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Musique douce
- - -
-Ah, vous êtes belles, mes cocottes, ce matin.
- - -
-Alors, la pêche a été bonne ?
-Ouh !
Encore un peu de café, Catherine ? -Non, merci, Clémence.
-Et toi, Thomas,
tu veux plus rien ? -Non… Non, merci.
- - -
-Clémence !
-Quoi, Clémence ?
-Où as-tu foutu mes mocassins ?
-À leur place, dans le placard.
Celui-là, il ne trouverait pas l'eau à la rivière.
-Thomas, tu vas être en retard.
-Papa, regarde.
Avec ça, on arrose à distance. -Ah ?
-Sauf que…
Regarde, ça marche.
Hop ! Un coup à droite.
-Un à gauche.
-Salaud, c'est glacé !
-C'est pas moi, demande à Cosinus.
-Excuse-moi, chérie. C'est l'arrosage par téléphone.
Ça marche.
-Il y a école dans une heure. On doit se grouiller.
-Didier, regarde. Pour nos Suisses, le parc de la villa.
Arrosage automatique à distance.
-Commence par leur vendre les plans. Bonjour.
-Bonjour, M. Duchêne.
-Monsieur Duchêne, s'il vous plaît.
Vous pourriez signer ça avant de partir ?
-Mais voyons, Anna, je ne pars que ce soir, moi.
Je signerai vos chèques. Je peux dire au revoir à mon fils ?
Bon, ce soir à 9 h à l'hôtel. Dépêche-toi.
Sinon, j'arriverai avant toi. -Ton avion, Thomas.
-Achète-moi des Davidoff !
Ce sera fermé quand j'arriverai !
-Vous l'aimez, hein ? -Pas toi ?
-Monsieur Duchèêne ! -Posez ça là.
Eh bien, eh bien !
-Thomas a oublié la moitié des plans.
-Heureusement qu'il a un père et une femme.
Bon… -Vous signez là.
-Voilà, disparaissez !
Vous ne voulez que mon argent.
-Bon voyage, Monsieur Duchêne.
-Je vous trouve bien beau, Paul.
-Prends soin de Clémence. On t'appelle à notre arrivée.
Si je trouve Thomas.
-Je le dirai à la dame de St-Émilion.
-Que vas-tu lui dire, à cette dame ?
-Que vous vous mettez sur votre 31 pour aller voir les Suissesses.
-Tu ne la connais même pas.
-Quand me présenterez-vous votre Geneviève ?
-Quand tu seras grande.
Alors…
-Bonne Suisse, Monsieur !
-N'oublie pas le devis d'Air France, ils ont rappelé.
À vendredi ! -Soyez sage.
-Oh, merde.
Merde.
Ah là là.
Musique pesante
- - -
- - -
-Paul, tu m'entends ?
Si tu m'entends, ferme les yeux.
-Paul !
-Laisse, Catherine, pas aujourd'hui.
Il est sorti d'affaire.
Quand arrive Thomas ? -Tout à l'heure.
-Papa !
Tout va bien. Tu sors la semaine prochaine, selon Serge.
Voilà…
Catherine était folle d'inquiétude.
Il paraît que tu peux pas parler ?
J'ai vu les radios : double-fracture des jambes
et traumatisme crânien.
-J'ai plâtré les deux jambes.
Tu ne peux pas les poser. Trois semaines de fauteuil,
après, tu pourras gambader en béquilles. Tu peux bouger les bras ?
Tu remues les orteils ?
Normalement, tu devrais parler. Surtout une telle mauvaise langue !
-Pour la villa, ça marche. Les Suisses attendent
la maquette. -Laisse-le
avec ça, Thomas !
-On s'occupe de tout,
toi, seulement de tes bonzaïs et de ta guérison. T'es content ?
Ouais.
Ouais !
Tiens.
-Dépêchez-vous !
Il va arriver ! Allez !
Allez, venez !
Venez, venez !
Venez !
Mon Paulo !
-Attention, Clémence !
Hop !
Et voilà ! Tu veux que je t'aide ?
Ah !
Bravo ! Formidable !
