All language subtitles for 1958 Un drole dimanche (fr)

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Original subtitles

Publiparis, j'�coute ? Non, il n'est pas l�.

- Si on me demande, je suis chez le pr�sident. - Bien, M. Br�vent.

Publiparis, j'�coute ? Ne quittez pas.

Savez-vous o� est Br�vent ? On l'attend pour la projection.

M. Br�vent est chez vous, M. le pr�sident.

- Chez moi ? - Oui, M. le pr�sident.

Messieurs, il para�t que Br�vent est ici.

Mais o� se cache-t-il ?

- M. Br�vent, je vous en prie... - Je n'ai pas le temps.

- Ah, vous �tes d�j� l� ? - Il y a un moment que nous vous attendons.

Avant l'heure, c'est pas l'heure, apr�s l'heure, c'est plus l'heure !

- Ce n'est plus l'heure ! - C'est vrai mais moi je travaille, mon petit.

Ce qu'il faut entendre !

Mon vieux, les cimeti�res sont remplis de gens qui se croyaient indispensables.

Vous vous croyez dr�le ?

"Celui qui engendre la m�lancolie court en vain apr�s Dieu".

- Ridicule ! - Saint-Augustin !

�a suffit, vous n'allez pas faire donner les p�res de l'�glise, maintenant.

Oserais-je vous rappeler que nous ne sommes pas ici pour �couter vos formules lapidaires,

mais pour visionner votre film sur les v�tements Galbard.

Mais visionnons donc !

Roulez !

Ici, il y a le titre. Il n'est pas fait, �videmment.

Ah, il faut que je vous pr�vienne.

C'est une id�e un peu particuli�re.

Je me suis �cart� des �ternels : "adoptez Flic", "sourire Floc",

"lavez plus blanc avec �a".

Il s'agit pas de savon, mais des v�tements Galbard !

Bon bon, je me tais. Ce sera une surprise.

Mais qu'est-ce qu'il leur arrive, � ces malheureuses ?

- Elles sont d�sesp�r�es. - Pourquoi ?

� cause de Galbard !

Pas possible. Comment �a ?

- Ce sont des femmes. - Et alors ?

Alors, Galbard n'habille que des hommes.

Forc�ment, les femmes ne sont pas contentes.

Elles pleurent.

Alors ?

Et vous, mon petit, qu'est-ce que vous en pensez ?

Je ne comprends pas tr�s bien, mais j'adore �a.

- Et vous, Chartier ? - �a me para�t un peu confidentiel.

L'id�e est amusante, mais elle est pas tr�s public.

Elle est trop n�gative, pas assez percutante.

C'est "confidentiel", "pas public",

"n�gatif" et "pas percutant".

En somme, �a vous pla�t pas tellement.

On vous avait dit de tout axer sur "Galbard habille les vedettes".

Mais je me suis renseign�. Galbard n'habille pas des vedettes.

- Et le slogan, vous l'avez trouv� ? - Oui, �a vous �tonne ?

- �a me laisse pantois. - Je le trouve assez plaisant,

quoiqu'un peu terre-�-terre. Le voici :

"J'ai 2 grands b�ufs dans mon �table,

et 2 Galbards dans ma penderie !"

Mais non, mon vieux !

Un slogan est bas� sur la consonance !

"Un meuble sign� Rataplan est garanti pour longtemps !"

"-an" et "-em", c'est bon !

Pour "Galbard", pensez en "-ard".

"Un v�tement Galbard, tinani, tinanarre".

Tinani, tinanarre ? Merci.

�a va m'aider �norm�ment.

- Il est impossible. - Il a de temps en temps une id�e sensationnelle !

- Une fois par an. - C'est mieux que jamais.

Une bonne id�e vaut son pesant d'or !

Br�vent nous a d�croch� de tr�s gros contrats.

Il a un passage � vide. �a arrive � des gens tr�s bien.

Et puis �a ne regarde que moi.

Passez-nous le film sur les chemins de fer.

Tinani, tinanarre !

C'est pas commode !

Des rimes en "-ar"...

Voyons...

"Avec Galbard, costard... hilare... flambard... chauffard...

On doit pouvoir faire...

Connard !

Je suis le roi des connards, je m'habille chez Galbard !

�a rime, mais �a va pas leur plaire.

Alars... euh all� ? - All� ?

- La cantine ? - Oui, monsieur.

Ici Br�vent. J'ai faim.

Montez-moi quelque chose dans mon bureau.

- Quoi, monsieur ? - Ce que vous voudrez.

Homard, steak tartare, du gros pinard, un petit cigare,

le tout dare-dare comme Galbard !

Je vais toujours lui monter un hot dog.

Galbard habille les tsars.

C'est trop tard.

Bon Dieu de bois, faut que je trouve !

Entrez !

Pour s'habiller chez Galbard, pas besoin d'un milliard.

�a vous pla�t ?

- C'est b�b�te. - C'est b�b�te ?

Que m'apportez-vous l� ? - Je n'ai pas tr�s bien saisi la commande.

�a fait rien. Vous �tes gentille tout de m�me.

J'ai pens� � quelque chose, M. Br�vent.

Jolie comme vous �tes, vous pensez !?

Ma ravissante enfant, ne cherchez pas � penser.

C'est un m�tier et �a s'apprend. D'ailleurs...

On pense toujours moins que l'on ne pense.

On croit penser, et l'on r�ve.

J'ai une id�e de slogan : "bravo, Galbard !"

Bravo, petit canard !

Quelle gourde, alors !

Et dire qu'elle a peut-�tre raison !

- All� ? - Ne quittez pas.

Pour vous, M. Br�vent. De la part de Mme Armier.

Qu'est-ce qui vous arrive ?

Rien, c'est la moutarde.

Mme Armier ? Passez-la-moi. Merde, ma saucisse !

Ah, c'est vous Juliette ? Excusez-moi.

J'�tais en train de parler avec un collaborateur.

All�, mon petit Jean, �coutez-moi. Tr�s important.

Caroline est sous la douche, j'en profite. Voil� :

elle veut �pouser un trompettiste.

- Un trompettiste ? Un Noir ? - Non, il est blanc.

Plus exactement, il est vert.

Vous pensez, il joue toute la nuit � l'�lephant rouge !

Je ne vois pas le rapport.

Voil� mes �l�ves qui arrivent.

Attendez une seconde. Je vais dans votre chambre.

Ne quittez pas. - Je ne quitte pas.

- Marie-France ! - Oui, madame ?

Tu raccrocheras d�s que j'aurai d�croch� dans la chambre de M. Br�vent.

Bien, madame.

- Et n'�coute pas ! - Oh, madame !

Commencez � r�p�ter, mes enfants. Ne m'attendez pas.

Tu peux raccrocher, petit ! - Bien, madame.

Voil�, on a raccroch�.

All� ? Vous �tes toujours l�, Jean ?

Ah, ma saucisse ! - Vous m'�coutez, oui ?!

Oui, je vous �coute. Et alors ?

Vous connaissez Caroline, c'est encore une m�me. Et pas tr�s fute-fute.

Hein ? Oh...

...absolument que vous lui parliez quand vous rentrerez.

Maman, c'est d�go�tant de profiter de ma douche. Tu triches ! Je me laverai plus jamais !

Pour ce que �a te changera !

Jean, ne l'�coute pas. Elle triche.

- Veux-tu laisser cet appareil ! - Je veux lui parler !

- Laisse-moi finir ! - Tout de suite !

Chacun son tour !

Je ne veux pas qu'elle �pouse un trompettiste !

C'est un gar�on formidable ! Maman a des pr�jug�s bourgeois !

Moi, des pr�jug�s bourgeois ? �a, c'est trop fort !

Comprenez-moi bien, Jean. � 14 ans, j'�tais aux Folies berg�res.

� 18, � la Com�die fran�aise.

J'ai fait le Sahara � dos de chameau avec le fils du pacha.

J'ai chant� � Hambourg.

J'ai un dr�le de curriculum !

