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LA JOYEUSE DIVORCÉE
Ne vous en faites pas Quand ça ne va pas
Tout est morose, chantez quelque chose Et la vie redeviendra rose
Ne vous en faites pas Si parfois
Vous trébuchez et grommelez Comptez de un à 10
- La grimace est le sourire à l'envers - Aussi tournez ça à l'envers
Et souriez En chantant oh-la-la-la
Ne vous en faites pas Quand le ciel est gris
Vous voulez rigoler Même quand vous écopez
Alors, tout ira bien
Oh, ça ne sert à rien, Guy. La mienne a les genoux cagneux.
Ne te décourage pas, Egbert.
Je crois que tu montres des promesses d'excellence en l'art de Terpsichore.
Tu le crois vraiment? Tu sais qu'en fait,
mon moi profond a toujours désiré s'exprimer par la danse.
- A ma place, que ferais-tu? - Je continuerais le Droit.
Parlé comme un autochtone. Tu as entendu ça?
Non.
Quoi? Oh, oui.
Oh, mince, Guy, c'est un établissement cher.
Guy, dans ma hâte de me changer dans le train, j'ai laissé
mon portefeuille dans l'autre costume.
Egbert, que ferais-tu sans moi?
Je veux dire...
J'étais en Amérique depuis plusieurs mois avec mon ami.
On s'est arrêté à Paris en chemin vers Londres où on ira en bateau demain.
Je suis le propriétaire. En quoi puis-je vous être utile?
Je crains qu'on doive vous envoyer le montant de l'addition.
Monsieur, je ne vous connais pas.
Le père de ce monsieur est M. Frederick Fitzgerald,
le distingué avocat londonien.
Oui, et je suis aussi avocat.
Vous, monsieur?
Mon ami est Guy Holden, le danseur américain.
Comédie musicale et tout le reste. Vous avez entendu parler de Holden.
J'ai entendu parler de Guy Holden.
Mais, monsieur, avez-vous des papiers d'identité?
Eh bien, voyez-vous, on...
Les a oubliés dans l'autre costume. Oh, oui, oui, oui.
Eh bien, je...
Je sais, je sais.
Ecoutez, mon vieux, si mon ami danse comme Guy Holden,
ça prouve qu'il est Guy Holden, n'est-ce pas?
Vas-y, Guy, éblouis-les avec un petit menuet,
une polka ou une danse écossaise.
Attends un peu. Je suis en vacances. Je ne vais pas danser.
J'ai entendu dire qu'on vous fait faire la plonge, à Paris.
Et voilà.
Ça ne prouve rien.
Essayez donc, vous.
Et si vous le faisiez là-bas?
- Avec tous ces gens? - Si vous êtes Guy Holden,
les gens ne vous gêneront pas.
Non.
La cuisine française doit rendre la vaisselle difficile à récurer.
Guy, c'est bon!
Merci.
DOUANE
M. Fitzgerald. M. Fitzgerald.
M. Fitzgerald.
- M. Fitzgerald. - Qui est-ce? Qu'y a-t-il?
Que voulez-vous?
- M. Fitzgerald? - Oui.
- M. Poucet Fitzgerald? - Oui.
Poucet? Elle est bien bonne, celle-là.
Ça doit venir de mon père. Il m'appelle Poucet.
Depuis que j'étais un tout petit blondinet sautillant en pyjama rose.
Que voulez-vous? Donne un pourboire à ce garçon.
Lis-le-moi, tu veux bien, Guy. Je suis occupé.
- Merci, gouverneur. - Pas de quoi.
Oui, c'est de ton père. Il dit:
"Pars pour l'Ecosse. Stop. Occupe-toi du bureau pendant mon absence. Stop."
Bon. Père place tout entre mes mains.
Je n'ai pas fini. Il dit encore:
"Ne fais rien. Ne bouge pas."
Fais-moi voir ça.
Eh bien, Poucet, tu t'es apparemment déjà occupé du bureau.
- Pourriez-vous m'aider, section D? - Qu'y a-t-il?
- Je n'arrive à rien avec elle. - Qui?
La dame en section D, monsieur. Elle est américaine.
Vous connaissez les Américains.
- Après, occupez-vous de ce monsieur. - Oui, monsieur.
Pouvez-vous venir avec moi?
Excusez-moi, madame, je suis le chef inspecteur. Puis-je vous aider?
Vous le pouvez certainement.
Cet homme veut déranger mes malles,
et j'ai si bien rangé toutes les jolies choses achetées à Paris.
Pardon, madame, mais il nous faut inspecter tous les bagages,
pour les marchandises taxables.
Madame, combien avez-vous payé pour ceci?
Ça? Voyons. Combien ai-je payé pour ça?
Je sais que c'était beaucoup trop. Je ne devrais pas vous dire ça, non?
- Où l'avez-vous achetée? - Où l'ai-je achetée? Voyons un peu.
Quel était le nom de cette ville?
- Paris? - Paris? Non, ce n'était pas Paris.
- Lyon? - Non, ce n'était pas Lyon,
mais vous vous rapprochez.
- Nice? - Nièce. Oui, je l'attends.
- Quoi? - Oui, ma nièce, Mimi.
Je lui ai envoyé un câble à Londres pour lui dire de me rejoindre ici.
- Où est-elle? - Je ne le sais pas, madame.
C'est le seul endroit où elle pourrait être.
Oh, la voici. Merci beaucoup.
- Hortense. - Mimi, ma chère.
Comment vas-tu? Tu as l'air totalement superbe.
Oui, c'est vrai.
Voici ma nièce, Mimi. Je vous ai parlé d'elle.
La pauvre a eu une vie toute embrouillée,
mais je suis venue tout exprès pour tout débrouiller pour elle.
Nous vous serions reconnaissants de débrouiller ceci en premier.
Que voulez-vous que je fasse?
Venez avec moi pour que nous fassions une déclaration pour tous vos achats.
Tout est sens dessus dessous.
Pourrais-tu ranger ça pendant que j'y vais?
- Ça? - Oui, s'il te plaît.
Seriez-vous assez aimable pour me tenir ceci? Merci.
- As-tu fait un bon voyage? - Merveilleux. J'adore Paris.
Ça ressemble à Chicago. J'en ai totalement profité.
Quel soulagement, en voyage, de sentir qu'on n'a pas bougé de chez soi.
Ça ne devrait pas être long, ma chère. Venez, messieurs.
Porteur. Porteur.
- Oh, porteur. - Pardon, je suis occupé, madame.
Excusez-moi. Puis-je vous aider?
Eh bien... Oui.
Ma tante est dans le bureau des douaniers. Pourriez-vous l'appeler?
- Mais certainement. - Merci.
Je vous en prie.
- Vous êtes américaine? - Oui.
- Moi aussi. - Ainsi que ma tante.
Vous savez, celle que vous alliez chercher.
Oh, oui.
Y a-t-il une chose que vous voulez que je lui dise?
Vous pouvez lui dire de ma robe est coincée.
Votre robe est coincée.
Mince.
- C'est fermé. - Oui.
Et je dois appeler votre tante?
Oui.
Mais une tierce personne pourrait gâcher ça.
Porteur. Oh, porteur.
Oh, porteur. Porteur.
Il n'y a pas de raison que je ne puisse le faire moi-même.
J'ai sorti un chat d'un puits quand j'étais petit.
Voyons voir...
- J'aurais dû appeler votre tante. - Eh bien...
Je suis terriblement navré. Prenez ça.
- Pardonnez-moi. - J'habite à Londres.
Où puis-je vous le rendre?
Je m'arrête à Londres. Il serait plus pratique que je vous appelle.
Ça ne le serait pas.
Eh bien, voici mon adresse.
J'attends votre appel.
- Vous n'avez pas dit au revoir. - Non, je ne l'ai pas fait.
