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� ta sant�, Paul.
Tu as r�ussi � arracher mon Pierre � ses livres et � le distraire.
Tu n'as pas � remercier Paul. Je suis venu pour toi.
Je dois donc boire � la sant� de Camille.
Oh! Non! Paul. Tu as d�j� bu quatre verres.
Ce n'est rien. Au carnaval de l'an dernier, j'en ai bu quatorze.
Dupin, Paul! Regardez les danseurs arabes.
Par ici.
Voyez les nymphes dansantes et espi�gles,
les adorables anges arabes.
Poursuivons nos �tudes d'anatomie.
C'est bien plus int�ressant que fr�quenter une morgue.
...merveilleuse prestation.
Voici lady Fatima!
Les imitations de serpent de lady Fatima...
Mordent-ils?
Oui, mais il faut payer un suppl�ment pour cela.
Mignette, apprendrais-tu cette danse pour moi?
- Non. - Non?
Dans ce cas,
je devrai me joindre au spectacle.
Pierre, regarde � quel point elles sont brunes.
Est-ce leur vraie couleur ou sont-elles peintes?
- Devrais-je v�rifier? - Ne t'avise surtout pas.
Voici
le colonel Ha-Ha d'Am�rique!
Ce sont des sauvages assoiff�s de sang des �tendues sauvages de l'Am�rique!
Voyez les peaux rouges scalper leur victime.
C'est une premi�re parisienne.
Ce sont des Apaches, mes amis.
Comme nos rats au bord de l'eau. Ils sont tout aussi sauvages.
Ce nom serait parfait pour nos bandits: les Apaches.
Les Apaches, splendide.
Voudrais-tu t'assurer de leur authenticit�?
Moi?
Et te laisser sans protection? Jamais.
Oh! Pierre.
Entrons l�-dedans.
ERIK, le gorille au cerveau humain
Attention, mesdames et messieurs.
Approchez. Un peu plus.
Derri�re ce rideau se trouve la plus �trange cr�ature
que vous verrez de votre vie:
Erik, l'homme-gorille!
C'est un monstre qui marche debout
et qui parle un certain langage, comme vous et moi.
Il dirige la jungle et peut vous mettre en pi�ces, de ses mains g�antes.
Erik, l'homme-gorille, la b�te � l'�me humaine.
Plus rus� qu'un homme,
plus fort qu'un lion.
Approchez, mesdames et messieurs. Approchez.
Y allons-nous?
D'accord.
Moiti� prix pour les soldats et les enfants!
Approchez, mesdames et messieurs. Ne manquez pas cette chance.
C'est bon. Descendons.
Asseyons-nous l�.
Non, mademoiselle, pas ici.
Asseyez-vous � l'avant, pour mieux voir.
Sachez que ce gorille a d�j� tu� six hommes.
Qu'il a l'air dr�le. Il pourrait faire partie du spectacle.
As-tu remarqu� son accent?
Je me demande d'o� il vient.
Je ne reconnais pas du tout son accent.
Silence.
Je suis le Dr Mirakle, mesdames et messieurs.
Je ne suis pas un charlatan.
Si vous vous attendez aux supercheries de carnaval habituelles,
vous n'avez qu'� vous faire rembourser au guichet.
Je ne vous montrerai aucun monstre,
aucune vision d'horreur,
mais plut�t une �tape importante du d�veloppement de la vie.
L'ombre d'Erik, le gorille,
nous surplombe tous.
Il s'agit de l'obscurit� avant la venue de l'homme.
�a ira. N'aie pas peur.
Ce n'est qu'un babouin.
- Je n'ai pas peur. - Moi non plus.
�coutez-le, mes fr�res et s�urs.
Il vous adresse la parole.
Le comprenez-vous ou avez-vous oubli�?
J'ai appris sa langue de nouveau.
�coutez.
Je traduirai ses paroles.
