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___
- Vous trouvez ça beau ?
C'est à côté de chez moi. J'y vais jamais.
Il paraît qu'il y a des loups.
Ça, c'est de l'autre côté. Le centre-ville de Chalon.
J'y vais pas trop. Les flics me contrôlent souvent.
- Vous vous tournez.
- Et ça, c'est comment ? Moche, hein ? J'en étais sûr !
Moi, j'adore. C'est ma cité :
Maurice Ravel, à Chalon, dans le 71.
C'est pas la jungle. Pour moi, c'est le paradis.
- Vas-y !
- Déchire-le !
- Le blond fou, c'est Jason, mon meilleur ami.
- Merde ! Putain !
- Lui, c'est Mam, mon autre meilleur ami.
- Putain !
Ta mère l'a chiée !
- Et ça, le rebeu beau gosse, C'est moi : Sami Ben Boudaoud.
Dans la cité, on a tout ce qu'il faut pour rigoler.
Des halls, des parkings,
des escaliers, des écoles.
- Je repose la question.
Quelles épidémies ont ravagé l'Europe au Moyen-Âge ?
- Moi !
- Chômage et misère.
- À la porte !
- Merci, monsieur.
- YOUSSEF, À LA PORTE !
- Vos gueules ! J'ai dit : "Vos gueules !"
- Je sais. La peste et le cholestérol.
Rires.
- Chez nous, l'école,
c'est génial. Sauf pour les profs. Après, ça se gâte.
Quand il faut bosser. Comme eux.
J'essaie d'être bon. Mais les diplômes,
ça sert juste à faire plaisir à la famille.
Lui, c'est Habib : bac + 4 mathématiques.
Et Mouss : bac + 5 informatique.
Nordine : bac - 6. Pas besoin que je donne sa spécialité.
- Petit, viens.
- Laisse. C'est un cancer. - T'inquiète.
- J'évite ces lascars.
Garde 20 .
- J'ai pas peur de lui, mais de la mère de Mam.
- Alors ?
- Mamadou ! - C'est pas ça !
- Je t'avais prévenu. Rentre à la maison !
La prochaine fois, je te découpe !
- Mme Diallo, on l'adore.
- Racaille !
- Pas comme le père de Jason.
- Bonjour. - Oui ?
- Jason est là ?
- Jason, c'est Al-Qaida.
- Elle, c'est Nadia, ma mère.
Comment dire ? Je la kiffe tellement que j'ai pas les mots.
Lui, c'est Aziz, mon père.
Il a épousé ma mère sans la connaître.
Il a jamais trouvé de boulot.
Ma mère a arrêté ses études pour travailler.
Mon père restait à la maison.
Je m'en souviens peu.
Il avait 2 passions : le football et Zidane.
Il jure en arabe.
- Il n'est pas français. C'est sûr.
Il y a corner.
Regarde !
Zizou !
Zizou !
*- L'équipe de France mène 2 à O
face au Brésil.
*- Les français ont pris 2 fois le ballon à la défense brésilienne.
- Je ne comprenais pas.
Papa ?
- Il avait une malformation cardiaque. Il aurait pu
mourir avant.
J'ai cru que les gens fêtaient sa mort.
Je suis le seul rebeu de la planète
qui déteste le foot. Et surtout...
qui déteste Zidane.
J'aime les filles. Pas n'importe lesquelles.
Les blondes, Charlize Theron.
Comme tous, dans la cité.
Dans mon quartier, les blondes, c'est rare.
La soeur de Jason ressemble pas à Charlize Theron.
Ou dans Monster. Elle a eu un Oscar.
Elle rote.
- Pour rencontrer l'amour, il faut que je parte loin d'ici.
Je pensais pas que ça arriverait.
- Sami !
Monte !
J'ai trouvé un travail
sur le Queen Elizabeth, le paquebot.
Comme serveuse. Je commence lundi.
- Je vais aller à la DDASS ?
- Je ne t'abandonne pas. Tu vas aller
chez ma soeur.
- Elle a fui avec un Français ! - Pas "fui".
Ils sont tombés amoureux dans son usine.
Ça nous regarde pas.
Nos parents sont morts. On n'est plus fâchées.
- Je la connais pas.
- Tu vas finir ton année scolaire chez elle.
L'année prochaine, on trouvera une solution.
D'accord ?
- Tu vas me manquer.
- Je serai toujours là.
C'est gentil d'être venue.
- Elle habite où ? - En banlieue.
- Le 93 ? - Ils y sont tous, les rebeus.
- Il y a des armes !
- Ici aussi.
- Pas les mêmes. Ils ont des lance-roquettes.
- Lance-roquettes ! C'est pas la Corse.
- Je te jure. Notre cité, à côté, c'est le parc Astérix.
- Quoi ?
Au revoir. - AU REVOIR.
- Attention à toi.
- Toi aussi.
- Salut, Jason.
- Attends ! Tu vas me manquer.
- Lâche-moi. Je vais rater le train.
- Lâche-le !
- Tu vas me manquer !
- Vous allez me manquer.
C'est ta faute. Je te déteste.
___
C'est moche !
Ça ressemble à rien.
On s'est trompés.
C'est Neuilly. - Et ?
- C'est chez Sarkozy.
- C'est aussi chez Djamila.
- Quoi ?
- Dépêche-toi !
- Je peux pas sortir comme ça.
- Vite !
Arrête de faire la tête.
C'est pour ta nouvelle école.
Tu es mignon, comme ça.
- "Mignon" ? On dirait Les Çhoristes !
- Allez !
Impasse Debussy. C'est là.
- Putain ! - Quoi ?
- Non. Rien.
- C'est bien.
C'est bien. Voilà.
- Bonjour.
- Bonjour.
ils gardent les crottes.
- Chut !
Sami parle en arabe,
- La vache !
C'est super grand !
- Madame, regardez.
- Djamila !
- Ça va ? Je suis contente.
- Djamila ! - Ça fait longtemps.
Tu m'as manquée.
Tu n'as pas changé.
- Toi non plus. - Arrête ! Tu es folle.
- Tiens. - Tu es folle. C'est très gentil.
- Ça va ? - C'est le rush, mais ça va.
- Dis bonjour, Sami.
- Bonjour.
- Appelle-moi par mon prénom.
La dernière fois, tu marchais pas.
- Il avait 6 mois.
- Voilà Charles.
Tu es essoufflé. - J'ai bien couru.
- Je te présente.
- Tante Nadia.
- Bonjour. - Enchanté.
Et mon cousin Sami. Bienvenue.
ffl176 - Je te voyais...
moins petit. Pas grave.
montre-lui la maison. - Oui.
- Et range ça.