N'est-ce pas merveilleux? Cela signifie que je vous reverrai.
Je vais payer, mais je veux savoir comment chaque sou est utilisé.
Oh, te voilà, Hortense.
Je viens d'avoir l'expérience la plus gênante.
Un homme a déchiré ma robe.
Mon Dieu! Quelqu'un qu'on connaît?
- Hortense. - Voilà, madame.
Oh, j'adore les paniers de fruits.
Oh, n'est-il pas généreux? Vous n'auriez pas dû dépenser autant.
Après tout, on se connaît à peine.
Pas mal du tout. Vous avez le temps pour un bis?
- Navré. Mon temps est précieux. - Oh, j'en suis navré.
Demandez-moi qui vous a envoyé ça, monsieur.
Oh, je vois, une devinette. Dites-le-moi, alors. Qui l'a envoyé?
La jeune femme m'a donné 3 shillings pour que je ne le révèle pas.
Oh, oui. Je vois. "Pour que je ne le révèle pas."
- Guy. - Oui?
- Un colis pour toi. - Un colis?
- Oui. - Oh, c'est mon imperméable.
Ça doit être son écriture.
Je vais voir. J'ai étudié la graphologie.
- Oui. - Oh, c'est très clair.
Oui. Les O et les A sont ouverts: elle est dépensière.
Regarde, elle met la barre sur les T. Ça indique le caractère.
Des petits ronds au lieu de points. Horrible. Ça indique la vanité.
Oui. Bien sûr, je ne veux pas te décourager. Je...
Guy, qu'est-ce qui ne va pas? On dirait que tu es ensorcelé.
Je le suis, pour la première fois.
Que cherches-tu?
- Où est la note? - Oh, pas de note.
- Pas de note? - Pas de note.
- Tu as parlé au messager? - C'est fait.
Il a dit qu'elle lui avait demandé de ne pas dire d'où ça venait.
Je me demande si elle m'en voulait de lui avoir déchiré sa jupe.
Je n'en serais pas étonné. C'est une réaction habituelle.
- Pourquoi as-tu fait ça? - Elle ne pouvait pas bouger.
C'était peu sportif de ta part. Guy, franchement!
Tu ne comprends pas. C'était un accident.
- Sans doute. Quel est son nom? - Je ne sais pas.
- Où habite-t-elle? - Je ne sais pas.
Quelle intéressante histoire d'amour!
J'espérais qu'elle enverrait une note et son adresse avec mon imperméable.
Sans avoir le pouvoir prophétique d'une pythie,
j'hasarderais qu'elle ne veut pas te revoir.
Oui. Eh bien,
je me dépêche d'aller au bureau.
- Que vas-tu faire, Guy? - Je vais commencer à la chercher.
Je retrouverai cette fille, Egbert, même si je dois y passer ma vie.
Ça ne devrait pas être si dur. Il n'y a que 3 millions de femmes à Londres.
C'est chercher une aiguille Dans une meule de foin
Chercher un rayon de lune dans l'azur
Mais il faut que je vous trouve
C'est chercher une goutte d'eau Dans la mer
Chercher une goutte dans la rosée
Mais il faut que je vous trouve
Je parcourrai la ville Dans l'espoir de la voir
Dévisageant dans la rue les gens
Parfois, j'entends Le rythme de vos pas
Mais ce n'est que mon imagination
C'est chercher une aiguille Dans une meule de foin
Mais je suivrai tous les indices
Pour vous retrouver
C'est chercher une aiguille Dans une meule de foin
Chercher un rayon de lune dans l'azur
Mais il faut que je vous trouve
C'est chercher une goutte d'eau Dans la mer
Chercher une goutte dans la rosée
Mais il faut que je vous trouve
Je parcourrai la ville Dans l'espoir de la voir
Dévisageant dans la rue les gens
Parfois, j'entends Le rythme de vos pas
Mais ce n'est que mon imagination
C'est chercher une aiguille Dans une meule de foin
Mais je suivrai tous les indices
Pour vous retrouver
Bonjour, bonjour.
Je vous cherchais.
Mais, attendez un peu.
Arrêtez-vous. Je dois vous parler.
ROUTE BARRÉE
N'est-ce pas paisible ici?
Vous pouvez déplacer votre auto, à moins que vous n'en vouliez plus?
Oui, Guy, c'est paisible ici.
Quel dommage! Deux si belles voitures!
Très bientôt, l'air sera rempli de pare-chocs.
Attendez. Pourriez-vous la heurter un peu plus par là?
L'allume-cigare n'a jamais marché, de toute façon.
Je vous aurai prévenu.
Porteur. Porteur.
Je ne peux pas le faire. Je suppose que je suis trop économe.
Et voilà. Puis-je vous offrir quelque chose?
Chocolat glacé, Cointreau, Bénédictine, mariage?
Quel était le dernier mot?
- Bénédictine. - Non, après ça.
Oh, mariage.
Vous proposez toujours le mariage aussi nonchalamment que ça?
II n'y a rien de nonchalant à ce sujet. J'y ai beaucoup songé.
En fait, j'en ai perdu le sommeil.
Vous vous rendez compte que je vous cherche depuis deux semaines?
Vous n'avez pas reçu votre pardessus?
Si, mais il manquait quelque chose.
Une petite note me disant où j'aurais pu vous joindre.
Je dois savoir une chose à votre sujet:
Si vous êtes heureuse, quelles fleurs vous aimez,
vos livres, votre musique préférés.
Quand puis-je vous revoir?
Ne pourriez-vous pas me dire où je puis vous joindre?
Vous ne le pouvez pas.
Je demeure chez de vieux amis.
Vous les bouleverseriez. Vous êtes capable de faire n'importe quoi.
Si vous n'allez pas me donner votre numéro de téléphone, voici le mien.
Vous gaspillez du papier.
Je croyais que vous étiez économe.
C'est mieux.
Puis-je partir, à présent?
D'accord. Mais vous essaierez de m'appeler demain, n'est-ce pas?
J'attendrai.
J'attendrai tous les jours.
Je veillerai la nuit pour pouvoir attendre davantage.
Mon vieux, vous pourriez nous laisser passer?
Oh, bien sûr. Vous avez raison.
Vous avez raison. Désolé. Tout à fait désolé. Bon.
J'ai acheté ça au magasin de sport.
Vous ne m'avez pas dit votre nom.
Mimi.
Mimi?
Mimi.
- Je vous annonce à M. Fitzgerald. - Merci beaucoup.
Hortense, c'est inutile. J'ignore pourquoi on est là.
Ma chère, Egbert est un très vieil ami.
Il ne s'y connaît pas trop en droit. Son père en sait bien plus.
Tu sais, toute sa famille s'est consacrée au barreau.
Cher Egbert. Il est presque devenu mon troisième mari.
Il aurait pu, mais il est parti en Inde pour une chasse à l'éléphant.
Pourquoi a-t-il préféré une chasse à l'éléphant, s'il pouvait m'épouser?
Désolée, Mme Ditherwell, M. Fitzgerald ne se souvient pas de votre nom.
Comment ça, il ne s'en souvient pas?
Bien sûr, je me suis remariée. Il ne me connaît pas sous le nom Ditherwell.
C'était mon troisième mari, le dernier. Voyons voir.
Quel nom Egbert connaissait-il?
Hortense, ma chère.
Je ne me suis pas mariée en 1929 ou 30.
C'était l'année du crash. Les hommes ignoraient s'ils avaient de l'argent.
Je sais ce que vous allez lui dire.
Vous dites "cacahuètes". Il saura.
- Cacahuètes? - Oui.
Par association d'idées.
Cacahuète, éléphant. Chasse. Moi.
- Je vais dire "cacahuètes", madame. - Oui.
Oui, oui, oui.
