All language subtitles for [apreder]Mohamed_Dubois(2013)DVB_track5_fre

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Original subtitles

Je m'appelle Arnaud Dubois.

T'es bourré ! Et t'as pas de papiers !

Ça fait beaucoup, pour un bougnoule !

Je viens du Vésinet.

Je m'appelle Arnaud Dubois. Mon père est banquier.

Il est patron de la banque Berthier.

Ouais.

Je vous jure que je suis français.

- Mohamed ! Pourquoi t'es là ? - Lotfi ?

Eh ben voilà, tu t'appelles Mohamed.

Je m'appelle pas Mohamed. Vous faites une erreur !

C'est pas le vol de Rio, là ?

Palm Beach de Djerba. Que puis-je pour vous ?

Bonjour, monsieur. J'aurais voulu parler

à M. Saïd, le professeur de tennis.

Je vous passe le club-house.

Allô, oui ?

Allô ?

- Papa ? - Pardon ?

- Vous devez faire une erreur. - Non.

Vous êtes Saïd, le professeur de tennis ?

Oui, oui. C'est ça.

Je suis Arnaud, le fils de Catherine. Vous vous souvenez, Catherine ?

Catherine... Quelle Catherine ?

Catherine Dubois.

Fin août 1978.

Elle est venue en vacances à Djerba, du Vésinet.

Excusez-moi, je suis le nouveau professeur de tennis.

En 1978, je n'étais pas né.

Et le Saïd dont vous parlez nous a quittés il y a 6 mois.

Je suis son remplaçant.

Ah, d'accord. Très bien.

Vous savez où je pourrais le joindre ?

Vous m'avez mal compris, monsieur. Saïd est mort.

Je peux faire quelque chose pour vous ?

La banque, c'est comme ça. On refuse.

Quoi, c'est comme ça ?

Tu le lâches !

Appelez la police !

- Il a failli m'étrangler. - Je l'ai à peine effleuré.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Ce mec-là est un raciste.

- Il est dingue. - Moi, je suis dingue ?

Pardon. Juste une minute. Excusez-moi, vous êtes qui ?

Je suis Jean-Luc Fontaine, le nouveau directeur clientèle.

Ah, d'accord.

- Vous, ça va ? Tout va bien ? - Oui. Ça va.

C'est moi qui me suis fait agresser. J'ai même pas traité son dossier.

Ici, on respecte les clients.

- Je ferai un rapport sur vous. - Ah, merci.

Oui, M. Fontaine. Bonne journée.

- Désolé pour le désagrément. - Ça va. C'est le mektoub.

Je vais finir tranquillement mon ramadan.

Voilà.

Les 30 premiers jours, c'est le plus dur.

Les 30 premiers jours.

D'ailleurs, je t'invite à la soirée du Diamant, pour l'Aïd Mabrouk.

- Du Diamant ? - Tu connais pas ?

T'es pas sérieux ? T'es le seul Rebeu à me dire ça.

C'est la boîte où il y a le plus de bombes.

- C'est très gentil. - Ça fait plaisir.

- Merci beaucoup. - Tu t'es trompé de veste.

Bonsoir, Arnaud.

- Je démissionne. - Qu'est-ce qui te prend ?

J'ai vu le nouveau directeur clientèle.

- Un certain Fontaine. - Et alors ?

Tu le fais exprès ? J'ai accepté ce poste à la sécurité

parce que tu devais me donner ma chance à la direction clientèle.

Le petit Fontaine débarque et me prend le poste sous le nez ?

Il y a un problème.

Fontaine est bien plus qualifié que toi

pour prendre ce poste. Je ne te retiens pas.

Tu peux partir.

Ce job et tout ce que tu as, c'est grâce à moi.

Tout ce que j'ai ?

À partir d'aujourd'hui, je te dois plus rien.

Tiens. Voilà.

J'aurais aimé que tu me dises la vérité.

- Pardon ? - Que tu me dises en face

que tu doutes que je sois ton fils.

C'est parce que tu es mon fils, que tu es là où tu es.

C'est à cause de cette gueule d'Arabe que tu me laisses à la sécurité.

C'est ça, la vérité !

Je sais pour Saïd, le prof de tennis.

Je ne sais pas de quoi tu parles.

Ah ouais ?

Et ta demande de test de paternité ?

Tu sais pas non plus ?

Tu fouilles dans mes affaires ?

Je suis tombé dessus par hasard.

Tu penses que je suis pas ton fils.

Avec la tête que tu as,

il a le droit d'avoir des doutes, quand même.

Qu'est-ce que ça va changer ? Dis-moi.

Qu'est-ce que ça va changer, que M. Dubois ne soit pas ton père ?

Tu as une chance incroyable d'être né là où tu es né.

Peu importent les circonstances.

Pourquoi il a attendu autant de temps pour faire le test ?

Tu sais, ça pouvait être pire.

Pire qu'Arabe, c'est dur.

Oui, pire.

Parce qu'à l'époque, ta mère, elle était très, très amie

avec l'ambassadeur du Zaïre.

Zaïre...

Oui, un Zaïrois.

D'Afrique ?

Pardon.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Une petite coupe ?

Non, merci. C'est harâm.

C'est pas harâm, c'est Ruinart.

C'est meilleur.

C'est cool.

Moi, c'est Arnaud.

Arnaud ? T'es sérieux ?

Tu t'appelles Arnaud ?

- Regarde le beau gosse. - C'est qui ? Il sort d'où ?

C'est Mohamed Bouchouche.

C'était mon voisin, à Marseille.

Si seulement je pouvais coucher avec lui.

Mohamed Bouchouche.

- Nico, souhaite-moi bonne chance. - C'est Arnaud !

- En tout cas... - Je t'entends pas.

D'accord.

- Ça va, mec ? - Ouais !

- C'est cool que tu sois là. - C'est génial.

Tu regardes quoi ? C'est ma meuf.

Pardon, je savais pas.

Je déconne.

D'accord. Ça m'arrange,

elle est très jolie. Tu la connais ? - C'est ma soeur.

- D'accord. - Moi aussi, je kiffe les Rebeus.

- Ah, c'est vraiment ta soeur. - Dis-moi, c'est quoi, ton nom ?

- Moi, c'est Mustafa Kherab. - D'accord.

Ah oui, moi.

- C'est Mohamed Bouchouche. - Quoi ?

- Mohamed Bouchouche. - Ah, OK. Sabrina !

Viens voir.

- Je te présente un ami. - Bonjour.

- Bonsoir. - Sabrina, ma soeur.

Mohamed, musulman.

Tu fais quoi, dans la vie ?

Je travaille dans une banque.

C'est bon, ça. T'as du zeyo, pour investir ?

Arrête de lui prendre la tête.

Il travaille dans une banque, ça m'intéresse.

Il est banquier comme t'es pilote d'avion.

T'es pilote d'avion ?

Rachid, j'ai besoin de toi. Tu vois la blonde ?

Il y a moyen ? Je suis chaud, moi.

Je l'ai snipée en premier.

Il faut s'occuper de sa copine. Je te la ramène ?

Ramène. Je vais la désosser.

Je te la ramène.

- T'es pilote d'avion ? - Il raconte de la merde.

T'es banquier ou pas ?

- C'est-à-dire que... - J'ai un plan de ouf.

T'as des nouvelles de Karim, pour le taf ?

- Il t'a pas rappelé ? - Non.

- Je sais pas quoi te dire. - Moi, je le fais.

Lotfi, pas de papiers, pas de chocolat.

Bande de kleb.

On va pas risquer de fermer le kebab pour lui.

C'est vrai.

C'est quoi, le job ?

Rachid tient un kebab au quartier.

Il cherche quelqu'un pour l'aider.

Moi, je le fais.

Je croyais que tu travaillais à la banque.

Depuis l'altercation, j'ai été viré.

- C'est à cause de moi. - Il m'avait dans le collimateur.

