens la couille.
- Serrurier et Matou,
en �tude. Pas de terroristes dans ma classe.
En attendant le conseil de discipline, dehors.
- C'est Zemour...
- I have to leave but I shall return.
- Vous dites ?
- Rien, c'est de l'am�ricain.
Ici, c'est de l'anglais.
- Tu vas faire rire, au bac.
Tu vas en �tude ? - Non, je vais me promener.
- Tu vas te faire gauler !
*- Exceptionnelle s�ance de dressage en public.
Les terribles et f�roces lionnes de l'Afrique,
arriv�es � Marseille la semaine derni�re.
Attention, mesdames et messieurs, venez assister
� l'unique et exceptionnelle s�ance de dressage en public.
Dans 10 minutes, exceptionnelle s�ance de dressage en public !
Les f�roces lionnes de l'Afrique.
Attention, attention, dans 10 minutes.
Les lionnes de l'Afrique arriv�es � Marseille la semaine derni�re.
Les animaux ne sont pas des machines, les animaux ne sont pas des robots.
Chaque fauve est unique.
Leur force, leur beaut�, leur insolence nous jugent,
depuis l'aube des temps intactes.
Ils nous attendent.
Allons � leur rencontre.
Envoyez !
- Allez !
*- Il y a dans la savane les tueuses
et les rabatteuses.
Nous allons savoir qui elles sont. Merci, Roselyne.
Je vais entrer � mon tour,
assist� de Roselyne, une de nos brillantes �l�ves.
Mets-les en place.
- Fatou ! Fatou, allez !
Fatou, allez ! ! - Ram�ne-la l�.
- Hier, Fatou. - Hier.
- Hier, Fatou.
- Bien. Va me chercher Yulca.
- Yulca !
Allez, Yulca. Yulca, allez.
Allez, Yulca ! - Suis-la, tr�s bien.
Tr�s bien. - Assis !
Allez, Yulca.
Fest.
Maoli, hier. Hier, Maoli !
- Place-moi Maoli.
Allez.
L�, bien.
Place-moi Yulca. - Yulca ! Hier, Yulca.
- Travaille ! - Yulca, hier ! !
Allez, Yulca !
- Regarde-les bien. Salue.
Applaudissements.
*- Et maintenant, le clou du spectacle.
M�me dans la jungle,
on ne l'a jamais entendue.
Au milieu des fauves, dans la cage,
pour la premi�re fois � Marseille,
la voix d'or...
- Envoyez !
Voici que s'avancent les lionnes d'Afrique
Lionnes d'Afrique, lionnes
Lionnes d'Afrique
Yulca...
Fatou...
Maoli...
Silencieuses et souples elles se glissent
Dans la savane, la savane
La savane d'Afrique
La, la, la, la, la...
...
- Yulca !
Allez, Yulca !
- D'un �clat noir leurs yeux
Brillent comme des poignards
Et les dents ac�r�es
S'appr�tent � tuer
Voici que s'avancent les lionnes d'Afrique
Lionnes d'Afrique, lionnes
Lionnes d'Afrique...
- Bravo ! Applaudissements.
...
Claquement de fouet.
- Bien ! Bravo, ma ch�rie !
C'est bien !
- Oh, Roselyne !
- Je fais des progr�s ? - Magnifique,
ma ch�rie.
Que fais Hassan
avec la sciure sur les tabourets ?
- Les lionnes font pipi, c'est pour s�cher.
- Venez manger � la maison. - Volontiers.
Quand vous voudrez.
Au revoir, ma Roselyne. Et attention. Au revoir.
Je vous reconduis ? - Non, merci. On a la voiture.
Non, c'est tr�s bien comme �a.
Au revoir.
- Je voudrais savoir pour les le�ons.
- Savoir quoi ?
- Combien c'est ? - 10 000.
- Pour une le�on ?
- On n'est pas � l'auto-�cole, ici. Pour 100 000, tu viens quand tu veux.
- Il en faut beaucoup pour �tre dompteur ?
- Tous les jours,
toute la vie.
Il r�cite un po�me en anglais.
...
- Vous ne lisez pas L'�quipe. Mettez un peu d'�me !
C'est une ode au vent d'ouest. Je veux entendre l'oc�an.
Il faut que �a gronde, que �a d�coiffe !
- Les tigres te connaissent ? - C'est des taulards,
comme moi. - Ils sont pas dans la cage ?
- Tu vois, le gros,
celui qui fait semblant de dormir ?
Il essaie toujours de me gauler. Si tu rentres l�-dedans,
il te transforme en hamburger.
- Alors, motard, tu as r�fl�chi ?
- Juste une le�on.
- �a sert � rien.
- Je peux travailler pour payer.
- Et je le renvoie en prison ?
- Gratis !
- Tu commence tout de suite. Allez, tu balayes.
Tiens, l�-bas, devant la cage des tigres.
Allez !
Allez, un peu d'�nergie !
Rugissement f�roce.
R�gle num�ro 1 :
quand on travaille avec des fauves,
il faut toujours pr�voir, anticiper !
Lui, il t'a vu venir. Toi, pas.
Dans la vie, il faut toujours commencer par balayer.
Fin de la 1re le�on. Tu me dois 10 000 balles. � demain.
- Pour laisser passer les lions, tu tires la grille.
Tu tires � fond.
Voil�.
Apr�s, tu refermes.
Tiens, prends le balai.
Le p�re Frazier m'a fait le coup du balai.
C'est un vicelard, mais il conna�t bien son boulot.
Si j'�tais un intellectuel, je viderais pas de la merde.
- Tu ferais quoi ? - J'apprends.
Et apr�s, j'apprends � mes fr�res, au pays. Instit.
Ah vous, les Fran�ais ! Ah l� l� !
Dis donc, j'ai lu un article sur l'histoire du FLN.
Il disait que Ben Bella faisait du narcissisme politique. C'est quoi ?
- �a veut dire... euh... C'est quand on se regarde.
- Comment �a ?
- Ouais, c'est quand on regarde pas les autres.
Bon, je t'en pose, des questions ?
De toute fa�on, Ben Bella, il va pas vider ta merde.
- Thierry...
Viens voir. Allez, viens voir !
Donne un coup de main � Roselyne.
- Non, �a va. C'est pas trop lourd.
- Allez.
- �a risque rien ? - La bouffe les rend fou.
Et encore, ils peuvent �tre pires.
- Et maintenant, le repas des fauves.
Le repas des fauves...
Hassan...
La fourche.
La main droite ici.
La gauche par l�.
Bien camp� sur les jambes, on pique la bidoche d'un coup sec.
On se baisse, on se rel�ve.
On s'approche et on fait glisser.
Et voil� !
Compris ?
Ta main gauche.
Vaut mieux les avoir vus bouffer avant d'entrer.
Comme �a, on sait � qui on a affaire.
Allez, continue !
- Mais non !
- Quoi ? - C'est pas comme �a.
T'es gaucher ? - Ouais.
- Mets-le dans la main droite. - Pourquoi ?
Les b�tes travaillent avec des droitiers.
La lani�re devant, bien devant. Devant. Regarde !
Bon, OK ?
Vers l'arri�re, et un coup sec du poignet. Encore.
Hop !
Voil�, c'est �a. Non, un petit coup sec.
Voil� !
Bien. Toc, un coup sec.
Ben voil� !
Viens voir. - Quoi ?
- Approche.
Montre ta main.
T'as des mains d'intellectuel. - Ben ouais.
- Il faut que tu travailles. - Je vais travailler.
- Vas-y. Encore, encore.
*- Dans quelques instants,
un num�ro exceptionnel de dressage en public !
- Bravo !
- Tu t'es entra�n� ?
- Ouais.
- Bravo !
- Il m'a dit : "Il faut commencer par balayer."
C'est un dr�le de mec.
T'as commenc� comment ? - C'est ma m�re.
Elle est amoureuse de lui.
- De qui ? - De Frazier.
- Et toi, t'es amoureuse ?
- Des lions.
C'est le lion de M. Frazier. Il le travaille tout seul,
jamais avec les lionnes.
- Pourquoi ?
- Quand il est en chaleur, il est fou.
C'est avec lui que je veux travailler.
- T'as pas peur ?
- Il peut rien me faire.
- Allez, monte.
...
- C'est vous, Serrurier ?
- Oui, monsieur.
- Que faites-vous ?
- Je nourris les fauves.
- Vous nourrissez les fauves ?
�a fait longtemps ? - Tous les jours,
avant la classe.
- Il y a les bataillons disciplinaires pour les urgences.
J'ai pas d'�tats d'�me.
Je demande l'exclusion.
Serrurier... exit.
- On pourrait se contenter d'un bl�me.
Il a fait gagner l'�tablissement aux coupes inter-lyc�es de judo.
Je sais, le sport, �a compte peu,
mais quand m�me.
- Je devrais lui donner le m�rite sportif ?
La plus grande s�v�rit� s'impose.
Ca gar�on a attent� � la personne
de M. Bracquard. Si tous les conseils se passaient comme �a,
on perdrait moins de temps.
Autre chose,
M. Bracquard ? - Oui.
"Aujourd'hui est un fauve, demain verra son bond."
Bien s�r,
j'ai cru aussi que c'�tait un mauvais �l�ment,
et je me trompais.
Il y a deux jours,
ce gar�on m'est apparu au zoo,
une fourche � la main,
et il brandissait un quartier de viande sanglante
devant un fauve flamboyant.
Il nourrissait les fauves,
comme tous les matins.
Oui, monsieur le proviseur,
ma curiosit� fut piqu�e.
Le lendemain, je le suivais, et cette fois, je vis...
lui s'exer�ant au fouet dans la cage aux fauves,
en compagnie d'une jeune fille
au visage d'ange.
D�s lors, tout �tait clair.
Thierry allait devenir dompteur. Et cette cr�ature
�tait son �g�rie.
Mes chers coll�gues,
autrefois,
j'avais moi aussi une passion, je voulais �tre motard.
Je sais bien, cela peut pr�ter � sourire.
