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Original subtitles

Hello.

- How are you doing, man? - Hello. Yes, yes.

Merci

Ah...

Vous êtes déjà alitée ?

Une cigarette ?

Non.

Quels sont vos projets ?

Vous fumez, puis vous m'embrassez ?

Non, veuillez m'excuser.

Qui sommes-nous ?

Comment ?

Vos deux mains sur mes mailles, je n'entends pas.

Où sommes-nous ?

À Amsterdam.

Nous sommes deux inconnus, nus dans Amsterdam.

Comment vous appelez-vous ?

Martin Belhomme.

Que nous arrive-t-il, Martin Belhomme ?

Je ne sais pas.

L'avventura.

Prenez-moi.

Vous les connaissez ?

Non. Allez voir, peut-être.

Moi ?

La porte est bloquée.

Enfoncez-la. Vous voulez que j'y aille ?

Allons…

Ce n'était pas la porte qui était bloqués.

C'était moi.

Une fois de plus, au moment de me plonger dans un danger,

j'étais ceinturé par moi-même.

Cette lâcheté a la merci de laquelle je vivais depuis ma naissance

m'avait été léguée par mon père, qui la tenait du sien.

Et si, qu'on me pardonne cette image audacieuse,

ma vie était un film, il faudrait, pour tout comprendre,

commencer par les actualités de 1915.

Avril 1915.

Sur le front de Champagne, un officier français

arpente la tranchée en réconfortant ses hommes avant l'attaque.

C'est mon grand-père, Émile Belhomme,

un beau dégonflé, déjà.

Le 11 avril, il se rend lamentablement avec tous ses hommes

à 2 jeunes Allemands stupéfaits,

qui avaient laissé partir une rafale par mégarde.

1936.

En Égypte, le jeune Farouk succède

à son père, le roi Fouad Ier.

Margaret Mitchell publie "Autant en emporte le vent",

et aux JO. de Berlin, Jesse Owens

n'arrête pas d'embêter M. Hitler.

En France, les partis du Front Populaire

gagnent les élections.

Les usines sont occupées dans la bonne humeur.

Léon Blum arbitre à Matignon

la rencontre entre la CGT et la CGPR.

Devant un aréopage de gros bonnets, mon père, Adrien Belhomme,

lui-même petit bonnet d'une fabrique d'lssy-les-Moulineaux,

proclame sous les applaudissements...

Nous ne lâcherons rien !

Le lendemain matin, il lâche tout,

accordant à ses ouvriers des hausses de salaire inespérées,

et proposant, dans un moment d'égarement,

d'étendre les congés payés aux vacances scolaires.

L'usine en faillite sera rachetée pour une bouchée de pain,

et mon père rejoint la base.

Entre-temps, j'avais effectué des débuts affolés dans la vie,

désignant, à la colère des maîtres, mes camarades sidérés.

Belhomme !

Je me fis un nom dans la poltronnerie écolière.

Juin 1940. Hitler peut toujours courir,

il ne nous trouvera pas à Paris.

Nous sommes à Toulouse, cachés chez des amis juifs.

Plus tard, mon père devint charretier adjoint dans le Centre.

Jusqu'en 1944, nos parents craignant en permanence

une attaque alliée, allemande ou italienne,

nous sommes les seuls à nous rendre à l'école

en tabliers camouflés.

Nous, c'est-à-dire, moi-même et mon petit frère Frankie,

un avare de naissance.

J'ai de la réglisse, chère.

Il se lance à 8 ans dans le marché noir.

1948.

Le France avait repris ses couleurs.

J'avais 20 ans.

Et personne ne dansait la cucaracha comme moi.

C'est comme ça que je fascinai Mathilda.

Je l'avais rencontrée dans une cave, où j'étais pianiste.

Elle me regardait comme Bogart regarde Lauren Bacall

dans "Le Port de l'angoisse".

Nous dansâmes...

et nous nous plûmes.

Les choses allèrent très vite.

Elle se mit à me suivre partout.

Va-t'en, va-t'en !

Dès que t'as fini l'armée, tu laisses tomber ta musique,

et tu reprends tes études de pharmacie. Ne fais pas celui

qui regarde ailleurs.

Veux-tu t'en aller !

On va se marier.

Etcheto, le ton !

Comme des lions dans la bataille...

Mon père nous achètera une pharmacie.

Ils reprennent en chœur.

Je l'ai pas dit, mais je suis enceinte.

Poitrine nue dans la montagne...

Ah non, mais…

Non mais, c'est pour rire ?

Nous allons tous mourir debout

Qu'on vienne du Sud ou bien du Nord

Donner notre sang nous honore

Nous eûmes une pharmacie et deux enfants,

Pierre-Martin et Monica.

Nous aimions-nous vraiment ?

Un sondage au fond de nos cœurs aurait donné,

Sur 2 personnes interrogées : oui : 0 %,

non : 0%,

sans opinion : 2.

J'avais rêvé de quelqu'un d'autre…

de quelqu'un d'autre que moi.

Si seulement on ne m'avait pas aidé.

Summer in your eyes

But winter in my heart

Is happiness impossible?

I'm walking in the night

Smoking but feeling blue

Cause that will be so white

And life will be so black

- Qu'est-ce tu me regardes ? - Je te regarde grossir.

Arrête d'embêter ta sœur ou je te gifle !

Pauvre con.

All reasons

of blues

Je t'en prends une.

- Elle est pas de lui, celle-là. - Si, si, toutes.

