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TRAVAILLER, �A FAIT CHIER
On est pas tellement diff�rent, toi et moi.
Qu'est-ce que tu en dis, John ?
Antonio, tu crois que je suis n� "John Wayne" ? Non.
Je suis devenu "John Wayne".
Comme toi tu peux devenir "Tony Barozzi".
Il faut se forger une gueule, et ne plus la l�cher.
La 20th Century Fox pr�sente Tony Barozzi dans L'ennemi public 2,
avec la magie du son st�r�ophonique et la splendeur de la pellicule 70mm.
Un chef d��uvre de violence comme vous n'en avez jamais vu
et n'en reverrez jamais plus.
De mieux en mieux ! Voil� que tu parles tout seul, maintenant.
Tu vas finir gaga, comme le sacristain qui est la ris�e de tous.
Tu ne frappes plus avant d'entrer ?
Hier matin, tu as encore t�ch� tous tes draps.
Je te pr�viens, je ne te les lave plus.
Bient�t, il faudra t'acheter une canne blanche.
�a n'a jamais rendu personne aveugle.
Au contraire, c'est m�me recommand�. Je l'ai lu dans L'auto-journal.
- Tu parles ! - P�p� aussi se branle.
Ne dis pas de b�tises.
Demande-lui.
Et fais-moi plaisir, ne te m�le pas de ma "privatie".
Ta "privatie" ! Habille-toi donc, il va bient�t �tre midi.
Demande-lui au grand-p�re, demande-lui.
Regarde son cul !
Ah, si j'avais une bagnole, je la prendrais bien en autostop !
� force de jouer au con...
On t'a baptis� avec l'eau des raviolis.
Arr�te de jouer avec ce pistolet. Un de ces jours, il y aura un accident.
Je t'ai demand� de t'habiller. Ta s�ur et ton beau-fr�re viennent d�jeuner.
Et toi, arr�te de lire toutes ces saloperies !
Oui, mais ne les jette pas.
On lui avait dit d'aller faire son service militaire.
Antonio, tu suis toujours le r�gime de Jane Fonda... ?
- Non, c'est celui de Marlon Brando. - Paul Newman.
Newman ou Brando, �a a l'air de lui r�ussir. Il a maigri, non ?
- Oui, il a perdu au moins 2 ou 3 kilos. - 3,5 exactement.
Toujours mordu de cin�ma ?
Ne parlons pas de �a, je t'en prie.
Oui, faites-moi le plaisir de ne pas en parler.
- Vous avez vu le film hier, � la t�l� ? - Un beau navet.
Peut-�tre, mais l'acteur me donne la chair de poule. Quel est son nom ?
C'est un Am�ricain. J'ai lu quelque part qu'il �tait impuissant.
Anglais. Il s'appelle Peter O'Toole et il n'arr�te pas de baiser.
C'est lui, Peter O'Toole ? C'est pour �a qu'il me pla�t tant.
On ne le voit pas assez souvent.
Je ne l'aime pas. M�me s'il a une belle gueule.
Il a ce qu'on appelle un "physique d'acteur".
Une toute petite t�te pas plus grosse qu'une noix.
Tous les grands acteurs ont des t�tes pas plus grosses que les noix.
Antonio, lui, est venu au monde avec une grosse t�te.
L'accouchement n'a pas �t� de tout repos.
Ce n'est pas de sa faute, mais Antonio a une t�te parfaite...
pour �tre caissier. � la banque, il serait dans son �l�ment.
Je lui dis sans arr�t : "Arr�te le cin�ma et viens avec moi � la banque".
D'autant plus qu'avec la crise du cin�ma qui s�vit en Italie...
Nous avons produit 84 films de moins cette ann�e !
Comment �a "nous" !? Tu as produit !? Tu fais partie du monde du cin�ma ?
Je dis "Nous avons produit" en tant que Nation. "Nous", c'est l'Italie.
Bref, le cin�ma est en crise et tu choisis ce moment-l� pour en faire.
Non. J'ai choisi il y a deux ans. Rectification.
Tr�s bien. Pars � Rome ! Qu'est-ce tu fais ici !?
Tu glandouilles, c'est tout ce que tu fais.
Eh, doucement ! Et qu'est-ce que �a peut te foutre, � toi ?
Tu ne fais m�me pas partie de la famille !
Tu n'es qu'une pi�ce rapport�e.
Antonio, je ne veux pas t'influencer
mais souviens-toi de ton cousin Emilio lorsqu'il est all� � Rome.
�a n'a rien � voir. Emilio �tait un voleur.
Sandro a raison. Il dit �a pour ton bien.
Toi aussi tu t'y mets ! Et toi, Grand-p�re, tu n'as rien � dire ?
On ne peut pas en placer une avec vous tous.
On dit �a comme �a. Pour parler.
"Pour parler", et on dit des conneries sur mon dos.
Je ne pense pas que mon mari dise des "conneries".
Il n'y pas d'autres mots dans votre vocabulaire ?
Il a raison : la crise du cin�ma, c'est moi qui l'ai invent�e...
Non, c'est juste. Mais ce qui est juste est juste.
Alors, je vais faire comme l'architecte Sarni,
celui qui balaie devant la mairie. Architecte dipl�m� mais balayeur.
Si c'est �a que vous voulez que je fasse, dites-le !
- C'est �a que tu veux ? - On ne peut pas parler avec toi.
T'as enfin compris.
Tu es vraiment insupportable. Pire qu'un m�me de 10 ans.
J'en ai ras-le-bol ! Maintenant, �a suffit !
Et si je pique une crise, je ne r�pond plus de rien ! Nom de Dieu !
Ne blasph�me pas !
Je blasph�merais si je veux, nom de Dieu !
Ne pleure pas, Maman. Je ne supporte pas de te voir pleurer.
Moi aussi, j'en ai ras-le-bol.
Je n'en peux plus de te voir rester l� � ne rien faire.
Je suis au bord de la d�pression.
Ne pleure pas, �a me donne le cafard. Qu'est-ce que je peux faire ?
Rien. Tu n'as jamais rien fais de toute fa�on.
Tu te souviens ? D'abord tu as voulu devenir pr�tre,
puis mercenaire en Afrique, et puis halt�rophile sur les foires
et chanteur pop ; et m�me terroriste !
Maintenant, tu t'es mis dans la t�te de faire du cin�ma.
En v�rit�, tu ne veux rien faire du tout.
Ne dis pas �a. Ce n'est pas vrai.
Alors pourquoi tu ne cherches pas une situation s�rieuse
au lieu de toujours vivre dans tes chim�res ?
Essaie de trouver une brave fille.
Pas Marisa Magari, tu n'es d�j� pas g�t� par la nature.
Mais, la fille Giratti, tu te souviens d'elle ?
Elle avait un petit penchant pour toi.
Et puis ils ont une si belle villa sur le lac.
Mais, t'as vu ses pieds ? Elle chausse au moins du 43.
J'aurais l'impression de marcher � c�t� de mes pompes.
Ne pleure plus. �a me fait de la peine.
Et souviens-toi de ce que je t'ai dit de la maman de Robert Mitchum.
Le mod�le pr�f�r� de Troubetzkoy. Belle femme, n'est-ce pas ?
Gamin, j'�tais amoureux d'elle et restais pendant des heures � la regarder.
Ce film a �t� bousill� au montage.
Il fallait faire un montage plus sec, plus nerveux.
Arr�tons-nous l� pour que je te pose des questions.
Attention, concentre-toi.
- Qui c'est ? - Humphrey Bogart dans Casablanca.
Non ! Telly Savalas dans L'inspecteur Kojack.
Ce n'est pas plut�t une sucette qu'il a � la main ?
N'essaie pas de jouer au plus malin avec moi.
Cette sir�ne me rend fou.
Je ne la supporte plus. Viens.
Grouille-toi.
On retourne au cin�ma ?
� votre place, je ne recommencerais pas un truc comme �a.
Antonio, j'ai une lettre pour toi.
- Elle vient d'o� ? - De Rome.
On a un nouveau balai, Monsieur l'architecte ?
Monsieur l'acteur, quand allez-vous � Rome ?
�a vient.
Regardez-le ! On dirait qu'il vient de coucher avec la Reine d'Angleterre !
Bonjour tout le monde !
Americano extra bright.
Quoi ?
Un moment. Je veux attirer votre attention sur une lettre
qui m'est parvenue ce matin m�me, sign�e par Frederico Fellini.
- Sans blague... - Allez, lis-nous l�.
"Cher Antonio, les photos que tu m'as envoy�es m'ont beaucoup int�ress�.
Tu as le visage expressif, volontaire. Photog�nique.
Nous avons besoin de nouveaux visages � Rome.
Je suis impatient de te connaitre. Pourquoi ne viens-tu pas ?
Ne g�che pas ton talent dans ta province triste et mesquine."
C'est s�r qu'il va l'embaucher !
Ce n'est pas fini. "D�s ton arriv�e...
...je te ferai imm�diatement faire un essai
et tu seras peut-�tre la vedette de mon prochain film.
Je t'embrasse. Ton Federico Fellini.".
Vous croyez que je n'avais pas compris que c'�tait une blague...
Riez, riez, bande de p�quenauds !
La prochaine fois, on t'en enverra une de Bergman ! Authentique !
C'est fini. Je m'en vais pour de bon.
Grattez-vous les morpions en sifflotant la marche d'A�da !
Va gratter les tiens !
Lisez Cin�ma 2000 et suivez mon ascension.
Reviens, Antonio ! Fais pas le con !
H�, le mariole ! Ne remets jamais plus les pieds ici. Jamais plus !
Qu'est-ce que c'est ?
R�veille-toi, il est 6h.
- Quelle heure il est ? - 6h !
�a ira ?
Oui, mais presse-toi ou tu vas rater ton train.
Salut, John.
Tu as de la chance d'aller � Rome, la ville �ternelle.
Tu vas en voir des beaux culs !
Pourquoi tu viens pas avec moi, P�p� ?
Eh, je viendrais, je viendrais...
...si je pouvais encore rendre heureuse une femme. Mais je ne peux plus.
Voil� quelques lires. Fais-en bon usage.
Merci P�p�, mais donne-les plut�t � Maman.
Si tu ne sais pas o� dormir � Rome, j'ai une adresse.
C'est l'h�tel o� je descendais avec les chasseurs alpins.
C'est tr�s propre et pas cher.
- Bonjour, Maman. - Bonjour, mon tr�sor.
Tiens, 200 000 lires. Ne dis rien � Papa et fais-les durer.
- Je te le promets. Merci. - Au revoir, mon ch�ri.
Alors, tu pars sans m'embrasser ?
On dirait que tout le monde est au courant.
Bonjour, Papa.
- Ne dis rien � Maman. - Merci. Au revoir.
- Au revoir. - Au revoir.
