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*Annonce d'atterrissage en anglais
Atterrissage
- Je m'appelle Rodrigo Gonsalvez. Je suis colombien.
Je viens chercher refuge. Je n'ai pas de point de chute.
Vous tombez bien.
J'ai...
2 kg de shit dans mon sac.
- Je peux vous faire fouiller. - Des promesses...
- Circulez.
Musique funk
- C'est moi. - Bonjour, M. Jackson.
Je prends votre bagage. - Bien sûr.
- ParicL
Je croyais que vous étiez noir.
- Ah oui ? Pourquoi ? - Vous êtes africain, alors...
- Les préjugés ! Je suis africain, donc je suis noir.
Eh bien, non. Monsieur... Jackson est blanc.
- Mais vous êtes africain.
- Oui. Je suis congolais.
- Vous n'êtes pas ivoirien ?
- Et ivoirien.
Mon père est congolais, ma mère ivoirienne.
- Mais vous êtes blanc.
- Ben oui. Je suis né en France.
Votre prénom ? - Rachida.
- C'est joli. - Je suis portugaise.
- J'ai été pêcheur à Lisbonne. - De poissons ?
- Oui, de morues. J'avais une petite poissonnerie.
- T'en as pas marre de mentir ?
- Tout le monde ment, Max.
- T'es dingue.
- On a été à l'ambassade et j'ai été rechercher ma bagnole à Roissy.
- À pied, ça t'aurait entraîné.
Ricanement
Tu vas la revoir ? - Oui.
Je l'appelle samedi, je la baise dimanche, je la quitte lundi.
- C'est beau, ça.
On dirait un slogan politique.
Et...
ça te sert à quoi ?
- À rien.
Le challenge.
Être un autre.
Baiser en étant moi-même, ça me passionne pas.
- Tu sais, même avec ton pognon et ta petite gueule de vieux beau,
t'es pas irrésistible,
hein.
Essaie juste en étant toi-même.
Voilà un défi. T'es pas sûr de décrocher le pompon...
Je te jure, t'es dingue.
Un téléphone sonne.
- Allô ? Je mange.
Ouais.
Ben... À samedi, alors.
Oui.
Il soupire.
Ma mère... - Vous êtes réconciliés ?
C'est bien. Que dit Odette ?
- Elle est morte.
- Ah...
Il souffle.
- Excusez-moi. Pardon.
Ils chantent "Ba Moin En Ti Bo".
- Mes chers frères et sœurs,
c'est avec tristesse
que nous nous réunissons aujourd'hui pour célébrer la mémoire d'Odette.
En cet instant,
je pense tout particulièrement à la douleur
de ses fils, Lucien et Jocelyn.
- Je me suis trompé d'enterrement.
-"Tic et Tac", comme elle disait. C'est un vide énorme
que laisse Odette. - Et papa ?
- Il ne voulait pas venir.
-"Un être vous manque et tout est dépeuplé."
Odette avait la solidité du chêne et la souplesse
du roseau. - C'est long, non ?
- Tu vas nous manquer, Odette.
Tu irradiais de ta présence... - Tiens. Les clés de chez maman.
Elle aurait aimé que tu y ailles avant qu'on vende.
- Qui pourra oublier tes bonnes actions,
sans espoir de récompense, ton amour des autres...
- J'ai un double au garage.
- Ta joie de vivre, tes petits tailleurs coquins,
tes chemisiers légers, tes petits escarpins
qui te donnaient cette démarche de princesse.
Ton parfum...
Tes petits plats,
qui nous rappelaient qu'en te voyant, c'est l'Italie que l'on embrassait.
Où es-tu, Odette ?
M'entends-tu ?
Tu as toujours été forte,
même dans l'adversité.
Nous le savons tous,
tu as su faire de ton échec sentimental une force.
Tu as su tenir la barre quand le capitaine abandonnait le navire.
Ta seule faiblesse fut de t'oublier pour aider les autres.
-"Qu'on 'soye'
"'joilleuX' ou plein de peine, une maman, 'sé' toujours présent."
*Brice Davoli : "Amore mio"
Il coupe la musique.
- Pardon.
- Bonjour.
- Je ne veux pas vous déranger. Je suis votre nouvelle voisine.
Votre porte était entrouverte.
Comme j'avais besoin d'aide pour déplacer une commode, mais...
- Je vais vous aider. - Ben non.
Vous inquiétez pas. Je me débrouillerai.
Ah, et je suis auxiliaire de vie.
Je m'occupe de gens comme vous.
Si jamais vous avez besoin de...
Je cherche du travail. Je suis au chômage.
Enfin, voilà. Si jamais...
- Des gens comme moi ? - Oui.
- Ah, ben oui...
- Attendez ! Pardon...
Je vais vous aider.
- Laissez !
Je vais le faire moi-même. Donnez-moi juste la bobine...
- Euh...
- Non, l'autre. Là...
Penchez-vous, à côté.
Voilà. Merci.
Il y a des petites aiguilles qui sortent,
et ça pique les pieds... les pneus.
Je peux savoir votre prénom ? - Ah oui, pardon. Julie.
Julie Montier.
Et vous,
c'est Odette Tomazzi ? C'est le nom sur la sonnette.
- Oui, c'est...
C'est ma mère. L'appartement est à son nom, et elle est décédée.
- Oh...
- Je vis seul ici avec mes souvenirs.
Il soupire.
Je m'appelle Jocelyn.
- Hou...
Enchantée, Jocelyn. Bon. Je ne vous dérange pas plus.
Mais n'hésitez pas. Je suis en face.
- Je n'hésiterai pas. Pareil, hein...
Du seul, du poivre... Un petit morceau de tissu...
Hein, n'hésitez pas, entre voisins.
- OK. Bon. Ben, à plus.
- À plus tard. - Salut.
La porte se ferme.
Il chantonne.
Il souffle.
- C'est quoi, ce challenge ?
Tu crois qu'un handicapé qui se tape une super nana,
debout, c'est une performance ?
- Dans un appartement de vieux. Je vais surkiffer, je te dis.
C'est la Belle et la Bête.
Faut que je me trouve un pantalon en velours.
Ça fait pitié, ça va l'émouvoir.
Si j'y arrive, le marathon, tu le cours avec moi.
- Sinon, tu acceptes la coloscopie des 50 ans.
- J'ai pas encore 50 ans. - Tu les auras.
- C'est pas des jetables, ça ?
- Bon.
Écoute, je veux pas savoir ce qui se passe dans ta tête,
mais pour le reste, tout va bien.
- Bonne nouvelle. - Dis-moi...
Si ça marche, tu passes à l'acte comment ?
Tu fais quoi ?
- Attends, Max, je passe pas à l'acte.
Ah non. Pas là. Le challenge.
Un moment de...
Je deviens Jésus. Je me lève, je marche, je m'en vais.
Non. Je la baise pas.
- Tu es dingue.
- Sauf si elle insiste.
Musique funk
Bureau.
Je pense que c'est avec une communication sans ambiguïté,
franche et directe, que nous irons droit au cœur de cible.
L'essentiel, c'est d'optimiser le "reach",
"targeter" les "early adopters"... Clarisse, ton téléphone !
