All language subtitles for 1936_Camille-Le_roman_de_Marguerite_Gautier_HD_VOSTFREN.7.5

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

LA DAME AUX CAMÉLIAS

Dans le demi-monde parisien,

on se rencontrait au théâtre, au bal

et dans les cercles de jeu

où des idylles se nouaient discrètement.

Voici l'histoire d'une de ces créatures

charmantes et populaires, Marguerite Gautier,

à qui le champagne faisait pétiller l'esprit et les larmes,

et parfois, briller les yeux.

Pour la Dame aux camélias.

Ils sont deux fois plus gros que d'habitude.

J'en prendrai deux fois plus demain.

Deux fois plus ?

Ne l'écoutez pas ! Je sais ce que ça lui coûte !

Moins que les toilettes qu'elle vous commande !

C'est un placement !

Oui, je commande trop de fleurs, trop de tout.

Mais j'en ai tellement envie ! Au théâtre.

Vous êtes d'une prodigalité !

Vous ne serez pas toujours jeune.

Il est temps de songer à votre avenir.

J'ai l'homme qu'il vous faut.

Vraiment ?

Oui.

Ça ne vous intéresse pas de savoir qui ?

Qui est-ce ?

C'est le baron de Varville.

Un des hommes les plus riches et les plus élégants de Paris.

Déjà un pied dans la tombe, je suppose.

Pas du tout ! Au contraire !

Il est jeune et beau.

Et je tiens de source sûre qu'il sera ce soir au théâtre.

Voilà pourquoi vous devez vous faire belle !

Portez un mot de ma part. Vous aurez un bon pourboire

si vous ne vous trompez pas.

Vous connaissez le baron de Varville ?

- Oui, madame. - Bien !

Voilà qui est fait !

Suivez-moi.

Ma chère, vous êtes quasiment déjà baronne !

Ne m'oubliez pas.

- Où sommes-nous ? - Dans la loge A, comme toujours.

Le baron ne peut se tromper.

Ouvrez-nous la loge A.

La loge A est occupée.

Votre billet, je vous prie.

Vous avez la loge B.

Mais j'ai demandé...

Vous devriez porter des lunettes !

- Quel culot ! - N'insistez pas.

Qui est là-dedans ?

Une amie à vous.

Olympe !

Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.

Vous avez tout arrangé pour Olympe !

Cette misérable fraudeuse ne dérangera pas mes plans !

Elle changera de place.

Alors, battez-vous, mesdames !

Mon ange !

Marguerite ! Ma chérie !

Comment vas-tu, ma chère ?

Tu es en beauté ce soir.

- Quel est ton parfum ? - Secret !

Comment vas-tu, vieille voleuse ?

Ce que tu peux être taquine !

Pourquoi restons-nous en plein courant d'air ?

Il y a eu un petit malentendu concernant nos billets

et nous voudrions changer de loge avec toi.

Pourquoi ?

Je ne comprends pas. La vôtre est aussi bien.

Tu connais Prudence. Elle adore faire des mystères.

Il vaut mieux garder certaines choses secrètes.

Fais ce que je te demande et je t'offre une toque de fourrure.

Entendu. Je partirai à l'entracte.

Un billet pour M. le baron.

Une certaine dame espère que M. le baron de Varville

l'honorera de sa présence dans la loge A.

- Où est la loge A ? - Là.

Sur la gauche.

Montrez-moi ma place.

Il n'y a pas de réponse, M. le baron ?

Je verrai plus tard.

Tu vois cet homme élégant qui est debout ?

Lequel ?

Au 2e rang, dans l'allée.

Oui. Qui est-ce ?

Oui. C'est le fabuleusement riche baron de Varville.

J'ignorais que les hommes riches ressemblaient à cela.

Il nous regarde !

Tu peux garder ta toque, Prudence.

Le baron vient vers nous, je veux faire sa connaissance.

C'est moi qu'il vient voir !

C'était donc ça !

Je l'ai invité moi-même.

Tu as bien fait. Merci, ma chère.

Tu dois donc me laisser le recevoir seule.

L'ennui, c'est qu'il me plaît aussi.

Il m'a fait les yeux doux toute la soirée.

Il t'a à peine regardée. Je ne l'ai pas quitté de mes jumelles,

sauf pour le laisser me regarder.

C'est peut-être à cet instant qu'il m'a souri.

C'est faux ! Et il ne te verra pas ici !

Il me verra donc ailleurs.

J'en appelle à ton honneur, si toutefois tu en as !

Sors d'ici, vieille peau, avant que je t'y force !

Tu es vraiment idiote !

C'est toi qui l'es...

en faisant confiance à ce vieux vautour !

Elle me traite de vautour !

Elle qui dévaliserait un cadavre !

Si tu continues à dilapider ton argent,

tu retourneras là d'où tu viens,

dans une ferme, à traire les vaches et à garder les poules !

Ce sont des amies plus sûres que celles qu'on se fait à Paris.

Dites au baron de nous rejoindre dans la loge B. Vite !

Je me suis trompée.

La dame du billet vous prie de la rejoindre dans la loge B.

Alors, c'est vous ? Entrez donc !

Mais votre réponse !

Répondez que je suis occupé pour l'instant.

Vous me suivez ?

Vous... m'avez adressé un sourire, non ?

Le vôtre s'adressait-il à moi ou à mon amie ?

Quelle amie ?

Vous ne l'avez pas vue ?

Je me demandais si vous m'inviteriez dans votre loge.

Pourquoi pas ?

Nous étions destinés à nous rencontrer ce soir, non ?

C'est sûrement le Destin.

J'ai espéré cela si longtemps !

Vous ne me croyez pas ?

Je vous ai vue la 1 re fois il y a un an et demi.

Vous étiez vêtue de blanc.

Vous êtes entrée dans une boutique, place de la Bourse.

C'est possible. J'avais un tailleur là-bas.

Vous portiez une robe légère avec des km de dentelle,

un chapeau de paille, un châle brodé, un seul bracelet,

et, bien sûr, des camélias à la ceinture.

Quelle prodigieuse mémoire !

La fois suivante, à l'Opéra Comique, vous portiez un manteau de fourrure.

Gaston, un ami commun, m'a dit que vous aviez été malade.

Et cela m'a fait mal.

Si vous dites vrai, pourquoi ne m'avoir jamais adressé la parole ?

Je ne vous connaissais pas.

Ce soir non plus.

Votre sourire m'a dit que vous ne m'en voudriez pas.

Et maintenant que vous me voyez ?

Je sais à présent que je vous aime

depuis le premier jour.

J'avais besoin d'avaler un cognac !

Et ensuite, deux cognacs !

Et ensuite, encore un !

Seulement quatre ?

Allez donc en boire un autre, et un autre après ça.

Vous voulez me saouler ?

Elle veut se débarrasser de nous.