C'est un boulot de crevard.

Faut que je gagne ma vie.

J'en parle à Rachid.

Tu commences demain.

Et attention, à l'essai. T'enflamme pas.

Merci.

Je t'en prie, assieds-toi.

Bonsoir.

Elle est où, sa pineco ?

Salut. Moi, c'est Virginie. Ça va ?

C'est parce que je suis chinoise, que tu me calcules pas ?

Non. C'est parce que je suis timide.

Il est passé où, le frigo ?

Je sais pas.

Il était là, hier.

Si c'est toi qui l'as pris, dis-le.

C'est pas moi.

Salut.

- Il est pas bien, le quartier ? - J'ai un de ces mal de tête...

- Quelle heure il est ? - Il est 8 h.

Je vais être en retard. Je commence chez Rachid à 11 h.

- T'as le temps. - Je dois repasser chez mes parents.

Mohamed. T'es ici chez toi. Tu restes le temps que tu veux.

C'est très gentil. Merci.

C'est pas moi.

- Non, non. - J'en ai un, au bled.

Mais ici, t'en as pas.

- Non. - Voilà.

Quoi ?

Je sais pas ce qui m'arrive. Elle me rend dingue.

Cette fille, elle t'a fait du s'hour.

- Quoi ? - Elle t'a ensorcelé.

- Non. Pas du tout, non. - Je sais de quoi je parle.

J'ai fait ça pour séduire mon mari.

Le mari qui t'a quittée au bout de deux ans ?

Arrête, un peu.

Bon. Écoute-moi.

Si tu sors avec cette fille, il faudra que tu l'épouses,

et qu'en l'épousant, tu épouses sa famille.

Attention, ils sont nombreux, la smala,

à cause des allocations familiales.

Et la fille, il faudra qu'elle reste vierge

jusqu'au mariage.

T'exagères pas un petit peu ?

Ils pensent que je suis musulman.

- Comment ça ? - Je leur ai dit

que j'étais Mohamed Bouchouche.

- Bouchouche ? Qui c'est, celui-là ? - Aucune importance.

Ils me croient. J'ai une tête de Bouchouche, non ?

S'ils apprennent la vérité, tu es foutu.

Même ton argent ne te met pas à l'abri.

Entre un musulman pauvre et un riche Français,

c'est le halal qui l'emporte. - Comment ça ?

Chez nous, le garçon,

il devient halal le jour où il demande en mariage

sa future femme.

Alors le beau-père, il l'emmène dans sa chambre

et vérifie si la prostate, elle est souple

et que tout fonctionne normalement.

Ah ben non. Pourquoi... Pourquoi ?

Il faut que le garçon soit en état de procréer.

C'est dégueu.

Oui. Encore, maintenant, ça va.

Maintenant, c'est moderne.

Ils le font avec des gants en latex, du lubrifiant.

Mais avant, je te jure, c'était à main nue,

et avec de l'huile d'olive.

- Bonjour, maman. - Bonjour, chéri.

Tu pars en voyage ?

Après 33 ans, il est temps de prendre congé.

- Je te dis pas que je suis puceau. - T'es puceau ?

Je déménage.

Prends l'appartement avenue Foch.

Tu sais quoi, maman, j'ai envie de me débrouiller tout seul.

Je suis un grand garçon, maintenant.

Voilà autre chose.

Hé, Arnaud. Attends.

Prends ça avec toi. C'est l'arme de ton grand-père.

- Mais non. - C'est plus prudent. Crois-moi.

- Je vais pas en Afghanistan. - C'est pire.

Attention, il est chargé. Tiens.

- Tu vas avec ça là-bas ? - Ça fait quoi ?

- Ils vont te couper le bras. - Bon. Allez, voilà.

Voilà. Et dans la poche.

Merci, Djamila.

Tu pars habillé comme ça ?

- Mohamed, qu'est-ce que tu fais ? - Je prépare les couverts.

T'es pas au Fouquet's, ici. Faut envoyer. Je te montre.

Tu prends la serviette.

Sans te prendre la tête. On n'a pas de temps à perdre.

- OK. - Allez.

Hé, Mohamed. Psartek, le déguisement.

C'est abusé.

Alors...

Aujourd'hui, c'est "délices du quartier."

Spécialité du chef.

J'ai trop la dalle. Un truc de ouf.

C'est excellent.

Ça me rappelle les saveurs du Louis-XV, à Monaco.

- Je t'assure. - Louis XV, le prince de Monaco ?

- T'es sérieux, là ? - S'il le dit...

Mais t'as vraiment un talent de dingue.

- C'est exceptionnel. - C'est le meilleur.

Il a bossé dans les plus grands restaurants de Paris.

- Ah ouais ? - Ouais.

Je savais pas. Quels restaurants ?

- Le Fouquet's... - Le Fouquet's ?

Tu nous fais deux assiettes ?

File-moi ce que tu me dois et je te fais un tajine de truffes.

- Hassen, t'as des nouvelles du nem ? - Quel nem ?

Salut.

- Sabrina, viens boire un verre. - J'ai un cours dans 5 min.

- Juste 2 minutes. - Tout à l'heure.

- Vas-y, Rachid. - Non. Je t'ai dit non. Arrête.

- C'est quoi, cette histoire de nem ? - Un truc bidon.

C'est pas ce qu'on m'a dit.

Et on t'a dit quoi ?

On t'a vu rentrer avec la fille Jackie Chan.

Une Chinoise ? Ça va pas ? Pourquoi pas une naine ?

Hassen, il y a son frère qui arrive.

Sa mère !

Tu m'as pas vu.

- Tu fumes en mangeant ? - J'essaye d'arrêter.

Il est où, le bâtard de Hassen ?

Trois jours qu'on l'a pas vu.

- Te fous pas de moi. - C'est vrai.

Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

Il me doit 10 000 balles, ce chien.

Il me vole, moi, Djalil Madani, son propre cousin ?

Je vais le fumer.

Nous en parle pas.

Il nous doit un bras.

Ça a encore glissé, ces conneries.

T'es nouveau, ici ?

Oui. C'est mon premier jour dans le kebab.

- Tu t'appelles comment ? - Mohamed Bouchouche.

Bienvenue en enfer.

Merci.

Vous, les deux nazes,

quand vous verrez l'autre bâtard, appelez-moi.

- T'inquiète. - C'est compris ?

T'inquiète.

- Hassen, qu'est-ce que t'as foutu ? - C'est un mytho.

Il est jaloux, c'est tout.

Renseigne-toi sur ce Mohamed.

Je m'en occupe.

Il est calibré et sort de nulle part.

- Salut. - Salut.

T'aimes la boxe ?

Oui. J'adore.

- Tu montes ? - Je préfère que tu descendes.

- T'as déjà mis les gants ? - Oui, évidemment.

- On y va ? - Quoi, là ?

- Quoi ? T'as peur ? - Non.

C'est que... Non, pas du tout.

C'est juste que ça fait longtemps que j'ai pas boxé.

T'inquiète pas. Je vais y aller doucement.

- C'est quoi, ce bouffon ? - Je sais pas. Il va prendre cher.

Chérie ? Ma chérie ?

Chérie ?

C'est sa fiancée ?

C'est votre fiancée ?

- C'est votre fiancée ? - Tu l'as mise K.-O., connard.

Je vais t'exploser ta gueule, toi.

Je suis désolé. Le coup est parti tout seul.

Mais il est français...

Ça va ?

Tu savais que Sabrina avait un fiancé ?

Ça fait un an qu'ils sont ensemble.

Ça fait un an !

Tu le gardes pour toi. Faut pas que sa famille le sache.

- Pourquoi ? - Parce que c'est un gaulois.

Ils ont juste des soupçons.

Qu'est-ce que je vais faire, maintenant ?

Tu kiffes vraiment Sabrina ?

Il y a 15 millions de meufs.

