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Regarde !
LE SI�GE DE SYRACUSE
Hi�ron, nous avons vu l'incroyable.
La puissante flotte carthaginoise d�truite.
Il n'en reste que des �paves et des cadavres.
Nous avons vu la mer rouge de sang.
Et les enseignes de Carthage gisant sur le sable.
Avant peu, les navires de Rome feront voile vers nous...
Vers Syracuse.
Notre cit� de Syracuse reste la seule libre...
en terre sicilienne.
Libre mais isol�e entre deux peuples...
d�termin�s � se d�truire l'un l'autre.
Oui, ou Carthage vaincra Rome...
ou ce sera l'inverse.
Et la Sicile est le marchepied vital...
pour atteindre l'ennemi.
Nous sommes pris dans un �tau...
qui se resserre inexorablement.
Quel va �tre notre sort...
� pr�sent que les Romains occupent toute l'�le ?
Rome a toujours respect� notre ind�pendance.
Parce que nos murs sont imprenables par terre.
Pour la premi�re fois, Rome domine les mers.
Ses vaisseaux ont dispers� les escadres puniques.
Et s'ils nous demandent de les ravitailler ?
Que ferons-nous ?
Nous les accueillerons.
Nous ne pouvons que les recevoir cordialement...
selon les lois de l'hospitalit�.
Les Romains ne nous ont encore jamais nui.
- Appelons Archim�de. - Si nous l'attendons,...
nos espoirs sont vains.
Rien ne pourra-t-il donc...
lui faire abandonner ses lubies ?
Ce serait une erreur.
Elles le m�nent � faire des d�couvertes.
Clio, tu d�fends ton amoureux.
Alors que nous parlons du patriote.
Et ses inventions ne nous servent-elles pas ?
Elles augmentent son renom, pas sa s�curit�.
C'est faux.
Il a cr�� de nouvelles machines de guerre.
Laisse-le � son ermitage.
Il y sera plus utile qu'ici.
J'ai besoin de lui � pr�sent, ma fille.
Un avis sage au Conseil vaut plus...
pour moi qu'un engin de guerre.
Tr�s bien. Je lui parlerai.
Tu verras qu'il viendra.
- O� sommes-nous ? - Pr�s de Syracuse.
Enfin !
J'en ai assez de faire le tour de la Sicile...
avec toi et les danseuses, comme un mendiant.
Le spectacle est fini. Le th��tre ferme.
Avec ma connaissance des armes romaines...
et l'aide d'une belle fille comme toi,...
Syracuse est � ma port�e.
Ne compte pas sur moi, Gorgias !
Tu as toujours su laisser passer ta chance.
�coute, Diane.
Nous enverrons les autres danseuses � Rome...
mais toi et moi, on peut rester � Syracuse...
et devenir riches, petite soeur.
Je ne suis pas ta petite soeur !
Je dois t'appeler comment ? Imp�ratrice d'Arabie ?
Est-ce ma faute si mon p�re a �pous� ta m�re veuve ?
Non, c'est ma faute si je t'ai suivi.
Dis donc, c'est moi qui t'ai nourrie.
S'il ne tenait qu'� moi...
S'il ne tenait qu'� moi,...
au lieu de danser pour les arm�es en Sicile,...
tu serais esclave � S�linonte.
Je pr�f�rerais.
O� vas-tu ?
Chercher de l'eau, il fait chaud.
Eh bien, Gorgias ?
La corv�e d'eau !
Voyez comme les dieux sont g�n�reux en Sicile !
Prenez vos paniers ! La nature s'offre � nous !
Des poires, des pommes, des citrons, des figues...
- Une pr�f�rence ? - Aucune, si le fruit est m�r.
- Comme une belle fille. - Et s'il est vert ?
- Il me tente encore plus. - Et ta digestion ?
- Je ne suis pas goinfre. - De fruits ? Ou de filles ?
De beaut� !
Si j'�tais une pomme, que me ferais-tu ?
Eh bien... Je te mordrais.
Et si j'�tais un citron ?
Je te couperais en tranches. Va !
Et si mes fruits avaient des �pines, que ferais-tu ?
Je serais prudent.
�a suffit ! Cueillez ces fruits !
Les nymphes existent vraiment ?
Tu l'as br�l�e !
Br�l�e ?
- O� �tait-elle ? - L�, sur ce rocher !
Eur�ka ! Voil� l'erreur !
La parabole ne focalisait pas o� je le croyais.
Mais beaucoup plus loin !
Je te l'ai dit, tu es nul en chiffres.
C'est quoi ?
�a change tout...
Le foyer est repouss�... Repouss�...
Tu comprends ?
Il est rejet� � l'infini !
Tu vois ? Mes distances �taient fausses !
- Mais j'ai enfin r�ussi... - Tu es fou, sorcier.
Pourquoi avoir br�l� ma tunique ?
Merveilleux. Fantastique.
L'exp�rience est un succ�s.
Bon, assez parl�. Remplace-la moi !
Elle est entr�e dans l'histoire !
Qui me la rendra ? L'histoire ? Tu l'as br�l�e !
C'�tait le soleil !
Non, le soleil r�chauffe. Il ne br�le pas.
Si...
S'il traverse ces miroirs...
Regarde !
Je peux le faire seule.
Tu as raison.
Elle est � toi.
En �change de la tunique. D'accord ?
Qu'elle est belle !
Quelles broderies pr�cieuses !
J'ai l'air idiot.
Tu ne peux �tre laide, m�me par jeu.
�tranger, tu sais parler � une femme.
Que fais-tu, � part br�ler des tuniques ?
Je pense.
Tu sembles avoir du temps libre.
- Tu es de Syracuse ? - Oui.
- Quel est ton nom ? - Archim�de. Et le tien ?
Diane.
Les Romains appellent ainsi Art�mis.
- Tu es romaine ? - Non. De S�linonte.
Mon vrai nom est Art�mis.
Gorgias, mon fr�re par alliance, pr�f�re Diane.
Pourquoi ?
Nous nous produisons devant les Romains. Je danse.
Et ce fr�re par alliance, d'o� vient-il ?
De Ph�nicie avec son p�re.
Il voulait aller � Rome. Il avait de grandes ambitions.