Ah.

Tout frais. Papa ?

- Champagne ? - Oui.

Voilà. Pas trop.

Voilà.

And wind goes by the streets

Blowing away my dreams

Is happiness impossible?

I'm afraid of the day

A day so far from you

Au printemps 1968, papa mourut.

Sa mort fut, pour Frankie, un réel chagrin.

Et naturellement, un problème économique.

Mon grand frère.

Mon grand frère.

Frankie.

Tu te souviens ?

- Tu te souviens de lui ? - Bien sûr. Il est mort hier.

Bon.

On doit se partager les obsèques. On n'en a pas parlé.

Je vais à la pharmacie.

Le mieux, c'est que je paie les fleurs.

Tu fais à ton idée pour le reste.

Attends. Qu'entends-tu par “le reste“ ?

Je sais pas.

Ça me fait tellement mal d'y penser.

Il y a la cérémonie, les faire-part.

Tais-toi, tais-toi.

- Il y a le service. - Tais-toi.

Avec les fleurs, ça va te coûter très cher.

- Si tu veux faire bien. - Oui et non.

Oui, non. Je connais un type qui...

fabrique des géraniums en plastique.

Tu mais ça sur la tombe et puis, t'en as pour des années.

En ce moment,

il les fait en promotion.

- Oh, mon grand frère ! - Frankie, Frankie.

Frankie...

* - Ils envoient des grenades lacrymogènes.

Mme Berger, je me sauve. Vous fermerez.

Oui.

Il me laisse passer, lui ?

Alors, là, ils sont pas loin.

Messieurs, bonjour.

Pardon, monsieur.

Excusez-moi.

C'est à la France...

- Bonjour, monsieur. - Bonjour.

…De souligner l'importance des décisions…

Hé ho !

C'est plus vivable.

Y a des slogans sur tous les murs.

Bonsoir. On a constitué une section de volontaires

avec des chic types. On fait du badigeonnage sauvage.

Pas de politique. On veut une ville propre.

Opération PP : Paris Propre.

Cet aprèm, on a effacé 216 mots, 28 phrases.

On lit de ces âneries.

"Les tomates volent, les doyens s'envolent."

C'est sympa pour les enseignants dévoués.

Ouais, c'est sympa.

Tiens, “buenas noches“, docteur.

- Je profite de l'ascenseur. - Bonsoir, Martin.

Le vrai problème, c'est les sous. La peinture est chère.

Flageolets, semoule, coquillettes...

- Paris brûle-t-il ? - Non, non.

Ça va. Qu'est-ce que tu fais ?

- Je m'amuse. - Et mes livres ?

Tu les lis jamais. La cuisine est comble.

Trouve une solution.

- Bonjour, ma petite fleur. - Bonjour.

Thierry, un camarade de groupuscule.

- Bonjour, monsieur. - Bonjour.

Ça fait élégant, devant les invités…

Voltaire, Rivoire & Carret, Rousseau, Félix Patin !

Tu voulais stocker.

J'ai jamais dit ça.

Comment ? T'as jamais dit ça ?

De Gaulle est parti en Roumanie, tu as acheté du sucre en pyjama.

On peut pas manger du sucre pendant toute la révolution !

J'arrête pas de courir.

J'ai monté 30 bouteilles d'huile, avec mon dos…

Je suis à bout. Noël m'a fait une piqûre,

et tu m'houspilles ? Crotte !

C'est Frankie !

Il présente encore le journal.

Ça fait combien de fois, depuis la grève ?

À la suite de l'annonce du président

du référendum sur le projet de loi pour la rénovation,

des manifestations ont, une fois de plus,

troublé le sommeil des Parisiens.

Il gesticule trop.

Il peut pas s'en empêcher.

…Des négociations entre le patronat,

les syndicats et le gouvernement.

À Paris, toujours...

- Il t'attend à la fin de son émission. Vas-y.

- Frankie ? - Il a rapporté des patates.

Il en cède quelques-unes, pour son filleul.

- Tu viens avec moi ? - Impossible, j'ai chorale.

Les responsables ont réussi à échapper à la police.

Aux observateurs de toutes tendances,

une même question se pose.

Qui sont-ils, ceux qui font dégénérer les manifestations,

qui s'arment et qui brûlent ?

Sont-ce encore des contestataires ?

Ou bien sont-ce déjà des spécialistes venus d'ailleurs ?

Restez avec nous. Dès la fin de ce journal...

Martin, ça va ?

- Comment t'es habillé ? - Ils nous prennent jusque-là.

En ce moment, j'ai que le soir pour faire mon footing.

Allez, viens. Ne restons pas là.

T'as que ça pour les emporter ?

Je vais te prêter un sac. Ah, dis donc.

Elles sont un peu chères.

C'est de la Belle de Fontenay. Tu te rends compte.

Et... d'autre part, j'ai du soja.

Quand je dis que j'en ai, j'en ai beaucoup.

- T'as ta voiture ? - Non.

Je suis venu en métro, avec ce tumulte...

Tiens… C'est elle dont je t'ai parlé.

Hein ? Comment tu la trouves ?

Bien.

Bonjour.

Je vous présente mon frère, Martin Belhomme.

Sylvette Goldoni,

notre nouvelle speakerine. Je t'en ai parlé.

Bonjour.

Alors, finalement, dimanche, que fait-on ? Le programme ?

Dimanche, à 9 h 15,

nous nous retrouverons pour “B comme Bible“,

avec le rabbin Lipman.