Pas celle-là. Je suis dans une de ces merdes...

- Mais non. - Mais si.

Bonsoir.

J'adore. Ça marche à tous les coups.

C'est comme l'Ileween, ce soir.

L'Il... Halloween !

Halloween. Ça marche bien.

J'étais venu - bonsoir - prendre des nouvelles de Sabrina.

Elle se repose dans sa chambre. Si j'attrape

le salopard qui a fait ça...

Il faut pas toucher mes enfants !

- Mohamed, comment ça va ? - Ça va ?

Merci !

J'adore les fleurs.

En tout cas, merci.

Bonne soirée.

Je ne parle pas arabe.

Mon père est mort quand j'étais tout petit.

Ma mère voulait qu'on s'intègre.

Ah, oui. Je vois qu'elle a fait un gros effort d'intégration.

Attendez.

Papa. Papouny.

Il y a un air de famille.

- Alors ? - C'est juste délicieux.

Félicitations, Mustafa.

C'est moi, qui l'ai fait.

Félicitations. C'était tellement bon, je pensais que c'était Mustafa.

Non. Lui, il sait pas cuisiner.

Elle a raison. Je lui arrive pas à la cheville.

Mais après moi, mon fils, c'est le meilleur.

Je l'encourage à ouvrir son restaurant.

Travailler dans un kebab, c'est gâché.

- Maman, arrête avec ça. - C'est vrai.

On n'abandonne pas ses rêves au premier problème.

Moi, j'y suis pour rien.

J'ai été voir 10 banques, ils m'ont jeté.

Demande à Mohamed. Il a vu.

Tu veux ouvrir un restaurant ?

Oui. Mais attention, pas un boui-boui.

Le 1er restaurant gastronomique halal de France.

Un vrai bordel.

Eh oui, halal.

T'es sérieux, là ?

Je sais. C'est l'abattage rituel.

Halal. Évidemment.

Un petit... avant.

D'accord.

Je peux t'aider, pour le dossier de financement.

- Tu t'y connais ? - Carrément.

J'ai des petites notions. Ça t'intéresse ?

- Carrément. - On peut se revoir, pour ça. Non ?

- Je veux bien. - T'as quoi, comme pièces ?

J'ai tout un dossier que j'ai essayé de monter.

Il est super fort, votre ketchup.

Te prends pas la tête, Julien. C'est pour le club, mon amour.

Je t'aime. On se verra demain.

OK. Mais bon, ça me soûle.

J'aurais préféré que tu sois avec moi.

J'insiste pas, t'es sûre ?

- Qui t'a dit d'entrer ? - Tu réponds pas ?

Mêle-toi de ton cul.

Tu viens avec nous, ce soir ?

- Où ça ? - À la soirée horreur, au Diamant.

L'endroit où tu peux entrer avec ta tête de poney.

On me dit que je te ressemble.

C'est moi. Le cochon intello.

Je suis sincèrement désolé, pour la boxe.

Ça va aller.

Tu viens avec nous ?

Excuse.

Ah, non. Pardon.

Excuse.

Non.

Pardon. Excuse.

- Sabrina, s'il te plaît, viens. - Qu'est-ce qu'il y a ?

S'il te plaît, suis-moi.

- Vous allez où ? - Il y a rien.

Cassez-vous, putain !

N'importe quoi !

Viens là, toi.

Putain, elle est où, la meuf ?

Vas-y.

Ah non, mais les Julien,

compagnie, tout ça, c'est fini.

Ah non, mais le prochain...

Pour la vie.

Si, par exemple, je te disais...

que je m'appellerais Arnaud.

Le nom de bâtard !

Le nom de merde !

C'est aussi débile que si je te disais que...

que j'étais flic.

Il vient de Marseille. C'est du lourd.

Mohamed Bouchouche, fiché au grand banditisme.

Aucune condamnation. Activité principale : trafic de coke.

Il traite avec les cartels colombiens.

C'est nawak, cette histoire.

Qu'est-ce qu'un type pareil ferait dans le quartier ?

Pourquoi il travaillerait avec ces bras cassés ?

Pause.

Relâche.

Ça va, ma chérie ?

Qu'est-ce qui te prend ?

- C'est quoi, ton délire ? - Mon délire ?

Espèce de petite salope. Je vais t'arracher les yeux.

Quoi ?

Le diable, c'était moi.

Je vais t'expliquer. Je savais pas que c'était un mec.

Un mec ? C'était un mec, à genoux devant toi ?

- T'es pédé ? - J'étais complètement défoncé.

Pourquoi c'était un mec, qui t'a pépon ?

On n'en a rien à foutre, de ça. J'étais juste excité.

- Ça aurait pu être un gorille. - Un gorille ?

- Ou une chèvre. - Une chèvre ?

Tu me compares à un gorille et à une chèvre ?

T'es un vicieux. T'approche plus de moi.

- Oublie-moi ! - Chérie !

Tape dans le sac. Jérémy, à la poire.

Vas-y, Farid, tape !

Une chèvre... J'ai été con.

C'était quoi, son explication ?

Rien. Il a tout gâché à cause d'une pipe.

On attrape plus le cancer de la gorge en faisant une pipe

qu'en fumant une cigarette.

Tu déconnes ?

Pourquoi ? Tu fumes beaucoup ?

J'ai jamais touché une clope de ma vie.

Moi, j'ai arrêté il y a deux ans.

OK, bon. Alors voilà,

j'ai corrigé quelques ratios,

rectifié deux ou trois petites erreurs.

Avec ça, ça devrait passer.

- T'as l'air sûr de ton coup. - T'es un tueur, mon pote.

- T'avais une piste, pour le local ? - À Barbès.

Le cousin du coiffeur, Mahmoud.

- T'es pas sérieux. - Quoi ?

Vous allez pas faire confiance à un Tunisien ?

- Je suis tunisien. - Moi aussi.

- Justement. - T'abuses, mon frère.

C'est pas ce que je veux dire, mais les gars,

le mec est pas fiable.

Et ouvrir un resto gastronomique à Barbès, c'est pas une bonne idée.

Barbès, c'est pas le quartier arabe de Paris ?

Il a raison.

- Évidemment, j'ai raison. - Allez.

Allez-y, messieurs. Entrez.

Voilà.

- C'est pas beau, ça ? - Si, si.

- C'est un local qui a du potentiel. - T'es pas sérieux ?

On peut pas ouvrir un resto dans un taudis pareil.

- Et vos exigences financières ? - Le prix ?

J'ai envie de vous rendre service.

Vous êtes jeunes, motivés. C'est un beau projet.

400 000 pour le pas-de-porte et 60 000 de loyer par an.

- Tu vois, c'est cadeau. - Ah ouais, c'est un beau cadeau.

Aujourd'hui, vous pouvez faire l'affaire de votre vie.

- C'est une chance. - Si c'est l'affaire de notre vie,

on n'a pas eu de chance.

Tu me traites d'escroc ?

- C'est sa façon de négocier. - "Négocier" ?

- Je vous croyais sérieux. - On est sérieux.

- On va se casser. On perd du temps. - Non, on va pas se casser.

Je peux vous faire une petite proposition ?

Si on table sur un chiffre d'affaires de 400 000 euros par an...

T'es ouf, toi.

C'est bon.

Tout ça sous forme de bail précaire, et si ça marche,

vous rehaussez le loyer en fonction.

Ça peut être une affaire en or.

Gagnant-gagnant.

Tu m'as tué, là.

Les gars, je propose qu'on fête ça.

Attends, t'enflamme pas.

On n'a pas encore l'accord de la banque.

Et sans eux, c'est mort.

La banque, ça va passer tranquille.

Attends.

- Elle est où, ma thune ? - Laisse-les.

- Pourquoi j'ai plus de nouvelles ? - J'allais t'appeler.

Tais-toi.

- Ton pote calibré me fait pas peur. - J'ai pas de pote calibré.

