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Morning Standard, demandez le Morning Standard !
Morning Standard, demandez le Morning Standard !
Excusez-moi.
Papa.
Papa !
- Que fais-tu ici ? - Mon devoir.
Comme toi.
T'es un bon garçon. Viens ici.
Le meilleur.
Entrez.
On se découvre devant moi.
Allez, bande d'arriérés !
Le roi attend et il paye votre examen.
Allez, dépêchez-vous !
Les médecins vous attendent, c'est le roi qui paye.
On se bouge !
Avancez.
Tournez la tête.
Avancez.
L, D, X.
Suivant.
Respirez profondément.
Profession ?
Comptable.
Depuis quand ?
Depuis toujours.
Je vois.
Vous avez un râle crépitant aux poumons.
Vous avez dû inhaler trop de poussière de crayon
au fil du temps.
En outre, votre cœur a un rythme irrégulier.
C'est sûrement héréditaire.
J'imagine que vous savez déjà tout ça.
C'est pas la première fois que vous vous présentez.
Je peux le faire. Je veux juste faire mon devoir.
Je dirais que vous le faites déjà.
Non ? Ceux en bas comptent autant que ceux au sommet.
Le ministère de la Guerre veut imposer
certains critères de sélection.
Je dois respecter ces règles.
Vous n'avez pas à avoir honte.
Je comprends, j'aimerais une chance...
Suivant !
- Âge ? - 25 ans.
Je jure de me soumettre à l'autorité.
Des généraux et de tous mes supérieurs.
Et de servir jusqu'à la fin de la guerre.
Dieu sauve le roi.
- Papa. - Alors, raconte.
C'est bon, je suis pris.
Non, garde-le. Tu es un homme, maintenant.
Prends ça, le téléphone est HS.
Communications 113. Importance capitale.
Le combat reprend !
Vas-y !
Soldat, dis-leur...
Avancez !
Baissez la tête !
Brancardiers !
D'autres arrivent !
Préparez-vous à la contre-attaque !
Message du poste 23.
Que faites-vous ici ?
L'infanterie n'a pas rompu la ligne de front.
QG, poste 299.
On n'a pas pris les tranchées allemandes.
Combien de pertes humaines ?
40000, selon les estimations.
Pourquoi ?
Sept jours qu'on jette
tout ce qu'on a contre leurs lignes.
Combien d'obus ?
Un million et demi.
Un million et demi.
Pourtant, vous me dites
qu'on n'a pas fait une brèche.
Les rapports indiquent
que les Allemands ont creusé leurs bunkers à 10 m sous terre.
Sauf votre respect,
à cette profondeur, toute l'artillerie du monde
ne pourrait rien.
Apparemment.
On pourrait se replier.
Et perdre du terrain ? Non.
- Général… - On ne cédera pas
un centimètre de terrain.
C'est compris ?
Pour ça, ils doivent avoir la foi.
C'est un aspect essentiel, il faut croire
en son devoir, en ses propres capacités.
Croire en la victoire.
Général, on ne peut tenir le front indéfiniment. Il nous faut...
Un nouvel assaut décisif.
Je suis d'accord.
Les Allemands savent qu'on a la meilleure armée.
Leur moral sera entamé par des attaques répétées.
Général, si je peux me permettre...
Si vous insistez, Jack.
Notre assaut doit être décisif. C'est juste.
Mais pour percer le front allemand,
on va devoir innover,
on doit surprendre les boches.
Et vous savez comment faire, j'imagine ?
Tout à fait.
Monsieur vous attend dans son bureau.
Merci.
Malgré tout mon respect, la réponse est non.
Sans ces hommes, vous imaginez la baisse de production ?
Vous obtiendrez une indemnisation équitable.
Laissez-moi décider de ce qui est équitable.
C'est une période important pour nous.
En effet, pour toute la Grande-Bretagne.
Épargnez-moi votre discours de bon petit soldat.
Chacun fait sa part. Si vous n'avez pas mieux,
j'ai des choses à faire.
Vous avez absolument raison. Chacun fait sa part.
Les soldats au front,
les hommes et les femmes dans les forges et les moulins,
et vous, même si on ignore ce que vous faites.
Je méprise encore plus que l'ennemi
ceux qui piétinent nos morts et se disent patriotes.
J'ai connu, il y a quelques mois,
un homme arrogant, à la tête de son fief.
Il se croyait au-dessus de la guerre.
On a décidé de lui montrer de plus près.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Heureusement qu'il existe des gens comme vous
qui comprennent que l'unité est nécessaire.
Tout à fait.
Je vais donc vous demander avec respect
de donner à votre pays ce qu'il vous réclame.
Quand les papiers seront signés, notre bureau
s'assurera de la réception des fonds.
Je comprends que ça semble inhabituel.
Mais je dois vous parler d'un sujet important.
Vous permettez ?
C'est mieux comme ça.
Ne croyez pas les journaux. On est en train de perdre la guerre.
Si on n'agit pas, on devra capituler.
Écoutez.
Cet abruti va retenir ça sur notre paye.
On peut en finir ?
Très bien.
Votre pays a besoin de vous.
Pendant ces quelques éclats de rire,
un de nos soldats s'est fait tirer dans la tête,
un père de famille a sauté sur une bombe, un autre,
peut-être un ami à vous, a été éventré par un obus.
Moi aussi, j'aime bien rire,
mais permettez-moi de vous décrire notre situation.
Approchez.
Ça, c'est la Somme.
Là, ce sont les lignes alliées.
Là, c'est le front allemand.