Elle m'a dit de dire "cacahuètes".
Oh, elle a dit ça? Dites-lui que je n'en veux pas.
Elle a aussi parlé de l'Inde. D'une chasse à l'éléphant.
Cela nous fait: "cacahuètes, Inde, chasse à l'éléphant."
Ce n'est pas logique. Horte...
Non. Ça ne se peut pas. Dites-lui que je ne suis pas là.
Dites-lui que je suis en réunion, que je suis en voyage.
Egbert, mon chéri.
Oh, mon chéri.
Oh, ne fais pas attention. Il est si impétueux.
Tu as l'air superbe. Tu n'as pas changé du tout.
Le même gentil sourire, et les mêmes petits yeux mignons.
Je veux te présenter ma nièce, Mme Glossop.
Mme Glossop.
- Comment allez-vous, Mme Glossop? - Et vous?
- Ravie de faire votre connaissance. - Merci. Asseyez-vous.
- Asseyez-vous. - Merci.
Je viens à titre professionnel.
Cette pauvre petite est mariée, et mal mariée.
N'est-ce pas criminel?
Ce n'est pas un crime d'être marié.
C'est juste une faiblesse masculine que les femmes savent exploiter.
Me redemandes-tu en mariage ainsi?
Non, non, non.
Mme Glossop, je pense, a un problème.
Oui, j'en ai un.
Il y a tant de choses liées à ça, que je ne sais par où commencer.
- Oh, eh bien... - Assieds-toi, Egbert.
Je vais tout lui raconter.
Elle est mariée depuis deux ans, et elle voit à peine son mari.
En fait, elle n'a de ses nouvelles que quand il veut de l'argent.
Je l'ai rencontré à l'école. C'était un de mes professeurs.
Oui, il est géomètre.
Oh, un géomètre.
- Non, ma chère, un géologue. - Oh, géologue.
Bon, un géologue.
Quelle est la différence? C'est la même chose.
- Tu sais, les pierres et tout ça. - Il les a lancées?
Non, il en cherche. Il en cherche.
Avez-vous demandé le divorce à votre mari?
Souvent, mais il refuse d'en discuter avec moi.
Vous savez qu'obtenir le divorce en Angleterre
est une chose très difficile, à moins que le mari n'y consente.
J'ignorais que tu aimais les poupées.
Il a toujours eu l'instinct maternel.
Mesdames, en tant qu'avocat, je suggère qu'on ait recours au...
- truc-machin-chose. - Flagrante delicto.
- Pourquoi? Oui, oui, bien sûr. - Oui, oui.
Tu sais, j'en ai eu un lors de mon second divorce.
Oui. Bien sûr, Mme Glossop,
les détails en sont très simples.
- Un hôtel au bord de la mer et... - M. Fitzgerald, je le ferai.
Je vous laisse régler les détails, tous les deux.
Je crois qu'il vaudrait mieux pour moi que vous restiez.
Non, non, vas-y, ma chérie. Je vais tout régler.
Merci, M. Fitzgerald. Je me sens confiante entre vos mains.
C'est vrai? Je vais me creuser la cervelle jusqu'à l'os pour vous.
- Au revoir. - Au revoir.
Allons droit au vif du sujet.
Oh, Egbert.
Je veux parler de l'hôtel.
J'en connais un très bien qui vient d'ouvrir à Brightbourne.
C'est l'hôtel Bella Vista.
Oh, Bella Vista, c'est si facile à se rappeler.
J'avais un cuisinier qui s'appelait Bella, ou était-ce un masseur?
Bref, je demanderai à ma nièce d'y aller en auto
pour vous rencontrer demain à l'Hôtel Maryland.
Non, ce n'était pas ça, non?
C'était quelque chose avec un nom de fille.
Tu devrais prendre ça avec toi.
Le Bella Vista. Bien sûr. C'est ce que j'avais dit en premier.
Oh, au revoir, Egbert.
Tu sais, les divorces me rendent si sentimentale.
Ça pourrait être le nôtre!
Oui, madame.
Je comprends, madame.
- C'était un homme ou une femme? - Une femme, monsieur.
- Vous a-t-elle laissé un message? - Oui, monsieur.
Lequel? Lequel? Dites-le-moi.
Inutile d'être excité, monsieur. C'était un mauvais numéro.
Préparez tout. Vite, vite. Je pars pour le bord de mer sur le champ.
Quoi? Une autre femme t'a demandé en mariage?
Oui, en quelque sorte... Non, non. J'ai un cas.
- Un cas de quoi? - Mon Dieu. Un divorce.
Comme mon père est en voyage, c'est ma grande chance.
- Je vais me débrouiller tout seul. - Ce sera très bien.
Oui. Vite, mon ami. Faites ma valise.
Et celle de M. Guy aussi, monsieur?
Qu'a-t-il à voir avec ça?
Bien sûr. C'est une idée splendide. Accompagne-moi.
Le changement t'ira bien. On dirait que tu souffres du foie.
Ce n'est pas le foie. C'est l'amour.
Je ne peux pas quitter Londres. J'attends un coup de fil.
Guy, tu languis après cette fille?
Languis? Les filles languissent.
Les hommes...
souffrent.
Guy, elle ne t'a pas appelé pendant ces deux semaines.
Il est évident qu'elle n'est pas intéressée.
Tu as fendu sa robe. Elle te fend le cœur.
- Tu as peut-être raison. - Bien sûr.
Je n'ai jamais attendu deux minutes une fille de toute ma vie,
et j'attends depuis deux semaines celle-là.
- Où va-t-on? - Brightbourne, un merveilleux hôtel.
L'Hôtel Mabel... Le Margaret... Le Nellie...
Maudite femme! Pourquoi est-elle revenue dans ma vie?
Ça ne fait rien du tout. Le changement te fera du bien.
L'air marin, le soleil, les filles.
Vous êtes mon type Un soupirant timide, chéri
- Veuillez m'excuser? - Alors, faisons des choses
- Ah, oui? - Je vous en apprendrai
Vous me parlez?
Qui a dit ce que vous avez dit Je le sais, chéri
- Non, je lisais. Regardez. - Je ne suis pas timide
- Je suis vivide, je suis lucide - Je commence à m'en rendre compte.
Quand vous êtes tout près Jouons à la poupée douce
Oh, je me sens Si Mickey Mouse
Pour un avocat célèbre, dans un tel endroit...
Vous êtes doux et agréable Et je me sens imbattable
Réchauffez-moi sinon je gèle Et jouons des genoux
Vous êtes si faisons-des-mamours-able Et moi si je-vous-aime-able
Venez faire un câlin, s'il vous plaît
- Et jouons des genoux - C'est un nouveau jeu?
- On fait le foin quand il fait beau - C'est un terme d'agriculture.
Alors faisons du foin-tsoin-tsoin Quand la lune brille
Mon cœur est si tic-toc-tic-able
Vos lèvres sont rouge-à-lèvres-ables
Vous savez votre alphabet Alors, jouons des genoux
Oh, Guy...
Pas la peine.
C'est incompréhensible Ce n'est pas très rationnel
Pourtant ça me plaît S'il vous plaît, jouons des genoux
C'est presque plébé-able Mais c'est bien adorable
Oh, je suis plein de rhapsodie
Trop de monde ici.
Cloche-pied, ça cloche, c'est le pied
- Assez, jouons-en - C'est vraiment étonnant
On se sent si excit-able
On a épuisé toutes les syllabes
J'ai envie de frivolité
J'en ai une. Jouons...
Jouons des genoux
Jouons des genoux
Bonjour, bonjour.
Merci, merci.
Je te cherchais partout.
- Je dansais. - Oh, c'est ce que tu faisais?
C'est un endroit merveilleux, non?
Rappelle-moi de venir ici quand ma constitution en aura besoin.
