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TUEURS DE DAMES
Prévenez le chef.
Mme Wilberforce arrive.
Bonjour, madame.
Bonjour, sergent.
Bonjour, Mme Wilberforce. Heureux de vous revoir !
Bonjour.
C'est au sujet de mon amie Emilia...
et de l'astronef.
qu'elle a vu dans son jardin, mercredi.
L'a-t-elle revu ?
Jamais il n'y en a eu.
Me voici joliment soulagé !
Mercredi, à l'émission des enfants,
on a donné...
"Les visiteurs d'un autre monde".
La radio d'Emilia marchait.
Evidemment, mon amie s'est endormie
et tout n'a été qu'un rêve.
Elle est si confuse
qu'elle n'a pas voulu venir s'expliquer ici.
J'espère que vos supérieurs n'ont pas poussé trop loin les choses ?
Ne vous souciez pas de cela. Merci pour cette information.
Je vous raccompagne.
Etant venue avec elle quand elle a déposé,
je n'ai fait que mon devoir en revenant tout expliquer.
Si des êtres vivent sur d'autres planètes,
pourquoi s'intéressent-ils à la nôtre ? Le savez-vous ?
Je ne vois pas.
On est déjà les uns sur les autres, non ?
Autrefois, c'était tout à fait différent.
Chef !
Vous oubliez votre parapluie.
Ça m'arrive souvent. Peut-être parce qu'il ne me plaît pas.
Je ne veux pas vous accaparer.
Grand merci pour votre compréhension.
Merci pour votre coopération.
C'est toujours un plaisir de vous voir.
Des réponses à mon annonce ?
Non, aucune.
Tant pis.
Merci quand même, Mlle Whipple.
Je ne suis pas sortie longtemps.
Il te faut de l'eau.
Au secours !
Mme Wilberforce ?
Il semble que vous ayez des chambres à louer ?
Des chambres ? Oui. Entrez donc !
Je m'appelle Marcus.
- Enchantée, M. Marcus ! - Professeur Marcus.
J'ai deux chambres...
Permettez-moi d'aller ranger ceci.
Il ne tiendra jamais droit, je le crains.
Un cas de déséquilibre.
Oui, par suite des bombardements.
Avez-vous d'autres locataires ?
Non. Les étages supérieurs ne sont pas sûrs.
Mais les chambres du fond sont très bien.
- Vous vivez toute seule ici ? - Oui.
Je dois vous prévenir que je ne sers pas
le petit-déjeuner.
Voici le salon. La chambre à coucher est là.
Il va falloir aérer.
L'entretien laisse à désirer. Et la vue est...
Réjouissante en diable !
Vos chambres font parfaitement mon affaire.
Je viendrai demain si vous êtes d'accord.
Demain !
Qui parle ?
C'est le général Gordon. Il me vient de mon mari.
- J'en ai eu quatre. - Maris ?
Non, des perroquets. Il ne m'en reste que trois.
Un dernier point...
Des amis et moi avons formé un petit groupe musical,
un quintette à cordes.
Vous êtes professeur de musique !
Non, un simple amateur.
Mais nous cherchons où nous exercer.
Accepteriez-vous que...
Que vous vous exerciez ici ? Mais avec joie, professeur Marcus !
J'ai toujours adoré la musique.
Si vous voulez me suivre au salon, je vous trouverais une clef.
Je dois en avoir une dans mon secrétaire.
Comme cela, vous pourrez entrer
même si je suis absente.
Si j'invite mes amis un soir, ils entreront et sortiront sans...
vous déranger.
Ils ne me dérangeront pas.
J'ai très peu d'amis.
Ce sera plaisant d'avoir quelqu'un ici à nouveau.
Voici mes trois petits compagnons.
Le général Gordon, l'amiral Beatty.
Celle-ci, c'est Mildred.
J'aimerais payer des semaines d'avance.
Trois guinées...
Mais non, demain !
Si je puis faire quelque chose pour vous,
demandez-moi.
Trop aimable.
Je trouve que votre maison a un charme curieux.
Ces jolies fenêtres !
Merci. Si vous...
Les fenêtres sont les yeux d'un foyer.
Ne dit-on pas que les yeux sont les fenêtres de l'âme ?
Je ne sais pas. Mais quelle charmante pensée !
J'espère bien que quelqu'un l'a eue.
A demain !
Avez-vous bien compris ?
Quelqu'un va venir habiter ici.
J'y vais, Mme Wilberforce.
Mes amis, sans doute.
Bonsoir, Major Courtney !
Bonsoir, professeur.
- Suis-je en avance ? - Du tout.
Puis-je vous présenter le Major Courtney ?
