All language subtitles for Le sang de la vigne_France 3_2014_02_15_20_45

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Original subtitles

Install�e dans le Jura avec Jeff, son �poux de 30 ans son a�n�, la jeune et dynamique Nancy Marigny sollicite l'expertise de France Pelletier, qu'elle a rencontr�e dans un salon vinicole, avant de se lancer dans le commerce du vin. Benjamin accompagne France � Dole. Au cours d'une d�gustation chez Lauvermont SA, le directeur Philippe Nodier r�v�le � Benjamin que les parcelles que convoite Nancy appartenaient � Roch Orgelet, retrouv� mort 15 jours plus t�t, une balle de fusil en plein coeur. Nodier s'int�resse aussi � ces m�mes parcelles. Benjamin alerte France. L'idylle affich�e de Nancy avec le jeune Aur�lien, beau-fils du d�funt Roch Orgelet, intrigue Benjamin. Bient�t, Nancy est assassin�e � son tour.

-Allez, viens.

Salopard, viens l�.

...

Il siffle.

...

Salopard, t�te de bourrique,

toujours � fouiner l�-dedans. Allez !

Monte.

Quelle id�e d'aller fouiner.

Allez. Viens ici, qu'on nettoie tout �a.

Dans quel �tat tu es ?

Il aboie.

...

...

...

Coup de feu. Le chien g�mit.

...

-Merci.

-Bienvenue sur ma terre natale. Jeff Marigny.

-France Pelletier.

-Je vous embrasse.

Ma femme m'a parl� de vous.

Et vous �tes B. Lebel.

-Vous savez d�j� tout. Enchant�.

-Pas trop de secousses en vol ? -Juste ce qu'il faut.

Merci d'avoir affr�t� un avion pour nous. Vous pilotez ?

-Je suis un as. Mais seulement sur mod�le r�duit.

J'adore l'a�romod�lisme. Je vous montrerai.

-Pourquoi pas ? J'aurai un peu de temps.

-On y va ?

Nancy nous attend chez L'Auvermont, une bo�te qui s'occupe de vin.

-Je vous rejoindrai, j'ai lou� une voiture pour me balader.

-Vous avez raison. Je fais pareil depuis qu'on est revenus du Qu�bec

et que je suis en retraite.

-Merci.

-Merci d'avoir accept� de travailler avec moi.

On fera du bon boulot. -Bien s�r.

Voici... -Oh ! Benjamin Lebel !

Le grand. Je vous l'emprunte 2 secondes.

Je vais vous montrer les tr�sors de L'Auvermont.

-Ne vous formalisez pas, Nancy est comme �a.

Elle va droit au but. -Je vois �a.

-France vous a dit o� on s'�tait connues ?

-Il y a 2 ans, � Bordeaux, vous achetiez du vin

pour les restaurants de votre mari. -Oui. Regardez �a.

-Ah oui, c'est magnifique, �a. -J'ai besoin de votre conseil.

J'h�site � prendre des participations dans l'entreprise.

-Je ne peux pas vous r�pondre.

Je ne suis qu'accompagnateur, en escapade.

Ne vous inqui�tez pas,

France est un oenologue-conseil tout � fait remarquable.

Vous ne pouviez pas mieux tomber. -2 avis valent mieux qu'un.

-Alors ces messes basses ?

-J'ai pu appr�cier cette magnifique cuve de vin jaune.

-Laissez-moi vous pr�senter P. Nodier,

directeur de L'Auvermont.

Mme F. Pelletier,

mon oenologue-conseil.

-Enchant�. Inutile,

nous nous connaissons.

Vous admiriez la maturation ?

Ca impressionne nos clients. -J'admirais surtout

son voile. Quel �ge ?

-Vous diriez quoi ? -A la couleur,

je dirais 5, 6 ans.

-Dans ces eaux-l�. Je vous convie � une d�gustation de vins

que nous commercialisons. C'est par ici.

-Quel cam�l�on, ce poulsard.

Un rouge qui se pr�sente comme un ros�,

avec ses reflets bleut�s.

C'est insaisissable, c'est tout le temps en balade, ce vin.

-Je pr�f�re la franchise du Trousseau. C'est important,

la franchise. -Je suis d'accord.

Un vrai coeur-de-pigeon, rubis pur-sang, franc et net.

Mme Marigny, votre avis ?

-Je ne sais pas faire d'envol�es lyriques. J'ai r�serv� pour 13h.

-Je pourrais parler de mon eau

mais �a n'int�resserait personne.

Le vin, je ne peux pas le recracher.

Je le bois et comme c'est moi qui conduis...

Benjamin, �a vous plairait, cet apr�s-midi,

une partie de p�che sur le lac ?

-Vous ne partez pas d�j� ? On n'a pas attaqu� les blancs.

-Le devoir m'appelle mais une autre fois.

-En g�n�ral, �a veut dire "jamais". Un grand d�gustateur comme vous,

vous n'allez pas vous d�filer.

-Oui, tr�s bien. Ecoutez...

C'est un d�fi, je reste. Voil�.

Je vous rejoindrai plus tard.

Pourquoi m'avoir broy� la main ?

-D�sol�, je n'ai rien trouv� d'autre pour vous retenir.

Votre amie ne doit pas travailler pour N. Marigny.

-Ce ne serait pas un drame. Elle doit la conseiller pour l'achat

d'une propri�t� vinicole.

-C'est le domaine Roch Orgelet, qui s'est suicid� il y a 15 jours.

-Ah... Orgelet.

Ce vieux magicien du vin jaune. Je n'�tais pas au courant.

Je voulais l'inclure dans mon guide

mais je n'ai re�u aucun �chantillon.

Je ne peux vous �tre d'aucun secours.

France ne trahirait pas un client.

-Je dis �a pour son bien.

N. Marigny ne s'int�resse pas au vin jaune, vert ou bleu.

Elle veut asseoir sa l�gitimit� � coups de dollars

et rafler la mise.

-Avec une telle opinion d'elle,

pourquoi vous la prendriez comme associ�e, vous et vos partenaires ?

-C'est encore autre chose.

Je veux qu'elle me rach�te mes parts, j'en ai marre des chiffres.

Je veux me rapprocher de la vigne.

-Vous avez des vis�es sur le domaine Orgelet ?

Et ben dites donc.

Ce n'est pas r�glo de me demander d'intervenir.

-Orgelet et moi, �a ne datait pas d'hier.

Il m'a tout appris sur la vigne.

Le jour de sa mort, nous devions signer le rachat d'une parcelle.

Quoi qu'on dise, je ne crois pas � son suicide.

Cette affaire est pourrie, je voulais vous le dire.

-On va d�jeuner d'abord ?

Ou tu pr�f�res t'installer ?

-Pas de probl�mes.

On a r�serv� une chambre dans un h�tel de Lons.

-Venez plut�t � la maison.

-C'est gentil mais Benjamin aime bien avoir son ind�pendance.

Il pr�f�re l'h�tel.

-On n'est pas assez bien pour lui ?

-Pas de parano, personne n'a dit �a.

On demandera � Benjamin tout � l'heure.

Voil�, vous �tes arriv�es.

Salut, les filles,

je vais � la p�che. -Bonne p�che.

...

-Ah, tu vois, c'est rat�.

-Joaquim, arr�te.

-Attends, va.

Je vais te montrer comment il faut faire.

Regarde. Le grain, tu le prends

entre le pouce et l'index.

Et pan, tu tires !

-Regarde, maman ! -Rentre � la maison,

on va passer � table.

Bonjour, je peux vous aider ?

-Non, j'admire la vigne.

Je me pr�sente, B. Lebel.

-Je vous connais de nom.

F. Ibanez, chef de culture du domaine.

-Le domaine R. Orgelet ?

-Je m'occupe de toute la vinification, sauf le vin jaune.

M. Orgelet tenait � s'en charger.

-Je comprends. Le vin jaune...

C'est un monde � part.

Qui va s'en occuper apr�s sa disparition ?

P. Nodier m'en a parl�.

-On a tous �t� boulevers�s par ce suicide.

Qu'est-ce que va devenir le domaine ?

-Personne n'en h�rite ?

-Si, Aur�lien Orgelet.

-C'est son fils ? J'aimerais lui parler.

-Il habite � c�t�, je peux vous emmener.