Elle veut être seule avec mon ami.

Pour une fois, vous voyez juste, Gaston.

Qui est votre ami ?

Baron de Varville, ma voisine, Mme Duvernoy.

Le baron, lui ?

Je comprends pourquoi on la gênait !

Je... n'ai jamais rien dit de tel.

Il est là-bas, le baron, avec cette misérable !

C'est assez drôle.

Très drôle, en effet.

Baron ou pas baron, asseyez-vous donc !

Je doute que ma place soit encore ici, à présent.

Allons donc ! Qui êtes-vous, au fait ?

Armand Duval. Et je n'ai jamais eu à rougir de mon nom.

Je ne suis pas toujours sincère,

mais je ne regrette pas cette méprise.

Moi non plus.

Le baron regarde sans cesse par ici.

Puisque vous ne voulez pas vous asseoir,

voudriez-vous m'acheter des marrons glacés ?

J'aurai la discrétion de ne pas revenir trop vite.

Comment s'appelle votre amie ?

Quelle amie ?

La jeune personne dans la loge d'en face.

Oh, elle ? Ce n'est pas exactement une amie.

Je la connais, bien sûr,

mais il est difficile de s'entendre avec elle.

Quel est son nom ?

Elle a la réputation de jeter l'argent par les fenêtres

et d'être une hypocrite.

J'aime la sincérité. Pas vous ?

Une qualité admirable !

Elle est du genre à dire une chose et à en penser une autre.

Qui ?

Marguerite. La fille dont nous parlons.

Et son nom de famille ?

Gautier. Un faux nom, bien sûr.

Le sien était très ordinaire.

Elle ne vaut pas la peine qu'on s'y attarde.

Une amie donne une réception ce soir. Voulez-vous venir ?

Je déteste cela. Merci pour ce charmant entracte.

Vous reverrai-je ?

C'est fort probable.

Suis-je importun ?

Non. Vous êtes le bienvenu.

J'étais ravi de voir que vous étiez seule.

J'ai dû faire deux boutiques pour trouver vos marrons glacés !

Je ne suis pas pressé.

Ils sont tout frais. Vous voulez goûter ?

Le cocher se permet de vous rappeler que les chevaux s'impatientent.

Je dois partir.

Je songe à vous emmener avec moi.

Les médecins me déconseillent la Russie.

Même en été ?

Le voyage serait trop fatigant.

Je retomberais malade et vous vous ennuieriez.

Que puis-je vous donner en guise de souvenir ?

Vous ne pouvez m'offrir ce que je souhaiterais.

Une larme. Vous n'êtes pas assez triste de me voir partir.

Mais si, je suis triste.

Désirez-vous quelque chose avant mon départ ?

Oui. Je vais aux enchères cet après-midi.

Je voudrais acheter 2 chevaux.

Je viens de vous en offrir 2.

Oui, mais ceux-là appartenaient à une amie morte récemment.

Elle aurait aimé que je les reprenne.

Vous n'en avez guère besoin.

Olympe en a envie. Elle veut toujours ce que je veux.

Je ne veux pas qu'elle les ait.

Êtes-vous à ce point jalouse d'elle ?

Pour être franche,

c'est surtout le cocher qui m'intéresse.

Et il sera malheureux sans ses chevaux.

Il doit être très séduisant.

Oh non ! Il est très âgé.

Il a besoin d'aide et Olympe en est incapable.

Tant de cœur et si peu de raison !

Je suis curieux de rencontrer ce cocher.

Ils valent au moins 5 000 F !

2 500 !

3 000 !

C'est donc pour ça que tu es venue !

3 100 !

3 750 !

4 000 !

C'est trop !

Oui. Abandonne !

4 100 !

4 500 !

5 000 !

Pas plus, pour ces magnifiques alezans ?

5 100 !

6 000 !

1 fois, 2 fois...

adjugés !

Il paraît qu'ils s'emballent pour un rien !

Dis au cocher que nous le prenons avec les chevaux, Nanine.

Tu as un grand cœur.

J'espère que le mien ne me coûtera jamais aussi cher !

Aucun risque !

Une femme ne doit jamais avoir le cœur plus grand que la bourse.

Les avez-vous invités pour demain soir ?

Je croyais le baron hostile à ça.

Il est parti. Nous serons entre amis.

Vous êtes brouillés ?

Pas encore. Mais ne perds pas espoir !

Comme tu as l'air heureuse !

- L'amour ? - Tout juste.

- Toujours le même ? - Bien sûr !

Et figure-toi qu'il parle de mariage !

Dès qu'il aura obtenu son diplôme d'avocat.

On dirait qu'il te fait une grâce.

Certainement ! Je n'ai pas de dot, et c'est un gentleman !

Alors pourquoi cet emportement ?

C'est le rêve, d'aimer et d'épouser celui qu'on aime.

Je me méfie des rêves.

Tu peux espérer mieux qu'un jeune avocat sans le sou.

Je ne veux que Gustave !

Tu ne seras peut-être pas toujours une petite oie blanche.

Viens me voir de temps à autre. Tu es ma plus vieille amie à Paris.

C'est promis.

Je songe souvent au temps où on travaillait à la mercerie.

Je suis si heureuse de te voir en forme !

Je le suis toujours, près de la mort.

Et mes marrons glacés ?

Je les ai mangés, il y a six mois.

Quel dommage !

Mais je me félicite

de pouvoir vous rendre ceci.

Je l'ai trouvé par terre, dans votre loge.

Vous l'avez gardé tout ce temps ?

Comme un vieil ami,

pour me rappeler que je ne suis pas le baron de Varville.

Ce n'est guère romanesque.

Il m'a servi de rempart contre le romanesque.

Très sage !

Êtes-vous donc si désabusé ?

C'est pourquoi vous n'êtes jamais venu me voir ?

Peut-être.

On a tous besoin d'amis.

Je vous cherchais.

Vous voyez, elle se porte à nouveau très bien.

Elle irait mieux si elle se soignait.

Ma santé n'intéresse pas M. Duval.

Il a apporté des fleurs chaque jour.

C'était lui ?

Il ne se nommait pas. Alors je...

Parfait, Nanine. Attends-moi en bas.

Il fallait demander à me voir.

Je vous savais très entourée.

Je n'avais personne durant toutes ces semaines où j'ai failli mourir.

Pas même le baron ?

Le baron avait choisi d'être en Angleterre.

Vous êtes le seul à vous être donné la peine de venir.

Mais à présent ?

Je vais bien et tout est pour le mieux !

Viendrez-vous demain ? Je donne une soirée pour mon anniversaire.

Ne craignez-vous pas une rechute ?

Je ne crains rien, excepté l'ennui. Venez après le théâtre.

Je viendrai et vous offrirai ce livre. L'avez-vous lu ?

Je ne lis jamais.

- C'est Manon Lescaut. - Qui était-ce ?