Mais quand il a fallu se marier, j'ai quand m�me �pous� un pr�fet.

Eh bien moi, ce sera un trompettiste !

- Bravo, Caroline ! - Vous �tes fous ?!

Ayez au moins une opinion !

Il s'agit de la situation de Caroline. C'est tr�s s�rieux.

- Bonsoir, Br�vent. - Excusez-moi, patron.

Ajournez le d�bat jusqu'� mon retour.

Je l'ordonne ! Je suis le p�re spirituel de Caroline, oui ou non ?

Bien, Jean.

C'est Mme Armier, ma logeuse.

Mme Armier, l'actrice ?

Bonjour, M. Br�vent. - Bonjour, Mlle. Elle me loue une chambre.

Quand vous d�ciderez-vous � prendre un appartement ?

Moi ? Jamais, patron. Chez Mme Armier, c'est gai, vivant.

Je me barbe tout seul dans la vie.

Puis-je te demander de m'attendre une minute � c�t� ?

Un probl�me urgent � r�soudre.

� nous deux. Que faites-vous encore ici ?

- Je bosse, patron ! - Oh oui, je vois.

En ce moment, vous voyez,

je p�te le feu !

Quand vous faites le clown, c'est que �a ne va pas.

Je vous connais depuis trop longtemps. Alors quoi, Jean ?

Si tous les hommes plaqu�s par leur femme perdaient les p�dales,

90 % des affaires seraient en faillite.

Oui, votre femme part mais il reste Galbard !

Ne faites pas l'idiot, mon vieux !

C'est un ordre, mon colonel ?

Il y a longtemps que je ne suis plus votre colonel, mais je reste votre ami.

Ben j'avoue, j'aime toujours ma femme.

Catherine... C'�tait un ange, vous savez ?

Vous me cassez les pieds avec Catherine. Secouez-vous, bon sang !

Trouvez-vous une belle fille et qu'on n'en parle plus !

Mais je n'en parle jamais.

Vous y pensez sans arr�t. �a n'arrange rien.

Que vous voulez que je vous dise ? - Ne dites plus rien, mon colonel.

Et laissez-moi travailler. - Assez travaill� pour aujourd'hui.

Venez, on ferme. Il est tard.

Il n'est jamais trop tard pour dire Galbard.

D'accord, venez.

- Elle est quand m�me bien, votre voiture. - Tr�s gentille.

- Et �a marche ? - � l'essence, oui.

Eh bien, j'aime mieux la mienne.

J'attends la petite qui est all�e prendre les journaux.

Au revoir, mon vieux. - Au revoir, patron.

Catherine !

Catherine...

Laissez-moi passer !

- J'ai priorit� ! - Arr�tez !

- D�put� ! - Vous n'avez pas honte ?!

Un carnet.

- Combien de tickets ? - Gardez tout.

- Toi ? - Oui moi, pourquoi ?

J'ai l'air d'un autre ?

Pas du tout.

Je te croyais en Patagonie.

J'�tais � New York.

En tous cas, tu �tais tr�s loin.

- Il y a longtemps. - Il y a 5 ans.

Il y a eu tr�s exactement 5 ans avant-hier.

Comment va ta vie ?

Sans toi.

Et la tienne ?

�a va. Beaucoup de voyages.

Des h�tels. Toujours des h�tels.

Je suis ici pour 3 jours. Je repars dimanche soir pour le Canada.

Le grand nord, les chiens polaires, les tra�neaux.

Tu es b�te.

Que tu es belle !

Merci.

Tu prends l'autobus ?

Oui, pas de taxi. Et toi ?

Ben, moi aussi. On n'en trouve jamais � cette heure-ci.

Tu n'as plus la vieille traction ?

Non, vendue.

- T'en as une autre ? - Ah oui.

Mais elle est au garage pour une r�vision.

- Une traction aussi ? - Non.

Un affreux monstre. Une voiture am�ricaine.

Qui ressemble � un porte-avion.

T'en as, de la chance !

Non, non.

C'est pas �a la chance, Catherine.

Madame, pardon.

- Au revoir, Jean. - En ce qui te concerne ?

Il faut bien.

Au revoir. - Au revoir.

Vous d�sirez, monsieur ?

Une dame est entr�e ici il y a un instant.

Avec un petit chapeau. - Oui, en effet.

Vous ne savez pas o� elle allait ?

Elle n'a rien demand�. Il y a plus de 300 bureaux dans l'immeuble.

Alors... - Bien s�r.

Merci, monsieur.

Bonjour !

- Bonjour, colonel ! - Capitaine !

- Pardon, capitaine ! - De l'eau, par piti� !

- Je vais vous donner un verre. - Ce n'est pas pour moi, mais pour la jeep.

Elle bout, la pauvre petite.

- J'aurais pu vous donner un broc. - Pensez-vous !

Bien.

Contente de me voir ?

Oui, naturellement !

- Moi aussi, naturellement. - Tant mieux.

Merci pour elle.

Elle ne l'oubliera jamais.

Oh, pas de chance !

Voyez-vous, que je suis maladroit !

Il va falloir que je vous redemande de l'eau.

C'est emb�tant, hein !

- Je vais vous en redonner. - Pensez-vous.

Alors, bande de feignasses ! Vous ne pouvez pas trouver d'eau ?

Vous ne voyez pas que le jeep fume ? Sartori, allons !

On compte sur vous, mon capitaine. Comme d'habitude !

Aucune initiative !

Il faut que je m'occupe de tout.

�a ne va pas ?

Non, j'ai mal partout.

�a a commenc� au Tchad. �a a continu� au Sahara, en Italie.

Maintenant, on est � Nantes et �a n'a pas pass�.

- Vous vous �tes bless� ? - Oui...

- O� �a ? - L�, l�, et puis l�.

Mais c'est cicatris�.

Vous voulez un peu d'aspirine ? Je n'ai plus grand-chose d'autre.

Vous n'avez pas un peu de fine ?

Non, mais j'ai du calvados.

Ce sera parfait !

- Combien je vous dois ? - Rien, bien s�r.

Alors, trinquons.

Trinquons.

Vous �tes tr�s belle.

Vous �tes gentil.

Je vous dois la vie.

Juste un calvados.

On se dit des choses folles.

C'est peut-�tre le coup de foudre ?

Peut-�tre simplement la victoire ?

Faut en avoir le c�ur net. � ce soir.

- Ici ? - Oui, � 8h.

- Vous viendrez ? - Oh oui.

- Et si on s'�tait tromp�s ? - On ne se trompe pas le jour de la victoire.

�a n'arrive qu'une fois tous les 30 ans.

Votre bataillon vous attend.

- C'est une compagnie. - Pardon.

�a n'a aucune importance.

Je me sens beaucoup mieux.

Moi aussi.

Vous non plus, �a n'allait pas ?

Rien de grave.

- Le c�ur ? - Oui, �a doit �tre �a.

Mal de partout et bien de nulle part.

Je connais �a.

Vous avez �t� malheureuse ?

Un peu, beaucoup... Enfin, comme tout le monde.

Je connais �a.

Alors, on vous attend, mon capitaine !

Vos gueules !

J'aimerais vous donner quelque chose.

Un souvenir, un bijou... - Vous �tes fou !

Tenez, l�... Et � ce soir ?

Je vous le rendrai.

Si vous �tes sage, vous pourrez le garder.

Je serai sage.

En route !

- Qu'est-ce que c'est ? - C'est pour un mariage.

Monsieur, depuis un mois que vous �tes d�mobilis�, nous nous voyons tous les jours.

Environ 8h par jour.

Vous �tes tellement jaloux que vous faites fuir les clients.

Il est minuit et demie et la boutique est ferm�e.

Mais mademoiselle, c'est pour une urgence.

La pharmacie de service se trouve 3, place du march�.

- Pardon ? - Place du march�.

Mais c'est pour une urgence urgente.

Alors, c'est oui ? - Vous �tes insupportable.

Ce n'est pas une r�ponse !

Alors ?

Soyez raisonnable. Allez vous coucher.