-Tu comptes faire r�gime � midi ? Non ? Alors tu files.

Il habite ce qu'on appelle la remise jaune.

Je vous montre le chemin.

-Avec plaisir.

-Je suis d�sol�e pour tout � l'heure, je suis un peu � cran.

-Ca arrive, n'en parlons plus.

-Depuis notre retour, on s'engueule sans arr�t.

Jeff avait le mal du pays. Maintenant, c'est moi.

-Ca ne doit pas �tre �vident de t'adapter, c'est une autre vie.

-Surtout pour moi, je n'aime que la ville,

le shopping, les boutiques, les rues.

Les embouteillages me manquent.

-Donc tu t'es lanc�e dans le vin ?

-Je suis trop jeune pour la retraite.

Ou m�me pour la p�che.

-Ou pour les mod�les r�duits d'avion ?

-Comment on peut s'int�resser � ces trucs de m�me ?

Je rigole mais ce n'est pas dr�le.

A Montr�al, la diff�rence d'�ge importait peu.

On est au bord du divorce.

-Vraiment ?

Quand tu seras occup�e, �a ira mieux.

Si on parlait un peu de ta future acquisition ?

-Plus tard. Je d�jeune peu avec des copines.

C'est la 1re fois depuis qu'on est ici.

-Ah oui ? -Oui.

...

-Vous voulez quoi ? -Je m'appelle B. Lebel.

-Oui, et alors ? -Je viens de la part de F. Ibanez.

-Il fallait le dire.

Je prends une douche et j'arrive.

Vous venez pour quoi ?

-Je voulais parler de vos projets concernant la vigne de votre p�re.

-Mon p�re ?

Il est mort avant ma naissance.

Peu importe. A tout de suite.

Un chien g�mit.

-Tu voulais acqu�rir un domaine modeste mais de grande qualit�.

Tu as prospect� ?

-Pas besoin, j'ai trouv�.

-Je suis venue pour rien. A quoi je peux te servir ?

-J'aurai besoin de tes comp�tences juridiques.

C'est un d�membrement, donc ce sera compliqu�.

-Tu n'es pas seule sur le coup ? -Non, c'est certain.

Mais je crois avoir toutes les chances de mon c�t�.

Je ne tiens plus, regarde.

C'est la parcelle

Orgelet.

C'est un c�page savagnin, tu vois ?

-Il faudrait �claircir

ou le raisin ne m�rira pas � temps. -Tant pis pour lui.

-Il n'y aura pas de vin jaune cette ann�e ?

-Manque de pot, cette parcelle n'est pas � vendre.

Je n'h�riterai peut-�tre m�me pas.

-Qu'est-ce qui vous fait penser �a ?

-J'ai mes raisons.

Je ne m'entendais pas avec mon beau-p�re.

Incompatibilit� d'humeur.

-Vraiment ? Pourtant, il vous a donn� son nom.

-Il voulait �pouser ma m�re.

J'avais 2 ans, elle lui a fait un bloc.

Elle, il l'aimait.

Elle est morte et il va s�rement me d�sh�riter.

-Je parie le contraire. Je suis joueur.

-Je vais �tre fix�, le notaire m'attend pour ouvrir le testament.

Je ne sais pas pourquoi je vous dis �a.

Le t�l�phone sonne.

-All� ?

-C'est moi. Sors-moi tout ce qu'on a sur Roch Orgelet.

C'est pour me rafra�chir la m�moire.

*Cherche � Jura. -Quoi ?

Vous �tes dans le Jura ? On ne se barre pas au mois de septembre !

On a tous vos clients sur le dos, ils sont furax.

Ils veulent savoir quand vendanger.

-C'est pour �a que je suis parti. Ils ne pensent qu'� vendanger.

*Pour moi, c'est trop t�t. -Super.

Donc on fait quoi ?

-Tenez bon, c'est un bras de fer.

Il faut attendre. La maturation n'est pas finie. Salut.

...

-Ah, le voil� !

Benjamin.

Vous avez r�serv� � l'h�tel

mais restez, j'ai tr�s envie de vous garder.

-Pourquoi pas ? Comment r�sister � tant d'enthousiasme ?

-C'est vrai, vous restez ?

-Si France est d'accord.

-Mais tes d�sirs sont des ordres.

-Tu vois, ce n'�tait pas si compliqu�.

-"Pourquoi pas ? Comment r�sister � tant d'enthousiasme ?"

Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu d�testes dormir chez les clients.

-Je m'adapte.

Et c'est ta cliente. Tu ne me fais pas une sc�ne, l� ?

-Pas du tout. J'ai l'impression que tu me caches quelque chose.

-Je vais �tre franc. Observe bien les dossiers que tu vas �tudier.

Certaines affaires locales sont...

Comment dire ?

D�licates. -C'est plus fort que toi.

Tu crois que je ne peux pas g�rer mes affaires.

-Mais pas du tout.

J'ai eu des infos qui te permettraient d'�viter des ennuis.

-Je ne veux m�me pas en entendre parler.

C'est excellent, Jeff. -Ces truites sont d�licieuses.

Vous les avez d�glac�es au vin jaune ?

-C'est pratiquement leur seule cuisson.

Sinon, elles durcissent.

P�ch�es cet apr�s-midi m�me dans le lac.

Vous ne trouvez pas �a au restaurant,

m�me chez les grands.

-Je regrette qu'un vin aussi complexe que le jaune serve

� mettre en valeur des produits qui pourraient s'en passer.

Il m�rite mieux que �a.

-Je suis d'accord.

Il m'a �tonn�e, je veux le faire d�couvrir en Am�rique, en Chine...

Il m'a scotch�e.

-Ma femme doute de rien.

Vous avez pu visiter un peu ?

-Je me suis promen� un peu.

-Pour moi, c'est le paradis. -Mon mari adore son bled.

Il n'a pas peur que les fant�mes viennent le chatouiller.

-Elle fait allusion � mon grand-p�re, Aim� Marigny.

-Pas du tout.

-Il habitait un village

bouff� par la construction du barrage.

C'�tait sa maison o� il �tait n�, o� ses parents �taient n�s.

Quand �a a �t� fini et que c'est devenu le lac de Vouglans,

le pauvre ne l'a pas support�.

Il s'est jet� dans le lac.

-C'est une histoire horrible.

-Je l'aimais plus que tout.

Il m'a pratiquement �lev�.

-C'est pour �a que vous �tes parti ?

-Non, dans les ann�es 80, il n'y avait aucun d�bouch�s ici.

J'ai d�cid� de conqu�rir le Nouveau Monde.

-Ca vous a r�ussi.

-J'ai �migr� aussi.

Je suis n�e dans les Ardennes mais je n'irai pas m'y enterrer.

-Allez, on trinque.

-Ah non, pas avec �a.

Je vais chercher une bouteille exceptionnelle que j'ai caraf�e.

Elle doit �tre aux 16 degr�s requis.

-Graben jaune cuv�e rose du domaine R. Orgelet.

-Hum...

Celui-l� est vraiment �tonnant.

-Il me rappelle un autre vin

que j'ai d�gust�.

-Il n'a pas �t� �lev�

dans une barrique en ch�ne. -Exact.

Je dirais dans un f�t en bois d'acacia.

-Vous �tes impressionnants.

-Ca t'�pate, hein ? Des gens qui savent de quoi ils parlent.

-Mais � mon �ge, on apprend vite.

Bon,

j'ai des fourmis dans les jambes. Si on allait � la discoth�que ?

-Alors l�, sans moi. Mais �a te rappellera ta jeunesse.

Nancy Blue,

la reine du pole dance.

-A mon �ge, on aime s'amuser. Je te pr�senterai quelqu'un.

-Pourquoi pas ?

Ca ne t'ennuie pas ? -Je viens avec vous.

Je n'ai pas dans� depuis longtemps. Bien s�r.

-Toi en discoth�que, tu m'�tonneras toujours.

-C'est le secret des couples qui durent.

-Pas comme nos h�tes. Nancy parle de divorce et tu as vu l'ambiance ?

-Bonsoir. -Bonsoir, Mme Marigny.

Bonsoir, messieurs, dames. -Bonsoir.

...

-Tu as d�j� vu ce genre de spectacle ?

-Non, ce sera une premi�re. -Pour moi aussi.

