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(Mouettes !)
(Vagues !)
(Oiseaux plongeant et p�chant !)
(Bois coup� � la hache !)
(Grognements de cochons !)
Es-tu affam� � ce point !
N'as-tu pas de pain ?
Je n'ai ni pain, ni eau.
Ma bourse est aussi s�che que la rivi�re qui entraine mon moulin.
Je peux remplir ta bourse si tu me donnes ce qu'il y a derri�re ton moulin.
Mon pommier ?
Ce qu'il y a derri�re ton moulin.
Mais, sans mes pommes, je n'aurai plus rien � manger.
Pourquoi se nourrir de pommes quand on est riche !
Si tu as le choix de richesses, alors !
Que vouloir ?
(Grognements de cochons !)
(Ecoulement violent d'eau !)
De l'eau !
De l'eau !
De l'eau !
Comment est-ce arriv� ?
Je ne sais pas.
Il y a eu un coup de vent.
Et o� est ton p�re ?
Mon p�re est parti avec sa hache, dans la for�t.
Tout cet or !
Notre vie va changer.
Cours pr�venir ton p�re.
Cet or est si brillant
et pourtant, il me semble si sale.
Papa !
Papa !
Regarde, l'eau est revenue !
Je vois de l'eau.
Oh, oh, oh !
Nous voil� riches !
Pour toujours.
Ce qu'il y a derri�re ton moulin !
- Ce qu'il y a derri�re ton moulin ! - Mais, oui.
Pourquoi se nourrir de pommes quand on est riche !
Mais, ta fille �tait derri�re le moulin.
- Ma fille ? - Mais, oui, ta fille !
Dans cet arbre que tu as vendu si cher.
Ma fille !
Vendue, elle aussi.
? Hum, hum...?
? Hum, hum...?
? Hum, hum...?
? Hum, hum...?
(Mouettes !)
Ah !
Ta nouvelle chambre est pr�te, viens !
Mon destin est li� � cet arbre, je ne le laisserai pas.
Venez jeter un oeil quand m�me !
Allez.
Je l'ai faite pour toi.
Regarde !
Regarde comme �a brille !
Ce sera ta chambre.
Tu seras bien.
Tu verras, tu y seras tr�s bien.
Je suis le ma�tre de cette maison, et vous ?
Te rappelle-tu du pacte de la for�t ?
Cet or n'est-il pas rafra�chissant ?
Oui.
J'en suis ravi.
Je suis venu chercher mon d�.
Cela ne prendra pas longtemps.
Elle est trop propre.
Je ne peux pas la prendre.
Arr�tez de vous laver, vous m'entendez !
Comme cet or, je le veux sale.
� bient�t.
Si tu veux garder ton or,
fais le n�cessaire.
Comment pouvez-vous donner votre propre fille ?
J'ai donn� ma parole.
Nous avons re�u ce que nous avions promis, nous allons tout perdre.
Nous �tions pauvres pendant tant d'ann�es.
Elle sera bien trait�e.
Bien trait�e !
Par ce diable ?
Oh, n'exag�rez pas.
Cet or vous a chang�.
Rendez-le.
Nous �tions pauvres, mais cela n'aurait pas dur�.
L'eau serait revenue.
Rendez-le.
Il n'y a rien que je puisse faire.
C'est toi.
Si tu le dis.
Ma femme est morte hier, tu ne nous laisseras pas en paix !
Tu voulais �tre riche, comment pourriez-vous �tre en paix ?
Continuez, amenez-la, elle est pr�te.
Je peux la sentir d'ici.
Descends.
Plus fort !
Tu es son p�re, non !
Descends, descends !
- Tu ne veux pas? - Voil�.
Tu vas voir.
Bien.
Quelle belle chose de voir un homme au travail !
Sa mauvaise odeur masque sa d�fense,
elle a pleur� sur ses mains, je ne peux pas l'emporter.
�a ne fait rien.
Coupe-lui les mains.
Je t'ai donn� ma parole,
mais je ne peux pas couper les mains de ma fille.
Coupe-les ou je t'emporte.
Et tu auras tout perdu.
P�re !
P�re, voici mes mains.
Fais-en ce que tu veux.
Je suis ta fille, je ne veux pas te causer de malheur.
Vous �tes tout ce qu'il me reste.
Meunier,
vous avez fait votre devoir de bon p�re.
N'ayez pas de regrets.
Jeune fille, dis � ton p�re que tes mains ne te servent � rien
et il devrait profiter
de son tr�sor comme bon lui semble.
Sois certaine
qu'il aura de douces pens�es pour sa fille.
Une si bonne fille !
Elle a pleur� sur ses moignons !
Meunier, pourquoi votre fille est-elle
si pure, une larme est suffisante.
Je serai g�n�reux.
Garde tes richesses.
Je vais trouver un moyen de r�cup�rer mes biens.
avec les int�r�ts.
Meunier tu es, meunier tu resteras.
Tout l'or du monde ne fera pas de toi un prince.
