All language subtitles for Esterina 1959

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Original subtitles

Qui est là ?

C'est moi.

Laisse le vélomoteur, il est à moi !

Ordure ! Voleur !

Lâche le vélomoteur !

Au voleur !

Les agents !

Où sont les agents ?

Ils sont en taule !

- Tu vas prendre une volée ! - Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Je vais te tuer ! - La voilà !

Attention, papa !

Et le vélomoteur, voleuse ?

- Je sais pas où il est ! - Menteuse !

Hypocrite !

Dis-moi où tu l'as caché !

On me l'a fauché !

Quoi ? T'as intérêt à me dire la vérité.

Dépêchez-vous.

C'est pas ma faute si on me l'a volé.

Pas sur la tête, ça fait mal.

Je te frappe où je veux !

Je vais t'apprendre, moi. On va régler ça à la maison.

- J'irai pas ! - Alors je vais t'y traîner.

A coups de pied au cul !

Ca suffit !

Il veut quoi, celui-là ?

Père Noël, c'est ta fille ?

Il manquerait plus que ça. C'est une voleuse de vélomoteurs.

Elle travaille jamais.

Je vais vous massacrer.

- Laisse tomber. - Occupe-toi de tes oignons.

Si je veux lui mettre une rouste, je le fais.

- Bas les pattes ! - Occupe-toi de tes affaires.

Ca va, reculez...

Tu veux une correction ?

4 contre 1.

- Tu t'en mêles aussi ? - C'est mon ami.

Qui va me payer mon vélomoteur ?

- T'as combien ? - 2 000 lires. Plutôt 1 800.

- Donne-lui. - Et je mange comment, moi ?

Donne-lui, vite.

- 1 500, alors. - Non, donne-lui tout.

Facile à dire quand c'est pas ses sous.

- Et la différence ? - Tu t'assois dessus.

Moi, je bouge pas d'ici.

Je veux voir où elle va se carapater.

Idiote, lâche cette pierre.

Je vais te tuer !

Qu'est-ce que t'as dans la tête ?

Laisse-la où j'appelle les flics.

Ils vous arrêteront.

Mais il va nous rouler dessus ? Arrêtez !

Arrêtez-vous, bande de salauds !

Note sa plaque !

Quel vieux tordu !

Coupe le contact. Les descentes, c'est fait pour ça.

Faut en profiter tant qu'on voyage à vide. Fais gaffe au frein.

- T'as quel âge ? - Pas beaucoup.

Tu joues déjà le beau-père !

Tu t'appelles comment ?

Borasso Esterina.

- T'as 20 ans ? - Non, presque 18.

Pense plutôt à faire vérifier les freins.

Qui sont bousillés à force de freiner.

Tu viens d'où ?

T'aimes bien danser ?

T'aimes les jeunots comme moi ?

T'es pas un jeunot, t'es marié.

Fais pas la fine bouche.

Les hommes mariés sont plus rôdés.

T'es dingue !

Les mains dans les poches.

Elle doit venir du Sud, celle-là.

Pourquoi tu ris ?

C'est la première fois que quelqu'un me fait rire.

Et que quelqu'un te fait descendre.

Qu'est-ce que j'ai fait ? Je t'ai vexé ?

- Descends ! - Pour un sourire ?

On est sortis du village, il y a plus personne.

- Alors ? - Je dois aller à Turin.

- Ma mère est mourante à l'hôpital. - C'est vrai ?

Alors je me suis enfuie pour aller à son chevet.

Vous vous en mordrez les doigts d'avoir agi aussi mal.

Vous avez aucune pitié.

Elle est peut-être déjà morte.

Quel hôpital ?

Faut demander là où elle travaillait.

C'est dans le coin ?

Tu connais l'adresse ?

Ca me regarde !

- Une glace ? - Ca donne des frissons.

Moi, j'en prends une.

- Beauté, y a des nouveautés ? - Voici.

- Ca me dit rien. - Et vous ?

- Vous m'offrez quoi ? - Je suis fiancée.

Réjouis-toi, je vais t'épouser.

Tu as trouvé ton bonheur ?

- On fait un enfant, ce soir ? - Voyons !

- T'es encore là ? - Pour vous dire au revoir.

D'accord. Tiens...

- Gino, viens ! - A ce soir.

Si je trouve le temps...

500 lires de glace.

- 500 lires ? - Oui.

T'as peur que ta femme te mange, si je suis pas là ?

Ca doit être mon beau-frère. Il a des tas d'amis.

Ils lui filent 30 ou 40 % d'intérêts.

Ca nous irait bien.

Si on allait à la banque ?

Tu plaisantes ? Maintenant, qu'on est là, entre.

- Entre ! - Piero !

- Gino est là. - Bonjour.

Y a toute la famille de ta femme.

Vous repartez déjà ?

Allez, on va se servir un petit canon.

Entre.

Piero, la route était bonne ?

Rosarietta, embrasse papa.

- Voilà ! - Où est Luigi ?

Il va arriver.

Alors, t'as les 30 000 lires ?

Il est venu te dire que tu les aurais plutôt vers Noël.

Mais le double.

Je savais bien que ça finirait comme ça.

Faut jamais prêter de pognon !

- Je l'attendais aujourd'hui. - Qui a dit ça ?