On ne triche pas avec les sportifs, et encore moins avec les jeunes.
Et puis, surtout,
je voudrais laisser une place à la concurrence.
Je veux que chacun puisse trouver chaussure à son pied.
Je veux du respect.
Je plaisante.
On rentre dedans, on tape, on gagne, on crève les pneus.
On est numéro 1. Je ne veux plus voir le numéro 2 dans le rétro.
Faut que tu changes de parfum.
Alors, on leur met bien profond.
Pas de pitié. L'important, c'est l'objectif : être fort...
Cliquetis du stylo
...dans la bataille, le reste suit.
N'oubliez jamais : la forme, c'est le fond
qui remonte à la surface.
Il chantonne "Amore mio".
Un enfoiré. T'es un enfoiré. Ah si.
Sonnette
- Oh, Justin ! - Jocelyn.
- Jocelyn.
- Je vous dérange ?
- Non. Je faisais mes ongles.
- Ça vous tente, un café chez moi ?
- Euh... "Why not?"
- Et sinon, du sucre en poudre, ça irait ?
- Euh... oui.
Mais en morceaux, c'est mieux. Je les casse en deux.
Mais sinon, ça va.
Je vois que
vous faites attention.
- Je prépare un marathon.
- Un marathon ?
- Euh... oui, en spectateur.
Pour être en forme et être moins lourd à pousser.
Et donc, vous,
vous êtes auxiliaire de vie ? - Oui. Enfin, au chômage.
Vous travaillez ? - Je peux pas. Je suis handicapé.
- C'est pas pour ça
qu'on ne fait rien.
Ça vous empêche pas
de regarder mes seins.
- Je regarde pas. - Ben si.
- J'avais pas vu que vous en aviez.
- Si. Vous me matez.
Mais heureusement, je serais vexée.
Vous êtes marié ? - Ah non.
C'est difficile, dans mon état.
Il faudrait quelqu'un...
de très altruiste, peut-être. - Ou qui aime les gens.
- Aussi. - Je suis pas très mariage.
Je préfère les relations éphémères.
Pas d'attache,
pas de mensonges inutiles... - Banco!
Vous faites quoi, ce soir ?
- Je vais à la patinoire.
- À la patinoire, je fais pas 2 mètres.
Sauf avec des pneus neige.
- Non, mais on y va entre jeunes.
La porte s'ouvre.
Merci. C'était cool.
À plus, peut-être.
- Oui. C'était cool...
À plus.
'Oui ? Julie.
- En fait, je vous ai menti, je...
Je travaille.
Voilà.
À Paris. Et c'est le pantalon de ma mère.
Je suis directeur général Europe chez I-Run.
-"I-Run" ?
- I-Run.
Vous connaissez Nike, Reebok, Asics...?
Les chaussures d'Uma Thurman dans Kil/ Bill, c'est moi.
- Ah g
- C'est pour vous dire que je ne suis pas que...
Enfin, j'ai d'autres atouts.
C'est pas important, mais...
Si ça peut aider à ce qu'on se comprenne...
- Mes parents font un barbecue dimanche. Je vous invite ?
- Euh...
Musique des années 60
Il soupire.
Tonnerre
Qu'est-ce que je fous là ? Aboiements
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Attends, arrête. Lâche.
Couchez ! Couche !
- Régis, assis ! Assis !
- Lâche mes roues !
- Régis, tais-toi ! - Il est gentil.
- Ouais. Hou... Ça glissote...
Régis ! - Il va me crever les pneus.
Lâche!
- Allez, au panier! - Gentil.
- Vous auriez dû m'appeler.
- Il n'y avait pas de raison.
- Vous êtes venu à pied ? - J'ai laissé ma voiture plus loin.
- C'est ridicule. - C'est ridicule, oui.
Les jeunes jouent.
Hou là ! Doucement, les enfants.
- Ah ! Voici enfin notre Justin !
- Jocelyn. - Oh, des fleurs !
Merci. Je suis gâtée.
Venez, venez, venez, venez.
Tiens. Venez. - Oui, je viens.
- Ah ! - Attends.
Vas-y.
- Attendez, attendez. - Je... Ouais.
Derrière.
- Venez. - Je viens toujours.
- On va y arriver.
- Hoplàl Attendez, attendez.
Voilà.
- Allez. - Venez.
Venez. Mettez-vous là. - Voilà.
Julie souffle.
- Faudra que tu mettes une rampe d'accès,
chéri, quand même. - Bonjour.
- Bonjour.
- Déshabillez-vous. Le poncho, c'est la porte ouverte à la sudation.
- Il faisait froid.
J'ai cru qu'il allait pleuvoir.
- Voilà. C'est Jocelyn.
- Il est pas si vieux.
Donc vous êtes voisins. C'est drôle. - En fait, c'est chez ma mère.
J'ai un pied-à-terre à Paris, mais ma mère est décédée récemment...
- Mon Dieu, la pauvre.
Pas trop grave ?
- Ben, décédée.
- Ah oui... La vie, quelquefois...
- Donc je fais des allers-retours... - Jocelyn travaille à Paris.
- Depuis le temps qu'elle cherchait un client...
Je sais pas
si on dit comme ça.
Comme quoi, le malheur des uns fait le bonheur des autres.
- Ah ben le voilà.
Moi, c'est Fred. Je suis le tonton. - Ben... bonjour.
- Les enfants, c'est pas un spectacle.
- Je suis la grande sœur.
- Attends, attends !
Je vais t'aider.
- Maman, la tarte brûlait.
- T'as bien fait. Merci, chérie.
- Je vais t'aider. - Prends la tarte.
- Voilà. Jocelyn, Florence. Florence, Jocelyn.
Voilà.
Ma sœur célibataire.
Qui veut jamais qu'on l'aide.
- Bonjour.
- Bonjour.
- Vous devez avoir 1000 trucs à vous dire, entre...
Parisiens.
- Vous n'êtes pas
musulman, j'espère ?
Mon mari a fait du porc. - Je suis italien.
- Ah ! On aurait dû prendre du prosciutto.
Tonnerre
Chéri, t'as pas vu mes lunettes ?
Où sont-elles ?
Sans lunettes, je peux rien voir.
- Vous faites quoi, à Paris ?
- Je vends des chaussures de sport.
- Désolée. Ça me fait rire. Vous feriez mieux de vendre des roues.
Je dédramatise.
- Je travaille chez I-Run. Je suis directeur général Europe.
- I-Run ? - Oui, I-Run.
- Vous connaissez Nike, Reebok, Asics ? Ben voilà, c'est moi.
C'est nous.
Les chaussures d'Uma Thurman dans Ki/l Bill.
- Non ?
- C'est pas les vraies, c'est...
Les vraies, c'est elle qui les a. - Waouh !
Et vous faites du sport ?
- Ben non.
- Moi, je fais du tennis.
- Ah bon ?
- Enfin, je suis violoniste. Vous aimez la musique classique ?
- Je suis plus musique moderne.
Quand j'écoute du classique, ça me... - Fait chier.
- Ouais. - Un Italien qui n'aime pas le classique.