Et souviens-toi : m�fie-toi des Romains.
Sois tr�s prudent.
Et va voir le Pape ! - Oui.
- Au revoir, Antonio. - Au revoir.
�cris-moi.
�coute !
T�l�phone � ce num�ro.
Si une certaine Rosa te r�pond,
dis-lui que tu es mon neveu et qu'Auguste pense toujours � elle.
- Auguste ? Qui est-ce ? - C'est moi, cr�tin !
J'aimerais que tu m'envoies une photo de Lollobrigida ;
� poil, de pr�f�rence.
Sinon, bah l'autre, alors. Comment elle s'appelle ?
Sophia Loren. �a ira aussi.
- Prends ! - Du blanc ?
Plus blanc que blanc. C'est de l'eau min�rale.
- Gazeuse ? - Bien s�r.
La banane est superflue, mais merci quand m�me.
Alors, tu pars...
Oui, bien s�r. �a ne se voit pas ?
Qu'est-ce que tu regardes ?
C'est toi que je regarde ! T'es plut�t tarte...
- Alors... je ne te plais pas. - Mais si.
Vous pouvez aller � l'autre fen�tre ? Je parle � ma fianc�e.
Pourquoi tu lui as dit que j'�tais ta fianc�e... ?
Pour m'en d�barrasser.
J'ai raison : tu ne m'aimes pas.
Mais non.
- Tu vas � Var�se ? - Non, � Rome.
Bon baisers � Fellini !
Tu ne me donnes pas un baiser ?
C'est un peu dangereux...
�cris-moi un petit mot avec ton adresse.
Sit�t arriv�, je te t�l�phone.
- Je ne te crois pas. - Puisque je te le dis !
- Jure-le moi ! - Je le jure !
Mon pull !
- Tu cours comme un canard ! - Envoie-moi mon pull !
Je vous d�range ?
- Non, pas du tout. Je... - Merci.
- Vous voulez baisser un peu la t�te ? - La t�te ?
Oui, baissez-l�.
Vous avez les cheveux secs et pleins de pellicules.
Tenez, c'est un flacon cadeau.
- "Nuage blanc" ? - Oui.
Un extrait pur d'herbes indiennes venant tout droit des r�serves.
Aller l'essayer aux toilettes.
Vos cheveux retrouveront tout leur brillant.
Ils seront super.
Si vous permettez, je l'essaierai � Rome.
OK. Mais dites-moi si �a a march�. Voici mon adresse.
Au feu rouge du pont du Duc d'Aoste, vente au d�tail.
- Quel est votre m�tier ? - Acteur.
Avec cette t�te l� ?
Souvenez-vous que l'avenir, c'est le shampooing.
- Coca�ne ? Haschisch ? Marijuana ? - Non merci.
All�, c'est vous, De Scenta ? Ici Antonio Barozzi.
On s'est connus sur le Lac Majeur.
Vous vous souvenez ? Non !
Demain matin... rue Tibertine... num�ro 79.
Tr�s bien. Merci. Au revoir.
- �a vous int�resse ? - Non !
- Vous allez o� avec ma valise !? - Je vous emm�ne.
Non. Je veux un taxi officiel.
- Tu viens faire un tour avec moi ? - Non. Foutez-moi la paix !
Va te faire foutre, cr�ve-la-faim !
Monsieur, permettez... le stylo...
Mais... c'est la gare qui est en face ? - Oui.
3000 lires, juste pour traverser !?
C'est pas moi qui fait les sens interdit !
Au suivant !
2500 lires. Chambre 25. Avec essuie-mains.
Papier hygi�nique et savon : 3000 lires.
- Non merci. J'ai tout ce qu'il faut. - Couloir � droite. Suivant !
- C'est bien, ici ? - Tr�s bien.
J'y viens tous les jours.
- T'as quelle chambre ? - La 25.
C'est la meilleure.
- C'est l�. Bonne nuit, mon pote. - Bonne nuit.
Bonsoir. Antonio Barozzi.
Enchant�.
Barozzi. Enchant�.
Excusez-moi.
- C'est peut-�tre � vous, �a ? - Vous l'avez trouv� par terre ?
C'�tait dans votre poche et je l'ai retrouv� dans ma main.
- Merci, vous �tes gentil. - De rien.
Permettez ? Je descends ici.
- Qu'est-ce que vous faites !? - C'est aussi � vous ?
D�sol�.
Je suis content de te revoir.
Mais que viens-tu faire � Rome ?
Tu choisis bien ton moment !
- Tu n'�tais pas bien, chez toi ? - Non.
Finie la causette. Fait mettre les figurants sur un rang, et vite.
J'arrive. Mets-toi dans le rang, on ne sait jamais.
Grouillez-vous ! Mettez-vous contre le mur sur un rang !
L'assistant du metteur en sc�ne va arriver.
- Du premier choix, hein... ? - Toujours les m�mes gueules.
Faut faire avec ce qu'on a !
Manque d'originalit�, manque d'originalit� !
Toi, non. Toi, oui. Toi, oui. Toi, non.
- Quel film ? - Peux pas vous dire, on m'a pas encore donn� le script.
Toi, oui. Toi, oui.
- Toi, non. - Et pourquoi pas moi ?
C'est du d�j� vu.
Toi, non.
- Toi, oui. - Enl�ve ton chapeau quand il te parle !
- Excusez-moi. - Comment tu t'appelles ?
- Il s'appelle Antonio... - Barozzi.
J'aime pas beaucoup qu'on am�ne ses petits copains.
- De toute fa�on, il me pla�t. - T'es pas difficile !
Toi, non. Toi, non. Toi, oui.
C'est bon.
Ceux qui ont �t� retenus, demain ici � 7h p�tantes !
Oh, tu sais qui c'est ? C'est Barbara Bouchet.
Attends-moi au maquillage.
- Et apporte-moi un caf�. - Bien, Mademoiselle.
Ch�ri !
Qu'est-ce tu fais ici ? Tu n'es pas � Acapulco ?
Pardon ?
Tu n'es pas Maurizio Amati ?
Non. Je ne crois pas... Non.
Je suis confuse, ch�ri.
Je t'avais pris pour Maurizio Amati ! Quelle ressemblance !
Comment tu t'appelles ?
- Antonio Barozzi. - Merci, Barozzi.
Laisse-moi te la porter.
Vous, les gens du Nord, avez une classe que nous n'avons pas.
Tu as �t� choisi ?
Non et tant mieux. C'est un vrai jeu de massacre, comme la saint-Valentin...
Sortez du champ !
- Tu es d'o� ? - Laveno, sur le Lac Majeur.
- J'y suis pass� en tourn�e. - Tu connais un h�tel ou une pension ?
Viens avec moi � la pension Primavera. C'est tr�s bien.
- T'as une bagnole ? - Non.
Tant pis, on fera autrement. Je m'appelle Paolo.
Mais qui a charg� ce pistolet !? J'avais dit "� blanc" !
Pose ta valise.
- Annunziata ? - Qui c'est ?
Je vous pr�sente un ami � moi qui veut �tre acteur.
Vous pouvez le loger ?
Je sais pas. Faut que je vois si j'ai une chambre.
En attendant, on va manger.
- Ici ? - Non, c'est la place de Turchese.
Je vais lui trouver une chambre � ce beau jeune homme.
T'en fais pas.
� table, les enfants !
En jaune, Gianni, mannequin. Riccardo, le barbu, syndicaliste.
Il a 3 licences. Grosse t�te !
En chemise bleu azur, un po�te. Il aura peut-�tre un prix.
Le Nobel !
- Et Roberto, le coiffeur. - Pour les dames.
Et voici un ex grand acteur du cin�ma muet.
- Permettez ? Barozzi. - Turchese.
Riccardo, comment �a a �t� hier avec le maire ?
Je me souviens maintenant.
Camerini. Les Fianc�s. 1938.
Comment faites-vous pour retenir tout �a ?
Cin�-club de Pallanza. Paolo Valdameri le dirige.
- Vous connaissez ? - Non.
Les enfants, nous r�clamons quoi, au fond ? : une place.
Oui. La reconnaissance de notre identit�.
J'ai dit au maire : "nous ne voulons plus �tre traqu�s".
Et quand je lui ai dit que Rome a �t� fond�e par des p�d�rastes...
C'est la v�rit�. Jules C�sar, Bernini, Michelangelo, ils en �taient tous.
�a l'a beaucoup impressionn�.
Para�t m�me qu'Attila �tait homo.
�a n'a rien � voir. Attila n'�tait pas Romain.
Mais, "p�d�", vous n'avez pas l'exclusivit�.
Attila, je ne savais pas.
Nous voulons leur soumettre un projet de Rome libre,
sans ghettos moraux ou politiques. Une Rome ville-ouverte.
Et toi, le nouveau, qu'est-ce que tu en dis ?
Je ne sais pas... Je viens du Lac Majeur.
Ah oui, je vois. Tu es un agnostique.
Bah euh, pas vraiment agnostique.
C'est vite dit �a, "agnostique", je viens juste d'arriver.
- Vous faites aussi du cin�ma ? - J'ai horreur qu'on m'interroge.
Je tiens � mon moi myst�rieux.
Pas de soupe pour moi.
T'as tort. Elle est tr�s bonne et bien �pic�e.
�a redonnerait un peu de vigueur � ton oiseau !
C'est l'ami de la patronne. Il a �crit des sujets pornos pour le cin�ma.
Descendez lentement et finissez en gros plan sur Lauridana.
Mettez-vous en place !
� mon signal.
� mon signal !
Fais voir �a.
Enlevez vos montres et lunettes. On est au 16e si�cle !
J'ai fait plus de 200 films.
Compris ? Vous partez quand je dis "Action".
Je pourrais me mettre avec la demoiselle ?
Oui. Un jeune avec une jeune. Cinzia, descendez. Vous, montez.
- Un peu de silence ! - Silence !
Vous partez quand je dis "Action" et vous allez � la fen�tre.
- La premi�re ou la seconde ? - La seconde.
Alors allez-y !
- Vous attendez quoi ? - Vous n'avez pas dit "Action".
Pas de texte ?
- Dites des chiffres, comme tout le monde. - 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9...
Ma�tre, vous vous souvenez de moi ?
- Qui �tes-vous ? - Louisa Dalencio. Voyez mon nez.
Je l'ai fait refaire, comme vous me l'avez dit. Alors ?
C'�tait bien mieux avant. Au moins, vous aviez une personnalit�.
Qu'ont-elles toutes dans la t�te ?
Silence !
- Le comte Dracula sait son texte ? - Oui, Monsieur.
D�sol�, je suis en retard
mais � 9h30 le Monde peut s'�crouler ; moi, je fais mon petit caca.
Et malheureusement, je ne peux le faire que chez moi.
Salut Angeletti ! Euh, Michele. Non, Manzzoni !