Bonsoir, Mme Wilberforce. C'est un honneur.
Entrez, messieurs.
Voici M. Lawson.
Et M. Robinson.
Vous êtes le violoncelliste ?
- Le quoi ? - Mais oui, c'est lui.
Je suis le...
Il ne manque plus que M. Harvey. Peut-être pourrions-nous
monter à l'étage...
Ça rime à quoi, Doc ?
Messieurs, à vos instruments ! Pas de "Doc", cette fois, Harry.
M. Harvey !
C'est bien M. Harvey ?
Oui, c'est bien M. Harvey. Entrez, entrez !
Les autres sont tous là.
Voici Mme Wilberforce.
Un petit capricieux.
J'espère que vous serez comme chez vous.
J'espère que vos efforts seront récompensés.
Le professeur m'en a dit sur votre compte.
Il me faut vous dire
combien je suis heureuse de vous voir réunis ici.
Merci.
Qui est-elle ?
Qu'avez-vous dit sur nous ?
Va falloir faire du bruit avec ça ? Quel genre de bruit ?
Pas du bruit, de la musique.
Qu'a-t-elle voulu dire ?
Ça ne tient pas debout !
Pour apporter le fric, prenons un professionnel ou agissons seuls.
Une fuite spectaculaire
à 100 à l'heure, au cœur de Londres et en plein jour !
Remettons-le en gare...
Pour l'expédier par le train ? La police s'y attend !
Vous aimez ce qui est voyant, Louis.
Mme Wilberforce n'est pas un accessoire de mon plan.
Elle en est la base même !
Cette grand-mère fofolle !
Comment se fier a elle si elle ne sait rien ?
Que fait-on ?
Une brave petite vieille comme ça,
Je crois pas que sa place soit dans un hold-up.
Je n'aime pas les vieilles.
Elles m'agacent.
Avant de vous absorber dans la musique,
prendrez-vous du thé ?
Il ne fallait pas !
Vous savez, professeur,
vous ne m'avez pas dit la vérité à votre sujet,
ni sur ces messieurs.
Vous n'êtes en rien des amateurs
mais sûrement des professionnels.
Aucune différence ! Mais nous sommes assez fiers
du timbre de M. Harvey.
Et ce pizzicato, M. Lawson ! Un délice !
Où donc avez-vous étudié ?
J'ai étudié nulle part. Ça m'est venu comme ça.
Cela m'a causé une surprise de vous entendre jouer.
Un souvenir m'est revenu
que j'avais complètement oublié : mon 21e anniversaire.
Mon père donnait une soirée et avait engagé un quintette à cordes.
Pendant qu'ils jouaient du Boccherini,
quelqu'un a annoncé que la Reine venait de mourir.
Tout le monde prit congé
et ce fut la fin de ma soirée.
Il y a bien longtemps de ça, à Pangbourne.
Je vais vite aller faire le thé.
Mon eau doit bouillir maintenant.
De quoi qu'elle cause, avec sa vieille Reine ?
Débrouillons-nous sans elle.
Discutons cela plus tard.
Non, finissons-en maintenant !
D'accord, Louis.
Nous allons mettre cela aux voix.
Mais personne n'est indispensable,
vous moins que d'autres.
Seul le plan est essentiel. Mon plan !
Major,
faute d'utiliser Mme W. ,
recourir à autrui sera diminuer notre part du butin.
Nous sommes d'accord.
Je ne veux d'elle a aucun prix.
2 voix pour, 1 contre.
Harry ?
Dépendre d'une cinglée, cela m'inquiète.
A ton tour, premier round !
Vous feriez arbitrer l'affaire par un gorille comme lui ?
J'ai le droit de vote. On est en démocratie !
Le muscle n'a pas à rougir.
Je suis avec vous et le major. Mme Fofolle : Elue !
Quelle stupidité !
Bravo ! La majorité a décidé d'agir intelligemment.
Si vous n'êtes pas d'accord, allez jouer du violon ailleurs !
D'accord, mais encore un mot...
Je travaille avec vous pour la première fois,
mais le major vous fait une réputation
de cerveau d'élite. J'espère qu'il a raison.
Travaillez aussi bien que Mme W.
et cela sera parfait.
Occupez-vous de votre plan.
Son rôle a elle semble tiré d'une histoire de fous.
Je vous sers ?
Le train entrant en gare sur le quai numéro 1
est celui de 13h05 en provenance de Cambridge.
"Excusez-moi, Major Courtney, voudriez-vous du thé ?"
Voudriez-vous du thé, Major Courtney ?
Non, merci. Ne vous dérangez pas.
Préférez-vous du café ?
Merci, non. Vous êtes très gentille.
