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Berk, salt� d'boue.
Salt� d'terre.
Je vois un peu de boue...
ou de l'eau...
sur le dos de la pelle.
T'as vu �a ?
J'ai fait tout �a.
Berk, salt� d'boue.
Salt� d'terre.
Je fais encore.
Salt� d'terre.
Salt� d'terre !
CETTE SALE TERRE
Mr Holt ?
Le salaud. Il devait nous attendre.
Viens, Ivy.
Montrez voir vos pattes !
Tu vas t'taire, Kath !
Pas �me qui vive.
J'aime pas �a.
- T'as la p�toche ? - Non, mais Mr Holt est pas l�.
Le taureau y est, lui. Viens, Ivy.
Fais-moi monter.
- J'y vais. - Je veux monter.
Berk, regarde �a.
T'en as partout.
Le plus gros est rentr� d'dans.
Oh, Fran !
C'est le printemps.
Aujourd'hui j'ai amen� ma vache Ivy chez Holt avec ma soeur et sa fille.
On a rencontr� un �tranger.
Une nouvelle t�te.
Quand je l'imagine, il sourit tout le temps.
Il sourit de tout.
Comme le taureau qui va monter la vache.
Je savais pas qu'il travaillait chez Holt.
Je me demande depuis quand il est l�.
Papa a construit la maison.
Il est mort, et maman a pass� en me mettant au monde.
Le vent souffle fort mais l'herbe pousse bien.
Il n'y a pas deux verts pareils.
On est seules ici. Personne � des kilom�tres � la ronde
except� tante Armandine, l�-haut.
Armandine.
Vieille sorci�re d�bile.
Eh, doucement, femme !
Ca fait mal.
Pauvre petit fr�re.
Que les vers te bouffent les entrailles, vieille peau d'h�r�tique !
Ce moignon est plein de pisse noire.
Qu'est qui s'est pass� ?
Ta punition.
Voil� quoi, et tu le sais.
Ronchonneuse.
T'as laiss� la terre quand t'�tais bien solide sur tes jambes.
C'est un p�ch�.
A mes fils.
Tes fils.
Tes fils sont pourris.
Leur chancre est pass� dans ton pied.
Coupe-le et enterre-le.
Apr�s, et apr�s seulement, tu pourras pt'�tre t'amuser un peu.
M'amuser !
C'est pas amusant.
Tu t'es bien amus�e avec les 2 b�b�s que t'as mis au seau !
- Femme du diable... - C'est pas vrai. J'ai eu une fille.
Ils me donnent de l'argent,
de la bouffe...
50 grammes de bacca.
Pas d'lait en tout cas.
Regarde...
T'as ouvert la porte et tu l'as fait entrer de tes deux mains.
Vont nous sucer
les os jusqu'� ce que tu t'�croules
et que tu baises la terre qui t'a enfant�.
Baise la terre qui t'a enfant�.
Foutez l'camp !
Pot-�-foutre.
Pote-�-foutre.
Tire-bite.
Tire-bite.
Tr�s bien !
Mordizob.
Toi, toi, pas moi. Mordizob.
Trouduc.
H�, Gibbo.
Du cidre, du cidre...
juste du cidre.
Du cidre, donnez-moi du cidre.
D�gage.
Aimable fa�on d'accueillir les �trangers.
Donnez � boire � mon ami.
Alors,
Monsieur le Brochet,
comment trouvez-vous notre atmosph�re ?
Oppressante, insipide et...
dess�ch�e.
Dess�ch�e ?
Dess�ch�e !
Tiens, bois �a.
Buvez �a, M. Brochet.
Allons, M. Brochet, buvez.
Je suis cens�e faire quoi de �a ?
Le cuire, femme !
Et nourrir la multitude !
C'est J�sus-Christ !
Bon Dieu ! T'es un sale type.
On est bien, toutes seules, loin du village.
On s'occupe pas des ragots.
On a la paix et c'est bien. On est heureuses.
On fait du feu, on s'amuse toutes seules.
On rit tout le temps, Kath et moi. Toujours � se chamailler.
Comme �a qu'on tient le coup.
T'as vu Armandine, l'autre jour ?
Buto dit qu'elle fait pousser des chats.
Quoi... et tu l'as cru ?
Qu'elle plante des moustaches
et � la pleine lune elle tire des chats de terre.
Comme des poireaux.
Tu les manges, ils t'arrachent les yeux !
Vers aux pattes, clochettes aux chevilles.
Arr�te !
Allez, Kath, donne-lui un baiser. Un b�cot.