Je suis un menteur. En r�alit�, j'ai pass� la nuit avec une nana super.
C'est quelque chose ce Tognazzi. Il me fait rire rien que de le regarder.
Jetez votre chewing-gum !
- T'as les mains propres ? - Oui. Pourquoi ?
Tu peux me le garder ?
- Compliments. - Lauridana ! Je ne t'avais pas vue !
Ravissante ! De plus en plus belle !
M. Tognazzi, si vous permettez.
Je suis un de vos plus fervents admirateurs.
Que tu m'excites ! Vaut mieux que je parte sinon...
Vite, on est en retard !
Et que fait-il au milieu, ce cr�tin ?
Moi ? Excusez.
- De l'autre c�t� ! - Excusez.
Qu'est-ce qu'il fout Dracula ? Il roupille ?
- � ta place et ne bouge plus. - Des toiles d'araign�es, l�. Vite !
On y va !
Comment tu t'appelles ?
- Moi, c'est Cinzia. - Enchant�.
- Tu es Romain ? - Non, je suis de Laveno sur le Lac Majeur.
- Excuse-moi, tu n'en veux plus ? - Non.
Qu'est-ce que tu fais avec ta main !? Arr�te !
Action !
Pas comme �a. �a fait p�quenaud.
3 fois 8, 24 ; plus 11 divis� par 2.
Cinzia. T'es libre ce soir ? On mange ensemble ?
On pourra parler un petit peu... Ou on peut r�p�ter.
Piti�, plus de chiffres ! J'ai eu ma dose.
Et puis, toi aussi je t'ai assez vu pour aujourd'hui.
- T'as une voiture ? - Je n'ai pas de permis. Pourquoi j'aurais une voiture ?
- Monte, je te d�pose en passant. - Merci.
Mais, o� vas-tu... ?
Qu'est-ce que t'as � rire, toi ?
C'est la m�me couleur, �a m'a tromp�.
Voil�, j'habite ici.
Bel immeuble. C'est cossu.
Je te ferais bien monter mais, tu vois ce type ?
Il cogne dur.
- Il cogne vraiment ou... ? - Si si. Il ne fait pas semblant.
Il s'appelle Sergio.
Planque-toi ! Glisse-toi au fond et ne bouge plus.
Dis-moi, je peux te t�l�phoner ?
Oui, bien s�r. 32 21 43.
- Facile. - Bouge pas.
32 21 43. 32 21 43.
Il s'en va. Tu peux te relever.
�a va ?
- Oui. Je te t�l�phone. - Oui.
32 21 43.
- 32 21 43. - C'est �a.
Tu t�l�phones, hein ? - Oui.
Merci de m'avoir d�pos�.
- Va t�asseoir. Vite. - Ici ?
Enl�ve ton chapeau.
Regarde l'appareil. Bien dans l'objectif, hein ?
- Tu sais prendre des expressions ? - Toutes. Dites-moi.
Tr�s bien.
Tu vas me faire la col�re. Compris ?
Maintenant, la haine. Le gars tout ce qu'il y a de mauvais.
C'est �a "la haine" ?
Bon alors, "amoureux". Tu sais faire �a ?
Je peux penser � quelqu'un en particulier ? �a m'aiderait.
Vas-y. �a vient ?
- C'est �a, "�tre amoureux" !? - Pour moi, oui.
Eh bien... !
La m�lancolie. Tu es triste ; m�lancolique, quoi.
- Pas du tout. - Comment �a !? Tu es acteur ?
Oui, excusez-moi.
- Tu veux �tre acteur, oui ou non ? - J'ai compris. Excusez-moi.
- M�lancolique. - Tout de suite.
C'est �a "la m�lancolie" !?
- Nonchalant. - �a veut dire quoi ?
Indiff�rent, tu t'en fous. Compris ?
- "Je m'en fous"... ? - Tu t'en fous. T'y es ?
Je peux y aller ? - Oui.
Regarde dans l'objectif, merde ! Quelle andouille !
- Mena�ant. - �a, je sais faire.
- Tu es tr�s triste. Ta m�re est morte. - Non. Elle va bien.
- T'imagines qu'elle est morte ! - Ah oui, compris. D�sol�.
Je fais la t�te comme dans un film o� ma maman meurt.
Oui, quelle t�te tu fais ?
Celle-l�. Vous trouvez que j'en fais trop ?
Attends.
- C'est bien ? - Tu peux pas faire mieux ?
Je suis � mon maximum.
C'est �a ton maximum !? J'ai jamais vu un abruti pareil !
Vous allez finir par me d�courager.
T'es suivi !
Non !
Je m'excuse. Oui, dans la t�te.
Je suis suivi dans ma t�te.
- Tu as peur. - Pr�t !
Je l'ai fais 100 fois, c'est facile.
- T'es s�r ? - Si je vous le dis.
Tu as peur. Terroris� ! Le maximum !
Termin�. On fera pas mieux.
On m'a aussi conseill� de faire quelques nus...
Toi, nu !? Habill�, t'es d�j� pas possible ! Alors � poil...
Et la tronche que tu te paies ! � peine vue et d�j� oubli�e.
- Combien ? - 120 000 lires.
- � la livraison ? - Tout de suite !
Allez.
- Voil�. Je peux t�l�phoner ? - Fais comme chez toi.
Viens, toi ! La fesse, �a paie. C'est pas comme les natures mortes.
- Je vous d�range ? - Pas du tout, j'�coute pas.
32 21 43.
Eh, la m�me, tu te magnes ?
Vous �tes chez Cinzia Pancaldi...
- Bonjour, Cinzia. - Je suis absente momentan�ment.
- Comment �a "absente" ? - Rendez-vous � 5h au bar Del Pincio.
D'accord. � 5h au bar Del Pincio.
Allez, mets-toi l� !
Qui t'envoies, toi ? Qu'est-ce que tu es cruche !
Vite, les boiteux ! Avancez ! Par ici les boiteux !
- T'es pas un vrai boiteux, toi. - Et �a, qu'est-ce que c'est ?
- Les boiteux ! - Excusez-moi. La Star-Film ?
- 1er �tage � droite. - Merci.
Tra�nez pas, merde !
Et toi, ramasse ta canne ! Grouille-toi !
Tu t'appelles ?
- Tu n'es pas de Rome ? - Du Lac Majeur. Laveno.
Je ne fais pas l'affaire ?
- L�ve-toi. - Pardon.
L�ve-toi.
- Baisse ton pantalon. - Et pourquoi, s'il vous pla�t ?
Le film s'intitule :
"Nu et viol� dans une mansarde par un sans-culotte pendant la R�volution".
Tu comprends ? Ce qui nous int�resse, c'est le p�nis.
"Le p�nis"? Ah, le p�nis. Oui, je comprend.
- Alors, vous voulez voir ? - Oui.
Voil�.
Je m'excuse s'il est un peu... Mais l�... - C'est l'�motion.
C'est pour vous. La distribution de Lombardo.
All�. Oui.
�a va bien. C'est impossible, je suis d�sol�e.
Il fallait me dire �a avant. Vous plaisantez !?
Une coproduction est une coproduction.
Eh oui ! Nous en avons encore parl� hier.
Pourquoi ne l'a-t'il pas dit avant ? Ciao.
Allons voir � la production si on peut faire quelque chose.
Oui. On pourra peut-�tre.
Encore l� ?
- Je peux me rhabiller ? - Vous pouvez.
Je m'excuse si c'�tait si peu... C'est l'�motion, hein.
Parce que d'habitude... je suis plus � la hauteur.
- Bon, au revoir. - Je ne donne jamais la main.
Pardon.
Vous voulez des photographies ?
De mon visage.
Les visages ne m'int�ressent pas. Allez.
Allez allez allez !
Attention !
- Comment �a s'est pass� ? - Va donc savoir, avec eux.
Je m'excuse, mais, tu l'as longue comment ?
Ils ont demand� � voir ? 8 � 10 centim�tres.
- Au repos ? - Oui.
Ils ne me prendront jamais.
- T'es pas boiteux ? - Non, malheureusement.
Y'a pas de boiteux, ici ?
Excuse-moi. Tu n'aurais pas un peu de Rimmel ?
J'en ai plus du tout.
"Cher Antonio,
ne dis rien � Papa des 20 000 lires que je t'ai envoy�es.
Comment vas-tu ? Grand-p�re est tr�s mal. �a m'�tonnerait qu'il s'en sorte.
�cris-lui, �a lui fera plaisir.
Je t'embrasse bien fort. Ta maman.
Post-scriptum : Grand-p�re demande si tu as t�l�phon�".
- C'est madame Rosa ? - C'est moi.
Je suis le neveu d'Auguste. Il m'a dit de vous dire qu'il pense toujours � vous.
�coutez. Je suis mari�e depuis maintenant deux ans
et je suis tr�s �prise de mon mari.
Dites � Auguste que ce f�t une folie et qu'il doit m'oublier.
Tr�s bien.
Encore un coup de t�l�phone ? Je note, hein.
Oui, bien s�r, notez, notez.
Et pour raconter quoi ? Je me le demande.
- Cinzia ? Je ne te d�range pas ? - Si. Qu'est-ce que tu veux ?
- Je comprend. Tu te reposais. - Presque.
- Qu'est-ce que tu faisais ? - Je baisais.
Bien s�r... Alors ?
- Et alors, rien. Ciao. - Cinzia ? All� ?
Tr�s bien. � demain. Ok. Ciao.
Pardon. On m'a dit que vous �tiez dans le monde du cin�ma.
J'�cris des sc�narios. J'aimerais votre avis sur mon dernier script.
Volontiers.
- Poils contre poils. - "Poils contre poils", hein.
Et non pas "contrepoids".
Le corps nu d'Ingrid �tait chaud.
Doc, le doberman aux poils noirs et luisants, remuait la queue d'excitation.
La main d'Ingrid, aux grands ongles laqu�s de vert,
passa le long du ventre muscl� de Doc, lentement jusqu'au...
Oh, mais �a va un peu loin !
Et puis, elle commen�a...
...la langue en feu...
C'est pas vrai !
- Avec le chien !? - Et �a, c'est rien. Attendez la page 2.
Suivant, s'il vous pla�t.
Moi ? Non, lui. Va.
Entrez.
Merci, Ma�tre, merci.
- C'est vrai ? Vous penserez � moi ? - Je te t�l�phonerai. Vas-y.
Ma�tre Pedretti ?
- Tu as rendez-vous ? - Oui.
Alors, je t'en prie, entre.
- Ainsi, tu veux �tre acteur. - Oui.
- Pourquoi tu t'adresses � moi ? - Vous �tes impr�sario.
Je ne suis pas le seul. Qui t'a donn� mon nom ?
Un acteur qui habite dans ma pension. Turchese.
- A�e ! - Pourquoi ?