Une jolie fille qui a vécu pour l'amour et le plaisir.

Ce doit être une belle histoire.

Oui, mais triste. Elle meurt à la fin.

Je n'aime pas les pensées tristes.

Mais nous sommes tous appelés à mourir.

Peut-être ce livre sera-t-il vendu aux enchères après ma mort ?

Quelle triste idée.

Il m'en vient, parfois.

J'avais peur que vous ne veniez pas.

Nous allions passer à table.

Grands dieux ! En voilà des cérémonies !

C'est une soirée élégante !

Élégante ou pas, il faut que j'ôte mes chaussures !

Aide-moi, Gaston !

Plus haut, si tu peux !

Qu'est-ce donc ?

- Des perdreaux, madame. - J'en veux quelques-uns.

Quelques-uns ? Ce ne sont pas des huîtres !

Ils ne sont guère plus gros.

C'est la meilleure !

Ce n'est pas juste. Racontez !

Je connais la fin ! Mais continuez !

Elle est aussi vieille que Prudence.

Je suis vieille, moi ?

J'ai 36 ans !

Armand est triste comme une chanson à boire !

Vous êtes choqué ?

Certes, non. Gaston tient de moi toutes ses histoires drôles.

Je regrette seulement qu'on les dise ici.

Allons ! Je ne sors pas tout droit du couvent !

Personne ne danse ça aussi bien que moi !

Arrête de jouer sinon Olympe va tomber raide.

Elle n'est plus toute jeune.

Plus vite ! Plus vite !

Tu vas tomber, chérie !

Après tout, ça m'est égal !

Je ne suis pas fatiguée.

Je vous adore !

Une valse, Charles !

J'ai envie de jouer une polka.

Qu'avez-vous ? Vous avez l'air malade aussi.

C'est de vous voir souffrante.

Ce n'est rien. C'est déjà passé.

Vous vous tuez.

Vous êtes le seul que cela dérange.

Allez donc danser avec l'une de ces jolies filles.

Quel enfant vous faites !

Votre main est brûlante.

C'est pour la rafraîchir que vous la couvrez de larmes ?

Je sais que je ne suis rien pour vous,

mais quelqu'un doit prendre soin de vous.

Je le pourrais si vous le vouliez.

Le vin vous rend sentimental.

Ce n'est pas le vin qui m'a conduit ici chaque jour pendant des mois.

Non, assurément.

Ainsi, vous voulez prendre soin de moi ?

- Tous les jours ? - Tous les jours. Oui.

Pourquoi m'aimeriez-vous ?

Je suis nerveuse, ou triste, ou trop gaie.

Mais je tiens à vous.

Vous savez, vous devriez vous marier.

Vous êtes sensible. Ce genre de société ne vous convient guère.

À vous non plus.

Ce sont mes seuls amis et je ne vaux pas mieux qu'eux.

Mais je vais vous donner un conseil d'amie.

Que vais-je faire de vous ?

Je vous aime comme personne !

C'est peut-être vrai, mais qu'y puis-je ?

Allez-vous-en et ne me revoyez plus.

Mais ne partez pas fâché.

Revenez de temps en temps.

Nous causerons, en toute amitié.

C'est trop, et pas assez !

Ne croyez-vous pas à l'amour ?

Je ne sais pas ce que c'est.

Oh, merci !

De quoi ?

De n'avoir jamais aimé !

Riez ! Peut-être est-ce la seule chose qui me guérira.

Au moins, je vous crois sincère.

Après tout, une mourante peut bien se permettre un caprice !

Vous voyez, je ne ris plus.

Prenez ce camélia et revenez quand il sera mort.

- Quand cela ? - Demain soir.

Il est déjà mort !

C'est impossible !

Renvoyez ces gens !

- Je ne peux pas. - Je leur dirai que vous êtes souffrante.

Il vous faudra partir aussi.

Revenez plus tard. Seul.

Allez par-là et je dirai à Nanine de vous renvoyer tous.

Vous ne m'envoyez pas acheter des marrons glacés ?

Tenez. Vous n'aurez besoin de personne pour entrer.

Vous êtes un ange !

L'argent du chapeau est pour celle qui le touchera du pied !

Je n’ai pas besoin d'élan pour lever la jambe !

Madame est désolée. Il faut vous en aller.

Juste quand on commençait à s'amuser !

Mauvaise nouvelle ! Marguerite nous met dehors !

J'ai vu qu'elle se sentait mal.

Quel rabat-joie !

Elle a trop bu !

Ne sois pas chipie. Il est tard.

Allons ailleurs !

Allons chez moi !

Emportons à manger. J'ai à nouveau faim !

Quand sont-ils partis ?

Il y a une demi-heure.

- Renvoie les domestiques. - C'est fait.

J'ai préparé à souper pour vous deux.

Bonne Nanine ! Parfaite Nanine !

Vous n'avez pas perdu de temps pour fêter mon départ.

Je me doutais bien que vous n'iriez pas en Russie.

Soyez flattée que je n'aie pu le faire sans vous.

J'ai roulé tout le jour, puis j'ai fait demi-tour.

À souper ?

Pour deux ? Qui attendiez-vous ?

Vous.

Quand un homme annonce qu'il part, je ne le crois jamais.

Ne voulez-vous pas manger ?

Je n'ai pas faim.

Alors buvez quelque chose.

Buvez avec moi.

Je n'ai pas soif.

Moi si.

Bon anniversaire !

Ce passage est trop difficile.

Tous ces dièses...

Votre esprit est ailleurs.

Je n'ai jamais pu le jouer, vous le savez.

- Vous le jouez si bien. - Mon seul mérite.

Jouez-le-moi, voulez-vous ?

Vous n'êtes pas fatiguée ? Il est tard.

Souhaitez-vous que je rentre ?

Jouez, je vous en prie.

Verrouille la porte et si on sonne, n'ouvre pas.

Que murmurez-vous ?

Je donnais des ordres à Nanine.

Je n'en doute pas.

Jouez encore.

Je déteste les sonnettes quand je suis au piano.

On a sonné ?

Ma musique vous rend-elle sourde au reste du monde ?

Vous jouez très bien.

Vous mentez très bien.

Merci. C'est plus que je ne mérite.

Vous vous sous-estimez.

Je vais vous dire qui c'est.

- Me croirez-vous ? - Non. Qui est-ce ?

Quelqu'un qui se trompe de porte.

Ou alors le grand amour de ma vie !

Le grand amour de votre vie ! Charmant !

Cela se pourrait bien !

Je veux encore la contempler

en 1 re communiante !

Que Dieu te garde pure et heureuse, mon enfant !

À présent, en cette heureuse circonstance,

levons notre verre au bonheur de notre famille.

Buvons au bonheur de ma chère sœur et de mon cher ami,

qui se connaissent depuis l'enfance et qui seront bientôt mari et femme.