Je viens de la jungle d'Afrique,
o� j'ai v�cu avec mon p�re, ma m�re,
mes fr�res et s�urs.
Mais une bande de singes blancs sans poil m'a captur�
puis emmen� � une terre �trang�re.
Je suis au meilleur de ma puissance.
Et je suis seul.
Voici...
l'Histoire de l'�tre humain.
� partir du chaos vaseux
a germ� une graine
qui est devenue l'arbre de la vie.
La vie s'est transform�e: les nageoires sont devenues des ailes,
les ailes, des oreilles.
Des jambes ont pouss� sur le corps des reptiles rampants.
Des milliards d'ann�es se sont �coul�s,
puis est venue l'�poque
o� les cr�atures � quatre pattes se sont mises � marcher debout.
Voyez le premier �tre humain.
C'est de l'h�r�sie!
De l'h�r�sie?
Br�le-t-on toujours les hommes accus�s d'h�r�sie?
Dans ce cas, br�lez-moi, monsieur. Allumez le feu.
Croyez-vous que votre petite chandelle
�clipsera la flamme de la v�rit�?
Croyez-vous que ces planches et rideaux
constituent ma vie enti�re?
Ce n'est qu'un pi�ge
pour prendre les sous des imb�ciles.
Ma vie est consacr�e
� une exp�rience importante.
Sachez que je prouverai votre lien de parent� au singe.
Le sang d'Erik sera m�lang�
avec du sang humain.
- Qu'est-ce que �a signifie? - J'aimerais bien le savoir.
Mesdames et messieurs,
si quelqu'un parmi vous veut faire la connaissance d'Erik, qu'il approche.
Inutile d'avoir peur.
Il est derri�re les barreaux
et ne peut pas vous faire de mal.
- Allons-y. - Oh! Non! Pierre, j'ai peur.
Je n'ai pas peur.
Il t'aime bien, Camille.
Regarde, il veut ton bonnet.
Erik n'est qu'humain, mademoiselle.
Il sait flairer la beaut�.
Vous l'avez conquis, mademoiselle.
Pierre!
Erik! Recule!
Esp�ce de cr�tin, cherchez-vous � vous faire tuer?
Mais il a d�chir� votre bonnet.
Je le remplacerai, mademoiselle.
Je vous enverrai un nouveau bonnet aux frais d'Erik.
Me direz-vous votre nom et adresse?
Laissez faire, monsieur. C'�tait un accident.
J'insiste.
O� habitez-vous, mon enfant?
Ce n'est pas n�cessaire, monsieur.
Viens, ma ch�re.
Suis-la. Je veux absolument conna�tre son adresse.
Elle t'a plu, Erik, pas vrai?
Ma ch�rie.
T'ai-je d�j� dit � quel point je t'aime?
Camille, je t'aime.
Laisse-moi te regarder.
Tu es comme une fleur, douce et odorante.
Pure et magnifique.
- Mon ch�ri. - Tu ressembles aussi � une �toile.
Une �toile blanche du matin.
Et tes cheveux
sont saupoudr�s de poussi�re d'�toiles.
Tu es comme un couplet chant� par les Proven�ales le premier mai,
et comme les danses en Normandie le premier mai,
et comme le vin � Bourgogne le premier mai.
- Oh! Camille, je t'aime. - Moi aussi, je t'aime, Pierre.
Non!
Une dame
en d�tresse?
Qui �tes-vous?
Venez avec moi.
O�?
Dans mon carrosse.
Non!
Pourquoi tremblez-vous quand je vous touche?
Votre main est froide. Elle me fait frissonner.
Venez.
Je vous aiderai.
Venez.
Soyez patiente.
Avez-vous mal, mademoiselle?
C'est presque fini.
Vous �tes ent�t�e. Silence!
�a ne durera plus qu'une minute, et ensuite, on verra.
On verra si vous serez la fiert� de la science!
Silence!
Maintenant, mademoiselle.
Maintenant.
Les caillots.
Les taches noires.