Mais j'avais le m�me �ge.
Je me voyais rendant la justice,
chevauchant, comme un centaure des temps modernes,
une machine puissante.
Mon p�re ne le voulut point.
Aujourd'hui,
j'apprends l'anglais � des jeunes dont l'ambition est de vendre,
de faire du profit,
d'avoir du rendement.
Si encore nous leur donnions du r�ve.
Du r�ve !
- Bravo, Bracquard !
Bravo.
- Alors, t'es vir� ?
- Non, ils me gardent jusqu'au bac.
- C'est le miracle des loups !
- Non, des lions. Bracquard est devenu fou.
- Quoi ? - Il a disjonct�. Allez, viens.
- Tu lances avec le corps, tu guides avec le bras.
Comme �a.
Allez, zigoto, � toi.
Allez !
Tu lances pas une grenade !
Pas besoin de force. En souplesse. Recommence.
Voil� !
Bien, �a commence � rentrer.
- Les tigres... 5 ou 6 griffes ?
- Non, �a, c'est les lions. Enfin, c'est dangereux.
- Bon, j'avais raison, c'est 5 griffes.
- C'est un am�ricanisme. Ici, c'est de l'anglais.
On est en retard � cause des lions ?
- Non, c'�tait les tigres, aujourd'hui.
- Tr�s bien.
�a tombe bien, nous avons un po�me de William Blake :
"Tiger,
"tiger burning bright in the forest of the night."
"Tigre,
"� tigre ardent de flamboyance dans les for�ts de la nuit."
- C'est beau.
Rires.
- Non, c'est sublime.
- Voici que s'�loignent les lionnes d'Afrique...
Lionnes d'Afrique, lionnes
Lionnes d'Afrique...
Thierry, j'ai soif.
- Pas encore. M. Frazier veut pas.
- Va me chercher une mousse. C'est pas toi qui chantes.
- C'est pas bon pour la voix. Dis-lui, toi.
- C'est vrai, la Grenouille, c'est pas bon.
- Comment tu le trouves ? - Bien, monsieur.
- Il est bien, hein ? Il a l'air tranquille.
Il peut te saigner en moins de deux.
Comme un chat avec une souris.
Ne le perds jamais de vue.
Regarde-les tous.
Il faut avoir des yeux dans le dos.
Thierry ! Viens voir.
C'est pas ton anniversaire ?
- Si.
- Quel �ge ? - 19.
- 19... Allez, en voiture. - Quoi ?
- Tu rentres.
- Maintenant ? - Pas dans 10 ans. Regarde-le,
il a pris tes mesures, il s'impatiente.
Enl�ve cette breloque, l�. La gourmette !
- Pourquoi ?
- S'il te chope avec les griffes, il t'emporte le bras. Allez.
Prends un fouet et un b�ton.
Je vais te pr�senter.
Il va te souhaiter ton anniversaire.
Approche.
Approche. Regarde-le.
Viens, mon p�p�re.
Allez, Wotan.
Tu es trop maigre pour lui.
Mets-toi l�, au milieu.
Campe-toi bien sur les jambes. L�ve le b�ton et le fouet.
Penche un peu la t�te. L�.
Ne bouge pas. Tu vois Montmartre ?
Attention, � nous deux.
Place, Wotan !
Allez !
Allez ! Allez !
Allez, place !
Place ! Place !
Bien, mon petit p�re. Bien !
Tr�s bien. �a va ?
Il est bien, le petit.
- Tu devrais lui payer une bi�re.
- Il a le truc.
- Qu'est-ce que tu fous ?
Frazier nous invite � boire le champagne.
Qu'est-ce que t'as ? - Laisse-moi !
- Mais pourquoi tu pleures ?
- C'est Frazier. Jamais il m'a fait rentrer avec Wotan.
- Il te fera rentrer aussi. Bient�t.
- Tu parles !
- Il me l'a dit.
Allez !
Et arr�te de pleurer. C'est mon anniversaire, aujourd'hui.
Tu pourrais m'embrasser, non ? Et me sourire aussi.
Hein ?
Allez, embrasse-moi.
- Je vous en donne 2, la Grenouille ?
- Ici, il y a la s�cheresse. - Pour Hassan.
- T'as pas tra�n� pour entrer.
- Il a le truc.
Et s'il m'�coute, on en fera un sacr� dompteur.
- Pour sa 1 re fois, il �tait � l'aise.
- Il a le truc.
- C'est quoi, "le truc" ?
- C'est tout ce que je peux pas t'apprendre. C'est le don.
- Il lui faut un nom d'artiste.
- Moi, j'ai une id�e : d'Alembert.
- Avec un "d" apostrophe.
D'Alembert. Oh, j'ach�te !
�a, en Am�rique, �a casse la baraque.
Thierry d'Alembert.
- Je vous aide, mon cher.
- Laissez, M. le proviseur. - Je vous en prie.
�a tombe bien, si j'ose dire.
Je voulais vous parler.
- C'est pour une inspection ? - Non, non. Tenez.
- Merci.
- C'est au sujet du cas Serrurier.
Je suis ennuy�.
Je me demande si nous avons bien fait de le garder.
- Tenez, regardez... 15. Et je note s�v�re, vous savez.
- S'il n'y avait que l'anglais !
Il a des notes catastrophiques.
Vos coll�gues se plaignent de lui constamment.
Il n'y a pas de jour o�...
Il ne va plus en maths, ses retards s'accumulent.
Et vous en avez fait une vedette, en plus.
Je pense � notre mission p�dagogique.
La mission p�dagogique, M. le proviseur !
Il y a d'autres voies que l'orthodoxie.
- Pardon ?
- Tous ces gar�ons et ces filles, apr�s le lyc�e,
ils tra�nent dans les rues... No futur.
- No futur ?
- On les retrouve coll�s devant leurs �crans de t�l�,
comme des insectes, le regard vide devant des programmes vides.
Altercations, vols de voitures, crimes. Alors...
Et je parle pas de la drogue.
- Vous noircissez.
- Non. Aucunement.
C'est l'omerta, la loi du silence.
Il rentre dans la cage aux lions, pas dans la d�linquance.
Il rentre dans la vie. L'exemple n'est pas si mauvais.
- J'ai encore re�u une demande d'interview du Proven�al au lyc�e.
Imaginez l'inspection d'acad�mie ! Un �l�ve en tenue de dompteur !
Horresco referens.
C'est l'�cole du cirque.
Pour le cirque, le sien vaut bien le n�tre.
Serrurier est intelligent, il pourrait avoir son bac.
Seulement sa passion l'entra�ne ailleurs,
et s'il peut y trouver son bonheur,
la mission p�dagogique est remplie.
- Tu peux chercher, tu y es pas.
D'Alembert,
le si�cle des Lumi�res !
Ah, t'es une belle lumi�re !
D'Alembert,
exit.
Dans 10 ans, vous serez toujours l�. Je vous enverrai des cartes postales.
De Sidi Belabes, c'est �a. Allez, du balai.
- De toute fa�on, je le savais.
Tu fais quoi, toi ? - Je pars 3 mois en Gr�ce.
Ensuite, fac de droit. �a m�ne � tout.
Tu redoubles ? - Non, je continue. Dompteur.
- Avec les lions ? - Pas avec des phoques.
- Bon, salut. Te fais pas bouffer.
- Fais gaffe aux Grecs.
- H�, Serrurier !
Serrurier.
Bah... vous le saviez, hein ?
Venez d�ner. On va chasser les mauvaises ondes.
Bad vibrations.
Et 15 en anglais, quand m�me !
Du Pommard 59.
Vous n'�tiez m�me pas encore n� quand ce vin a �t� mis en bouteille.
Allez. Aux lions.
Oh, voil� le docteur Schmokeleu.
- C'est un abyssin ? - Exactement.
Dieu a cr�� le chat pour que l'homme puisse caresser le tigre.
On dirait un tigre.
Voyez-vous, je me suis demand�,
bien modestement, bien s�r, en y mettant le temps,
si je ne pourrais pas le dresser.
Pas des choses trop compliqu�es, non.
Par exemple, sauter de l� au buffet,
ou de l� � l�.
De la cuisini�re
� l'�vier ou de la chemin�e au buffet.
Des exercices de ce genre... Le peut-il ?
Vous pourriez m'aider ? Vous le pourriez ?
Oui, monsieur.
Tout est possible.
- J'en �tais s�r.
- Allez, Fatou ! Allez !
Allez !
Allez, place !
Place, Fatou ! Allez !
Place, Fatou ! Place !
- Fatou, allez.
- Allez, Fatou ! !
Charogne ! Elle veut pas y aller.
Elle fera jamais ce demi-tour.
Le mistral... - Si on se met l�, elle le fera.
- L� ?
- Oui, ici.
- L� ? Tu veux te faire empailler, toi !
- On peut essayer, non ?
- Tu veux essayer l� ? Il veut essayer.
Vas-y, mon gar�on. Allez, on te regarde.
- Fatou, allez !
Fatou, allez !
Fatou, allez !
Allez, Fatou !
- Holy shit !
- Allez, Fatou !
Fatou, zur�ck !
Place, Fatou !
Assis.
- C'est bon, �a va. On a vu.
- Ben voil� !
- Elle est crev�e,
il fait chaud.
Tourne pas le dos � ta b�te !
Hassan, le tunnel.
- Pourquoi ? On la refait pas ?
- Non, il fait trop chaud. Il y a du mistral.
Allez, Fatou. Allez.
- Iris !
Iris...
Viens, Iris, viens.
- J'ai d�conn� avec Frazier.
- Non, c'est pas grave.
...
- Roselyne croit que les fauves l'aiment.
Les fauves, ils n'aiment personne.
Ils sont patients, ils attendent. T'y connais rien, toi.
- Chacun son truc, monsieur.
- Tu r�ves, ma fille ?
M. Frazier m'a parl� d'un projet formidable pour toi.
- Je m'en fous, de Frazier.
...
La Grenouille chante.
...
- Bonjour, la Grenouille. Y a personne ?
