All language subtitles for Voyez comme on danse (2018)

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Original subtitles

"Let's face the music and dance" (Yael Naim)

...

Tu pars déjà ?

- Oui. Grosse journée.

Au revoir, Elizabeth.

- Bye, chéri.

À ce soir.

- À ce soir.

Ou pas.

Pas

...

...

...

*Musique rythmée

*...

(Voix étouffée) - Allez, on se donne au maximum.

On lâche rien.

On va jusqu'au bout, et au maximum.

Allez, on relâche pas.

- J'ai spotté un nouveau coach. Il fait de l'abdo-fessier.

Viens, demain, tu me diras. - Je peux pas.

Ma cadette, Eva, arrive de Nantes. Elle fait hôtellerie.

J'organise un anniversaire pour elle. - Elle a quel âge ?

- Dix-sept ans, demain. Mais c'est un vrai bébé.

- Position debout, et on respire.

- Lui, tu l'as évalué ?

- Je me suis pris une taule.

Je l'ai cru pédé. Il est fidèle.

Pédé, c'est moins humiliant.

- On reste sur moi, les filles. - On y est à mort, avec Laura.

- Que fais-tu caché

dans le rideau, Julien ?

- Un type louche tournait autour de la voiture.

- Hmm, hmm. - Regarde !

Y en a un autre. Avec un sac. Bizarre.

- C'est Alex. C'est ton fils.

- Salut, Lucie. - Bonsoir, chéri.

- Mon père est là ? - Oui. Enroulé dans le rideau.

- Salut. - Ça va ?

- Ça va, toi ? - Ouais.

C'est quoi ce sac ?

- Du linge. La fille du 2e, elle le lave, et nous, on le repasse. Ça gagne.

- T'as ouvert un pressing participatif ? Si jamais tu rates ton master...

Tu révises quand ?

- En repassant.

- Te fous pas de lui. Une start-up naît peut-être.

- Tu me passerais ta caisse, demain ? Je vais à une fête. On pourrait livrer.

- Non, tu me l'as pourrie avec ton gang. J'y ai retrouvé du poulet frit.

- Il restait 3 wings.

- Je pars pour Cabourg, après. Je pourrai pas désinfecter.

- Tu fermes ton bar ? Vous partez ?

- Monsieur est invité par son fournisseur pour une vodka

dans un palace normand.

- Si tu crois que ça m'amuse.

- J'aurais bien récupéré Eva, après. C'est son anniversaire.

- Désolé, mais j'ai un boulot.

- Entre le bonheur de ton fils et des fruits de mer...

Bon, à plus. - Allez, casse-toi, petit con.

- Tu veux pas rester dîner ? - Bah y a quoi ?

- Des lentilles frisées et du quinoa.

- J'aurais adoré. C'est pas raisonnable. Je vais rentrer, j'ai...

- Je descends avec toi.

Y a un type bizarre près de la voiture.

- Il a quoi ? - Je sais pas.

On dirait un rat de labo. Il m'épuise.

- Bisous, hein.

- Y a pas de type.

- De là-haut, y avait un type. T'as vu

personne, toi ? - Non. Personne de spécial.

- Et quelqu'un de pas spécial ?

- À quoi ça se remarque ?

- Ça se remarque pas, justement.

- Devait y en avoir un. Je l'ai pas vu.

- Ah bah voilà. Tu vois ?

- Ça te dérange pas de m'avancer un peu ?

- Hein ? Non. Non, non, viens.

*- Parlez après le signal. Je vous rappellerai si ça vaut le coup.

- Bertrand, je sais pas ce que tu fais. Ton bureau m'a appelée, tu étais absent.

Je sais pas si je t'attends pour dîner.

Et le champagne va perdre ses bulles. Je déteste ça.

*"Love is here to stay" (Natalie Cole)

*...

Le salopard...

- Hmm...

Tu dis rien à Lucie. Mais c'est putain de bon.

- Mais vous bouffez que des graines ?

- Ouais. Mais j'ai planqué un paquet de Petits Ecoliers aux chiottes.

- C'est pour ça que t'es rat de labo. - Elle t'a dit ça ?

- Je te sens aussi hors-sol. Des emmerdes ?

- Non, tout va bien. - Si tu le dis.

- Non, je te jure. C'est juste que je suis un peu prudent, c'est tout.

- Par rapport à quoi ?

- Bah je sais pas, justement. C'est ça le problème.

Je sens par moment comme une présence.

- J'ai un pote, en psy. Tu veux lui en parler ?

- Il va me prendre pour un fou.

- Bah ça le fera réviser.

- Non bah... ça va passer. Non mais je vais bien, sinon.

- Bon.

- Faut que j'y aille. Les graines germées m'attendent.

Je vais me rincer la bouche, pour le bacon.

"Deathless" (Ibeyi Feat. Kamasi Washington)

...

- Coucou, c'est Eva. *- Eva ! Rentre.

Ça me fait vraiment plaisir, Eva.

Ça fait tellement longtemps.

Tu vas avoir plein de choses à me raconter.

- Oui. Plein.

- Tout va très bien se passer, tu verras.

Peut-être pas au début avec ta mère, mais une fois la nouvelle passée.

- J'ai peur qu'elle parte en live. - Elle va faire sa crise d'asthme,

mais ça passera.

L'important, d'abord, c'est toi.

Tu as envie de quoi ?

- De pleurer comme une conne.

- Viens ici.

Il faut pleurer tant qu'on est jeune.

À mon âge, on a épuisé son capital. Pourtant, j'ai de bonnes raisons.

- Qu'est-ce que je vais devenir ?

- Une jolie maman.

Tu verras, c'est merveilleux.

Sauf la nuit quand ils hurlent, et tu veux les jeter par la fenêtre.

J'aurais dû faire ça avec ma fille.

Je dois finir de me préparer.

- J'ai trop de chance que tu sois ma marraine.

- On peut pas tout rater dans sa vie.

- Je peux rester me changer ?

J'ai pas envie d'arriver trop tôt à la maison.

- Oui, ma belle. Prends-toi un bon bain, et mets ta musique.

- Si ça se trouve, maman va me virer.

- Bah tu viendras ici. Un dressing vient de se libérer.

- Bienvenue, madame. - Bonjour. Merci.

- Pardon, j'ai eu un contretemps. - C'est pas un peu chic ?

- C'est Paris, darling. - Ah...

Faut qu'on fasse vite. Je suis à l'essai et Loïc m'attend.

- Il s'en sort avec son taxi, ton fils ?

- VTC, pas taxi. On en est pas encore là.

Et Bertrand, il va bien ?

- Je suppose. Il m'a quittée hier matin, je crois.

- Comment ça, quittée ?

- Discrètement. Il a vidé son dressing, il m'a dit : "À ce soir".

- C'est dégueulasse, ça.

- D'habitude, il me trompait la journée.

- Oui, ça, tout le monde le sait, mais bon là, c'est grossier.

- Il y a des petites choses ravissantes au 1er.

- Si c'est des petites choses, c'est peut-être moins...

- Tu vois, là, c'est plus Eva.

Je l'ai trouvé. Qu'est-ce que tu en penses ?

- Je suis sous le charme.

- Tu vois, c'est chic et simple. - Si on cherchait juste simple ?

En ce moment, je suis juste-juste.

- Je lui offre. On dira que c'est nous.

- Non, Elizabeth. Ça me gêne. Non. - Arrête.

- C'est délicat...

- À plus. - Merci encore.

Elizabeth ? Tu veux pas venir faire la surprise à Eva ?

J'ai des lasagnes pour quatre.

- Non. C'est mieux d'être en tête-à-tête.

Vous avez des tas de choses à vous dire. - Pas trop. C'est ma fille.

- Toi, mais elle ? Va savoir.

Je file. Je suis sous l'eau, avec les événements.

- Merci encore. Je suis gênée.

- Il ne faut pas remercier 2 fois. C'est très working class.

- OK...

Ça y est. J'ai trouvé.

- Je dois te déposer au métro,

j'ai accepté une course. - Tu peux pas te libérer vers 19h30 ?

- Non. Et puis elle veut te voir tranquillement.

Puis faut que je bosse, maman.

Tiens, je voulais participer.

- Non. C'est mon cadeau.

Bon, OK. Merci, t'es mignon. Mais, ça reste entre nous.

- Oui.

On sonne.

- Oh, ma puce ! Tu m'as manqué, tu sais.

T'as pris des joues mais ça te va bien.

- Oui, un peu. - Rentre. Reste pas plantée là.

- Oui.

- Ça se passe bien à Nantes ? Les profs, les copains ?

- Euh, oui.

- On va fêter ton retour. On va boire une coupe.

