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Musique douce
-A votre avis, |'inconscient au sens psychologique, c'est quoi ?
Alors ?
—Quelqu'un qui mesure pas Ce qu'i| fait aux autres.
-Inconscient des conséquences de ses actes ?
-Non, mais au sens psychologique.
-C'est comme
quelqu'un qui est dans le coma.
Rhea
-Vous vous surpassez!
Vous semblez fatigué.
D'autres sens. Vite, plus que 10 mn.
Tiens!
\{w» w+»%{%n% %
-Mathilde, s'il vous plait. ♪ aime pas qu'on m'appe||e par mon nom.
-Vous avez 45 mn de retard.
Et encore, vous aviez maths :518 h.
Mais vous étes plus exacte que d'habitude.
A quand remonte votre derniére visite
:51 mon cours ?
A plus de 15 jours. 17, pour étre exact.
Vous pourriez attendre que je VOUS y autorise,
pour vous asseoir.
La seule chose
que vous trouvez é dire
c'est de ne pas vous appeler par votre nom.
Et fa vous, Pinconscient, ga dit quoi ?
Carpentier ?
-Elle vient d'arriver.
Mais pensez-vous que Mlle T...
Pardon. Mathilde.
Pensez-vous que Mlle Mathilde saurait répondre
si elle avait été é |'heure ? -C'est peut-étre pas sa faute.
-Ah ! Mlle Mathilde, quelle terrible catastrophe
justifie donc votre retard et vos nombreuses absences ?
Prenez Ia porte, mademoiselle.
Vous ne reviendrez que quand vous Ie saurez.
La porte claque.
Notez.
En préparation des cours prochains,
vous chercherez comment les Classiques,
puis Bergson,
puis Freud,
définissaient |'inconscient.
Brouhaha
II démarre.
Sonnerie
-Qu'e||e est péle.
-Que se passe-t-il ?
-Elle pleurait puis s'est évanouie.
-On |'emméne :51 la police ? -Non, je vais m'en occuper.
-Vous étes professeur ? -Oui, madame.
N'ayez pas peur.
-Je vais vous ramener au lycée. -Non, non. Chez moi.
-OD est-ce, chez vous ?
-Relevez-vous, je vais vous aider.
Vous avez un médecin ?
-C'est pas grave, il faut juste que je dorme un peu.
-Je ne peux pas vous laisser ainsi.
Je reviendrai tout é |'heure, aprés Ie cours.
-Les clés dans la poche.
Fermez é double tour.
-Besoin de rien ?
Verrou
Brouhaha
-Motif de ton absence ? -Médecin.
-Justification ? -Non.
—Ton Garnet ? —Non plus.
-Chez M. le proviseur.
(533 Va?
-Comment vas-tu ? -(}a va.
—Tu as Is dossier de Mlle Tessier ? —Des problémes ?
-Non, c'est rien, c'est de ma faute. -Voilà.
-Merci.
Quel ége elle a ? -17 ans.
-Et ses parents ?
-Ils habitent Paris. Le pére est médecin, la mére, antiquaire.
Elle est chez nous depuis janvier dernier.
-On n'a pas son dossier de Paris ?
-Non. J'ai pourtant écrit 2 fois.
-Pourquoi est-elle venue ici ? -Mlle Tessier est secréte.
-Non. -Pas de famille avec elle ?
-Elle vit seule ? -Sans famille, c'est certain.
-Comment elle est passée en terminate avec un tel dossier ?
-Gréce é Fleurier, son prof de frangais.
La discussion sur son cas a duré plus d'1 heure. Y a eu vote.
Les représentants des éléves et 1 ou 2 profs ont gagné.
Clavier
-Qu'est devenu Fleurier ?
-Dépression. L'administration a accepté son changement d'urgence.
-Que penses-tu d'e||e ?
-C'est un dréle de phénoméne. Tu t'intéresses é elle ? Méfie-toi.
-Pourquoi tu me dis ga ? Je peux garder le dossier ?
-Oui, mais le proviseur en a besoin demain.
*-Cabinet du docteur.
-Bonjour. Ici, M. Hainaut. Est-ce que le docteur...
-Je vous assure que c'est pas la peine.
Restez pas planté lé. Asseyez-vous.
-Vous allez mieux ?
-Merci pour tout. ♪ avais pas dormi de la nuit.
—Je regrette de vous avoir fait pleurer Ce matin.
—C'était pas 2} cause de vous. Qa m'arrive quand je pense 2}: ma vie.
Douche
Vous allez pas partir!
-On m'attend.
