All language subtitles for Pick Up Your Belongings.1983.BDRip.1080p

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Original subtitles

...

- Depuis un bout de temps,

ça me trotte dans la tête. J'en dors plus de la nuit.

Alors ce matin, je me suis dit :

"Joseph et moi, on est amis.

"Tl faut se dire les choses en face."

- Bonsoir, vieille fripouille. - Et toi, vieille ganache.

- T'es tombé du lit, ce matin, ou t'as fait un cauchemar ?

- Alors, Joseph,

t'as réfléchi ? - À quoi ?

- À ma proposition.

- Quelle proposition ?

- L'arrangement à l'amiable.

Ça fait un an, que je t'en parle. -Oh...

On en reparlera l'année prochaine.

- T'as tort de faire l'idiot, Joseph,

parce que la vie va devenir très dure.

- Mon pauvre Alexandre, il n'y a pas que les riches,

qui ont de la misère.

- Non. Mais tu pourrais avoir besoin d'argent, un de ces quatre.

- Tiens. Goûte donc ça.

- T'es un fermier dégueulasse

mais t'as la meilleure eau-de-vie de la paroisse.

Je te regretterai.

- Je suis pas encore mort.

- Écoute, Joseph,

dans 2 mois, tu seras plus fermier.

C'est fini, Joseph. Je suis obligé. J'ai un projet.

Alors plus d'eau-de-vie, plus de Joseph Cohen, plus rien.

Tu feras plus partie du paysage.

À la Saint-Jean, je te reprends le bail.

T'es viré.

Sacrée bourrique !

Il est fou ! Il est fou, ce vieux fou !

Tu me le paieras ! - Fous le camp !

Tu m'emmerdes ! Pelle à merde !

Je t'emmerde ! Fumier !

Saloperie vivante ! Salaud !

...

Non, non.

Non.

C'est le désarroi, ma petite Rose.

Une terre que les Cohen travaillent depuis quatre générations.

Il a ce bon Dieu de droit pour lui, le fumier !

Que veux-tu qu'on fasse ? Journaliers chez les autres ?

Quoi, mon frère ?

Ah non, pas lui. Ça fait 17 ans qu'on se parle plus, je te rappelle.

Rayé des cadres.

- M. Joseph Cohen ?

- Non. Non, non.

- Vous ne savez pas où il est ? - C'est pour quoi donc ?

- Me Pitou, huissier de justice. C'est pour une petite signature.

- Je vais chercher mes lunettes.

Le prochain, dans le cul !

- Ce seront les gendarmes.

- Ce sera mon frère !

Si un Cohen, ça suffit pas, il va en venir un autre.

On vous fera danser.

*-Fermez les portières, s'il vous plaît. Attention au départ.

- Tu mens comme tu respires, Pierre. Pourquoi tu m'emmènes pas ?

- J'y vais par devoir, et le Finistère sud,

c'est humide. - Tu te fous de moi ?

- Joseph, c'est pas un cadeau.

- C'est qui, ce Joseph ?

- C'est mon demi-frère. Avoir 2 femmes,

ça arrive. - En Bretagne, oui.

- Oui. Je suis breton. - Écoute, Pierre,

quand on s'appelle Cohen, qu'on est circoncis…

- C'est médical. - Et aussi breton,

ça cache quelque chose.

- Françoise,

tu dérailles.

Françoise, le mieux est qu'on se parle gentiment. Hein ?

Ne recommence jamais ça.

*-Attention au départ.

- Embrasse-moi, au moins. Descends.

- Trop tard.

- Pierre, je vais te tromper. - Je m'en fous.

- Salaud !

*Je ferai des trucs pires que dans les bordels mexicains !

- Pour votre annonce, je suis votre homme.

...

- Prenez les patins,

ma femme a ciré.

- Merci. - Je vous en prie.

...

- Excuse-moi, zozo. J'ai été distrait.

- Y a pas d'offense. Tu veux un constat ?

- Tous mes compliments.

- Merci.

- Y en a d'autres ? - Non, il n'y a que ces deux-là.

- On fait quoi, dans ce cas ?

- Vous, je sais pas. Moi, j'attends ma mère.

Tiens, justement, la voilà.

- Permettez ?

- Ma petite Anna,

je vis, depuis ce matin, dans un monde exaspérant.

- Bonjour, maman.

On peut emmener monsieur ? Il n'y a plus de taxis.

- Montez.

Que font-ils ? On dirait deux boucs pétrifiés.

- Les jambes de votre fille les ont troublés.

- Oh, les gueux ! Un rien les échauffe.

Je les trouve épatants.

Ça, c'est rien.

Tu n'étais pas née,

sur le porte-avions où servait ton père,

tous ces hommes,

et moi, avec ma robe de mousseline.

Ils étaient si énervés

qu'un appareil est passé par-dessus bord.

- C'était le bon temps.

- Ma chérie, à Paris, ça va ? - Ça va.

- Les études ? - Ça va.

- Côté cœur ? - Calme plat.

- Cachottière… Elle ne veut rien dire à sa mère.

En tout cas, vous me plaisez.

En un clin d'œil, je vous ai jugé. Quelle allure !

On sent le vrai gentilhomme. Bravo, ma fille.

- Mais l'ambulance et sa sirène

Au secours de quelques peines

Ne fait pas frissonner ton nez Collé sur la télé

Moi je sais pourquoi

Pif à tibia

Bouse de vache molle

Tronche à vérole

C'est qu'on n'a pas changé

Malgré de bonnes études

Nos sales ha…

Nos sales habi…

Sales habitudes

- Charmant passager, je ne connais pas votre nom.

- Pierre. - Ah, j'aime beaucoup.

Ça sonne bien, clair et dur.

Vous allez où ?

- À Lande-Julien.

- Mais c'est sur nos terres !

Vous y avez de la famille ?

- Oui, un frère. - Qui s'appelle ?

- Joseph Cohen.

- Sortez immédiatement. - Mais, maman ?

- Brisons là, monsieur. - Votre casquette.

- Pierre !

Pierre Cohen !

- Attends, attends. Paul.…

Terrouet ! - Ouais.

Cohen ! - Terrouet !

- Terrouet ! en

- Cohen !

Hypocrite. Monte. - T'es con.

- T'es devenu un monsieur, maintenant.

Tu te souviens encore de nos parties de foot ?

- Oui, tu parles. J'étais goal.

- Oui. La "passoire".

- C'est vrai, ça. Ça passait.

- Je te laisse. Je fais ma tournée.

- Salut. - Salut.

- Merci. Au revoir.

- Et fais gaffe, il pleut des plombs, par là.

...

- Merci.

...

- Te voilà, toi ?

- Me voilà.

- T'as pas rajeuni.

- Tu creuses dans les chemins ?

- Faut pas juger, quand on sait pas.

- Le cuir de ton chapeau sent toujours aussi mauvais ?

- Bon. Je crois que j'en ai assez fait pour aujourd'hui.

Non !

Quand t'es pas là, faut bien que je monte seul.

Habillé comme t'es, tu vas faire rigoler le chien.

- Tu t'es pas lavé, depuis qu'on s'est vus ?

- Sacré frérot, va.

Et toi? Content de me voir ?

- Assez rigolé.

Des choses terribles se préparent.

- Sans ça, je serais pas là.

Joseph.

- Eh ben, c'est Rose.

-"Rose" ?

Bonjour, Rose.

- Ho !