- Je préfère pas boire, là... - Dix-sept ans, ça se fête.

Ça n'arrive qu'une fois. T'as pris des seins aussi.

- Maman, il faut qu'on parle. - On a toute la soirée.

J'ai fait des lasagnes.

- Je suis enceinte. - Oui, j'ai vu.

Sur le pont de Nantes Un bal y est donné...

Fracas

Ça te dit qu'on dîne chez Caruso ?

De toute façon,

ça devait bien arriver tôt ou tard.

J'aurais préféré tard, mais bon... Moi j'ai pas déconné avec la pilule.

- Arrête. Arrête de boire.

- T'as 17 ans depuis 2 heures seulement.

- T'as eu Loïc à quel âge ? - Moi, j'étais sa mère.

- Sérieusement, là ? - Je me comprends.

Excuse-moi, chérie, mais là, je suis sous le choc.

Et sous le vin aussi, mais vraiment sous le choc.

Excusez-moi ?

On va commander. - Tout de suite.

- Et comme ça, juste par curiosité, il est au courant, Alex ?

- Non, il dort en banlieue. Je le vois demain.

- T'as raison. C'est sympa, la surprise.

- Oh... C'est bon, là ?

- Merci.

Mais donc, toi,

tu comptes arrêter le BTS en septembre, ou tu penses allaiter en cours ?

- Bon, salut.

Je suis blasée, là. - Eva !

Excusez-la, c'est son anniversaire. - Arrête, maman.

Allez, viens.

Ah...

T'as envie de quoi ? - J'ai pas faim.

- Faut que tu manges, dans ton état. Du poisson ? C'est bien, c'est léger.

- Comme tu veux. - Alors, qu'est-ce qu'ils ont de bon ?

C'est quoi, déjà, la limite d'interruption de grossesse ?

- Je le garde. J'avorterai pas.

- Je vous laisse

réfléchir encore 5 mn.

- C'est très beau d'avoir un enfant mais c'est mieux de décider à deux.

Et des fois, les mecs ont du mal

à s'engager. Surtout quand ils sont jeunes. Surtout tout le temps.

Tu feras un bébé quand tu seras grande !

- OK, tu me saoules trop, là, j'ai eu ma dose. Salut.

- J'enlève un couvert ? - Oui. Je vais prendre un carpaccio.

Je vais aller pleurer aux toilettes. C'est en bas ?

*Chanson rock

*...

- Tu regardes quoi, là ? - Y a une voiture derrière.

- C'est le principe d'une rue. Regarde devant.

- Je les regarde aussi.

T'ouvres une auto-école ?

- Tu peux être aimable ? Laisse-moi ici et file en Normandie.

Me déposer a l'air d'être une corvée.

- J'aime pas qu'on me colle.

Klaxon

- T'es cinglé !

Tu fais quoi ?

- C'est plus court par là.

- Arrête. Je descends.

- Minou... - Arrête-toi, s'il te plaît !

Crissement de pneus

- Minou... Mais pourquoi tu surréagis ? C'était juste un virage serré.

- Moi, je surréagis ?

Si tu fais un burn-out, va voir un psy !

- Putain, lâchez-moi avec les psys !

*- Oui ?

- Juge Bertrand. Nous avons une commission rogatoire.

Bonjour, madame. Nous allons effectuer une perquisition.

- Pourquoi ? Qu'est-il arrivé à mon mari ?

- Non. Vous permettez ?

Allez-y, messieurs.

- T'as les sacs ? - Ouais, j'arrive.

- Y a un étage.

- C'est une chambre, ici ? - Oui.

- Vous, allez voir. - Je m'en occupe.

- Il est où ? - À la perquisition de son bureau.

- Pardon, madame.

- Une 2e caisse ? - Pardon.

- Vous cherchez quoi ?

Qu'a-t-il fait ? - Je ne peux pas vous répondre.

- Ramène des sacs.

- Où puis-je le voir ?

- Nulle part tant qu'il est en garde à vue.

- C'est un cauchemar. Je pensais simplement qu'il m'avait quittée.

Je m'inquiétais pas. - Le portable.

*Musique rythmée

- On tient, on tient.

Maintenant,

on commence la récup.

Et on ralentit progressivement.

Voilà, comme ça. On ralentit.

Véro ?

On est en récup.

- Je continue encore un peu. J'en ai besoin. Ça me fait du bien.

- De l'eau sucrée.

Ça te remontera. T'es en hypoglycémie.

- Ça va aller.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Ta sœur qui vient d'avoir 17 ans est enceinte de 3 mois. À la louche.

D'Alex, qui est à la fac. Donc sans un sou.

Dans un mois, j'ai plus de boulot. On me garde pas au pub, je démoule trop.

- Tu quoi ? - "Démouler", renverser le plateau.

À l'happy hour, 5 pintes par table.

5 kilos ! Je suis pas bavaroise, donc je démoule.

Bref.

On baptisera le gosse aux Restos du Cœur.

À moins que ta sœur le dépose à Notre-Dame.

- Panique pas. L'argent, ça se trouve.

- Quand on est riche. Sinon, on arrache les sacs des vieilles.

- Déjà il a un père, cet enfant. Alex. Et moi, je l'aiderai. C'est ma sœur.

- Tu le savais, toi ?

- Oui. - Pourquoi tu m'as rien dit ?

- C'est plus facile de t'écouter que de te parler.

- Hmm.

- On va où ? - Dans le mur.

Non, mais je te dirai.

C'est moi. Il faut que je te parle.

- J'ai pris ton framboise-cheesecake.

- C'est cool, merci.

- T'as pris des seins. C'est mignon. J'aime bien.

- On peut se poser deux minutes ?

- Oui, vas-y. Assieds-toi, j'arrive.

Pourquoi tu m'as rien dit ? - J'étais pas sûre.

- Fallait faire un 2e test. - J'étais pas sûre de toi.

Tu m'avais saoulée. J'étais pas sûre de nous.

- T'avais plus de forfait pour me dire que j'étais reçu à l'examen ?

- Tu deviens très lourd.

Mon mec me dit depuis 18 mois que je suis la femme de sa vie.

T'es juste bien élevé ?

- Je t'aime mais tu me mets devant le fait accompli.

- On l'a accompli à 2, le fait !

- Justement, un enfant, ça se décide à 2.

Faut parler. C'est con, ce que t'as fait, là.

T'es au lycée et je suis à la fac. On fait comment ?

- J'avais peut-être peur de ta réaction pourrie.

Je pensais qu'on avait un avenir, nous deux.

- On a surtout un présent chargé.

C'est quoi la limite pour l'IVG ?

- Oh...

- Excuse-moi,

mon assistant avait besoin de moi.

Depuis que j'ai cette boîte, ça paye mais j'ai plus de vie.

- Et moi, l'inverse.

- Un jus betterave-concombre. - Avec du gingembre ?

- Oui, merci.

Tu bois quoi ?

- À mon avis, c'est tes épluchures. Bon...

- Quoi ?

- Une heureuse grosse tuile. Ton beau-fils va être papa.

- Merde. Avec Eva ? - Oui. Pourquoi, il en voit une autre ?

- Non, pas que je sache. Mais Alex nous a rien dit.

- Il est peut-être pas au courant.

- Ah.

On s'assied.

Et euh...

- Non, elle veut le garder.

- Quand on veut garder un enfant... - Il faut le nourrir.

On a passé 2 ans à 4 dans une caravane dans le jardin d'Elizabeth

derrière le local à poubelles, pour pas être vus.

- On va les aider. - Comment ? Je peux perdre mon boulot.

- On va se débrouiller. - Ah. C'est une super idée.

Je sais pas comment, mais on va se débrouiller.

- Je vais pas appeler Julien. Il est à Cabourg.

C'est une boule de nerfs.

J'espère que l'air de la mer va le calmer.

La pluie tombe.

...

Cri de peur

- Excuse-moi. Je t'ai pas entendu arriver.

- Douche-toi, ça te détendrait. - C'est ce que je fais.

Gémissements

- Très parfumée, cette vodka. J'adore.

- J'adore ton nez.

- Il est pas d'origine, tu sais.

Qu'est-ce qu'il y a ? - Y a des pas sur la terrasse.

- Alors ? - Bah non, y a personne.

- Ça doit être des mouettes. Viens.

Gémissements de plaisir

...

Quoi encore ?

- T'as entendu ? - Non, quoi ?

- Y a un bruit à la porte. Quelqu'un force la serrure.

Je vais voir.

Qu'est-ce que vous faites ? - Rien. Je nettoie.

- Pardon. Le bruit de poignée, ça peut prêter à confusion.

- Désolée.

