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Le plus t�t sera le mieux. Je pensais que ce soir m�me...
Ce soir ?
Le Prince R�gent lui-m�me ne pourrait �tre re�u
sans avoir demand� audience au Grand Mar�chal du Palais.
Un ge�lier peut voir son prisonnier sans invitation.
Je suis Hudson Lowe,
Ie nouveau gouverneur de cette �le.
J'ai pour mission la garde du g�n�ral Bonaparte,
consid�r� par toutes les nations comme un ennemi de la paix.
Les droits de l'homme, les droits ordinaires
n'existent plus pour lui.
C'est pourquoi
nous renoncerons aux pratiques des six derniers mois,
tendant � donner au prisonnier trop de libert�.
Je lui souhaite bien du plaisir.
Je vous regrette d�j�, gouverneur.
Il n'y aura aucun compromis avec la volont� des puissances alli�es
devant lesquelles, je vous le rappelle,
I'Angleterre est responsable.
Et sur cette �le,
I'Angleterre, c'est moi.
C'est son �criture.
Nous �tudions ses strat�gies, � Sandhurst.
C'�tait donc lui la d�route de Capri ?
Il n'y a pas eu d'humiliation.
Nous avons r�sist� treize jours
avant de nous rendre.
Et comme les 800 hommes sous ses ordres, je dois la vie � Sir Lowe
qui commandait, ce jour-l�.
C'est tout � son honneur.
Je regrette, Sir. Je ne voulais pas...
Il n'y a pas de mal.
J'ai ou� dire que...
vous avez command� un r�giment de Corses.
Les Corsican Rangers. D'excellents soldats.
Des tra�tres, vous voulez dire.
Ils se battaient pour leur pays.
Leur pays, c'est la France.
Et avant d'�tre fran�ais, les Corses �taient g�nois,
jamais anglais, que je sache.
Pourquoi les canons
sont-ils plac�s sur les hauteurs ?
Si un navire entrait par surprise dans la rade,
ils ne l'atteindraient pas.
Je veux des canons au bord du rivage,
pour pouvoir tirer au ras des flots.
Je m'y attelle.
C�t� mer, deux fr�gates tourneront autour de l'�le
en permanence, et en sens contraire.
Aucun vaisseau n'aura le droit de jeter l'ancre
sans qu'une garde soit mise � son bord, nuit et jour.
Le nom de cet endroit, G�n�ral ?
Sandy Bay, Sir.
La l�gende dit que quand nos marins prirent Ste H�l�ne au 17�me si�cle,
ils accost�rent ici et escalad�rent ce pr�cipice
qui fait pr�s de 1 500 pieds de haut.
- D'ici jusque l�-haut ? - Oui, Sir.
Heathcote, vous qui �tes jeune et alerte,
que diriez-vous si vous deviez grimper en haut de la falaise ?
Parlez sans crainte !
Si c'est un ordre, j'ob�is.
Mais qu'en pensez-vous ?
Sauf votre respect... que seul un singe y parviendrait.
Si le but �tait de faire partir quelqu'un,
il serait plus simple de faire descendre ce "quelqu'un".
Bien raisonn�, lieutenant.
A condition que ce "quelqu'un" sache qu'on vient le chercher.
Il pourrait le savoir.
La popularit� de Napol�on est votre plus dangereux adversaire.
Mesdames, M. Balcombe, vos laissez-passer, je vous prie.
Excellence, le docteur O'Meara.
O'Meara !
Vous avez n�glig� nos entretiens, ces derniers temps.
Que dois-je en conclure ?
Asseyez-vous.
La sant� du g�n�ral �tant excellente,
je n'ai pas jug� utile de vous d�ranger.
Vous me d�rangez en ne venant pas.
Votre fonction de m�decin du g�n�ral est tout � fait sp�ciale...
et...
d'une grande importance politique.
Le savez-vous ?
Je ne fais que mon devoir de m�decin, Excellence.
Le pays vous en sait gr�.
Mais...
il exige davantage.
La premi�re ann�e de d�tention
a co�t� � l'Angleterre
huit millions de livres.