C'est d�go�tant.
Va... c'est pas dr�le.
T'as du sang sur la jambe.
Non, arr�te, arr�te.
Je vais te l'gratter.
Entre donc, pi�clop�.
Ferme ton clapet, femme !
Ca fait mal.
Assieds-toi, tonton papa.
Ma p'tite cane, j'ai bobo.
Ote-moi ma botte, ma poulette.
Qu'est-ce qui s'est pass� ?
Doucement, doucement.
La punition des imb�ciles.
Une botte pleine de pus.
Tata m'a arrang� les marchetons,
voil� ce qui s'est pass�.
Pas de th� ?
Fais-en du frais...
celui-l� a r�chauff� tout'la journ�e.
Y a un petit vent dehors.
On est bien dans la vieille maison.
Quand votre papa �tait un mortel et qu'on �tait assis l�...
� discutailler des champs et des r�coltes.
A se disputer, � s'injurier...
A faire parler les poings.
J'l'aimais bien,
et tu l'sais, ma soeur !
Jamais un mot aimable.
N'�coute pas ta tata.
On �tait proches comme les deux yeux.
H� Kath, t'auras bient�t 21 ans.
T'auras la maison et les terres.
Jusqu'� ce que Francine soit � point
et touche sa part.
C'est l�gal...
selon la loi.
Les lois c'est d'la merde,
sauf pour ceux de d'ssus ou d'ssous.
Tu t'es lav� les mains, Francine ?
Mes mains ?
Vu que t'es all�e l�-bas, chez Holt.
Pour reluquer le m�t�que.
- C'�tait pour la vache. - Holt ?
Ils ont plus d'hectares que d'cervelle.
Quelle mis�re...
Dans le temps, j'en soulevais deux avec le doigt.
Des poignets comme les cuisses de ta m�re !
Dans le temps.
Je connais pas de pierre gentille.
T'es toujours pas � jour de tes dettes !
Un march� est un march�, et c'est conclu, Buto.
Tu m'en as donn� qu'la moiti� !
Va voir les terres de mon bon � rien de fr�re
et arr�te de me r�der autour.
Petit morveux.
Kath va avoir 21 ans. Elle aura c'qui lui revient, pour de bon.
Tu penses que j'le sais pas ?
Tu crois que je suis tomb� de la derni�re pluie ?
Ouais, t'es un bon � rien.
- Va te faire foutre, pisse-chiasse. - Toi-m�me.
Un jour, Megan et Joey sont arriv�s au village,
un peu comme le nouveau chez Holt.
Ils cherchaient leur grand-m�re...
On dit qu'ils sont � Armandine,
des enfants de sa fille reni�e.
A ce qu'on raconte...
On aurait dit des animaux.
Ils vivent dans la for�t, et personne les aide.
Tout le monde s'en fout,
sauf ceux qui leur donnent des fois du pain ou des d�chets.
On s'est lev�es t�t.
C'est jour de march�. On va vendre.
Etta aime aller au march� et moi j'aime Etta.
Mais son p�re, Buto, l'aime pas.
Il s'est jamais occup� d'elle.
Ni de Kath... Rien.
Depuis qu'il l'a laiss�e tomber.
C'est un porc.
D'o� ils viennent, ces cochons ?
Ils sont chers, ces cochons.
On les a tous eus en une semaine... au fusil.
La t�te.
J'vais l'�gorger jusqu'aux oreilles.
Dans la bouche.
Des brocolis.
Mais non. Enfonce tes doigts dans la laine.
Tire. Vas-y.
N'aie pas peur, Etta, il les compte, c'est tout.
Joey se sert pas de ses yeux... Il les t�te.
Touche-les.
T'as vu le manteau de Megan ?
C'�tait le mien.
Chou-fleur.
Si on achetait une oie, Kath.
- On pourrait. - Une grosse.
- Allons voir. - Viens !
Une oie dodue pour les sales canes ?
Je suis pas encore d�cid�e.
Combien pour ce sac d'os ?
- J'en veux 100, et c'est un bon prix. - 100 !
Avalerait pas un poing si elle avait l'cul d'ssus.
Sortez-en une.
Tu vas voir.
La voil�.
Elle est lourde ?
Y a int�r�t.
Mouill�e.
- On avait dit 50 ? - Non, 100.
- Tenez-vous ! - Un peu schlass.
Elle en vaut pas 80.
- J'en veux 100. - Ecoutez bien...
- Je vous en donne 60. - On la prendra pour 70.