-D�sol�, c'est r�serv� aux femmes.

-J'aurais fait de la concurrence d�loyale � ces messieurs.

...

-Qu'est-ce que vous prenez ?

-Une eau plate.

Tiens. Tout le village

s'est donn� rendez-vous ici.

-On dirait, oui.

-R. Orgelet, ne devait pas �tre ravi que son beau-fils se lance

dans le strip-tease.

-C'est r�cent. Avant, Aur�lien s'�tait engag� dans l'arm�e.

Il l'a quitt�e apr�s 4 ans quand sa m�re est tomb�e malade,

l'ann�e derni�re.

-Militaire puis strip-teaseur, c'est un gar�on qui se cherche.

-Non, c'�tait pour emmerder Roch.

Il a rachet� le bail d'ici avec l'argent de sa m�re.

L'affaire bat d�j� de l'aile, malgr� l'aide de Nancy Marigny.

-Comment �a ? Elle est actionnaire ?

-On peut appeler �a comme �a.

-Dites ce que vous avez � dire.

-Nancy lui a pr�t� de l'argent pour renflouer sa bo�te mais pas assez.

Je doute que J. Marigny accepte

de recracher pour l'amant de sa femme.

-Je vois.

-Elle a eu le culot de vous amener ici,

justement ce soir.

-Vous aussi, vous �tes l� parce qu'on ouvrait

le testament aujourd'hui. -La proposition de Roch

tient toujours. Je souhaite m'associer avec Aur�lien.

Je comptais lui en parler.

Mais je n'ai pas les atouts de Nancy.

-Et si Aur�lien h�rite, il n'aura pas d'autre choix

que de revendre � sa cr�anci�re.

Les choses s'�claircissent.

-Je te le pr�sente ?

-Tu me prends pour une groupie ?

-Je te charrie. Tu te souviens du domaine d'Orgelet ?

C'est lui, le propri�taire. Enfin, le futur.

Tu le trouves comment ? -Comment dire ?

Bien roul� pour un vigneron. -On va parler business.

Salut.

F.Pelletier, mon oenologue-conseil.

-Bonsoir. Et bravo. -Merci.

-Ca a �t� cet apr�s-midi ? De bonnes nouvelles pour moi ?

-Je t'expliquerai. On y va ?

Vous �tes crampon, vous.

J'ai dit que je ne vendais pas.

-C'est un exemple typique de quiproquo.

Je voulais voir si j'avais gagn� mon pari ou pas.

-C'est quoi, cette histoire ?

Pourquoi vous �tes l� ?

Vous �tes venu avec Lebel ? Vous travaillez pour lui ?

-Absolument pas.

Les gens comme vous voient

le vice partout. Si tu veux me parler, tu sais o� je suis.

-Vous vous �tes foutus de moi. -Du calme.

-L�che-moi !

-On ne s'est pas compris.

Je ne m'occupe pas des affaires que traite France.

Je suis en vill�giature. -Vill�giature, mon cul !

-Je pense qu'il n'y a pas de bonne compagnie qui ne se quitte.

Je te propose

de prendre cong�. -Attends-moi dehors.

-D'accord.

-Tu as int�r�t � m'expliquer �a.

-Vous pourriez m'appeler un taxi ? -Pas de souci.

Vous partez d�j� ? La soir�e ne vous a pas plu ?

-Si mais plus, ce serait trop. -Je m'en occupe.

-Si tu crois m'entuber, tu te trompes.

Je te parle ! Je te paye

alors tu vas m'�couter. -Je d�missionne.

-Je te vire, pouffiasse ! -Pardon ?

-Vous �tes dingue ! Ca va ? Fais voir.

Fais voir ! -Ca va.

Ca va. -L�che-moi !

-Oh !

Du calme.

Arr�te.

-Ca va, �a va.

-Pauvre gar�on.

Maintenant on sait pourquoi Nancy s'int�resse au vin jaune.

Tu as encore mal ? -J'ai dit que �a allait.

Tu es content de toi ?

-Je suis responsable de la r�action

de cette furie ?

Tu veux que je t'explique ?

J'ai voulu t'en parler avant le d�ner et je n'ai pas pu.

Nodier voulait que je dissuade Nancy d'acheter les parcelles.

J'ai refus� mais je suis all� voir.

De fil en aiguille, j'ai discut� avec Aur�lien

qui m'a pris pour un acheteur.

C'est tout.

Je sais ce que tu penses.

Je ne voulais pas que tu aies d'ennuis.

La suite m'a donn� raison.

Elle est incontr�lable, voire dangereuse.

-Attendez, j'en ai pour 5 mn.

-Attends, tu ne veux pas...

Combien je vous dois ?

-Je reste ou bien ? -Vous pouvez partir.

Voil�. -Je ne veux pas d'ennuis.

-Vous avez tout compris.

Merci, bonsoir.

-France m'a racont�, je suis d�sol�.

N'en voulez pas � Nancy.

-Ca ne va pas �tre facile, surtout pour France.

-Ma femme n'est pas m�chante mais c'est une impulsive

et elle a un probl�me avec ses nerfs.

-Je m'en suis rendu compte.

-Elle se soigne mais quand �a va mieux, elle arr�te les m�docs

et c'est n'importe quoi.

Apr�s, elle s'en veut mais le mal est fait.

Je suis s�r que �a va s'arranger.

Le t�l�phone sonne.

All�, b�b� ? Alors, qu'est-ce qui se passe ?

-France...

-O� est mon taxi ?

-Je l'ai renvoy�, on va dormir � l'h�tel.

-Je vais dormir � l'h�tel.

-C'est ridicule. Nancy vient de m'appeler, elle regrette vraiment.

-Je verrai �a demain. Bonsoir.

-Insister ne servait � rien.

Mieux vaut laisser passer la nuit.

Les femmes de caract�re, je connais aussi.

Nancy m'inqui�te en ce moment.

Elle a une telle soif de r�ussite que...

quand quelque chose lui r�siste, elle ne peut pas se contr�ler.

-Dieu sait que le monde des affaires est rude

mais la bagarre de rue n'est pas la m�thode id�ale

pour obtenir gain de cause

ou la parcelle du fils Orgelet.

-Vous pouvez dire "de son amant", je suis au courant.

Nancy ne me cache rien.

-"Je roule les amourettes en cigarette et les filles

"dans de beaux draps".

-C'est joli. Vous avez compris. -Ce n'est pas de moi.

-Peu importe. Mais je n'aime pas cet Aur�lien.

Les anciens militaires ont

la t�te froide et le coeur dur. La 1re chose qu'il a faite,

c'est de taper Nancy de 30 briques pour sauver sa discoth�que.

30 000 euros.

-Une chance que R. Orgelet se soit suicid�.

Elle r�cup�rera sa mise.

Enfin, vous, cet argent devait �tre le v�tre.

-Je peux m'asseoir sur ce pognon, je m'en fous.

Je veux r�cup�rer Nancy.

Et j'ai confiance.

Ce n'est pas sa 1re incartade.

Elle est toujours revenue.

J'aimerais que vous puissiez la voir sous un jour meilleur.

C'est une sacr�e poup�e.

-La journ�e a �t� longue, je vais me coucher.

-Ca vous dirait de m'accompagner au club d'a�romod�lisme de Pratz ?

Il faut se lever t�t

mais d�s que les machines volent, on oublie tout.

-D'accord, �a me pla�t comme id�e.

-Vous �tes sympa,

finalement. -Oui.

D�sol� que tu le prennes comme �a, je ne me m�lerai plus de rien.

Tu as ma parole.

Ta messagerie manque de r�partie et je ne trouve plus rien � lui dire.

Euh, si, quand m�me.

Au risque de me r�p�ter,

sois prudente.

Je t'embrasse.

A demain.

-S�rieux, quand le notaire a lu le testament, je n'y croyais pas.

Il m'a tout l�gu�.

-Je m'en doutais. A qui d'autre ?

-Je ne sais pas.

Un jour, il a parl� de me d�sh�riter.

Je ne pensais pas avoir la remise, vu qu'il y a des barriques partout.

-Ses ch�res barriques. Tu t'es tromp�, tant mieux pour toi.

-Le notaire m'a remis une lettre de mon p�re.

-Tu l'appelles "mon p�re" ?