Il en est revenu...
sans avoir rien accompli.
Puis son p�re est mort.
Ma m�re a �t� tu�e par les Carthaginois.
J'ai suivi Gorgias.
C'est �trange.
Je n'ai jamais dit cela � personne.
Tu as beaucoup souffert. Quel �ge as-tu ?
Vingt ans.
Essaie d'oublier tes �preuves.
Art�mis est la d�esse du clair de lune,...
de la ros�e apaisante.
Diane !
- Je dois y aller. - Non, attends.
Non, ou Gorgias sera f�ch�.
Quand nous reverrons-nous ?
Le jour de nos retrouvailles !
Elle est ravissante.
Elle br�le plus que le soleil.
D�j� amoureux ?
Tu en as pour une semaine.
Je crains que non, Tir�sias.
C'est le jour des prodiges !
- Je suis heureux de te voir. - Tu es devenu un ermite.
Pour te voir, on doit quitter Syracuse.
Je suis � la veille d'une grande d�couverte.
Un vieux r�ve de l'homme va devenir r�alit�.
Parfois, ton g�nie m'effraie, Archim�de.
Pourquoi ? Je ne suis pas un dieu mal�fique.
Mais ta passion de la d�couverte...
t'�loigne de moi peu � peu.
C'est juste.
Qui aime voit du danger partout.
Pourquoi ? Il existe un tel p�ril ?
Non, du tout.
Et tu aurais tort d'en soup�onner un !
Je crains l'humeur changeante...
comme la nu�e face au soleil.
Elle apporte toujours l'orage.
Mon p�re t'attend. Il doit te parler.
Il a chang�, lui aussi.
C'est la vie qui change nos esprits...
et nos coeurs.
Les n�tres aussi ?
Tu te sens diff�rente ?
Non, pas envers toi.
Nous nous sentirons plus en s�ret� � Syracuse...
que dans cette solitude.
Attends.
Au nom de Rome,...
je te remercie pour ton accueil.
Rome devient une puissance navale...
aussi bien que terrestre.
Marcellus, voici Archim�de.
Nous connaissons ta r�putation.
� Rome, nous voulons savoir...
comment tu appliques ta g�om�trie...
� tout ce qui d�fie la raison.
Des math�matiques � l'astronomie.
Ton savoir est sans limites.
Votre consul Duilius a �t� bien inspir� !
Agripper les navires carthaginois...
et faire d'un combat naval une bataille terrestre.
Amollis par leurs richesses,...
les puissants deviennent insipides comme des mollusques.
Une belle femme les fait fondre...
d'un seul regard...
comme une crevette au feu.
Que t'en co�te-t-il, petite soeur ?
Je comprends tes angoisses, Hi�ron.
Mais je ne peux r�pondre � ta demande.
Sois cependant assur� d'une chose.
Rome ne cherche pas d'ennemis. Carthage lui suffit.
Donc, une Syracuse neutre restera en paix.
M�me si elle est l'amie de deux ennemis.
Bien s�r, je partagerai les profits avec toi.
Si c'est ce que tu veux.
Hi�ron n'imagine pas que je lui confierai...
ce que Marcellus ne lui dira jamais.
La foule montera sur le navire ?
Plut�t des marchands � bord que mes soldats � terre.
- Ils quitteront le navire ? - Oui, avant le d�part.
Mais par petits groupes pour �viter tout d�sordre.
Tous les �trangers de Syracuse sont ici.
Il y a des Ph�niciens, des Chald�ens, des Assyriens.
J'ai d�j� reconnu parmi eux des voleurs condamn�s...
et vingt femmes de mauvaise vie.
Certaines iront visiter la cale, � coup s�r !
Tes hommes sont bien pr�venus ?
Oui, mais la discipline apr�s une bataille...
Ils vont gaspiller leur butin.
Allez, mes divines ! �a va �tre � vous !
Maintenant, viens !
Mon noble et puissant Roi.
Accepte l'offrande d'un pauvre marchand.
Des joyaux rares d'Asie et de Rome.
Si tu me permets de te les apporter au Palais...
pour te proposer mes services.
Tr�s bien, tu peux venir.
- Merci. - O� est Archim�de ?
Il est retourn� � bord.
Il ne conna�t pas de r�gles.
Allons.
Tu es triste ? Je saurais te distraire.
Ce collier pour celle que tu aimes.
Une offrande ?
Une offrande pour les danseuses de S�linonte ?
C'est oblig�.
Pourquoi ?
Ce sont les filles de Terpsichore.
Merci !
Art�mis !
- Diane ! Tu dois danser ! - Encore !
Laisse-moi !
- Viens. - Retourne danser.
Venez avec moi. J'ai du bon vin.
- Tu ne veux plus me voir ? - Je sais qui tu es.
Cela fait une diff�rence ?
Une grande diff�rence.
Je connais tes semblables.
Ils promettent la richesse...
et l'amour �ternel.
Ne me dis pas ces choses...
car je ne veux pas te croire.
M�me si j'�tais sinc�re ?
Quel amour ce serait entre le g�nie de la Sicile...
et une danseuse de S�linonte !
Combien cela durerait-il ? Un jour ? Une nuit ?
Nos sentiments comptent plus que nos actes.
Non, je ne rirai pas.
La vie unit un homme et une femme � jamais.
M�me si je jongle avec les chiffres...
et que tu danses pour le plaisir des yeux.
C'est ce qui compte,...
l'amour.
� la troisi�me heure, demain, je serai au temple de Zeus.
O� as-tu vol� cet insigne ?
Je ne l'ai pas vol�. Il est � moi.
Je sais d'o� il vient et qui le porte !
Moi aussi, seigneur.
Il d�signe les charpentiers des arsenaux romains.
Je l'ai port� deux ans.
Je suis ph�nicien.
Notre peuple a appris � Rome � construire des navires.
Comment te croire ?
J'ai connu un de tes informateurs � Rome.
Il s'appelait M�nandre Tiburtin...
et il lui manquait l'index gauche.
Je l'ai crois� sur le seuil de ton palais.
Il �tait v�tu d'or et de pourpre.
- Tu es venu me dire �a ? - Non, bien s�r.
Parle.
Quel avantage retirerai-je de ta bienveillance ?