- D'accord. - Merci.
- Il est adorable. - Oui. Un peu spécial.
Il veut être président de la République.
- Ah ? - Sa soeur aussi est spéciale.
C'est de famille.
- C'était à mon arrière-grand-père.
Beau déguisement.
Mais t'es une racaille de banlieue.
- Je suis de banlieue, mais pas une racaille.
- T'as un survêt' à capuche ?
- Touche pas ou je te nique...
- Je te provoquais pour tester ta réaction.
Résultat : tu es une racaille.
J'ai fait des recherches sur ta cité.
L'an dernier : 29 voitures brûlées.
- Je sais pas, c'est pas moi.
- Tes copains. - Non.
- Des connaissances.
- Tout le monde se connaît.
- Tu pouvais les dénoncer. - Je balance pas.
- Tu es complice. - Non.
- Si. D'honnêtes gens ont perdu leur voiture.
Toi, tu n'as rien fait.
Ça s'appelle de la complicité.
Bon. Je vais prendre une douche.
Mets ça dans la cuisine.
Et tu voles rien !
- Bouffon !
- Tu ne veux pas d'enfants ? - On n'y arrive pas.
Vous apportez la salade ? - Oui.
- Merci.
Stanislas et moi,
on va se séparer.
Il a une maîtresse.
- Comment tu sais ?
- Je le sens, à des détails.
D'habitude, il va en Bretagne pour la journée.
Là, il rentre que demain.
- Tu vas demander le divorce ?
- Je vais régler ça à l'algérienne.
- Papa...
- Sami !
Caroline.
Je suis ravie que tu sois là.
C'est drôle.
Je t'imaginais bien moins typé.
C'est bien. Ta gueule d'arabe
va emmerder les voisins réacs.
C'est quoi ? On va pas bouffer ça !
C'est hydrogéné !
Marilyn !
Jetez ça. - Oui.
- Madame Caroline ?
Il parle en arabe,
- Je comprends
le chinois !
- Il a dit quoi ?
- Il y a un problème à la porte. - Il a pas les clés. J'y vais.
C'est pas du chinois. Il a travaillé en Algérie.
Il parle en arabe,
- Quoi ?
- Merci, pour le taxi. - J'ai un abonnement.
- Livret de famille, carnet de santé ?
- Oui. J'ai tout.
Tu vas rater l'avion. Je m'en occupe
comme de mon fils.
- J'ai confiance en toi. - Je sais.
- N'oublie pas : tu fais ton lit, tu manges bien,
tu fais tes devoirs, tu obéis à ta tante.
- Oui.
- Allez !
Il y a le match.
- Je veux voir l'OM.
- Au revoir.
- Au revoir.
- Je dors avec lui ? - Oui. On est en travaux.
Tu seras très bien.
La suite parentale. Et votre salle de bains.
Charles ? Il n'est pas là.
Et voilà !
Là, c'est ton lit.
Mets tes habits sur l'étagère.
Ce petit bureau, c'est pour faire tes devoirs.
Ça va aller ?
- Si tu as besoin de moi, je suis en bas.
*Carla Bruni : "Quelqu'un m'a dit".
___
- Mortelle, la déco !
- Oh ! Tu fais quoi, là ?
- Je peux mettre mon affiche ?
- Tu es de gauche ?
- Je fais pas de politique.
Mais au-dessus de mon lit, je préfère ça.
Je peux ?
- Non. Ma chambre, tu l'aimes ou tu la quittes.
- OK. Pas de problème.
Tu es chez toi.
- Attention !
- Oui. C'est ça.
*- Crédit épuisé dans 1 minute.
*- C'est le répondeur de la famille Diallo.
Pour parler à Ramata, Mamadou,
Amina, Fatoumata, Bakary, Samba, Boumba, Youssofa,
laisse un message après le...
*- Crédit temps épuisé.
___
- Un château !
- C'est ton école. - Une école ?
- Descendez. Je me gare.
Sami, attends là. - Oui.
- Avec un peu de chance, on sera pas ensemble.
- J'espère.
- Notre taux est bon. Je ne peux me permettre aucun écart.
Je l'ai mis avec Charles.
Il a sauté
une classe ?. J'attends son carnet scolaire.
S'il n'a pas la moyenne,
il passera le brevet dans le public.
Nous sommes d'accord ?
- Nous sommes d'accord. Compris ?
- Oui.
Excusez-moi. C'est combien, la moyenne ?
- Ça commence bien ! Comme partout : 10 sur 20.
- Je sais.
Mais dans mon collège, la moyenne, c'était 8.
- 8 ?
- Moi, j'avais 12.
Un 12 à Chalon, ça doit faire un 10 à Neuilly.
- J'espère.
Mais ici, on étudie plus pour réussir plus.
Bon. Tenez.
Le règlement et la lettre de Guy Môquet.
Apprenez-la par coeur.
- Le Japon
a révolutionné...
- C'est le nouvel élève.
Présentez-le.
Bonne journée à tous.
- Voici votre nouveau camarade : Sami Ben Bambou.
- Ben Boudaoud.
- Il n'y a rien de drôle. Je dirai Sami.
Sami nous vient d'une banlieue "difficile".
Son papa est mort. Sa maman travaille sur un bateau.
C'est bien ça ? - Oui.
- Allez là-bas, mon poussin.
- Mon poussin !
Imitations de poules,
- Les bruits de basse-cour...
Le Japon s'était déjà ouvert à l'Occident à l'occasion
de l'ère Meiji en... Qui le sait ?
- 1868.
- C'est un livreur de Monoprix !
- Chut !
Le Japon...
- Alors, Monop ? On s'est trompé de livraison ?
- C'est pas mes fringues.
C'est à un bouffon. - Tu es infiltré ?
- Tu travailles pour les Picasso ?
- Je les connais pas.
- Tu connais pas les Picasso, ces barbares qui nous dépouillent ?
- Non. Je viens de Chalon.
- C'est quoi, cette ville ? - Connais pas.
- Chalon, on connaît pas.
- Vous écoutez du rap ?
- Oui ! - Tony Parker !
Le meilleur rapeur !
- TP !
- Démo. - Bien sûr !
Ils rapent.
- Neuilly, Hauts-de-Seine, 92.
- Hé ! Ho ! Picasso ! Reste dans ton ghetto !
Tu me rackettes ? Tu vas morfler
Touche pas à mon iPhone Touche pas à mon Jesus Phone
Jesus Phone
- C'est du rap, avec un message.
- Monoprix, si tu es un Picasso, on le saura, tôt ou tard.
- Tôt ou tard.
- C'est bon !
- Vous étiez pas dedans.