Tiens, regarde. Là, tu as la marche arrière.
Et là, la Marche avant. À gauche, et à droite.
Le top des fauteuils roulants. J'ai fait mettre des rampes partout.
-C'est un flic pour l'accident.
-Inspecteur Meunier, simple routine. -Il ne parle pas.
-Je sais.
-On vous le laisse. Ne le fatiguez pas. -Je reviens.
-Vous avez de sacrées plantes, ce sont des bonzaïs ?
Superbes !
Vous n'avez pas vu le stop ?
Pourtant, vous y passez souvent. C'est toujours comme ça.
Plus on a l'habitude, moins on fait attention.
Vous pouvez commander une voiture neuve !
Il y a quelque chose de pas normal, Monsieur.
Ne pas voir un stop, un carrefour et un 38 tonnes !
Ça fait beaucoup, non ?
-M. l'agent, Paul a faim et froid, je le rentre. Ça vous ennuie ?
Il y en a trois de ton amoureuse. La passion monte, mon Paul.
-Je reviendrai !
Faut que je réfléchisse.
-C'est un fouille-merde, je te le dis !
Bon, ben, vas-y !
-Paul.
-J'ai descendu tes poètes japonais, et Alexandre Dumas.
Surtout, pas de boulot. Serge a été formel : repos !
Tu as vu les fleurs ? Je te remercie
pour lui.
Ah, tiens !
En attendant mieux…
Tiens.
-Ca veut dire quoi ? -Ça veut dire qu'on va travailler.
Il a raison, la journée est loin d'être finie.
-Si tu as besoin de quelque chose, tu m'appelles. Enfin…
tu me…
Voilà.
Qu'est-ce que tu voulais me dire ? Catherine ?
Ne lui en veux pas, elle est à bout de nerfs.
Attends, je vais t'installer mieux.
Hop !
Voilà !
Avant, c'est toi qui t'asseyais sur mon lit,
pour me raconter Moby Dick.
Qu'est-ce que tu veux ?
Un autre bouquin ?
Le collier de la reine ? J'ai !
Et voilà !
Tiens.
T'oublieras pas tes médicaments.
Bonsoir, papa.
-Faut qu'on se parle, Paul.
Ce que j'ai fait, tout le monde l'a fait un jour.
Même vous.
Même du vivant de…
J'aime Thomas.
Je veux pas le perdre.
Ce serait pas votre fils, ça vous ferait rire.
Oh, pardonnez-moi !
Je vous en prie.
De quel droit vous me jugez ?
La nuit tombe et chacun rentre dans sa coquille.
Que connaissez-vous de notre vie ?
Je parle de la vraie vie.
Rien.
Absolument rien.
Ça vous arrange.
Paul. Paul !
Si je vous aimais pas vraiment, serais-je là en train…
Vous voulez la guerre ?
Bien, ce sera la guerre.
Mais attention, j'irais jusqu'au bout.
Bonne nuit, Paul.
-Quoi, encore ?
J'en suis pas encore là, attends un peu, oh !
Ce que tu peux être impatient !
Évidemment, ça coule dans le pantalon, tu remues sans cesse.
Comme quand je lavais Thomas dans une bassine.
Tu t'en souviens ?
Ah, ce qu'il pouvait brailler, l'animal !
On savait de qui il tenait.
Mon pauvre Paul !
Dis donc !
Tu t'es quand même pas emplafonné dans un camion par distraction ?
Tu me feras pas croire ça.
-C'est toi ?
Alors, regarde.
Piscine, jet d'eau.
Toit ouvrant.
Bronzarium, arrosage télécommandé, rideaux électriques,
et en option…
la baraque pivote pour suivre le soleil.
Regarde !
Concentre-toi bien.
On verrait presque quelqu'un à la fenêtre.
-Bonjour, M. Duchêne. Contents de vous revoir.
-Bonjour, M. Duchêne.
-Regarde.
Didier a terminé les études chiffrées.
Il a bien bossé pendant que t'étais à l'hôpital.
Voilà.
Deux nuits de piano là-dessus. On peut lui dire merci.
Didier !