-Il �crit qu'il est heureux d'avoir eu un fils comme moi.

Il a compris mes choix parce que j'�tais jeune et paum�.

Il me fait confiance pour l'avenir et me l�gue son domaine.

-Ca veut dire quoi ?

-Je l'ai mal jug�, je dois r�fl�chir.

-A quoi ? Tu ne veux plus vendre ? Ne t'avise pas de faire �a.

-Sinon quoi ? Tu me mettras un coup de boule ?

-Tu le regretteras. -On ne me menace pas.

Ne t'emballe pas. J'ai juste besoin d'amortir le choc.

Hein ?

-Je vais rentrer.

Je dois rattraper le coup avec France, si c'est possible.

Le t�l�phone sonne.

...

-All� ?

-Tu n'es pas rapide. Tu dormais ?

-Ca ne risque pas. Des clients furieux appellent tout le temps.

-Tu as les infos ?

-Oui. Selon les notes pr�paratoires de vos anciens guides,

*R. Orgelet a un domaine qui marche bien, super diversifi�.

Il fait de tout, pinot, poulsard, trousseau.

Il produit un vin jaune tr�s r�put�.

*La production se vend par allocation � des clients fid�les.

Voil�, voil�. Vous n'avez qu'� vous inscrire sur la liste d'attente.

-Tu es tr�s spirituel pour une heure aussi tardive.

Finalement, �a te r�ussit d'�tre harcel� par mes clients.

Reprends des forces pour demain, tu en auras besoin.

Et j'oubliais, sur la notice Orgelet, ajoute qu'il est d�c�d�.

-Maria ? Qu'est-ce que tu fais l� ?

Il est 3 heures.

-Tu ne viens plus � la maison, c'est ma faute ?

-Elle est encore l�.

Tu ne vois pas que tu d�ranges.

Allez, casse-toi.

Viens, on y va. -Tu ne devrais pas �tre dehors.

Ta m�re doit s'inqui�ter.

Retourne chez toi !

-Tu ne l'emporteras pas au paradis, sale pouffe.

-Il croit qu'il va m'�carter, ce strip-teaseur de merde !

...

-Voil�.

Voil�.

Doucement,

pour �viter ce qu'on appelle

le cheval de bois, quand l'aile touche.

Bon.

-Bon, alors. -Je r�sume.

Main droite : ailerons et gaz.

Poign�e gauche : profondeur, direction. Pig� ?

-Vous m'aviez parl� d'un code avec mot de passe.

-Le PCM. Vous �tes un rapide. Vous n'en avez pas besoin.

Essayez juste de faire rouler un peu la b�cane.

Pour le d�collage...

-Pas de cheval de bois et je cabre

pour ne pas finir sur le nez, le comble pour un oenologue.

-Avec un zinc comme �a �quip� d'une petite cam�ra,

vous pourrez surveiller vos vignes depuis la voiture.

C'est le progr�s.

Je commande mon bateau avec. On y va ?

En route pour la gloire ! Allez-y.

Ils font quoi, ces cons ?

-Bonjour, messieurs. Lequel de vous est

M. Jeff Marigny ?

-C'est moi. Pourquoi ?

C'est impossible. B�b�...

Qui a pu faire �a ? Elle ne connaissait personne.

-Elle �tait seule ?

-Oui, apparemment. J'en saurai plus quand on aura fini

d'inspecter le v�hicule.

M. Marigny ? Je vais vous demander

de venir avec nous

pour identifier le corps.

-Bien s�r.

-Ca va aller ?

-O� est mon zinc ?

-Je vais m'en occuper.

-On vous attend. On doit vous interroger aussi.

La routine.

-On a quitt� la bo�te vers 1h et N. Marigny a pr�f�r� rester.

-Il n'y avait personne � la villa.

O� peut-on joindre F. Pelletier ?

-Elle a dormi dans cet h�tel.

-Et vous chez les Marigny ?

C'est curieux.

-Ma compagne n'aime pas les maisons isol�es, �a l'oppresse.

-Admettons.

Vous pouvez confirmer que Jeff Marigny n'a pas boug� cette nuit ?

-Je ne dors que d'une oreille, j'aurais entendu.

-Vous �tes s�r de vous.

-J'ai une ou�e assez d�velopp�e,

� force de guetter les caprices de la m�t�o.

Un orage et vous perdez une r�colte.

C'est l'oreille de septembre,

le mois des vendanges.

J'aimerais en savoir un peu plus sur le suicide de R. Orgelet.

-Pourquoi ?

-Mon guide porte sur les vins du Jura cette ann�e.

Je souhaitais le rencontrer,

il avait l'air plein de projets et tout s'arr�te.

Ce myst�re m'intrigue.

-Il n'y a aucun myst�re. R. Orgelet partait � la chasse.

Il s'est arr�t� au lavoir.

Il a essay� de tuer son chien, on a retrouv� son sang.

Il s'est tir� une balle de carabine.

-Et le chien ?

-Pardon ?

-Il a essay� de le tuer, il est devenu quoi ?

-Je n'en sais rien. Il a d� aller mourir quelque part.

On ne l'a pas retrouv�.

-Tu �tais o� cette nuit ? -Je peux sortir le week-end.

-Pas jusqu'� l'aube. Tu tra�nais l�-bas ?

Aur�lien ne s'int�resse pas � toi. Encore heureux, tu as 15 ans !

La moiti� de son �ge.

Reste ici quand je te parle. -De quoi tu te m�les ?

Fous-moi la paix. -Ne me parle pas comme �a.

-Je te parle comme je veux. Tu ne comprends rien, j'en ai marre.

-Il y a des places libres dans une pension.

Tu ne me verras plus. -Et tu pourras voir ton amant

tranquillement.

La porte claque.

-Je n'arrive pas � y croire. C'est horrible. Tu avais raison.

-Je ne pressentais pas un crime. -Tu �tais inquiet,

tu m'as pr�venue et je n'ai rien voulu entendre.

Si seulement...

-Ca n'aurait rien chang�.

-J'aurais d� t'�couter.

Nancy �tait diff�rente quand je l'ai connue.

Ca me fait mal qu'on se soit quitt�es f�ch�es.

Tu crois que c'est lui ?

-Ou les enqu�teurs secouent

le cocotier pour voir ce qui tombe.

Dans ce genre d'affaires,

on suspecte soit le mari, soit l'amant.

-Je sens encore l'ar�me de ce vin d'hier soir qui flotte.

Alors que Nancy...

J'ai l'impression qu'elle pourrait d�bouler

et raconter que c'�tait une farce.

-Arr�tez,

vous vous faites du mal.

-J'ai besoin de parler d'elle. C'est impossible.

Pas elle, elle n'est pas morte.

Elle aimait trop la vie.

Quand je l'ai connue, elle dansait sur le comptoir d'un bar.

Elle �tait fascinante.

Elle semblait avoir le diable dans la peau.

Et maintenant...

-Le diable a repris son d�.

-Le diable a un nom. J'ai toujours senti qu'Aur�lien �tait dangereux.

-Il a �t� arr�t�. Il sera jug�.

-Oui, je sais.

Ca ne me ram�nera pas ma femme.

...

-Ta sortie sur le diable n'�tait pas n�cessaire. A quoi tu pensais ?

-Ca m'est venu comme �a. D'ailleurs, Jeff semblait d'accord.

-Ce n'�tait pas d�licat. Il vient de perdre sa femme.

-Voil� notre ami Jeff.

Il part � la p�che. Jolie moto.

-O� on va ? Ce n'est pas la route de Lons.

-Je voudrais jeter un oeil au lavoir du village.

Il vaut le d�tour.

-Ma venue a

provoqu� la mort de Nancy.

-Elle a servi

de d�clencheur, tout �tait en place avant notre arriv�e.

L'histoire commence ici.

Dans ce lavoir.

-Le suicide de R. Orgelet ?

2 morts en 15 jours, �a donne froid dans le dos.

-En effet.

Si nous restons, je te recommande d'�tre prudente.

-Tu ne crois pas Aur�lien coupable ?

Le fusil retrouv� pr�s de la voiture de Nancy

appartenait � son p�re.

-Je te l'accorde.

Mais son p�re est mort aussi, tu� par un autre fusil.

L'entourage ne croit pas au suicide.