Heureux que tu sois des nôtres, mon fils,

même si tu n'as pas le temps de venir à l'église.

Mon retour est intéressé.

- Tu as des dettes ? - Ce n'est pas ça.

- Tu es amoureux ? - Vous n'y êtes pas.

Alors, quoi ?

- Je veux voyager. - Où ça ?

N'importe où.

En attendant un poste aux Affaires Étrangères,

je ferais mieux de voyager.

Ce n'est pas une mauvaise idée.

Ton revenu ne te permettra pas de mener grand train.

J'ai un capital.

Pas question !

L'héritage de ton grand-père doit rester intact.

Mais j'ai une petite somme disponible.

- Vous me la donneriez ? - Pourquoi pas ?

Tu n'es pas un si mauvais fils ! Quand pars-tu ?

Tout de suite. Dès demain, si possible.

Nous allons au théâtre ! Vous n'êtes pas habillée ?

J'ai changé d'avis.

Allons, dépêchez-vous !

Comment écrit-on "excuses" ?

Est-ce que je sais ? Je n'ai pas fait d'études.

Mais vous êtes parisienne.

Il y a six ans, je ne savais pas écrire mon nom.

Demandez à Nanine.

Elle l'a déjà fait. Toujours les mêmes excuses ?

C'est inutile, maintenant !

Si cet homme vous rend malheureuse,

c'est à lui de vous faire des excuses.

C'est ma faute !

Il part, Prudence.

À d'autres ! Les hommes ne partent jamais !

C'est sérieux. C'est peut-être mieux ainsi.

Mais il n'avait pas le droit de m'écrire cela.

Bien sûr. Venez au théâtre.

Avant, vous passerez vous assurer qu'il part.

Quelle idée d'habiter au 4e étage !

- Mlle Gautier vous envoie ? - Oui.

Cette fille est folle.

Elle veut savoir si vous partez maintenant,

comme vous le lui avez écrit.

Oui. Je pars demain matin.

Cela vaut mieux pour vous deux !

Ne vous avais-je pas dit de m'attendre en bas ?

Ainsi, vous êtes bien décidé ?

Attendez-moi dans la voiture.

Très bien, si je suis de trop...

Non, il vaut mieux que je reste.

Je ne crois pas.

Ne faites pas ça !

Alors, dépêchez-vous !

Quelle chipie !

Votre lettre était très dure.

Qu'espériez-vous ? J'ai vu la voiture du baron.

Vous étiez jaloux ?

Bien sûr.

Alors, vous avez raison de partir.

Qu'importe que je parte ou que je reste ?

J'ai été stupide et vous avez dû bien rire.

Je n'ai pas ri.

J'étais en colère à cause de votre lettre,

mais je n'ai pas ri.

C'est parce que je vous aimais !

J'avais un petit chien

qui était triste quand je l'étais.

Je l'adorais.

Quand vos larmes ont mouillé ma main, je vous ai aimé immédiatement.

Mais vous ne pouvez comprendre...

Qui est cette jolie fille ?

Ma sœur Louise.

Et l'autre ?

Une autre sœur.

Et c'est votre mère ?

Votre père l'adore, j'imagine ?

Et comment !

Ils doivent être mariés depuis longtemps.

30 ans.

Et ils s'aiment depuis tout ce temps ?

Vous semblez en douter.

On a peine à croire qu'un tel bonheur puisse exister.

C'est vous, à présent, qui versez des larmes sur ma main.

Pourquoi ?

Ni vous ni personne ne m'aimerez pendant 30 ans.

Je vous aimerai toute ma vie. Je le sais, maintenant.

Toute ma vie.

Petit dormeur !

Je ne dormais pas.

Je rêvais.

De toi.

Nous étions à la campagne. Seuls. Loin d'ici.

Je le voudrais tant !

Laisse-moi t'y emmener.

Très longtemps. Jusqu'à ta guérison.

Quelle folie !

Pourquoi ?

Cela coûte cher, la campagne !

J'ai de l'argent.

Combien ?

7 000 F par an.

J'en dépense davantage en un mois,

sans me soucier de qui me les donne.

- Ne dis pas ça. - Mais c'est vrai !

Renonce au baron.

C'est à toi que je dois renoncer.

Je t'ai déjà dit de m'oublier.

Alors, pars en voyage et oublie-moi.

Je croyais compter un peu pour toi.

Tu comptes déjà trop.

Tu as la vie devant toi.

Tu sais ce que la mienne a été.

Cela m'est égal !

Tu as besoin d'amour plus que d'argent.

Et de soins plus que d'amour.

Je saurais si bien te soigner, si tu me le permettais.

Tu ne serais pas heureux avec moi.

Tu as sûrement raison.

Ni toi avec moi. Je partirai aujourd'hui.

Je ne pensais qu'à toi,

pas à moi.

Alors, partons à la campagne.

Si je dois partir avec toi,

me promets-tu de ne plus être jaloux ?

- C'est promis. - Juré ?

Je te le jure. À condition...

que tu me jures de ne plus revoir le baron.

Tu ne cesserais de te torturer.

Dans une heure tu me demanderas un autre serment.

Tu n'es pas raisonnable.

J'en demande trop.

Moi aussi.

Comment peut-on bâtir une vie nouvelle

dans un moment d'amour ?

Car c'est ce que tu veux que je fasse les yeux fermés.

Alors, ferme les yeux et dis oui. C'est un ordre !

Je dirai au baron que j'en aime un autre,

que je pars à la campagne

et que je ne le verrai plus.

Vous êtes folle ?

Je vous croyais au moins honnête !

C'est parce qu'elle est honnête qu'elle quitte le baron !

Qui paiera ses dettes ?

Je savais que vous causeriez notre ruine.

Comment osez-vous ?

C'est la vérité !

Ne me doit-elle pas, à moi, plus de 17 000 F ?

Je ne la laisserai pas quitter Paris sans m'avoir payée !

Je pars, un point c'est tout !

Et si vos créanciers se rabattent sur Armand Duval ?

- Ils ne feraient pas ça ! - Ils vous poursuivront

comme une meute de loups !

Charmantes vacances !

Pourquoi rien n'est-il jamais parfait ?

Que faire, Prudence ?

Demandez de l'argent au baron.

Même si je le quitte ?

Inutile de lui avouer le reste.

Elle a raison.

Vous ne pouvez partir sans argent.

Êtes-vous soudain devenue une écolière sentimentale ?

Voilà le baron. Réglez cette question tout de suite.

Bonjour et au revoir !

J'espère que vous encouragerez le projet de Marguerite !

Le médecin lui recommande quelques mois à la campagne.

Elle vous racontera elle-même.

Je n'en doute pas.

Mes comptes ne sont-ils pas en ordre ?

Magnifique !

C'est parfait. Mais pourquoi ?

