Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Oh, peu importe !
Un ou deux ?
- Je vous demande pardon ? - Un ou deux ?
- Qu'est-ce que je dois r�pondre ? - Victoire � domicile ou �l'ext�rieur ?
- Disons... victoire � l'ext�rieur ? - Vraiment ? !
Bon, comme tu veux.
On verra si tu me portes chance.
- Tu as de l'exp�rience ? - J'ai travaill� � Pita pendant deux ans.
- Jusqu'� ce que le bar soit ferm�. - Et le patron enferm� !
Tu peux faire la nuit ?
Bien s�r. Aucun probl�me.
- Un mari, des enfants, tout �a... ? - Non.
Faut �tre idiot pour avoir des enfants de nos jours.
- Comment tu t'appelles ? - Esma.
Maman !
Non, maman ! Je vais pisser dans mon froc !
- Je te tiens ! - Arr�te !
Victoire !
Sara, arr�te !
Tu m'entends ! �a suffit ! Arr�te !
Allez, pr�pare-toi. Tu vas arriver en retard � l'�cole.
H� ! C'est quoi, ton probl�me ? Qu'est-ce qui te prends ?
Qu'est-ce que tu fous ?
Tape-lui dessus ! Vas-y !
�a suffit ! Arr�tez !
- Qu'est-ce qui se passe ? - C'est lui qui a commenc�.
- Pourquoi tu joues � des sports de gar�on ? - Tu me bats parce que je joue mieux.
- Allez, faites-vous la bise. - Quoi !
- Faites-vous la bise. - Pas question ! Jamais !
- C'est un p�d�. - Qu'est-ce que tu as dit ?
Je veux voir tes parents demain. Et les tiens aussi.
- Ma m�re est malade. - Alors, ton p�re.
Sara n'a pas de p�re.
Mon p�re est mort en martyr.
Alors ta m�re, quand elle sera gu�rie.
Bon, en classe ! Allez ! Qu'est-ce que vous attendez ?
J'en attendais un juste comme �a
pour lui faire la t�te
et je n'aurais aucun regret
si je te faisais pleurer...
Je donnerais toutes ces ann�es pour une seule nuit
mais moi tu ne m'auras jamais
parce que je pars en voir un autre
maudit soit tout ce qui vient de toi
tu as des mots enj�leurs
mais il t'en faudra 1001 plus doux pour moi...
Tu as quelque chose ?
- Rien, je te jure. - Quelque chose ? N'importe quoi ?
Je dois payer 200 euros pour l'excursion de Sara, d'ici la fin de la semaine.
On se d�brouillera. Dis, reprends-la un peu ici.
Tu sais combien d'entre nous vont � la f�te de promo ?
Onze ! Sur 41, il n'en reste que onze.
- Ceux qui ne sont pas six pieds sous terre se sont tous enfuis. - Je n'y vais pas.
- Bien s�r que si. J'y veillerai. - Je travaille. Je ne peux pas.
- Tu as toujours un pr�texte. Viens ! - Allez, �a suffit.
- Je la reprends un peu derri�re ou je laisse de l'ampleur ? - Sabrina ! H� !
Bon, j'irai. J'irai !
- Tu mens ! - Mais non !
Parole de Jeune Pionni�re.
- Dis : Je le jure sur Tito. - Je le jure sur Tito.
- Bon, tourne-toi. - Alors ? Je la laisse ou je la reprends ?
Laisse comme �a. Tu as vu mes poign�es d'amour.
Quoi ?
Viens ici.
Viens ici toi-m�me.
Mon p�re est un martyr, lui aussi.
Parfois, je r�ve de cette voix.
Je ne vois pas le visage, mais j'entends la voix.
Elle dit : Vous avez cinq minutes pour partir.
J'entasse des affaires, le plus vite possible, mes photos,
elles tombent � travers les trous du sac en plastique.
Je me baisse pour les ramasser et je vois ma m�re me sourire.
Je r�ve aussi...
de notre maison,
exactement comme elle �tait. Les murs cr�me,
les fen�tres, les portes, tout en vrai bois. Mon lsmet avait tout b�ti tout seul.