Fa�on de parler. Revenons � toi. Tu t'appelles ?
- Barozzi avec un "B" ? - Je peux changer.
Mais non, c'est pour toi.
Tu seras entre Yul Brynner et Richard Burton.
Pas mal pour un d�but, hein ?
Tu as d�j� fait quelque chose dans ce m�tier ?
- Un tournage sur le Lac. - Tu viens d'o� ?
- Du Lac Majeur. Laveno. - Ah...
- Et tes parents, �a va ? - Bien, merci.
Je veux dire : �a marche pour eux ? Ils ont des moyens ?
Mon p�re est directeur de banque. Il me donne un petit coup de main.
- Mais je pr�f�rerais �tre ind�pendant. - D'autres parents ?
- Pourquoi vous me demandez tout �a ? - Je dois tout savoir de toi.
Consid�re-moi comme un confesseur.
Alors, d'autres parents ?
- Une s�ur, mari�e � un chimiste. - Aucun int�r�t. Rien d'autre ?
Mon grand-p�re vit avec nous. On s'entend bien.
Malheureusement, il est malade.
- Quel �ge il a, le pauvre homme? - Plus de 80.
- Et � qui �a ira ? - Pardon ?
Je veux dire : si par malheur il meurt, qui h�ritera ?
Je crois que c'est moi. Il me l'a dit, une fois.
Bien, Alberto.
Je crois qu'on peut faire quelque chose avec toi. T'es pas ordinaire.
T'as un physique pas comme tout le monde. Fais voir un peu tes dents.
C'est pas grave. Il y a un bon dentiste en face.
Tr�s important : dans quel style tu es le plus � l'aise ?
Comique ou dramatique ?
Je peux tout faire. J'ai une gamme tr�s vaste.
Passons aux choses s�rieuses. Donne-moi 150 000 lires. Je te fais un prix.
- Quoi ? Tu h�sites ? - Non non.
Tu te rends compte ?
�tre entre Yul Brynner et Richard Burton du premier coup, c'est pas rien.
Je vais te prendre un rendez-vous avec Simoni.
Oui, le grand Carlo Simoni.
Il vient d'ouvrir un cours de com�die. Un "atelier", comme il l'appelle.
Je t'ai perc� � jour, tu sais.
Tu es trop gentil. Tu as besoin de te r�veiller.
Si Simoni ne le fait pas, personne ne le fera.
- Avec moi, tu es bien tomb�. - En voil� deux de 100 et un de 50.
Je peux avoir un re�u ?
Non, pas la peine. J'ai confiance.
Les enfants, vous avez compris ? Soyez m�chants.
Ha�ssez-vous. Faites-vous du mal.
D�chirez-vous ! Musique !
M�chants ! D�chirez-vous ! Frappez-vous !
�clatez-vous !
Soyez bestiaux !
Faites-vous du mal !
Frappez-vous ! Insultez-vous !
Crachez-vous au visage !
Cochon ! Salaud ! Tu veux me violer, hein !
Je ne vous connais pas !
Salopard ! Ignoble pourriture ! Vieux vicelard !
Du calme, du calme ! Un minimum d'�ducation !
Stop !
M�ditation dynamique !
Deux mots que personne n'aurait oser rapprocher jusqu'� hier
et que j'ai voulu r�unir
pour d�velopper une nouvelle m�thode d'enseignement artistique.
Mon but : vous am�liorer.
Vous lib�rer de l'�tat latent dans lequel vous vous trouvez.
Je fouillerai...
...vos personnalit�s. Si vous en avez une.
Je vous d�gagerai de l'obstruction de vos natures m�diocres.
Je vous ferai bondir, vibrer, courir, danser, r�citer.
Je serai votre d�miurge et votre bourreau.
Je vous torturerai. Je vous violenterai.
Mais, si vous le m�ritez,
je vous aimerai. Je vous adorerai.
Et peut-�tre m�me, je vous sodomiserai.
- Que fais-tu !? Tu mets la langue ? - Juste le bout.
Tu es fou ! Tu te passionnes !
- Tu te troubles ! Tu es fou ? - J'interpr�te, Ma�tre.
"Interpr�te" !
Tu interpr�tes avec la langue !
Musique !
Je ne t'ouvrirai pas. Connard !
Mais c'est toi qui m'a dit de venir.
- Qui est-ce ? - C'est Antonio.
Magnifiques ! Les roses sont mes fleurs pr�f�r�es.
Arr�te ! Tu es fou ! Mais �a va pas !? ! Mon collant !
Qu'est-ce que tu as bouff� ? Un aphrodisiaque ?
- Je ne suis plus le m�me, Cinzia. - Oui, �a j'ai vu.
Viens que je te montre quelque chose.
Voil�, regarde.
Paris. Barbara Bouchet, la vedette qui monte,
a �t� surprise en tendre compagnie avec son nouveau chevalier servant,
un jeune acteur du nom d'Antonio Barozzi.
Apprenti playboy.
Je ne savais pas que tu t'envoyais Barbara Bouchet. Compliments.
On est seulement de bon amis. Je peux le garder ?
Bien s�r, playboy.
Tu l'embrassais comment, Barbara ?
Montre-moi.
All� ? Je ne suis pas l�.
- C'�tait le rouquin ? - Oui, en personne.
- Vous vous �tes disput�s ? - Y'a un peu de �a.
�coute... L'autre jour au t�l�phone,
tu te souviens de ce que tu m'as dit ? C'�tait une excuse ou ...
Une excuse ?
En r�alit�, tu faisais peut-�tre autre chose que ce que tu...
Peut-�tre que je regardais la t�l�vision
mais que j'ai eu honte de te l'avouer. Alors, je t'ai dit que je baisais.
De toute fa�on, tu fais ce que tu veux.
Mais, � t'avoir au t�l�phone, j'aurais pas cru.
- Tu dois �tre vachement dou�, toi. - Pas tant que tu le crois.
Tu n'as jamais �t� amoureux ?
- Non. - Combien de filles t'as eu ?
Trois.
Quatre. Une musicienne, aussi. Elle jouait de la batterie � Ravalle.
- Ce n'est pas beaucoup, � 30 ans. - Je ne les ai pas encore.
Qui c'est ? Le cogneur ?
- Qu'est-ce que tu veux ? - Ouvre !
Non. Je ne veux plus te voir.
Arr�te de d�conner. Ouvre-moi.
Il vaudrait mieux pour toi que tu t'en ailles.
Y'a quelqu'un avec toi, hein ?
Me pousse pas � bout ou je fais votre f�te � tous les deux. Ouvre !
Vas-t'en ! Je ne veux plus te voir ! J'en ai marre de toi !
Fous le camp et va au diable !
Va te faire foutre, connasse !
Au secours ! � moi !
- Mais o� es-tu ? - Ici, dans le placard !
Je cherchais la salle de bain.
Il est parti ?
Oui, et cette fois, tant pis pour lui. Il l'aura voulu.
- Tu veux qu'on fasse l'amour ? - Oui.
Par la Madonne, quels seins !
Merci. On va lui donner une bonne le�on.
�a lui servira pour la prochaine fois, � ce con.
�a lui fera les pieds.
Tu es s�re qu'il est parti au moins .
- Il a une voiture blanche ? - Oui, comme du lait.
Avec deux porti�res ?
- Oui. Pourquoi ? - Non non, pour rien.
Bah viens.
Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu ne te d�shabilles pas ? - En un �clair.
Tu serais pas vierge, toi ?
T'as vu o� tu pousses ? : sur le drap. Je vais te l'enlever.
- �a t'a plus ? - Quoi ?
- Tu as joui ? - Joui quand ?
On le refera. On le refera, mais sans le drap.
On appelle �a un playboy...
All�, pension Primavera. Que d�sirez-vous ?
Une seconde, je vais voir.
Antonio, t�l�phone !
- Qui c'est ? - Je n'ai pas demand�.
- Un homme ou une femme ? - Un homme.
Je viens tout de suite.
Il vient tout de suite.
Que �a sent bon !
- All�. - Antonio Barozzi ?
- Qui parle ? - Carlo Simoni.
- Oh, Ma�tre ! - O� d�jeunes-tu ?
Si tu venais chez moi ? - Oh oui !
- Note l'adresse. - Je suis pr�t.
Rue Flaminia Ventia, au 837.
- Au 837. - Je t'attend.
Tr�s bien. Comptez sur moi. Merci, Ma�tre.
Notez seulement celui-ci. L'autre, c'�tait un appel.
Je suis absente momentan�ment. Laissez votre message apr�s le bip sonore.
Cinzia, je suis fou de joie, fou de toi ! Ton Antonio.
Il va tous me les r�veiller !
- Comme vous voil� �l�gant ! - Je vais toucher ma pension.
Vous �tes bien euphorique, ce matin.
Je vais d�jeuner chez Simoni. Chez Carlo Simoni.
- Faites attention. - Pourquoi ?
Devinez un peu, "pourquoi"...
Je suis invit� � aller d�jeuner chez Simoni.
Un point c'est tout !
- Tu es s�r que tu ne veux rien boire ? - Non merci.
M�me pas un peu de Whisky ? Champagne, Negroni ?
Non, j'ai pris un petit blanc avant de venir.
Je suis s�r que tu as d� te demander
"Mais pourquoi, pourquoi veut-il me revoir ?".
J'avais l'intention de vous le demander.
Je vais tout t'avouer.
Ton geste d'hier
- cette fa�on de tenter, en quelque sorte -,
je dois le dire,
m'a surpris.
J'ai eu envie de mieux te connaitre, de savoir qui tu es.
Ce que tu fais. D'o� tu viens.
Vas-y.
Bon... je commence. Je suis n� � Laveno,
une riante petite ville sur le Lac Majeur.
"Riante" ? Pourquoi, tu l'as vue rire ?
- Non, c'est une fa�on de parler. - C'est un lieu commun.
Pourquoi ne pas �viter les lieux communs ? Il faut �viter les lieux communs.
D'accord, Ma�tre. �vitons les lieux communs.
Je crois donc que je suis n� � Laveno...
qui est une s�rieuse petite ville sur le Lac Majeur...
- Monsieur Philippe est arriv�. - O� est-il ?
Il fait sa valise dans sa chambre, Monsieur.
- Philippe, d'o� viens-tu ? - �a ne te regarde pas !
- O� comptes-tu aller ? - �a me regarde.
- Tu penses t'en tirer comme �a ? - Je te rendrai tout.
Je ne te parlais pas de �a.
R�ponds ! D'o� reviens-tu ? Veux-tu me parler !
Trois jours que tu as disparu ! O� �tais-tu ?
Qu'est-ce que �a peut te foutre, puisque je pars ?
Tu es une pute ! Une stupide petite pute !
Pute tu es, pute tu resteras !
Mon cristal de Boh�me ! Tu casses tout !
C'est toi qui me les casse !