Quel est ton prix ?
Juste le titre et le traitement...
accord�s � tes conseillers.
Tu peux refuser.
Tr�s bien, parle.
As-tu pens� � une attaque par la mer ?
Non !
Ils y songent � Rome.
Et leurs arsenaux ne ch�ment pas.
Contre Carthage. Marcellus dit...
Marcellus parle sans savoir...
ou tait ce qu'il sait.
Marcellus sert Rome.
Je sers celui qui me paie le plus.
Rome est lasse. Profites-en...
pour renforcer ton port, tes d�fenses c�ti�res...
Parce que Rome ne sera pas satisfaite...
tant qu'elle n'aura pas fait flotter...
partout ses couleurs.
J'ai langui de l'amour.
Je ne pensais pas une telle joie possible.
Ni une telle terreur.
De quoi as-tu peur ?
Je ne sais.
La vue de ce sang sur l'autel.
Ou la temp�te qui fait rage,...
tel un mauvais pr�sage.
Art�mis, je t'aime.
Et je t'aimerai toujours.
Les dieux sont contre nous.
Peut-�tre nous envient-ils.
Vois, Archim�de, comme il est doux.
Son sacrifice est-il n�cessaire...
pour apaiser les dieux ?
Du vin ! Du vin pour tous ! Je paierai.
Du vin de l'Etna, fort et amer !
- Pour des marins d'eau douce ! - Que tu dis !
Buvez, mes amis ! Les filles, venez !
Vous allez voir.
Des corolles qui vont s'ouvrir.
Du corail, de la nacre.
Leur parfum...
Ent�tant comme ce vin sicilien.
Qu'en dis-tu, timonier ?
Une couche parsem�e de ces p�tales blancs ?
Tu voulais une Cr�toise ? La voil� ! Regarde !
L'�le a sombr� dans les flots...
� la vue de cette nouvelle Aphrodite !
Elle est � toi. Mais prudence, elle est couverte d'�cailles.
Tu ne sens pas cette odeur d'algues ?
Je vais me noyer, alors, mais dans une coupe de vin.
Et ces deux-l�.
Attention � elles. Elles sont dangereuses.
Voyez, elles ont des griffes comme les chats !
Forc�ment, elles viennent de Perse !
Et alors ?
Comment, vous ne connaissez pas � Rome les chattes persanes ?
Une n�gresse...
Une Nubienne.
Parmi leurs divinit�s,...
il y a la D�esse de la Nuit.
Soldat, qui pr�tendrait...
qu'elle n'est pas la fille de la Nuit ?
Elle te pla�t ? Prends-la.
Voil�. Pour finir, les Trois Gr�ces.
- Quoi ? - Elle est jalouse ?
Allez ! Personne pour celle du milieu ? Non ?
R�jouissez-vous, Romains !
Non ! Gorgias ne re�oit pas d'argent.
Son esclave punique...
remplit cet office.
Viens par ici, toi ! Montre un peu tes talents.
J'ai souvent ri des femmes amoureuses...
Leurs murmures...
Leurs yeux r�veurs.
Je sais maintenant...
comment un regard,...
un sourire m�me,...
peuvent lier une femme � un homme pour toujours.
Ma premi�re pens�e le matin...
et la derni�re le soir,...
c'est que je t'aime.
Plus chaque jour.
C'est preuve que notre amour...
s'�panouit...
comme une jeune plante au soleil.
Il ne me laisse pas en repos.
Dans mes pens�es.
Dans tous mes r�ves,...
il n'y a que toi.
- Qui est-ce ? - Les danseuses.
Tu les as vues avec moi.
- Iront-elles � Rome ? - Bien s�r.
Elles m'ont m�me demand� si j'y allais.
Qu'as-tu r�pondu ?
Tu n'imagines pas ?
Rome est une belle cit�,...
riche, pleine de gens raffin�s.
Pourquoi tu n'y vas pas ?
Je n'ai encore rien dit...
- Tu as bien r�fl�chi ? - Je ne fais que �a !
Cette fois, c'est diff�rent. Que les dieux t'assistent.
Je n'aimerais pas �tre � ta place.
- Tout est pr�t. - Allons-y, Tir�sias.
Clio, un vieil homme doit se lever � l'aube.
C'est le seul moyen de prolonger la vie...
ou de le feindre.
Faire ce que nous faisions �tant jeunes.
Je veux voir les fils qu'Archim�de te donnera.
Je pense � vos noces...
depuis que ton p�re Hi�ron...
me demanda de te choisir un nom.
Tu n'�tais encore qu'une enfant...
que tu t'�chappais d�j� du palais pour venir ici.
Je jouais avec Archim�de...
l�-bas, dans cette clairi�re.
On se pourchassait parmi les arbres.
On se battait souvent !
Mais le soir venu, sur les marches de pierre,...
on se r�conciliait.
On jurait de ne pas se quitter...
un seul instant.
P�re !
Nous l'avons attir�. C'est bon signe, Clio.
Tes yeux brillent. De bonnes nouvelles ?
Oui, P�re.
Attends. Vois qui est l�.
Laisse-nous seuls. Il est si rarement ici.
Il sera bient�t tout � toi.
Tir�sias, que t'arrive-t-il ?
Je suis fourbu. Archim�de a fait la course...
Il oublie que je n'ai plus vingt ans.
Non, ce n'est pas �a. Tu es soucieux.
Je ne t'ai jamais vu ainsi.
Tu ne t'inqui�tes pas pour toi mais pour Archim�de, hein ?
- Mais je l'aime ! - Je te crois.
Autrement, tu ne m'aurais pas dit vouloir l'�pouser...
en sachant que tu as donn� ta parole � la fille du Roi.
Ta parole !
Je sais.
C'est ma faute.
Je croyais...
que l'enfance durerait.
P�re...
- Je parlerai � Clio. - Non. Je le ferai.
Demain � l'aube,...
quand la v�rit� �clatera aux yeux de tous.
- Le voile est d�chir�. - Je disais � Archim�de...
Non, tu ne l'y forceras pas.
Et je ne veux pas l'y contraindre.
- Clio, �coute-moi. - Qu'y a-t-il � ajouter ?
Tes mots de consolation pour moi et ton p�re ?