Mais vous, fermez votre peignoir. Ça aussi, ça peut prêter à confusion.

- Excusez-moi, je suis vraiment désolé.

On va filer avant les embouteillages. C'est mieux, finalement.

- J'éponge un petit peu.

Excusez-moi, mais il faut essuyer.

Heureusement,

c'était pas de la brune.

- J'en ai partout. - Excusez-moi.

Je vais vous aider. Attendez.

Ça va, là ?

- Oui, ça va.

- Je sais pas, j'ai dû glisser.

- Ça suffit.

Prends ça et casse-toi. - Pourquoi ?

J'ai fait quoi ?

- Tu m'as coûté plus cher en fûts qu'en charges.

- Y avait du gras. J'ai glissé.

- Dehors ! Tiens, va finir de nettoyer, toi.

Je veux plus te voir. - Oh...

- Bonjour.

- Oh, salut.

- Vous avez le temps pour un café ? - Oui, je suis en pause.

- Super. - Mais pas par là, non.

On va aller en face. C'est plus calme.

- J'ai juste émis une légère réserve.

Mais y a un malentendu. Elle me répond plus, depuis.

- À moi non plus.

- Elle a nettoyé son mur. - Non, elle est pas repassée à la maison.

- Son mur Facebook. Elle m'a supprimé.

Cris de déception

- Loïc dit qu'il sait pas où elle est. Il ment.

- Un whisky pour monsieur. - C'est pour moi, dure journée.

Cris de joie

...

- T'as vu ce but ?

- ON A GAGNÉ ! ON A GAGNÉ !

- Tu travailles, maintenant ?

- J'ai besoin de me sentir utile.

- Vous avez été cambriolés ?

- J'aurais préféré. On a été perquisitionnés.

Pareil à la maison.

- Pourquoi ? - Bertrand est en garde à vue.

- Il a fait quoi ? - Aucune idée.

J'ai pas eu le droit de le voir. - La merde continue. Eva a disparu.

Elle ne répond à personne. - Quelque chose l'a contrariée ?

- Tu savais, hein ? J'en suis sûre. Elle te raconte tout.

- Oui. Enfin, vaguement.

- On est pas vaguement enceinte. - T'as fait aucune connerie à son âge ?

- Plus tard, surtout.

- Tu sens l'alcool. - Mon pull sent la bière.

- Quand tu parles, ça sent le whisky.

- Oui, ça, c'est moi.

Tu sais où elle est ? J'ai peur qu'elle déconne.

- Elle est plus raisonnable que toi. Et arrête de boire.

Tu pues la clocharde.

- Je vais pas tarder à l'être.

T'aurais pas un job, ici, pour moi ?

- J'aimerais bien, mais le moment est mal choisi.

C'est Bertrand, le patron. Je peux pas lui parler.

- Bienvenue au Manifeste. - BONSOIR.

- Au bar ou côté lounge ? - Lounge, plutôt, non ?

- Oui, plutôt. - Je vous installe.

- Désolé, Manu, on m'a crevé un pneu à Cabourg.

- C'est blindé et t'as encore déconné dans les commandes.

- Je vais voir ça.

Ça va, mon grand ?

Je suis passé à la maison, j'étais dégueulasse.

Lucie m'a dit, pour Eva.

- Je vois que l'info circule.

Tu ferais quoi, toi ? - J'arrêterais de picoler. C'est quoi ?

- Le cocktail du jour. - Manu, fais-moi la même chose.

- Je vais l'accompagner, comme ça on arrêtera de picoler ensemble.

Je m'en veux d'avoir été brutal, et je lui en veux de m'avoir rien dit.

- Mais tu l'aimes et t'as peur de t'engager.

- Ça sent le vécu.

- Va la voir. Demande-lui pardon.

- Personne sait où elle est. Et elle a déconné.

- Elle a 17 ans. - C'est le problème.

- Attends... Y a un bruit dans la cave.

- Non.

Claquement

Reste en haut. C'est dangereux. - T'allumes pas ?

- Fais gaffe. - Y a personne.

- Y a plus personne. La porte de la cave, elle est très facile à crocheter.

- Tu penses que le KGB te suit. - Ça me fait pas rire.

Je vais me retrouver avec une tête de cheval dans mon lit.

- Et je dois arrêter le mezcal ?

Mais attends-moi !

- Ah oui, excuse-moi.

- Désolée du retard, je suis un peu sous l'eau.

- Aucun problème. J'ai un très bon polar.

- Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?

- J'ai pris peur en entendant le programme de la gauche en 2012.

J'ai mis de côté, pour nos vieux jours.

- En Suisse ?

- L'air est sain.

- Tu risques gros ?

- S'ils trouvent tout, ça peut être contrariant.

- Comment c'est, ici ?

- Très épuré. Tu adorerais.

- Ils t'ont pas maltraité ?

- On nous mélange pas avec les voyous. Enfin, pas les voyous pauvres.

- Ils te gardent combien de temps ?

- Le temps de réunir la caution. Et je voulais t'en parler.

Ils ont déjà saisi mes comptes français en me mettant en examen,

mais il manque un peu.

- Non, désolée. J'ai la misère en horreur.

T'as fait des conneries, tu te débrouilles.

- Ne t'inquiète pas, mon avocat travaille sur un plan B.

Mais si tu pouvais faire un peu de présence à l'agence...

- Que je fasse la potiche ? Mais je n'y connais rien.

- Tu es si merveilleusement décorative, mon ange.

- À propos... Véro est dans une sale passe.

- Oui, oui. Depuis sa naissance.

Je préfère ne rien savoir. Je suis un peu émotif, là.

- T'as pas une idée d'un boulot pour elle ?

- Un tout petit... Je vais passer le message à ma secrétaire.

- Bon, je file.

Je te laisse à ton roman policier.

- Ça tombe bien. J'ai hâte de savoir qui a tué.

"When will I learn" (Ibeyi)

- Je peux jeter ta barquette ? Je vais re-gerber.

- Ouais, vas-y.

Mais ouvre la fenêtre.

- Merde.

Y a maman en bas.

Je veux pas la voir. - Va dans la chambre. Je m'en occupe.

Elle va mal. T'aurais dû les préparer.

- Genre #j'aiplusmesrègles ?

Vu l'accueil, j'aurais dû. Ils vont prendre cher.

- Allez !

- Loïc, ouvre. Tu es là, j'ai vu ta voiture en bas.

Elle sonne.

Tu es avec ta sœur ? Donc t'ouvres pas ?

...

Ouvre ou je me couche ici !

- Quoi ?

- Je te dérange ?

- Je vois pas pourquoi tu dis ça. - T'es avec une femme ?

- Comment t'as deviné ? Appelle avant de passer.

- Désolée. Je peux te dire un mot vite fait, sans te déranger ?

- Je peux enfiler un slip, vite fait ?

- Pardon. Je t'attends dans le couloir.

Loïc, je ne veux pas savoir où est Eva. Dis-lui simplement de m'appeler. OK ?

- Avec le temps, ça va s'arranger. Je vais la calmer.

- Merci, chéri.

- Ah, tiens.

En attendant que t'aies un boulot. - Oh non. J'aime pas ça.

- Laisse tomber, maman. - Bon, d'accord. Mais c'est exceptionnel.

Tu sais,

je vais devoir vendre la collection de ton père.

J'en parlerai à ta grand-mère.

- Je suis confiant. Mamita dira oui.

- Je suis pas le genre à me mêler de ta vie privée

mais ta petite amie, là, c'est du sérieux ?

- C'est du privé. - T'as raison.

Attends d'être sûr pour m'en parler.

- Voilà. - Allez...

(Je vous laisse. Vas-y vite.)

- Faudrait dîner. Je vais au bar, Manu peut pas faire l'ouverture.

- Dix minutes. J'ai mis des graines de Chia à gonfler.

- Ah.

- Oh, excuse-moi.

Tu peux passer au japonais ?

Il faut des algues séchées pour la salade.

- Ah, merde. La tuile. Bon bah je file, sinon ça va être fade.

- Merci.

Pas

...

- C'est moins marrant que de me suivre. - Quoi ?

- Bonne nuit ! - Ça s'ouvre pas de l'intérieur !

- Tiens. - Merci.

Tu as vu la gardienne ? - Non, pourquoi ?

- Elle m'a dit qu'un cinglé avait enfermé

le réparateur du câble dans la chaufferie.

- Le réparateur du câble ? - Faut vraiment être malade.

- Oh oui, peut-être.

- Ça va ?

- Oui, oui.

- Julien, qu'est-ce qui se passe ? Ça peut pas continuer.

- Mais il se passe rien du tout.

- Me prends pas pour une idiote. Tu me caches un truc.