Navrée de vous déranger, mais avant de recommencer,
pourriez-vous me tenir le général Gordon
pendant que je lui ferai prendre son médicament ?
M. Robinson se fera un plaisir de vous aider.
Mais bien sûr, Mme Wilberforce.
Daignerez-vous m'excuser ?
Il n'aime pas son médicament.
Je demanderai au vétérinaire de le rendre plus doux au palais.
J'ai un don avec les oiseaux.
Vraiment ?
Le thé, le café ! La plomberie à réparer ! Le perroquet à soigner !
Lui donner son médicament ?
Que je suis confuse !
Tout va bien, Mme Wilberforce.
Croyez-moi, il n'avait jamais mordu personne jusqu'ici.
Non ?
Comment le faire redescendre ?
Quel ennui ! Je vais vous faire un pansement.
Pas la peine, ça va très bien.
Briquez le pont !
Brique-le toi-même, cochon d'oiseau !
Oh, mon Dieu. Pauvre M. Robinson !
Excusez-moi.
Le général Gordon a mordu le doigt de M. Robinson.
Il ne veut pas descendre de l'armoire.
- Qui ? M. Robinson ? - Non. Le général Gordon.
M. Lawson qui êtes grand, voulez-vous essayer de l'attraper ?
Bien sûr. J'vas vous l'avoir.
Je vous importune !
Comment osez-vous penser pareille chose ?
J'adore les perroquets. Ceux-ci étaient en mer avec mon mari.
Laisse-moi faire.
Le capitaine Wilberforce était dans la marine marchande.
Du calme, petit espiègle !
Viens ici, mon p'tit zoiseau
Prenez garde, M. Lawson !
Secourez-le !
M. Robinson, attrapez-le !
Tout va bien, M. Lawson. On va vous aider.
N'ouvrez pas la porte, Major ! Il ne faut pas qu'il sorte !
Aidez-nous, Major, vite !
M. Lawson... non, vous êtes pris... M. Robinson !
Un coup de main, quoi !
Je vous l'aurai.
Petit, petit...
Que se passe-t-il ?
Tout doux, les enfants, pas de violence !
Il est parti !
Trois contre un, ça doit suffire !
Pas d'échelle ! On doit passer par la fenêtre
Allez-y !
Aide-le donc !
Plutôt toi. J'ai la main blessée
Vraiment, je vous dérange par trop. Laissez cela, je vous en prie.
La dernière fois, j'ai appelé la police.
Ils sont venus avec l'échelle des pompiers.
Le vilain petit oiseau !
C'est toujours ce garnement de général !
Ne dérangeons pas la police.
Je ne chasse pas le perroquet, même si c'est un maréchal !
Ohé, du bateau !
J'ai le vertige.
Tant pis. Restez là. Je l'attraperai.
Embarquez !
- Désolé pour la casse. - Ce n'est rien.
Il s'est renvolé !
C'était votre nez, Major ?
Ça va ?
Bonjour, Louis.
Le voilà !
Pardon de vous avoir dérangés.
Pauvre chéri, il déteste tant son médicament.
Ça l'a bouleversé. J'attendrai demain pour lui en donner.
D'accord. Demain.
Puisque je vous ai interrompus,
êtes-vous sûrs...
Non, pas de thé ! Merci quand même.
Je vais tout faire pour vous laisser en paix.
Tu me fais honte !
Tout ce remue-ménage !
Je vais t'enfermer.
Toi, tu as été une bonne petite fille !
Joli Jacquot !
Méchant Jacquot !
On a ses nerfs, Louis ?
Finissons-en !
Le révolver, Harry.
CABINE EN DÉRANGEMENT
Et alors, on s'amuse ?
Avancez ! On veut passer !
Vous bloquez tout, voyons !
Allez-vous filer ?
- Pas de conducteur ? - Que se passe-t-il ?
Des troubles à King's Cross.
Le train entrant en gare sur le quai numéro 1
est celui de 13h05 en provenance de Cambridge.
Emmène tout ça à la consigne.
Allô, M2GW, ici HPC.
Message urgent :
voiture ayant pris part attaque fourgon retrouvée Field Station.
Nulle trace de l'argent volé.
Vous allez désorganiser la ligne !
Nous devons contrôler tous les bagages.
Vous paralyseriez un terminus ?
L'argent est venu ici. Ils vont tenter de le réexpédier.
Toute sortie de colis est à vérifier.
Bien. J'appelle le Yard.
Mais ça ne me concerne pas !
Ouvrez ça quand même.
C'était à ma tante Katie. Elle m'a légué ces bibelots en mourant.
Des souvenirs de famille.
Où puis-je retirer une malle ?
La-bas, où c'est marqué "Bagages".