Je te le dis : tu n'es rien sans moi !
Ah oui !?
Sans moi, tu serais un z�ro !
J'en ai par-dessus la t�te, de toi !
- Je veux jouir de ma libert� ! - On peux partir en voyage. � Paris.
O� vas-tu ? O� vas-tu ?
Tiens, les cl�s de la Rolls !
Et puis non...
The zest is gone.
Pardon ?
"The zest is gone",
comme disait Bronski � Anna Kar�nine.
C'est fini.
Je n'en peux plus.
Excuse-moi.
Comment tu t'appelles ?
- C'est un beau nom. - Merci.
On a perdu l'habitude des noms simples.
Tout le monde veut s�appeler Alfredo, Albaberto,
Ivan, Aloisio.
De quel signe es-tu ?
- B�lier. - C'est un beau signe.
Tu as un beau visage, tu sais ?
Doux.
Propre.
- Tu veux �tre com�dien ? - Euh, oui.
Tu as d�j� eu des exp�riences homosexuelles ?
- Vous voulez savoir si... ? - Non non ! Ne me dis rien si tu ne veux pas.
O� habites-tu ?
� la pension Primavera.
- Cette affreuse pension de p�dales ! - Ah oui ?
- Tu vas te faire bouffer tout cru ! - Non.
- Tu as peur de moi ? - Non.
Regarde !
Gourmette avec saphirs ! �a te pla�t ?
C'est le seul cadeau que m'ait jamais offert cet ingrat de Philippe.
Quand je l'ai connu,
il �tait serveur dans un restaurant � la Tour Eiffel.
Rien qu'un vulgaire plongeur.
T'as une belle peau, tu sais ?
Et moi qui lui ai offert une Rolls,
une mansarde � Paris
et une paillote � Tor San Lorenzo !
Je lui ai appris � parler.
Et tu sais qu'il va faire un film avec Francis Ford Coppola ?
Excusez-moi. Ces Messieurs sont servis.
Je suis un homme puissant, tu sais.
Je suis un dieu.
Je peux faire ta fortune. Je connais tout le monde.
Tu sais qui est � Rome ?
Billy Wilder.
Je d�ne avec lui demain soir. Tu sais qui est Billy Wilder ?
C'est mon r�alisateur pr�f�r�.
Sunset Boulevard, Le gouffre aux chim�res,
7 ans de r�flexion, Certains l'aiment chaud,
- Sp�ciale premi�re, Fedora... - Bravo !
Tu peux venir avec nous.
- Merci. - Il tourne � Venise.
- Il aura certainement un r�le pour toi. - Vous croyez ?
� ton premier Oscar.
- I love you ! - Thank you.
A wonderful present.
Thank you very much. I love America.
I love America !
- Tu as oubli� quelque chose ? - Non.
J'ai chang� d'id�e.
- Qui c'est celui-l� ? - Enchant�. Antonio Barozzi.
Qu'est-ce que tu fais ici ? C'est ma place.
Tu es sourd ? Je te dis que c'est ma place. Du vent !
Ma�tre, regardez ce qu'il me fait !
Il me tire !
Tout �a � cause de moi ! Je vous en prie, du calme !
Mais, Ma�tre, qu'est-ce que je dois faire ?
Mon Dieu, mes petits, je n'en m�rite pas tant !
Ma�tre, il me fait mal ! Au secours !
Assez ! Assez ! Dehors.
Raccompagne-le.
- Tu m'excuses, Antonio ? - C'est rien.
Au revoir.
- Alors tu as chang� d'id�e ? - Oui.
Je m'excuse, Ma�tre.
Le d�ner demain, avec Billy Wilder, �a tient toujours ?
Sois tranquille, je te t�l�phonerai !
Va !
- Merci. - Je te t�l�phonerai...
Tu as �t� m�chant, tu sais ?
Tu as �t� tr�s m�chant.
- Bonjour, Papa. - C'est toi ?
- Qu'as-tu fait � tes cheveux ? - Je tourne un film sur le 3�me Reich.
- Le 3�me Reich ? - Oui.
- Pauvre Grand-P�re. C'est arriv� quand ? - Vers 3h du matin.
Comment s'est-il �teint ?
- Il regardait un de ces films... - Quel film ?
Je ne sais plus. Une histoire de chatte toute noire et br�lante, je crois.
- Il a souffert ? - Il ne s'est rendu compte de rien.
Ta m�re l'a d�couvert.
Elle est entr�e dans le salon, elle a cru qu'il dormait.
Pauvre petite.
Antonio est arriv�.
C'est Antonio.
- Antonio ! - Bonjour, Maman.
Qu'est-ce que tu as fait � tes cheveux ?
Un film sur le 3�me Reich.
- On tourne des films sur le 3�me Reich ? - Heureusement.
Tu sais qui a t�l�phon� ? Monsieur le maire.
- Bonjour, mon oncle. - Bonjour.
Mais qui es-tu ? Tu es devenu blond ?
Eh oui.
Bonjour, mon P�re.
- Qu'as-tu fait � tes cheveux ? - Demande � Maman.
C'�tait un homme bon.
Je me rappelle une fois, quand j'�tais enfant...
Je passais les vacances � Mottarone.
J'�tais seul avec lui, parce que j'avais des examens en octobre.
Viens !
Il est temps pour toi de voir une belle chatte.
Viens !
Tu aimes ?
Tout le monde � table.
- Quel �ge avait-il ? - 86 ans. Il �tait encore jeune.
- Il a dit quelque chose pour moi ? - Il se faisait du souci pour toi.
Il disait que tu ferais peut-�tre mieux d'arr�ter le cin�ma.
Mais surtout, que je ne t'en dise rien.
Eh bien, tu ne me l'as pas dit.
- Bonjour, Marisa. - Bonjour, Antonio. Je suis d�sol�e.
- T'es bien en blond. - Tu trouves ?
Tu ressembles � Marlon Brando dans Le bal des maudits.
- Et toi, comment �a va ? - Bien, merci.
Et le nouveau fianc� dont tu me parlais dans tes lettres ?
Il va bien. Il a pr�f�r� ne pas venir.
Si je t'ai fait souffrir, je te demande pardon. Tu m'en veux pas ?
Non, pas du tout. Tu as bien fait.
Je t'ai vu sur Cine 2000. Je savais pas que tu �tais all� � Paris.
- C'�tait pas � Paris. - Ah non ?
Rome, c'est comment ? Il doit y avoir des belles filles.
Tu dois pas t'emb�ter.
- Je vais � Rome avec toi. - Comment ?
- Je vais � Rome avec toi, c'est d�cid�. - Et ton fianc� ?
Je l'ai invent�.
Je ne t'ai pas oubli�.
J'en peux plus de vivre la vie que je vis.
Emm�ne-moi avec toi, tu veux ?
Pars devant, je te rejoins tout de suite.
- Bel enterrement. - Merci.
J'ai t�l�phon� et on m'a appris la mort de P�p�. Un sale coup.
Je voulais �tre � tes c�t�s.
Et aussi te donner de bonnes nouvelles.
Il faut que tu reviennes � Rome. De grandes choses se pr�parent.
Tu comprends ? Les cheveux blonds, fini.
- Et le film sur le 3�me Reich ? - Termin�.
Crois-moi, de grandes choses se pr�parent.
- Le p�p�, il a laiss� quoi ? - Comment ?
- Le p�p�, il a laiss� ce qu'on pensait ? - Il a laiss� quelque chose.
- Combien ? - Un total de 3 millions.
Pas terrible. Tu m'avais dit qu'il t'aimait bien.
C'est mieux que rien. T'as pas 30 000 lires ? Je suis parti en catastrophe...
- J'ai seulement... - ...�a ira. Merci, Antonio.
Ne tra�ne pas trop ici. Viens tout de suite � Rome.
- Ta maman, c'est laquelle ? - Celle devant, toute en noire.
- C'�tait le papa de ta maman ? - Oui.
Ciao, Antonio.
Condol�ances, madame.
La maman, c'est elle.
Condol�ances, madame. Condol�ances.
Ma�tre Pedretti. Enchant�. Pour votre fils, soyez tranquille.
Je me charge de tout. Condol�ances � tous !
Ciao, beaut�.
Qu'est-ce que tu as fait � tes cheveux ?
- Alors, raconte ! - Raconter quoi ?
- La Barbara Bouchet, elle est comment ? - Jolie ?
Tu te l'aies envoy�e ?
Mais qu'est-ce que tu crois ? Et puis, c'est vraiment pas le moment.
Il est l�, Antonio. Regardez comme il a fi�re allure.
- Juste � c�t� de Marlon Brando. - Marlon Brando, Belmondo.
Oui, et Silvio Bagolini... �a a d� te co�ter un max, non... ?
Tu ne penses qu'� l'argent, hein ?
Mais, �a t'a servi, au moins ?
Quand un r�alisateur recherche un acteur, il se sert de ce catalogue.
Tous les meilleurs sont l�.
Ce n'est pas le moment de regarder la t�l�vision.
�a n'avait rien d'amusant. Un orphelinat incendi� au Canada.
Dieu merci, tu ne ressembles plus � un nazi.
Et le boulot, comment �a va ?
Pas mal. Mon agent a dit qu'il avait pour moi un projet tr�s prometteur.
Et tu le crois ?
- Maman, tu vois tout en noir. - Je te le dis parce que je t'aime.
Tu sais que tu peux venir � la banque quand tu veux.
Comme Grand-P�re n'est plus, tu peux t'installer confortablement ici.
On pourrait partager l'appartement en deux.
On �tait d'accord pour que l'appartement nous revienne.
Tu auras toujours ta part.
�a ne m'int�resse pas. Je pr�f�re largement l'appartement.
- � qui tu t�l�phones, Antonio ? - �a ne te regarde pas.
Je suis absente momentan�ment. Laissez votre message apr�s le bip sonore.
Mais tu n'es jamais l� !
C'est ton Antonio. Qui pense � toi sans arr�t.
Oui, "Qui pense � toi sans arr�t".
Et pas besoin d'en faire un drame, hein.
Maman, qu'est-ce que tu as fait de John Wayne?
Il a pris le train pour Yuma.
C'est �a, blague. Joue les spirituelles !
Continue comme �a !
Bon Dieu, ce que t'�tais belle, Marilyn.
Mais qu'est-ce qu'il t'est pass� par la t�te ?
- T�l�phone ! - Qui est-ce ?
Mais o� est-ce que tu �tais ? Je viens de te t�l�phoner.
�a va mal, Antonio. Je n'y comprend plus rien.
Mais qu'est-ce tu dis ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
J'avais besoin d'entendre le son d'une voix amicale.
- Tu pleures ? - Non. Non, je ne pleure pas.
- O� es-tu ? - � Var�se.
C'est tout pr�t. Donne-moi l'adresse, je saute dans le premier train.