- C'est ma mère qui est italienne. Moi, je n'ai que les poils.
- Ah ? Les poils, c'est italien ?
- Ouais.
Avec les spaghettis. J'ai choisi les poils.
C'est pas facile, de jouer du violon. - J'ai commencé à 5 ans.
Par chance, je ne suis pas soliste.
Je n'ai pas à me lever pour saluer.
- Vous jouez où ?
- Partout dans le monde.
- Du violon ? - Non. Parfois, je fais de la trompette.
- Vous vous moquez de moi ?
- Oui.
Vous habitez Paris, Paris ?
- Non. Pas Paris, Paris. À côté, à côté.
- Ah...
BanHeue,banHeue.
- Oui, oui. C'est ça, c'est ça.
- Ben, c'est bien, c'est bien.
- On fait un Monopoly ?
Tonnerre
- Je te jure, j'ai même fait un Monopoly.
- Je le crois pas, je le crois pas. T'es dingue, hein !
Je te jure, t'es dingue. T'as jamais honte, toi ?
- Tu veux que je lui dise que c'est bidon,
que c'est pour draguer sa sœur ?
Je me lève,
et je lui offre la chaise pour lui montrer que je suis généreux ?
- Bref. T'as joué, t'as perdu.
T'as même menti sur ton âge. Tu t'arrêtes où ?
- C'est à la petite que j'ai menti. 28 ans, un cul comme ça.
44, ça passe mieux que 49, déjà que je suis dans une chaise...
- Rentre pas le ventre. Y a que nous.
- Je rentre pas le ventre. - Si. Je te connais par cœur.
Tu rentres le ventre.
Tu stresses, tu gonfles. Déstresse ou pète.
BÎP
Elle est comment, la grande sœur ?
- J'en sais rien, "elle est comment".
- Elle est intéressante, belle ?
- Je l'ai pas regardée comme ça...
- Mais t'aurais dû. T'aurais dû.
C'est pas bien, ce que t'as fait. Sonnerie de téléphone
Oui, mon amour ?
J'allais partir. J'arrive.
Oui, je me dépêche, mon cœur.
Oui... Moi aussi. À tout de suite, mamour.
Non. Moi, plus que toi. Allez...
Gros béc'. Ah, Jean-Pierre ?
Il a raccroché.
Bon. J'y vais.
Mon mec m'attend.
Arrête d'aller chez ta mère. Elle n'est plus là.
C'était avant, qu'il fallait y aller.
Et laisse tomber les jeunettes en short. Hein ?
Sonnette
- Ah...
Euh... Bonsoir. - Bonsoir.
- Je suis la voisine. Jocelyn n'est pas là ?
Il a oublié ses gants.
Je l'avais invité chez mes parents.
- Ah non, il est pas là, non. Je suis son frère... jumeau.
- Ah...
Ben oui.
Il y a sa chaise.
- Sa chaise ? - Son fauteuil.
- Vous voulez rentrer ?
- Non, mais vous comprenez.
C'est émouvant, ces gens qui se battent pour retrouver une dignité.
- Oui, c'est...
Mais mon frère est surprenant.
- Il a une telle envie de s'en sortir.
Il m'a parlé de son engagement au Boudana...
Boutsfana ...
Boudvana... Botsané... En Afrique.
C'est une énergie
formidable.
- Formidable. - J'espère ne pas
l'avoir vexé en lui présentant ma sœur. - C'est pas le genre.
- Elle est aussi handicapée. - Ah...
- Je me suis dit qu'ils pourraient se plaire. Qui se ressemble s'assemble.
- Votre chewing-gum.
Je vais le jeter.
- Qu'est-ce qui lui est arrivé, au juste ?
Son handicap. Il est para ?
-"Para" ? - Plégique.
- Ah oui, "plégique", oui.
Il est ça.
Il vous le dira.
Moi, je suis pas très doué pour raconter...
Je suis garagiste.
- Ah oui ?
- Mais il est "plégique" léger.
- En fauteuil, quand même. - Mmh...
- Mmh.
- T'as revendu ta chaise ?
T'aurais pu te mettre sur une place handicapé.
C'est plus large, c'est mieux.
Normalement, c'est les Ferrari qui sont rouges.
Même ta bagnole, elle triche.
- Et toi, tu triches pas ? Avec ta veste noire pour montrer que t'es triste.
Tout le monde triche. - Tu ne t'aimes pas, Jocelyn.
C'est pour ça que tu te caches.
C'est pas bien, ce que tu fais.
Musique rythmée
On frappe à la porte.
- Pardon. Rire gêné
Pardon, Jocelyn.
N'oubliez pas que demain, à 14 h,
vous avez rendez-vous avec... les messieurs du Qatar pour le contrat.
- Oui. C'est bon. Merci, Marie.
C'est noté.
Petits cris de dégoût
Ma rie,
plus besoin de vous déplacer.
J'ai mis une petite machine. Vous appuyez là,
et vous parlez. - La petite machine.
- La petite machine.
- Il y a quelqu'un pour vous.
- Je reçois pas le lundi, Marie.
- Une handicapée physique.
Ils ont pas osé l'arrêter à la réception.
- J'en ai que pour une seconde.
- Attention, les pieds. - Bonjour.
- Bonjour. Marie, vous pouvez nous laisser,
s'il vous plaît.
Euh... Ben, installez-vous.
Enfin... Euh...
Approchez... vous.
- Je voulais m'excuser...
Enfin, excuser ma sœur.
J'ai une compétition de tennis pas loin.
Je me suis dit que c'était à côté, autant en profiter.
J'ai cherché "baskets d'Uma Thurman dans Ki/l Bill".
Je suis tombée sur vous.
Je voulais juste que les choses soient claires.
Je ne savais pas ce que manigançait ma sœur.
C'est pas parce que...
qu'on se connaît pas qu'on a forcément des choses à se dire.
Je suis un peu confuse. C'est une rencontre un peu idiote.
- Au contraire, j'étais heureux de rencontrer votre famille.
- On vous a posé sur le bureau ?
- Je vais vous dire la vérité, Florence. C'est...
Jocelyn soupire.
C'est absurde, hein, mais...
Je suis gêné, pardon.
C'est ridicule, cette histoire.
Ne le prenez pas mal, hein ?
En fait... - Vous avez honte.
Vous êtes mal à l'aise devant vos clients ?
C'est la petite lueur de compassion qui vous dérange ?
Ou le côté mielleux qui leur donne l'impression
de prendre votre handicap ?
Ça déculpabilise, la compassion.
Ou ceux qui veulent nous montrer qu'on est comme eux.
On n'est plus comme eux.
Faut l'accepter.
C'est comme ça.
Pas la peine de planquer votre fauteuil, personne ne va le voler.
- C'est mon assistante.
Elle...
Oui ? o" frappe à la porte.
- Je peux vous parler ?
- Oui. Qu'y a-t-il ?
- Venez.
- Non. Vous venez.
- Non. Venez.
- Non, vous. - Non, vous.
- Non, vous. - Non, vous.
Je peux pas bouger.
- Très bien.
- Je joue un match au stade Perreti, à 19 h. Un très beau match.
