All language subtitles for Je.Ne.Suis.Pas.Un.Homme.Facile.2018.FRENCH.1080p.NF.WEBRip.x264-DD5.1_fre

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Original subtitles

Mais t'es parfaite.

Qu'est-ce qu'on peut faire de plus avec toi ?

[rires d'enfants]

On a la robe, mais la princesse est malade.

C'est pas vrai.

- Comment on va faire ? - On va la passer à une autre.

[rires d'enfants]

[maîtresse] Chut !

Qui veut porter le costume de Blanche-Neige ?

Moi !

[rires] [Damien] J'avais cinq ans.

Mon cœur battait pour la plus belle de la classe qui ne m'avait jamais regardé.

Tu vas nous sauver ! [les rires continuent]

Je sentais enfin ses yeux posés sur moi.

- [chuchoté] Vas-y. - C'était merveilleux.

[les applaudissements continuent]

[rires]

[rires moqueurs]

[les rires diminuent]

Elle s'appelait Aurore.

Et j'ai cru mourir.

Mais vous n'êtes pas mort.

[grand soupir] Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

C'est dangereux, l'amour ?

Mais non, j'ai pas peur des femmes, j'ai pas de problèmes avec.

Les femmes m'aiment. Tout va bien de ce côté-là.

- Vous venez me voir pourquoi, alors ? - Je vous l'ai dit.

Je... Je me brosse les dents trop longtemps.

Au début, ça me prenait trois minutes,

comme le recommande l'Union de la santé bucco-dentaire,

et maintenant, ça peut me prendre jusqu'à une demi-heure.

Si je le fais pas, je me sens mal.

[brouhaha de bureau]

[homme] Catherine, tu peux m'apporter le dossier ?

[homme] Je vous présente...

le gourdinomètre.

[rires]

C'est une application qui me permet

de comptabiliser mes rapports sexuels sur l'année

et de comparer mes résultats d'une année sur l'autre.

Voilà, alors, un visuel très ludique.

Le sexe s'allonge au fur et à mesure qu'on additionne les rapports,

tel le nez de Pinocchio.

[rires] Un, deux, trois... Voilà, 25 rapports.

Mais attention, regardez.

Ah, on a une petite défaillance.

Mais y a une jolie remontée en 2016. [rires]

- Et les femmes, dans tout ça ? - Tu fais bien de demander.

- Sophie, c'est ça ? - Oui.

Nos amies les femmes sont largement représentées.

Regarde, on clique sur un onglet pour définir leur profil et hop, on coche.

Blonde, asiatique, brune... Enfin, tu vois.

- C'est une blague ? - Oui, en quelque sorte.

C'est ce qu'on appelle de l'humour.

Je peux t'expliquer de quoi il s'agit si t'es libre à dîner ce soir.

[ricanements]

Pfff !

[rires]

C'est top !

J'adore. C'est fun, dans l'air du temps, on peut le décliner pour les homos.

- Je dis champagne. On va faire un carton. - Merci, boss.

[sonnette]

- Je vous propose un verre ? - Vous êtes directe.

Non, c'est pour la dédicace du nouveau roman de Christophe Lamy.

Ah. C'est le gros, là-bas ?

Euh...

Oui.

Bon, champagne ? Jus d'orange ?

- Euh, qu'est-ce que vous êtes grande. - C'est un problème ?

Champagne. Vous savez comment on appelle un cocktail

- avec du champagne et du jus d'orange ? - Oui, un mimosa.

Veuillez m'excuser.

Quand vous le dites, vos lèvres forment un cœur. C'est joli.

Redites-le pour voir.

- Tout va bien, Christophe ? - Oui, et vous ? Je vous ai vue draguer.

- Oh, pitié ! - Quoi, il vous a importuné ?

- C'est pas son genre. - Vous le connaissez ?

Depuis 20 ans. Et c'est un type charmant.

- Mimosa. - Encore.

- Mimosa. - Encore.

Mimo... Écoute !

Ça te va bien, le bleu marine, Sybille.

- Ça te donne un petit air sérieux. - Ben, je reviens du boulot.

Tu fais quoi déjà ? Chaque fois, j'oublie.

- Je suis avocate... - Excuse-moi. Viens voir, toi.

Euh, te retourne pas.

- La grande brune, lèvres pulpeuses ? - Laisse tomber. On a tous essayé.

- Elle doit être lesbienne. - Non, vas-y. C'est qui ?

- Alexandra, mon assistante. Un cauchemar. - Ah non, mais...

Damien !

Oh, ma princesse ! Comment ça va, toi ? T'es belle comme tout.

- Vous foutiez quoi ? - L'audition de danse de Suzanne,

- c'est important aussi. - La sortie de mon bouquin,

- c'est quelque chose, non ? - Le monde s'arrête pas de tourner.

- Ça va ? - Bon, qu'est-ce qu'on fait ?

- J'ai faim. On poursuit chez vous ? - Ouais, bonne idée.

Non, pas ce soir. Faut que je fasse dîner les enfants,

- y a encore les devoirs... - Lolo, sois bon esprit.

Il est fendard, lui. Je crois que tu te rends pas compte, Damien.

Mais remarque, c'est normal, tu penses qu'à ta gueule.

Quand tu t'incrustes chez nous cinq soirs par semaine, c'est cool,

mais après avoir bossé, je fais les courses, la bouffe,

et la vaisselle, une fois sur deux.

- On débarrasse, quand même ? - Ouais, c'est vrai,

c'est hyper sympa. Mais j'aurais trouvé ça gentil d'inverser les rôles

pour mon anniversaire.

Ben, super, on fait ça. C'est quand, ton anniversaire ?

[Christophe soupire]

Demande à Christophe.

- Putain. - On y va, les enfants ?

- Tu viens, Sybille ? - C'est aujourd'hui ?

- Je vais le payer cher, ça... Euh... - Putain, mais allez, allez !

T'es pas sur le coup. Allez, on trouve un fleuriste. Allez, hop. Elle est chiante.

- Merci, Alexandra. Vous pouvez y aller. - Ah, d'accord.

- À demain. Et encore bravo. - Et nous, on se revoit quand ?

Dans une autre vie.

Tu nies. Elle te soupçonne de l'avoir trompée ?

- Nie ! Elle a pas de preuve, donc nie. - Mais...

- Salut, Erica. - Salut, Damien.

- Tu veux pas venir prendre un apéro, là ? - Arrête, me tente pas. Coquine !

[Damien] Oh là là là là...

Damien ? Hé, mec ! Mec ! Mec ? Oh !

Hé ! Mec.

[voix lointaine] Dam ?

[voix lointaine] Dam ? Dam ? Dam ? Damien ?

[voix lointaine] Les pompières arrivent. Tu me vois ? Je suis là.

[voix lointaine] Damien. Damien ?

[pompière] [voix lointaine] Bonjour. Écartez-vous, s'il vous plaît.

[voix lointaine] Monsieur ? Vous m'entendez ?

Oui.

- Ouvrez bien les yeux. - Oui. [il s'éclaircit la gorge]

- Vous êtes jolie. - Qu'est-ce qui s'est passé ?

On marchait, deux femmes nous ont suivis, on a couru et il s'est pris ce poteau.

J'ai eu peur.

- Vous avez quel âge ? - L'âge qui tue.

Vous avez mal ? Vous avez bu ?

- Un mimosa. Mais ça compte pas, si ? - Arrête !

- Vous prenez des médicaments ? - La pilule, non ?

Mais non, mais arrête tes conneries, Christophe. Excusez-le.

Ça va. [il s'éclaircit la gorge] Je vais rentrer chez moi.

D'accord. Vous habitez loin ?

À deux rues. Et vous ?

[elle ricane]

- Appuyez-vous sur moi. - Non, ça va. Ça va aller, je vous assure.

- Merci beaucoup, mesdames. - Bonne fin de journée, messieurs.

- Merci. - [Damien souffle] Putain !

- Ça va ? - Ouais, ça va, ouais.

Tu m'as fait peur.

Alors, on se promène ?

- Vous sortez sans nous ? - J'ai commandé des pizzas.

- Les enfants vous attendent. - Ah, d'accord.

À ce soir.

Elle a un truc, Sybille. Je l'aime bien.

Elle est pas super baraquée, mais... elle est géniale. Et c'est un bon parti.

Je te parle pas de l'épouser, ducon. Putain, mon jean me sert les couilles.

J'ai grossi ou quoi ?

- Putain, il a rétréci ? - T'as mis un push-up ?

- Hein ? - Pourquoi tu te les fais pas refaire

- si elles pendent ? - Mais t'es dingue, toi !

[il rit]

Ouais, t'as raison, ça se voit, les couilles refaites, c'est moche.

[bruit de camion]

[Damien] Il fait froid. On a beaucoup picolé, non ?

[Christophe] Tiens, prends mon foulard.

[légers grognements]

- Tu m'appelles si t'es pas bien. - Ouais.