Je m'en fous, de sa réputation de merde.

- Qu'il ramène ses potes colombiens. - Il en a pas.

T'as une semaine pour me rapporter mon oseille.

- T'as compris ? - OK.

Et oublie pas : le boss, ici, c'est moi. D'accord ?

Ça va ?

Elle est chanmé, ta pineco. Tu me lâches son 06 ?

Appelle le 17, on sait jamais.

- Elle aime pas les Arabes ? - Pas les crève-la-dalle.

C'est bon, t'enflamme pas.

Du courrier pour toi.

C'est la banque.

Vas-y.

Alors ?

Putain, ils ont mordu ! Ça sent le zeyo !

C'est grâce à Mohamed.

Comment il a torché le dossier. C'est un tueur.

Mon frère, comment je suis content.

"L'examen s'effectue par un toucher rectal.

"On introduit un doigt dans le rectum du patient."

Oh, putain.

- C'est intéressant ? - Ça va, Sabrina ?

- Ça va. Et toi ? - Ouais.

- Tu fais quoi, ce soir ? - Rien. Rien du tout.

Je t'invite au resto ?

Oui. OK, bien sûr.

- 20 h au Punjab. Je compte sur toi ? - Bien sûr. Le Punjab.

À tout à l'heure.

- Encore bravo. - Merci, ma soeur. Cool.

Sabrina t'a dit, ou quoi ?

Attends.

Hé, cool, ma gueule.

- C'est juste un avis favorable. - Oui, mais j'avais plus d'espoir.

Arrête.

Merde, putain.

Bien ou bien ?

Bien. Ça y est, je signe avec le Tunisien.

Déjà ? On n'a pas 1 euro, et la banque, c'est pas sûr.

J'étais obligé, quelqu'un d'autre était sur le coup.

Beau gosse !

- Tu vas où, sapé comme ça ? - Devine.

C'est une meuf, ça. C'est qui ?

- Je sais pas. - Dis-moi comment elle s'appelle.

Quand on s'est croisés, on a eu une sorte de flash

et on s'est donné rendez-vous.

C'est qui ? C'est une meuf du quartier ?

La fille que je vois, c'est une fille bien.

C'est une fille bien ? Ben alors, elle est pas du quartier.

- Quoi ? - C'est Sabrina.

Quoi ?

Prends-moi pour un tebé. C'est Sabrina.

Ça a rien à voir.

D'accord, c'est Sabrina. Le répète pas.

Oui, t'inquiète.

Elle est chargée, Sabrina. Une paire énorme.

Hé, en attendant, quand elle sera à quatre pattes,

le zouk bien cambré,

tu lui mets un bon coup de ma part.

Cool, Mus. T'abuses un peu.

Il va démonter une salope et il faudrait faire la gueule ?

Non mais sérieux.

- C'est une salope, non ? - Oui et non. Oui.

Djamila, je pars à mon rendez-vous avec Sabrina.

Je voulais lui dire un petit mot sympa en arabe.

Comment tu traduirais "tu es la plus belle fille de Paris" ?

Tu parles arabe, Mohamed ?

Chouïa.

Pardon ?

C'est original. On m'avait jamais dit ça.

Voilà. Je suis le premier, alors.

Grâce à Mohamed, les garçons ont un prêt pour le restaurant.

Ah bon ?

- Félicitations. - Merci.

C'est un accord de principe. Faut pas s'emballer.

Il est modeste, en plus.

C'est pas pour être indiscrète, Mohamed,

mais tu as une petite amie ?

C'est incroyable.

- Oui. C'est incroyable. - Incroyable.

Je vous laisse deux minutes.

Charmant, non ?

Charmant.

Merci de me l'avoir présenté.

Dès qu'il revient, je vous laisse ?

J'ai terminé.

Attention.

- Parle-moi arabe. - Quoi ?

Parle-moi arabe. Dis n'importe quoi.

- T'es pas bien, non ? - Si. Allez.

Non. Mais arrête !

- Je te plais pas, c'est ça ? - Ça n'a rien à voir.

- Alors c'est bon. - Mais arrête !

Mais c'est quoi, ça ?

- Mais c'est qui, ça, Arnaud ? - Lâche.

C'est qui, Arnaud ?

C'est un ami.

Tu te fous de ma gueule ?

Non. C'était un ami d'enfance.

Viens, on y va.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Il est pédé.

- Quoi ! - Il est pédé.

Lui aussi ?

C'était comment, hier soir ?

C'était très bien. Très, très bien.

Tu l'as démontée, ou pas ?

Oui. Je l'ai complètement démontée.

Vas-y, prends à gauche, bolos.

Il prend trop de la confiance, celui-là.

Bon. C'est qui ?

Je n'ai pas à te dire.

Fais-moi confiance. Je le saurai un jour ou l'autre.

C'est Julie.

Tu vois. Voilà.

- Julie, la collègue de ma soeur ? - Voilà.

Toi, t'es un vrai queutard.

Je sais pas.

Je me suis calmé,

mais dans le passé, j'étais pas un ange.

La prochaine, si c'est sérieux, je me marie avec elle.

Mais une Rebeu. Comme ça, t'as pas de surprise.

- C'est important, ça. - Ah ben ouais, c'est important.

Putain, comment ça me détend, de parler de cul.

En même temps, je suis stressé comme un malade.

- Si ça marche pas, on est morts. - T'inquiète pas.

Ça va bien se passer.

On a tout de prêt. Juste, si je peux te demander quelque chose...

Comment t'étais, à la banque Berthier...

Ce serait bien que tu sois moins... Tu vois ?

- T'inquiète. - Si, je m'inquiète.

Je serai zen en toute circonstance.

- Tu peux faire ça ? - Ben ouais.

Bâtard, c'est limité à 30.

Va te faire mettre ! Il est ouf, celui-là, ou quoi ?

Très bien. Il faut de l'ambition, dans les affaires.

Juste une chose.

Il n'y a aucune précision concernant les boissons alcoolisées.

Dans un établissement comme le vôtre, les marges sur les alcools

ne sont pas négligeables.

Comme c'est un restaurant halal, il n'y a pas d'alcool.

- C'est quoi, cette histoire ? - Je t'expliquerai.

- Il sait pas que c'est halal ? - Si, d'une certaine manière.

- J'ai pas honte de ce que je suis. - C'est pas une question de ça.

C'est donc un restaurant halal.

C'est juste un petit malentendu. Ça ne change rien du tout.

Notre objectif, c'est d'attirer une clientèle musulmane

qui ne trouve pas encore ce type de prestation.

J'ai rien contre la religion musulmane,

mais dans votre demande, vous ne précisiez pas

que votre restaurant serait halal.

Vous devriez chercher des financements

plus communautaires, comme pour les mosquées.

Ou pourquoi pas Al-Qaïda.

- Vous l'avez lu, mon CV ? - Bien sûr.

J'ai côtoyé des grands chefs.

J'ai gagné le concours des jeunes cuisiniers de Lyon.

C'est l'un des plus prestigieux. On parle de quoi ?

Calmez-vous. Ça n'a rien à voir avec vos qualités.

La crise oblige ma banque à hiérarchiser ses engagements.

Je vous avoue

que la restauration halal

ne fait pas partie de ses priorités.

Il est préférable que l'on écourte notre rendez-vous.

On va rien écourter ! Tu vas rester assis.

- Tes arguments, c'est de la merde ! - Vous pourriez calmer votre ami ?

Excuse-moi. J'ai déconné.

Y a pas de souci, Mustafa, parce que lui...

c'est un raciste de fils de pute !

Espèce de raciste !

Raciste !

Enculé, va !

Rends l'argent que Ben Ali a volé aux Tunisiens !

Fier d'être tunisien !

Qui c'est, les Tunisiens ? C'est nous !

Sécurité !

Ben Ali, mon salaud

Ben Ali

Salut, Mustafa.