Si jamais ça vous tente. C'est pas vous, le sponsor.
Ils ont choisi plus...
*-Jocelyn ?
'Oui ?
*-Il me faut une réponse urgente.
'De quoi ?
*-C'est pour votre coloscopie. Elle est déplacée.
C'est toujours dans l'anus, mais c'est jeudi.
Il me faut votre accord, sinon le rendez-vous va sauter.
- C'est bon, Marie.
*-Et le docteur a dit qu'il fallait penser au régime
pour que les intestins soient clairs.
Ça facilite le passage de la caméra. C'est ce qu'il a dit.
- C'est bon, Marie.
- Voilà. Je vous laisse avec vos petits problèmes.
Et si ça vous tente,
c'est à 19 h. Merci de m'avoir reçue.
- De rien.
- Au fait, deux choses...
L'athlète noir qui court vite sur l'affiche, c'est très cliché.
- Et la deuxième ?
- La chemise ouverte sur les poils, c'est très excitant.
Et n'oubliez pas de boire.
- Marie.
- Oui ? Ah non ! La petite machine.
Pardon. La petite machine !
- Bon. Ben, Marie ?
Halètements
- Oui.
*-Pourquoi on n'est pas sponsor à Perreti ?
- Ben, c'est un match handisport.
*-Envoyez Marc pour jeter un œil.
- Il peut pas, ce soir. Il a squash, c'est lundi.
*Sponsor de chaises roulantes, manquait plus que ça.
- Je vous entends. Lâchez le doigt. *-Ah, pardon.
Applaudissements
*-Bonsoir. Bienvenue au stade Perreti
pour cette finale opposant Marie-Claire Duret
et Florence Montier.
Cette finale se tiendra en deux sets gagnants.
Mesdemoiselles, que la meilleure gagne.
- En tout cas, c'est tout public.
Il n'y a pas que des gens... handicapés.
En criant - Plus fort ! Je suis sourd !
Applaudissements
Musique intense
Acclamations
En criant Bavo ! Bravo !
Bravo ! Bravo ! Bravo !
Bravo !
Bravo !
- Sourd, mais pas muet.
- Florence, ne dis pas ça.
T'as joué ton max. T'étais au top.
- Ben ouais, mais je... Oh, Jocelyn !
- Oh, Florence ! Madame.
- Ben, merci d'être venu. C'est super sympa.
- C'est normal.
Bravo. Moi, j'avais jamais vu de match comme ça. C'est...
C'est...
impressionnant.
- Vous êtes sur ma chaise.
- Oui.
Euh...
C'est parce qu'en fait, j'ai eu un...
J'avais ma chaise à côté.
Une minute d'inattention, et hop !
Un voleur de chaise.
- Un voleur de chaise ?
- Euh... non.
En fait,
j'ai eu un problème avec la mienne. Voilà. Je vous le dis.
J'ai la roue qui couine.
Je l'ai laissée à mon assistante, et je me suis permis
de prendre la vôtre.
Je vous la rends.
- Non. Je rentre avec celle-ci, c'est celle de Batman.
- Ah... - Je viendrai
la chercher demain à votre bureau. - Non!
Je vous la ferai apporter. Je préfère.
Chocs
- Vous voulez prendre un verre avec des amis ?
Pour finir, Jean-Luc, notre champion de ping-pong.
- Ben oui.
- Allez, on trinque. - À notre championne !
- À notre championne !
- Comment c'est géré, votre fédération handisport,
au niveau de qui joue contre qui ?
Je veux dire, il y a des catégories,
des hiérarchies selon ce qu'il te reste... Enfin, selon ton handicap ?
C'est les pas de jambes
contre les pas de jambes ? Par exemple, Jean-Luc,
j'imagine que tu joues avec la bouche. Tu aurais le droit
de jouer contre un mec qui n'aurait qu'un bras ?
Ou est-ce que tu es obligé de jouer contre les pas de bras du tout ?
Il n'y a pas beaucoup
d'adversaires, j'imagine. Faut l'avouer.
Qui décide de ça ? Qui décide que toi, Simon,
avec tes lamelles en fer,
tu cours plus vite qu'avec une jambe en bois.
Celui qui a des petits bras,
est-ce qu'il doit nager seulement contre des petits bras
ou est-ce qu'il peut nager, éventuellement,
contre des petites jambes ?
- On a compris, Jocelyn.
- C'est qui ? - Et toi,
tu fais pas de sport ?
- Euh... non. - Tu as tort.
- Ton corps
doit sentir que tu l'aimes.
- C'est qui ?
- Ne le mets pas de côté. - C'est qui ?
- Assume. - C'est qui ?
- Oublie le regard des autres.
- C'est qui ? - Je suis sourd !
- Musique classique violon...
*J.-S. Bach : "Concerto pour violon en la mineur - Allegro"
Ouais.
C'est Pierre et le Loup, quoi.
Une porte s'ouvre.
- Bonjour. - Ah, bonjour.
- Je suis l'assistante de Jocelyn. Vous me remettez ?
- Oui. Très bien. - Il m'a dit
de vous remercier et de vous dire que vous aviez fait un très beau match.
Et il m'a dit de vous dire aussi
qu'il avait bien récupéré sa chaise à lui. Voilà.
Parce qu'il est handicapé.
- C'est très gentil. Merci.
Rire gêné
Vous voulez entrer ? J'ai préparé du thé.
Elle pince une corde.
Voilà ! - Oh !
- C'est pas grave. Laissez.
Je vais le ramasser.
J'ai qu'un verre d'eau. C'était le moins excitant.
- C'est parfait. Merci.
- Asseyez-vous.
Elle crie et rit.
- Vous êtes très belle.
- Merci. Il vous a dit de le dire ?
- Non, c'est...
Non, c'est moi. C'est perso. Je vous trouve très belle.
Mais je pense que lui aussi. Il aime bien les jolies femmes.
- Vous devez lui plaire.
Vous êtes jolie, aussi. - Oh...
- Vous êtes amoureuse de lui ?
Rire gêné
- De Jocelyn ? Pour quoi faire ?
- Ben... Je sais pas.
Il est bel homme, il a une belle situation...
C'est à cause de son handicap ?
- Non...
Non, non, non, non. Non, non, non, non.
Non, non, non, non.
Vous avez de la chance.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Parce que vous avez souffert.
Et je pense
que les gens qui ont souffert sont plus optimistes.
Ils apprécient plus la vie.
J'ai lu ça dans Biba, je crois.
Ça disait : "La vie est un long voyage au milieu de la nuit."
Vous, c'est comme si vous aviez une lampe-torche.
- Mmh... C'est une très belle phrase.
- Ouais.
- Pour une femme comme vous, en amour,
l'optimisme, c'est que ça dure. - Oui.
- Pour moi, c'est que ça arrive.
On frappe à la porte.
La porte s'ouvre.
- Et...? - Ses dates de tournée.
C'est elle qui me les a données. C'est pas bien, ce que vous faites.
- Oui. Je sais. Vous allez tous me faire chier ?
- Elle joue à Prague, le 12.
- Et alors ? - Vous y serez aussi.
- Pourquoi ? - Le 12,
vous signez le contrat avec l'équipe de foot de Prague : Le Sparta.