- Non. Pour une fois, on me l�che les pantoufles.
Frazier et Hassan sont � Carcassonne.
- C'est joli, ce que tu chantais.
- Je chantais �a avant de quitter l'Am�rique pour l'Afrique,
pour retrouver mes racines.
Et j'ai rencontr� Frazier l�-bas, au Sofitel, au gril.
C'est con, les racines.
- Et Roselyne ?
- Avec Wotan, comme d'habitude.
La Grenouille fredonne.
...
Aimer � loisir
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble...
- Imagine ce qu'on pourrait faire avec ce lion s'il �tait � nous.
C'est nul ce qu'il fait, Frazier.
T'as vu le plan, hier,
avec la poutre ?
- Tu sais, Frazier, il est vieux. Il a peur.
Il picole.
C'est facile de donner des conseils.
- Je donne pas de conseils.
- Ah bon ?
- Non.
- Et alors ?
- Alors je le prouve.
- Tu le prouves ?
- Ouais.
- Tu veux toujours y aller ?
- Oui.
Referme derri�re moi.
Reste l�. En cas de probl�me, tu m'ouvres.
Wotan, place ! Assis, Wotan. Wotan, assis !
Assis !
Brave, Wotan.
Fest.
Fest, Wotan.
Tu vas voir.
Wotan, allez !
Allez, Wotan !
- Ouais ! - Wotan, en place.
Wotan, en place ! !
Assis !
Brave.
Tu veux entrer ? - Oui.
- Alors, entre. Il s'impatiente.
Rugissements.
- Attends.
Doucement.
Grognement.
- Attention ! - Mais je risque rien.
- Allez, viens.
Klaxon.
- Qu'est-ce que c'est...
Qu'est-ce que c'est que cette connerie ?
Vous �tes fous ! Vous �tes cingl�s ! !
C'est pas vrai, �a ! Hassan, le tunnel !
Merde, merde ! Sortez de l�.
Allez, Wotan ! Allez !
Sale petit morveux ! Petit con ! Sors avant que je te botte le cul.
Fous-moi le camp d'ici. Pour qui tu te prends ?
Toi, reste l� !
Sors de l�, nom de Dieu, et que je te voie plus ! Dehors !
- Vous me faites mal !
- Tu seras jamais dompteur, t'es trop barge !
- C'est �a, papy !
- C'est pas moi, c'est Frazier.
Je t'avais dit hier. Tu es grill�.
- Je veux un ticket.
- Non, Frazier me l'a interdit. - Mais je paie !
- Je veux pas perdre mon boulot pour �a.
Fonctionnaire � la con !
- Con toi-m�me, petit merdeux !
*- Venez voir les lionnes arriv�es la semaine derni�re � Marseille
pour la premi�re fois.
La Grenouille chante.
Il imite le cri du singe.
- Thierry...
Thierry !
Fais gaffe pour Roselyne.
Frazier veut lui faire faire un nouveau num�ro.
Un truc avec les Romains. �a s'appelle : Blandine et les lions.
Sa m�re, elle est au courant.
Moi, je me tire. Y en a marre de ces conneries avec le ramadan.
Fais pareil. T'as plus rien � apprendre ici.
- Qu'est-ce qu'il fout l�, celui-l� ?
Tu vas voir... Sale petit con, va.
Casse-toi ! !
- Arr�te !
Arr�te !
Arr�te !
Arr�te ! - Fais pas le con.
- Tu seras jamais dompteur, t'es trop barge !
Minable.
- Et arr�te de pleurer !
- Je pleure pas.
- �a sert � rien, �a.
T'es m�me pas reconnaissante. T'es inconsciente, toi.
C'est pas vrai, �a !
- Roselyne, viens. Allez, viens.
- Que faites-vous l� ? - Je suis avec Roselyne.
- Que fais-tu ? - Je me tire.
- Mais c'est pas possible, t'as pas le droit !
- Tu m'emmerdes ! - T'es mineure !
- Calmez-vous. De toute fa�on, on s'en va.
On veut pas d'histoires.
- Mais non... Mais non, mais non.
Non, vous partirez pas.
C'est du d�tournement de mineure. Je vais appeler les flics.
- Mais arr�tez, �a va faire rire.
Elle aura 18 ans dans 3 mois. - Sois pas ridicule.
- Ma petite fille... Roselyne, ma petite fille...
Je me suis toujours... Je l'ai �lev�e toute seule, moi.
Peu de m�res
laissent leur fille avec des lions. Je veux que tu sois dompteuse.
- Ben justement.
- Partez. Quand vous aurez un travail, elle vous rejoindra.
- Elle pourra aller � Carcassonne avec Frazier.
- Me laisse pas toute seule. - Je t'�crirai.
- "Me laisse pas toute seule !"
- "Mais je t'�crirai !"
Rires.
- Tiens !
Rires.
- Oh, tu dors ?
Hmmmm...
- Youhou ! !
- T'entends ce moulin ?
- Les citrons peuvent se rhabiller.
- Hier, hier. Assis.
Il parle en allemand.
...
Pour votre probl�me, je peux rien faire.
- Personne peut nous aider ?
- Allez voir au cirque. - On peut travailler avec des lions ?
- Il y a peu de chances.
- De toute fa�on, personne nous attend.
Bonjour. - Bonjour.
- Je m'appelle Thierry. - Brindille.
- Roselyne.
Vous avez des lionnes ?
- J'ai une lionne.
- On peut... ? - Bien s�r.
- Merci.
- Ma fille ! Ma fille ch�rie, Douchka.
- Elle a quel �ge ? - 18 ans.
- Waouh !
- C'est la seule lionne ? - Oui. Les autres sont morts.
Que tu es belle !
Viens voir maman. - Vous n'avez pas peur ?
- Non. Je l'aime et elle a confiance en moi. Elle m'aime.
C'est un �change d'amour.
- Vous avez du travail pour nous ?
- Non. Je ne prends pas de gens, que des b�tes.
- Qui s'occupe des b�tes ? - Moi.
- Il vous faut personne ? - S�re ?
- Malheureusement, je ne peux pas.
Vous me promettez que vous n'abandonnerez jamais vos b�tes ?
- Promis.
- Je vous embrasse.
- Au revoir.
- Au revoir.
- Elle est sympa, Brindille, hein ?
- Ouais, elle est sympa, mais... on n'est pas dans la merde !
- T'inqui�te pas.
...
- Vous cherchez quelqu'un ? - Le directeur.
- M. Armani. C'est la plus belle roulotte.
- H�, t'es main d'�uvre ?
- Non, artiste.
Il ricane.
- Reste l�. Il vaut mieux que j'y aille seul.
- Marko, tu vas te faire p�ter une varice !
- Je vais te faire p�ter autre chose, moi.
�normes, �normes...
On recommence. Allez...
M�chants, m�chants...
M�chants, les mecs.
Oh, putain !
T'as vu l'homme ?
- "�normes, �normes, �normes..."
�normes !
- Comme �a, vous cherchez du travail ?
- Oui.
- Que savez-vous faire ? - Je travaille avec les animaux.
- Les animaux ? Quels animaux ?
Les fauves.
Il rit.
- Les fauves, rien que �a !
Les lions, les tigres, les panth�res ?
- Les deux.
J'ai travaill� chez Frazier.
Je les connais bien, je suis dompteur.
- T'entends �a ? Le petit conna�t les fauves. Il est dompteur.
- Ah ouais ? T'es dompteur, toi ?
- Lui, c'est un dompteur. Attrape, Marko.
T'as vu �a ?
- T'es pas un peu jeune ?
- Dis-moi, t'es un gadjo ? - Ouais, mais j'ai travaill�.
J'ai fait du dressage en public. - �coute.
Pour �tre dompteur, il faut d'abord travailler au cirque.
Faut apprendre.
Longtemps.
On commence par les chevaux.
Apr�s, c'est les dromadaires.
Et apr�s, les fauves.
Peut-�tre.
- Moi, c'est les fauves.
- Moi, c'est les dromadaires.
Pas mauvais, mon chili. - Dis, la recette,
tu me la fileras, ch�ri ?
- C'est fini, tu peux partir.
Si tu changes d'avis, t'as qu'� sonner.
Ah, les jeunes !
T'as vu le dompteur !
Ah, les fauves !
Ils rient.
- Ah, le con !
- Des dromadaires !
- Quoi, "des dromadaires" ?
On n'aurait pas fait �a toute notre vie.
T'as les chevilles qui enflent.
- Je veux pas retourner en arri�re, c'est tout.
- �a aussi, c'est tout.
- On vend la moto. - Ah non, pas Raymonde !
- Mais qu'est-ce que tu veux ?
Les cloches sonnent.
...
- Braquemard ! - Quoi ?
- Braquemard ! - Quoi, Braquemard ?
- Bracquard, ton prof d'anglais.
Il faut l'appeler.
- Voil�. Au premier par l'escalier.
Pas de raffut, j'ai des clients qui dorment.
Et pas de cochonneries dans les chambres.
Petit d�jeuner � partir de 6 h dans la salle � manger.
- Je peux laisser la voiture devant ?
- Tant que vous la faites pas d�marrer.
- On pourrait avoir quelque chose � manger ?
- Un sandwich ?
- C'est pas un routier, ici.
C'est gastronomique. Des petits trucs raffin�s
pr�sent�s avec go�t.
Hein, mon bon Toscan ?
Toscan aboie.
Et pas de cochonneries dans les chambres.
- Ah, mes enfants, quelle aventure !
Dites-moi un peu ce qui vous arrive. Racontez-moi tout depuis le d�but.
- Y a pas grand-chose � raconter.
- Comment �a ? Depuis Marseille ? Vous savez,
j'ai commenc� � �crire un livre sur vous.
- Mais il n'y a rien � raconter sur nous.
On a visit� des zoos pourris, on se fait jeter de partout,
y a pas de boulot, y a m�me pas de lions...
On va finir aux Restos du C�ur.
�a int�resse personne, �a. - Erreur, erreur !