Imaginez qu'il vive encore vingt ans...
Avez-vous lu Richard Ill, cher docteur ?
Richard Ill ?
"Cousin, tu n'as pas ordinairement l'esprit si obtus...
"Dois-je �tre clair ?"
"Je souhaite voir ces b�tards morts et le voir tout de suite."
Je ne puis croire ce que vous me demandez.
Je vous demande si vous avez lu Richard Ill.
Je m'inqui�te de votre �rudition.
Et je m'inqui�te de la l�galit� de votre mandat de m�decin.
O� est votre engagement ?
Je n'en ai pas.
- Il n'est donc pas officiel. - Il l'est.
Plus, je l'esp�re,
que la mission d'empoisonneur que vous voulez me confier.
C'est avec joie que je me passerai de vos services.
Et quel sera le motif de mon renvoi ?
Gagn� � la cause ennemie.
- Je suis un m�decin. - Un soldat.
Et un soldat ob�it aux ordres.
J'ob�irai � un ordre �crit.
Vous le recevrez, le moment venu,
et ce sera pour vous cong�dier.
Je suis plus dur � cong�dier que vous ne croyez.
Cessons de chercher Judas dans notre camp.
Il nous faut un proche...
quelqu'un de sa propre maison.
Il faudra plus de 30 deniers pour acheter ce tra�tre.
Ou beaucoup moins.
Le testament de Bonaparte est notre meilleur alli�.
A nous de leur rendre l'attente insupportable !
En Corse,
tout petit, tu �tais d�j� sur les tr�teaux.
Je ne pensais pas un mot de ce que j'ai dit.
Je voulais les retenir, c'est tout.
L'argenterie de Napol�on !
L'argenterie de Napol�on !
Excuse-moi, Naboulio.
Boney sort !
Bonjour, lieutenant. Comment se porte Boney ?
Fort bien.
Miss Balcombe, vous �tes...
Je suis quoi, lieutenant ?
...la bienvenue.
Soyez la bienvenue.
Merci.
Pouvez-vous menacer de mort ceux qui portent mes malles ?
Ces souvenirs de Londres sont tr�s fragiles.
J'en r�pondrai de ma vie.
Pourquoi ce rendez-vous ?
Simplement pour bavarder.
Assieds-toi.
Cet endroit vous sied � merveille.
Ces branches sont aussi tourment�es que vous.
G�n�ral von Hogendorp ?
Capitaine Carpenter.
On m'a dit le plus grand bien de vous, capitaine.
3 000 hommes, 500 pi�ces d'artillerie,
et une vingtaine de mortiers.
Et c�t� mer ?
Deux bateaux tournent autour de l'�le,
en sens contraire, jour et nuit.
Except� par gros temps.
Le brouillard est si �pais, en juillet, qu'on ne voit plus
Ies c�tes de l'�le.
Comment avertir l'Empereur ?
Gr�ce � ceci.
La rubrique des jeux du "Morning Chronicle"
est dirig�e par un Bonapartiste.
L'Empereur et moi correspondons par ces mots crois�s,
gr�ce � un code de son invention.
C'est bien !
Poussez fort !
- Bienvenue, Mesdames ! - "Mesdames" !
Ces Fran�ais savent vraiment parler aux femmes.
Sainte M�re de Dieu !
Ca n'a pas de sens.
Savez-vous ce que l'Empereur a dit ?
"Pourquoi vous ai-je choisi comme ministre des finances ?
"Pour votre sens de l'�conomie ? Non...
"Pour votre sens de la d�pense."
L'opinion du Grand Mar�chal compte beaucoup pour lui.
Quand l'Empereur demande l'opinion de quelqu'un,
c'est pour qu'on partage la sienne.
Joyeux anniversaire, Sir Lowe.
M'accorderez-vous cette danse ?
Avec plaisir.
- Je dois vous dire quelque chose. - N'en faites rien.
Je ne peux plus me taire, sinon je vais exploser.
Eh bien, je vous �coute.
Lieutenant !
Le g�n�ral Bonaparte vous demande � Longwood.