Je trouve ça merveilleux.
Qu'est-ce qui cloche, chez toi? Tu te morfonds pour cette fille?
Mais le monde est plein de filles.
Je le sais bien. Mais pas comme elle.
Elle est musique. Le bourdonnement de l'abeille dans le trèfle.
Elle est le bruissement des feuilles dans les arbres.
Elle est l'eau qui lèche la côte.
Oui. On dirait une série de bruits bizarres.
Courage, Guy, courage.
Tu auras peut-être la chance de la croiser un jour.
J'y compte bien.
Et ce jour-là, ce ne sera pas de la chance.
La chance, le nom vulgaire du destin.
Qu'as-tu dit là? "La chance, le nom vulgaire du destin"?
Guy, c'est merveilleux. Où as-tu trouvé ça?
Où l'ai-je trouvé?
C'est une réplique de mon dernier spectacle, sans plus.
Merveilleux. Ça ferait un bon titre de chanson.
La chance, le nom vulgaire du destin, l'ami. La chance...
Ça te dérange si je m'en sers? Ça fera bien dans une conversation.
Vas-y, lance-le à ton père. Ça l'encouragera peut-être à ton sujet.
"La chance, le nom vulgaire du destin." Je m'en souviendrai.
J'adore cet endroit.
Oh, si mon père pouvait voir
avec quel éclat je fais respecter la dignité professionnelle du cabinet.
Guy, je vais rester ici pour attendre ma cliente.
Sans moi, Egbert. Je vais dans ma chambre.
- A tout à l'heure. - Je serai ici.
Pardon, vous avez sonné, monsieur?
Qui, moi? Mon cher ami, avec quoi aurais-je sonné?
Pardon. C'était une façon de parler.
Apportez-moi donc... Je voudrais un...
Voilà. Vous voyez?
Votre façon de parler m'a fait totalement oublier ce que je voulais.
Auriez-vous pu exiger des galettes, monsieur?
Je ne sonne jamais pour des galettes.
Seriez-vous le genre d'homme à sonner pour un scone grillé, monsieur?
Un scone? Eh bien...
Non. Essayez encore.
Bon. Pourriez-vous vous imaginer
ayant grande envie d'une bonne tarte aux groseilles?
Quelle pensée acide. Je vous en prie.
Pas de galettes, de scones, ni de tarte aux groseilles.
Ça nous laisse tous les deux dans un cul-de-sac, n'est-ce pas?
Bien sûr. Je le savais bien.
Je répugne à vous laisser comme ça.
Vous, en proie aux doutes,
moi, avec mes fonctions en plan.
Oh, courage, mon vieux, courage. Ça me reviendra.
Etait-ce animal ou végétal?
Non.
Ça nous laisse avec le minéral, non?
Monsieur, était-ce moitié-moitié?
Une chope de bière,
peut-être de bière brune,
un gobelet de stout,
un pichet de bière?
Du thé.
Du thé? C'est un bien petit monde.
- Bonjour, Mme Glossop. - Oh, bonjour, M. Fitzgerald.
Eh bien. Fin prête pour le jour J?
Oh, bonjour, Egbert.
Oh, non. Ça ne se peut pas... Mais si. Une passagère clandestine.
Je craignais que tu n'oublies une chose, aussi je suis venue t'aider.
C'est si bon de ta part. Oui, oui.
Mme Glossop, avant d'aller à la réception,
je tiens à avoir quelques mots de dernière minute avec vous.
- Quelques mots? - Oui, si vous voulez bien. Ici.
Merci. Maintenant...
Oh, Egbert.
Pardon.
Oui. Alors...
Je suis arrivé à la conclusion que pour accélérer l'affaire,
il faudrait que quelqu'un vous découvre avec quelqu'un
d'autre que votre mari. C'est seulement pour la forme, bien sûr.
Hortense, je ne crois pas pouvoir y arriver.
Ne sois pas bête. Finissons-en.
Pense à Cyril Glossop. Penses-y bien.
Je savais que ça marcherait.
Bon. Le jeune homme va venir ici.
Vous comprenez que, bien sûr, ce ne serait pas correct, techniquement,
de vous présenter. Il se présentera lui-même à vous.
On aura besoin d'un mot de passe. Comme c'est mystérieux et merveilleux.
J'ai le mot de passe. Je l'ai.
Le jeune homme vous dira: "La chance, le nom vulgaire du destin."
Shakespeare?
Absolument pas. Ça vient de moi.
La chance, le nom vulgaire du destin.
Bien. C'est ça. Oui.
Il vous faudra avoir un nom.
Un nom, bien sûr, oui. Votre nom sera Mme Green.
Green. J'adore le vert.
Et les oculistes disent que c'est une couleur qui calme les yeux.
Oh, Egbert, viens-tu avec nous?
Mais, Hortense. Oh, mais non. Tu ne peux pas rester avec elle.
Ça doit être une liaison clandestine.
On ne peut avoir une liaison clandestine entre trois personnes.
C'est vite dit.
Seriez-vous M. Tonetti, par hasard?
Rudolfo Tonetti à votre service.
Oui. Je suis M. Fitzgerald.
M. Fitzgerald? Je suis enchanteur.
Je n'en doute pas, mon vieux. Je n'en doute pas.
Ne pensez-vous pas qu'un codéfendeur devrait venir plus discrètement?
Ayons plus de calme et moins de Rigoletto.
Je suis prêt pour l'action, et je ferai un boulot de première classe.
Ne soyez pas trop résolu.
La dame en question est très sensible et vous devez la traiter avec tact.
Bene. Où que souffle le vent, je vogue avec elle.
- Oui. Bon, asseyons-nous. - Pardon, votre thé, monsieur.
Votre vie, M. Tonetti,
doit être passionnante.
Passionnante et dangereuse.
- Oh, oui, à cause des maris. - Non, à cause des femmes.
Oh, comme c'est intéressant.
Mais, Tonetti, il sait quoi faire.
Oui, parfois la dame et moi faisons la conversation.
Parfois, je joue du concertina.
Parfois, je fais des réussites, mais surtout je pratique le chant.
A la maison, ma femme n'aime pas que je chante.
Sans doute une femme très perspicace.
Oh, sí, sí, signor. Vous avez raison.
Vous êtes absolument sûr, M. Tonetti, que ma cliente sera en sécurité?
Avec moi, le travail est sacré!
Mon slogan:
"Votre femme est en sécurité avec Tonetti. Il préfère les spaghetti."
Ecoutez.
- Je vous donne le mot de passe. - Oui.
Quand vous voyez la dame, vous devez l'aborder
en disant: "La chance, le nom vulgaire du destin."
- "La chance est le prénom vulgaire..." - "Du destin."
"Le nom vulgaire du destin."
Oui. Dites-moi, s'il vous plaît, ce qu'elle veut dire?
II faut avoir une certaine méthode. Il faut... Quand vous...
Qui? Oh, ça ne fait rien.
- Peu importe le sens. Dites-le. - Oui.
Tonetti, rappelez-vous.
Je veux de la délicatesse, du tact, de l'assurance, de la finesse.
J'ai tout amené.
Maintenant, con permesso, je vais à l'intérieur passer un coup de fil,
et rassurer ma femme.
"Le destin n'est pas vulgaire..." Non.
"Les chances sont vulgaires..." Oh, scusi, je vous prie.
"La vulgarité est le destin..."
Pardon, madame, puis-je vous être utile?
J'en doute.
Je vais voir la carte. J'attends ma nièce.
Qu'avez-vous?
Des galettes, madame.
Comme c'est dommage! C'est congénital?
Avec tout le respect que je vous dois, c'est très "sugrenu".
- Quoi? - Très "sugrenu", madame.
Vous savez, comme Sir James Barrie.