Et quand je suis r�veill�e je n'arrive plus � voir la maison.
Je ne me souviens plus du visage d'lsmet...
Pas m�me du visage de mon enfant.
Et maintenant, quand tu en parles, Vasvija ?
Arr�tez vos conneries ! Donnez-nous notre argent, ou du travail, s'il y en a.
- Mirha ? ! - Quoi !
Tout le monde n'est pas de ton avis sur le Centre.
Certaines femmes ont besoin de partager leurs sentiments.
Par ailleurs, se renfermer en soi...
C'est la pire attitude possible.
Certaines n'ont jamais parl�. Je le respecte.
Mais l'exp�rience m'a appris qu'on ne peut pas progresser...
quand on ne parle pas.
En ce qui concerne le travail... Nous n'avons rien pour le moment.
T'en as un toi ! Je me tracasse pas pour toi !
C'est bon, Dzemila.
Continue.
Esma Halilovic ?
Maintenant, c'est quatre-vingts. Moins qu'avant.
C'est mieux que rien.
Mesic Dzemila. Je pourrais...
Je pourrais vous demander...
Y aurait-il moyen de toucher un ou deux mois d'avance ?
- Sara part en excursion scolaire. - Je vous en prie.
Je re�ois un budget mensuel pour vous toutes. Je ne peux pas verser d'avance.
- Je vous en prie, non. - Bon. Merci.
Tu devrais venir plus souvent au Centre. Pas uniquement quand on vous paie.
Pourquoi ? Vous avez bien assez d'idiotes ici sans moi.
Une truite. Bien grosse.
Sara adore la truite.
Hmm ! �a sent bon !
- Salut ! - Tes mains !
- Comment �a s'est pass� � l'�cole ? - Bien.
Vous avez eu une interrogation de g�o ?
Oui, mais elle est pas all�e jusqu'� moi.
Le prof nous a interrog�s sur ce qu'on doit lire.
Tu aurais d� voir �a. Il a appel� Kenan au tableau, et Kenan se taisait.
Il n'a pas dit un mot. Brusquement, il s'est �croul� devant le tableau.
On s'est tous lev�s d'un bond pour voir. Kenan est par terre, il bave.
Le prof dit � Amer : Appelle une ambulance !
Alors Keno se rel�ve.
- Tu saisis ? - Non !
- Il faisait semblant. - Allez, mange. �a va refroidir.
C'est bon ?
Je sais pas s'il aura le droit de faire l'excursion ?
Il faut payer d'ici la fin de la semaine.
Mais Keno dit qu'il ira avec nous, qu'on lui permette ou non.
Tu as vu tes ongles ?
Va les couper.
- Mon repas va refroidir. - Maintenant !
Je peux pas faire la main droite toute seule.
A�e ! Maman !
- C'est froid. - Mange !
- Non. C'est froid. - Mange quand je te le dis.
Non !
Tu es en retard.
Voil� ton uniforme. Va te changer.
Suis mon conseil et montre tes seins.
T'auras des plus gros pourboires.
�coute...
Dieu a donn� un corps � la femme pour qu'elle puisse r�gner sur le monde.
Mais elle ne veut pas s'en servir.
Aide-moi !
Jabolka.
- Esma. - Esma. Tu es bosniaque ?
- Oui. - C'est pas mieux qu'ukrainienne !
Merci.
Ciao !
Allez, c'est l'heure de te coucher. �teins ta lampe.
Tu m'entends ?
Sors de ma chambre !
Si t'�tais la mienne, je t'apprendrais.
Vieille fille !
Ta pauvre m�re ! Qu'est-ce qu'elle a fait au bon Dieu ?
Pauvre conne !
�a va ?
- Oui. - Vraiment ?
Vraiment.
- On te ram�ne chez toi ? - Non, merci.
Allez, monte. Fais pas de chichis.
T'as plac� combien de paris sur Valencia-Real ?
- Un. Et toi ? - Putain, deux.