Excusez-moi.
Je n'aime pas �a...
Un d�barquement, � l'instant m�me, � Sandy Bay.
O� est Bonaparte ?
Enferm� � Longwood. C'est lui qui m'envoie.
Quoi ?
Des corsaires se pr�pareraient � l'enlever.
Que tous les officiers me rejoignent aux �curies imm�diatement.
L'Empereur a des ennuis ?
Officiers !
Je croyais les garde-c�tes rentr�s au port.
Ils sont rentr�s au port...
Alertez Plantation House imm�diatement !
Il nous faut des renforts !
Aux armes !
- L'Empereur ne viendra pas ! - Comment ?!
Non, G�n�ral ! Retraite !
Comment Napol�on �tait-il au courant ?
Je l'ignore. J'ai quitt� Longwood avant la fusillade.
On l'avait donc renseign�.
Les Balcombe ont vu Bonaparte r�cemment ?
Pas depuis plus d'un mois.
En personne, vous voulez dire ?
Les Balcombe �taient � Plantation House, hier soir,
Ies Bertrand, aussi.
Le soudain malaise du Grand Mar�chal
semble �tre tomb� � point nomm�.
M. Balcombe a besoin de vacances.
De tr�s longues vacances.
Grand Dieu, que s'est-il pass� ici ?
Il a ordonn� � ses Chinois de border les jardins de haies d'eucalyptus.
Elles sont cens�es apporter de la fra�cheur dans la maison.
Et vous n'avez rien vu venir ?
Il jardine, Sir.
Il jardine !
Si bien que nos vigiles ne peuvent plus le voir,
m�me quand il se prom�ne.
- Quand l'a-t-on vu ? - Il y a 3 semaines.
Il y a deux mois.
Sir,
j'ai l'honneur de vous rappeler
I'obligation que j'ai
de m'assurer de votre pr�sence.
Aussi,
vous voudrez bien accorder � l'officier d'ordonnance
une entrevue journali�re entre neuf et onze heures,
matin et soir.
Excellence, le lieutenant Heathcote.
Ce que vous exigez de moi
est d�gradant pour un officier et un homme d'honneur.
Harceler de la sorte un homme malade est ignoble.
Le devoir d'un soldat est d'ob�ir aux ordres
et non de les contester.
Il a eu la possibilit� de partir.
Il ne l'a pas fait.
A quoi bon l'�pier ainsi ?
Vous ne savez pas de quoi cet homme est capable.
Je ne puis accomplir mon devoir sans perdre ma propre estime.
Vous avez ma d�mission, Sir.
Lieutenant !
Tout ce que vous avez vu et entendu concernant le g�n�ral
doit rester strictement confidentiel.
Me fais-je bien comprendre ?
Sir Hudson ?
Etes-vous l� ?
Qui t'envoie ? Les Bonapartistes ou les Whigs ?
- Comment m'as-tu trouv� ? - J'�tais sous vos ordres.
Je suis le col... Ie lieutenant Heathcote.
Heathcote... Ie d�missionnaire ?
Ils vous ont choisi pour me tuer ?
On m'a rat� en Gr�ce et � l'�le Maurice.
Je me croyais oubli�.
Une question m'obs�de...
Allez-vous �crire un livre, vous aussi ?
Un conseil : si vous voulez vendre,
dites du mal de moi.
C'est � la mode depuis 19 ans,
7 mois et 20 jours.
Je veux vous parler de la disparition...
Colonel !
J'attends cette promotion depuis 19 ans.
Savez-vous ce que c'est d'�tre un paria dans sa propre patrie ?
Non, Sir.
Je touchais 12 000 livres par an...
j'avais les pouvoirs d'un vice-roi...
un palais digne d'un prince...
Pourquoi devrais-je vivre dans un taudis ?
Pourquoi le glaive devrait payer pour la main qui le tient ?
Qu'avez-vous fait du corps de Cipriani ?
Je vous demande pardon ?
Il a disparu de sa tombe. C'est vous, le responsable ?
Qui a pu inventer une chose pareille ?
Montholon.
