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- Montre, montre. - Oh, attends.
- Vas-y, mets.
Mais c'est 100 % fromage, en fait? - Quoi?
- C'est sandwich fromage-fromage. Ils sont gâtés.
Donc, celui-là n'a plus que... - Non, il en a 2.
- Non, y a une tranche. T'as trois tranches de gruyère, là.
Comment veux-tu qu'ils apprennent l'égalité?
C'est deux gruyères chacun. C'est le minimum.
Un gamin va être privilégié.
- Ah, le sopalin. - C'est pas égalitaire,
ton système. - Oui, donc...
J'ai fait une estimation de votre bien
et vous allez être heureux de l'annonce que je vais vous faire.
- Ah oui?
- Vu le marché, avec un prix de 8 000 euros du m²,
ça nous fait donc une estimation de 408 000 euros.
- Pour 51 m²? - Voilà.
- On l'a acheté 200 000 y a 7 ans.
- Oui, vous avez fait une plus-value
de plus de 200 000 euros. Le marché est dynamique.
- Sauf que nous, on l'emmerde, le marché.
- Pardon?
- C'est à cause des spéculateurs que Paris devient pour les riches.
- On n'est pas non plus très riches, Paul.
- On l'a acheté 200 000.
On le revend 200 000. C'est comme ça.
- C'est absurde. - Non, c'est pas absurde.
C'est ton système qui l'est, OK?
- Pour la maison à Bagnolet, vous n'aurez pas l'apport.
- Les acheteurs seront pas plus riches que nous quand on l'a acheté.
- La maison est à 450 000.
- Oui. - On peut pas. Donc on déménage pas?
C'est ça que tu veux? - Non, c'est pas ça que je veux. Alors...
300 000 euros. Pas un de plus.
- Ça nous fait un crédit de 150 000. C'est beaucoup.
- Pour la maison de Bagnolet,
j'ai d'autres clients. - Non, non.
- 330.
330 putain de mille euros.
- D'accord, d'accord.
Musique disco
...
- 399 000 balles.
On a sacrifié nos idéaux pour 399 000 balles.
- Arrête, on avait pas le choix.
- C'est ce qu'ont toujours dit les collabos.
...
- Ça s'est bien passé? - Super.
- Bon.
- Ben voilà. Alors, les documents.
Et voilà les clés de chez vous.
- Elle est moche.
- Peut-être,
mais elle me faisait rêver quand j'étais gamine. J'habitais là.
13e étage et je la regardais tous les soirs.
...
- Au revoir, les enfants.
Au revoir. - Au revoir.
- Au revoir, madame. - Au revoir.
- Bonne soirée.
- Ça va, Coco? - Salut.
Jules et Milo peuvent venir jouer? - Aucun problème.
Viens prendre l'apéro avec Éric. Sofia sera rentrée.
Allez, en avant. On vous emmène. Allez.
Il fait roadie, en fait.
Dès qu'il a un trou de 4-5 dates,
les mecs l'engagent.
- Ça va?
Coucou!
- SALUT! - Vous sentez pas le brûlé? Si!
C'est quoi, ça? Qui fait cuire un truc?
OK, qui fait cuire du riz
sans eau? - Quoi?
- Tu sais pas qu'il faut de l'eau pour cuire du riz?
- Il faut de l'eau?
- Mais d'où tu sors?
- Vous aviez qu'à m'apprendre! C'est de votre faute!
Vous pouvez être des parents? - Je suis pas ta mère.
- Pour moi, c'est pareil.
- C'est un truc gentil que t'as dit.
- Pas du tout. - Si.
Mais pourquoi on dirait que tu m'insultes?
- Je t'ai rien dit de gentil. - Si. Tu m'as dit: "C'est pareil."
- Arrêtez de vous engueuler.
- Voilà Yannick Noah. - Quoi?
- Viens pas quand on s'engueule pas. - Oui!
- Vous vous engueulez pas? - MAIS NON!
- C'est pas parce que c'est ma belle-mère que je dois la détester.
Tu comprends rien du tout! - Venez faire vos devoirs.
- Elle m'engueule? - Oui.
- Je t'engueule, toi. Pas elle. - Merci, mon cœur.
Sonnette - Allez, on se dépêche!
- On sonne.
Ah, c'est M. Toledano qui est là.
- Ça va? - Bonjour.
- Excusez-moi. Je peux voir ma maison depuis la chambre de votre fille?
Vous allez voir, c'est étonnant. - Ah oui?
- Alors? Vous voyez?
La fenêtre du bas.
- Y a quelqu'un. - Voilà. En fait, y a personne.
- Si.
- Vous avez l'illusion de voir quelqu'un.
C'est un nouveau système de sécurité qui crée une ombre
devant la fenêtre. Et là, je vois toutes les pièces.
- C'est un gros iPhone. - Non, c'est un petit iPad.
- C'est super.
Mais ça sert à quoi? - C'est pour tromper les voleurs.
- Y a des voleurs ici? - Ça fait 25 ans que je suis là,
j'ai jamais eu le moindre problème.
Merci.
- Adama, retourne à ta place. Adama...
Retourne à ta place. Arrête de faire
l'imbécile.
Je vais me fâcher, Ryan!
- Chut! Oh!
C'est quoi, ça?
C'est quoi, ça? Tu foutais quoi, là, Adama?
Tu fais quoi, debout? À ta place!
Chut!
- C'est ce que je disais.
Désolée, ils sont un peu agités aujourd'hui, je...
Il chuchote.
...
Très bien.
Les enfants, écoutez-moi bien.
Les dames de la cantine
voudraient savoir qui parmi vous
consomme de la matière animale à caractère porcin
et qui n'en consomme pas. - QUOI?
Rires - Je veux dire, s'il y a parmi vous
certains élèves en situation
d'arabité pigmentaire
à propension musulmane, qui, de ce fait,
ne consommeraient pas...
- Qui mange du cochon?
- On note vos patronymes.
Maintenant, ceux qui ne consomment pas de...
Vous levez la main.
Corentin, t'as pas levé la main.
- Je sais plus ce que je peux pas manger.
- C'est le gluten
que t'as pas le droit. - Ah oui.
- Le gluten.
- Y en a dans le cochon?
- Non... - Non?
- Non, non.
- Moi aussi, j'ai pas le droit.
- Je suis allergique au pollen.
- Moi, je suis intolérant.
- T'es intolérant à quoi?
- Je suis juste intolérant.
- T'es surtout un malin.
Les enfants rient.
- C'est quoi, des patrons? - C'est ça, enfin! Tu sais lire?
Vous devez les découper. Prenez vos ciseaux.
Où sont les ciseaux? - Maman, j'en ai pas.
- Paul, t'aurais pas des ciseaux pour les enfants?
- Ils sont dans les trousses. - Non, justement.
- On me les a volés. - J'ai pas les miens.
- Quoi, on t'a volé tes ciseaux?
- Moi, je les ai perdus.
- Les trois ont perdu leurs ciseaux?
- C'est pour pas faire les devoirs? - Mais non...
- Coco!
Où sont les ciseaux?
- Dans le bureau du directeur.
- Hein?
- En fait, il y a un petit de CM1,
il a pris
ses ciseaux et il a découpé la bouche et les oreilles
d'un autre mec.
- Quoi, quoi?
- Il y a un petit CM1 qui a coupé la bouche et l'oreille d'un autre.
Après, M. Bensallah avait peur que ça se reproduise,
car y avait une mare de sang...
- Coco, arrête de bouger quand tu racontes des histoires.
Tu t'assois calmement.
- C'est vrai ou pas? - OUI!
- C'était dans la cour?
- Non, ça s'est passé dans leur classe.
- Qui vous a dit ça? - Le directeur.
- J'ai vu un lit de camping. - Quoi?
- Y avait une ambulance, le camion des pompiers...
- Avec un lit de camping. - Non, un brancard. Une civière?
- Un brancard, oui. Ils l'emmenaient à Robert Debré.
- C'était quand? - L'autre jour.
- Non, c'était avant. - Bon...
- Vous avez vu du sang? - J'en ai vu un peu par terre.
- Demain, on y va.
- Vous avez eu peur? - Non.
- C'est un accident. - Arrête, Manon.
- C'est des trucs d'enfants. - C'est pas une pichenette.
- C'est bon! - À 6 ans, tu joues, tu coupes la bouche.
Dans ma classe...
Musique douce
...
- Coco, tu veux pas marcher normalement un peu?
...
- Flore, Éric, récupérez vos commandes.
- Ça va? - Salut. Ça va?
Jéromine, fourrage les brebis. Et Aladin?
Aladin: lapin, luzerne.
- Bonjour, ça va? - Ça va.
10 navets, parfait. - Milo était pas à l'école?
- Les topinambours, y en a vraiment tout le temps.
Super, OK! Génial.
Le jus de pomme, canon. Il nous en reste.
- Je le prends en plus. Il était malade, ce matin, Milo?
- Je vous présente. Sofia!
Sofia, Paul, venez.
Voici Dounia. - Bonjour.
- C'est des piliers du jardin. Ils sont là tout le temps.
- T'es dans la classe
de Corentin? - Oui.
- Donc, ici,
c'est un jardin partagé. Joachim,
pas de copeaux de toilette dans le lisier.
Ce jardin, c'est toi, c'est moi. - C'est nous.
- On loue une parcelle pour cultiver?
- Exactement!
Sauf qu'on n'utilise pas de désherbant et pas d'engrais.
Aussi, on respecte le rythme des saisons,
l'équilibre des sols... - Si on veut...
- Aussi, pas d'oléagineux ni de plante grimpante.
Sinon, tu fais
ce que tu veux. Vous êtes libres.
- De faire comme vous?
- Exactement!
- Vous m'avez pas répondu. Milo était malade?
- Oui.
- Non...
On l'a enlevé de Jean Jau pour le mettre à Saint-Benoît.
- Quoi?