Je n'ai plus qu'un d�sir.
Te savoir heureux.
Non... Va la voir. Ne la fais pas attendre.
J'ai dit � Tir�sias de pr�parer les chevaux.
Adieu.
- Les Romains sont l�. - Nous ne sommes pas ennemis.
Oui, mais j'aurais voulu les �viter.
Nous sommes de Syracuse. Nous nous y rendons.
Je m'appelle Archim�de et voici mon assistant.
- Vos laissez-passer. - Voil�.
- Et le tien ? - Mon compagnon r�pond de moi.
Notre chef devrait �tre d'accord.
Mais la d�cision lui revient.
- Venez avec nous. - Je vais � Syracuse.
La loi romaine s'applique ici.
- Pour encore longtemps ? - Allons-y. C'est inutile.
- Il n'est pas revenu ? - Non.
- Quand crois-tu... - Qui sait ?
Ils partent parfois un mois.
Je dois �tre ici � leur retour.
Un mois !
Tu en veux ? Prends.
Reste, ma beaut�.
Une coupe de vin ?
Une gorg�e contre un baiser.
O� t'enfuis-tu ?
Dans le coeur des dieux...
est grav� mon destin !
Et mon coeur flotte...
dans un calice de vin !
Archim�de salue sa bien-aim�e.
Je t'ai beaucoup manqu� ?
Toi, non.
Une... Deux... Trois...
Tu ne sais pas compter sur tes doigts ?
Quatre...
Combien de semaines depuis que tu l'as vu ?
Et tu r�ves.
Les poches pleines d'�toiles...
Vends-les au march�.
J'aimerais savoir ce qu'on t'en donnera.
Silence !
Je ne peux pas faire deux choses � la fois.
L�, je parle...
Je parle.
Je parle car cela me peine...
de te voir dans cet �tat.
Victime d'une illusion.
Croire que tu pouvais �tre la femme...
d'un homme comme lui.
- Oublie-le. - Impossible.
Et m�me si je le voulais, j'attends son fils !
Petite folle inconsciente.
Ignores-tu qu'il est promis � Clio ?
La fille du Roi Hi�ron.
Cet enfant, c'est la ruine !
Pas la tienne...
mais la mienne.
Parce que je serais impliqu�.
Mais j'ai l'honneur de t'informer...
que je n'ai pas la moindre intention...
de voir mes plans partir en fum�e.
Pas m�me pour le plaisir de devenir un oncle.
Appelle-le Gorgias...
en souvenir de ton fr�re ch�ri.
Et puis, j'ai le sentiment que...
nous n'allons plus beaucoup nous voir.
Le centurion dit qu'il faut un laissez-passer...
mais pour cette fois, �a ira.
Finalement, apr�s plus d'un mois !
- Les Trois Ph�niciens ? - L�-bas, seigneur.
Merci.
Refr�ne ta passion. Elle br�le en vain.
- O� est Diane ? - Tu arrives juste � temps.
Elle n'est plus l�. On voit que les dieux t'aiment.
- O� est-elle ? - Ne rejette pas leur aide.
Ils te sauvent d'un p�ril et tu cours apr�s lui !
Quel danger ? Explique-toi, canaille !
Si ta passion est si violente, tu voleras jusqu'� Rome...
L�, Diane s'offrira � toi pourvu...
que tu fr�quentes le quartier des plaisirs.
C'est faux ! Tu mens !
Et pourquoi, seigneur ?
Pour priver ma soeur de ses gains ?
Pense � ton rang � la cour, seigneur,...
et dis-moi si j'avais tort en parlant de danger.
Moi aussi... J'ai �t� bless� deux fois.
Comme fr�re et comme acteur.
� tel point que j'abandonne le th��tre.
Je vais devenir courtisan.
Je te serai utile, Archim�de.
Si tu as besoin de moi, ne l'oublie pas.
Prenons ce que les dieux nous donnent !
"Tu n'imagines pas ?"
"Rome est une belle ville."
"Riche, pleine de gens raffin�s."
"Pourquoi tu n'y vas pas ?"
"Je n'ai encore rien dit..."
- O� sommes-nous ? - Sur un vaisseau romain.
Pourquoi ?
- Qui m'a amen�e ici ? - Je ne t'ai pas port�e !
Ton fr�re s'en est charg�.
Tu dormais. Il a dit que tu avais bu.
Pour f�ter ton d�part, sans doute.
Mensonge.
On a d� me droguer !
Gardes ! Laissez-moi sortir !
Tu vas t'user les mains.
Si nous sommes pr�s de la c�te, donnez-moi une chaloupe !
- Je dois rentrer � Syracuse ! - Tais-toi.
- Eh bien ? - Il l'a frapp�e.
- Elle voulait s'enfuir. - Elle est morte.
Emmenez-le.
Quel est son nom ?
Personne ne la conna�t ?
Continuez � ramer !
Dommage. Une si jolie fille.
- C'est s�rieux ? - Trop t�t pour le dire.
Que fais-tu ?
Des mois de labeur g�ch�s par ta stupidit� !
Dehors !
Il ne dort pas depuis trois nuits.
Et pas � cause d'une fille !
Il a droit au repos.
Qu'est-il arriv� ?
Il veut construire une machine...
qui r�fl�chira les rayons du soleil...
pour br�ler � distance les gens, les maisons, tout !
Le gar�on l'a d�molie.
Mais la raison n'est pas l�.
Tiens. Porte-le lui. Va.
Tu sais... Aujourd'hui, pas loin d'ici,...
j'ai vu un l�zard filer entre les pierres.
Tu te rappelles ?
Je ne les attrapais jamais.
Toi, oui. Tu �tais rapide.
Parfois, nos souvenirs d'enfance me reviennent.
Je parle trop, pas vrai ?
C'est cette douce chaleur...
Les sources, et toi...
Et m�me tes col�res.
Et penser que tu sembles cr��e pour moi.
Tu m�rites tout et je ne peux rien te donner.
C'est faux. Tes paroles me suffisent.
Clio... J'ai besoin de toi.
Toi seule peux me sauver.
Elle a compl�tement perdu la m�moire.
C'est incroyable.
Ce sont les effets du coup sur la nuque.