Je ne dors pas depuis un mois.

Et je ne dormirai pas avant que vous m'ayez dit oui.

Mais vous �tes fou !

Je vous aime, Catherine. �pousez-moi.

- Vous n'avez pas de situation. - Mais je vais travailler.

Je vous pr�viens, je ne serai jamais Boussac.

Pourquoi pas ?

Je suis pas dou� pour �a. Et puis il y en a d�j� un, alors...

L'argent, �a compte beaucoup pour une femme, vous savez ?

Un gros compte en banque, une grosse voiture,

une grosse maison, hein !?

Il n'y a rien de gros ni de laid dans ce que je vous dis.

Ce qui veut dire ?

Que je d�teste la m�diocrit� parce qu'elle tue tout.

Et je vous pr�viens parce que je vous aime.

Je sais, je suis un pauvre cr�tin, quoi.

Non.

Vous �tes un homme et vous avez de la chance.

Un homme, �a vit comme �a veut.

2 costumes, 6 chemises et vous �tes tranquille.

Nous les femmes, c'est diff�rent. Nous sommes fragiles.

Tr�s vuln�rables, Jean.

Nous avons besoin de nous sentir belles.

Vous comprenez ? - Oui, Catherine.

Alors quand vous acceptez de n'�tre jamais riche,

vous me faites peur.

Assez pour ne pas m'�pouser ?

Non.

Alors,

c'est oui ?

Oui !

J'ai fait une collection de vieux phonographes.

Regardez, Sartori.

�a, c'est un Edison 1890.

- Il a une bonne t�te. - Et �a marche, regarde un peu !

J'en ai d'autres.

J'ach�te �a aux puces, alors !

J'en ai d'autres, venez voir.

�a, c'est un Path� 1903.

Un Maso 1905.

�a, c'est le dernier Charles Crosse.

Encore un Path�, 1899 je crois.

Et regardez l'anc�tre.

Le Lioret 1880, hein !?

Non, �a ment pas.

- Et �a marche encore ? - Vaut mieux pas essayer.

Si vous voulez entendre quelque chose de bien, voici le magn�tophone.

Le dernier mot de la science moderne.

Ce sont des bandes magn�tiques. - �a a d� co�ter tr�s cher ?

6 mois de cr�dit.

J'ai fait un enregistrement de Catherine. �coutez �a.

Le temps d'aimer revient toujours

Comme un oiseau du ciel d'�t�

Il vient, il vole, se pose quelquefois

Et puis soudain, s'envole

Je vais � la cuisine pour voir ce qu'il y a de bon.

Tous les amants ne savent rien

- Embrasse-moi, va ! - Non, Jean.

- Tu ne veux pas ? - Ce serait trop facile.

Trop facile ?

On s'embrasse, on continue comme si tout allait bien.

Mais tout va bien, Catherine.

- On peut vous aider ? - Non, non...

- Mais si. - Laisse �a, je vais le faire.

Merci beaucoup.

- On attend ta femme ? - Non, non.

Ne dis rien.

Ne crie pas, je m'en vais.

Tu pars ?

Je ne suis m�me pas s�re de ne pas te regretter, je ne suis s�re de rien.

Qui veux-tu rejoindre ?

Tu es trop fier pour marchander.

Laisse-moi partir sans rien demander. �a m'aidera bien.

Et si je te tuais ?

Rien ne t'en emp�che.

Je t'aime, Catherine.

�coute, Jean, je vais essayer de t'expliquer.

J'ai eu 30 ans hier, et �a m'a donn� le vertige.

La vie d'une femme, c'est court. Tr�s court.

J'ai eu peur de devenir vieille et laide et de n'avoir rien eu.

Tu veux voir l'Italie ? Tu veux avoir une cadillac ?

Alors, tu pars ? - Oui.

Mais pas comme tu le dis.

Je ne sais pas si tu peux comprendre.

Je crois que je t'aime toujours.

Mais je te quitte pour changer de manteau. Celui-ci a 4 ans.

On ne quitte pas l'homme qu'on aime pour changer de manteau !

�a n'existe pas, �a !

Si.

Tu me quittes ?

Tu me quittes ?

Je te laisse avec tes amis. Ceux que tu aimes tant.

Tes chers souvenirs. Tes copains.

"J'�tais avec celui-l� � Montparnasse en 24".

"Avec celui-ci � Sedan en 40".

Je te laisse avec eux.

C'est Saunier.

Je m'en fous.

On ne fait pas attendre le colonel Saunier, voyons.

Et si je meurs ?

On ne meurt pas comme �a, Jean.

- Bonsoir, mon colonel. - Bonsoir, Br�vent.

- Je suis content d'�tre venu. - Je suis content que vous soyez venu.

Pardon.

Je ne vous pr�sente pas. Vous connaissez.

- Bonjour, Sartori. - Bonsoir, mon colonel.

- Bonsoir ! - Excusez-moi un instant.

Faut pas m'en vouloir. Ce soir, la r�union est termin�e.

Sous-lieutenant Robert Sartori.

3�me compagnie.

Bonjour.

Ma ch�rie, je te fais 1000 excuses

mais les acheteurs italiens sont les plus bavards du monde.

Suzanne, pas de coup de t�l�phone ? - Tout est not� sur votre bureau.

Bravo. Viens, ma ch�rie.

- Bonne journ�e ? - Oui.

Raconte, tu as achet� quoi ? - Tout.

Tu me donnes une minute et on va d�ner.

- Dis-moi, Robert. - Oui ?

J'ai rencontr� Jean.

Jean, ton mari ?

- Oui. - Aha, o� �a ?

Dans l'autobus.

Vous avez parl�.

- Quelques mots. - Gentiment ?

Oui.

Un excellent homme, ton mari. Je garde un tr�s bon souvenir de lui.

Et puis c'est normal. Apr�s 5 ans, il n'allait pas te passer � tabac.

Non, bien s�r, mais...

Mais quoi ?

Mais qu'est-ce que je dois faire ?

Rien, c'est enterr�. Tu es partie, il a refait sa vie.

Vous vous rencontrez, vous vous dites bonjour, c'est tout.

Je me le demande.

- Comment va-t-il ? - Il a l'air d'avoir r�ussi.

Tiens, j'aurais pas cru. Enfin, tant mieux pour lui.

Tu permets ?

- �coute, Robert. - Oui ?

Il n'a jamais su que j'�tais partie avec toi.

Non, et alors ?

- Alors, s'il l'apprenait... - Qu'est-ce que �a changerait ?

Tu es partie. Avec moi ou un autre...

Et puis il y a si longtemps, tu sais.

- Oui, �videmment. - Laisse-moi te dire

que s'il n'a pas cherch� � savoir, c'est que �a ne le travaillait pas beaucoup.

Ou qu'il ne voulait pas le savoir.

De toute fa�on, ce que nous avons fait est impardonnable.

Tu as honte ?

On ne peut pas avoir honte de t'aimer.

Entrez.

M. Jean Br�vent. Il insiste pour vous voir.

- Je ne suis pas l�. - Il vous a vu arriver.

- �a t'ennuie de le voir ? - Mais pas du tout. C'est pour toi.

Moi, je veux bien. J'aime autant.

Bien, faites-le entrer.

- Tu as peur ? - De lui ?

Bonjour, mon capitaine.

Bonjour, Sartori.

- Rebonjour. - Bonjour.

- Assieds-toi. - Non, merci.

Alors, il para�t que vous vous �tes rencontr�s !?

Oui.

Eh bien, que puis-je pour vous ?

Rien. Je voulais �tre renseign�. Je le suis.

J'imagine que vous vouliez savoir si Catherine �tait heureuse.

Je crois pouvoir vous affirmer qu'elle l'est.

Je voulais savoir pour qui elle m'avait quitt�.

- Comment ? Vous ne le saviez pas ? - Non.

Mais je croyais que Catherine vous avait �crit. Catherine ?

Je n'ai pas �crit.

Vous voyez que je n'y suis pour rien.