Vous savez comment les Fran�ais surnomment Montholon ?
Le menteur.
Que vous a-t-il promis en �change ?
De l'argent ?
De qui parlez-vous ?
De l'Empereur et de votre arrangement avec lui.
Quoi ?
Il n'y a jamais eu d'arrangement entre le g�n�ral et moi.
En voil� une id�e !
Du reste, comment aurait-il pu y en avoir ?
Nous ne nous parlions plus.
Au d�part des Balcombe, je vous ai vu quitter Longwood.
C'est lui que vous �tiez venu voir ?
J'avais sans doute rendez-vous avec Montholon.
Ou avec l'homme qui a fait �chouer le d�barquement
pour savoir pourquoi.
En refusant de partir, Napol�on avait gagn� votre confiance.
L'arrangement �tait possible.
L'Empereur avait tout pr�vu,
jusqu'au retour de sa d�pouille.
Comment avez-vous r�agi en apprenant qu'on exhumerait le corps ?
Avez-vous eu peur que l'on d�couvre la supercherie ?
Que feraient Bertrand, Gourgaud et le petit groupe de fid�les,
� l'ouverture du tombeau, si ce n'est...
mentir
et reconna�tre ce corps qu'un peuple attendait avec ferveur.
La France allait offrir des fun�railles � un valet,
tandis que son empereur reposait en paix dans une tombe anonyme.
Finalement,
c'est � vous seul que Napol�on avait confi� son secret.
Vous �tes bien meilleur dramaturge qu'officier.
Vous avez rat� votre vocation.
Le probl�me est
qu'il n'y avait pas que les fid�les pr�sents � l'exhumation.
Il y avait des Anglais qui, eux, n'avaient pas besoin de mentir.
Selon eux...
Ie visage de Bonaparte
�tait miraculeusement bien conserv�.
Et c'est lui...
et non Cipriani...
qu'ils ont d�clar� reconna�tre.
En dehors des fid�les,
aucun t�moin pr�sent n'avait vu l'Empereur avant.
Ils �taient Corses, amis d'enfance.
Leur mim�tisme �tait tout naturel.
Sa fonction de valet nous emp�chait de voir l'empereur en lui.
Pourtant, en y r�fl�chissant bien,
Cipriani ressemblait au Napol�on que nous n'avons pas connu...
celui des m�dailles, le Premier Consul.
A l'ouverture du cercueil,
c'est ce Napol�on-l� que tous les t�moins,
anglais et fran�ais,
ont d�clar� reconna�tre.
Nous n'avons plus rien � nous dire.
Veuillez sortir.
Pourquoi un rapport si vague sur l'enterrement ?
Pourquoi ce manque de pr�cision uniquement quand vous commentez
I'�v�nement le plus important de la captivit� ?
Sortez !
O� avez-vous mis Napol�on ?
O� est-il enterr� ?
Napol�on est dans sa tombe aux lnvalides.
Je le jure sur mon honneur.
Quelqu'un �tait dans la chambre imp�riale, cette nuit-l�.
Quelqu'un qui �tait malade.
Quand l'a-t-on vu ?
- Il y a trois semaines. - Il y a deux mois.
Lieutenant !
Tout ce que vous avez vu ou entendu concernant le g�n�ral
doit rester strictement confidentiel.
Savez-vous comment les Fran�ais surnomment Montholon ?
Le menteur !
Mais alors, l'enterrement de Cipriani ?
Le certificat de d�c�s sign� par O'Meara ?
Napol�on est dans sa tombe aux lnvalides.
Cipriani, mon ami,
je te remercie.
Napol�on n'est pas mort � Sainte-H�l�ne.
C'est une des plus importantes plantations.
Elle appartient � M. et Mme Abell.
Abeille ?
Non, Abell.
Betsy Abell.
Betsy Abeille.
Maman !
C'est l'heure de ma le�on d'�quitation.
Commence sans moi, Laetitia, j'arrive.
Monsieur Abell est-il l� ?
Monsieur Abell est mort.
Il y a quatre ans, monsieur.
Sous-titrage : Eclair Vid�o - Paris
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