Les Allemands ont construit des bunkers
à 10 mètres de profondeur.
Et rien. Les boches ont autant de chances
On a tout tenté contre eux.
De glisser sur leur choucroute que de se prendre une bombe.
Quand les bombardements s'arrêtent,
ils sortent et s'entraînent à tirer sur nos gars.
Le moral des troupes est au plus bas.
Et dans les Flandres, il nous faut une victoire,
pour montrer à nos hommes qu'on peut encore gagner.
Désolé, mais quel rapport avec nous ?
Les boches sont difficiles à atteindre par le ciel.
- Il y a une autre option. - Creuser.
Exactement.
On va creuser un tunnel sous le no man's land
et expédier l'ennemi dans l'autre monde.
Notre première cible est ce bunker de première ligne.
Un petit salopard s'acharne et massacre nos gars.
Nos premiers tunnels ont été des échecs.
Ils se sont effondrés en 24 heures.
Le sol, c'est quoi ?
De l'argile.
Franchement, on n'a pas les compétences. Mais vous, oui.
Un peloton est à Salisbury.
Il faudra leur apprendre à creuser l'argile
et à installer les explosifs.
Donc...
On a combien de temps, monsieur ?
Un mois.
Nom de Dieu...
Le peloton aura 3 mois pour accomplir la mission en France.
Non.
On n'a pas le choix.
Ils n'y arriveront pas.
Votre nom ?
William Hawkin, monsieur.
M. Hawkin, si vous voulez parler, c'est le moment.
J'ai rencontré peu de banquiers
dans ma vie, mais je doute
qu'ils puissent creuser aussi vite.
Le risque d'effondrement est constant.
On a fait ça toute notre vie, mais il y a toujours un risque.
Non. Si vous voulez tout faire sauter,
trouvez autre chose.
Vous proposez quoi ?
Qu'on y aille à leur place.
- Vous feriez ça ? - Oui.
C'est bien.
J'en parlerai au général Haig. On vous enverra dans les Flandres.
Merci, monsieur.
Retournez travailler.
C'est absurde.
Laissez-moi vous expliquer.
"Surprendre les boches ?"
Je n'imaginais pas que ça impliquerait
des civils sans formation.
Ce ne sont pas des soldats, c'est vrai,
général, mais ils n'ont pas besoin de l'être.
Ils doivent creuser. Ils savent le faire, l'année dernière...
Peu importe où ils ont creusé !
C'est une opération militaire.
Pas une expérience sociale.
Si ça rate, l'effort de guerre sera perdu, vous comprenez ?
Je dois avouer que moi aussi, j'ai des réserves.
Notre infanterie les fera céder.
On doit continuer à pousser, encore et encore.
Mais à quel prix, général ?
Une guerre se remporte par le nombre.
On a l'avantage du nombre et on vaincre les Allemands.
C'est ainsi qu'on gagnera.
Ma réponse est non.
Vous pouvez disposer.
Sauf votre respect, l'ère du cheval est révolue.
C'est celle des blindés. On doit changer,
et vite, ou on revivre la bataille de la Somme.
L'odeur du sang remontera
jusqu'en Angleterre. Lloyd George sera mécontent.
Des têtes tomberont.
Une carrière très prometteuse vous attend.
- Réfléchissez bien. - C'est déjà fait.
C'est notre meilleure option, je vous assure.
Vous vous portez personnellement garant de ces égoutiers ?
Tout à fait, monsieur. Et s'ils ne sont pas à la hauteur,
retirez-moi ma solde et envoyez-moi au front.
Mais accordez-moi quatre mois.
Vous aurez votre réponse.
Très bien.
Deux mois, et pas une minute de plus.
Puis-je ajouter...
Ma décision est prise, Archie.
Jack et ses hommes seront sous vos ordres.
- J'aimerais que ce soit consigné. - C'est noté.
Merci à vous deux pour votre aide. Tenez-moi informé.
Jack,
ne faites pas tout rater.
Général.
Si vous voulez emmener ces hommes des cavernes au front,
vous en assumerez les conséquences. Gardez-les sur la bonne voie.
Mettez-les au pas,
et gardez-les en dehors de mon chemin.
Compris ?
Parfaitement, monsieur.
Deux mois, ça ira vite.
Une balle, ça va vite aussi.
Tu manqueras l'anniversaire de mère.
Elle peut m'accompagner.
Elle fera peur aux Boches.
Jane...
C'est mon devoir. Ma responsabilité.
Ta responsabilité, c'est d'être avec ta famille.
Pourquoi toi ? Ils n'ont pas de mineurs ?
C'est pas aussi simple.
Il faut savoir creuser l'argile. Ils disent qu'on est des experts.
Je suis utile, pour une fois.
À mon retour, j'enverrai balader le vieux Rodgers.
L'armée m'offrira un vrai travail.
- Et un salaire… - Ce que tu peux être bête !
N'aie pas honte de ce que tu fais.
Ce fouineur ne connaît pas ta vie.
Jane.
Je ne fais pas ça aveuglément.
Tout ce qui compte pour moi est ici.
Je protège cette maison, je n'ose imaginer
ce qui arriverait sinon.
Tu seras fière de moi. Je te le promets.
Chaque semaine, je croise une femme
qui est fière de son mari décédé.
Non.
J'y vais.
Comment va l'infanterie ?
Tu veux un coup de main ?
Tu vas revenir ?
Bien sûr. Pourquoi tu me demandes ça ?
Oncle David n'est pas revenu.
Ce n'est pas pareil, fiston.
Il devait faire un travail qu'il n'avait jamais fait.
