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Original subtitles

...

- Un, un, un…

Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles chèches ?

Zouglou !

Je regarde vous, la caméra ?

- Ouais, la caméra.

- Je regarde la caméra, OK.

Ça fera un espèce de contrechamp face cam, quoi.

Je suis du métier, je connais.

Pas de souci, on est ensemble.

- OK, on y va.

- Zouk la sé sel médikaman nou ni

La, la

Je m'appelle Jean-Pascal, 38 ans, et je suis en colère,

parce que la situation des Noirs dans ce pays est catastrophique.

On est nulle part.

On n'est pas dans les médias, au cinéma…

Et ça gêne personne. Moi, ça me gêne.

J'ai décidé d'organiser le 27 avril prochain

une grosse marche de protestation noire Place de la République.

Pourquoi le 27 avril ?

C'est le jour de l'abolition de l'esclavage.

Cette marche sera celle du peuple noir.

De l'homme noir. De l'homme digne.

Il est temps de montrer à tout le pays

qu'il ne faudra plus compter sur,

mais avec nous.

Pour appuyer ce propos, j'irai voir les personnalités

influentes de la communauté.

C'est important. Y en a pas 150.

L'homme blanc

doit comprendre que le "Y a bon Banania", c'est fini !

C'est terminé !

- T'as pas sorti les affaires de la machine ?

- Chou, deux secondes, je fais un truc important.

- Je sais, mais il faut aller chercher Malcolm à l'école.

- Je vais aller le chercher, ma chérie.

T'inquiète.

Ouais. Aux États-Unis, y a eu Martin Luther King.

En Afrique du Sud, Nelson Mandela.

Si en France, y a personne... - Bon, j'y vais !

- Y aura Jean-Pascal Zadi.

*- Qui est Jean-Pascal Zadi ?

*- Jean-Pascal Zadi est bête ou intelligent ?

*- Rendez nos monuments !

*Rendez à l'Afrique son patrimoine.

*Je demande officiellement

*à ce qu'il y ait plus de Noirs à l'Opéra de Paris.

*- Ce qu'il fait, ça tue.

*Allez voir ses vidéos.

*- Dégagez de cette plage.

*Ça appartient au roi Zokou Belli.

*Bande de sauvages.

*- On comprend pas ce qu'il dénonce.

*- Vous ne le savez pas, mais vous m'appartenez tous.

*J'ai voulu montrer à St-Malo ce qu'est la colonisation.

*Donne-moi ton pain. J'ai soif.

*- On est sur du buzz. Tu as voulu être rappeur.

*- Argent sale, ma bite dans un casse-dalle

*- Tu as voulu être comédien.

*- Je me marierai pas avec toi.

*Garde tes papiers français.

*- Tu cherches la lumière ?

*- On n'est pas bien ensemble ?

*Les Blancs ?

*- Le mec me fait mourir de rire.

*- Bonjour, tonton.

*On se voit dimanche au barbec ?

*- Omar Sy est la personnalité préférée.

*- La carte Omar Sy, je l'avais oubliée.

*- Tu l'aimes pas ? *- Si...

*Il est super, c'est le meilleur.

*Vous me dites qu'il y a aucun livre

*qui parle des tirailleurs africains pendant les guerres mondiales ?

*Quand est parti le dernier négrier ?

*Y a pas des horaires ?

*- C'est pas drôle. C'est même indécent.

*C'est stupide.

*- Je pense que c'est juste irrespectueux.

*De se déguiser en esclave.

*- L'esclavage, c'est sérieux.

*- Y a pas pour acheter les tickets ?

*- Lilian est noir, moi aussi. Ça nous a choqués !

*- Vous avez dû rater quelque chose.

*- On aime ou pas, mais c'est de vrais sujets.

*- Je suis Me Cantadiope, je viens pour un dédommagement.

*A l'abolition de l'esclavage, les maîtres ont été dédommagés.

*Pas les esclaves.

*- On se demande, activiste ou opportuniste ?

Ante Up (Robbin Hoodz Theroy) (M.O.P.)

...

- Ça va ? - Bonjour.

Applaudissements

- On est ensemble. On est ensemble !

Arrête de me regarder, t'as vu ça ?

Prenez soin de vous et vive la vie !

Merci encore. Merci beaucoup !

- Claudia.

- C'est comment ? - C'est comment, quoi ?

Je t'ai dit, non ?

- T'as dit à qui ?

-Oh…

- Je t'ai eu, hein ?

- Allez, entrez.

- Ouah...

La sœur, t'as percé !

- Elle est bien, la loge.

- Je suis venu te voir par rapport à un problème.

- Ouais ? - Tu sais...

En priorité... Rires

- Quand ça commence comme ça, c'est jamais bon.

"Je viens te voir pour un problème…"

Déjà, ton chéquier fait rrrr...

- Je suis venu pour que tu relaies l'info sur ma marche,

t'es assez connectée showbiz, tu connais des gens,

situ peux en parler autour de toi, ce serait super.

Relayer ça sur tes réseaux…

Même en parler à la télé,

dans les émissions, ce serait génial.

- Pas de souci, mais c'est la dernière ce soir.

Je vais pas avoir de promo vite, vite.

Mais sur les réseaux, je mets ça.

Je vais te faire une story sur mon lnsta.

Ça va être viral. Tu peux compter sur moi.

Je vais en parler.

C'est le 27 avril ? - Le 27.

Place de la République. C'est hyper important.

- Tu peux compter sur moi. - Merci, la sista.

Merci, Claudius. - Faut être soudés.

- Soudés. - Faut qu'on soit là, ensemble.

Si on le fait pas, qui va le faire pour nous ?

Qui va le faire ? Regarde les Américains.

Ils arrivent, les gens ont peur d'eux,

ils blaguent pas. Touche à un Noir là-bas,

les gars sont soudés, francs, sans filtre.

On est là. - Je suis d'accord.

Faut être soudés, parler sans filtre.

En parlant de ça,

si je peux me permettre...

Ton spectacle que tu fais...

L'accent africain...

Tes danses avec tes grosses fesses, c'est un peu…

C'est un peu cliché, non ?

- Je vois pas… Je comprends pas.

- Claudia, toi aussi...

L'accent que tu fais sur scène.

"Si ta meuf, c'est un mister freeze,

"pourquoi pas prendre une Häagen-Dazs ?"

- T'es sérieux ? - Tu danses avec tes fesses.

- Sérieux ? T'as vu le spectacle ?

- Je suis arrivé en retard, j'ai vu la fin.

Mais je vois à peu près. Je te vois à la télé.

C'est des barres. - C'est ce que t'as retenu ?

Cette vanne n'est pas dans ce spectacle.

Tu te fous de moi ?

Tu essaies de dire quoi ? - Sœur,

tu le prends pas mal ? - Je prends quoi, mal ?

Qui est ta sœur ? - Tu m'as dit : Fais l'Américain.

Parle franc, sans filtre.

- C'est ça ? Me parler de mon travail comme ça ?

T'as rien vu. - Grande sœur...

- Tu vas arrêter ça.

C'est quoi, ton problème ?

Je m'assume. Je suis une Africaine française.

Je ris fort, je parle fort. J'ai de grosses fesses.

C'est quoi, ton problème ?

Ferme ta bouche. T'arrives même pas à rentrer tes dents.

- Oh, oh, oh.

Tu dépasses les bornes.

Tu parles d'un sujet intime.

En public, devant la caméra.

- La caméra voit tes grosses dents. On dirait du sucre. Tu vas faire quoi ?

- Claudia, attends.

J'ai un côté agressif enfoui en moi.

J'ai pas envie de le sortir. Quand ça sort,

ça jaillit comme de la lave.

- Quoi ? Tu vas faire quoi ?

Oui, je m'énerve. Tu vas faire quoi ?

Tu veux te battre ? - T'approche pas trop.

- Je m'approche pas. - T'approche pas.

- Enlève ta main.

Enlève ta main, j'ai dit !

- T'es sérieuse ?

- Dégage de là ! Lève-toi !

Qu'est-ce qu'il y a ? - Sista...

C'est mauvais délire.

- Pas de sista ici.

Sors d'ici !

- J'étais venu en good vibes.

Claudia, attends... - Dégage !

Toi, avec ta caméra, dégagez !

Allez, cassez-vous.

- Claudia !

Du coup...

Tu vas partager sur ton lnsta ou pas ?

Le mec qui m'inspire,

c'est Mohammed Ali.

C'était un vrai renoi.

Le métier que je fais,

c'est un métier d'image.

C'est important de garder la forme physique.

Si on fait pas ça,

on est foutus.

Tom Cruise, tout ça, ils mangent des trucs...

Bio, organiques...

Nous, c'est pas bio, mais…

On a des petites rations,

ça équilibre.

En même temps, le bio, c'est des conneries.

Bientôt, y aura le scandale du bio, je vous le dis.

Les gens reviendront vers ce qui est industriel.

J'ai du pif, moi.

- Jean-Pascal, c'est ça ? - Oui.

- On va se tutoyer, c'est plus simple. Tu vas te présenter.

- Je m'appelle Jean-Pascal, j'ai 38 ans. Je suis comédien.

J'ai déjà joué...

- T'es dispo à nos dates ?

- Très dispo.

- Je te situe le personnage. Abdoulaye a 30 ans.

Il deale depuis l'âge de 7 ans.