Vous auriez pas pu nous prévenir?
- Si, mais les ciseaux, ça a été la goutte d'eau.
On s'est décidés vite.
- Des gamins se foutent sur la gueule partout.
- Y a pas que ça... - Y a pas que ça!
- On y pense depuis longtemps. - Ah bon?
- Vous connaissez la réputation
du collège de secteur. Milo finit son CM2 à Saint-Benoît,
il ira au collège Saint-Benoît. Y a 95 % de réussite au brevet.
- On veut le mieux pour nos gosses.
- Combien de fois t'as cassé le privé?
- Tu m'étonnes!
- Quand Flore nous a dit pour Milo,
pour Jules, on s'est dit que c'était une solution.
- C'est une blague, vous aussi?
- Ah ouais, d'accord... Coco est tout seul à Jean Jau.
- Je suis, mais...
- Faut le dire, le niveau à Jean Jau est faible.
- Il est faible? Dis ce que tu penses. Y a trop de Noirs et d'Arabes?
- Arrête, non! C'est pas ça!
- C'est ça que tu penses! Ça pue ça, ce que tu dis!
- Non, c'est de la provoc'. Le niveau à Jean Jau, scolairement,
est médiocre. - Moi, j'ai grandi ici.
J'y ai fait toute ma scolarité.
Je m'en sors bien. - L'époque a changé.
Avec tout ce qui se passe...
- C'est vrai, nous, Jules... On l'a diagnostiqué à fort potentiel.
- Fort potentiel? - Genre "surdoué".
- L'instit a dit de l'inscrire ailleurs.
- Quelle responsabilité! - On est très contents à Jean Jau.
C'est l'école publique, c'est important!
- Pourquoi je peux pas aller avec mes copains?
- Saint-Benoit, c'est le privé. Et le privé, c'est dégueulasse.
C'est l'injustice. - C'est injuste, je peux pas y aller.
- Le privé, t'aimeras pas. C'est propre, neuf, rien ne dépasse.
- Ça a l'air bien. - MAIS NON!
- Le privé, c'est l'argent. C'est les riches qui y vont.
- On est pauvres? - Non, ça veut pas dire ça.
- Alors, pourquoi je peux pas y aller?
- C'est la rupture du pacte républicain.
L'ascenseur social se bloque... - Nous, on est des rebelles.
On est seuls contre tous. On est des pirates!
- Finie, l'égalité des chances! - Des pirates! À l'attaque!
Musique punk rock
...
- Papa!
...
Musique douce à la guitare
- Pour le haut plateau de Belleville
D'où je vois toute la ville
Et pour le vent qui tourne autour Des fenêtres de la tour
Pour le trottoir ruisselant
Pour le café, les croissants
Et pour l’accordéon qui boite Au fond du souterrain moite
Pour la nuit sur les bateaux-mouches Et pour sa bouche
- Merci.
- Merci
Merci
...
Pour les matins sur l’oreiller
À cause des congés payés
Pour les écrans de cinéma Posés dans la rue parfois
Pour les divas dévorées
Pour les odeurs adorées
Pour la mer, car elle est gratuite Et pour certains soirs de cuite
Pour les vieux murs Sous les affiches
Et l'herbe en friche
- Merci.
- Merci.
- MERCI
- C'est moi. - Ce serait bien que Coco
soit homo plus tard.
- Hein?
- Plus tard, je serai hyper homo.
- Si tu veux, tu peux. - Arrête, Manon!
- C'est bien un homo dans une famille.
C'est classe. Moi, j'arrive pas.
On a voté pour lui.
- Évite de lui dire des trucs comme ça.
- Pour épater la galerie,
t'as des grandes idées...
- Tu me traites d'homophobe? - Moi?
Y a pas plus tolérante que toi! T'es hyper ouverte!
Tu racontes de la merde! On leur parle plus!
- C'était un compliment?
C'était un compliment? - Je crois pas.
- Si. "Y a pas plus tolérante que toi.
"T'es hyper ouverte." Je te jure.
- Plus tard, je serai pédé!
- Coco, arrête de dire ça!
- Quoi? - Arrête de dire ça.
- Mais maman,
je suis un rebelle de gros pédé!
- Coco, tu arrêtes de dire ça. Dis pas ça à l'école, je rigole pas.
- Pourquoi? Papa trouve ça génial.
- Oui, mais non. Tu sais même pas ce que ça veut dire.
- Ça veut dire que deux hommes se marient.
- Bon... Coco, je rigole pas!
Musique douce
...
Bonne journée. - Salut.
- À ce soir. - À ce soir.
- Allez vous mettre sous le préau. Attention.
...
- Attends, Paul! Viens.
- Ah!
...
- À Sofia Belkacem qui ne doit sa carrière qu'à son talent
et à son ambition, qui bientôt nous aura tous bouffés.
- Merci... Merci beaucoup.
- Quelques mots pour votre promotion?
- J'ai une pensée émue pour Mme Fitaire,
ma prof de SVT de troisième,
parce qu'elle trouvait que j'étais très douée en couture,
parce que Mme Fitaire, BEP couture,
trouvait ça génial pour une fille comme moi.
Elle disait que j'avais des doigts de fée. Je la détestais tant
qu'elle m'a aidée à développer mon esprit de contradiction,
ce qui sert un avocat.
À Mme Fitaire! - À MME FITAIRE!
- Faut être vraiment solidaires avec les réfugiés,
comme nos amis
qui nous rejoignent et qui luttent depuis plus de 20 ans.
Ils ont joué avec les Bérus, la Mano Negra,
je vous demande d'accueillir Amadeus 77!
- 1, 2, 3.
Musique punk rock
...
- Y fout la capote à l'index Il nous punit d'aimer le sexe
Il est vieux comme un silex Il est con comme mon ex
J'encule le pape, je l'encule
Je l'encule
J'encule le pape, je l'encule Je l'encule
Qu'est-ce qu'on fera de tous ces gosses?
De ce vieux gros dégueulasse?
Il a sous sa soutane des traces
Il est pourri jusqu’à l'os
J'encule le pape, je l'encule Je l'encule
On a fini par les avoir, non?
- Oui.
- Malgré la barrière de la langue.
- Je doute que c'est de punk rock dont ils ont besoin.
- C'est le message politique qui compte.
- Ouais.
- Merci. - Au revoir.
- Excusez-moi, pardon.
- Salut!
- Ça va? - Ouais!
- Ça s'est bien passé? - Ouais!
- C'était sympa, aujourd'hui? Allez, viens.
Rien, je suis angoissé quand je vais chercher Corentin.
- Explique-toi! - Déjà, je suis le seul mec.
- Déjà, c'est pas vrai. - Tu veux pas entendre?
- Quoi? Ils te parlent mal?
- Tout le monde est très gentil... En fait, personne me parle.
- Toi, tu leur parles? - Non.
- Je parle à tout le monde, tout le monde me parle.
- Tu imagines des mères parler à un mec seul?
- Car elles sont voilées? - Simplement, ça m'angoisse.
J'en suis pas fier, mais je le ressens.
Si toi, tu me prêtes des intentions louches...
- Tu supportes pas la mixité.
- Pour que ce soit de la mixité, faut que ça en soit.
Si ça n'est pas de la mixité, ça n'est pas de la mixité.
Max Nia Kanda, en CM1 à Bures-sur-Yvette,
c'était le seul Noir de la classe.
Ses parents étaient pas à l'aise à la sortie, personne leur parlait.
- Et?
- Les parents de Max Nia Kanda, aujourd'hui, c'est moi.
Si! Corentin, c'est le seul de la classe.
- Le seul quoi?
- Le seul Blanc.
- Et tu me dis ça à moi?
- J'aime pas ce mot, ça me débecte,
mais c'est plus une couleur de peau, c'est une classe sociale. Tu vois?
- Non. Pas trop, non.
- Il fait quoi, là?
- Je sais pas.
- M. Toledano, s'il vous plaît! - Bonjour!
- Garez-vous plus loin. Vous bloquez notre portail.
- Comment? - On peut pas rentrer là.
Y a de la place plus bas. - C'est trop tard, désolé.
- Pourquoi?
- Il est 18h04. On est vendredi. Shabbat commence.
- Le soleil s'est pas couché. - C'est la période intermédiaire.
C'est les 18 min avant le coucher.
Les textes sont précis à ce sujet. - Et alors?
- Je peux toucher aucun objet électrique. Je l'enlèverai dimanche.
Bonne soirée.
- Et pour le scoot? - Non, M. Toledano, regardez.
Vous prenez votre voiture et vous la garez plus loin.
- J'aimerais, mais c'est impossible.
- Donnez-moi les clés.
- Je peux pas toucher les clés.
- Elles sont pas électriques? - Si! C'est les clés où on appuie.
- Je vais le faire.
- Me touchez pas, vous êtes une femme!
Ne me touchez pas! - Paul! Paul...
Paul, viens, c'est pas grave.
Je te jure, c'est pas grave. Allez.
Bon Shabbat! - Pareillement.
- Maintenant, on dit "Bon Shabbat" dans cette famille.
Oui, on en est à "Bon Shabbat". Putain de merde!
Oui, je vais en faire du sport.
- Il avait quoi, M. Toledano?
- Salut, chéri. Il est très religieux,
il croit en des trucs qu'on trouve absurdes.
- Que tu trouves absurdes. Et il est gentil, en plus.
- Oui, très gentil. Il est juste un peu pète-couilles.
- Je suis le seul à pas croire en Dieu dans ma classe.
- Quoi?
- Je suis le seul à pas croire en Dieu.
- Comment tu sais?
- J'ai demandé.
- Ils t'ont embêté? - Non.
- Vous avez pas à parler de ces choses.
- Mais on est quoi, en fait? - Quoi "quoi"?
C'est-à-dire?
- Mes copains sont quelque chose. Nous, on est quoi?
- On est rien.