Vous voulez dire "saugrenu", non?
Oui. C'est une façon de parler.
Pourquoi pas "sagrenu", alors?
Pardon, madame, mais "sugrenu" est bien plus saugrenu que "sagrenu".
Vous commencez à me fasciner, et ça m'agace chez n'importe quel homme.
Je suis désolé, madame.
Oh, bonjour, chérie. J'allais commander.
Je ne peux rien manger.
Mais tu le dois. Tu ne peux pas avoir un divorce le ventre vide.
Que se passe-t-il?
On dirait que tu as vu ton mari.
C'est Guy Holden, l'homme dont je t'ai parlé.
Qu'as-tu fait? Tu as envoyé des invitations pour l'évènement?
Je ne savais pas qu'il était là. Il ne faut pas qu'il me voie.
Mimi. Mimi.
Mimi.
J'ai couru après vous. Il ne faut pas courir comme ça.
- Pourquoi pas? - Ce n'est pas bon pour ma santé.
Que faites-vous ici?
- La même chose que vous. - Quoi?
Je suis venu ici pour trouver les morceaux épars de mon cœur.
Oh, non. Mimi, savez-vous ce que j'ai fait?
J'ai pensé à vous, je me languissais de vous, j'attendais un signe de vous.
Je n'ai pas quitté mon téléphone.
Autant que je me souvienne, vous m'avez donné un numéro à Londres.
Oui, il m'a fallu venir ici, juste pour une nuit.
Une petite affaire.
Oui, j'en ai vu pas mal en maillot de bain cet après-midi.
Oh, non, Mimi. Pas de ce genre.
Pourquoi ne m'avez-vous pas au moins laissé un message?
- Je l'ai fait. - Vous l'avez fait?
Mais vous aviez quitté Londres.
Vous avez appelé! C'est merveilleux.
Je devrais m'en aller, à présent.
S'il vous plaît, ne partez pas. Ce sera superbe, ici.
Il y aura un gala sur l'esplanade.
D'habitude, c'est plutôt horrible.
Mais songez ce que ce serait de pouvoir le manquer.
Ça vaudrait la peine de rester ici, juste pour le rater.
Ne me demandez pas de rester.
D'accord, je ne le ferai pas.
Ne partez pas. J'ai tant de choses à vous dire.
Comme le boum, boum Du tam-tam
Quand l'ombre tombe sur la jungle
Comme le tic, tac De l'horloge imposante
Accrochée au mur
Comme le goutte-à-goutte De la pluie et ses gouttes
Quand les orages d'été passent
Une voix me répète sans cesse
"Vous, vous, vous"
Nuit et jour II n'y a que vous
Vous seule sous la lune Et sous le soleil
Que vous soyez près de moi ou au loin
Peu importe, chérie Où vous êtes
Je pense à vous Nuit et jour
Jour et nuit Pourquoi est-ce ainsi
Que cette langueur pour vous Me suit partout où je vais?
Dans le grondement des autos
Et le silence de ma chambre solitaire
Je pense à vous Nuit et jour
Nuit et jour Au fond de moi
II y a un désir ô si fervent En moi toujours brûlant
Et ce tourment Ne s'achèvera
Que si vous me laissez pour toujours Vous faire l'amour
Jour et nuit Nuit et jour
Cigarette?
Je ne sais toujours pas ce que vous faites ici.
Je suis venue avec ma tante.
Quelle coïncidence! Je suis ici avec ma tante aussi. Tante Egbert.
Egbert?
Oui, Egbert Fitzgerald, un ami, un avocat.
On est ici pour un client.
N'allez-vous pas cesser de me fuir?
Quand deux personnes sont faites l'une pour l'autre comme nous,
ça ne sert à rien de résister.
Vous croyez en ce genre de destin?
Bien sûr. Pour ces choses-là la chance n'existe pas.
"La chance, le nom vulgaire du destin."
Vous?
Vous?
Moi?
Mais oui, bien sûr que c'est moi.
Vous êtes l'homme que j'attendais?
Absolument.
Je vous attendrai dans ma chambre, 216, à minuit.
Ma chère, il est minuit. On dirait que c'est le jour de l'an.
Bonne chance.
Oh, ne pars pas. Je ne veux pas me retrouver face-à-face avec lui.
Il semble si différent.
Il n'y a rien de si différent en eux, si ce n'est leur nœud de cravate.
Il fallait que ce soit lui?
Tu n'es même pas étonnée?
Moi? Etonnée? Je n'ai pas été étonnée depuis l'âge de 8 ans.
Et je n'étais même pas précoce, juste modérément intelligente.
Il aura la nuit la plus misérable de toute sa vie professionnelle.
Une porte verrouillée entre nous.
Je vois que tu te poses bien des problèmes pour un homme que tu hais.
Y a-t-il une chose plus humiliante?
Après tout, ma chère,
un codéfendeur doit être un peu artiste.
Il doit avoir le sens de l'équilibre.
Un peu comme un chamois.
Je crois que je vais chercher Egbert.
Le pauvre petit doit être perdu sans moi.
Inutile de vous esquiver. Je savais que vous alliez venir.
- Vous le saviez? - Bien sûr. Je suis la tante de Mimi.
Je sais. J'ai aussi de la famille.
Ce n'est pas notre semaine de réunion.
Rien n'est fait sans moi.
Vous avez prévu de rester ici?
Bien sûr que non.
Un instant, s'il vous plaît.
Je ne connais pas très bien Mimi.
J'aimerais que vous me parliez d'elle.
C'est à elle de le faire. Après tout, si elle doit vous garder là,
il faut qu'elle ait quelque chose à dire.
Me garder là?
Elle le doit.
Dites-moi, qui d'entre nous est fou?
Ce n'est pas moi.
Tout ça est un peu choquant pour moi.
Votre présence est aussi un peu choquante pour Mimi.
Oui, mais c'est ce que Mimi voulait.
Je crois qu'il vaut mieux que tout soit réglé dès maintenant.
Et puis, la pauvre fille pourra commencer une nouvelle vie.
Une nouvelle vie?
Toute neuve. Elle se débarrassera totalement de l'ancienne.
- Je vois. - Oui. Et vous êtes le balai.
J'arrive tout de suite.
Désolée de vous avoir fait attendre.
Mimi.
Mimi, je voudrais
- clarifier une chose. - Oui?
Au début, vous étiez timide et réservée,
et ce soir, vous étiez...
Qu'est-ce que j'étais?
- Ravissante. - Je l'étais?
Oui, mais ce n'est pas ce que je veux dire.
Alors, que voulez-vous dire?
J'essaie de décrire le choc. Vous voyez...
Ce négligé est charmant. Charmant.
- Il vient sans doute de Paris? - Vous devriez le savoir.
Vous avez dû en voir de nombreux.
Quelques uns, bien sûr.
Bien sûr.
Mais jamais un comme ça. Oh, Mimi...
- Restez où vous êtes. - Quoi?
Ne vous approchez pas. Gardez vos distances et je garderai les miennes.
Je veux que vous vous asseyiez là.
Pourquoi juste là?
On va faire ça dans un silence digne.
C'est aussi ce que je préfère.
Il fait chaud, n'est-ce pas?
Puis-je réciter les capitales?
- Quoi? - Les capitales des états.
North Dakota: Bismarck. Wyoming: Cheyenne.
Ohio: Columbus. C'est amusant. Je faisais ça quand j'étais petit garçon.
Peu m'importe vos jeux de garçon.
N'ayant pas eu de jeux de fille, oublions mes souvenirs d'enfance.
- Oh, Mimi... - Restez à votre place.
Scusi, un moment, s'il vous plaît.
Donnez-moi un nom pour chance et je suis vulgaire.
Maître d'hôtel! Maître d'hôtel!
Je suis peut-être une erreur.
