All language subtitles for Don Cesare di Bazan 1942.Fre

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Original subtitles

DON C�SAR DE BAZAN

1650 Barcelone

L'Espagne est � son apog�e.

Ses soldats reviennent glorieux des pays conquis.

Pendant ce temps, la France, jalouse de son puissant rival,

essaie d'en miner l'unit�, en procurant armes et argent

� ceux qui d�sirent s�parer la Catalogne de la m�re patrie.

L'ambassadeur fran�ais � Madrid

a r�ussi � ourdir un complot s�paratiste.

Appelle le patron.

Buvons maintenant

� la sant� du soldat le plus h�ro�que d'Espagne,

don C�sar de Bazan.

Non, � la sant� des femmes d'Espagne,

ardentes � Seville, exquises � Tol�de,

tr�s douces � Malaga.

Et � vous, femmes infid�les de Barcelone.

Qui sont ces gens?

Des soldats.

Revenus des Flandres cette nuit, avec le Santa Fe.

Ils sont trop bruyants. Cela tombe mal.

Halte-l�, chevalier.

Quiconque approche est notre invit�.

Merci, mais un long voyage m'a fatigu�.

Merci encore.

"Qui � ton assiette dit non est faux ou bien idiot."

Bonsoir, vicomte.

Excusez-moi, messieurs.

La cargaison est l�, hein?

Je le sais. J'aurais d� l'apprendre de toi!

Le message!

Tu vas accompagner la cargaison � Tol�de.

Messieurs...

Le gouvernement fran�ais est pr�t � vous aider.

Il soutient avec sympathie vos aspirations l�gitimes

� l'ind�pendance de la Catalogne.

Voici la Catalogne.

Et voici Barcelone.

Voici le chemin que prendra le Corbeau

pour apporter la cargaison aux hommes du duc de Perez.

Ici, il y a le petit bois o� sont d�pos�es les arquebuses.

Mais...

essayons d'�viter le pire.

Il faut choisir le chemin le plus s�r et discret.

Lequel?

Celui qui conduira le roi � vous donner l'ind�pendance.

Comment?

En attirant le monarque loin de la cour.

Il ne la quitte jamais.

Ses habitudes le d�fendent mieux que ses soldats.

- Un plan absurde. - Difficile, pas absurde.

Il s'agit de nombres. Le r�sultat est automatique.

Quels nombres?

En l'occurrence, un seul.

Les Espagnols n'aiment que les m�taphores po�tiques.

Soyez clair.

Il s'agit d'une femme.

Nos �p�es sont plus fiables!

Je sais aussi me fier � mon fer, s'il le faut.

Mais il faut �tre � la fois lion...

et renard.

Qui est cette femme?

Vous rappelez-vous la grande corrida?

C'�tait bien la 1 re fois qu'un roi oubliait l'exploit de l'�p�e.

Il a longuement regard� et admir�

une jeune spectatrice.

Il s'est enquis d'elle pendant deux jours,

mais on n'a rien su lui dire.

Comme dans les contes, la belle inconnue avait disparu.

Sauf pour moi.

Le roi n'aime pas les aventures.

"La graine jet�e, le plant pousse."

Un jour, le roi retrouvera devant lui cette femme

comme en r�ve.

A-t-elle un nom?

Non, mais elle a une vertu que la reine n'a plus.

Elle pla�t au roi.

Un chameau entre plus facilement par un trou d'aiguille

qu'une roturi�re

� la cour.

On l'a d�j� confi�e � notre amie la marquise d'Almereida,

qui en fera une grande dame.

Et puis, malgr� mon imagination de po�te,

je n'ai rien improvis�.

L'optimisme des Fran�ais est incurable.

Messieurs, permettez-moi de me faire des illusions.

Bonsoir, messieurs.

Feinte au flanc.

Botte droite.

Un coup superbe.

C'est flatteur, d'un ma�tre tel que toi.

Versez-moi � boire.

L�chez-moi!

L�chez-moi, je n'ai rien fait!

C'est la faute au sergent!

L�chez-moi!

L�chez-moi! Je suis un soldat.

Le capitaine a dit 30 coups de nerf de b�uf!

Un instant!

Encore lui.

Qu'a fait ce gar�on?

Je suis armurier au fort.

Silence!

Ce fain�ant doit nettoyer les arquebuses. Au lieu de quoi...

Ce n'est pas ma faute. Le sergent ne me donne pas d'huile.

Un soldat n'accuse pas ses fr�res d'armes.

Mais... 30 coups de fouet sont trop pour un petit gar�on.

Ton capitaine?

Don Ribera.

Alors, dites � M. Ribera

que ce gar�on est sous la protection

de don C�sar de Bazan.