Ado, il a participé à une tournante sur une blanche du quartier.

Des années après, elle revient.

Mais Abdoulaye la reconnaît pas.

Il est très attiré par elle.

C'est un dealer, violeur,

converti à l'Islam.

- Converti ? - Il s'est converti

pour trouver la paix intérieure. Il tombe amoureux

de celle qu'il a violée. - Violée ?

- Cette scène, c'est la première fois qu'il la voit.

Il lui sort cette phrase qui décrit bien son amour,

enfermé dans une crispation banlieusarde, mais sincère.

- Sincère. - C'est quand tu veux.

- Hé, sale pute, t'es bonne ! - Non.

Attends, n'oublie pas. C'est un dealer.

Dealer, violeur, islamiste.

- Islamiste, d'accord. - OK ?

Tu me fais le fils d'un diplomate du Gabon.

Non, c'est un violent ! Faut y aller.

Tu connais ça. - Je connais pas…

- Tu fais ça avec un peu plus de rage.

Et de l'amour. Ça doit être nuancé.

Allez.

A toi.

- Hé, sale pute !

T'es bonne, hein ?

- OK.

OK.

- On va se faire des passes.

- Et ton casting ?

- Pour une fois, c'était pas un blédard.

C'était nuancé. Il y avait des sentiments. De l'émotion.

C'était hyper intéressant.

- C'est cool, ça change.

- Ouais, ça change.

Je t'ai dit dans les pieds ! - Pas mal.

- Il est ouf, ce gars. Dans les pieds.

C'est bien, mon fils. - Il joue mieux que toi.

- C'est bien. - Tu joues mieux que papa.

- Ça y est.

J'ai fait la demande d'autorisation pour la marche.

Idéalement, j'aimerais qu'on relie Place de la République à Nation.

Ils vont me mettre des bâtons dans les roues.

Je vais aller à la mairie pour accélérer le processus.

Je lâcherai pas l'affaire.

Parce qu'un Noir debout,

c'est un Noir qui est pas assis.

Bonjour. - Bonjour.

- Je viens voir la maire.

- Vous avez rendez-vous ?

- Non.

- Il faut un rendez-vous.

- Un rendez-vous ?

- Oui, on peut pas rentrer comme ça.

- J'organise une marche pour les Noirs à Paris.

C'est la maire de Paris ?

- J'ai le droit de la voir. - Sur rendez-vous.

- Ça sert à quoi d'habiter à Paris, alors ?

*Noir, c'est noir

*Mais il y a de l'espoir

*Je veux voir ma go

*Anne Hidalgo

*Noir, c'est noir

*Mais y a de l'espoir

*Je veux voir ma go

*Anne Hidalgo Tout le monde

- S'il vous plaît, monsieur.

Monsieur, s'il vous plaît.

S'il vous plaît, monsieur.

S'il vous plaît, calmez-vous.

*- J'ai pas envie ! - Calmez-vous.

*- Notre situation attend pas.

*La précarité, la discrimination dont mes frères sont victimes ?

*Vous croyez que ça attend ?

*Je partirai pas sans voir ma go, Anne Hidalgo !

*Noir, c'est noir

*Mais y a de l'espoir

*Je veux voir ma go Anne Hidalgo

Lâchez-moi ! Lâchez-moi !

Rien à foutre.

Ils font ça parce que je suis noir. Filmez !

On fait pas ça aux Blancs ! C'est parce que je suis noir.

- Lâchez-le !

- Je suis venu en trottinette !

- Arrête de crier. - Debout.

- Filmez bien.

Filmez ! - Avance.

- Arrête de crier.

- Voyez ça !

Anne Hidalgo !

Anne Hidalgo !

- Monte. - Regardez comment on me traite.

- Les bâtards...

Sirènes

*- Notre situation attend pas.

Camille !

Camille ! - Quoi ?

- Viens voir, je passe à la télé.

*- Je veux voir ma go

*Anne Hidalgo

*Lâchez-moi ! Lâchez-moi !

*Si j'étais blanc, vous m'arrêteriez pas.

*Si j'étais blanc, vous m'arrêteriez pas.

*Ils font ça parce que je suis noir.

- Tu t'es bien fait défoncer.

*- Montrez tout ça.

- Ils étaient quatre.

- Ouais, y a une meuf quand même.

*- Anne Hidalgo !

*- Voilà, Fary est avec nous.

*Vous teniez absolument à ce qu'on diffuse ça.

*La vidéo fait un buzz de ouf. 2 millions de vues en une semaine.

*C'est ouf.

*- Ça me tenait à cœur.

*J'ai trouvé révoltant qu'un mec se fasse tabasser

*devant les gens par les flics. Personne n'a rien dit.

*Personne ne bouge.

*- C'est un sujet qui vous touche particulièrement.

*Vous traversez une période hyper reloue.

*- Je dois annuler des dates.

*Des gens m'invectivent.

*- Ça tombe mal, votre premier film,

*va bientôt sortir. *- Ouais.

*- On parle d'annuler votre Stade de France.

*Qu'est-ce qui se passe ? On comprend plus.

*- J'ai fait une campagne de pub.

*Pour une grande marque.

*On voit la photo.

*J'ai porté ce truc avec l'inscription "Banana lovers"

*C'était une provocation artistique.

*Ça a été mal pris. Du coup...

*Moi, je voulais dire l'inverse.

*Tant qu'on fait des polémiques,

*tant que l'image de la banane est associée aux Noirs,

*on a un problème.

*- Les gens n'ont pas compris ton message.

*- C'est vraiment mon cœur de métier.

*C'est être engagé, servir la communauté.

*C'est ce que j'essaie de faire.

*J'aimerais le rencontrer,

*ce gars qui se fait tabasser. J'ai envie

*de le rencontrer, de l'aider.

*Ça dit quelque chose de notre époque.

*- J'espère que le message est passé.

*Merci d'avoir été avec nous. Applaudissements.

- Tu devrais aller le voir.

- Faut pas les écouter, c'est pour se faire remarquer.

- Tu dis que Ramzy est pas noir.

Va voir Fary. Il est assez noir, lui ?

- Pourquoi tu me parles de Ramzy ?

Je le connais, mais c'est pas mon pote.

- Alors va voir Fary.

Il dit qu'il a envie de t'aider.

Il a l'air assez ouvert à ton délire communautaire.

- Qu'y a-t-il de communautaire à cette marche ?

- Ça va, t'énerve pas.

C'est juste qu'une marche réservée aux hommes noirs, ça fait communautaire.

Et sexiste. Mais tu fais ce que tu veux.

- Explique-moi.

Qu'y a-t-il de communautaire et sexiste dans ma marche pour les hommes noirs ?

Dis-moi. - Pourquoi t'es tendu ?

- Je suis pas tendu.

L'homme noir veut récupérer sa dignité volée pendant des siècles.

C'est ouf !

Quand les gays se réunissent, font une communauté, c'est OK.

Quand les mecs des grandes écoles font du business, c'est OK.

Mais quand nous, les renois,

on se réunit pour faire un truc,

ça devient du communautarisme.

Et là, c'est négatif. Tout de suite.

Si t'es pas capable de le comprendre, je peux rien faire.

- Si, tu peux faire un truc.

Tu pourrais m'aider et me soutenir.

Ce serait pas mal.

-Oh, chou...

J'ai pas envie de m'embrouiller avec toi. Désolé.

Vraiment désolé.

C'est bon ?

Une porte claque.

- On peut faire une photo ? - Avec plaisir.

- C'était super.

- Je vous remercie.

- C'était super bien. - C'est gentil.

- Je suis là, frérot.

- T'es qui ?

- T'as dit que tu voulais me rencontrer.

- Je te connais pas.

- Je me suis fait arrêter devant la mairie.

- Pourquoi tu filmes ?

- Non, frérot, c'est cool. Ils sont avec moi.

- Mais on filme pas les gens comme ça.

Arrête ta caméra, là !

- C'est une équipe de télé qui fait un docu sur moi.

- C'est la télé ? - Ouais.

- Quelle chaîne ?

Y a pas d'enquête sur ces policiers ?

- Tu sais comment ça se passe.

- C'est un truc de ouf.

Moi, tu me touches.

Ton histoire me touche. J'ai envie de t'aider.

D'ailleurs, comment je peux t'aider ?

- J'aimerais... - J'ai pas fini ma phrase.

Qu'est-ce que je peux faire

qui peut activer... ton truc.

Là, tu parles.

- J'aimerais rencontrer

des personnalités influentes de la communauté.

Que ce soit dans la politique, le sport...

L'artistique...

Pour que ces gens-là relaient l'info sur la marche.

Tu vois ce que je veux dire ?

- C'est tout ?

- Ce serait déjà énorme.

Moi, je connais personne.

Si, je connais Claudia Tagbo.

- Oh, moi, je vais activer mon réseau.

Mais je vais faire ça pour toi.

C'est désintéressé.

C'est pour toi, pour la cause.

C'est pour aider la communauté. Tu comprends ?

Moi, à la base,

je suis vraiment engagé. Au départ.

- Je te crois.

Je te crois grave.

- T'as un véhicule ? Vous êtes véhiculés ?

- Si, ils ont une voiture… - Oui ou non ?

- Si, il y a un véhicule.

- Je t'emmène quelque part.

Qui paie ?

- Oh là là, la caisse d'intermittent.

On va monter là-dedans ?