- Tu seras ce que tu veux.
- C'est fou qu'à l'école publique, ils croient tous en Dieu.
Paul joue de la batterie.
- Il veut juste se définir aux yeux des autres.
- D'accord, ouais.
...
- Tu pourras aller à la réunion parents-profs?
- J'ai que ça à foutre.
- Tu peux faire un effort?
- J'ai vraiment que ça à foutre. J'irai.
- Ah.
- Les enfants, vous rangez vos outils
scripteurs.
- Arrête, Anass...
- Rangez vos outils scripteurs. - Casse les couilles.
- C'est l'heure de l'exercice Intrusion Attentat.
On... Tous sous les tables!
Vite, vite, vite!
Un individu à caractère intrusif,
semble-t-il porteur d'un objet détonant,
a pénétré dans l'enceinte de l'établissement.
Dans cette situation, deux solutions s'offrent à nous.
Soit l'échappatoire, soit le confinement.
- Soit on nique ce terroriste!
- Tu dis pas "terroriste"! C'est interdit
dans l'exercice Intrusion Attentat. - Pourquoi?
- Parce que ça vous fera trop peur,
ça fait peur!
"Individu à caractère intrusif", c'est bien.
Donc chut.
L'individu s'approche dans le couloir...
- Il est où? - On ne respire plus.
Chut. - Il a quoi
comme flingue?
- En plus, je l'ai dit. Il a un objet semble-t-il détonant.
- On va le niquer, cet enculé. - Arrête!
Cris Assieds-toi, descends!
...
Vous descendez tout de suite!
Les enfants!
Vous voulez mourir, c'est ça?
- C'est quoi, ça?
Tu fais quoi, là?
Allez, à ta place. - C'est Bensallah!
- À vos places! Je plaisante pas!
- Tu veux mourir? - Non!
- Tu veux mourir? Pourquoi tu cries?
- C'est un exercice. - Ceux qui crient meurent en premier.
Restez sous les tables.
Vous voulez qu'il vous tue? Avoir du sang partout?
Vous voulez qu'il vous torture? C'est ça?
- Mlle Delamarre?
Je peux vous parler une seconde? Venez avec moi. Venez.
- Je voulais juste leur apprendre les mathématiques, le français.
J'étais pas préparée à ça.
- Vous le faites très bien. Y a aucun problème.
- Non, j'ai dit "terroriste".
C'est interdit dans l'exercice Intrusion Attentat...
- On s'en fiche. Vous croyez qu'ils l'entendent pas à la télé?
Ils l'entendent 100 fois par heure. Ça va, c'est rien, d'accord?
C'est que des enfants.
Arrêtez d'avoir peur d'enfants, ce sont des CM2.
- AU REVOIR. - Au revoir.
- C'est bizarre. Il dit "À lundi" et elle "À demain".
- Ton papa est là. Et toi, ta maman est là-bas.
- Ça va, Coco? - Ouais.
- Ça s'est bien passé?
J'ai une réunion des parents, tu rentres seul?
- D'accord. Mais Inès peut venir? - Tu veux?
- Oui, mais je sais pas si ma mère voudra.
- On va lui demander. Elle est où? - Elle est là.
Maman! Je peux aller chez Coco
ce soir?
- Écoute, chérie, je sais pas, hein...
Une prochaine fois?
- Pourquoi? Elle est jamais venue en plus!
- Chéri, ça l'arrange pas, la mère de ta copine, d'accord?
- On pourra faire les devoirs ensemble!
- Non, non, mais, hein... - Ouais...
- Au revoir.
- Au revoir, oui.
Coco? - Salut.
- Tu me fais pas la gueule?
T'es pas triste?
- Alors, voilà. À cause des attentats,
le budget alloué à la rénovation de l'école
ira directement pour la sécurisation de l'école.
- C'est-à-dire?
- On va barreauter les fenêtres du bas et du 1er étage,
acheter un portail, opacifier les fenêtres,
mettre de la tôle perforée sur le portail,
mettre une caméra à l'entrée...
Que se passe-t-il? - La fenêtre s'est déboîtée.
Je suis arrivé à la rescousse.
- Cette école part en lambeaux.
On va pas la laisser comme ça.
- M. Naveau, une solution?
- Il faudrait la siliconer,
mais on n'a pas d'argent pour du silicone.
Par contre, j'ai vu un tuto sur Internet.
On peut faire un mastic à base de chewing-gum.
Si vos enfants peuvent me rapporter leurs chewing-gums à la récréation,
je fais un mastic pour...
- Écoutez-le, on a touché le fond.
- Je sais que ça peut surprendre!
Mais c'est une bonne idée, laissez-le... Il se démerde!
Je sais que c'est difficile pour vous et pour nous,
mais j'ai besoin de vous parents que vous soyez solidaires.
- En tant que mamans, on est en droit...
- Pas les deux en même temps.
- En tant que mamans, on est en droit d'exiger le meilleur pour nos enfants.
- Vous devez aussi respecter l'école et les enseignants.
- On respecte l'école! - M. Clément,
quelque chose à dire?
- Pareil, en tant que mamans, on exige le meilleur.
- Exactement.
- On veut bien respecter l'école, mais l'école nous respecte, elle?
Pourquoi on a des écoles pourries?
On nous laisse dans la merde. On n'est qu'une école de Bougnoules.
- T'exagères. Je m'inscris en faux. C'est pas la question...
- J'ai compris. On a compris.
Sur les CM2,
d'autres questions? Profitez que Mlle Delamarre soit là.
- J'ai une question par rapport aux petits lascars de votre classe.
L'an dernier, ils emmerdaient ma fille. Je les connais bien.
Vous allez les calmer? Ils pourrissent
la vie des autres. - Y a en effet dans la classe
des élèves que je qualifierais de...
d'individus à caractère anxiogène.
Comme ils se focalisent sur des éléments
en situation géolocalisée à proximité immédiate...
Le truc... - Y a pas un traducteur?
- Laissez-la finir.
- C'est possible la même chose en français?
- Merci, Ce qu'elle veut expliquer,
c'est qu'on a deux connards dans la classe.
Mais on les gère. - Des connards qu'on gère.
Là, ça parle.
- C'est réglé? - Rien n'est réglé.
- Si. On parlera de votre fille après dans mon bureau.
- Moi, je voudrais proposer une action.
Parce que j'ai créé une association "Les poubelles de Bagnolet".
On fait des actions "Plus propre est ma ville".
On pourrait faire ça avec les enfants dans Bagnolet
et ramasser les merdes partout.
- Je crois qu'on a fini pour aujourd'hui!
- C'est leur éducation... - Merci, Marie-Cécile!
Merci! On est pas là pour...
- Nos enfants sont les citoyens de demain!
- Oh!
Oh! Oh! Oh! Oh!
Discussions mêlées
Chorale
Merci, on vide la classe!
...
- Salut! - Comment ça va?
- T'as vu comme il est heureux d'avoir retrouvé ses copains?
Ça va?
Tu les as vus? - Oui, merde...
- Salut.
- Salut. - Ça va?
...
- Ils pourraient leur faire chanter un truc plus rock'n'roll.
- Coco, ses copains lui manquent pas?
- Non... Les enfants, ils s'adaptent. - Ouais.
- Il a des amis.
Inès vient dîner à la maison. - C'est ce soir?
- Une copine à lui. On voit plein de monde.
- Ouais, on fait plein de dîners, on est crevés.
- Saint-Benoît, c'est nickel... - Ouais?
- Ouais.
Milo est hyper content, il s'est refait des potes tout de suite.
Vous voulez pas y mettre Coco?
- Ouais, on est sûrs.
- Le niveau est bon, c'est pas plus de 20 par classe...
C'est joli, ils ont ce qu'il faut en matériel.
- Forcément, avec la thune.
- Tu m'étonnes. - Quoi, "avec la thune"?
- La thune que tu mets pour foutre ton fils à l'abri!
Sinon, pour la messe, elle est rock'n'roll?
- À chaque fois qu'on amènera Coco à la chorale, on va les voir. Super.
- Tiens!
Bonjour.
- Vous allez bien? - Ça va?
- Bien. - Et vous?
- C'est vos filles? - Mes filles!
Coco, il est à la chorale?
- Bah ouais!
Y a que des Blancs là-dedans,
pas un patakouèque! - Si, y a Coco.
- C'est quand même fou!
Ils ont le Conservatoire dans la cité, personne vient.
On leur propose le cinéma, la danse,
le théâtre. Pas un gars vient!
- Ils pensent que c'est pas pour eux. - C'est ça!
Ou on sait pas les intéresser. Les filles!
Musique douce
...
- C'était bien?
- Ouais!
- T'étais content de revoir Milo et Jules?
Ils t'ont parlé de leur école?
- J'ai aimé le cinoche quand j'ai trouvé
la combine pour y aller sans payer. Y avait une porte de secours.
La veille, on bloquait la porte avec un caillou.
On allait regarder les films interdits.
À 11 ans, j'ai vu Orange mécanique, à 12,Emmanuelle...
Pour vos mômes, pour qu'ils aillent au ciné,
faut leur dire que c'est interdit.
- Il faudrait leur dire de pas y aller pour leur donner envie d'y aller.
- Si on interdisait la culture aux gamins au lieu du shit,
alors là, c'est ruée sur les musées,
vente de bouquins, passion pour l'art contemporain...
...
- Alors, c'est quoi? Ça va faire 6 ans que je bosse ici.
Je vous amène des clients, vous êtes satisfait. Il me semble.
- Oui, Colombe, j'ai toujours été content de vous.
- Pourquoi elle et pas moi? J'ai autant de compétences.
- Oui, vous êtes au moins aussi compétente,
mais aujourd'hui, il est bon pour l'image d'un cabinet moderne
d'accepter de la diversité en son sein.
- Ah. De la diversité.
- En termes de communication,
c'est important, l'image.