- Mais je te cache rien du tout. Pourquoi tu dis ça ?

- L'intuition féminine, comme on dit. Je ne te reconnais plus.

Avant, tu étais attentif et drôle.

Maintenant, tu es absent et sinistre.

- Mais c'est n'importe quoi, enfin. Je suis souvent très drôle.

À l'occasion...

- Oui, avec qui ? - Personne. Tout le monde. Je suis drôle.

- Avec le mec du câble ? - Quoi ? Qu'est-ce...

C'est moi qui fais un burn-out ?

- Mais...

Vous ne m'aviez pas parlé d'une collection de torses ?

- Si. C'est lui qui trouvait que ça ressemblait à des torses.

Voilà.

C'est une collection unique en France.

- En fait ce sont des...

- Des compteurs à gaz d'époque. C'était sa raison de vivre.

Il en est mort, d'ailleurs.

Il a repéré un compteur sur un chantier. Il est revenu le démonter,

et il a explosé. Il n'avait pas coupé le gaz.

- C'est horrible.

- Oui, surtout que le compteur était rare.

- C'est, comment dire... C'est très ciblé.

- Ah, oui.

- Je n'ai pas la clientèle pour. Ils sont un peu conservateurs.

Rodin, Bourdelle, Giacometti...

Vous voyez, quoi. - Oui, flou, mais j'imagine.

- Je ne suis pas l'homme de la situation. - On aime ou pas.

- Oui.

Mais essayez la touche Frenchy, sur le marché newyorkais.

En même temps,

expédier des compteurs à gaz aux States...

c'est un peu touchy.

- C'est-à-dire ? - C'est compliqué.

Ils aiment pas ce qui saute et qui sent le gaz.

- Bon bah, je vais réfléchir. Merci de vos conseils.

Les poules gloussent.

Bah ça a été très positif, Mamita.

Il me conseille les States. - Je vais renouveler le bail du box.

La collection de mon fils rapporte au moins à quelqu'un.

- J'ai du travail. Elizabeth me propose un job dans sa boîte.

C'est celle de son mari. Mais vu qu'il est en prison.

- Ah, l'horizon s'éclaircit.

Pour la caravane, faudrait te décider. Elle me bloque toute la façade.

Elle me sert de poulailler. Regarde-moi ça.

En plus, j'ai que trois poules. C'est de la place perdue.

- Je préférerais qu'on la garde, au cas où. Une fois nettoyée.

On y a conçu votre petite-fille. C'est sa 1re maison.

- Elle a pas nidifié. Son couffin était calé

entre le frigo et le micro-ondes. Enfin... Comme tu veux.

T'es là ? - Comment ça s'est passé avec Eva ?

- Oh bah c'était, comment dire... Riche d'enseignements, vivant...

Voilà, elle est repartie. Y a de la brume mais on s'oriente.

- Toujours remontée contre moi ?

- Oui, aussi, mais pas seulement. La situation est en pleine évolution.

- Si je vais à Nantes, je peux rattraper le coup ?

- Oui, ou en prendre. C'est toi qui vois.

- Je vais y aller. Ça peut pas être pire.

- Oh... Si.

Bon. Bon voyage.

J'avais jamais remarqué que t'avais les yeux en amandes.

- Absolument pas, non.

- Si, surtout celui-là. Les mystères de la nature. Ça passe des générations.

Je te laisse. Je file, j'ai du surgelé.

- Salut, ça va ?

- Ouais, et toi ? *- Ça va.

Dis-moi, je me demandais... Enfin, c'est par curiosité...

Tu pourrais me faire rencontrer ton copain, là, tu sais, celui...

*qui est en dernière année de je sais plus quoi...

- De psy ?

- Voilà. Je m'en rappelais plus.

- Hmm. Ouais, ouais, sans problème.

- C'est pour me marrer.

- J'ai capté. Mais il va se marrer aussi.

- Tu me dis où et quand. Que ce soit fait.

- Je vais voir Eva à Nantes. J'appelle mon pote en arrivant.

Pardon. Là, y a du monde.

- Et je suis pas inquiet. Ça va s'arranger avec la petite.

Sûr.

- Putain. C'est chaud.

Tu me balances ça, euh... - Tu veux pas être père,

ça te donne de l'espoir.

Salut. - Tu vas bien ?

- Et toi ? - Super.

- Comment t'as pu... avec un autre mec ?

- Comme avec toi, sauf que j'étais défoncée.

Tu m'as gueulé dessus, tu t'es tiré,

ça m'a foutu le seum, y avait une soirée...

J'ai bu, je t'en voulais, y avait un mec.

Enfin bref, la life, quoi.

- Là, c'est plein la gueule. - Ouais, je connais.

Les filles, j'arrive. Vous m'attendez ?

- Bon, on fait quoi ?

- Toi, je sais pas. Moi, j'ai un cours et j'ai le bac le 12.

Donc, je te dis salut. Rentre bien.

Au fait, le mec était clean. J'ai vérifié.

- C'est ça votre plan B ?

Ce tableau est dans ma famille

depuis que William Turner l'a peint en 1840.

Vous êtes un cafard écœurant.

Excuse-moi, ma chérie. C'était l'avocat de Bertrand.

Ça évolue, tes soucis ? - Oh oui, en drame.

Et toi ?

- Ah... en future catastrophe.

Eh oui, tu vois, la période est difficile.

Je bois même des thés en sachet, comme sur les chantiers.

- Hmm.

- Bertrand te propose un poste un peu basique.

- Oui. - Tu connais Bertrand.

- Hmm.

- Si tu refuses, je comprendrai. Faudra pas m'en vouloir.

- Je vois pas comment je pourrais.

- Moi, si. - Tu plaisantes ?

Je vais rappeler la Taverne. Ils me proposaient le vestiaire,

mais je préfère l'immobilier.

- Désolée, ma chérie, je suis un peu sous l'eau.

Mon assistante t'expliquera tout.

- Remercie Bertrand.

Vraiment... Vraiment, merci.

- Véro ?

Si ça t'ennuie pas, c'est mieux de me vouvoyer ici.

Par rapport aux autres, tu vois ? C'est plus... corporate.

- Oui, évidemment. J'ai déjà eu des postes en entreprise.

- Au début, c'est juste une sensation bizarre.

L'impression que quelqu'un vous observe. Vous voyez ?

- Non. Dites.

- Bah... la sensation d'être observé, quoi.

- Continuez.

- Et puis y a ces bruits de pas derrière moi, là.

Mais quand je me retourne, je vois jamais personne.

- Et puis ?

- En voiture aussi.

J'ai l'impression que quelqu'un m'en veut.

- Et vous ?

- Moi quoi ?

- Vous vous en voulez ? - Non. Enfin, oui.

- Dites.

- Je trompe ma femme.

Mais ça reste entre nous, hein.

- Secret médical, évidemment.

- Ah oui, bien sûr.

Vous pensez que j'invente tout ça par culpabilité, en fait ?

- C'est vous qui le dites.

- Le type qui me hait, c'est moi. C'est ça ?

Je vais réfléchir.

Bon.

Je vous dois quelque chose ? - 200 euros.

- Ah oui, quand même. - Ça fait partie de la thérapie.

- Vous devez repasser ? - Non, j'aide juste Alex.

Il est mal, là.

- Oui, je sais. Je vais à la billetterie.

- Laissez-moi votre veste. Je vais la repasser.

- C'est combien ?

- C'est pour moi. Vous êtes le père d'Alex.

- Hé !

Hé ?

J'ai un scoop pour toi : on est peut-être pas beaux-frères, mec.

Il sera peut-être bridé. - C'est quoi ces conneries ?

- Celles de ta sœur. - T'es bourré ou quoi ?

- Non, non. Défoncé. Mais en descente.

Elle s'est fait un Vietnamien donc... suspense.

- Bon, allez, ça suffit. Tu me lâches.

- Tu savais ou pas ? Hé ! Tu savais ?

- Putain ! J'en ai marre

depuis ma naissance d'être le frère, le père, la mère de tout le monde !

Je veux vivre ma vie pour moi. Tu captes ?

J'en ai marre de torcher le cul de tout le monde !

- Ça a été avec mon père ? - Ouais, ouais.

Il trompe sa femme. Culpabilité classique.

- Ah, merde. - Ouais.

Tu dis rien ? Secret médical.

- Oui, bien sûr. - Bon, allez.

- Heureusement qu'il lui reste encore un an.

- J'ai pas repassé les sous-vêtements, je fais un blocage.

Mais j'ai fait les jeans. À plus.

- Ouais, à plus.

- Tu continues d'évaluer le staff du club ?