Regarde-moi cet assassin. Il s'acharne sur moi chaque jour.

Je dois payer une traite aujourd'hui !

Y a pas mort d'homme. Expliquez tout à la banque.

Mon frère peut se tromper.

Quelle crétine, celle-là !

Comment je peux m'en sortir, avec vous ?

Ils se bâfrent tous à mon compte.

Et lui, là, avec ma cravate et ma veste sur le dos.

Mets-toi à poil, espèce de brigand.

Au revoir. Moi, j'y vais.

- Y a qui, là-dedans ? - Personne.

Non !

Laisse-moi passer ! Tu vas t'en prendre une.

Papa, regarde ce qu'ils m'ont fait.

Il fait des essais de coiffure sur mon fils ?

C'est pour progresser.

Faut bien s'exercer.

Va-t'en ou tu vas morfler !

Remets un pied chez moi, et je te bouffe le coeur.

Imbécile heureux !

Au revoir, madame. Salut, Piero.

Ecoute, Gino.

Attends-moi !

Et la traite ?

Elle est chez le notaire.

Il me le paiera, ce voleur !

Ce fils de...

- C'est quoi, ça ? - Quelque chose est tombé ?

- Qu'est-ce que tu fais là ? - Tu sors d'où ?

T'es toujours dans nos pattes.

J'avais sommeil et je me suis endormie.

Et ta mère mourante ?

Des bobards. Sinon, vous m'auriez pas emmenée à Turin.

Ecoute...

Allez !

D'accord. Je vous embête tant que ça ?

Vérifiez les chandelles.

Tu t'es fait mal à la tête ?

Dommage !

Il coûte combien ?

Si je voulais l'acheter... par traites...

On décide quoi, alors ?

Ne nous mettez pas sur la paille. 30 000 lires, c'est une somme.

Allez, c'est jamais arrivé, avant.

C'est arrivé le premier mois.

Un pneu a éclaté, c'est pas courant.

Vite, avec le carburateur.

Dans 15 jours, ce serait correct.

J'ai des frais, moi : les impôts, ma famille, la sécurité sociale.

Vous imaginez pas comme je vous envie.

Il faudrait que je vous dise quoi ?

Que je suis blessé, que j'ai un cancer ?

Pas la peine de faire le clown, ça le fait pas rire.

Si vous vous énervez, je discute plus.

Qu'on reste calmes ?

On trime jour et nuit pour que dalle.

On n'en peut plus.

- Je pourrais trouver 30 000 lires. - Quand ?

Je sais pas si ça vous ira.

C'est pas évident d'avoir des usuriers aux basques.

Pour un mois, ils voudront 10 000 lires d'intérêts.

Vous avez raison : ça nous va pas.

Vous avez jusqu'à 16h.

Faites vos comptes.

Vous préférez perdre le camion ou 10 000 lires ?

Réfléchissez et prévenez-moi. Au revoir.

Si je pouvais, je le...

- Je paierai les intérêts. - Comment ?

Vous voulez 30 000 lires ?

Esterina, pousse-toi.

Vous me croyez pas ?

J'ai pas de temps à perdre.

Attends.

Alors, explique-moi.

J'ai travaillé toute ma vie. J'ai même plus que 30 000 lires.

Fais pas attention à lui. T'as vraiment l'argent ?

T'es d'accord pour nous les prêter ?

Et toi, tu me donnes quoi ?

Un joli reçu signé, contresigné et tamponné.

Je préfère une traite.

Les traites, c'est de l'escroquerie

avec des plaintes, des tribunaux, des avocats...

Mon patron s'est enrichi grâce à ça.

- Madame, mademoiselle ? - Célibataire !

Voilà. Signe aussi.

Je signe rien du tout. Débrouille-toi avec tes gribouillis.

Un café.

Voilà l'adresse. Va chez moi, embrasse les petits,

salue ma femme, récupère la traite et repars.

Je vais chez toi, je salue ta femme,

je prends la traite et je m'en vais.

- Tu veux un vermouth ? - J'aime pas ça. Merci.

Merci à toi.

Salut, Gino.

Au revoir et merci.

- Tu es content ? - Non.

Pourquoi ? Faut bien s'entraider.

Je dois aller me trouver un toit.

Fais comme tu veux.

Demain, on passe la journée ensemble ?

C'est vraiment de l'argent tombé du ciel.

J'aime pas ça du tout.

T'aurais préféré que je vole ou que je tue quelqu'un ?

Arrête ton cinéma.

Ce qui est fait est fait. Je vais payer la traite.

Ca tombait bien, quand même !

Qui veut aller à Livourne ?

- Y a du fret que pour le retour. - Et l'aller ?

Quelques bombonnes d'huile pour Novi Ligure.

Allez, pour payer vos cigarettes.

- Je fume pas. - Moi non plus.

Ca nous va. On part quand ?

Ce soir.

Crève-la-faim !

Dépêche-toi, Piero !

Une glace ?

Non merci.

Allez, vite !

- Donne-moi un autre baiser ! - Arrête.

T'avise pas d'aller voir ailleurs.

Pourtant, tu le mériterais presque.

Tu vas au cinéma, ce soir ?

Non, je suis fatiguée.