Signature à 16 h, concert à 20 h, avion le lendemain.
- Ah non. Le Sparta, c'est le 14. Le 12, je suis à Madrid.
- Non. Plus maintenant. J'ai appelé.
Sparta le 12, Madrid le 14. J'ai twisté. Ils sont OK.
- Et pourquoi j'irais voir un concert de classique à Prague ?
- Et pourquoi vous allez voir un match handisport ? Hein ?
Et puis, c'est l'Italie, non ?
- C'est ma mère qui est italienne. - Justement. Allez-y en vous-même,
debout, en marchant.
Le classique, ça donne des ailes.
Ça fait du bien de dire la vérité et de s'excuser.
Elle n'est pas dupe. On pue pas des pieds quand on s'en sert pas.
Ah. Je vous mettrai un smoking dans vos bagages.
Debout. Pas de chaise.
Musique funk
Clochette
- Pardon. Excusez-moi. Euh...
I am going t0 the opera tonight and I need a chair, please.
- A seat? - No, no.
I've got a seat. I need a chair. - Oh, yeah.
S0, I think the best is t0 ask the concierge. Pedro ?
Il parle en tchèque.
- Yes, "monsieur"?
- Hello... Pedro.
I would Iike
a chair for tonight.
'(ou know... A chair.
- Ah... Yes. You want someone with you
for tonight.
Yes? - No.
'(ou know...
Chair.
- Yes. I understand.
'(ou want t0...
on the chair.
Yes?
Il pousse de petits cris.
- NO] no'
no, no...
Il comprend pas.
A chair. Look...
I can't walk.
Aïe ! Oh !
C'est pas compliqué.
Chair...
Pardon. Excusez-moi, monsieur. Je peux ? "Look."
A chair.
Gémissements de douleur
You know, with big "roues" and Iittle "roues".
A chair.
- Yes, yes...
You want a wheelchair.
'Yes!
Giuseppe Verdi : "La Forza del destino - Ouverture"
Klaxon
Applaudissements
Remo Giazotto : "Adagio en sol mineur"
Sonnerie de téléphone
- Désolé.
Je suis désolé, c'est parce que je suis médecin.
Ym a doctor.
Gynécologue.
- Oui, oui.
Felix Mendelssohn : "Concerto pour violon en mi mineur - Opus 64"
Applaudissements
Rires
- Super. Merci. Bye.
Jocelyn ?
Qu'est-ce que vous faites là ?
- Ben...
J'avais des affaires à régler à Prague, j'en ai profité.
J'ai tapé "Rupert Selman",
sur Internet, et puis voilà.
C'était magnifique.
- Merci. C'est gentil.
- C'est sincère.
- Florence, tu nous suis ? On va dîner. Je t'invite.
Tu ne peux pas refuser. - Je vous rejoins.
- On est au Geppetto. Bonsoir, monsieur.
- Bonsoir.
- Bon,ben...
- Eh ben, bonne soirée. - Ouais.
Bonsoir.
Vous préférez pas qu'on dîne tous les deux ?
- Euh...
Oui.
- Dites-moi. C'est pas un hasard ?
Vous avez cherché où je jouais et vous êtes venu.
- Non. C'est un hasard.
'VOUS êtes un beau menteur.
- Non. J'avais un contrat à signer à Prague, je vous le jure.
C'est vous, la menteuse.
Vous disiez ne pas être soliste,
mais vous chantiez toute seule.
- Je chante pas, je joue.
- Ouais... "Jouer" toute seule, c'est pareil.
- C'est pas un mensonge. La soliste était malade, je l'ai remplacée.
Vous voulez pas une chaise ?
- Non. Je suis très bien comme ça. Pourquoi ?
- Houlà_.
Vous, vous voulez me soûler.
Vous voulez que je titube.
- Vous portez des lunettes, en plus ? - En plus de quoi ?
- En plus de... Comme moi. Moi aussi, j'en porte. Ça vous va bien.
- À la titubation ! - À la titubation !
Jocelyn crie.
Fracas
Pardon.
Tchèque approximatif
Excusez-moi. Je...
C'est un nouveau modèle. Je maîtrise pas bien.
- Je sais quelque chose sur vous.
Vous êtes instable. Vous changez de fauteuil
tous les deux jours. C'est pas vrai ?
Moi, Jojo... Ça vous ennuie pas si je vous appelle "Jojo" ?
- Oui, ça m'embête, mais je vous laisse faire.
- J'ai pas un cul désagréable à regarder, mais personne le voit.
Ça, c'est le problème du fauteuil, entre autres.
Aux petits culs !
Jocelyn rit.
- Aux petits culs ! Et aux gros, car il en faut pour tout le monde.
- Vous savez quoi ?
Vous devriez faire tomber le nœud. - Le nœud ?
- Le nœud parabole.
- Vous avez raison.
Il souffle.
*"Working For The Man"
- Vous n'avez personne ?
- Surtout pas. -"Surtout pas" ?
- J'ai Max, déjà.
- C'est qui ? Un chien ?
- Non. C'est mon meilleur ami, Max.
S'il vous plaît. Vous parlez français ? - Un po.
-"Un po." Vous pourriez demander au chanteur de chanter moins fort ?
- Ou mieux. - Moins fort, ce sera plus facile.
Merci.
Tu rentres demain ?
-"Tu" ? Ça y est ? On vient de franchir une étape ?
Oui. Je rentre demain.
- Par quel vol ? - Je suis venue
avec le bus de la tournée. On est plusieurs à le faire.
On est entre nous, c'est sympa.
- Mais tu mets combien de temps, en bus ?
-15 heures. -15 heures ?
15 heures assis ? Je pourrais jamais.
Oui. Pardon.
Sans faire de pause.
*"Amore mio"
C'est la chanson de ma mère.
- Comment ?
- La chanson préférée de ma mère.
Il chante.
J'en peux plus.
- Bravo.
J'aime faire ça.
Ça me donne l'impression d'avoir dansé.
C'est beau.
- Tu vois, le pont ?
Tu le vois ? - Oui.
- Eh ben, t'as une bonne vue.
Ils rient.
- Tu devrais faire des rallyes.
- C'est ton hôtel ? - Oui.
Il souffle.
Tu veux boire un dernier verre ?
- Allez ! - Allez.
- Bonsoir.
- Good morning.
- Good morning.
- Oui, enfin... Bonjour.
Les femmes d'abord. 2e étage. Chambre 206.
Musique douce
C'est par là.
- Ouais. Je manœuvre.
- Je suis pas une fille facile.
- Attends. Euh...
Je vais pas rester. C'est pas bien.
- Comme tu veux.
- Bon...
Pardon.
Ah... Ça accroche.
- Ah oui. - Tes chaussures.
- Merci.
- Allez.
- Au prochain hasard, alors.
- Un mec qui te raccompagne et qui repart sans rien faire,
c'est qu'il ne peut plus. Moi, je pense qu'il ne peut plus.
- Il n'a pas la tête de quelqu'un qui peut plus.
- Et c'est quoi, la tête de quelqu'un qui peut plus ?
