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Il est à vous.
- Jusqu'où est-il allé ? - Casa Grande.
- Merci. - Asseyez-vous.
Où est son cheval ?
Mort d'épuisement dans la fuite.
Je n'ai même pas eu besoin de l'achever.
Et vous l'avez fait marcher.
- Vous aimez les chevaux ? - Oui.
Mais vous haïssez les hommes ?
- Je vous en sers un ? - Non merci.
Roper, vous voyant à l'œuvre, je me réjouis qu'on soit dans le même camp.
Mais je vous désapprouve.
Je sais ce que vous pensez.
Cette méthode dissuadera les autres.
C'est bien ça.
Mais vous oubliez un détail.
J'avais ici un régiment. Je n'ai plus qu'une unité.
J'ai autant de prisonniers que d'hommes.
Les Indiens le savent.
Mon colonel, j'ignore qui gagnera la guerre,
mais il faut bien maintenir l'ordre.
Quitte à maltraiter ces rebelles.
Je suis dans une position délicate.
J'ignore quoi faire.
Selon vous, je perds mon sang-froid ou je vieillis ?
Répondez franchement.
Il est déjà dur de rester en vie, alors rester jeune...
Autre chose ?
Crandall a promis quatre cargaisons de fusils.
J'irai les chercher demain.
Lieutenant !
Mon capitaine ?
J'ai besoin de 16 hommes pour récupérer une cargaison demain.
Je veux 2 éclaireurs kiowa et les sergents Chavez et Jones.
- Ça ne leur a pas plu, hein ? - A moi non plus.
- Vous faites donc l'unanimité. - Autre chose, mon capitaine ?
Non, ce sera tout.
Ne me dites pas que vous êtes malade.
- Je suis fatigué. - Reposez-vous.
Sérieusement.
Pourtant, vous montiez le cheval.
Comment va-t-il ?
Il va s'en tirer.
Drôle de question ! Après lui avoir infligé ce châtiment...
Vous auriez dû apporter des fleurs puisque vous jardinez.
Vous ne les détruisez pas, au moins ?
Ecoutez docteur, c'est lui qui va mal, pas moi.
- Ça reste à vérifier. - Je vous fais confiance.
On a deux options dans ce monde :
garder les gens en vie ou agir selon votre gré.
Je n'ai pas créé ce monde.
Capitaine !
- Oui, Marsh ? - J'aimerais vous parler.
Très bien. Venez.
- Que va demander le capitaine ? - Il ne me l'a pas dit.
Comment un vieux birbe comme toi a pu entrer dans l'armée ?
Pour venir en aide à des génies comme toi.
- Mon capitaine. - Bonsoir, Symore.
Je vous écoute.
J'aimerais voir Bailey, le gars que vous avez ramené.
- Demandez au colonel. - Je veux que ça vienne de vous.
Très bien. Accordé.
Autre chose ?
S'il s'était comporté comme un homme, je l'aurais ramené dignement.
Mais ce n'est qu'un idiot et un lâche.
Ce n'est qu'un gosse, un poète et aussi mon ami.
J'aurais pu le laisser aux Indiens.
Ils ne perdent pas leurs prisonniers. Ils s'en débarrassent.
Quand votre tour viendra,
vous n'agirez ni en idiot, ni en poète, n'est-ce pas ?
J'espère que non, capitaine.
Vous êtes un bon officier,
seulement, dans la mauvaise armée.
Mais pour la bonne cause.
Rien n'est encore joué.
J'ai eu tort.
J'aurais dû vous attendre. Mais je n'en pouvais plus.
Fallait que je rentre.
T'en fais pas, Bob.
Je ne referai plus, même avec vous.
Dehors, c'est l'enfer.
- Il n'y a que l'espace et la mort. - Je sais.
Vous savez où je vivais ?
A Virginia Town, dans une rue plantée d'érables.
Où un ruisseau coulait sous un pont en pierre.
Chaque jour, je ne pensais qu'à mon retour.
Moi aussi. On y pense tous.
- J'aurais dû... - T'en fais pas, Bob.
T'en fais pas.
Je te ramènerai chez toi.
- Comment va-t-il ? - Bien.
Est-ce qu'il avait perdu la tête ?
- C'est facile, ici. - Ici ou ailleurs.
Il ne croyait plus à l'évasion.
Il n'est pas le seul.
- Qu'est-ce qu'on attend ? - Le bon moment.