C'est �a, l'aventure !
C'est �a qui vous fait exister :
les �preuves, le voyage initiatique.
Pas le voyage organis�.
Frappez, frappez, on vous ouvrira.
- On a faim.
- Ah, oui...
S'il n'y avait le chien de l'enfer,
on pourrait descendre aux cuisines.
- C'est pas un lion.
Aboiement.
...
Grognements.
- Je n'aime pas �a.
Grognements.
- Alors,
qu'est-ce que vous foutez ? Venez.
Viens, Toscan. Viens. Allez, viens.
Hum, excellent !
- Un peu de terrine ?
- Oui.
- Vous voyez, il faut pas se d�courager.
- Fines, les tranches ?
- C'est bien, comme �a.
Alors, qu'est-ce qu'on a l�-bas
qu'on n'a pas vu d�j� ?
Du fromage ! Du ch�vre, du brie... - Du ch�vre !
- Brie ! - On prend les deux.
Allez...
Tiens, on va se faire encore un petite, parce que...
- Ouais.
- S'il nous voyait, le proviseur. Hein, d'Alembert ?
Et votre ami Paloma...
Vous savez qu'il a �t� mut� ? - Ah bon ?
- Mais oui, r�cemment. Vous savez o� ?
- Non.
- Sidi Belabes.
- Oh, c'est pas vrai !
- Mais non, c'est pas vrai.
- Alors, Toscan, c'est gastronomique ?
Il aboie.
- Chut !
- Il est bon, ce jambon.
- Tu manges quoi ?
- Des petits trucs raffin�s pr�sent�s avec go�t.
- Vous voyez, il faut pas
se d�courager. - Toscan !
- Tu disais ne pas aimer la m�thode avec viande.
- C'est quoi, la m�thode avec viande ?
- Ah, ah ! La m�thode avec viande ?
C'est comme dans la vie, y a avec ou sans.
- C'est s�rement passionnant, mais je crains de ne pas saisir.
- Attendez.
Viens, Toscan.
Toscan, tes pattes. Allez, grimpe !
Assis.
Apr�s, on r�compense. Voil�...
Brave, brave.
Enfin �a, c'est les mauvais dompteurs.
- Fascinant, fascinant.
Vous seriez plut�t du genre � utiliser la m�thode d'Alfred Kurt.
- Alfred Kurt ?
- Je vous ai eus, hein ? Alfred Kurt, un grand dompteur.
Enfin, je vois que �a va mieux. Il faut pas d�sesp�rer, je suis l�.
Je dois monter, j'ai encore des copies � corriger.
Je vous laisse ranger. Bonsoir, mes enfants.
- Bonsoir.
- Au fait, rappelez-vous :
le chemin le plus court d'un point � un autre n'est pas la droite
mais le r�ve.
Allez, bonsoir.
Toscan aboie.
- Chut !
- Ma ch�re Roselyne, mon cher Thierry.
La derni�re copie est corrig�e. Il est fort tard, je vais dormir.
Ci-joint cette liasse de 2 000 F. Je vous les laisse de bon c�ur.
Vous voyez, l'�ducation nationale est moins chiche qu'on ne le dit.
Vous allez bient�t, j'en suis s�r,
trouver les fauves que vous cherchez.
Affrontez-les, vous en sortirez vainqueurs,
et un peu de v�rit� vous appara�tra.
Votre d�vou� Bracquard, professeur d'anglais.
Rappelez-vous, le chemin le plus court d'un point � un autre
n'est pas la ligne droite mais le r�ve.
Aboiements.
- Mais qu'est-ce qu'il a, ce putain de cabot, � aboyer depuis ce matin,
sur son tabouret, l� ? Oh l� l� !
T'es devenu fou ou quoi ? Hein ?
- Markovitch et ses f�roces tigres du Bengale !
Le programme ! Demandez !
Applaudissements.
...
- Allez, fais pas la gueule.
Musique de cirque.
...
- H�, si jamais tu vois un dromadaire qui se fait la valise,
tu le plaques au sol puisque t'es dompteur.
Il rit.
- Ouais ! ! !
Allez ! ! !
Cris et applaudissements du public.
Le nain ricane.
- C'est malin. - �a va fort, Thierry ?
- Ouais, surtout quand je vois �a.
- Ils aiment �a. Triomphe tous les soirs.
Deux ans ! Et pas qu'en France.
- Quand je vois �a, je pr�f�re encore les dromadaires. Il bluffe.
- Le public pr�f�re voir �a.
- Il a bon dos, le public. C'est des momies, ses tigres.
- Momie toi-m�me. Ah, ah, ah !
- Allez, une, deux, trois, quatre,
cinq, six, sept, huit, neuf, dix !
Ho, patron ! Du mousseux pour tout le monde !
M�me pour les gosses. Et que �a saute !
- J'arrive pas � me d�barrasser de cette odeur.
- Mais tu sens pas mauvais.
- Non, je sens la merde.
- Petit Prince, tu trouves qu'il sent mauvais ?
- Camel n� 5.
On dirait qu'il fait la t�te.
- L�che-moi.
- Elle, �a lui pla�t qu'un magicien lui coupe la t�te.
Moi, j'aime pas puer la merde. - Moi, je regarde, j'apprends.
C'est provisoire.
- Bananes flamb�es !
Prends la derni�re.
On est bien avec Petit Prince, hein ?
J'avais pas le moral.
Quand vous �tes arriv�s, je me suis dit :
en voil� deux qui sont encore plus d�coiff�s que moi.
Je me suis tout de suite senti vachement mieux.
- Qu'est-ce qui n'allait pas ?
- Qu'est-ce qui n'allait pas ? Je suis pas � ma place.
Et �a fait 40 ans !
Si tu crois que vendre des ballons � l'entr�e du cirque,
c'est une position pour un homme comme moi !
Non seulement je suis une erreur biologique,
mais je suis aussi une erreur historique.
J'aurais d� vivre � une autre �poque.
Du temps de Vel�zquez.
Tu connais Vel�zquez ?
- Non.
- Le peintre de la nuit.
Il faisait trop chaud pour peindre dans la journ�e,
alors il peignait le soir, dans le noir.
Avec un chapeau et des bougies.
Dans tous ses tableaux, il pla�ait toujours des nains
� c�t� des princes et des rois et des princesses.
- Pourquoi ?
Pour que leur difformit� fasse encore mieux surgir la beaut�.
Quand je vous ai vus,
votre beaut� m'est apparue et je me suis dit...
que nous n'�tions pas faits pour les utilit�s,
vous et moi.
Il est bien tard.
Mais Vel�zquez a � faire.
Chut...
- Petit � petit,
le Petit Prince construit
son joli ch�teau de cartes.
Et une carte
par l�.
- Chut.
- Bouge pas, bouge pas, mon petit ch�teau.
Bouge pas, mon petit ch�teau.
Comme �a...
�a y est !
Tiens bien.
Ahhhhh ! !
Il hurle en grec.
...
Je t'aurai,
Markovitch ! Je t'aurai ! ! !
Bonjour, mignonne.
Sonnette du v�lo.
- Tiens, la grosse, voil� tes journaux.
- Merci, tu es bien gentil. Et mes boules de gomme ?
- J'ai un petit cabas. Bouge ton cul, tu seras moins grosse.
La couleuvre, voil� tes cigarette.
- Merci.
- Tiens, Serge !
Encul� !
- H�, Petit Prince, c'est quoi, ces lions ?
- Laisse �a tranquille.
- Pourquoi personne les sort ?
- Personne peut. Ils sont � Markovitch. Il en avait 5 avant.
Le gros, l�, il veut toujours me bouffer.
Il en a saign� deux comme des ch�vres.
Depuis, Markovitch veut plus y toucher.
Ils sont � vendre. Tu veux les acheter ?
- Ils valent cher ?
- Trop pour ce que c'est, cette merde !
- Pourquoi il veut te bouffer ?
- Parce que j'ai une viande pure.
Je vais au village. Viens t'a�rer un peu.
- Non, j'ai du boulot. - Je te paye une mousse.
Allez, viens. �a va te d�tendre les trap�zes. Je te sens crisp�.
- J'en fais 100, les mecs ! J'en fais 100 ! !
Je recommence tout de suite. Allez !
Allez, on recommence. � chaud, comme �a, sans repos.
Allez.
- Un, deux...
- Bien, le mec.
- Quel homme !
- Quel con, ce mec ! C'est pas vrai !
- Sept, huit...
- 4 ans, celui-l� ? - 5 ans.
Une b�te magnifique.
- Trois plaques.
- Quatre.
- Vous �tes dur.
OK. - Vous regretterez pas.
- Faut pas les prendre. Ces lions, faut pas les prendre.
Je vous dis que c'est des tueurs. Y a d�j� eu des accidents
- Markovitch est un beau salaud, si c'est vrai.
- Oui, c'est vrai, c'est un beau salaud.
- Vous les voulez ?
- Les lions ? Non.
Enfin, oui, j'en voudrais, mais pas comme �a.
Je vous dis juste �a parce qu'ils sont dangereux.
- Merci. On rencontre pas des gens comme vous au cirque.
Vous allez jamais en Allemagne ?
- Non.
- Dommage.
Rainer est � Paris, au cirque Maximus.
Il cherche un num�ro pour le cirque Koenig de Munich.
Allez voir Rainer, il aime les jeunes.
Il aime les gens comme vous.
- Pourquoi les jeunes ?
- Ils sont moins chers.
- Ouais, �videmment.
- Je vois un voyage.
Non, plein de voyages !
Beaucoup de voyages.
Oh l� l� ! Il y a plein d'hommes autour de toi. Attention !
Je vois beaucoup d'argent, beaucoup de succ�s aussi.
Oh, c'est �trange.
C'est curieux, �a. J'ai jamais vu �a.
La mort...
- La mort ? - N'aie pas peur.
C'est un mort qui veille sur toi.
Elle veille sur toi, je la vois la main sur ton �paule.
Tu n'as rien � craindre.
Oui... Mais de toute fa�on, tu triompheras de tout.