Ça a mal tourné. Il n'a pas eu de chance.
Moi, c'est différent. J'y vais pour creuser, c'est tout.
Tu sais bien creuser ?
Oui, très bien.
C'est pas la peine de t'inquiéter.
Je n'arrive pas à le faire tenir.
Voyons comment on peut réparer ça.
Tu vas monter à cheval ?
Non.
Je serai dans un service spécial. Top secret.
J'aurai un uniforme et tout. Tu pourras le porter.
Et des médailles ?
Plein de médailles.
Quand je rentrerai, je serai décoré comme un sapin.
Et voilà.
C'est réparé.
Allez, on s'active !
Dépêchez-vous !
Pardon, on vient d'arriver.
Tant mieux pour vous. Et ?
On sait pas où on doit aller.
Vos papiers ?
Vous êtes avec Hellfire Jack.
Qui ?
Le colonel Norton Griffiths. Section 3.
Section 3 !
Venez, je vous accompagne.
Le système de tranchées est simple. Il y a trois lignes principales :
réserve, soutien et tir.
Là, ce sont les tranchées de communication
qui relient les lignes.
Ici, c'est la réserve.
On peut se reposer. Se détendre.
Oui...
La détente absolue.
On arrive à la ligne de soutien.
C'est quoi, cette odeur ?
- Espèce de credo ! - Va te faire foutre !
Un mélange de merde, de pisse,
de cordite et de pourriture. C'est unique.
Ne vous en faites pas, vous vous y ferez.
Salut, vieux !
Les Boches sont agressifs, ce matin.
- Ça va, petit ? - Oui.
Ne vous en faites pas, vous vous y ferez.
Nous y voilà.
C'est ça, la Grande Guerre.
L'eau est chlorée. C'est bizarre au début.
Oui, je sais, je m'y ferai.
Merci, capitaine. Je prends le relais.
Bill, ravi de tous vous voir ici.
- Certains regrettent déjà. - Mais vous êtes là.
On s'y met et on vous renvoie vite en Angleterre. Venez voir ça.
Harold, faut que j'aille... Tu vois ?
T'as qu'à faire un nœud. Tu peux pas te retenir ?
Non, je vais me faire dessus.
Alors fais vite.
Regardez, à 12h.
On regarde quoi ?
Y a pas grand-chose.
Mais c'est bien notre objectif, à environ 320 m d'ici.
C'était une ferme. Les Boches s'en servent
comme poste de mitrailleuse. Ils ont creusé profondément.
- Officier en approche. - Attention.
Monsieur.
Jack.
Voici donc votre fine équipe, n'est-ce pas ?
Mes creuseurs d'argile.
Qu'est-ce que c'est que ce spectacle ?
Debout, petit !
On s'appuie pas. On se tient droit.
Vous portez l'uniforme du roi, soyez-en dignes.
Il manquait un idiot du village, donc, t'es venu ?
La ferme !
L'ennemi crèvera de rire avant que vous lui tiriez dessus.
Merde...
Votre nom ?
Hawkin. William Hawkin, monsieur.
Et vous êtes à la tête
de ce groupe, Hawkin ?
Oui, monsieur.
Formidable.
Vous serez responsables de leurs actes.
Tenez-les éloignés des vrais soldats.
Ils n'ont pas besoin de ce cirque.
- Sauf votre respect... - La ferme !
Attends qu'on t'adresse la parole pour parler, compris ?
- Oui, monsieur. - C'est sergent.
Oui, sergent.
Tout se passera bien.
Joli spectacle.
- Pardon, l'ami. - L'ami ?
Je crois pas qu'on ait élevé les cochons ensemble.
L'ami ? Je suis sergent. Dis-le.
- Sergent. - Plus fort !
Crétin !
Une fois de plus, Jack,
vous avez une fine équipe.
Ce sont les meilleurs.
Cette espèce d'abruti pense
que ça peut soutenir 10 tonnes de merde.
- Ils réfléchissent pas à Eton. - Non.
32 degrés sur 100 mètres.
Moins 10 pour la suite.
Y a du boulot.
On ferait bien de se remuer les fesses.
J'aimerais pas être chef en ce moment.
Seigneur, toi qui es notre berger.
Arrête un peu.
- Il nous écoute ici ? - C'est la tradition.
Continue, saint George.
Délivre-nous du mal et protège nos âmes.
Shorty.
5 AOÛT
”Ma très chère Jane,
”dans chaque lettre,
"je n'ai à te raconter qu'un manège continuel.
”Nos vies continuent.
”Nous creusons l'argile.
”Ce travail peut être épuisant si on ne se méfie pas.
"Quand c'est plus calme, j'oublie.
"Je m'imagine creuser les égouts au pays.
"Je m'attends à te retrouver le soir.
”Quand on remonte,
"la vérité me rattrape.
”C'est étrange, ce à quoi on s'habitue.
”Les rats, la puanteur...
"Il y a trop de choses que j'aimerais oublier.
"Ça me peine que les autres nous prennent
"pour des lâches,
”qu'ils croient qu'on se cache.
"Je veux leur dire ce qu'on fait,
”qu'ils nous prennent pour des soldats.
”Mais une fois encore, on est seuls.
"La guerre qui mettra fin à toutes les guerres,
”c'est pour ça qu'on est là.
"Je dois faire ma part, mon devoir.
”Ensuite, je viendrai te retrouver.
”Prends soin de toi et de notre fils.
"Avec mon amour éternel.
”William. ”
On est là depuis deux mois, on dirait que j'ai 60 ans.
- Ça pourrait être pire. - Comment ça ?