[Samuel] Soulève la cuvette, Suzanne !

Papa, tu peux apprendre à ta fille à relever la cuvette ? Y en a partout !

- [Suzanne] Arrête ! - Vous avez fait vos devoirs ou pas ?

[le chat miaule]

Ça, c'est le Rocco à son papa, ça. Oh, t'es là.

[musique pop douce]

[Damien soupire] [publicité] Impossible de réfléchir...

[la musique continue] En Dom-Dom, tu es insupportable.

Après la publication de témoignages d'hommes

révélés par nos consœurs de Mediapart et France Inter,

de nombreuses représentantes politiques

ont appelé à la démission de la députée parisienne, ce lundi.

Aujourd'hui les langues se délient. D'autres témoignages sont attendus.

Alors on peut se poser la question : pourquoi aujourd'hui ?

[sonnerie de réveil]

[il halète]

[il grogne]

[il gémit]

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Qu'est-ce que c'est que ces fringues ? Qui est-ce qui m'a foutu ça ici ?

C'est la Danoise ? La timbrée ?

[soupir] Et où sont mes jeans ?

[soupir]

Merde.

Jogging gris. Jogging gris, T-shirt blanc...

- Bonjour. - Bonjour.

Beau sourire. Charmant.

- Qu'est-ce que tu fous ? Où est Gladys ? - Salut, Damien. Ben, à son bureau.

À son bureau ? Madame !

Fais attention, il est transparent, ton T-shirt.

Ça t'excite ?

- Je serai pas le plus excité. - Arrête.

- Salut ! - Salut...

Salut. Bonjour.

[il ricane] Salut. [sifflements d'appréciation]

D'accord.

Dis donc, c'est beau, ce parterre de femmes. Ils sont où, les hommes ?

Écoute, on fait ce qu'on peut. Faut que je te parle.

- C'est joli, ce T-shirt. Sexy. - Merci.

- Je suis tout à toi. - Après toi.

[il rit]

J'irai pas par quatre chemins : j'ai pas retenu ton projet.

[il rit]

Assieds-toi.

T'as super bien bossé, comme d'habitude, c'est intelligent,

peut-être trop, finalement.

- C'est ça, ce que t'a dit Marco ? - Marco ?

Pardon, quelle goujate, tu veux un café ? Marco, deux cafés, s'il te plaît.

- Bon, Sophie, ça va bien deux minutes. - Damien, sois réaliste.

Pour la cliente, un humour plus féminin, un peu bourrin, mais très efficace,

fonctionnera mieux que ce que tu proposes : de la dentelle.

C'est logique qu'une femme l'emporte sur ce coup-là.

Je prends toujours des super plus. J'ai des règles abondantes. [elle ricane]

[il soupire]

- Tu sais que je t'aime beaucoup, Damien. - Moi aussi, je t'aime beaucoup.

Plus que tu crois, même.

Il manque pas grand-chose pour que tous tes projets voient le jour.

- Ah ouais ? - Ouais.

[il ricane]

[il crie]

J'aime l'idée de Fabienne parce que c'est fun, dans l'air du temps,

c'est déclinable pour les lesbiennes. On va faire un carton.

- Marco, ça va ? - Bien, et toi ? On déjeune, si tu veux.

- J'ai un grand Tupperware de taboulé. - Tu me montres le projet accepté ?

[elle soupire]

Tiens.

Vulvomètre ?

Non, vous pouvez pas faire ça. Vous pouvez pas faire ça, c'est immonde !

Je vous laisse.

Je...

Je sais pas à quoi tu joues, mais tu vas le regretter. C'est pas drôle.

Mon petit Damien, tu devrais poser quelques jours pour te reposer.

T'as beaucoup donné, t'es surmené, prends soin de toi.

Vois des copains, va au hammam, ou reste au calme avec ton chat, on s'en fout,

- mais reviens pimpant, comme on aime. - Tu veux pas fermer ta gueule ?

C'est mon projet.

T'entends ? Alors arrête de me faire chier.

Ne t'avise plus de remettre les pieds ici.

Cinglé.

Phallique.

- Un demi, s'il vous plaît. - Bonjour, monsieur.

Bonjour.

Merci.

[homme] Madame, on voudrait commander.

On voudrait commander, s'il vous plaît.

- Les hommes voilés, je comprends pas. - Pourquoi ?

Mais pourquoi, madame ? Qu'est-ce qu'on vous a fait ?

[client] On vient prendre boire un café. En quoi ça vous dérange ?

Je dis ce qui me plaît.

Ici, c'est mon établissement donc je fais ce que je veux.

[client] C'est toujours la même chose.

Dès qu'on a la tête couverte ou qu'on s'habille court,

c'est toujours aux hommes qu'on s'en prend. Les femmes,

on leur reproche jamais rien. Vous avez remarqué, monsieur ?

[soupir]

[klaxon]

[homme] Mais c'est sa sœur ?

- Oui, mais c'est ma nièce. - Mais oui, d'accord. C'est votre nièce.

[Damien halète]

[Damien] Papa ? Maman ?

Bonjour, mon poussinet. T'en fais, une tête.

Tu fais ta tête de veau.

[ils rient]

Voilà.

Alors, sur 20. Et dix et deux qui nous font 20.

- Merci. - Merci, M. Fernandez. Ça va, votre papa ?

Couci-couça. Il est comme vous, il trouve toujours l'énergie de se faire les ongles.

- Les petits détails font la différence. - Ah ben, oui. Allez, à la prochaine.

- Au revoir, M. Fernandez. - Au revoir, M. Fernandez.

[père] T'as des soucis, mon poupon ? C'est encore ton travail ?

Si t'avais quelqu'un sur qui compter

- en cas de coup dur... - Alain, nous remets pas le couvert.

Quoi ? J'aimerais bien avoir des petits-enfants.

[il halète]

Qu'est-ce que j'ai dit, encore ?

[femme] Vous avez lu le compte rendu du neurologue.

Il explique bien que le scanner est bon.

Moi, j'ai pas besoin de voir vos radios, Damien.

Moi, je vous dis qu'y a un pépin. C'est pas normal

que deux types se fassent virer d'un bar parce qu'ils portent un foulard.

On marche sur la tête. Ou je suis tombé dans un trou noir.

- Je suis dans un univers parallèle ? - Vous pensez ?

- C'est quand même pas moi qui suis fou ! - Vous m'avez l'air très lucide.

Si je demande qui est la présidente de la République... pardon.

Vous sauriez me répondre.

Sinon, je vous promets que je vous adresserais à une consœur psychiatre,

voire je vous ferais hospitaliser,

mais j'ai pas l'impression que ce soit nécessaire.

Ça va pas, non ?

[il halète]

[il gémit]

[il gémit]

[il halète]

[sonnerie de portable]

- Allô ? Salut, Sybille. - Salut, Damien.

- Ça va ? - Ça va, ça va, et toi ?

Ça te dirait de prendre un verre ce soir ?

Euh, ce soir ?

[musique techno pop]

[Sybille] Salut.

C'est pas ce que je croyais. Des collègues m'ont dit que c'était parfait,

- mais elles se sont foutu de ma gueule. - Non, ça va, j'adore.

J'adore le pole.

Ah, d'accord, j'avais pas vu.

[Damien ricane]

[Sybille] Si t'es pas à l'aise, on change d'endroit, pas de souci.

[il ricane] Non, ça va. Ça va.

Un look bûcheronne alors, ce soir.

Euh, ouais, j'aime bien l'écossais, ouais.

Attends, n'aie pas peur. Attends. [elle ricane]

- Tiens. - Ah ! [il ricane]

Qu'est-ce que tu bois ? Une coupette ?

Euh, non, jamais de blanc, ça me provoque des aigreurs.

- Des quoi ? - Le blanc, ça me provoque des aigreurs !

Je vais prendre une bière. Ça fait pousser le bide, mais j'ai soif. [il ricane]

Excuse-moi.

T'as un très joli sourire.

- Ah oui ? - On te l'a déjà dit ?

Non... Non, on m'a jamais... Merci.

- T'as pris un truc avant de venir ? - Peut-être, je sais pas.

On dirait que t'es sous champis.

Pardon, excuse-moi !

[il rit plus fort]

[Damien] Pardon. Pardon.

[il rit plus fort]

[musique érotique lente]

[Sybille] Mon mec m'a quitté parce que je voulais pas d'enfant

et lui, il avait l'horloge biologique qui tournait donc bon...

- T'as des enfants, toi ? - Non, non.

- Et c'est pas trop une souffrance ? - C'est mon choix. Sinon, j'en aurais.

C'est bien, c'est courageux qu'y ait des mecs comme toi.

[il soupire]

[il gémit]

[il grogne]

- Attends, elle est où, la lumière ? - Là.

Waouh ! Waouh ! Oh !

Je suis désolée, je peux pas, Damien.

- Tu peux pas quoi ? - Non.