Du sang pourri!
Vous.
Votre sang est pourri.
Il est noir comme vos p�ch�s. Vous m'avez tromp�.
Votre beaut� �tait un mensonge.
Morte?
Vous �tes...
Vous �tes morte.
Janos.
D�barrasse-toi de �a.
Ma recherche ne portera-t-elle jamais ses fruits?
�a fait trois, cette semaine.
Trois.
Toutes des femmes.
La vie est dure.
La rivi�re est bonne.
La rivi�re est douce.
Elle les berce et les endort.
Sans rien demander en retour.
Trois femmes. Toujours petites.
Toujours jeunes.
Un homme?
Une femme.
Quel �ge?
Peu importe: 1000 ou 30.
Comment est-elle morte?
Elle s'est noy�e.
Sa profession?
Oui.
- Une pi�ce d'identification? - Aucune. Elle �tait nue.
Num�ro 13.
Monsieur Dupin, quel bon vent vous am�ne, si tard?
- Les deux femmes. - Oui?
Monsieur,
auriez-vous l'obligeance de me les montrer encore?
Si vous voulez, M. Dupin, je vous en montrerai trois.
Trois?
- Y a-t-il eu une autre victime? - Oui.
Montrez-la-moi.
Oui.
Voici le cadavre.
Les marques sont pareilles.
- Quelles marques? - Les voyez-vous?
Les autres victimes les ont aussi.
Monsieur,
permettez-moi de prendre un �chantillon de son sang.
Impossible.
Depuis qu'un cadavre a disparu la semaine derni�re,
l'inspecteur est tr�s s�v�re envers les �tudiants en m�decine.
Apportez-le-moi, alors.
Cela va � l'encontre des r�glements.
� demain soir, alors?
Bonne nuit, monsieur.
Le macaroni est pr�t. Et le caf� se refroidit.
Tu ne manges pas ton repas?
Tu as donn� cinq francs � ce vieil homme macabre � la morgue,
et je suis oblig� de jouer au magicien et sortir une miche de pain de mon nez.
Dupin, tu pourrais au moins t'asseoir � table.
Pierre?
Pourquoi ne pas aller vivre � la morgue,
au lieu de transformer notre demeure en morgue?
Esp�ce de vampire.
Vautour.
Voleur de cadavres.
R�ponds, enfin.
Entrez.
Quand on parle du loup.
Bonjour, monsieur.
L'avez-vous apport�?
Oui, monsieur.
Mais cela risque de me co�ter mon emploi.
Je suis mari�, monsieur. J'ai des enfants.
Et si jamais la police se doutait
que je lui cache quoi que ce soit,
on me mettrait en prison.
�a ne sert � rien, on est sans le sou.
En effet, monsieur. Je vous devrai l'argent.
La morgue doit nous accorder un cr�dit.
Je vous ferai donc confiance.
Monsieur le gardien de la morgue,
auriez-vous un �tal suppl�mentaire, pour mon ami?
Pourquoi ne pas l'accueillir?
Il ne mange rien, ne parle pas.
Il garde toujours la m�me position.
Il ferait un excellent locataire.
Je ferai ses valises et vous l'enverrai.
Vous ne vivez pas mal ici, monsieur.
J'ai d� me pr�cipiter pour venir, sans avoir d�n�.
Et vous devez vous pr�cipiter pour rentrer d�ner.
Quel dommage.
Bon app�tit � vous et � vos silencieux convives.
- Au revoir. - Bonne journ�e, monsieur.
Si tu accordais autant d'attention � tes �tudes
qu'� ces absurdit�s, �a se refl�terait sur tes notes.
Qu'as-tu appris?
Apr�s le carnaval d'hier soir, j'ai fait une autopsie.
La victime n'est pas morte par noyade. Elle n'avait pas d'eau dans les poumons.
C'est �a que tu faisais, alors. Je croyais que tu �tais avec Camille.
Alors, de quoi est morte la victime?