Je sais pas. C'est ce qu'on dit, non ?
Allez, les gars.
On perd du temps.
Ce salaud de boche me vise tous les jours.
Qui tuerait un gars aux chiottes ?
Quelqu'un qui te connaît.
Si c'est pas lui, ce sera un autre.
Ne le prends pas pour toi. On partira bientôt.
Il nous reste quoi ?
Environ 40 mètres.
On relève leur position, on les explose et on rentre.
Ça fait 200.
On creuse, on met les bombes
et on a terminé.
Nom d'un chien !
Suce-le, il ramollira.
Ça ressemble aux biscuits pour bébés, mais durs.
- C'est des biscuits pour chiens. - Quoi ?
Non, j'en mange depuis que je suis ici.
J'ai des staffs depuis tout petit, je sais.
C'est vrai, des vraies saloperies.
Mais ils avaient du goût. Ça, c'est un biscuit pour chien.
Merde...
C'était tout près.
Ça, encore plus.
Tout va s'effondrer !
Soutenez les murs !
Merde !
Partez !
Sortez !
Tout le monde va bien ?
- George ? - Oui, ça va.
Ça va.
Charlie, ça va ?
Charlie ?
Non, ça ne va pas.
C'est vraiment pas passé loin, cette fois.
Tes prières étaient utiles, Georgie…
T'es encore en vie.
Tu imaginais ça comme ça, Bill ?
Je sais pas ce que j'imaginais.
Moi, c'était pas ça.
J'ai reçu une carte de Maggie, ce matin.
La foire aux oies a commencé. Elle a vu les...
les stands des pommes d'amour.
J'y allais chaque année, sans exception.
J'aurais voulu y aller.
Ça a l'air amusant.
On ira l'an prochain.
Tous ensemble.
Oui, ça me plairait.
Comment tu connais le goût des biscuits pour chiens ?
- T'as jamais goûté ? - Je suis pas un chien.
Maintenant, c'est fait. C'est des biscuits pour chiens.
Bill,
t'en penses quoi ?
Ça ne va pas se faire tout seul, allez.
On va bientôt rentrer.
Entrez.
Bill.
Je ne veux que des bonnes nouvelles.
On a atteint l'objectif.
Juste en dessous de la mitrailleuse allemande.
Félicitations.
On couvrira la dénotation par une attaque au mortier.
- Le QG donnera les instructions. - Bien.
Peut-on reconfirmer
les coordonnées ? On n'aura qu'une seule chance.
Bien sûr, j'envoie quelqu'un.
Bien.
Baker, Marshall.
J'ai une mission pour vous. No man's land, ce soir.
Doucement.
Tu vas la fermer ?
Combien de fois j'ai fait ça ?
Woodsy, tu sens rien ?
Ça pue les égouts.
J'en ai marre de leur comportement. Je comprends pas.
Mets-toi à leur place.
Ils nous connaissent pas.
Tu connais l'histoire du soldat King ?
Non, merci.
Petit salopard...
- Le soldat King... - Arrête.
Le soldat King, c'est un jeune de 19 ans.
Il vient d'arriver au front.
La troupe se déplace entre deux tranchées.
Ils marchent depuis des heures.
Tout à coup, King a envie d'aller chier.
Il en peut plus.
Il demande à son supérieur, qui accepte.
Il se dit qu'il les rattrapera.
Il s'éloigne, fait sa petite affaire.
La nuit tombe sur la forêt.
Il cherche sa troupe.
Mais il se trompe de direction.
Le lendemain matin,
les soldats l'arrêtent.
- Pour désertion ? - Oui.
Il clame son innocence.
"J'étais parti chier, demandez à mon supérieur."
Mais le problème, c'est que son supérieur est mort.
Un sniper l'a descendu une heure avant.
Personne ne peut confirmer sa version,
la cour martiale le déclare coupable.
On lui bande les yeux et on l'exécute.
Tombe anonyme, et c'est terminé.
Tu disparais et tu passes pour un lâche.
Non, autant laisser les Boches faire le boulot.
On te traite de héros et t'as une médaille.
Hé.
Si les soldats nous détestent, ça me gêne pas.
D'un côté, ils risquent de se faire canarder.
Et de l'autre,
des salopards exécutent un gosse parce qu'il était parti chier.
On aura combien de médailles ?
On en donne pas aux gars comme nous.
On en donne aux lèche-culs, aux types comme ça.
Vous vous moquez de moi ?
C'est comme au pays.
Les petits font le travail,
les officiers récoltent les lauriers, quand tout roule.
Et si ça se passe mal ?
Ça marche dans les deux sens. Tu te fais pourrir.
C'est la vie.
Si tu fais de ton mieux, tu feras pas mieux.
T'es un poète.
Les coordonnées sont exactes ?
Hellfire a envoyé deux gars dans le no man's land.
C'est confirmé.
Beau boulot.
L'attaque au mortier sera de 7h20 à 7h30.
- Vous aurez largement le temps. - Oui.
Excellent. Vous savez ce que vous allez accomplir ?
On verra quand ce sera fait.
Très bien.
Très bien.
Allez-y.
- C'est quoi, ce bruit ? - Tu vis dans une grotte ?
Le pauvre a été envoyé repérer un poste de mitrailleuse.
- Il est coincé depuis deux jours. - Ils sont pas revenus ?
Un seul est revenu.
Messieurs.
Où est Bill ?
Tu fais quoi ?
À ton avis ?
Ne fais pas l'idiot.
Stockford, vous le remplacez.
- Allez. - Oui, monsieur.