Faut �tre con pour miser deux fois sur un Real aussi nul !
- Sur combien de matchs t'as pari� ? - Six !
- Et Saran ? - Douze !
Mais il perdra sur tous, comme d'hab.
- O� va-t-on ? - � Grbavica.
Moi aussi, j'habite � Grbavica. On va d'abord d�poser Cenga.
Tu sais combien j'aurais pu toucher si le Real avait gagn� ?
Mais il a pas gagn�.
Je les emmerde tous ! Bande de minets !
On est � Grbavica.
Pardon. J'ai d�...
Merci. Bonne nuit. Au revoir.
- Ta t�te me dit quelque chose. - �a m'�tonnerait.
Je suis s�r que je te connais.
- On s'est vus dans le bar. - Je sais.
Mais d�j� l�-bas, je me suis dit que je te connaissais. Tu sors o� ?
Je ne sors jamais. Nulle part.
Tu vas peut-�tre aux identifications post mortem ?
- J'y allais. - Alors, je te connais de l�.
Qui est-ce que tu cherches ?
- Je l'ai trouv�. - Mon p�re.
- Et toi ? - Je recherche aussi mon vieux.
- Et tu l'as trouv� ? - Non, pas encore.
Mais un jour, j'�tais s�r que j'allais le trouver.
Quand ils ont exhum� une centaine de cadavres.
Sur un corps, je vois la m�me montre que celle de mon p�re.
Je regarde ses pieds, et je vois des brodequins noirs.
La derni�re fois qu'il est sorti, il portait des brodequins noirs.
Peu importe. Je... euh, j'ai craqu�.
Je pleure, je lui fais mes adieux, je lui parle...
Quand une femme surgit � c�t� de moi et dit :
Papa ! Elle dit : Mon papa !
Je dis : Une minute, madame, comment vous savez que c'est le v�tre ?
Elle dit : J'ai reconnu sa montre, ses brodequins et sa dent en or.
J'ai compris alors qu'elle lui avait ouvert la bouche et regard� les dents.
�a me serait pas venu � l'esprit !
Mais j'aimais cet homme comme s'il avait �t� mon p�re.
Je suis m�me all� � son enterrement.
On va d�gager deux autres charniers par ici, pr�s de Grbanica.
J'esp�re toujours...
Mais je t'ennuie avec tout �a.
Non.
Tu ne m'ennuies pas.
On roule encore un peu ?
- Je suis fatigu�e. Je dois rentrer. - Allez, juste un petit moment.
Une autre fois.
- Je t'ai ennuy�e. - Non, vraiment. Je suis juste fatigu�e.
Il faut que je dorme.
- Bonne nuit. - Salut.
�crire des vers n'est pas ais�.
Ils peuvent �tre beaux ou bien rat�s.
Mais je vais faire l'essai de mon talent...
car la sortie n'est pas dans longtemps.
Les enfants de martyrs ayant une attestation...
seront dispens�s de la contribution.
Les enfants de mutil�s, auront droit � un rabais.
Ne vous faites pas de souci. Pour vous, ce sera gratuit.
On a organis� l'excursion au mieux, pour que vos adieux soient joyeux.
- Dis une ville et un nombre. - Paris 7.
Sara... Comment va ta m�re ?
Mal. Elle ne sort pas de la maison.
- Pourquoi, qu'est-ce qu'elle a ? - Le cancer.
Le cancer !
Allez, ne pleure pas. Sois courageuse.
- Ma tante est morte du cancer. - Je m'en fous !
- O� sont mes chaussettes jaunes ? - Dans la salle de bains.
Mets le linge � s�cher, s'il te pla�t.
Si on apporte un certificat, on paie moins.
- Pour quoi ? - Pour l'excursion scolaire.
- Quel genre de certificat ? - Que mon p�re est un martyr.
On n'a pas encore retrouv� son corps.
- Je dois l'apporter � l'�cole maintenant. - Il faut d'abord que je le trouve.
- Ou une preuve qu'il �tait dans l'arm�e. - Bon, je le chercherai.