On peut avoir une clientèle attirée par le profil de Sofia.
- C'est pour ça que j'ai eu ma putain de promotion.
- Non.
- Je veux être choisie pour mes qualités,
pas parce que je suis arabe.
Ce connard...
- Salut. - Ça va, Jérém?
Je vais l'attaquer pour abus de discrimination positive.
- Ça existe pas. - Ça fera jurisprudence.
Je vais démissionner.
- Tout va bien, tu réussis très bien.
Il a pas dit que t'étais nulle ou que tu méritais pas le poste.
À compétences égales, il préférait toi.
- Super. Tu vois pas où est le problème?
- C'est possible... On peut parler juste nous deux?
- Pardon d'être populaire et d'être bagnoletaise.
Tu vois pas? Je resterai l'Arabe de service. C'est dégueulasse.
- C'est pas ça qui est dégueulasse, c'est le système.
Donc je m'en suis sorti du système. - C'est pour ça?
- C'est ironique? - Oui.
- Tu te paies ma gueule!
Musique orientale
...
- Anne-Cécile!
- Sofia, ça va?
Je voulais t'appeler. On se réunit avec les sans-ondes,
ceux qui luttent pour que les fréquences soient pas brouillées.
Réunion jeudi soir. - Je t'appelle.
- Super. On a besoin d'une avocate.
Paul, ça va? Tu as reçu mon mail?
- Non. - Tu peux venir dimanche?
- Oui. - Super. À dimanche, alors.
- À dimanche.
- Je compte sur toi.
- Tu donnes dans les barbus?
- Non.
Je l'ai connu au lycée.
- Tu l'as connu comment?
- Comme mon premier amour.
Musique douce
...
- Excuse-moi. T'étais avec Sofia?
- Oui. Elle est partie par là.
...
- T'étais avec Sofia?
...
- Elle est partie là-bas.
- C'est pas vrai. Où elle est passée?
...
Hé! Faut pas te gêner, là.
- Pardon? - Te gêne pas, surtout.
...
Chérie!
Sofia!
Oh, putain, chérie!
J'ai cru que je t'avais perdue. Tu veux pas y aller?
- Ouais, si tu veux. Coco est où? Coco!
- Il m'a laissé son blouson. - Coco, tu viens?
- Coco!
- COCO!
- Pourquoi t'as fait ça?
Hein? Pourquoi t'as plongé dans le bassin?
- Ryan et Momo ont dit que j'irais en enfer car j'étais pas croyant,
qu'un diable me pendrait par les pieds avec une fourche
et me transpercerait, y aurait du sang,
et je serais pendu par les tripes... - Chut. Coco.
Chut.
- C'est n'importe quoi. T'iras pas en enfer.
- Quand on croit pas en Dieu, on va sûr en enfer.
- T'iras pas. - C'est sûr si on croit pas en Dieu.
- C'est pour ça que tu as plongé?
- Après, comme je leur ai dit que je voulais être musulman,
ils ont dit que c'était impossible, car j'étais un babtou fragile.
- Un babtou fragile? - Oui!
- Tu t'es jeté dans l'eau?
- Comme ça, Maryline m'a dit que je pouvais être catholique
si je me baptisais dans l'eau de Jésus, donc j'y suis allé.
- Écoute pas des petits cons. - T'es pas un babtou fragile.
- Puis tu crois en rien. - Non.
- Mais si, papa! Je suis catholique.
- Tu es pas catholique. - Arrête de dire ça.
- Il va pas écouter une petite conne!
Et après, une fois dans l'eau?
- Après, on croit en Dieu, on est baptisé
et on peut aller au paradis.
- Y a pas de paradis.
- Mais si, y a un paradis. Moi, je veux y aller.
Il y a 72 Vierges Marie. - C'est quoi, ces merdes?
- Paul...
- Arrête de le faire chier.
- Manon...
- T'es pas un babtou fragile. Dis à ton frère que c'en est pas un.
- C'est pas toi, ça. Tu crois pas en Dieu.
- T'es pas un babtou. - Y a pas de Dieu.
On s'en branle du babtou fragile. - Arrête. Il croit en ce qu'il veut.
- Non, on lui met des conneries dans la tête.
- Mais non, toi, arrête. - Quoi? Arrête quoi?
- Arrête de... Arrête!
Mon cœur, ça va aller. Hum?
Ça va bien se passer à l'école.
Je te promets que ça va bien se passer.
Oublie pas que tu es un peu arabe.
T'es pas un babtou fragile.
- C'est aux autres de s'adapter à toi.
Tu dois dire ce que tu penses. C'est ça, être un rebelle.
- Des fois, il faut savoir s'adapter aux autres.
Dis qu'une partie de ce que tu penses à tes copains.
Si ça te permet de faire partie du groupe.
Mais reste libre dans ta tête.
- Si t'es fort, tes copains vont te respecter.
Tu feras partie du groupe.
Et tu resteras libre dans ta tête.
Pas mal, hein?
Dors bien.
Il y a quelqu'un chez Toledano.
- C'est son système anti-voleur? - Hein?
- Son système anti-voleur. - Et si c'est quelqu'un qui l'imite?
- Ou Toledano est rentré chez lui.
- J'y ai pas pensé.
- Votre fils,
c'est le petit Blanc de service.
Faudrait qu'il trouve un truc pour s'intégrer.
- C'est-à-dire?
- Le foot, par exemple.
Il joue pas avec les autres.
Le foot, y a rien de mieux pour s'intégrer.
- Il aime pas le foot. Une loi oblige pas à aimer le foot?
- C'est quoi, leurs noms?
- Non, on veut pas désigner un tel ou un tel.
- Je vais vous dire: c'est Adama,
Ryan,
et, je pense, Momo.
Ces trois-là font chier tout le monde depuis 3 ans.
Travaux
- On voudrait trouver quelque chose, je sais pas,
ouais, leur raconter la laïcité.
- On fait, mais un jour, c'est Dieu, un autre, c'est autre chose.
Là, c'est Dieu...
Merde!
Marteau-piqueur
Oh! Ça t'arrache la gueule d'arrêter quand je travaille?
Je te fais chier, toi et ta mère?
Ils font chier avec la sécurisation. Où j'en étais?
La laïcité, oui.
Figurez-vous qu'on s'en occupe.
Voici ce que je leur montre souvent: des photos.
Je montre ces photos et je leur demande ce qu'ils voient.
Ils me disent: "Un Chinois."
Non, c'est un musulman.
De la tribu des Ouïgours en Chine. Incroyable!
Et la 2e, c'est quoi?
"C'est un Arabe, donc un musulman."
Pas du tout. Ce gentil monsieur, là...
Il est chrétien, de la tribu des coptes d'Égypte.
Ça leur troue le cul aux enfants.
Ça les fait réfléchir.
- Ça a l'air super, mais pour Corentin, ça change quoi?
- Pour votre fils, faut prendre le problème à bras-le-corps.
Je vais régler ça.
Donnez-moi une seconde.
Une petite seconde.
Musique douce
...
- J'espère qu'il a pas... Oh là là.
La porte s'ouvre. - Je les ai défoncés.
Je les ai massacrés. Problème réglé.
- Vous avez fait quoi?
- J'ai été dans leur classe demander aux coupables de se dénoncer.
Bien entendu, silence radio.
J'ai demandé à Corentin de me le dire.
Il m'a rien dit, j'ai insisté. Il voulait pas, j'ai bien insisté.
Il m'a sorti le nom de ces 2 connards.
Je les ai défoncés. Vous en entendrez plus parler.
Qu'est-ce qui...
- Sofia?
- Quoi? Elle est vexée?
- Qu'il est con, ce Bensallah!
Je te jure, il est con.
- C'était bien, ta journée, mon Coco?
Personne t'a rien dit de spécial?
Tes copains?
Coco?
- Ça s'est bien passé à l'école?
- Sois sympa, ça s'est bien passé? On t'a rien dit?
- Coco... - Ryan et Momo
ont dit qu'ils me tueraient pour avoir balancé.
- Ils t'ont dit quoi? - Qu'ils me tueraient
car je les avais dénoncés au directeur.
- Mais enfin...
- Personne va te tuer.
- T'inquiète pas, je leur péterai la gueule.
Musique douce
...
- 167 avenue Gambetta,
c'est l'adresse de Caro. - Ouais. J'ai un principe dans la vie:
je ne transige plus avec la légalité. - Punk en carton!
- Ces principes m'ont amené là où j'en suis.
- T'en es où?
T'as envie que ton fils change d'école ou pas?
Retire tes mains.
Bonjour. - Bonjour, les parents de Corentin.
- Je sais. - La maman.
- Enchantée. Et le papa. - Entrez.
...
Vous avez emménagé et vous voulez inscrire votre fils?
- Voilà. On a emménagé et on veut inscrire notre enfant.
- C'est pas qu'on veut, on doit. Notre adresse dépend de votre école.
- Je sais. On m'a transmis votre dossier.
- Vous saviez que j'étais fan d'Amadeus 77?
- Ah!
- C'est drôle.
- Je vous ai vus à la Cigale en 93 avec les Bérus.
"La jeunesse emmerde le Front national".
"J'encule le pape!" Vous y alliez fort.
- C'était une époque où...
- Vous continuez toujours?
- Oh...
- Si, si, ouais, ouais. - Pas trop.
- Toujours en lutte. On sent votre engagement sincère,
et ça, c'est important.
Vous habitez où?
- 167 avenue Gambetta. - 167 avenue Gambetta.
- C'est écrit.
- 167 avenue Gambetta. C'est pas très loin d'ici, oui.
C'est à côté du petit restaurant libanais?
- Oui...
Où on va souvent. - Oui.
Ils sont adorables. - Ils sont top.
- Il n'a pas fermé?
- C'est possible.
- Oui, c'est pour ça...
- On y va moins.
- Ouais. - Et avant?
- Avant, nous étions à Bagnolet. - On y était il y a...