-S'i| vous plait. ♪ ai un peu peur de rester seule.
Qa vous est arrivé d'avoir besoin de parler ?
Bon. Vous bougez pas, hein ?
C'est mon dossier ?
-Vous m'intriguez. -Qa veut dire que j'existe.
-Pourquoi avez-vous quitté Paris ?
Alors ?
-Ma mére. J'en avais marre d'a||er la voir é |'h6pita| tous les 2 mois,
é chaque fois que c'était fini avec son nouvel amant.
-Qu'avait-elle ?
-Tentative de suicide.
Mon pére s'est inquiété.
Entre me laisser seule é St-Etienne ou seule avec elle, il a choisi.
-Vous ne Ia connaissez pas.
-Votre pére est médecin ?
-Psychiatre. Je suis une enfant de la révolution manquée.
En 68, le prolétariat a dégu mes parents. Qu'ont-ils trouvé :51 la place ?
La philosophie hindoue.
Le monde, |'existence, tout n'est qu'i||usion.
Vous devez connaitre ga, VOUS, |'i||usion, la Maya.
II ne s'est plus occupé de rien, enfin, de Ce qui Pembétait. Nous, par exemple.
Elle, c'était le détachement.
Un détachement tel, qu'e||e veut trouver son Dieu tous les 2 mois.
Blague :51 part, lui, il est gentil.
Mais elle, c'est une dingue et une salope.
-Les termes sont contradictoires.
-Pas chez elle.
-Et vos 2 fréres ?
-Combien de fois par mois vous baisez avec votre femme ? Ou par an ?
Pardon.
-Pourquoi ? De quel droit serais-je le seul interrogateur ?
-Votre femme fait quoi ?
-Elle dirige sa librairie.
Et elle écrit des articles pour le quotidien régional.
-Elle vous aime ?
-Bien sfir.
Pas mal de couples...
Téléphone
Je vous invite é diner.
-On m'attend.
-Téléphonez.
N'ayez pas peur, je n'ai plus de larmes é verser.
Vous avez été gentil avec moi. Qa se faisait rare.
*-Vous étes chez les Hainaut,
*nous sommes absents, vous pouvez laisser un message.
*Bip sonore
-Catherine, je rentrerai plus tard,
vers 22 ou 23 h. T'inquiéte pas.
Je t'embrasse.
-On yva ?
-Pourquoi en vouloir
é vos parents ? On est tous des enfants
et c'est dur de voir ses illusions s'écrouler.
-Ils m'ont faite. ♪ avais rien demandé.
-C'est pas facile d'avoir des enfants.
-C'est pour ga que
vous en avez pas ?
-Ecoutez, vous avez assez géché votre scolarité.
♪ aimerais que vous ne pensiez plus :51 vos problémes,
et que vous travailliez.
-Pour quoi faire ? On na?t, on s'agite et on meurt.
-La culture et Ies diplémes vous aideraient é vous agiter mieux.
-Vous y croyez ?
Et puis, la vie est plus riche que la représentation qu'on peut en avoir.
Le désespoir est une forme d'orguei|.
Déguisé.
-Je sais pas si c'est de |'orguei|,
mais quand on |'a attrapé, ga fait mal.
Musique douce
-Vous étes jeune.
Apprenez é étre vierge devant tout Ce qui peut arriver.
Gardez votre argent, vous n'avez rien mangé.
-J'ai jamais eu beaucoup d'appétit. Et vous m'intimidez.
Moteur
Je vous aime bien.
Vous étes comme moi, vous étes seul.
-Pourquoi vous dites ga ? ♪ ai une femme, des amis, des éléves.
Et vous ? Vous n'avez pas de petit ami ?
-Me Her :51 quelqu'un que j'aurai oublié dans 10 ans ?
Et les illusions des autres me font perdre les miennes.
-Que voulez-vous dire ?
—C'est pas assez Clair ?
-Vous étes curieuse.
II est rare de rencontrer une f tile de votre ége aussi désenchantée.
♪ a||ais dire "|ucide".
Promettez-moi quelque chose :
ne vous absentez plus, travaillez et vous aurez le bac.
-Si ga vous fait plaisir.
-Ce serait béte de gécher votre existence.
-Vous entrez ?
-Non.
-Merci de m'avoir aidée.
-Arrivez tét, j'ai donné du travail.
Catherine!
Rembobinage
*-Frangois, c'est Catherine.
*Je suis tombée sur un lot avec des raretés.
*J'ai ensuite un article é écrire. Je passerai la nuit é |'h6te|.