Fatiguée ?

Très fatiguée ?

Allez...

On aime les mots doux, nous.

Il faut y aller.

- Il est tard. - La montre !

- Au revoir, madame. - Soyez prudents !

Vous exagérez : les mots doux, les bisous...

Et vous êtes mariés depuis dix ans !

C'est l'amour. Salut, petite !

Arrêtez-vous !

Vous alliez vous envoler avec mes 30 000 lires.

Je connais pas Turin, mais je vous ai retrouvés.

Moins fort !

Je parle comme je veux.

Personne s'en va d'ici. Je veux ma traite !

On doit partir.

Alors je pars aussi.

En plus, j'adore voyager.

- Sinon, rendez-moi l'argent. - Fais pas l'idiote.

Au voleur !

Fiche le camp !

- Plutôt mourir. - Dégage !

Magne-toi, on va nous entendre.

- C'est ta faute. - Rends-moi mes sous.

On te les rendra. Maintenant, file !

Ordures ! Vous m'abandonnez en pleine rue.

Au voleur !

On a plus l'argent, d'accord ?

Alors vends le camion.

Arrête !

Arrêtez-vous !

Vauriens, arrêtez !

Voleurs !

Arrêtez-vous !

T'es folle ? Tu mériterais une paire de claques.

Inconsciente !

- On est tranquilles. - Tout est de ta faute !

T'as pris ce contrat, abordé la fille.

Parfois, j'en envie de... T'as pas voulu signer la traite.

J'avais pas le choix. Tu voulais qu'ils gardent le camion ?

Et si elle parle ? Fais gaffe !

- Voilà. - Bonsoir.

- On est amis avec l'agent Grossi. - Papiers.

La prochaine fois, on contrôle tout.

Merci beaucoup, mais tout est en règle.

Vraiment tout.

Vous l'avez eu où, votre permis ?

Qu'est-ce qu'il y a dans la remorque ?

Regarde.

Si les flics te chopent avec une fille...

- On est où ? - Je t'en collerais bien une.

Essaie un peu.

- Salut, Gino. - Salut.

- Au travail ! - Tu me fais un bisou ?

La vache !

Je m'en étais pas aperçu.

T'aurais dû l'avoir vue depuis le début.

Vous lui avez fait quoi ? Elle est dans un état !

Une miséreuse sans un sou en poche. On l'a prise en stop.

- La folle ! - Je reviens.

On se croirait à la montagne.

Voilà.

Les gars,

vous oubliez votre porte-bonheur.

J'arrive !

Démarrez ! Salut, les gars.

Salut, la fée !

Il manquait plus que ça...

Le pneu est dégonflé ?

Vous croyez ?

Faites ce que vous voulez, mais pas touche aux poules.

Vous inquiétez pas, je les surveille.

- Besoin de quelque chose ? - Que tu te pousses.

- Pas touche aux poules, hein ? - Esterina, arrête !

C'est pas jojo, hein ?

C'est quoi, ce truc ?

- Je sais pas. - C'est un cric.

Pourquoi tu me le demandes ?

Tu sais à quoi ça sert ?

A vous taper dessus si vous dégagez pas de là.

- Aide-moi. - Tout de suite.

Tiens ça.

Y a des camions qui passent là tous les jours.

Ils me volent mes poules, ils les tuent.

Je dors pas la nuit, vu que mon lit tremble.

Déménagez !

Gentille fille. Viens m'aider à la pousser.

Je suis occupée, ici.

C'est chouette, hein ?

Quoi ?

De travailler.

Tiens-moi ça une minute.

Voilà.

Autre chose ?

Pas pour le moment. Va te débarbouiller.

- Pourquoi ? - On dirait un clown.

Viens.

- Pourquoi tu fais cette tête ? - Je fais comme toi.

Voilà la bassine.

L'eau est bien fraîche.

- Vous en avez encore pour eux ? - Y a le puits.

C'est lequel, le tien,

entre les deux ?

Devinez !

Le moustachu est un peu trop vieux. Vous voulez un poulet ?

J'ai pas faim, pour le moment.

Tu veux un oeuf ?

- Et pour toi ? - J'en volerai un autre.

T'es pas encore propre.

Laisse-moi faire.

Avec le jet d'eau.

Attends, il faut que tu la mettes plus haut.

Mais qu'est-ce que tu fais ? Coupe tout !

C'est pas vrai !

T'as vraiment des bonnes idées.

- Faites-moi passer. - T'es tombée dans le puits ?

Non, reste comme ça.

Ca change tout.

T'as vu comme elle est ?

- Ouste ! - Pour un coup d'oeil ?

Un poulet pour ces jeunes gens ?

Non, juste un peu d'eau pour se rafraîchir.

C'est pas grand-chose, mais bon...

Esterina, tu veux un coup de main ?

Fiche le camp !

J'en ai trop vu.

Quelque chose cloche ?

- Non merci. - Qu'est-ce qu'il y a ?

Cache-toi, y a la police.

Mince !

Un petit verre ?

Le vin, c'est bon pour le sang.

Allez, dis-le-lui.

Non, j'en ai pas le courage.

Débrouille-toi, mais je veux plus d'elle à bord.

C'est toi qui as fait confiance à cette folle.