Et qu'il est pri� de ne pas le toucher.

Ex�cutez mes ordres.

Eh bien!

Capitaine...

Emmenez-le.

L�chez-moi!

L�chez-le.

Madame, nous sommes press�s.

Attrapez-le!

D�gagez!

Aidez-le.

Don C�sar n'a pas besoin d'aide.

- Si vous osez un pas... - Vous �tes fou.

- Gare � vous. - D�sarmez-le!

Du calme, messieurs.

Fallait-il vraiment nous faire remarquer?

Raccompagne madame.

Ravi de vous revoir, chevalier.

Je ne vous savais pas ici.

- J'ai d�barqu� ce soir. - D�j� l'�p�e en main.

Vous ne connaissez donc pas l'�dit.

Lequel?

Sa Majest� Catholique a interdit les duels, sous peine de mort.

Un �dit royal?

Rengainez votre �p�e.

Et vous, capitaine...

Faites-moi une gr�ce. R�pondez � la pri�re du chevalier.

Pardonnez au gar�on.

Vous satisfaire est pour moi un devoir.

Merci, capitaine.

Souviens-toi, un soldat doit mieux aimer ses fusils.

Sauve-toi.

Cher vicomte, vous m'avez �vit� un duel.

Je le regrette.

Mais vous m'avez sauv� la vie. Je vous remercie.

Je suis votre ami

autant que votre ennemi en guerre, cher comte.

Vous �tes pareil qu'� Saint-Quentin.

Mes soldats vous appelaient "le d�mon".

Les amis!

Voici le vicomte de Beaumont,

l'ambassadeur fran�ais aupr�s de Sa Majest�.

Je vous prie, buvez avec nous.

Toujours unis, l'�p�e � la main

Toujours unis � v otre capitaine

Dans la bataille, nous saurons vaincre...

Auberge du Faucon Addition du comte de Bazan

Mon ma�tre est l�?

Dans sa chambre.

Un instant!

Je n'ai pas encore vu un sou. Dis-moi,

paiera-t-il au moins l'ann�e pass�e?

Je ne suis pas devin.

Patron...

Patron... �coutez...

- Quoi? - C'est que...

Tu peux partir.

- Alors? - Je vous cherche depuis 2 h!

J'�tais � l'Alcazar.

Cette nuit, tout �tait rose pour moi.

Une femme, Sancho.

Ses yeux font fleurir les pierres.

"L� o� tu passes, l'hiver fuit, effray�."

"Tes paroles, Rom�o, sont trop douces.

- "Mon c�ur fond." - "Le printemps se colore..."

Au diable Rom�o et Juliette! Que veux-tu?

Patron, j'�tais l�-bas. Et il y avait des barils.

- L�-bas, o�? - Dans la cale du Santa Fe.

Sur les barils �tait �crit: Champagne, champagne...

Je m'approche avec un clou...

Pas pour faire un trou... comme �a.

Pas pour boire... comme �a.

De la poudre!

- O� l'as-tu trouv�e? - Dans un baril.

J'ai fait un trou et j'allais boire la poudre!

- Combien de barils? - Une montagne.

- Dans la cale du Santa Fe, hein? - Oui.

Celui-ci aussi est rempli de poudre.

Ils doivent tous l'�tre.

Il y en a une centaine.

Pourtant, je n'avais rien remarqu�, ces jours-ci.

Attendez.

Un garde du port. Si on le pr�venait?

Ne bouge pas. O� va-t-il?

II part.

De la contrebande?

S�rement, sinon pire.

Demain, je verrai le Premier ministre.

Je lui en parlerai.

Comte de Bazan,

Son Excellence Jos� de Noguerra vous attend.

Cher comte...

M. Le ministre...

Comte, en quoi

puis-je vous aider?

C'est un honneur de satisfaire aux souhaits d'un soldat valeureux.

Merci, mais il ne s'agit pas de moi.

C'est une question assez d�licate.

Laissez-nous.

En avez-vous parl�?

� personne.

Tant mieux. On va tirer cela au clair.

Il le faut, Excellence.

Il y a de quoi faire sauter toute une ville.

Pour vous soldats, la poudre n'a pas le m�me sens

que pour nous, les diplomates.

N�anmoins, vous nous avez rendu un service

dont vous n'imaginez pas les cons�quences.

J'aimerais vous �tre utile, Ex cellence.

Merci.

Je connais votre nature. G�n�reuse, mais impulsive.

Ici, il faut du sang-froid et surtout, de la discr�tion.

N'en parlez � personne, pas m�me � vos amis intimes.

Je vous tiendrai au courant.

Merci, Ex cellence.