J'ai pas que �a � faire.
Francine, j'ai pas fini.
Moi si.
La prochaine, j'lui flanque mon poing � la figure.
A s'pavaner comme un coq en orgueil.
Il sait marchander.
Combien ?
Pas � vendre.
Singe.
Tire-toi, m�t�que.
Tire-toi.
Venez voir danser la belle,
mon chien savant, ma grosse femme,
mon gar�on en bois. Venez pour la s�ance de 3h00 !
Circus Lardo !
Ma ch�rie, c'est une grande et grosse fille
mais une tr�s jolie fille. Venez tous. Trois, six, neuf...
Toutes les heures !
Circus Lardo est en ville !
Venez voir le spectacle !
Lape-bite.
Tu me suis ?
Tu me poursuis ? Arr�te.
Venez, les filles.
Il veut qu'on entre.
Kath ! Non !
Il nous a aid�es pour l'oie. C'est poli.
On les a achet�es avec nos sous.
Allez, viens.
Allez, les gars.
J'vais � l'int�rieur.
Elle pousse.
Salt� d'boue !
- Vous avez achet� les oiseaux, alors ? - Oui.
Bien.
J'ai quelque chose � te dire.
C'est quoi ?
Que tu te maries avec moi.
Quoi... moi ?
Qu'est-ce que t'as dit ?
J'ai dit...
Je veux que Kath se marie avec moi...
Voil� ce que j'ai dit.
J'ai ma part et avec c'que t'as, j'aurai d'quoi.
Bien travailler, une jolie ferme.
On �l�vera la gosse comme il faut.
Bon...
J'vais prendre les verres.
Il veut se marier avec moi.
J'ai entendu.
Je rentre avec l'oie.
Tu prends pas un verre ?
Pas soif.
Amuse-toi.
F�licitations.
Alors, on s'marie ?
A la tienne.
Maintenant elle s'en fiche.
Je compte plus.
Elle m'avait promis de tout son coeur.
On �tait mont�es sur une hauteur et elle l'avait cri�...
elle m'avait promis.
Elle a la t�te dans la terre,
comme une racine.
Fais vite un autre gros b�b� !
Il est derri�re toi !
Regardez-moi c'gros cul.
T'es plus grasse qu'une oie !
Tu pourrais t'enfoncer un chien dans l'cul !
Kath !
Il est bien ce cirque, hein ?
Quel gros tas, sacr� bon sang !
Gros, gras, rond comme un ver.
Je tiens bien la nourriture.
Bradeur de graisse, gras-double, vitrine de boucher ambulante.
Il bouffe son haleine, au cas o� il resterait des miettes.
Qu'est-ce que tu dis ?
Je dis que tu parles comme un �ne.
En voil� un.
En voil� un.
C'est comment, l'haleine d'un �ne ?
Brute !
T'as pas eu ton compte ? Tu veux encore des ennuis ?
Te m�le pas d'�a, Fran.
Il t'a culbut�e tout l'�t� et t'a mise en cloque !
Tais-toi !
Y s'est jamais occup� d'Etta et y s'pointe comme �a.
T'es jalouse !
T'es aveugle ? T'es conne ou quoi ?
Jalouse ? Jalouse de toi et de ce cr�tin !
- Il t'aime pas ! - Si !
Il aime ta terre ! Notre terre !
Il nous aime Etta et moi !
Et moi ? Et nous ? Et �a ?
- Il veut t'aider � la ferme ! - Il veut pas, Kath !
Il s'en fiche de toi !
T'as rien compris !
Tu peux pas me faire mal, Fran, j'te crois pas !
T'as toujours dit qu'c'est un vaurien, mais il est bien maintenant !
Rentre et ferme-la ! De toute fa�on tu m'�couteras pas !
Va t'faire foutre, sale vache !
Salope.
Tu laboures trop t�t, elle va tout recracher
et t'en tireras rien.
Continue.
Laisse-moi travailler.
Je suis pas l'idiot du village !
T'�tais mioche que j'faisais d�j� �a.
L'oublie pas !
Avec tout c'que t'as, je devrais �tre plein de fric !
A mon �ge, j'ferai rien de solide
avec du foutre.
Et pas de mariage tant que t'auras pas tout pay�.
Tu m'entends, mon gar�on ?
J'arr�te, soeurette.
Allez, t'avais dit que tu m'aiderais.
Je supporte pas cette peau morte.
Viens ici.
Regarde �a...
J'ai aff�t� ta lame.
T'en auras pour un bon moment.