- Fini. Hier j'ai ramené un mec qui taguait un abribus.

- Tu penses qu'à ça, toi. - Parce que je m'emmerde.

Ça te manque pas ? - Il me reste qu'un vague souvenir.

- J'ai fait des photos. - Tu sais, moi, les tags...

- De l'artiste. Je l'ai chopé sous la douche.

- Arrête, c'est glauque. - Non.

Tiens. Regarde. - Ah oui. Si. Ça me revient.

Attends, fais voir.

Ça me manque, maintenant.

- Je lui ai donné un truc, pour ses toiles.

- T'es intelligente, belle. Pourquoi tu paies les mecs ?

- Par peur de m'attacher. J'ai de mauvais souvenirs.

- Remarque, vu comme ça.

Je file. Je commence un boulot, dans l'immobilier.

- C'est super !

Merde, alors. - Salut.

- Bonjour. - Bonjour.

- Je suis le fils de Véronique. Vous sauriez pas où elle est ?

- Elle est aux toilettes. - Merci.

Je vais attendre ici. - Allez-y,

elle en a pour un moment.

- C'est-à-dire ?

- C'est par là.

- C'est ça, ton boulot ?

Bertrand te fait nettoyer ses chiottes ? - Bah non, pas du tout.

La femme de ménage est malade, je la remplace. Je suis multifonction.

- On en est là.

- On en est là. C'est que le début, avec la bonne nouvelle de ta sœur.

T'as honte de moi ? Tu trouves ça méprisable ?

- Non. Je venais voir si tu connaissais sa nouvelle bonne nouvelle.

- Un 3e candidat dans la course ?

- Tu savais pour le 2e ?

- Elle t'a pas dit ? - Non.

Alex me l'a dit.

- Il a peut-être disparu à l'Est.

Si l'enfant est bridé, j'ai pas fini de récurer les abattants.

- Merde. - Bon.

En attendant le vainqueur, on panique pas et on astique.

Le 1er qui a une nouvelle mauvaise nouvelle appelle l'autre. Bisous.

- T'es où ? - Ici.

- Ah...

Y a une super ambiance, ce soir.

- L'Hygiène m'a collé une fermeture administrative.

Ils ont retrouvé un rat dans la machine à glaçons. T'as déjà vu ça ?

- Sa rate a baisé avec un autre ?

Enfin bon.

J'ai 2 mauvaises nouvelles. Je suis peut-être pas le père.

- C'est à dire ? - Tu veux un dessin ?

- Ah, merde.

- Ouais. Et à propos de dessin, 2e mauvaise nouvelle : t'es pas fou.

Viens voir avec moi dans la rue.

- Putain, mais c'est monstrueux. - Le trait est naïf

mais y a une belle violence.

C'est quoi ? - Rien. C'est un flyer.

C'est le même qu'a fourré le rat. - C'est peut-être ici par hasard.

- Non, c'est une bite. - T'as un truc à me raconter ?

- Hein ? Non, rien de spécial. T'en parles pas à Lucie.

- OK, donc j'ai une confirmation. Elle reconnaîtra la symbolique, demain.

- Putain, mais qu'est-ce que je vais faire, moi ?

- Repasse avec ta clé, transforme le dessin.

- En quoi tu veux que je transforme une bite ?

- Je sais pas, en abstrait. En Picasso.

- Pas ici. Ça va me prendre des heures.

- Je t'aurais bien aidé pour la fresque mais j'ai du repassage

en retard. Bon courage.

- Oh, putain...

Oh là là, là, là, là, là... Oh là là. Là, là.

Oh là là...

- Julien !

Hé, oh ? T'as vu la voiture ? - Non. Qu'est-ce qu'elle a ?

- Le capot est dévasté. - Tu parles de ça ?

Ça doit être un crétin, hier, devant le bar.

- T'as porté plainte ? - Ils viennent pas pour 2, 3 éraflures.

- Deux, trois éraflures ? C'est Guernica !

- On fera repeindre. Y a pas mort d'homme.

- Pendant une semaine, t'étais dans les rideaux à surveiller la voiture,

et là, tu t'en fous ?

- Oui, je sais, minou, mais je me suis calmé.

Je me suis garé devant un parking à vélo.

Aujourd'hui, c'est presque un crime contre l'humanité.

- T'es rentré tard, hier soir. Vous avez fait une bonne soirée ?

- Oh, tu parles. Que dalle. Et ça discute sans consommer...

On peut pas les virer. C'est mauvais pour le bar.

- Surtout, tu le gères comme un amateur depuis 6 mois.

Les comptes, c'est un peu mon métier.

Et surtout beaucoup mon argent.

Alors si tu coules la boîte, moi, je vends.

Je sais, c'est brutal, mais secoue-toi !

- Excuse-moi. C'est juste un petit trou d'air.

La porte claque.

Je dois te voir aujourd'hui.

Rien de pressé. Mais c'est assez urgent.

- Oh, merci, mon chéri. Tiens-moi ça. C'est la cata.

Mon réveil n'a pas sonné et on est en plein bilan à l'agence.

Je dois être à l'heure.

T'as eu ta sœur ? Des nouvelles du samouraï ?

- Non, silence radio.

- Tu crois qu'on redeviendra un jour une famille normale ?

- On l'a jamais vraiment été.

- On a eu des accidents de la vie.

- Tiens, j'ai eu une grosse course, hier.

Garde ça pour Eva.

- Non, mon chéri. Ça me gêne. Tu travailles jour et nuit.

Profites-en, toi.

- J'ai pas le temps de dépenser.

- T'as de la chance parce que je suis en retard, mais on en reparlera.

Sinon, te fâche pas, mais...

vu qu'il pleut de la merde... Tu fais pas de conneries ?

Genre commerce de stupéfiants pour raisons humanitaires ?

- Sérieusement ? Tu penses ça de moi ?

- Excuse-moi. Le prends pas mal. Je panique vraiment.

- T'inquiète pas, maman. C'est qu'un moment difficile à passer.

- Un peu comme ma vie.

- Un jambon-beurre à emporter pour le monsieur au bar.

- Serena ?

- Désolée, on fait l'inventaire.

J'ai peu de temps. Y a quoi de si urgent ?

- Rien. Je voulais savoir : il était violent, ton ex ?

- Pourquoi ? - Réponds-moi, s'il te plaît.

- Non, c'est pas du tout son genre.

C'est lui qui m'a quittée. Pour un mec. On t'a fait une mauvaise blague.

- Non.

Je suis traqué. Je le sais, maintenant.

Y avait aussi un graffiti très parlant.

- Porte plainte, ça réglerait le problème.

- Ça serait pire. La voiture est à la société.

La société et le bar sont à ma femme.

Non. Si ça a un rapport avec toi, je suis grillé.

- Ah, d'accord.

D'accord, j'ai compris. - Attends.

Bébé, attends. Non... - Quoi ?

- Faut qu'on se voie moins. Que ça se calme. Je suis dans la merde.

- Non, je suis dans la merde.

Mon mec quittera pas sa femme de peur d'être au chômage ?

- On dérape, on est sur les nerfs. - Écoute !

Si tu joues avec elle comme ça, contente-toi de ta patronne,

jusqu'à la prochaine conne.

- Alex ?

- Bonjour, Mme André. Vous avez du repassage ?

- Euh, non, non. Mais toi, t'as des soucis.

C'était dans mon linge.

- Ah, merde.

- Remarque, ça me flatte.

Mais je suis passée à plus classique depuis un bon moment.

- Pardon. Je suis en pleine période d'examens et d'emmerdes.

- Tu sais que... ça fait du bien de parler aux vieux, des fois.

Enfin, ça fait surtout du bien aux vieux.

Mon dernier, je sais pas de qui il est.

Mon mari savait qu'il était pas de lui,

mais ça l'a pas empêché de l'aimer. C'était son préféré.

Parce qu'il lui ressemblait pas ?

Ce qui est déjà... une grosse qualité. Enfin, bref.

On a été heureux, tous les quatre.

- Si dans un an, il revient, le Vietnamien ?

- Mais non. Les mecs de passage, ça revient jamais.

Et j'en ai vu de toutes les couleurs.

Non. Laisse pas passer ta chance.

C'est un petit bijou, cette môme.

Tu trouves pas que c'est un petit bijou ?

- Bah si.

- Son amour, c'est toi.

L'autre...

c'est un coup de blues. On fait pas sa vie avec ça.

Parle-lui. Remue-toi. Bouge ton cul.

Pose-toi les bonnes questions, putain !

- Mais là, j'arrête pas.

Bon bah, merci, hein. Faut que je file.

- Oui. Oh, oh...

N'oublie pas de reprendre ma petite madeleine de Proust.