-Bonjour, M. Duchêne.
-Tu as les échantillons pour la piscine ?
-Ils sont dans la voiture. -Va les chercher. Montre-lui.
Dans deux jours, on est prêts. Qu'en penses-tu ?
Musique mélancolique
- - -
-Faut faire de l'os, Paul. C'est du calcium.
Le docteur a dit deux verres par jour.
Vous voulez un repas particulier ce midi ?
Je vous appelle dès que c'est prêt.
-Le croquis de Robert pour la douche.
-C'est moche. -Mmh.
-On dirait un frigo ou une armoire. Zéro, raté.
-Et toi ?
-T'as presque rien mangé, Paul.
Tu regaloperas pas comme ça !
Si tu crois m'impressionner avec ton carton jaune.
-Merci.
-Vous devez vous reposer. ll fait beau. Mettez-vous près du tilleul.
Musique douce
- - -
-Paul ! Paul, mon petit, je viens !
Je viens, attends, j'arrive.
Oh, mon petit ! Donne-moi la main, viens !
Viens !
-Eh bien, ça va. Ça va ?
Heureusement que tu fais de la varappe !
Faudrait qu'on se parle.
(Tu n'as rien à me dire ?)
-Tu t'es endormi en oubliant le frein ?
-Pas dans une pente ?
-Je sais pas,
c'est peut-être le fauteuil ? -On va le changer.
-"Pas électrique".
-Écoute, repose-toi.
Dors.
Bouffe. Fromage, gruyère, surtout, lait.
N'hésite pas, fais de l'os.
Et appelle-moi si tu veux qu'on parle. D'accord ?
-Dis donc, toi !
T'as crié, tout à l'heure. Je suis pas sourde.
J'ai l'impression qu'il y a pas que la parole de coincée.
-Mme de St-Émilion a parlé de toi.
Elle t'embrasse.
Je pense qu'elle veut venir.
Vous savez à quoi je pense ? Didier. !! en fait de plus en plus.
On devrait lui céder des parts.
On en a parlé déjà.
Qu'est-ce qui lui prend ?
Musique intrigante
- - -
Que fais-tu ?
Les catastrophes, ça suffit pour aujourd'hui. Viens.
Musique mélancolique
- - -
- - -
- - -
-Allez !
- - -
- - -
- - -
-Monsieur Duchêne ?
Pour les actions,
ça m'est égal. Pour le travail, vous n'avez rien à me reprocher.
Je ne démissionnerai pas.
Si vous me virez,
ça coûtera un max.
-Costaud !
Il est costaud, n'est-ce pas ?
-Oh, mais il fait du sport. Dans la montagne.
L'Aiguille du Midi, le Cervin, le Canigou, hein, Paul ?
C'est malin.
-Les bras sont forts aussi.
Bon pour la montagne !
Grimpette, grimpette !
-AIlô ?
Oui, bonjour, Geneviève.
Oui, il va bien. Il se fait Masser en ce moment.
Oui.
C'est la Dame de St-Émilion. Thomas l'a invité pour demain. Vous avez
quelque chose à lui dire ?
Il pense
à vous et se réjouit de vous voir.
Il vous embrasse tendrement. Très tendrement.
Au revoir, Geneviève.
Allez ! À moi.
Hop !
-Elle a l'air
rudement bien, cette masseuse.
J'ai envie d'essayer aussi.
Je suis encore pas mal ! Pas de cellulite.
-Paul le sait bien, Clémence.
Il est très observateur.
Musique douce
- - -
-Papa !
Tu peux m'aider, s'il te plaît ?
Regarde.
Il faudrait que tu me tiennes ce transistor debout comme ça.
Voilà, ça tient.
-Buvez, je le rapporte à la cuisine.
-"Faut faire de l'os, M. Duchêne."
T'as vu ? Ça avance bien. -Ouais.
-Je vais me coucher.
-Bah, nous aussi, non ?
Papa ! Qu'est-ce qui t'arrives ?
Tu as mal ? Tu as eu un malaise ?
Tu as eu un cauchemar ?
-L'artiste travaille sans filet.
Bravo ! Vous avez l'air en pleine forme.