- Paul, la voici encore une fois. - Quoi?
Le sang de chaque victime contient la m�me substance �trang�re.
Regarde, Paul.
Toutes les trois ont succomb� � la m�me chose.
Globules sanguins
C'est peut-�tre un poison ind�termin�,
une substance introduite dans le sang qui a caus� leur mort.
- De quoi peut-il s'agir? - Je l'ignore.
C'est ce que je dois d�couvrir.
Pierre, prends sur toi.
Tu deviens fanatique.
Regarde-toi dans la glace.
Tes yeux deviennent vitreux, comme ceux de ce vieux charlatan.
Le Dr Mirakle?
- Que dis-tu de lui? - C'est un imposteur.
As-tu bien �cout� ce qu'il disait?
� savoir qu'on est un produit de l'�volution?
Oui.
As-tu d�j� pens� qu'il a peut-�tre raison?
Mange ton repas.
Le Dr Mirakle.
Quel homme �trange.
Pierre!
Pour Mlle Camille C. Espanaye, � Paris
M�re.
Viens voir ce que le concierge m'a apport�.
M�re, viens vite.
J'arrive.
Qu'y a-t-il?
- Pourquoi es-tu si agit�e? - Vois ce qu'on vient d'apporter.
- Un nouveau bonnet. - Un bonnet!
Il est magnifique.
- Es-tu certaine qu'il est pour toi? - C'est � mon nom.
- N'est-il pas beau? - Qui a bien pu l'envoyer?
C'est peut-�tre Pierre.
Comment Pierre aurait-il les moyens d'acheter un cadeau comme �a?
Il y a peut-�tre une carte dans la bo�te.
Mademoiselle, vous �tes ravissante.
Qui sait ce que l'avenir vous r�serve? De beaux mots sont �crits dans les �toiles.
Erik et moi les lirons pour vous au carnaval, ce soir. Venez.
Avec admiration, le Dr Mirakle
- C'est de la part du Dr Mirakle. - Qui est-ce?
Tu sais, je te l'ai dit.
Le vieux monsieur �trange au carnaval, avec le grand singe.
Ah bon. Le grand singe a pris ton bonnet, et ce gentilhomme l'a remplac�.
C'est bien gentil de sa part.
- C'est un magnifique bonnet. - Devrais-je le porter au pique-nique?
- Pourquoi pas? - Comment a-t-il appris notre adresse?
- Ne la lui as-tu pas donn�e? - Il a voulu l'avoir.
Mais Pierre n'a pas voulu que je la lui donne.
C'est dr�le.
En tout cas, tu as un nouveau couvre-chef.
Camille?
Ils sont arriv�s.
- All�. - La voil�.
Pr�t, tout le monde: un, deux.
Son p�re voulait qu'elle �pouse un petit homme dr�le, bien dr�le
Son p�re voulait qu'elle �pouse un petit homme dr�le, bien dr�le
Mon p�re voulait que j'�pouse un petit homme dr�le, bien dr�le
Mais je n'ai pas voulu �pouser un petit homme dr�le, bien dr�le
Viens, jeune demoiselle. Le cheval s'impatiente.
- Viens, Camille. - Vite!
- As-tu le poulet? - Comme tu es �l�gante.
Mais elle n'a pas voulu mettre le nez dehors avec un petit homme dr�le, bien dr�le
Mais elle n'a pas voulu mettre le nez dehors avec un petit homme dr�le, bien dr�le
Florette, je suis fou de toi.
Non. Voil� des ann�es que je ne fais plus confiance aux �tudiants.
Mais Marie, je suis tout � fait honn�te.
Buvons � la sant� de l'�tudiant honn�te, bien que cette esp�ce soit inexistante.
Mais, Mignette, tu as ma parole.
Parleras-tu avec ma famille ce soir?
Mais c'est toi que j'aime, Susette, pas ta famille.
- Ai-je l'air diff�rent, au jourd' hui? - En quel sens?