*Je t'embrasse trés fort. A demain.
*Tonalité
*-Mme Hainaut pourrait-elle rappeler M. Raphaél
*au 77.25.11.88...
Chouette
Et ton article ?
Corbeaux
Moteur
Brouhaha dans Ie couloir
On frappe.
Terminate 3 ?
Légers bavardages
Au revoir.
On frappe.
-Oui ?
-Excusez-moi, j'ai été retenue par le prof de maths. Vous m'acceptez ?
-Oui.
Bon ! Alors, cette notion d'inconscient ?
Vous y avez réfléchi ?
Briseville ?
Je sens que Briseville a quelque chose fa dire.
Rires discrete
Toujours dans Ie coma ?
Personne d'autre ?
-Monsieur.
-Les Classiques et Bergson.
Pour eux, |'inconscient n'existe pas.
C'est |'ensemble des souvenirs
qu'un effort de mémoire suffit é rappeler.
Pour moi, Ie seul intéressant, c'est Racine :
Phédre ou Pyrrhus, sous |'effet de la passion,
sont dominés par des forces qui les manipulent.
Ils sont comme possédés. Pour Racine, c'est Dieu qui agit.
Mais Ies forces que Ce Dieu utilise
sont les mémes que celles de |'inconscient freudien.
-Mlle Mathilde, prenez ma place.
-A la fin du siécle dernier, il y a Freud.
II met en forme |'idée d'inconscient é partir de son expérience médicale.
L'inconscient, Ce sont des souvenirs,
ou représentations refoulées, ignorés du sujet
qui réapparaissent sous la forme du symptéme.
Les gens sont agis par des forces, des sentiments qu'ils ignorent,
comme dans la névrose de destinée.
-C'est-é-dire ?
-Certains sont prisonniers de leur destinée
et rencontrent toujours les mémes drames.
Ils sont le jouet de la fatalité.
Pour la psychanalyse, ils sont prisonniers de leur inconscient.
-C'est quoi, Ia psychanalyse ?
-Au début, Freud essaie de soigner les hystériques,
les malades atteints de troubles.
En fait, ces gens sont prisonniers
de désirs refoulés et interdits, donc inconscients.
Peu é peu, Freud arrive é vaincre
les résistances du malade.
Le souvenir traumatisant devient conscient,
le malade en parle et le symptéme disparait.
—C}a marche fa tous les coups ?
Musique douce
ll
Applaudissements
ll
-Je vous donnerai le sujet de la dissertation demain.
Mlle Mathilde, je voudrais vous voir.
-T'as été fantastique. Tu m'expliqueras...
Brouhaha
-Mademoiselle.
Vous avez été remarquable. -Mon pére est psychiatre.
-C'est une culture que vous avez parfaitement digérée.
Carpentier!
♪ ai un mot a dire é votre camarade.
Vous savez qu'i| y a une réunion
é votre sujet ? -La prof de maths veut me faire vider.
-Y a pas qu'e||e.
Vous m'avez rendu aucun devoir. -Vous y allez ?
-Oui, :5115 h. Vous serez encore lé aprés ?
-Non, mais vous pouvez appeler pour me dire. On peut se voir chez moi.
-Vous me promettez de vous y mettre sérieusement ?
-Pour vous je veux bien.
-Comment ga, pour moi ?
-Salut. -Salut.
-Bonjour, tu vas bien ? -(}a va.
Bonjour, mesdames. -Bonjour.
—Je vous apporte Ce dossier dans une demi—heure.
-Bonsoir, entrez.
-M. le proviseur. -Monsieur.
-Bonsoir.
-Alors... que fait-on de cette gamine ?
M. Hainaut. Mme la conseillére.
-Qu'on Iui Iaisse une chance. -Impossible, en anglais,
elle n'a pas ouvert Ia bouche. Elle n'a fait aucun effort.
Discussion vive
-J'ai obtenu un délai jusqu'é Péques.
Je me suis engagé. Je vous aiderai.
Vous étes nulle en anglais ?
-Je le parle depuis mes 5 ans. ♪ ai passé mon enfance é Londres.
-Vous ne parlezjamais en cours ?
-Pour quoi faire ? Le guignol devant une imbécile nulle ?
-Et en maths ? -En maths, c'est autre chose.
—On Va s'y mettre maintenant.
En A, on vous demande pas grand-chose. Votre bouquin.
-J'en ai pas. -Que vous manque-t-il encore ?
Elle rit.
-J'ai rien.
-Méme pas un cahier, un classeur ? -Non, j'ai rien.