La cargaison est ainsi � la merci du premier idiot venu.

N'importe qui peut aller trouer et jouer aux d�s sur les barils

sans qu'aucun de nos hommes ne se montre.

Nous avons pris toutes les pr�cautions.

Pourtant, cette nuit, le serviteur de Bazan

a d�couvert ce qui devait rester secret.

Par hasard.

Par hasard!

On ne va pas renvoyer la r�volte aux calendes grecques!

II faut h�ter les choses.

Surtout la rencontre du roi avec Ren�e Duras.

C'est le meilleur chemin.

J'en doute.

Le roi ne va pas accepter l'invitation d'une roturi�re.

Permettez, je ne suis pas de votre avis.

Par contre, comment comptez-vous agir avec le comte de Bazan?

C'est un homme courageux, envahissant.

J'aimerais que vous le traitiez comme il le m�rite.

Nous l'�liminerons.

Parfois, vos intuitions sont surprenantes.

Mais comment?

II faudrait faire cela discr�tement.

C'est un homme � l'�p�e facile.

Et en Espagne, un �dit punit le duel

par la mort.

- Vous souvenez-vous de moi? - Bien s�r.

Vous m'en voyez ravi.

Ceci vous aidera � r�pondre.

Connaissez-vous la dame qui hier...

Je peux me renseigner.

Non, merci. Je vais attendre.

Cela a s�rement �t� une erreur.

Tout � fait.

L'�uf faisait une promenade

et vous �tiez sur son chemin.

Manifestement, vous lui avez d�plu.

- C'est donc la faute � l'�uf. - Oui.

C'est l'�uf, le voyou.

Voil�.

Voil�.

Mais l'�uf est parti, maintenant.

Je suis donc oblig� de m'en prendre � vous.

Voyou!

Gare, si vous tenez � votre peau.

Il est l�-bas.

Arr�tez!

Je vous arr�te. D'apr�s l'�dit du roi.

Il m'a provoqu�!

- Il l'a oblig� � se battre. - Il a commenc�.

- C'est toujours lui. - Hier aussi.

- Arr�tez-le. - Partons.

Partons.

Par ici!

Non, madame.

Arr�tez-vous.

Que voulez-vous?

Ne criez pas.

- Je ne vous veux aucun mal. - Sortez.

Vous n'�tes pas tr�s accueillante.

M'avez-vous oubli�?

Ne me reconnaissez-vous pas?

Si, parfaitement.

Sortez.

Tr�s bien.

Il ne me reste qu'� ob�ir.

Madame, rien au monde ne me fera sortir maintenant.

Arr�tez-vous.

Non... je m'arr�te.

Je m'arr�te.

Laissez-moi vous dire que vous �tes tr�s belle

dans cette attitude hardie.

Mon vieux c�ur de soldat bat plus vite.

Et non par peur.

Je ne bougerai pas.

On voit que vous �tes capable de frapper.

Savez-vous ce que signifie "frapper"?

Cela signifie tuer.

Imaginez, madame.

En un instant, ma chemise

se ferait rouge de mon sang enflamm�.

Puis, je tomberais l�...

mort.

Un mort affreusement encombrant.

Comment justifier

ma pr�sence?

On peut justifier celle d'un homme vivant, ardent.

Mais celle d'un homme mort...

Non.

Je ne vous permettrai pas de croire que je vous crains.

Et puis...

vous ne frapperiez pas.

Vous �tes un effront�.

Qui vous adore.

Je ne pense qu'� vous, je ne parle que de vous.

Dites-moi au moins votre nom.

Je suis un homme amoureux.

Aucun sentiment

ne peut justifier votre pr�sence ici.

Et puis, monsieur,

il n'y a aucune raison que je vous croie.

Je vous dis que personne...

On frappe.

Cachez-vous.

Parlez.

D�sol�, madame, mais un soldat pr�tend

avoir vu un homme recherch� sauter sur votre balcon.

Qu'avez-vous � dire?

Rien.

Absolument rien.

Bien. Bonne nuit.

J'ai une chose � vous dire.

Dites.

Je d�sire que vous veniez tous les soirs

me souhaiter bonne nuit.

Bonne nuit.

Bonne nuit.

Merci.

Et maintenant, partez.

Partir...

Montrez-moi un chemin moins dangereux

pour votre r�putation.

Ou votre s�curit�.

Je vous admire trop pour vous cacher la v�rit�.

Il s'agit d'un duel entre chevaliers.

Je comprends.

Mais ce dont je r�vais est arriv�. Je vous ai connue.

Cela de vait arriver, puisque je vous aime.

Vous mentez.

Je serai honn�te jusqu'� l'impudence.