Ça va, toi, à Paris, là-bas ?

- Oui.

- Et le boulot ?

- Ça va.

- T'es quoi, au juste ?

- Psychologue.

-"Psychologue" ? Oh, dis donc.

C'est quoi, exactement ?

- C'est l'étude de la personnalité.

- Ah.… Ça sert à quelque chose, ça ?

- Évidemment. Pour savoir si quelqu'un peut travailler,

il passe des tests.

-"Des tests" ?

Ah oui, des tests. Oui, des tests.

- Par exemple, cette tache, là,

ça te fait penser à quoi ?

- Au ménage qui n'a pas été fait.

- Non. Je veux dire la forme, le dessin.

- Attends donc.

Ben, c'est du beurre, ça. Du beurre breton, revenu à la poële.

- Réponse riche.

Sensorialité de haut niveau, esprit matérialiste,

entièrement privé d'imaginaire et plutôt chauvin.

-"Plutôt chauvin", hein ?

Et toi, la Rose,

tu vois quoi, là-dedans ?

- Ah ben, oui. Alors ça, c'est intéressant.

- Ben, c'est une fleur.

- Tu sais ce que ça révèle ? - Non.

- Esprit créatif et romantique,

mais contraint à un travail de bête par un vieux con qui pue.

- Ça rapporte, ton truc ? - Bien.

Bien.

Bien. Et toi ?

- Moi, c'est pas brillant.

Amène donc un café, petite Rose.

J'ai tout fait pour faire une ferme comme ils aiment, écologique.

-"Écologique", d'accord,

mais pas moderne, moderne.

- Je me demande ce que t'y connais.

- Je voulais être fermier aussi. - Il y avait qu'une place.

- Sauf pour les ennuis.

- Tu voulais travailler la terre ? Tu sais même pas tenir une bêche.

- Vu l'état de ta ferme, ce sont des comptes qu'il faut tenir.

- J'ai pas à t'en rendre !

- Bien ! Je la boucle et je m'en vais.

T'es toujours aussi con

et aussi borné !

Ça non plus,

ça a pas changé. - C'est qu'un grain, ça.

- Bon.

Qui est cette femme dans cette Fiat rouge ?

J'ai dit ton nom et elle m'a éjecté. - Oh, celle-là…

Mon pauvre Pierre, t'as bien fait de filer à Paris.

C'est pas rose tous les jours, ici.

- Écoute-moi bien, Joseph,

j'ai pas fait 600 km pour écouter tes lamentations.

J'ai 2 jours à t'accorder, alors essaie de m'expliquer.

- Première chose : prendre rendez-vous avec ceux du château.

Ton téléphone ? -"Téléphone" ?

Pourquoi pas un frigo ?

- Salut, Henri.

Ça va ?

T'es content de ton travail ? - Ben, oui.

- Tu veux pas le perdre.

- Ben, non.

- Il paraît que tu pratiques l'auto-stop, maintenant.

Avec n'importe qui.

- Pierre ? C'est un vieux copain.

- Les Cohen, ils ont pas de copains.

T'étais pas prévenu ? - Ben, non.

- Il était pas prévenu. - Grimpe.

- Non mais ça va pas ?

Lâchez-moi.

- On va t'aider. - Ne me touchez pas !

Non ! Sortez-moi de là !

Faites pas les cons ! N'allumez pas le broyeur !

- Arrache-toi ! Tu pues !

- Coucou, mon lapin !

- Je m'assois là ? - Tu veux de la moleskine ?

Allez !

- Joseph, t'es comme il y a 20 ans.

Tu dois comprendre deux choses :

ne pas prêter le flanc à ton adversaire en étant névrosé,

et t'adresser aux gens selon leur quotient intellectuel.

On ne parle pas à un huissier comme à un chef de gare.

Tu me suis ?

- Holà !

Ho !

- Ah non. Toi, tu restes là.

Les gueulantes, le fusil, terminé.

Place au dialogue. Hein ?

- Si tu gueules pas, tu passes

pour un con. (-Chut !)

(Allons.)

- Ils sont bien moches, tes dahlias.

Il est dégueulasse, le parterre.

Ah, la bonne vie, ici.

Ho !

- Il ne faut pas agacer mon chien. Viens, Ketchup.

- Il y a quelqu'un ?

Il y a du monde ?

Et le chien ?

- Qu'est-ce que c'est ?

Vous êtes devant moi comme une bûche infâme.

Vous culbutez à droite,

vous culbutez à gauche.

Même les juments vous affolent.

Pour un peu, vous feriez un enfant au tracteur.

Vous êtes ignoble,

Alexandre.

Je m'écœure.

Je supporte plus le goût du cognac,

ni même le son de ma voix.

Ah, c'est vous !

- C'est moi.

- Blond voyageur.

Il vient me dire qu'il ne m'en veut pas.

- Exactement, madame.

- Marjolaine, c'est mon nom.

Vous aimez ?

Ah, Pierre,

dire que je me suis égarée et imaginé

une aventure avec ma fille !

Comment n'ai-je pas senti plus tôt ?

Mes yeux s'ouvrent.

J'ai devant moi un homme qui aime les vraies femmes.

Me trompé-je ? - Oui.

- Et pour peu qu'une odeur de péché

les ravive.… - Oh là là.

- Cet espèce de salaud qui ne voit rien,

qui fout le camp à tout bout de champ,

soi-disant pour soigner des bêtes malades.

N'y a-t-il pas de quoi exacerber l'être le plus équilibré ?

- Il s'agit d'un cas classique de frustration affective.

Vous n'êtes pas une exception.

- Je n'aime pas cette phrase. Vous parlez comme lui.

Peut-être ne suis-je plus assez belle…

Ni assez jeune.

- Mais si, vous l'êtes. Je vous assure, Marjolaine.

Mais est-ce bien raisonnable ? Pleurer ainsi, à vôtre âge ?

Je veux dire.… - Vous avez tout dit. Sortez !

Ketchup !

- C'est ça, chère madame. Avec joie !

- Alors ? - Je l'ai vue.

Prise de contact positive.

- Non, écoute… - Chut, pas un mot.

Monsieur, où puis-je trouver M. Alexandre ?

- Il est monté soigner une bête malade.

- Joseph, reste avec monsieur. Je reviens.

Il n'y a pas de chien ?

Hep ! - Chut !

- M. Alexandre est là ? - Oui.

Ça n'a pas encore commencé. - On peut voir ?

- Y a la porte.

- Je ne vous dérange pas ?

Sachez que je ne porte à tout ça

aucun jugement de valeur.

Chacun est libre d'agir à sa guise.

Un bon attentat à la pudeur est instructif pour les enfants.

- Foutez le camp !

Que faites-vous là ?

- Je me présente…

Pas facile d'accès,

mais véloce, pour son âge.

Bravo.

Mademoiselle.… - Aline.

- Au plaisir.

- Et le dialogue. - Amorcé. Un peu rapide.

- Il t'a dit quoi ? - C'est prometteur.

Il est sanguin. C'est un homme qui recule.

- Allez !

Allez ! Ya !

- Ils sont venus faire quoi ?

- Simple visite de courtoisie.

- Alexandre, ça va ? T'es complètement dépoitraillé.

- Vous savez ce que c'est.

Quand les enfants sont en balade,

je reste seul à manipuler les tonneaux.

- Sans compter ces bêtes malades à soigner.

Une véritable épidémie.

- Y a eu de la bagarre ou quoi ?