- Salut, renoi. Ça va, la famille ? Bien ? Tu es en quelle classe ?
- Je suis un 6e.
- Tu es de quelle cité ?
- "Cité" ? - C'est quoi, ta cité ?
- Je suis confus. Il y a méprise.
Mon père est ambassadeur du Gabon. - Ambassadeur ?
- Ambassadeur.
- On peut être copains.
- Tu plaisantes ? Tu portes des mocassins à glands. Voyons !
- Dur, une nouvelle école.
Je connais. On déménage tout le temps.
Sophie Bourgeois. Enchantée.
- Moi, c'est Sami.
- Chez nous, c'est 2. - Chez nous, c'est 4.
Tu aurais pas des ciseaux ?
- Tu les connais ?
- Bien sûr.
Guillain, Leonardo et Pierre-Walter.
Les frères Piston : ils ont redoublé, et c'est interdit.
Charles de Chazelle.
Méfie-toi. C'est un vicieux. Je l'ai battu
aux élections. Il me hait.
- Et elle ?
- C'est Marie Pernel. La violoniste.
Elle est bonne en râteaux. Les mecs se prennent tous des vents.
Tu peux l'oublier.
- Montieur Ben Ba... Bou...
- Ben Mouloud.
- Benny Hill.
- Ça va !
- Je dis Ben. Ça vous dérange ?
- Non.
vous en êtes où, en maths ?
- Au théorème de Thalès.
Rires,
C'est au programme de 4e. - Peut-être.
Mais on l'a fait cette année.
- Il y a les futurs leaders
et les futurs losers.
Cette classe ne régressera pas.
Vous apprendrez à vous lever tôt.
- Je me lève tôt.
- Si tu veux,
je te ferai des fiches.
- Merci.
- Géométrie... Non !
Trop de rires, pas de concentration. Contrôle surprise.
- NON ! - Chut !
Bienvenue, monsieur Ben.
- Tu connais Marie Pernel ? - Hop ! Tu me parles pas en public.
Toujours 10 mètres d'écart. Tu changes de trottoir.
- Bouffon !
- Prolo !
Sami ! Attends !
Sami, attends.
- Casse-toi, pauvre con !
- Elle voulait quoi, Sophie ?
Elle sait qu'on est cousins ? - On se parle, maintenant ?
- C'est important : on peut. Elle voulait quoi ?
- Elle fa déchiré aux élections.
- C'est faux. Elle a mené une campagne ignoble.
- Mais elle t'a déchiré.
- On partage
un sandwich ?
- Il y a que du saucisson ? - Non. Le frigo est là.
Sers-toi. Fais comme chez toi. - Merci.
- Tout est bon, dans le cochon.
Il jure en arabe,
- Comment
ça s'est passé ?
- Normal. Bien.
- Je l'avais dit. Tant mieux.
Tu manges que du pain ?
dans le frigo.
- Il offre du porc ?
Il vend de la charcuterie de luxe :
Porc Ever. Il en garde toujours pour en offrir.
- Tu manges du...
- Halouf ? Non.
Ici, on n'impose rien.
Alors que veux-tu ?
- Je m'en occupe. - OK. Ciao.
- À très vite. - Oui.
- Connard !
- Connasse !
- Je t'ai vue. Pauvre conne !
- Bonsoir, chéri. - Bonsoir.
- Tu es rentré en taxi ? - On m'a raccompagné.
- AU REVOIR.
- Merci.
- Sami ? Stanislas Boissac de Chazelle.
Répète ! - Stanislas...
Bo... - Boissac.
Je plaisante. Stan.
Ça sent bon. Saucisses purée ?
- Stan, à table.
- Où est Charles ?
Comment c'était, en Bretagne ? - Très bien.
- Mais encore ?
- Quoi ? Que veux-tu savoir ? Je suis allé à l'usine.
J'ai vu le chef syndical et des porcs.
Plein de porcs. La routine.
- J'exige un conseil de famille.
- Après le dîner. - Non.
J'ai des révélations.
Ce n'est pas
contre Sami, qui est charmant.
- Mais...
- Ce ne sera pas long.
Quand j'ai su
qu'il allait habiter ici, j'ai accepté,
car je suis tolérant.
- Tu as chialé.
- Tais-toi.
- Laisse finir ton frère.
- Sami, sage ?
Non. C'est une racaille. Probablement le leader
d'une bande de sa cité. - N'importe quoi.
Il est bien élevé. Il a sauté une classe. Il a 12.
- Oui. Tu as entendu ?
- 12 de moyenne en ZUP, c'est facile.
- Ça suffit !
À table ! Tu manges ! Tu te tais !
- Tu peux revenir.
Le nazi a fini.
Tiens, papa.
- Un cadeau de ma Caroline chérie ? Ce n'est pas
mon anniverssaire.
- "Porc Ever assassine la Bretagne."
- L'eau du robinet c'est plus potable.
- Je sais.
Et la banquise va fondre et les ours polaires vont mourir.
On en reparle après. C'est le 1er repas de Sami
avec nous tous.
Offrons-lui une bonne image.
- Avec elle ?
- Ce qui t'intéresse,
c'est faire chier papa.
- Ça suffit !
Bon appétit.
- Sami, la vie à Chalon
devait être assez... différente. Non ?
- Oui. C'était pas pareil.
- Tu habitais dans une cité ?
Raconte-nous la vie dans une cité.
Ça doit être
passionnant.
- Les victimes, en banlieue,
c'est la police.
- Ne fais pas ça !
- J'ai fait quoi ?
Quoi ? - Tu ne savais pas.
Ici, on ne coupe pas sa salade,
on la plie.
- Je suis désolé, monsieur.
Papa est psychorigide.
- Consulte un psy.
- Ma mère me tapait avec des couverts en argent.
Quoi ?
C'est dit. N'en parlons plus.
Alors ? La vie en banlieue ?
- L'État
les parque comme des chiens !
C'est dégueulasse !
- On connaît la solution : un bon coup de karcher.
- Charles ! C'est bon !
- Tais-toi.
- Bien parlé, cousin.
- Je vais chercher la suite.
- Tu dis rien ?
- Tu as commencé.
- C'est la vérité. - Tu connais une cité ?
- Ça va pas ? - Alors tais-toi.
- Oui.
Tais-toi.
- Rôti de dindonneau purée.
- C'est pas saucisses purée ?
- Ce soir, ce sera dindonneau.
- C'est à cause de lui.
C'est quoi, après ?
Plus de vin ? On mange halal ?
Je ne renoncerai jamais à mes saucisses purée.
- Sors !
Privé de dîner !
- Vous n'aurez pas ma liberté de manger.