Vous m'aimez aussi.

Rien qu'un peu.

Vous m'avez d� fendu comme si on se connaissait.

- Oui, mais... - Vous avez �cout� votre c�ur.

Vous avez compris mon amour.

Compris que le vent du destin nous unit sous le m�me ciel.

Que nous vivons un r�ve

qui ne finira jamais plus.

Jamais plus.

Maintenant, partez. Je vous en prie.

Dites-moi au moins votre nom.

Ne me le demandez pas.

Je ne veux rien savoir de vous non plus.

Tout a �t� comme un court r�ve.

Vous reverrai-je demain?

Peut-�tre.

Je vous en prie.

Partez.

Passez par ici, il vaut mieux.

Et soyez prudent.

� demain.

� demain.

Vous vous �tes fait attendre.

Ex cusez ce retard, lieutenant.

Vous me demandez l'impossible.

C'est affreux. Don C�sar est un ex cellent soldat.

Je sais.

Personne n'appr�cie ses qualit�s plus que moi.

Mais en haut, on veut un exemple.

C'est une occasion ex cellente.

Les �dits de Sa Majest�, d'ailleurs, doivent �tre respect�s.

�dit contre le duel

Tout offenseur ou offens� qui mettra la main � l'�p�e en duel

sera condamn� � mort.

La Justice sera impito yable et tr�s ferme

avec les coupables.

Que voulez-vous? Qui est-ce?

Un ami.

Le vicomte de Beaumont?

Cher don C�sar, je viens d'appendre votre m�saventure.

Croyez-moi, vicomte,

ce qui me rend compl�tement fou,

c'est de mourir comme un malfrat.

Et non comme un soldat.

Si je l'avais su plus t�t, j'aurais tent� un miracle.

C'est pour quand, la sentence?

Dans quelques heures.

Si on pouvait la renvoyer ne serait-ce que d'un jour,

peut-�tre que...

je pourrais encore agir.

Pourquoi la renvoyer?

Un puissant personnage pourrait interv enir.

Non par compassion, bien entendu, vous connaissez les hommes.

Mais je sais qu'il a besoin d'une �trange faveur.

Et vous pouvez la lui rendre.

Que peut-on demander � un homme condamn�?

De vous marier.

- Me marier? - Oui.

La raison?

Ne la demandez pas.

Mais je vous assure qu'en �change,

vous aurez la vie sauv e.

- Mon nom ne sera pas compromis? - Non.

Je vous le garantis en tant que gentilhomme et ami.

Une femme qui d�sire devenir comtesse.

Sans doute.

Et apr�s?

Apr�s... l'exil, j'imagine.

Mais ne perdons pas de temps.

Fiez-vous � moi.

Au revoir, mon ami.

Et que Dieu nous aide.

24.

C'est votre tour, Ex cellence.

Il faut reconna�tre que le ministre a l'�il et la main d'un jeune homme.

Flatteurs...

En tant qu'h�te, je devrais perdre,

mais il ne faut pas renoncer � la joie d'une victoire,

m�me av ec les amis.

Joli coup.

Messieurs.

Cher Noguerra...

Pardonnez-moi de vous interrompre.

J'ai � vous demander une grande faveur.

Parlez, vicomte.

Il s'agit du comte de Bazan.

Je vous prie de renvoyer l'ex �cution.

Auriez-vous des remords?

II serait injuste de le faire mourir si t�t.

Des mots surprenants, dans votre bouche.

Que cachez-vous?

Rien.

Je trouve injuste

de ne pas tirer d'un tel homme tout ce qu'il peut donner.

Le sauveriez-vous?

Dieu m'en garde.

Nous le ferons fusiller.

Mais...

Pas aujourd'hui. Ni demain, peut-�tre.

Encore une de vos cachotteries.

Pourquoi?

L'ex�cution aura lieu, mais...

apr�s le mariage.

Quel mariage?

Vous avez dit que le roi refuserait l'invitation d'une roturi�re.

Eh bien, il sera invit� au ch�teau d'Avila

par une comtesse authentique.

La comtesse de Bazan.

Est-ce � dire notre pr�cieuse et jolie amie,

Mlle Ren�e Duras.

Comment se fait-il que le comte

se pr�te � un jeu aussi st�rile pour lui?

En �change, je lui ai promis la vie.

Sans vouloir vous para�tre tendre,

votre jeu n'est-il pas trop cruel?

Qu'y a-t-il de plus beau que l'illusion?

N'y avait-il pas un meilleur r�le que cette farce?

Pour une actrice telle que vous,

ce n'est pas dur.

Je conteste vos ordres pour la premi�re fois.

J'ai des raisons.

Lesquelles?