Tu es aussi aveugle qu'un �ne.
Je porte quelque chose de nouveau.
C'est mon bonnet.
- Bien s�r, il est magnifique. - Je l'ai re�u en cadeau.
En cadeau? Ah bon. De la part de qui?
Devine.
De la part d'Honor�, le po�te.
- Devine encore. - Moreau, le collectionneur de papillons?
Pierre, tu ferais mieux d'abandonner.
C'est de la part du Dr Mirakle.
Mirakle?
- Mirakle. - Oui. N'est-ce pas gentil?
- L'a- t-il apport� lui-m�me? - Non. Il a inclus une note.
- Il a donc trouv� ton adresse, apr�s tout. - Et je ne sais pas comment.
Il a d� nous faire suivre.
Que dit la note?
- Il m'a invit� � sa tente ce soir. - C'est �trange.
- Que peut-il bien vouloir? - N'y va pas.
- Pourquoi pas? - Je me demande ce qu'il manigance.
Paul le prend pour un imposteur, mais il ne l'est pas. Il n'est pas normal.
- J'irai voir le Dr Mirakle ce soir. - Tr�s bien, Pierre.
Mettez ces perches dans le couloir.
D�placez cette bo�te.
Allez.
Nous aiderais-tu un peu, patron?
Mettez-le l�-bas. Et que �a saute.
Amenez cette bo�te ici.
C'est �a. Bougez.
Qu'y a-t-il, Erik? Es-tu �nerv�? Silence.
Qu'y a-t-il?
On a donc de la visite.
- Dr Mirakle... - Pas de spectacle ce soir, jeune homme.
Le carnaval est termin�.
J'ai d�j� vu votre spectacle,
docteur. J'aimerais vous parler.
D'abord, la jeune dame � qui vous avez envoy� le chapeau tient � vous remercier.
- Elle ne vient pas, alors? - Elle regrette, mais non.
Tr�s bien.
Bonne nuit.
Partez-vous?
Oui. Nous allons � Munich demain matin.
Veuillez m'excuser. J'ai du travail � faire.
Je suis un �tudiant en m�decine.
Et ce que vous avez dit lors de votre expos� �tait tr�s int�ressant.
- Avez-vous fait des exp�riences, docteur? - Oui.
Avez-vous r�dig� des articles?
Je n'en ai pas publi�.
J'esp�rais avoir la permission de vous rendre visite.
- Avez-vous une maison � Paris? - Non.
Je dors ici. Cette tente me sert de demeure.
Bonne nuit, jeune homme.
Non. Ce sont les choses du Dr Mirakle.
Il ne vient pas avec nous. Il reste � Paris.
D�chargez.
Allons-y.
Bon, va dans le coin.
Erik.
Laisse-moi t'aider.
Il est sorti avec le grand singe, et je te jure qu'ils se parlaient.
Ils sont rentr�s � l'int�rieur et apr�s, plus aucun signe de vie. Rien.
- Tu es donc rentr� chez toi? - J'ai fait un tour � la morgue.
Pierre, que deviens-tu?
Pourquoi vas-tu toujours � cet endroit horrible?
T'inqui�te, ch�rie.
Regarde.
Voici toute notre ville de Paris, �tendue devant nous.
J'aime voir les fen�tres illumin�es qui scintillent comme des �toiles.
Ne serait-ce pas amusant de savoir tout ce qui se passe dans ces maisons?
On ferait peut-�tre mieux de ne pas le savoir.
Pense � tout ce que cachent ces murs: espoirs, corps et c�urs bris�s,
r�ves absents,
mis�re, folie, crimes de la rue,
trag�dies de la rivi�re.
Paris. Ma ville.
Je n'ai pas envie de te laisser seule, ce soir.
- Serre-moi fort, Pierre. - Je pourrais te serrer pour toujours.
- Bonne nuit, ch�rie. - Bonne nuit, Pierre.