Alors, cherche-le tout de suite.
Bon sang, Sara, il y a pas le feu !
Esma !
- Tante ! - Esma, ma ch�rie !
Je viens de l'enterrement de Mula.
- Bonjour. - Bonjour, ma puce.
Vas-y. Je te rattraperai. C'est le portrait de feu ta m�re.
Mais voil�, c'est la vie. Ta m�re esp�rait que tu serais m�decin.
Puis que tu te marierais et puis qu'elle serait grand-m�re.
Mais peut-�tre qu'il vaut mieux qu'elle n'ait pas v�cu pour la conna�tre. Pardon.
Je t'en prie, pardonne-moi. Pardonne-moi de te rappeler ta douleur.
- Sara part en excursion scolaire. - Ah, vraiment ? C'est fantastique !
Mais je n'ai pas encore touch� ma paye. Alors, je me demandais si...
Si tu pouvais...
- Je te rembourserai tout de suite. - Je sais.
Mais tu sais ce que valent les pensions de nos jours.
Si Harun, en Am�rique, n'envoyait pas... et m�me comme �a, je mourrais de faim.
Avant, les retrait�s �taient trait�s correctement.
On pouvait m�me s�journer sur la c�te gratuitement.
Je ne me souviens m�me plus de la derni�re fois o� j'ai vu la mer.
Mais, voil�, c'est la vie. Tiens, donne �a � la petite.
Qu'est-ce que j'ai de papa ?
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Je lui ressemble ?
Non. Tu me ressembles.
- Mais qu'est-ce que j'ai de papa ? - De papa ?
Ses cheveux.
- C'est vrai ? - La m�me couleur !
- Qui c'est, cette Esma qui vient juste de commencer � travailler ? - J'en sais rien.
- Mais elle y fera pas long feu. - Pourquoi ?
C'est une empot�e...
- Pourquoi tu demandes ? - Pour rien.
Dites donc, mes deux lascars ? Vous avez oubli� votre commandant ?
- Comment �a va, Puska ? - Allez, suis-moi. Roule.
Mais o� va le monde, les gars ?
J'ai jamais vu autant de flambeuses. Je tiens pas le coup.
- Une si jolie gueule, �a m'�tonne pas. - Allez, charrie pas !
- Comment va ta m�re ? - Bien.
Je ne veux surtout pas qu'elle manque de quoi que ce soit.
Elle m�rite ce qu'il y a de mieux.
- Tu bosses toujours pour cet enfoir� ? - Ouais !
Pendant qu'on se battait contre les Tchetniks,
il vendait du caf� 150 DEM le kilo. Faudrait pas que tu oublies �a.
Si je me souvenais de tout, je me suiciderais.
- Pelda a le nez pris ? - Un peu.
S�rieusement. C'est un pro. Il conna�t le bisness.
Je trouve �a bizarre. Deux intellos comme vous qui bossent pour une telle ordure.
Explique-moi.
Putain, mon vieux, c'est le destin.
�coute, ?enga ! Je veux vous aider � vous remettre sur pied.
Pour vous, je te jure, pas pour moi. Pour que vous gagniez un peu de thune.
Saran n'osera rien dire.
Quand je l'ai bais� en taule, il a juste siffl� et m'a fait des yeux de veau.
Je l'encule, et lui, il chante comme un rossignol.
Alors, tu sais.
La proposition reste valable.
Je te donnerai dix briques... et toi, tu auras la voiture.
Arrangez-vous pour qu'on pense qu'il a �t� tu� par les Serbes, les talibans...
J'en ai rien � foutre, faites comme vous voulez.
Mais �liminez-le.
- Bon alors, Puska. - Bon quoi ?
Je dois y aller.
- Attendez, les mecs, je vous invite. - On doit aller travailler.
On t'appellera.
R�fl�chis-y !
Putain, les gens s'aimaient mieux pendant la guerre.
Arr�te tes conneries !
Tu veux que je te montre un truc ?
T'es cingl� ?
Allez, entre ! C'est moi qui ai mis le ruban.