J'me fais une barbe.
J'ai frott� tes bottes aussi.
Avec du cirage ?
Ouste !
Allez, papa.
Habille-toi. Sinon tu vas rater la f�te.
Bon.
Couilles en chaleur.
On s'voit � l'�glise.
L'�glise.
Mal�diction.
L'humilit�.
Regarde dans quel �tat t'es, fain�ant !
Sale merdaillon.
Feignant !
Debout, Mr Lowam.
- Mr Lowam ! - A qui vous causez ?
Ton seul fr�re se marie et tu cuves ton vin dans le foss�.
Et avec la gr�ce de Dieu, Excellence,
je ferai pareil le jour de ses fun�railles.
Quel m�cr�ant tu fais, Mr Lowam.
C'est vrai, votre Altesse.
''Mon p�re'' suffira.
Et J�sus-Christ aussi !
Tous des m�cr�ants.
Des m�cr�ants, tous !
Maudits soient-ils.
Belle journ�e pour se marier, hein, Lek ?
Ca d�pend avec quoi on se marie.
Buto est un bon gar�on.
Il en abat, j'en suis s�r.
Attention, Elizabeth.
T'es un lapin rus�, Buto.
Tu t'maries et t'as la soeur en prime.
Coup double.
Tu vas semer et r�colter toute l'ann�e.
Prends-toi de courage et gobe pas tout c'que j'dis.
Pas gober, hein.
Gobe pas tout c'que j'dis.
Tu crois que Buto m'aime, Fran ?
Je suppose.
''Suppose'' ?
J'en suis s�re.
Je l'aime.
Quand je me marierai, ce sera pas dans cette �glise,
ni dans ce village
ni avec aucun d'eux.
On t'attendait.
Tout est fin pr�t, Francine.
On va faire la f�te ?
Si t'arrives � d�coller de l�.
Jolie robe.
- Ca a d� co�ter chaud. - J'l'ai juste arrang�e.
Elle est vieille. Tu devrais voir Kath.
J'peux pas...
elle se cache.
C'est un voile.
T'es nerveuse, Fran ?
Tu trembles, voil� tout.
Il fait froid...
j'ai pas beaucoup dormi.
Ca se voit � tes loches.
T'as pas � avoir peur.
J'ai pas peur.
Que Kath vienne boire avant de s'enr�ler en enfer.
La pauvre.
Qu'est-ce qu'il fout ici, le m�t�que ?
J'ai invit� que les huiles.
Le sacrement du mariage est le fondement de l'Eglise
et l'union de...
Quoi, pas d'encens ?
T'as vu ce regard ?
On est pas assez bien pour l'encens ?
On ne br�le pas d'encens aux mariages,
juste pour les enterrements.
Monsieur le chieur.
Mariage en car�me,
rien ne s�me.
... et l'union d'un homme et d'une femme
est la raison de notre pr�sence ici.
- Qu'est-ce qu'y fait ici ? - Laisse.
J�sus-Christ...
t'es pas bienvenu dans la maison de Dieu ! Dehors !
Mr Lowam.
C'est votre mariage...
Ignorez votre fr�re...
et tenez-vous bien.
Excusez-moi, mon p�re.
''Car Lui qui voit...
voit tout.''
R�p�tez apr�s moi, s'il vous pla�t...
''Moi,
''Katherine Hyacinth Lowam...
''je prends Buto David Lowam...
''pour �poux devant Dieu et devant les hommes.
''Et ceux que Dieu a unis
nul ne pourra les s�parer !''
Y a pas de Dieu.
Sale chieur.
Des m�cr�ants, tous les deux.
Tous des m�cr�ants.
Bons pour chier !
Dehors !
Un peu d'humilit�.
Allez r�tir en enfer ! Hors d'ici !
Marier deux porcs...
deux cochons.
Ca durera � peine un jour peut-�tre !
Buto ?
Kath ?
Vous vous cachez.
Vous vous cachez de moi ?
Gai, gai, mariez-vous !
O� te caches-tu, mon gar�on ?
Je sais que tu te caches.
Tu te caches de ton papa !
Je sais que tu te caches.
O� tu vas avec �a ?
- Je vais la vendre. - La vendre ?
Des s'maines que tu m'as pas pay� !
J'�tais un peu serr�, papa.
T'as qu'� serrer plus fort.
Tu m'en dois.
J'ai assez attendu. J'attendrai pas plus.
C'est ma chaise ! Moi qui l'ai faite !
Avec mon bois !
Pousse-toi d'l� !
La ferme !