- Vous êtes bien sombre.

Le moral en a pris un coup ?

Un grain de sable contrecarre vos entreprises ?

-"Entreprises"

douteuses. - Oh !

Je vous en prie, Marjolaine ! Écoute, ma chérie,

ces affaires ne concernent que les adultes.

Où allais-tu ? - Je sortais.

- Sors, mon petit.

- Bon, ben, salut.

- Moi, je comprends pas, là.

Toutes ces salades avec les Cohen.

On n'a pas à prendre de gants.

La ferme est à nous.

- C'est encore celle des Cohen, ne l'oublie pas.

- Aubry suggère qu'on pourrait

la brûler. - Encore une proposition comme ça

et je vous casse en deux !

- Comment ? Tu l'as pas reconnu ?

- Excusez-moi. - En tout cas, ça s'arrose !

- Vous prenez quoi ?

- Un lait grenadine. -"Un lait grenadine" !

- J'ai pas de grenadine et pas de lait.

- Sans réfléchir,

ça représente quoi, ça ?

-"Ca représente quoi" ?

- Ça te fait penser à quoi ?

- Je sais pas, Moi. Des roues de moto ?

- Ça ? Les Jeux olympiques. - Mais non !

C'est la femme de René, ça. - Ça va.

C'est un test, ça. C'est son boulot, à Paris.

Il explique les taches. Ça rapporte.

- Je peux téléphoner ?

- Ça rapporte gros, hein.

- Dis donc, je t'avais pas interdit l'entrée ?

- Germaine, c'est oublié. -"Oublié" ?

T'as pissé contre le comptoir.

- J'entends rien. - Il a pissé

contre le comptoir. - Non,

j'ai pas la tonalité. - Ça fait un bail.

Des choses se sont passées.

Un nouveau gouvernement, des étés pourris,

l'arrivée de mon frère, attention,

un crack dans sa partie. Il va remettre de l'ordre.

Alors voyons, Germaine, on passe l'éponge, hein ?

- Tiens, voilà le canardeur. - Salut, l'ami.

- AIlô, Françoise ? Oui, c'est moi.

Ça va.

Oui, bien. Il pleut, il pleut plus, il pleut…

Oui.

Mais oui, je te pardonne. Oui, moi aussi.

Mais, Françoise, je peux pas être partout.

*Musique douce.

...

Non, je t'ai dit : je peux pas être partout.

Y a deux connards qui ont mis un disque.

- Il me gonfle, là. - Je t'appelle d'un café.

On peut baisser ?

- Oui. Voilà.

- Il faut se mettre à leur portée.

- Il va être à ma portée, s'il continue.

- J'ai une faculté d'adaptation.

Dis-moi, je dois rester 2 ou 3 jours de plus.

Ben, oui.

Quand je commence,

je vais…

Je vais jusqu'au bout.

Qui. Oui, je te rappelle.

Je t'embrasse.

- Bonjour.

- Bonjour.

- Voici Mélaine Favennec et un ami.

- Bonjour. - Salut.

- Désolée pour ce matin.

- C'est peu de chose.

- Vous avez fait une grosse impression

sur mon père. Bravo.

- Il a la cote avec les gens du château, surtout avec les dames.

Tiens, tu me mets un petit Ricard.

À son âge, j'étais pareil. Toutes les femmes, bon Dieu.

- Tu te vantes pas un peu ?

- Tu devrais fermer ta gueule, parce que ta femme….

Veux-tu me lâcher ?

Y a que le train qui lui est pas passé dessus.

Lâche-moi !

- Allons ! Qu'est-ce que c'est que ce bin's ?

C'est fini, oui ? Oh ! - C'est l'autre cocu.

- C'est pas la peine de le crier sur les toits !

Un peu de civilité ! On peut causer gentiment !

- On peut causer dehors, si tu veux.

- Oui. On va causer

plus tranquillement.

Ce qui est dit est dit.

- Salut.

Allez, viens ! Allez !

Allez !

N

- On peut pas discuter.

- Tu viens pas souvent au pays, mais le travail reste propre.

T'as pas perdu ta savate magique.

- Je travaille en mocassins.

- Prépare le bock de la table à côté.

Là. Non.

Plus profond.

Stop. Parfait. Bien dans l'axe. Parfait, je te dis.

Attention, l'artiste va travailler sans filet.

- Menteur ! - Comment ça ?

- Tu vas pas recommencer ! - Germaine, sois tolérante.

- Joseph, je peux pas te laisser faire ça.

- Joseph, on devrait rentrer.

- On vient d'arriver. - Excusez-moi.

- Oh, on peut plus rigoler. - C'est dur.

- Si vous voulez, je vous ramène. - Je veux bien.

- Veux-tu me lâcher ?

- Salut, les amis.

Mais qu'est-ce que c'est ?

- Toi, ne reviens pas à moins de 10 mètres de mon café !

- Ça, c'est du dialogue.

- Et c'est valable pour toi aussi.

Cava Pas trop de bobo ?

- Désolé. - Je vous ramène ?

- Je veux bien. Ma voiture est là.

- On se voit à la maison.

- J'ai pas fini ma tournée.

Louis, t'es pas près de me revoir.

T'as perdu ma clientèle !

- J'ai fermé avec les clés à l'intérieur.

- Attendez, bougez pas. Tenez-vous là.

Bon.

- Dépêche-toi, toi ! - Du calme, y a pas le feu.

- Ça va ? - Ça va.

Le fond de l'air est frais, mais ça va.

- Vous n'allez pas m'abandonner là ?

- J'éternue toujours dix fois. Autant le faire tout de suite.

- Ce que vous pouvez être humide.

- Pincez mon nez.

- Attendez.

- Que c'est laid, tout ça.

Bon. Règle numéro un : les chaussures.

L'essentiel est d'être à l'aise.

- Vous feriez bien d'en faire autant.

Enlevez vos chaussures. - Ah oui.

Ça va, le genou ?

- Beaucoup mieux.

- Bon.

- Je vais être responsable d'une bronchite ?

- Vous permettez ?

- Mais je vous en prie.

- Ça fait du bien, le feu.

...

...

(-Anna, ouvre-moi.)

(-Merde, je suis en retard.)

- Oui, voilà.

(-Anna, c'est moi.)

(-Par là.)

J'arrive.

- Excuse-moi, petite chérie.

J'ai pas mes clés, alors je passe par chez toi.

- D'où viens-tu, à cette heure-ci ? - Une bête malade.

Non, mais je rêve.

Non, mais enfin, je rêve.

Des vêtements d'homme. Il y avait un homme.

Où était-il ? Où est-il ?

- Papa, je dois t'expliquer. - Rien du tout !

Et pieds nus !

- Mais écoute-moi, bon sang ! - Il peut pas être loin.

Oh, merde.

Un Cohen.

Nom de Dieu.

Un Cohen, en plus !

Marjolaine ! Votre fille a passé la nuit avec un Cohen !

- Et vous, avec qui vous avez passé la nuit ?

Avec une bête malade ?

- Ça va ? - Oui.

...

- Oui, je sais.

- À la maison, toi.

- Si t'avais pas passé la nuit dans les bistros.…

- Dans ta tenue, on donne pas de conseils.

- C'est ta ferme, merde !

- T'es pas venu ici pour te balader débraillé.

- J'ai travaillé pour toi.

- Pendant ce temps-là, ces salopards ont débarqué.