Pour les carrelages de la station de Libourne.
C'est ce que j'avais choisi.
La prochaine fois, essayez sans les mains.
Musique intrigante
- - -
-Quoi de neuf, papa ?
Et voilà.
Ça fait quatre fois. Où il est, ce court-jus ?
Tu vas mieux ?
- - -
C'est moi qui lui ai demandé de venir.
Tu en as besoin, en ce moment, ça tourne pas rond.
Mon air ahuri m'empêche pas de voir et comprendre les choses.
Au contraire.
N
Pas de doute. La flotte et l'électricité, c'est l'enfer.
-Les enfants étaient très inquiets, Catherine surtout.
Bouge le bras.
Tu présentes aucun signe de l'aphasie, normalement, tu devrais parler.
Tu devrais rencontrer un de mes amis psychiatres.
-Arrête tes conneries.
-Je m'en doutais.
Dis donc, pourquoi toute cette comédie ?
-Je ne me suis pas posé la question, ça a été comme un réflexe.
Si je parlais, je parlerais trop. Je le sais.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Oh, devant un type qui la boucle, les gens parlent pour deux.
C'est le meilleur moyen de savoir ce qu'ils ont dans le crâne.
Allez, va vite les rassurer. Thomas, surtout.
Mais…
-Tu veux pas m'en dire plus ?
Vraiment pas ? -Pas maintenant.
Un secret de famille, tu sais, c'est sacré.
-Ah non !
-Ah non !
-Ouh… Ah !
-Arrête, Thomas !
Arrête ! -Mais qu'as-tu ? C'est Paul ?
-Oui, c'est Paul.
-Mais Serge dit que tout va bien.
-Serge, il le connaît trop.
-Ah ouais ?
-Je le trouve pas en forme. Il lui faut du repos.
-Oui ?
-On pourrait l'envoyer en Suisse.
-C'est peut-être une idée.
-Tu sais, écoute…
Le père de Sylvie, après son accident,
il a été dans une clinique
à côté de Berne. -Ah ouais ?
-Il est revenu en pleine forme.
-En pleine forme ? Un légume, tu veux dire.
-C'est prêt.
-Ne me repoussez pas, je veux votre sang.
-Arrête, Thomas.
-Tu m'aimes plus ? -Mais si, je t'aime.
T'es content ?
-Mmh.
-Tiens, un peu de vin blanc. -C'est dégueulasse.
-Attends ! Attends, mon amour.
Voilà !
C'est mieux, hein ?
Tu as toujours l'air d'avoir raté ton train.
Tu sais, Thomas, il y a pas que l'électronique dans la vie.
-Je sais, il y a toi, mon amour.
-Si Paul le pouvait, ll me donnerait raison.
-Laisse-le tranquille.
Il a déjà assez de ses problèmes.
-Arrête de le traiter en bébé.
Il est capable de regarder les choses en face.
N'est-ce pas ?
Musique intrigante
- - -
-"Laboratoire
"Médical
"Rousseau.”
- - -
-Viens voir, Paul.
Passionnant. "Le cancer
"comme si vous l'aviez".
Je savais qu'à cette heure-là, c'était pour m'embêter.
Au labo dans une heure ? Ça presse, j'ai compris.
Oui, on a quand même le temps de finir l'émission, non ?
Vivement que tu te lèves.
Qu'est-ce que c'est encore ? Qu'est-ce que tu mani…
Vivement que tu te décides à parler, aussi.
Allez !
-Ah là là,
elle va bien finir par se foutre la gueule par terre.
Ah, Clémence ! Ah là là !
Ah Clémence, Clémence, Clémence !
Ah !
Oh!
-J'ai une surprise pour toi.
Tu me rejoins là-haut dans cing minutes ?
-Y a pas à dire, vous êtes toujours dans le coup.
Certainement un des meilleurs.
Je suis pas mal non plus, hein, Paul ?
Je vais lui parler !
Il est pas comme vous, il me pardonnera.
-Catherine !
Elle n'osera pas, c'est du bluff. Elle n'osera pas.
-Thomas ?