Ces factures doivent être payées. Je dois 40 000 F.

Voulez-vous m'avancer l'argent ?

Mais que vais-je faire ?

Accompagnez-moi en Russie, et mon argent sera le vôtre.

Si vous êtes mon ami, pourquoi ne pas me prêter cette somme ?

Parce qu'ensuite, je cesserais de vous être utile.

Je ne vous trouve pas très généreux.

Prudence m'a confié votre projet.

C'est une vraie pie !

Vivre seule à la campagne

est une idée merveilleuse,

mais qui ne vous ressemble guère.

Qu'y pouvez-vous ?

Je peux choisir de vous oublier.

Pourquoi ?

Soit je vous évite à l'avenir,

soit je vous sors de la vie que vous menez.

Vous voulez m'enfermer dans votre lugubre château ?

Peut-être.

Il est clair que vous avez un acolyte pour cette escapade rustique.

Ma consolation sera

d'être débarrassé de vous.

Voici les 40 000 F. Mais ce sont les derniers.

Et cela met fin à notre relation.

Je ne commets jamais 2 fois la même erreur.

Elle dort.

Non ! Les bijoux, c'est moi qui m'en occupe !

Pas très grand !

C'est modeste.

C'est le Paradis !

- Vous êtes malade ? - Non. Pourquoi ?

Éveillée de si bonne heure !

Je ne suis pas malade. Je veux me lever !

Est-ce un rêve ? Sommes-nous vraiment ici ?

Ça, oui !

Vous ne tarderez pas à vouloir rentrer à Paris !

Cette maison n'est qu'un poulailler !

Pas d'éclairage au gaz, il faut puiser son eau

et la faire chauffer sur le poêle.

La nuit, les oiseaux vous empêchent de dormir.

À l'aube, c'est encore pire : les poules, sans doute.

Les draps sont si rugueux que je me suis grattée toute la nuit.

Je n'ai jamais mieux dormi !

L'auberge de M. Duval est loin d'ici ?

Est-ce que je sais ?

Il a dit qu'il viendrait tôt.

Je meurs de faim !

Quel air délicieux ! Quelle chambre divine !

Vous m'avez fait peur ! Frappez discrètement !

Quand j'ai les mains prises, je frappe avec mes sabots !

Monsieur a dit que vous prendriez du lait.

Madame boit du café !

À la campagne, je préfère le lait.

À dix heures, je vous ferai des œufs frais.

- Quelle race, vos vaches ? - Jersey.

Je m'en doutais. Comment les nourrissez-vous ?

De trèfle, de foin, de son.

Absurde ! L'essentiel est qu'elles ne se fatiguent pas à courir.

Comment les en empêcher ?

Je les garderai un jour et je vous expliquerai.

Fatiguée ?

Délicieusement lasse !

Allons voir ce qu'il y a derrière cette colline.

Plus rien ne compte que ce qui est près de moi.

Quelle vue splendide !

On dirait le château d'un roi.

Enfant, je rêvais de voir l'intérieur d'un grand château.

Tu es fatiguée.

Je ne suis pas encore habituée à ces longues promenades.

- Vous allez loin ? - Jusqu'au village.

Pouvez-vous nous rapprocher ?

Avec plaisir, monsieur.

Nous sommes allés plus loin que prévu.

À qui est ce château ?

Vous n'êtes pas d'ici ? À mon maître, le baron de Varville.

Pas de lettre ?

Non, madame.

S'il en arrive une quand je suis avec M. Armand,

mets-la dans ce livre et dis à Jacques de me l'apporter.

M. Armand ne doit rien savoir.

J'expliquerai moi-même à Jacques.

Elle a de bonnes raisons, monsieur.

Je n'en doute pas.

Te voilà ! Quelle belle journée !

Si belle, vraiment ?

Les oiseaux l'ont remarqué aussi.

Pourquoi ce silence ?

Pourquoi pas ?

Asseyons-nous.

Comme la terre sent bon !

Un trèfle à quatre feuilles ! Cela porte bonheur.

Enfant, je croyais que cela pouvait tout changer.

Pourquoi es-tu si sombre ?

Si tu souris, je te l'offre.

Garde-le.

Votre livre, madame.

Tu lis donc Manon Lescaut ?

Je ne veux pas.

C'est une menteuse, une tricheuse !

Mais elle aime son amant.

Il ne vaut pas mieux. Il accepte le partage !

- Elle est pauvre. - Il ne faut pas aimer un pauvre.

Tu me fais mal, Armand !

Donne-moi ce livre !

La lettre que tu attendais.

Lis-la.

Ainsi, tu as vendu tes bijoux ?

Une bague. Pour que Nichette ait une robe de mariée et une dot.

Pardonne-moi !

N'en ai-je pas l'habitude ?

Tu es un ange !

Et si on mariait Nichette ici ?

- Tu veux bien ? - Oui.

Écrivons-lui tout de suite !

Tu m'épelleras les mots difficiles !

Le Tout-Paris devrait voir cette robe !

La plus jolie qui soit jamais sortie de ma boutique !

Pourquoi pleurent-ils tous ?

- Qui êtes-vous ? - Le boucher.

Grâce à toi, je suis comme une princesse.

Une jolie robe, une dot et un si beau mariage !

Enfin prête ! Dépêche-toi !

Ne me bouscule pas.

Autrefois, le vin me montait à la tête.

À présent, il me descend dans les jambes !

Que murmuriez-vous, Prudence et toi ?

Je te le dirai plus tard.

Elle trouve que tu te perds avec moi, hein ? Elle a peut-être raison.

Qu'entendait Gaston par "ta nomination manquée" ?

Un poste aux Affaires Étrangères qu'il croyait que je briguais.

- Tu n'en voulais pas ? - Non.

Il m'aurait fallu quitter la France.

Veux-tu rentrer ?

Escaladons la colline.

Pour admirer le château du baron ?

Tu tiens à gâcher une si belle journée ?

Je ne peux oublier qu'il est notre voisin.

Mais moi, je suis là.

Ne me quitte jamais !

Jamais !

Mais toi...

Je ne veux pas que notre été finisse.

Moi non plus.

Tu ne te lasseras pas de cette vie ?

Je ne pourrais plus vivre autrement.

J'ai demandé mon capital à mon père.

Pour notre avenir.

Tu ne peux pas vivre dans deux pièces comme Nichette.

Tu auras une maison à toi.

Je pars à Paris demain pour étudier le testament de mon grand-père.

Sais-tu ce que j'ai demandé à Prudence ?

De tout vendre et de payer mes dettes.

Je louerai un 2 pièces.

Tu renoncerais à tout pour moi ?

À tout au monde !

Ne sois plus jaloux.

Ne doute plus que je t'aime plus que tout.

Alors,

marions-nous.

Quoi ?

Je t'ai épousée aujourd'hui.

Les paroles du prêtre étaient pour nous.