Regarde le résultat.

Comment on peut en arriver à des choses pareilles ?

- Regarde ça.

Et ça.

- Oh, putain.

Ça, c'est un coup des frangins.

- Tu sais comment on répond à ça ? - Avec mon fusil.

- Non. - Quoi, "non” ?

Je suis maître dans ma maison.

- C'est ce qu'il y a de mieux.

Ce sont des preuves.

- Hé là, douce…

Oh, t'as raison.

Oh, sacré frère.

- Allez. T'as du plâtre ?

- Pour ? - Mouler les empreintes.

Je te bricole ça, je fonce à la gendarmerie.

Toi, surveille. Ils sont foutus.

- Oui, ils sont foutus.

Ils sont foutus.

Rose, on va leur en faire baver, tu vas voir.

Pour parler de choses sérieuses, avec Anna, raconte.

Qu'est-ce que c'est ?

- Mes pièces à conviction, nom de Dieu !

Tu es là ?

- C'est merveilleux.

C'est l'endroit dont je rêve depuis l'enfance.

Excusez-moi.

J'ai roulé toute la nuit. Je suis affreuse.

Oh, ces cheveux…

- Ils sont parfaits.

- Bonjour, mon chéri.

Je n'ai pas pu résister. Tu me manquais tellement.

Mais… Mais c'est ton frère, je suppose.

Si vous saviez comme il me parle de vous.

Je vous vois à la tâche. Je dérange ?

- Non. - Sinon, je m'éclipse.

- Oh non, vingt dieux !

- Calme-toi. C'est une femme comme les autres.

- Oh, vingt dieux.

- Reste pas là comme une potiche à répéter ça. Rentrons.

- Oh, vingt dieux !

- J'adore ces petites boîtes. Vous savez,

à Paris, elles valent une vraie fortune.

- Vingt dieux.

Il faut que je vous dise un petit truc.

J'ai jamais rien vu de plus beau depuis le Tour de l'Ouest cycliste.

Il y avait une petite blonde boulotte

qui jouait de l'accordéon, c'était…

C'était pas hier.

Ça m'en avait foutu un coup.

J'ai jamais rien vu de plus agréable jusqu'à aujourd'hui.

Il aurait pas fallu me pousser. J'étais fringuant, à l'époque.

- Bon, ben... Hein ?

- C'est adorable, ce que vous dites là, Joseph.

Et à mon tour de vous avouer quelque chose.

Si j'avais été blonde, avant-guerre, je n'aurais peut-être pas refusé.

- T'entends ça, la Rose ?

- Ça suffit, oui ?

- Mais on peut parler, non ?

- Tu sembles énervé, Pierre. Ça ne va pas ?

Tu n'es pas heureux de me voir ?

- J'ai fait une bêtise, en venant ? - Pensez donc.

- J'ai juste été un peu surpris.

J'ai tant de trucs à régler.

- Il vient pas souvent au pays. Il est un peu déboussolé.

- Joseph, est-ce que je peux vous enlever Pierre

quelques instants ?

J'aimerais qu'il me fasse découvrir les alentours.

Tous ces bosquets, tous ces fourrés.…

- C'est-à-dire que…

- Va donc, mon garçon. Je m'occupe de tout.

Je tiens le café au chaud.

- On va prendre l'air.

- Allez donc prendre l'air.

- Alors raconte, où est-ce que vous en êtes ?

- Pour l'instant, je suis un peu noyé dans les contradictions.

- Ah bon ? - Depuis le début…

Excuse-moi une seconde.

- Je me suis permis. J'avais peur que vous restiez en bretelles.

J'ai ramené vos affaires. J'ai tout repassé.

Et vos chaussures.

- C'est gentil. Ça s'est bien passé, ce matin ?

- Ils ont hurlé comme des bêtes. Ma mère

s'est évanouie. Quand ils ont été épuisés,

j'ai expliqué la réalité de notre aventure.

Ils ont compris.

- Ah ben, tant mieux. Et votre genou ?

- Ça va, c'est fini.

- Non, Françoise ! Françoise !

Françoise !

Françoise, écoute. Françoise !

Françoise ! - T'en fais donc pas.

De ce côté-là, elle ira pas bien loin.

- Françoise, écoute-moi ! Françoise !

- J'en ai marre !

J'en ai marre ! J'en ai marre !

- Salaud ! -Qu'est-ce qu'il y a ?

- Oh merde, écoute… Mais merde ! - Hé.

Elle a frôlé Gloire à Dieu. - Et alors ?

- C'est mon bateau. - Mais je m'en fous !

Françoise. - Pas besoin d'un dessin !

- Mais arrête, écoute !

Viens.

- C'est pas le frère de Joseph ?

- C'est pas Pierre, ça.

- Si, c'est Pierre. - Ça va ?

- Mettez-la dans mon hangar. - Merci.

Bonjour. - Bonjour.

- Pierre, de retour ? - Qui.

Et les huîtres ? - Invasion des japonaises.

- Ils sont partout.

Oh, René !

Ben, ça alors !

Tu vas bien ?

Ça me fait plaisir.

Toujours pêcheur ? Je suis content de te voir.

On se revoit au café. Hop, merci.

Allez, salut.

Voilà, reste là.

Oh, regarde ça.

Oui. Bouge pas.

Le jet d'eau, s'il te plaît.

Non, non, non.

Vas-y, ouvre.

Oh, pardon.

Pardon.

Je m'essuie les mains pour pas te salir. Voilà.

Doucement.

- Mais.… - Ah ben, si.

- Oh, sadique !

- Tiens. Tiens ça.

T'aurais dû me laisser m'expliquer.

Au lieu de t'enfuir n'importe où.

Voilà.

Ça valait la peine de se couvrir de boue ?

Allez. - De toute manière, c'est ta faute.

- Les jambes, maintenant. - C'est froid !

- Oui, c'est froid. Ça, oui.

- Mes chaussures.… - T'en auras d'autres.

Voilà.

- C'est malheureux de devoir se cacher pour regarder chez soi.

- C'est dur de sauver les apparences.

- J'ai vu ce que j'ai vu.

- Je me suis fait congeler. Ça, tu l'as pas vu.

Je pouvais pas rester comme ça.

J'ai mis mes habits devant la cheminée

pour pas éternuer. Tu comprends ?

Alors là-dessus…

Il y aurait tant de choses à dire sur la fragilité des témoignages.

Il fallait bien qu'on me les ramène. - Oui.

- T'as froid.

Si tu me trouves pas une couverture, je te noie.

Les marins regardent la mer.

- On fait une pause.

- Qu'est-ce que tu regardes ? - Ça vaut le coup.

- Waouh ! Vingt dieux, la belle église !

- Mon frère ?

- C'est un souvenir de Saïgon. - Va garer mon cheval, saligaud.

Va ranger mon cheval.

Il était en train de… - SALIGAUD, VA.

- Tiens.

Il y a une chose que tu dois croire :

c'est qu'on s'aime, nom de Dieu.

Demande-lui. - C'est vrai.

Il dit souvent des conneries, mais jamais de mensonges.

Elle a pas chaud. - Oui, ben ça va !

- Quoi, "ça va” ? Il peut bien me toucher.

Tu as de la chance de l'avoir. Joseph est sincère, lui.

- Parfaitement. Je suis un homme de dialogue.

Oui.

Dans notre cas, il y a plusieurs points à considérer.

- T'iras regarder ailleurs. - Tiens.