La folle nous a filé les 30 000 lires

sans faire de paperasse.

Et on est à 200 bornes de Turin.

Si t'as envie d'une fille, y en a plein les rues.

C'est toujours moi qui règle les problèmes.

Elle est déjà dans le camion. Va lui dire.

Allons-y.

Tout de suite.

Mets ça.

- Pourquoi ? - Pour changer.

- Salue Gino. - Pourquoi ?

Juste comme ça.

- Au revoir. - A bientôt.

Repassez ici au retour.

- Au revoir, madame. - Bon voyage !

Tu veux un autre oeuf ?

Non, ça suffit.

Bois-le, il est tout chaud.

Je peux pas. Bois-le !

Arrêtez, je suis frigorifiée.

Il fait un froid de canard !

Arrêtez-vous !

Qu'est-ce qu'elle braille ?

Je peux descendre ? J'ai froid.

Descends. On se prend un petit café ?

D'accord.

Piero, j'ai une idée. Il est quelle heure ?

Attends... Il est 12h45.

On s'arrête ici cinq minutes.

On va d'une traite à Cimiliano. On sera à Livourne demain soir.

- Encore une nuit en route. - Je conduirai.

C'est pas ça. J'aimerais bien pioncer dans un lit.

Quand tu seras mort.

Je me sens mieux, maintenant. J'ai cru mourir de froid.

Comme si ça m'étranglait.

Qui va t'étrangler, toi ?

Moi, c'est l'effet que ça me fait. Que c'est joli !

Tu m'apprends à fumer ?

Tiens. Tu avales et tu recraches.

Recrache !

Ca brûle !

On dirait une locomotive.

Montre-moi comment tu fais.

Un peu à la fois.

Je réessaie.

Tu en avales un peu et tu en recraches un peu.

- Ca brûle moins. - Parle pas en même temps.

- Mais je fume plus. - Pourquoi ?

Sinon j'attraperai le vice.

- Besoin de quelque chose ? - Non.

Attends, j'ai besoin d'elle !

C'est ça ! Tu veux pas que je te l'offre, non plus ?

- Je paie la moitié. - Demande-lui.

Je me vends pas aux enchères. Je me marie ce soir.

Laisse-moi monter.

Moi, je choisis.

- Alors... - Tu trouveras pas mieux.

T'as une jolie bouche ?

Une jolie bouche et tout le temps qu'il faut.

Monte ! Toi, recule.

Tu sais pas ce que tu perds.

Une femme mariée, c'est comme ça.

Amuse-toi !

Celle-là, elle fait ça presque à l'oeil.

Il fait froid. Je vais à l'intérieur.

Je suis gelée.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Rien.

Alors ?

Tu me fais mal !

- Qu'est-ce qui te prend ? - Qu'est-ce que je t'ai fait ?

- Pourquoi tu es montée, alors ? - J'avais froid.

Approche.

Lâche-moi !

Maintenant, j'en ai marre !

T'es qu'une crétine !

Elle veut me rendre chèvre !

Je descends !

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Une affaire en or.

- Explique-moi. - Mais c'est 30 000 tout de suite.

30 000 lires, c'est pas rien.

Viens par là.

Gardien !

Où tu vas, comme ça ? Reviens par là.

Pourquoi cette lumière ?

Avec ça et la musique, ils mangent tout le temps.

Ils grossissent deux fois plus vite.

Un jour et une nuit, ça fait comme deux jours.

- Et puis ? - On les tue plus tôt. C'est mieux.

- Pour qui ? - Ceux qui les tuent et les mangent.

Quand on doit mourir, autant faire vite.

Ici, on devient fou.

J'ai plein de pantalons. T'as l'embarras du choix.

Ils ont l'air si tristes.

Tu penses ! Toute une vie en prison !

- Y en a combien ? - 22 612.

- Et s'ils se révoltent ? - Ils sont enfermés à clé.

J'accepterais pas une cuisse de poulet.

Personne t'en propose.

J'aime bien le tien.

Mais il est tout neuf, celui-là.

Mais je te le paie comptant.

Tourne-toi et compte jusqu'à 30. Je siffle quand j'ai fini.

D'accord ! Un, deux...

Ca vous dirait, un joli pré ?

On va se promener ?

- Te retourne pas. - Prenez votre temps.

Le premier pneu à 50 % et le deuxième à 30.

- A 40. - Plus ou moins.

- Combien vous me donnez ? - 10 ou 12 000 lires.

- 12 000 lires pour ça ? - Ca vaut plus !

C'est toi, le fou.

Il faut que je rende les 30 000 lires.

On risque de rester en carafe sur la route.

Ou de terminer dans un fossé.

- Je m'en fiche. - Pas moi !

Le camion est aussi à moi. Tu vends rien.

- C'est qui, le patron ? - C'est moi !

- Voilà les pneus. - Les touche pas.

- Pousse-toi. - Fais gaffe !

Je veux plus rien, plus un sou.

Il cherche tes 30 000 lires.

J'ai changé d'avis, je veux plus rien.

T'as du vent dans la cervelle.

Oui, mais je suis bien avec vous.

Je m'amuse. J'avais jamais eu d'amis.

Je veux venir avec vous. J'adore voyager.

J'étais jamais sortie de ma coquille.