- C'est ça ! - Je propose
une réunion participative.
- Retourne avec tes SDF, espèce de bobo.
- Viens ici !
- Excusez-moi de vous déranger.
Où est la télé ?
- Il n'y a pas de télé.
- Très drôle.
- Ce n'est pas une plaisanterie.
- Quoi ?
- Tu n'aimes pas lire ?
- Si. Vite fait. À l'école.
- Ah...
Le plaisir de lire,
tu ne connais pas ? Les grandes lectures.
Ça va te plaire, ça. Essaie ça.
- Notre-Dame de Paris .
C'est une comédie musicale.
Ils sont passés, une fois, à Chalon.
- Je m'excuse.
- On ne s'excuse pas soi-même.
- Je suis d'accord.
- Je vous prie de m'excuser. Je vous demande pardon.
Plus particulièrement à Sami.
Il reste du dindonneau ?
*Tchaïkovski : "Valses des fleurs", "Casse-Noisette".
___
Triangle.
Magnifique !
On va aborder
un musicien plus contemporain : Ravel.
À quelle époque vivait-il ?
Sami ?
- Il est né en 1875,
il est mort en 1937.
- Bravo. Tu connais
l'histoire du "Boléro" ?
- Non.
- Qui la connaît ? - Moi, madame.
C'est une musique de ballet
créée à la demande de la danseuse Ida Rubenstein.
- Absolument. On va écouter.
*Ravel : "Boléro".
___
- Il y a une fuite
chez Monop !
On écoute la musique, s'il vous plaît.
- Ce c'est pas grave, de pleurer. Tu m'as impressionnée.
C'est la 1re fois que je vois quelqu'un pleurer sur le Boléro.
- Non. C'est pas ce que tu crois.
Je pensais à ma cité.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- La cité où je vivais s'appelle Maurice Ravel.
- T'es pas mélomane.
- Menteur ?
- Pas "mythomane". Un type qui aime la musique.
- J'adore !
- Comme moi.
- On a un point commun.
- Tu aimes qui ? - Je sais pas.
2Pac, Barry White, Dr. Dre,
Faf La Rage. Que du lourd ! - Ah oui ?
- J'aime bien aussi... Mozart et...
Debussy. Ils sont bien.
- Notre-Dame de Paris. Ça te plaît ?
- À fond. Avec toi, j'ai l'impression d'être Quasimodo.
- On fonce ! Donnez tout ! On se fait plaisir.
Voilà ! C'est bien ! On donne tout !
Plus vite !
- Le nouveau ?
- C'est celui-là, dossard bleu.
Sami Ben quelque chose.
- Un fils d'ambassadeur ?
- Non. Il vient d'une cité à problèmes.
- Ah bon ?
- Monop, arrête de chauffer les meufs.
Parle encore à Marie, et je te tue.
- J'ai trop peur !
Tu te bats comme tu rapes ? - Qu'est-ce que tu dis ?
- Voilà le relais.
- Donnez tout ! Allez !
C'est bien !
- Cours, Sami ! - Vite !
- Pas mal.
- Ça va, ton bras ?
- C'est ça, de plaire.
- Arrête le relais.
Ton truc, c'est le foot. T'inquiète pas.
L'année prochaine : coupe inter-lycées.
Je vois bien ton style. Tu es un Zidane.
Cadeau.
Je suis content. Yes !
- Un bisou. - J'ai plus 12 ans.
- Vous voulez votre argent de poche ?
- Non. Si on a rien, maman nous file 400 .
- C'est pour quoi ?
- Pour l'éclipse de lune.
À lundi. Tu fous pas le bordel dans ma chambre.
- Bon week-end. Bon week-end, Caro.
- Ils emportent rien ? - Ils ont tout chez leur mère.
- Je vous accompagne ?
- Bon week-end.
- Mon fils sort sans cravate ?
Toi, tu as oublié sa Ventoline.
- Elle est mal habillée.
- Je te dis merde. - Encore des insultes !
Tu entends ça ?
Tu vas perdre
ton droit de garde. Enculé !
- Sale pute. - Pauvre con.
- Mal baisée. - Par toi, oui.
- Je t'entends pas.
- Dégage. - Tu as raison.
- Va chez ta connasse.
Charles, ça suffit !
Rires et musique,
___
Musique,
___
- GUILLAIN ! GUILLAIN !
___
- Bien fait. Il fallait m'inviter.
Il rit.
- Santé, Guillain !
- Tu veux quel trottoir ? - J'aime pas le soleil.
- Tu espionnes ?
J'ai pas fait exprès. Je m'excuse. La fenêtre était ouverte.
- Arrête de te mettre du gel. Ça te va pas.
- C'est pas possible. J'ai les cheveux qui frisent.
- Et alors ? C'est mignon.
- Tu aimes bien ?
- De Chazelle, 18.
Sophie Bourgeois,
18. - Yes !
- San Pellegrino,
12,75. Ce n'est pas pétillant. Ben,
5,25.
Sans commentaire.
Faucon, 11. Il faut qu'on parle.
- Tu peux pas faire attention ? - Arrête !
Ça se fait pas.
Tu t'excuses. - Ça va pas ?
- Tu t'excuses !
- Je m'excuse. - Dégage.
Excuse-le, Sami. Je suis désolé.
- C'est pas grave.
- Aïe !
- C'est ridicule, les embrouilles. Accepte mes excuses.
- Bon. D'accord.
- Marie, garde-la.
Elle est belle,
mais elle trop jeune.
Tiens.
- Je mange pas de porc.
- Je suis juif. On mange pas de porc. C'est du veau.
- Du veau ?
- Charles t'a invité au brunch du Racing ?
- Un "brunch" ?
- C'est un petit-déieuner qui dure.
- C'est du veau ?
- Si je mangeais du porc, mes parents se plaindraient.
- Bon. Merci, alors.
- Tu me diras, pour le brunch. Je peux te faire inviter.
- C'est gentil.
C'est cool, qu'on se réconcilie.
- Au fait... je suis pas juif.
Ça, c'est halouf. C'est du porc.
Il imite un porc,
___
- Enculé !
Enculé !
- L'école m'a appelée.
La directrice veut me voir.
- Ça doit être à cause de mes notes.
- Ah. Stan, à table.
BON APPÉTIT.
- Bon appétit à tous. Ne t'inquiète pas.
Tu peux te servir du couteau.
- Merci.
- Tu as mauvaise mine.
Ça ne va pas ?
Mais... j'ai mangé trop gras à la cantine.
- Lambert a fini à l'infirmerie.
- Au prix où sont les repas ! - C'est vrai.
- Papa,
je vais me marier.
- L'eau !
- Comment ça ? Avec qui ?