-Fary !

T'as pas honte ?

Avec ta vieille pub de merde !

On n'ira plus jamais te voir.

- Ça va, c'est une pub.

Pourquoi ils s'excitent ? C'est une pub !

Brouhaha

...

- Moi, je voudrais savoir. C'est quoi, un renoi ?

- C'est simple.

Pour moi, un Noir, c'est cheveux crépus,

peau ébène qui a ses ancêtres qui ont vécu l'esclavage.

Un crime contre l'humanité qui nous lie.

- Moi, je suis caribéen.

Chez moi, y a du maître et de l'esclave.

Le métissage n'a pas été qu'une histoire d'amour.

J'ai grandi avec des Africains

qui m'appelaient moika.

En Afrique, on m'appelle yovo, "le blanc".

- C'est pas qu'une couleur, c'est ce que tu représentes.

Les gens s'identifient à toi en tant que Noir.

- Tu veux que des hommes noirs ?

- Exactement. - Et moi, je suis pas vraiment renoi.

- Mais si, toi, ça passe.

- Et moi, je suis assez noir ?

- Euh, toi…

Non, toi, c'est pas possible.

- C'est un peu compliqué, par rapport...

par rapport à ce qu'on veut vendre.

- Voilà, c'est pas possible.

Pour moi, un vrai renoi, c'est quoi ?

C'est quelqu'un qui a les cheveux crépus,

la peau ébène,

toi, comme t'as des cheveux de blanc, lisses, quoi,

c'est pas possible. Mais par contre,

si t'avais été noir, crépu et que t'avais défrisé les cheveux...

- Si je me refrise les cheveux, l'inverse, ça va ?

Je deviens renoi ? - Non, ça marche que dans un sens.

- Mais un mec défrisé, il vient pas.

- Pourquoi ?

- Il assume pas sa négritude.

- Non, c'est une question de look.

Tu peux pas dire à Eazy-E que c'est pas un vrai Noir.

- Je vais venir pour entendre des trucs comme ça.

- Tu peux venir, à la base, t'es crépu.

- Les Blancs sont interdits ?

- Pas interdit, mais pas conseillé.

- Non ! - Ils vont se faire frapper ?

- Pas frappés, mais y aura pas une bonne ambiance.

- Je veux une marche avec les Indiens.

On va niquer votre marche de renois.

- Je respecte ta carrière.

C'est pas parce que t'as été plus remplaçant que titulaire

que tu viens pas. J'en ai rien à foutre.

T'as fait des choses,

même si à un moment, t'as beaucoup été sur le banc.

- Ça veut rien dire, si t'as beaucoup été sur le banc.

Parce que…

- Il y avait meilleur que lui.

Ce serait super si tu parlais de ma marche à ton journal.

- Pourquoi pas ? Envoie-moi un mail.

Comment tu t'appelles ? - Jean-Pascal.

- Voilà, Jean-Pascal.

- En tant que journaliste noire, t'as dû vivre des trucs atroces.

- Pourquoi tu m'enfermes dans une case ? C'est marrant.

- Je t'enferme pas, la sœur.

- Si, dans la case “journaliste noire". C'est curieux.

- Déjà, j'emploierais pas le terme "case" pour désigner une sœur.

T'es une journaliste noire, non ?

- Écoute, je ne suis pas une journaliste noire,

je suis journaliste.

Je suis journaliste. Je sais pas comment le dire autrement.

- Mais noire.

- OK. J'ai écrit mon premier article à 13 ans.

J'ai des diplômes. J'ai travaillé dur.

On m'a pas prise pour ma couleur.

On m'a prise parce que j'étais à ma place.

Mon identité est plus complexe.

- Oui, mais…

Complexe, mais noire, quoi.

- Tu me fais chier, tu comprends pas ?

Je te dis que je suis journaliste !

Qu'est-ce qui va pas chez toi ? L'info monte pas ?

Tu comprends pas ? Tu comprends pas ?

On m'a prise pour mes compétences. Mes compétences !

Mes compétences !

- Il t'a parlé de tes cheveux ? - T'as fait quoi ?

- T'es venu chier dans la gueule de mes invités ?

Sérieux ! - T'as dit quoi ?

- C'est elle... - Quoi ?

- J'ai dit : “journaliste noire". - Journaliste !

Tu redis ça, je te défonce !

- Arrête de la regarder.

- Je vais te péter tes grosses dents.

Je vais te péter ta gueule ! - Désolé.

Ça va pas être simple avec toi.

Je vise haut, mais…

Tu me mets dans des trucs...

Je voulais appeler Omar Sy...

- Omar Sy, je peux m'en passer.

- Tu peux te passer d'Omar Sy ?

- Il entre pas dans la charte de l'homme noir nouveau.

- Dans quoi ? - La charte de l'homme noir nouveau.

Un texte très intéressant que j'ai écrit. Je te ferai lire.

- La charte…

T'en sors une à la minute. T'es con, en fait.

Si t'as Omar Sy dans ton truc, ça devient international.

T'es fou, toi.

T'es jaloux d'Omar Sy ?

- Jaloux de quoi, franchement ?

- Il est jaloux. T'es jaloux d'Omar Sy. C'est ton blond.

- Jaloux de quoi ? - De quoi ?

Jaloux de son succès, de sa carrière, sa famille…

De ses dents.

Elle est longue, la liste.

- Je suis sur un autre niveau.

Moi, je suis dans la politique.

Tourner aux USA, avoir la réussite financière dans ce monde

et avoir plein de gosses, ça, c'est pas mon délire.

Moi, je suis pas un people.

- On avait remarqué que la réussite, c'était pas ton délire.

- Quand t'es citoyen préféré des Français et que t'es noir,

c'est qu'il y a un problème, désolé.

Quand t'es noir, tu déranges, normalement.

- Tu vas aller jusqu'où ?

Sirène de police

Putain...

Il est bourré, ton intermittent ?

- Tu connais, les Blancs sont toujours bourrés.

T'es bourré ou pas ?

Il est bourré. - Qu'est-ce que je fous là ?

L'ouvre pas.

- Bonsoir, papiers du véhicule.

Vous avez grillé un feu. - Ah bon ?

- Pourquoi tu filmes ? Baisse ta caméra.

- Un problème, M. l'agent ?

- Vous avez grillé un feu.

Hé, mais attends !

C'est vous, l'humoriste...

Stand-up ? - Ouais.

- Ouais, c'est ça.

Génial, j'adore ce que vous faites.

Ça tue. Génial.

Bougez pas, je reviens.

- Tu vois ce que ça change, la notoriété ?

Y a plus d'histoires de couleur.

La vérité, c'est l'oseille.

- C'est bon, ça va pour cette fois.

On peut faire un selfie ? - Avec plaisir.

- Ça vous dérange pas ? - Allons-y.

- Hop.

Voilà.

- Je suis proche de mes fans, moi.

- Merci, monsieur Eboué. J'adore ce que vous faites.

Vas-y, démarre.

Démarre !

15 ans à démarrer.

- M. Eboué, il a dit.

Même capillairement, ça colle pas.

C'est ouf.

C'est limite raciste de faire ça.

C'est limite raciste, vraiment.

Il y a aucun rapport.

- Ça devait être une blague.

Il frappe.

- M. Pierre ?

J'ai besoin de t-shirts.

Des t-shirts pour une marche.

J'organise un gros événement, comme les Black Panthers.

Comme c'est pour la cause, je me suis dit…

Qu'on pourrait s'entendre.

Vous voyez ?

Il me faut 20000 t-shirts.

Unis avec une impression blanche.

- Ça va nous faire, mille…

15750.

- On s'est pas compris.

C'est une marche de protestation noire.

Quand le mouvement va prendre,

il est évident que je reviendrai en commander plus.

Tu comprends, tonton ? Tonton Pierre !

Tu es d'où ? Togolais, Béninois, Congolais ?

Tonton ! Ça, c'est mon tonton.

- Non, je suis Normand. Du Calvados.

Moi, les trucs d'Africains, tonton, cousin...

C'est pas mon truc.

Je gère une affaire.

- Partons sur 150 t-shirts, tonton Pierre.

150 t-shirts.

- 573.

Hors taxe.

- Je peux te payer en 3 fois ?

Un chien aboie.

Cette marche, je peux pas la faire sans la base militante.

Je suis obligé de leur parler.

C'est la brigade anti-négrophobie.

Dans l'idéal, ce serait bien qu'ils fassent la sécu.

Brouhaha

- Hotep ! - HOTEP.

- On suspend la discussion sur l'action à venir.

Je vais vous présenter un frère.

Il vient nous proposer quelque chose.

Vous avez dû voir ses vidéos.

Certains apprécient.

D'autres non.

Mais là n'est pas la question.

On va d'abord discuter,

le laisser parler

et on va décider ensuite ensemble.

Vas-y, JP.

- Hotep, les frères.

OK...

Moi, le 27 avril,

j'organise une grosse marche de protestation noire.

Place de la République.

Pour moi, cette marche,

sans vous, elle est pas crédible.

Vous êtes les vrais combattants de la cause.

Vous êtes les vrais militants du quotidien.

Vous voyez ? - J'ai une question.

Pourquoi le 27 avril ?

- Ouais, pourquoi ?

- C'est l'abolition de l'esclavage.

- C'est une date de blanc.

- Bah ouais !

- On va fêter quoi ?