- Merci.

Bonne journée, Mme André. - Oui, à toi aussi.

Cri de douleur

- Ça brûle !

- Oh mais c'est pas vrai ! Il va pas remettre ça ?

- Vous frappez un aveugle !

- Ouvre les yeux, connard.

Tu vas pas recommencer ? - Lulu ?

- C'est Lucie. Lulu, c'est du passé, comme toi.

J'aurais dû m'en douter.

Le pneu, le capot... T'es resté secoué !

- Le capot, on est repassé dessus. J'avais juste dessiné une bite.

- Ça, ça va ?

- J'avais un motif. Je voulais te protéger.

- Et de quoi ?

- Je vais t'expliquer, mais il me faut des gouttes. Une pharmacie...

- Je devrais t'emmener à l'asile.

- Je perds la vue. T'en as trop mis.

Je verrai plus. - Tais-toi ou j'en remets.

- Ah ! Ça brûle. Continue.

- Pourquoi tu me harcèles 15 ans après ?

- C'est pas contre toi. Remets-en.

- Non. Explique-toi. - Ton mec te trompe !

Je voulais lui faire peur. Je lui ai mis un rat. Des gouttes...

- Tenez, du sérum. Faudrait porter plainte.

- C'est mon ex-mari. Je l'ai gazé. - Mais...

Vise les yeux.

- Comment tu sais qu'il me trompe ? Tu nous suis depuis 10 ans ?

- Y a 6 mois, je l'ai reconnu. Il embrassait une fille en voiture.

Je me suis mis à le taquiner un peu.

J'allais glisser ça

sur le capot. Elle s'appelle Serena. Je me suis renseigné.

J'adore celle de Cabourg.

J'ai failli tomber d'un étage mais elle est bien nette.

- La saloperie !

- On est d'accord. Un bon point.

- Je l'ai déjà vue, je crois. Sa tête te dit rien ?

- Avec ce que tu m'as mis, la tienne non plus.

Oh...

- Oh, putain.

Oh...

Oh... Oh, re-putain.

Oh là... Oh là là.

Oh non...

*- Laissez un message, sauf si vous êtes un con qui trompe sa femme. Merci.

- Minou, je comprends que tu sois un peu énervée.

Bon, je t'en veux pas, pour les vêtements.

C'est juste un incident de parcours, cette fille.

Quand je l'ai vue au café, sur la photo n°3, en haut, c'était pour rompre.

Nous, c'est autre chose. T'es la femme de ma vie.

Repartons sur des nouvelles bases.

*- Si vous êtes satisfait de votre message, raccrochez.

- La salope.

- Tenez, madame. - Merci.

- Qu'est-ce que tu regardes ? Que regardez-vous, Elizabeth ?

- C'est un mail de Lucie.

Je suis pas sûre, mais le visage de cette fille rings a bell.

- Possible. - C'est peut-être une fausse impression,

mais je pense l'avoir déjà rencontrée.

- J'ai eu ça la semaine dernière avec Lino Ventura.

- Il est mort depuis longtemps.

- Je savais qu'il était mort, quand je le voyais,

mais ça m'empêchait pas d'être sûre que c'était lui. Comme quoi.

- Si tu le dis.

- Oui bah... oui.

- Magne-toi, on va être en retard. - Tu veux pas nous attendre ici ?

J'aimerais bien lui parler tranquille. - Si tu veux.

- Super. - Hé ?

T'es sûr de toi ? Faut pas jouer avec elle, hein.

- Ouais, je suis sûr. T'inquiète.

- Je peux vous aider ? - Je veux bien, merci.

- Je vous en prie.

- Ah, t'es venu ?

- Mauvaise surprise, hein ? - Bonjour, monsieur.

- J'ai pas dit ça. - Moi je le dis.

- Pourquoi t'es venu alors ?

- Je pensais pas que ce serait comme ça. - Comment ?

- Tu te fous de moi ? - Tu deviens relou, là.

- Je venais te dire que je l'aimerai pareil même s'il est pas de moi,

et là j'en prends plein la gueule.

- Excusez-moi ?

- Je te parle pas. - T'as fumé ?

- C'était un accident, hein ?

La sortie de route continue. - Arrête. Tire-toi.

- Ouais, je te laisse

avec ton Vietnamien. - Je suis Chinois.

- C'est pareil. - La langue est différente, l'écriture...

- Tu te fous de moi ? - Non. Les idéogrammes...

- Le Vietnamien, je l'ai inventé parce que tu m'avais foutu le bébé à la gueule.

- C'est qui ? - J'en sais rien.

Il m'a aidée pour mes bagages.

- D'ailleurs, j'ai une correspondance.

Donc je vais y aller. Bonne journée à vous.

- Tu le connais pas ?

- T'as écouté ? T'es en mode avion ? Bon, on couche là ?

- Non. Oui.

- Ça va ? - Tranquille.

- Hé ? Y a pas de Viet.

- Comment ça ? C'est elle qui t'a dit ça ?

- Ouais. Pas de Viet. - Qu'est-ce tu racontes ?

- C'était une embrouille de représailles.

Par contre, mon père trompe Lucie.

- T'es sûr ?

- La soirée chez tes potes ? Il devait juste me déposer.

Je l'ai aperçu à discuter avec Serena, ta copine antillaise.

- Serena ?

- Ouais. Après, disparus des écrans radars.

Elle sait pas que c'est mon père. C'est glauque comme situation.

- Ouais, c'est glauque. Attention.

- Tu peux m'appeler, ce soir ?

- C'est long. Je peux avant ? - Essaie toujours.

- T'es cinglée ? Pourquoi t'as inventé le Vietnamien ?

- Je sais pas, pour faire chier. Ça m'est venu d'un coup.

- Dis-le à maman. Elle va imploser. - C'est son état normal.

- Là, on a dépassé le seuil critique.

- J'ai quitté ma femme.

- Encore un plan ?

- À ton avis ? Regarde.

- C'est quoi, ça ? T'as pas de valise ?

- J'ai trouvé la symbolique de la valise trop cruelle.

Je peux entrer ? Je bloque le couloir. - Oui, bah, rentre.

- On va fêter ça. J'ai pris du champagne.

- T'es sûr de vouloir vivre avec moi ? J'ai pas eu cette impression.

- Je croyais qu'on voulait ma peau.

Le rat, le capot, le mot, c'était elle. Elle nous faisait suivre.

Tu vois ? Non, c'est la vérité, je te jure.

T'as des verres ?

- En bas.

- On va être bien, tu vas voir.

- On va pas pouvoir dormir à 2 dans mon lit.

- Je dormirai au Manifeste, le temps qu'on trouve un lit plus grand.

À la plus jolie femme du monde.

- J'espère que tu changeras jamais d'avis.

- Je te quitterai jamais pour un mec, comme ton ex. Tu peux être tranquille.

- Je suis pas sûre que ça me rassure.

- On reste calme.

- Tu veux pas faire des longueurs ?

- Non, j'ai fait que ça aujourd'hui. Mais pas dans l'eau.

- C'est physique, l'immobilier ?

- Ah bah oui. Surtout le haut de gamme.

Allô !

- J'ai encore eu un cadeau du ciel.

Un gros plan. Dans tous les sens.

Même endormi, il est très présent. - J'ai les larmes aux yeux.

Ça va, ça t'a pas coûté trop cher ?

- Juste un petit défraiement. Un visage d'ange. Regarde cette bouche !

Elle est pas là que pour la décoration.

Ah !

- Espèce de salope, file-moi ça.

- Quoi ?

Mais enfin, Véro ! Véro ?

Mais ça va pas ? - Donne-moi

ce téléphone !

- Arrête. - Salope !

Tu penses

qu'à baiser !

- T'es folle ?

Arrête. Calme-toi. - Connasse !

- Calme-toi.

- Donne cette merde. - Calmez-vous.

- Je comprends pas. - Madame ?

- Connasse ! - Elle va me casser le bras.

- Toi, Tarzan, occupe-toi de tes couilles !

- Stop !

Venez avec moi.

- Tiens !

Lâche-moi ! - Ça suffit.

- Malade du cul !

Lâche-moi !

- Maman, t'es là ? - Cuisine !

- On a une super nouvelle. - Venez, on va fêter ça.

- Maman... - Qu'est-ce qui te prend ?

- File, avec tes jumeaux. On a à parler.

- T'avais raison. J'espère qu'on va retrouver ses boîtes noires.

- Prends tes défraiements. J'en veux pas. Je veux pas tomber pour proxénétisme.

- Quoi ?

- Je pensais que tu m'aidais à la sueur de ton front

pas de ton bas-ventre. J'ai vu les photos.