Combien de colis avez-vous notés depuis 10 à 15 minutes ?
En entrées ou en sorties ?
Sortant de la gare ! Combien ?
Faut les compter.
C'est une malle. Le professeur Marcus qui loge chez moi
doit la recevoir de Cambridge. Il me quitte aujourd'hui...
Venant de Cambridge, pour Marcus... Bien. Voulez-vous signer ?
Alors, combien de sortis ?
Donnez-moi ça !
Major, avant de commencer, si l'on appuyait sur le bouton A ?
C'est mieux ainsi.
Je vous prie de rester calme, de parler tranquillement,
de vous concentrer. D'accord ?
Mme W. devrait être en vue, disons...
Maintenant !
A présent, elle part.
Du calme !
Elle est retournée à la gare !
Un pépin ?
Major, qu'y a-t-il ?
Mêlez-vous de vos affaires !
- Fiche le camp. - Toi-même !
Je l'oublie tout le temps.
Que dit-il ?
Mais quoiquigna ?
Tout va bien.
Elle était repartie chercher son parapluie !
Un peu plus, on était bons. vieille toupie !
Pourquoi l'enguirlander ? Elle a fait son boulot.
On arrive, Louis.
Plus rien à craindre.
Chauffeur, arrêtez !
Mais à qui est ce carcan ? Qu'il s'en aille !
Jeune homme, arrêtez !
Vous m'entendez ? Que faites-vous à ce cheval ?
A qui est ce canasson ?
Je vous en prie, qu'on m'embarque ce bourrin !
Laissez cet animal en paix !
Mêlez-vous de vos affaires ! Et plus de coups de pépin !
Une pauvre bête sans défense !
Mais comprenez qu'il me suit depuis Burton Street.
Il m'a bouffé 3 livres de reinettes.
Il remet ça !
Fiche le camp !
Arrêtez ou je vous signale aux autorités !
Occupez-vous de vos oignons !
Chauffeur !
Si vous aimez cette bourrique, emmenez-la
avant que je lui casse les pattes !
Chauffeur, empêchez cette odieuse brute...
Ça nous concerne pas.
C'est pas ton affaire.
Une bête sans défense et affamée. vous la nourrissez trop peu.
Vous laissez faire ce voyou !
Ça recommence !
Petit, va chercher un policier !
Du calme !
Arrêtez, c'est un scandale !
- Les flics ! C'était couru. - Filons !
Non. Tournons doucement le coin et revenons ici.
Monsieur l'agent !
Ton taxi ? Et ma charrette ?
Où est mon cheval ?
Mon cheval !
Comment cela a-t-il commencé ?
Je peux tout vous expliquer.
Il a commencé. Regardez mon taxi !
Et ma charrette, alors ?
Et ma voiture, et mon cheval ?
Je crois rêver...
La ferme !
Elle est posée là. On pourrait...
Personne ne suggère de la voler, j'espère.
- Que se passe-t-il ? - Une bagarre.
- Contente de vous voir. - Vous, ici ?
Ce ruffian s'est comporté...
Vous la connaissez et vous la laissez en liberté ?
Ne vous tourmentez pas.
Silence ou on vous coffre !
Du calme !
Rentrez chez vous. On prendra votre déposition.
Wilson, prenez ma voiture !
Un cheval brun. Il a onze ans et s'appelle Dennis.
Par ici...
Posez-la là.
Vous êtes gentils. J'espère ne pas vous avoir dérangés.
La police est là-bas, à la maison !
Où sont les autres ?
Elle a mobilisé les flics. Ça t'épate ?
Professeur !
Votre dernière répétition ici, professeur...
Je vais vous rendre vos 10 shillings.
Le chauffeur du taxi les a refusés
parce qu'il va changer de métier.
Mince, alors !
J'avais espéré que vous pourriez jouer tout à l'heure.
Si vous restiez quelques minutes de plus.
Elles seront si déçues de vous avoir manqués.
Moi, cela m'attriste de vous voir partir.
Je monte chercher mon violoncelle.
- Avez-vous été bien ici ? - Parfaitement bien, merci.
Au revoir, Major Courtney.
Que la fortune vous suive dans vos voyages.
Excusez-moi.
M. Lawson, je dois vous dire
que j'ai écouté votre andante, à l'instant,
et jamais je n'avais rien entendu d'aussi sensible.
C'était bon ?
Au revoir, Mme Fol... Mme Wilberforce !
Merci pour le thé, et pour tout.
A quoi joue cet abruti ?
C'est coincé dans la porte.
Bouge un peu. Sonne, gros malin !
Quand même !
Tout va bien, Mme Wilberforce. Tout est en ordre.
Au revoir !