- Tu le croises tous les jours sans le voir.
- Il est du quartier ? Son nom ?
- Chow-Yung-Fi.
- Comment ?
- Chow-Yung-Fi.
C'est simple. - Non.
- Chow-Yung-Fi ! - Il est là ?
Un ouvrier du chantier ?
Tu es complètement...
Sami, les coudes !
- Dans son pays,
il risque la peine de mort.
Notre mariage est humanitaire.
- On s'en fout ! Il porte une de mes chemises.
- Un sans-papiers ?
- Ta gueule, toi !
- Alors ? - Hors de question !
Tu n'as même pas 18 ans.
Non ! - Tu peux pas refuser,
sinon, je me suicide. J'en suis capable.
- Je suis
très honoré...
- C'est Benetton, ici.
- Caroline !
- Djamila ! Djamila ! Djamila !
- C'est pas comme ça
que je t'ai élevé.
Tu me décois.
Tu as honte, j'espère.
- Tu mens.
- Sami, je te vois.
- Je savais pas que c'était du porc.
- C'est quoi, cette histoire de porc ?
Dans le Coran , Allah le dit :
si tu manges du halouf sans faire exprès, tu es pardonné.
Tu as fait exprès ?
- Non. Non.
- Alors, tu es pardonné. C'est pas ça, le problème.
- C'est quoi, le problème ?
- C'est quoi ?
"C'est quoi, le problème ?"
On crache pas sur les gens.
Et encore moins...
sur Zinedine Zidane ! On ne crache pas sur Zizou.
Regarde-moi dans les yeux.
Jure que tu le critiqueras plus.
- Juré !
- Tu cracheras plus dessus.
- Je le ferai plus.
- C'est un saint. On ne crache pas sur son visage.
- Je le referai plus ! Je le referai plus !
- Chut. Sami, rendors-toi.
- Bon.
Le nez du petit Lambert n'est pas cassé.
Ses parents ont admis que sa provocation était indigne.
Mais tout de même !
Je ne peux pas tolérer un tel comportement.
Vous venez d'arriver, monsieur.
C'est à vous de faire
un effort d'intégration.
- S'il te plaît, Djamila ! Je t'en supplie !
- Je dirai rien à ta mère.
À une condition.
Dimanche, on va au Racing.
Tu vas me rendre un service.
- L'UMP a voté pour. L'opposition, contre.
Que fait le gouvernement ? Bon !
Sami, tu viens ?
- Non. Je le sens pas.
- En pull à la piscine.
On rêve !
Bon. À plus tard.
- Vas-y. Allez !
Allez !
- Putain !
- Tu as vu les sondages ?
Il remonte. - Super.
Tu vas où ? - Me doucher.
- Montre-moi. Ah !
Le sénateur Ferrot ! Viens.
Bonjour, monsieur. - Bonjour.
- Vous connaissez Charles. - Non.
- Si. Il veut faire de la politique.
Ça y est ? - Enchanté.
- Je vous laisse.
- Tu veux faire de la politique ? - Oui.
- Tu veux être maire, député, ministre ?
- Président.
- Président ! Quand même !
- Enfin ! C'était pourtant pas difficile.
- Les bourgeois, c'est Al-Qaida !
- Ça va pas, non ?
- Justine : assistante.
Véronique : chef du personnel.
Maud : sa tante. Rislen ?
C'est qui ?
"On va enfin conclure.
"Rendez-vous mercredi, 17 h, hôtel Fouquet's,
"suite 707."
En plus, c'est une Marocaine !
C'est peut-être pas ce que tu crois. - C'est quoi ?
- Un business ?
Tu peux le remettre.
Vas-y.
- Écraser tes ennemis ? - Oui.
- Tes amis ? - Oui.
- Faire la bise aux vieux ? - Oui.
- Manger une saucisse à 8 h du matin ?
- J'adore la saucisse.
- Alors...
*- Salut, frère. - Salut, Mam.
*- C'est auch, le 93 ?
- Je suis dans le 92.
*C'est encore plus auch .
- Le 1er jour, des cailleras m'ont frappé.
Mais je me suis défendu.
*Ils me respectent.
- Implante-toi en province.
Paris, c'est bouché. Hein ?
Trouve une petite circonscription pour faire ton trou.
Tu as idée d'une région
où faire campagne ?
- Non. C'est grave, monsieur ?
- Tu as tout ton temps. Mais réfléchis. Fais attention.
Ne te trompe pas de région.
J'en sais quelque chose. Regarde-moi.
- C'est quoi, le nom de ta cité ?
Cité... Debussy.
- Ils ont des lance-roquettes ?
Les caïds roulent
dans des tanks, ici.
*- Fais gaffe.
Il y a des snipers.
Salut !
- Salut.
- Tu es inscrite ici ?
- On l'est tous.
- Tu fais du tennis.
Enfin je crois.
- Je suis bon, sur pelouse. On peut faire une partie.
- J'ai déjà un partenaire. Bon dimanche.
- Tu me boudes ? Je t'ai fait quoi ?
- Tu es violent.
- On y va ? Tu es prête ?
- (C'est ça ! Bon dimanche.)
- Sami !
Sami.
- Je peux te poser une question ? - Oui.
- C'est comment, Chalon ?
- Chalon ? J'en rêve la nuit.
Pourquoi ?
- Comme ça. Pour rien.
Merci. À plus.
Chalon !
- Sami, mon portable !
- Suivant !
Que fais-tu là ?
- On m'a dit de m'intégrer.
- Tu veux te convertir ?
- Non. Mais on peut discuter.
- Bien sûr. On peut discuter.
Tu as péché ?
- Comme tout le monde.
Vas-y.
- C'était quand j'avais 8 ans.
C'était mon anniversaire.
Ma mère pouvait rien acheter. Elle avait pas de thune.
J'ai volé des Dragon Ball Z chez Carrefour.
- Tu te fous de moi ? - Non.
- T'as quel âge ? - 14 ans.
- T'as rien d'autre à te reprocher ? - Quoi, monseigneur ?
"Monseigneur"... "Mon père", ça ira.
La chair. Les filles. As-tu commis le péché de chair ?
- Le quoi ? - Tu as déjà roulé une pelle ?
- J'aimerais bien, mais ça va être dur.
- Pourquoi ? - Elle est pas comme moi.
Elle est belle, riche et blonde.
- Et ?
- Ça m'énerve !
Zidane, en 2000, il savait qu'il allait gagner ?
Il savait pas !
Les filles, c'est comme les penalties.
Si tu gamberges trop, tu as aucune chance.
Pour mettre un penalty, soit tu tires en force...