- Bagnolet? Oui.
Ma nièce habite à Bagnolet.
56 rue de Lénine.
Et elle vous a croisés hier.
Vous êtes un peu connus dans le quartier.
Je lui ai posé la question.
Elle m'a répondu que vous n'avez pas déménagé.
C'est vrai?
- Je t'avais dit qu'on n'aurait pas dû venir.
- Vous avez menti sur votre adresse pour tromper l'éducation nationale?
C'est lamentable.
Et ça se dit de gauche.
Les bobos! Fais ce que je dis, pas ce que je fais.
- Non, mais...
On est désolés.
- Vous payez vos impôts en France? - Oui. Ça, c'est...
C'est primordial.
- Vous savez, les gens de droite sont moins faux culs que vous.
Allez, Amadeus 77!
- Paul...
- "Quand il aura fini la guerre Il fera des affaires avec son père
"La mère continue, elle tricote
"Le père continue Il fait des affaires
"Le fils ne continue plus Il est tué
"Le père et la mère vont au cimetière
"Ils trouvent ça naturel Le père et la mère
"La vie continue avec le tricot, la guerre, les affaires
"La vie avec le cimetière" Jacques Prévert.
- Chut...
Ça va.
- Alors, oui. Les enfants, M. le directeur voudrait
s'entretenir avec vous
d'événements à caractère délictueux qui dans le cadre...
- Laissez, je m'en occupe moi-même.
Alors, il s'est passé quelque chose de grave hier.
Très, très grave. - Très grave.
- On a appris que des petits voyous, pas de cette classe,
mais d'autres voyous se sont introduits au cinéma
pour aller voir un film sans payer.
C'est inadmissible. En plus,
ils ont été voir un film pas de leur âge.
C'est pas un film pour les enfants. C'est un film pour adultes.
C'est un film avec du "hum hum".
Rire général Oh!
C'est grave. C'est pas rigolo.
Ces enfants ont vu des scènes un petit peu...
Je ne veux pas que ça arrive avec mes élèves, d'accord?
- Mais comment sont-ils rentrés?
- Comment?
C'est des petits voyous.
Je parle du cinéma sur la place de la mairie.
Vous voyez? Le Cin'Hoche.
- Oui. - Avec la grille verte.
Ils ont escaladé. Y a un verrou qui bloque pour entrer.
Le verrou ne tient pas.
Ils ont forcé le verrou.
N'importe qui peut rentrer dans la salle.
- Il suffit de pousser. - De pousser, vraiment.
Chuchotements
On est d'accord? - OUI.
- Mlle Delamarre, merci. - Merci.
- Quelle époque!
- Oui...
Les enfants qui voient des films...
- Voici notre petite chapelle du 13e siècle.
Saint-Benoît, notre protecteur.
L'école est aussi accessible aux non-croyants.
On a fait des travaux
pour mettre l'établissement aux normes pour ces élèves.
Nous avons
de plus en plus d'élèves en carence spirituelle
que nous accueillons bien volontiers.
Concernant les horaires,
je tiens vraiment à ce que les élèves soient ponctuels.
- Je suis avocate et lui est musicien professionnel.
- D'accord. Paul Clément? - Oui.
C'est ça.
- Vous faites partie d'un groupe?
- Oh, c'est...
- Amadeus 77.
Mozart, j'adore. - Ah...
- Vous avez fait
un clip.
- Oh, non.
- Ah si.
*-Y fout la capote à l'index
*Il nous punit d'aimer le sexe
*Il est vieux comme un silex
*Il est con comme mon ex
*J'encule le pape, je l'encule Je l'encule
*J'encule le pape, je l'encule
*Je l'encule
*Qu'est-ce qu'on fera De tous ces gosses?
*De ce vieux gros dégueulasse?
- C'est... Faut le remettre dans le contexte...
C'est-à-dire, les paroles...
- D'un côté...
- "On encule le pape." Plus le chanteur que moi.
Mais personne ne l'encule au sens "l'enculer", le pape.
On emmerde la société. - Arrête.
En fait... - Non.
C'est de la colère qui se manifeste par l'acte de sodomie.
- Il est surtout... Paul. Il est surtout à la batterie.
- Puis les paroles aussi sont de moi.
Donc... Mais...
On dit ça comme on aurait dit: "Je chie sur Mère Thérèsa."
Y a rien d'agressif.
Ou bien "Je baise l'abbé Pierre".
C'est du rock...
Quoi?
C'est rien de personnel. Je le connais pas, le pape.
Je sais même pas lequel c'est. C'est lequel en ce moment?
Y a plus d'école pour nous. - Vous pouviez pas enlever votre clip?
- Je le supportais pas.
- Tu supportes personne et tu crois en rien.
- Non, je crois en des trucs. - En quoi?
En Dieu, non, on sait.
En Mélenchon? - Non.
- Au redressement économique et aux faibles charges patronales?
- Non.
- 6 rouleaux plus 1 gratuit. T'y crois?
- Non.
- Tu crois en rien.
- Laisse-moi réfléchir, je trouverai en quoi je crois.
- Oh, bonjour. - Bonjour.
Vous allez bien? - Ça va, Redouane?
- Salut.
- Si on sympathisait avec les parents de sa classe,
ça aiderait Coco. Ça le rapprocherait de Redouane.
Quand les parents sont amis, ça rapproche les enfants.
- Redouane l'emmerde. Bonjour.
- Ils pourraient bien s'entendre.
- On va pas devenir amis avec des inconnus.
- Parce qu'elle est voilée?
- Tu vas arrêter avec ça?
Elle sonne.
*-Oui?
- Dounia? *-Oui, c'est moi.
- Bonjour, c'est la maman de Corentin. C'est Sofia.
Bonjour. - Oui, bonjour.
- Voilà, je...
Je vous ai apporté des légumes.
- C'est des légumes?
- Ah oui, ça, c'est le jardin partagé.
Comme on suit le rythme de la nature,
on a de beaux légumes anciens. On sait pas
ce que c'est, mais leur qualité
nutritive est folle. Je suis venue vous parler de Corentin et Redouane.
Non, mais en fait...
Ce qui nous embête un peu, c'est que...
Régulièrement, enfin,
c'est pas trop souvent,
Redouane,
et d'autres garçons de la classe, il est pas tout seul,
dit à mon fils que s'il croit pas en Dieu, il ira en enfer.
Et du coup, à force de lui répéter,
même si c'est pas tout le temps,
il commence à avoir peur,
et nous forcément, on s'inquiète pour lui.
Et...
- Ah oui, d'accord, je comprends. Je suis...
Non, je suis sincèrement désolée. - C'est pas grave.
- En même temps, j'y peux pas grand-chose.
Parce que c'est la vérité.
Et les incroyants vont en enfer.
Et ça, Redouane, le pauvre...
Il y peut rien et moi non plus.
Si je pouvais changer ça, je le changerais, mais...
C'est pas moi qui décide.
- Oui, oui.
Bien sûr, ouais. Je suis...
Je suis super mal pour mon fils.
- Non, mais...
Écoutez,
bien sûr, je vais lui parler.
Oui, je dirai à Redouane d'éviter le sujet.
- Merci.
- Vous inquiétez pas.
- Bon, merci. - C'est normal.
- Vous voudriez dîner chez nous avec votre mari et Redouane?
On se croise souvent, mais on prend jamais le temps.
Ça aiderait Corentin et Redouane à mieux se connaître.
- Oui, avec plaisir.
- Demain soir, par exemple?
- J'en parle avec mon mari et je vous tiens au courant.
Nadir, tiens, c'est Sofia,
la maman de Corentin.
Ils nous invitent demain. T'es dispo?
- Je vous ai dit demain, mais prenez votre temps, c'est pas...
- Je vous appelle. - Non, prenez votre temps.
- Non, c'est par ici.
- Entre 15 et 17.
- Vous avez été ensemble de 15 à 17 ans?
Elle acquiesce.
T'étais amoureuse? - Ouais.
- Qui a quitté qui?
- Quand je suis rentrée à la fac à Paris, il est resté ici.
Et voilà, quoi.
- Ah, tu l'as pas quitté.
Il doit croire que t'es avec lui. - N'importe quoi.
Tu vas supporter qu'il vienne ici?
- À ton avis?
- Ça va aller, Coco?
- Faut pas qu'on se le demande toutes les 5 min.
- Je sais.
Je sais, mais j'y pense tout le temps.
Ça me fait une boule au ventre. - Bébé...
Fais-lui confiance, à ton fils.
Il va s'en sortir tout seul.
- Ils veulent quand même le tuer, car c'est une balance.
Musique douce
...
Qu'est-ce que tu fais? - Tu vas voir.
*Sonnerie
*-Allô?
- M. Toledano, votre jardin donne sur la cour?
- Oui, sur la cour de Jean Jaurès.
Vous avez vu le mur que j'ai construit depuis l'arrivée des Mauritaniens?
Je suis tranquille, là.
Là, vous avez la cour de récréation.
Tenez.
C'est juste derrière... Non, je peux pas.
- Tu le vois? - Non.
- Si vous voulez, j'ai des jumelles.
- Tu le vois, toi? - Je veux bien. Non, rien.
- Voilà. J'en ai à vision nocturne.
- On est en plein jour. Merci.
- Oui, mais au cas où...
- Alors? - Pour l'instant, je le vois pas.
- Tu vois rien? - Non.
Je le vois pas. Ah si. - Alors?
- Il marche tout seul. - Comment ça?
Mais non. - Si, je vois bien.
- Il y a bien quelqu'un autour? - Non, personne lui parle.
Ça me tue le cœur.
- C'est un rebelle. Les rebelles aiment bien être seuls.
- Au ciné, on peut voir des scènes avec des culs.
- On y va demain après-midi?
- Faut savoir comment il est. - On s'en fout, on défonce tout.