- H� ! T'as d�j� vu un mort ? - Je suis pas fou !
Allez, descends !
Le premier baiser est oubli� depuis longtemps
- Qui se souvient de sa premi�re f�te... - Ferme-la !
- Enlace-moi et serre-moi plus fort... - Pas de folklore, s'il te pla�t.
Tu ne verras pas mes larmes couler...
Arr�te !
Dis, on s�che les cours aujourd'hui ?
- Ou t'es du genre polar ? - Mais si ma m�re s'en aper�oit, elle me tuera.
Elle s'en apercevra pas !
Cela passe,
tout passe...
Alors tu veux chanter ? ! Tu veux chanter ? !
Cela s'�vanouit, tout s'�vanouit...
Au fil des ans, tout dispara�t...
Sabina sera ici dans une heure.
- Non ! - Sara !
- Sabina est une cr�tine. - Pas de vilains mots.
Elle ne pense qu'� se marier.
Qu'est-ce qu'il y a de mal � vouloir se marier ?
Promets-moi que tu te marieras pas !
- Promets ! - Sara, s'il te pla�t !
- Promets ! - Arr�te !
- Promets ! - �a suffit ! Arr�te tes idioties.
Tu vas me quitter !
Viens ici ! Viens ici !
Je ne vais jamais,
jamais,
jamais, jamais, jamais te quitter.
Tu comprends ? !
Sara, ouvre ! Je sais que t'es l�. � quoi tu joues ?
Oh, tu commences � m'�nerver !
Ouvre-moi, petite dinde, je g�le !
Esma, le patron veut te voir.
Tu es un porte-bonheur.
D�sormais, tu placeras mes paris. L'�quipe des visiteurs a gagn�.
- M. Saran ! J'ai un probl�me personnel. - Continue.
Je pourrais toucher ma paye en avance ? Comme un acompte.
On en discutera demain.
Regarde !
- Je pourrais faire exactement la m�me. - Tu le feras ? !
Je pourrais.
Allez, l�ve-toi !
Tu avais dit une autre fois.
Ces Br�siliens me font tant de peine.
Je ne supporte pas de les voir souffrir. Vraiment.
L'autre jour, j'ai vu un documentaire, tu sais.
Ce Br�silien, un mis�reux. qui avait la vie dure...
...et ils l'ont tu�.
Personne pour aller � son enterrement. Personne.
� la fin, il �tait compl�tement seul au monde.
Tu es f�l�e.
Qu'est-ce que tu fais chez Saran ?
Un peu de tout.
Tu es une sorte de garde du corps ?
Avant la guerre, j'ai fait des �tudes d'�conomie.
C'est vrai ?
Je n'ai pas le courage de m'y remettre.
Je fume trois paquets par jour.
Je ne peux pas assister aux cours � c�t� de gamins.
J'aurais honte.
Et � quoi �a me servirait ? O� je trouverais du travail ?
On trouve du travail partout.
Je ne sais pas...
Je reste ici encore un moment.
Apr�s, je pars chez ma s�ur en Autriche, � Knittefeld.
Elle essaie de m'obtenir les papiers.
Tu as remarqu� ?
Cette odeur ? !
La m�me qu'avant.
Je t'en prie ! l l faut que je dorme.
- Mais qu'est-ce que tu as ? ! - Je travaille toute la nuit !
Comment tu peux �tre comme �a ? Je rentre compl�tement crev�e...
Au moins, t'as pas eu � revenir � pied.
! ! !
Allez, mange !
- Quand on a re�u l'aide humanitaire ? - Mais c'est pas huma...
Hier. On l'a re�ue hier.
- Combien de sucre ? - 256 grammes.
- Par personne ? ! - Oui. C'est mieux que rien.
Et de beurre ?
- Et ben, on manque de beurre, ces temps-ci. - Me dis pas qu'ils ont oubli� le beurre.
Ils enverront du beurre.
Ils avaient promis qu'il y aurait du beurre.
Mange,
allez.
Prends un peu de pain.