A 9 h 30, le père Leballu nous accueillera

avec "Plus près de toi, Seigneur".

Non, non, non.

Je veux dire, quel est le programme pour nous deux ?

Ah?

Je vous propose de nous rendre, à 13 h, à l'Étoile,

où, dans un décor de Slavik,

nous serons en compagnie de mon frère.

Un bon moment en perspective.

- Non, non… - À 15 h 50, cinéma.

Nous verrons un film d'épouvante.

Il s'agit du "Fantôme de Wall Street".

Je sais bien, mais…

Bravo, hein. Bravo.

Allez, allez, avec nous.

Viens. Donne ton sac.

Non, pas le sac, pas les patates.

Eh, quoi !

Les étudiants !

Je suis pas étudiant.

Vous êtes des éléments incontrôlés.

Viens avec nous.

Allez, viens.

Le pouvoir, c'est nous ! Le pouvoir, c'est nous !

Le pouvoir, c'est... Eh, mes patates !

Pas la rouge !

Pourquoi pas ?

Elle est neuve !

Et alors ?

- Qu'est-ce que t'as ? - Rien.

Ainsi, je me voyais en 1re ligne à mon tour.

Détruisant sous les yeux de ma famille...

Martin !

…À l'aide de projectiles divers, détruisant ma voiture.

Ma propre voiture,

que je vais mettre un an à payer par traites mensuelles.

Papa !

- Papa ! - Martin !

Allez !

Alors, je ne pus expulser de ma tête

une question dite d'école et qui était :

suis-je en train de toucher le fond

ou atteins-je mon sommet ?

Détail curieux, c'est dans cet ascenseur étroit

que j'entendis l'appel du large.

J'ai pas pris de billet.

C'est pas ça. Ils partent pas, on est arrêté.

- Si je paie, je peux dormir ici ? - Ah non.

Monsieur ? Vous désirez ?

- Un rhum. - Oui.

- Y a rien sur mon tract. - Sur les autres non plus.

Ce sont des miroirs. Devant eux. vous devez réfléchir.

- Il me remet le même ? - Oui, monsieur.

Ça veut dire quoi ?

Ce que vous voulez. Si vous n'avez rien à dire, ça ne veut rien dire.

-Pardon. Mon martini, alors ?

- Ça vient. - Pardon qui ?

- Comment ? - Euh rien.

Je ramassais ma cigarette.

Chut !

Martin ! Martin !

Tu vas la fermer ! Alors !

J'en fabrique pas que des blancs.

J'en ai rédigé un aujourd'hui, si vous avez le temps...

“Réagissez contre l'individualisme des classes

"qui surclassent les classes déclassées.

"Détruisez cet équilibre."

J'aime mieux les blancs.

Vous les distribuez ?

- Je connais personne. - Ah bon ?

Pour la première fois de ma vie, j'ignore où je vais dormir.

Je peux vous emmener.

- Où ? - Chez des gens. C'est pas difficile.

Attendez, je dois acheter des fleurs.

Pas la peine, c'est des dortoirs.

Alors, je vais juste vous demander…

de faire un petit crochet.

Stop.

Y a un homme qui sommeille. J'exagère ?

Au risque de paraître littéraire, je conclurai

que c'est ainsi que j'ai rompu avec mon avenir.

J'abuse de votre attention.

Non, mais j'ai n'en entendu. Vous en avez pour longtemps ?

Une minute. Il faut bien que j'aille chercher ma part.

Tu le gardes ? Je lui rapporte à manger.

Du chocolat ?

Où est mon costume ?

Sénéchal devait se présenter pour un travail.

Il vous le rend ce soir.

Vous en voulez ?

Non, merci.

Sans tout ramener à moi, comment je vais m'habiller ?

C'est pas un problème.

Fouillez dans le tas.

Où est Fanta ?

Merci.

Il a laissé

votre argent et vos clés.

Mais oui...

Oui.

J'ai besoin des scores. Mon avion est dans une heure.

Oh... Salut.

Les micros HF sont même pas à moi.

- Je te les envoie. - C'est ça.

Où t'as vu ça, toi ?

- Excusez-moi. - Elle est belle.

- Je préfère les gros cubes. - Christophe ?

On y va?

Je peux pas, j'ai une réunion, là.

Tu devais m'emmener. J'ai renvoyé le taxi !

Ne crée pas une situation irrespirable.

J'ai pas besoin de la moto. Vous l'emmenez ?

- Hein ? - Je vous donne les papiers.

Vous pouvez ? Merci.

- Vous pouvez aller plus vite ? - Non, elle est froide.

C'est agréable, par ce temps.

Oui, retrouver cette sensation de liberté,

d'une certaine sauvagerie...

Regardez là-bas. On dirait la mer.

Oh...

Oh… Oh, non !

- Vous allez à Amsterdam ? - En effet.

- Je ne vous demande pas pourquoi. - Non.

- C'est pour Amsterdam. - Oui.

Allez dire à cet homme qu'il casse de me regarder.

Lequel ? Le tout noir ?

Oui.

Vous sauriez l'heure d'embarquement pour Tunis ?

Vous ne parlez peut-être pas français.

Si, mais je n'en sais rien.

Regardez le tableau d'affichage.

Derrière moi ?

Je vous remercie.

Merci infiniment.

Je m'en vais.

C'est par où, pour la Hollande ?

Autoroute du Nord.

Et on met son casque !