J'ai tendu les mains pour que tu les prennes et me prot�ges.
Ai-je eu le choix ?
Je jette mon or � tes pieds.
Mes pieds n'ont que faire de ton or.
Ils veulent juste marcher.
Autant que possible.
Loin de toi.
Pourquoi une si jeune fille
vienne dans mon lit ?
Es-tu ici pour mourir ?
Au contraire.
Je ne souhaite que vivre.
Je voulais juste manger une poire.
Les poires sont dans un verger.
Le verger est dans un jardin.
Ce jardin appartient � un prince.
Tu n'es pas l� par hasard.
Va.
Mange.
Et vit.
Ma�tre !
Ma�tre !
Ma�tre, il y a une lueur �trange
dans le jardin.
L'avez-vous vue ?
Je l'ai vue.
C'est un ange.
Celui que j'attends depuis longtemps.
Allons la trouver.
Ma�tre !
Regardez.
La rivi�re a dit que je pouvais manger une de vos poires.
J'avais tellement faim.
N'aie pas peur.
Je veux t'aider.
Laisse-moi te regarder.
Vos cheveux sont plus clairs
que mon orge.
Tes yeux brillent plus que mes fontaines.
Tes l�vres sont plus rouges que mes raisins.
Ta peau est plus fra�che que la rivi�re.
Vous �tes si doux.
Tu es comme je t'ai toujours r�v�e.
Dans mon arbre,
je ne pensais qu'� toi, mon prince.
Toi qui parle � la rivi�re,
Je te souhaite la bienvenue.
Tu peux maintenant manger ce que tu veux, c'est ma volont�.
Ce ch�teau est le tien.
Non !
Tu es venu � moi tel tu es.
Si tu veux des mains,
je te donnerai des mains.
Je te donnerai n'importe quoi.
Le mariage du prince et de la jeune fille
fut � leur image.
Les populations locales furent convi�es.
Et ils sont tous venus.
Ils burent notre vin et mang�rent nos fruits.
Le prince offrit � la jeune fille
des mains en or soigneusement confectionn�es.
L'or �tait si fin
que cela ressemblaient � de vraies mains.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Je suis triste car je dois partir.
La guerre a �t� d�clar�e sur mes fronti�res lointaines.
Regarde.
Mon arm�e se pr�pare.
Je le savais.
J'en ai r�v� toute la nuit.
J'ai r�v� de ta peau.
Ne t'inqui�te pas.
Je reviendrai vite,
et victorieux.
Prends mes l�vres.
Elles sont plus chaudes que mes mains.
Cette guerre ne durera pas longtemps.
prends soin ma terre
et mon ch�teau.
Je prendrai soin de ta terre
ainsi, quand tu reviendras, elle pourra nourrir mon ma�tre,
ma ma�tresse et l'enfant qui viendra bient�t.
Merci, jardinier.
Si un enfant vient, informe-moi imm�diatement.
En avant.
Attends !
Attends !
Attends...
Attends...
Mon prince m'a donn� des mains ...
mais elles ne me sont d'aucune utilit�.
Cette guerre est sans fin.
Je m'ennuie dans ce ch�teau.
Mon prince est parti il ??y a des mois.
Les nouvelles sont bonnes.
Il est vivant.
Je porte un peu de lui en mon ventre.
Cet enfant va lui ressembler.
Je ne peux pas attendre son retour.
Votre attente ne sera plus longue.
Mon enfant !
L'enfant vous sera rendu demain.
Vous devez vous reposer maintenant.
Merci, jardinier.
Je suis tellement heureuse.
Annoncez au prince la bonne nouvelle.
Dans le froid de la guerre, mon message sera un flambeau.
Ma�tre...
Votre femme a donn� naissance � un fils.
Il a les l�vres de sa m�re et les mains de son p�re.
On ne peut pas imaginer
une telle perfection.
Le ch�teau est transform� !
Nous esp�rons tous que vous reviendrez bient�t
afin que nous puissions partager la beaut� de cela.
Que cette pens�e vous donne de la force.
"Ma�tre...
Votre femme a donn� naissance � un monstre".
Un monstre ?
"Il a les l�vres d'une carpe
et les pattes d'un chien.
On ne peut pas imaginer
une telle cr�ature, tout le ch�teau est horrifi�".
Non !
Jardinier...
Jardinier !
- Mes mains... - Elles vont bien.
- Je n'y arrive pas. - Il va bien.
Ne t'inqui�te pas, il ne restera pas un b�b� pour toujours.
Vous le verrez grandir � vos c�t�s.
Mais mon lait ...
Votre lait va se tarir de lui-m�me.
Le lait de quelqu'un d'autre
sera aussi bon pour lui.
Ne vous inqui�tez pas.
Princesse !
Princesse, je vois que vous souffrez.
Le froid n'y changera rien.
Si vous voulez,
cela apaisera votre douleur.
"Loyal Jardinier...
J'ai m�l� mon sang avec celui d'une sorci�re.