Oh, signora.
Le destin est une chose vulgaire pour qu'on tente sa chance avec.
Avec vous aussi.
Oh, scusi. Vous n'êtes pas la dame.
Ne bougez pas.
Oh, Mimi, je voulais vous dire que
je pensais qu'après les délicieux moments passés ensemble...
Comment pouvez-vous avoir l'impudence d'en parler à présent?
Mais je suppose que c'est l'absence de sensibilité de votre espèce.
- De mon espèce? - Je n'ai pas été dupe une seconde.
J'ai toujours su qui vous étiez,
et comment vous gagniez votre vie.
J'avoue ne pas en être fier, mais j'espère faire mieux, un jour.
Entre-temps, ça me procure un revenu décent.
Que ne fait-on pas pour l'argent?
Ce n'est pas si mauvais.
Je procure du plaisir à des milliers de personnes.
Des milliers?
Oui, des dizaines de milliers.
Je procure des histoires d'amour à des milliers de vendeuses, de servantes,
- de sténographes. - N'en dites pas plus, M. Barbe Bleue.
Oh, Mimi, si je voulais...
Vous attendez quelqu'un?
Bien sûr.
Mais pas avant le matin.
- Qui est là? - Hortense.
Il vaut mieux que je m'en aille.
J'ai une chose très, très importante à te dire.
Oh, si je pouvais me souvenir de ce que c'était.
- C'était à propos de cet homme. - Quel homme?
Oh, oui. Es-tu sûre d'avoir le bon?
- Il m'a donné le mot de passe. - Un homme en bas m'a dit:
"Le destin est une chose vulgaire pour qu'on tente sa chance avec."
J'ai dit "Avec vous aussi", et lui: "Vous n'êtes pas la dame."
Ou bien: "Vous n'êtes pas une dame."
Je ne sais pas, ma chérie. J'étais si retournée que je ne sais plus.
Ce serait horrible si j'avais fait une erreur.
Va le lui demander.
Mais je devrais avouer que je suis mariée et pourquoi je suis ici.
Alors, ne le lui demande pas, mais essaie d'en savoir le plus possible.
Mais avant d'en être sûre, comment dois-je le traiter?
Sois féminine et gentille, si tu peux concilier ces deux choses.
Je dois vraiment retrouver Egbert et lui raconter tout ça.
Tu ne crois pas qu'Egbert me fuit, n'est-ce pas?
Je peux m'en aller, maintenant?
Devez-vous partir si tôt?
Ne voulez-vous pas entrer vous asseoir un moment?
Ça ne m'a pas bien réussi, ici.
Si vous préférez rester à l'extérieur.
Guy...
était-il juste que vous ne me disiez rien de votre travail?
J'essayais de ne pas y penser.
Eh bien...
comment avez-vous commencé votre carrière?
Oh, j'ai commencé grâce à une actrice très célèbre.
Et toutes ces dizaines de milliers sont venues plus tard. Je vois.
D'une certaine façon, oui.
Elle m'a encouragé dès mon tout premier pas.
- Tout premier pas? - Oui.
Pas de danse. Je suis danseur. C'est mon métier. Vous le saviez, bien sûr.
Ça vous dérange?
Mais, non. Non, j'en suis heureuse.
J'en suis heureuse.
Sur le plan émotif, vous êtes la fille la plus instable que je connaisse.
Scusi, madame. Je suis destiné à avoir de vulgaires chances.
Tonetti?
Tonetti.
Je ne peux pas trouver la dame.
Je donne partout le mot de passe, et partout, je reçois des gifles.
Je ne comp... Bon sang, je ne vous ai pas donné le nom de la femme.
C'est Mme Green. Chambre 216.
Ecoutez, ne rôdez plus dans l'hôtel comme une hyène.
Et assurez-vous que la dame ne quitte pas sa chambre avant le matin.
Tonetti, il reste, vents et marées, jusqu'à ce que le gendarme arrive.
C'est ça, et quand les gendarme arrivent...
Oh, mon Dieu, j'ai complètement oublié les gendarmes.
Gendarme ou pas gendarme, Tonetti, il est payé. Tonetti, je suis ici.
Bon, je file à Londres.
J'amène les gendarmes tôt le matin.
Oh, Seigneur!
- Egbert. - Les gendarmes... Quoi?
- Où vas-tu? - Pourquoi? Non. Je pensais...
- Je te cherchais. - Oui, moi aussi, je te cherchais.
J'ai quelque chose d'important à te dire.
Je dois filer à Londres.
Il faut que je te le dise maintenant.
Oui. Bon, qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que c'est?
C'est ça. Je ne peux pas me souvenir de ce que c'est.
Egbert, tu es si impétueux.
Tu me fais tout sortir de l'esprit.
Désolé, mais je ne peux pas attendre.
- Alors, je vais à Londres avec toi. - Quoi?
Ça me reviendra peut-être le temps que nous y arrivions.
Et tu ne dois pas conduire tout seul.
Je parie que c'est ce que tu dis à tous les hommes que tu épouses.
- Oh, Egbert. - Oh, bon. Alors accompagne-moi.
Les ombres sur le sable sont belles.
Oui, elles sont très belles.
Et la lumière sur l'eau.
Le bord d'un nuage qui traverse la lune.
Regarde, il va sortir.
Regarde, Guy, il va sortir.
Il est sorti.
Oh, n'est-il pas beau?
II est chou.
Je me demande ce qui cause cet effet particulier.
C'est ce que j'essaie de deviner.
Mimi, qui est cet homme qui vient d'entrer dans votre chambre?
- Un homme? - J'ai vu un individu bizarre là-bas.
Combien d'hommes avez-vous invités ce soir?
Mimi, êtes-vous mariée?
- Quoi? - Est-ce votre mari?
- Mari? - Oui, mari...
- Oh, scusi, s'il vous plaît, scusi. - Que faites-vous là?
Par chance, le destin est vulgaire.
Pourriez-vous rester ici un instant?
- Ce n'est personne. - Personne?
Mimi, qui est-ce? Que fait-il là?
II est ici pour affaires.
Pour affaires?
- Allons regarder la lune. - Pas avant que je l'aie jeté dehors.
Non, il ne faut pas. On ne peut pas.
Alors, dites-moi qui il est.
Eh bien, il...
- Je suis mariée. - Vous, mariée?
A un géologue.
Oh, alors, c'est votre mari.
Oh, non, non. Je ne suis pas vraiment mariée.
Je ne le serai plus pour longtemps.
Je veux divorcer au plus vite,
et il est là pour m'aider à l'obtenir.
Attendez un peu.
Mimi, vous êtes la femme dont Egbert Fitzgerald s'occupe du divorce?
Et vous pensiez que j'étais votre codéfendeur?
Comment avez-vous pu penser une telle chose?
Vous avez dit les mots corrects.
Quels mots corrects?
Oh, scusi, s'il vous plaît, scusi.
Le vulgaire destin nous porte chance.
Etes-vous le codéfendeur?
Rudolfo Tonetti, à votre service.
- On n'a plus besoin de vous. - Quoi?
Je prends votre place.
Vous êtes syndiqué?
Vous êtes engagé par M. Egbert aussi?
M. Tonetti, vous ne comprenez pas.
Ce monsieur ne va pas prendre votre place. Il ne va pas rester.
- Alors, vous avez besoin de moi. - Absolument pas. Vous êtes de trop.
- Filez d'ici. - Mais, Guy...
Vous pensez que je vais vous laisser avec un Italien, peut-être un ténor?
Ecoutez.
J'avais tort.
- Je vais le jeter dehors. - Mais, Guy!
Mais j'ai un contrat et je poursuis pour dommages.
Pour mon oreille, puis mon honneur,
- et aussi... - Silence, tous les deux.