Thank you, Sonia. Thank you very much.

Lorsque le jour se lève

Adieu les beaux navires

La ville sort du rêve

Et nous sommes pareils C'est toi qui appareilles

Et c'est moi qui chavire

Show me your guns and grit

Since to me, you're a man

Fight when your weapons fit

Weren't you kind of lying

The girl from Amsterdam knows the target

you have in mind

En deux ou trois journées

Tu auras pris la large

Je reste dans la marge

De la page tournée

Je ne serai jamais la dame d'Amsterdam

Son corps, comme un écueil

Son ombre, comme un deuil

Les hommes qui l'aimaient venaient s'y briser l'âme

I'm just another smile

A girl from Amsterdam

Stay with me for a while

Call you Suburban Sam

I should not give a damn Asking not my line

Reality's a dream

I won over it Let me give you my sin

Happy for a while

Men, they will come and go

It part of the game

Turn off my radio

Singers go, songs remain Like a sun in the rain

Willing to shine again

Singers go, songs remain Like a sun in the rain

Willing to shine again

Bonsoir.

Pas mal.

Quoi de neuf, depuis ce matin ?

Rien, la vie quotidienne, comme vous.

Qu'est-ce que je voulais dire, euh...?

- Vous faites quoi ? - Je rentre. Pourquoi ?

Comme ça, parce que...

On pourrait faire un tour du côté des canaux.

Ou du côté des grands bateaux, jouer avec...

la vitesse,

avec la nuit, les cheveux dans le vent.

Je vous arrête tout de suite. Je suis fatiguée.

Il est presque 2 h, alors les canaux, les bateaux...

C'est pas la peine.

Si vous voulez qu'on fasse l'amour, ça me pose aucun problème.

C'était il y a quelques instants.

Toute ma vie ressemblait à ce couloir.

Voilà pourquoi cette porte qu'une femme sublime me demandait d'ouvrir

resterait fermée.

Petit, petit, tu vas pas embêter une femme !

Tu vas pas embêter une femme, hein !

Tu veux que je me fâche pour de bon ?

Hein, petit ! Je te pose la question !

Tu veux que je me fâche, dis ?

- Vous n'êtes pas blessé ? - Non, non.

Des ecchymoses.

Venez.

- Vous faites souvent l'amour ? - Non.

C'est la première fois.

- Qu'est-ce que j'ai ? - Rien.

Vous avez un visage libre.

Va-t'en, maintenant.

Moi ?

On va pas se marier, quand même.

Vous êtes venu, c'est bien.

Tout était si bien.

Maintenant, vous allez rentrer à Paris

rendre sa moto à Christophe.

Que faites-vous dans la vie ?

Je sais pas.

Vous voulez qu'on se dise adieu ?

Euh...

Oui.

Fais-moi tes adieux.

Rendez-moi service. Je dois rendre cette moto à un ami.

Je vous donne son adresse.

- Je peux compter sur vous ? - Oui.

Allez-y. Merci.

I'm almost ready.

C'est vous ? Vous n'êtes pas parti ?

Hélas, non. Ce serait trop compliqué à vous expliquer.

Je tenais à vous saluer. Vous avez été…

très chic avec moi.

C'est normal, entra Français à l'étranger.

Entrez, essayez-vous.

Merci.

Vous rentrez quand, alors ? Maintenant ?

Il y deux écoles.

Rouler toute la nuit ou se lever tôt demain matin.

D'un autre côté, il peut pleuvoir, et...

déjà, ça menace.

J'ai plus de voix.

Euphonia, en dragées ou sirop.

Pardon...

Il paris en hollandais.

Yes, I'm coming.

Euh… je veux rester avec vous.

Ici ? Vous savez, je suis là pour longtemps.

J'ai un contrat de 3 mais.

Je ne vous quitterai plus, je m'excuse.

Mais… Enfin, c'est pas comme ça, la vie.

Vous devez avoir des femmes, des enfants.

Vous me connaissez depuis hier.

On tombe jamais amoureux de ses vieilles connaissances.

Eva !

Oui, oui.

Je vous retrouve où, après ?

- Partout. - Oh, non.

Vous n'êtes pas libre ?

Si, justement.

Oh, mon trench coat.

We're going to Spike Strips.

C'est quoi ?

Que se passe-t-il ?

- Allez, go. “Quick“, vite, "sehnell' !

Elle vit seule ?

- Qui ? Mon ex-femme ? - Oui.

Quand on s'est perdu de vue, elle vivait avec un médecin, Noël.

Les livres que vous écrivez, c'est quoi ?

Des romans ?

Policiers.

Dites-moi des titres.

"La Main rouge", "Le Crime de Mme Berger",

et "Pour qui sont ces serpents" ?

Celui-là, je l'ai lu.

Ne me demandez pas

mon avis, je n'ai pas de mémoire.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Vous l'avez vu ? - Qui ?

Il vient vers nous.

- C'est le type d'Orly. - Quel type ?

Celui qui vous regardait.

Ah… oui.

Il nous fixe.

Où est-il ?

Dans la rue.

Je l'aurais pas reconnu.

Qu'est-ce qu'il fait ?

- Rien. Il s'assied. - Comment, il s'assied ?

Ça alors.

Merci.

Vous voulez un café ?

Non. "The bill".

Il a dû prendre l'avion avec moi.

Qu'est-ce qu'il me veut ?

Les gens sont... C'est pas leur faute. Goûtez.

Il est plus là.

Non, mais il est là.