Mais tout ce qu'elle a pens�, vu,...
souffert, ce dont elle s'est r�jouie...
Tout a disparu ?
La brise par une journ�e �touffante...
emporte le souvenir de la chaleur.
Quand le vent tombe, la chaleur revient.
Elle est merveilleuse.
Et tout ceci renforce encore son charme.
Prudence, Marcellus. Le pass� de cette femme...
pourrait cacher un terrible myst�re.
Peu m'importe.
Pour moi... Elle vient de na�tre.
Quand arrivons-nous ?
La c�te sera en vue ce soir.
Et dire que ce sera la premi�re cit�...
que je verrai dans ma vie.
Dans ta nouvelle vie !
- C'est vrai. - Tu seras Lucr�ce.
Le nom de la plus grande femme de Rome.
Il... Il ne convient pas � une esclave.
Non.
Ta douceur, ta bont� m�ritent un meilleur sort.
Ton esprit est chang�. Pas ton coeur.
Comment peux-tu dire �a ?
En te regardant dans les yeux.
S'ils sont le miroir de l'�me.
La pouss�e de l'eau vers le haut...
n'est pas sup�rieure au poids de la pierre.
Celle-ci coule.
Mais voil� qui p�se moins que l'eau d�plac�e.
- �a flotte. - Ici aussi, deux forces oppos�es.
L'une triomphe toujours de l'autre.
Pas toujours.
La lumi�re ne chasse pas toujours les t�n�bres.
Il y a aussi la p�nombre. Le gris.
Parmi les hommes, beaucoup sont en partie mauvais...
et en partie bons.
De m�me, certains objets flottent entre deux eaux.
Ils ne coulent pas plus...
qu'ils ne refont surface.
Th�ocrite est encore en retard !
Je dois traverser le fleuve.
Aujourd'hui, le courant �tait plus fort...
et l'eau luttait contre moi.
Tu arrives en retard car tu ne sais pas ramer.
C'est ta barque qui lutte contre toi, pas l'eau.
Vois.
Le point d'appui est dans l'eau,...
la r�sistance ici, et la puissance l�.
- Quel type de levier ? - Le second !
- Comme ce casse-noix. - Un levier du troisi�me type ?
Celles-ci !
- Bien. Le premier type ? - Les ciseaux et tenailles !
- Toi ! - Moi ?
- Viens l�, soul�ve-moi �a. - C'est possible ?
- Essaie. - On va rire.
Vous l'aurez voulu.
Voil� le levier qui soul�ve tout ce qui existe.
Oui, avec le bon point d'appui, nous soul�verions le monde !
Archim�de !
Excusez-moi. On se voit demain.
� demain, ma�tre.
Hi�ron approuve une c�r�monie secr�te.
Il n'y assistera pas.
"J'ai langui de l'amour."
"Je ne pensais pas une telle joie possible."
"Ni une telle terreur."
Qu'y a-t-il ?
Serre-moi fort, Clio.
Aide-moi � t'aimer comme je le voudrais.
Zeus et la Grande M�re H�ra...
regardent votre union avec faveur.
Vous incarnez le g�nie et les traditions...
des Grecs de Syracuse.
Tr�sors inestimables...
que votre amour transmettra aux g�n�rations futures.
Rome et le S�nat ont choisi librement.
� compter d'aujourd'hui, le nouveau Consul est...
Claudius Marcellus !
- Il a �t� �lu ! - Il arrive !
- Le Consul Marcellus est ici ! - Ils l'ont port� en triomphe !
- Ma�tresse, Marcellus est ici ! - Merci.
Vous pouvez partir.
Marcellus sera heureux et je partage son bonheur.
Il a beaucoup de chance de vous avoir.
Non. C'est moi.
� qui appartenais-je avant ?
Qui est le p�re de mon premier enfant ?
Nous tentons d'oublier le pass�...
Mais une ombre demeure dans nos yeux.
Ces tristes paroles ne r�soudront rien.
Acceptez le sort que le destin vous a accord�.
Tu as raison. Tout ceci...
et l'amour de Marcellus devraient me suffire.
En ce jour, tous mes d�sirs ont �t� combl�s.
Mais je me suis vu sans toi � mes c�t�s...
et tout m'a sembl� poussi�re.
Si j'avais ton �loquence.
En m'entourant de tes bras,...
tu calmes mes fureurs.
Tu me consoles de mes tristesses.
Tu m'as donn� ce qu'il y a de plus beau...
L'amour.
O� est Marcus ?
Viens.
Je suis pr�t. Que dois-je �crire, ma�tre ?
�cris. Le nombre de tous les grains de sable du monde...
comme celui de toutes les �toiles...
est petit compar� � celui que peuvent exprimer les math�matiques...
- car les nombres sont infinis. - Oui, c'est �a, �cris.
Oh, P�re, je viens avec vous !
Marcus, et la le�on ?
P�re, allons voir Maximus.
Tu abandonnes ta le�on au milieu ?
Il a fini, Claudius ?
J'ai appris que le myst�re des nombres ne finit jamais.
Ce sont les paroles de son ma�tre, en Sicile.
Continue � jouer avec les nombres et les �toiles.
Tu voudras bient�t jouer � l'�p�e.
- Allons voir Maximus. - Allons-y.
Il voudrait toujours �tre avec lui.
Oui, il est comme toi. Il d�borde d'affection.
Il se r�veille.
Tu vois, Marcus.
Maximus a les grands yeux r�veurs de ta m�re.
Mais aussi ton expression volontaire.
Il te ressemble plus que moi, P�re.
Je les aime du m�me amour.
Marcus est aussi mon fils.
Clio, �coute-moi.
Non, je t'en prie.
Je sais d�j� ce que tu veux dire.
Je les ai devin�es d�s que j'ai appris.
Notre unique espoir.
Un fils � nous !
Les dieux ne l'ont pas voulu.
C'est fini. Tout est fini.
Ne dis pas cela.
Je suis � tes c�t�s. Ici, avec toi.
Je ne te quitterai plus.
C'est de la piti�, Archim�de.
Comme toujours.
Celle que je t'inspire depuis six ans.
Bien des choses nous aident � vivre.
M�me le chagrin.
Clio n'aura plus de fils.
Mais sa tristesse sera pour elle une compagne.