-Quoi qu'il en soit, rassure-toi, je n'ai aucune raison de rester.

Je n'ai plus de cliente.

-Tu ne souhaites pas rester jusqu'� l'enterrement ?

-C'est toi qui veux rester. Je te connais par coeur.

Tu cherches quoi ?

-Je ne sais pas, je voudrais �claircir

2, 3 points avec ton aide, si tu veux bien.

Ca te permettra d'apaiser ta mauvaise conscience.

-Tu es trop bon.

-Quelle merveille alchimique.

Et encore, il est en sommeil.

-Je veux comprendre

quel jeu vous jouez, pas m'�merveiller sur le vin jaune.

-Dommage, c'est tout l'enjeu.

Je ne cherche pas � saboter votre travail,

contrairement � ce que vous croyez.

J'essayais de convaincre Aur�lien une derni�re fois

de respecter la proposition d'association

souhait�e par son p�re.

-La tentative m'a �chapp�e. Je vous ai vu vous enfuir

comme si vous vous sentiez coupable.

-Ca va, je me suis fait arnaquer.

Si Nancy �tait l�, c'est que j'avais perdu.

-Vous auriez pu lui parler.

-Avec l'autre, pr�te � m'�charper ?

Non, elle va mettre la main sur le tout,

la parcelle, la liste des clients, les barriques.

C'est 50 ans d'inqui�tude

et d'espoir qu'elle va brader. M�me si elle se lance,

elle ne fera que du vinaigre.

Oui, je me suis barr� mais avec l'envie de gerber.

-Vous renoncez vite pour un mordu. -Il faut savoir perdre.

En couchant avec Aur�lien, Nancy a bien men� sa barque.

-Pas tant que �a. On l'a assassin�e cette nuit.

-Qu'est-ce qui se passe ?

Roch se suicide et son fils serait un assassin ?

-Vous n'y croyez pas ? -Pas plus qu'au suicide de Roch.

Je me trompe peut-�tre. On croit conna�tre les gens et puis...

-Vous �tes proche de la famille.

-Sans Roch, on ne serait rien.

Mon mari est mort en travaillant pour lui.

Mon fils avait � peine 3 ans.

-Vous avez repris son emploi.

-Roch m'a gard�e et il nous a laiss� l'usage de la maison.

Il a �t� un soutien, toujours gentil avec mes enfants.

-Vous �tiez devenus une 2e famille pour lui.

La sienne ne lui donnait pas satisfaction.

-C'est faux. Quand Aur�lien a �t� envoy� en Afghanistan,

ses parents s'inqui�taient.

Les enfants...

Vous en avez ?

-Une grande fille. A l'�ge de la v�tre, elle m'en a fait baver.

-Ca ne peut pas �tre pire que Maria.

-Vous parlez de son coup de coeur pour Aur�lien.

-Heureusement, il n'entre pas dans son jeu, c'est quelqu'un de bien.

-Les gendarmes en doutent.

L'arme qui a servi

� tuer Nancy appartenait � Roch Orgelet.

-C'est pour �a qu'ils l'ont arr�t� ?

Excusez-moi, je dois leur parler.

-Qui a pu commettre un tel crime ?

Je vais finir par croire que ce domaine est maudit.

-Sa mort n'est pas forc�ment li�e au projet de rachat.

-M. Nodier, j'aurais quelques questions � vous poser.

Vous et N. Marigny

vous disputiez le rachat d'un bien viticole ?

-En effet, oui. Mais si on devait tuer tous nos rivaux en affaires...

-Je n'ai pas dit �a.

-Excusez-moi.

Je n'ai pas l'habitude d'�tre interrog�, c'est stressant.

Que voulez-vous savoir ?

-Ce que vous faisiez au Doum-Doum. Vous deviez retrouver la victime ?

-Adieu, mon amour.

-R. Orgelet a �t� victime de vol il y a 15 jours.

On lui a d�rob� des carabines

et des cartouches. -Tiens donc.

D'apr�s vous, o� se trouvaient les armes ?

-Dans la grange de la remise jaune.

-O� habite Aur�lien Orgelet.

-Aur�lien achetait du mat�riel � Paris.

Les voleurs en ont profit�.

La serrure a �t� fractur�e et elle ne ferme plus.

-Vous savez ce que co�te un faux t�moignage ?

-C'est la stricte v�rit�. Pourquoi je mentirais ?

-Je ne sais pas. Pour innocenter le fils de votre patron ?

On a enqu�t� sur R. Orgelet. Il n'a pas d�pos� plainte pour vol.

-Vous ne le connaissiez pas. Il a refus�.

Il en a parl� au village, demandez � n'importe qui.

Tout le monde le sait. -On v�rifiera.

-Vous n'aurez plus rien contre Aur�lien.

-Ce sera � nous d'en juger, si vous le permettez.

-On aurait pu tuer pour quelques arpents ?

-Comme tu y vas.

De ces vignes sortira un vin jaune, objet de toutes les convoitises.

-Pourquoi on est ici ?

-J'ai entendu un bruit �trange hier,

ou plut�t, un g�missement.

-Un g�missement ? Tu peux m'en dire plus ?

-J'ai ma petite id�e mais j'aimerais bien v�rifier.

Insupportables, ces effluves.

-Une odeur d'essence, ce n'est pas une surprise.

Le r�servoir doit fuir.

-Ca se pr�cise.

G�missement.

Tu entends ? -Oui.

-Ca vient d'en dessous. -On a d� lui faire peur.

Oh oui, il est l� !

Pauvre petite b�te.

-Tiens. Fais attention.

S'il est bless�, il ne se laissera pas faire.

-Mais non, il est mignon.

Viens, mon toutou.

Il aboie. -Tiens, tu vois.

-Avec de la douceur, on amadoue les bestioles les plus coriaces.

Viens, mon toutou. Viens, le chien. -Tu parles pour qui ?

-Viens, le chien.

Viens, n'aie pas peur.

-Ca va, mon ch�ri ?

-Maria est partie.

-Ca m'aurait �tonn�e. Elle t'a dit o� ?

-Tu ne comprends pas. Elle est partie, partie.

-Comment �a ?

-Elle m'a serr� fort et elle a dit qu'elle partait pour toujours.

-Maria !

-Avec de la patience...

-Il n'est pas en forme, il faut l'emmener chez un v�to.

-Ca va �tre dur, il ne tient pas debout.

-On va arranger �a.

-Il p�se un �ne mort.

Ne m'aide pas surtout. -Ah, jamais.

Tu montres tant de tendresse pour lui, je ne voudrais pas m'immiscer.

Une porti�re claque.

-C'est le chien de Roch.

Il n'est pas mort ?

-Non.

-O� il �tait ?

-Dans la grange.

-Ca m'�tonnait que Roch l'ait tu�.

Il voulait lui faire faire des petits.

-Pour l'instant, il est amoch�. Vous connaissez un v�t�rinaire ?

-Il n'y en a pas au village. Allez voir le Dr Raffi,

il pratique toujours.

Il d�panne pour les animaux.

J'�tais venue voir si ma fille n'�tait pas par l�.

Elle a fugu�.

Elle aurait pu se r�fugier chez Aur�lien. Vous l'avez vue ?

-Non mais on peut inspecter la maison ensemble.

-Je veux bien.

J'ai regard� partout

mais rien.

La messagerie.

-Ca sert � appeler les copines, pas rassurer les parents.

-J'ai appel� ses copines, personne ne l'a vue.

-Alors il faut avertir les gendarmes.

-J'ai menac� de l'envoyer en pension.

C'est pour �a qu'elle a fugu�.

Je ne veux pas y m�ler les gendarmes.

-Je me permets d'insister.

La r�gion n'est pas s�re, mieux vaut �tre prudent.

-Mon Salopard, tu reviens de loin.

C'�tait son nom.

Roch �tait un vieux provocateur.

Il ne passait pas inaper�u

quand il appelait son clebs en public : "Salopard !"

-Vous le connaissiez bien ?

-Un m�decin de campagne, �a conna�t tout le monde

mais Roch �tait un ami.

Une t�te de pioche mais courageux.

-Un peu comme son fils, enfin, son beau-fils.

Ils auraient d� bien s'entendre.

-Oui, la blessure a �t� bien soign�e.