Ne la regardez pas.

C'est lui qui me regarde.

Ignorez-le.

- Comment ça ? - Ne vous battez pas.

Vous vous y opposez absolument ?

Absolument.

On va rentrer.

Comment ?

Dans les autres histoires d'amour,

on tremble pour la personne aimée.

Dans la mienne, je tremblai pour moi-même.

J'étais fou d'Eva. je la tenais dans mes bras.

Et cette nuit fut une nuit d'épouvante.

Au matin, tandis qu'elle reposait, belle comme le jour.

j'allai dans la salle de bain pour y faire quelque toilette.

Quelle heure est-il ?

Bien dormi ?

Mes photos ! Et le petit-déjeuner ?

Quelles photos ?

Que je dois faire, à midi, au Black.

- Vous êtes dans les temps. - Je dois me faire coiffer.

Bonjour.

À midi !

Oh…

Demandez une tasse.

On n'a pas frappé ?

Hein ?

On frappé ?

Non.

Excusez-moi.

- Fini, c'est fini. - Jamais !

C'est du mépris !

Pardon. Merci.

Je comprends rien.

Donnez-le-moi. Apportez une autre tasse.

Il est même pas capable de vous descendre.

Comment, il va me descendre ?

C'est l'homme de ma vie. Nuance, je suis la femme de sa vie.

Comment, c'est l'homme de votre vie,

nuance, vous êtes la femme de sa vie ?

Buvez le thé, j'ai plus le temps.

Je l'ai quitté. C'est fini.

J'ai changé toutes mes serrures.

Il me suit partout, il pleure, il me menace.

C'est très banal.

Je vous ennuie avec mes histoires.

Vous ne m'ennuyez pas, mais…

ce n'est pas banal.

On s'est disputés, dans l'avion.

Il veut me rendre folle. C'est lui qui devient fou.

Je l'ai quitté deux fois. Mais là, il est prêt à tout.

Heureusement qu'on est dimanche.

Comment, il est plût à tout,

heureusement qu'on est dimanche ?

Il doit reprendre son avion. Il travaille.

Il est au ministère des Télécoms.

Mais… vous pensez qu'il va venir tous les week-ends ?

Non, il part en mission en Guadeloupe jusqu'en décembre.

Arrêtons d'en parler.

Mais... mais... mais alors...

On ne parle plus jamais de lui. Je l'ai oublié.

Quand vous m'avez embrassé, à Orly, c'était pour lui ?

Mais qui ?

Tu peux rester, si tu veux. Je suis bien, avec toi.

Reste.

Depuis ce matin-là,

combien de temps dura note "avventura" ?

Ma mémoire extasiée me fait défaut.

Nous avons dépensé les jours sans les compter.

Avec, peut-être, au début, un reste d'appréhension.

Cette toxine de l'âme qu'on n'élimine pas

avec de l'eau minérale.

Les premiers temps, je contrôlais discrètement

l'absence du coupeur de manche, surtout le dimanche

et les jours fériés.

Du gâteau ?

Eva avait compris.

L'homme ne se manifesta plus que dans mes rêves.

Nous étions seuls. Nous étions libres.

Nous avions tous les deux vingt ans de moins que moi.

Il me fallait trouver de l'argent pour vivre.

Refusé par les pharmacies qui demandaient mes diplômes…

What? Excuse me.

Je fus quelque temps... réparateur de bicyclettes.

Je ne pensais qu'à elle, à elle...

à elle.

Grâce à la complicité d'un camarade,

je réussis à déjouer la surveillances des syndicats

pour me faire engager sur les docks,

avec des appointements plus intéressants.

Decker, métier noble... et matinal.

Oui, monsieur.

Métier riche en contacts humains, mais auquel

préparent mal les études de pharmacie.

Métier dont on ne dit pas assez

combien il est éprouvant pour les amateurs de chanteuses

qui chantent à des heures tardives.

- Ça va ? - En pleine forme.

Nous aurons été les seuls amants à souffrir du décalage horaire,

sans jamais prendre l'avion.

Nous n'étions pas les seuls,

mais nous étions uniques, comme les autos.

Ho, ho !

Ho, ho !

Je reviens mercredi !

Je lui du que je travaillais sur les quais pour écrire

mon livre. Elle trouva cela naturel.

Fais attention, quand même l

Elle trouvait tout naturel.

Je plaisante !

Par deux fois, elle alla à Paris

voir sa mère et ses producteurs.

Je recopiais des pages d'un livre anglais,

que je traduisais très approximativement.

Finement, j'abandonnais des pages raturées ou déchirées,

afin qu'elle les trouva dans cette chambre,

où j'affectais de dormir d'un sommeil d'écrivain.

J'avais préparé

2 500 fiches correspondant à toutes les questions

qu'elle pourrait me poser.

Elle n'en posa aucune.

Quant à elle, d'après mes recoupements,

fille d'un officier et d'une libraire de Dunkerque,

elle avait consacré sa vie à la délinquance,

avant de bifurquer sur les variétés.

Destin tout simple, contactant avec un physique…

extraordinaire.

Ce qui me démontait, au début,

c'est qu'elle me disait trop gaiement qu'elle m'aimait

alors que pour moi, jusqu'ici, les mots d'amour

étaient des mots dramatiques.

J'avais appris à rire, dans mon enfance,

et puis, faute de pratique, j'avais oublié.

Grâce à Eva,

ça revenait tout seul.