Je t'ai fait dans mon cœur chaque serment.

J'ai fait la même chose.

Mais non. Laisse-moi vivre pour toi,

sans demander davantage au Ciel.

Dieu s'en irriterait peut-être.

Pourquoi enfermer les abeilles ? C'est inconstant, ces bêtes-là !

Il faut faire du bruit pour les empêcher de former un essaim !

Qui connaît le "chant de l'abeille" ?

Vous cherchez quelqu'un ?

On m'a assuré que je trouverais mon fils ici.

Il est souvent ici, en effet, mais aujourd'hui il est à Paris.

Voulez-vous entrer ?

Je suis navrée qu'il soit absent.

C'est aussi bien. Je l'aurais vu sans plaisir, vu les circonstances.

Je suis heureux de pouvoir vous parler directement et franchement.

Je suis au courant de ce qui se passe ici.

Vous me trouvez indigne de votre fils, et vous avez raison.

Toute femme qui laisse un homme se ruiner pour elle est indigne de lui.

Et c'est votre cas.

J'ignore ce qu'on vous a dit, mais ce n'est pas vrai.

Armand m'a réclamé sa modeste fortune.

Pouvez-vous nier qu'il veut cet argent pour vous ?

Quelle qu'en soit la raison, j'espère que vous refuserez.

J'aimerais vous croire sincère.

Il y a peu, je vivais de pain et de soupe.

Je peux encore subsister seule.

Quoi qu'il en soit, cette situation doit cesser.

Vous perdez votre temps, monsieur.

Depuis quand connaissez-vous Armand ?

Depuis 3 mois et 12 jours.

Et combien de temps cela durera-t-il ?

Ne connaissez-vous pas d'amour durable ?

Aucun, s'il n'est sanctifié par le mariage

et béni par des enfants et des liens sociaux.

J'aimerai toujours Armand et je crois qu'il m'aimera toujours.

N'avez-vous pas l'expérience de l'inconstance du cœur ?

Je connais mon cœur

et je sais qu'il ne changera pas.

Une femme sans protection ne peut donner ses plus belles années

à un homme qui la laissera sans rien.

Qui finira nécessairement par la quitter.

Vous ne pouvez sans doute pas comprendre qu'une femme,

sans protection, comme vous dites,

oublie son propre intérêt

au profit d'un sentiment délicat et pur.

Je vois maintenant que vous l'aimez vraiment.

Pourtant, cela ne peut continuer.

Cela continuera !

Armand est jeune.

Il a une carrière qui l'attend.

Il ne doit pas se lier à une femme

qu'il ne pourra présenter nulle part.

C'est un homme comme les autres.

Soyez honnête !

N'est-il pas plus sensible, plus loyal ?

Sont-ce là les préjugés d'un père ?

Non. Armand est différent.

Tant qu'il vous aimera, il ne sera pas admis là où vous ne l'êtes pas.

Si, mais il le sera plus tard !

Si je vous disais que je ne vivrai pas très longtemps ?

Je vous gronderais d'avoir des idées fantasques et absurdes.

C'est la mélancolie du bonheur.

On éprouve tous cette sensation quand on réalise

que la phase ascendante de l'amour n'a qu'un temps.

Sans Armand, je suis perdue !

Avec lui, vous l'êtes tous deux !

Que peut-il faire sans profession ?

À moins qu'il ne sombre au point de vivre

aux crochets d'un tiers.

Vous ne le connaissez pas.

Qui sait ce qu'il deviendra s'il perd sa dignité ?

L'amour lui-même ne vaut pas ce sacrifice.

Je veux qu'il profite de la vie, pas qu'il se sacrifie.

Mon fils m'est aussi cher qu'il peut vous l'être.

Mais vous avez d'autres êtres à chérir.

Moi, je n'ai que lui.

Si vous saviez comme j'ai changé...

il m'a appris que l'amour n'est pas toujours égoïste,

douloureux, ennuyeux ou infidèle.

Non, je ne peux renoncer à un amour tel que le sien !

Songez à son bien.

Songez à ce que vous voudriez pour lui s'il était votre fils.

Comprenez que vous détruisez son droit à une vie normale.

Comprenez que ce qui dans votre passé vous fait honte

entacherait son avenir.

Vous dites que vous l'aimez. Je vous crois.

C'est pourquoi le vieil homme que je suis

peut vous demander ce grand sacrifice

aussi humblement que si je demandais une faveur à une reine.

Je n'ai à vous donner en retour

que ma gratitude et mon respect.

Je vous en prie, renoncez à lui.

Que faire ?

Parlez-lui. Dites-lui qu'il doit vous quitter.

Je l'ai fait.

Partez !

Il me suivrait.

Dites-lui que vous ne l'aimez pas.

Il ne me croirait pas !

Je ne vois qu'un moyen,

mais je ne vous dirai pas lequel.

Oh ! J'étais trop heureuse !

Qu'allez-vous faire ?

Ne cherchez pas à le savoir.

Ce soir il sera auprès de vous.

Comment m'acquitter envers vous ?

Ne vous y trompez pas.

Je ne fais pas cela pour vous,

mais uniquement pour Armand.

Je n'oublierai jamais ce que nous vous devons, ma famille et moi.

Ne vous reprochez rien.

Vous avez obéi à votre devoir de père.

Mais faites qu'il l'ignore. Il pourrait vous haïr

et je ne le veux pas,

car il aura besoin de votre consolation

pendant longtemps, je crois.

Dieu vous bénisse, Marguerite Gautier.

Le Monsieur est parti ?

Porte toi-même cette lettre

au baron de Varville.

Je vous croyais si heureuse avec M. Duval.

Je l'étais.

J'ignore ce que cette lettre contient, mais vous frissonnez.

Vous êtes sûre que je dois la porter ?

Va vite, Nanine. Et prie pour moi,

afin que j'aie la force d'accomplir ce que je dois faire.

Qu'est-ce donc, mon petit ? Dites-moi !

Faire en sorte que mon amour me haïsse.

Que Dieu me vienne en aide !

C'est moi !

Je ne t'ai pas entendu.

Pourquoi cette toilette ? Tu vas au bal ?

Je le voudrais bien !

Mais qui m'inviterait à un bal ?

Je t'apporte une invitation.

Olympe nous convie à l'ouverture d'un nouveau cercle de jeu.

Quand l'as-tu vue ?

Chez Prudence avec qui je parlais de tes affaires.

Qui t'a demandé de parler de mes affaires avec elle ?

Mais tu es fâchée !

Serait-ce une querelle ?

Tout le monde se querelle ! Cela tue l'ennui.

Que s'est-il passé ?

Dis-moi la vérité !

Les abeilles ont quitté la ruche

et je me suis lavé les cheveux.

Voilà les deux points culminants de ma journée !

Tu n'es plus la même.