C'est mon affaire. Je suis là pour un divorce, et M. Tonetti doit rester.
Eh bien, s'il reste, je reste. On est nombreux, mais c'est la vie.
Enfin, mon appel, elle est arrivée. Scusi, s'il vous plaît. Je réponds.
AIlô? Oh, allô, Maria.
Six fois j'ai appelé. C'était occupé.
Ça donne toujours:
Oui, le signal occupé.
Oui, oui, je vais bien.
Non, blonde.
Juste une blonde.
Scusi, signora, je parle à la femme.
Elle veut tout savoir sur la dame.
Oui.
Oui, embrasse les petits de ma part.
Quoi?
Quoi? Maria.
Qui est en train de te parler?
Quoi?
Qu'en pensez-vous?
Mon petit Rodolfo, 9 ans seulement, et sa voix a déjà changé.
Bonne nuit, mon cœur.
Signor.
Vous restez, vous ne restez pas. C'est égal à Tonetti.
Mais pas de bêtises.
La dame ne quitte pas la chambre tant que Tonetti est sur l'affaire.
Ça veut dire qu'on est prisonniers?
Vous ne croyez pas que je vais vous enlever la dame?
- Je veillerai là-dessus. - C'est trop gentil de votre part.
Oh, scusi, voulez-vous jouer au bridge à trois mains?
- Non, merci. - Non?
Pas le moins du monde.
Bon, alors je vais faire des réussites.
Et s'il vous plaît, souvenez-vous de ne pas partir. Je veille.
- Je ne voulais pas vous mêler à ça. - Mais je le veux, et dès maintenant.
Vous savez, je crois que ce ne sera pas si mal d'être prisonniers ici.
Eh bien! Eh bien!
On ne dirait pas une chanson de prisonniers.
Ce n'est pas mal.
- Qu'est-ce? - C'est la dernière vague, ici.
- Ça s'appelle le Continental. - Le Continental?
Ça me plaît.
C'est la deuxième chose que j'aimerais ramener avec moi.
Connaissez-vous les paroles?
Une belle musique
Un rythme dangereux
C'est osé Le Continental
Une façon de danser Qui est ultra nouvelle
C'est très subtil Le Continental
Parce qu'il fait Tout ce que vous voulez
II a une passion Le Continental
Une invitation Au clair de lune et à l'amour
C'est à la mode Le Continental
Car vous parlez de votre amour En dansant
Vos lèvres murmurent tendrement
Ses yeux répondent à votre chanson
Deux corps qui tanguent Le Continental
Et vous dites Ce dont vous rêvez
Continuez à danser Le Continental
Car c'est une chanson romantique D'amour
Vous embrassez Tout en dansant
- Ce n'est pas une mauvaise idée. - C'est Continental
C'est Continental
Vous chantez En dansant
Votre voix est douce Et sentimentale
Vous tournez ensemble Bras dans les bras
Vous glissez nonchalamment Avec grâce et charme
Vous trouverez Tout en dansant
Qu'il y a un rythme Dans votre cœur et votre âme
Un certain rythme Que vous ne pouvez contrôler
Et vous ferez le Continental Tout le temps
Ne peut-on pas descendre et s'amuser avec les autres?
Et si notre geôlier nous attrapait?
J'avais oublié "Scusi, s'il vous plaît."
Qu'y a-t-il?
Une idée, une idée.
Est-ce un de ces...
Je crois savoir comment sortir sans que nous manquions à l'ami Tonetti.
Je faisais ça quand j'étais petit.
- Peu m'importe... - "Vos jeux de garçon." Je sais.
Mais ça pourrait marcher.
Vous voyez, à cause de vous, je découpe des poupées en papier.
Oh, je vois.
Je vais me changer.
- C'est mignon. - C'est superbe.
Allons-y.
Regardez, Mimi. Le voilà...
Une belle musique
Un rythme dangereux
C'est osé Le Continental
Une façon de danser Qui est ultra nouvelle
C'est très subtil Le Continental
Parce qu'il fait Tout ce que vous voulez
II a une passion Le Continental
Une invitation Au clair de lune et à l'amour
C'est à la mode Le Continental
Car vous parlez de votre amour En dansant
Vos lèvres murmurent tendrement
Ses yeux répondent à votre chanson
Deux corps qui tanguent Le Continental
Et vous dites Ce dont vous rêvez
Continuez à danser Le Continental
Car c'est une chanson romantique D'amour
Vous embrassez Tout en dansant
Le Continental Le Continental
Vous chantez En dansant
Votre voix est douce Et sentimentale
Vous savez avant La fin de la danse
Que vous l'aimez Et qu'elle vous aime
Vous trouverez Tout en dansant
Qu'il y a un rythme Dans votre cœur et votre âme
Un certain rythme Que vous ne pouvez contrôler
Et vous ferez le Continental Tout le temps
Les ducs et les seigneurs De noble sang
Aiment la nouvelle sophistication Du Continental
Dans un grand hall belge Dans une salle de bal de Monte Carlo
Vous verrez le Continental
Dans un bistrot à Paris Bourré d'apaches
Vous verrez le Continental A la dernière mode française
L 'Espagne et l'Italie, la Transylvanie La Norvège, la Suède et la Roumanie
Font le Continental
Sur les digues du Zuider Zee Les sabots de bois ont trouvé la clef
Le Continental
C'est comme une fièvre C'est comme une peste
Ça balaie toute l'Europe De Moscou à La Haye
Vous embrassez Tout en dansant
Le Continental Le rythme vous rend fou
Le Continental Une mesure pas si mesurée
Vous chantez En dansant
Sa voix est douce, elle vous enchante Le toucher de sa main
Le Continental Une mesure que vous comprenez
Vous saurez Avant la fin de la danse
Que vous l'aimez Et qu'elle vous aime
Vous trouverez tout en dansant
Qu'il y a un rythme Dans votre cœur et votre âme
Un certain rythme Que vous ne pouvez contrôler
Le Continental
Le Continental
Le Continental
II est parti. Venez.
- Pourquoi avez-vous fait ça? - Je voulais être sûr de vous.
- Qui est-ce? - Comment le saurais-je?
Ce n'est pas mon boulot. Vous avez déjà fait ça.
Oui, mais vous avez bouleversé toute ma routine.
- Allez voir qui c'est. - Oui.
- Qui est-ce? - C'est le serveur, monsieur.
- C'est le serveur. - Demandez-lui ce qu'il veut.
- Que voulez-vous? - Le petit-déjeuner.
Le petit-déjeuner. Que fait-on?
Donnez lui son petit-déjeuner. Non, attendez.
- Oh, Mimi. Oh, Mimi. - Oui?
II y a un serveur qui dit vouloir son petit-déjeuner.
- Quoi? - C'est ce qu'il dit.
Le pauvre vieux a peut-être faim.
Clown. C'est notre petit-déjeuner. Je viens de le commander.
- C'est notre petit-déjeuner, Tonetti. - Bene, j'ouvre.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour. - Bonjour.
- Votre repos était confortable? - Oh oui, certainement.
- Mettez-le ici. - Oui. Puis-je...
- M. Tonetti, vous vous asseyez là. - Merci.
Et Guy, vous vous asseyez ici.
J'aimerais prendre mon petit-déjeuner avec vous chaque matin.
Oui? Merci.
J'espère que ça vous plaira.
Je n'ai jamais pris un petit-déjeuner avec deux hommes avant.
J'ai essayé. Ce n'est pas amusant.
Quand les gendarmes arrivent, on doit être très prudents.
J'espère que ce ne sera pas trop tôt.
Je commence à vous aimer tous les deux énormément.
C'est si gentil.
- Guy. Guy, il faut vous cacher. - Que Tonetti se cache.
Elle a raison. Vous allez tout gâcher.