- Quoi ? - Mais t'es velu comme un singe !

Et alors, c'est un problème ?

[elle souffle] Euh... Non, je peux pas te toucher, ça me bloque.

Oh, Sybille, hé. Faut explorer ses limites un peu.

- Écoute, je trouve ça crade, vraiment. - Ferme les yeux.

Regarde, écoute. Oh, oh ! Je suis un singe. Je suis un...

[bruits de pas]

[Lolo] Y a surnombre, fais-lui la passe.

- Elle est seule, l'ailière. - Maman ?

Tu me passes des thunes pour acheter des serviettes désodorisantes pour mon slip ?

- Les trucs de mecs, vois avec ton père. - Ça va, c'est la nature.

- Prends les miennes, j'en rachèterai. - OK. Salut, Damien.

- Je vais à la danse. - [Lolo] Salut.

Je me demande si t'as pas un problème hormonal.

T'es nerveux, tu perds tes cheveux.

Faut que tu mettes un petit complément.

Si tu veux qu'on te regarde, faut faire des efforts.

C'est dur, mais vois ce qui t'est arrivé hier comme un signal d'alarme.

On n'a plus 20 ans. Avant, on mettait un jean, un T-shirt et on était sexy.

Mais on peut plus se le permettre.

Bon, t'as décidé quoi pour ton boulot ?

[Lolo] Mais qu'est-ce qu'elle fout, l'arbitre ? Sanction, carton.

C'est interdit, ce genre de placage.

Mon amour, tes cupcakes sont mortels.

Finis-les, je t'en supplie, sinon c'est moi qui vais le faire.

"Viré pour faute grave". Réagis, sinon elles te boufferont tout cru.

On en a parlé avec Lolo. Chérie, explique-lui ses recours.

Ben, on peut les attaquer aux prud'hommes, si tu veux. C'est long.

Non, ce qui serait bien, c'est que t'aies le soutien d'une association masculiste

qui lutte contre les discriminations femmes-hommes au travail.

Mais elles sont hors-jeu, ces enfoirées d'Anglaises. Mais regarde-moi ça.

Oh, regarde ! Oh, vas-y ! Elle y va toute seule. Oh, putain, c'est énorme !

J'en chiale, c'est sublime. Vas-y ! Vas-y, ma cocotte ! [crié] Essai !

[cris de joie]

- [Lolo] Oh, c'est beau, ça. - Tu pisses ?!

- Lolo, tu pisses. - Non, je perds les eaux.

Tu me files les clés ?

- [Christophe] Je te conduis ? - Non, je suis pas en mousse.

[elle grogne]

[sage-homme] On prend une grande inspiration et on pousse. [elle grogne]

Stop. On arrête de pousser. Et voilà, on va laisser passer les épaules.

[elle gémit]

Voilà, très bien. [pleurs de bébé]

- Bravo. - [Christophe] Je suis désolé.

On pensait pas que ça arriverait si vite, sinon j'aurais anticipé.

C'est sa patronne.

- [Damien] C'est-à-dire ? - Son congé paternité commence plus tôt,

- donc elle est dans la merde. - Elle ?

Alexandra.

Alexandra ?!

- Alexandra ? - Alexandra Lamour, qui tu veux d'autre ?

- Ah oui. Bien sûr. - [Christophe] Je vous propose,

si vous voulez, de briefer la personne que vous aurez choisie...

Qui ? Je sais pas qui. On va trouver.

- Ah oui, c'est pas con, ça. - Ben, si je peux rendre service.

Alexandra, j'ai peut-être une solution.

[halètement]

[elle halète]

[il crie]

[il grogne]

[il gémit]

[klaxon]

[sonnette]

[Alexandra] C'est ouvert !

Entrez, entrez. Enfin, soyez gentil d'enlever vos chaussures avant.

Ah oui. Pardon.

Ça vous va bien, le bleu marine. Ça vous donne un petit air sérieux.

Mais approchez, Fabien, n'ayez pas peur.

Damien.

- Bonjour. - Ah oui.

Euh... Dites donc, qu'est-ce que vous êtes grand.

Pourquoi, c'est un problème ?

Non. Non, c'est bien.

- Qu'est-ce que c'est, ça ? - C'est Ziggy, ma caméléone.

Regardez, elle ne va faire qu'une bouchée de son visiteur.

Tac ! [elle rit]

Qu'est-ce qui vous arrive ? C'est la vue de mes abdos qui vous laisse pantois ?

Ben, allez-y, c'est du béton.

Non, mais plus fort.

- Je vais vous faire mal. - Je pense pas, non.

Bon. [elle rit] Je suis pressée, ce matin, mais faut quand même

que je vous montre des bricoles. Café ?

Non, je vous laisse faire, et je finis de me préparer. Je l'aime très fort.

Ouais, moi aussi. Je l'aime très fort.

[bruit de machine à café]

- C'est la voiture de Mollino ! - Comment vous connaissez ça, vous ?

La silhouette. Elle est à tomber.

- Moi, je l'ai conduite. - La Nardi Bisiluro ?!

- La Nardi Bisiluro. - Moteur Giannini.

- Sept cent trente-cinq cm³. - Soixante-deux chevaux.

- Sept mille tours-minute. - Quatre cent cinquante kilos.

- Vingt-quatre heures du Mans... - Mille neuf cent cinquante-cinq.

Donc... Votre bureau à vous, ça sera ici. Le mien, c'est celui-là.

Pas touche. Je ferai la liste de vos tâches, la paperasse,

le chéquier. Vous avez le boulot ingrat, mais ça me sauve. Je suis très post-it.

Vous rencontrerez M. Martel, le gardien qui fait le ménage.

En ce moment, j'écris, mais ailleurs.

Ah bon ? Attendez, je vous revois pas aujourd'hui ?

- Vous êtes sage, hein ? - On peut savoir ce que vous écrivez ?

Non. On ne peut pas.

[il soupire]

- Vous avez lu ses livres, à Mme Lamour ? - Non.

Ben, il faut.

[il rit] Pas parce qu'ils caracolent en tête des ventes. Je suis pas comme ça.

Ah non, moi, ses histoires... elles me transportent.

On sent qu'une femme a écrit ça. C'est puissant.

Parce que c'est une femme, c'est puissant ?

Je sais pas pourquoi j'ai dit ça.

- C'est idiot. - Oui, oui.

Non, mais je voulais dire... C'est pas à l'eau de rose, y a du suspense.

Y a... Enfin, moi, j'adore.

Bonjour, je voudrais réserver une table pour dîner pour Mme Lamour

pour deux demain soir, s'il vous plaît.

Oui, ben, si c'est plus agréable en bordure de patio, pourquoi pas.

Vous savez avec qui elle dîne ?

Alors là, non. Je tiens pas les comptes. Je pourrais pas suivre. [il rit]

[klaxon]

- Un coup de main ? - Non, ça va, merci, je suis arrivé.

Donnez-moi ça. Vous allez abîmer votre joli dos.

- Vous m'avez regardé ? - Oui, je vous ai regardé.

Je ne voulais pas vous offenser, seulement vous rendre service. Venez.

Non, ça va, je vous dis. D'ailleurs, on va s'arrêter là.

J'ai fait ce que j'avais à faire. Voilà votre eau. Je vous rends vos clés.

Comment ça ?

On va pas se mentir. J'ai pas du tout le profil pour le poste.

Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous avez vos nerfs ? Vous faites un burnout ?

Vous voulez savoir ce qui m'arrive, Alexandra ? Je viens pas de votre monde.

Je me suis réveillé dans une société aberrante

où les femmes me disaient quoi faire, comment faire...

- Oh, le couplet masculiste. Non, pitié. - Pas du tout.

Vous comprenez pas ! Je sais pas comment vous dire.

Imaginez un monde où les femmes se font belles pour moi. Je les complimente.

Parfois même, je les siffle si elles sont particulièrement sexy.

- Quelle horreur ! - Quel bonheur, vous voulez dire !

Je me lève dans un monde enchanté où je ne suis le secrétaire de personne.

Je suis concepteur d'applications pour une agence de marketing mobile.

J'ai un diplôme d'ingénieur. Mon boss jure que par moi. Pour lui, je suis un génie.

Bon, je vous présente mes excuses.

C'est vrai, j'ai complètement oublié de vous demander votre CV, ce matin.

Mais c'est de votre faute aussi. Vous m'avez troublée.

Avec Christophe, j'avais pas ce problème. Un gros veau qui déambule...

vous gardez la tête froide.

- Vous êtes irrécupérable, vous. - Allez, faites pas cette tête.

Je vous emmène faire un tour. Il est pas mal, ce petit bolide.

J'en ai rien à foutre de votre bagnole ! Vous croyez que vous m'impressionnez ?!

En plus, les jantes en alu, c'est pour les ploucs !

[le moteur démarre]

[les pneus crissent]

[SMS] [bruit de chasse d'eau]

[elle grogne et gémit]

Tu le sens, hein ? Hein ?