Je ne veux pas
de cet enfant, arrache-lui les yeux
et jette-le dans la rivi�re
Tue sa m�re aussi.
Je ne veux plus les voir".
"Tue sa m�re aussi.
Je ne veux plus les voir".
"Loyal Jardinier...
Ce fils que tu d�cris comme un monstre est mon bien le plus pr�cieux.
Occupe-toi de lui et de sa m�re.
Je les ch�ris de loin,
mais mon retour est imminent".
Princesse ...
Prenez �a.
Ces graines viennent d'un nouveau monde.
On dit qu'elles sont magiques.
Ce sera comme un souvenir de moi.
Jardinier, je ne peux pas croire que ce que tu dis est vrai.
Mon prince ne peut pas avoir ordonn� cela.
Et pourtant...
c'est le message que j'ai re�u.
Partez.
Partez vite.
Cette route m�ne directement � mon prince ...
qui veut ma mort
et celle de notre enfant.
Pour une raison que j'ignore,
ton p�re ne veut pas de nous.
Cette guerre l'a rendu fou.
Le jardinier m'a dit de partir le plus loin possible.
Ce que je fais.
Fuyant celui que je pensais �tre bon pour moi.
Je ne sais pas o� ce chemin m�ne.
Mais ne t'inqui�te pas, mon fils.
Dans cette montagne ...
on peut bien se cacher.
Je ne sais pas o� va cette route.
Mais je me souviens que la rivi�re �tait mon alli�e.
Jeune fille...
Tu as choisi de me suivre et tu es maintenant � la source.
Tu es bient�t arriv�e.
De l'autre c�t�
de cette roche, il y a la maison d'un ermite
qui est mort il y a longtemps.
Tu vivras en paix
et tu ne manqueras de rien.
Ton enfant va grandir,
et toi aussi.
Va.
Tu vois...
cette maison est devenue la n�tre.
Ici, personne ne nous trouvera.
Je vais m'occuper de toi.
Je prendrais soin de moi.
Le prince est revenu ! La guerre est perdue !
La guerre est finie !
- Le prince ! - La guerre est finie !
Jardinier...
La guerre a �t� perdue, mais je suis revenu.
A-t-on pr�venu ma femme ?
Et mon gar�on, comment va-t-il ?
Comment a-t-il grandi ?
Je ne vous comprends pas.
Va les chercher.
- Je veux les voir. - Non !
- Je veux les voir ! - Reposez-vous.
Vous avez perdu l'esprit.
Le chagrin s'est abattu sur ce ch�teau.
O� sont ma femme et mon fils ?
Votre fils est ici.
Dans cette boite
comme vous m'avez demand�.
Mais, qu'est-ce que tu dis ?
Quelle horreur ! � qui sont ces yeux ?
Quelles instructions?
Ma�tre...
Cette lettre...
Ma vue est brouill�e, lis-la.
Je vois clairement.
Mais je ne reconnais pas l'encre ou les mots.
Je n'ai pas �crit �a.
Mon fils...
Ma�tre...
Je n'ai pas ex�cut� les ordres de cette lettre.
Votre femme et votre fils sont partis � la recherche d'un abri.
Loin de vous, ils vivent et grandissent,
craignant votre retour.
Jardinier, vous avez bien fait.
Merci !
Merci !
Je les retrouverai.
Va.
Pr�pare mon cheval.
Je vais t'attraper !
J'arrive !
Au moulin de mon p�re ...
les chiens...
la nuit...
ma m�re...
Au moulin de mon p�re ...
une part de moi est laiss�e derri�re ...
une part de moi est laiss�e derri�re ...
Au moulin de mon p�re ...
ma perte et mon chemin ...
Ma perte...
et mon chemin ...
Une barbe...
Une hache...
Cet homme est ton p�re.
Il est venu nous tuer.
Attends !
Je ne veux pas te faire de mal, attends !
Attends !
Calme-toi.
Je ne vais pas te faire de mal.
Je t'ai cherch� partout.
M�me au moulin de ton p�re.
Mon dieu, que tu es belle !
Tu n'as pas chang�.
Maman !
Tes mains !
Le message re�u par le jardinier �tait un faux envoy� par un mauvais esprit.
Je n'ai jamais voulu te faire de mal.
Je suis venu pour t'aimer comme je l'ai fait quand je suis parti.
Notre enfant aussi.
Maman !
De toute �vidence, je ne peux pas te nuire,
jeune fille.
Je vais te laisser � tes occupations.
D'autres m'attendent.
Moins p�nibles que toi.
Adieu...
puisque tu n'iras pas au diable ...
Tu m'as sauv�.
Je ne suis plus celle que tu as laiss�e.
J'ai oubli� comment tu �tais.
Mais tu es en face de moi.
Je veux d�couvrir qui tu es ...
qui tu seras.
Rentrons au ch�teau.
Je ne veux pas.
Et je ne veux pas rester ici.
Je veux partir avec toi ...
trouver notre maison.
Viens.
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