Je vous saurais gr� de me les faire conna�tre.

Je v eux en savoir plus.

Un nom ne me suffit pas.

Comte de Bazan... et alors?

Pourquoi tant de myst�re?

Je vous l'ai dit.

C'est un secret d'�tat.

Au-dessus de nous, ex �cuteurs d'ordres,

il y a des raisons d'�tat.

Et puis, on ne vous demande pas

un grand sacrifice.

Vous devez seulement vous marier.

Pour une Fran�aise,

�pouser un homme qu'elle ne verra m�me pas,

c'est id�al.

Si je vous disais que je ne veux pas

me marier?

Je vous raconterais un conte de f�e.

Il �tait une fois un vieux monsieur

qui, suite � certains faits, eut la loi contre lui.

Les accusations �taient graves. Les preuves, �crasantes.

Vous savez que mon p�re est innocent.

C'est possible.

Mais l'essentiel, ce n'est pas d'�tre innocent,

c'est qu'on vous croie tel.

Vous m'avez pri� de lib�rer votre p�re et je l'ai fait.

En �change, que vous demand�-je?

Une v�tille.

Apr�s, vous serez libre.

Venez-vous?

Don C�sar de Bazan, marquis de Villanueva y Fuente y Calatrava,

prince de Salamanque,

voulez-vous �pouser, selon le rite et la loi

de la Sainte �glise romaine,

- Mlle Ren�e Duras? - Oui.

Mlle Ren�e Duras, voulez-vous �pouser,

selon le rite de la Sainte �glise,

Don C�sar de Bazan,

marquis de Villanueva y Fuente

y Calatrava, prince de Salamanque?

Oui.

Au nom du P�re,

du Fils,

et du Saint-Esprit,

je vous d�clare unis par le mariage.

D�p�che-toi.

- Don C�sar... - Qui est-ce?

Ah, c'est toi.

Dommage, je faisais un r�ve merveilleux.

Allons...

Ne pleure pas, mon vieux.

Tu crois que c'est si facile d'envoyer mon �me au diable?

Rass�r�ne-toi.

J'ai une grande nouvelle.

Je me suis mari�.

Vous blaguez? Avec qui?

Avec la meilleure des femmes.

Je ne l'ai pas vue et ne la verrai pas.

Et sa dot est inestimable.

- La vie. - On ne vous fusillera pas, alors?

En effet.

Mais il faudra se s�parer, Sancho.

Je devrai partir tr�s loin.

Je ne vous quitterai pas.

J'irai avec vous.

Ce serait injuste, tu dois rester ici.

Ici sans vous?

Tu ne voulais pas �tre acteur?

Tu disais: "Je jouerai Hamlet quoi qu'il arrive."

Tu vas le jouer.

Hamlet...

Non, je ne vous quitterai pas, patron!

Un vrai pot de colle.

Bon, tu viendras avec moi.

Don C�sar de Bazan,

c'est l'heure.

Beaumont!

Venez. D�p�chez-vous.

Don C�sar!

Un instant!

J'ai charg� les armes � blanc.

Faites semblant d'�tre mort, pour l'amour de Dieu!

Son Excellence la comtesse Ren�e Duras de Bazan.

La comtesse est la veuve

du comte C�sar de Bazan, h�ros des Flandres.

Nous proposons � Sa Majest�

de lui faire don

du ch�teau d'Avila.

Accord�.

Je me souviens du lieu et de l'heure o� je vous ai d�j� vue.

Dans vos yeux, je retrouve la douceur du moment.

Comme si le temps s'�tait arr�t�.

Je vous remercie pour ce don, Majest�.

Et pour le souvenir,

qui m'honore.

Le roi n'a de m�moire que pour la beaut� et les h�ros.

On leur doit tout.

Vous m'encouragez � vous exprimer un d�sir.

Aucun don ne me sera plus cher

que votre pr�sence au ch�teau d'Avila, Majest�.

Nous ne pouvons pas toujours exaucer nos d�sirs.

J'ai demand� plus que je ne pouvais oser.

Non. Je vous en suis reconnaissant.

Ce serait pour moi une journ�e d�licieuse,

loin des soucis quotidiens.

Sa Majest� trouverait des bois pour chasser.

Je hais la chasse.

Je connais les usages pour recevoir un roi.

Vous avez d� penser au ch�ur des villageois.

Oui, Majest�.

Je hais aussi les ch�urs des villageois.

Av ez-vous pr�par� un spectacle?

Non, Majest�.

Vraiment?

Oui, Majest�.

Dommage. J'adore le th��tre.

Mais je viendrai.

Je viendrai.

Uniquement pour vous.

Attention, duc. Le vicomte est incorrigible.