Il avait des couches d'incontinence. - C'est chez sa mère.
- Ouais. C'est ce qu'on dit.
Et il te plaît ?
- Ouais. Un peu.
Avec lui, je me sens entière.
Il me regarde comme une femme.
Ça fait du bien.
Il m'apporte un peu de ce que j'avais oublié.
Et puis merde, il me fait rire.
Florence rit.
J'ai jamais entendu un mec chanter aussi mal.
C'est horrible.
- Ah là là... Je comprends surtout que j'ai tapé dans le juste.
C'est sûr, ce serait mieux qu'il puisse encore...
Tu vas t'en trouver un avant moi, grande sœur.
“R. sä 'jà 'Q K. ää À
Tu veux que je te le laisse ?
- Enfin, Florence, il est...
- Trop vieux.
- Non.
Pardon.
- Les filles, il faut aller se coucher. Il est presque 23 h.
- Je me lève tôt demain. J'y vais. Tu me ramènes mon fauteuil ?
*Musique rythmée
- C'est la fête du slip.
- Je vais voir s'il y a ma taille.
- Le marathon, ça se prépare ?
- Salut, toi.
- Alors, c'était comment, Prague ?
- Bien. On a signé. - Ah...
Et l'opéra ? - Beau. Très beau.
- Et...
Ben... Elle a réagi comment en vous voyant debout ?
- Elle m'a pas vu debout. J'ai pas eu le courage.
- Ah, donc vous ne l'avez pas... Vous n'avez pas été plus loin que...
Pas en distance, mais... Bref. Ça ne fait rien.
- Non.
Vrombissement du moteur
*Musique classique
Sonnerie de téléphone
- Allô ?
Ah, Jocelyn.
Non, pas du tout. J'accordais mon violon.
- Je me suis dit que ce serait peut-être sympa qu'on se voie, comme ça,
pour prendre un verre ou même un dîner, ce serait plus intéressant.
- Ben oui, pourquoi pas ?
Plutôt lundi, je suis en relâche.
On dirait que vous êtes debout.
- Euh... Non. Pourquoi ? - Vous parlez comme quelqu'un qui marche.
- Non. Je suis assis, là. Je suis dans mon fauteuil.
En tout cas, voilà. On dit lundi, alors.
C'est parfait. Je vous envoie mon adresse par texto.
Hein ?
Et... À Prague, on se tutoyait, Florence.
- À lundi.
- Tu vas pas l'inviter chez toi ?
T'as déjà pas été capable de lui parler à Prague.
Tu lui diras plus la vérité. C'est trop tard.
- Et...
comment...
ça se passe si...
- Si ?
Paraplégique...
T'es censé bander ? - Tu peux bander, oui.
C'est un réflexe.
- Boudin, purée.
- Enchanté. Max. Non, c'est pour moi. Merci.
- Épinards à la crème sans crème.
Bonne dégustation.
- Tu peux même
avoir des enfants. Tout est opérationnel, mais sans plaisir.
Le bas est dissocié
du haut.
Le bas fait l'amour, le haut est spectateur,
si la paralysie est complète.
Sinon, tu peux encore te sentir pisser. Je te la fais courte.
L'éjaculation aussi est possible,
grâce à des médicaments
et une rééducation pour retrouver l'orgasme.
Sans oublier le para-orgasme
d'une intensité quasiment équivalente au plaisir
provoqué par l'orgasme.
- C'est compliqué. - C'est pas fait pour être simple.
- Comment tu sais tout ça ? - Je savais
que t'allais me le demander, donc j'ai révisé.
Tu veux un autre conseil ?
Laisse tomber.
- T'as raison.
Je vais tout lui dire.
- Waouh.
*Billy Paul : "Me and Mrs Jones"
- Bonsoir.
- Bonsoir.
Waouh !
- Voilà. C'est chez moi.
Un seau à champagne. Allez !
Rire gêné
- C'est Fort Boyard, chez toi.
- D'habitude, je passe
par l'autre côté.
Hop !
Ouverture de portes de placard
Pas là... Dans la cuisine.
Gémissements d'effort
Par là.
Voilà.
Chocs de vaisselle
J'ai trouvé !
- Tu joues du piano ?
- Euh... Non. Pourquoi ?
- Ben parce que t'as un piano.
- Ben...
C'est pas parce qu'on a un piano qu'on joue du piano.
J'ai des tapis, et je ne fais pas de judo.
Je savais même pas qu'il jouait.
- Enfin, il joue pas tout seul. Je l'aide un peu.
Florence joue "Me and Mrs Jones"
Elle referme le piano.
J'ai soif! - Moi aussi.
Mmm...
- On en parle ?
- De ?
- De ça.
De ce qui t'est arrivé.
- Ah...
Bon.
Jocelyn soupire.
J'ai eu un accident de cheval.
Je suis tombé de cheval, en fait.
Comme Christopher Reeve.
Celui qui fait Superman.
- Mais lui, c'est la totale.
- Mais moi, c'était un petit cheval, un poney.
Je suis tombé de moins haut.
- C'est la 1re fois que tu blagues là-dessus, ça fait du bien.
Et moi, tu me demandes pas ?
- Non.
Je veux pas t'embêter... - Tu m'embêtes pas.
Si tu racontes, je raconte.
J'ai grillé une priorité. J'ai fait 4 tonneaux.
La personne en face
s'est cassé la clavicule, et moi, j'ai perdu
mes jambes. Heureusement, mon violon
n'a rien eu. La nature est bien faite.
- Bon...
Euh...
Florence...
T'es assise ?
Je veux dire...
t'es prête à entendre quelque chose
de pas facile à dire ? - Jocelyn...
tu me fais pas le coup de la déclaration ? Pas le 2e soir.
La dernière fois que j'ai cédé, ça ne m'a pas porté chance.
On m'a trahie.
- Ah...
- Un pompier. Un officier. C'est rassurant, pourtant, un pompier.
Le soir de son anniversaire,
je me suis dit :
"Tiens, je vais lui faire une surprise." Il était de service.
Je suis allée à la caserne avec un nounours déguisé en pompier.
Bon. Pas très original, mais...
Une bouteille de champagne, une petite boîte de caviar.
Et puis, je l'ai attendu,
je l'ai attendu, je l'ai attendu... J'aurais mieux fait
d'attendre chez la standardiste du 18.
Une grande rousse avec des seins énormes.
Alors, je l'ai quitté. Il a essayé de revenir, hein.
Il m'a écrit de belles lettres, il m'a envoyé de belles fleurs...
Ça n'a pas marché.
- Pourquoi ?
- Il m'a trahie.
- T'aurais pu pardonner.
- Il m'a menti, il m'a menti.
- Faute découverte à moitié pardonnée.
- Non.
- Non ?
- Non.
- Bon.
- C'était quoi, cette chose pas facile à dire ?
- Tu sais nager ?
- Ben oui. - Tiens.
- T'as vu Titanic ? - Oui.
BÎP
Adam Naas : "Please, Come Back to Me"
- Et...
C'était bien ?
Je veux dire, tu as senti quelque chose ?
- Oui.
Là.
Et toi ?
- Euh... oui.
Pareil.
Là.