- H�tel des Deux Lacs. - Tr�s bien. J'arrive tout de suite.
Tu es un ange.
Je m'en vais.
Tu vas voir cette Cinzia ? Tu crois que c'est le moment ?
La vie continue. Et je suis s�r qu'elle aurait plu � Grand-P�re.
Un costume de Cicarelli. 450 000 lires. Qui va payer, hein ?
- "Cinzia". Tu l'aimes bien, ce pr�nom ? - Bah, c'est pas mal.
- Non ! Je ne suis pas un client. - D�sol�.
- Mademoiselle Cinzia Pancaldi. - Qui dois-je annoncer ?
C'est monsieur Barozzi.
- Elle descend tout de suite. - Merci.
- T'es aussi l� pour le film ? - Non.
J'ai bien compris. Ce n'est pas grave.
Si tu veux vraiment bien bouffer, va chez Massimo.
- Dis-lui que c'est moi qui t'envoie. - Je ne peux pas.
- Demande-lui ses bruscilli � la polenta ! - Bruscitti !
J'ai une de ces faims !
Tu sais o� on va aller ? Je t'emm�ne chez Anette.
C'est un restaurant sur le lac. On y mange tr�s bien.
- En dix minutes, on y est. - D'accord.
- Comment �a va ? - Mieux. Bien mieux, maintenant.
Viens, asseyons-nous l�.
Tu m'as fait peur, tu sais. Que s'est-il pass� ?
Un coup de cafard. On ne sait pas comment �a arrive.
J'en avais pas eu depuis des ann�es.
J'ai m�me pens� � me suicider.
- Tu t'es disput� avec Sergio ? - Non. On ne se voit plus.
Il y en a un autre ?
Non, aucun.
- Parlons de toi. Comment �a va ? - Bien.
Et le travail ?
Je devais avoir un r�le important dans un film sur le 3�me Reich.
Je devais le faire aussi. Mais, tu sais, il a foir�.
Je sais.
Mais toi, �a va bien ? Tu en es s�re ?
Mais oui. Tu sais comment je suis. Une fois que c'est pass�...
- J'ai peut-�tre eu tort de venir. - Non, �a me fait plaisir de te voir.
Quand pars-tu ?
- Tu vois bien... - Mais non !
Je disais �a pour toi. Tu dois avoir � faire � Rome.
- C'est vrai mais, enfin, si tu veux... - Quoi ?
Si tu as besoin, je peux quand m�me rester quelques jours.
Mais non. Pourquoi faire ? C'est mortel, ici.
- Et je travaille tous les jours. - Qu'est-ce que tu fais ?
J'ai d�croch� un petit r�le dans un film de Calendoli.
Ce matin mon agent m'en a �galement parl�.
Cinzia, va t'habiller. Allez.
Antonio ! Que fais-tu l� ? Vous vous connaissez ?
Ah, je comprend tout ! C'est toi qui a appel�.
Tout est arrang�, maintenant.
J'ai fait le n�cessaire, hein !
Je suis content que vous soyez amis.
Que faites-vous ici ? Allons au bar. On va prendre un caf�. Allez.
- Viens, on y va. - Allez, viens.
C'est ma tourn�e.
Alors, comment vas-tu ?
Ta maman s'est remise ? Quelle belle femme ! Une vraie femme du Lac !
Je croyais que tu devais rentrer � Rome.
Que de grandes choses s'y pr�paraient.
Demain. Demain, on y va � fond !
- Et tes briques ? - Mes "briques" ?
Tes millions !
Moi et toi, il faut qu'on parle.
En ce moment, on forme des �quipes, des coop�ratives.
Il faut entrer dans la m�l�e.
Comme a dit le commis-voyageur : "� 18 ans elle est entr�e dans la m�l�e.
Elle en est ressortie les poches... pleines de fric !".
Je vais me changer. On se voit tout � l'heure. - Bien s�r. Va, va !
Va et fais vite.
Belle fille. Et au plumard...
�coute. - Quoi ?
Comment "quoi" ? Tu m'as ruin� mon 3�me coup.
J'allais r�ussir mon premier tripl� quand tu as t�l�phon� en-bas.
Elle est descendue comme une fus�e.
Mais qu'est-ce que tu lui fais ?! Qu'est-ce que tu lui fais ?!
- Rien. - "Rien" ? Tu parles !
S'il y a quelque chose entre vous, je me retire.
- Il n'y a rien. - J'ai compris ton jeu.
Tu fais la tactique du grand matou, tu fais des pas devant elle,
t'attends le bon moment, et puis tchack !, dans tes griffes !
Il n'y a qu'une chose qui m'int�resse.
- C'est quoi ? - Le cin�ma.
Tu as raison. Bravo ! Il faut s'accrocher.
Nous deux, on va tout d�foncer. Parole de cons.
Fa�on de parler. S'il y a un con, c'est moi.
Regarde ! Calendoli. Un grand metteur en sc�ne.
Calendoli, le plus grand ! Bonjour, cher ami.
- Je peux vous offrir un verre ? - Non.
C'est le plus grand mais il ne tourne que des merdes.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je prend le train de 18h pour Rome.
On a le temps de manger un morceau ensemble.
Tiens, ta valise. Prends vite une table.
Sinon, ils sont capable de dire que le restaurant ferme. Va devant.
- Je monte une seconde. - Pourquoi ?
Elle va me percer le pantalon. Elle est toute dure.
- Tiens, touche. Touche ! - Non !
Vas-y, c'est pour moi.
Et toi, tu ne baiseras pas.
Il y a une table de libre ?
Je vous remercie.
Qu'est-ce que tu fais ?
Mettez �a sur le compte de la 105.
Personne n'a jamais pay�, avec moi. Personne !
- 105 ? Ce n'est pas notre chambre. - Non, c'est celle de Manfredi.
Je lui dirais demain.
- Tu as mang� ? - Oui, vous n'arriviez pas.
Bravo ! Un ami qui bouffe sans nous attendre.
- Il �tait 2h, il en est 4. - Ne l'�coute pas. Tu sais comment il est.
Bon, tr�s bien.
Il faut y aller sinon tu risques de rater ton train.
Nous, on file sur Milan.
Je veux qu'il se nourrisse bien, sinon il va tomber sur le plateau.
Eh, j'ai battu mon record de deux.
Elle a pris son pied cinq fois. - Quoi !? Je ne te crois pas.
C'est �a !
Qu'est-ce que vous racontez comme cochonneries ?
Rien, on parle m�tier.
Allez. On te d�pose � la gare, �a t'avancera.
Comme �a, je ne raterai pas mon train.
T'es un rigolo, toi ! Et t'as un beau cul.
Le menu : soupe de poissons, c�leri, et moules.
Salope !
Esp�ce de salope !
Mais non, pas vous.
- Niki, centre bien. - �a y'est, Tony.
Marque que la place est ici.
Tout est pr�t, Mario. Et cette fille, elle arrive ?
Eh toi, s'il te pla�t, trouve-moi un verre de vin blanc.
Un verre de blanc pour Monsieur Monicelli !
C'est parti !
Qu'est-ce qu'elle fout, cette Cinzia ?
Me voil� ! Je suis l� !
Je vous demande pardon.
- Ma fermeture �clair �tait coinc�e. - C'est rien, c'est rien.
- Comment �a va ? Je me mets o� ? - Tu te mets l�-bas, tu vois ?
Non. Restez bien au milieu.
Cinzia, mets-toi � la marque, j'ai une ombre. Voil�.
Comme on se retrouve !
�a fait un bail qu'on ne s'est pas vus.
Depuis le jour � Var�se, h�tel des Deux Lacs.
Tu ne m'as plus appel�, alors j'ai pens� que tu �tais f�ch�.
Ou que tu t'�tais offens� pour quelque chose.
Pourquoi je me serais offens� ?
Eh oui, pourquoi ? Tu n'avais pas de raison.
Aucune raison. Toujours avec Pedretti ?
Oh non, c'est fini avec lui.
Tu es s�re ?
C'�tait une chose uniquement physique, purement sexuelle.
Et maintenant, t'es avec qui ?
Je ne sais pas.
En fait, j'h�site.
C'est bien toi, �a.
Mario, c'est Del Giudice qui veut te saluer.
- �a va ? - Oui. On tourne.
- Je peux ? - Oui oui.
Qui c'est, avec Gassman ?
Del Giudice, le grand producteur qui travaille en Am�rique.
Je ne veux pas vous d�ranger. Je vais me mettre dans un coin.
Je reprend ma place. Tu peux t'en aller.
- Je suis un de vos admirateurs. - Tr�s bien. Maintenant, va. Va.
Viens avec moi, tu g�nes.
- Vous voulez lire votre texte ? - Je le connais.
Mets-toi ici, � la marque.
Aujourd'hui, je te fais faire la doublure. Tu es content ?
Tu sais que John Wayne a commenc� comme �a.
Mais ne te monte pas la t�te, hein.
Faites semblant de boire et surtout n'en avalez pas.
Tu lui dis "Vous avez un bel int�rieur, Professeur."
Et toi, Vittorio, tu encha�nes.
Ensuite, vous allez vers la biblioth�que.
Et je lui dis "Vous les avez tous lus, Professeur ?".
Tu es mal plac�e. L�, c'est bien.
Un peu de silence, s'il vous pla�t.
Moteur !
Clap !
Longue nuit, premi�re.
Action !
- Vous avez un bel int�rieur, Professeur.- Oui.
J'ai quelque livres.
Vous les avez tous lus ?
� mon �ge, on ne lit plus. On relit.
- Ne me regardez pas ainsi, Professeur. - Tr�s bien. Alors, je ferme les yeux.
Stop ! Il y a un type dans le champ.
Qui est-ce ?
Prenez des professionnels.
Quel est le con qui se prom�ne dans le champ?
�a ne peut �tre que Barozzi.
Allez, montre-toi. Ne te cache pas.
N'aies pas peur. Il ne va pas te manger.
- Allez, vas-y. - Courage.
Courage. Avance.
- C'est toi qui �tait dans le champ ? - Non.
Il n'y a qu'un mec comme toi pour se balader dans le champ.
- Alors, le con, c'est toi ? - Pardon ?
- Qu'est-ce que vous avez dit ? - Tu as tr�s bien entendu.
- Pla�t-il ? - M. Monicelli a dit que tu es un con.
Vous pourriez me r�p�ter �a ?
�a va. Joue pas au mariole. Retourne � ta place.
Non. Le con ne retourne pas � sa place. Il reste l� o� il est.
Avec tous les autres cons autour de lui.
Comme lui, comme vous, comme elle, comme vous tous !
Parce que vous �tes tous une belle bande de cons !
Il faudra faire un concours pour voir qui est le plus grand con de vous tous !
Compris ?
Toi aussi t'es une conne !
L�chez-moi ! Je peux sortir tout seul. Connards !