T'inqui�te pas.
- Dis-moi, Petit Prince, tu connais Rainer ?
- Qui ne conna�t pas Rainer, dans le cirque ?
- Ben moi.
- C'est le plus grand impresario d'Europe.
- Qu'est-ce que tu nous pr�pares ? Une recette � moi. Mac�donienne...
- �a va �tre redoutable encore.
- Fabuleux !
- Salut !
- Les filles, vous �tes en avance. Mettez-vous l�-bas.
D�bouchez la bouteille, je m'occupe de vous tout � l'heure.
- H�, Petit Prince...
- Oui ?
- T'es pr�t pour ce soir ?
- Cette fois,
tu vas tenir.
- H�, venez. Venez !
- Cette fois-ci, par la force du destin, tu tiendras.
Tu tiendras, tu vas voir. On va gagner.
- Allez, on secoue.
- Tiens bon, mon ch�teau !
- Merde ! ! !
Cri de victoire.
- Putain, c'est de la merde !
Putain, j'en ai partout, de la merde !
Putain, �a pue ! Merde, fait chier ! Merde ! !
C'est d�gueulasse !
Il rit aux �clats.
Rires.
- Arr�tez avec votre feu !
- Alors, tu te sens mieux ?
- Tu parles ! Je suis vir�.
Regarde, il pleut. Le monde est triste.
Le clown est triste, tout le monde est triste.
- Merde !
- Voil� une recette personnelle : bananes flamb�es � l'ouzo.
- Pour toi et Roselyne.
- Merci.
Nous aussi, on s'en va. On va voir Rainer. Il cherche un dompteur.
- Rainer ? - Ouais.
Tiens.
� notre avenir.
- Vous avez vraiment travaill� les fauves avec Frazier ?
- Oui, et pas que l�-bas, d'ailleurs.
- Monica vous a dit ?
- Mais on n'est pas des d�butants, on est des pro.
- Vous �tes des pro ? La jeune fille, l�-bas,
elle est d�j� rentr�e ? - Ouais.
Plein de fois.
- Plein de fois...
Gar�on, vous avez quelque chose pour �crire ?
Merci.
Vous n'avez qu'� �crire l�-dessus.
- On voyage beaucoup, on n'a pas d'adresse fixe.
- Bon...
- Alors, combien ?
- Combien quoi ?
- Pour le num�ro, combien ?
- Je sais pas ce que vous voulez comme num�ro.
- Classique, des lions. Combien ?
- 500 000.
- Ce serait correct.
- M. Rainer peut pas donner 500 000. Il a des frais.
- Vous me demandez, moi, c'est 500 000.
Rainer parle allemand.
- M. Rainer propose 250 000, et on paie en marks.
- Non.
- 300. On a une proposition � 300 000.
Rires.
- M. Rainer vous trouve sympathiques, mais vous �tes durs. D'accord, 300.
- Demain, on vous pr�sente les lions.
Prost !
- Ah, mademoiselle, vous �tes venue aussi.
M. Thierry, bonjour. Eh bien,
allons voir les lions.
Je les ai achet�s � M. Markovitch,
que vous connaissez, je crois.
- Ouais. On a gard� les dromadaires ensemble.
- Maintenant, la cage.
- Putain, l'enfoir� ! Les lions du Zorglo.
Il a r�ussi � les refourguer.
- Bien... Vous allez prendre le num�ro.
Markovitch vous montre, ensuite, vous entrez. D'accord ?
Ces messieurs sont tous des dompteurs professionnels.
�a va ?
- �a va.
M. Rainer parle Allemand.
- Envoyez !
Rugissements et claquement de fouet.
Zoltan !
Zoltan !
Zoltan ! ! Zoltan, allez !
- Regarde-le, le musclor.
- C�sar, allez ! Allez !
Zoltan, hier !
Zoltan ! !
Zoltan ! !
Romain !
Romain ! !
Brav. Sch�n.
Zoltan !
Zoltan !
Zoltan, zur�ck. Hier !
En place,
Zoltan !
Zoltan !
- C'est de la frime, de toute fa�on. Il assure pas.
T'as vu, il s'est fait emporter le cerceau.
- Il le tient pas.
- Je fais pas la poutre, j'ai pas le mat�riel.
- Il a pas le mat�riel ! Elle est l�-bas, la poutre.
- Il a les jetons, c'est tout. - Bravo, Markovitch.
�a va ?
- Pas de probl�me.
- Alors on vous regarde.
Bon... Vous entrez avec M. Markovitch.
- Bon, tu rentres apr�s moi...
et tu essaies de faire pareil.
- Moment... Un instant, s'il vous pla�t.
Venez.
Mademoiselle a d�j� travaill�, je pense.
- Oui.
- Alors allez-y.
- Tu veux ?
- Tu vas marcher sur ton fouet.
- T'es qui, toi ?
- Elle est s�rement entr�e en cage avant toi !
Rainer rit.
- T'as raison, mets-toi � l'aise.
- T'as pas peur d'attraper un rhume avec ton d�collet� ?
- Tu le fais, �a ?
- Je fais mieux.
- Tu me montreras...
Ferme.
Je te mets la pyramide. - Non, laisse, je peux le faire.
- Eh ben...
C'est un m�tier, hein ?
- Le tabouret... - C'est lourd.
Fracas du tabouret par terre.
- M�chante, avec �a.
- C'est bon, l� ?
- On fera aller.
- Bon...
L�, c'est Zoltan ?
- C�sar et Romain.
Compris ?
- Compris. - Je te regarde.
- Zoltan !
Zoltan, allez ! Allez !
Allez, C�sar ! Allez !
C'est Romain, celui-l� ?
Romain, allez !
Romain ! !
Romain, allez !
Allez ! - C'est pas mal.
- Ouais.
Zoltan !
Zoltan, allez !
Allez, Zoltan ! Allez, hop !
Allez, allez !
Place !
Romain !
Allez, place, Romain.
Je continue ?
- Oui.
- Zoltan, allez !
Place ! Allez ! Place !
Zoltan ! Zoltan, allez !
Hop !
Brave !
Place !
- Bravo ! Je vous f�licite, madame.
Tr�s bien, c'est tr�s bien. Affaire conclue.
Madame pr�sente le num�ro, vous, vous dressez les lions.
Les r�p�titions commencent dans 15 jours � Munich.
Markovitch, vous serez beau joueur. Vous viendrez � Munich
pour leur apprendre le num�ro. D'accord ?
- Oui, M. Rainer.
- Ils �taient maintenant � Munich...
Maintenant... �... Munich...
Finis les petits zoos,
les ambiances familiales.
Ils devaient d�sormais affronter les grandes organisations.
Le dompteur parle allemand.
...
- Et voil�. Regardez, les enfants. Tout �a, c'est � nous
L�, c'est la direction. Et ici,
c'est notre salle de r�p�tition. La plus grande d'Europe.
Lui, c'est Klint, notre dompteur chef.
Il ne travaille que les tigres.
Klint parle allemand.
...
Doucement.
...
Conversation en allemand.
- Je vais vous pr�senter. Attendez.
Klint !
Voici les jeunes Fran�ais. Ils arrivent tout juste.
Venez.
Et vous, l�-bas, vite !
M. d'Alembert et Mlle Roselyne.
- Je suis le dompteur.
C'est Roselyne qui pr�sente le num�ro.
Magnifiques, vos tigres.
Et mes lions ?
- Vos lions, M. d'Alembert ? Nein !
Les lions de M. Koenig.
Suivez-moi.
Il faut encore gagner 3 secondes sur le d�montage. 3 !
Je vous l'ai d�j� dit !
Il parle allemand.
On va recommencer.
- Votre loge.
- C'est une maison de poup�e, ici.
- Mimo, c'�tait un grand dompteur.
- Il avait quel �ge ? - Il avait 45 ans.
C'�tait un nain.
Il travaillait un num�ro de chats sauvages dans une cage de 3 m�tres.
Pour lui, les chats �taient pires que les tigres.
Il s'est fait �gorger.
Il �tait fran�ais.
Allez, d�p�chez-vous.
- La sciure... Vous indiquez la quantit� que vous voulez.
Pour la sciure souill�e, voyez avec Kemal, le chef d'�quipe turc.
Son fr�re est sultan.
Ils sont tous sultans dans la famille.
M. Koenig veut que la piste soit toujours impeccable. Suivez-moi.
- Et pour pisser, c'est quel jour ? - Il va nous le dire.
- Au cirque Koenig, tout est parfait.
Kommen Sie.
Nous avons la plus belle boucherie de la ville.
Couteaux, hachoirs, tranchoirs...
Ici, tout est "pur Solingen", le meilleur acier d'Allemagne.
Vous �tes responsables de votre mat�riel
et vous nettoyez vous-m�mes votre place.
M. Koenig veut que l'on puisse manger par terre.
Vous �tes chez vous ici, mais toujours responsables.
S'il vous manque quelque chose, allez au magasin avec un bon
que vous faites faire au planning.
Verstanden ?
Vous avez compris, messieurs dames ?
Voil�.
Choisissez ce que vous d�sirez pour vos b�tes la veille.
Pour la viande congel�e, deux jours avant.
Vous allez � votre �tabli et vous pr�parez.
C'est vous qui nourrissez vos b�tes vous-m�mes.
Voici le planning.
Ici, tous les artistes, toutes les activit�s sont consign�s.
On y indique son emploi du temps, sa sp�cialit�, etc.
L�, M. d'Alembert, lions,
r�p�tition 10 h 30 � 12 h, salle 8, mardi matin.
C'est-�-dire demain. Vous voyez, nous vous attendions.
- Attends. - Was ist los ?
- Une �gratignure.
- Rien ? ! Les lions fran�ais m'ont chop� � travers les barreaux !
C'est pas des b�tes � travailler !
- Fais voir.
- Je vais � l'infirmerie.
- Saloperie, les lions !
L'infirmerie est l�-haut, au fond du couloir.
Vous �tes vaccin�s ?
- Oui, oui.