Le peu de droits qu'on nous a laissés ?

On doit les remercier ?

- Bah oui.

- C'est très pertinent.

Je suis d'accord.

- Pourquoi pas une date référence pour les Noirs ?

Comme l'indépendance d'Haïti.

- C'EST VRAI.

- 1re nation noire indépendante. Tu savais pas ?

- Non, il le savait pas. Regarde-le.

- OK, alors on fait ça.

C'est reporté pour le jour...

De l'indépendance d'Haïti. - C'est quand ?

- Pardon ? - C'est quand ?

- Hein ? - C'est quand ?

- C'est bon, les gars.

On sait tous que c'est le 1er janvier.

- Ouais, le 1er janvier. Oui.

1er janvier 17...

- 1804, JP ! M'affiche pas !

La colère gronde.

- Casse-toi !

- T'es sérieux, là ?

- Comment tu veux militer avec ta tête ?

Rires

- Tu nous fous la honte.

- Collabo !

*- C'est qui le plus fort ?

*- C'est moi !

*- C'est toi le plus fort ? *- Oui.

*- T'es sérieux ?

*- Oui, je suis sérieux !

- Un jour, j'accompagnais mon fils à l'école,

et il y avait un drapeau qui flottait à une fenêtre.

Mon fils m'a dit, je me rappelle :

"Regarde, c'est notre drapeau !"

Ça m'avait choqué.

J'avais jamais dit ces mots : "notre drapeau".

J'ai toujours dit : "le drapeau de la France".

Quand il m'a récité, après, la devise...

"Liberté, égalité, fraternité", tout content,

en disant : "C'est notre devise, papa."

Je me suis dit : ”En fait, cette phrase...

"Y a que les gosses qui peuvent y croire."

Truc de malade.

Je vais pas aller les voir. Je vais pas faire le fan…

Je suis fan de ce que vous faites. Enchanté.

- C'est quoi, la cam ? - Attends.

- C'est une équipe de télé

qui me suit pour un documentaire sur ma marche.

- Ah, c'est tes trucs, la vidéo...

- Exact.

- Ouais, mais moi, je suis…

C'est pas ma came.

Ça me fait pas rire, ces trucs sur l'esclavage.

Si tu peux éviter… Tu lui dis ?

- Cool. Moi, je viens en tant que fan. - Non, dis-lui.

Oui, mais… - Oh, oh.

Il fait des vidéos rigolotes, laisse tomber.

- Évidemment, ça te fait rire. Vu Case départ, ça te fait marrer.

- Quoi, Case départ ?

Qu'est-ce que je fais ? - Je sais pas.

L'esclavage, ça vous fait marrer.

- Attends, attends.

- Non, je t'invite. - Rien du tout.

Précise tes propos sur Case départ.

- Ce que je veux dire... Monsieur...

- Jean-Pascal. - Il fait des vidéos drôles

qui font rire les gens sur l'esclavage,

et toi, tu fais des films sur l'esclavage.

- Non.

C'est pas un film sur l'esclavage.

Ça se passe pendant l'esclavage et traite

de l'évolution du racisme à travers les siècles.

Rien à voir. - Attends.

Qu'as-tu retenu de Case départ ?

- Il y a une scène dedans où on dit :

"Liberté, égalité, nique ta mère !"

- Il y en a même une autre où il dit :

"Sa grosse teub..." - Oui.

Le maître qui dit à Fabrice...

"Avec ta grosse bite."

- Bon.

C'est clair.

- Tu m'invites pour me proposer ton nouveau film

et après, tu descends mes films ?

- Je dis juste que Case départ ne met pas les Noirs en valeur.

C'est tout. J'ai rien dit d'autre.

- Toi, dans tes films, tu les mets en valeur ?

Tu l'as vu Première étoile ?

Des Noirs partent au ski et tombent le cul dans la neige.

Bon cliché, les Noirs savent pas skier.

On se fend la gueule.

Le mec s'arrête pas. Il a fait Deuxième étoile.

Après Troisième étoile et Chamois d'or.

Des Noirs dans la neige, après Spike Lee,

Lucien Jean-Baptiste, défenseur de la cause noire.

- Pas toi, Fabrice.

- Quoi pas moi ? Tu me critiques, moi.

- Pourquoi je critique ? Tu dis que ton film sur l'esclavage,

que les vidéos de monsieur sont pas comme tes films.

Il se fout de l'esclavage dans ses vidéos. Toi aussi.

- Non, je me fous pas de l'esclavage.

- J'ai pas de film sur l'esclavage.

- Moi non plus. - Des films familiaux. A la Ken Loach.

- A la Ken Loach ?

Des Noirs le cul dans la neige ?

- C'est ton résumé, ça !

- C'est quoi le prochain ? Premier dauphin ?

Une grosse dame noire qui tombe dans la piscine. Les Blancs rient.

T'es dans les clichés !

- Tu fais des films de vendus, de Bounty.

- Qu'est-ce que t'as dit ?

Des films de quoi ?

- Moi ? - Tu fais des films de Bounty.

Tu me traites... Pousse-toi.

Un Bounty ? C'est toi, le Bounty !

Tu sais où t'en es, toi ?

Ni blanc ni noir, les métisses.

Toujours le même problème. Toi, Dieudo...

Tous les mêmes ! Vous savez pas où vous habitez.

- Tu sais où t'en es ? - Ouais !

Moi, je suis Martiniquais !

- On est des frères… - Et fier d'être de la Martinique !

Fier de l'être ! Je vais te péter tes fesses de blanc !

- Reste en Martinique plutôt que d'aller au ski.

- Parle pas de sujets qui te dépassent !

- Mwen ka tombé...

Mwen ka tombé dans la neige !

- Toi, arrête de filmer !

- On est frères. - Toi, l'Africain,

vous nous avez vendus pendant des siècles. Avec lui.

- Mwen ka vendu.

- Avec le Breton, là ! Vous nous avez vendus.

Vous nous avez maltraités sur les bateaux.

Sur des négriers !

- T'avais qu'à courir plus vite ! Hein !

Hurlement en créole martiniquais

- Je vais revenir. Je vais revenir.

Lâche-moi, toi, l'Africain.

- Moi, je paie avec ma carte black !

- Et... La suite de Case départ, c'est prévu ou pas ?

- Case retour ? - Ouais.

- Faut voir.

- J'ai fait une formation de théâtre classique.

J'ai été aux cours Florent.

Hurlement

- Ils sont là !

Il parle en créole martiniquais. Alors ?

C'est qui, le Bounty ?

C'est qui, le Bounty ?

C'est moi, le Bounty ?

...

...

Mwen, pas Africain.

Mwen, Martiniquais.

...

Mwen ka resté là toute la nuit.

Mwen ka dòmi là.

...

Sirènes de police

...

...

Vous avez de la chance.

- Mais c'est un malade !

*- Urgences, la crise semble sans fin...

- Le mec dessine comme en maternelle. - Regarde.

- Moi, je dessinais bien. - Regarde.

- Essaie de dessiner Kylian Mbappé. - Non.

C'est trop dur.

- C'est trop dur ?

Tu sais pas dessiner un frère noir ?

Tu préfères dessiner un Blanc ?

Je sais comment tu le dessines.

- Non, arrête !

- Comme ça, et tu fais des oreilles. Tu sais pas dessiner des Noirs

parce qu'à l'école, on vous apprend pas ça.

Vas-y. Tu notes.

Regarde ce petit déhanché sexy.

T'as pas remarqué que j'ai maigri ?

Au début, j'avais un espèce de bide.

Maintenant j'ai des abdos. Et mes pecs, comment ils bougent...

Pas celui-là. Celui-là, téma.

Regarde comment je bloque. Sexy.

Dumebi (Rema Feat. Becky G.)

...

Hé !

Ça va ou quoi ? Bien ?

- Comment ça va ?

- Bonjour, enchanté. - Tu mesures combien ?

- 1,93 m et je suis né dans le 93.

- Pas mal. D'accord.

- Vous, les stars noires, serez une locomotive.

- Excuse-moi... Les stars noires ?

- Oui. - Les mecs connus, mais noirs.

- Les stars noires de France. - J'ai compris, mais…

Y a un tout petit problème.

C'est que je suis pas black.

- Mais si. - Bah non.

Pas du tout. - Bah si.

Arrête tes blagues. - C'est pas une blague, Farid.

Je suis sérieux. - C'est pas Farid.

- C'est pas Farid ? - Fary.

- Mais t'es Antillais ?

- Non… OK, d'accord. Non, je suis Autrichien.

Ma mère est autrichienne. On parlait allemand.

Il parle en allemand.

...

Tu comprends ?

On mange des Wienerschnitzel.

Je suis blanc.

Mon oncle s'appelle Wolfram. Gunther…

Rainold... Ma tante, c'est Waltraun.

- Tu viens d'une époque où c'était compliqué.

T'as dû raser les murs. Mais c'est fini.

Depuis les années 80, on a fait du chemin.

Y a eu les buts de Thuram en 98.

Les Noirs, aujourd'hui, c'est Obama !

- Super, tant mieux pour l'Amérique.

- La souffrance que t'as accumulée jeune, c'est fini.

- Je n'ai pas de souffrance. - Arrête, Eric.

Et ça veut dire quoi, "black" ? C'est noir, le mot.

T'as le droit de le dire.

- Dis : "Je suis Noir". C'est ce que t'es.