- On va pas rentrer,
parce qu'on va se faire repérer direct
et on sait pas où est l'issue.
- Quelqu'un y est allé? - Oui, moi.
Je connais bien Le Cin'Hoche.
- Ils lui font quoi? - Comment ça?
- Ils viennent le chercher.
- Vas-y, dégage. - Mais si, dis, Coco. C'est bon.
- Quoi? Ils vont le massacrer. - Doit y avoir des adultes.
- Mais y a pas d'adultes!
- Il faut escalader une grille.
Après, y a deux portes. L'issue de secours
et la deuxième.
- Tu peux faire un plan? - Oui.
- Par contre, dépêche-toi.
- Je le vois plus. - Quoi?
- Je le vois plus!
- Ça va aller. - Non, ça va pas aller!
Ils le frappent, là.
- Pourquoi il est à cette école pourrie?
Ici, on ne met plus les enfants dans les écoles publiques.
- C'est la grille. L'issue de secours et là, la 2e porte.
Nous, on doit l'escalader.
- Nous aussi, on veut venir avec vous.
- On admet pas les filles.
- Vous êtes des salauds! - Oui, c'est comme ça!
- Vous êtes des salauds!
- Ils partent.
Ils partent! - Où?
- Ça y est, ils vont l'emmener dans un coin...
Je peux plus.
Je peux plus...
Ça va, mon cœur? - Salut, Coco.
Tu vas bien? - Bah oui.
- Sûr? - Oui.
- Tu sais quoi? Rentrez, je vais marcher un peu.
- T'es sûre? - Ouais.
- OK.
Bourdonnement
...
- Emmerde plus mon fils!
D'accord? Tu le laisses tranquille!
Ou je t'explose ta gueule de petit con!
- Madame, vous êtes malade!
- Tu le laisses tranquille!
- Ça va pas ou quoi?
- C'est bon, c'est bon.
Excusez-nous.
- Quoi? Elle tape un enfant. - Non, elle le connaît.
- Même, ça lui donne pas le droit.
- T'es toujours aussi nerveuse, toi?
Tu peux pas faire ça.
Qu'est-ce qui t'arrive?
- Coco?
Tu voudrais me dire quelque chose?
Si tu veux me dire quelque chose, faut le dire, même si tu veux pas.
Coco... Coco!
Tu comprends? - Non.
- Bonjour, messieurs. - BONJOUR.
- Que désirez-vous? - Une tradition, s'il vous plaît.
Attends, j'arrive tout de suite.
Quoi?
- Votre idée d'interdire le cinéma...
Ça a fonctionné. Ils montent un stratagème pour y aller demain.
- OK, mais Coco?
- Coco, j'ai même pas pu lui parler.
Tout le monde était autour de lui
lui disant: "T'es un bonhomme!"
J'ai regardé. Il a dessiné le plan du ciné.
À midi, il a mangé avec eux. Il a passé la journée dans la cour.
Y a plus à s'inquiéter pour Coco.
Musique disco
...
- J'ai pas bougé, on me touche pas!
- Regardez, c'est la porte ici. - Là?
- La petite grille. - On y va.
- Faut faire gaffe, y a la mémé du cinéma.
Elle peut nous voir.
...
- Pas grave, on y va.
- Ghislaine, le petit coup de pression.
- La voilà.
- Les enfants, ça suffit!
Descendez, c'est pas vrai!
- Partez, partez!
...
- Parfait. - C'est malin.
- Elle est plus là, on peut y aller. - C'est bon, ça passe.
- Merci, Ghislaine. Lancez le film.
- ALLEZ, ALLEZ!
- Elle est ouverte.
Allez!
Vas-y, vas-y! - Hé!
Tu fais quoi? - Quoi?
- Tu fais quoi? - Je viens.
- Non, reste là.
- Pourquoi? - T'es riche, tu peux payer.
- Je suis pas riche. - Passe à la caisse.
- Je viens avec vous!
- Ta mère la pute! - Tu fais quoi? Ryan, laisse-le!
Putain, ouvrez-lui! - Non.
- Pourquoi? - Ta gueule!
Putain! Vas-y, casse-toi!
Il respire fort.
...
- Pourquoi il revient?
- Hé, mon Coco.
Qu'est-ce qu'il y a?
Qu'est-ce qu'il a?
- Ils lui ont dit de payer.
- Quoi? - Sa place de cinoche.
Ils l'ont traité de riche, ils l'ont exclu du machin.
- C'est-à-dire?
- Eux, ils sont rentrés par-derrière et au moment de...
Oh, putain!
À la porte, ils ont dit: "T'es pas avec nous."
Putain, c'était une idée à moi.
Tu l'aurais vu. Ils ont fermé
la porte au nez de mon gamin. Ils l'ont traité de riche!
- Qui l'a exclu? - Tout le monde, chérie.
- Ryan? - Ouais, Ryan...
- Putain, c'est parce que je l'ai frappé.
- Quoi?
Quoi?
- Je l'ai giflé et menacé à la sortie.
- T'as pas frappé un gamin?
- Je m'excuse.
Ça m'angoissait. - Tu vas pas gifler des gamins!
En plus, si ses parents sont des dingues...
Sonnette
- Putain. - Qui c'est?
- Les parents de Redouane. On les a invités.
- Quoi?
- On les a invités, rappelle-toi.
- J'ai invité personne. - Si!
- Mais non!
N'ouvre pas.
- S'il te plaît, on fait ça pour Coco.
- Je peux pas. - S'il te plaît.
- J'ai la fièvre.
- Paul, s'il te plaît! - Arrête!
Il souffle.
- BONJOUR.
- C'est super que vous ayez pu venir.
Ça va, Redouane?
Entrez, entrez.
Waouh, merci beaucoup.
- Ça avait l'air plus petit, mais c'est un palace!
- À la base, c'est une petite maison. On a dû faire des extensions.
C'est même une maison ouvrière.
Merci.
Paul? Paul?
- Salut!
Bienvenue. Ça va, toi?
- Bonjour. - Ça va?
Bienvenue. - Nadir.
- Viens, Redouane, je vais t'emmener voir Coco.
Les copains se retrouvent! Coco?
Y a ton copain Redouane.
- C'est pas mon copain! Laisse-moi!
Et d'abord, je veux pas le voir!
- Ça chauffe vite.
- Tu peux y aller. Sa chambre est là.
Vas-y, t'inquiète.
- On va leur proposer quelque chose?
- Oui, bien sûr.
Bien sûr, pardon. Alors...
- Qu'est-ce qu'on aurait? - On a du jus d'orange.
- NON, MERCI.
- Des sodas?
- NON, MERCI.
- Je peux faire un thé. - NON.
- Vous nous proposez pas?
D'apparence, on est musulmans, donc forcément, on boit pas de vin.
- Non, mais avec grand plaisir. Je vous sers un petit coup.
- Mais non, on est musulmans. Jamais de vin.
- Ah! - Ah!
- Non, c'était une blague.
- Ouais, c'est bien. Ouais.
- Sinon, vous faites quoi dans la vie?
- Avocate en droit de la famille.
- Vous avez dû faire des études.
- Oui. - Ben...
- Oui, un peu. - Oui.
Pas "un peu".
- Je vous ressers?
- Oui, je vous en prie. - C'est marrant
que vous vous vouvoyiez. - Y a les petits loups.
- Ça vous fait pas marrer?
Je trouve ça étonnant.
- Ils s'entendent bien.
Ils s'entendent hyper bien. - Car Coco est très gentil.
- Redouane aussi.
- Vous êtes dans quel secteur?
- Le secteur calme.
- Pourquoi tu dis ça?
Il est batteur professionnel.
Dans un groupe de rock. - J'étais
dans un groupe, les Rolling Stones.
Mais ils m'ont saoulé.
Et après, j'ai arrêté.
Et vous?
- Dans la sécurité. - Sécurité...
- Vigile. - Ah ouais?
Vous?
- Je suis une femme libre. - Nous le sommes toutes, très chère.
Sofia rit.
- Libre d'être maman,
d'éduquer mes enfants, de soutenir mon mari,
de m'occuper de mon foyer.
- Moi, je vois, à la maison,
je n'ai pas une minute à moi.
Avec les gosses, Sofia qui rentre en jetant
ses affaires partout, les machines,
les chaussettes sales sous les lits...
C'est des vies... Et on n'a pas de remerciements.
Ni merde ni rien. C'est des vies de chien.
- Paul, arrête.
- Quoi?
Je sais pas...
Hein?
- On nous fait croire que la femme se libère
par le travail. C'est la norme occidentale.
La liberté est intérieure.
- Aussi. - Nos enfants ont besoin de nous.
Il vous reproche pas vos absences?
- Il est grand, il se débrouille seul.
Et il a une grande sœur.
- On est très stricts avec Redouane.
- D'ailleurs... - On n'a pas eu la chance d'étudier.
- Surtout... - On veut qu'il réussisse.
- Vous le voyez faire quoi?
- J'avais pensé... - Des grandes études. Commerce.
Si Dieu veut, HEC ou polytechnique.
- Dieu veut. Dieu y tient.
- On va pas le lâcher. - Il insiste, Dieu.
- Nous, c'est pareil.
- Sauf que c'est le contraire, en fait.
Nous, on préfère qu'il réussisse sa vie,
plutôt que de réussir dans la vie.
Petite nuance.
- C'est pareil.
- Je vais...
Je vais chercher sa petite sœur.
- Vous avez plus faim? - Non.
Ça va, merci.
- Je ne vous en propose pas.
- Vous êtes mariés depuis quand? - 10 ans.
Bientôt 10 ans.
- On est mariés?
- Enfin, c'est tout comme.
- Je l'ignorais, moi.
- Ben, pour moi, si.
- Ben non. - Vous y avez jamais pensé?
- Si. - Non.
- Papa, où est notre raquette de tennis?
- Je sais pas, chéri...
Y en a pas.