En passant, verrouilles-tu toujours la porte, la nuit?
Pas toujours, Pierre.
Assure-toi de la verrouiller ce soir.
- Promis? - Si tu veux.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
- Bonne nuit, ch�rie. - Bonne nuit, m�re.
- Pierre? - Oui.
Mademoiselle, je vous prie de pardonner ma visite tardive.
Je devais venir vous voir.
Que voulez-vous, monsieur?
Rassurez-vous, mademoiselle.
Je quitte Paris ce soir. Et je tenais � vous dire quelque chose.
Puis-je entrer?
Non, monsieur. Ma m�re est couch�e.
Mon carrosse est en bas, mademoiselle.
On pourrait se parler dans un caf�.
C'est impossible.
Mais c'est tr�s important.
Je vous prie de partir.
Mademoiselle, je vous en prie.
Rendez-moi ce service.
Laissez-moi fermer la porte, sinon j'appelle � l'aide.
Mais j'ai un message pour vous, de la part d'Erik.
Il ne parle que de vous.
Il n'arrive pas � vous oublier.
Il y a quelque chose
que vous devez savoir.
Avez-vous perdu la raison, monsieur?
Erik!
L�-bas, Erik.
Elle est l�-haut.
Globules des femmes trouv�es dans la Seine
Cellule sanguine de femme tu�e
GLOBULE ROUGE DU GORILLE
Le gorille.
- Paul, r�veille-toi. - Qu'y a-t-il?
- Comment? - J'ai trouv�. C'est le sang du gorille.
- Du gorille? - Ces femmes. Tu ne comprends pas?
Elles sont mortes apr�s qu'on a inject� du sang de gorille dans leur sang.
Camille!
Ch�rie, qu'y a-t-il?
Dis-moi, qu'y a-t-il, je t'en prie?
Je t'apporte un verre d'eau. Mon b�b�!
M�re. Camille!
Camille!
Camille!
M�re.
Vite. Aidez-le.
- Aidez-moi � d�foncer la porte, je vous prie. - � l'aide!
De quoi s'agit-il? De violence? Qu'en pensez-vous?
De l'argent. Des bijoux.
Ce n'est pas un acte de banditisme.
Pas de cadavre, donc ce n'est pas un meurtre.
Il l'a emmen�e avec lui. Elle a �t� enlev�e.
Qui �tes-vous? D'o� venez-vous?
C'est son amoureux. Il est ici tous les soirs.
Son amoureux. Vous ferez bien d'attendre le pr�fet.
Mais nous devons trouver Camille. L�chez-moi, esp�ce d'idiot!
- Il sera trop tard. - Vous n'avez qu'� le dire au pr�fet.
- Quel est votre nom? - Pierre Dupin.
Pierre Dupin.
- O� habitez-vous? - Ne comprenez-vous pas?
- Elle risque de mourir. - Je comprends.
- O� habitez-vous? - Esp�ce d'idiot!
Votre nom est Victor Albert Adolph
Jules Hugo Louis Duborg?
Oui, monsieur.
Pourquoi n'avez-vous pas enqu�t� quand vous avez entendu crier?
J'avais peur.
Voil� qui est incroyablement stupide.
Oui, monsieur, je...
Stupide.
Quel est votre nom, votre profession?
- Franz Odenheimer, tenancier d'un bistrot. - Odenheimer.
Dans vos mots, dites-nous ce qui est arriv�.
J'allais me coucher.
Et d'un coup, j'ai entendu crier.
Tout de suite, je me suis pr�cipit� pour traverser la rue.
J'�tais parmi les premiers � entrer dans cette pi�ce.
En montant l'escalier, j'ai entendu une voix.
Cette voix parlait italien.
Parlez-vous italien?
- Non. - Avez-vous d�j� �t� en Italie?
- Non. - Comment le savez-vous, alors?
Parce que je suis certain que c'�tait de l'italien.
Alberto Montani.