- C'est à dire ? - Quand je vous le dirai.
Cabot...
Toi aussi tu veux voler un cheval et revenir au bout d'une corde ?
Ce Roper est mauvais et vicieux comme une teigne.
Il se doute de quelque chose.
Il ne sait pas exactement quoi.
Mais il surveille. Il écoute.
Il s'en est pris à Bailey pour nous faire peur.
Mais je ne suis pas Bailey.
Moi non plus.
Tu crois qu'il sait ce qu'il fait ?
Toi, en tout cas, tu ne sais pas.
Les Indiens.
Et alors, quoi ?
Que dirais-tu d'un joli scalp ?
Avec une tignasse pareille.
Allez, joue donc.
- Il y a le compte ? - Pas un de moins.
Vos munitions ?
- Cent balles par homme. - Bien.
Demi-tour gauche, en avant !
Par ici, mon capitaine !
Pied à terre ! Qu'on monte la garde !
Où sont les cochers ?
Sûrement pas bien loin.
Ils sont là, mon capitaine !
Enterrez-les, là-haut !
Carter ! Storder !
- C'est ainsi qu'ils font la guerre ? - On ne vous a pas appris ça ?
Pourquoi faire ça ?
Une fois dans la tombe, ça ne change plus rien.
Eh bien moi, je crois que si.
Ecrivez au Ministère.
Notre Père qui êtes aux cieux,
que Votre nom soit sanctifié, que Votre règne vienne,
que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonnez-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumettez pas à la tentation,
mais délivrez-nous du Mal. Amen.
Le repos éternel, donnez-leur, Seigneur.
Et que la lumière éternelle brille sur eux.
Que leur âme repose en paix.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Amen.
En selle !
- On nous a observés longtemps ? - Depuis Dry Springs.
Nous avons de la visite, Beecher.
Et alors, on les invite ?
On les évite.
- Ils pourraient nous sauter dessus. - Ils attendent. Prenez le flanc !
Armez vos carabines !
Content d'avoir passé le canyon.
Et moi donc.
- Montez-le sur mon cheval. - Bien.
Portez les blessés. En selle !
- Jones, en tête ! - Entendu.
J'enverrai un convoi funéraire.
Je peux le prendre, mon capitaine.
Rock Springs n'est qu'à une heure.
J'en salive d'avance.
- Tout va bien ? - Formidable, mon capitaine.
C'est insensé, Chavez.
Dans ce pays splendide, les hommes s'entretuent dans un canyon.
Oui, insensé.
Un jour, cela aura un sens.
Pour ceux qui survivront.
Des soldats !
Contents de vous voir, les gars !
- Jolie démonstration, madame ! - Un instant, j'ai cru cauchemarder.
C'est pour nous tous pareil.
- Qu'est-ce que c'est ? - Une arme fatale, dit-on.
Je sens une odeur de café. Vous m'en serviriez ?
Certainement. Par là.
- Tout va bien ? - Formidable.
Relevez la garde.
La 18e cavalerie, hein ?
Escadron "C", capitaine Roper.
- De Fort Bravo ? - C'est exact.
Carla Forester. Je rends visite au colonel.
Vous tombez à point nommé.
- Pourquoi cela ? - Le Fort n'en a plus pour longtemps.
N'essayez pas de m'effrayer.
Ce serait difficile.
Nous avons eu affaire aux Indiens.
Il perd du sang.
Où suis-je ? Déjà au paradis ?
Il faut resserrer le bandage. Y en a-t-il un propre ?
Non.
- On a de quoi fabriquer un bandage ? - Oui.
Je voulais juste...
Vous êtes une amie du colonel ?
J'étudiais avec Alice, avant la guerre.
Vous n'êtes pas du Nord.
- Effectivement. - Ni même du Sud.
Non plus.
Alors, vous êtes texane ?
Qu'on l'installe dans la diligence.
Je m'occuperai de lui.
Prenez-en soin, il va épouser votre amie.
Nous levons le camp à l'aube. Tâchez de dormir.
Entendu, capitaine.
- Une embuscade à Canyon Diablo. - Des blessés ?
Deux morts, cinq blessés dont un grave.
- Comment va-t-il ? - On peut le sauver.
Mettez-le sur la civière.
Carla !
On verra ça plus tard. Vas-y.
Ne vous inquiétez pas. Il va s'en tirer.
- Tu es en avance, Carla. - Je suis partie plus tôt.