Il menace le roi.

� propos, vous avez vu, la raison �tait du c�t� du po�te.

Le roi ira � Avila.

Croyez-vous que cela suffise, vicomte?

Le pessimisme tue le courage.

Je pr� f�re me nourrir de faits que d'espoirs.

Je ne comprends pas.

On avait un t�moin dangereux et on l'a �limin�.

Le roi a accept�

l'invitation de la comtesse.

On ne se fie pas trop � votre comtesse.

On s'y fie assez.

Sa t�che accomplie, on l'�liminera aussi.

Afin que vous retrouviez votre sourire,

sachez que les chariots avancent

et que demain, la poudre

sera arriv�e.

Allez!

Allez! Nous y sommes presque!

Y aura-t-il du monde au ch�teau?

Non, le roi a parl� de quelques amis

et on en a choisi tr�s peu.

Des amis � nous, bien entendu.

Vous �tes toujours plus romantique.

Et vous, toujours plus raffin�.

C'est beau d'observer une femme

dans ses pens�es secr�tes.

�tes-vous s�r de les conna�tre?

Toutes?

Je ne suis pas l� pour �tudier votre �me.

Si je suis l� � cette heure indue,

c'est pour vous dire que le roi

va anticiper d'un jour sa visite au ch�teau.

Il est press�, c'est �vident.

On l'est tous.

Naturellement.

Qu'avez-vous? Vous �tes agit�e, nerveuse.

J'aimerais que tout soit d�j� fini.

N'ayez crainte, tout sera bient�t fini.

� propos...

J'ai un conseil dont la nature est d�licate.

J'aimerais que vous ne causiez aucune d�ception au roi.

Vicomte, il est tard,

laissons la comtesse.

D'autres ordres?

Des pri�res, comtesse. Jamais des ordres.

Vous!

Je vous remercie

de m'accueillir par un sourire.

D�sol�, j'arrive encore par un chemin insolite.

Cette fois-ci,

je viens de plus loin que les toits.

Je viens des r�gions astrales.

Des r�gnes d'outre-tombe.

Votre ton est bien �trange.

Du ciel, tout para�t limpide sur cette Terre.

Chacun m'est apparu avec son vrai visage.

Le v�tre, bien s�r, est celui d'une f�e.

Le vicomte de Beaumont

a le visage d'un ange.

Je ne comprends pas ce que vous dites.

Dans mon voyage, j'ai appris

ce qu'�taient vos amis et vous-m�me.

J'ai alors vol� jusqu'ici

pour savoir, en vous regardant, en vous �coutant, si je r�vais.

Car on m'a dit que vous �tiez...

un �tre sans scrupules.

Une �me tra�tresse.

On vous a menti.

H�las, mes informateurs ont �t� trop indulgents.

J'�coute un fou. Vous ne savez pas ce que vous dites.

Cette r�plique est parfaite.

Vous exprimez parfaitement l'anxi�t�, l'indignation.

Je vous admire.

Non seulement un pauvre chevalier, mais un roi...

le roi...

peut �tre pris dans vos rets.

Partez. Je vous en supplie.

Votre jeu est de plus en plus charmeur.

Vous allez crier, appeler du monde.

Vous allez vous blottir, innocente, dans les bras de la marquise.

Ce n'est pas la peine, je pars.

Sachez que je ne parle pas en amoureux d��u.

Je remercie m�me le destin

de m'avoir emp�ch� d'�pouser une femme comme vous.

Car je suis d�j� mari�,

ma douce amie.

Mari�?

Oui. Et je n'en ai jamais �t� aussi heureux que maintenant.

Maintenant, je comprends que vous �tes digne de vos paroles.

"Un homme amoureux"...

"Un amant insomniaque"...

C'�tait une ex cuse pour masquer une fuite honteuse.

Il faudrait vous �craser comme une vip�re.

Une chose est certaine.

Je ne risque pas non plus de vous �pouser.

Notre histoire...

a sombr�.

Forc�ment.

Avec un tel chargement de mensonges...

Un instant!

J'aimerais m'expliquer.

Je...

Quoi?

Pourquoi?

Adieu, madame.

- Aucun indice? - Est-ce possible?

� la premi�re explosion,

j'ai juste pu sauter, je n'ai rien vu.

Il a d� y avoir des fuites.

Bient�t, tout sera fini.

Duc, venez avec moi.

- Vous aussi. - Bien.

Surveille le ch�teau avec les gens d'Olivarez.

Bien, Ex cellence.

Et ouvrez les yeux, cette fois.

Le duc d'Oropeza sera dans la suite du roi.

Moi, je partirai le dernier.

Inutile de vous dire que le roi me verra en premier.