Salut, Mousse.

Ça va ?

C'est la dernière fois que tu mets ce truc. Compris ?

Des gens m'ont fait la réflexion.

Franchement, il a raison.

Vous nous soûlez, avec votre révolution.

Vous avez pas gagné la Coupe du monde.

C'est bon. Je vais l'enlever.

- C'est quoi, ça ? - Quoi ?

Ça, c'est quoi ?

C'est un pot de mayonnaise.

C'est un pot de mayonnaise ?

À côté de la plaque de cuisson ?

Ça, Mohamed, c'est un aller simple pour l'hôpital.

Tu veux empoisonner quelqu'un ?

Combien de fois je t'ai dit de mettre ce putain de pot au frigo ?

Tu me l'as dit quelquefois...

Arrête de faire cet air de chien battu ! Tu me soûles !

Calme-toi, Mousse.

Putain, allez tous vous faire enculer !

Vous me pétez les couilles ! Sérieux ! Pousse-toi !

- Qu'est-ce qu'il a, Mousse ? - C'est à cause de la banque.

Quoi, la banque ?

Ils nous accordent pas le prêt.

On est coincés là. C'est un peu à cause de moi.

Fait chier.

Ça va, toi ?

Désolé pour tout à l'heure.

Tu m'as fait croire à ce projet.

Mais arrête. Je continue de croire en ton talent.

C'est quoi, ça ?

D'où tu sors ça ?

C'était pour mon hajj.

- Ton quoi ? - Mon hajj.

C'est le pèlerinage à La Mecque, 5e pilier de l'islam.

Tout bon musulman doit le faire s'il en a les capacités.

- Le hajj ? - Hajj, ouais.

Non, mais je peux pas l'accepter, mon frère. Tiens.

Non. J'ai toute ma vie pour le faire, le hajj.

L'argent, on en a besoin. Il faut démarrer les travaux.

C'est peut-être pas suffisant, mais au moins, on avance.

Alors on commence quand ?

Merci, Mohamed.

T'as vu l'heure qu'il est ? T'es sérieux ? Rentre chez toi.

Je me suis gratté les couilles toute la journée ?

J'ai fait fonctionner mes neurones.

- C'est qui, ces gens ? - Ce sont les dingues de la bricole.

Sur un chantier, ils savent tout faire.

Et ils sont pas chers.

Ça veut dire qu'il va falloir les payer au black.

On peut y arriver tout seuls ?

C'est pas bien, d'exploiter la misère des gens.

Et la solidarité du ghetto ?

Vous préférez qu'ils fassent les poubelles ?

Lui, il a 14 enfants à nourrir. 14, putain ! Tu les verrais,

ils ont le ventre gonflé, les yeux qui sortent, tout greumés.

Et lui, un jour, les keufs l'ont coursé,

il a perdu son bras.

Messieurs, s'il vous plaît. On a enfants, famille.

Travail pour nourrir enfants.

Toi, tranquille. Moi, la peinture, le travail,

servir le monsieur.

Tu sais ce que ça me rappelle ?

Mes parents quand ils sont arrivés du bled.

J'ai pas compris ce qu'il a dit.

C'est de la chance que ce soit la main gauche.

Tiens, ça, c'est pour le matos.

Et ça, c'est la liste de ce que tu dois acheter.

T'as raison. Il nous faudra quelqu'un.

Tiens, tu t'arranges avec les Roms.

On les paie au black, mais quand même.

- Un vrai bijou. - C'est quoi, cette merde ?

Un compteur électrique.

C'est pas assez puissant, ça.

C'est 200 euros. Tu le prends ou tu le prends pas ?

Tu veux pas...

Alors ?

50 euros, je te le prends.

Tu veux pas que je baisse le pantalon, aussi ?

Les Arabes, vous baissez toujours le prix.

Tu le prends à 200 euros ou tu le prends pas.

Dis-moi, 2 plus 2, ça fait 3, chez toi ?

C'est juste qu'il faut que je raque pour le diabète de ma mère.

Si c'est pour ça, ça va pour cette fois-ci.

Mais recommence pas.

Chouf ma soeur. Tu la trouves comment ?

Je la trouve mouillée.

Comme elle sort de l'eau, elle est un peu mouillée.

Je sais qu'elle a un mec.

Ah oui ?

Mais je vais pas l'attacher au radiateur.

Ta soeur, c'est une fille super bien.

Rien à voir avec ces putes qu'on croise en boîte.

- T'as de la chance, avec la tienne. - Pourquoi ?

Avec une segro, t'as pas de problème.

Non, c'est vrai.

OK. J'arrive.

Tu m'attends. J'en ai pour une heure. Bouge pas d'ici.

Et tu la surveilles.

T'inquiète pas.

Il y en a un qui s'approche d'elle, je lui...

- Mais si. - Non, écoute.

Djalil va arriver.

T'inquiète pas, il est parti.

Mais si. Laisse-toi faire.

C'est harâm, ce qu'on fait.

T'inquiète pas, la capote est halal.

À ce rythme-là, on va jamais y arriver.

"Qu'ils sont pauvres, ceux qui n'ont pas de patience."

Hamlet. William Shakespeare. Ça te dit quelque chose ?

"Maudit soit le temps.

"Ce qu'il offre de plus précieux, aussitôt il l'arrache."

Al Mutamid ibn Abbad. Et voilà, mon pote.

Tu l'as inventé.

C'est juste le mec le plus connu du Moyen-Orient.

Mohamed ? Il y a quelqu'un ?

Je suis pas là.

- Pourquoi ? C'est ta meuf. - S'il te plaît.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Julie. - Mustafa.

Mohamed est pas là ?

Je l'ai pas vu, aujourd'hui.

Dommage.

Oui, c'est dommage.

Je peux peut-être lui laisser un message de votre part ?

Oui. Si ça vous dérange pas,

dites-lui que je m'excuse, pour l'autre soir.

Il comprendra.

Bon.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Attendez.

Je peux peut-être vous raccompagner à votre voiture ?

Ça m'embête, de laisser partir une jolie fille comme vous.

Oui. D'accord.

Tu parles arabe, Mustafa ?

Oui, vas-y.

Parle plus fort !

Plus fort !

Plus fort ! Voilà !

Voilà !

Baise-moi comme un Arabe. Vas-y !

Baise-moi, sale bougnoule !

Putain, je nique la police !

C'est Sabrina.

Ça va ?

C'est parce que, comme la lumière...

- Enfin... Comment ça va ? - Ça va.

- Mustafa n'est pas là ? - Il fait un truc important.

- Je vous avais apporté à manger. - C'est super sympa.

Merci beaucoup.

Ça part au lavage.

- Chacun son truc. Tiens. - Merci.

C'est beaucoup trop pour moi. Tu veux pas manger avec moi ?

31, 30,

29, 28,

27...

Je crois que j'ai prévu trop large. Tu peux ouvrir.

C'est beau.

Bon appétit.

- C'est pour moi ? - Oui.

Merci.

Sabrina, il faut que je t'avoue quelque chose.

Ah bon ?

T'es pas obligé. On a tous nos secrets.

Oui, mais là... je peux plus le garder pour moi.

Si ça peut te soulager, ça sortira pas d'ici.

Je suis amoureux d'une fille.

D'une meuf ? T'es amoureux d'une meuf ?

Je sais de qui je suis amoureux.

Je la connais ?

Je la connais.

Attends. Laisse-moi trouver. Je vais deviner.

Elle s'appellerait pas Bachir ?

Bachir, c'est pas un prénom de fille. Si ?

On sait jamais.

Elle est du quartier ?

Elle est du quartier.

- Vous êtes ensemble depuis quand ? - Le truc, c'est que...

On n'est pas ensemble, encore. Et elle sait pas que je l'aime.

Mais c'est ouf. Pourquoi tu lui as rien dit ?

Parce que je sais pas ce qu'elle ressent pour moi.