Quelle coquille ?

C'est une façon de parler.

Tout est gratuit.

Je veux pas un sou.

Mais ne me laissez pas. Je peux vous aider.

T'es encore en colère ?

Tu m'en veux ?

Non, à moi.

Ca va passer vite, alors.

L'autre, quand il s'énerve, il monte comme une soupe au lait.

- Comment ça ? - Un vrai coléreux.

- Aide-moi. - Un à 5 000...

Celui-là, il vaut moins que ça.

- T'as pas compris ? De l'air ! - Il est fou.

Disons 16 500, et l'affaire est conclue.

Ils te plaisent, les pneus ?

Mais on te vendra rien du tout.

- Rien ! - Laisse tomber !

Usurier !

Qu'est-ce qu'elle a à piailler comme ça ?

Profiteur ! Pirate !

Crétin !

Au secours !

Fermez les grilles !

Fermez les cages !

- Freine ! - Pourquoi ?

- Je mate. - Fais voir.

Ecris-moi, ma beauté !

Le regard qu'elle m'a jeté...

Tu peux vraiment pas renoncer à tes petites habitudes ?

Il faut changer les pneus. Ici ou à Livourne, c'est pareil.

Fais aussi vérifier le reste.

Allez, magne-toi !

- C'est un besoin physiologique. - Reviens pour 23h.

- Salut ! - T'as pas honte ?

Rendez-vous à 23h, devant l'osteria.

Allons-y.

Je peux ?

Voyez-vous ça !

- Comment ça va, M. Piero ? - Bien. Elle est libre ?

Libre comme l'air. Suivez-moi.

Pas de bruit. J'ai besoin de tranquillité.

Vous n'entendrez rien.

Voyez ? J'ai fait repeindre les murs le mois dernier.

- Parfait ! - C'est confortable, hein ?

C'est pas pour me vanter, mais y a peu de lits comme ça.

Quand on s'allonge, on peut dormir trois jours.

Voilà.

Je vous réveille à quelle heure, M. Piero ?

Le plus tard possible, madame.

Je suis crevé.

A 22h50.

Très bien.

Faites de beaux rêves.

Turin !

Te gêne pas !

On dérange pas, là.

Si on vous demande, d'accord.

Mais cherchez pas, vous.

D'accord. Pas de problème.

- On fait quoi ? - On attend.

On reste ici bricoler un peu.

Je m'ennuie.

Y a un cinéma derrière, si tu veux.

C'est pour les amoureux.

- On va se promener ? - Ca me dit rien.

Tu me trouves vraiment désagréable ?

Qu'est-ce que ça a à voir ?

Tu aimes ton camion, hein ?

Evidemment.

C'est à moi.

Tu vois, le camion, c'est une chose merveilleuse.

T'y comprends rien, toi.

Je trouve ça pas terrible. Ca parle pas, ça rit pas.

Justement !

Quand tu l'auras payé, tu t'en seras lassé.

- Non, j'en achèterai un autre. - Et après ?

10, même 100, si je peux.

T'en ferais quoi ?

Je ferais travailler les autres et je me reposerais.

Je veux pas finir comme Piero, trimer toute ma vie.

Ni comme mon père.

Il est en retraite et n'a même pas de quoi se payer un verre.

J'ai envie de m'amuser, on a qu'une vie.

Je veux pas m'embêter avec une femme ou des gosses.

Et pas avec un patron non plus.

Tu fais quoi ?

Arrête !

Elles sont toute sales.

Regarde, tu t'énerves et tu oublies tes chaussures.

Pardon. C'est votre camion ?

Oui, madame. Pourquoi ?

- Il est libre ? - Ca dépend pour quoi et combien ?

Juste deux heures pour un déménagement.

- Affaire conclue ! - T'en mêle pas.

Vous voulez combien ?

Faut voir la distance et le chargement.

C'est en ville. Vous n'aurez même pas à charger.

- 4 000 de l'heure. - Trop cher.

- Tant pis. - Disons 6 000 pour deux heures.

- 7 000 et comptant. - Tais-toi !

D'accord, mais pressons. Je n'ai pas de temps à perdre.

Madame, il me faudrait un acompte.

Tenez. Vous aurez le reste après. Suivez le taxi.

Te mêle pas de ces histoires !

Je pensais te rendre service.

- La prochaine fois, boucle-la. - La prochaine fois, je te salue.

Turin !

Ca veut dire quoi ?

Rien ! Je te salue !

Ils m'ont demandé.

- Rien à dire. - Ca arrive...

Reculez ! N'avancez pas !

Laissez passer !

Circulez ! Dégagez le passage !

Venez ! Chargez et emportez le tout.

- Où ? - Où ils voudront.

- C'est qui ? - Qu'est-ce que ça peut vous faire ?

Vous pouvez pas attendre demain ?

Qu'est-ce que j'en sais, moi ?

- Alors ? - Le vieux refuse de sortir.

Vous êtes cinq, convainquez-le.

Il s'est attaché à la porte des cabinets.

Ah, la vieillesse ! On fait comment, alors ?

- Je vais essayer. - Très bien.

Bandits !

Attention.

Allez !

J'aime pas ça. Rends les sous.

Je t'avais prévenue que c'était pas pour toi.