- Corentin, tu veux te marier
plus tard?
- Non, je suis contre.
Mais avec un homme, c'est mieux.
- Ah!
Là, c'est pas pareil. Avec un garçon, c'est sympa.
- Il fait... - Hein?
- Il fait des blagues comme son père.
- Redouane!
- Passe.
- Redouane, on y va.
Ils font quoi? - Je crois qu'ils s'amusent.
En tout cas, c'est... Merci d'être venus et...
- De rien, c'était bien.
- On essaiera de refaire ça ou un pique-nique.
- Oui. Redouane, dépêche-toi!
- Il a aimé Les 400 coups,
Redouane?
- Les 400 coups?
- Le film de Truffaut, il a aimé?
- Quoi?
- Il vous a pas dit qu'ils sont allés au Cin'Hoche?
- Ah, en sortie scolaire?
- Non, ils ont fraudé.
Ils sont passés par-derrière
sans payer. Je le sais, je leur ai refilé le tuyau.
- Redouane aussi? - Ouais, c'était pas le dernier.
- Vous les avez poussés à ne pas payer?
- Je le crains.
- Pas du tout. En fait, c'est pédagogique.
C'est pour les inciter à aimer le cinéma, la culture... Arrête!
- C'est pédagogique d'inciter à voler?
- Non... - Corentin était avec eux?
- Non, il a payé sa place. - Ouais, d'accord.
- Bon. Appelle Redouane. - Vous poussez
mon fils à voler et le vôtre paie. - Ouais.
- Non. - Redouane.
- Tu fais quoi?
- Je me sens profondément humiliée.
- Arrêtez avec votre humiliation perpétuelle, c'est chiant.
- Paul! - Reste tranquille ou je te défonce.
Depuis tout à l'heure... - Nadir.
- Sors ta kalach.
- Paul!
- Tu me traites de quoi?
- Ouais! - Paul! Paul!
Il a bu, il a bu!
S'il te plaît, Nadir! - Chaud, putain.
- S'il te plaît, il a bu.
Il a bu. S'il te plaît...
- Nadir, on y va.
- C'est parce que Sofia t'a largué que t'es passé du côté obscur?
- Qu'est-ce...
- De quoi il parle?
Allez, on se casse.
- Putain, Paul...
Qu'est-ce que t'as fait?
Oh, putain.
Ils t'ont fait quoi pour que tu les traites comme ça?
- Moi?
Pourquoi tu défends ces gens? Tu détestes les réacs.
La morale, la religion... - Non.
Je déteste ton mépris. Tu devrais avoir honte.
J'aurais honte, moi.
- T'entends comment elle te parle?
T'es conne de bosser, tu traites mal tes gosses.
Pourquoi tu lui souris? - Ça te permet d'être facho?
- C'est toi!
Des riches blancs, tu leur serais rentrée dans le lard.
T'as eu un réflexe communautaire. - Tu sais comment tu as parlé?
Comme un dominant parle à un dominé!
- Arrête tes conneries.
- Mais si!
Putain!
- Qu'est-ce que t'avais besoin de lui dire que t'es mariée?
Pour lui faire plaisir? - Ça aurait pu me faire plaisir.
- De quoi? Qu'est-ce qui t'aurait fait plaisir?
Tu détestes le mariage.
Ça aurait changé quoi?
- Non.
Ça aurait rien changé, t'as raison.
Tu aurais rencontré mon père.
Ben non, il t'a pas attendu. Il est mort.
- Oui, on le sait.
Tu vas pas me faire ce chantage de merde!
On est contre le mariage. On trouve ça merdique.
- Arrête avec tes "on", putain! Arrête de parler à ma place!
T'es contre tout. Tu décides tout à ma place!
Je... J'y arrive plus, en fait.
Je te supporte plus.
Ouais, c'est ça.
Tu as vu?
Il s'était réconcilié avec son pote.
T'as encore tout fait foirer avec tes principes de merde.
- J'ai des principes de merde, mais je baffe pas des gosses.
Elle respire fort.
Elle s'éloigne.
Musique douce
Je vais arranger la situation.
T'inquiète pas...
...
- OK, donc...
Si je te touche là... - Aïe!
- Ça te fait mal? - Oui.
- Là?
- Oui. - D'accord.
Je peux vous parler? - Bien sûr.
Qu'est-ce qu'il a?
- Il a que... Il veut plus aller à l'école.
...
- Vous êtes très pressé de louer une chambre.
Il y a même urgence, on dirait.
Nous y sommes.
9 m².
Les toilettes sur le palier.
800 euros.
- 800 euros...
Ça, c'est la...
C'est la nouvelle adresse.
- Un tas de parents habitent là.
Ça doit être un grand immeuble.
- On loue une chambre de bonne, OK?
- Tout est légal.
Vous êtes dans l'obligation de l'inscrire.
- L'obligation?
- De l'inscrire dans votre école, il habite le quartier.
- Non.
- Enfin, c'est légal, c'est la loi. C'est comme ça.
- Je décide. On prend pas les tricheurs.
- Je triche pas, on habite le quartier.
C'est son école. Donc mettez-le là, putain.
- OK, Amadeus 77, vous savez où est la sortie. Bonne journée.
Non, mais je rêve.
- J'ai un gamin qui ne va pas bien,
vous comprenez pas?
Il est malade tous les matins avant d'aller en classe!
J'ai envie de dégueuler quand il part.
Je peux pas protéger mon fils.
Je suis un père qui peut rien pour son fils.
Je suis un père
de merde, en ce moment.
Je vais pas vous supplier, quand même?
- Amenez-le-moi cet après-midi.
Et demandez un certificat de radiation.
- Yes!
Vous êtes top.
- Les enfants, aujourd'hui: sport et géographie.
- Je voulais que tu viennes avec nous au cinéma.
C'est Ryan qui a pas voulu. - C'est des générateurs.
Des dynamos qui feront de l'électricité.
Plus vous pédalerez, plus on avancera dans l'Europe.
Vous apprendrez les villes d'Europe.
Ça suivra les gros câbles qui vont dans la salle de classe. Pourquoi?
Car ça alimente les radiateurs et la lumière.
- Entrez, Sofia.
Je parlais de vous à M. Abdelnour. Asseyez-vous.
M. Abdelnour entame une procédure de divorce.
Son épouse est française, lui algérien.
Et le dossier s'annonce délicat.
Vous seriez la personne idéale pour le défendre.
- Ah oui? - M. Tardieu m'a parlé de vous.
Il parle arabe.
- 3, 2, 1... Partez, pédalez!
Allez-y. C'est bien.
Samira, dis-moi si ça s'allume. Encouragements
Ça s'allume? Continuez, c'est bien!
Musique rythmée ...
... ...
Allez, c'est bien! Bravo!
- OUAIS! - Bravo!
Bravo!
Bravo, bravo!
- Attendez, les enfants.
Les enfants!
Les enfants, s'il vous plaît. Les enfants,
on essaie les costumes. Venez avec moi.
- Non! - Allez-y, on fera du vélo après.
- Oh!
Oh!
- Oui? - Père
de Corentin. - Oui, bien sûr.
- Je dois emmener mon fils.
L'emmener quelque part.
On est obligés. - D'accord,
mais on répète pour la parade métèque.
- Ouais, ouais.
- Avec les costumes et tout.
Vous me le ramenez à 14 h? - 14 h, ouais, ce sera fait.
À tout à l'heure. - 14 h.
- Oui, oui, 14 h.
Au revoir. Ça va? C'est quoi, un lion?
- Non, c'est Teddy Riner. - C'est super.
- Papa, mais on va où?
- C'est une super école. Les enfants sont heureux.
Voilà. Je vous confie Corentin.
- Bonjour. Je vais te présenter ta nouvelle classe.
Venez à la sortie. - Oui, tout à l'heure.
- Ça ira. - Mais papa...
- Allez.
- Je viens tout à l'heure. - Mais papa...
- Tu vas être bien.
- Mais papa... - À tout à l'heure.
Musique douce
- Papa...
- Allez. Ça va bien se passer.
...
- Mais papa!
...
- OH, OH, OH!
OH, OH, OH!
- OH, OH, OH!
Vibreur
...
- Comment t'as pu faire ça sans m'en parler?
- Chérie, tu m'as demandé d'arranger les choses.
- Je veux qu'il reste à Jean Jau et que ça s'arrange ici.
- J'ai essayé de te joindre, j'ai pas réussi.
Voilà. Dans deux-trois jours, il sera très bien à Turgot.
Les choses rentreront dans l'ordre. Chérie, arrête.
- Je peux plus.
- Quoi?
- Je peux plus.
- Tu peux plus quoi?
- Puisque tu l'as vraiment louée, va dormir dans ta chambre de bonne.
- Qu'est-ce que ça veut dire?
J'ai fait une connerie sur l'école. C'est rien!
Bon, Sofia!
- Tu vas le chercher, tu le ramènes à la maison et tu t'en vas.
...
Il entonne un rythme.
...
Musique douce
...
- Salut.
T'as 5 min? - Videz vos poches.
- J'ai rien. Je peux te parler?
- Non. Avec les nouvelles consignes Vigipirate,
on recherche des terroristes islamistes,
alors videz vos poches.
- Je suis venu m'excuser. Je sais pas ce qui m'a pris.
"Kalach" et tout ça, c'est de la merde. Je suis désolé.
- La maîtresse me convoque. Y avait moi et les parents d'Adama.
Elle voulait qu'ils me remboursent le blouson.
Moi, j'ai dit non.
Parce que déjà d'une...
Ils se sont tapé dessus, c'est des gamins, faut laisser.
Et je sais que les parents du petit n'ont pas de thune.
Et...
Quand je lui dis non, la maîtresse me dit...
Tu sais pas ce qu'elle me dit? - Quoi?
- Qu'il fallait que Redouane vienne avec des vêtements moins coûteux.
- Ben alors?