Le capitaine Roper va te conduire dans mes appartements.
- Nous parlerons au dîner. - Le capitaine se joindra à nous ?
- Roper ? - Avec plaisir, mon colonel.
- Vous ferez votre rapport ce soir. - Bien, mon colonel.
Vous n'avez pas choisi le meilleur moment.
Tant pis.
Carla est fort jolie, n'est-ce pas ?
En effet.
Par les temps qui courent, je regrette sa présence.
Je pensais lui envoyer Alice en visite.
Si nous affrontions les Indiens, les rebelles seraient avec nous ?
Si leurs vies étaient en danger.
Mais si nous gagnions, ils nous auraient.
Ce serait mieux que les Indiens.
Pour moi, ce serait pareil.
- Du café, bien fort et bien chaud. - Excellent.
Le capitaine sera-t-il au bal demain ?
Vous aimez ces danses, capitaine ?
J'ai assisté à des danses de guerre.
Avec une jeune squaw ?
Non, un vieux chef. A Rio Verdes.
- Vous étiez prisonnier ? - Ils m'ont malmené. Rien de méchant.
Ça m'a fait vieillir de cinq ans.
Mon colonel,
sortez plutôt cette bouteille cachée derrière votre bureau.
Rien ne vous échappe donc ici ?
Il le faut. Je dois avoir les yeux dans le dos.
Merci.
Où sont vos appartements ?
A l'autre bout du camp.
Puis-je vous raccompagner ?
D'où venez-vous au Texas ?
- Il faudrait que j'y passe. - Vous vous y plairiez.
Je n'ai jamais vu de fort auparavant. Peut-on s'y promener la nuit ?
Même avec vous ?
Vous jouez avec le feu.
Je vous ai posé une question. Puis-je vous raccompagner ?
On ne garde pas les prisonniers ?
Où iraient-ils sans arme et sans cheval ?
Cette colline en cache 4 autres, puis le désert jusqu'à Mescal.
Cette ville n'offre rien. Du moins, pour un rebelle.
Ils ne tentent jamais de s'évader ?
- Parfois. - Et que se passe-t-il ?
Je les ramène.
Vous êtes l'homme qui ramène tout le monde.
J'ai dû demander à vous raccompagner.
Devrai-je aussi vous inviter au bal demain ?
J'aimerais, en effet.
Je suis peut-être trop rapide ?
Ça se pourrait.
- Je passerai vous prendre à 19 h. - Très bien.
J'oubliais, capitaine... Je pourrais vous attirer des ennuis.
Je veux bien le croire.
Mais vous semblez être à la hauteur.
- Les prisonniers sont invités ? - Une idée du colonel.
L'esprit de corps. Une grande famille.
- Vous ne semblez pas convaincu. - Peu importe.
- Où est Alice ? - Partie nourrir Beecher.
- Comment va-t-il ? - Mieux. Mais il se fait dorloter.
Permettez, mon colonel ?
M'accorderez vous cette danse ?
- Ça ne s'est jamais vu. - L'idée me plaît d'autant plus.
Mlle Forester, le capitaine Marsh.
Enchanté.
Permettez ? Capitaine.
J'ai attendu si longtemps de pouvoir te toucher.
- Mon chéri, je sais. - Alors, souris.
C'est toujours prévu le soir du mariage de Beecher ?
Nous serons quatre.
Je te retrouverai au Texas.
Et on se mariera aussi.
Il n'y a qu'un seul danger.
Le capitaine Roper.
Ne t'inquiète pas. Je m'occupe de lui.
Vous ne tomberiez pas amoureux, Roper ?
- Pardon, mon colonel ? - Vous êtes enfin humain.
Vous avez même peur que ce rebelle vous la prenne.
Reprenez du punch, mon colonel.
Vous l'avez vue ? Elle a parlé ?
C'est pour quand ?
Pourquoi tous ces secrets ? Vous me prenez pour un imbécile ?
Bonne question. Excellente réponse.
Du calme, Cabot. Tout ira bien.
J'ai aussi hâte que vous de partir. Et Bailey aussi.
Il faut rester prudents.
Roper est très sûr de lui.
En prime, il connaît bien les hommes.
- C'est sûr. - Tant qu'il s'agit d'hommes.
- Les femmes seraient différentes ? - Depuis toujours.
Alors, ça vaut aussi pour vous.
Oui, mais j'en suis conscient.
Roper, peut-être pas.
Vous avez dit Bailey ?