J'ai réussi au moins ça dans ma vie. - Quoi ?

- Laura. Ça te parle ? Tu paies mon loyer avec ton cul depuis longtemps ?

- Je suis pas une pute.

- Et Laura ? Vous avez joué aux petits chevaux naturistes ?

- À la sortie de ton sport, t'es pas venue,

je l'ai chargée, elle m'a invité pour un verre, je me suis endormi.

J'avais bossé la nuit d'avant. - Avec une autre ?

T'as la santé, pas comme ton père. - Ça suffit.

En rentrant, j'avais ce mot dans ma poche et cet argent.

- Donne-moi ça.

"Tu as perdu une nuit de travail et tu ne m'as pas laissé payer la course.

"Tu as une famille à charge et une mère fragile."

Une autre fois, essaie dans le coma, ça paierait plus. Ça m'écœure.

- Te mets pas dans des états pareils.

- C'est pas ça. Je me suis gavée du gâteau d'Eva, vieux de 8 jours.

Haut-le-cœur

- J'ai une bonne nouvelle, chérie : je vais sortir bientôt.

Oui. On a fait ajouter la maison en caution.

- Tu plaisantes, j'espère ?

- J'ai pas le cœur à ça.

C'est sans risque. C'est si j'essaie de m'enfuir.

- Tu l'as pas déjà fait ?

- Ils m'ont pris mon passeport. Sois tranquille.

- Je suis jamais tranquille avec toi.

La maison est à ton nom, donc j'ai rien à dire.

- Mon avocat dit que non. J'ai trouvé plus correct de te prévenir.

- Effectivement.

C'est très élégant.

- Ça t'ennuie

si je dors dans la chambre d'amis ? Comptes bloqués, je ne peux rien louer.

- Oui, ça m'ennuie.

Mais je te laisserai pas à la rue, comme tu voulais m'y mettre.

Moi aussi,

j'ai un plan B.

J'ai autre chose à te demander : connais-tu le visage de cette femme ?

- Évidemment.

Réfléchis.

- Si je te demande, c'est que je ne sais pas.

Mon Dieu...

C'était ton petit secrétaire. Le jeune homme incertain.

- T'as trouvé, je crois.

- Merde...

- Bonjour, Elizabeth. Il a reconnu la photo ?

Non ? Son assistant ?

On a toutes changé en 15 ans, mais pas à ce point-là.

Le dis pas à Véro, sinon ça sera dans Le Canard Enchaîné.

Sonnette

Ah ! C'est la journée des surprises.

- Pardon. Je peux vous parler ?

- Je sais bien plus de choses que vous ne pensez, Serena.

Je ne vous gifle donc pas.

Entrez, si vous voulez.

Je l'ai foutu dehors, il m'a pas quittée.

- Il a jamais arrêté de me mentir.

Il m'a dit que vous vous sépariez.

- L'enfoiré classique. Même pas original.

- J'aurais laissé tomber. Pas d'hommes mariés.

Ma vie sentimentale est assez compliquée comme ça.

- Vous avez dû en baver.

- Sans les opérations... On m'a toujours prise pour une fille.

D'ailleurs, j'ai toujours été une fille. Sauf sur mes papiers.

Au lycée, c'était l'enfer. Des mecs me crachaient à la gueule.

Et ils me draguaient une fois leurs potes partis.

Plus ceux qui cognent après avoir tiré leur coup.

J'étais à ma place nulle part, même pas aux chiottes.

- Julien était au courant ?

- Non.

Il m'a félicitée sur mon nez refait.

Je voulais lui dire qu'il y avait pas que ça...

mais il en avait rien à foutre de moi.

Il m'a prise pour une conne. - On est 2.

- Vous allez lui dire ?

- On pourrait se tutoyer ? Entre connes.

- Tu vas lui dire ? - Surtout pas.

Mais j'aimerais bien voir sa tête.

Ça te retomberait dessus, ça ferait du mal à son fils.

- Parce qu'en plus, il a un fils ? Il s'est bien foutu de ma gueule.

- Pas que de la tienne.

- Serena ?

Oh non,

là, c'est un cauchemar. Serena ?

C'est un malentendu. Faut qu'on parle.

Serena ?

- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?

C'est pas un hôtel ici, c'est un bar.

- Minou, c'est momentané, tu sais.

- Ta maîtresse t'a viré ?

- Non. Je l'ai quittée, je le voulais depuis longtemps,

mais elle me menaçait, elle me tenait par les couilles.

- Pourtant y a pas beaucoup de prise.

Je fais un verre ici, dimanche. Il me faut toi et Manu.

- Tu veux pas qu'on parle, tous les deux ?

- Dimanche, 17h.

Ah, oui.

Remonte du champagne cher, y aura Elizabeth.

- Alors le PIB en volume signifie PIB déflaté ou en...

- Euros constants. - Constants, ouais, exact.

On enlève l'effet de l'inflation,

le PIB en volume s'exprime... Sonnette

Ouais, c'est ouvert.

- Bonjour. Excusez-moi. - Ça va ?

- Oui. Je dérange, apparemment.

- Non. Faut que je fasse une pause, j'ai failli cramer un body.

- Je vais fumer. - Je dérange pas, vous êtes sûrs ?

- Fais gaffe, le wasabi arrache.

- Je suis habituée à ce qui arrache, en ce moment.

Vous êtes libres dimanche, avec Eva ? - Oui, pourquoi ?

- Venez boire un verre au bar. On fête nos nouvelles vies.

- Papa, il sera là ? - Oui, bien sûr. Il servira avec Manu.

- Tu vas le virer de la maison ?

- C'est fait.

Donc t'étais au courant qu'il me trompait. Il t'en a parlé ?

- Non, évidemment que non. Y a eu une espèce de fuite.

Je suis désolé.

- C'était pas à toi de me le dire.

Je comprends qu'on soit attiré par une autre femme après 12 ans.

Mais on joue pas avec les deux.

Je lui en veux beaucoup.

Mais...

je suis pas venue pour ça.

Je voulais te dire que ça changera rien entre nous deux.

Je vous aiderai quand le bébé sera là.

Je t'aime beaucoup, Alex, comme si tu étais mon fils.

- Moi aussi.

- C'est vrai que ça arrache, ta saloperie.

- Manu, de la glace pour les seaux. - OK.

- Je peux prendre un Coca ? - En bas.

- Tu vas faire quoi, d'ici-là ? - Ce que je trouverai.

- Un mi-temps ici, ça te dirait ?

- Grave, ouais.

- Une place va se libérer. Tu aideras Manu.

- Ah, c'est cool.

Bah tu trouves pas ?

- Ouais, c'est super cool.

On va pas

rester longtemps, Eva est fatiguée.

- Non, ça va.

- Je comprends. Dès que tout le monde est là, on boit un coup et c'est bon.

- Merde ! Bébé.

- Agréable comme accueil.

- Voyons-nous tranquilles, demain. Remettons les compteurs à zéro.

- Ils y sont.

- Oui. Mais reste pas. Ma femme est là, elle reçoit quelques copines.

- Je sais, elle m'a invitée. - Hein ?

- J'ai entendu ta voix. - Lucie !

Comment ça va ?

- Très bien.

Cette fête m'excite ! Manu, tu me donnes un jus ?

- OK.

- Toi ? - Une coupe.

- Une coupe. - OK.

- C'est chouette. Je connaissais pas.

- Les jeunes sont déjà arrivés. - Putain.

- C'est quoi ce merdier ?

- Elle est mignonne. Tu te l'es faite ? - Occupe-toi de tes glaçons.

- Ça va être chaud !

- Raison de plus pour la fermer et t'occuper des glaçons.

- Voici ma belle-fille. Serena.

- Bonjour. - Bonjour.

- Eva, qui va préparer un BTS en hôtellerie.

- Bravo. - Merci.

- Et je te présente mon beau-fils, Alex.

Serena. - Bonjour.

- Si on veut.

- Installons-nous en attendant les autres.

- T'es le fils de Julien ? - Le monde est petit.

- Ah, merde. - Ça résume bien la situation.

- Oh, merde...

- On va pas avoir des jus ?

- T'inquiète pas. Lucie sait que je ne les bois que millésimés.

- Ça va, Alex ? - Ouais, ouais.

- Bonsoir. - Bonsoir, Manu.

Il vient, Bertrand ?

- Je lui ai proposé. Il m'a dit non, c'est l'heure de la ponte.

J'ai pas compris. - Merde,

j'ai oublié de te parler des poules avant de lui prêter la caravane.

- Des poules ?

- Qu'est-ce qu'il y a ?

T'as l'air blasé.

- C'est mon père, il a bien déconné. Et en ce moment, il en chie sa race.