Si tu vas là-bas, t'es un homme mort, tu comprends ?
C'est de la folie.
Attends !
Aide-moi.
- Pitié. - Ça va aller, mon gars.
Je vais te sortir de là.
Ça va aller.
C'est bon.
Tu devrais faire vérifier ta santé mentale.
C'est pour les chefs.
Bravo !
Suite à la mission de ce matin,
le QG a décidé qu'il était nécessaire
que le forage des tunnels soit étendu.
Nous continuerons sur la crête de Messines.
Comme prévu.
Excellente nouvelle.
C'est ça.
Vous m'avez demandé ?
Oui, Hawkin, un instant.
Bien.
Continuez, Jack.
Hawkin.
On va creuser sous la crête de Messines ?
Oui, mais ça ne vous concerne plus.
Mais elle est à 300 m.
Grâce à vous, on sait comment faire. Des équipes ont été formées.
Quelle est leur expérience ?
Envoyer des hommes incompétents est irresponsable.
Irresponsable, vraiment ?
Comme votre escapade de ce matin ?
Sauver la vie d'un homme, c'est la mission d'un soldat.
Un soldat obéit aux ordres.
Il ne va pas dans le no man's land jouer les héros.
Le petit était là-bas à cause de nous.
Il vérifiait nos coordonnées.
Des hommes meurent chaque jour en obéissant aux ordres.
C'est pas joli, mais c'est nécessaire.
Ils se battent et tombent les uns pour les autres,
pas pour une tape dans le dos ou une médaille.
C'est bien que vous partiez.
Vous avez fait votre part.
Il est temps de rentrer.
Je ferai un bon rapport sur vous.
On a surveillé les tunnels.
On a entendu que ça grattait.
On dirait que les Allemands creusent aussi.
Harry, où est ton sac ?
Je voyais pas l'intérêt de l'emmener.
La logistique dit que les trains seront peut-être en retard.
Les Français prennent ceux qui nous sont destinés.
Bon... Il faudra trouver de quoi s'occuper, alors.
Trois heures, putain.
Calme-toi, Charlie, il va arriver.
Ça fait 20 ans que je te connais, Bill.
Je lis en toi comme dans un livre ouvert.
Et ?
Je sais quand tu vas dire “on creuse ", “on va boire une bière"
ou “on n'a pas fini le boulot".
On n'a pas fini le boulot.
Hellfire dit que si.
- On a fait notre part. - Je sais, Shorty.
Mais sans nous, ils n'y arriveront pas.
Sans tunnel, pas de bombe. Ça veut dire des années de guerre
et des milliers de morts inutiles. On pourrait même perdre.
- On en sait rien. - Si, on le sait.
J'ai bien fait de pas prendre mon sac, hein ?
Tu vas où, Harry ?
Hellfire a dit qu'il y avait une nouvelle équipe de mineurs.
On leur a montré comment creuser l'argile.
Et tu penses qu'ils vont y arriver ?
Si ta vie,
la vie de ta famille en dépendait,
tu leur ferais confiance ?
Moi, je pense que non.
Qu'y a-t-il ?
Bill est devenu fou.
Harry retourne au front.
Tu cherches à leur prouver quelque chose ?
À Fielding.
J'emmerde Fielding et j'emmerde Haig.
Je pense aux hommes dont ils se foutent.
Ceux qui nous ressemblent.
J'espère que personne n'aura à revoir un pareil endroit.
Pour ça, il faut terminer le boulot.
Et on est les seuls à pouvoir le faire.
Shorty ?
- C'est pas vrai... - Vous êtes pas sérieux ?
Je veux rentrer. Je veux juste rentrer chez moi.
Rentre, Charlie, on ne t'oblige à rien.
On ne vous oblige à rien.
Et si on restait ? Non, je dis ça comme ça...
Ça va prendre 6 mois de creuser ce tunnel.
Les Allemands savent qu'on arrive.
Oui, je sais, George.
Non, c'est débile. On est là, on rentre chez nous.
Si ce foutu train finit par arriver.
Tu sais ce que je vais dire.
Tu plaisantes ?
On ne va pas rester.
George, je t'en supplie.
T'es pas obligé de rester.
Je suis sûr qu'ils comprendront.
À bientôt, Charlie.
Je ne reste pas.
Bande d'idiots.
"Jane, mon amour,
"je t'avais dit que mon retour était imminent,
”mais la guerre nous fait rompre nos promesses.
”En vérité, mon retour est plus lointain que jamais.
”Ces derniers mois, le temps s'écoule lentement.
”Nos tunnels se rapprochent lentement des lignes allemandes
"pour la plus grosse explosion de l'histoire.
”Nous sommes les seuls à pouvoir y arriver.
"On avance lentement.
"On écoute les tunnels ennemis en permanence.
"On prie pour qu'ils ne nous trouvent pas.
”Quand un soldat meurt, on dit
”que c'était un patriote. Plus la guerre avance
”et plus je suis entouré de patriotes."
- Alors ? - Je crois entendre...
Pardon, madame ?
Je crains d'être porteur de mauvaises nouvelles.
Votre mari...
Je peux aller vous chercher une chaise.
Madame Brown ?
Non.
- Pas de chaise ? - Non.
Je ne suis pas Madame Brown.
Je suis Madame Hawkin. Sarah Brown est au numéro 4.
Oh, bon sang, je suis désolé.
Laissez-moi juste...
Oui, ça dit numéro 14.
Je suis terriblement confus.
Merci pour votre temps. Pardon.
Le maréchal Haig, dans son infinie sagesse,
a fixé une date.