C'est risqué. Tu peux faire une "pinochet".
- Quoi ?
- Tirer dans la foule.
Ou alors je te conseille de choisir un côté et de t'y tenir.
Et un bon plat du pied : ça rentre à tous les coups.
Ou tu peux tenter une "panenka". Comme Zizou en 2006.
C'est réservé
aux seigneurs. M. Zizou.
Allez. Fous-moi le camp. Suivant !
("Panenka".)
Je prierai pour toi.
Suivant !
- Une "panenka".
- Il y a pas de frites ? Comment ça se fait ?
- Tu fais la gueule ?
Tu sais, je suis un "apote" de la non-violence.
- Un apôtre. - Oui.
Mais il faut bien se défendre. Il m'a agressé.
- La violence c'est pas une solution.
- Cett ça...
- Quand j'étais petite, mon père battait ma mère.
J'ai vu ça toute mon enfance.
Dans mon milieu, il y a pas d'assistante sociale.
- Tu veux quoi ?
- Je suis désolé. Je savais pas.
- Ne le sois pas. Tu n'y es pour rien.
- On fait la paix ?
- Mais c'est la dernière fois.
- Allez !
- Marie Pernel, 15. Bourgeois, 18.
Ben,
8 sur 20.
Il y a du progrès.
Faucon...
- Pas de "beau-papa" !
Tu lui as donné mon pull ? - Il avait froid, au foyer.
- Le pauvre !
Il aura chaud, à Pékin. - Tu es immonde.
- C'est limite, Stanislas.
- Laisse-nous. - Démerdez-vous !
- Ils vont faire une enquête. Il faut qu'il habite ici.
C'est indispensable. - Non !
- C'est sûrement un délinquant.
Les Chinois en Algérie sont des criminels.
Ils sont déportés contre une remise de peine.
Je l'ai lu dans le journal.
- Non. Dans Libé .
- Libé ... Quel facho, celui-là !
- Je t'ai attendue.
- Ma mère m'a emmenée.
- C'est un bien triste jeudi pour notre pays.
L'ambassadeur à Jakarta est décédé hier soir.
Le père de Sophie
a été nommé. Elle est partie. Elle n'a pas eu le temps
de vous dire au revoir. Elle m'en a chargée.
- Il y aura des élections ?
- Non, Charles. Il reste 6 semaines de cours.
- Désolé, madame. C'est dans le règlement.
Article 7.
"Chaque classe doit avoir un délégué
"jusqu'à la fin de l'année."
- Bonne journée, mademoiselle.
- Le 20 mai me semble
être une bonne date.
Le nouveau délégué doit engager des réformes.
Cette classe va mal. Donnons-lui une impulsion.
- Je suis candidat.
- Bravo ! - Guillain, candidat !
- Y a-t-il d'autres candidats ?
- Voilà comme prévu.
Évidemment, on se connaît pas.
- Évidemment.
- Tu aimes le soleil ? - Pourquoi ?
- C'est mon trottoir. - Je suis pas d'humeur.
- On a pas renouvelé ta carte de l'UMP ?
- J'ai commandé
un sondage. 1 seul élève sur 26 va voter pour moi.
- C'est moi. - Pourquoi tu ferais ça ?
- Entre toi et lui... - Les Picasso !
On trace tout droit.
- OK.
- Bonjour, messieurs.
Police de Neuilly. Douane volante.
Charlie ! Ça va ? Tu tombes bien.
J'ai un mariage. Passe ton blazer.
- On veut tout.
- Attendez. Moi aussi, je viens d'une cité.
- Nous, on est les fils de Carla Bruni.
- Je viens de Chalon.
- Désape-toi, petit. - Il vient de Chalon.
- Donne tout.
- Écoute le prince Charles.
- 3 grands contre 2 petits : des vrais caïds !
- Ton portable. La ferme !
Vite ! - Me frappe pas.
- Je vais pas te frapper !
- Tire-toi, Charles !
- Au secours !
- Enculé ! Reviens !
- Tu es malade ! Tu as failli nous faire tuer.
- Mais on les a bien marave .
- Joue les héros sans moi.
- J'ai pas un bleu, là ?
- Si. Ça va virer au coquard.
Tu diras que je t'ai sauvé. Ça m'apportera des voix.
Je dirai à Djamila que tu es tombé.
Tu as un rendez-vous, demain, non ?
- Comment il sait ?
- Super look !
On dirait un Blues Brothers. - On va au ciné ?
- Non. J'ai une meilleure idée.
- Allez !
Le Zidane
du Chamboule Tout ! Je vous offre Bobby le Cochon
et 2 places pour un manège :
la Boule. Amusez-vous bien, les jeunes.
- C'est quoi, la Boule ? - C'est ça.
- C'est parti ! Voilà !
Le cochon, le sac, s'il vous plaît.
- Les lunettes. - Non. J'ai mal aux yeux.
- Interdit.
Tu me donnes ça. Pas mal, les Ray-Ban.
C'est parti !
Vas-y, Thibault.
- Tu as quoi ?
- Ça ? C'est de l'acné. Je dois aller voir un dermato.
- Tu t'es encore battu ! - Je te jure,
c'est la bande des Picasso.
- Pas de chance ! - Je te jure...
Marie !
- Marie ! Ton cochon ! Attends !
C'est les Picasso ! - Je t'avais prévenu.
Tu m'oublies.
- Reviens, Marie !
Putain !
- Bonjour. - Oui... Bonjour.
- Merci, Anne-Charlotte.
Je compte sur toi. Salut.
Je suis rincé. J'en peux plus. J'ai fait mon lobbying.
Bon. Je peux espérer 5 à 6 voix.
Il faut que j'achète 7 voix pour l'emporter.
J'ai mon PEL. 5 ne cracheront pas sur un iPhone.
Il en manque 2. - Laisse tomber. J'ai une idée.
- Ah oui ? Laquelle ?
- Pour combler ton déficit de popularité, fais une boum.
- Une boum ? - Oui. Une boum.
La plus belle de l'année.
Tout le monde s'en rappellera et t'aimera.
- Ouais ! Pas mal ! C'est bien !
Une sorte de meeting présidentiel.
- Exactement ! Au carré VIP, il y aura...
Il y aura Marie.
- Génial.
Il y a des problèmes.
Papa veut pas qu'on fasse de boums ici.
Ce soir, il va être content,
grâce à Rislen. C'est le moment de négocier.
- Rislen ?
Tu connais Rislen ?
Elle achète Porc Ever. Il fait la surprise à Djamila.
- Comment tu sais ?
- J'ai vendu mes stock-options. Des porcs repris par des Libanais !
- Merde !
Ton idée
de boum est géniale.