Ses yeux sont comment ?

Ses yeux sont marron.

Comme les dattes d'Algérie.

Et ses cheveux ?

Noirs comme le khôl.

- Khôl ? - Le khôl.

Elle a quel âge ?

Elle a 24 ans.

- Comme... - Comme moi.

Sortir avec les copains de mon frère, c'est pas trop mon truc.

Les filles en uniforme, c'est pas mon style non plus.

Attends. Ça sent un truc bizarre.

- Ça sent le cramé. - La vache !

- Ça brûle ! - Oh, la vache !

J'ai plus envie de vivre.

Tu nous as fait reup.

Se suicider, c'est harâm.

Le compteur était pas aux normes. Je m'en veux tellement.

On t'a tous pardonné, ici. L'amitié, ça se négocie pas.

Tu pouvais pas savoir que le matériel était défectueux.

Vous êtes ma famille.

- Alors, jeune homme. - Bonjour.

Bonjour. Ça va mieux ?

Il peut se lever, quand même.

Avec les laxatifs qu'il a avalés, ça peut aller très vite.

Il faudra faire attention à ce que vous mangez,

et avec les couches, ça devrait aller.

- Bonne journée quand même. - Au revoir. Merci.

- J'ai failli mourir, les gars. - C'est quoi, ce plan bidon !

Mais pourquoi tu m'as pas appelée ?

Faut pas garder les choses pour toi.

C'est pas Nawel, avec Mohamed Bouchouche ?

- Ferme ta gueule. - Quoi ?

Cousin.

C'est gentil, de venir me voir.

Avec ce que tu me dois, je voudrais pas que tu claques.

T'as eu de la visite ?

Il y a Mustafa, Mohamed et Rachid, qui sont passés me voir.

C'est tout ?

- Tu te fous de moi ? - Laisse-moi t'expliquer.

Pourquoi tu me mens ?

Je te jure sur la vie de ma mère que je voulais te le dire.

Je suis qu'une merde. Tue-moi.

Calme-toi. Dis-moi,

depuis quand Nawel sort avec Bouchouche ?

Bouchouche ? Je sais pas.

Il lui tournait autour. Je m'en doutais.

- C'est sérieux, entre eux ? - Je sais pas.

C'est un mec carré, Mohamed. Je peux aller lui mettre la pression.

- Laisse tomber. - T'es sûr ?

Je te dis de laisser tomber.

Je voulais te parler d'un business. J'ai un truc de ouf.

Il veut faire du business avec moi ?

Tu vendrais pas une sucette périmée à un aveugle.

Il y a Mohamed et Mustafa, dans la boucle.

- Vas-y. - C'est compliqué à expliquer.

- Ce serait bien que tu leur parles. - Tu leur dis de passer me voir.

Merci, cousin.

- Et repose-toi bien. - Ça marche.

Tu peux me passer une couche ?

Ça va être le bordel. Vite !

Vite ! Putain !

J'aurais jamais dû t'écouter, toi.

Tu le veux, ton resto, ou pas ?

J'hallucine, comment il me parle.

- Le resto a brûlé à cause de toi. - C'est pas ma faute.

Les Roumains avaient placé le compteur à l'envers.

L'enquête a prouvé que le compteur était pas aux normes.

- Tu t'en es mis plein les fouilles. - Moi ?

- C'est pas le moment. - Il me soûle.

Vous êtes lourds, là.

Qu'est-ce qu'il fait ?

On y va ?

Vous deux, vous attendez ici.

Non. Toi, tu viens avec moi.

Putain.

Je sais qui t'es.

J'ai vu ton gun, alors je t'ai pisté dans le quartier.

Je sais tout de toi.

Il y a de la place, ici. On peut faire du biz ensemble.

Tu cherches un associé ?

- Oui, c'est vrai. - T'as besoin de combien ?

Cent mille.

On va faire du sale, ensemble.

C'est pour quand ?

Bientôt.

Le temps de trouver les bons gars, et ça ira très, très vite.

Bouge pas.

Tu vas où ?

Tu veux compter ?

Non, ça va.

Cinquante, cent, cent mille.

Qui font cent.

En revanche, par rapport à mon identité...

Il faudrait que ça reste entre nous.

- Ça ferait capoter le business. - Je suis une tombe.

Au fait, dis-moi. Tu comptes te marier ?

Me... Oui. Enfin, je pense.

Normalement, oui.

C'est mieux, pour la fille.

Dans le quartier, ça parle pour rien dire.

C'est une fille bien.

Ah non, c'est vraiment une chic fille.

T'inquiète pas. C'est du sérieux. Je suis très amoureux.

J'espère.

Pas de souci.

Allô, Djami ?

Oui, Arnaud. Il faut qu'on se voie.

J'ai quelque chose d'important à te dire.

Oh, mon petit Arnaud.

- La taille vous convient ? - Très bien.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Je me suis trompée.

Comment ça ?

M. Dubois est vraiment ton père.

Ça, c'est impossible.

Le test est fiable à 100 %.

Non, c'est faux.

Tu mens.

Je mens ?

Et ça, c'est quoi ?

Putain de merde.

Putain, je suis pas arabe. Merde.

Je suis pas arabe. Mais c'est la catastrophe, ça.

Arrête.

Arrête de dire n'importe quoi.

Je te l'ai dit, l'autre jour.

Trouve-toi une jeune fille de ton niveau

et tes problèmes s'envoleront.

Donc arabe, oualou ?

Oualou, arabe.

- Même pas un chouïa ? - Même pas un chouïa.

Maman, tu me trouves comment ?

Magnifique, ma fille.

Une princesse.

C'est ton prince charmant, avec son grand chameau.

T'es trop belle.

Joli carrosse.

Très gentil, merci. On me l'a prêté.

Bonsoir. Je suis Édouard, votre GPS.

Nous sommes à 20 km de votre destination.

La température extérieure est de 28 degrés Celsius.

C'est ouf. Comment t'as eu ce truc ?

- Je suis blindé. - Ah ouais ?

- Je suis pété de thunes. - Et beau et intelligent.

Les gens disent que je suis pas mal.

Viens ici.

Sabrina, je voulais...

- Attends, juste une seconde. - Quoi ?

J'ai quelque chose d'important à te dire.

Sabrina, t'es la femme de ma vie.

Je veux t'épouser.

J'ai jamais vu un mec aussi drôle.

C'est vrai. Je veux t'épouser.

Attends. J'ai un autre truc important à te dire,

voire plus important.

Vas-y.

Je ne suis pas celui que tu crois que je suis.

Y a pas de problème. Tu peux avoir aimé les hommes

puis aimer une femme. À 16 ans, j'ai embrassé une fille.

Je n'ai jamais aimé les hommes.

- C'est le plus beau jour de ma vie. - Ça veut dire que c'est oui ?

Notre 1er enfant, ce sera un garçon, on l'appellera Mohamed.

Mohamed, comme moi.

Non. Comme Mohamed Ali.

Attends. Sabrina. Ta virginité. Pas avant le mariage.

J'ai soif.

- Ben, j'y vais. - Ben ouais.

Maintenant ?

Papa, maman, salam alikoum.

- Vous deviez pas être à Deauville ? - La villa de Deauville a été vendue.

Nous avons fêté l'anniversaire de ton père à Paris.

Bon anniversaire, papa.

C'est quoi, cette façon de parler ?

Ramasse tes affaires. Les parents de mon pote sont là.

Voilà. Par là.

Tu ouvres cette porte, tu sors et t'arrives à un portail.

À gauche, t'as un interrupteur. Je t'appelle un taxi.

Tu viens pas ?

Faut que je les calme ou ils vont appeler les flics.

Il faut qu'on fasse les choses bien.

On va faire une super fête.

Tout le quartier va s'en souvenir.

Je te parle de venir avec tes parents chez mes parents.

Une demande officielle, ils aimeraient.