- C'est indispensable ? - Oui, ça l'est.
- Pourquoi cet idiot ? - Parce que c'est un ordre.
Vous le protégez comme votre gamin de frère.
Nous sommes tous frères, Cabot.
Et presque tous des gamins.
Un de ces jours, je vais te faire avaler ta casquette.
Tu sais quoi, Cabot ?
Si tu fais ça, je porterai la tienne.
Pensez-vous que c'est correct ?
De l'eau, de la boue et quelques boutures.
Vous les faites pousser vous-même ?
Les roses de Roper. Ça fait rire tout le monde.
La main verte sous une main de fer.
Vous auriez dû être agriculteur, pas militaire.
Mon père rêvait d'une chose dans ce pays.
Trouver de l'eau, vivre de ses récoltes
et élever du bétail.
Il a dû me le transmettre.
D'où ce jardin.
Ce n'est pas grand-chose...
Vous avez tort.
Comment était votre père ?
C'était quelqu'un.
Il m'a appris à monter et à manier une arme.
A voir et à entendre.
Il était grand.
Vous voyez ce que je veux dire ?
L'homme est supérieur à ce qu'il accomplit. Ou il devrait.
Comme la Bible est supérieure aux religions.
C'était lui, ma Bible.
Vous a-t-il appris à sourire ?
Aussi. Mais j'ai dû oublier.
Tout est si calme.
N'est-ce pas ?
Un calme absolu.
C'est une des merveilles de ce pays.
Tout y est tellement parfait.
C'est la vie dont vous rêvez ?
Où tout serait parfait ?
Pourquoi espérer moins ?
Vous devriez me raccompagner.
Je le crois aussi.
Voilà que vous souriez, capitaine.
Vraiment ?
- Vous allez acheter la robe ? - C'est merveilleux.
- Beecher est un sacré veinard. - Et moi donc.
J'aurais mieux fait l'affaire.
- Vous y allez aussi ? - Bien évidemment.
Il faut bien deux femmes pour acheter une robe.
N'avez-vous pas besoin d'un homme ?
On a toujours besoin d'un homme.
Alors, je vous accompagne.
- Je ne voulais pas dire cela. - Je viens quand même.
- Tu crois qu'elle réussira ? - Si tant est que ce soit possible.
Pourquoi Roper y est allé ?
Aucune idée.
Impossible de mettre le nez dehors,
sans que Roper ne rapplique.
J'ai jamais vu chien de chasse plus tenace.
Notre tour viendra peut-être, gamin.
Ce sera autre chose que de ramener Bailey.
Ou d'acheter une robe.
Une robe de mariée, tout de même.
Quand j'aurai récupéré une arme, tâche de bien peser tes mots.
Apprends d'abord à t'en servir.
Parce que j'en aurai une aussi.
Montrez à Carla où se trouve le magasin de Watson.
- Je trouverai seule. - Justement, je m'y rendais.
- Je te retrouve là-bas. - Bien, ma chérie.
Que comptez-vous acheter ?
Pour moi, rien. Mais de la dentelle pour le trousseau d'Alice.
Méfiez-vous de Watson.
Ce voleur a eu beaucoup de mal à devenir honnête.
Alors, Watson. Comment vont les affaires ?
Il y a des hauts et des bas.
- Une cliente, Mlle Forester. - Enchanté.
- Elle cherche de la dentelle. - Par ici, mademoiselle.
C'est une très belle pièce.
Le capitaine Marsh m'envoie.
Auriez-vous d'autres modèles ?
J'ai un arrivage en provenance de St. Louis.
Voulez-vous voir les caisses dans la remise ?
- Oui, j'aimerais. Merci. - Je vous en prie.
Vous êtes folle de l'avoir amené ici.
Ne vous en faites pas pour Roper. Vous êtes un sympathisant ?
- Oui. - Vous avez l'argent ?
A combien s'élève votre sympathie ?
Que vous faut-il ?
Quatre chevaux, un relais à Lordsville, des vivres et des armes.
- Il n'y a que la moitié. - Vous aurez le reste plus tard.
Vous ravitaillez bien le Fort ?
On y fêtera une noce, le 19.
Toute la ville sera invitée. Faites d'une pierre, deux coups.
Remplissez vos chariots et ramenez une cargaison.
Farine, linge...
Les hommes s'y glisseront. Amenez les chevaux à Canyon Verde.
- Je ne sais pas. - Qu'y a-t-il ?