Si j'avais su...

Je comprends votre �motion. Ce doit �tre un choc.

N'exag�rons rien.

Bon ben, je vous laisse.

- Jean, tu ne veux pas... - Non, j'ai tout ce que je voulais.

Savez-vous ce que nous pourrions faire, mon capitaine ?

Nous sommes au Plaza. Nous pourrions d�ner ensemble un soir tous les 3.

C'est une tr�s bonne id�e.

Eh bien, appelez-nous ici. Nous prendrons rendez-vous.

Entendu.

Bien.

S'il t�l�phone, je ne suis jamais l�.

Bien, monsieur.

Mon pauvre chou ! Tu as l'air toute retourn�e.

Mais c'est fini maintenant. C'�tait un mauvais moment � passer, voil� tout.

Je t'en prie. Avec toi, il faut toujours que tout aille bien et que tout le monde soit content.

Allons, apr�s un bon petit d�ner, tu n'y penseras plus.

C'est �a... un bon petit d�ner et on n'y pense plus.

Tout me porte � croire que vous �tes le trompettiste.

Et vous, le locataire publiciste ?

Mais faut pas pleurer comme �a. Vous allez la rouiller.

Permettez-moi de vous dire que vous jouez comme une pomme.

La critique est ais�e mais l'art est difficile.

Pas de slogan ou je vous fais bouffer la trompette.

Mais vous avez bu ?

Vous aussi, dites donc !

Pauvre publiciste !

Pauvre trompettiste !

Mais comme vous �tes tr�s jeune,

tr�s triste et tr�s gentil,

je vais vous jouer un petit air.

C'est triste, hein ?

- Vous �tes tr�s sensible ? - Oh oui !

Arr�tez, maman est dans son cours.

Approche, femme fatale !

Tu l'aimes ?

Faut que j'arrange �a, alors.

Vous l'aimez, vous ? - Oh oui !

Vous vous habillez pas chez Galbard, non ?

- Non, pourquoi ? - Ben vous avez une chance d'�tre heureux.

Suivez-moi, tous les deux.

J'entends rien, mon vieux !

...les visites qu'ici re�oivent vos attraits...

Il faut qu'on t'entende aux Galeries. C'est l'ABC du m�tier.

...les visites qu'ici re�oivent vos attraits,

Ne sont pas envers vous l'effet d'aucune haine mais plut�t...

Continue !

Mais sans doute, madame, et ma ferveur est telle...

Vous me serrez trop.

Elle te dit que tu la serres, alors serre-la.

- Serre-la bien pour pas qu'elle t'�chappe. - Je la serre, madame !

Il tient sa main comme une assiette, regarde !

...mais c'est par exc�s de z�le... - Tartuffe, du nerf !

De vous faire aucun mal, je n'eus jamais dessein....

Je t�te votre habit. L'�toffe en est mo�lleuse..

De gr�ce, laissez. Je suis fort chatouilleuse.

Elle te dit que tu la chatouilles, tu te rends compte !?

Et �a n'y est pas du tout, mes enfants. Il faut retravailler �a.

Chim�ne. "Le Cid".

Qu'est-ce que c'est que �a ?

C'est le couvre-feu. La classe est termin�e.

- Qu'est-ce qui vous prend, Jean ? - Juliette.

J'ai � vous parler.

C'est fini pour aujourd'hui, les enfants.

Au revoir, madame.

Encore vous !?

Il a ma permission. Allez, venez.

Tu vas voir avec Jean, �a va s'arranger.

Il a pris la trompette ?

- C'est si press�, ce que vous avez � me dire ? - Oui.

Le roi Fran�ois n'est pas mort � Paris !

Pr�parez les couteaux, voici le r�mouleur !

La table du pr�fet ! Vous �tes so�l ?

Oui, je suis so�l.

- Avez-vous mang�, Jean ? - Non.

Et je m'en fous. - Je vais vous faire 2 �ufs sur le plat.

Restez tranquille, Juliette.

Je souffre. Je sais pas o� me mettre.

Que s'est-il pass� ?

J'ai revu Catherine.

Je l'adore toujours et je vais la tuer.

Jean, il faut vous coucher.

Elle �tait avec Robert Sartori.

- Votre ami ? - Oui.

Ils m'ont eu.

Ils m'ont tu�, oui.

Je me vengerai ! - On en reparlera demain.

Non, non.

On en reparlera pas. Je me vengerai, Juliette.

Allez, venez.

L'abominable Sartori !

Je lui ai donn� la moiti� de mon sang pendant la guerre !

Eh bien, ce sang !

Supposons que je la r�cup�re d'une mani�re ou d'une autre.

On m'acquitte, madame !

Parfaitement, Juliette !

Je dirai m�me mieux : on m'applaudit.

Le jury me porte en triomphe.

Tu t'en fous, hein ?

Minet.

Viens avec moi, toi.

Allons, minet.

Voyez-vous, Juliette,

tout le monde m'abandonne.

Je ne sais pas aimer, quoi.

Je peux r�cup�rer ma trompette ?

- Voulez-vous me foutre le camp ! - Leur faite pas de peine, Juliette.

C'est gentil, la trompette.

Vous 2, ou plut�t vous 3 en comptant la trompette,

allez m'attendre dans le salon. Et que je ne vous entende pas !

Merci, Jean.

Et tenez-vous convenablement. J'entrerai sans frapper.

Essayez de l'oublier, Jean.

Mais qu'est-ce qu'elle vous a dit ?

Elle m'a quitt� pour un manteau !

5 ans de s�paration. Et premi�re question :

"as-tu toujours ta vieille Traction ?"

Et je lui ai dit que j'avais une voiture am�ricaine.

�a lui apprendra !

Vous, Juliette,

vous pouvez pas savoir ce que c'est, que d'avoir �t� m�pris�,

pendant des ann�es, par la femme qu'on aime.

Moi, je le sais.

Mais c'est fini, hein !

J'ai r�ussi ! Je suis un grand patron !

J'ai une belle voiture ! - Tr�s bien, �a me fait plaisir !

Et depuis quand ? - Depuis...

demain matin.

Br�vent, vous qui avez du go�t,

quel projet choisiriez-vous pour un dentifrice ?

Je sais pas. Celui-l� ?

- Alors je prends celui-l�. - �a vous amuse encore ?

- �a m'amusera toujours ! - Eh bien, faut pas vous en priver, mon vieux.

- Tu veux r�pondre ? - Oui, j'y vais.

All� ? C'est toi, Jean ?

Attends une seconde. - Bon, j'attends.

Voil�, je t'�coute.

J'aimerais te voir, Catherine.

Mais tu sais que je prends le train dimanche soir !?

J'ai pas une minute � moi.

Arrange-toi. Il faut que je te parle.

Tu as beaucoup de choses � me dire ?

Euh, voil�...

Tu pars dimanche. On ne va peut-�tre jamais se revoir.

Alors j'ai pens� qu'il serait sage, raisonnable,

de divorcer.

Ainsi, tout sera en r�gle.

Tu m'�coutes ?

Oui, bien s�r. Tu as raison.

Nous allons mettre nos avocats sur l'affaire.

Mais avant, vaudrait mieux avoir une conversation.

Tu ne crois pas ?

- Si, naturellement. - Quand peux-tu ?

Je regarde mon carnet.

Demain, je n'ai pas une minute.

Samedi, je suis � Londres.

Qu'est-ce que tu fais dimanche ?

Mais je pars dimanche soir.

Et dans la journ�e ? Nous pourrions aller � la campagne.

Ah oui.

Attends, je dois aller � Dieppe avec Robert.

Je vais arranger �a. - Entendu.

Je passe vous chercher tous les 2 dimanche � 11h.

Tous les 2 ?

Oui, j'aime mieux qu'il soit l� pour les probl�mes du divorce.

Entendu ? Je compte sur vous 2 ?

C'est � dire...

Je peux pas te parler longuement au t�l�phone.

En faisant tes courses, tu pourrais peut-�tre passer ici dans l'apr�s-midi ?