-Et ga vous fait rire ?
-Quand X est compris entre un demi
et plus |'infini, F' de X est positif, donc F de X
est croissant de 3 quarts :51 plus |'infini.
-Bien. Prenez le sujet de la prochaine dissertation.
Une fois intégré |'inconscient freudien :51 la psychologie moderne,
que devient |'idée de la liberté humaine
et quelle place peut-elle occuper désormais ?
-Tu crois pas
que tu vas un peu vite ?
Choc contre la vitre
-Vous avez entendu ?
-Tu peux me tutoyer, tu sais.
PNoéJ
-Laisse tomber. -On appelle Noé.
-Noé!
—Noé, (fest vous 'ye suppose '?
-Mon pére m'appe||e comme ga.
II ferme Ia porte.
-Qui c'est, ce type ?
Qu'est-ce qu'i| te voulait ?
-Des sous. C'est un ami d'enfance.
-Alors il vient de Paris ? Que fait-il dans la vie ?
-Rien.
—I| vit de quoi, alors ?
-Je suis pas sa mére.
-Pour lui donner de |'argent, tu te caches ?
-Bon, on se remet au travail ?
A demain, alors!
Porte
Pas £73 Papproche
—Tu sais Ce qu'on m'a demandé
a la Iibrairie ?
Tu vas pas bien ?
-Mais si.
Alors ? A la librairie ?
-On veut ton livre,
"La philosophie mystique chez Simone Wei|" par Frangois Hainaut.
Tu vendrais un de tes derniers exemplaires ?
-Qui t'a demandé ga ? -Un jeune homme.
Téléphone
Oui ?
Allé ?
Allé ?
*-Bonsoir. Je pourrais parler :31 M. Hainaut s'il vous plaft ?
-Ne quittez pas.
C'est pour toi.
-Oui ?
*-Je voulais juste te dire bonsoir.
-Bonsoir.
Comment tu as eu
mon numéro ?
*-Dans |'annuaire. Je vais me coucher. Je t'embrasse fort.
* Bien bien fort.
-Boone nuit.
Elle raccroche.
-Alors ton livre ?
Tu as des ennuis ?
Dis—moi Ce qui te préoccupe.
-Rien ne me préoccupe.
-Qu'a-t-elle de particulier ton éléve ? -Laquelle ?
-Celle que tu tutoies.
-Tu sais, j'ai pas grand-chose é dire, hein.
-Raconte quand méme.
-C'est une gamine assez étonnante.
D'abord, tu te dis qu'e||e serait mieux ailleurs que dans une classe,
puis tu tombes sur une f tile surprenante.
Parfois, dans tes copies, tu tombes sur un passage brillant,
ga te redonne confiance dans le métier.
Tu finis par donner une note excellente,
sous |'exaltation du moment.
Lé...
pour la 1re fois de ma vie, j'ai |'intuition d'avoir rencontré
un personnage... de réelle exception.
Voilà une f tile qui, a 17 ans,
a Ie sens profond de la dérision des activités humaines.
Avec une intelligence aigue de |'essentie|.
-Elle est si brillante que ga ?
En orthographe, en maths, mais d'une maniére superficielle.
Au début, je |'ai aidée pour éviter son renvoi.
-Et bercé par |'enthousiasme pédagogique, tu |'as tutoyée.
-Non, aprés seulement.
Je veux la pousser plus loin sur le chemin des idées,
dans la voie de la sagesse.
-Tu ne fais plus ga avec moi.
-Tu n'en as plus besoin!
-Tu n'es pas amoureux d'e||e ? -Tu es béte.
-Promets-moi que ga t'arrivera pas. -Tu es béte.
♪ ai jamais été porté sur les gamines.
C'est toi la femme de ma vie.
Téléphone
-Oui ?
Téléphone
Allé ?
On raccroche.
-Qui c'était ?
Téléphone
-Vas-y, toi.
-Oh, bonjour.
Tu vas bien ? Tu as bien dormi ?
-Tu as besoin de quelque chose ?
*-Juste te dire bonjour. Je t'embrasse. A tout de suite.
-A tout de suite.
-C'était ta gamine d'hier soir ?
Dis-lui de pas raccrocher au son de ma voix.
—Pourquoi Ce serait elle ?
Encove
1 heure et demie.
Musique douce
Ecoute, franchement I Lé I Lé I Lé I
T'as rien pour effacer ? -Lé!
-Alors c'était toi ?
-J'ai commencé é le lire. C'est beau.