- Que connaissez-vous de cette affaire? - J'ai aussi entendu la voix.
Mais ce n'�tait pas de l'italien. Je suis italien, je parle cette langue.
Quand j'ai mont� l'escalier, j'ai entendu la voix.
Ce n'�tait pas de l'italien.
- C'�tait du danois. - Parlez-vous danois?
- Non. - Avez-vous d�j� visit� le Danemark?
- Non. - Comment le savez-vous, alors?
Gr�ce � mon intuition.
Ce n'�tait pas du danois. Je vous demande pardon, votre honneur.
Je viens du Danemark. Le danois est ma langue maternelle.
J'ai entendu la voix, mais ce n'�tait pas du danois. C'�tait de l'allemand.
De l'italien, pas de l'allemand.
- Du danois. - De l'allemand.
Je dis que c'�tait de l'allemand.
Silence!
- De l'italien. - Du danois.
- De l'allemand. - Silence.
Faites entrer le jeune homme.
Monsieur, le pr�fet vous interrogera maintenant.
Vous ferez mieux de coop�rer. Ne nous cr�ez pas de probl�mes.
Jeune homme, quel est votre nom?
Mon...
Je peux vous dire qui a commis le meurtre et o� il se trouve.
Qui est-ce?
Un gorille.
Il a perdu la raison.
Si vous ne m'�coutez pas, vous serez coupable du deuxi�me meurtre.
Du deuxi�me? �tes-vous au courant d'un autre meurtre?
Oui. Si seulement vous m'�coutiez, je vous expliquerais.
Tr�s bien, dites-nous ce que vous savez.
Il y avait deux femmes dans cette pi�ce. L'unique porte �tait bien verrouill�e.
Tout le monde a entendu les cris et les bruits de lutte.
On a tout de suite d�fonc� la porte, mais plus personne n'�tait l�.
Une de ces femmes a �t� emport�e. Et l'autre a �t� assassin�e.
Son corps se trouve certainement dans cette pi�ce.
M�re.
Jeune homme, vous en savez trop.
Je vous arr�te pour le meurtre de...
Et l'autre meurtre pourrait avoir lieu en ce moment.
- Aimeriez-vous passer aux confessions? - Non. Aux accusations.
Le Dr Mirakle de la rue Morgue est coupable de 4 meurtres cette semaine.
Peut-�tre m�me de cinq, d�j�.
Accusez-vous cet homme?
Le Dr Mirakle a un singe en captivit�. C'est lui qui a commis ce crime.
Un homme n'y arriverait jamais seul.
M�me trois hommes n'y arriveraient pas.
C'est le grand singe qui l'a tu�e.
Et il a enlev� sa fille, en passant par la fen�tre.
Vous �tes fou.
- Allez. - Attendez!
En voici la preuve.
Ce poil n'est pas humain. Il appartient � un singe.
Un singe.
Elle a le sang parfait.
Voici la maison, monsieur.
Ouvrez.
La maison est vide. Personne n'y habite.
Elle n'est pas vide. Il faut d�foncer la porte.
Il y a une autre porte, sur le c�t�.
Essayons-la.
C'est la police.
Il est trop tard pour arr�ter.
Cherche � gagner du temps, que je me pr�pare.
Viens, Erik.
Erik.
Erik.
Retourne dans ta cage!
Retourne dans ta cage. Erik.
Quelqu'un bloque la porte.
Ouvrez. Au nom de la loi, ouvrez!
Vite!
Camille?
Il est mort.
Regardez! Le voil� qui part. C'est un singe!
Esp�ce d'imb�cile!
Pierre!
Camille.
Son nom?
Mirakle, je crois, ou quelque chose du genre.
Num�ro deux.
Num�ro deux.
Son �ge?
Peu importe. �a ne fait rien.
Sa profession?
C'�tait un scientifique ou quelque chose du genre.
Comment est-il mort?
Un grand singe l'a tu�.
Fin
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