- Oui, � quelle heure ? - Attends, ne quitte pas.

- Mireille ? - Oui, M. Br�vent ?

C'est bien � 5h que le patron va voir le ministre de l'information ?

- Oui, M. Br�vent. - Merci.

� 5h, �a te va ? - Tr�s bien.

17, Champs-�lys�es.

Attends, je marque sur mon petit carnet.

5h. 17, Champs-�lys�es.

Divorce.

� ce soir, Jean.

Qui �tait-ce ?

Jean. Il me demande de passer � son bureau cet apr�s-midi.

- Qu'est-ce qu'il veut ? - Divorcer.

Excellente id�e ! Nous pourrons enfin nous marier.

�a doit te faire plaisir !?

Oui, tr�s.

- Pas de blague, hein ? - Avec moi, rien � craindre.

- Vous n'allez pas �clater de rire ? - Non, monsieur.

Je ne comprends pas pourquoi vous faites �a. �a ne vous ressemble pas.

Mais Mireille, je ne me ressemble plus.

- Alors ? - Voil� l'objet.

Elle n'a pas l'air vrai, dis donc !

Oui, c'est la nouvelle pin-up pour la publicit� des soutiens-gorge Vandal.

Eh ben mon vieux... Enfin, �a ira.

Nous sommes bien d'accord sur tout ? - Ah oui, sur tout !

Vous savez, vous n'avez rien � craindre. Je ne suis peut-�tre pas tr�s intelligent,

mais j'ai de la m�moire. - �a, c'est pour ne rien oublier.

Surtout la sc�ne finale. Je ne tiens pas � rester plus de 5 min chez le patron.

Pour la sc�ne finale, comptez sur moi.

Et �a, ce sera pour tout oublier.

Apr�s, malgr� votre m�moire.

D'accord. Merci beaucoup, M. Br�vent.

Bon, cette dame sera l� dans un instant.

Je passerai dans le couloir comme par hasard.

Compris ? - Oui, patron.

�a va. Tout � l'heure, votre num�ro.

M. Br�vent, s'il vous pla�t ?

Asseyez-vous, madame. Le patron va vous recevoir tout de suite.

- Le patron ? - Oui, madame. Le patron.

Vous �tes ici � Publiparis. - Je sais lire, mon vieux !

Directeur g�n�ral, M. Jean Br�vent.

- Depuis quand ? - Depuis 4 mois.

Avant, il n'�tait que directeur. Pas g�n�ral.

- Vous �tes directeur g�n�ral ? - Ce n'est pas la bonne, voyons !

- Bien s�r que je suis pas la bonne ! - Ne restez pas l�. Je vais vous expliquer.

Apr�s ce qui s'est pass� hier soir, j'ai quelque chose d'important � vous dire.

- Voil� l'autre ascenseur ! - Tout le monde en place !

M. Br�vent, s'il vous pla�t ?

M. Br�vent, s'il vous pla�t ?

- Le patron va vous recevoir tout de suite. - Le patron ?

Publiparis, direction g�n�rale M. Br�vent.

Il y a longtemps ?

Depuis 4 mois. Avant, il n'�tait que directeur. Pas g�n�ral.

Mais alors, au-dessus de lui, personne ?

Le pr�sident M. Saunier. On ne le voit jamais.

Quand on dit le patron, c'est M. Br�vent.

Eh bien !

Je vous en prie, asseyez-vous, madame.

C'est un as. Tout le monde l'adore ici.

Moi qui vous parle, je me ferais tuer pour lui.

Il fait une rente � ma vieille m�re,

ma petite fille a �t� op�r�e � ses frais,

2 places d'avion pour M. Br�vent.

Le 29, il part avec le ministre.

Il se surm�ne !

Pour la moutarde, lequel choisiriez-vous ?

Les deux sont mauvais. � refaire !

On s'�nerve et on attend.

- Bonjour, M. le directeur g�n�ral. - Bonjour, Catherine.

Viens dans mon bureau.

Je n'y suis pour personne.

Bien, M. le directeur g�n�ral.

Les graphistes.

Le bureau du bank trust.

Achat d'espaces.

Le bureau des id�es.

Tu es merveilleux, Jean.

N'exag�rons rien.

- Tu as maigri. - Depuis hier ?

Tu te surm�nes.

Oh dis donc, c'est immense !

Oui, c'est une affaire importante.

Tiens, regarde.

Le bureau des dessinateurs.

- Bonjour, M. Br�vent. - Oui, travaillez bien, les enfants.

- Qu'est-ce qu'il lui arrive ? - Je me le demande !

Eh ben dis donc !

Assieds-toi.

Tr�s joli.

Il n'a pas l'air vrai.

C'est ce que tout le monde dit.

Comment s'appelle-t-elle ? Ri... Ri... Risette ?

Mais non, voyons. Tu ne sais plus lire.

Il faut reconna�tre qu'elle sait � peine �crire.

Alors, tu es heureux ?

Ben, tu vois.

Et toi, tu es heureuse ?

Oui, naturellement.

Naturellement ?

Tout va tr�s bien. L'essentiel, c'est de ne pas s'�tre regrett�.

Je t'ai beaucoup regrett�e.

Mais que veux-tu ?

Au bout de 5 ans, hein !

Oui, bien s�r.

Tu as eu de la peine pendant longtemps ?

�a a �t� tr�s dur.

Les premiers mois.

Je voulais te dire, Jean...

moi aussi, j'ai eu de la peine.

Mais il fallait pas.

Enfin, j'ai bien fait de m'en aller puisque �a t'a port� bonheur.

Oui, c'est vrai.

Si nous parlions de choses s�rieuses, maintenant ?

Le divorce.

Ah oui, le divorce.

Qui est ton avocat ?

Je n'en ai pas.

J'ai dit qu'on ne me d�range pas !

Patron !

C'est mademoiselle. Vous savez, la terreur.

Elle est d�cha�n�e. - Que vient-elle faire ici ?

Faites-la patienter un instant.

Une femme, on ne la retient pas toute une vie. Mais 3 min, c'est faisable.

Oh, nom d'un chien ! - �a va �tre du joli.

Planquez-moi �a et faites-moi venir Mireille.

Excuse-moi. Ce serait trop long � t'expliquer.

- Ce serait surtout inutile. - On reparlera de �a dimanche.

C'est toujours d'accord ? 11h, hein ?

- Bien s�r. - Robert vient ?

- Oui. - Bon. Entrez.

Faites sortir madame par le petit ascenseur.

- Bien, patron. - Tu ne m'en veux pas trop ?

- En plus, tu fais souffrir les femmes ? - Elles adorent �a.

File, cette idiote serait capable de te tuer.

Et ce serait b�te, non ?

- Vous �tes content ? - Oui.

�a a march� ? Il faut dire que j'�tais remarquable.

La p�p�e, on lui en a fichu plein la vue !

- C'est ma femme, mon vieux ! - Oh, pardon.

�a aussi, vous serez gentil de l'oublier, hein !

- C'est toi, Catherine ? - Oui.

- Bonsoir, ch�ri. - Bonsoir.

- T'as vu ton mari ? - Oui.

Le divorce ne fera aucune difficult�.

Bravo ! Que fait-il � Publiparis, le m�nage ?

Non, il est directeur g�n�ral.

Quoi ?

- �a t'�tonne, hein ? - Avoue que toi aussi.

Nous avions tort.

- Directeur g�n�ral !? - Oui.

Et je l'ai vu de mes yeux.

D'ailleurs, t�l�phone si tu ne me crois pas.

Non, je te crois.

Si, t�l�phone. Tu ne me crois pas.

Si tu y tiens.

All� ?

Mademoiselle, je voudrais la soci�t� Publiparis, s'il vous pla�t ?

C'est pour te faire plaisir.

- �a me fait tr�s plaisir ! - Bon.

Encore une id�e de Br�vent ?

Mais elle est tr�s bonne ! Ah, une seconde.

Demandez-moi Thompson & Callaghan Ltd � New York.