"Dieu attend comme un mendiant, immobile et silencieux,
"devant quelqu'un qui, peut-étre, va lui donner du pain.
"Le temps est |'attente de Dieu qui mendie notre amour.
"Les mendiants qui ont de la pudeur sont ses images."
-Le philosophe est |'homme de la cité : un citoyen qui ne peut pas
exister sans cette notion de polis. Politique : expression de la polis.
L'homme est un homme quand il appartient fa la cité et se définit
comme citoyen.
-Personne sait pourquoi Mlle Tessier est pas lé ?
-Je peux continuer mon exposé ?
-Oui, oui.
-Les Grecs...
Conduite nerveuse
II frappe.
-Mathilde!
Mathilde ?
Le moteur tourne.
II coupe Ie moteur.
Coups
C'est quoi Ce bordel ?
Pourquoi
t'es pas venue Ce matin ?
Me dis pas que t'étais malade!
-Eh ben on m'entendra!
Fracas
Qui c'est, ces mecs qui sortent d'ici ?
-T'es jaloux ?
Je suis contente.
-Ils ont passé la nuit ici ?
-Te féche pas, ga arrive souvent.
-Tu te fiches de moi ?
Pluie discréte
Chants d'oiseaux
Musique douce
♪ avais plus ressenti ga depuis mon enfance.
Quand X est compris entre moins |'infini et un demi,
F' de X est négatif.
Elle chuchote.
On se revoit demain :518 h ?
-Tu veux pas rester ? -Non, il faut que je rentre.
Chants d'oiseaux
Tu es la ? -Oui, tous les soirs.
Tu vas bien ? Tu t'occupes toujours de ta lycéenne ?
-Que veux-tu dire ?
-Tu es amoureux d'e||e ? -Pourquoi tu dis ga ?
C'est Ie coup de quelqu'un qui m'en veut!
-Nous sommes heureux
du rétablissement spectaculaire de Mlle Tessier.
Sur Ce, je vous souhaite de bonnes vacances.
Vous aussi.
-Au revoir M. le proviseur.
Au revoir. -Vous aviez raison.
Mathilde a fait des progrés exceptionnels en anglais.
-C'est étonnant, mais bravo. -Merci. Au revoir.
-M. Hainaut. -Oui ?
-On est vraiment contents de Ce que vous avez fait pour Mathilde.
-Quoi donc ?
-On avait tous peur. On croyait qu'e||e allait sombrer.
Elle s'est reprise gréce é vous. -Gréce é elle!
-Au revoir. Vous partez en vacances ?
-Non. -Bonnes vacances tout de méme.
-Bonnes vacances.
-Bravo!
Tu pars avec Catherine ? -Non.
-T'as |'air changé. -En bien ?
-J'ai du mal é te reconnaitre. T'as besoin d'aide ?
-Qu'imagines-tu ? Je te dépose ? -Encore un coup de fil, attends-moi.
-Frangois!
Frangois!
Que fais-tu lé ? -J'ai envie de faire |'amour.
—Tu veux savoir Ce qu'ils ont dit ? —Je m'en fous.
II rit.
II démarre.
-Je suis content : durant les 2 semaines, on va rester ensemble.
On peut s'en alter :51 la campagne, il fait beau.
-Je commence é avoir besoin de toi.
Téléphone
Allé ?
*-Bonjour Noe'.
-Salut. Qu'est-ce qui se passe ?
*-Ta mére a recommencé. Elle est é |'h6pita|.
*Faut que tu viennes. Tu me promets ?
-Oui. *-A demain.
—D' accord. *-Je t'embrasse.
-Je t'embrasse.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Ma mére a encore essayé de se tuer. C'était mon pére.
-Tu crois que c'est sérieux ?
-Si c'est lui qui appelle, oui.
-Tu vas y alter ?
Je peux venir, si tu veux. Je suis Iibre dans 2 jours.
Tes fréres sont prévenus ?
-On sait pas otl les joindre. Ils sont partis en Colombie puis en Inde.
Depuis, on sait pas Ce qu'ils sont devenus.
-C'est quoi cette histoire avec la police ?
-Ils avaient 15 ans. C'étaient des dealers pour avoir leur dose.
Ils se sont fait choper et on les a forcés
é partir en désintoxication.
-Ton pére n'a rien vu ?
Et toi, dans tout ga ? -Moi ?
♪ avais 11 ans, j'étais comme eux.
-Tu te droguais aussi ?
-C'est eux qui m'ont initiée.
-Tu t'es pas fait prendre par la police ?
-J'avais 11 ans ! Ils se sont pas doutés.