- Celui-l�, c'�tait Kemal, le sultan.
Rugissements f�roces.
- Voici vos lions,
M. d'Alembert.
- Ils sont en chaleur.
- C'est comme �a depuis leur arriv�e.
- Quand vient Markovitch ?
- Il ne vient pas.
Il a dit que vous connaissiez le num�ro.
Grognements f�roces.
- Bonne chance.
Au revoir, madame.
- Roselyne, on est dans la merde.
On y a �t� un peu fort.
- Allez ! - Allez !
- On peut pas travailler avec ces b�tes.
- Qu'est-ce qui se passe ? - C'est pas le jour !
- Il faut bien les faire rentrer !
- Tu vas plus les reconna�tre !
- On verra bien, ils vont peut-�tre prendre leur place.
Zoltan, allez !
Le gros,
foutez-le l�, bordel ! Ram�ne-le ici, prends la fourche !
- Allez !
Cris et rugissements.
...
- S�parez-les !
Allez, pousse-le vers la porte !
S�pare-les ! Roselyne, s�pare-les, putain !
Allez, Kemal, balance-leur la fourche !
Kemal, prends ton b�ton ! Bougez-vous le cul !
- Les lions sont en chaleur.
- Roselyne, viens ici. Bouge le gros, l�.
- Tu vois bien que c'est pas bon. Arr�te !
- Je sais plus quoi faire.
Grognements et rugissements.
- K�mal ! - Quoi ?
- Une chaise. - Pourquoi ?
- Je rentre. - Hein ? ! Mais t'es cingl� !
- Inutile de rester dehors. Il faut leur rentrer dedans.
Va l�-bas, toi. Tu les attires au tunnel.
Roselyne, tu restes derri�re moi.
Si �a chie, tu m'ouvres.
Allez, ferme derri�re moi.
Allez !
Allez, place, Zoltan ! Zoltan, en place !
Allez !
- Guten Tag, Herr Direktor. - Tag.
- Bordel, allez !
Zoltan, allez !
Place, Zoltan !
Zoltan, en place ! Zoltan !
Ouvre !
- Mais t'es fou !
Qu'est-ce que tu fous ?
- Je passe par dessus. Attire-le.
- Tu vas te faire tuer ! - Je m'en fous !
- Mais... - Ta gueule !
- Arr�te ! ! ! - Place, allez !
La fourche !
- Tu es fou !
- La fourche !
Putain de merde !
Sanglots.
Sonnerie d'alarme.
...
- Qui a dit d'arr�ter ?
...
- Mais qu'est-ce qu'ils font ? Qui a dit d'arr�ter ?
- Vous pouvez descendre.
Ils sont partis.
- Qui vous a dit d'arr�ter ? !
- Calmez-vous, monsieur.
C'est M. Koenig qui a donn� l'ordre d'arr�ter.
...
- Il n'a m�me pas pu rentrer,
vous avez vu ?
- Personne n'aurait pu rentrer.
Les lions sont en chaleur. �coutez-les, Klint.
Rugissements.
- Eux, ils se font pas chier � dresser des lions.
Ils vont crever sur un chantier.
Accident du travail.
Je les envie.
- T'as raison, t'aurais pu �tre facteur.
- Tu te serais fait bouffer par un chien enrag�.
Une belle fin.
- Je laisse tomber, c'est foutu.
T'as vu comment je me suis fait jeter ?
- J'ai surtout vu comment t'as failli te faire bouffer.
Recommence jamais �a.
Oh, arr�te ! Il fallait bien que je rentre.
- Mais pas comme �a !
- Que voulais-tu que je fasse ? - Du domptage en finesse.
Tout ce que tu disais sur Wotan. Pas n'importe quoi.
- Mais c'est des dingues, ces lions !
- Peut-�tre, mais t'as qu'� mieux t'y prendre.
Tu isoles le gros en chaleur et tu travailles les 2 autres.
Tu te rappelles ?
On voulait avoir des lions,
on les a. Accrochons-nous.
- Je dois faire quoi ?
- "C'est M. Koenig
"qui a donn� l'ordre d'arr�ter.
"Vous pouvez descendre, M. d'Alembert.
"Les lions sont partis.
"H�, h�...
"Non, M. d'Alembert, les lions de M. Koenig !
"Suivez-moi..."
Claquement de fouet.
- Romain, allez !
Allez !
Romain, allez. Romain !
Romain, allez ! Romain, allez !
Romain, allez !
Le fouet claque.
- Il a compris, le jeune homme. Bonne m�thode.
- Il est pas b�te.
- Romain, en place !
Allez, place !
Roselyne, cerceau !
- C'est facile de travailler avec la moiti� des b�te.
- Qu'est-ce qu'il a dit ?
Qu'est-ce qu'il a dit ? - Rien.
- J'ai pas compris.
- Ton cerceau.
Arr�te !
- Laisse tomber.
Qu'est-ce que t'as dit, l�, hein ? J'ai pas compris.
Vas-y.
Vas-y, on te regarde. Allez, qu'est-ce que t'attends ?
- Eh ben ? - Nein.
Nein.
On frappe � la porte.
- Oui ? - Bonjour.
Des roses pour vous.
On vous am�ne un vase.
- Merci.
...
- L'enfoir� !
- Tu devrais �tre content, �a marche.
- Tu te rends m�me pas compte. - De quoi ?
- Travailler avec deux lions, c'est nul.
Tant que j'ai pas remis Zoltan, �a vaut rien.
T'as vu le temps qu'on a ?
Je sais m�me pas qui va faire la poutre.
- T'as qu'� pas la faire.
- Mes hommages. Bonjour, madame.
M. d'Alembert,
j'esp�re que vos lions se sont un peu calm�s.
Le reste des b�tes arrive.
- Quelles b�tes ?
- M. d'Alembert,
on ne va pas pr�senter un num�ro avec trois lions.
Koenig est le plus grand cirque d'Allemagne.
Quatre lionnes sont arriv�es tout � l'heure.
Il faut les mettre avec vos b�tes.
� propos, madame, vous aimez les roses ?
Heu...
Oui, elles sont tr�s belles.
- Madame,
je vous attends demain pour les photos.
- Les photos ?
- Madame, il n'y a pas de spectacle sans vedette.
Et pas de vedette sans photos.
Le photographe viendra demain.
Ne vous inqui�tez pas, je m'occupe de tout.
M. d'Alembert, je vous salue.
Prenez le num�ro en main,
vous �tes l'homme de la situation.
- Et je travaille avec une star !
On frappe � la porte.
Telefon f�r Sie.
Telefon ! Auf den Treppenabsatz !
*- �a va fort ? Et tes saloperies de lions, alors ?
- Ils sont en chaleur, c'est la corrida.
Dis, tu connais Klint ? *- Klint ? Il bosse avec vous ?
- Ouais. Un dompteur chleuh, genre prussien.
Il travaille des tigres. *- C'est pas des lions ?
Non, c'est des tigres. *- Bon, je vais me tuyauter.
- C�sar...
C�sar, C�sar...
- Vous n'aimez pas les tigres ?
- Si. Moi, j'aime tous les fauves.
Enfin, je pr�f�re les lions.
Ah, les lions...
Sch�ne Tiger, brave Tiger.
- Recule ! - Allez, Zoltan !
- OK, retourne en place.
Retourne en place. - Allez, Zoltan. Place.
Hop ! - �carte-toi.
�carte-toi.
- Zoltan !
Place, Zoltan !
- T'occupe pas de moi.
- Place.
- Avec la voix, pas avec le fouet.
Quand il est au sol, fais gaffe. Bon, vas-y.
- Zoltan ! Zoltan, allez !
Allez, Zoltan, allez ! !
- OK, c'est bien. C'est bon.
Suis, maintenant. Suis-le.
Reste derri�re lui, coupe pas les places.
Reste de l'autre c�t� du tabouret.
- Place, allez. Zoltan, allez, place.
- Fais-le acc�l�rer. - Allez ! !
Brave.
- Il se tra�ne autant que toi, l�.
Si tu bouges pas, il va faire demi-tour.
Il va te foncer dessus.
Garde tes distance, une marge de s�curit�.
Tu dois �tre toujours... - Il faut savoir ce que tu veux.
- Tu lui colles derri�re... - Avant, �a n'allait pas.
- Si t'es loin, il n'avance pas. - Il faudrait savoir.
- Bon, �coute, �a va ! - Ouais, �a va...
- On le refait, maintenant.
- Zoltan, fest ! Fest, Zoltan.
- Surveille-les.
M. Stainer, �a va pas. Il me faut des r�p�titions suppl�mentaires.
Et je veux personne en train de faire du bruit.
Mes fauves, c'est pas des machines.
- Vois �a avec M. Koenig. Je peux pas tout arr�ter pour toi.
Vas-y, travaille, travaille.
Il est fou, celui-l�.
...
- C'est pas mon couteau !
Le voil�, le mien.
...
- Voyons... Avancez, l�.
Tr�s bien, impeccable.
Allez jusqu'� la porte, voir si �a g�ne pas trop.
Impeccable. Tr�s, tr�s, tr�s bien.
Elle vous va bien. Elle est faite pour vous.
Tr�s, tr�s, tr�s jolie.
On frappe � la porte.
- Waouh !
Wundervoll ! Wundervoll ! Magnifique !
Une apparition ! Cette robe est pour vous.
- Elsa, elle ne me croyait pas,
mais moi, je vous ai vue dans cette robe. Elle est parfaite.
Je vous pr�sente Gunther, du Blitz.
- Vous �tes magnifique.
Hans, notre photographe.
J'ai h�te de vous voir au milieu des lions.
J'ai du mal � imaginer qu'une femme comme vous, si belle,
entre dans la cage. - Pourquoi ?
Faut �tre vieille et con ?
- Elle est impayable !
Prosit.
- � votre beaut�.
Beaucoup de jeunes Allemandes aimeraient
�tre � votre place.
Qui vous a appris le maquillage ?
- Moi. J'ai appris au cirque.