T'as raison, Max. Je suis perdu.
Je vais quand même pas craquer pour...
- Une infirme.
- J'ai pas fait le tour. J'ai 50 ans, du pognon, mes cheveux...
Ça va, je suis pas au bout.
Elle est dans une chaise, merde. Dans quoi je m'engage, là ?
- Bon. Allez, tu peux remballer.
Tu sais, Jocelyn,
je peux te faire une endoscopie,
je peux même aller jusqu'au toucher rectal,
mais je suis pas ton psy.
- Non, mais t'es mon pote. Tu dois me dire pourquoi je fais ça.
- T'as pas pensé que t'étais amoureux ? Je sais, c'est con, mais ça arrive.
J'aime pas ça, j'aime pas 93---
Mais pas du tout. - Moi non plus. C'est pas bien.
- Elle veut connaître mes amis. Qui je lui présente ?
Vous êtes les seuls au courant.
- Ça veut pas dire qu'on cautionne.
- Je vais lui dire. Il faut me laisser le temps.
Il faut le bon moment pour lui dire. Voilà.
- Si tu le fais pas, je le fais.
C'est pas un restaurant, c'est un bowling.
Il parle chinois.
- Arigato.
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Donc voici Florence. Marie, que tu connais.
Max. Mes...
mes amis. - Bonsoir.
Accent africain - Je reprendrais bien de l'alcool de riz.
Marie rit.
Je fais l'accent africain. Je sais pas faire l'accent chinois.
Ah, tiens. Un rouleau.
Si je peux me permettre
une question indiscrète.
Pour faire votre métier,
voyager, etc. Être dans un fauteuil, ça doit être handicapant.
Enfin,
façon de parler.
J'ai un oncle qui est dans une chaise.
- Le monde est petit.
- Eh oui.
Il n'a plus de jambes.
Une malformation à la naissance.
Ça arrive une fois sur des millions. - Pas de chance.
- Délicieux, ces nems.
- Oui. - Oui.
- Et puis, surtout,
il a été mal soigné après l'accident. - C'était pas de naissance ?
- Les jambes, mais pas le bras.
Il a sauté sur une mine,
en Afrique du Sud.
- Pas de chance.
- Sans son bras, il peut plus utiliser sa chaise.
Ben oui.
Il tourne sur lui-même.
- Ils sont à tomber, ces nems.
- En tout cas,
belle histoire.
C'est des bêtises, "un de perdu, dix de retrouvés".
Son bras, il ne l'a jamais retrouvé.
Heureusement, vous me direz.
Parce que 10 bras...
Marie rit.
Vous imaginez le poulpe ?
- Ils sont à tomber, ces nems. - Jacques !
- Oh...
Florence. Quelle surprise ! Ici.
- Jacques, un collègue de l'orchestre. - Bonsoir.
- Bonsoir.
- Bonsoir.
- C'est bizarre de... Sylvaine, une amie artiste.
Voix d'homme - Bonsoir, mesdames, messieurs.
- BONSOIR.
- Je me suis dit : "Tiens, si on se faisait un chinois ?"
- Ah ben oui. Ben, bon appétit.
Voix d'homme - Merci et bonsoir.
- Bonsoir.
Bon. Euh... Florence,
il faut que je vous dise quelque chose.
- Oh, putain !
J'ai de la sauce soja sur le fut.
- Mettez du sel.
- Tiens. - Merci.
Max.
"Quoi ?
- Tu m'emmènes aux toilettes ?
- Mais bien sûr.
T'es un lâche. T'es vraiment un lâche.
- Si on lui dit maintenant, elle ne va pas l'accepter.
- De toute façon, elle ne va pas l'accepter.
- Les grands esprits se rencontrent.
- Ma chaise est dehors... - Je vais te la chercher.
- Ben oui.
- Bouge pas. - Ben non.
- Sylvaine est une amie, hein. - Oui. C'est pas un problème.
'Pipi ?
Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas.
Mon père est malade.
Il m'arrive de lui donner un coup de main pour sa toilette intime.
- Ça va. Je...
J'ai ce qu'il me faut.
- Il fait caca.
Sonnette
- Je suis un peu en avance.
- Bonsoir.
- Salut.
- Oui, je frappe un handicapé. J'aime ça. Ça me détend.
- C'est bon. J'ai pas mal.
Ça va. - Écoute-moi bien,
le vendeur de chaussures.
Tu vas dire la vérité à ma sœur.
Dis-lui que tu marches, que tu t'es foutu de nous,
que tu regrettes et que t'es une merde.
Et surtout, tu lui dis tout ça sans lui faire de mal.
Si c'est possible.
Sinon, je t'enfonce mes talons de 10 cm dans le cul.
Et tu comprendras ce qu'est un forage pétrolier.
T'as 48 heures.
- Julie !
Julie !
Julie !
C'est pas ce que vous croyez.
Et puis, 48 heures...
Dites-lui vous-même.
Vous allez trouver les mots. Vous avez l'air sensible.
Moi, je PEUX P35-
- Tu sais quoi ? C'est toi le plus handicapé des deux.
\ C'est pas a moi de le faire, ce serait pire.
T'as voulu jouer au con ? Assume.
Remercie ton frère.
C'est lui qui me l'a dit. Il m'a dit
que c'était pour ton bien.
Musique douce
- Pédé.
- Ah...
Oh...
T'as besoin d'argent, toi. - C'est moi qui paye ici, papa.
- Ici, c'est payant ? - Un peu.
- Ah g
Et...
L'enterrement de ta mère s'est bien passé ?
- C'est quoi, un enterrement
qui se passe mal ? Fallait venir. - Trop tard.
Jocelyn soupire.
- Je suis dans la merde.
- C'est de la pitié.
Sans son fauteuil, tu ne l'aurais pas regardée pareil.
Sifflet
- Non. J'ai pas pitié.
Elle est plus forte que nous.
Elle respire plus fort, elle vit plus fort...
Je suis un lâche. C'est tout.
- Dis-lui la vérité.
- Si je lui dis la vérité, je la perds.
- Et la sœur ? L'auxiliaire de vie.
Avec des gros lolos.
Elle cherche pas du travail ?
- On dit plus "des gros lolos", papa. Il rit.
- Peut-être, mais il y en a encore.
Et de plus en plus gros.
Et de plus en plus chers.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Pipi.
T'inquiète pas. Je suis équipé.
Tu peux venir t'asseoir.
Ben, va à Lourdes.
- De quoi, Lourdes ?
- Tu vas à Lourdes avec elle,
et tu fais un vœu.
Et puis, tu te lèves de ton fauteuil, tu gambades et t'es guéri.
- N'importe quoi. - T'as une meilleure solution ?
48 heures.
Alors...
-1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et glisse.
Elle compte les pas.
- Et tu te lèveras comme ça ?
- Pas d'un seul coup.
Je vais ramper un peu, je vais mettre des étapes.
Un miracle, c'est progressif. - Et elle va le croire ?
'Max!
On se concentre !
- Quitte-le.
Je sens que tu pars dans du "pas bon".
Je me suis trompée. T'as pas besoin de lui.
- J'ai besoin de personne, Julie.