-Comment tu as fait quand ils sont partis en cure ?
-Je me suis prostituée.
Je suis rentrée dans un réseau. Y avait d'autres gamines.
C'étaient des hommes qui venaient, des fois avec Ieurs femmes.
Mais faut pas croire que c'était dur ou traumatisant.
On faisait ga comme ga, quoi.
-(}a a duré longtemps ?
-2 ans... Non, 3 ans.
Et aprés j'ai réussi é m'arréter, toute seule.
Je suis trés forte pour certaines choses.
Mais sois pas féché. S'i| te pla?t. Je t'ai dit ga
parce que je te fais confiance.
Tu comprends ?
-On m'a dit que les drogués devenaient des menteurs,
qu'ils disaient tous qu'ils allaient s'arréter.
C'est pas vrai ?
-Si.
—Pourquoi Ce serait pas pareil avec toi ?
-Je te lejure surtoi.
Je mens pas. Si tu me crois pas, tant pis pour toi mais...
Tu veux mon numéro lé-bas ?
Musique douce
-Pour quoi faire ?
-Attends.
-Arréte. T'es trop douée pour ga.
La porte claque.
Téléphone
-Qa n'arréte pas depuis tout é |'heure.
On raccroche au son de ma voix.
Tu vois pas qui ga peut étre ?
Tu |'as interrogée é propos de la lettre ?
Alors ?
-C'est peut-étre toi qui |'as écrite pour me sonder.
-Elle te joue la demoiselle
en détresse ?
-Et toi, la jalouse ?
A ton “age '2?
-Salaud!
Téléphone
Elle pleure.
Elle ferme 3 clé.
Une porte claque.
Ecoute, j'en peux plus. ♪ ai besoin de faire le point.
II vaut mieux qu'on se sépare le temps des vacances.
Moi, je pars de mon cété, toi, tu fais Ce que tu veux.
Mais réfléchis sérieusement. En attendant, je dors :51 la librairie.
Ces histoires de téléphone devront cesser. Régle ga, ou je m'en charge.
Porte
*Musique calme
'k
*-Hé!
*PIeurs de femme
'k
*Musique douce
'k
-Bon, eh bien, bonnes vacances.
-Merci, vous aussi.
-N'oubliez pas la dissert :51 la rentrée.
II compose un numéro.
Ca sonne occupé.
II raccroche.
Téléphone
Allé ?
*-Bonjour. Tu vas bien ?
-Je suis heureux de t'entendre.
♪ ai essayé de t'appeler mais c'était occupé.
*- Tu me manques.
-Et ta mére ?
*-Elle s'est ouvert Ies vetoes. Cette fois, c'était sérieux.
*EIIe s'est réveillée et tu sais Ce qu'elle a dit ?
*"C'était beau, comme un ocean immense.
*"Moi, je m'y fondais et c'était doux."
-Tu veux que je vienne ? *-ll vaut mieux pas.
*Un de mes fréres est revenu. L'autre, on sait pas 00 il est.
*Faut que je m'occupe de tout Ie monde, surtout de mon pére.
-Pardonne-moi, j'ai été béte.
-Tu me manques aussi.
*-Faut que je raccroche. Je rentre dés que je peux.
*Faudra que je te parle. Au revoir. Je t'embrasse. Je t'aime.
-Moi aussi. Essaie d'appeler de temps en temps.
Ga fait du bien d'entendre ta voix.
Elle raccroche.
Téléphone
Allé ?
*-C'est Mathilde. Tu es seul ? -Oui.
*-Alors Va jusqu'é ta porte.
Elle raccroche.
Aboiement Iointain
Moteur
Aboiements
Pas pressés 53 Papproche
Musique douce
♪ ai tellement besoin de toi. Comme tu m'as manqué!
♪ ai eu peur tout é coup. Peur que tu sois plus lé.
Lé-bas j'arrivais plus :51 penser é autre chose qu'é toi.
Je tournais en rond. Tout le monde m'était indifférent.
Ma mére é moitié morte et défigurée par la souffrance.
Méme mon pére et mes fréres.
♪ arrive plus :51 me passer de toi.
Flanque ta femme :51 la porte.
-C'est pas possible.
-Alors quitte-la.
On vivra chez moi. C'est pas grand mais on déménagera, si tu veux.
-C'est pas possible.
-A cause du lycée ?
-Tu as 17 ans. -Et alors ?
-Dans 10 ans, je serai déjé un vieillard.
-C'est quand tu me parles comme ga, que tu |'es.