- Quand ? - La semaine prochaine, pour l'Aïd.

Ma mère l'a fêté il y a quelques semaines.

Non. L'Aïd el-Kebir. Le mouton.

- Vous avez combien d'Aïd, en tout ? - T'es sérieux ?

Excuse-moi, je suis un peu fatigué. Ça me stresse.

Écoute, je te dis la vérité, ma mère est végétarienne.

Elle mangera des pois chiches.

Je dis n'importe quoi.

Ma mère est partie en pèlerinage à La Mecque.

C'est moi qui l'ai déposée, il y a quinze jours.

Le hajj, c'était il y a un mois.

J'ai compris. Tu t'es bien amusé. J'ai rien à espérer.

T'es comme tous les autres.

Attends. OK, pardon.

Ma mère et moi, on va venir voir ta famille. OK ?

Ça te va, comme ça ?

Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour toi.

Pour m'assurer qu'il n'y aurait jamais de problème

quant à ton héritage.

Sinon, j'aurais jamais fait ce test.

On peut pas dire qu'on se ressemble.

T'as eu des doutes ?

Tu n'en as pas eu, toi ?

Je t'ai toujours aimé comme mon fils.

Tu m'aides ?

Tiens, donne ça à Mustafa.

- Ça va ? - Ça va, oui.

Olives. Je peux prendre celles-là ?

Bon. Pourquoi tu m'as menti ?

Je t'ai jamais menti.

Il s'est rien passé entre Julie et toi.

C'est elle qui ment ?

J'ai pas osé te dire la vérité. Désolé. Pardon.

C'est bon. T'inquiète. Ça reste entre nous.

Merci. C'est gentil.

Par contre, à partir d'aujourd'hui, t'es avec ma soeur.

Si je te vois pécho un mec, je te casse la tête.

Il faut arrêter avec cette histoire

de pédé. Je ne suis pas pédé.

Mohamed, on me la fait pas, à moi.

OK. Je me tiendrai à carreau. Ça te va ?

Tu vois, quand tu veux.

Mohamed, mon fils !

Viens dans ma chambre !

Il faut qu'on se parle !

Tu sais que c'est un jour important, pour la famille.

Et pour toi aussi.

Le hajj. Je sais.

Je me suis préparé pour ce moment,

mais je vous avoue que c'est pas facile.

C'est facile pour aucun homme

qui s'apprête à prendre épouse.

Tout homme doit être halal. N'est-ce pas ?

C'est important.

J'espère que tu seras heureux, avec ma fille, et que vous me ferez,

mais alors, beaucoup, beaucoup de petits-enfants.

Vous allez me le dire.

- Je suis prêt. - Qu'est-ce que tu fais ?

Cache-moi ça.

Pardon ?

C'est fini ?

C'était...

Le ramadan, je peux pas.

J'ai essayé, mais c'est impossible, à cause de ma ligne.

Et puis 30 jours, c'est trop long.

C'est dur.

Ça fait faire du Yo-yo.

Mustafa, aide-moi. Mohamed, approche ton assiette.

Mon salaud, tu vas te régaler.

Parce que c'est pour lui ?

Fais pas cette tête-là. Tous les ans, c'est pareil.

Ils se disputent pour manger la tête.

- Moi, j'ai pas trop faim. - Tu manges, sinon tu vas me vexer.

C'est pour toi.

Très bon bismillah.

- Il y a de la viande. - Attends.

T'es ouf ? Commence par les yeux, c'est le meilleur.

Attention.

Allez-y.

C'est pas délicieux ?

C'est délicieux.

C'est un bon garçon.

Je suis heureuse que ma fille épouse un musulman.

C'est mieux, pour les enfants, quand on partage les mêmes valeurs.

Oui, c'est mieux.

Et toi, Sabrina,

t'es toujours sortie avec des Arabes ?

Maman, s'il te plaît.

Ça va. Je peux répondre.

J'ai fréquenté un garçon qui s'appelle Julien. Et alors ?

Tu es vraiment sortie avec lui ?

- Je m'en doutais ! - Calme-toi.

- "Julien", c'est pas trop musulman. - Non, mais il est plombier.

Selim, tais-toi !

Mais c'est vrai.

Moi, je préfère le péché à l'hypocrisie.

Madame, vous dépassez un peu les bornes.

- Je couche où je veux. - Comment tu parles !

Parle pas comme ça !

Je t'ai averti, Arnaud.

Je t'ai averti depuis le début,

qu'épouser une Arabe, c'est le début de tes problèmes.

- C'est qui, Arnaud ? - Arnaud ?

Dis-lui la vérité.

- Sors d'ici, Djamila. - Je sors pas. Dis-lui la vérité.

Mohamed, c'est qui, Arnaud ?

Vas-y.

Arnaud, c'est moi.

Mon nom, c'est Arnaud Dubois.

Mon père s'appelle Gérard. Ma mère s'appelle Catherine.

Je vous ai menti.

Pardon, Sabrina.

Je voulais pas te faire de mal. Excuse-moi.

C'est quoi, ce délire ?

Jusqu'à la semaine dernière, je croyais aussi que j'étais arabe.

Mon père s'appelait Saïd. Et puis non.

Gérard a fait faire un test de paternité.

Je suis bien son fils.

Voilà. J'étais arabe. Je ne le suis plus.

Pourquoi t'as fait ça ?

J'avais peur que tu m'acceptes pas.

Je t'ai pas toujours dit la vérité, mais mes sentiments étaient vrais.

Arrête ! Merde, arrête ! D'accord ?

Arnaud, je le connais pas. J'aime Mohamed.

Tu comprends pas !

Lâchez-moi !

Lâche-moi !

Si j'avais su, tu serais pas là !

Et qu'est-ce que je fais là, aujourd'hui ?

- C'est pas pareil. - C'est pas pareil ?

Parce que le soir, tu me demandes d'allumer mes gyrophares ?

Vous me faites tous chier !

Sors d'ici, sorcière.

Bien sûr, que je m'en vais.

Espèces d'hypocrites.

Je vais lui casser la tête.

Loupé.

Dubois de mes fesses.

Mohamed Bouchouche, c'est ça ?

J'ai marché parce que j'ai cru que t'étais Mohamed Bouchouche,

le pote des Colombiens.

Tu m'as eu, mais moi, on me baise pas.

T'as une semaine pour me rendre mon pognon.

Et surtout, t'approche plus jamais de ma soeur.

Regarde-moi cette merde.

Salut.

Ça va pas ?

C'est Djalil. Il m'a mis à l'amende.

Il sait qui je suis.

C'est-à-dire ?

Ça a pété, pendant l'Aïd.

Tout le monde sait que je m'appelle pas Bouchouche.

Et tu t'appelles comment ?

Arnaud Dubois.

- Ce sont des conneries. - C'est pas une connerie.

C'est mes parents.

D'où tu sors une tête pareille ?

Si c'est pour me vanner...

En général, les gaulois

adoptent un Chinois, pour qu'il bosse bien à l'école.

Sauf que je suis pas adopté.

Qu'est-ce qu'il te veut, Djalil ?

Il veut récupérer son pognon.

Pourquoi ?

Il pensait avoir donné l'argent à quelqu'un d'autre.

Mais ça, ça change rien.

Ça change tout, pour lui.

Putain.

Comment on va le rembourser ?

C'est pas ton problème. Ça, c'est mon problème.

- On a monté le resto avec son blé. - Tant qu'il sera sur moi,

il vous fichera la paix. OK ?

Si le resto marche, de l'argent rentrera

et je le rembourserai.

J'y vais.

Attends.

Ça te dérange pas, si je t'appelle Mohamed ?

Je me fous que tu sois pas arabe, mais "Arnaud", ça va faire chelou.

Je te jure, des fois, toi, t'es flippant.

T'es flippant.

Salut, Mohamed.

T'as des news de Mohamed ?