- Le 7 juin. C'est dans 3 mois. - 3 mois ?
Mais on progresse vraiment pas vite.
- C'est non négociable, désolé. - Il y a trop de monde.
Depuis que les Allemands sont là, on se frôle quotidiennement.
On passe plus de temps à les éviter qu'à avancer.
Très bien.
Creusez plus profond.
Sous la couche d'argile bleue, les Boches n'iront pas.
C'est impossible. Voici notre position actuelle.
Messines se trouve ici.
Si on creuse plus profond, on passera là.
Ça fait 100 m de plus à parcourir.
- On n'a pas le temps. - Rester ici, c'est du suicide.
Vous allez tomber sur les Allemands.
Je refuse de perdre une 9e équipe.
Je suis d'accord.
Mais si on se tue à la tâche, il ne restera personne à perdre.
On ne peut que continuer en espérant avoir de la chance.
Je n'aime pas avoir à m'en remettre à la chance.
Prenez ça.
Au cas où.
Bill, si vous réussissez,
ça pourrait changer le visage de la guerre. Fini, les tranchées.
On marchera sur Berlin. Ça pourrait être grâce à vous.
Ça va, Charlie ?
J'ai pas de nouvelles de Maggie depuis quelques semaines.
Ça m'inquiète un peu.
Je suis sûr qu'elle va bien.
Elle doit gérer l'entreprise. Elle s'en occupe autant que Rodgers.
Ça doit être ça.
C'est drôle, non ?
Quoi ?
Eh bien, chez nous,
quand on reçoit une lettre, c'est pas très important. Mais ici...
Quand je reverrai le postier d'Applegate Street, je le saluerai.
Vraiment.
- Je m'emballe trop pour elle ? - Non.
Bien sûr que non.
Parce que...
je l'aime vraiment.
Un nouveau jour au soleil, messieurs ?
Prenez le matos.
Fuyez !
Je dois admettre que vous aviez raison.
Vous me le mettriez par écrit ? Il faudrait descendre de combien ?
Pour passer en dessous d'eux, 30 mètres.
- Mais on aura d'autres problèmes. - Lesquels ?
La composition du sol va changer. On sera sous le niveau de la mer.
Il y aura beaucoup de choses imprévisibles.
Des éboulements. Des pertes d'oxygène. On aura besoin de canaris
pour repérer les poches de gaz.
Vous pourrez tenir les délais ?
Je sais pas.
On est les seuls à pouvoir le faire. On travaille jour et nuit.
Il en faudrait plus.
Concentrez-vous sur un seul tunnel.
Travaillez encore plus. Vous devez réussir,
alors dormez moins.
Debout. Vous êtes trop laids pour jouer la Belle au bois dormant.
Bon sang, on vient de fermer les yeux.
On a un travail à accomplir.
Moi, j'avais pas demandé à revenir ici.
Écoute, Bill,
ils ont travaillé durement et doivent se reposer. Toi aussi.
On se reposera quand on aura fini.
Dans quelques semaines.
Non, regarde-les. Regarde !
Ils tiennent à peine debout. Tu ferais pas ça en temps normal.
On est pas en temps normal.
Comme l'a dit Hellfire,
si on accomplit notre mission, la guerre est terminée.
Allez.
On se retrouve sur place dans 5 minutes.
Plus qu'un sac, on y est presque.
Vous avez senti quelque chose ?
J'ai entendu un craquement.
Ça va ?
George, non !
Brancardiers !
Brancardiers !
Connard !
Tu vas nous faire tuer, je te l'avais dit !
Lâche-moi. Lâche-moi.
Ils vont te fusiller.
Voilà ce qui arrive quand on laisse des égoutiers
jouer aux soldats.
Ils sont juste épuisés.
On est tous épuisés.
Une insubordination, c'est une insubordination.
Ne cherchez même pas à vous justifier.
Je n'ai pas de temps à perdre, Jack.
Alors vous et vos trolls des profondeurs,
devriez vous excuser de me faire perdre mon temps.
Ce troll-là s'appelle Stockford.
Et avec tout le respect que je vous dois,
vous pouvez vous enfoncer votre bâton dans votre petit cul.
Lâche-moi !
Sergent !
Emmenez cet homme et celui-là
et conduisez-les au piquet.
Pour insubordination.
Bien. Toi,
relève-toi, allez.
Va là-bas. Toi, tourne-toi par là.
Mets-toi à côté de lui.
Au pas cadencé. En avant, marche !
Un, deux, un, deux...
Gauche, droite, gauche, droite...
Soldats, halte !
Hawkin, contre cette porte, face à moi.
Stockford, contre cette porte, face à moi.
Soldat, attache-le.
Oui, sergent.
Tends les mains vers moi.
- Serre bien, petit. - Oui, sergent.
- Prêt ? - Oui, sergent.
Lève.
- Recule. - Bien, sergent.
Soldats, demi-tour.
En avant, marche. Gauche, droite... On reviendra demain matin.
Ce connard arrogant avec son bâton...
C'est son respect à lui qu'on veut obtenir ?
Tu veux pas t'arrêter ?
Non, je suis sérieux.
Quand je prends des risques sous terre, je veux savoir pourquoi.
On bosse pas pour lui, mais pour Hellfire.
Je travaille pas pour lui.
Je lui fais pas confiance.
Je travaille pour toi, j'avais confiance en toi.
Je ne t'ai jamais menti.
Tu te mens à toi-même.
La grande victoire que tu espères, elle n'aura pas lieu.
Cette guerre va s'éterniser, quoi qu'on fasse.