- Tu le sens ? - Quoi ?

Allez, tiens !

Non, mais...

[elle grogne et gémit]

[gémissements étranglés]

Sybille, ça va ?

[gémissements étranglés]

Sybille ? [elle halète] C'est pas fini, là.

Oh, Sybille !

Syb... [il soupire]

Ah non, non, non. Tu dépasses les bornes.

[miaulement] [cri surpris]

C'est quoi, ça ?

- Hein, quoi ? - C'est quoi, ce truc ?

C'est Rocco, c'est mon chat, il aime pas quand quelqu'un dort dans mon lit.

Ça t'ennuie de te casser, s'il te plaît ?

Putain, ça pique.

T'étais en forme, aujourd'hui.

Tu reviens parmi les vivants ?

- Merci, mais c'est trop. - Mais tu le vaux bien.

- T'as touché ton avance, c'est ça ? - Bientôt.

Flambeuse. Je sais pas comment tu fais pour dépenser tout l'argent que t'as pas.

J'emprunte, à droite, à gauche.

Ouais, ben, fais gaffe. Tu vas finir par te faire casser la gueule.

Tu restes dîner ? Je commande un truc ?

[il soupire] Non.

- J'ai une cliente qui m'attend. - Hop, hop, hop. Tu oublies ça.

C'est pas à moi. Je laisse pas encore ma brosse à dents chez toi.

[musique d'opéra italien]

[elle fredonne]

[elle chante sur l'air d'opéra]

[elle continue à chanter]

[elle continue à chanter]

[elle chante et rit]

- Je sais pas si c'est mon genre. - Tu crois que c'est le mien ?

Quand Lolo t'a parlé de Nichons-nous partout,

j'ai cru que c'était un sex-shop. Allez.

- [Christophe] Bonjour. - [homme] Bonjour.

Christophe. Enchanté.

Ta boîte, c'est pas parce que c'est une start-up qu'y a moins de sexisme.

C'est souvent plus ambigu, plus insidieux.

Mais ce que tu me racontes, c'est banal, malheureusement.

Tout ce qu'on peut faire pour toi, on le fera.

Il faut savoir que Nichons-nous partout, c'est avant tout un groupe d'action.

On se pointe avec nos poitrines dans des assemblées dominées par des femmes,

un conseil d'administration, l'Académie de Médecine,

un festival, et on prétend être des leurs. Plus on est nombreux, mieux c'est.

C'est un échange, c'est comme le sexe.

- D'accord. - D'accord. [il s'éclaircit la gorge]

- Donnant-donnant ! - Bon, ben, nous, on est trois.

Donc deux, plus une.

- C'est elle aussi, l'avenir. - Oui, t'as raison, c'est joli de dire ça.

Ouais.

[acteur] Et mes épaules.

Tu les aimes ?

[actrice] Oui.

[acteur] Je trouve qu'elles sont pas assez rondes.

[père de Damien] Je sais pas où tu ranges ton saladier !

- Je te le laisse sorti. - Merci, papa.

C'était une bonne initiative tout de même de nous inviter, coco.

Oui, surtout que t'as peut-être mieux à faire.

[acteur] Et mes cuisses ?

[SMS] [actrice] Aussi.

- Je suis peut-être médium. - Tu vois mon derrière dans la glace ?

Regarde qui c'est. Te gêne pas pour nous.

Quelqu'un te propose peut-être de sortir.

[acteur] Tu les trouves jolies, mes fesses ?

C'est comme ça qu'on rencontre l'âme sœur, en voyant des gens.

- [actrice] Oui. Très. - T'as pas un petit flirt ?

[la mère s'éclaircit la gorge]

[acteur] Et mes tétons. Tu les aimes ?

C'est vrai que tu ne nous présentes jamais personne.

Je comprends pas, moi. Tu es mignon comme tout, tu fais pas ton âge.

Tu dois pouvoir vivre avec quelqu'un d'autre que ton chat.

- Il doit bien y avoir une femme... - Tu comprends pas quoi ?!

Bordel, papa, y a pas une femme, y en a 3 000 !

J'ai la plus grosse consommation de capotes de l'Île de France.

Et je vous présente jamais personne

parce que j'oublie le prénom le lendemain, tellement y en a !

Tiens. Voilà. "23h00, rendez-vous au bar Le Normandy." Je sais même pas qui c'est !

Je débite de la gonzesse comme vous débitez du boudin !

C'est quoi le problème quand on est un mec célibataire, putain ?!

Ça prend du temps le boudin quand on le fait bien.

[une porte claque]

- Le bar, s'il vous plaît. - Au fond à gauche.

C'est le retour de la bûcheronne.

- Il est repéré, celui-là. - Il était bien, oui.

[Alexandra] Il est venu !

Ça vous a pas suffi hier ? Je me suis pas fait comprendre ?

Si. Vous vous êtes très bien fait comprendre.

D'ailleurs, je n'ai pas l'intention de vous reproposer du travail.

Une coupette ?

[barmaid] Brut ou rosé ?

Les messieurs affectionnent particulièrement la cuvée rosée.

Brut.

Deux brut.

Vous savez comment on appelle un cocktail avec du champagne et du jus d'orange ?

- Non. - Un mimosa.

[ils rient]

J'y ai repensé, à votre histoire de monde à l'envers. C'est pas inintéressant.

- Ça m'a fait réfléchir. - Ah oui ?

Oui. Elles ont le beau rôle, les femmes dans votre monde.

On leur offre des cadeaux, on leur tient la porte...

- Vous le faites exprès ? - Non, pourquoi ?

Ah oui, c'est normal, vous pouvez pas savoir.

Vous faisiez très homme ce matin, et là, on dirait une petite ado.

- J'ai oublié mes porte-jarretelles. - Vous ne vous arrêtez jamais ?

- Ça doit être épuisant. - Vous oubliez que vous êtes une femme ?

- Ça m'obsède pas, non. - Menteuse.

Quand vous vous réveillez, vous pissez, vous vous douchez, vous faites votre boxe.

Après, vous dédicacez vos livres à vos admirateurs béats.

Vous croisez un homme dans la rue, vous le matez. Ses jambes, son cou...

son cul... Vous le séduisez, vous couchez avec lui, vous le faites jouir...

Et vous oubliez qui fait tout ça ?

La psychologie féminine n'est pas votre fort, on dirait.

On est les mêmes, Alexandra.

Moi aussi, je donne mes rendez-vous dans les bars d'hôtel.

Elle est confortable, la chambre ?

Donc...

si je comprends bien, dans votre monde,

les femmes se battent pour le partage des tâches ménagères ?

[ils rient]

Ça ressemble à quoi, un préservatif masculin ? C'est un truc moulant ?

Oui, qui s'enfile très facilement, vous voulez que je vous montre ?

Les féminins, par contre, ils ont pas pris du tout chez nous.

Dites, ils ont dû refaire la chaussée après l'atterrissage de votre soucoupe.

Vous croyez que je suis saoul ? Je suis saoul.

Mais si vous continuez à vous moquer, je dis plus rien.

Vous me ressuscitez, Damien. Je pourrais rester des heures à vous écouter.

Ah oui ?

Qu'est-ce qu'y a ?

- Je peux pas t'embrasser ? - Non.

Vous allez rentrer chez vous bien sagement en taxi.

Je te plais pas ? Hein ?

Vous êtes ravissant, mais j'ai le principe de ne jamais profiter d'un homme saoul.

C'est quoi, ça ? C'est de la galanterie ?

Appelez ça comme vous voudrez, savoir-vivre, courtoisie.

Vous me remercierez demain.

T'as pas compris. Si tu m'embrasses pas ce soir, tu laisses passer ta chance.

[elle rit]

- Allez. - Fais pas ta bégueule.

T'es belle, tu le sais...

La prochaine fois, je vous interdirai le whisky.

Y aura pas de prochaine fois, t'as pas compris ?

C'est à prendre ou à laisser. Alors ?

Alors, bonsoir.

Madame, le laissez pas repartir. Attendez qu'il soit rentré dans son immeuble.

Non, emmenez-moi sur les Champs-Élysées dans n'importe quelle boîte.

J'ai pas besoin d'elle ! Des gonzesses, j'en ai autant que je veux !

Des noires, des blanches, des vertes et des pas mûres !

[Alexandra] Et elles travaillent comme...

[Damien] Femme de ménage, puéricultrice, infirmière, secrétaire...

[Alexandra] Ah non ! Je ne pourrais pas avoir une secrétaire.

[Damien] Mais vous pourriez l'être, Alexandra.

C'est vous qui travailleriez pour moi. Vous, telle quelle, vous n'existeriez pas.

[bip] Tac !

Un masculiste ? Ça manquait à ton tableau de chasse ?

Cette fois-ci, c'est différent.

Damien est mon nouveau roman.

Mais encore ? Trois ans sans une ligne, il va falloir m'en dire plus.