Et tu auras le r�confort de ton travail.
� quoi me servent mes chiffres ?
Mes inventions sont inutiles...
sans un �tre vivant en qui me reconna�tre !
J'ai tant besoin d'un h�ritier qui prolongera mon oeuvre !
Qui la renouvellera et qui la transmettra !
- Aux g�n�rations futures ! - Tu dois le prendre.
- Laissez-moi seul avec lui. - �coute ton m�decin.
Sortez tous !
Il est fait des raisins...
qui m�rissent sur les pentes de l'Etna.
Il a le feu de l'Averne.
Tu ne devrais pas, Hi�ron.
Je n'ai jamais su autant qu'aujourd'hui que faire...
et quoi dire, � toi en particulier.
Je vis mes derniers jours.
Archim�de...
Avoir une descendance directe ne suffit pas � combler le coeur.
Nous sommes tous du m�me sang car...
un couple originel...
nous a donn� la vie � tous.
Je ressens cela pour mon peuple,...
en �coutant le souffle chaud de ma terre.
Tous ces gens sont ma chair et mon sang.
Ils me parlent en p�re, en fr�re, en fils !
Ils sont � pr�sent en danger...
et je dois �carter la menace.
Quelle menace ?
Les renseignements de Gorgias sont alarmants.
Gorgias ! Comment peux-tu croire un �tre aussi vil ?
� cause de toi, il est plus puissant chaque jour.
Pour gouverner, il faut aussi des Gorgias.
Souviens-t'en quand tu r�gneras.
Ni ma sagesse ni tes inventions...
n'avaient pr�vu cela.
Lui, oui !
Il voyait d�j� ce qui allait se passer.
Il avait dit que Rome...
ferait flotter partout ses couleurs.
Mais tant Rome que Carthage ont besoin de notre neutralit�.
Elles en avaient besoin tant qu'elles faisaient jeu �gal.
Mais le sort favorise Rome aujourd'hui...
et Syracuse n'est qu'un caillou sur son chemin.
Tu crois qu'il n'y a pas d'issue ?
Je pense que Syracuse ne survivra que si Rome...
transforme cette neutralit� en alliance.
Oui, Archim�de.
Va � Rome et essaie de l'obtenir.
Rapporte-moi cette nouvelle avant ma mort pour le salut de notre peuple.
Salut, Archim�de. Je t'accueille au nom de Rome.
Ta venue dissipera s�rement...
la m�fiance qui s�pare nos deux peuples.
Je te remercie au nom de Syracuse.
M�me si la cupidit� de certains...
menace la paix,...
le peuple ne m�rite ni m�pris ni haine.
Les voici !
Partez ! Vite !
Cet �tranger est si c�l�bre ?
Tu as entendu les vues du S�nat.
La proposition de Hi�ron sera accept�e.
Vous avez la preuve de notre d�sir de paix.
Je t'ai attribu� la meilleure aile du palais.
Que ton repos soit r�parateur.
Merci, Marcellus.
Art�mis !
Art�mis...
Qui es-tu, �tranger ?
Je ne te comprends pas.
Tu as perdu la m�moire.
Rome a enivr� ta raison !
Syracuse est loin ! Oubli�e !
Comment oses-tu me parler ainsi ?
- Que veux-tu ? - Combien as-tu re�u...
du ma�tre de cette maison pour vivre ici ?
Assez. Plus un mot.
Je suis l'�pouse de Marcellus.
Sa femme ?
Et tu regretteras ceci. Pars !
Va.
- Quel est ton nom ? - Archim�de.
- Et le tien ? - Art�mis.
Art�mis ? La d�esse du clair de lune,...
de la ros�e apaisante.
Archim�de.
Comment cela a-t-il pu arriver ?
Quel tour cruel du destin t'a enlev�e � moi ?
Depuis ma chute sur le navire jusqu'� aujourd'hui,...
ma vie d'avant s'�tait �vapor�e.
Gorgias !
Bien s�r ! Tout est clair maintenant.
Il t'a �loign�e.
Comment t'a-t-il fait embarquer sur ce navire ?
Il a d� me droguer...
et m'a port�e � bord endormie.
- Et je t'ai perdu ! - Mais me voil�.
N'aie pas peur. Je vais te ramener.
Je parlerai � Marcellus.
Tu ne peux aimer deux hommes !
Je lui dois tout.
Il aime ton fils Marcus comme le sien.
Je suis sa femme depuis des ann�es...
et je l'ai aim�.
- Ce n'est pas possible. - Nous �tions heureux, Art�mis.
Et nous le serons. Nul ne g�chera notre bonheur.
Ce n'est pas possible.
- Marcellus ! - J'ai tout entendu.
Ne dis plus rien.
Je ne veux pas en d�battre...
parce que ce que tu as dit...
est peut-�tre juste.
Mais une cause supr�me me force � parler.
Rien ne pourra changer ma d�cision !
La r�alit� balaie tes objections !
Il n'y a plus de devoir.
Peut-�tre pour toi. Mais je ne pr�tends pas �tre un g�nie.
- C'est Art�mis. - Non, Lucr�ce, la m�re d'un autre fils !
��coute, Romain. Art�mis et mon fils rentrent avec moi.
Ton fils a grandi parmi nous.
Marcus !
La v�rit� serait un traumatisme pour lui.
Il me consid�re comme son p�re.
Il saura que c'est moi, son p�re.
Je veux mes deux fils aupr�s de moi.
M�re !
Lucr�ce, pour leur bien,...
tu dois rester ici.
Marcus...
Je l'ai accueilli comme mon fils.
Je l'ai aim� autant que son cadet, peut-�tre plus.
Tu as raison.
Ce n'est pas possible.
Nous devons vivre s�par�s, sans repos.
Telle est notre destin�e.
Tu connais aussi la tienne.
Et je ne t'envie pas, Marcellus.
- Clio... - Plus tard, Tir�sias.
Archim�de n'est pas ici.
Il est retourn� � sa grotte.
Pourquoi ?
Qu'est-il arriv� � Rome ?
Il l'a retrouv�e ? Ramen�e avec lui ?
Non, mais il l'aurait fait s'il l'avait pu.
Tu vois, Tir�sias ? Les dieux ne pardonnent pas.