- Merci.
Ça sonne. La femme rit.
- Oui ? - De la part de Mohammed VI.
- Chérie ? Qu'est-ce... - La Marocaine est solide.
- Elle est libanaise.
C'est encore pire.
- Tu es folle ?
Voilà ma femme.
- Il fallait me prévenir.
- Je vais la dédommager. Oublié.
- Cadeau !
- Pourquoi ? - 10 ans de mariage.
- C'est dans 6 mois.
- Mais si vous vous séparez ?
- Dis donc !
- Venise ! J'en rêve !
vendredi. C'est un vol charter.
Mes moyens sont modestes. Ça vient du coeur.
- Tu es un amour.
- Merci.
J'ai rencontré l'amour.
- Que nous font-ils ?
- Son nom ? - Atahualpa.
- Comment ? - Atahualpa.
Un Quechua qui se bat pour les Indiens.
Papa, écoute-moi.
Il est ici pour échapper à des paramilitaires.
Si on l'aide pas, il se fera assassiner.
- Bon voyage !
- Quel amour !
- Mais avec son charter, on décolle de Beauvais.
J'aurais dû lui donner plus d'argent.
- Je suis vraiment contente.
- Au revoir. Bon voyage.
Allez. Il y a du boulot.
T'en fais pas. Elle viendra. Allez ! On y va !
Bonsoir, Virginie ! On se fait la bise.
Bienvenue. Bonne soirée. Un pin's.
- Touche pas au piano.
- Il y a du champagne. Ça va bien ?
Votez pour moi.
- Salut. Ça va ? - Oui. Et toi ?
- Voici Damien.
- Salut. Votez pour moi. - Bien sûr.
- Bonsoir.
- Tes copains ont appelé. Ils arrivent.
- Quoi ?
- Je les ai invités.
J'ai bien fait ? - Non ! Enfin si.
- Bien. Fais la fête !
- C'était là !
- Tu es sûr ?
- Direction "Nouille-la-Défonce".
des Hummers et des chars.
- Et des porte-avions ?
Vous êtes trop cons.
- T'y crois pas ?
C'est la crise.
Alors ils parlent pas de ça.
C'est toi qui es con. - Mais oui !
- Absence de parents. Il y a beaucoup d'alcool.
- Tenez.
- Regardez : 120 décibels !
Voire du 125.
Tabac, ça pue ! Hop ! Donne-moi ça.
Tabac.
Voire plus.
- Je peux ? - Pièce à conviction.
- Je vais le dire à sa mère.
- Je vais notifier tout ça. - Oui. Notez.
On va lui suspendre la garde. - Oui.
- On va dormir à l'hôtel. Je vais pas supporter ça.
Monsieur l'huissier. - Maître.
- Maître. - Vous penserez à mon invitation ?
- Pardon ? - Mon invitation à dîner.
- Merci. Bonsoir. - Bonsoir.
Putain !
- Bon slogan.
Téléphone.
- Va plus loin !
- C'est gentil d'être venue.
- Charles m'a invitée.
- On peut parler ?
- On fait quoi, là ? - Mais...
Seuls. Dans un coin tranquille.
- Vous pétez tout dans la baraque.
Filez quelques baffes,
qu'ils s'en souviennent.
- On va se les faire. Ils vont se souvenir de leur soirée.
Surtout le petit rebeu. C'est quoi, ça ? On avait dit 500.
- Le reste à la livraison.
- Je suis pas violent. Je m'étais jamais battu.
Pourtant, à Chalon, il y a des nerveux.
À chaque fois, je me défends. Tu es maquée...
- Maquée ? - Le sosie de Brad Pitt.
- Damien ? C'est mon frère.
- Tu as un frère ?
- Oui.
- Je vais lui demander l'autorisation.
- Pour quoi ?
- Te parler.
- Il doit être reparti. Et je fais ce que je veux.
*- Votre appareil a redécollé de Milan.
Mais il a dû atterrir à Lyon pour une escale technique.
Beautiful Air vous prie de l'excuser.
- "Beautiful" mes fesses !
- Tu veux rester ? - Non.
- Tu me rassures. Allez, on s'en va.
- Charles sera décu. - Il fera avec. On se tire.
- T'aimes ça ?
- Avec toi, je danserais même sur du Bénabar.
- Où est le mec de Chalon ?
Où est le mec de Chalon ?
Cris de frayeur.
- Tranquilles !
- Le prince Charles
nous a pas invités ?
On va tout niquer !
- C'est pas "Nouille", mais Neuilly.
- Allez, dégagez. On vient vous récupérer à minuit.
- Attention aux chars !
- Il a menti.
- Je l'ai localisé. Alors, Chalon ?
Viens voir ! Alors ?
Tu te souviens ?
Tu m'as eu à la chalonnaise.
C'est elle, ta meuf ?
Elle est bonne !
- Toi, tu dis rien ?
- Je pensais que tu étais contre la violence.
- C'est ça.
- Tu rigoles ?
- Il y a pas de blindés. - Tu entends ? Une baston. Viens !
- Lâche mon pote !
- Tu vas voir !
- Tu t'es foutu de nous.
- Non !
- On ira à Bruges. La Venise du nord.
- Cassez-vous !
Cassez-vous !
Si vous votez pour moi, je vous débarrasserai d'eux !
- C'est mieux...
- Ça va pas ?
Ils sont fous !
- Ils sont fous. - Stan !
- On est où, là ? - Mon Dieu !
- C'est cool que vous soyez là.
- Charles. Enchanté.
- C'est mon cousin. - OK. D'accord.
- C'est quoi,
ce chantier ?
- Où est mon fils ?
Charles !
Charles !
- Mon ventre !
- Qu'y a-t-il ?
- C'est mon ventre !
L'appendicite !
- Je vais mourir.
- Arrêtez la musique.
- Dégagez !
- Papa est là. - J'ai mal !
- Tu as mal.
- Il est fort.
- Les voilà.
- Alors ?
- C'était bien ?
- "Bien" ?
On va lui montrer si c'était bien.
- On est potes, non ?
- Allez !
- Alors ? - Le médecin l'examine.
Ça va aller, mon amour.
- Cétait quoi, ce bordel ?
- C'est normal. Je somatise.
- Tu as quand même eu des maux de tête, des vertiges.
- Ça va mieux.
Je serai rassuré.
- Je vais t'acheter une bombe lacrymogène.
J'en ai marre ! On n'est pas à Beverly Hills.
- Ce sont les parents de Charles.
- C'est Guillain. - C'est...
- Attends-moi.
- Ça va ? - Ça a l'air d'aller ?
- Bonsoir. Je peux parler à votre mari seul à seul ?