- O� tu vas ? - Je sors.
Sois prudent, s'il te pla�t.
- Je reviendrai demain. - Tu ne peux pas dire �a.
Dieu seul sait de quoi demain sera fait.
- Je t'en prie, pas de mamours ! - Non, non !
Arr�te tes mamours ! Trouve-toi une femme pour �a.
� ton �ge, ton p�re avait d�j� deux enfants.
- Allez, fiche-moi le camp ! - Je t'aime, maman !
T'as pas bais�, ces temps-ci, hein ?
Bon, bon ! Calme-toi ! Tu as un gril ?
- Quoi ? - Un gril, pour griller !
- T'es sur un bon coup ? - Va te faire foutre, avec tes coups !
- Ah, t'en es d�j� l� ! - De quoi tu causes ?
Putain, oublie la nature ! Baise-la dans un h�tel.
Va te faire foutre !
- Puska m'a appel�. - Je l'emmerde, Puska !
- Sa proposition me para�t pas si dingue. - Parce que t'es compl�tement dingue.
Putain ! Qu'est-ce que tu fous ?
- D'o� �a te viens ? - De mon vieux, qui est mort.
Les Tchetniks l'ont tu� � Zuc. Ils l'ont �gorg�.
Il a refus� de s'enfuir de la tranch�e et ils l'ont attrap� vivant.
Comment il a �t� tu�, ton p�re ?
- Je sais pas. - Tu sais pas ? Il faut que tu le saches !
Tu sais tirer ?
Je t'apprendrai.
- C'est des balles r�elles ? - Et comment !
Tu verras, pendant l'excursion, quand je tirerai !
Tu vas apporter le pistolet ?
� moi ! � moi !
J'en veux plus ! Donne-m'en plus ! Plus !
Peut-�tre que quelqu'un devrait examiner Sara ?
- Comment-�a l'examiner ? - Pas vraiment l'examiner.
- Tu sais, parler avec elle. - De quoi ?
Je l'ai trouv�e bizarre, l'autre soir. Elle a jet� mon sac par la fen�tre.
Elle dit des grossi�ret�s. Elle m'a lanc� un cendrier � la t�te !
C'est encore une enfant. Elle s'amuse.
Tu parles d'une enfant ! C'est pas juste une enfant.
Elle ne tourne pas rond !
Elle devrait peut-�tre parler avec quelqu'un, un professionnel.
Qu'est-ce que tu connais aux enfants ?
T'y comprends rien et t'y comprendras jamais rien !
Bosnie, ma patrie bless�e,
pays de mes anc�tres.
Bosnie, mon amour,
une fleur dans mes cheveux.
Le pays de mes r�ves.
- Quel po�me nul ! - �cris-en un meilleur, si tu peux.
Qui touche � ma Bosnie...
Oh, laisse b�ton !
- Qu'est-ce qui s'est pass� avec Sabina ? - Rien.
- Qu'est-ce qui s'est pass� ? - Elle s'est plainte de toi.
Je lui ai rien fait, je te jure.
Seulement, je voulais pas manger. Et elle a commenc� � m'insulter.
Elle a commenc� � dire que tu m'�levais mal...
Je me suis mise en col�re et j'ai jet� son sac � main par la fen�tre.
Sara, tu n'aurais pas d� faire �a !
- Mais elle, elle peut m'insulter ! - Tu es priv�e de sortie pour cinq jours.
Maman, s'il te pla�t. C'est l'anniversaire d'Ena, demain.
- Pas de discussion ! Tu m'as entendue. - Maman, s'il te pla�t !
All� ?
C'est moi...
Euh, je ne peux pas en ce moment.
�coute...
Rappelle-moi un peu plus tard.
Bon, bon. D'accord.
Qui c'�tait ?
Sabina.
Tu sais quoi ?
J'ai d�cid� de te laisser toute seule � la maison, ce soir.
- Hein, qu'est-ce que tu en dis ? ! - Pardon ?
Pour que je sache si tu peux vraiment te d�brouiller toute seule.