Un jour, pourtant, je tombai en panne d'hilarité en pleine ville.

Depuis quelque temps, j'achetais les journaux français.

Cela devait arriver.

Mathilde avait fait les frais d'une annonce

dans son style incomparable :

"Reviens, il te sera fait de nombreux reproches".

J'eus le réflexe de détruire le document,

mais au même instant, je savais que je dirai tout a Eva

de ce passé que je ne méritais pas.

Je te crois pas, qu'est-ce qui te prend ?

Pourquoi tu mens ?

Je te demande rien. On était bien.

Pourquoi tu t'inventes un personnage de pharmacien ?

Je t'aime comme tu es.

Je sais bien qu'ils sont pas bons, tes romans,

mais ça m'est égal.

Ça te ressemble, ça me fait rire. C'est toi.

Avec des tigres sur des vestes mal seyantes.

Et toi qui ne vas pas, quand tu me regardes comme ça.

Qu'est-ce que tu cherches ?

Si tu me cherches moi, fais pas ça.

Va-t'en, rentre à l'hôtel. M'attends pas tous les soirs.

Va écrire un peu.

Laissez-la-moi.

Laissez-la-moi.

Je ne peux pas me passer d'elle.

Je ne peux pas.

Je vous en supplie, monsieur.

Cette fois-ci, je suis à bout.

Laissez-la-moi.

Elle est à moi. Elle est à moi !

Allons, allons. Un peu de... Hein !

Reprenez-vous, que diable.

C'est un homme, ça ?

Vous allez me la laisser ?

Désolé. Ça me serait difficile.

Écoutez, l'ami, je vous donne une heure pour quitter la ville.

Vous ne comprenez pas.

C'est moi qui vous donne une heure pour partir.

Autrement, je vous tue tous les deux.

Ça me fera une peine.

Parce que je l'aime.

J'y réfléchis et je vous contacte.

Non, vous ne réfléchissez pas.

Vous partez, vite.

Vite !

Mon amour,

ma mère, dont je t'ai parlé succinctement,

étant tombée subitement malade...

Le couteau sous la gorge, j'avais écrit à Eva

cette lettre désespérante.

Mais maintenant, qu'allais-je dire à Mathilda et aux autres ?

Une idée assez sensationnelle me vint à l'esprit :

ne n'en dire... du tout.

La type sait pas d'où il vient,

il se rappelle rien, même pas son nom.

Hé, monsieur... Il des papiers ?

Je l'ai pas fouillé.

Et ça ?

- Martin Belhomme, c'est vous ? - Qui ?

- Il est revenu ! - Qui ?

Comment, qui ?

Martin ?

- Oh... - Bonjour, madame.

On s'est présenté à votre domicile. On nous a dit de l'apporter ici.

Vous la reconnaissez ?

Bonjour, madame.

"Madame" ?

Où l'avez-vous trouvé ?

Il était assis sur une valise, place d'Iéna.

Il était pendu.

Martin ? Tu me reconnais pas ?

Et moi ?

Bonjour, maman.

- Bonjour. - Arrêtez de pleurer.

- Une boîte de Pulmol. - Une seconde.

Merci, posez-le là. J'appelle un médecin.

Et lui ? Tu le reconnais pas ?

C'est Pierre-Martin, ton garçon.

Là, c'est ta grande fille. C'est Monica.

Ils sont au Portugal, en vacances.

Ils ont échoué à leurs examens.

Non, non, non.

Elle, c'est ma fiancée.

Tu l'avais vue à la télévision.

Sylvette Goldoni.

Sylvette Goldoni !

Ne criez pas. Il entend.

Rentrez chez vous, je débarrasserai.

Si on essayait, genre, euh...

madeleine de Proust en remontant au début ?

Essayez toujours.

Tu te rappelles les bouillies au cacao de mamie ?

Il t'en fallait deux bols, en plus de ton biberon.

Et le petit cheval à roulettes

qu'on avait, à côté de Toulouse ?

Tu te le rappelles, Picotin ?

Il se rappelle, Picotin, hein ?

Je suis au bord du malaise.

Tu te rappelles, rue Saint-Jacques, la brune de la quincaillerie ?

On l'appelait Térébenthine.

Je fais revenir Pierre-Martin et Monica ?

Si vous voulez, mais je le fais hospitaliser.

L'amnésie peut cacher autre chose que la mémoire.

Et la Libération ?

Le jour où les Américains sont arrivés ?

Les Américains ?

Les Américains...

On lui fait un électro-encéphalo et un scanner.

Tu t'étais enfermé dans la cave,

le chien-loup du voisin s'était évadé.

Les Américains t'ont fait sortir avec des fumigènes.

Tu sais même pas que c'est ton petit frère qui te parle.

Non.

Bon, mais…

si tu te rappelles rien de rien,

tu peux même pas te rappeler le...

le petit million que tu m'as prêté pour…

mon appartement de la rue Henri Barbusse.

Y a pas de raison que tu te rappelles que ça.

Non.

Bon, on ne lui pose plus de questions.

Les examens sont bons.

On va pas le harceler. Ça suffit.

Il ne se rappelle rien.

Ça va, ma petite dame ? Bonjour.

Oui, mieux depuis le temps.

Beaucoup mieux.

Noël appelle ça une amnésie partielle.

Il a des flashes. L'autre jour, devant la télé,

il se souvenait de la fin du film.

C'est drôle !

Ça fait un an, à peu près.

L'autre jour, on lui montre une photo de son père,

il a cru que c'était Léon Blum.