Ils s'entendaient bien,

jusqu'au jour o� Aur�lien a appris par hasard

que Roch n'�tait pas son vrai p�re.

Il avait 16 ans.

Les gens du village savaient qui �tait le g�niteur.

-On n'est pas au courant, c'�tait qui ?

-Luc Leroux.

Un bon � rien.

-Aur�lien a dit qu'il �tait mort. -Certains tombent pour la France,

lui est tomb� sous les balles des policiers.

Il braquait une banque.

Ils �taient deux.

L'autre a pris la fuite avec l'argent

et on ne l'a jamais retrouv�.

-C'�tait quand ?

-Octobre 1980.

Rose a eu de la chance dans son malheur

que Roch soit amoureux d'elle.

Aur�lien �tait d�j� en route.

-Ou c'�tait le complice du hold-up.

-Vous �tes compl�tement fou. Roch �tait parfaitement honn�te.

Il n'avait jamais tir� un perdreau avant l'ouverture de la chasse.

-Mais son chien a pris une d�charge de chevrotine.

La chasse est d�j� ouverte ?

-Je m'inqui�te pour lui.

Il s'en sortira ? -Je vais le garder

pendant quelque temps et lui administrer le traitement ad�quat.

Bon, je vous raccompagne.

-Quand on veut se tuer, on ne fait pas �a au lavoir du village.

-Ca d�pend.

-De quoi ?

-Il a pu apprendre une mauvaise nouvelle.

-Pourquoi tuer son chien ?

Pourquoi il avait un fusil s'il ne chasse pas hors saison ?

-Tu as cru le docteur, finalement ?

Si tu l'avais dit, on l'aurait quitt� en bons termes.

Le t�l�phone sonne.

Oui ?

Oui. Maintenant ?

Mais...

Entendu. A tout de suite.

Le lieutenant Verron veut me voir.

-Pour quelle raison ?

-Pr�ciser quelques d�tails, c'est tout ce qu'il a dit.

-Sans ton t�moignage, ils me gardaient.

Qu'est-ce qui se passe ? -Maria a disparu.

J'ai pens� � une fugue mais les gendarmes prennent �a au s�rieux.

Je commence � m'inqui�ter.

-Ils ne m'ont pas cru, pour le vol des fusils.

Apr�s ta venue, ils ont v�rifi�.

Ils se trompent.

Tu as raison pour Maria, elle a fugu�.

-J'esp�re ou je ne me le pardonnerai pas.

-Ne te mets pas d'id�es noires dans la t�te.

On va prendre un verre, j'en ai besoin.

C'est ma poussette.

Pourquoi il l'a ?

-C'�tait pour Salopard, je t'expliquerai.

-Appelle-moi quand tu as fini.

-J'ai vu Maria, hier.

Elle m'attendait � la discoth�que.

-Je m'en doutais. Il fallait me le dire.

-Je n'allais pas la balancer.

On est paum�, � son �ge.

Elle s'est accroch�e

avec Nancy.

-Excuse-moi, je te fais des reproches alors que Nancy...

Tu tiens le coup ?

-Je ne veux pas

vous d�ranger.

Vous �tiez li� � Nancy Marigny, je voulais vous pr�senter

mes condol�ances. -C'est moche de finir comme �a.

Il a dit quoi, le p�re Raffi ?

-On parle de quoi ?

-De Salopard. C'est le chien de mon p�re, j'y tiens.

-Ah oui,

je comprends.

Il va s'en sortir, lui.

O� vous l'avez retrouv� ?

-Il s'est r�fugi� sous le camion, il adore aller l�-dessous.

Je dois rentrer. Tu me ram�nes ?

-Bien s�r.

Au revoir.

-Je suis venue pour �a ?

Je me suis d�j� expliqu�e ce matin. -On pensait que vous aviez dormi

� l'h�tel.

Vous y �tes arriv�e vers 7h du matin.

O� avez-vous dormi ? -Dans ma voiture.

Je me suis gar�e sur un parking de restaurant.

J'ai dormi l�.

-Dans votre voiture ? -Oui.

-Pour quelle raison ?

-La chambre avait �t� relou�e,

l'h�tel �tait complet. -Et chez les Marigny ?

C'�tait plus simple.

-Vous ne vous disputez jamais avec votre femme ? Nous, si.

Hier, c'�tait le cas. -Ca fait beaucoup de disputes.

-Tu en as mis du temps.

Ils voulaient quoi ?

Hein ?

D'accord.

-Ils me soup�onnent. Comme si j'avais pu tuer Nancy.

-A cause de votre mise au point � la sortie de la discoth�que ?

-Il y a autre chose.

L'h�tel �tait complet, j'ai dormi dans la voiture, ils l'ont appris.

-Ah... Joli...

Ca doit leur plaire, �a.

Tout �a pour ne pas perdre la face en rentrant � la villa.

-Ce n'est pas le moment. -Ne t'inqui�te pas.

Je viendrai te voir en prison.

Qu'est-ce qu'il fait l� ?

-J'attendais mon rencart.

Quelqu'un m'a dit avoir vu le v�hicule de l'assassin.

-Je me gare.

C'�tait un homme ou une femme ?

-La voix �tait un peu masqu�e, �a devait �tre une jeune femme.

-Maria.

-Connais pas.

Qui c'est ?

-Une gamine. Les gendarmes sont au courant ?

-Non. Elle veut 2 000 euros pour l'info.

Ce n'est pas cher pay�

pour en savoir plus sur l'assassin de ma femme.

-Elle arrive quand ?

-Elle a une plombe de retard.

Si �a se trouve, c'est un canular. -Je ne crois pas.

Je pr�viens la gendarmerie.

Sir�ne.

...

C'est de la t�l�pathie ?

J'allais vous appeler.

-Pourquoi vous �tes l� ? -On allait vous le demander.

-Le Smartphone de M. Ibanez a �mis dans le secteur il y a une heure.

D'apr�s la g�olocalisation, c'est par ici.

-Elle a appel� vers 18h ? Je peux voir votre portable ?

-Je n'en ai pas.

C'est comme �a.

Maintenant que je suis en retraite, je ne veux plus de proth�se.

-Elle a appel� votre domicile ?...

Si vous n'avez pas de portable !

-C'est marrant. Tout le monde se balade avec un fil � la patte.

Parce que je ne le fais pas,

je parais suspect ?

-Calmez-vous. Personne ne vous accuse.

-C'est flippant. Que lui est-il arriv� ?

-Elle a peut-�tre chang� d'avis. A son �ge...

Maria et son portable sont loin.

*-On a quelque chose.

-Attends-moi.

-S'il vous pla�t, ne restez pas l�.

-C'est le scooter de Maria.

-Vous �tes s�r ? -Certain. Je l'ai vue le conduire.

-On a son portable.

-On fouille avant la nuit.

Si on ne la trouve pas, on organisera une battue.

-Vous repartez bient�t ?

-Demain. -Passez et je vous paierai

ce que je vous dois.

-Pas question.

-J'y tiens. -Vous ne devez rien.

-Pour Nancy, elle �tait fi�re que vous ayez accept� de l'aider.

Et puis...

J'aime bien payer mes dettes.

-Alors ?

-Ils ont trouv� le scooter de Maria

et son portable. -Merde. C'est moche. Et la petite ?

-Ils la cherchent. -Ce n'est pas

le strip-teaseur, il est au trou.

Ils l'ont rel�ch� ?

-Cet apr�s-midi.

-M. Marigny, vous pouvez ouvrir votre coffre ?

-Bien s�r.

Pardon.

Allez-y doucement,

c'est fragile, ces engins-l�.

-Bon,

accompagnez-nous � la gendarmerie. On a quelques d�tails � v�rifier.

-La pauvre. On ne la retrouvera pas vivante.

-Elle a pu s'enfuir

� travers bois, elle conna�t le coin.

-Tu ne me rassureras pas.

Qui est assez d�gueulasse pour s'en prendre � une gamine ?

Nodier ? Jeff ? -Il ne faut pas consid�rer

les �v�nements un � un.

La mort de Roch,

l'assassinat de Nancy et la disparition de Maria,

tout �a est li�.

-Ne joue pas sur les mots, dis : "la mort de Maria".

-Alors pourquoi ne pas laisser le corps sur place ?

Elle a pu laisser des indices pour faire croire � une disparition.