- Vous êtes un rebelle oui ou non ? - Oui.
- J'hésite. - Faites-le.
Pensez à l'argent de votre patriotisme.
Oui, c'est très joli. Je la prends.
Attention, vous allez vous couper.
J'ai forcé sur la dose hier soir.
- Vous trouvez votre bonheur ? - Absolument. Et vous ?
Oui, un cadeau de mariage.
On n'offre pas une chemise de nuit.
Ce n'est pas pour elle, mais pour Beecher.
Vous n'avez pas l'impression qu'ils se rapprochent beaucoup ?
Si, c'est le cas.
- Vous lui faites confiance ? - Tout à fait.
Mais ça vous démange un peu, hein ?
Un peu. Mais pas au point de saigner.
Qu'est-ce qui vous rend si sûr de vous ?
- Vous. - Et pourquoi cela ?
Votre façon d'allumer le cigare d'un homme.
Vous m'avez fait du charme au premier instant.
J'ai aimé votre façon de faire : ouverte, directe et rapide.
C'était prévisible.
J'ai vu le paysage. Ramenez-moi, maintenant.
J'ai beaucoup pensé à vous.
Je vous voyais vous débattre.
Et ne plus vous débattre du tout.
Ils l'ont déclaré en donnant et en recevant cet anneau,
et en joignant leurs mains.
Je les déclare mari et femme. Amen.
Combien de temps ça va encore durer ?
Tu t'impatientes, fiston ?
Roper prend sûrement du bon temps.
N'est-elle pas adorable ?
Elle est radieuse.
Les femmes sont radieuses, le jour de leur mariage
Et les hommes semblent effrayés.
Ça leur passe.
Tout est prêt ?
Il reste un garde à l'arrière du terrain de manœuvre.
Allez attendre Watson sans vous soucier de Roper.
N'oubliez pas.
Sous le mess, juste après la forge.
Je sais, je sais.
Est-ce qu'il sera bien là ?
Il a donné sa parole.
Le mariage est passé, vous allez partir.
Oui.
Quelle femme rêverait de vivre dans un fort ?
Je vous manquerai ?
Oui. Vous me manquerez.
Pendant une semaine, un mois tout au plus.
Tout le restant de ma vie.
Je n'ai cessé de penser à vous depuis le premier instant.
C'est réciproque.
Vous avez le don de dire les vérités qui blessent.
Je ne voulais pas vous blesser.
J'ignore comment vous dire que je vous aime sinon...
Je vous aime.
Oh oui, vous me manquerez.
Tout le restant de ma vie.
Venez. Je vous raccompagne.
- Où est Watson ? - Il demande un laissez-passer.
Bien. Grimpez.
Comment te sens-tu ?
- J'ai peur. - Bien sûr.
Ne soyez pas si triste. Je ne suis pas encore partie.
Vous n'êtes pas obligée de partir.
Vraiment ?
Carla, voulez-vous m'épouser ?
Il y a une vie que je rêve d'avoir et que je n'ai jamais eue.
Peut-être par peur.
La peur d'essayer cette vie.
Je n'en serai jamais capable tout seul.
Mais tous les deux nous pourrions.
Je ferais tout pour vous rendre heureuse. Je le promets.
Alors ?
Je ne sais pas. J'ai besoin d'y réfléchir seule.
Je vous le demanderai aussi souvent que je vous verrai.
Bonne nuit.
Carla, que fais-tu là ?
- Je viens avec vous. - Tu es folle ?
Je viens.
- Pourquoi elle ? - On l'emmène.
Emmenez qui vous voulez, mais montez !
Ne restez pas plantés là.
Je risque la pendaison ! Allez, montez !
En route, mon grand.
Je l'ai ici, quelque part.
Vous partez, Watson ?
Euh, oui. J'ai égaré mon laissez-passer.
Oh, le voilà.
Il faut que j'y aille. J'ai une dure journée demain.
Un dimanche ?
Je dois faire l'inventaire de mes réserves.
- Que ramenez-vous ? - Des sacs de farine et du linge.
Très bien. Je me demandais pourquoi vous partiez sans escorte.
Pourquoi attaquer un homme qui transporte du linge ?
Pourquoi, en effet.
Ils manquent à l'appel.
Rompez les rangs.
Rompez !
Rompez !
Demi-tour droite. En avant, marche !
Ils ont réussi. Marsh, Young, Campbell, Bailey.