- Ça finira par s'arranger. - Non, je crois pas.

Là, le Vietnamien est vrai. Enfin, la Vietnamienne.

Je suis mal, là.

Brouhaha et rires

...

- Tiens, tu peux y aller ? - Ouais.

- Bertrand, ça va ? Il se remet ?

- Il se remet de tout. C'est ça, le problème.

- Allez, on boit. - Oui.

- Oui, oui, oui, oui...

Comment ça va, à l'agence ? - On est complètement sous l'eau.

- Véro résume très bien la situation, comme toujours.

- À la nôtre.

Mademoiselle ?

Excusez-moi, mais votre visage me dit quelque chose, Serena.

C'est bien Serena ? - Oui.

- Normal, c'est une amie de ton fils.

- Ah ! Ah bah alors, j'ai dû vous apercevoir.

Il me fait tellement de cachoteries.

- Ça doit être ça.

- Je vais

chercher une assiette.

- Vous jouez avec le feu, les filles.

- Salut, maman.

- Ton amie est là. - Quelle amie ?

- Bah...

ton amie.

*Musique d'ambiance

*...

- Bonjour.

- Viens t'asseoir,

mon grand.

- Bonjour.

- T'es gonflée.

Je peux vous l'enlever 2 mn ? - Bien sûr. On comprend très bien.

Euh, à mon avis, ils sont copains plus plus.

- Non, t'inquiète pas.

- Bah non. Elle est mignonne. Ça me fera des petits-enfants colorés.

- Ça... il n'y a aucune chance.

- Tu verras. J'ai un flair de chien de chasse.

- Hmm, hmm.

- Je savais pas qu'Alex était le fils de Julien. Je serais pas venue.

Je devrais me tirer. Ça va faire des dégâts.

- On boit une coupe, après je te ramène.

T'inquiète pas.

Un jour, tu seras heureuse sans mentir.

- Puisque nous n'avons pas été officiellement présentées,

je profite de l'occasion. Bonsoir. Je suis sa mère.

Vous êtes ravissante, mademoiselle.

- On y va ? C'est pas très poli. - Oui, c'est vrai.

- Tu sais, tu me diras quand tu seras sûr.

- OK.

- En tout cas, vous faites un très joli couple.

- C'est juste une amie. - Bien sûr, chéri.

- Tout le monde est là, alors buvons

au bébé des enfants.

Et au futur job

d'Eva, qui va travailler ici, avec le nouveau gérant,

Manu.

À nous tous.

Téléphone

Pardon.

- Je savais pas. C'est génial, pour Eva.

- Pourquoi tu viens pas boire un verre avec nous ?

Oh ! T'es compliqué...

- T'es où ? - Là !

- Tu veux pas rentrer ?

- Je préfère rester discret, après ce que j'ai fait, c'est gênant.

- Personne le sait. - Moi, si.

C'est bien ici, ça me fait comme une terrasse.

- Comme tu veux. Passe au bar si t'en veux une autre.

- Je t'enverrai un SMS.

- T'as quelqu'un ?

- Ah oui, oui.

- Ça se passe mieux qu'avec moi ? Pas de jalousie ?

- Non, c'est fini ça.

C'est plus facile, je suis pas amoureux.

- Ah...

À ta nouvelle vie.

- Papa, t'es là ? - Ouais.

Je fais un break.

- Ça va ?

- Oui, top. Je t'avais pas dit, parce que je voulais pas vexer Lucie,

mais j'ai filé ma dem.

C'est pourri ici, le bar est mal placé. Je préfère partir avant la cata.

- T'as un truc en vue ? - Bien sûr.

Je bosse encore dessus mais...

- Bon bah c'est cool, alors. - Hmm ! Super.

Là, ça s'est un peu emballé, mais je vais rebondir.

- Fais gaffe de pas te cogner.

- Je suis désolé, Alex.

Ça va, toi ?

- Ouais, je crois. Je vais être père.

Passe une taffe.

- Tiens, viens là.

Si, vas-y, c'est propre.

*Chanson jazzy au loin

*...

- Serena, vous partez ? - Je suis fatiguée.

- J'en profite. Pardon de vous avoir interrompus, l'autre jour, chez Loïc.

Je suis vraiment gênée. Rétrospectivement.

On sait pas toujours... quand on tombe bien, on tombe mal.

- Exfiltre ton amie avant le drame. - Vraiment, ça m'a mortifiée.

Je cherchais ma fille.

- J'y vais.

Je travaille tôt. Je te raccompagne ?

- Je veux bien. Au revoir.

- Au revoir. J'ai été ravie et j'espère qu'on pourra

se revoir. - Maman, maman.

- Filez vite. Vous avez mieux à faire. Je vous comprends. J'ai été jeune.

- Bon, arrête

de te mêler de tout, maman. À la longue, c'est chiant.

- Eh bah, c'est agréable.

Oh...

Ce qu'il est soupe au lait en ce moment. On peut rien lui dire.

- Tu sais ce qui est insupportable, chez toi ?

C'est que tout part d'un bon sentiment.

Moi, c'est l'inverse et le résultat est le même.

On est deux désastres.

- Merci, les petits loups.

- Au revoir. - Au revoir.

T'es fâché ? - Bah c'est mon père.

Je peux pas t'en vouloir complètement, mais l'addition est salée.

- Ah, Julien, va chercher le plateau.

Bah, vas-y.

- N'attendons plus les crises pour se voir.

- J'ai pas passé une aussi bonne soirée depuis des années.

Que de bonnes ondes.

- Ça se confirme. Tu as vraiment un nez de chien de chasse.

- Oh ! Mais c'est comme Lino Ventura !

Je sais, maintenant ! La fille, là, Serena.

La personne avec mon fils.

C'était le secrétaire mi-oie mi-canard de Bertrand.

- Tu confonds.

C'est l'alcool.

- Pas du tout. Je suis sûre.

Cette fille, c'était un mec. Il s'est fait opérer.

Oh, merde !

- Bon bah alors là, c'est carton plein.

Bravo, les gars.

- Bah pourquoi

il réagit comme ça ? - Il m'a trompée avec elle.

- Ah...

Donc Loïc couche avec la maîtresse de ton mari,

un vieux copain de mon fils ?

C'est ça ? - Hmm.

- On sera jamais une famille normale. Je vais pleurer aux toilettes.

- J'aurais pas dû faire ce pot.

J'ai fait des dégâts collatéraux.

Hurlement

- Oh... Putain de saloperie !

- Ça va ?

- Aïe... Aucun problème.

J'ai du pot. C'est le compost, ils font le tri. Y avait pas de verre.

- Il s'est passé quoi ? - Je me sentais coupable,

il avait l'air contrarié, alors je me suis présenté.

Je lui ai dit que je l'avais balancé.

Mais je regrette pas.

Je me sens mieux, maintenant.

- On va aller te laver.

- Je vais faire ça à la maison. Je prends le 96.

- Personne te prendra à part les éboueurs.

- Tu devrais te rincer les lèvres, ça va s'infecter.

- Tu t'en vas ? - Je vais rentrer.

La soirée a un peu dérapé.

Mais le début était très réussi.

Fracas - Il se passe quoi ?

- Véro s'est enfermée dans les toilettes.

Tu manges ça, maintenant ?

- Marre des graines. Ras le cul.

- S'il vous plaît !

- Rentre bien.

- Pourquoi vous avez fermé le verrou ?

- Je l'ai pas verrouillé. Je suis claustro, je le fais jamais.

- Je fais au mieux mais j'ai pas les outils.

Secouez pas la poignée, ça m'aide pas.

Reculez-vous ! - Ah, oui.

- Putain... Elle gémit.

- Calme-toi, ma chérie. Ça va aller.

- Je vous en supplie, M. Manu.

Dépêchez-vous. J'ai pas ma Ventoline.

- Fais le petit chien.

- Ah merde !

- Ah ! Mais ça marche pas ! J'accouche pas, je panique.

Véro pleure.

- Allez, pousse-toi, ma poulette.

*"Let's Face the Music and Dance" (Frank Sinatra)

*...

Ne le prends pas mal, ma belle, mais...

je commence à regretter la taule.

*...

On frappe.

*...

...

Excusez-moi. Pardon.

*...

- T'as déjà dîné ?

- Ah ! T'as déjà plumé une poule ?

- J'ai souvent eu envie de te tuer, tu sais.

- Sois pas bêtement sentimentale, Elizabeth.

*...

- C'est bon, hein ? - Hmm.

- Ça, ça vient des poules, j'imagine.

...

"I Wanna Be Like You" (Ibeyi)

...

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Sous-titrage : HIVENTY

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