Inutile de s'illusionner ou d'esp�rer.
Il y a toujours un terme.
- Nul n'aurait pu deviner. - Bien s�r !
Sauf le destin.
Et il tisse sa toile avec une patiente haine...
pour nous torturer,...
lui et moi.
Pourquoi ne pas l'avoir ramen�e ?
Tout serait termin�.
- Je dois le voir. - Non...
N'y va pas. Laisse faire le temps.
Je ne m'inqui�te pas pour moi, mais pour lui.
Du temps a pass�... Plus de dix ans.
� la surface, rien n'a chang�.
Mais les sentiments ne le c�dent pas � l'habitude.
Tu dois r�aliser...
que nous ne pouvons vivre avec cette ombre entre nous.
Si tu savais combien je voudrais qu'elle n'existe pas.
Tu vis aussi un enfer, � devoir feindre ainsi.
Je le fais pour nos fils.
Pas seulement pour eux, Marcellus.
J'aurais d� le tuer.
Au diable la piti�. Tu oublierais un mort.
Le savoir vivant nourrit l'espoir.
Et tu t'accroches � cette esp�rance absurde.
C'est moi seule qui aurais d� mourir.
Tu ne souffrirais plus...
et je ne serais pas si malheureuse !
La destruction de Syracuse...
est un pr�lude oblig� � celle de Carthage.
Avec la mort de notre ami Hi�ron,...
la cit� est aux mains d'un aventurier,...
Gorgias.
Et d'un lunatique,...
Archim�de.
Nous ne saurions permettre...
que la paix d'aujourd'hui...
et la guerre de demain...
soient contrari�es par les plans de ces deux hommes.
Les ennemis de Rome.
Je vous demande donc,...
c'est un sujet urgent,...
de d�clarer la guerre � ces lambeaux de la Sicile...
qui ne connaissent point encore l'autorit�...
et la loi de Rome.
C'est bizarre, Marcellus.
Tu as toujours d�fendu la n�cessit�...
d'un �tat-tampon entre nous et Carthage.
Et tu t'es fait l'inlassable champion...
de l'ind�pendance de Syracuse.
M�me quand, � l'heure des plus grands p�rils,...
cela semblait une absurdit� strat�gique.
- Pourquoi vouloir la guerre ? - Rien ne dure � jamais.
Ce qui est juste aujourd'hui peut ne plus l'�tre demain.
Syracuse n'avait encore jamais conspir� contre Rome...
ni recherch� l'amiti� de Carthage.
Comment sais-tu que tout a chang� ?
J'ai mes informateurs.
Et je vais en d�p�cher d'autres � Syracuse...
pour confirmer mes dires.
- Tr�s bien. Qui enverrons-nous ? - D�cidons-en ensemble.
Ton fils, Marcus.
Le plus brave de nos jeunes hommes.
- Oui, envoyons-le. - �prouvons son courage.
Et ses m�rites.
Si tel est le souhait du S�nat,...
je ne m'y opposerai pas.
C'est une mission importante. Et j'en suis fier.
Ne me regardez pas ainsi. Souriez, P�re.
Vous �tes un grand soldat.
Qui sait ? Peut-�tre en deviendrai-je un.
Je vous ram�nerai un souvenir de mes exploits.
Le danger ne sera pas grand.
La mer est d'un bleu azur � Syracuse.
Ce sera un heureux voyage,...
celui d'un n�gociant grec en qu�te de bonnes affaires.
Marcus...
M�re... Ne pleurez pas.
Les larmes des femmes attirent le malheur.
C'est terrible.
Il part pour Syracuse en ennemi de son p�re.
Les dieux nous punissent, Marcellus.
- L�chez � la proue ! - L�chez � la poupe !
En faisant converger les rayons solaires...
en un seul point,...
lumi�re et chaleur se concentrent,...
projet�es par chaque miroir.
Voyez.
�a br�le !
Incroyable !
De la magie.
Tir�sias !
Il y a des ann�es, les dieux, pour mon plus grand malheur,...
m'ont r�v�l� ce pouvoir inconnu des hommes.
Voyez !
Voyez, je dirige ses rayons o� je veux !
O� je veux porter la destruction !
On est d�couverts, avertissez le Consul !
Des voleurs ! Attrapez-les !
L'imprudence de la jeunesse !
Tu te ber�ais d'illusions.
Tu pensais venir � Syracuse...
et te promener comme un invit� ?
Nos informateurs...
nous ont pr�venus de ton arriv�e...
avant m�me ton d�part de Rome.
Alors, que fais-tu ici ?
Que voulez-vous donc savoir ?
Eh bien, tout d'abord...
Ton nom.
Vos espions ne valent rien.
Tes sarcasmes sont d�plac�s.
Tu es un captif en prison, alors parle !
Si je t'apprenais...
le sort qui attend tes camarades,...
ta langue se d�lierait-elle ?
Je connaissais les risques.
Je ne me salirai pas les mains.
La Cour de Syracuse te jugera.
Un syst�me infaillible.
Les autres parleront bient�t. Appelle-moi.
Un enfant, Archim�de. Pas m�me un homme.
Il a dissimul� son identit�...
et est venu chez nous espionner nos d�fenses...
dans le but d�clar� d'en informer Rome.
Voil� pourquoi je ne l'ai pas consid�r�...
comme un espion ordinaire.
Conscient de mes limitations,...
je le soumets � ton jugement...
car toi seul...
saura prononcer une sentence �clair�e.
Quel est ton nom ?
Tu ne te d�fendras pas ?
Non.
Je ha�ssais les Romains pour leur arrogance.
Je m�priserai aussi leur b�tise.
Que cet homme soit condamn� � mort...
et ex�cut� � la prochaine lunaison...
selon la loi.
Un jugement sage, Archim�de.
Les prisonniers ont parl�.
En condamnant cet homme, tu frappes Rome au coeur.
C'est Marcus, le fils a�n� du Consul Marcellus !
- Archim�de, seigneur... - Partez !
La prochaine lunaison est dans deux jours.
Tu peux suspendre la sentence.
Tu sais bien que non.
Mais je dois le sauver � tout prix.
Il est mon fils.
Une ambassade romaine, Archim�de.