-Dans quel but ?

-Emmerder sa m�re.

Elles sont � couteaux tir�s. Ou attirer l'attention d'Aur�lien.

D'ailleurs, tu peux l'ajouter � la liste des suspects.

Cet ex-militaire a d� c�toyer la mort plus d'une fois.

-Ce n'est pas une raison.

Remarque, il avait un mobile.

L'h�ritage de son beau-p�re.

-Il se d�barrasse de sa ma�tresse qui avait peut-�tre compris,

sauf s'ils ont agi ensemble.

-Et Maria ?

-Elle a pu voir quelque chose � la discoth�que.

Tu prends quoi ?

-Je n'ai pas choisi.

-Une volaille aux morilles, direct.

-Franchement, vous �tes notre suspect num�ro un.

Votre femme a pr�t� de l'argent � son amant.

-Je suis au courant.

Il devrait �tre � ma place. Mais vous l'avez rel�ch�.

-Votre �pouse voulait divorcer contre votre avis

et elle �tait obstin�e. -Ca fait de moi un criminel ?

-Vous n'avez pas d'alibi pour la nuit du meurtre,

� part les dires de B. Lebel qui devait dormir,

ni pour la disparition de Maria.

-Si c'�tait moi, l'assassin, vous croyez qu'elle m'aurait appel� ?

-Je m'en tiens aux faits. Elle vous a appel� � 18h.

-Et alors ? -Et alors ?

Depuis, personne ne l'a vue.

-Tu veux go�ter ? La volaille cuisin�e au vin jaune, c'est bon.

-Je ne peux rien avaler. Comment tu fais ?

-J'ai besoin d'�nergie. Ca bouffe du carburant, le cerveau.

-Je ne sais pas,

je n'en ai pas.

Bon,

revenons-en aux suspects. Il y a aussi Flora Ibanez.

Son mari est mort en travaillant pour Roch.

-Elle le venge.

Elle se d�barrasse de Nancy, qui risque d'acheter le domaine.

-Ca ne va pas. O� elle trouverait l'argent pour le domaine ?

-Elle s'int�resse peut-�tre au strip-teaseur.

-Peut-�tre que Maria a compris et elle a pr�f�r� s'enfuir.

-Non.

Je crois que Maria est le grain de sable impr�vu.

-Tu jouais les optimistes et maintenant, tu dis le contraire.

-O� tu �tais ? Je n'ai pas arr�t� de t'appeler.

-J'avais un rendez-vous. Aur�lien m'a dit pour Maria.

Pas de nouvelles ? -Elle a d� faire une b�tise.

-Mais non, elle va revenir.

-Comment vous le savez ?

Elle est au courant pour nous.

-C'est mieux, plus besoin de se cacher.

Comment elle a r�agi ?

-Pas bien. Et comme une idiote, je l'ai gifl�e.

-C'est pour �a qu'elle est partie.

-Peut-�tre. Ca a �t� avec Aur�lien ?

-Il a accept� ma proposition.

Je me demande si j'ai bien fait.

Avec les catastrophes provoqu�es par ce vin jaune.

-Ne l�che pas. N. Marigny a tout d�clench�.

Elle allait convaincre Aur�lien de vendre.

-C'est malheureux � dire, mais pour nous, sa mort est une bonne chose.

-Nodier est obs�d� par le vin jaune.

Il en r�ve depuis des ann�es. Nancy �tait un obstacle pour lui.

Il ne s'en est jamais cach�.

Pour moi, c'est lui le plus suspect.

Dis-le si je t'ennuie.

-Non, je...

Plus �a va, plus je pense que ce n'est pas li� au vin jaune.

-Nancy ne parlait que de �a.

-Oui.

Mais pour masquer autre chose.

-Si ce n'est pas le vin, �a peut �tre un crime passionnel.

Dans ce cas, Jeff est en 1re ligne.

-Ca n'explique pas la mort de Roch. Son suicide ne tient pas la route.

-Si c'est un meurtre, pourquoi on a tir� sur le chien ?

-Je n'en sais rien. Mais je trouverai.

-Que faisiez-vous le soir du meurtre ?

Quand vos amis �taient � la discoth�que ?

-Relisez ma d�position, j'ai d�j� tout racont�.

-J'aimerais que vous recommenciez.

-On tue mon �pouse et on me traite de coupable.

On avait des probl�mes et alors ?

Si tous les cocus devenaient des assassins,

il en faudrait, des prisons.

-Votre femme ne se cachait m�me pas.

Ca doit �tre humiliant.

Il y a de quoi voir rouge. Je peux comprendre.

-On s'aimait.

Si elle avait voulu, elle aurait repris sa libert�.

Je suis revenu pour vivre paisiblement,

je ne vais pas commencer une carri�re d'assassin.

-Vous �tes convaincant dans le num�ro du retrait�.

Les archives polici�res ont un autre avis.

-J'ai fr�quent� les mauvaises personnes, j'ai fait des conneries.

-Parce qu'un braquage, c'est juste une connerie ?

Le Cr�dit des Vosges � Lons,

�a vous dit quelque chose ?

-On m'a soup�onn� parce que L. Leroux �tait mon pote.

J'ai �t� blanchi.

C'�tait il y a plus de 30 ans. -Oui, je sais, et vous �tes parti

au Canada, pour monter une cha�ne de restaurants. Avec quel argent ?

-Je dois vous expliquer mon "business plan" ?

-Oui. -Ca vous passerait au-dessus.

Ca suffit.

Vous n'avez que des vieux ragots.

Je rentre chez moi. -Tr�s bien.

Excellente id�e. On va vous accompagner et fouiller la villa.

Vous, vous �tes en garde � vue.

-Encore vous ?

Si c'est pour le fric,

je vais rembourser Marigny. Nodier et moi, on va s'associer.

-Nancy n'est pas encore enterr�e mais �a n'arr�te pas les affaires.

-Je dois pleurer pour vous faire plaisir ?

Je ne sais pas faire semblant.

On s'amusait bien mais c'est tout. -Elle voulait divorcer pour vous.

-Elle �tait trop barjo pour moi. Parfois, elle me faisait flipper.

-Elle n'est plus l� pour d�mentir. -Vous ne me croyez pas ?

Elle voulait que je tue son mec. Ce n'est pas givr� ?

-Elle avait ses raisons.

-Elle disait qu'il �tait dangereux, qu'elle savait des trucs sur lui.

C'�tait du baratin, Marigny m'a allong� les 30 000 euros

sans reconnaissance de dette, sans aucune pression

pour les r�cup�rer.

-Il �tait moins m�chant qu'un banquier.

-Nancy, c'�tait autre chose.

Quand je lui ai dit que j'h�sitais � vendre, elle l'a mal pris.

Elle m'a menac�. -Pourquoi vous avez chang� d'avis ?

-Je ne pouvais pas d�truire l'oeuvre de mon p�re.

Il m'a l�gu� le domaine.

Je ne peux pas le d�manteler. -Je vous comprends.

J'ai gagn� mon pari.

-Vous ne perdez pas le nord. Un vin jaune de 15 ans d'�ge, �a irait ?

-Je pr�f�rerais visiter votre garage.

On dirait de l'huile bitumeuse.

-C'est du p�trole.

-Vous avez une nappe sous votre propri�t�

et �a ne vous fait rien ?

-Ne vous emballez pas.

Le jeu des plaques de schiste et des marnes laisse passer le jus

mais on ignore d'o� il vient. -Il pourrait �tre dessous.

Vous savez ce que �a signifie ? -Les nanas... Vous aimez r�ver.

Nancy pensait aussi

que c'�tait le jackpot mais elle se gourait.

La poche de p�trole peut �tre � 10 km

et � 3 000 m de profondeur.

C'est ce que l'expert a dit � Roch.

Il n'y a que le chien pour s'y int�resser.

-Et Nancy Marigny.

-Je dois admettre

que tu avais encore raison.

Nancy ne visait pas l'or jaune mais l'or noir.

Quelle folie.

Qu'est-ce qu'il y a ?

A quoi tu penses ?

-Je sais pourquoi on a tir� sur le chien.

-Ah, d'accord.

Bon, vas-y. Je t'�coute.

-Roch avait l'habitude de nettoyer les pattes de son chien au lavoir.

L'assassin le savait.