Je reviens avec de bonnes nouvelles.

Tu hérites d'une grosse fortune ?

Non, mais celle qui m'échoit suffira bien.

N'y touche pas !

Tu serais riche un mois et ruiné ensuite.

Si c'est ce qui t'inquiète...

Nous avons mieux à faire de cet argent.

Nichette nous cherche déjà un logement.

Pour elle, 2 pièces, c'est merveilleux, 3 font un hôtel particulier.

Et au-dessus de 4, c'est immoral !

Que se passe-t-il ?

Je me le demande.

Je croyais que tu ne m'aimais plus.

Peut-être que non, en effet.

Pourtant hier soir,

tu voulais renoncer à tout pour moi.

Le soir, on dit parfois des choses qu'on ne pense pas.

La vie n'est pas que baisers et promesses au clair de lune.

Même toi, tu devrais le savoir.

Un été ne te suffit donc pas ?

Ainsi, tu vas me quitter ?

Je pourrais te tuer !

Je n'en vaux pas la peine.

Je t'ai aimé autant que j'en étais capable.

Mais ça n'a pas suffi.

Ce n'est pas ma faute.

Le cœur a ses raisons.

C'est vrai.

Le tien n'est pas plus à blâmer d'être infidèle...

que le mien d'être fidèle à jamais.

Oui, c'est comme ça.

C'est comme si l'un de nous deux était mort.

Où vas-tu ?

Le baron de Varville m'attend.

Je vais enfin voir l'intérieur d'un grand château !

C'est le plus récent cercle de jeu de Paris.

Impressionnant, non ?

Quel plaisir de se ruiner dans un endroit aussi charmant.

- Qui le fréquente ? - Ceux qui ont quelque chose à perdre.

Je rêve ou vois-je une nuée d'oiseaux ?

Non. C'est Olympe.

Quelqu'un veut une omelette ?

Bas les pattes !

Le général a envie de jouer.

Vous l'entendez, celle-là ?

Voilà Armand Duval !

Quelle mine superbe !

Vous aussi.

Je dois vous prévenir.

Marguerite va venir avec le baron.

Ces choses-là ne durent pas.

Votre aventure lui coûtait trop cher.

Elle ne lui a rien coûté.

Quel enfant vous faites !

À votre avis, qui payait ses dettes, à Paris ?

Quand elle n'a plus eu d'argent, il a bien fallu qu'elle vous quitte.

Le baron a promis de mettre ses affaires en ordre.

Vous ne lui en voulez pas, n'est-ce pas ?

Non. Le passé est mort. Que Dieu ait son âme,

s'il en avait une.

Vous êtes plus sage que je ne pensais.

Votre éventail est tombé.

J'ai dit : "Votre éventail est tombé."

Je me sens mal. Rentrons.

J'exige que vous restiez.

Vous connaissez M. Duval, bien sûr ?

Vous êtes en retard.

Nous étions au théâtre.

- Quelle pièce ? - Manon Lescaut.

L'histoire d'un homme qui sacrifia son honneur à une femme.

Une femme qui sacrifia son amour au luxe.

Cela vous a sûrement fort divertie.

C'est ta chanson, Marguerite !

Votre éventail, madame.

Tout gentleman ferait de même.

Vous ne jouez pas, baron ?

Où est le baccara ?

Oui. Où est-il ?

Je joue gros.

Tant mieux. J'ai envie de m'enrichir.

Je préférerais ne pas jouer.

Vous regarderez.

Je ne peux pas.

Armand risque de tout perdre par ma faute.

Rassurez-vous. Il ne vous en veut pas.

Si ! Son ton est glacial et son visage si pâle !

M. le baron gagne !

Madame désire quelque chose ?

Allez dire à M. Duval que j'aimerais lui parler ici.

Comment le reconnaître ?

Il joue à la première table.

C'est le plus jeune et le plus beau.

Je le trouverai.

Armand gagne encore ! C'est la troisième fois !

Je laisse.

- La revanche ? - Si vous voulez.

Prenez garde : "Heureux en amour, malheureux au jeu."

"Heureux au jeu, malheureux en amour."

Nous verrons.

Vous m'avez demandé, madame ?

Pars, je t'en supplie !

Le baron n'est guère patient

et tu sembles d'humeur querelleuse.

Tu crains de perdre ton riche soupirant !

Ce serait ta ruine.

Il n'est pour rien dans ce qui s'est passé.

Alors pourquoi avoir fait cela ?

Parce que ton cœur est à vendre au plus offrant !

Je l'ai eu gratis un été,

mais quand il a fallu choisir, son argent

valait plus que mon amour, ma dévotion, ma vie !

C'est vrai.

Je ne mérite pas qu'un homme risque sa vie pour moi.

C'est pour cette raison que je te supplie de partir.

À une seule condition :

que tu partes avec moi !

Je suis revenu pour te dire que je te méprise,

mais je t'aime. Suis-moi et oublions le passé.

Ce soir, j'ai doublé ma fortune.

Quand elle sera tarie, je travaillerai, je mendierai,

je volerai pour rester avec toi !

À t'entendre, je vois que j'ai eu raison d'agir comme je l'ai fait.

Crois-tu que nous serions heureux ensemble même si j'étais libre ?

Tu es libre et moi aussi !

J'ai promis de renoncer à toi.

À qui ?

À qui était en droit de l'exiger.

Le baron de Varville ?

Alors, tu l'aimes ?

Ose me dire que tu l'aimes et tu sera libérée de moi !

Je l'aime.

Venez, venez tous !

Vous voyez cette femme ?

J'ai accepté ses faveurs et ses sacrifices, croyant qu'elle m'aimait !

Mais j'atteste que je ne lui dois rien !

Prenez-le ! Achetez-vous des camélias, des diamants, une tombe !

Félicitations !

Vous avez traité cette femme comme elle le mérite.

Vous me répondrez de cela.

Faites-moi savoir le lieu et l'heure.

Continuons, messieurs.

Il est sain et sauf.

Mais le baron est blessé.

Armand doit quitter le pays.

Et ma lettre ?

Il me l'a rendue... sans même l'ouvrir.

Voyons qui est là.

On frappe.

Entrez !

- Depuis quand êtes-vous à Paris ? - Une semaine.

- On ne vous a pas vu. - Où étiez-vous ?

Un peu partout.

C'est une bonne chose d'avoir été contraint à l'exil.

Avez-vous vu Marguerite ?

Oh, pardon.

Comment trouves-tu Paris ?

Le même qu'il y a six mois.

Les mêmes filles y chantent la même chose.

Et je porte la même robe, hélas !

Qui veux-tu qui t'en offre une ?

Seule différence : l'absence de Marguerite.

Oh, il y a pire que Paris.

- Je disais que Marguerite était absente. - On a entendu.

Sais-tu qu'elle est malade ?

Laisse Armand tranquille.