Ce que je voudrais réussir à montrer,

c'est que ces types-là sont comme les autres.

De quoi ils rêvent ? De se caser.

C'est humain, ils veulent qu'on les aime,

qu'on les prenne dans nos bras, qu'on les rassure.

Alors quand il m'aura bien dans la peau,

il pourra avoir le discours le plus construit qu'il veut, il sera cuit.

Et quand je le quitterai, il retournera pleurer chez son papa.

Et avec mon bouquin, je vais lui mettre une grosse fessée. [elles rient]

Et l'avantage, c'est que ça passera pas inaperçu.

T'as vu que l'autre, là, elle a dû démissionner de l'Assemblée ?

Les masculistes ont la testostérone aux bonbons.

Se les payer en ce moment, c'est gonflé.

À propos de payer, je vais avoir besoin d'une avance.

Alex, t'as la mémoire courte. Avec tout ce que t'as déjà touché,

elles seront jamais d'accord là-haut. Dès que j'ai une ligne à lire,

- je monte au créneau. - Annie, je suis dans la merde, là.

Ça va changer.

Je vous invite à un cocktail ce soir. J'aimerais vous présenter à une amie.

[Damien] Ah ? Je vais voir ce que je peux faire.

Mmh... [elle rit]

Vous avez eu une belle idée. Mon bouquet de fleurs va faner dans quelques jours,

alors que votre grand cactus, lui, sera toujours là au garde-à-vous.

[elle rit] [Damien rit au téléphone]

[sonnette]

[sonnette]

- Je viens voir ma petite filleule ! - Elle dort.

D'ailleurs, on a parlé avec Lolo, on va demander à mon frère d'être le parrain.

Ah.

Ah bon ?

Ben, c'est vous qui voyez.

Je peux entrer ?

Je sais, je sais, Christophe. Je voulais t'en parler.

J'ai merdé... J'avais mieux à faire que de bosser pour cette gonzesse.

Elle me kiffe.

Non, mais tu t'entends ?

T'as plombé des soirées entières parce que t'étais "handicapé de la drague"...

- Moi ? - ...et maintenant, tu te poses

comme le plan cul de la place de Paris ? Désolé, c'est pathétique.

- T'as vu ce que t'as fait à Sybille ? - Tu connais ton problème ? T'es coincé.

Venant de toi, c'est un compliment.

T'es coincé et consentant en plus.

Dans ta petite vie, avec tes petites normes.

Tu vois même pas comment ta femme te traite. T'acceptes tout.

Et toi, t'acceptes rien ! T'as perdu ton boulot et tu vis avec ton chat !

- C'est quoi, le problème avec mon chat ?! - Chut !

La vie, c'est des compromis. T'imagines si j'ai plus mon boulot avec tes conneries ?

Fais un blog sur les cupcakes.

[il souffle]

[chuchoté] T'es dégueulasse.

Je dis ça pour ton bien, parce que je t'aime. Tu comprends, ou tu peux pas ?

J'avais aucun problème avec Alexandra avant que tu foutes ta merde.

- Elle était charmante avec moi. - Tu sais comment elle t'appelle ?

Le gros veau.

- C'est charmant ça, hein ? - Dégage.

- Je veux plus jamais te voir. - Tant mieux.

Tu me fais flipper, Christophe.

[une porte s'ouvre et se ferme]

[il soupire]

T'en penses quoi ?

[le chat miaule]

T'as raison.

[il soupire]

Ouais.

[brouhaha]

[femme] Merci.

[diverses conversations inaudibles]

[Annie] J'étais à Seattle ;

la semaine prochaine, j'ai les Rendez-vous de l'Edition à Marseille. J'arrête pas.

- Dis donc, il est radieux, ton mari. - Merci !

Elle me complimente jamais. Heureusement que t'es là.

- Le bureau des réclamations est fermé. - Ah, Alexandra.

Vous vous connaissez ?

- Salut, toi. - Salut.

Alexandra Lamour. Brigitte Magre. Son époux.

- Bonsoir. - Mon mari est un de vos fans.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Vos livres sont ma bulle d'oxygène. - Merci.

Alexandra nous prépare un nouvel opus polémique.

Ah, chouette ! Et quel est le sujet ?

Elle règle ses comptes avec le mythe de la domination féminine ?

On peut décrire ça comme ça ?

Excusez-moi.

C'est lui.

Tu courtises les hommes de plus de 26 ans ?

Je ne courtise pas, j'étudie. Damien est mon sujet.

Je comprends mieux.

- Et Jean-Pierre, ça va ? - En pleine forme. Le même.

- Bonsoir. - Ah, bonsoir, Damien.

Annie Meyer, l'éditrice de Madame. Je vous embrasse ?

Je me prive jamais de faire la bise à un bel homme.

Je boirais bien quelque chose, pas vous ?

Je m'en occupe.

J'ai ouï dire que la cause masculine était votre cheval de bataille.

À quand la Révolution ? Vous comptez nous couper la tête ?

Mais je ne suis pas en guerre, moi.

Ah bon ? Qu'est-ce que vous revendiquez alors, en dehors du port du costume ?

Euh... Le boxer short pour hommes. Vous avez déjà porté un string ?

Ça, c'est la véritable injustice.

Mais on peut pas s'en rendre compte tant qu'on l'a pas vécu.

Qu'est-ce qui vous chiffonne ?

Qu'on vous fasse des compliments ? Qu'on aille vous chercher à boire ?

Vous n'êtes pas très cohérent.

À l'éternel masculin. [il ricane]

J'ai le mal du pays, Alexandra. Je voudrais revoir des femmes en jupe.

Des jambes, des cuisses, des talons aiguilles,

des bas résilles, des petits shorty en dentelle.

Par contre, le sac à main... a ses avantages.

Laissez-moi faire.

Si vous saviez comme c'est beau,

un décolleté de femme soutenu par un balconnet.

C'est drôle que ça vous plaise, ça.

Une femme qui marche.

[bruits de pas]

Le frôlement de ses bas

et de son imperméable à chaque pas.

[il imite le bruit du frottement]

Le claquement d'une bretelle.

Tac !

Le crissement d'un zip.

[il imite le bruit] [Alexandra rit]

[Alexandra] Je crois que je peux arranger ça.

Venez.

Venez, je vous dis.

[ils rient]

R.V. Comme rendez-vous ?

Non, comme recto verso.

- [Alexandra] Bonsoir. - [videuse] Bonsoir.

[Damien] Bonsoir.

[musique pop douce]

[la musique continue]

[la musique continue]

[la musique continue] [il chante]

[la musique continue]

[musique techno]

C'est le paradis !

- Vous êtes gay ? - Quoi ?

[elle rit]

Vous êtes homo.

- Vous êtes gay. C'est ça ? - Non. Non, pas du tout.

Ben, si, c'est évident. Comme beaucoup de gens ici, d'ailleurs.

Détendez-vous ! [elle rit]

[la musique techno diminue en fond]

[halètements]

[halètements]

La supériorité physique, ça, t'y peux rien, mon petit. C'est la nature.

Chez moi, les hommes préhistoriques ont affamé les femmes

en leur laissant les restes de leur chasse.

C'est ça qui a rendu leurs corps frêles

pendant des millénaires.

Chez moi, comme les femmes étaient les plus fortes,

la nature les a désignées pour porter les enfants.

Et elles allaient chasser, été comme hiver,

pendant que les hommes, plus frêles, s'occupaient des enfants.

Chez moi, c'est les hommes qui se battent, qui s'affrontent, qui se font la guerre.

[grognements et rires]

Et chez moi, le féminin l'emporte, et tu crois que t'es où, là ?

Chez moi.

Attends.

[halètements]

[Damien] Qu'est-ce que tu fais ? Viens.

[elle soupire]

T'as un beau nez, tu sais.

Embrasse-moi. Embrasse-moi.

Qu'est-ce que tu fais ?

Je dois y aller.

J'ai un poker.

C'est vrai, ce mensonge ?

Rendors-toi.

Tu me plais.

Toi aussi, tu me plais. Mais je suis pas quelqu'un de bien.

Moi non plus. Je pourrais disparaître et jamais te rappeler.

Essaye.

[le chat miaule]

[musique classique] [homme] Plus loin.

Bien le regard en haut.

Présente bien tes bras. Croise.

Encore plus.

Voilà. Et en dehors.

[il tape des mains]

Et...

[il tape des mains] Un, deux, trois.

Plus loin. Voilà.

Voilà, c'est joli, ça.

- Erica, une mousse au chocolat. - Non, je vais grossir.

- Arrête tes conneries. - Je fais attention, quoi, c'est tout.

Bon. Ton père, comment il va ? Il t'a dit qu'on s'était engueulés ?

Ouais. Mais je pense que tu devrais l'appeler.

En tout cas, merci d'être venu.

Qu'est-ce qui va pas ?

Ben, y a une fille au lycée, je suis...