Noir. Un Noir. Un nègre.

- Nègre, carrément. On monte dans les tours.

- C'est ce qu'on est. - Farid, t'as pas idée

de ce que j'ai traversé.

- Mais si... - Non.

Là, tu parles, mais tu sais pas ce que j'ai vécu.

- Époque différente, mais même histoire.

On a vécu cette histoire.

C'était difficile pour les crépus. On t'appelait crépu.

On l'a vécu aussi ! - Et "chocolat".

- Au lait ! Chocolat au lait.

- Les bâtards... - Banania.

- J'allais le dire. - Ils te l'ont fait ?

- "Vahiné, c'est gonflé", vous l'avez eu ?

- Ils ont été durs. - Les salauds.

- Mais c'est passé.

C'est fini, ça. D'accord ?

T'es un Noir, tu peux le dire.

Dis-le, ça te fera du bien.

Dis-le, ça te fera du bien. Je suis Noir.

(- Je suis Noir.)

- Plus fort. Dis-le.

- Je suis Noir.

- Fier.

- Je suis Noir !

- Grand ! - Je suis Noir !

- Martin Luther King. - Je suis nègre !

- Malcom X. - Un putain de nègre.

- C'est ça ! C'est ça que t'es.

C'est ça ! Il y a une communauté autour de toi.

C'est ça, la marche. - On est là, c'est fini.

- Je serai là pour votre marche.

- Tu sais pourquoi ? T'es Noir.

- Bien sûr, avec mes frères nègres !

Mes putains de nègres !

Mes sales nègres.

Mes bamboulas, mes macaques.

- OH, OH, OH...

- Désolé, c'est nouveau pour moi.

- Mais ton gars...

Il est gênant un peu, non ?

- C'est Eric Judor, de quoi tu parles ?

Tu voulais du monde à ta marche, non ? Ben voilà.

Enfin ta marche…

Notre marche.

Ah, les bâtards...

- Ouah...

- Sérieux, Banania ?

Ça, c'est pas bien.

- Ça se fait pas.

- On va voir quand je vais sortir mon film.

- En même temps...

Banana lover, c'est chaud. - Tais-toi.

Musique douce

...

- C'est un ras-le-bol de la société qui t'a forcé à agir ?

- Exactement.

A la base, je suis comédien. Le combat, je l'ai pas choisi.

Ça m'est tombé dessus, j'ai été happé par le truc.

- Mais nous, on veut savoir pourquoi

encore une fois, la femme noire a été mise de côté.

- Non, c'est pas…

Elle a pas été mise de côté,

c'est juste... - Quoi ?

C'est bien une marche réservée aux hommes noirs ?

- Oui, mais… - Y a pas de ça.

J'aimerais savoir pourquoi l'homme noir met la femme noire de côté.

Vous avez un problème avec nous ?

Regardez bien.

Quand l'homme noir réussit, qui est avec lui ?

Qui est à ses côtés ?

- Une blanche ! - Une blanche, ma sœur.

Regardez les acteurs, les footballeurs.

Ils sont tous avec une blanche.

Déjà qu'on subit le racisme de cette société,

faut se taper celui des Noirs ?

De nos hommes, censés veiller sur nous ?

Mais arrêtez…

- Vous savez, en même temps,

pour se mettre avec un Noir...

- C'est pas ton problème. Aux USA, elles font comment ?

Y aurait Barack Obama sans Michelle ?

Ah bon ?

Jay-Z sans Beyoncé ?

Expliquez-lui.

- Et Nelson Mandela ?

Pas de Nelson sans Winnie.

- Il a compris ! Il a compris !

Faut nous inviter, quand même.

- Je vous invite.

Non, j'ai déconné, excuse-moi.

C'est trop important que les sœurs soient là.

Un événement comme ça, ce sera national.

- Oui, on va apporter quelque chose.

- Frères et sœurs réunis, c'est important.

J'ai reçu des mails d'Abidjan... - Excuse-moi.

On peut prendre une photo ? - Ça me dérange pas.

- Tes blagues sont marrantes. - Merci.

Mais c'est pas que drôle. Y a du fond aussi.

- C'est vrai. - J'amuse pas la galerie.

Y a un background. Tu vois ?

*- Salut, c'est Ramzy.

*Je viens de croiser Eric. Il se prend pour Nelson Mandela.

*C'est quoi, ça ? Rappelle-moi. - Salut, JP.

On se voit à la marche ?

Ça va, mon amour ?

- Bien, et toi ? - Oui !

Sonnette

- Ouais, ouais !

- Ramzy, ça va ?

- Ça va ? - Bien ou quoi ?

- Fermez derrière vous.

Viens, je te présente.

Vous le reconnaissez ? - Ouais.

- C'est JP. Il fait la marche.

- Le renoi engagé. - Bravo.

- Merci. - Belle idée.

- Pourquoi tu nous as pas appelés ?

- Vous ? - Nous, les rebeus.

- Et les Juifs.

- Pas sûr que ce soit une bonne idée. - Pourquoi ?

- Parce que ça risque de brouiller le message.

C'est réservé aux Noirs.

- C'est hyper excluant.

Ta cause, c'est notre cause, ma cause. - Bien sûr !

- On défend tous la même cause. - Rebeu comme renoi.

- Moi, pareil.

- Cette marche me touche à mort. Tous.

On nous a demandé de marcher suite à certains événements…

- A juste titre. - Pardon ?

- Quoi ? - C'était important qu'on soit tous là.

Pas par rapport au fait

que vous soyez rebeus !

Rien à voir. - T'as eu peur.

- Je me serais pas permis. - J'ai eu chaud, j'ai...

- Non, pas d'amalgame. - Ça nous concerne.

- C'est bien que vous Payez fait.

- Marcher contre le racisme et les discriminations,

Arabes et Noirs...

- Et Juifs !

- J'ai que deux mains.

Arabes et Noirs ensemble.

C'est un message fort contre le racisme.

- Ce sera fort ! - Je vois très bien votre jeu.

- Y a pas de jeu.

- Les Noirs et les Arabes, on est des frères.

Mais que quand ça vous arrange.

- Quoi ? C'est faux ! - Évidemment.

- C'est faux. - Qui dans ce salon

laisserait sa sœur se mettre avec un Noir ? Qui ?

- J'ai pas de sœur, donc...

- Je vois pas le mal. Je vous trouve hyper attirants...

- Chut, arrête !

Il parle en arabe. - Vous voyez ?

Vous voyez ou pas ? - Non, non.

- C'est sa sœur.

- Il est surprotecteur.

- Toi aussi, tu refuserais ça.

- Jean-Pascal, tu mélanges tout.

C'est juste que chez nous, c'est culturel.

C'est pour préserver...

la pureté de la race.

C'est pas du racisme. C'est de l'eugénisme.

Tu vois la nuance ?

- J'apporterais une nuance à ça, c'est un peu fort.

- Le fond est bon, mais la forme…

- Mais le fond est juste.

- Excusez-moi.

- J'ai vu le tracé...

T'as annoncé le tracé de ta marche. - De République à Nation.

- J'ai contacté les mosquées.

Des imams soutiennent la marche. - Fais pas ça.

Les imams, c'est pas good vibe.

- QUOI ? - Tu vas trop loin.

- Il a pas tort.

C'est pas super ambiance.

J'invite à mon anniversaire 5 imams, l'ambiance...

- Arrêtez. - En termes d'ambiance.

- Y a une vibe très chelou venant de toi. Je comprends pas.

- Je suis à 100 % avec vous. Je suis Algérien !

- On est dégagés de la marche. - Mais je veux qu'on soit ensemble.

Qu'on croise les fers.

- Tu sais, moi…

Martin Luther King a fait un rêve de dingue.

Avec vous, les renois. Nous, on n'a pas droit à ça ?

- C'est vrai. - Imagine !

Noirs, Arabes, unis, main dans la main. Ensemble.

Sur la même ligne. Le même rêve. Contre les Juifs.

- Contre les... Quoi ?

- Hein ? - Ouah.

- C'est-à-dire ?

- T'es sérieux ?

- On comprend pas ce que tu veux dire. - Non.

- Vous schématisez mon propos. - Non, non.

- Y a un mot pour ça. Antisémite.

- Tout de suite... - Arrête.

- Tu prends mal les choses. - Voilà pourquoi je veux pas.

Pour réévaluer votre image,

il vous faut pas une marche, mais un triathlon.

Voilà.

- C'est une vanne ?

- Hé, renoi !

Chanmé les vidéos ! Continue comme ça. Ça tue.

On sera là à la marche. - Merci.

C'était un fan.

Je me suis rendu compte

qu'à part l'argent, tout va bien dans ma vie.

Il me faut juste...

Le réalisateur qui va me faire confiance.

Après, c'est parti.

Ma carrière va décoller.

Je peux jouer le gangster.

Des mains faites pour l'or, mais qui sont dans la merde.

Je peux jouer plein de trucs. Demande-moi de jouer. Tu verras.

Des directeurs de casting regarderont peut-être.

- Fais la tristesse. - La tristesse.

- Vas-y. - On rigole pas. C'est sérieux.

Elle pouffe de rire.

- C'est nul. - Je suis tellement triste.

- Bonjour. - Bonjour.

- C'est pas un Noir, ça.

- Sur la photo, il fait plus noir.

- Je parle pas de la couleur. C'est pas un Noir.