Au d�but, une copine m'a montr�.
Je me faisais couper la t�te par un clown magicien
qui disait que ma t�te,
c'�tait la moiti� du spectacle. J'�tais sur une guillotine.
- C'�tait un Tch�que,
Vladimir, n'est-ce pas ? - Oui. Vous le connaissez ?
- Il n'y a que vous que je ne connaisse pas encore.
Vous �tes le plus beau myst�re, la plus belle surprise.
...
- Comment vous �tes devenue dompteuse ?
- Je sais pas...
J'�tais petite... et mon p�re...
- Rappelez-vous, c'est important.
Les lecteurs veulent savoir.
- Il m'a abandonn�e.
- Il vous a abandonn�e ?
- Il travaillait
sur les camions.
- Quel rapport avec les fauves ?
- Ben... il travaillait chez Pinder.
Et toute la journ�e, il tapait,
il r�parait les camions, il �tait en sueur.
Moi, j'allais voir la cage des lions.
Et... il y avait un lion,
il �tait tr�s mauvais. Il y avait un homme aussi.
Il parlait une langue que je connaissais pas.
Je croyais
que c'�tait la langue des lions. C'�tait de l'allemand.
Il m'appelait "l'ange blond".
- L'ange blond...
- Et il me prend dans ses bras et il me dit : "Choisis un lion."
J'ai choisi celui avec une crini�re noire.
Et puis on est entr�s dans la cage. Je l'ai jamais dit � mon p�re.
Il l'a jamais su.
- Vous l'aurez, votre couverture.
Vous l'aurez.
...
- Vous avez trop de charme.
Roselyne, je vous trouve tr�s belle.
Vous allez tous les faire bander.
- Quoi ?
- Ce qui m'�tonne chez vous, c'est ce m�lange d'enfance
et de quelque chose de plus sensuel, de plus femelle.
Vous jouez avec.
Faites attention,
les hommes aussi sont dangereux.
- Un coup de fil � donner ?
- Je suis totalement libre ce soir.
- Vous faites un article pour Penthouse ? Vous parlez que de cul.
- Mais �a parle de cul, les grands magazines.
Une belle femme avec un fouet,
� moiti� nue devant des lions,
qui fait ob�ir.
Tu crois que c'est un spectacle pour les enfants ?
Moi, �a me fait bander.
- Faut prendre une douche, alors.
- Mais pas tout seul.
L'h�tel Bosphore,
l'Orient...
Les trains qui passent,
les corps enlac�s en sueur, le sommier qui grince,
l'�rotisme des gares.
- Vous devriez �crire, Gunther.
Vous voulez des sensations fortes ? - Oui.
- Je vais vous faire entrer dans la cage en slip panth�re.
Les lionnes, Gunther, vous allez les faire mouiller.
Salut.
Oh, oh !
- Was ?
- Il est pas l�, Thierry ?
Il est pas l� ?
- Il est ressorti.
- Je peux avoir ma cl� ?
- Ouais.
Il y a une lettre pour vous.
- Tenez. - Danke.
- Elle �tait dans un autre casier, on l'avait oubli�e.
Vous me garderez le timbre.
Vous avez un beau chemisier.
"Klint est un miracul� de la cage.
"Un soir, un lion l'a attaqu� au cours du spectacle.
"�a a �t� un carnage.
"On l'a recousu avec du fil d'acier.
"Depuis, il ne travaille plus jamais les lions.
"Je comprends pourquoi je n'ai pas r�agi
"quand tu m'as parl� d'un dompteur de tigres.
"Je suis �tonn� qu'il travaille encore.
"Grande nouvelle ! Les ch�teaux de cartes, j'abandonne.
"Cette fois-ci, je suis sur un gros coup :
"un num�ro de quilles g�antes.
"Je suis dans une boule, et je fais tomber les quilles. Super, non ?"
Des pas se rapprochent.
Klint parle allemand.
...
...
Il parle allemand.
Rugissement.
Klint parle allemand.
Allez !
Hop !
Il f�licite le tigre en allemand.
...
- Il y a des r�p�titions, ce soir ?
- Des r�p�titions ? Oh, non !
On s'arr�te de temps en temps. Il faut respirer, des fois.
On n'a pas ch�m� depuis le d�but du mois.
- Je veux 2 heures de plus demain, ou je serai pas pr�t.
Il faut mettre les b�tes ensemble.
- Koenig m'a dit de vous donner toutes les heures que vous voulez.
Voil�, tout �a, c'est � toi.
Les dompteurs,
il leur faut toujours plus de temps que les autres.
Avec Klint, au moins, on peut travailler, on peut respirer.
Avec vous, il faut personne dans la salle 8.
- Klint pr�pare un nouveau num�ro ? - Klint ?
Non. Il finirait, plut�t, lui. - Il pr�sente pas les tigres ?
- Non... oui ! Mais apr�s, c'est fini pour lui.
La vieille �cole a fait son temps.
M. Koenig veut des jeunes comme vous.
Les tigres, il leur faudra un nouveau dresseur.
- Les tigres sont pas � Klint ?
- Rien n'est � Klint, ici.
Tout est � M. Koenig. �a, et �a, et �a...
le bureau et moi. Moi aussi, je suis � M. Koenig.
Tu devrais lui demander.
- Quoi ? - Quoi ! Pour les tigres.
Je suis s�r qu'il veut te les donner.
- S'il veut me les donner, il n'a qu'� le faire.
- Demande-lui !
C'est un conseil, hein. Je t'ai rien dit.
- Je veux du temps pour travailler.
- Inch'Allah ! Mektoub !
...
- Qu'est-ce que tu fais ?
O� t'�tais ?
Hein ?
- Tu manques pas d'air !
- Quelle heure il est ?
Il est l'heure d'aller bosser.
Quand on fait la bringue la nuit, il faut assurer.
Magne-toi le cul !
On recommencera tant qu'il faudra, mais on va y arriver ! !
Roselyne, on y retourne !
Allez, en l'air.
Plus haut !
- Zoltan !
Zoltan, allez !
- Zoltan ! Zoltan, allez !
Gueule ! Je t'entends pas !
- Quelle belle b�te !
- Vous parlez du lion ou de la fille ?
- De la fille, bien s�r.
- Elle est sous contrat.
- Zoltan, allez !
- Brave ! Place !
- Gueule-lui dessus, qu'il revienne en place !
- Zoltan !
- Cours apr�s !
Allez !
Allez, plus haut ! Il est �teint, ton truc.
Allez, remets du p�trole ! Plus vite ! Il roupille,
le Turc !
Il dort, l� ! Tout le monde dort, ici !
Kemal soupire.
- Tu souffles 5 minutes. C'est pour le lion.
Et on y retourne apr�s !
Zoltan, allez ! Hop !
- Tu as eu �a ? - Et comment ! Elle est formidable !
- Si tu te mets l�, je peux pas le faire. Pousse-toi !
- Je m'en fous, tu le fais ! Allez, plus haut !
Allez, renvoie-le !
- Zoltan, allez !
Putain de merde ! - Tu le tiens trop bas !
La prochaine fois, c'est la t�te, qu'il t'emm�ne ! !
Reprends ton cerceau et fous du feu !
Kemal !
Putain ! Bravo, hein !
Tu veux me le cramer ? ! - Tu fais chier � hurler comme �a ! !
- Tu te br�les si tu veux, mais pas lui !
- C'est elle qui va le bouffer.
- Oui. Un diable blond.
- Reprends-le !
On recommence.
Tiens-le plus haut ! Tu descends � chaque fois qu'il passe.
Il va te le foutre dans la gueule !
Allez !
- Zoltan, allez !
Allez ! Allez, hop !
- Douillette !
Tu dors ou quoi ? Rel�ve-toi ! On le refera, t'as compris ?
On le refera autant de fois qu'il faudra !
On recommence ! Rel�ve-toi, on n'est pas l� pour dormir !
Qu'est-ce que tu fous, l� ? Tu vas te faire bouffer !
Prends ton cerceau ! �a fait 50 fois que je te dis de le tenir plus haut !
Allez !
Debout ! - Arr�te !
Debout, bordel !
Reprends-le ! Debout !
Elle hurle.
- Zoltan, place !
Place !
Place, Samba !
- Et maintenant...
Gunther, regardez le final.
- Zoltan !
Zoltan !
Assis !
Ta gueule, toi.
Zoltan !
Applaudissements.
- Brava !
Bellissima !
On dirait une vraie petite Bavaroise,
n'est-ce pas, Gunther ?
M. d'Alembert, vous �tes trop dur avec notre vedette.
Elle est fantastique.
- Romain, Zoltan, place !
- M. d'Alembert, vous �tes trop dur avec elle.
Les b�tes s'entendent bien.
Vous vous �tes fait du souci pour rien.
Nous allons faire un triomphe.
Gunther, vous y croyez, maintenant, � l'ange blond ?
Ce n'est pas un mirage, n'est-ce pas ?
Dites-moi,
j'ai manqu� le d�but. Vous avez d�j� fait la poutre ?
Vous ne l'avez pas fait ? - Il vaut mieux �viter.
- Mais M. d'Alembert, vous n'�tes pas chez Koenig pour �viter.
Le public aime ce num�ro, faites-le.
- C'est trop t�t !
- Apr�s, �a sera trop tard !
- Je veux r�p�ter.
- Alors...
on vous regarde r�p�ter.
- Je vais le faire.
- T'es pas Blandine,
on n'est pas � Carcassonne. Je vais le faire.
Mein lieber G�nther, das ist ein bi�schen gef�hrlich,
aber sehr spektakul�r.
Au�erordentlich spektakul�r.
- Installez la poutre. Vite, vite.
...
Rugissement.
- Zoltan, allez ! Zoltan, allez !
Allez, Zoltan.
Allez.
Zoltan, allez.
Zoltan, allez !
Zoltan, allez ! Non !
Zoltan, allez.
Allez, en place.
Allez, en place.
Zoltan, allez, en place.
Assis.
Bon, maintenant, on sait qui fait la poutre.