Guy, s'il vous plaît. Vous me voulez libre?
- Bon, mais appelez-moi si besoin est. - Oui, oui.
Allez-y.
- Non, pas ici. - Où?
Là bas. N'importe où. Restez...
Le café, madame.
J'ai pensé à le garder au chaud.
- Guy. - Oui, ma chère.
Tout va bien. Ce n'est que le serveur avec le café.
Garçon, la prochaine fois, utilisez un certain signal.
Comme ça. D'accord?
Je ne vais pas entrer et sortir, pour le café ou autre.
Je vois. Un coup à chaque fois.
- Je comprends. - Oui. C'est ça.
Dites-moi, le monsieur dans ce cas est un savant, n'est-ce pas?
Un savant très distingué dans son domaine.
Un fossile parmi les fossiles. Un géologue.
- Pardon. Vous parlez de géologie? - Voilà qu'il recommence.
Avec votre permission, monsieur, j'ai une passion insolite pour les pierres.
Vous devriez avoir honte.
Oh, non, monsieur, c'est merveilleux, la géologie.
Saviez-vous que, géologiquement, cette petite île de Grande-Bretagne
est vieille de 500 millions et 3 ans et demi?
Comment le savez-vous si exactement?
Le professeur Brown m'a dit qu'elle avait 500 millions d'années
quand je l'ai rencontré, il y a 3 ans et demi.
- Qui était-ce? - Le professeur Brown.
- Le professeur Brown? - C'est un géologue.
Lui et sa femme se sont arrêtés là où je travaillais.
Savez-vous, monsieur, que c'est le professeur Brown qui m'a dit
que la côte ici est vraiment une intrusion ignée?
Vous savez, vous faites un peu intrusion ignée, vous aussi.
Oh merci, monsieur.
Maintenant, revenons aux faits. On...
C'est ainsi que vous voulez que je frappe à la porte, monsieur?
- Oui, merci. Merci. - Merci.
Je vois. Merci beaucoup.
Oh, quelle journée ça va être!
- Eh bien, Mme Glossop. - Bonjour, Egbert.
Silence, s'il... Oh, Guy, que fais-tu là?
Oh, Egbert, c'est ce que j'essayais de me rappeler de te dire.
- Oh, c'est ça? - Oui.
Voici ma Mimi.
Oh, oui? C'est aussi ma fin.
- Tonetti, si vous avez gâché... - Scusi, signor, s'il vous plaît.
Guy, il faut que tu sortes. Tu vas tout gâcher.
- Vous avez amené les gendarmes? - Mieux que ça.
J'ai réalisé un coup de génie. Un chef-d'œuvre.
Je suis sûr que ça vaut le coup.
J'ai amené M. Glossop.
- Mon mari? - Oui.
Le mari vient.
Tais-toi, Guy. Il faut que tu sortes.
- Je ne me cache plus. - S'il vous plaît. Vous l'avez promis.
Bon, je vais me cacher.
Mais n'hésitez pas à m'appeler.
- Appelez-moi de toute façon. - Oui, je le ferai.
Mimi, c'était mon idée de faire venir ton mari. Ne suis-je pas maligne?
Hortense, pourquoi as-tu fait ça? Une chose terrible risque d'arriver.
- Courage. Il est douteux qu'il tire. - Pardon?
Quelqu'un va tirer? Attendons donc.
Tirer? M. Egbert, jamais, jamais je n'ai été en contact avec un mari.
Ce n'est pas juste de me demander de faire ça. Où sont les gendarmes?
J'exige les gendarmes. C'est dans mon contrat.
Désolé. Je n'y peux plus rien. Il est probablement en train de monter.
Faites quelque chose. Ayez l'air amoureux. Tonetti, l'air amoureux.
Hortense, aie... Oublions ça.
- Allons, allons. - Oui, Egbert.
C'est trop pour Tonetti.
Vite, vite. Que va-t-on faire?
M. Egbert a dit d'avoir l'air amoureux. Vous voyez? Comme ça:
Oh, vous avez seulement l'air malade.
Bon, essayez ça:
Entrez.
Pardon, madame. J'espère avoir bien frappé.
- Vous avez tout gâché. - Désolé. Je viens débarrasser.
Oh, ça peut attendre.
- Que peut-on faire avec lui? - Oui, voilà.
- Mettez-vous là, s'il vous plaît. - Cachez-le.
- Dans la chambre à coucher? - Oui. Vite.
- Vite. - Mais monsieur, s'il vous plaît...
- Bonjour, garçon. - Comment allez-vous, monsieur?
- Vous vous cachez aussi? - Oui, monsieur. Ils m'ont poussé ici.
Encore une fois.
Entrez.
Oh, Cyril.
Qui est cet individu?
Voici mon mari.
Oh, comment allez-vous? Je suis très heureux.
Tu n'as pas répondu à ma question.
Je dois avouer qu'il est mon...
Cet objet?
Non, je ne le crois pas. Ma chère enfant, il ne t'est rien.
Il a toutes les caractéristiques d'un codéfendeur à gages.
Ce n'est pas vrai. Elle m'aime et j'aime elle.
Mimi, vous m'amusez. Je ne croirai jamais que vous êtes avec lui.
Ce... Ce coiffeur?
Guy! Guy!
Je suis navrée de vous le demander. Pourriez-vous m'embrasser?
Je ne suis pas navré.
Bravo. Bravissimo.
Et qui est donc ce nouveau Don Juan?
Après le divorce, nous nous marierons.
Quel divorce?
Tu ne vas pas demander le divorce?
Mais non, ma chère. Je vais te pardonner.
Lui pardonner.
Ça suffit, avec ces fadaises.
Mimi, fais ta valise et rentre à la maison sur-le-champ.
Sur-le-champ, te dis-je. Tu n'es qu'un petit agneau égaré.
Et vous, monsieur, n'êtes qu'un chiot totalement incapable.
Au moins, voilà ma chance de jeter quelqu'un dehors.
Oh, non, Guy. Il ne faut pas. S'il vous plaît.
Pardonnez-moi, madame. Puis-je m'en aller? J'ai du travail.
Oui, oui, allez-y.
Comment allez-vous, Pr Brown?
Professeur Brown?
Comment allez-vous, professeur, si je puis me permettre?
Oh, c'est votre vieil ami, le lanceur de cailloux?
Oui, monsieur, c'est lui.
C'est ridicule. Il ne sait pas de quoi il parle.
- Je n'ai jamais vu cet homme avant. - Allons, professeur.
Vous avez oublié nos petites conversations sur les pierres?
Vous et moi, et votre femme?
Non, pas du tout.
Vous reconnaîtriez la femme du professeur si vous la voyiez?
Mais certainement, monsieur.
Suis-je Mme Brown?
Non, madame. Vous êtes Mme Green.
On en voit de toutes les couleurs.
Mme Brown, elle était française. Elle ne parlait pas un mot d'anglais.
M. Brown serait un brin brûlé. Très "infossilesque" de votre part.
J'ai un train à prendre.
- Laissez-moi passer, monsieur. - Non, monsieur.
- Laissez-moi passer, dis-je. - Jamais, monsieur.
Que s'est-il passé? Ça a marché?
Ça a marché? Voici la future Mme Holden.
Je vous l'avais bien dit. Je vous l'avais bien dit.
Mon père sera si fier de moi.
- Egbert et moi allons nous marier. - Aussi, oui.
Mais, chérie, que se passe...
On s'est marié la nuit dernière, lors de notre retour de Londres.
La nuit dernière? C'est vrai?
Mais bien sûr qu'on s'est marié. Chéri, j'avais oublié.
N'est-ce pas merveilleux? Voilà ce qu'on va faire.
On rentre vite à Londres pour célébrer ça.
Scusi, je suis très bon aux fêtes.
[FRENCH]
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