-Une minute. -Sors de là, je dois te parler.
-Je peux être le plus séduisant, moi aussi.
*Valse
*---
-Arrête ça, je veux te parler.
Arrête, je t'en prie. Arrête !
*---
-Qu'est-ce qui lui prend, à ce con ?
-Thomas.
-Je t'écoute.
Pourquoi le danseur de tango se retourne ?
Pour s'assurer qu'aucun rival ne vient dans son dos.
-Si un rival m'enlevait, que ferais-tu ?
-Je le tuerais.
Et je te tuerais aussi.
En fait, c'est moi que ça tuerait.
-Bonjour. Vous avez trouvé facilement ?
-Oui.
-Il va être content de vous voir.
Il ne lui manque que la parole.
Bon, je vous laisse.
-Je suis contente de te revoir.
Tu m'as beaucoup manqué.
J'ai un cadeau pour toi dans la voiture.
Tes analyses ? Clémence m'a appelée ce matin.
T'as pas trop mauvaise mine.
Tu dors bien ?
-Vous venez, Geneviève ? Je vous fais visiter la maison.
-Pauvre Paul. C'est dur de le voir comme ça.
-Physiquement, il récupère bien.
Mais il a des cauchemars terribles.
Depuis l'accident, il a des réactions bizarres.
En fait, il nous inquiète beaucoup.
Venez, on commence par le haut.
-"Absence totale de substances toxiques."
Elle est forte.
Elle est forte, la salope.
-Avec ça, on est sûr de décrocher le marché.
Attention ! -C'est parti !
Ouais ! -Ça a pas sauté bien fort.
Allez !
Véronique. Voilà.
Ah, Geneviève. Voilà.
Candidat suivant !
-À toi, Paul !
Tu rêves ?
Tu en as de la chance, de les avoir avec toi.
Tiens, c'est pour toi.
Elle te plaît ?
Mais qu'est-ce qui ne va pas ? C'est le labo, tes analyses ?
Je vois que quelque chose cloche.
Menteur !
Je peux peut-être t'aider.
Quand tu seras guéri, on partira quelques jours tous les deux.
-Servie.
Cinquante.
Je vois.
D'où sort ton 3e as ? Il est encore là-dedans !
-Tsss !
-Je vais prendre ma douche. -Ouais.
Alors, qui est-ce qui plume l'autre ?
-Ton père triche.
-Ouh !
Ah !
*Musique classique
Ah ! Madame s'éclate sous la douche.
-Deux cartes.
*---
*---
-Allez, à mon tour.
-Je vais dessiner, j'ai du retard.
-Tu t'en vas pas, Paul ? Tu me fais le coup à chaque fois !
Ma revanche, Paul ! Tu m'avais promis, la dernière fois.
-Qu'est-ce qu'elle fabrique ?
Ah… Merci, ma petite Geneviève.
Ah, tout pourrait être si simple si on partait tous les deux.
On cultiverait des citronniers nains et de la banane géante.
Hein ?
On élèverait des autruches à poil ras,
et on ferait l'amour dans les papas, dans les lélés dans les tutus,
dans les palétuviers roses, comme dit la chanson.
Dans les… Comment c'est ?
Dans les papas, dans les tutus… Non !
Dans les papas, dans les tutus, dans les tuviers.
C'est pas commode, d'ailleurs. Dans…
Dans les papas, dans les tutus Dans les lélés…
Dans les palétuviers roses
Non, c'est pas l'air, c'est…
Dans… dans les papas, dans les futus Dans les…
Dans les papas, dans les tutus Dans les lélés
Dans les tuviers Dans les palétuviers roses.
-J'ai une faim de loup !
Clémence dîne avec nous ? C'est la fête !
Mmh.
Mes enfants, vous pouvez y aller.
C'est St-Émilion qui descend en culotte de velours.
J'emballe demain, je pars après-demain. Je vous abandonne 24 heures.
Magret de canard ?
Ça, c'est une déclaration d'amour, Paul.
-Tu manges pas ?
-Tu refuses le magret ?
-Allez, mange !
Mange, tu entends.
Mais je vais te foutre la paix, t'en fais pas !