C'est trop tard, maintenant.

Je m'en vais, je ne supporte pas les cris.

Vous ne l'emporterez pas au paradis !

Je me révolte contre les abus et l'injustice.

Qui c'est, ces briseurs de grève ?

Les briseurs de grève au service du diable.

Elle se trompe.

- C'est pas notre faute. - On savait pas.

Vous pouvez avoir honte !

Vous êtes deux esclaves au service de cette femme !

Pressons.

Je dois aller où ?

- Où ils vont ? - A l'asile.

- Ca suffit, maintenant. - Je monte où ?

Chauffeur, tu me le paieras ! Je te maudis.

- Pourquoi ils vous chassent ? - Question d'argent.

Si vous payez pas, c'est normal.

Comment ça, je paie pas ?

Ils vendent le terrain pour faire un immeuble.

Aussi gros que sa face !

Je vais aller chez elle et la traîner dans les rues,

nue comme Marie-Madeleine.

Je vais l'empoigner,

la fouetter jusqu'au sang et la rouer de coups

Vous verrez bien !

Je vais la massacrer, lui passer dessus avec une charrue.

Vous voulez aller où ?

Répondez-lui, il est pressé.

Pessimiste !

Alors ?

Calme-toi, jeune homme. Tu obéis qu'à moi.

Arrête !

C'est ici ! Je vais vous montrer, moi. Tyrans !

Ecoutez le peuple !

Voleurs, vauriens ! Vous vous noierez tous

dans le gouffre du vice !

Dieu, détruis-les comme Sodome et Gomorrhe !

Envoie-leur l'ange à l'épée flamboyante !

Voleurs ! Vendus !

Bien envoyé !

Tais-toi, y a les flics. Tu veux m'envoyer en taule ?

Pourquoi pas ?

Qu'est-ce qui passe ?

- Il a raison. - Par pitié !

Halte ! Arrêtez-vous !

Allez, on décharge tout.

Encore un peu, et j'allais en prison.

- J'en ai ras le bol. - Tu as raison, jeune homme.

Laisse-nous ici, on dormira à la belle étoile.

Ca ou l'enfer, pour moi, c'est pareil.

J'ai failli perdre mon permis et ma licence.

On les abandonne ?

La ferme, Esterina. Te mêle pas de ça !

Les enfants ont même pas un bol de soupe.

- Qu'ils se la paient ! - Avec quoi ?

On a les poches et l'estomac vides.

C'est la dèche !

Il manquait plus que ça. J'y peux rien, moi !

Rien ? Tu m'étrangles.

Tu les entends pleurer ? T'as un coeur de pierre.

Remontez.

Tu commandes ? C'est ton camion ?

Oui, pour 30 000 lires !

Tu es copropriétaire ?

N'importe quoi !

Venez. De toute façon, on attend Piero.

Le chevalier au grand coeur nous offre un verre.

Comment te remercier ? Si tu étais une vigne, je te créerais un fleuve.

Si, un jour, tu veux honorer ma table,

je t'offrirai du vin et de la soupe.

Toi, Esterina, reste avec lui et épouse-le.

On est même pas ensemble.

C'est mal ! Tu ne dois pas suivre des brigands.

Mais il me fait bonne impression.

Tu dois le savoir, non ?

Laissez tomber.

Ne vous séparez pas.

Hommes et femmes sont faits pour être ensemble.

Il faut toujours avoir confiance en la vie.

Le mot d'ordre, c'est "confiance".

La ruine vient de la raison. Plus on pense,

- moins on pense. - Je savais pas.

On m'appelle le poète des proverbes.

Ecoute, grand-père. Où doit-on mettre tes affaires ?

Chez moi, pardi !

Où d'autre ?

Demain, ils reviendront.

Mais c'est chez lui !

Comme vous voulez.

C'est pas comme je veux, c'est la justice.

Je peux pas chercher une autre maison.

Chez moi, c'est là-bas.

C'est pas évident de dégoter une autre maison.

- Il faut des années. - Exact !

Allons-y, les enfants. Il se fait tard.

On a trouvé un autre chargement ?

- Les vacances sont finies. - Dis pas ça !

Allez, travaille ! Tu peux avoir honte.

Non, j'ai un costume tout neuf.

- Parfait ! - Allons-y !

Quelle jolie maison !

Ce qui compte, c'est que ce soit la mienne.

Excusez-nous.

Venez, si vous repassez dans le coin.

Rappelez-vous que cette maison est la vôtre.

- Viens. - Bon voyage.

Revenez manger.

- D'accord. - Reste avec nous.

- J'aimerais bien. - Alors, reste.

Tu fais partie de la maison, maintenant.

Il y aura toujours un lit pour toi

et une bouteille de Bardolino.

Mais fais bien attention.

Quand une fille voyage seule avec deux hommes,

si elle en agrippe pas un,

elle perd sa réputation.

Vous avez raison.

Mais les fouineurs n'arrivent pas ici.

Reviens quand tu veux. Tu es chez toi, ici !

J'aurai un lit et une bouteille de Bardolino.

Toujours, Esterina. Au revoir.

Arrête de suivre des bandits.

Ils te rentrent n'importe quoi dans le crâne.

- J'arrive ! - Merci.