C'est pour dire.

Comment ?

On le laisse pas toucher aux médicaments.

On l'a assis à la caisse.

D'après Noël, c'est bien qu'il se concentre sur les chiffres.

Non, à part ça, le train-train.

Ah non, ça, je sais pas.

C'est sympathique.

- Fallait pas. - C'est dimanche.

Bonjour, Noël.

Vous êtes allé chercher les brioches ?

Euh, oui.

Là, il est allé acheter des brioches tout seul.

Bonjour.

Il est revenu.

La dernière fois, il s'était perdu.

T'accélères dès qu'on parle. J'y arriverai jamais.

Je sais plus ce que je te disais.

On t'a changé de service sans te demander ton avis.

Pour me mettre aux sports, alors que j'y connais rien.

Tu te rappelles ? Ah ben non.

C'est te dire, la télé...

J'ai déclenché une grève de solidarité pour moi,

mais j'étais seul à la suivre. Tu m'écoutes ?

Oui.

J'étais écœuré !

Jamais j'aurais cru ça des autres.

On s'en va. Au revoir, mon papa.

N'oublie pas le lait et les fruits.

Maman t'a laissé un mot. Au revoir.

Au revoir.

- Au revoir, Martin. - Au revoir, Thierry.

- Au revoir, papa. - Au revoir…

- Pierre-Martin. - Ah, Pierre-Martin.

Nous sommes au stade, au parc… au Parc des Princes.

C'est le numéro 7 qui court et qui va shooter dans le ballon.

Qui shoote dans le ballon...

pour le passer au numéro 8.

Il shoote et passe le ballon...

Main ! Y a-t-il penalty ? Non, c'est une main du goal.

Pour l'instant, tout va bien.

0-0 pour la France.

À vous les studios.

Frankie Belhammo.

Je vous confirme la mort d'Éric de Chalamond.

Récemment nommé chef de cabinet au secrétariat

des télécoms, il trouvé la mort

dans un accident d'hélicoptère.

Il avait commencé sa carrière comme diplomate à Madrid,

avant de diriger...

Oh !

On est libres !

On est libres, libres !

Tu te rappelles, la jeune femme blonde ?

Je l'avais croisée dans les couloirs.

Je l'avais accompagnée à Orly pour toi.

Je te demande ça comme ça.

Eva Silver. Je crois qu'elle chantonne toujours.

A une époque, je lui avais fait une déclaration enflammée.

J'étais en liste d'attente, on s'est perdu de vue.

Moi-même, je suis insaisissable.

Ah oui.

Demandez plutôt à Sénéchal.

Qui c'est ?

Vous lui aviez prêté votre costume.

- Il lui faisait des musiques. - Où on peut le toucher ?

292 29 22.

C'est moi.

Vous êtes rhabillée ?

Quelle femme...

C'est bien, les femmes, hein ?

C'est comme ça, les femmes.

Vous ne m'avez même lien demandé.

J'aurais dû vous demander combien.

Combien quoi ?

Ça m'a fait plaisir de te revoir.

Fais-moi signe quand tu veux faire l'amour, dans 2 ans…

On fait comme ça. Tu passes et on monte.

200, ça va ? Allez, 250.

C'est quoi ?

Ton petit cadeau.

Mon petit cadeau ?

C'est comment, déjà, ton nom ?

Alors, maintenant, on peut te demander

- où t'étais, tout ce temps ? - Pourquoi ?

Tu as retrouvé ta mémoire.

Mais dans quel état...

Ce temps-là, c'est le trou noir.

Le voyageur n'a pas retrouvé tous ses bagages.

C'est une allusion à Anouilh.

Un homme est amnésique…

Je sais.

Réalisation de Régis Bulot,

diffusion en octobre. Très bonne soirée en perspective.

Les additions séparées, c'est ici ?

Oui.

Tiens, voilà. C'est la tienne, mon amour.

Tiens.

- Vous vous en êtes sorti quand ? - Récemment.

- Vous avez maigri, non ? - Je sais pas.

- Je me sauve. - Au revoir, ma belle.

- Au revoir, Frankie. - Oui ? Et 8...

- Au revoir, Frankie. - Au revoir, mon amour.

À tout à l'heure.

Comment ça, en carafe ?

Vous êtes mariés. Tu pourrais l'inviter.

On est sous le régime de la séparation…

En parlant de mariage, tu divorces de Mathilda ?

C'est pas moi, c'est elle. Remarque, elle le mérite.

Et Noël aussi. C'est un peu ses honoraires.

Tu vis tout seul, dans ton studio ?

Oui.

Et… ça va ?

Formidable.

Ça va pas du tout !

La comptabilité devait être finie à midi !

C'est moi qui vais ranger ces cartons ?

- Répondez ! - Je vais le faire. J'avais pas de...

De quoi ?

- Allô ? - Allô ?

Comment, allô ? Comment m'avez-vous retrouvé ?

Par Christophe, comme toi.

- Où êtes-vous ? - À Paris.

Mais… vous pensez que… Pourquoi m'appelez-vous ?

Je sais pas, j'avais envie de te revoir.

Allô?

Allô.

Pourquoi tu m'as quittée sans rien dire ?

Oh…

C'est tellement subtil à expliquer...

- Vous n'avez pas reçu la lettre ? - Non. Quelle lettre ?

En revanche, j'ai trouvé Éric,

en rentrant à l'hôtel.