Les autres en feront bientôt autant.
Roper, ramenez-les.
J'en ai ramené un. Personne n'a apprécié.
Et ça n'a servi à rien. Ils n'iront pas bien loin.
Il ne s'agit pas que des prisonniers.
Quoi d'autre, alors ?
Carla !
Eh bien quoi, Carla ?
Envolée, elle aussi.
Vous ne comprenez pas ? C'est elle qui a tout organisé.
Elle s'est moquée de nous.
Ça n'a aucun sens.
Je crois que si.
Je sais ce que vous ressentez.
Je ne ressens rien.
Il faut les ramener.
Et elle aussi, malgré ce qu'elle a fait.
Elle pourrait se faire tuer.
Vous préférez que j'envoie Beecher ?
En pleine lune de miel ?
Non. Je les ramènerai.
Comme elle l'a dit. Je suis l'homme qui ramène tout le monde.
Entrez.
Qu'y a-t-il ?
- Il paraît que vous y allez. - C'est juste.
- Où pensez-vous qu'ils vont ? - Au Texas.
Je vous croyais sur la Gila.
Ils changeront de montures à Lordsville.
Tous les cinq ?
Les trois hommes, la femme et ce lâche...
- J'aimerais vous accompagner. - Demandez au colonel.
- J'ai son accord, pas le vôtre. - Que craignez-vous ?
Que je l'abatte par derrière ou les torture ?
Je pense à la même chose que vous : la fille.
Que vous les tuiez ou non, je viens.
- Avec ma permission. - Oui.
- Ou sans. - En effet.
Vous avez peut-être raison.
On emmène Chavez et Ilota.
- Choisissez 6 hommes. Et bien ! - Bien, mon capitaine.
- Symore ! - Oui, mon capitaine !
Prenez soin des fleurs en mon absence.
- Sinon, c'est vous que je planterai. - Je sais.
- Si je ne reviens pas... - Mais si.
Seuls les bons meurent jeunes.
Alors, j'ai du temps devant moi.
Je dirais l'éternité.
- Beecher. - Oui ?
Fais boire les chevaux. Je trouverai le froussard.
- Mais où ? - Dans un saloon, pardi. Chavez !
Charmant. J'adore les hommes en uniforme.
Tant mieux, je ne compte pas l'enlever.
- Je vous sers quelque chose ? - Je cherche un homme.
Il ressemble à quoi ?
Environ 25 ans, châtain, yeux bleus et le profil bas.
- Il boit du whiskey ? - Aussi.
V'là ton homme.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? - Rien.
"Trouverais-je dans les fables la vérité ?
"La foi serait-elle une tache de sang où le héros est tombé ?
"Ou peut-être une jungle où les enfants se sont égarés
"Tandis que violettes, vers et Dieu ils cherchaient ?"
N'essayez pas de comprendre, c'est de la poésie.
- Je n'essaie pas. - Vous vous fichez de la poésie.
Vous préférez traquer les fuyards.
- Et vous les ramenez tous. - Ou presque.
Vous voyez, Roper. Vous aviez raison.
Je suis lâche.
Vous avez déjà été lâche ? Vous savez ce que ça fait ?
Non. Il faut un cœur pour ça. Et vous n'en avez pas.
Vous n'avez qu'une foutue pierre, à la place.
Je suis content d'être pris. Au moins, c'est terminé.
Où sont-ils, Bailey ? Où ?
Ils rentrent chez eux.
- Ils sont restés longtemps ? - Ils sont perdus.
Les Mescaleros ont envahi tous les environs.
Vous savez comment ils tuent ?
- Oui, je sais. - Je ne pouvais pas y aller.
Je préférais que vous me retrouviez.
Vous voyez combien je suis lâche.
Peu sont comme vous. Pas même Cabot, ni Marsh.
Mais il y a des hommes comme moi.
Ils ne sont pas faits pour tuer.
On les y oblige.
Il n'est pas nécessaire d'être un héros.
Ni même d'être un dur.
Très bien.
Emmenez-moi.
Je vous emmène. Mais pas sans les autres.
Vous aurez de la compagnie.
- Mon capitaine, le sergent Compton. - Qu'est-ce qui vous amène ?
Un chariot est embourbé à 30 km au Nord. Il y a femmes et enfants.
On nous a attaqués ce matin. Je suis inquiet.
- Qui ? - Des Mescaleros. Une trentaine.
- Ils sont armés ? - Pas tous.