Regarde là-bas, en face. Tu vois qui je vois ?

Le grand mec, c'est Arnaud, le fils du châtelain.

- Il tombe bien, celui-là.

J'ai deux mots à lui dire.

Oh mon Dieu, tous ces trucs que j'ai à faire, moi…

Bon, tu bouges pas. Reste là 5 minutes.

- Je veille sur elle.

Je croyais que t'étais pressé ? - Qui.

- Tu peux me traverser ? - Si tu veux.

- Bon Dieu, c'est toi ? - C'est moi.

Tu te souviens ?

- Oui, oui. - Nicole.

- Ben, oui, Nicole. Tu penses si je m'en souviens.

C'était pendant les grandes vacances de…

C'est si loin, tout ça. Ce qu'il pouvait pleuvoir…

- Oui. Un jour, on s'était abrités derrière l'église.

Sous ce foutu parapluie.

- Il faisait presque nuit.

- Qu'est-ce que c'est que cette femme ?

- C'est une femme sur un bateau, avec un moteur hors-bord.

C'est pratique, pour traverser.

C'est la passeuse la plus rapide du coin.

Regardez les gars qui s'entraînent, dans la pinède.

Le plus grand, c'est le petit du château.

Arnaud.

Il emmerdait Pierre, quand il était petit.

Mais c'est pas d'hier.

Quand Pierre lutinait une petite…

Parce qu'il y allait, Pierre, quand il était gosse.

L'autre n'arrêtait pas de l'asticoter avec un lance-pierre.

- Bien fait, tiens.

- Et puis un jour, au moment fatidique…

Je me demande si…

Ça devait être avec la fille

de la barque. C'est peut-être avec elle…

l'autre, il a… Pierre a pris un coup de sang.

Il lui a foutu une raclée.

Il s'en souvient.

- On m'avait dit que t'étais là. C'est pour ton frère ?

- Oui.

- Je sais comment on peut arranger ça.

Ne discute pas avec eux.

Si tu veux, je connais des types, des durs.

- Non. La violence ne mène à rien.

À tout à l'heure.

- On fait comme on a dit, je le veux pour moi.

- Arnaud, t'as une minute ?

- Toujours, pour les amis !

- Ça fait plaisir,

de te revoir. Et toi ? - Tu parles !

Comment tu trouves le coin ?

- Accueillant.

- Comme dans tes souvenirs ?

- Ben, Dieu merci, ça n'a pas trop changé.

J'aurais préféré dans d'autres circonstances.

- Moi, ça Me va.

- Ça m'ennuie de faire de la peine à un ami comme toi.

Les conneries qu'on a partagées !

Attention, ça pique.

Mais t'as passé les bornes, la nuit dernière.

- De quoi tu parles ?

- Sans les traces de motos, j'aurais pas fait attention.

- Les motos, c'est pas ça qui manque.

- Oui. Et t'as oublié ton gant. - Un gant…

- Avec tes initiales.

- Bon, vous voulez pas aller attendre un peu plus loin ?

- Joseph voulait le dire aux flics, j'ai dit non.

On va pas mettre des amis dans l'embarras.

On va pas le dire à ton père,

et à tout le village. Ils comprendraient pas.

- Ben, c'était une sorte de plaisanterie.

- Oui.

C'est drôle, hein ? - Oui.

- On va garder ça pour nous, entre amis.

Ah, si j'osais, je me permettrais de te demander un petit service.

- Oui.

- Y a la foutue voiture de ma fiancée dans la vase,

alors je suis en train de me dire,

puisque vous êtes tous les quatre en pleine forme, bien costauds…

Ça va, les gars ? - Qu'est-ce qu'il dit ?

- À tout de suite.

- Salopard ! Enfoiré !

- Ça y est, tout est arrangé.

Je m'occupe de la voiture.

- À la ferme.

Je te préviens,

tu perds rien pour attendre.

- T'as dit des conneries. - On a évoqué des trucs du passé.

Y a prescription. - Joseph !

- Avec elle, y a jamais prescription.

Ça vous fait rire ? - Depuis que t'es là, on rigole.

Un vrai show. - Allez rire chez vos femmes.

Les gars, c'est par là. - T'inquiète pas.

On va la trouver, ta Rolls.

- Écoute-moi bien, Joseph.

Tu diras à ton frère, au retour de sa thalassothérapie,

que si je le retrouve à rôder dans mon château.…

- Si tes merdeux de gamins reviennent foutre le feu,

je leur tire dedans. - Tu n'as pas de preuve.

- Et la meule, elle a brûlé toute seule ?

Des preuves, y en a plein.

- Voilà ce qui arrive, quand on est buté comme un âne.

Je te préviens pour la dernière fois,

tu plies bagage avant que les gros ennuis ne commencent.

- Cause toujours, tiens.

PN

- Ah, le con ! Avance donc, con !

Tous des cons !

- Bravo, pour le coup de la fosse à purin.

- Les cavaliers prennent toujours la même coulée.

- Qu'y a-t-il ? - Un ami est tombé.

- Allons voir ça.

- Oh, mon pauvre Alexandre.

Oh, mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Te voilà dans un drôle d'état.

Tu savais pas.

Il est tellement loin de nous, là-haut, dans son château.

Nous, on creuse, on croit bien faire, et on n'a pas le temps

de parler. - Et la vie va si vite.

- Quoi qu'il en soit,

nous voici en face d'un sujet plongé dans un élément inhabituel.

- Qui reçoit une poussée verticale égale au poids du liquide gaspillé.

- Sujet frappé de mutisme.

Il semble réfléchir.

- Nom de Dieu de bordel de merde !

Je vais vous flanquer les flics au cul !

- Le sujet devient rapidement irritable et blasphématoire.

- Bon. On va pas passer la nuit là-dessus. J'ai une bête malade.

-""Une bête malade." Oh.…

C'est sacré. - Ah, oui.

-""Une bête malade."

- Avant de songer

à vous sortir de là, j'ai une faveur à vous demander.

Pardon ? - Ben, oui. Quelle "faveur" ?

- On pourrait discuter entre gens civilisés.

Par exemple.… demain ?

Et par exemple…

10 h, au château ?

- J'allais vous le proposer.

Hue !

- Moi, je vais vous dire,

j'ai l'impression qu'un vent aimable va souffler sur le château.

- Ouille !

Ça t'apprendra à foutre le feu partout.

Enlève ton casque,

quand tu veux parler à ton père !

Qu'est-ce que vous foutiez ?

À quoi ça rime, cette espèce de ballet aquatique ridicule ?

Ça me fait mal au ventre. Ils vont pavoiser, chez les Cohen.

- C'était une bonne journée, dans l'ensemble.

D'abord, un rayon de soleil…

Et la bonne marre.

Et pour terminer, une bonne petite soirée tranquille, en famille.

- Finis ta soupe. - Une bonne veillée.

- C'est ça. - Pierre nous dira son enfance

tellement formidable avec les filles,

et comment il envisage

le retour de vieilles tendresses.

Rose raconterait…

- Rose ne dira rien.

Quand elle était taxi, elle a eu un accident avec un type soûl.

Elle a quelque chose de cassé, là-dedans.

- Pardon. Je suis navrée, Rose.

- On juge pas, quand on sait pas.

- Pierre, tu faisais moins de bruit en mangeant, avant.

- Il a toujours été un cochon.

- Occupe-toi de tes oignons, au lieu de lorgner.