Sonnerie de téléphone
Ben tiens. C'est lui.
Allô ?
Non. Tu me déranges pas.
Oui.
Oui.
D'accord.
À demain.
Mademoiselle. - Oui.
- Il veut aller à Lourdes. - À Lourdes ?
- Vous n'auriez pas un rouge un peu moins "attrape-moi ce soir".
- Je vais voir ce que j'ai.
- Mais qu'est-ce qu'il va y chercher ? - Un miracle.
"-Un miracle."
- Enfin, Julie.
T'as pas compris ?
Jocelyn, il marche.
Comme toi.
Comme la dame.
Il n'a jamais été handicapé. Tu le sais, t'as les yeux qui pétillent.
Quand tes yeux pétillent,
soit t'as des nouvelles chaussures
soit tu te sens coupable. - Comment tu le sais ?
- Parce que moi, je suis handicapée.
Mais chut.
La petite fille naïve... "Petite fille", je me fais plaisir.
Elle a décidé de ne rien dire,
de s'offrir une parenthèse de bonheur contre un mensonge.
Ça fait du bien de se sentir aimée.
Ça fait du bien d'y croire.
Les bons moments, faut savoir les attraper.
- On attrape le soutien-gorge ?
- Non, mais c'est idiot.
- C'est toi qui me l'as amené. Un cadeau, ça se refuse pas.
- Mais... tu sais depuis longtemps ?
- Presque assez pour être habituée.
- Pourquoi tu m'as rien dit ? - Pour pas que tu m'arrêtes.
Alors je sais, c'est idiot. J'ai voulu savoirjusqu'où ça irait.
Le plus dur, finalement, c'est quand ça s'arrête, non ?
Quand on peut plus faire semblant d'y croire.
- Qu'est-ce que tu vas faire quand il se lèvera ?
- Rien.
Lui dire au revoir.
Musique mélancolique
- C'est pas aberrant.
Des gens atteints de psoriasis sont revenus avec une peau saine.
Après un voyage.
- Oui, oui. C'est vrai.
Un homme qui a perdu
son pied dans une trancheuse à jambon,
deux jours après Lourdes, un doigt d'orteil a commencé à repousser.
- AH OUI, OUI, OUI.
OUI, OUI, OUI, OUI.
- Oui, oui, oui.
- Oui. C'est vrai.
- Ah oui, oui.
- Votre oncle aurait dû venir avec nous, Marie.
Pour ses bras et ses jambes. - Ah oui, c'est dommage.
- OUI, OUI, OUI.
- Demandez mes beaux crucifix ! - Elle est belle, ma Sainte Vierge !
- Deux Saintes Vierges achetées, un petit Jésus gagné !
Cloches
- Bonjour, monsieur.
- Bonjour.
- Pour les miracles, ça se passe comment ?
- Les miracles ?
Hou là là... - Ah oui.
- Excusez-moi, messieurs.
Cloches
Pourrais-je m'entretenir avec vous ?
Musique rythmée
Vous.
Suivez-moi. Non. L'infirmière reste dehors.
- Je suis pas infirmière.
- Attention au faux plat. Mettez les freins.
Si vous vous levez, vous mentez 2 fois. Vous n'êtes pas paralysé.
De Lourdes,
on en revient avec des photos,
une dédicace de sainte Bernadette, un flacon rempli d'eau bénite...
On en revient rarement avec ses jambes.
En tout cas,
pas depuis que je suis là. Peut-être que je porte malheur,
mais ce qui est important pour les gens, ici,
c'est de venir avec la foi.
Quand ils s'en vont, ils n'ont qu'une hâte :
revenir pour y croire encore.
Ne salissez pas cette petite flamme.
Gardez pour vous ce qui vous motive et pensez à ne pas les décevoir.
C'est votre conscience et vous.
Dites-vous que
si vous vous levez, on sera obligés de faire une petite photo.
C'est pas fréquent, les miracles.
- Mais...
Comment vous savez que je suis pas paralysé ?
- Vos chaussures.
Elles sont usées.
Musique mélancolique
- On fait quoi,
maintenant, Max ?
- Euh_. Je vais chercher les Pom'Potes.
Bonjour. - Bonjour.
- Vous avez une cigarette ?
Vous êtes du coin ? - Pas vraiment, non.
Klaxon de camion
Crissement des pneus
- Oh merde !
- Besoin d'un constat ?
- Un miracle...
Tu marches.
Tu marches, Jocelyn.
- Tu marches, Jocelyn.
Il... Il marche.
Ça a marché.
- Oui, c'est...
- Un miracle.
- Un miracle, oui. C'est...
Ça a marché.
- Fais voir. Vas-y, montre-nous.
Charles Aznavour : "You've Got To Learn"
- T'es un migrant ?
- Pardon.
Pardon.
Marie, vous pouvez venir, s'il vous plaît ?
Installez-vous, Marie.
Marie sanglote.
Quelque chose ne va pas ?
- Non, rien.
Enfin... Si, tout.
Je voulais vous dire...
Je sais que je suis qu'une secrétaire.
Discrète. Ça fait 12 ans que je suis discrète.
12 ans que j'essaie
de changer de tenue tous les jours pour qu'on m'aperçoive.
Mais j'ai pas 70 pulls.
Je multiplie les combinaisons.
J'accommode les hauts et les bas.
Jupe jaune et pull bleu, jupe bleue et pull jaune,
tout en jaune. Enfin, pull jaune et jupe jaune.
Je suis un peu Mme Patate.
Mais, d'ailleurs...
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire.
Eh oui. Marie aussi, elle vieillit.
C'est une fois par an. Sauf que j'ai pas d'assistante pour vous le rappeler.
Je suis juste une assistante.
Vous ne m'avez jamais dit : "J'aime bien votre écharpe."
"Vous avez changé de coupe,
"Marie." Votre manière de dire mon prénom manque de poésie.
Qu'est-ce que j'ai ?
Je suis fade ? C'est ça ?
Je suis trop transparente ?
Pour mériter vos mensonges ?
Qu'est-ce que j'ai de moins qu'une autre ?
Qu'est-ce que j'ai de trop ?
Des jambes ?
Pardon. Je ne voulais pas dire ça. Excusez-moi... Je suis triste.
Je dis n'importe quoi. Excusez-moi, je...
Vous vouliez me parler ?
- Bon anniversaire, Marie.
- Oh g
Oh, merci. Ça me touche.
J'avais pas cette couleur.
- Je sais.
- Il est beau.
Je peux garder la boîte ?
Coup de canon
Acclamations *Annonce en anglais
Musique intense
//
Jocelyn gémit de douleur.
Acclamations
//
Jocelyn halète.
- Alors ? On abandonne avant l'arrivée ?
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je passais par là, j'ai tapé "marathon",
et je me suis dit que c'était bête de pas en profiter.
Musique douce
Allez !
Viens.
- Cours, cours !
- Yes! 'Yes!
- Sinon...
T'as des nouvelles de ta mère ?
Ben quoi ?
- Rien.
Tu veux pas venir à Lourdes avec moi ? - Non. Je suis équipé.
"Amore mio"
Sous-titrage : ECLAIR
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