- Ça veut dire quoi? Mon fils...
On doit rester des clochards à vie?
On peut pas élever nos enfants? On peut pas les habiller bien?
- C'est pas ça. Elle veut dire que des vêtements coûteux,
si en plus ils seront abîmés, ça va coûter encore plus cher.
- Oui, mais bon...
Toi, si tu peux mettre Coco dans une autre école, n'hésite pas.
Moi, j'ai pas le choix.
J'ai pas le choix.
- Tu fais comment pour que ta barbe soit nickel?
- Ah. Ça, en fait, c'est un sabot de 3.
Là, je fais un sabot de 3, là, un sabot de 2...
Musique douce
...
Le portail claque.
- Je t'ai apporté un caillou. - C'est beau, ça.
- Regardez.
- C'est toi qui as fait ça? - Regardez.
Ça fait câble. Et là, vous avez vu? C'est la caméra.
C'est... Là, je le mets et hop,
ça filme.
Je branche les câbles à l'émetteur.
J'ai tout en iPhone. On trinque?
Ça se fait? - Voilà, c'est ça.
- Mais on va où? - Viens, tu vas voir.
- Mais on va où? - C'est une surprise.
- Sérieux... - Je dis rien, c'est une surprise.
Elle sonne.
Y a personne, c'est pas grave.
Ah...
Bonjour, madame. - Bonjour.
- Je vous explique.
J'ai vécu dans votre appartement quand j'étais petite.
Avec mes parents, pas vous.
Et du coup, je voulais le montrer à mon fils.
La dame parle en chinois avec son mari.
- Vite vite! Je dois aller aux courses.
- Oui, on va faire vite!
Oh là là! Ça me fait trop bizarre!
Oh là là, la cuisine, mais ouais!
Y a...
Mais si, y avait un mur, là?
- C'est plus moderne comme ça! - Oui, oui, c'est clair!
Vous avez gardé la lampe?
- Oui, mon mari aime bien bateaux.
- C'était à mon père!
Musique douce
...
Là, y avait mon lit superposé.
Ma sœur dormait en haut, moi en bas. Un jour, elle est tombée sur moi.
Ton grand-père t'aurait tellement aimé et gâté.
Paul, il l'aurait...
...
Ils se seraient bien... Ils se seraient bien entendus. Ouais.
Parce que...
...
*-Je te réveille? Elle acquiesce.
- Je dormais, il est 3 h du mat'.
*-Tu me manques. J'arrive pas à dormir sans toi.
- Tant pis pour toi. Moi, j'y arrive très bien.
*-Je te jure...
*Tu as un effet soporifique surmoi.
*Quand je suis collé contre toi,
*ça m'endort direct.
- "Soporifique"?
C'est un compliment?
*-C'est pas ce que je veux dire. Pas soporifique.
- Bon...
Je te laisse. Je travaille demain.
Ciao.
...
- Elle m'a quitté. Elle dit que je suis devenu facho.
À cause de cette histoire d'école. - Y a pas de fachos
dans notre famille.
- Laisse-lui un peu de temps. Vous avez besoin de vous retrouver.
Propose-lui...
un voyage, par exemple, rien que tous les deux.
- Pourquoi pas à Florence avec Sofia?
- Oui, ou à Sofia avec Florence, ça coûterait moins cher!
Tu te souviens?
On avait été en Bulgarie avec les gars de la section d'Ivry.
- Mais arrête. Tu vois pas qu'il est triste?
- Oh...
Arrête de t'angoisser.
Profite de la vie. - "Profite de la vie"!
Ça te va de me dire ça.
Vous n'avez jamais profité de la vôtre.
- Ben... - Ben si.
- Au lieu des bons restos, vous alliez chez Flunch.
- C'est très bon, le Flunch.
- De toute façon, c'est trop tard. - Pourquoi "trop tard"?
- Parce que tu vas mourir, papa.
À cause de ce foutu escalier de la cave. Tu vas tomber.
- Je t'avais dit de réparer la marche.
- Après, ça va être le coma.
Toi, t'iras en maison de repos puis ça se dégradera.
- Je l'avais réparée, cette marche.
- Non, je t'avais dit que ça tiendrait pas.
- C'est bizarre.
C'est pas le genre de ton père de rater ses réparations.
- Il suffit d'une seule fois.
- Alors, les alliances, on a tout ça.
Ça dépend de ce que vous voulez.
Voilà une en or.
- Non, l'or, elle aime pas. Non, ça, l'or...
L'or, ça fait enfants dans les mines d'or.
C'est louche, l'or.
Non. Y aurait pas...
vous savez, des alliages
de métaux précieux? C'est très Sofia, les alliages.
- Euh non, on n'a pas.
- Oui, mais en fait,
tout ça, ça lui ira pas.
- Mais c'est des alliances. - Oui, c'est pour ça.
C'est ça, le problème.
Vibreur
Ça doit être le...
...
Oui? *-Je suis la directrice de Turgot.
*Vous êtes le papa de Corentin? - Oui.
*-Il est avec vous?
- Ben non.
- Votre fils a disparu. On ignore où il est.
- Pardon?
*-La porte devait être ouverte et il a fui. Il est avec vous?
- Non, je l'ai pas vu. Vous avez eu son père?
*-Oui, il est pas avec lui. - C'est une blague.
Musique douce
...
Musique disco
...
- Tout le monde!
Vous m'entendez? - OUI!
- On va tous se préparer,
car on part pour le cortège de la grande parade métèque!
Acclamations Ce qui va se passer:
on va sortir par cette porte.
On prend la rue Anatole France, on fait le tour
et on finit à la place de la mairie. C'est bien compris?
- OUI! - Les enfants, vous avez entendu.
Mettez-vous en rang dans... Dans les rangs prévus à cet effet.
Chahut
...
Rassemblez-vous!
Rassemblez-vous, s'il vous plaît!
...
J'y arrive pas, j'y arrive pas! - Oh!
C'est quoi, cette pagaille? On n'entend que vous!
- COCO!
- Coco! - Dépêche-toi!
- On est là!
- Salut! - Et ton costume?
- Je l'ai pas. - T'étais en quoi?
- Teddy Riner. - On va t'en trouver un.
- Corentin, mais tu devrais être à Turgot!
- Non, y avait pas école aujourd'hui. - Ouais, y a...
- Chut. Tes parents savent
que t'es là? - Oui!
- Ils savent?
- Ils le savent!
Travaux
...
- Oui, bonjour. M. Paul Clément?
C'est M. Bensallah, le directeur.
Pour vous dire que votre fils est là.
- Waka, mana!
- Coco! Coco!
Qu'est-ce qui t'a pris? - Rien du tout.
- T'es venu comment ici?
- On s'est inquiétés.
- Coco, Coco!
- Mais je veux faire la grande parade.
- T'es plus ici. - Je veux la faire!
- Comment tu es venu?
- Je veux faire la parade.
- Continue à t'amuser. Venez avec moi.
Laissez-les s'amuser un peu.
Il est bien avec ses copains. Vous avez peur de quoi?
Si vous partez, on est foutus. Vous savez ce que c'est pour eux?
Ils sont français.
Leur France à eux, c'est des Arabes, des Noirs,
des Roms, des Serbes... Des patakouèques!
On veut des Blancs à Jean Jau. Des Blancs.
- C'est nous, les Blancs? - Ben oui.
- Je vais y aller, moi.
- Salut. - Salut, oui.
Salut.
Craquements
...
- Oh, mon Dieu!
Cris
...
- Coco! - Sortez, les enfants!
Sortez! - Vite, on sort!
- Maman, maman!
- Pas par là!
- Y a plus personne, dedans?
C'est bon?
- M. Bensallah! Il est resté à l'intérieur.
M. Bensallah! Je vois pas M. Bensallah!
Cris
- Attention! - M. Bensallah est à l'intérieur!
M. Bensallah!
- Ne restez pas là!
- M. Bensallah!
- Avec la sécurisation, on peut pas rentrer!
- Il faut une meule avec un disque à diamant,
mais on n'a plus la meule.
- Faut passer le haut et redescendre. Y a pas une échelle?
- On n'en a plus.
- OK, j'y vais.
- M. Bensallah!
"Libertango" (The Swingle Singers)
...
- OUI!
...
- Comment ça va?
Il gémit. - Ça va.
- Il s'est fait mal à la jambe.
- Comment on fait?
- Chacun donne un vêtement.
Vous les nouez.
- Je l'ai!
...
- C'est bon! - Ça arrive!
...
Vous y allez doucement.
- Ça va aller.
- Oh! Oh, ma jambe! Cris
M. Bensallah gémit.
...
Ma jambe... - Doucement.
...
- Ma jambe!
...
- Il y est presque.
- La jambe! Doucement, la jambe!
- Tewfik...
Ne vous inquiétez pas pour les apprenants.
Je monterai une cellule psy.
Je vais les rassurer.
- En tout cas, bravo.
- Ouais, bravo. - Merci.
- Sans vous... - Tu peux me tutoyer, je suis Nawel.
- Paul.
Si tu l'as sauvé, c'est que t'as enlevé ton voile et t'en as fait une corde.
Il faut se libérer de la religion.
- T'es con? C'est l'inverse.
C'est grâce au voile qu'on l'a redescendu.
Dieu nous l'a donné. - Dieu!
- Les voiles sont faits en Chine. Voilà pourquoi ils sont solides.
- C'est grâce à tes talents de varappeuse.
Les cours d'escalade, c'est la mairie de Bagnolet depuis 1978!
Merci, la mairie.
- Oui, c'est ça. Doucement. C'est un coup monté de la mairie...
Musique douce
...
- Moi aussi, je crois en quelque chose.
- Ah oui? En quoi?
- En toi.
Je crois en toi.
J'ai que toi, en fait.
Les enfants et toi.
Si tu meurs, je meurs. En toi.
Musique à l'accordéon
...
Musique disco
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