T'en connais beaucoup des couples qui durent longtemps ?
Regarde autour de toi.
C'est toi que j'aime.
Que tu sois égé, gros, maigre, malade, pa n'y changera rien.
C'est profond en moi.
De toute fagon, 00 on sera dans 10 ans ? Morts, si ga se trouve.
Toi...
Ou moi.
Je t'aime comme j'ai jamais aimé.
C'est toi qui as fait de moi une femme.
Tu vois pas que je te supplie ?
II s'approche.
-On vivrait de quoi ? D'amour et d'eau fraiche ?
-Ce serait romantique.
Que veux-tu dire ?
-Jamais on n'acceptera qu'un prof de mon ége vive avec une de ses éléves.
En plus tu es mineure.
-Demande ton changement dans une autre ville.
Je ferai semblant d'étre ta f tile.
Ou je me cacherai.
Je resterai enfermée comme une recluse.
Musique douce
Je n'ai plus d'orguei|, pourvu que je reste avec toi tout le temps.
-(}a ne durerait pas 2 mois.
-Un jour tu m'as dit
que personne pouvait savoir Ce que la vie pouvait lui réserver,
que Ie désespoir était une marque d'orguei|.
Qu'i| fallait rester vierge devant la providence, alors...
Les autres peuvent penser Ce qu'ils veulent, on est différents.
II nous faut notre voie é nous.
Aie confiance en moi et en la vie.
-Je n'ai pas le droit de te prendre ta vie.
-T'as pas le courage de quitter ta femme pour moi.
On Va faire |'amour une derniére fois.
Aprés, il restera rien. Si on a encore besoin de se voir seuls.
Stridulations
ll
-Tu souffres ?
Tu ne la vois plus ?
Ga vaut mieux pour toi. —Qu'est-Ce que tu en sais ?
-Qa passera avec le temps.
Tu ne veux pas me parler ?
-Elle voulait que je te quitte.
-Pourquoi tu |'as pas suivie ? C'est :51 cause de moi ?
A cause de ses 17 ans.
Chants d'oiseaux discrete
Brouhaha
-Les conversations sont terminées ?
♪ espére que vous avez passé de bonnes vacances
et que vous avez fini vos dissertations que Carpentier
-Oui, monsieur.
-Je |'ai oubliée, monsieur.
-Pour Nietzsche, la pensée pure n'existe pas.
Et la prétention de la philosophie é énoncer une vérité pure
dans le ciel métaphysique,
est une mystification.
Pour Nietzsche, Ie métaphysicien, c'est celui qui a choisi la mort.
C'est celui qui veut faire de la métaphysique,
qui aime Dieu, |'idéa|, mais qui ne veut pas vivre.
II ne peut supporter la vie.
Et il s'en débarrasse avec une grande élégance philosophique
pour en inventer une autre qui s'appe||e
"|'autre monde", "Dieu", "|'autre vie",
"|a Morale" avec un grand
Mais ne nous y trompons pas, toute cette construction philosophique
n'est la que pour cacher cette donnée inconsciente :
je ne peux supporter... Je ne peux supporter la vie,
alors... j'en invente une autre,
tout cela pour des raisons trés concrétes, trés prosa'I'ques.
Toute cette construction philosophique
n'est la que pour cacher...
une existence miserable,
épuisée,
du philosophe qui a nié
sa propre vie.
H*\*I»5rtwwiifvllv ”
1i"~*I~'5" I ii. I' ' ii I
-Pardon, vous me parliez ?
Vous pouvez répéter mes propos ?
-Non, monsieur.
-Vous ne faisiez pas
attention :51 moi ? -Si, mais...
vous parliez trop bas. -Restez :51 la fin du cours.
-Non, je dois voir Ia conseillére.
-Je dois aussi voir |'intendant et...
—Je vous dome
un ordre!
Désapprobation, bavardages
Je voulais vous parler seul.
-Excusez-moi, monsieur,
mais Ce qu'on voulait vous dire,
c'est que |'adresse de Mathilde a changé.
On habite ensemble, chez moi.
-Vous pouvez trés bien me parler devant lui :
il me conseille et me prendra toujours en charge.
-Fichez-moi Ie camp.
Que ga vous ferait plaisir.
-Fichez-moi le camp.
-Vous pourriez nous parler plus poliment.
Musique douce
Grincement
Chuchotements
Pas discrete £3 Papproche
-Qui c'est celui-lé ?
Putain.
-Arréte, laisse tomber.
Vous n'avez pas le droit de f rapper les éléves.