Toute seule ? Sans Sabina ?
Sans personne !
- S�rieusement ? - S�rieusement.
�a te d�range pas... ?
Alors, tu es bien sage.
� l'universit�, on sniffait de la colle.
Les �tudiants en m�decine...
Une fois, on sniffait du Syntelan et le professeur est pass� par l�.
Je ne l'avais pas vu. Mes cils �taient tout coll�s.
Le professeur m'a demand� quelque chose et moi, j'�tais toute... comme �a.
Qui sait ce qu'il en a pens� ?
J'avais bien dit que tu �tais f�l�e.
Quoi ?
Tu es vraiment f�l�e.
H�, mangeons !
D'accord.
Maman, tu as trouv� le certificat ?
Je dois aller demander une copie � la mairie,
et apr�s au palais de justice pour la faire certifier.
Tu feras l'excursion, ne t'inqui�te pas. Je t'ai dit que tu irais.
Tu sais ce que je voudrais vraiment ?
J'aimerais avoir mes propres employ�s, ma propre entreprise.
l Is travailleraient pour moi, et je vivrais de mes rentes.
J'ach�terais une Benz classe S, des jantes alu, des pneus larges.
J'aurais un garde du corps.
Pour que personne ne puisse plus te tabasser comme �a.
Je l'ai cherch� avec mon pistolet, aujourd'hui.
Putain, quand je le trouverai... Je lui foutrai dans le cul, je te jure.
Tu l'as avec toi ?
Oui. Pourquoi ?
Donne-le-moi.
Je le garde jusqu'� ce que tu te sois calm�.
- Donne-moi le pistolet. - Non !
Rends-moi le pistolet !
Si on est copains, toi et moi, tu me le laisses.
D'accord, mais prends-en soin, s'il te pla�t.
- Excusez-moi, monsieur Saran. - Voil� mon porte-bonheur. Entre.
Ce dont je vous avais parl�... De toucher ma paye en avance. Si possible...
Entre.
- �a sera fait mardi, c'est garanti. - Arr�te tes conneries !
Combien ?
- Deux cents. - Deux cents quoi ?
Et bien, des euros, si possible.
Merci !
Allez vous faire foutre, tous les deux ! Donne-moi le bulletin de pari.
Le troisi�me mardi ! Ton putain de mardi !
Donne-moi le bulletin de pari !
Je suis d�sol�e.
J'aurais pu gagner 300 marks, esp�ce de moule estropi�e !
- On s'en fout de tes 300 marks ! - Ah bon ! On se fout de mes 300 marks.
- Et pourquoi t'as pas plac� mon pari ? - Pourquoi tu l'as pas plac� ?
Oh ! Fiche-lui la paix !
Eh, arr�te ! L�che-le !
Tu vois dans quelle merde tu nous as foutus ?
Si on le bute pas maintenant, il va nous buter !
- Pourquoi tu m'as pas laiss� le buter ? - Montez en voiture ! Montez !
Les hommes sont tous des b�tes !
Je t'avais bien dit que �a s'arrangerait.
Allez, allez. Calme-toi.
Pleurnicheuse !
T'as une de ces gueules !
- Allez, pleure un bon coup. - Tu pisseras moins.
Ta m�re est l� !
- Tu l'as apport� ? - Je l'ai pay� !
- Avec le certificat ? - Non, j'ai touch� ma paye.
Tu vas faire l'excursion.
- Et le certificat ? - On n'en a pas besoin.
Bonjour, madame. Je suis le professeur, Muharem.
Je suis content de voir que vous allez mieux. Sara m'a mis au courant que...
Que puis-je dire ? Continuez � vous battre.
Je connais une femme qui a gu�ri gr�ce aux plantes. Soyez forte !
- O� est le certificat ? - Quelle maladie ?
O� est le certificat ?
Enfant g�t�e !
Maman ! O� est le certificat ? Donne-moi le certificat !
Comment �a se fait que la fille d'un martyr doive payer l'excursion ?
Menteuse ! Elle est pas sur la liste.