T'es pas mon fils !
Esp�ce d'empaill� !
Grosse courge !
T'es une saloperie...
une saloperie de feignant.
T'es pas mon fils !
D�gage, vieille bique.
Mon fils � moi...
f'rait jamais �a � son papa.
- Continue, vieille bique. - Tout est tomb�...
Reste pas plant�e l�.
Aide-moi, tu veux ?
- Je pensais. - Tu r�vais, plut�t.
Viens voir toutes ces bestioles...
C'est le pire moment...
On aura une jolie r�colte � vendre s'ils sont propres.
On ach�tera une autre vache.
- J'veux un taureau. - Un taureau !
Ca rapporte, un bon taureau.
Un gros, mieux que celui � Holt.
J'lui apprendrai la politesse.
J'lui polirai les dents et la queue.
On paiera pour voir mon taureau dress�.
Un taureau, �a a pas d'dents.
Pas en haut, en tout cas.
Et pis on peut pas l'dresser,
sinon ce s'rait plus un taureau.
Si... avec un meilleur caract�re.
Un taureau apprivois� !
Un gentil petit taureau.
Tire-toi de mon pr�, taureau merdeux !
- Allez ! - Je suis rest� sauvage.
Allez, fiche le camp,
ou j'te coupe la queue !
- Fous l'camp ! - Laisse-le crever, Kath !
Fous l'camp.
C'�tait juste une blague.
Voil�, c'est comme �a.
On vit c�te � c�te.
Etta a son papa et Kath a son homme.
Voil�.
T'as laiss� tes terres
quand t'�tais bien solide sur tes jambes.
C'est un p�ch�.
Tes fils sont pourris.
Sale chieur.
Leur chancre est pass� dans ton pied.
Coupe-le et enterre-le !
Apr�s, et apr�s seulement, tu pourras pt'�tre t'amuser un peu.
J'ai pas revu Lek depuis le mariage.
J'esp�re qu'Armandine l'a pas fait fuir avec ses m�disances.
Je lui en voudrais pas.
Il s'en ira quand il en aura envie.
Il me donne l'impression...
comme s'il nous regardait.
Qu'il regardait ce qu'on fait.
Avance !
Arr�te, Buto !
Ca suffit, mon gars.
On a labour� le champ du haut, hein, Francine ?
Ton cheval a tout fait.
Faut savoir s'y prendre.
Avec toi on serait encore au milieu.
Laisse-moi ! Va te laver les mains !
Si je peux pas jouer avec toi...
j'irai m'amuser avec Francine.
- Presqu'une femme, Fran. - Arr�te de regarder.
- Pourquoi ? - T'as pas l'droit.
On est en famille.
En plus, j'ai d�j� tout vu. Pas vrai ?
- Ton papa te lavait devant l'entr�e. - Menteur !
T'as un peu chang� depuis.
T'as des loches, maintenant.
Pas aussi gros qu'les miens.
Regarde-moi ces merveilles.
Tire-toi !
T'as vu la taille de ces merveilles !
Fous l'camp !
Montres-en un peu plus !
Fous l'camp !
Plus t'�clabousses, plus j'en vois.
Va-t'en, j'te dis !
Regarde-toi, esp�ce d'imb�cile.
Fous l'camp !
- Cochon. - Cochon ?
C'�tait juste pour rire.
Je suis beau ?
T'es beau...
C'est pour �a qu'tu m'as �pous� ? Vrai ?
T'as frott� c'chiffon toute la matin�e.
C'est la chemise de Buto.
C'est pas l'maire.
- J'savais pas qu'il �tait encore ici. - Il a Ivy.
Je l'ai trouv�e
dans un arbre, dans la for�t.
Des fois elle se balade, mais elle revient.
Fais voir comment tu parles dans ta langue.
Vous saurez pas ce que je dis.
- Vas-y. - S'il te pla�t.
Qu'est-ce que je dis ?
N'importe quoi.
Y fiche quoi l� ?
Le salaud.
Y fiche quoi l� ?
Il nous montrait comment on parle dans sa langue.
Il a retrouv� Ivy.
Je savais pas qu'on l'avait perdue.
C'�tait juste pour vous aider un peu.
Pas de toi. L'approche pas, Kath !
Ta gueule, Buto !
Au mariage, t'�tais pendue � ses couilles comme un chaton affam�.
Personne t'a demand� de venir.
C'est ma terre.
C'est notre terre !
C'est ma terre !
Ca va, je m'en vais de ta terre.
Retourne l� d'o� tu viens.