All�, oui ?

M. Robert Sartori, Pr�sident de Textiles & Importations,

demande le directeur g�n�ral. - Passez-le-moi.

C'est pour moi, patron. - C'est bon, mon vieux.

- All� ? - Le directeur g�n�ral ?

C'est moi, mon vieux Robert. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?

Rien, simplement je tenais � vous remercier pour votre attitude compr�hensive.

C'est gentil mais il ne fallait pas m'appeler pour �a.

Je m'excuse de vous couper, mais voil� New York.

Excusez-moi de vous quitter si vite, mais New York avant tout. Vous savez ce que c'est.

Ciao !

Patron, vous avez New York.

Tu devrais te tenir davantage au courant de ce qui se passe dans les hautes sph�res.

�a alors !

- Sartier, je vous parlerai tout � l'heure. - Bien, patron.

Vous vouliez me voir seul ?

Oui, patron. J'ai 3 services � vous demander.

- 3 ? - Oui.

- Du scotch ? - Non, merci.

Jamais d'alcool. - Bravo !

Je vous �coute. Premier service ?

Je voudrais une avance de 3 mois d'appointements.

Eh, d'accord.

Deuxi�me service ?

Je voudrais que vous me pr�tiez votre Chevrolet pour dimanche.

La 403 de la soci�t� ne vous suffirait pas ?

Non, patron. Il me faut votre voiture.

La belle, la blanche. - Entendu.

Mon chauffeur la conduira devant chez vous dimanche matin.

- Merci, patron. - Troisi�me service ?

Puisque je suis si bien lanc�.

Ne vous arr�tez pas en si bon chemin !

Dimanche, j'aimerais disposer

de votre propri�t� de Montfort-Lamoret.

L�, je ne peux pas. J'ai 65 invit�s pour le week-end.

Emmenez-les dans votre villa d'Antibes.

Il seront bien � Antibes. - Tr�s difficile.

Ce n'est pas par mauvaise volont�, croyez-le.

Mais je le sais bien. Vous avez toujours montr� beaucoup de gentillesse envers moi.

Si, merci pour l'avance. Merci pour la voiture.

Merci pour tout.

C'est � moi que vous faites plaisir en me demandant tout �a.

- Je vous fait plaisir ? - Br�vent,

je suis heureux qu'il y ait � nouveau une femme dans votre vie.

Je suis vos conseils, patron.

Vous avez lev� une belle fille ?

Vous voulez l'�blouir ? - L'�blouir d'abord.

�a, c'est la premi�re partie. - Et la seconde ?

La seconde... anodine, patron.

Tout � fait anodine. - Jean, dites-moi tout !

�a vous ennuirait beaucoup

si je vous demandais de ne pas me demander pourquoi je vous ai demand� tout �a ?

En tous cas, j'aurais tout fait pour vous aider.

- Je voulais vous dire aussi. - Ouais ?

Merci, mon colonel.

Allez, rompez ! Et ne faites pas l'imb�cile.

Le temps d'aimer n'est pas si court

Mon c�ur le dit, mon c�ur le sait

Il bat, il bat, il ne bat que pour toi

Et si un jour, je pleure

Tant pis pour moi, je pleurerai

Pourtant tu vois, je t'attendrai

Car dans le vent il court

Il court au fil des jours

Mais il revient toujours

Le temps d'aimer.

Oui ?

- Je peux entrer 5 min ? - Bien s�r.

C'est gentil de me faire une visite.

Quand tu mets la chanson, c'est que tu es triste.

Je suis nu-pieds. J'ai froid.

Ben, monte sur le lit.

Tu as revu Catherine depuis jeudi ?

Non.

�a va s'arranger avec elle ?

Oui et non.

On peut rien faire pour t'aider ?

La propri�t� que ton p�re, le pr�fet, nous a laiss�...

- La Gouy�re ? - Oui.

- Vous y allez demain ? - Non, c'est mortel.

- Moi je voudrais bien y aller. - Pourquoi ? Dis-moi !

Non, tu ne sais pas garder un secret.

Oui, c'est vrai. Alors, dis rien.

Tu sais o� ta m�re met les clefs ?

- Oui, tu les veux ? - S'il te pla�t.

Mais sans qu'elle le sache !

Je les prendrai demain matin pendant qu'elle sera dans son bain.

Merci.

- Caroline. - Oui ?

Si l'homme que tu aimes partait avec une autre femme, que ferais-tu ?

Un homme que j'aime d'amour ?

- Oui. - Je me tuerais.

Bon.

- Caroline. - Oui ?

Je te donne mon magn�tophone.

- Non ! - Si.

�a te fait plaisir ? - Je croyais que t'y tenais tant.

C'est pour �a que je te le donne.

Tu le prendras demain, quand je serai parti. - Merci.

Il est tard. Faut aller te coucher.

Tu n'oublieras pas, demain matin, les clefs ?

- Non, non. - Bonsoir.

Je t'ai fait peur ?

J'ai pas frapp� � cause de maman.

Mets pas trop de d�sordre dans la maison. - Merci.

Tu ne sauras jamais ce que ta m�re et toi

avez �t� pour moi depuis 5 ans.

- Pourquoi tu dis �a ? - Pour rien.

C'est la porte. J'y vais.

- M. Br�vent, s'il vous pla�t ? - Oui, c'est ici. C'est pour quoi ?

Jean, il y a un chauffeur qui te demande.

Oui, j'arrive.

La voiture est en bas, M. Br�vent.

Voici la carte grise et les clefs. - Merci.

Qu'est-ce que c'est que cette voiture ?

- C'est un secret. - Encore ?

Y aura bient�t plus de conversation possible avec toi !

Oui. Au revoir.

Au revoir. Je te regarderai partir.

- Que fais-tu l� ? - Viens voir !

O� a-t-il trouv� cette Buick ?

C'est une Chevrolet, maman.

Jean !

Jean ! - Au revoir !

Ma voiture !

Alors l�, il va fort !

Il t'a dit o� il allait ?

Non mais je crois qu'il va enlever Catherine.

Je te d�fends de toucher aux affaires de Jean !

Il me l'a donn�.

Si tu veux mon avis, tu as perdu ton pensionnaire.

Oh !

Mais c'est le ruban du magn�tophone !

�a alors !

Il a jet� la chanson de Catherine !?

La bo�te du revolver ?!

Dis-moi tout ! - Je ne sais rien.

Il a dit qu'il se vengerait. Il est parti la tuer. Si tu sais quelque chose, dis-le !

Eh bien, parle !

Je lui ai donn� les clefs de la Gouy�re.

- Bravo ! - J'ai bien fait ?

Au moins, je sais o� les retrouver !

Appr�te-toi, on y va !

Allez, viens !

- M. Sartori, s'il vous pla�t. - Il a quitt� l'h�tel ce matin, monsieur.

Vous �tes s�r ?

J'ai fait mettre ses bagages dans le taxi pour la gare Saint-Lazare.

Une minute, je vous prie.

Certainement.

Si vous voulez rappeler dans une demi-heure ?

Et la dame qui �tait avec lui ?

Il est parti s'embarquer au Havre pour le Canada.

Si vous voulez me laisser un message ?

Maillot 35/12 ? Entendu.

Entendu, madame.

Bon, c'est rat�.

All� ?

Bien, entendu.

Tenez, madame.

Je ne comprends pas ?

- For me ? - Pour vous.

Ce sont des roses, madame.

En hommage au coup du sort.

� la b�tise de la vie.

Or vous ne pouvez pas comprendre d'autant plus que vous ne parlez pas fran�ais.

Du reste, �a n'a aucune importance.

- I don't understand. - C'est bien ce que je disais.

- Thank you. - Oui.

Catherine !

- Bonjour. - Bonjour.

- Je te pr�sente Brigand. - Bonjour, Brigand.

Je t'ai apport� des fleurs.

Merci, ce qu'elles sont belles !

Le portier m'a dit que tu �tais partie ce matin ?

Robert, pas moi.

Nous ne sommes que tous les 2 ?