Vous m'amenez des blacks.

Je demande l'Afrique, j'ai Montreuil.

C'est le 5e qu'on voit comme ça.

- Je t'ai montré les photos.

Tu m'avais dit : "OK." Je sais pas.

- Salut. Excuse-moi, c'est pas personnel.

Tu t'appelles comment ? - Jean-Pascal.

- Jean-Pascal.

Soupir OK.

T'as lu la scène ?

- Oui, j'ai lu la scène.

- Tu te mets dans le bain ? Tu vois ce que je cherche ?

- Je vois à peu près.

- Congo belge.

La colonisation.

Leopold II.

Des millions de morts. Un des plus grands génocides de l'Histoire.

OK, je cherche quelqu'un... Un nègre...

Vraiment. Tu vois ce que je veux dire ?

Le mot "nègre"... La négritude.

J'ai besoin que tu sois vraiment, vraiment Africain. Ça te parle ?

- Je suis Africain.

- Mais t'es un Africain de Paris.

T'es pas dans les normes de l'Afrique, désolé.

Tu te comportes comme un Blanc.

Pardon. Écarte tes narines.

- Oh, d'accord.

- Ça va pas faire mal. Écarte plus.

Non… Ouais, ben...

Il était à combien, l'autre ? - 4.

- Là, 4... 3,8.

Que veux-tu ? J'avais demandé...

Je comprends, d'un côté, tu veux pas faire ça.

Écoute, la scène...

T'es dans un champ d'hévéas. Tu récoltes du caoutchouc.

Pour faire vivre ta famille. Mais...

Ferme les yeux. Dans ce champ,

les Blancs arrivent. Ils tuent tout le monde.

T'as du sang partout sur le caoutchouc.

Ça rentre dans la terre et remonte le long des arbres.

Je cherche ça.

10 ans que je porte ce projet. Je cherche quelqu'un...

qui a les couilles de porter ça.

C'est ton travail d'acteur.

Pense à ton grand-père.

- Ouais. Mon grand-père, justement, est mort

dans les travaux forcés, quand mon père avait 3 ans.

- Voilà, c'est super !

Ça, c'est mortel. Top !

Tu prends ça... Tu vois De Niro ?

Tu vois l'orange ?

T'es acteur ou pas ? - Oui.

- Cette orange-là, tu la sens.

Je veux voir toute l'Afrique dans cette orange.

Vas-y.

Pense à ton grand-père.

OK, vas-y.

Attends, attends. Recule.

Assieds-toi. Recule.

Pousse-toi, pousse-toi. Pousse-toi !

Recule là-bas. OK. C'est bon.

Vas-y. Action.

Je sens pas la souffrance, là.

Je la sens pas ! C'est pas ça.

La souffrance n'est pas extérieure, mais intérieure.

T'as compris ?

- OK.

- Non, y a rien. Viens.

Viens, viens, viens.

Tu vas faire… Viens ici, putain ! Viens, viens.

Regarde dans la caméra.

Regarde dans la caméra.

Baisse les yeux.

T'es prêt ?

Je vais regarder sur ton écran.

A trois. Un...

Action.

In the camera. In the cam.

Baisse les yeux.

Regarde en l'air.

Regarde-moi. La souffrance de l'Afrique.

OK, c'est bon, merci.

L'Afrique, elle est pas là.

Elle est là, mec. Elle est là. Tu comprends ?

Tu vois ? T'as vu La Haine ? - Oui.

- Moi…

Ça coule dans mes veines.

Pour mes films, ça doit couler dans les tiennes.

- Ça peut couler.

Ça coule pas aujourd'hui, mais ça peut couler.

- Tu peux y aller.

- Merci beaucoup.

- Tu notes pour les cannibales ? - Oui, il est bien. Au revoir.

- Au revoir !

Musique mélancolique

...

- Tu sais, papa, même Louis de Funès a galéré.

Au début, il était...

Il était en chien avec sa meuf.

Ils étaient en galère, et ça l'a fait.

J'espère que je vais pas percer à 60 ans.

Mais à un moment, ça va le faire. Je le sens.

- Même les Blancs n'y arrivent pas.

Alors toi, une tête de Noir...

Je pense pas que tu puisses y arriver.

Je suis pessimiste.

- Moi, je pense y arriver.

- D'accord, c'est bien.

Mais je suis inquiet pour toi.

Le but, c'est quoi ? De ta marche. Je veux comprendre.

- C'est de montrer que les choses ne vont pas

et que si on est tous ensemble, ça peut bouger.

Tu viendras à la marche ?

- Je pense pas.

Je pense pas.

Quitter l'Afrique pour une marche Place de la République,

je vois pas l'intérêt pour moi.

- T'es méchant. - Merci.

- Mine de rien, les buzz prennent.

Je suis peut-être pas la personnalité préférée des Français,

mais je fais les choses avec le cœur.

Les gens le ressentent.

Ils captent le message.

- Bonjour. - Bonjour.

J'ai rendez-vous avec Fary. - Vous êtes ?

- Jean-Pascal Zadi. - D'accord.

- Petit ordi tranquille...

- Mon 1er film comme réalisateur et coproducteur.

*- Qu'est-ce que tu as envie de faire ?

* Vivre dans la rue jusqu'à ce qu'on te tue comme ton frère ?

*- Tu sais que t'es bon ?

* Ça fait longtemps que tu boxes ?

*- Y a pas d'oseille ?

*- Sérieux ? *- Ouais.

*- T'as quoi ? *- Rien.

*- Qui t'a fait ça ? *- Lâche-moi.

*- Non, je te lâche pas !

* Je peux pas te lâcher.

*- Tu épouseras ta cousine.

*Cris

*- Arrête. Calme-toi.

*Musique mélancolique

*Rires

*...

*- Fiche le camp !

* On veut pas de pédale ici.

*...

- Ça va cartonner.

On a fait des projo-tests.

Ça sent hyper bon.

- Ils sont homosexuels ?

C'est genre Moonlight ?

- Aucun rapport ! C'est à Aubervilliers.

C'est un César, tu te rends pas compte ? - Ah ?

- Bien sûr !

Le mec est de banlieue, homosexuel, noir.

Ça va cartonner.

Bref, j'ai une grande nouvelle.

Pour mon prochain film, j'ai pensé à toi.

Ça va s'appeler...

Black dentiste.

- Black dentiste ? - Black dentiste.

Black...

Dentiste.

C'est la comédie de l'été.

- Je suis pas sûr d'être dans ce délire-là.

J'ai une formation de théâtre classique. Les cours Florent...

Je suis pas… - T'as pas compris.

T'as pas compris.

Read my lips.

Premier rôle. Tu sais ce que c'est ?

J'ai la chaîne avec moi. Tu vas être bien payé.

- C'est pas une question d'oseille.

- Je peux te gérer une paie à 6 chiffres.

- En même temps, un Noir,

chef d'entreprise dans un film...

Ça peut... Voilà.

- Hors du commun. Où t'as vu ça dans un film français ?

On va changer la donne. - C'est engagé.

- Bien sûr, super engagé.

Mais continue tes histoires de buzz, tes vidéos.

C'est bien, ça, pour la visibilité.

C'est très bien pour Black dentiste.

- C'est incroyable.

Maintenant, tous les médias veulent me voir.

C'est le jeu, frère.

Mais cette marche, on la fait…

- Oh ! Jean-Pascal Zadi.

Comment ça va ?

- Tu me connais ?

- Les caméras… Bien sûr.

Tu te rappelles de ses vidéos ?

C'est bien ce que tu fais.

On se sent concernés. Faut continuer.

Si tu as besoin de quelque chose, on est là.

- Ce serait bien qu'on fasse un morceau.

Tous les deux.

Pour faire le buzz de ma marche.

Marseille, Paname.

- Tu chantes ?

- J'avais un groupe à l'époque. La Cellule.

Ça a un peu foiré...

- Tu étais le leader ?

- Le 2e leader. Après le leader, c'était moi.

- C'est quoi, ton style ? - Hardcore commercial.

On était engagés, mais fallait que ça rentre.

Comme ça rentrait pas, on a abandonné.

C'est important qu'on milite ensemble,

ce que tu fais à Marseille...

Je suis un peu le boss de Paname, toi celui de Marseille,

ce serait une bonne connexion.

Vraiment.

- OK. Passe-lui ma carte.

Allez. - C'est super.

- Bon, JP... Bon courage à toi. - Merci, Sopra.

- Merci. - Merci.

- Je savais pas qu'il rappait.

*- France Inter...

- C'est une marche pour lutter contre le racisme d'État.

- Les Blancs peuvent se joindre à vous en signe de soutien ?

Pour cette marche ?

- Non, pour une affaire de symbole.

J'incite toutes les sœurs et tous les frères noirs de France

à venir Place de la République le 26 août.

- Le 26 août ? C'était pas le 27 avril ?

Moi, j'ai 27 avril...

- Non, le 27 avril, c'est une date de Blancs.

- De Blancs ?

L'abolition de l'esclavage, une date de Blancs ?

- On va pas marcher en remerciement du peu de droits laissés.

- Et le 26 août...

Qu'est-ce qui en fait une date de Noirs ?

- Le 26 août 1944, le général de Gaulle et la diplomatie américaine

avaient interdit aux tirailleurs noirs de défiler avec les Blancs.

C'est pour leur rendre hommage.