Vous pouvez les punir si vous prouvez qu'ils ont tort, mais autrement.
La porte claque.
Téléphone
-Allé ?
On raccroche.
Téléphone
-Qui est-ce ?
-Devine.
-C'est pas possible.
-Ce matin, é 7h50, j'ai regu un coup de fil.
C'était elle. Elle m'a traitée de garce et de salope.
Elle a promis de me faire la pea...
♪ ai eu un message du meme genre avant-hier.
Avec les appels la nuit, ga commence é bien faire.
Allé ?
Allé ?
-Viens, je t'en prie, j'ai besoin de toi.
Brouhaha
Sonnerie
ll
Brouhaha
-Jeunes gens, on monte.
Vous aussi
H ,«1; _ .').Z\\, .—).:g, ,«1; V 7-71
Je peux te voir une minute ?
Flanque-la :51 la porte.
Ou change-la de classe.
-Sous quel prétexte ?
Plus que quelques semaines é tenir. T'es plus un gamin.
-Parfois, je me le demande.
Téléphone
-Allé ?
Oui.
M. Hainaut.
C'est votre femme. Elle dit que c'est grave.
—Oui ? Dis—moi Ce qui se passe.
Crissement
Verre brisé
Que s'est-i| passé ? -Deux types en moto.
Ce n'est pas tout :
quand j'ai pris la voiture, quelqu'un m'est rentré dedans avec sa camionnette.
II semblait m'attendre.
II a reculé pour me rentrer dedans une 2e fois.
♪ ai cru qu'i| allait me tuer.
-Des témoins ?
-Non, quand les gens sont arrivés, le conducteur s'est enfui.
-9 h un quart.
Y a pas We 93-
Le patron du journal a regu des Iettres.
On le menace s'i| ne se sépare pas de moi.
-Grotesque ! -Oui, mais y a eu 3 alertes :51 la bombe.
II retarde la parution de mes articles.
C'est elle.
-Alors ses complices!
Ca Deut pas
conflnuer!
♪ en peux plus.
Accélération
Crissement
-La terminate A3 a cours de quoi ? -Anglais, salle 112.
II frappe.
-Mlle Tessier, venez avec moi.
Brouhaha
Alors tu viens, oui ?
-Mais monsieur!
Porte
-Tu vas nous emmerder longtemps ?
-Oui.
Je t'aime, Frangois.
Musique douce
Je t'aime.
-Que veux-tu ? -J'ai oublié mon sac.
-Plus tard. -J'ai plus cours.
-C'est fermé é clé. Attends, on va arranger ga.
-Vous avez vu Hainaut ? Le proviseur veut le voir, avec Mlle Tessier.
Qa fait une dréle d'histoire.
-II do it étre dans la salle des profs ou dans une classe.
Ou dehors. Suivez-moi.
-Y a un prof qui baise une meuf toute nue!
-La mére de Mathilde mourut Ie Iendemain et la jeune f tile repartit :31 Paris,
aprés avoir en vain essayé de revoir Frangois.
Lui, fut traduit devant |'administration, blémé et déplacé
é Dunkerque, on il fut nommé en héte.
Catherine, blessée, ne pardonna pas.
Ils se séparérent. II Iui Iaissa la maison de St-Etienne.
Mathilde disparut de Ieurs vies é tous Ies deux.
Prés d'un an avait passé.
Brouhaha
Téléphone
*-M. Hainaut, 30 rue des Corderies ? -Oui.
*-lci |'officier de police Gabaston.
*Vous pourriez passer immédiatement au 6 rue Jean Bart ?
*On vient de retrouver Ie corps d'une jeune fine, Mlle Tessier.
*AII6 ? Vous étes toujours Ia': ?
-Ici, é Dunkerque ? *-Oui, ici, éz Dunkerque.
M. Hainaut ?
Vous Ia reconnaissez ?
-Pauvre gamine.
Vous vous rendez compte ?
Elle s'est laissée mourir.
Elle a pris cette chambre y a 2 mois.
Elle sortait pas. Elle voyait personne.
Elle vivait en recluse.
Elle passait toutes ses journées
assise,
regardant
par la fenétre.
II soupire.
C'est moi qui lui faisais ses courses tous les 2 jours.
-Le numéro, |'adresse, c'est bien les vétres ?
Vous la voyiez bien de temps en temps ?
Vous ne saviez méme pas qu'e||e vivait ici ?
Mais, Frangois, c'est bien vous ?
Alors ? Elle a voulu dire quoi ?
Musique triste
Sous-titrage : Monal Group
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