Oui.

On va aller les d�poser chez le concierge.

Mais tu lui as dit que j'aurais aim� le voir pour le divorce ?

Oui, mais il a absolument voulu embrasser sa m�re avant de repartir en voyage.

Et tu ne l'as pas accompagn� ?

J'irai le rejoindre cette nuit au Havre.

Dites-moi, voulez-vous faire d�poser ces fleurs dans ma chambre, je vous prie ?

Bien, madame.

Tu es tr�s beau, tu sais !

Merci.

- Alors, on y va ? - Oui.

Attention, Brigand !

- C'est ta voiture ? - Oui.

Superbe ! Non, ici Brigand !

On dirait un vrai transatlantique !

Dans le fond, j'aimais mieux notre vieille Traction. C'�tait plus intime.

Eh bien, pas moi.

Dors pas ! C'est pas le moment !

T'en as de bonnes ! J'ai jou� toute la nuit, moi !

Couch� � 7h du matin, r�veill� � 10 par toi.

Commence pas � geindre ! Il faut que tu nous emm�nes maman et moi !

- O� �a ? - � la Gouy�re.

Quelle bonne id�e !

Patrick, enfin !

Patrick ! Patrick !

Naturellement, il dort debout ! C'est pas �tonnant avec la vie qu'il m�ne !

R�veillez-vous et passez-moi le volant.

C'est une voiture de sport, c'est tr�s d�licat.

J'ai eu une Hispano � mes d�buts, alors !

Les Hispanos �taient indestructibles.

Aucune voiture ne me r�siste !

Il a l'air nerveux, votre bolide.

On va voir ce qu'il a dans le ventre !

Attendez, le frein !

- O� allons-nous ? - � la Gouy�re.

Une petite maison de campagne que j'ai achet�e.

Mais je n'ai pas encore eu le temps de l'arranger.

- Jean. - Oui ?

On parlera du divorce juste au moment de se quitter,

pas avant. Tu veux bien ?

Oui.

Rattrapons-les d'abord.

Quand on les a rattrap�s, qu'est-ce qu'on fait ?

Je lui prends son revolver de gr� ou de force.

Jean va �tre tr�s m�content !

Je le pr�f�re m�content qu'assassin.

C'est pas mon avis.

Il vaut mieux mourir que de vivre sans amour.

Mais c'est Catherine qui va mourir !

Je peux dire un mot ?

Tout plut�t que d'entendre ma fille !

Si nous intervenons trop brutalement,

M. Br�vent risque de tirer sur sa femme sans crier gare.

Tr�s juste. Commen�ons par la douceur.

Mais on les rattrapera jamais !

Encore un qui ne veut pas se garer !

Mais faites quelque chose, on n'avance pas !

J'ai une id�e ! Foncez sur la gauche !

Alors, fain�ant. Tu dors ?

Cavalier ! - Oh, celui-l� !

Tu entends. C'est notre chanson.

Tu as toujours l'enregistrement que tu avais fait ?

Le temps d'aimer revient toujours

Comme un oiseau du ciel d'�t�

Il vient, il va

Se pose quelquefois

Et puis soudain s'envole.

Tous les amants le savent bien

Il vous attend sur le chemin

Du vent l�ger qui court

Qui court au fil des jours

Car il revient toujours

Le temps d'aimer.

Quelle sera notre premi�re �tape ?

Un poste � essence.

Et notre derni�re �tape ?

Passez la quatri�me, sinon on va couler une vielle !

Foutez-moi la paix ! Je sais conduire !

Enfin, si �a vous fait plaisir !

�a va comme �a ?

Tout compte fait, j'aimais bien la troisi�me.

Les femmes, ce que �a conduit mal ! - T'en veux une ?

L�chez pas le volant !

Au besoin, je claquerai moi-m�me Caroline si c'est n�cessaire.

- Faites le plein si vous pla�t. - Bien.

Monsieur, c'est le dernier mod�le ?

Oui, pourquoi ? Il vous pla�t pas ?

- Si, beaucoup. - Ben alors !

Je veux bien vous faire le plein, mais par o� ?

Ben...

Cherchez, mon vieux ! C'est enfantin, allons !

- C'est une devinette ? - Non, mais je veux qu'il trouve.

C'est son m�tier, apr�s tout. - Je vais chercher aussi, �a m'amuse.

Ben, moi aussi.

Pardon, madame.

Les voil�, regarde !

�a tombe bien ! Caroline va y aller.

J'ai le trac.

- Je tourne. - Attention !

Vas-y.

Tu m'as bien comprise ?

�a m'inqui�te.

Elle peut r�ussir. Elle est b�te, mais elle a de la chance.

Elle m'a rencontr�, c'est tout dire !

C'est vrai, j'oubliais !

J'ai trouv� !

Tu triches ! Tu le voyais et tu ne le disais pas.

- Vous �tes soulag�, hein ? - Oui.

On va d�jeuner dans le coin.

Tiens, choisis l'endroit.

- Le plein, s'il vous pla�t. - Je suis � vous tout de suite, Mlle.

C'est bient�t fini ?

Une seconde, monsieur. �a contient, ces voitures-l� !

Fous le camp !

Viens minet, regarde !

Allez, vas-y !

Allons, Brigand !

Viens, faut que je te parle !

Brigand, viens ici !

Ici, Brigand ! Tout de suite !

Brigand, ici !

Veux-tu laisser ce chat !

- Je t'en supplie, ne discute pas. - Je n'ai pas le temps.

- Viens ! - Que veux-tu ?

- Le revolver. - Quel revolver ?

Fais pas l'idiot, on tue plus par amour ! Et puis, elle est bien trop belle !

1) Mon revolver est chez l'armurier.

2) Je veux plus te voir 3) Fous-moi le camp !

Non !

Bien, je te laisse. Je dirai plus rien, je vais partir.

Mais avant, dis-moi !

Pourquoi veux-tu faire croire � Catherine que tu es le patron de Publiparis ?

Pourquoi as-tu emprunt� cette voiture ? Pourquoi tout ce bluff ?

C'est mon affaire. �a ne regarde que moi !

Jean, je te parle en copain. �coute-moi.

Tu n'as rien � voir dans cette histoire.

Si tu as un peu d'amiti� pour moi, laisse-moi tranquille !

- Combien je vous dois ? - 4800 F., monsieur.

Voil�.

�a va, �a va. - Merci, monsieur.

Rangez-vous, mademoiselle. Je vous sers tout de suite.

Bien.

Pas besoin d'essence !

Alors ?

Il est furieux. Il a dit qu'il voulait plus me voir.

Et le revolver ?

Il l'a pas. Il a dit qu'il �tait chez l'armurier.

Idiote ! Sans la bo�te ?

Oh, tout est � recommencer !

Heureusement, je connais un raccourci qui va nous faire gagner 10 km.

On va les prendre de vitesse !

J'ai une id�e.

On parlera de �a en route.

Cramponnez-vous !

- Attention ! - Y a pas de danger !

Monsieur, soyez raisonnable !

Si tout le monde en faisait autant ? - N'ayez crainte, il est tr�s adroit.

Regardez ! Qu'est-ce que je disais ?

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Une dame en fait autant.

Cet endroit est odieux.

Quel bruit ! Impossible d'�changer 2 mots.

Tu as des choses importantes...

enfin, difficiles � me dire ?

Oui. Enfin, non.

Jean.

Oui ?

Je sais maintenant ce que tu as de chang�.

Autrefois, tu �tais s�r de toi.

Tu te souviens de la pharmacie ?

Aujourd'hui, tu es...

tu es incertain...

Il me semble que tu h�sites.

Je n'h�site jamais devant ce que j'ai � faire.

- Alors, fais-le. - Quoi ?

Parle !

Dis ce que tu avais � me dire.

Je n'ai rien � te dire, Catherine.

Tu m'as demand� d'attendre ce soir pour parler d'affaires s�rieuses.

Oui, c'est vrai. Tu as raison.

Jean !