...
Zoltan, allez !
Zoltan,
allez !
Zoltan, allez !
Allez !
- Allez ! !
...
Cri de douleur.
Cris en allemand.
...
- Vite ! ! !
- Vite, vite, emmenez-le !
Conversation en allemand.
...
- Alles gut.
Quelques jours de repos, on va l'emmener � l'h�pital.
- � l'h�pital ?
- Pour une petite intervention.
Allez le voir, mais faites vite.
J'ai besoin de vous dans mon bureau.
Et n'oubliez pas, c'est un incident, pas un accident.
Et Roselyne, je ne veux pas vous voir � l'h�pital.
Vous restez ici.
Roselyne... Sie bleiben hier.
- �a va ?
- Super...
- Fallait pas faire la poutre.
- �a va �tre de ma faute, maintenant.
De toute fa�on, c'est foutu, on sera jamais pr�ts.
C'est comme �a quand fait n'importe quoi, aussi.
S'il n'y avait pas eu �a, �a aurait �t� autre chose.
- Tu veux que je vienne ?
- Laisse, tu dois r�p�ter. Pour la poutre, t'as pas besoin de moi.
Il frappe � la porte.
- Klint !
- Herein ?
- Klint...
Koenig veut te voir dans son bureau dans 10 minutes.
- Alors ? Comment va, Klint ?
- Gut, Herr Koenig. Danke.
- Asseyez-vous, je vous en prie.
Ah, mon cher Klint, cet accident est f�cheux.
Les jeunes prennent trop de risques. Ils croient tout savoir � 20 ans.
Une petite blessure, c'est le m�tier.
Nous en avons vu d'autres, n'est-ce pas ?
- Ne vous inqui�tez pas, M. Koenig vous aime beaucoup.
Votre ami sera bien soign�.
Le cirque Koenig, c'est une famille. Vous en faites presque partie.
�a me fait une belle jambe. - Belle jambe ?
- Klint, il faut faire r�p�ter la jeune Fran�aise.
J'ai besoin de vous, Klint.
- Mais moi, je travaille seulement mes tigres.
- Alors, si vous voulez garder les tigres,
il faudra aussi faire travailler les lions.
Verstanden ?
C'�tait le cirque Koenig a ses d�buts.
Un petit cirque de 300 places.
Nous voyagions dans toute l'Allemagne.
La grande Allemagne.
Six mois de tourn�e dans tout le pays,
et ensuite, le final � Berlin.
Berlin avant la guerre.
Et �a, c'est moi. J'avais votre �ge.
Asseyez-vous, Roselyne.
C'est incident est incroyable.
� ma connaissance, il n'y a qu'un seul pr�c�dent.
La lumi�re s'est �teinte au cours d'une repr�sentation.
Quand on l'a rallum�e,
le dompteur �tait suspendu aux grilles, � 2 m�tres du sol.
Mais il manquait les jambes.
J'ai parl� avec le Dr Bauer.
Votre ami Thierry va bien,
mais interdiction absolue
de bouger la jambe pendant quelques jours.
On ne peut dire exactement combien, mais...
il faut rester immobile.
C'est ennuyeux.
- Il y a des risques ?
- Mais non, c'est ennuyeux pour nous !
"Roselyne und die L�wen."
Belle affiche, n'est-ce pas ?
Nous avons Roselyne, nous avons les lions,
mais plus le dompteur.
- Je travaillerai pas sans Thierry.
- Ah, le romantisme !
- C'est pas du romantisme. On a toujours travaill� ensemble.
Je r�p�terai avec lui...
ou toute seule.
- Quelqu'un doit vous aider. - Non, je le ferai toute seule.
- Thierry ne vous laisserait pas rentrer toute seule avec les lions.
� la premi�re,
il y aura toute la ville !
Vous n'avez pas compris, Roselyne.
Je veux un num�ro parfait,
et vous le pr�senterez.
- Je travaillerai pas avec Klint, il au eu un accident.
- Dans ce m�tier,
nous en avons tous un jour.
Rugissements.
...
- Je vais les mettre en place.
Place.
Place ! !
Place ! ! En place !
Place ! !
- Place !
Fatma, place !
Fatma, place !
Fatma, c'est pas ta place. Place !
Place ! !
- Vous vous approchez trop.
Je vais faire la pyramide.
- Putain !
- Zoltan, allez !
Zoltan, allez ! Allez, Zoltan !
Allez, Zoltan !
Allez !
Allez ! Allez !
Zoltan !
- Zoltan, allez !
Allez, Zoltan !
Samba !
Non.
Bougez pas.
Samba, allez ! Allez !
Ma�ka ! Ma�ka, allez !
Allez, Ma�ka !
Samba ! Allez, Samba !
Samba ! !
Fatma !
Allez, Fatma !
Zoltan !
...
- Place !
Place, Samba !
Allez, place !
- Je m'excuse, je ne peux pas.
- Vous �tes pas mal pour un mort. - Un mort ?
- Oui. Vous vivez avec une femme dangereuse.
- "Wilde Tigerin unter L�wen." �a veut dire quoi ?
- "Tigresse f�roce parmi les lions."
"Abandonn�e par son p�re, elle pr�f�re les fauves aux hommes.
"Elle a d�j� tu� un partenaire.
"Vous la verrez bient�t au cirque Koenig."
- C'est quoi, ce canard ?
- C'est le plus grand canard allemand.
5 millions d'exemplaires, plus grand qu'aucun journal fran�ais.
- C'est de la couille ! - C'est quoi ?
- Expression fran�aise. - Allez, mangez.
- J'ai eu peur.
Ils ont mis tous les lions ensemble.
Il faut pas qu'elle continue avec lui, c'est dangereux.
Il a la trouille maintenant, Klint. Il picole.
Il a failli se faire tuer. Roselyne l'a sorti.
Elle est courageuse, mais il lui fait prendre des risques.
Qu'est-ce que tu fais ? - Je me l�ve, aide-moi.
L�che-moi.
- Mais qu'est-ce que vous faites ?
Allez vous coucher tout de suite ! Les fils vont l�cher !
C'est tr�s dangereux de faire �a !
Allez !
Oh, l�, l� ! Vous �tes compl�tement fou !
Allez...
Prenez �a. Et attention, si vous recommencez, tous les deux,
c'est la piq�re tout de suite ! Et vous, je vous mets au lit !
Ils pouffent de rire.
- Piq�re !
...
*- Comment tu vas ?
- On m'enl�ve bient�t les fils.
*- Tu veux que je vienne ?
- Je sors demain. Maintenant, je suis sauv�.
*- Pourquoi tu dis �a ?
- Le journal dit que tu tues tes partenaires.
*- T'es con ! Il a marqu� n'importe quoi. J'ai jamais dit �a.
C'est des salauds.
- T'as travaill� aujourd'hui ? *- Ouais.
- Qu'est-ce que t'as fait ?
*- J'ai travaill� les lions avec Klint.
- Alors ? *- Ben rien.
- Bon... on se voit demain.
*- C'est �a, � demain.
...
Coup de feu.
...
- Qu'y a-t-il ? - Klint s'est suicid�.
- Il est mort ?
- C'est comme si.
- Roselyne est o� ?
- Dans sa loge.
Roselyne sanglote.
- C'est une belle mort. - C'est pas une belle mort !
Y a pas de belle mort.
Je veux plus rester ici.
Il le savait, Koenig, pour l'accident.
- Quoi ?
Elle sanglote.
...
- D'Alembert,
j'ai toujours pens� que Roselyne aurait les lions...
et vous, les tigres.
Un couple comme vous, belle affiche, n'est-ce pas ?
Les contrats sont d�j� pr�ts.
- C'est pas une question de contrat.
- Was ?
- Non, c'est... une question de style.
- De style ?
- Oui, de style.
Je veux faire ce que je veux comme j'en ai envie.
Sinon �a m'int�resse pas. Et Roselyne, c'est pareil.
- Que voulez-vous ?
- J'ai pens� � un num�ro, je veux le faire.
- Faites-le.
Je suis curieux de voir.
- Mais vous verrez, vous verrez.
- Artist ? - Ja.
Das ist grosse Artist.
C'est par l� ?
- Ja, ja. L�-bas.
- Danke.
- Kaputt ?
- Nein. Das ist normal.
Vous restez l�. Vielen dank.
Regardez ! Regardez !
Le Dr Schmokeleu, j'y suis arriv� !
- Oh, le fou !
- Fest, Schmokeleu.
Fest, brave.
Allez. Allez, M. Schmokeleu.
Oui !
- C'est la m�thode avec viande, �a !
- C'est pour commencer, c'est un d�but.
Allez, Schmokeleu, sans viande, hein.
Sans viande, allez. Sans viande.
Fest, Schmokeleu, fest.
Place !
Place !
- Il reste bien sage.
- Place !
C'est le voyage... - Pas �vident, hein ?
- Moi, il me le fait. Dans la cuisine, et puis m�me...
- �a marche surtout avec viande.
Je vais lui faire la danse du chat, vous connaissez ?
Attendez...
Musique rythm�e.
...
- Doucement, doucement...
...
- Il est beau, hein ?
...
- C'est beau, c'est beau.
...
Applaudissements.
Roulement de tambour.
Herr Minister, Pr�sident, Exzellenzen...
Meine Damen, meine Herren, ladies and gentlemen...
Mesdames et messieurs...
Und jetzt : Roselyne und die L�wen...
Roselyne and the lions...
Roselyne et les lions !
Applaudissements.
...
Musique du spectacle.
...
...
- Fantastique !
...
- Compl�tement rock !
- Baroque !
...
- Ah, Schmokeleu, s'il voyait �a !
...
Applaudissements.
...
...
Applaudissements.
...
- Jeanne d'Arc !
C'est Jeanne d'Arc en enfer, c'est �a...
Acclamations du public.
...
- Mais ce n'est pas dans le programme.
...
Coup de gong.
...
- C�sar...
Tonnerre d'applaudissements.
...
...
...
Sous-titrage : �clair vid�o
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