C'est encore ta terre ?
C'est ma terre. Tout �a.
Et l�... aussi ?
Allez... tire-toi !
T'es quelqu'un d'important.
Toutes ces terres.
Encore, Lek !
Encore !
Fermez-la, vous deux !
Va y avoir de l'orage, Buto.
C'est un sale malvas.
Une saloperie de malvas.
Assieds-toi !
Oui... c'�tait pas tr�s bon.
Tu vas arr�ter, dis ?
Occupe-toi de tes oignons, d'accord ?
Quinze...
seize...
dix-sept...
dix-huit.
Viens.
Viens, avec moi.
Quand...
C'est pr�t quand ?
Quand l'�pi s'ouvre
et que le coeur est m�r,
tu presses
et �a �clate.
Brave b�te.
Brave b�te, marche bien droit. Avance.
On va encore avoir de l'orage.
Tu donnes quoi � Megan et � Joey ?
Un demi-shilling.
Par jour ?
Elle les vaut pas, elle a qu'les dents qui p�sent.
Par arpent ficel�.
Et Joey conna�t pas l'envers d'l'endroit.
Ferme ta gueule !
On dort pas beaucoup avant la moisson
car on sait jamais ce qu'on va avoir.
Si on attend trop, la pluie peut venir tout g�cher.
>Il faut savoir le bon moment.
Quand c'est � point.
Hier on a chass� les lapins des champs du bas.
On a crach � du cidre et offert la 1re gerbe de bl�.
Comme toutes les fois.
Avant, je demandais juste une bonne r�colte.
Avant.
J'arr�te pas de penser � lui.
Est-ce qu'il pense � moi ?
- Le m�t�que est pas l�. - Dommage pour lui.
Il moissonnera � la main.
- T'as fait c'qui fallait ? - Oui.
En forme, les filles ? Faites gaffe.
Fais gaffe toi-m�me.
Il a besoin qu'on la lui rabatte.
Prends c'que tu veux, Fran. Y en a de reste.
Aussi foutu qu'celui qui l'conduit !
Il l'a r�par�, alors ?
Megan, au travail !
Regarde-la.
Tiens, maman.
O� est Fran ?
- O� est Fran ? - Dis-lui d'arr�ter.
Arr�ter ?
L'a du bol que j'l'embauche...
Beaucoup l'auraient pas fait.
Sans nous, y cr�veraient de faim.
Sois dur...
C'est c'que l'vieux m'a dit.
Allez, Megan, travaille !
Travaille ! Grouille !
Qu'est-ce qu'il y a, Lek ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Je...
je suis...
je viens...
pour...
Va-t'en.
Va-t'en.
Je vais ?
Je vais.
Un coin bien frais que t'as l�, Fran.
Ca a plu au m�t�que ?
Il a bien bouff� ?
- Tire-toi. - Je t'ai vue.
J'ai vu ce singe te mettre.
T'as rien vu du tout.
Merde !
Saloperie d'malvas.
Allez, sale feignasse !
Megan ! Bouge ton cul !
Allez !
Regarde-la. Aussi mollasse que son fr�re !
Laisse-la, elle tient � peine debout.
Au travail !
J'ai dit, au travail !
Remue-toi !
Z'avez vu c'bruit ? Comme un cheval qui se casse la patte.
- Elle a rien. - Mais si !
- Elle est morte. - Elle respire.
Son dernier soupir.
Elle est bien morte.
La vermine arrive...
elle l'emplit...
et l'emporte.
Et c'est lui qui l'a fait, le m�t�que.
C'est lui.
Pourtant...
c'est mieux que d'�tre un fardeau pour les autres.
Allez ! On a du travail. Retournez � votre place.
- Buto ! - Je sais, Kath.
Mais l'orage approche et pleurer remplira pas ton assiette.
On peut pas la laisser, �tendue l�.
Alors t'as qu'� la porter.
Moi j'ai du travail.
Elle est morte !
Elle est morte !
Aider ! J'aide !
Non, laisse-moi. La touche pas !
Va-t'en ! Non ! Pose-la !
Va-t'en ! J'ai pas besoin de toi !
On a pas besoin de toi !
T'approche pas de moi !
C'est lui qu'a fait �a.
Le m�t�que.
C'est lui.
Le m�t�que. C'est lui qu'a fait �a.
Le m�t�que.
C'est lui.
Le m�t�que. C'est lui.
Il pleut sans arr�t depuis la mort de Megan.
On a perdu presque toute la r�colte.