Gros cons !
Et toi aussi, t'es un con.
- Alors, au revoir. - Bon voyage.
Cons !
Il a pas l'air content.
Bravo, �a m'a bien plu !
Tu n'es personne, mais tu t'es fait entendre.
- Trop c'est trop. - Je suis d'accord.
D'ordinaire je parle pas beaucoup, mais parfois �a sort d'un seul coup.
Et quand �a me prend, rien ne m'arr�te.
C'est juste. C'est tr�s juste.
Mais que se passe-t-il ?
Une panne de courant.
J'ai appuy�, �a ne marche plus.
Il faut faire quelque chose, mon avion d�colle dans une heure !
On appelle au secours ?
Vous ou moi ?
Peu importe. � trois, on appelle tous les deux.
Un, deux, trois :
au secours !
Exag�r�.
Venez vite ! Le producteur est coinc� dans l'ascenseur.
Faites quelque chose ! Sortez-moi de l� !
Ne vous inqui�tez pas. On va vous sortir de l�.
Il faudra combien de temps ?
- Deux petites heures. - Deux heures !? Mais il est fou !
Deux heures !
- Je ferme. - Non, il faut que je sorte !
Rien � faire, Monsieur le producteur.
Le transfo a cram� et le syst�me manuel ne marche pas.
On pourrait essayer par le toit de l'ascenseur.
Oui, comme le trou sur le colosse de Rhodes.
- Assieds-toi. - Merci. Trop aimable.
Tu as une cigarette ?
Nous sommes bloqu�s. Comme dans le film de Kirk Douglas.
Le gouffre aux chim�res. R�alisateur : Billy Wilder.
Premier prix ex-�quo au festival de Venise 1951. Vous vous souvenez ?
- Tu veux �tre acteur ? - Pour dire la v�rit� : oui.
La caf� arrive, Monsieur le directeur.
Il est sucr�.
Surtout, ne le fais pas tomber.
Quelles �tudes as-tu fait ?
Je suis dipl�m� de l'�cole Technique d'Infra.
On y �tudie le latin ?
Non, c'est facultatif.
- Tu m'es sympathique. - Merci, Monsieur.
Pourtant, c'est difficile de m'�tre sympathique.
Je pars toujours de l'id�e que le type en face de moi ne vaut rien.
C'est comme �a que j'ai r�ussi dans la vie.
Les autres sont des cons. Moi pas.
Tout le raisonnement est l�.
Int�ressant.
- Une goutte ? - Merci.
Encore un peu ?
Comment tu le trouves ?
- Bon. - Une belle saloperie, oui !
C'est vrai, il n'est pas tr�s bon.
�a y'est, on va pouvoir les tirer de l�.
Tu comprends, Antonio,
quelle femme j'ai �pous� ?
Elle me fait cocu au moins une fois par semaine.
Elle le fait expr�s, comme �a,
juste pour se foutre de moi.
Parce que, qui plus est, c'est une femme frigide.
Elle fait �a par jalousie, parce que vous devez en avoir, des femmes.
Par jalousie, mon �il !
Pour elle, je ne suis qu'une machine � faire des sous.
Elle me hait.
Alors, pourquoi ne pas l'envoyer au diable ?
Parce que je l'aime.
Bien s�r.
Elle doit �tre belle, votre femme.
Ah oui, elle est belle, Antonio.
Tr�s belle.
Je l'aime comme au premier jour.
Je suis amoureux fou d'elle.
Plus elle me trompe, plus je l'aime.
Je n'exag�re pas.
C'est la mal�diction de ma vie.
- Vous avez des enfants ? - J'en ai deux.
Il ne vaut mieux pas en parler.
Il ne foutent rien. Ils se droguent.
�videmment, peut-�tre, si j'avais un fils comme toi...
Un brave petit, comme toi.
Il ne faut pas parler comme �a. Courage.
Je suis s�r que tout s'arrangera. Vous verrez.
Merci, Antonio. Tu es bon.
Vous permettez que je vous baise la main ?
�a va �tre bon, Monsieur. Vous allez pouvoir sortir.
Enfin !
Tire vers toi. Doucement. Am�ne l'�chelle.
Attention aux t�tes.
- C'est pas trop t�t. - Allez-y.
Tu verras. Je te trouverais certainement quelque chose.
- Merci beaucoup. - Je t'appellerai de Hollywood.
- Je t'ai fait mal ? - Non, j'ai rien senti.
Votre mallette !
Sois tranquille.
C'est moi qui te t�l�phone.
Tr�s bien. J'attendrai.
- Et je te fais venir. - Merci !
- En Am�rique ! - Oui oui !
- � Hollywood. - � Hollywood !
Pouvez-vous m'appeler un taxi, s'il vous pla�t ?
Je vais � l'a�roport.
Can you call me a taxi, please.
I must go to the airport.
Peut-�tre qu'il n'y a plus de tonalit�.
C'est vraiment tr�s joli. Formidable.
C'est d�cor� avec beaucoup de go�t.
�a fait une semaine que tu es l�. Si tu allais dormir ?
Ne t'inqui�te pas, je dors le jour.
Tu sais quelle heure il est � Los Angeles quand il est 2h ici ?
Il est 17h. L'heure id�ale pour t�l�phoner.
Ma s�ur a fini chez les dingues, � force d'attendre le t�l�phone.
C'est qui ? Votre fr�re ?
All�, ici Rome ! Italie !
- Antonio, pourquoi tu cries ? - Ah, Pedretti, c'est toi.
T'es encore debout, hein ?
Oui, mais je ne veux pas encombrer la ligne. Grouille-toi.
C'est pas vrai, tu crois encore � l'Am�rique.
Laisse tomber, ton bonhomme n'appellera jamais.
Je te dis �a en ami.
Je sais. Bon, que veux-tu ?
Tu ferais mieux de penser � mon id�e.
Faire fructifier l'argent de P�p�.
Parce que �a, au moins, c'est pas des conneries. Tu piges ?
- Oui. Je raccroche. Ciao. - Je t'aurais pr�venu.
Oui oui.
- Vous partez ? - Je pars demain.
- Ah, il vous a t�l�phon�. - Non, mais je pars quand m�me.
Il a pu perdre mon num�ro de t�l�phone
et je suis s�r qu'il sera content de me voir.
Tous mes v�ux, alors. J'aimerais �tre � votre place.
- C'est beau, la jeunesse. - Merci pour tout, Turchese.
Le Roi r�pondit et il dit : "Turchese".
Monsieur, je suis Antonio Barozzi.
Vous vous souvenez de moi ? On �tait coinc� dans l'ascenseur.
Vous vous souvenez ?!
Mon ami. My friend. Italian producer.
Je repasserai plus tard. I'll come later. Ciao !
Marilyn, aide-moi en ce jour important o� va se jouer ma vie.
Monsieur le producteur !
Vous vous souvenez de moi ? Antonio Barozzi. L'ascenseur.
Quel ascenseur ?
� Rome. On est rest�s bloqu�s deux heures. On se disait "tu".
Vous ne vous souvenez plus ? Regardez.
Qu'est-ce tu fais l� ?
Vous m'avez dit de venir. Je suis d�j� venu ce matin.
Monte, monte ! Je suis tr�s press�.
Mon petit, j'ai peur que tu aies fait un voyage inutile.
Dans ce film, il n'y a rien pour toi.
Dans le prochain film, peut-�tre.
Mais, dans celui-l�, je ne peux pas.
Tu devrais retourner � Rome.
- Tu as des amis, ici ? - Seulement vous.
Je te conseille une chose :
retourne � Rome et reviens me voir dans un mois.
Je reviens vous voir dans un mois ?
- Ou m�me deux. Deux ou m�me trois. - Je vous remercie.
Alors, dans trois mois je reviens vous voir ici ?
Le matin ou l'apr�s-midi ?
Voil�. Je suis arriv�.
Emilio va te raccompagner � l'a�roport.
Pourquoi le d�ranger? Je peux y aller � pied.
Au revoir. Et merci pour votre gentillesse.
Alors... � dans trois mois ! Je serais ici !
- Bonjour � Rome. - Comptez sur moi !
Vous pensez qu'il va me donner un r�le ?
Non, pas du tout !
Mais il me l'a promis, vous avez entendu.
C'est un homme bien. Il promet � tout le monde. Il est comme �a !
Donc, c'est inutile que je revienne dans trois mois ?
- Totalement inutile. - Alors, ce n'est pas quelqu'un de bien.
Et il pourrait m�me vous dire de revenir � nouveau,
parce qu'il ne sait pas dire non...
Il est trop gentil.
Par contre, si vous ne revenez pas, �crivez-lui un petit mot
parce que, sinon, il pourrait s'offenser.
Je ne sais pas si j'�crirais.
Vous aimez Los Angeles ?
Excusez-moi, mais je n'ai plus envie de parler.
Non, je n'aime pas.
Je pr�f�re Laveno.
Va au diable, l'Am�ricain !
Qui est-ce ?
Il n'est pas ici. Il est � Hollywood.
- Mais c'est moi, Barozzi. - Quoi ?
- Annunziata, c'est moi, Antonio. - T'�tais pas en Am�rique ?
- Si, mais je suis revenu. - Je t'ouvre.
Oui, si tu veux bien.
Tourne-toi.
- C'est bon, tu peux y aller. - O� �a ?
� la voiture. Allez, grouille-toi !
Monte avec la grue !
- Je t'ai apport� un petit cognac. - Je crois que je vais en avoir besoin.
Fais voir un peu.
Mais tu es superbe.
Pour un peu, je te sauterai !
Je suis pas tranquille. Je sens que �a va mal se passer.
Rien � craindre avec Alfio, le plus grand cascadeur du monde.
15 ans d'activit� et seulement deux accidents mortels.
- Trois. - Belle moyenne. Et, franchement,
c'�tait la seule fa�on de te remettre en selle.
Avec la connerie sur le plateau de Monicelli
et la connerie d'�tre parti en Am�rique,
tu �tais grill� m�me pour les films pornos.
Tu es dans le champ, esp�ce de con.
Tout de suite, Messieurs, le con se retire.
Fais pas dans ton froc. Dieu te prot�ge.
Fais gaffe, je co�te cher, moi !
- Qui veut un petit cognac ? - Pr�t � tourner !
T'as rien � faire. Seulement � rester peinard.
Et te mets pas � gueuler, o� je t'�jecte de la bagnole.
- Comment s'appelle le film ? - "Le dernier rallye".
On s'est fait la belle et les flics nous poursuivent.
Tu fais le r�le de Monica Vitti. Moi, celui de Giannelli.
- On va se marrer, fais-moi confiance. - J'ai confiance.
Attention, ils sont partis !
Bloquez les routes !
- T'es pas trouillard ? - Non non.
- Parce qu'avec moi, tu vas rigoler. - On va rigoler.