- A la voiture ! - Il reste de l'argent.
- Réfléchissons ! - Pas le temps. Démarre !
Non ! Attendez. Que va-t-on faire d'elle ?
- Stop ! - Démarre.
Mettez-vous d'accord.
Il faut faire quelque chose. Elle a vu l'argent. Elle parlera.
La police à nos trois photos.
Si elle les voit, on est cuits. Ils ont nos empreintes.
Les mots me manquent...
L'argent dans l'étui de M. Lawson vous intrigue ?
C'est bien naturel !
Nous avons omis de vous dire qu'il a cédé sa boucherie.
C'est vrai.
Il a touché cela en espèces. Un chèque aurait pris du temps.
Je ne saisis pas.
Pour la musique ? Vous vous demandez comment
M. Lawson... pouvait jouer
sans instrument ?
Il s'en va. Toutes ses affaires sont là.
Et pas de violoncelle ?
Sortons-la d'ici.
- Un enlèvement ? - Dans l'auto !
Bonjour, Louisa.
Emilia... Entrez donc.
Voici...
Vous avez pu rester pour le thé. C'est charmant !
Quelle bonne surprise, Louisa.
Embarquons-les toutes les deux !
Que je vous présente ces messieurs !
Va falloir réquisitionner un autobus.
Mesdames, passons toutes au salon !
Il y a eu un vol terrible à la gare de King's Cross,
à 13h aujourd'hui.
Le journal ! Puis-je voir les résultats du cricket ?
A King's Cross ?
Ce devait être formidable.
Le score ?
Les Australiens mènent par 60.000 points !
A l'heure ?
La police ignore...
Ils volent vers la victoire.
comment l'argent a pu quitter la gare.
Ils parlent de 60.000 livres.
Mesdames, je vous en prie.
Allez m'attendre au salon quelques minutes.
Un entretien d'ordre privé à avoir avec ces messieurs.
Constance, je suis désolée, mais...
Hypatia, je vous demande d'aller au salon.
Va garer l'auto dans l'autre rue.
Laisse ça ici.
Je crois qu'il est inutile de jeter les yeux sur le journal.
C'est superflu.
Je suis profondément choquée.
Choquée et consternée. Je tiens à vous dire...
Où est M. Robinson ?
Il sera là dans un moment.
On n'a guère de temps.
Louisa, seulement cinq couverts ?
Ces messieurs, pourtant...
Ne les importunons pas !
Venez ! Ils entreront un à un...
Je vous promets qu'ils viendront tous.
Au fond du jardin...
Hypatia, vous ne m'écoutez pas.
Louisa, vous les accaparez !
Il n'y a rien à faire.
Il va vous falloir y aller. Mais attention !
Ce sont mes plus chères amies.
Elles ne doivent rien soupçonner de cette histoire.
Que cette situation est embarrassante !
Embarrassante et humiliante.
Tâchez, pendant une heure, de vous conduire en gentlemen.
D'accord, madame.
A présent, entrons !
Je vieillis, mon doux trésor
Dans ma chevelure d'or
Se glissent des fils d'argent
La vie fuit rapidement
Mais pour moi, tu resteras toujours
Fraîche et rose, Ô mon amour
J'ai cru qu'elles prenaient racine
Je crains que vous ne saisissiez pas
la complexité de la situation.
Laissez-moi vous expliquer
que rendre l'argent serait une faute.
Aussi étrange que cela puisse vous paraître, personne n'y tient.
- Vous voudriez me faire croire ça ? - Mais c'est vrai.
Cet envoi d'argent
était assuré.
La compagnie d'assurances va payer 60 000 livres à l'expéditeur.
Puis pour récupérer,
elle augmentera toutes ses polices pendant un an
d'un quart de penny.
Voyez-vous l'importance du mal que nous avons causé à autrui ?
Un farthing, Mme Wilberforce ! Un quart de penny !
J'avais jamais pensé à ça non plus.
C'est sûrement moins simple que cela.
Croyez-moi, restituer l'argent à présent serait tout embrouiller.
- Ils le refuseraient. - Parfaitement exact !
C'est tout à fait ridicule.
Avant de parler, Mme Wilberforce, demandez-vous pourquoi
cinq hommes de notre valeur en ont été réduits à cela ?
Pourquoi avons-nous risqué la mise au cachot, l'humiliation, la honte ?
Nous nous sommes mutuellement entraînés.
Major, dites-lui...
Dites-lui votre histoire.
Je vous en prie, Claude. Racontez-la-lui.
C'est qu'à cette minute précise, Mme Wilberforce,
une malade, une chère petite vieille dame...
Elle vous ressemble un peu.