-Tu n'as pas été très gentil avec elle,
je comprends pas.
-Clémence.
-Enfin, tu parles !
Qu'est-ce qui t'a pris ?
-Ah, laisse tomber.
(Parle pas de ça.)
-Une grande gueule comme toi… -Chut !
-Qu'est-ce que tu me caches ? Quelque chose cloche ces derniers jours.
-Il a l'air bien, ton magret.
-Tu veux pas me dire ?
J'ai compris, carton jaune.
-Je peux avoir un peu de magret ?
Musique douce
- - -
"Mes chéris, je n'en peux plus.
"Je ne sais pas si je remarcherai,
"si je reparlerai un jour.
"Je manque de courage.
"Pardonnez-moi. Paul.”
-Que faites-vous là ?
Pourquoi m'espionner ? Vous savez tout.
Que voulez-vous savoir d'autre ?
Si j'ai d'autres amants ? Des tas.
Des grands, maigres, des gros, petits.
Des jeunes, des vieux, des jaunes, des noirs.
Des blancs ! Pourquoi ils m'aiment tous ?
À cause de mon cul. Oui, Paul, mon cul !
Me dites pas que vous n'en avez pas rêvé aussi !
Je m'en fous, je fais ce que je veux, vous lui direz rien.
On veut pas lui faire de la peine au petit chéri.
Vous n'êtes qu'un vieil hypocrite.
On devrait tous être comme vos bonzaïs.
Mais on est plus compliqués. On nous redresse pas avec du fil.
Même dans un pot trop petit, je continuerai de grandir.
Musique douce
- - -
- - -
-Mais tu plaisantes ! -Vraiment pas.
Il s'agit de ma mère. C'est sacré.
-Pas quand je m'en vais pour deux jours.
-Elle est malade. Elle a besoin de moi.
Bon, ben, j'y vais.
Monsieur Duchêne.
-Il s'en va en Bretagne.
Je pars et on est sur le TGV, la station-service et Air France.
Musique intrigante
- - -
- - -
-Et merde.
Musique classique
- - -
-Catherine,
tu peux m'aider ?
-Pas le temps.
Voilà.
Alors, qu'est-ce que je peux faire ?
-Attention.
-Ben, non !
-Ah, attention les mains.
-Et voilà.
C'est bien, Paul, faut faire de l'os.
-Bonjour, papa.
Bah, dis donc, ça marche, l'appétit.
C'est ça qui te donne cette fringale ?
-Qu'est-ce qui va pas ? -Rien du tout.
-Vous me prenez pour un môme ?
J'ai ton œil, Paul.
Vous faites la gueule, et dès que j'arrive, vous souriez.
-Je t'assure que non. -Arrête ! Tu mens. Toi aussi.
On règlera ça à mon retour.
-Vous êtes content ?
Vous voulez que je foute le camp ?
Jamais, Paul.
Jamais.
C'est vous qui partirez.
-Geneviève t'accompagnera chez le médecin.
Je l'ai eue ce matin.
Au revoir, papa.
N
J'arrive par l'avion de 7 h 30 demain matin.
Oublie pas, faut qu'on se parle tous les trois.
-Mon cher Paul, tu calcifies tout à fait normalement.
Je te l'ai dit, le lait, le fromage, il y a que ça de vrai.
Tu as bon appétit, tu dors bien ?
D'ici quelques jours, on remplace les plâtres par des béquilles.
-Et pour la parole ?
-Pour ça, j'ai pas de réponse très précise.
Nous touchons à un domaine tellement flou.
Aux confins de la psychologie et la psychiatrie.
-Quand tu parleras, tu me diras des mots tendres ?
Avec les yeux ?
On dîne toujours ensemble ?
Et notre restaurant ?
On s'appelle, alors ?
Enfin, surtout moi.
Quand tu auras récupéré ta voix, tes jambes, tu m'expliqueras ?
-Catherine ne rentre pas dîner.
-Elle a téléphoné ?
-Oui, il y a deux minutes.
Oh, arrête de jouer les tyrans, elle est majeure.