Ça ne l'intéresse pas.

Vraiment ?

Pas particulièrement.

C'est normal.

Elle est toujours malade. Ou elle fait semblant !

Tu as vraiment une langue de vipère.

Qu'insinues-tu ? Ne suis-je pas son amie ?

Demande à Prudence ce que j'ai fait pour elle !

C'est vrai.

Ce cher ange a racheté toutes les affaires de Marguerite.

Tous ses bijoux, les uns après les autres.

Pourquoi ?

Elle avait besoin d'argent.

Depuis votre duel, le baron la rejette.

Tais-toi donc !

J'en sais plus que toi.

C'est elle qui ne veut plus le voir. Ni lui ni personne,

en dépit de mes conseils maternels.

Que tu dis ! Toujours est-il que je lui ai acheté ça.

Il vaut au moins 5 000 Louis. Combien l'as-tu payé ?

200 ! Je suis maligne, non ?

Irons-nous la voir tout à l'heure ?

Je ne pourrais pas.

Comment va-t-elle ?

Je ne sais pas. Le médecin ne me dit rien.

Quel malheur !

Ne peut-on rien ?

On ne peut que veiller et attendre.

Allez vous reposer. Je veillerai.

Allez-vous-en !

Les créanciers veulent être sûrs que rien ne sort de la maison.

Alors, on ne bouge pas !

Allez attendre dans le couloir.

Vous êtes encore chez Mlle Gautier.

Je vous assure que personne ne mettra le piano dans sa poche.

Sortez !

Étendez-vous.

Je vous appellerai dès qu'elle bougera.

C'est le matin ?

Il y a du courrier ?

Pas encore.

Qui êtes-vous ?

Je suis venu après le théâtre et j'ai envoyé Nanine se coucher.

Vous êtes resté là toute la nuit ?

Je pensais vous emmener déjeuner en ville.

Vous me ferez toujours rire !

Pas aujourd'hui. Une autre fois.

D'accord, une autre fois.

Comme c'est gentil !

Et moi qui vous prenais pour un gai luron,

ne songeant qu'au plaisir.

Pardonnez-moi.

Vous ne vous trompiez pas.

Buvez cela.

Cela vous fera du bien.

Rien ne pourrait me faire du bien,

excepté le retour d'Armand.

C'est la seule chose que j'attende.

Je ne vis que pour cela.

Il reviendra, n'est-ce pas ?

Bien sûr ! Comment pourrait-il venir à Paris sans accourir ici ?

Je me sens déjà mieux.

Pauvre Nanine ! Tu étais fatiguée, hier soir ?

Un peu.

Mme Prudence est là. Elle rentre d'une soirée.

Je vais la chasser !

Voilà donc pourquoi vous nous avez lâchés, vilain garçon !

Je croyais vous trouver mourante, mais cela va bien, dirait-on.

Mieux que moi, en tous cas ! Je suis dans un tel pétrin !

Pourrais-je t'emprunter un peu d'argent ?

Vous devriez savoir que Madame est gênée !

Il faut que je trouve 200 F, pas plus.

Je ne voulais pas te déranger,

mais je me suis souvenue que tu me devais encore de l'argent.

Je l'ignorais.

Je peux te montrer mon registre.

Cherche mon sac, tu n'y trouveras que quelques francs.

Il est plein !

Sais-tu qu'Armand Duval est à Paris ?

Depuis quand ?

Près d'une semaine.

Gaston lui a parlé de ta maladie, mais ça ne l'a pas touché.

Merci d'avoir garni mon sac.

Voulez-vous me rendre encore un service ?

Faites appeler un prêtre.

Où est-elle ? Je veux la voir !

Oh, mon cher petit !

Si vous saviez comme elle va être heureuse !

- Il n'est pas trop tard ? - Non.

Et espérons que vous saurez la guérir.

Laissez-moi la préparer.

Une bonne nouvelle, madame.

Je n'en attends plus, à présent.

Pourtant, c'est la vérité.

Il est ici ! Il est revenu !

Oui, mais il ne viendra pas me voir.

Il est ici même !

Tu dis vrai ?

Oui ! Soyez calme, je vais l'appeler.

Attends ! Il ne faut pas qu'il me voie comme cela.

- Conduis-moi à ma coiffeuse. - Non, vous devez rester au lit !

Brosse-moi les cheveux. Aide-moi, Nanine.

Que dirait le docteur ?

Qu'importe ? Je veux être...

Je t'en prie. Il faut que tu m'aides.

Oh, je ne devrais pas faire ça !

Ça lui est égal.

Il sait que vous êtes malade.

Tu y croyais, à son retour, hein, Nanine ?

Mes camélias !

Je serai belle à nouveau quand j'irai bien, n'est-ce pas ?

Je ne peux plus attendre ! Appelle-le !

C'est bien toi.

Ce n'est pas un rêve.

Non. Je suis là et tu es dans mes bras. Enfin !

Tu es faible.

C'est mon cœur. Il n'a plus l'habitude du bonheur.

La moitié de la nuit,

j'ai fait les cent pas sous tes fenêtres.

Je n'osais pas monter. Je me sentais si coupable.

J'ai voyagé partout pour oublier à quel point je t'aimais.

À mon retour, j'essayais encore de t'oublier.

T'oublier... Comme si je le pouvais !

Pardonne-moi !

Comment n'ai-je pas lu dans ton cœur

que tu te sacrifiais pour moi ?

Rien d'heureux ne nous arrivera l'un sans l'autre.

Je le sais, maintenant.

Je le sais aussi.

Plus rien, jamais, ne nous séparera.

L'avenir est à nous.

Ma vie t'appartient.

Je t'emmènerai loin de Paris et des mauvais souvenirs.

Là où le soleil m'aidera à te guérir.

Nous retournerons à la campagne.

Si seulement nous le pouvions !

Nous le ferons, dès que tu seras assez forte.

Je suis forte. Appelle Nanine.

Emmène-moi aujourd'hui.

Aidez Madame à s'habiller. Nous partons à la campagne.

Soyez tranquille, je la soignerai bien.

Venez aussi.

Nous partons. Prépare mes bagages.

Ne me regarde pas comme cela. Va !

Nanine ! Appelez le médecin !

Si tu ne peux pas me rendre la vie, comment le pourrait-il ?

Ne parle pas ainsi ! Tu vivras ! Tu dois vivre !

Peut-être vaut-il mieux

que je vive dans ton cœur, invisible au monde.

Moi morte, notre amour sera sans tache.

Ne pense pas de telles choses !

Même si nous ne partons pas aujourd'hui,

pense à notre bonheur passé et futur,

au jour où tu as trouvé le trèfle à quatre feuilles,

aux serments prononcés par Nichette et Gustave

et que nous prononcerons,

pour toute notre vie, Marguerite !

Ne me laisse pas !

Reviens !

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.