"Françoise

"a une jolie voix."

- Elle a surtout un joli cul. - Quoi ?

Un quoi ?

Vieux bougre, va. Éteins, j'arrive.

(-Monsieur s'occupe de son frère,)

(et cette Bretonne arrive avec ton costume.)

(-Pourquoi "Bretonne" ?) (-Elle l'est pas ?)

(-C'est une femme comme les autres.)

(-Mais elle a ton costume.)

(-Le haut du costume.)

(-Et tu as couché avec la passeuse.) (-C'est du passé !)

(-Et tu passes avec elle. C'est de la provocation !)

(-Tu peux parler, tu te fous à poil devant mon frère.)

(-Oui.) (-Quoi !)

(-Si tu t'excuses pas… ) - Moins fort !

Aïe ! - Alors, on roucoule ?

- Ta gueule, toi !

- Mais non, mais non.

Joseph est un emmerdeur, un faible,

mais on se comprend, lui et moi.

Tandis que l'autre… Je le sens pas.

- Si tu nous laissais faire,

là, au moins, il pourrait lui arriver des trucs.

- Vous n'en avez pas fait assez ?

Dorénavant, je vous interdis de vous mêler de ça !

- Papa veut bien être un salaud, mais pas un forban.

- Exact.

- Moi, ces Cohen, je les trouve plutôt sympathiques.

- Joseph, je dis pas…

Mais l'autre, je le sens pas du tout.

- Vous dérangez pas pour moi, les enfants.

Et puis Rose, pas de problème, elle dort.

Elle connaît pas son bonheur.

Sifflotement.

...

Je sais pas ce que j'ai, ce soir. J'arrive pas à dormir.

- Viens, on se tire.

- On va capter l'oxygène ? - On sort parce que tu nous emmerdes.

- Tu dors vraiment, la Rose ?

...

PN

- Qu'est-ce qu'ils foutent !

Joseph ! Arrête ! T'es fou ! - Fous-moi la paix !

- Tu sais ce que tu risques ?

C'est en taule, que tu vas te retrouver !

- Et eux, à l'hôpital !

Je t'emmerde !

Je t'emmerde !

Oh, les fumiers !

Nom de Dieu !

Rose ! Nous voilà revenus au temps des cavernes !

On causait pas du tout. C'était autre chose !

Autre chose que tes paroles !

- C'est pas un crime, d'essayer la douceur, merde !

- Tout doux. Monte pas sur tes grands chevaux.

- Reste correct, Pierre.

- Mais j'arrête pas !

C'est pour ça qu'il gueule.

Moi aussi, je peux être féroce et pousser des cris !

Mes instincts !

Où sont mes instincts ?

Ils veulent cogner, ça va cogner !

Où est Alexandre ?

- Ne lui faites pas de mal !

- Où est Alexandre ? - Non, je ne dirai rien.

Il est là.

- J'en peux plus, de soigner des bêtes malades.

Ah, nom de Dieu ! Quel con !

Hue !

PN

Il va souffrir.

- Non, ne me dites plus rien.

Ne me dites plus rien.

Mes propres enfants. - Allons, allons, allons.

Ne nous laissons pas abattre. - Les bêtes

n'ont pas été touchées ? - Non, ça va.

- Pierre… Je peux vous appeler "Pierre" ?

Pierre, c'est affreux,

je ne comprends plus.

- Buvez un peu d'eau, mon ami. - Merci.

- On a toujours des déboires, avec les enfants, je sais.

Je me suis longtemps occupé de psychologie enfantine et…

C'est la révolte au père.

À travers Joseph et moi, ils veulent vous atteindre.

- Vous entendez ? C'est moi, qu'ils brûlent.

C'est moi, qu'ils saccagent. C'est moi, qu'ils meurtrissent.

- Je suis désolé.

Je croyais être confronté à un répugnant rapace,

et j'ai devant moi un colosse brisé.

Évidemment, je ne voudrais pas partir les mains vides.

- Il n'en est pas question.

J'ai vu le maire. Nous réglons tout ça demain.

Je me déplacerai personnellement avec mon homme de loi.

J'ai même mis les gendarmes dans le coup.

Dans l'intérêt général.

- Bravo.

Alors là, je dis bravo.

Je ne voudrais pas vous importuner plus longtemps.

- Marjolaine, veuillez raccompagner notre ami Pierre.

- Au revoir, Alexandre. Je peux vous appeler "Alexandre”" ?

- Mais bien entendu, mon petit Pierre.

(-Je ne l'ai jamais vu comme ça.) (-Mes hommages, madame.)

- Joli travail, hein ?

- Alexandre, vous êtes écœurant.

- Il aime le dialogue, il en a eu.

- On est venus car on t'aime bien.

Je devrais pas te le dire, mais…

- Ma belle-sœur.

Une femme comme les autres.

Le maire, les deux conseillers municipaux.

Deux cons.

Continue.

- C'est-à-dire qu'Alexandre a décidé de tout mettre en branle demain,

pour t'expulser, avec les gendarmes et tout.

- Il n'a pas à tout saloper. - Quoi !

- C'est terrible, ce que je viens de voir.

Un homme à terre, un chien abattu.

- Mais t'as quoi, là-dedans ? Tu comprends rien ou quoi ?

Les gendarmes seront là demain pour chasser Joseph.

- Oh, l'enfoiré.

Oh, l'enfoiré.

Attendez. Des képis dans la Lande.

C'est excellent, ça, au contraire.

Joseph, t'as des amis ? - Je veux.

- Lançons l'opération.

Françoise va dans les fermes, nous, dans les villages,

Rose centralise tout. Exécution !

- Holà !

- Tu prends les côtés pairs, moi, les impairs.

- Au lieu d'aller boire des coups dans chaque maison,

où on verra que des femmes,

ce serait mieux d'aller au point de chute des hommes.

- Eh ben, on y est. - Oui.

Salut, les gars.

Hé, me voilà, les gars !

- Pas la peine d'avoir fait psychologie.

Il a raison, ce con. - M. Pierre !

Vous tombez bien.

Justement, j'ai une commission pour vous.

Votre dame est pas là ? - Non. Parlez.

- Nicole vous attend à Moulin-l'Abbé pour ce qu'elle a dit hier.

Ses copains… - J'ai compris.

- C'est ce qu'elle a dit.

- Tu ferais mieux de nettoyer ma ferme que t'as salopée.

- Ils m'ont forcé. - Tu viens, toi.

- Non. Je suis sur une piste.

Troupes fraîches à l'horizon. - D'accord.

J'ai la situation en main.

- Je sens bien, ça.

Cette fois, tu l'as mérité.

- Tu l'as mérité.

Ce coup-ci, ça va barder.

Les gars, ce soir, veillée d'armes à la ferme !

Remets-nous ça, Lucienne !

- Pardon, madame.

Joseph Cohen m'envoie.

Il organise un buffet.

Ça va pas être facile.

- Je pourrais prendre le fusil.

- Ah, si vous voulez, oui.

- Ils sont combien ?

- Je sais pas, une quinzaine. - Ils sont comment ?

- C'est des petits durs, des clandestins.

- On peut leur parler ? - Si je suis là, oui.

...

- Pardon, messieurs.

Je vous dérange ?

- Non, pas du tout, au contraire.

- Bonjour. Je viens de la part de Joseph Cohen.

- Mais c'est une visite intéressante, ça.

C'est la petite belle-sœur de Joseph.