- Je suis amoureux d'elle. - Ben, c'est super.

Elle s'appelle Sarah.

[Damien acquiesce]

Elle est super belle.

Bon, en fait, voilà. J'étais aux toilettes au lycée, l'autre jour,

et... elle est rentrée et elle m'a demandé de la lécher.

[il ricane] Ah ouais ?

Ah, d'accord. Ah ouais.

- Et je l'ai fait. - Ah, OK.

Mais elle, elle t'a...

Non, mais elle a rien fait. Elle m'a caressé un peu là, c'est tout.

Ben, dis donc, t'es sympa, toi !

[il ricane] Sam, regarde-moi. Tu l'as fait parce que t'avais envie ?

- J'avais pas trop le choix. - T'as toujours le choix.

Une fille, elle peut pas t'obliger à faire un cuni. Ça existe pas.

[Sam soupire] [Damien ricane]

- Je sais plus quoi faire. - Tu l'oublies !

Y en a d'autres. Les filles qui veulent coucher, ça manque pas.

[bruits de verrou]

[Alexandra] Déjà ?

- Je pensais jamais te revoir. - Mais fais comme si j'étais pas là.

Ça craint chez toi. T'as des ennuis ?

C'est dangereux, ton quartier. [la porte claque]

Tiens, je pourrais profiter que tu es là pour appeler la peintre ?

Moi, j'ai un rendez-vous, mais ça t'embêterait de l'attendre ?

Non.

Si tu t'ennuies, tu peux reprendre tes fonctions. La place est vacante.

- Je m'en sors pas sans toi, tu sais. - Gratos ? Tu rêves.

- Combien tu veux ? - Waouh, t'as gagné tout ça ?

Alors, je dois... ça.

- Je peux te donner... - Non.

Et si je te demande de repasser deux, trois chemises

parce que M. Martel garde les enfants de son frère cette semaine ?

- Tu sais pas repasser ? - Ben... non.

[il ricane]

J'ai une idée. On va se promener cet après-midi.

Je t'emmène faire les boutiques. T'aimes ça.

J'ai envie de te gâter. Je te dois bien ça. Mon porte-bonheur.

[il soupire]

[bruits de pas]

Retournez votre chemise, humidifiez si le col est difficile

et repassez-le côté extérieur.

[bruit de vapeur]

Fermez le premier et le deuxième bouton...

[une femme parle en russe]

[elle continue à parler en russe]

C'est joli comme langue.

[avec accent russe] Merci.

Qu'est-ce que c'est, "truie" ?

En fait, c'est une cochonne, une truie.

C'est la femme du porc.

Enfin, c'est surtout une insulte aussi.

Ça veut dire dégueulasse,

obsédée, salope.

Salope ? [elle rit et parle en russe] Elle est une salope ?

Je connaître salope.

[elle rit] Fille de putain, bâtarde, couillonne, enfoirée...

Enfoirée, c'est ça, tout ça à la fois. [elle rit]

Relou.

[elle continue à rire]

[elle parle toute seule en russe et rit]

[Alexandra] Tu penseras à moi chaque seconde.

- Je peux pas accepter ça. - Pourquoi pas ? Elle te plaît ?

Elle est jolie, mais...

Je la trouve trop fine.

Elle est très masculine. C'est moins bien une grosse sur un homme.

- Je préfère en avoir une grosse. - Tu fais rien comme tout le monde.

On y va ?

[il soupire]

Quand on est amoureux à Paris, on est comme des touristes, tu trouves pas ?

- Quand on est quoi ? - Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?

Quand on est à deux... à Paris...

- On y va ? - Arrête ! Tu t'échappes tout le temps.

- Mais non. - Si.

Mais non, je suis là.

Je suis là.

Christophe.

Chris.

Je suis désolé, j'ai été nul, c'est parti tout seul.

S'il te plaît, dis quelque chose. Arrête de faire la gueule.

[Damien soupire] Je m'excuse.

- On dit "Je te présente mes excuses". - [Damien rit] Qu'est-ce que t'es chiant !

D'habitude, je fais tout pour me débarrasser des meufs,

mais elle, j'ai qu'une trouille, c'est qu'elle disparaisse.

- T'es amoureux, quoi. - Mais non.

- De toute façon, ça finira mal. - Comment ça ?

Soit vous vous quitterez, soit la mort vous séparera, donc...

- Ah ouais. - Donc autant te dépêcher d'en profiter.

Ça va, toi ?

Lolo me trompe.

Ah bon ?

J'ai trouvé une note de chambre d'hôtel dans sa poche.

Mais tu lui as posé la question ?

Elle a nié.

Alors peut-être que tu t'affoles pour rien ?

Ouais. C'est pas le tout d'être cocu, mais le gros, il a pas dit son dernier mot.

Je vais l'envoyer se rhabiller, ce petit connard qui lui tourne autour.

Christophe.

[il l'embrasse]

[Christophe soupire]

- T'es obligée d'aller bosser ce matin ? - [Alexandra] Oui.

Tu vas où pour écrire ?

C'est variable.

Tu me feras lire, un jour ?

Et toi, ton programme ?

Moi, j'ai un entretien pour un boulot dans un bar.

Mais c'est complètement con.

- C'est en attendant. - Tu peux gagner le double avec moi.

Je veux pas dépendre de toi. Être sous tes ordres, je le sens pas du tout.

[bip]

Qu'est-ce que c'est que ce discours masculiste périmé ?

- C'est pas masculiste. - Si.

- Je veux juste qu'on soit égaux. - C'est idiot.

- Mais non. Pourquoi ? - Mais si.

- Mais c'est absurde. - C'est peut-être ça, le masculisme.

Très bien, je suis masculiste ! Pourquoi tu m'emmerdes ?

- C'est ridicule. - Pourquoi tu t'énerves ?

Je dis que je veux nous donner une chance !

Je suis pas certaine d'avoir ce que tu attends de moi.

[il ricane] Mais moi non plus, je suis pas certain,

si ça peut te rassurer... On est sur la même longueur d'ondes.

C'est rare.

[il soupire]

[sonnette]

- Bonjour. - Bonjour.

- Alexandra est là ? - Non. Vous aviez rendez-vous ?

Vous êtes ?

Je suis Damien. Je suis le... l'ami d'Alexandra.

Muguet. Vous permettez ? J'ai oublié une bague dans la chambre.

Un ami, ouais ! Je t'en foutrais des amis, moi.

[Muguet se parle indistinctement]

[bip]

[fracas] [grognement]

- Ça va ? - Oh, oui !

[bip]

[bruit de spray]

Qu'est-ce que vous faites, là ? Non !

Non, c'est pas raisonnable.

C'est pas raisonnable ?

[il halète] Tu veux que je te dise qui c'est, ton amie ? Une perverse narcissique

qui collectionne les hommes comme des objets. C'est raisonnable, ça ?!

Alors, à chaque nouvelle conquête, une nouvelle bille !

- Quoi ? - T'as vu

ses bocaux de sorcière posés sur son étagère ?

C'est pratique pour comparer ses performances d'une année sur l'autre.

C'est bien.

Ah ouais, t'en tire, une gueule. On a l'air con. On tombe de haut.

On est dans le même bateau, mon vieux.

[il pleure]

Avec... avec elle, je me sentais intelligent.

Je me sentais important parce qu'elle m'avait choisi. C'est con, hein ?

Faut être con, putain.

Regarde-moi maintenant. Qu'est-ce que je suis ?

Je suis plus rien. Regarde ce qu'elle a fait de moi. Je suis qu'une merde.

- Euh... - Ça va, t'approche pas !

Tu sais pas de quoi je suis capable ! J'en ai plus rien à foutre de rien !

- C'est qui ce type pour toi ? - C'est personne. C'est rien.

Tu devrais pas laisser entrer n'importe qui.

On sait jamais.

Je dois de l'argent partout, des filles me cherchent des embrouilles partout.

L'autre soir, y en a une qui m'attendait dans le hall.

Remarque, je lui ai mis une de ces raclées.

- Tu m'expliques ça ? - Quoi ?

Les étagères avec les bocaux.

- Tu fouilles ? - Chaque bille est un mec dans ton lit ?

- Ce type est un malade. - Réponds-moi.

Fais pas une scène.

- J'y suis déjà, moi ? - Hein ? Mais non.

Un petit transparent ? Un gros calot ?

[elle ricane] Tu crois que tu peux me prendre et me dégager d'une pichenette ?

- Je comprends pas ta réaction. - Ah ouais ? T'es intelligente pourtant.

Tu croyais quoi, Damien ? Que j'étais vierge ? Que t'étais le premier ?

T'es pas en reste non plus, d'après mes informations.

- C'est-à-dire ? - Je te trouve mal placé

pour prendre tes airs offensés.

Ah ouais. Moi, je dois rentrer dans le rang, fermer ma gueule, mais toi,

t'as pas de raison de changer.

Je me trompais quand je disais qu'on était les mêmes.