Regarde derri�re toi. La petite de la station-service.

Quelle petite ?

Celle qui est arriv�e en voiture de sport.

Tu crois ?

Que fait-elle ici avec un gendarme ?

Monsieur, il y a l� un gendarme qui d�sire vous parler.

� moi ?

Votre voiture a �t� accident�e par la demoiselle qui est l�-bas.

Il faut que j'y aille.

Tu m'excuses une seconde. - J'esp�re qu'il n'y a rien de grave ?

Ce sera vite r�gl�.

Alors ?

Monsieur, votre voiture vient d'�tre accident�e.

Alors, il faut faire le constat.

Toi, alors !

- Madame ! - Qui est celui-l� ?

Vous �tes en danger de mort.

- Quoi ? - Je vous en supplie, suivez-moi.

Expliquez-lui ! C'est pas le moment !

Brigand, tais-toi. Monsieur vient pour me sauver la vie.

Viens.

- C'est toi qui as fait �a ? - Non, c'est mon petit ami.

O� est-il, cet abruti ?

Il a emmen� sa voiture au garage.

Et tu trouves �a dr�le ? Oh toi !

Voil� la fameuse Catherine ! Vite, venez !

On file. On parlera en route.

- Qui �tes-vous, madame ? - Juliette Armier.

Depuis 5 ans, je loue une chambre � votre mari.

C'est dire que je vous connais bien. - S�rement.

Mon futur gendre.

La jeune personne qui a accroch� votre voiture est ma fille.

- Votre fianc�e ? - Oui, madame.

Patrick, allez rejoindre Caroline.

Arr�tez Jean le plus longtemps possible. On se retrouve � Paris.

Montez, nous n'avons que le temps ! - Mais je ne veux pas quitter Jean !

Mais vous ne m'avez pas comprise ? Il veut vous tuer !

C'est donc �a !

Ne restez pas avec lui aujourd'hui. Laissez-lui le temps de se calmer.

Mais je veux rester avec lui. Je l'aime.

Je vous comprends.

C'est un tr�s chic type, avec un bon regard.

Le soir o� il est arriv� chez nous, il �tait tellement malheureux,

il aurait suffit d'ouvrir la fen�tre pour qu'il se foute dehors.

Oh, taisez-vous !

Depuis 5 ans, il n'a pas cess� de souffrir.

Et tr�s discr�tement.

C'est un homme, un vrai !

N'en faites pas un assassin. Venez.

Non, je reste.

S'il veut me tuer, c'est qu'il m'aime encore. - Dans ce cas, je vais lui parler.

Non, je vous en supplie. Il ne faut pas qu'il sache.

Mais il veut vous tuer !

C'est son droit. Je l'ai probablement m�rit�.

Je ne peux tout de m�me pas m'asseoir sur vos genoux pour vous prot�ger !

Mais je vais vous suivre de loin.

- Merci. - C'est pour lui que je le fais.

Alors, merci pour lui.

�a va, maintenant !

- Et le constat ? - Je n'en ai pas besoin !

- Pourquoi vous m'avez fait venir ? - Je ne l'ai pas fait. Collant !

Madame, ne partez pas !

Brigadier, emp�chez-la de partir !

Vous me prenez pour un guignol ? Vous allez vous expliquer !

- C'est loin ? - Non.

On a tout le temps. Mon train est � 10h.

10h pr�cise, je sais.

Comme tu dis, on aura tout le temps.

Allez, grimpez !

On s'est fait distancer avec votre histoire de gendarme.

- C'est ici ? - Oui.

On va laisser la voiture ici parce que la grille n'est pas encore r�par�e.

Tu vas rester ici bien sagement.

Tu n'emm�nes pas le chien ?

Non, ce n'est pas la peine. Il devient dangereux quand il a peur.

Pourquoi aurait-il peur ?

Il ne conna�t pas la maison.

Adieu, Brigand.

C'est sauvage !

Oui, j'ai horreur des jardiniers.

Voil� la Gouy�re.

Tu veux visiter ? - Bien s�r.

Oh non.

Une maison inhabit�e, c'est froid et sombre.

J'aime mieux rester au soleil. - D'accord.

L'herbe est toute chaude.

Ne restons pas l�, viens.

Pourquoi ? Je suis bien l�.

Allons, ne fais pas l'enfant.

Comme tu voudras.

- Jean. - Oui ?

Pourquoi ne m'as-tu jamais fait de mal ?

Que veux-tu dire ?

Tous les gens qui s'aiment s'en font un jour ou l'autre.

Depuis que tu m'as rencontr�e, tu ne m'en as jamais fait.

Tant mieux.

Tu aurais pu, quand je t'ai quitt�.

Tu aurais pu essayer de te venger.

Tu n'as m�me pas cherch� � savoir o� j'�tais.

C'est ce que tu voulais ?

Pourquoi as-tu toujours �t� si bon avec moi ?

- Par l�chet�. - Oh, non !

Non, tu es le contraire d'un l�che.

Est-ce que c'est pas tout simplement parce que

tu m'as aim�e ?

Beaucoup ?

�a se peut.

Jean !

Il suffirait que tu me prennes dans tes bras.

Je saurais que tu me pardonnes, et tout recommencerait.

Allons, ne disons pas de b�tises. Tout �a maintenant est trop tard.

Quoi qu'il arrive,

c'est le plus beau dimanche de ma vie !

Elle marche plus ! Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est la panne s�che. - Bon, j'ai compris.

La Gouy�re est � 5 min. J'y fonce � pieds.

- Je vous accompagne. - Oui, maman. On vient avec toi.

Non, reste-l�. Et vous aussi.

Surveillez la voiture et ma fille.

Je pr�f�re y aller seule. C'est pas des histoires pour des m�mes.

J'aurais d� mettre mes ballerines.

Jean, tu n'as rien ?

Je suis tout mouill�.

- Ne ris pas, hein ! - Je peux pas m'en emp�cher !

Ne ris pas, je suis tr�s capable de te tuer !

Je le sais, mon ch�ri !

Je voulais vraiment te tuer, garce ! Tiens, regarde.

Mais personne ne me croira jamais !

Moi je te croirai.

Mais non ! Tu dis �a pour me faire plaisir.

Vise le tueur avec les fesses dans l'eau !

- Sors de l� ! - Non, je sortirai pas !

Prends ma main !

Non, merci. Je l'ai prise une fois, �a suffit !

Mais je t'aime, idiot !

Ne te donne pas tant de peine ! Je ne suis pas un grand patron !

Je n'ai pas de voiture am�ricaine. - Mais je le savais !

Tu le savais !

Quand est-ce que tu vas comprendre que je t'aime tel que tu es !?

�a ne suffit pas.

On ne guerit pas une cloche comme moi avec quelques mots gentils !

- Laisse-moi essayer ! - Non, je te connais.

� la premi�re occasion... - Non, je te le jure !

Tais-toi donc ! Tu aimes trop le fric !

Toutes les femmes sont comme �a !

Tu n'es pas plus garce qu'une autre, mais une garce tout de m�me !

Enfin, tu m'avais pr�venu. Je n'ai pas � me plaindre.

- Essayons tout de m�me ! - Non, je ne veux pas !

- Je t'en supplie, mon ch�ri ! - Non, je ne peux pas !

Je n'ai pas le courage.

Jean !

Jean !

Jean !

- Vous allez � Paris ? - Oui.

Vous pouvez m'emmener ?

Dans l'�tat o� vous �tes, on ne peut rien vous refuser. Montez.

O� est-il ?

- Parti. - Que s'est-il pass� ?

Rien. Tout est fichu.

Enfin, vous �tes vivante. C'est l'essentiel.

En ce qui me concerne, ce n'est pas l'essentiel.

Allez, venez.

Montez.

Je vais la conduire. �a me conna�t, les Chevrolet.

Et ton train ?

Je l'ai pas pris.

Alors, tu restes ?

Si tu veux bien de moi.

Idiote !

Allez, viens.

Mais tu as toujours ta vieille Traction ?

Oui, toujours.

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