La fiancée de notre ami Pierre.

On parlait de vous.

- De moi ? Mais je ne vous connais pas.

- Moi, si.

Strip-tease sur le port, hier.

Vous avez pas vu ça ? Ah, c'était…

Ça m'a bien plu, moi.

- Arrêtez vos conneries.

- Toi, tais-toi.

- On se mobilise pas pour ce genre de truc.

- L'adaptabilité aux imprévus

est le moteur fondamental de l'homme d'action.

Tous les stratèges vous le diront.

Ils sont sûrs, vos gars ? Je veux pas des lavettes et des forts en gueule.

Ça ne va pas être une partie de plaisir.

Il y aura des flics. Il faudra rester dur,

et refuser toute violence.

Il faut avoir la maîtrise de soi.

- Et à quoi tu vois ça, "la maîtrise de soi" ?

T'as une idée ?

- Je suis psychologue de métier, ne l'oubliez pas.

Tenez, par exemple…

Je fais un triangle. Où est-ce que vous mettriez ce galet ?

- Vas-y, toi. - Je sais pas, Moi.

- Attends. Ça m'amuse, Moi.

Ça m'amuse, ton truc.

Je le mets là, moi.

Voilà.

- Aie.

Vous êtes chef ? - Oui.

Ça fait longtemps ?

- Oui. Pourquoi ?

- C'est embêtant. C'est pas grave, mais embêtant.

- Quoi ? - Vous l'auriez mis là,

ce serait passé,

mais là…

Et vous, vous l'auriez mis où, vous ?

- Ah ben, voilà. - Là.

Ça, c'est un chef. C'est un chef.

Bravo. Ça, c'est un chef.

Air d'accordéon.

- Moi, je sais pourquoi

Vomi de putois

Fesses de gugusse

Charogne à puces

C'est qu'on n'a pas changé Malgré de bonnes études

- Bravo, Joseph.

Vous y mettez du cœur.

- Il faut pas vous méprendre. C'est une simple mise en train.

- C'est ça. Et pendant ce temps, je peux me faire violer.

- Vous rigolez ? Vous exagérez.

On -Et ça, j'exagère ?

PN

- Nom de Dieu ! Ne dites rien.

L'homme est un loup pour l'homme ! - Où est Pierre ?

- Parti chercher du renfort.

- C'est trop facile. Tu savais ? - J'ai jamais voulu être chef !

- Moi aussi, je peux le faire ! Voilà !

- Mais j'y suis pour rien.

- Je vais en refaire un ! vous verrez si je suis pas le chef !

Où il est, l'autre ?

- Autant de susceptibilité, j'ai jamais vu ça, moi.

J'ai plus d'entraînement.

- Il vaut mieux que j'y retourne. Je vais arranger ça.

- Je viens aussi. - Non.

Toi, tu restes là.

- Hé !

Ils ont un problème d'autorité, alors du doigté.

- Oui, d'accord.

- C'est con. Il avait bien placé son galet.

- Les gars, faut pas louper ça.

Un postérieur peut en cacher un autre.

Un petit coup de main, ça n'a jamais fait de mal.

Oh mon Dieu, Marjolaine, t'as toujours la main leste.

- Joseph Cohen, t'as pas changé. - Toi non plus.

Y a 20 ans, tu m'aurais pas calotté pour de l'affection.

- C'était il y a 20 ans. - T'es toujours avenante.

- Joseph, il y a du monde.

- T'es en panne ? On va arranger ça. Allez, les gars.

Je regrette d'avoir jamais appris à conduire

ce putain d'engin !

- Mon Dieu, Joseph.

- Oh ! Oh, putain !

Y a pas de bobo, les gars.

Oh, putain.

- Tu te souviens ? On était toujours dans des endroits invraisemblables.

- Viens voir. Y a Nicole avec un gars.

- Qui c'est ? On dirait…

- Aïe !

- Où as-tu mal ? Là ?

- Aïe ! Touche pas !

- C'est quoi, cette connerie ? Merde !

- Tu nous as fait peur. - Il a perdu le frein.

- Heureusement qu'il était là.

- Qui s'occupe de ma pharmacie ?

- Et les enfants ? - Et le cochon de Julien ?

- Nous allons nous organiser.

- On s'est mis n'importe comment, en attendant les organisateurs.

- La châtelaine m'a retenu.

- C'est pas mal. Tu pactises avec la châtelaine.

- On est paysans et hommes d'honneur.

- T'es tout trempé.

- Où est Pierre ? - Je sais pas, mais il chôme pas.

Il va nous ramener une escadrille. Ça va faire un boucan.…

Dis, tu te gares là, avec ton machin. En chicane.

Et puis toi, tu vas dételer Lucienne.

- C'est pas le tout, de boire des verres. Il faudrait s'y mettre.

Alors, on joue aux cartes ?

- J'ignorais que c'était sa femme.

- Belle fille, hein ? Nom de Dieu.

- J'imaginais une touriste qui montre son cul

et s'étonne qu'on lui rentre dedans.

- Faut pas faire ça !

S'il avait été chargé, vous auriez pu vous blesser.

On sait jamais, avec les armes.

En plus, il faut tenir le fusil tourné vers le sol.

S'il y a une cartouche…

Mon pied ! Mon pied !

- Il va y avoir un moment difficile. - Encore ?

- Ça va, mon grand ?

- Eh ben, tu sais, on en a bavé.

Mais arrête. Non, mais.

Ça va pas, non ? Pas de conclusions hâtives.

La situation est plus complexe que tu l'imagines.

Cette jeune femme est blessée. -"Blessée" ?

- Elle a pris une décharge de plombs.

- Ah bon ? La pauvre petite. Et où ça ? Aux fesses.

- Ben, décidément.

- On est toujours puni par là où on a péché.

Fais voir.

Aïe.…

Allez, venez. Je vais vous conduire à l'infirmerie.

Votre nom ? - Nicole.

- L'élément sexe, ça rappelle l'Indo. - Ça va, toi.

- Il t'a pas loupée.

PN

C'est du 3.

- Mais non. C'est du 4.

- C'était du 3.

- Si quelqu'un s'y connaît en plombs…

- Oui, bon. Ça suffit.

J'ai dit "ça suffit". Dehors. Allez !

- Encore un petit. - Y a rien à voir.

- Pas sûr que ce soit du 4. - Dehors !

- Aïe ! Mon pied !

- Ça suffit, la comédie.

- Hé, c'est complet.

- Aie.

- C'est une partie tellement sensible.

- Oui, mais qui cicatrise vite.

Voilà. - Aïe.

- Le dernier.

Dans quelques jours,

ce derrière sera aussi neuf que celui d'un bébé.

- De ce côté-là, vous êtes plutôt bien faite.

Beaucoup recevraient du plomb pour l'avoir comme ça.

- Ho !

Comment ça va, tes petites affaires ? - Ça va, ça va.

Je te raconterai.

- Il évolue, le frangin.

- Vous êtes venue ? - Ben, vous voyez.

- Pour le principe ? - Non.

Pour une personne.

- Qui ?

- Vous.

- Mais alors.… - Vous êtes débordé.

- Un peu, oui.

- Je reste quand même.

Question de principe.

- C'est très bien.

- Quand on allume un feu de la guerre

À l'autre bout de la terre

Tu t'empresses de traiter ce bout-là

De terre à bamboulas

Mais si demain ce feu venait

Nous enlever notre paix

Tu marcherais les armes aux dents

Sous l'œil d'un adjudant

- Dans le temps, en procession, on portait la bannière.