Ils demandent d'occuper la ville et le port.
Syracuse serait une base vitale pour leurs l�gions.
- Qu'ils entrent ! - Oui, seigneur.
Qu'offrez-vous en �change de vos demandes ?
Quelles sont vos conditions ?
Aucune condition pour qui n'en accepte pas !
- Voil� notre r�ponse ! - La libert� de Syracuse...
Vous semblez ignorer qu'en plus de nos autres requ�tes,...
il y en a une nouvelle... La lib�ration des captifs.
Votre refus signifierait la destruction de Syracuse...
par notre flotte.
Non, j'ignorais juste la valeur...
que le Consul Marcellus donne � un trait� d'alliance.
Votre arrogance vous emp�che d'envisager...
que votre flotte pourrait �tre d�truite.
Quant aux captifs, vu leur qualit� d'espions,...
ils seront ch�ti�s conform�ment � nos lois.
Le fils du Consul Marcellus sera ex�cut�...
� la prochaine lunaison.
Jusque-l�, il ne lui arrivera rien.
Vous le trouverez vivant dans son cachot...
si la victoire vous sourit avant.
C'est tout.
Ils vont attaquer demain.
Il faut alerter l'arm�e et le peuple.
- Tu es fou ? - Non, mon fils vivra !
Si je coule la flotte romaine,...
je le retiendrai ici pour toujours.
Quand Rome aura �t� vaincue,...
je lui dirai qui je suis.
Rome seule nous menace.
Elle seule peut me l'enlever,...
mais je la d�truirai !
Je br�lerai sa flotte, ses soldats, ses chefs !
Pour sauver les fils de notre terre...
dont le mien.
Pour toi, Consul Marcellus.
Lucr�ce veut me rejoindre.
Qu'elle ignore tout, pour Marcus.
Si les dieux sont avec nous,...
elle l'embrassera demain.
Nous prendrons Syracuse par la mer.
Je veux tous nos navires par�s avant l'aurore.
Allez.
Au miroir maintenant !
Archim�de, l'aube va poindre.
Nous serons pr�ts.
Mais le soleil est indispensable !
Laisse-nous seuls.
Que veux-tu encore ? Vous savez qui je suis.
Je vois. Vous m'offrez une mort plus douce, c'est �a ?
Voici la formation que nous adopterons...
une fois pass� le cap qui cache la cit�.
Nous attaquerons au centre...
pour affaiblir leurs d�fenses...
ou du moins pour concentrer leurs tirs sur la tour.
Quand l'ennemi ne verra plus que la tour,...
les vaisseaux l�gers portant catapultes et archers...
se placeront � bonne distance de tir.
Leur pilonnage fragilisera les murailles...
sur lesquelles les hommes de la tour...
poseront le pied.
Puis la flotte se regroupera.
C'est tout.
Que les dieux nous aident.
Le signal !
Ils seront bient�t � port�e !
Aux catapultes !
Vite, aux miroirs !
En arri�re !
Tir�sias, les miroirs ont d�truit la flotte romaine !
La mer est en flammes !
Qu'y a-t-il ? Pourquoi cette figure ?
- Marcus a fui. - Quoi ?
- Cette nuit. - Impossible !
On a d� l'aider.
Il a rejoint les siens.
Il �tait sur les navires et je l'ai tu�.
Ce n'�tait pas du poison. Gorgias m'a sauv�.
Que lui avez-vous promis ?
Remercions les dieux de ton retour.
Nos soldats entreront � Syracuse ce soir.
Tels des rats d'�gout. Priv�s de gloire.
Mais sans morts inutiles � d�plorer !
Tu parles de gloire, pense un peu aux m�res.
La chair des n�tres br�lait sous le feu de leurs miroirs.
Ils n'ont pas brandi le glaive...
et je combattrai � leur mani�re !
Je ne vous demande qu'une chose.
Un homme � Syracuse m'a jug�...
Archim�de.
Il m'a condamn� � mort.
Je devrais le ha�r, mais non.
Un myst�re entoure sa personne.
Comme une profonde sagesse...
et une bont� indescriptible.
Ses mots �taient cruels, pas leur signification.
Et puis, � peine a-t-il entendu mon nom...
Qu'a-t-il fait ?
Il m'a fix�...
Dans ses yeux, il y avait de l'amertume et du chagrin...
mais,...
c'est dur � dire,...
mais pareils � de la joie.
Je ne me l'explique pas.
Je voudrais le revoir, lui parler.
Vous le connaissez, P�re ?
Oui, je le connais.
Archim�de est le plus implacable ennemi de Rome.
Mais je l'�pargnerai. On ne lui fera aucun mal.
Qui s'en portera garant ?
Gorgias.
Archim�de...
�coute...
Je l'ai fait pour nous tous.
R�fl�chis.
C'�tait la seule option.
Syracuse aurait �t� occup�e de toute fa�on.
Mais ne crains rien pour toi.
J'ai d�j� convenu que tu...
Qu'attendez-vous ?
Aidez-moi ! Je suis votre alli� !
Debout.
Marcus !
Ce n'est rien.
Emm�ne-le ! Sauve-le !
Il est mort en brave.
Nous devons �tre dignes de lui.
Son exemple est le symbole du destin de Rome...
et de sa gloire immortelle,...
que nous porterons de Carthage � Alexandrie,...
de la Gaule aux Colonnes d'Hercule !
Elle baignera nos enseignes...
pour les si�cles � venir car rien ne l'arr�tera !
Ni la mort.
Ni le doute...
ni l'erreur.
P�re, j'ai re�u votre h�ritage spirituel...
� vous, soldats, je promets de m'en montrer digne.
Tu ne vas pas lui parler ?
Tu dois le lui dire.
Il est trop tard.
La mort de Marcellus l'a chang�.
Je l'ai perdu.
Que dois-je faire ?
Passer ma vie d�chir�e entre vous deux ?
Marcus n'a plus besoin de moi.
Un fils a toujours besoin de sa m�re.
Lui... et son fr�re � Rome.
Maximus est ici, avec moi,...
sur cette terre,...
notre terre.
Je veux y retourner.
Les r�ves ne se r�p�tent pas.
Adieu, Art�mis.
Mais il y a la vie.
FIN
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