C'est important pour moi que des Noirs

se retrouvent Place de la République le 26 août,

pour protester contre leur situation.

- Vous parlez de symbole, mais vous voyez bien

ce qu'on va vous dire,

que vous combattez le racisme parle racisme.

Vous n'avez pas peur de vous tirer une balle ?

- Ça me fait rire. Aujourd'hui,

les victimes, ce sont nous.

Les victimes aux discriminations pour l'emploi, c'est nous.

Les coupables, les racistes, ce sont les Blancs.

Inversez pas les choses.

- Tu peux pas dire ça à la radio.

Ça n'a aucun sens.

Dire que les racistes sont en majorité blancs...

C'est pas possible.

Moi, j'ai des projets pour toi.

Mais je fais pas de politique.

Faut te mettre ça dans la tête.

Va falloir se poser et réfléchir à ce que tu veux vraiment.

On va où ? Ça fait une heure qu'on roule.

- Mais je t'ai dit !

Quelqu'un m'a contacté par mail. Il m'a pas donné son nom.

Je sais pas c'est qui, mais ça doit être une personnalité.

- Il a l'air compliqué, ton gars.

- Moi, je pense que c'est

peut-être un président de la République.

- Quoi ?

Genre François Hollande...

Ou peut-être Christiane Taubira.

Peut-être même Angela Davis.

- Elle habite en France ?

- Non, mais je crois... Elle vient souvent.

- Ah ouais ?

Si c'est elle, c'est bien.

La reine des Black Panthers.

Si c'est ça, c'est bien.

T'imagines ?

Moi et Angela Davis, je fais une story lnsta direct.

Y a plus d'histoire de…

Bad buzz, de banane...

C'est vrai qu'elle vient souvent. Elle fait des allers-retours.

Maison de campagne.

- OK... Je vais essayer de négocier

pour que vous puissiez filmer.

Fracas et aboiements

- Démarre ! C'est Dieudonné !

Putain ! C'est Dieudonné, putain !

Espèce d'imbécile ! T'es mongole ! Pourquoi je t'écoute ?

Angela Davis, elle a la tête de Dieudonné ?

Tu réalises ce que tu m'as fait ?

Tu réalises ? Tu sais qui c'est ?

- Il m'a tendu un piège. Comment je pouvais savoir ?

T'es sérieux ? - Tu t'en fous.

Tu t'en fous, t'es personne. Moi, si je suis vu avec lui,

avec tout ce qui m'arrive...

Tu te rends compte, j'ai un Stade de France à remplir.

Tu sais pas ce que c'est.

Et vous... Toi, tu vas détruire ces rushs.

Vous détruisez ça.

- Personne va rien détruire. C'est un docu sur moi.

- Ferme ta gueule !

Tu fermes ta gueule, OK ?

Arrête la voiture, là.

Arrête la voiture.

Vas-y, sors, tu dégages. Descends.

- Mais c'est même pas ta voiture.

- Vas-y, démarre.

Ça peut pas marcher.

Ça va pas marcher.

Choisis. Tu veux travailler avec moi,

c'est soit le film, soit la marche.

Tes conneries, là...

Tu fais l'extrémiste à la radio.

Tu me ramènes chez Dieudonné.

C'est quoi, l'étape d'après ?

Un week-end en Syrie ?

Si tu veux travailler avec moi, faut choisir.

C'est simple. Soit le film, soit ta marche.

Ta vieille marche de renois fatigués.

Musique douce

- Quand serons-nous prêts ?

Quand serons-nous prêts ?

Quand serons-nous frères Que tu sois blanc ou noir

Lève la main si tu gardes espoir

Quand serons-nous prêts ?

Quand serons-nous prêts ?

Quand serons-nous frères Que tu sois blanc ou noir

Lève la main situ veux y croire

Nos différences sont nos richesses

Quand cesseront toutes ces bassesses ?

Marcher contre la discrimination Peut nous aider à forger cette nation

On vibre tous pour le même drapeau

Qu'importe la couleur de ta peau

l'avenir, c'est le soleil dans les yeux de ma fille

La cosmopolitanie dans les rues de ma ville

Oui, j'ai la peau foncée

Oui, je suis Français

J'suis Africain, Maghrébin, Asiatique, Arménien

Donc oui, je suis Français

Comme arme, je n'ai que l'humanisme

Pour combattre l'extrémisme

Quand serons-nous fiers ? Dis-moi, quand serons-nous frères ?

C'était bien ?

- T'as assuré !

- Merci. - Merci beaucoup.

- Avec plaisir. Avec plaisir.

Ça va ? - Saïd, t'as assuré.

- Merci. - Saïd, t'as assuré. Vraiment.

- A ton tour, JP.

- Vas-y.

*- Quand serons-nous frères ?

*Que tu sois blanc ou noir Lève la main si tu veux y croire

- Quand je kick le mic' Je dis tout ce que j'ai dans le ventre

Jean-Pascal Zadi met les choses réelles au centre

On nous bassine avec le réchauffement climatique

Alors que des frères meurent de faim en Afrique

J'en ai rien à faire de leur gaz à effet de serre

Je jette tous mes putains de déchets par terre

La sauvegarde de la planète, mec, je m'en balek

Maintenant que l'Occident s'est développé, ils me foutent la haine

Ils veulent pas que l'Afrique en fasse de même

C'est à notre tour de polluer, polluer

Afin de pouvoir évoluer, évoluer

On sait bien que la guerre est économique

Mais viens à ma marche le 26 août à République

Venez, venez

Jetez des papiers partout

Fuck les babtous

On est ensemble

- J'ai pas compris le message.

- L'Occident dit que la sauvegarde de la planète, c'est hyper important.

Nous, les Africains, on n'a rien à voir avec ça.

C'est pas nous qui avons niqué la planète.

J'ai voulu développer ça dans le morceau.

- Mais on habite où si on n'a plus de planète ?

- Je suis pas complètement con.

Ce que je dis, c'est que sauver la planète est important.

Mais la cause noire est plus importante.

- Il est débile ou quoi ?

C'est débile ! Tu peux pas opposer ces deux combats !

- Toi, tu t'appelles Saïd, donc...

T'es plus proche de Cheb Khaled que de Koffi Olomidé.

- Pardon ? Je suis Comorien, frère.

Peut-être même plus africain que toi.

Il manque juste un peu de maturité dans ton texte.

Mets un peu de conscience, de fond.

Mets un peu de maturité !

C'est tout !

-Ça va !

C'est pas le rappeur préféré des collégiens qui va me conseiller.

J'ai dit une connerie ?

J'ai dit une connerie ? J'ai fait quoi ?

- Allez, casse-toi.

- Saïd !

Saki ! - -Bouge, bouge.

Barre-toi.

*- C'est de la merde, son truc.

*La France est cosmopolite.

*Sa marche de Noirs, c'est raciste.

*- S'il faut manifester sérieusement, y a personne.

*Mais pour faire la fête, y a du monde.

*- J'irai si j'arrive à me lever.

*Normalement, je vais y aller.

*- Imagine,

*un Blanc ferait ça, les gens seraient choqués.

*- S'il peut réveiller les consciences,

*je trouve ça génial. J'adore les Noirs.

*- J'avais déjà eu cette idée, à l'époque.

*Il a dû me la voler.

*Vu qu'on a des amis en commun... Je pense que c'est passé par eux.

Musique mélancolique

...

- T'as fait le bon choix.

C'est ça, être responsable.

C'est s'occuper de sa femme, de son fils.

On parle plus de la marche ?

- On n'en parle plus.

Je sais même pas ce que je fais, là...

Je l'ai même pas fait lire à un avocat.

- C'est violent ce que tu dis.

- Quoi ?

- Tu mettrais un avocat entre nous ?

Tu me fais pas confiance ?

Après tout ce que j'ai fait pour toi ?

- Si, je te fais confiance.

- Un avocat...

Ça va pas, toi.

Merci, maître.

Bon. Je t'ai fait une avance.

Pour te sortir des difficultés.

Ça me fait plaisir.

C'est rien, c'est juste...

pour le principe.

Je fais une projo de Black Love demain pour l'équipe.

Viens.

Y aura Omar Sy...

Ahmed... Y aura Stefi Celma,

on pourra lui parler de Black dentiste.

Elle va voir ta tête, elle va adorer.

Je la connais. Quand je vais lui dire : Black dentiste,

elle va voir ta tête...

Elle va adorer.

Sirène de police

Conversations mêlées

...

- Bravo pour ta prestation...

C'est sûr, ça va marcher.

- Un dép de tess, c'est du jamais vu.

- Ta marche, initiative de dingue.

C'est le genre de projet qui me parle.

Je trouve que c'est nécessaire.

- Je suis dedans aussi.

- Si je peux venir avec mes sœurs, je viendrai.

C'est important. On a besoin de mecs comme toi.

- Il est super. Donc...

Notre projet.

On a une grosse comédie en chantier.

L'histoire de Marlon,

joué par JP,

et il a un cabinet de dentiste.

Avec de super bonnes assistantes,

du rap... - OK, d'accord.

- Marlon présente sa fiancée à sa mère.

Elle est hyper tradi,

tu vois... Là, on se rend compte

que sa copine est blanche.

Boum.

La mère veut une fille de la même ethnie.

Limite de la même famille.

Elle te fait venir toi, la fille du bled,

pour que Marlon tombe amoureux de toi.