- Éric ? - Oui, Éric. Il m'a tout raconté.

Que tu as sorti ton rasoir, que tu voulais nous tuer.

Il a dit ça ?

- Oui. - Que je voulais vous tuer ?

- C'est pour ça que tu es parti ? - Oui, enfin...

S'il vous a dit que je n'étais plus maître de mes... alors...

Tout à coup, j'ai eu peur de moi.

C'était fini avec lui, c'était vrai.

Mais il était toujours dans mes pattes !

- Je t'imaginais pas violent. - Ben voilà.

Martin ?

Vous me prenez

pour une brute ?

C'est ta femme, derrière ?

Non, c'est Mme Berger.

Vous l'avez revu souvent ?

Éric ? Non, jamais. Dieu ait son âme.

Absolument.

- C'est elle, ta femme ? - Non, c'est la comptable.

- Où êtes-vous ? - Là, je te regarde.

Mais où ?

- Ici. - Oh !

Je croyais tout savoir d'elle.

Je ne savais rien encore.

Aujourd'hui, je sais.

Avant, nous connûmes des moments faciles.

Sa vie était restée simple et artistique.

Elle habitait un deux-pièces dans le 15e,

dont elle m'avait donné la clé.

Elle ne voulait pas

que l'on vive ensemble.

Elle était de ces femmes qu'on possède,

sans qu'elle vous appartienne.

Elle s'absentait souvent pour le travail.

4 jours, 6 jours, parfois 1 ou 2 semaines.

Je n'aime pas les adieux.

Va-t'en avant...

- Séparations bouleversantes... - Martin !

- Tu arrives par là ? - J'ai pris un avion plus tôt.

...Suivies de retrouvailles indicibles,

où nos corps affolés s'impatientaient de célébrer

les noces de la chanson et de la pharmacie.

Je fus, cette année-là, le témoin de Mathilda.

Il vécurent longtemps et nous eûmes beaucoup d'enfants.

Noël en avait déjà trois.

Ah oui, épatant, grand gin.

- Fais voir. - C'est la bérézina.

Avec les cocottes, ça va faire mal.

Alors...

Toi qui dis que je te demande jamais d'agent...

Je vais te demander des sous. Ça fait exactement...

548 francs.

Les oiseaux chantent dans la ramure.

Épouse-moi.

Tu m'aimes pas assez ?

Si.

Jusqu'au bout...

le bonheur parut intimider Eva.

Fous-moi la paix, toi !

Prends ton temps...

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Qu'elle est belle !

Allez, vite.

Elle était encore domiciliée à Marne.

C'est là que nous échangeâmes le consentement mutuel.

Je me souviens de l'exquise pâleur d'Eva

en répondant au maire.

Son regard bifurqua vers la fenêtre,

et elle dit oui, si faiblement... que le magistrat dit : "Comment ?"

J'aurais dû dire non. Tu vas me quitter.

Ah bon ?

- Je t'aime, Martin. Tu dois le crains toute ta vie.

Je t'aime.

J'en doute pas, aujourd'hui.

Si.

Comment, si ?

- Prends à gauche. - Pourquoi ?

S'il te plaît.

J'en ai pour 5 minutes. Je t'expliquerai. Je t'aime.

Maman ! Maman !

Comment, "maman" ?

- Papa ! Papa ! Maman est là !

- Où tu étais ? - Comment, "papa", "maman" ?

Mon amour, quelle jolie robe !

Il faut que je te parle, Charley. Vite...

I finish with this imbecile.

I'll be minute.

Listen to me one more time, and listen good.

Il n'a plus aucune importance pour moi. Je t'aime.

Il n'y a aucune importance, mais qui vous êtes ?

Je veux le quitter depuis longtemps, mais il me fait trop peur.

Je t'ai jamais aimé autant que maintenant.

- Je t'aime. - T'as oublié de me dire tout ça !

Tous ces enfants !

Ne le prends pas mal… Y en a que deux.

Je te les donne.

Je voulais ni te perdre ni me marier.

Eva ?

Eva ?

Tu lui as parlé ?

Eva !

Il connaissait Éric ?

Non.

Eva ?

À côté de celui-là, même Éric...

Il t'a pas épousé ?

Il a une vie, une femme, une famille.

Tu aurais dû lui dire que tu te mariais,

que tu avais rencontré quelqu'un.

J'ai peur. Tu connais, la pour ?

C'est toi qui vas lui dire. Moi, j'ai pas le courage.

Vas-y.

Oui.

Eva !

- Bonjour, Martin. - Bonjour, bonhomme.

- Où est maman ? - Elle joue à cache-cache avec Betty.

Je l'ai retrouvée. Allez !

Regardez-la qui s'échappe !

5 jours tous les deux, rien que nous deux.

- J'arrive. Quelle heure est-il ? - 35. Il faut s'affoler.

Ne soyons pas en retard, chérie.

Non, non. "How are you", mon vieux ?

Nous avions, sur ma proposition, différé le moment

d'informer ce pauvre type de son infortune.

A l'inverse d'autres femmes, Eva s'était mariée

à l'insu de son amant.

Nous fêtions chacune de ses absences avec délice.

Nous nous aimions.

Pour le reste, rien ni personne ne nous séparera.

Bonheur cynique, j'en conviens.

La situation était cruelle pour lui, qui ne se doutait de rien.

Mais, je le dis avec arrogance, c'était la loi du plus fort,

et j'en profitais.

Car on ne vit qu'un fois, et encore…

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