- Des dégâts ? - Beaucoup, mon capitaine.
Faites un rapport. Et aidez-le.
Vous y allez seul ?
- J'emmène l'éclaireur et Bailey. - Les fuyards sont si importants ?
Je tiens à les ramener.
- C'est la règle, hein ? - En effet.
Alors, je viens.
Soit. Chavez, amenez-les en ville et faites un rapport.
Bien, mon capitaine.
- Campbell ? - Oui, fiston.
- Tu crois Roper à nos trousses ? - Pour sûr, fiston.
Jusqu'en Virginie, s'il le faut.
Ce gars-là nous suivrait au bout du monde.
Et pour une femme, il viendrait même à pied !
Mais t'en fais pas, fiston. Je suis toujours là.
Je m'en faisais pas. Je voulais juste te faire taire.
Etrange. C'était censé grouiller d'Indiens.
Il n'y a pas âme qui vive.
A quoi penses-tu, Carla ?
- A rien. - Tu es inquiète ?
J'ai dit que ce n'était rien.
Je crois que c'est ce pays. Il est effrayant.
Comme Campbell, qui chante. Et Cabot, qui ne le supporte pas.
On se prend à espérer que Roper nous aura.
C'est ce qui t'effraie ?
Ou bien l'inverse ?
Je ne suis pas perdu, Bailey. Je retrouverai tes amis.
Restez là.
Excuse-moi.
D'accord.
Je n'avais pas le droit de te dire ça.
En effet.
- Tu me pardonneras ? - C'est déjà fait.
On a encore du chemin à faire,
mais on se mariera, tu verras.
C'est tout ce qui compte, oublions le reste.
Nous serons bientôt rentrés.
Carla, on a la vie devant nous. Ça ne te suffit pas ?
Réponds-moi...
A quoi tu joues ?
Je viens de tuer un serpent !
Vous vouliez peut-être que je l'apprivoise ?
C'est le bruit qui nous dérange.
- On est en plein désert. - On pourrait nous entendre.
Si c'est Roper qui vous fait peur, je l'attendrai.
Je le tirerai comme un serpent.
Roper n'est pas le problème. Donne-moi ce fusil.
Ce n'est ni Roper ni le serpent.
C'est cette fille. Elle vous a complètement embobiné.
Du beau boulot.
Le fusil !
Prenez-le.
Mon capitaine...
Je me fiche bien de votre peau,
de Cabot ou de cette donzelle.
Mais si on veut s'en sortir, on doit rester en vie.
Et moi, je compte bien rentrer.
Le fusil,
Cabot.
Lâche ce fusil, Cabot !
Oui, Cabot. Ecoute-le !
Toi aussi, Campbell.
Prenez leurs armes.
Je vous ramène tous au Fort.
- Comme vous avez ramené Bailey ? - Pourquoi pas ?
Je parlais de la fille.
Pas moi.
J'ai deux mots à vous dire.
Vous n'avez rien à dire.
Rangez d'abord votre arme.
Alors, qu'est-ce qu'il y a ?
Vous êtes un menteur !
Vous voulez le tuer ?
Défoulez-vous sur moi, si c'est ce que vous voulez.
C'est moi qui me suis moquée de vous.
Vous en êtes fière ?
Oui !
Il n'y a pas de quoi, c'était facile.
En selle ! On s'en va.
La ferme, Campbell !
On va finir par tomber d'épuisement, à force.
T'en fais pas, il tombera le premier.
Oh, je ne m'en fais pas ! Je suis né sur la selle.
Ma mère montait un canasson quand je suis né, dans le Kentucky.
Je t'imagine mal en nouveau-né, même dans le Kentucky.
On choisit pas où on naît.
Mais l'un dans l'autre,
quand on naît sur la selle, on peut tout aussi bien y mourir.
Des Mescaleros !
Au galop !
Passez devant !
Mettez-vous à l'abri !
Là, dans ce fossé !
Faites fuir les chevaux !
Où sont-ils ?
Derrière la colline.
C'est toi qui as tiré ?
Ailleurs, je te remercierais.
Vous n'en auriez pas l'occasion.
- Garde le fusil. - Merci.
Et moi, on me donne rien ?
Je suis le roi de la carabine.
- Je rate jamais la cible. - Alors échangeons.
Merci, fiston.
T'en veux un aussi, Young ?
Les voilà !
Tu l'as raté !
Non, on a tué le même deux fois.
Tu vois ?