-"Dans le temps".

- Tu vois...

Même si on n'aboutissait à rien,

de se sentir là, l'un contre l'autre,

avec ce monde autour, j'ai peine à y croire.

- Parce que t'es con.

T'as toujours été con et borné. - Oui. Ça, c'est vrai.

- Eux, qu'ils soient là, c'est normal, ils sont comme toi.

Ce que j'arrive pas à comprendre, c'est moi.

Pourquoi je suis content d'être là ?

- Parce que t'es encore plus con. Encore plus con que moi.

Et puis qu'on est des frères.

- Des cons de frères.

...

- Ben alors ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Je t'ai vendu des semences à bas prix.

- Elles étaient toutes germées.

- M. Le Bihan.

Je vous ai trouvé du travail, à vous et à votre épouse illégitime.

- Ah! !

Voilà de la visite.

- Vous étiez vraiment obligés de faire tout ce cirque ?

Non mais, regardez-moi ça.

Ils seraient pas mieux chez eux, au lieu de se geler ?

- C'est un homme de bien,

qui ne voudrait pas que la rosée vous enrhume.

- Vous avez vu, il est pas venu à cheval.

Ce qui se passe, dans sa tête…

- Je vais te dire ce qui se passe, Joseph.

Regardez par là.

- La vache.

- Vous venez pour ma meule de paille ?

- Non. C'est pour une signature.

- Dans ce cas, je vais chercher mes lunettes.

- Très heureux. Je suis le frère de Joseph.

Vous permettez ?

Tu peux lire sans lunettes, c'est écrit gros.

- Trop gros. La voilà, ma signature !

- Pardon. Je peux rajouter un petit mot ?

- Chef, il faut passer à l'action, au plus vite.

- On peut essayer la douceur.

- Surtout pas. Vos hommes sont armés.

- Oui, mais…

Ça va pas être facile. - C'est votre boulot.

- Heureusement que j'ai mes copains,

parce que tes petits durs… - Les clandestins, c'est discret.

Allez renforcer la droite, là-bas.

- Regarde. Celui de gauche.

- Eh ben ? - C'est lui.

-"C'est lui”, quoi ?

- Le tampon.

- Qu'est-ce que vous foutez là ? - Tire-toi, toi.

- Quel tampon ?

Et en plus, ça part pas, cette saloperie.

- Oui, bon. Ça va.

Il t'a fait ça quand ? - Hier.

- Reste là, toi.

Viens, si t'as du cran.

- On est prêts. On est quasiment opérationnels.

- Minute, mon vieux. Une affaire d'honneur.

- Écartez-vous.

- Fais gaffe, Pierre, c'est un vicieux !

- Poussez pas.

- Ça va, Joseph ?

- C'est à la fin du marché qu'on voit le prix de la légume.

- C'est extra ! - Ta gueule.

...

- La pêche, ça va ?

- On a fait 3 tonnes, la semaine dernière.

Depuis, c'est minable.

- Bien, Pierre !

...

- Ton père, ça va ? - Non. Il est en clinique.

- Attention, Pierre.

- Tout le pays te regarde !

- Et tes amis ? - Pas encore.

- Attention, derrière.

- Pierre !

Tu sais que tu es ridicule ?

- Hein ?

- Tu m'entends ?

Si tu prends une dérouillée, je le supporterai pas !

- Allez, vas-y, Pierre !

- Allez, Pierre !

- Tu demandes grâce ? - Putain.

- Hein ?

- Tiens !

- Allez, viens. Viens.

- Salaud, va !

- Oh, ça fait mal.

Musique festive.

...

- Marjolaine, que venez-vous faire ici ?

Ça n'est pas votre place.

- Le château est tellement vide. Ici, c'est animé.

Alors, vous les avez matés ? Pas encore, à ce que je vois.

Où sont mes amis Cohen ?

Ah, bonjour.

- Mes hommages, chère madame. Excusez-moi.

- Bonjour.

- Dis donc, Joseph,

hier, au conseil, on a parlé de toi.

Ton terrain, Tu sais ce qu'ils veulent

en faire ? - Je m'en fous.

Ça changera rien, pour moi.

- Laisse-le parler, ça m'intéresse.

- Eh ben… - Silence. Distribuez vos journaux.

- Laissez-le s'exprimer. Il s'exprime très bien.

- On te le reprend

pour en faire une décharge publique. - Un énorme tas d'ordures.

Une montagne d'immondices.

- Sacrée ganache, va.

Tu m'aurais parlé d'une centrale nucléaire,

ça aurait été un truc valable.

C'était le bordel assuré pour des mois.

- Il va falloir opérer dans les règles.

Joseph, je dois t'emmener.

- Ta gueule. On se bat pas pour des ordures ?

- Oh, vous autres !

- Attendez ! - Vous, y en a marre !

"Venez”, "attendez”…

- On t'a dit de fermer ta gueule ! - Moi, je sais plus.

- Alors t'as gardé le secret pour ça.

Pour de la crotte.

- C'est pas classe. Je vais me changer.

- T'es un nain.

T'es tout petit comme ça. Tout petit.

- Et le fric ? Vieil emmerdeur !

Et le fric, eh !

Ben ça compte, le fric !

- Passez-moi la préfecture.

- Vous en faites pas, chef.

Ces Bretons, ce sont tous des Viets.

- Enlevez-moi ce type ou je fais un malheur.

- Allez, pépé, on y va.

- AIlô, M. le préfet ?

Mes respects, M. le préfet.

Je suis venu avec quelques hommes pour expulser 3 individus

et me voilà avec tout un village décidé à résister.

Alors qu'est-ce que je fais ?

Je tire ou je me retire ?

- Pierre, nos amis sont arrivés.

- À vos ordres, M. le préfet.

Repli général,

et en silence ! - Viens.

- Non, non.

- Il va pas s'en sortir. - Laisse-le se débrouiller seul.

Je l'ai vu à l'œuvre, ce garçon.

Ça peut encore péter un bon coup.

Mets-toi à l'abri, ma Rose, on sait jamais.

- Salut. Bon, on est prêts.

On a déjà disposé les charges.

C'est un vieil engin, mais il marche.

- Les enfants, je vous remercie, mais les gendarmes vont partir.

Donc chacun rentre dans sa chaumière. - Tu plaisantes ?

On a fait des kilomètres. On est tombés en rade.

On n'a pas mangé, pas dormi. On a fait du stop

et tu veux qu'on arrête ? - Ta gueule.

- Votre amour pour la guérilla est un peu démodé.

- Ta ferme, tu te la mets quelque part. Et la prochaine fois,

tu seras comme un con avec ta gonzesse pour pleurer.

Venez, on va enlever les charges.

- Pierre,

je n'ai jamais rien vu qui soit mené avec autant d'inconséquence.

Comment tu fais ? - Question de méthode.

Le plus dur est de négocier

sa propre incompétence. Je peux voir ton tampon ?

- Sale sournois !

...

- C'est ainsi que naquit la légende de Pierre Cohen,

surnommé depuis, le "Pourfendeur des iniquités",

pour avoir bouté l'infamie

hors du Finistère sud, en 1984.

On peut encore voir la statue commémorative

de ce geste fabuleux,

face à la mer,

sur la jetée du port de Doëlan.

Sous-titrage : Eclair Group

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