La rivi�re a d�bord�.
Les cochons se l�vent plus. Les brebis flottent le ventre en l'air
et y a plus de route.
Tout le monde accuse Lek.
Peut-�tre qu'ils ont raison.
J'en sais rien. Je m'en fiche.
J'ai plus qu'Ivy et elle va bient�t v�ler.
C'est tout ce que j'ai.
Lui.
Le m�t�que.
J'vous l'avais dit.
Que des malheurs depuis que le m�t�que s'en m�le.
Regardez-le.
Il a l'oeil sur Francine.
Il l'a d�j� s�rement bais�e.
Et vous, l�...
Vous restez assis � tout gober.
Baragouin. Il ferait pas d'mal � une mouche.
Imb�cile de poivrot.
C'est juste un voyageur.
Pas de maison, rien...
Rien que la route.
- Et pas d'b�tes. - C'est pas mon copain.
La famille avec la famille.
Apr�s ce qu'il a fait � la tienne.
- La mienne ? - Il l'a lui a mise.
Fais gaffe, la vieille.
Je l'ai vu et il la lui a mise.
C'est un chien de la pluie,
qui pisse sur les pierres plates comme un taureau.
Je vais le tuer, le salaud !
- Moi aussi. - L'ordure, il est pas d'ici.
Avant que la pourriture s'y mette.
Foutez-lui la paix !
C'est la faute � cette bo�te � bon Dieu et � cette cingl�e !
La ferme, J�sus !
Vous �tes des m�cr�ants, tous des m�cr�ants !
Allez-vous-en !
N'approchez pas de la maison de Dieu !
Indignes ! Indignes de Dieu ! Juste bons � chier !
Il est pas d'chez nous.
Il parle m�me pas la m�me langue.
Elizabeth, tu veux bien laisser tomber ?
Il faut qu'il parte.
Pas du tout.
C'est des conneries de superstitions.
Il me pla�t pas.
Pas un mot de plus l�-dessus.
Elle dit qu'on aurait d�...
- L'idiote du village ! - Je la crois.
Je veux pas savoir ce qu'elle a dit.
Il ira nulle part. C'est un brave type. Il reste ici.
C'est comme �a !
Tu crois qu'elle peut faire pleuvoir,
faire mourir les plantes,
- faire crever les b�tes. - C'est lui !
Arr�te avec �a. Tu sais que c'est pas bien.
Pourquoi tu vois pas la v�rit� ?
M. le M�t�que. C'est lui qu'a fait �a. Lui !
Je peux vous aider.
- De quoi tu parles, mon gars ? - Je peux arr�ter �a.
C'est une folie qu'on lui a mis dans la t�te.
Mrs Holt va tr�s bien.
Je comprends rien � ce que tu dis.
D�sol�, Lek, je vois pas de quoi tu parles.
Tuez-le !
- Sal't� de malvas ! - T'es foutu.
Monstre !
Laissez-moi le cogner. Il a l�ch� ma femme !
C'est pas le premier.
Putain de couillon !
Tuez-le !
Le m�t�que. Tuez-le !
Il a l�ch� ma femme !
Tout va bien, Ivy. C'est pour bient�t.
Calme-toi.
Tout va bien.
Calme-toi, ma fille.
Elle fait rien que d'caresser c'te vache.
Elle b�ille le bec, � la caresser comme si elle voulait s'glisser dedans.
T'as besoin d'elle ?
- Et les betteraves ? - Il pleut !
Ah, tu crois ?
Laisse-la, Buto.
- Y a du travail � faire. - J'vais t'aider.
T'es bonne � quoi ?
J'vais la chercher, la feignante.
Je viens pas.
- Mets ton manteau. - Elle est malade.
Elle est pas malade.
Elle est pleine, Francine.
La poche est en place.
Je sens ses pattes.
Qu'est-ce que t'as, Francine ?
Il lui faut le v�t�rinaire. Y a un probl�me.
J'ai arrang� �a.
On a du travail !
Tu comprends, Fran ?
Enfile ton bras l�.
C'est �a que tu veux, Francine ?
C'est �a que tu veux ? C'est �a ?
Ca y est ?
Allez...
Allez !
Debout !
- Couillon ! - La ferme, J�sus.
Chieur !
Pousse pas.
Sal't�s d'malvas.
J'suis pas d'humeur, J�sus-Christ.
J'sais pas pour ces deux-l�,
mais j'avais mes raisons.
Et tu l'as crue, esp�ce de tar�.
Ca va pas �tre facile de fourrer Maggie avant un bout d'temps.