Elle attend avec sereine patience et grand espoir
d'être à l'abri de la crainte du lendemain.
C'est ma mère.
Chacun de nous a une histoire similaire.
J'ai instigué le vol.
Je voulais leur venir en aide.
Même si ce que vous dites est vrai,
cela ne saurait justifier en rien, je pense...
- Quel manque de cœur ! - Femme cruelle !
Oser juger son prochain !
On tourne en rond. Agissons !
Vous avez raison, il faut tout lui dire.
Je voulais vous épargner ce choc, mais la police vous recherche aussi.
Exact. Vous êtes dans le bain autant que nous.
Dans le bain ?
S'ils l'épinglent, que va-t-elle subir ?
S'ils m'épinglent ?
On a tout combiné. Elle a trimbalé l'oseille.
Je sais que j'ai trimbalé... l'oseille.
Elle n'en savait rien.
Aux yeux de la loi, ce n'est pas une excuse,
même si nous jurons son innocence.
Ils ne nous croiront pas.
Qui nous croirait ?
Mais c'est ridicule.
Je connais les policiers d'ici. Je nierai...
Elle tiendra jamais le coup.
Le 3e degré !
Condamnée à coudre des sacs postaux !
Des sacs !
Les perroquets seuls au monde !
On les empêchera de vous prendre !
Qu'a-t-elle fait pour nous ?
Je leur dirai qu'elle a tout combiné.
Qu'elle a conçu le gros coup.
Le fric-frac d'East Castle St.
Mon Dieu !
Que vais-je pouvoir faire ?
C'est un flic !
- Par derrière. - Ne bougez pas.
- Répondez pas ! - Il a vu la lumière.
- Qu'avez-vous dit à la gare ? - Je ne m'en souviens plus.
- Partons ! - Mais où ?
Personne ne part.
Mme Wilberforce, allez lui demander ce qu'il veut.
Dites-lui que vous alliez au lit.
S'il me demande, je suis parti pour Manchester cet après-midi.
Ne le laissez pas entrer.
Il lui faudrait un mandat de perquisition.
Perquisition...
Vous ne voulez pas pourrir sur la paille toute votre vie !
Alors, bouclez-la !
La boucler ?
Bonsoir.
- Vous voulez quoi ? - C'est le Sergent McDonald.
Je sais, oui. Que voulez-vous ?
Le chef m'a dit de passer vous voir.
- A quel sujet ? Qu'y a-t-il ? - Rien du tout.
L'affaire de la rue est classée. On ne vous ennuiera pas.
On ne m'ennuiera pas...
J'entre pas.
- Je suis trempé. - N'entrez pas !
Je vais me coucher. Le professeur est parti.
Il faudrait un mandat de perquisition.
Un mandat de perquisition ?
Pourquoi faire ?
Vous... n'en avez pas, non ?
Alors, bonsoir !
Il...
...revient !
Quoi qu'il fasse, dites-lui de se tirer.
Etes-vous sûre que ça va ?
Evidemment.
Voulez-vous vous tirer !
Il s'en va. L'ai-je bien éconduit ?
Laissons-le s'éloigner.
Calmez-vous, madame.
Les étuis !
Un conseil amical.
N'approchez jamais plus d'un poste de police.
N'importe lequel.
N'adressez plus la parole à un policier en aucune circonstance.
Planquez-vous et bouclez-la. Ne parlez de rien à personne.
Vous ne voulez pas emporter l'argent !
Il faut le rendre !
Se planquer et... la boucler, d'accord !
Mais garder l'argent serait mal.
Ecoutez de toutes vos oreilles.
La coupe est pleine !
Vous ne semblez pas vous rendre compte !
Je me fourvoyais.
Ne comprend-elle pas ?
Non, cela ne mène à rien. Je sais ce qu'il faut faire.
J'ai transporté l'oseille.
Mais même si je dois coudre des sacs postaux,
je préfère
aller me constituer prisonnière.
Il faudra que ça ait l'air d'un accident.
Et un suicide ?
Comment ça ?
Faisons-lui écrire un mot !
"Je ne puis plus supporter ça." Signé : Mme Wilberforce.
Et puis on la pend.
Très drôle !
Tu as mieux ?
Qui la pendra ?
Pas moi, j'aurais trop peur de dépendre d'un faux mouvement.
Il faudrait un spécialiste...
Pourquoi me fixer ainsi ?
On connaît vos sentiments à son égard.
Vous l'avez dit, vous détestez les vieilles.
Et pourquoi pas vous, le cerveau qui a engendré ce ratage ?
Si nous allons au poste de police, il est temps.
Pas par cette pluie ! Attendons.
M. Lawson a un mauvais rhume.
Parfait. Attendons que la pluie cesse.