Pardonnez mon insistance.

Dans cette histoire de barils,

quelque chose

ne va pas.

La Justice sera impito yable et tr�s ferme avec les coupables.

Soyez le bienvenu, sire, au ch�teau d'Avila.

Nous sommes ravis

d'avoir accept� votre invitation.

Velasquez,

seriez-vous en mesure d'�galer, avec vos pinceaux,

ce que la Nature a compos� de fa�on si admirable?

Jamais av ec mon art, Majest�.

Merci, Majest�.

Notre beaut�, Majest�, est mortelle.

Les images de Velasquez

vivront toujours.

Ne parlez pas de choses mortelles.

Le bonheur ne se nourrit pas de telles pens�es.

Et l�, nous pouvons dire

�tre r�ellement heureux.

N'est-ce pas, Velasquez?

Certainement, Majest�.

Le roi a amen� trop de monde, ne croyez-vous pas?

Des courtisans avec beaucoup de morgue et peu de courage.

Et la comtesse a invit� des acteurs

pour divertir nos chers amis.

Voyez, j'ai d� fermer la porte

au nez de mes courtisans les plus effront�s,

commettant ainsi ma premi�re impolitesse,

pour vous voir seul.

Mais le destin veut qu'un roi ne soit jamais seul.

Quand il n'y a pas de courtisans, il y a ses anc�tres.

Et vous vous int�ressez plus � eux qu'� moi.

Quel personnage extraordinaire!

Au regard fier et �nergique.

Philippe III.

Vous, les femmes, poursuivez toujours des chim�res.

M�me si cela peut blesser celui qui est � vos c�t�s.

Les sauf-conduits, capitaine.

Sont-ils tous l�?

Manquent le ministre et les acteurs.

Alors, soyez vigilant.

Faites passer.

Soyez le bienvenu, vicomte.

Mes hommages, marquise.

Et Sa Majest�?

II s'entretient avec sa charmante h�tesse.

M'ordonnez-vous de mentir?

Toute la cour est � vos ordres pour mentir.

Moi, par contre, je voudrais...

Vous voudriez?

Je voudrais vous dire...

C'est si dur de parler au roi.

Oubliez que je suis le roi.

Ici, je suis le plus ferv ent de vos admirateurs.

- Je... - Pardonnez, Majest�.

L'ambassadeur de France d�sire parler � Sa Majest�.

Vous voyez?

M�me les ambassadeurs nous harc�lent jusqu'ici.

Que vouliez-vous dire?

Rien d'important.

Tu nous demandes des miracles � la derni�re minute!

C'est pour �a que j'ai cherch� de vieilles lames.

Nous seuls sommes capables de miracles!

Ferme-la!

Comment entrer dans le ch�teau?

Je ne sais pas. Je sais seulement qu'il faut entrer.

Sauf-conduit

La comtesse de Bazan invite Pasquale Cornalis et ses acteurs

� se produire au ch�teau d'Avila.

Pasquale Cornalis...

- C'est qui? - Moi.

Combien d'hommes?

Sept.

Ils dorment.

Ils sont crev�s. Le voyage a �t�

terrible, d�sastreux.

Pourquoi si nerveux?

Mes rhumatismes.

�a m'�lance!

Ouvrez la grille.

Pardon?

Rien. J'ai dit "ah".

J'ai respir�.

Allez-y.

De l'eau.

Allez, tout s'est bien pass�.

Pour vous!

Pour les acteurs, allez savoir.

Assez, on a d'autres soucis.

- Laissez-moi pleurer, au moins. - Pleure.

Le roi rate l'occasion de voir un Don Juan

jou� par des artistes.

Ne t'en fais pas. Si c'est pour �a, on est l�.

Noble chevalier,

je m'incline devant vous.

"Je m'incline"? Si je le fais, c'est fichu.

On ne peut pas changer cette r�plique?

Que veux-tu dire?

"Noble chevalier,

"je ne m'incline pas devant vous."

Non, je crois que c'est diff�rent.

Non! Pas une femme!

C'est une offense.

� moi...

- Et � l'art. - Mais on commence.

- Qui jouera la femme? - �liminons-la.

Don Juan va s�duire qui?

Allez, commen�ons. On n'ira s�rement pas jusqu'au bout.

Et s'ils d�couvrent tout?

On va te pendre.

Ah bon...

Quoi?

On va te pendre.

Restez ici. Commencez � jouer.

- Et toi? - Ne vous en faites pas.

Quoi, il s'en va aussi?

Pas de femme, pas de Don Juan... Que faire?

Sans la femme, il est inutile.

- En effet. - Malheureux!

Mais ici...

Le signal.