Mais tu le fais parce que quand on t'interrogera, au pays,
tu pourras garder la tête haute.
C'est des conneries.
Vraiment ? Vraiment ?
J'ai vécu assez pour savoir que le seul apte à te juger,
c'est celui qui porte tes bottes, Bill.
Je dis juste que...
ceux qui te connaissent savent ce que ça te coûte.
Je parle de Peter et de Jane.
Et de moi.
Parfois.
Quand tu n'es pas un abruti borné.
Bon sang...
Ça fait mal, hein, Hawkin ?
Oui, monsieur.
L'armée ne tolère pas l'insubordination.
Quelles qu'en soient les raisons.
Mais j'admire ceux qui se battent pour leurs idées,
ceux qui n'abandonnent pas un mourant sur le champ de bataille.
Si tu racontes ça à qui que ce soit,
je t'étriperai de mes mains.
Et tu seras de corvée de chiottes pendant un mois.
Oui, sergent.
Hellfire vous a dit quoi ?
Vous le saurez bien assez tôt.
- Ça marche contre les Allemands ? - Sûrement pas.
On est à court de saucisses.
Merci, sergent.
Ce sera tout.
Bien, messieurs...
un peu de repos avant l'offensive finale.
On a pas le temps pour des vacances à Bognor,
on se contentera de ça.
On est plus football.
Tenez.
- W.G. Grace me l'a donnée. - Qui ça ?
Le plus grand joueur de cricket.
- Donc c'est bien ? - Oui, c'est bien.
Vous, au guichet.
On ne fume pas sur le terrain.
Bon, restez ici et rattrapez-la. Hawkin, allez au fond.
George, au milieu.
- Qui veut bowler ? - Quoi ?
Qui veut lancer ?
- Courrier pour MacDonald. - Lequel ?
- C. - Il était temps qu'elle m'écrive.
Allez, George, à la batte.
Tenez-la du bon côté.
Allez, frappe-la.
Serrez les jambes, George. Les pieds joints.
C'est ça, lancez-lui. Éliminez-le, allez !
Bien joué.
- Ce fut une partie rapide. - Charlie ?
Charlie !
Hé, Charlie !
Charlie, non !
- Poussez-vous. - Qu'est-ce que tu fous ? Descends !
- Mon Dieu ! - Non !
Charlie !
Non, non, Charlie !
Non, Charlie !
Mon Dieu...
”Ma chère Jane,
”je t'écris ces mots, le cœur lourd.
"La nuit dernière, Charlie a mis fin à ses jours.
”Harold m'avait prévenu que les hommes étaient à bout,
”mais je ne l'ai pas vu. J'aurais dû m'en apercevoir.
"Il venait de recevoir une lettre de Margaret Parrish.
”Ned avait fini par rentrer et elle avait mis fin à leur liaison.
”C'est fou ce que l'amour peut nous faire faire.
"C'est plus puissant que toutes les forces à l'œuvre, ici.
"Pourrais-tu dire à sa mère qu'il est mort avec honneur ?
”Mieux vaut qu'elle l'apprenne par toi que par un inconnu.
"Il mérite au moins ça."
Oh non...
Je suis désolée.
”Malgré cela, nous travaillons toujours d'arrache-pied.
"George tient mieux le coup que prévu. Nous touchons au but.
”Mais d'un côté, je ne sais pas si je veux vraiment que ça s'arrête.
"Parce que si c'était le cas, je ne saurais pas plus qui je suis.
"Une partie de moi réclame le sang et la terreur,
”car je sais que je peux prouver ma valeur en y mettant fin.
”Sans ça, je ne suis qu'un homme avec une casquette sur la tête.
”Mais je sais que ma plus grande réussite est auprès de toi,
”dans la vie que nous avons bâtie.
"Tu avais peut-être raison.
"Je ne suis qu'un pauvre fou.
”Je vous en voie tout mon amour, à toi et à Peter.
”Je suis à toi pour toujours. William. ”
J'ai pas pu faire de test d'oxygène.
On va devoir y aller comme ça.
C'est pas grave, j'ai tout prévu.
C'est quoi ?
Il est saoul. Je lui ai donné du rhum.
L'armée n'avait plus de canari, j'ai dû improviser.
Dites bonjour à Fielding Junior.
- Il a l'air mort. - Il est pas mort.
Tant qu'on le voit respirer, c'est bon.
Fielding nous enlève nos mineurs et on les remplace
par des rats bourrés ? Ça paraît équitable.
Je suis très fier.
Si vous avez fini de débattre de la faune locale…
Repos.
Très fier de chacun d'entre vous.
Votre conviction.
Votre courage face à l'adversité.
Vous avez vécu l'essentiel de votre vie sous terre, ignorés.
Mais ce soir,
dans quelques heures,
des milliers de nos hommes se feront massacrer sauf si vous réussissez.
Il ne s'agit pas de se faire bien voir auprès de la hiérarchie,
mais de faire quelque chose pour nos hommes.
Messieurs.
Ce soir,
on n'entrera peut-être pas dans l'histoire,
mais on changera sûrement la géographie.
George.
Shorty.
Harold.
- Ça a été un honneur. - Merci, monsieur.
J'avais tort à votre sujet, Bill.
Vous êtes un vrai soldat.
C'est l'heure.
Écoute. Ils sont tout près.
C'est Harold.
Shorty, il faut que tu te calmes.
D'accord.
Il nous faut plus de sacs.
Attends, attends, attends...
C'est dans ta tête, Shorty, reprends-toi.
Attends une seconde.
La voie est libre.
George !
Allez, relève-toi.