Non. Ça fait 15 jours que je l'ai pas vu.

Personne sait où il est.

Ça me fout les boules, qu'il manque l'inauguration.

Si le restaurant existe, c'est grâce à lui.

C'est une sale histoire. Qu'est-ce qu'on peut faire pour lui ?

Je sais pas.

Djalil veut rien savoir. Il est comme un ouf.

Il aurait dû rendre le pognon la semaine dernière.

Tu sais que s'il le trouve, il est capable de le buter.

Putain.

Il mérite pas ça, Mohamed.

Vous êtes sur le répondeur de Sabrina.

Laissez-moi un message.

Arnaud, si t'insistes, j'envoie une patrouille.

Mohamed, ouvre. C'est Hassen.

- Hassen, c'est toi ? - Oui. Ouvre, vite !

- Comment vous avez su ? - Djalil est dans le quartier.

Dépêche, on se casse.

- Prends ça. T'en auras besoin. - T'as trouvé ça où ?

Tu l'as oublié chez moi.

- T'es un ouf. - Prends !

Putain, c'est toi ou lui !

Écoute-moi. Il hésitera pas. Prends.

- Je ne peux pas faire ça. - Tu vas te tirer dessus ! Là.

- Lâche ! - Tire !

Je peux pas !

- Putain. - Il devait pas être chargé !

Peut-être qu'une balle est restée coincée.

Putain !

Ils l'ont buté.

Espèce de bâtard. Tu nous as fait reup !

Elle est passée juste au-dessus de ma tête.

- C'est quoi, ce bordel ! - Calme-toi.

- Il y a quoi ? - C'est une blague.

Tu dois plus rien à Djalil.

- Comment ça ? - Tu lui dois plus rien.

C'est pas parce que tu t'es foutu de notre gueule

qu'on allait te laisser tomber.

Rachid a vendu son kebab. Tu dois plus rien à Scarface.

Eh oui, j'ai vendu à l'autre enculé d'Emre.

Du coup, on est associés.

Merci, la famille.

Si, si. C'est bien, la famille.

Sabrina, quelqu'un l'a vue ?

Tu sais, on t'a tous pardonné, mais Sabrina,

ça va être chaud, mon frère.

Je veux te parler.

Circulez, monsieur.

Sabrina, s'il te plaît,

sors de... de ça.

S'il te plaît. Je veux te parler, Sabrina.

Cinq minutes.

Qu'est-ce que c'est que cinq minutes ?

Franchement, c'est lourd.

Lâchez cet Interphone ou j'envoie une équipe.

Sabrina,

si tu ne m'aimes pas,

laisse-les me trouver ici.

"Mieux vaut perdre la vie par leur haine

"qu'attendre la mort sans être aimé de toi."

William Shakespeare.

Cinq minutes.

Est-ce que tu m'entends, Sabrina ?

Sabrina, j'ai toujours su que c'était toi.

Dès le premier regard.

"Est-ce que mon coeur avait aimé,

"jusqu'alors ?

"Jurez que non,

"mes yeux,

"car je n'avais jamais vu la vraie beauté

"jusqu'à ce soir."

C'est beau.

Veux-tu m'épouser ?

Dis donc, Fernandez, tu t'es crue sur la Chatroulette ?

Dégage

ou je te mets en gardave !

Connard !

Sabrina, respecte-moi...

comme je te respecte.

William Shakespeare.

Non, je rigole.

Sabrina, ouvre cette porte !

Putain, tu nous l'as chauffé, le chameau.

Allez, on intervient.

Tu me l'attrapes, tu saucissonnes et tu me ramènes ça.

Les gars ! La borne. On y va.

Prends un mouchoir.

J'habite là. Je suis derrière.

Je rentre. Ça va.

Lâche-moi.

Tu me lâches !

Tu me lâches ! Aïe !

Je m'appelle Arnaud Dubois.

Moi, c'est Seb.

Seb Mami.

Arrête de te foutre de ma gueule.

On est fatigués. On veut aller se coucher.

Sur le Coran de La Mecque, je m'appelle Arnaud Dubois.

Et ça, c'est pour tes petits poings ?

Rends-moi ça, enculé.

Putain, t'es bourré !

Et t'as pas de papiers ! Ça fait beaucoup, pour un bougnoule !

Je viens du Vésinet.

Je suis Arnaud Dubois. Mon père est banquier.

Il est patron de la banque Berthier. Je suis français.

Quand même, il est bon.

Et ça, c'est la Marseillaise, non ?

Allez, fais pas la gueule.

T'as gagné un voyage gratuit.

Mohamed ! Belle surprise. Qu'est-ce que tu fais là ?

- Oh, Lotfi. - Voilà, tu t'appelles Mohamed.

Je m'appelle pas Mohamed. Vous faites une erreur !

Ça sert à rien, Momo. Dis la vérité.

Mais ferme ta gueule, toi.

C'est pas un peu dégueulasse, pour ces miles ?

Ferme ta gueule, toi. C'est tout à fait légal.

L'accompagnateur a le droit d'utiliser les miles des clandestins.

Voilà. C'est tout.

Est-ce que c'est moi, qui fais les lois ? Non.

Tout le monde en profite. Regarde autour de toi.

Tout le monde, en permanence, profite de ce putain de système.

Merde !

C'est pas le vol de Rio, là ?

Lâche ! Lâche-moi !

- Lâche-moi, le rouquin ! - Ta gueule.

Je m'appelle Arnaud Dubois !

- Ta gueule. - Toi, ta gueule !

Je suis du Vésinet ! Île-de-France !

D'où viennent ces gants ?

J'ai ! J'ai !

T'inquiète pas, Mohamed.

Dès qu'on est au bled, je connais une filière bien ficelée.

On revient tout de suite.

T'inquiète pas.

Tu rentres au bled, Arnaud ?

Qu'est-ce que tu fais là ?

Ben ouais. En fait, j'avais le mal du pays.

Tu m'accompagnes ?

Si l'homme que j'aime refuse, je veux bien.

Tu descends à quel hôtel ?

J'ai pas vraiment d'hôtel. C'est une tente touareg.

Comme ça, on peut bouger.

Tu fais rien comme les autres, toi.

Tiens. Les perds pas, cette fois-ci. On en aura peut-être besoin.

Pour Mohamed.

Et si c'est une fille ?

On la congèle et on attend d'avoir un garçon.

Bravo !

Désolé.

Je suis désolé.

Tu sais combien de dossiers j'ai faits ?

Dix-sept.

Je te l'avais dit. Les quartiers, c'est une mine d'or.

Merci pour ta confiance.

- Tu te démerdes bien. - Merci.

Pour un Arabe.

Félicitations.

- Je suis super fier. - Ça va, mec ?

- Je peux ? - Vas-y.

Ça a bougé.

- Il a un père, ce fils de pute ? - C'est une fille, Djalil.

- Quoi ? - C'est une fille.

Tiens-moi ça.

- Comment tu sais ça ? - Je me renseigne.

Je le sais, c'est une fille.

- Comment ça va ? - Ça va, Rachid ?

Yeah, ma gueule !

- Ça va ? - Félicitations.

- Merci. - Une étoile, ça y est ?

Eh ouais. Une étoile. C'est magnifique.

Viens chez tata Djamila.

T'as reçu le...

résultat ?

T'es pas sérieux, là ?

Franchement, t'es relou.

Si Sabrina apprend que t'as fait un test de paternité, elle te tuera.

Non, faut pas le toucher. Vous avez les mains sales.

- Excuse-moi, mais regarde sa tête. - Quoi, sa tête ?

Regarde les yeux bleus qu'il a.

- D'où il a les yeux comme ça ? - Tu sais, des fois...

Peut-être le grand-père. Je sais pas.

Comment il s'appelle ?

Mohamed...

Dubois.

C'est ça, mon coeur ?

C'est ça.

Sous-titrage : Eclair Media

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