Le signal!

On commence. Vous, aux cordes.

Et vous, attention � mon signal.

Que le ciel me prot�ge!

Levez le rideau.

Quoi que puisse dire Aristote

et toute la philosophie,

il n'est rien d'�gal au tabac.

Noble ma�tre, vous dites vrai!

Moi qui suis tes pas comme une ombre...

Don Jos� de Noguerra tu�!

Quand cela?

Peu apr�s votre d�part.

Ne perdons pas une minute.

Pr�venons les autres.

Noble chevalier...

Savez-vous quoi? Je ne m'incline pas devant vous.

Je ne m'incline pas.

"Je m'incline!"

Je ne m'incline pas!

Dr�le de Don Juan!

Pourquoi? Un peu hardi, mais moderne, nouv eau.

Avec notre manie de la modernit�, allez savoir o� on finira.

Cette lune n'est pas digne de nous.

Une femme m'attend � Madrid.

Son nom est Consuelo.

Pour elle, je me ferais �gorger

par une lance � 3 pointes. Et mon bras

tient l'�p�e avec plus de vigueur,

si son visage m'appara�t pendant la bataille.

Je vous jure, chevaliers,

je l'�gorgerais avec la lance � 3 pointes,

si je craignais seulement

de rompre par sa faute l'harmonie qui nous unit.

Nous sommes comme les notes,

nous sommes sept, mes amis.

Et le destin

continuera de tirer de nous ses plus belles

marches triomphales.

Bien dit!

Les langues de feu,

je les affronte pour un ami, non pour la bouche

d'une femme.

Une bouche blonde, ferme,

douce et am�re,

froide et ardente, mais pas aussi fid�le

que celle de mon arquebuse...

Vous avez l'air nerveux, comtesse.

Pardonnez-moi, Majest�.

Je me sens... un peu d�faillante.

Pardonnez-moi.

Le roi s'ennuie.

Croyez-vous?

Maintenant, plus personne ne doit passer par ici.

Cet instant de bonheur avec vous

m'a fait tout oublier.

Le spectacle insupportable, la curiosit�

de mes courtisans, tout.

M�me votre humeur �trange.

Majest�, je regrette de vous avoir chagrin� par ma tristesse.

Juste un instant.

Que peut-il vous tourmenter?

Le bonheur

semble fait pour vous.

En �tes-vous s�r?

Certain.

Sortez.

Et maintenant, messieurs,

souhaitons d'arriver au but

de la fa�on la plus pacifique.

Mais si cela n'est pas possible,

tout conseil est superflu.

Allons-y, messieurs.

De mon humble amour, vous pouvez tout obtenir.

Majest�, je vous en prie.

Mon r�ve est de vous exaucer, comtesse de Bazan.

Pardon, Majest�.

Servez-nous.

Serv ez du X �r�s.

Non, Majest�.

Cela suffit.

Je comprends votre �tonnement.

Mais pr� f�rez-vous boire du X �r�s ou perdre

- la Catalogne? - Insolent! On vous pendra.

Impossible.

Comment?

Trop tard, Majest�.

Vos ministres m'ont d�j� fait fusiller.

Je suis feu...

don C�sar de Bazan.

Don C�sar de Bazan...

Majest�!

Assez de com�die!

Le vicomte de Beaumont et ses hommes vont arriver

et vous devrez...

Continuez. Vous �tes sur le bon chemin.

Le roi doit tout savoir.

De votre bouche.

Ouvrez.

Majest�!

Au nom de mon pays,

nous vous demandons de...

Continuez, vicomte.

Vous!

Oui! Encore moi!

Pour sauver mon roi.

O� est le roi?

Derri�re mon �p�e.

�cartez-vous ou vous ferez avec votre femme

un dr�le de voyage de noces.

D'abord, je donnerai un compagnon

� De Noguerra.

Et que le vent �coute ainsi mes lamentations.

Qu'y a-t-il?

Vite! Au pavillon!

Allons-y!

En avant! Comme � Saint-Quentin!

Le roi!

Vive le roi!

Vive le roi!

Leurs Excellences, le comte et la comtesse de Bazan.

Nous voulons vous pr�senter nos respects avant de partir.

Vous partez?

Oui, Majest�, nous allons � Paris.

Je voudrais proposer � Votre Majest�

de me nommer ambassadeur.

Ambassadeur?

Oui.

Qu'en pensez-vous, Velasquez?

Comme vous le dites vous-m�me, � la beaut� et aux h�ros tout est d�.

Accord�.

Croyez, nous sommes tristes de vous quitter.

Et moi, de vous voir partir.

Adaptation: Anna Devoto

Sous-titrage: �CLAIR VID�O

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