Ils ne le referont pas.
Ne gaspille pas les munitions.
On est bien couverts.
Tant qu'on restera ici, ils ne nous toucheront pas.
T'as raison, fiston. Ils nous toucheront pas.
Mais on est bloqués.
C'est justement ce qu'ils veulent : nous coincer.
Beecher et Cabot, faites le guet.
Une question, Roper. Pourquoi avoir chassé les chevaux ?
A quoi bon être coincés avec des chevaux morts ?
Et maintenant ?
On attend.
Campbell ?
- On est dans une belle panade. - On dirait.
Je pourrais profiter de l'obscurité pour m'échapper.
Tu te retrouverais cloué à un totem. Demande à Beecher.
Les Mescaleros ne dorment pas la nuit.
Et t'irais où ? Le Fort est à plus de 80 km.
Ce serait mieux que de croupir ici.
C'est quoi ?
Ils chantent pour enterrer leurs morts.
Un animal revient toujours.
Ils ne l'ont pas vu.
Si, ils l'ont vu...
Ils attendent que quelqu'un fuie.
J'y vais.
Non, la fille d'abord.
Approche !
Approche, noiraud.
Vous allez l'effrayer.
Laissez-moi y aller.
Sale lâche !
Je vous avais dit de pas l'amener !
Ferme-la !
Espèce de lâche...
Ben voilà, c'est fini.
Oui, en tout cas pour ce soir.
Je prends le relais, Cabot.
Quelle heure il est ?
Pourquoi, t'as rendez-vous ?
Qu'est-ce qu'ils attendent, à la fin ?
Va leur demander.
Ils allaient rejoindre Cochise.
Peut-être plus.
Pour eux, toutes les armes sont bonnes.
Lesquelles ?
Lève la tête, Campbell.
Le soleil.
Tu crois que Bailey y est arrivé ?
Qui sait.
Si la voie est libre jusqu'au Texas...
il est déjà rentré chez lui.
Tout doux !
Tu comptes faire de vieux os ?
Tiens, v'là un copain à toi.
C'est pas moi qu'il veut.
C'est après ta chair de jeune caille qu'il en a.
Ce serait drôle que Bailey croise une patrouille de Fort Bravo
ou qu'il y aille carrément.
Il est pas si bête.
Il y a une limite à tout, sauf à la bêtise.
Crois-moi, fiston,
elle est infinie.
Parle pour toi, Campbell.
Fais donc un petit somme.
Je te réveillerai quand tu seras mort.
Tirez.
Pourquoi il a fait ça ?
Le soleil lui a tapé sur la tête.
Les revoilà.
- C'est grave ? - J'ai vu pire.
Drôle de façon de nous attaquer.
Ils cherchent à nous encercler ?
Je ne comprends pas.
T'inquiète, je vais bien.
En haut à gauche. Quelle artillerie !
A droite.
Nous sommes cernés.
Protégez-vous !
Fuyons ! Par là !
C'est à notre tour.
Non.
Ils vont nous regarder mourir à petit feu.
Ils ont le temps.
Qu'est-ce qu'ils font maintenant ?
Ils attendent de voir si on est morts.
Quand viendront-ils s'en assurer ?
Bientôt.
A l'aube.
Roper, vous pourriez être loin, à l'aube.
Prenez ça et emmenez Carla.
C'est encore moi qui commande, Marsh.
Je resterai ici.
Ne mourez pas pour moi, Roper.
Vous avez un pays à conquérir. Rentrez vous battre.
Rentrez arroser vos roses, Roper.
Vous vous fatiguez pour rien.
Si vous ne vous fuyez pas d'ici avec Carla,
je vous tue.
Au fait...
Concernant Carla...
Elle a fait ce qu'on lui avait demandé.
Ce qu'on n'avait pas prévu,
c'est qu'elle vous aime.
Et pourtant.
Alors partez avec elle !
Venez.
Tu as un message pour Alice, Beecher ?
Dites-lui que je l'aime.
Vous comprenez, Roper ?
Je crois.
Bien, alors partez.
Pardon, John.
Je regrette.
C'est notre dernière chance.
Si je leur fais croire que je suis le seul survivant,
que vous êtes tous morts,
ils vous laisseront aux charognards
et partiront rejoindre Cochise.
Ainsi, Beecher et Marsh...
Et vous ?
Ça aussi, ça fait partie des règles ?
Bailey ?
Content de te voir, fiston.
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