Au pr�alable, il a vol� les fusils de Roch.

Il lui tire dessus.

Il met l'arme dans la main de Roch.

Il tire sur le chien,

il le rate mais ce n'est pas grave.

Il ne veut pas tuer le chien

mais qu'il y ait de la poudre sur les mains de Roch.

Sinon, on ne conclura pas au suicide.

-Ah oui.

...

-Elle n'est pas belle, la vie ?

-Vous pouvez rentrer.

-Je comprends qu'on veuille justifier son salaire

mais il fallait foutre le souk chez moi ?

Surtout pour faire chou blanc.

-On a trouv� un paquet de m�dicaments

dans la pharmacie de madame. Ce n'est pas mal.

Ca ne devait pas �tre marrant d'avoir une femme bipolaire.

-Je peux partir ou on discute m�decine ?

-Vous pouvez y aller.

Je r�serve les heures de garde � vue pour plus tard.

On se reverra s�rement.

-Ne comptez pas l�-dessus.

-C'est Lebel. Je crois savoir o� est Maria. Son cadavre.

J'aurai besoin d'aide.

Vous avez de quoi noter ?

Je vous explique o� on se retrouve.

...

-Benjamin ?

...

-Le PCM.

Marigny.

Ce n'est pas le bon code.

Nancy ?

Pas bon, j'aurais d� m'en douter.

Qu'est-ce qu'il aime, notre cher Marigny ?

Il aime...

Il aime...

Aim�. Le grand-p�re.

Eh ben voil� !

Bruit de moteur.

...

...

-C'est Benjamin Lebel.

C'est moi.

Tout va bien. C'est moi. Ca va ?

-Il m'a drogu�e, j'ai cru que j'allais mourir. J'ai eu peur.

-C'est fini. Vous avez �t� imprudente.

-J'avais vu la moto suivre Nancy � la sortie de la discoth�que.

Quand j'ai voulu rentrer chez moi, elle �tait...

C'�tait horrible. -Ca tient bien, cette saloperie.

J'imagine ce qui s'est pass�. Vous vouliez de l'argent pour partir.

-En Espagne.

-Vous appelez le mari pour lui vendre vos infos mais pas de bol,

la moto, c'�tait la sienne.

C'est malin.

-Il est arriv� en voiture, je ne pouvais pas deviner.

Le soir du meurtre, il portait un casque.

Quelqu'un approche. Maria hurle.

-Ne bouge pas.

L�ve les mains, lentement.

-On se tutoie, maintenant ?

-C'est con, on aurait pu devenir potes.

Vous avez eu besoin de fourrer votre nez o� il ne fallait pas.

-Ma femme me fait le m�me reproche. Mais vous savez, mon pif...

Il commande, j'ob�is.

J'aurais d� savoir que vous aviez une arme

sur le bateau. C'est bien jou�.

-Ne me flattez pas, je n'ai pas d'ego.

-Vous comptez faire quoi ?

Si vous �tiez du genre � flinguer une gamine, vous l'auriez fait.

C'�tait quoi, votre plan ?

-Foutre le camp en Suisse, j'y ai du fric.

-C'est impossible.

Le canot doit �tre quelque part. -On va les trouver.

Dispersez-vous,

la v�g�tation peut le masquer.

-L�-bas !

-Ce n'est pas lui.

Ce n'est pas le canot de Marigny.

-Comment vous avez compris ?

-Comprendre est un grand mot. Je sais juste que vous avez tu�

votre femme qui mena�ait de r�v�ler que vous aviez tu� Roch.

-Vous n'�tes pas si malin que �a. Je m'en fous, de Roch Orgelet.

Nancy l'a tu�. -A cause du p�trole ?

-Un ami canadien a fait fortune en trouvant du p�trole.

Quand son amant lui a parl� d'une nappe de p�trole,

elle est devenue folle. -Roch ne voulait pas vendre.

Ca se tient. Elle �tait bien plac�e pour voler les fusils.

-C'�tait vraiment une garce. Mais je l'aimais.

-Je vous crois sur parole.

Il fallait �tre amoureux pour lui confier tous vos secrets.

-Quels secrets ? -Par exemple,

que vous aviez abandonn� votre complice bless� pendant un hold-up.

-Je ne suis pas un salaud. Je n'aurais pas abandonn� Luc.

-Je dois vous croire ? -Nom de Dieu,

il avait tu� un flic, je n'allais pas tomber avec lui.

J'avais risqu� ma peau, je pouvais reconstruire

ma vie ailleurs. Quand Luc s'est pris une balle,

il m'a suppli� de partir et de lui garder sa part.

-Et de vous occuper de Rose, sa petite amie et de son enfant ?

-Il s'en foutait, de cette fille. Il a d� en engrosser d'autres.

-30 ans apr�s, votre femme couche avec le fils de votre complice.

Le destin, quand m�me.

-J'ai trim� toute ma vie. Je n'aspirais qu'� un truc,

en revenant ici, vivre en paix.

-Il ne faut jamais revenir sur les lieux de son crime.

-J'avais b�tement tout racont� � Nancy, la passion des d�buts.

Elle voulait tout foutre en l'air pour du p�trole.

-Et tout dire � Aur�lien ? -Vous croyez que j'ai peur de lui ?

Non, c'est pire, elle mena�ait de me balancer aux flics.

C'�tait elle ou moi.

Un peu comme maintenant.

Je ne laisserai pas passer cette chance de m'en sortir.

-Ne d�conne pas !

...

Tu vois, elle est vivante.

-Ne me refais plus une telle peur. Ou je te quitte.

-J'avais pris la pr�caution d'appeler un ancien militaire.

C'est lui qui nous a trouv�s. -Oui, c'est toi, le plus fort.

-Jeff ne nous aurait pas tu�s.

-Tu d�fends un assassin ?

-Non mais je crois que j'ai bien cern� le bonhomme.

Je dois parler � Aur�lien.

-Je vais aux nouvelles.

Les gendarmes ont d�ploy� les grands moyens, ils vont l'attraper.

-Je n'en jurerai pas.

-A plus tard.

-Vous n'avez pas trop froid ?

Vous avez entendu ce que racontait Jeff ?

-Nancy avait raison, quel enfoir�.

Ce qu'il a dit sur mon p�re,

comme s'il se foutait de ma m�re.

-N'y pensez plus.

Il devait bluffer.

-J'ai failli appuyer sur la g�chette.

-Vous ne l'avez pas fait.

C'est �a qui compte.

-Vous n'avez qu'� signer votre d�position.

On rouvre l'enqu�te

sur la mort de R. Orgelet pour v�rifier les dires de Marigny.

Il l'a peut-�tre tu� aussi.

-Je crois qu'il a dit la v�rit�.

Sa femme pouvait voler les fusils et elle avait un mobile.

-Ca, on en jugera

quand on aura retrouv� le mari.

Chacun son m�tier.

-Je disais �a pour vous aider.

-A l'avenir, pr�venez-nous avant de vous lancer � l'aveugle.

Une enqu�te, c'est s�rieux.

-Je ne voulais pas vous d�ranger si je faisais fausse route.

-Bien s�r. Faites le modeste.

Excusez-moi.

On a trouv� le corps de J. Marigny

dans le lac de Vouglans.

-Il a rejoint son grand-p�re ador�.

Aim�.

-Vous ne voulez pas rester ? Vous �tes mes invit�s.

-Merci mais le devoir m'appelle. Les vendanges commencent.

-Il n'aime pas que ses clients attendent.

-Vous �tes les bienvenus. J'ai une dette envers vous.

Je vous suis reconnaissante.

Tu l'as remerci� ? -Oui, tu me prends pour qui ?

J'aimerais bien

remercier Aur�lien.

C'est lui qui m'a sauv�e.

-Qui a pr�venu Aur�lien,

tu peux me le dire ?

-Maria a raison, nous lui devons beaucoup.

Beaucoup.

Il faut lui reconna�tre une chose.

Il a le physique du h�ros.

-Tu as �t� parfait.

Tr�s digne.

-Pourquoi ce petit sourire ?

-Tu as risqu� ta vie pour cette adolescente

et tu t'es fait voler la vedette par un strip-teaseur,

ce n'est pas brillant.

-Alors, je vais te dire une chose,

je suis d'accord.

...

Sous-titrage MFP.

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