Maintenant, voil� le meilleur. Accroche-toi.
Attention !
- Que font-ils ? - Ils doivent �tre morts.
Quelle galipette !
La voiture vient de se retourner.
Ne touchez pas � la blonde ! Attendez-moi, je suis son impr�sario !
Appelez une ambulance !
- Tu as pu tout filmer ? - Oui, j'ai tout.
Ce n'est pas grave, on va changer le sc�nario. On va les faire mourir.
On n'en a pas parl� � Maman. �a lui aurait fichu un sacr� coup.
Oui, elle ne s'est pas encore remise de la mort du p�p�.
- Elle ne regarde m�me plus la t�l�. - Et c'est pas plus mal.
Ton accident est pass� � la t�l�. On t'a vu au journal t�l�vis�.
T'as fait un dr�le de vol plan� !
Ils ont dit mon nom ?
- Oui, mais ils t'ont appel� "Virolli". - "Virotti".
"Virotti", j'ai tr�s bien entendu !
De toute fa�on, qu'est-ce que �a change ?
On a bien cru que tu �tais mort quand ils t'ont sorti de l�.
- Et l'autre ? - Le conducteur ?
Rien. Pas une �gratignure. Il avait l'air d'une brute.
Ce con.
O� est le malade Barozzi ?
Ah, il est l� !
Fonce, Niki Lauda !
Regarde, je t'ai apport� �a.
Je veux que tu gardes le rythme. L'accident : superbe.
Bravo ! Continue comme �a.
Je te trouve en forme.
Encore deux ou trois jours, et tu sauteras comme un lapin.
- Laura Barozzi, sa s�ur. - Pedretti, son agent.
Enchant�. Rubizzi.
- Parent ? - Beau-fr�re.
Qu'a dit l'assurance ?
Tant pis. Laisse-moi faire. Reste l� tranquillement.
Fais-moi confiance que, cette fois, on va toucher le paquet.
Pas des broutilles, comme avec P�p�. �a va tomber comme le jackpot.
Antonio, ce coup-ci on tient le bon bout.
Ma s�ur, excusez-moi. Il ne peut pas parler ?
Il a les cordes vocales atteintes ?
Non. Hier, il parlait comme vous et moi.
C'est vrai. Ils nous a parl� tout � l'heure. Peu, mais il a parl�.
Alors tu m'en veux ?
Qui t'a secouru dans les moments difficiles ?
Qui est venu au devant de toi ?
Qui t'a toujours donn� de bons conseils, que tu n'as jamais suivis.
Qui m'a envoy� � l'h�pital ?
Moi ? Tu as fonc� comme un dingue et tu t'en prends � moi ?
Belle ingratitude !
�coutez, vous qui voulez mon bien : arr�tez de me cassez les couilles !
Tu veux rester seul ? Tu as raison. Le guerrier a besoin de repos !
On va profiter d'�tre ici pour visiter Rome.
- Et aller voir le Pape. - Jean-Paul ?
Si vous voulez une audience, on est comme �a tous les deux...
- Je pr�viens Maman ? - Surtout pas.
Tu les as lus, ceux-l�.
Je prend aussi les cigarettes car tu ne peux pas fumer.
- On va manger ? - Oh oui. - Je vous invite !
- Non non. - Comme vous voulez...
Vous vous entendez bien, tous les deux ?
- Oui, pourquoi ? - Car je m'occupe aussi des divorces.
Tu veux qu'on fasse une petite partie ?
Non, hein.
Antonio, c'est rouge. Grouille-toi !
Fonce !
- Shampooing ? Offre sp�ciale. - Non !
On peut le dire gentiment.
Shampooing Nuage blanc, offre sp�ciale.
Je ne vais pas �tre riche avec un associ� comme �a.
- Shampooing Nuage blanc ? - Non merci.
Sergio, je te pr�sente Antonio.
- Enchant�. - On se rencontre enfin.
- Tu boites ? - C'est une longue histoire.
Je t'ai t�l�phon� plusieurs fois mais personne ne r�pondait.
M�me pas le r�pondeur automatique. - J'ai d�m�nag�.
Je suis revenue il y a une semaine. Je suis all�e tourner aux Cara�bes.
"Amours saphiques au dernier paradis". Une histoire de lesbiennes.
C'est bien. Je suis content pour toi.
Oui. Maintenant �a marche pour moi. Et toi, que fais-tu ?
L�, je donne un coup de main � un ami industriel.
Nuage blanc, tu le bouges, ton cul !?
Mon nouveau num�ro. Appelle-moi et on mangera ensemble.
- Un shampooing ? - Non merci.
Nuage blanc, offre sp�ciale !
- De l'air pur ! - Attention � ta jambe.
Je viens ici d�s que mon travail le permet.
Je prend le soleil. Je mange l�ger. Je r�cup�re.
Et je retourne au boulot les batteries recharg�es.
T'es salement amoch�.
C'est les risques du m�tier.
Sacr� Antonio !
Tu es en forme, Cinzia. Un peu grosse peut-�tre, mais bien.
Je vous fais mon risotto aux fruits de mer ?
- Risotto ? - Tr�s bien.
- Et toi ? - Oui.
Trois risottos !
- Un peu de vin ? - Oui.
Quel m�tier faites-vous ?
Tu ne vas pas me dire "vous" ? Surtout qu'on se conna�t bien.
Dis-moi "tu" ! Un jour, tu m'as bien fait cocu.
Moi ?
- Ce n'est pas la peine de nier. - Cinzia me l'a dit.
Excusez-moi, je vais aux toilettes.
Il est sympa, ce Sergio. Pas ordinaire.
Qu'est-ce que tu as ?
Je n'ai rien.
Tu es triste ?
Attends, je vais te faire rire.
Attention, je vais avaler le couteau. Regarde bien.
Je prend le couteau... non, c'est pas comme �a.
Je le mettais � l'envers.
Envol� ! Disparu ! Il n'y en a plus !
Tu pleures ?
Non...
Allez, faut pas t'en faire.
Mais qu'est-ce que tu crois ?
Il ne t'aime plus ?
Non, tu ne comprends rien. Je t'en prie, tais-toi.
La derni�re fois que tu as pleur�, c'�tait au t�l�phone.
Je suis accouru � Var�se pour te consoler.
Tu te souviens ?
Je n'ai pas couru assez vite et ce con de Pedretti est arriv� avant moi.
Et cette fois, c'est quoi ?
Je suis enceinte.
Mais, tu le veux ou tu le veux pas ?
Je ne sais pas.
- Je ne me sens pas encore pr�te. - Et tu ne pourrais pas...
Non, j'ai peur. Et puis �a, je ne le ferai jamais.
Le Papa, qui est-ce ? Sergio ?
- Je ne sais pas. - Hein !? Comment �a tu ne sais pas ?
- �a peut �tre lui ou un autre... - Pedretti ?
- Ou peut-�tre toi. - Ne plaisante pas avec �a, je t'en prie.
Pourquoi ? �a ne te plairait pas ?
Combien de mois ?
Quatre. - �tant m�ticuleux,
je note tout ce que je fais sur ce carnet. C'est facile de v�rifier.
Voil�. Dimanche 24 septembre :
rapport charnel avec Cinzia. Trois �toiles.
On est le 2 d�cembre, donc �a fait 2 mois et quelques jours.
Sauf � compter les fois o� je l'ai fait en r�ve avec toi, je n'y suis pour rien.
Bravo, tu es content !
Te voil�... lib�r� d'un poids.
Vous �tes bien tous les m�mes !
Je te croyais diff�rent, mais tu ne vaux pas mieux !
Je t'en prie, calme-toi. Tout le monde nous regarde.
- Si Sergio arrive, que va-t-il penser ? - C'est �a, pense � Sergio !
Le voil�. Essuie tes larmes.
Excusez-moi, j'en ai profit� pour appeler le bureau.
- Cinzia, qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
- Qu'est-ce que tu lui as fait ? - Moi ? Rien du tout.
- Tu recommences ? - Non, �a va. C'est fini.
- Elle t'a parl� du b�b� ? - Oui.
Y'a rien � faire, elle veut le garder.
Je comprend qu'elle veuille le garder.
Je ne veux pas qu'il vienne au monde sans un p�re.
Si c'est lui le p�re, o� est le probl�me ? Tu veux qu'elle le garde ?
Je ne demanderais pas mieux mais je suis mari�
et j'ai deux enfants. Comment le reconna�tre ?
C'est courant, les m�res c�libataires.
Ne sois pas cynique, je t'en prie.
Toi, �a ne tente pas... ?
Non mais, vous plaisantez ?
Tu n'aimerais pas qu'un petit �tre t'appelle "Papa" ?
Il n'y a rien de plus beau au monde. Je le sais, moi.
Je n'aimerais pas avoir un fils de p�re inconnu.
Tu me connais ! Et puis, soyons objectif :
un b�b�, on ne sait jamais qui est le papa.
�a te plairait que le petit m'appelle "Papa" ?
Du moment que je t'estime, je le supporterais.
Et toutes les d�penses seraient enti�rement � ma charge.
Vous ne parlez pas s�rieusement ?
On pourrait lui donner le pr�nom de ton p�re.
Pas question. Mon p�re a un pr�nom pas possible.
Il n'y a pas de pr�noms impossibles, et puis �a d�pend de celui qui le porte.
- Comment s'appelle-t-il, ton p�re ? - Archibald.
"Archibald"... C'est pas mal, "Archibald" !
Oui, c'est joli mais j'aimerais mieux qu'on l'appelle "Baldo" ou "Baldino".
- Buvons � Baldino ! - � Baldino !
Tu ne trinques pas ?
Je veux bien trinquer, mais je ne suis pas d'accord.
� Baldino.
Et moi qui n'ai jamais pu supporter les rouquins.
- Ils sont mignons. - Tr�s.
Cinzia t'a envoy� une carte de Bali. - De Bari ?
De Bali. Elle tourne un film avec un metteur en sc�ne fran�ais.
Elle viendra peut-�tre � No�l voir les petits.
La pauvre, elle travaille tant ! Elle t'embrasse.
Elle va les trouver grandis !
Regardez la jolie carte qu'elle vous envoie, l'autre maman.
Antonio, je passerai te voir demain � la banque.
Inutile de vous d�placer, demain c'est gr�ve.
La gr�ve, toujours la gr�ve ! Fain�ants !
Allez, un peu de boxe !
- Qui c'est ? - Sylvester Stallone dans Rocky.
- 1 ou 2 ? - Rocky 2.
Bravo, c'�tait pas facile.
On pouvait confondre avec Kirk Douglas dans "Le champion"
ou avec Paul Newman dans "Marqu� par la haine".
Parce que Newman aussi n'avait que sa droite. Mais lui, il frappait plus bas.
C'est vrai.
Bravo !
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