Pauvre conne ! Viens ici !
Mon p�re est un martyr ! Les Tchetniks l'ont �gorg� � Zuc !
l l a refus� de s'enfuir de la tranch�e. T'as int�r�t � t'en rappeler !
- Esma ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
Je pars. J'ai les papiers.
Et qui identifiera ton p�re, si tu t'en vas ?
l l sera tout seul dans une housse mortuaire.
Qui identifiera le corps ?
Pourquoi t'es pas � l'�cole ?
Pourquoi t'as pas apport� le certificat ?
Va te faire foutre !
Je suis la seule � pas �tre sur la liste ! O� est le certificat ?
Ferme-la, ou tu vas recevoir la plus belle racl�e de ta vie.
Tu sais qui est mon p�re, au moins ?
- Comment peux-tu oser ? - Tu sais pas.
Tu sais m�me pas qui t'a bais�e !
O� il a �t� tu� ?
- Sara, donne-moi le pistolet ! - O� il a �t� tu� ?
- Donne-moi le pistolet ! - Dis-moi ! O� il a �t� tu� ?
- Sur la ligne. - Quelle ligne ?
- La ligne de front. - O� elle est, cette ligne ?
- Sara, je t'en prie ! - Tu sais pas !
Tu me mens ! Tu m'as menti toute ma vie !
Je veux la v�rit�, Maman ! Je veux la v�rit� maintenant !
Tu veux la v�rit� !
Tu veux la v�rit� !
Tu veux la v�rit� ! l Is m'ont viol�e !
l Is m'ont viol�e !
Dans le camp de prisonniers de guerre. Et tu es n�e l�-bas !
T'es une b�tarde tchetnik.
Une b�tarde tchetnik !
Non, c'est pas vrai !
Mon p�re est un martyr !
C'est un martyr !
Quand les arbres sont en fleurs
Quand les cognassiers embaument
L'�me languit de d�sir
Nous nous sommes quitt�s voici longtemps
Ces roses rouges
Sont sanguinolentes
Le sang et les larmes demeurent
Dans le c�ur assassin�
Ce ciel au-dessus de nous
N'est que l'ombre d'un dais
Les sept degr�s du paradis
Sont dans notre sein
Le printemps est aussi en nous
Lorsque nos larmes ruissellent
Le d�sert lui-m�me peut fleurir
Qui nous offre une image du paradis
Je voulais la tuer.
Je me frappais le ventre avec les poings...
pour qu'elle se d�colle.
Je frappais de toutes mes forces.
�a ne servait � rien.
Mon ventre grossissait. Avec elle � l'int�rieur.
M�me alors, ils venaient...
� deux, � trois, tous les jours.
� l'h�pital, apr�s l'accouchement,
j'ai dit :
Je n'en veux pas ! Emmenez-la !
Je l'ai entendu pleurer.
Je l'entendais � travers les murs.
Le lendemain, j'ai eu la mont�e du lait.
J'ai dit :
Bon, je vais la nourrir, mais rien qu'une fois !
Et quand on me l'a apport�e...
Quand je l'ai prise dans mes bras...
Elle �tait tellement minuscule. Tellement...
Et elle �tait tellement belle.
J'avais oubli� qu'il existait quoi que ce soit de beau dans ce monde.
Nous avons grandi ensemble � ville, toi et moi
Le m�me ciel bleu nous a appris � rimer
Au pied du Trebevic nous avons r�v�
Qui grandirait plus vite
Qui serait plus agr�able
Tu �tais d�j� grande quand je suis n�
Depuis le Mont Igman
Tu m'as envoy� mes r�ves en souriant
En grandissant, le gar�on est tomb� amoureux de toi
Il est rest� ici, attach� � cette cit�
Partout o� le hasard me m�ne, je r�ve de toi
Toutes les routes me ram�nent � toi
Je me languis de voir tes lumi�res
Sarajevo, mon amour
Tu as tes chansons et je les chante
Je veux te raconter mes r�ves
Mes plaisirs, et ton bonheur
Sarajevo, mon amour.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.