En attendant, je vais mettre cela sous clef
pour éviter la tentation.
Je ne veux pas !
Allons, Major.
Ça suffit !
Non, je ne peux pas.
Entendu, Louis.
J'ai perdu...
Je m'exécuterai.
Non, pas en bas ! Pas dans sa chambre !
Pas devant les perroquets !
Faites-la monter. Et puis, après...
Enfin !
Le Major Courtney aimerait vous parler.
Là-haut.
Que peut-il bien avoir à dire ?
Montez le voir,
vous verrez qu'il possède le nœud du problème.
Une minute suffira.
Oui, Major Courtney ?
Il le fallait. Elle l'a assez cherché.
Depuis sa naissance, sans doute.
Avec ce qu'elle a fait au taxi, au marchand, au brocanteur !
Tous sur le sable !
Ils ne vous laisseront pas les dénoncer.
- Le professeur a dit... - Il mentait.
En ce moment, ils croient que j'achète votre silence.
Ce sont des criminels !
Moi aussi, je suis un criminel.
Malgré tout, j'aime pas ça.
Toi, la ferme !
Essayons d'être patients.
Je vous demande de me croire quand je dis
qu'une parcelle d'honnêteté subsiste en moi.
Votre sermon m'a ému.
J'irai à la police, même si les autres s'y refusent.
Votre aide m'est nécessaire.
Restez ici. Gardez l'argent.
Donnez-moi le temps d'aller chercher la police
et de les ramener ici. Vous avez confiance, oui ?
Mais...
Major ?
Pourquoi est-il si long ?
Nous causons toujours.
Attendez en bas.
Il a filé !
Il nous a doublés !
Le pognon a filé avec !
- Il n'est pas derrière. - Il a l'argent !
Je n'ai rien à dire. Je dois la boucler.
Louis ! Sur le toit !
Sur le toit, vite !
Surveille derrière.
Ne vous énervez pas.
Non, pas de thé. Merci quand même.
Que faites-vous là ?
D'où vient cet étui ?
Donnez.
J'ai promis à madame qu'on ne gardera pas cet argent.
Merci !
Soyons sérieux, mon vieux. Je n'allais pas filer.
Le croire serait absurde !
Vous me connaissez bien !
Non, mon vieux !
Je vous informe que le Major est parti voir la police.
Ils seront là bientôt.
Qu'est-ce que c'est ?
Quelque chose est tombé du toit. Peut-être une cheminée.
Allez voir !
Nous reparlerons de cela devant la police.
Je devrais dormir depuis longtemps. La journée a été épuisante.
Où est le Major ?
Toujours la-haut ?
Non. Il est... descendu.
Amenez-le !
Il est descendu avec la cheminée.
Est-il blessé ?
Il n'a rien senti.
Je viens de décider... de changer d'avis.
J'la buterai pas.
Pourquoi ?
T'es mouillé comme nous.
Trop tard pour penser, "Premier round".
Nous sommes candidats à la corde.
Après le Major, on aggraverait notre cas avec la mère Fofolle.
C'est différent.
Ecoutez, j'ai tiré mon allumette,
j'ai pris mes risques.
J'ai pas bougé quand on croyait qu'il la serrait.
Assez ! Si on avait dû la liquider, ce serait déjà fait.
T'es stupide !
Je suis stupide.
Mais personne touchera à madame Fofolle.
Personne !
Je vois...
Il a peut-être raison.
Comme il l'a dit,
l'essentiel est que le Major se fasse rare.
Allez chercher la brouette dehors.
Pourquoi faire ?
Le Major a un train à prendre.
Harry et Louis sont aux abois. Soyons prudents.
Parlons net ! Personne ne se sauve.
Il est prêt à flancher et dangereux.
J'ai dû l'amadouer.
Nous restons trois.
Pas de plaisanteries !
Je l'accompagne pour lui donner un coup de main. Restez avec Louis.
Trop bruyant ?
Non, non, je vais me débrouiller, merci.
Ecoutez, madame.
On est dans un sale pétrin. Ne criez pas.
Il faut aller chercher la voiture. Voici les clefs.
Inutile de rentrer ici.
Professeur, vous cherchez pas à me semer, non ?
Ne soyez pas stupide !
Ne m'appelez plus comme ça ! Assez de "stupide" !
Dites-moi ce qui se passe !
Qu'est-ce qu'ils lui font ?
Tu l'as butée !
Harry l'a fait !
Il s'est sauvé avec l'argent !
Tu l'as descendue !
Jamais !
T'as perdu le sens de l'humour.
Mon Dieu, mon Dieu !
J'avais interdit qu'on la bute !
On devait pas toucher à Mme Fofolle !