- Je vous en prie.
- Monsieur,
je ne suis pas raciste. Je n'ai rien
contre votre femme. Le problème,
c'est votre neveu.
Il s'est acoquiné avec les racailles de la cité Picasso.
Regardez ce qu'ils ont fait.
- Je suis absolument navré, madame.
- Il faut faire quelque chose. - Le soigner.
- Je ne plaisante pas. - Moi non plus.
- La honte de ma vie ! En 10 ans ici,
j'ai jamais eu d'ennuis ! Toi, en 1 mois, tu me pourris tout.
Tu avais une chance incroyable, en venant.
Tu as tout gâché.
Tu sais pourquoi ? Tu es qu'un petit con.
À cause de toi, on nous appelle "sales Arabes".
Tu es un sale Arabe !
Des mômes comme toi, ça s'élève dans des zoos.
Elle a pas porté plainte.
S'il te plaît !
Regarde-moi dans les yeux.
Ta mère fait escale bientôt.
Tu vas retourner vivre à Chalon.
Arabe,
Tu comprends ?
- Djamila !
- Laisse.
Tais-toi.
- C'est pas moi.
Tu peux arrêter.
J'ai 2 nouvelles. Une très mauvaise, une mauvaise.
- Commence par la très mauvaise.
- La directrice est persuadée que j'étais avec les Picasso.
Je suis viré de chez toi et de Saint-Ex.
Je passerai pas mon brevet.
Tu m'as pas défendu.
Mais depuis la boum, mon père m'écoute plus.
- Ouais. C'est ça.
- Et la moins mauvaise ?
- Malgré la boum, tu es toujours pas populaire.
Guillain a profité de ton absence.
L'élection est ce soir. Il esquive le débat avec toi.
Alarme.
- J'aurais pas été élu.
On m'élirait même pas comme délégué.
Je suis un loser. Je suis Balladur !
Vous avez raison de pas m'aimer. Je suis minable.
Ma soeur aussi a raison.
Je pense, je m'habille comme un vieux.
J'ai tout raté !
Je suis une merde, Sami. Je suis une merde.
- On va voter. - Attendez.
Charles m'a demandé de vous lire ça.
Je peux ? - Venez.
- On s'en fout.
- Je voterai jamais pour sa gueule.
- Nous ne sommes pas à l'école publique !
- Pardon.
- Allez-y.
- "Chers camarades.
"Je donne mon pouvoir à Sami : qu'il vote pour Guillain:
- Quoi ? - C'est un torpillage.
- On veut pas de son vote. - "Surtout,
"n'y voyez aucun calcul politique.
"Pour une fois, il n'y en a pas.
"Du fond de mon lit d'hôpital,
"j'ai compris que vout ne m'aimiez pas."
- Toute l'école te déteste. - Toute l'école !
"Je comprends.
"Je pensais que tout se vendait et s'achetait, même l'amour.
"Mais aujourd'hui,
"personne ne me rend visite, à part mon merveilleux cousin.
"Je suis seul. Terriblement seul.
"Mais cette épreuve aura été salutaire.
"Elle m'a fait grandir."
Il a des talonnettes.
- Chut !
- "Elle m'a fait grandir.
"Je tiens plus à vous qu'à vos votes.
"C'est peut-être mal dit,
"mais je voulais le dire. Si à mon retour,
"vous me tendez une main amicale,
"je la saisirai,
"car on peut changer,
"même après 14 ans."
Voilà.
On frappe à la porte.
- Oui. Entrez.
- Sami, va chez la directrice.
- Bien fait !
On frappe.
Entrez, Sami.
Asseyez-vous.
Vous les connaissez.
- Je sais. - Ils vous innocentent. J'ai lu
les SMS de Guillain.
J'appellerai sa mère.
- Je comprends pas. - Moi non plus.
Pourquoi vous faites ça ?
- Qu'on nous paie pour foutre le bordel... le souk,
OK. Mais on veut pas le faire virer.
On est pas méchants.
On a arrêté l'école en 5e.
Sa mère l'a jeté comme une merde. Il dort dans le local à poubelles.
- Ma copine
est parti avec le type des Assedic.
- J'avais 18 ans quand j'ai arrêté,
en 5e. Tout ça à cause du prof de techno, M. Gaudin.
Il me dit : "Malik,
"tu travailles ou tu vas à l'usine."
- (Désolée.)
- Je lui ai cassé la gueule.
- C'est du passé.
- Ça me fait mal, de parler de ça.
- 22 à 4 ? C'est dur, quand même.
- Surtout pour Guillain. C'est toi qui as été élu.
- 22 à 4 7.
C'est un plébiscite !
Je l'ai niqué, ce bâtard ! Je suis un winner !
J'ai niqué ce bâtard !
Je l'ai niqué !
- On avait dit 100 chacun.
- Non. On en a reparlé entre nous.
C'est contre notre morale de faire payer une meuf.
- On a un sponsor pour financer notre réinsertion.
- Salut, mon kiki.
Ça gazouille ?
- J'ai rien sur moi.
- Jette-moi les clés. Jette les clés !
- Ces 2 mois
ont été une lecon pour tous. Comme dit Victor Hugo,
"il ne faut jamais désespérer des hommes."
Depuis que Charles a créé
un jumelage entre Saint-Ex et Chalon, il a changé.
- À Paris, compte sur moi.
- Il s'implique dans la cité.
- Bonjour.
- Je l'admire presque.
- On ne se connaît pas, mait on se reverra.
- Il créera peut-être un parti révolutionnaire.
- Contre les nantis et les patrons, de Chazelle.
- Stanislas a changé, lui aussi. Il a de bonnes raisons.
Je vais avoir un vrai cousin, avec un nom rebeu : Hamouche.
Caroline a annulé son mariage avec Atahualpa pour Serna.
Elle a empêché son extradition.
Et Stanislas voit un psy. Le changement a été radical.
- Pas avec le couteau !
Je déconne !
- Malgré mes 9,68 de moyenne,
j'ai eu mon BEPC et je passe en 2nde.
Djamila m'a offert
mon année à Saint-Ex. Avec maman, on s'est installés
dans une cité, à Nanterre : la cité Picasso.
- Salut, Malik, ça va ?
- Bonjour, Malik. - Abdel Malik.
- Abdel Malik.
- Voilà. Je vous ai tout raconté.
Ah non ! Le plus important.
Entre Marie et moi,
c'est plus fort qu'entre Esmeralda et Quasimodo.
Vous me croyez pas ? Sur la tête de ma mère !
Tenez.
- Madame Blanchet ?
- Quoi ?
- Non. Rien.
___
Sous-titrage : VECTRACOM
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