-Non, laisse-moi. -Oh, ça va, roule tout seul.
-Va te reposer.
Tu en as assez fait pour aujourd'hui.
-T'as plus besoin de moi ? -Non, va te coucher. Laisse-moi.
-Bonsoir, mon Paulo.
Tu peux peut-être m'en dire plus, maintenant qu'on est seuls.
Musique intrigante
- - -
- - -
- - -
- - -
- - -
- - -
- - -
-C'est quoi, ce flingue ? Passe-le-Moi. -J'en ai besoin.
-Je marche plus. -Tu peux pas.
Fous le camp, pauvre type.
Paul ?
Paul ?
Paul ?
Ouvrez, je sais que vous êtes là.
Vous voulez pas ?
D'accord.
- - -
Bonsoir, Paul. Faites de beaux rêves !
*Musique classique
*---
*---
- - -
-Arrête, Catherine !
Arrête !
N'aie pas peur !
Je veux juste parler.
-Ne me touchez pas !
-Je te dis…
Je veux qu'on arrête !
-Trop tard, je vous crois plus.
-Mais je suis prêt ! Je suis prêt à tout oublier.
Je t'en prie.
Je t'en prie !
-Je vous crois pas !
-Tu ne comprends pas, je veux te sauver la vie.
Sors d'ici !
*---
Catherine.
*---
*---
-T'es bien matinal aujourd'hui.
Mais t'es trempé !
-J'ai voulu mettre en route les tourniquets de la pelouse.
-Encore ton fils qui a bricolé. Je vais chercher du linge sec.
*---
Qu'est-ce que t'as ?
Oh, elle a pas bientôt fini avec sa musique ?
Ah, c'est le taxi de Thomas !
Il est chargé, ton gamin !
-Au revoir.
Mes chéris, ça a été une réussite fulgurante.
Bonjour, papa. Tiens.
Bonjour.
Non, attends. C'est celui-là pour toi. Catherine !
Catherine !
Catherine !
Catherine ?
Catherine !
Catherine !
Catherine !
Catherine !
-Je peux savoir ce que ça veut dire ?
Encore faudrait-il que je signe cette lettre de démission.
Si j'étais bavard, j'aurais beaucoup à dire.
-Justement, je vais voir le flic. Vous venez ?
Vous avez perdu la parole.
-Je crois pas au congé providentiel.
-Moi, je ne crois pas aux coups de crosse accidentels.
Signez, et posez-la sur mon bureau.
-Je comprends pas.
On n'a pas eu de grêle, ces jours-ci.
Vous avez entendu la casse ?
-Non, je dormais.
-Ça a dû faire un de ces pétards…
Ça me fait drôle que vous parliez.
C'est le choc, sûr.
Votre fils était pas là pendant l'accident ?
-Non, il était en voyage.
-Sacré alibi. Enfin, s'il en avait besoin.
Ça fait quoi, ça ? Cinq ou six mètres ?
-Que voulez-vous dire ?
-Si la porte était fermée, il n'y a que par là que…
Je me suis fait piquer mon appareil donc j'ai acheté ce Nikon.
Une folie, mais alors…
Vous faites de l'alpinisme ? -J'en faisais.
-Car j'ai vu dans le garage des cordes, des pitons.
Une fois sur pieds, vous en referez ?
-J'espère ! -Je vous le souhaite.
Mon cousin dit que la montagne, c'est bon pour la tête et les pieds.
Je vais jeter un œil là-haut.
C'est pour quand
les béquilles dans la bibliothèque ?
-Une question de jours.
-J'ai le vertige. Sinon, moi aussi, je ferais bien de la grimpette.
Tous ces verres qui explosent.
Je dirais presque que la maison a le mauvais œil.
J'ai dû poser les scellés sur la porte et la fenêtre.
On la passera aux rayons flic, demain. On se perd pas de vue !
-C'est ça que tu cherches ?
J'aime autant l'avoir trouvé, moi.
C'est vrai que Didier reviendra plus ?
-Oui.
-C'est peut-être mieux comme ça.
Tu viens manger ?
-Je vais chercher Thomas.
Musique douce au piano
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