Si on trouve un tunnel allemand, il faut le faire péter.
Et si leur galerie passe à côté de la chambre ? Je dois vérifier.
Bill ?
Ramène ton cul par ici.
Il part légèrement vers l'ouest.
La chambre devrait rester intacte.
Alors faisons-le sauter.
- Bill ! - Merde !
George !
Lâchez-moi !
- Mais putain de merde ! Le tunnel ! - C'est fini, Bill.
Tout s'est effondré.
La chambre est intacte, il faut y retourner.
Non, ça nous prendrait des heures. C'est fini, oublie.
Toute la galerie, effondrée.
Le tunnel allemand.
Une partie de leur tunnel longeait le nôtre.
Non, non, la chambre s'est effondrée !
On trouve le point de convergence, on perce et on va à la chambre.
On va recevoir une pluie de balles.
Leur ordre sera de le détruire et d'en creuser un nouveau.
- Ils penseront qu'on fera de même. - Non !
C'est une mission suicide. Vas-y tout seul.
On ne peut pas retarder l'assaut.
À 6h30, nos gars iront vers une mort certaine.
Sauf si on va jusqu'au bout.
Non.
Harry...
Quand tu as dit que je n'étais pas là pour faire mes preuves,
tu avais raison.
Quand tu m'as traité d'abruti borné, tu avais raison.
Nous valons tous autant qu'un général.
J'aurais dû le voir plus tôt.
Désolé.
Mais là, le choix est simple.
On peut rester et ne rien faire, abandonner.
Par peur d'échouer.
Ou on peut y retourner et faire ce pour quoi on est venus.
Pas pour être des héros,
mais parce que c'est la seule chose à faire.
Allons récupérer le matos, alors.
George, tu restes ici.
J'aurais pas dû t'imposer ça.
Ça va aller.
Ça allait lors du combat ?
Désolé.
J'ai pas pu... Ça se reproduire plus.
On va le faire ensemble.
Allons-y.
Eh bien, y en a qui s'amusent.
George...
Retourne à la jonction et fais le guet.
Si ça bouge, préviens-nous.
Apporte le matériel.
On a 15 minutes pour les branchements
et 10 pour foutre le camp.
Bill.
- Où ça ? - Je sais pas. Plusieurs endroits.
- Profondeur ? - Au-dessus de nous, je pense.
On suit le plan.
Je préviens George.
Oublie, on a trop de travail.
On a plus beaucoup de temps.
Ça va s'effondrer.
Non, ça va tenir.
Allez, déroulez le câble.
J'ai quelques branchements à faire.
Vous venez voir comment on gagne une guerre en gentleman, Jack ?
En gentleman, vous dites ?
Alors ?
Assurez-vous que l'explosif est bien amorcé. Il doit péter à 6h30,
c'est compris ?
Ça doit exploser, quoi qu'il arrive.
Vas-y.
Bill, on se retrouve là-haut.
Tu fais quoi ?
Un Allemand m'a vu, j'ai dû le tuer.
Je vais aller en enfer.
Le monde est sur le point de s'écrouler sur nous.
Il faut que tu sortes. Maintenant.
Et toi ?
- Je dois finir les raccordements. - Non, Bill.
Bill...
Prends ça. C'est un soldat de Peter.
Maintenant, écoute-moi bien.
Tu n'iras pas en enfer.
Tu nous as protégés.
Moi, j'aurais dû vous protéger, je suis désolé.
Mais on y est.
Si la guerre s'éternise, avant qu'on s'en rende compte,
Peter aura l'âge de Charlie.
Et ça, je le refuse.
Il faut que tout ça ait un sens.
Qu'un peu de lumière sorte de ces maudits tunnels, d'accord ?
Allez, Bill...
Soldats...
Baïonnette au canon.
Putain, merde...
Il aura réussi.
Non !
Allez.
C'est bon.
Et si Bill y est encore ?
Il nous a donné un ordre.
L'Éternel est ton ombre, à ta main droite.
George ?
Je croyais que tu t'étais enfui.
Et Bill ?
Il est resté.
On t'emmène voir le toubib.
Bon...
Allez, les gars.
On y va.
Ce matin, à 6h30, une explosion d'une intensité sans précédent
a perforé les lignes allemandes à Messines,
permettant aux troupes alliées de prendre les tranchées ennemies.
L'explosion, si puissante qu'elle a été ressentie à Downing Street,
a été déclenchée
depuis une chambre souterraine creusée...
J'ai reçu le télégramme, fallait pas vous déplacer.
Puis-je entrer, malgré tout ?
Des mots comme "héros".
On a des formules toutes faites dans ce genre de situation.
"Sacrifice".
"Patriote".
- Mais je vous embêterai pas avec ça. - Je sais déjà qui il était.
J'avais pas besoin d'une guerre pour le voir.
Une médaille n'est rien d'autre qu'un bel ornement.
Et une lettre du roi... Bouche tes oreilles.
Ne vaut pas mieux que la merde qui est écrite dedans.
Je ne pense pas avoir rencontré
de tête de mule aussi entêtée que votre mari, Mme Hawkin.
Mais je n'ai jamais respecté personne plus que lui non plus.
J'allais oublier.
Ce petit bonhomme suivait ton père partout.
Grâce à lui,
il pensait pouvoir accomplir de grandes choses. Et il l'a fait.
Il l'a fait.
Il a sauvé des milliers de vies.
Parce qu'il était à toi.
Et maintenant,
il retourne à son propriétaire.
Peter.
Adaptation : Charlotte Sarazin
Sous-titrage : VDM
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