- Amuse-toi bien. - Attends. Attends.

J'ai... J'ai plus envie de jouer. Je me sens adulte avec toi.

[il ricane]

Non, ça marche pas avec moi, ça. Je l'ai trop dit.

[fracas]

[la porte claque]

[chants d'oiseaux]

C'est un gros sandwich, ça.

Vous le voulez ? C'est un jambon-beurre basique. Pas de quoi mouiller sa culotte.

Non mais si vous le voulez, il est à vous. Ben quoi, revenez, madame.

Vous me parliez, non ? Revenez !

- Merci. - Je suis devenu une victime.

Ah. Et qu'est-ce que vous étiez avant ?

Un bourreau.

Il pourrait pas y avoir une troisième voie ?

Un monde où les femmes et les hommes s'épaulent ?

Regardez, on fait du bon travail ensemble, non ?

- Vos dents, ça va comment ? - Mieux.

- Au revoir. - Au revoir.

[coach] Gauche droite. Crochet. Uppercut.

Gauche.

Gauche droite. Crochet. Uppercut. [grognement]

Recule. Si t'es trop près de ton adversaire, tu peux pas te défendre.

Recule pour mieux attaquer. Moins fort.

- J'ai besoin de taper, là. - Gauche.

Gauche droite. Crochet. Uppercut.

[grognement] Moins fort !

Vas-y, va te calmer sur le sac.

Eh ben, voilà. [grognements]

[Alexandra] L'immaculée conception ? Si c'est pas la puissance absolue.

[Damien] On l'a aussi, la Vierge, mais le héros, c'est Jésus, son fils.

[Damien] J'aime ce grain de beauté, là. [bip]

[Damien] Tu me plais.

[Alexandra] Toi aussi, tu me plais. Mais je suis pas quelqu'un de bien. [bip]

J'ai hâte de lire ce qui se passe ensuite. C'est acide, piquant.

- On sent qu'elle va le massacrer. - À ce point-là ?

Ah oui, et lui qui se doute de rien, mais... C'est jubilatoire !

Je sais pas.

- Ah ! - Je sais pas si c'est si...

Si c'est si pertinent que ça. Intellectuellement.

C'est formidable. C'est cruel à souhait.

Oui, mais je crois être en train de me fourvoyer.

Les hommes, ça va, y a pas que ça dans la vie.

Et qui en a quelque chose à foutre des masculistes ?

Merci.

Je pourrais... partir sur les traces d'une talibane.

Ou euh... une nouvelle marraine de la mafia au Mexique, en Équateur, ou...

Je sais pas. Une prêtresse pédophile dans le Sud-Ouest, à Béthune.

N'importe quoi, mais une fiction, une histoire d'amour...

Tu te prends les pieds dans le tapis ?

On fait pas de la littérature avec des bons sentiments. Pense à ta carrière.

T'as toujours été une battante, ma vieille.

Renonce pas à un bouquin qui sera un énorme coup médiatique pour un mec.

T'es une autrice. Pense avec ton cerveau.

J'ai demandé à la compta de te préparer un chèque. Tu peux aller les voir. Ou pas.

T'es libre.

Non ?

- Quel jeu pourri. - Cinquante.

- Je vous sers quoi ? - Les seins. Mais pas trop fort.

- Ah, la classe ! - Steph !

- Excuse-la, elle sait pas se tenir. - Je veux bien un bourbon.

- Anis, ma puce, t'apporte des glaçons ? - Ouais, très bien.

On peut savoir précisément qui est Anis ?

- Anus ! - Anis !

Putain, t'es intenable.

Ce jeune homme travaille au resto depuis quelques semaines,

et il est non seulement adorable mais il fait Sciences Po.

Ah, merde.

- C'est génial. - Il savait pas jouer au poker.

Alors.

Bon, ben, je me couche, moi.

[bruits de jetons]

- Tapis... 250. - Je me couche.

Je te vois.

Paire de rois.

Paire de dames.

- Oh ! - And the winner is...

- Gagner, t'en as pas marre ? - Heureuse au jeu...

[elle s'éclaircit la gorge]

Oui, c'est moi.

Oui.

Oui, je sais. Je suis en retard.

Oui, mais je viendrai pas.

Non, je voulais te dire que c'était fini.

Non, toi, Annie, toi, ton fric, ton coup médiatique, c'est fini.

Mais qu'est-ce que tu racontes ?! T'es complètement dingue !

Va te faire foutre.

Tu te prends pour qui, là ?!

Donc tu m'aimes totalement ?

Oui.

Je t'aime totalement,

tendrement...

[il soupire]

...tragiquement.

[il claque la langue]

[acteur] Moi aussi.

[il éclate en sanglots]

[on frappe]

[il coupe le son]

- Ouais ? - Ouais, c'est Lolo.

- Ça va ? - Euh, ouais, ça va. Et toi ?

Ouais, c'est un peu compliqué. Christophe a pété les plombs, il m'a foutue dehors.

- Ah bon ? Qu'est-ce qui se passe ? - Je peux entrer ?

- [elle soupire] T'as pas une bière ? - Toujours.

- Tu m'accompagnes ? - Allez.

[elle soupire]

C'est classe, ton kimono.

T'as déconné, franchement, Lolo.

- Mais je te promets que non. - Arrête.

- Christophe s'est fait un gros délire. - Pas à moi.

J'ai aucune raison de te mentir à toi, je te jure.

Bon, OK. J'ai dérapé. [elle rit]

Ouais, voilà.

J'étais enceinte, j'étais à bloc d'hormones. Je contrôlais plus rien.

Faut que tu l'appelles. Faut que tu lui parles. Hein ? S'il te plaît ?

[il soupire]

Ma Lolo.

- C'est dur. - Ouais.

Qu'est-ce qui marchait pas quand on était ensemble ?

Rien. C'était cool.

Au lit aussi. On baisait bien, non ?

Ouais.

Ouais, c'était cool.

Mais j'avais la trouille.

De quoi ?

Ben, de toi. Tu m'impressionnais.

[il ricane]

- Tu savais ce que tu voulais. - Ah bon ?

Mmh. [il ricane]

Vous êtes tellement plus matures que nous, les mecs.

Nous, on pourrait continuer des années à vous appeler trois fois par semaine

juste pour niquer.

Vous, vous avez pas peur. Vous avez pas peur de dire "T'es l'amour de ma vie".

J'ai jamais dit ça, moi.

Non, toi non.

Christophe, il avait glissé une carte postale sous ma porte.

C'était le tableau de Magritte "Ceci n'est pas une pipe".

Et au dos, il avait juste écrit : "Ceci n'est pas une déclaration d'amour."

Tu peux pas résister à ça.

[le chat ronronne]

[Alexandra] Allô ?

[une porte s'ouvre]

Bonjour, j'ai réservé une chambre au nom de M. et Mme Lamour.

Tenez.

Top départ !

[moteurs de Formule 1]

[conversation inaudible]

[Alexandra] Non !

[ils rient]

[moteurs de Formule 1]

[moteurs de Formule 1]

Merde, y a un bruit, là.

Je vais m'arrêter.

[brouhaha inaudible]

Tu veux que je m'en occupe ?

[applaudissements et cris de joie]

- Vivent les mariés ! - Bravo !

[Damien] Tu crois à tout ça, toi ?

Oui.

Je crois en Dieu. Sans elle, j'aurais pas été loin.

[Damien] Tu crois au péché, à l'enfer ?

- Non. - Tu te confesses ?

Ça, oui. [il rit]

Ah bon ? Qu'est-ce que tu peux bien raconter ?

Tu veux m'épouser ?

T'es pas obligée de répondre maintenant. Prends ton temps. Je...

Je vais me dégourdir les jambes.

Fait chaud, non ? Je sais pas pourquoi j'ai acheté ce blouson.

- Il me va pas. - Oui.

Il est trop grand et... Quoi ?

Oui.

Oui ?

Oui ! [elle rit]

[Alain] Christophe, tu as une femme solide. Elle a la tête sur les épaules.

C'est normal qu'au bout de quelques années, y ait des accrocs.

Elles ont besoin d'aller voir ailleurs parfois. C'est pas la mer à boire.

Papa.

Quand j'ai compris que ça me permettrait de passer quelques nuits tranquille,

[Alain ricane] j'ai pas moufté, je te jure.

- Arrête. C'est glauque. - Ça fait du bien de parler entre hommes.

Et encore, Martine, elle a moins besoin à son âge.

Mais avant, elle pouvait avoir des envies subites.

Qu'est-ce qui se passait ?

Elle tirait le rideau de fer et on faisait ça dans la boutique.

Combien de fois je me suis retrouvé entre le hachoir et ta mère

sans qu'on me demande mon avis !

Ben oui, ça paraît impensable, mais c'est comme ça.

J'ai pas eu le courage de m'opposer.

Euh... Vous avez fait ce que vous avez pu, Alain.

Oui.

À côté de ça...