J'te pr�viens...
Tu peux pas m'toucher.
- Pourquoi �a ? - J'vais t'dire pourquoi.
Parce qu'il t'faut une vieille pour t'dire quoi faire !
''Cognez-le et pi�tinez-le,
''�crasez-lui les couilles, mes petits ch�ris.
''Et maintenant troussez-moi
''et go�tez � ma marmite.
Attention aux miettes.''
T'es un d�gueulasse, J�sus-Christ.
Elle t'a laiss� te balancer � ses loches ?
Je parie qu'elle t'a pendu � ses loches,
comme un moutard !
J'esp�re qu'elle est pas enceinte.
Faudra qu'tu l'�pouses !
Jamais ! Jamais !
Arr�te de g�mir.
Une bonne bagarre, �a vous fait d�gorger l'poireau, hein ?
On a fait
c'que t'as pas eu l'cran d'faire !
On a fait c'qui fallait faire.
Il pleut toujours !
Ca continue � tomber, on est foutus !
J'ai jamais vu pleuvoir comme �a.
D'o� �a vient ?
Ca continue � tomber. On est foutus !
J'ai jamais vu pleuvoir comme �a.
D'o� �a vient ?
Me regarde pas.
Arr�te de me fixer.
Sale malvas.
Me touche pas.
S'il vous pla�t !
Doucement !
Tire pas, attends qu'�a vienne !
- Elle le sort ! - La bouscule pas ! Ca vient !
- Il conna�t son affaire. - La ferme !
Il est coinc�, il a mal !
Sors, imb�cile d'animal !
Doucement !
Arr�te ! Arr�te !
B�te stupide !
Doucement...
Elle est morte.
Il �tait coinc� et t'as tir�...
et tir�.
Arr�te de bou�ler et d'r�ler.
Ils sont morts tous les deux.
T'as d�j� vu la poisse ?
Ben, en voil� !
J'savais qu'�a allait pas.
Non, pas toi...
Tu fais rien comme il faut, hein ?
Si �a coince, t'y vas en force.
C'est ta faute, Fran.
T'arr�tais pas d'lui caresser l'ventre.
Cajol�e � l'en crever.
C'est �a qui l'a tu�e.
Cajoler...
Cajoler une b�te stupide.
Tu tues tout ce que tu touches.
Ivy, Megan, la terre !
T'es du poison !
Arr�te ! Salaud ! T'es du poison !
J't'ai dress�e, pas vrai, Fran ?
Toi et moi, on est pareils.
Non !
Par la chair et le sang !
Qu'est-ce que tu fais ! L�che-la !
Il a tu� Ivy !
Qu'est-ce que tu dis ?
Non, Fran !
Elle est devenue folle !
Elle est malade !
Elle a voulu me tuer.
Elle est malade !
Elle est folle !
Folle !
Salaud !
Sors d'ici !
L�che-moi !
T'es folle !
C'est ma soeur !
Tu vas rester l� !
Rester l�.
Vaches, porcs, chevaux, animaux, b�tes,
grenouilles et crapauds !
Hors d'ici, cr�atures rampantes !
Sacs � merde !
Tirez !
Je vous regarderai moisir en enfer !
Dehors. Allez !
M�cr�ants!
Je m'sens mieux !
Je m'sens mieux !
Qu'est-ce qu'on va faire ?
On peut pas la laisser l�.
C'est pas une b�te !
Tu l'as vue.
Faut d'abord qu'elle comprenne.
J'vais la faire sortir.
Elle ira nulle part.
Tu m'as compris ?
J'arrange �a, Kath.
J'arrange �a.
- Lek ! - Je sais, Kath !
Je viens dire au revoir.
Je dois partir.
T'as fait tout ce chemin pour �a ?
Je viens pas pour toi.
Y a personne d'autre ici.
Il y a ta soeur.
Elle est pas l�. Elle est chez Armandine, avec la vache.
La ferme, Kath !
Am�ne-toi !
Fous l'camp !
Laisse-le !
Qu'est-ce que tu fais ?
Buto, arr�te !
Kath !
Arr�te !
C'est ma terre !
Elle est � moi, toute !
L�che-le !
Laisse-le ! Tu vas le tuer !
L�che-le !
Le touche pas !
Le touche pas !
T'approche pas de lui !
Viens.
Avec moi.
Je reste.
Faut que je reste.
C'est tout ce que j'ai.
Adaptation : Martine Leroy-Battistelli
Sous-titrage TVS-Titra Film Paris
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