-OK…

Si je résume, c'est une fille

de bonne famille qui... - Non.

C'est une michetonneuse.

La fille est michetonneuse.

A la fin du film, tu te maries avec le Blanc

pour avoir des papiers.

- Super.

- C'est une comédie qui rassure les Blancs.

- Bien sûr. - C'est pour ça que ça sent

le mafé, le Ndolé, on est sur du black cool.

Du black McDo, tu comprends. Faut qu'ils aient envie

de partir en vacances avec nous.

- Et toi, JP, tu penses quoi

du projet ? - Il adore.

- Le projet, tu...

- Je suis...

Je suis impliqué.

- Il est impliqué. - T'es impliqué ?

Je vais le lire, déjà. - Oui.

Tu vas rire. - On commence par...

Merci, les gars, d'avoir pensé à moi pour Black docteur.

- Avec plaisir.

Black dentiste, par contre.

On l'a écrit pour toi.

- Bravo. - Merci.

- Tu l'as vu, Omar Sy ?

- Non.

- Il m'a dit qu'il était à la projo, je l'ai croisé.

- Je suis pas tout seul.

- C'est bon.

Y a de la place, montez. - OK…

Vas-y, monte.

- Mec, tes vidéos, franchement...

T'as des couilles.

- Tu connais mes vidéos ?

- Oui, je connais. Je me tiens informé, malgré la distance.

Si t'as besoin de moi, hésite pas. Le 26 août ?

- Ouais, le 26 août.

Tu t'impliques dans la communauté ?

- Ça veut dire quoi ?

- Je sais pas, tu fais des choses pour la communauté ?

- Oui, je fais des trucs par-ci, par-là.

- Mais quoi, exactement ?

On sait pas ce que ça veut dire "par-ci par-là".

- C'est pas bien vu de dire ce qu'on fait. Tu fais, c'est tout.

- D'accord.

Donc tu fais pas grand-chose.

- T'as raison, c'est pas grand-chose, mais on essaie.

Je travaille avec la fédération économique

des pays d'Afrique de l'Ouest.

- C'est quoi ?

- Une organisation qui travaille sur la crypto-monnaie.

Pour lutter contre le franc CFA

et favoriser l'exportation des produits.

C'est une tentative, mais c'est là.

On monte une asso, aussi.

Cette asso voudrait payer systématiquement

les frais de scolarité des élèves défavorisés dans les grandes écoles.

- Ah ouais, quand même.

- Après, on essaie, à notre humble niveau.

Ce que tu fais, ça me parle.

Ça m'intéresse.

Du coup, je vais où ? T'habites où ?

- Dépose-moi là, je vais marcher.

- Je vais te déposer, dis-moi où t'habites.

- T'es pas censé être aux États-Unis ?

- Si, mais je suis venu faire un cadeau à ma femme.

On fête nos 25 ans de mariage, tu sais.

Après, faut que je reparte vite, je tourne.

Je fais le prochain...

James Cameron.

- OK. Laisse-moi là, j'ai besoin d'air. James Cameron, t'as dit ?

- Ouais. - Vas-y.

- Je te dépose. - Stop !

Je veux descendre.

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Les gars, on peut arrêter de filmer 2 minutes ?

Je suis fatigué.

J'en peux plus.

Merde !

Putain !

...

Hurlements

...

Oh, les gars, ça va ?

Entrez, entrez.

Ça fait longtemps, hein ?

Malcolm, dis bonjour. - Bonjour.

- C'est un peu émouvant. C'est le grand jour.

Mais je vais pas verser de larmiche.

Bonhomme.

Je lisais une interview du grand poète américain

Tupac Shakur,

dans laquelle il disait...

"On changera pas le monde, mais si on influence ceux qui vont le faire,

"ce serait bien."

Je pense la même chose.

Marcher, ça a toujours été cool.

Marcher, c'est avancer.

On va de l'avant.

- Approche-toi.

- La Marseillaise dit : "Marchons, marchons

"qu'un sang impur"...

Je me suis toujours demandé il parlait de qui.

Si ça se trouve, c'était nous.

Aujourd'hui, c'est nous qui marchons.

Place de la République.

Ce qui est super,

c'est de vivre ça avec ma famille.

Avec ma petite femme adorée, mon fiston choc.

Au moins, on aura vécu ça.

Y en a qui vont en vacances à Ibiza,

y en a qui vont aux États-Unis.

Je vais Place de la République avec ma femme

et mon gosse et je suis content.

Au moins, j'aurai fait quelque chose.

*- On est fiers d'être noirs !

*Amandla Ngawethu.

*Amandla Ngawethu.

*Ce sont les mots de Nelson Mandela à la sortie de son procès.

*Ça veut dire : "pouvoir au peuple".

*Amandla Ngawethu !

*Amandla Ngawethu !

- Merci d'être venus.

Merci d'être venus. - C'est normal.

- Merci.

*- Amandla Ngawethu !

*On est ensemble !

*Je suis Noir, j'en suis fier.

*On est fiers !

*Menton relevé !

- Ben alors, frère !

- Oh ! - Je t'ai dit que je venais.

T'y croyais pas ?

- Je te présente Camille et Malcolm. - Salut.

Ça va, tu vas bien ?

J'ai pas droit à un t-shirt ? - Si.

- C'est abusé. - Tiens, frérot.

- On est en avance, non ?

- Non, on est à l'heure.

- Comment ça ?

Ils sont où, les gens ? - Ils sont là.

- C'est ça, les gens ?

Arrête, JP, on n'est pas que ça ?

- Si.

*- Le noir, c'est pas une couleur !

- Quoi ?

Musique douce

...

- Comment il va ? - Bienvenue.

- Merci.

Ça va, JP ?

Ça se passe bien ? - Oui.

- Il y a du monde ?

- On est huit.

- T'es venu, finalement. - Oui.

Je suis venu quand même…

Je t'ai fait la surprise.

Ça te va ?

...

- Un, deux, un, deux.

On m'entend bien ?

C'est nécessaire que je me présente ?

Ouais ?

Je m'appelle Fary, je suis humoriste. Et je suis en colère.

La situation des Noirs est catastrophique.

Puisque personne ne fait rien, personne va aux manifestations,

j'ai trouvé une autre manière de s'exprimer.

Vous êtes prêts ?

On va rien faire du tout.

Strictement rien.

Le 15 octobre, ce sera la journée sans Noirs.

On ne va rien faire du tout.

On va voir si on manque un peu à ce pays.

- Quand serons-nous prêts ?

Quand serons-nous prêts ?

Quand serons-nous frères ?

Que tu sois blanc ou noir Lève la main si tu gardes espoir

Quand serons-nous prêts ?

Quand serons-nous prêts ?

Quand serons-nous frères ?

Que tu sois blanc ou noir Lève la main si tu gardes espoir

Pas besoin de Sopra pour faire un classique

Juste j'arrive et je me pose sur le beat

J'ai peut-être pas ton oseille et ta carrière

Mais moi je suis vrai je suis sur le ter-ter

Jean-Pascal Zadi, je te l'ai déjà dit

Parce ce que j'ai le flow la teté et les habits

Arrête de dire black, mec Il faut que tu captes

Dis comme moi Dis juste tout simplement noir

Arrête de dire black, mec Il faut que tu captes

Dis comme moi Dis juste tout simplement noir

Je viens te parler de l'Histoire avec un grand H

Ouais, mon frère Tout ça, il faut que tu le saches

Écoute, fils

Il a fallu attendre 1998

Pour qu'on nous mette enfin au Zénith

Génération black blanc beur

Pourquoi tu dis pas noir ? Dis-moi de quoi t'as peur

Les années 80 et la marche des Maghrébins

Je peux te dire que là encore On n'était pas loin

Mai 1968, les keufs mangeaient des putains de pavés

Et nos libertés étaient entravées

Les années Gainsbourg, yéyé et Johnny

C'était ça pour nous le temps des colonies

Je viens pour te rappeler qu'on était là

JP Zadi, French Mandela

Toujours au service d'une noble cause

Avec ma plume ou dans un film

You know what I mean ?

Laisse-moi te parler du 26 août 1944

Je peux te dire que de Gaulle nous a carotte sec

C'est pas bien ce que t'as fait aux gens

Il a interdit aux Noirs de marcher sur les Champs

C'était pas gentil C'était très méchant

Pour les soldats des colonies

C'est quel comportement ? Je veux un monument

A la hauteur de mon talent

A cause de mes opinions engagées

Comme un tirailleur dans les tranchées je suis en danger

C'est ça la fucking réalité

JP Zadi dans toute son humanité

Oui, j'ai la peau foncée

Oui, je suis Français

Moi aussi, j'aurais pu rapper pour les collégiens

Mais j'ai préféré rester sur le terrain

1804, Napoléon se fait couronner

Mais c'est encore nous qui se faisons couillonner

Il a rétabli l'esclavage

Comme s'il remettait de belles colombes en cage

Je te parle même pas du code noir

Qui a réduit à néant tous nos espoirs

De Jeanne d'Arc à la prise de la Bastille, c'est clair

Ouais Fuck le commerce triangulaire

Du château de Versailles aux coquetteries d'Antoinette, c'est clair

Fuck le commerce triangulaire

Cousin, on a toujours été là, frérot

Vrai lascar depuis la grotte de Lascaux

...

Sous-titrage TITRAFILM

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