Les femmes, ce sont des petites filles sans nous.

[Alain soupire]

- Tiens, c'est à toi, ça. - Je te l'offre.

Papa.

J'ai rencontré quelqu'un.

Et ta bague de fiançailles ? Y a du foutage de gueule.

Non, déjà l'alliance, c'est un grand, grand pas.

Vous le connaissez pas. Il revient de loin.

[Mathieu] Félicitations.

- Ou mes condoléances. - Marrant.

Avant de rejoindre la manif, on passe au Collège de France.

- Pourquoi ? On fait quoi là-bas ? - Un prix doit être remis là-bas

où les clitocrates s'auto-congratulent. En 44 ans, seuls trois hommes récompensés.

[homme] Traînés ! Vous salissez l'image des hommes !

Et la solidarité, mon pote ?!

Lécheur, va. Rentre chez toi !

- Putain, ils me rendent fou, ces mecs. - T'es un teigneux, toi.

[conversations inaudibles]

[femme] Salaud ! [elle crache]

Oh ! Ça va, oui ?!

Allez, allez-y.

- [Mathieu] Ah ! Chères collègues ! - Oh non, c'est pas vrai, mais tirez-vous.

- C'est par là, la cuisine ! - [Annie] Mais on vous aime.

J'ai un mari, quatre fils, quand j'ai une chienne, c'est un chien,

je suis pas votre ennemie, je vous assure.

- [Damien] Bonjour. - On se connaît, nous.

Chère collègue.

Vous avez pas mieux à faire ? Il doit pas se passer grand-chose dans vos vies.

Si. Lui, il va se marier.

Ah, c'est formidable. L'heureuse élue est au courant

- de vos activités militantes ? - Vous lui demanderez. C'est Alexandra.

Des femmes sont un peu plus ouvertes d'esprit que d'autres, heureusement.

Tellement plus ouverte qu'elle est mariée à un homme charmant. Vous le saviez pas ?

J'ai gaffé.

[Mathieu] Ça va aller ?

[Christophe] Attends ! Dam ! Damien!

Alexandra, ouvre ! Ouvre !

[il halète]

[sonnette]

Bonjour.

Bonjour, M. Martel. Je suis à la porte, j'ai oublié mes clés.

- Je peux pas vous donner la clé. - Vous me voyez avec Mme Lamour.

Je connais pas vos histoires. Je peux pas vous la donner comme ça.

Je suis sorti,

- j'ai laissé couler le bain. - Vous mettez pas dans cet état.

Je vous la donne, vous me la rapportez.

- D'accord. - Hé ! Entre hommes, faut bien s'épauler.

[la porte s'ouvre]

[la porte claque]

[il halète]

[sonnette]

- Salut. - Salut.

- T'as grandi, toi. - Je vais chercher mon blouson.

[homme] Alice, la porte ! La chienne va s'échapper !

[il ricane] Ça t'a pris comme une envie de pisser de vouloir voir ta fille ?

Bonjour, Alexandre. J'en profite pour te dire un mot.

Je lance la procédure de divorce. Cette fois-ci, pas question de refuser.

Je veux pas te parler, je veux pas te parler.

- Attends. - Mais c'est chiant.

Non, mais attends, c'est bon...

Hé.

Bonsoir.

Bonjour ?

J'ai donné votre clé à... Le grand, là, un peu charpenté.

- J'espère que j'ai pas fait de bêtise. - Damien ? Ah non, vous avez bien fait.

Oui, c'est bien. Ça t'ennuie pas si on est trois ce soir ?

[Alexandra] C'est gentil. Il a fait des progrès.

Waouh !

Je te commande une pizza. Tu m'attends, je reviens.

Quoi ?

Mais n'importe quoi !

Je rentre chez moi. C'est toujours les mêmes plans pourris avec toi.

Tu changeras jamais, en fait.

[elle gémit]

- Regarde. - Foutez-lui la paix.

- On peut pas discuter ? - J'ai pas envie d'avoir d'incident ici.

- Il est triste. - On va pas le laisser tout seul.

Qui te dit que je veux pas avoir un incident ?

- Ben voilà. - Hein ?

Tu crois que je me souviens pas de ta petite culotte ananas ? [rires]

[la borgne] Je suis tentée par l'incident.

[brouhaha] [sonnerie de portable]

- [Lolo] Ils ont un problème de confiance. - C'est peut-être lui.

Allô ?

Salut, Erica.

- [homme] D'où ça vient ? - Merde.

Je suis pas d'accord.

Ça fait deux heures qu'il est injoignable.

- C'est qui ? - Qu'est-ce qui se passe ?

OK, j'arrive tout de suite. OK.

[il soupire] Damien est bourré et se fait emmerder par des meufs louches. J'y vais.

Mais t'inquiète. Elle voit des poivrotes tous les jours. Elle va gérer.

- Visiblement non, si elle m'appelle. - Je t'accompagne, mon cœur.

- Ouais. - Tu viens, Sybille ?

Ben, je vais peut-être pas laisser Stan seul.

- Ouais, laisse tomber. - Attendez, vous voulez ma bombe lacrymo ?

- Elles savent pas qui c'est. - Tu restes calme.

- Ouais, c'est ça. - Tiens, regarde.

- Vous êtes là, vous ?! Merci ! - Bonjour, Laurence.

On part chercher Damien, il a des emmerdes dans un bar.

Des emmerdes ? De quelle nature ?

Ben, je sais pas... Je vais leur péter la gueule.

[grognements]

- Oh putain, oh là. - Ouais, regarde.

Oh ! T'as faim toi, hein !

Aïe ! Aïe !

- Faut dire que t'es pas tout jeune. - Qu'est-ce que tu fais ?

Non, non, non, attends. Arrête. Arrête. Houlà.

Arrête. Aïe ! Aïe !

- Tu me fais mal, arrête ! - Mais non, regarde.

- Bonjour. - Il est où ?

Aux toilettes, il avait pas l'air en forme.

[rires] Ça vous fait rigoler ? Ça te fait rigoler ? Je reviens.

OK ? [ricanement]

Aïe !

Oh, arrêtez !

- Lolo ! Lolo ! - Viens !

Lolo, arrête, mon amour ! Lolo !

[grognements et gémissements]

Tu... Tu la touches pas, connasse ! Allez, viens.

Damien !

Lolo ! Appelle les flics, toi ! Lolo !

[Alexandra] Qu'est-ce qui s'est passé ? [il halète]

- Aïe ! - Viens.

- Non, laisse-moi. T'approche pas. - Viens.

- Qu'est-ce qui te prends ? - Laisse-moi.

- T'es fou ? Viens. - Arrête, laisse-moi !

Fou, oui, comme les mecs que tu manipules. Je sais tout, t'es une salope.

Viens, on va parler. Je vais t'expliquer.

- Tu me dégoûtes. - Viens.

Laisse-moi !

Écoute-moi. Écoute-moi.

Oui, je t'ai menti. Oui, j'ai eu l'idée d'enregistrer nos conversations

- le jour et la nuit. Oui, je l'ai fait. - Quoi ?

Et oui, j'ai même eu l'idée d'écrire ce livre dégueulasse. Mais c'est fini.

Attends, t'as fait quoi ?

J'étais perdue, j'arrivais plus à écrire. Et puis t'as débarqué dans ma vie

et là, tout a recommencé et j'ai tout confondu. Voilà.

Qu'est-ce que t'as fait ? T'as fait quoi ? Qu'est-ce que t'as écrit ?

Qu'est-ce que t'as écrit sur moi ?

- Qu'est-ce que t'as écrit sur moi ?! - Rien !

- Rien... - T'as fait quoi ?!

Mais je t'aime, Damien ! Arrête !

[il grogne] [elle crie]

- J'ai même demandé le divorce pour toi ! - Tais-toi ! Ta gueule !

[ils gémissent]

[bruit strident]

[voix déformée] Vous m'entendez ?

[voix déformée] Vous avez mal ?

[voix déformée] C'est les pompiers, madame.

Serrez-moi la main, ouvrez les yeux.

[pompier] Qu'est-ce qui se passe, là ?

- Vous êtes avec les pompiers. - [pompier] Madame, restez allongée.

- Laissez-moi sortir. - Non, s'il vous plaît, soyez sage.

- Restez allongée. - On va devoir la sangler.

- Ouvrez la porte, tout de suite ! - Allongez-vous.

- Ouvrez la porte, tout de suite ! - Encore une hystérique.

[le moteur démarre]

- Mademoiselle, bonjour. - Bonjour.

- Un demi, s'il vous plaît. - OK.

[cris et slogans de manifestantes]

[des manifestantes scandent en chœur] Avec les femmes du monde entier !

Chantons fort "solidarité" !

[les manifestantes continuent à scander]

[les manifestantes continuent à scander]

Alexandra !

Alexandra !

[slogan] Chantons fort "solidarité" ! Avec les femmes...

Team LiBERTAD

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