De quoi ? Vous avez un père formidable.

Ca fait 42 ans que ça dure.

Ca, c'est un homme !

- Fou à lier, oui. - Arrête !

- Il a récupéré sa maison. - Jusqu'à demain.

- T'as pas entendu ? - Jusqu'à demain !

Il m'a invitée. Même des chars le feraient pas bouger.

- Dors ! - Si j'ai envie !

T'es qu'un menteur !

Si la vie pouvait être si simple...

- Y a que les camions qui comptent ? - Quoi ?

Les gens s'en fichent bien que t'aies un camion.

Dans quel état il l'a mise !

Il en vaut cent comme vous !

Tu nous estimes bien peu.

T'as une femme et tu la trompes. Ca me dégoûte !

Où est le rapport ?

Pourquoi tu l'as pas laissée à Pise ?

Ils auraient formé un couple de fous.

Le baratin, ça sert qu'à crever la dalle dans la rue.

J'en ai marre ! Continuez d'acheter des camions.

Lui, il a retrouvé sa maison pour pas un sou !

C'est ça, tu verras...

- Descends ! - Pourquoi ?

- On est où ? - Allez, vite.

Dis-moi où on est.

Au port. Si on te voit, on aura des problèmes.

Attends ici. Tu peux pas venir.

- Et je fais quoi ? - Pense au vieux.

- Vous me laissez seule ? - Promène-toi.

Allez, file !

On ne passe pas !

Nulle part ?

Quelles vagues ! C'est agité, hein ?

Regarde-moi cet attirail.

Bonjour, monsieur. Comme tu es beau !

T'en as, des belles taches.

Comment ? T'aimes bien les compliments.

On dirait que Boris vous connaît.

- Vous êtes déjà amis. - C'est facile avec les chiens.

Avec les vaches et les ânes, c'est plus dur.

- Ah, oui ? - Ils refusent.

Je ne le savais pas.

J'ai habité quinze ans à la campagne.

Ou on s'entend avec les bêtes ou on meurt.

C'est vrai ! Asseyez-vous.

- Un café ? - Non, ça m'empêche de dormir.

- Un gâteau, alors ? - Ils sont bons ?

Goûtez, sinon on le renverra. Garçon !

- Oui ? - Ecoutez.

- Des pâtisseries. - Tout de suite.

Vous aimez la campagne ?

Les arbres et les montagnes.

Il faut prendre son temps, en montagne.

C'est traître !

Et votre mari, qu'en pense-t-il ?

Il n'est pas encore né !

Vous êtes du Nord, n'est-ce pas ? Que faites-vous ?

- Je voyage. - Quelle belle idée ! Seule ?

Presque. Je cherche une place de domestique.

- Pas d'eau. Ca casse les ponts. - Un apéritif.

Les deux camionneurs sont des bons à rien.

Ce serait du gâchis que vous soyez domestique.

- Essayez autre chose. - Quoi donc ?

Vous croyez au destin ?

Croyez en vous. Ils sont rares ceux qui savent parler aux chiens.

Mais on crève la dalle dans la rue.

J'ai une adresse pour vous.

Pour des chiens ou du travail ?

Vous aimez être jolie ?

Plutôt, oui.

Ca m'y fait penser...

Là-bas, vous deviendrez infirmière.

J'ai pas fait d'études.

C'est un institut de beauté. Vous prendrez soin des clients.

J'ai la frousse des piqûres.

Moi, aussi. J'en ai eu qu'une seule, quand j'étais petite.

Infirmière, c'est un beau métier. Comme glacier.

Peut-être plus encore.

Et le salaire ?

Peut-être 20 ou 25 000 lires par mois pour commencer.

Après, vous évoluerez.

Vous croyez qu'ils me prendront ?

Vous êtes une jeune fille très gaie.

Je fais rire tout le monde.

Voici l'adresse. 3 via Macchiavelli.

Merci beaucoup. J'y vais tout de suite !

- J'oubliais... - Laissez-moi vous inviter.

Vous me rendrez la pareille plus tard.

D'accord. Merci !

Où allez-vous ?

Je dois parler à un type.

- Tu as un permis ? - Une minute...

- Demi-tour. - Sinon la place va m'échapper.

Mets un pied dessus.

- Ca vous faire rire, hein ? - Va-t'en.

Rendez-moi service. Y a un type qui s'appelle Gino.

Dites-lui : "Esterina va voir pour un travail.

"Elle téléphonera. Si elle a la place, elle part plus."

Si le salaire est bon, c'est mieux pour nous trois.

- N'oubliez pas ! - Vas-y !

- Elle voulait quoi ? - C'était interminable.

En voilà une autre.

Bonjour.

- Que se passe-t-il ? - Tu vas nous le dire.

- Avance ! - M'attrapez pas par le col !

- Arrête de te débattre. - Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Qui c'est ? - Elle a sonné.

Ils vous ont écrit de Turin, mais j'ai pas volé le vélomoteur.

Quel vélomoteur ?

Je savais qu'ils me pourchasseraient !

Arrête de crier et assieds-toi. On reprend du début.

Papiers !

J'ai juste 1 500 lires.

Tu croyais trouver l'Amérique ?

J'ai pas de photo.