Arrêtez !
Que faites-vous ?
Puis-je savoir qui est Mme Fofolle ?
Où est M. Robinson ?
Il est... dehors.
On a pris la clef. L'étui à violoncelle a disparu.
Il est dehors aussi.
Rapportez-le !
Je me suis endormie.
Quelqu'un a subtilisé la clef dans ma poche.
Je suis très mécontente.
A juste titre !
C'est une honte. M. Robinson ne l'emportera pas au paradis.
Je le reprends. Merci.
C'est un autre mauvais point pour vous.
Je le dirai à la police.
Expliquez.
Je croyais qu'il l'avait ratatinée.
J'ai cru qu'c'était Harry.
Alors, j'm'ai trompé, quoi !
Mettez-le dans la brouette.
Comment ?
Expédiez Harry. Je reste avec la p'tite mère.
Avez-vous une idée de ce qui motive le retard de ces policiers ?
Il faudra se debarrasser de lui en premier.
Que dirait mon mari de tout cela s'il vivait encore ?
Le capitaine Wilberforce était dans la marine marchande.
Il a sombré avec son bateau, il y a 29 ans déjà.
Un typhon, dans la mer Jaune.
Ces trois petits étaient avec lui.
Il les gardait dans sa cabine.
Il a pris soin de les faire embarquer dans le dernier canot
mais il est resté à son bord et a coulé, en saluant.
J'ai une proposition.
Je m'occupe de lui, et vous d'elle.
Du 50-50, quoi !
J'aimerais mieux l'inverse.
Lui pour moi et elle pour vous.
A qui le tour ?
Attendez ! Ne tirez pas !
Tout seul, vous seriez perdu. Je vous aiderai.
Descendez-le ! C'est lui qui nous a fichus dedans !
Je vous ai entendus.
J'étais la. Vous vouliez me faire prendre le train.
Vous passiez votre temps à me dire que j'étais stupide.
Qui c'est qui l'est, maintenant ?
Le cran de sûrete était mis.
C'était un bon plan.
J'en ai fait, des plans, tous parfaits.
Mais celui-ci était le meilleur, à part l'élément humain.
Tout bon plan comprend cet élément. Mais vous disiez vrai.
Nul plan ne saurait inclure Madame Wilberforce.
A moins d'être nombreux.
Nous n'étions que cinq !
Qu'est-ce qui vous prend ? Remettez-vous !
Il faudrait être 20, 30 ou 40 pour l'égaler
car on ne la tuera plus.
Elle sera toujours à nos côtés.
Toujours, toujours et toujours.
Et l'on n'y pourra jamais rien.
- Vous êtes fou ! - Il ne faut pas dire ça.
Je vous ai prévenu.
Vous me mettriez en colère !
Par ici, Louis !
Sept tirées, il en reste une...
Que faites-vous ?
Je ne veux pas vous faire rater le train.
J'espère que vous me croyez.
J'ai beau avoir transporté l'oseille, je n'étais pas de la bande.
L'affaire a été préparée chez moi, mais pas par moi.
Et je n'ai rien à voir avec le fric-frac d'East Castle Street.
Bien vrai ?
Je ne sais même pas où est cette rue.
Bonjour. Je disais au sergent...
Excusez-moi, mais je suis très occupé.
Je suis sûr que le sergent fera l'affaire.
Mais je voulais votre avis sur tout ça.
Qu'est devenu le reste du gang ?
C'est ça le plus bizarre. Tous ont disparu
pendant la nuit.
Mais j'ai toute l'oseille... Pardon, je suis troublée.
J'ai tout l'argent chez moi. Je le leur ai confisqué
et ils ont été si inquiets qu'ils ont disparu.
En astronef peut-être ?
Suggérez-vous que j'imagine tout cela ?
Vous pensez sans doute que je déraisonne ?
Pas le moins du monde, mais...
Pour certaines raisons, nous vous demandons d'oublier toute l'affaire.
N'en soufflez mot à personne.
Je garderai le secret. Mais envoyez quelqu'un pour l'argent.
De vous à moi, pourquoi ne pas simplement le garder ?
Garder l'argent ? Est-ce croyable ?
Je sais, ça ne fait qu'un 1/4 de penny sur les polices...
Ils m'avaient dit que vous le refuseriez,
que ça embrouillerait tout.
Ils disaient vrai. A present, il faut m'excuser.
J'ai un travail urgent.
Au revoir.
Madame !
Attendez !
Un instant !
Vous l'avez oublié.
Je n'y tiens pas. Je ne l'ai jamais aimé.
Maintenant, je peux m'en acheter une douzaine.
C'est joliment fini, non ?
Attendez, madame !
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