- Ton nom ? - Borasso Esterina.

- Née à... - Seggiano.

- Age ? - 17 ans. Enfin, 16 trois quarts.

Ecris 17.

- Vous écrivez quoi ? - T'occupe ! Adresse ?

Momentanément là.

C'est-à-dire... ?

C'est le numéro du camion où j'habite avec Gino et Piero.

Contrôle-moi ça.

Ils sont en train de décharger au port.

Depuis quand tu... travailles ?

Depuis mes huit ans.

Huit ans ? Tu es dingue !

Je sers depuis mes huit ans.

Ne fais pas l'innocente.

Allô ?

J'arrive. Mariée ?

- Qui ? - Toi !

J'espère ! Un jour ou l'autre.

Très bien.

Fais pas l'idiote avec moi. Qui t'a envoyée ?

C'est la dame.

- C'est elle. - Qui ?

- Grande, élégante, des lunettes ? - Oui. J'y vais ?

Où ?

- Dehors, si j'ai la place. - Quoi ?

La place d'infirmière, comme m'a dit la dame.

- C'est ça ! - Et le travail ?

Je vais t'en donner, moi, au commissariat !

Vous en profitez, vu que vous êtes deux.

- Elle sait rien. - C'est ce que je pense.

Il vaut mieux garder un oeil sur elle.

- Ce sera long ? - On attend le fourgon.

- Pour où ? - En villégiature.

Elle est où ?

Au frais. Trois par chambre.

Y a pas de travail, et en plus, ils nous arrêtent ?

- Patiente, idiote ! - Quelle trahison !

Si je chopais la balance !

Cherche-la.

- Ils font quoi, au frais ? - Une visite médicale.

- Toute nue ? - On est en juin, non ?

Nue comme un ver.

De quoi t'as honte ? Après, ils te rhabillent.

- C'est une nouvelle. - Laisse-la tranquille.

T'as qu'à t'échapper.

- C'est possible ? - Essaie !

Je peux aller aux toilettes ?

C'est vrai ?

Je peux plus me retenir.

Viens.

Entre là-dedans, mais ne ferme pas à clé.

Allez au commissariat pour arranger ça.

On a des horaires à respecter.

Racontez ce que vous savez sur la fille et vous partirez.

Le chargement partira sur un autre camion.

Vous avez entendu ? On doit partir.

Vous partirez après.

C'est un désastre ! Qui va nous payer ?

- L'Etat, tant que vous y êtes ! - Quoi ?

On vous a dit comment on l'a rencontrée.

Enfermez-la, je m'en fiche !

Il faut que vous répétiez tout au commissaire.

Je me couperais les mains !

Moi, je te casserais la tête ! Il manquait plus que ça !

- Je décharge ? - Comme tu veux !

- Ca doit arriver demain. - Je t'ai dit : "Comme tu veux !"

Dites que vous nous avez pas trouvés.

Torino !

- Téléphone. - Qu'est-ce qu'il y a, encore ?

Alors ? Je décharge ?

Décharge ou je balance tout à la mer.

Allez, déchargez.

Il y a un chargement pour Turin, départ immédiat.

- Ils déchargent ? - Ils déchargent.

Allô ?

Qui ?

Tu m'as foutu en rogne !

Vous me laissez seule ?

Je maudis le jour où je t'ai rencontrée !

Ils sont pires que mon patron. Je les laisse tomber.

- Un jus d'oranges amères. - Je n'en ai pas.

- Mais y a quelqu'un qui m'aime. - Pardon ?

Rien. Une bouteille de Bardolino.

- Pour tout de suite ? - Je l'apporte à la maison.

Et ça, pour les enfants. Le vieux sera content.

Une glace.

- C'est combien ? - 750 lires.

- Votre monnaie ! - Gardez-la.

- A Pise. - Comment ?

C'est à 30 kilomètres. On arrivera à l'aube !

Prenez le train !

Alors, au train !

Pardon.

Vous allez à Turin ?

Pourquoi ?

Si vous pouviez m'emmener...

T'as de l'argent pour les frais ?

J'ai 30 000 lires.

Monte.

T'as vraiment tout cet argent ?

- Bien sûr ! - Montre-moi.

Voilà le reçu.

- C'est quoi ? - Mes 30 000 lires.

C'est tout juste bon à emballer le salami.

- T'as combien en liquide ? - 200 lires.

- 200 ? Descends. - Pourquoi ?

Tu vas à Turin à pied.

Je suis un commerçant. Personne me raconte de bobards.

- Moi non plus. - T'as essayé !

Je suis bien gentil. J'ai fait le tour d'Italie en moto.

J'ai transporté des riches et des pauvres.

Mais personne s'est foutu de moi !

Descends !

- Vous pouvez me frapper... - Il va t'arriver malheur.

Vous êtes obligé de m'emmener.

A coups de pied, oui !

Vous devez m'emmener à Turin !

Me laissez pas là !

Ayez pitié !

Je vais te donner une bonne leçon, imbécile !

Me laissez pas !

Le reçu ! Le reçu de Piero !

Va-t'en !

- Y a quelqu'un qui se noie. - Où ça ?

Là-bas ! On dirait une femme !

- Lequel de vous est Gino ? - Moi.

Et vous, l'homme marié ?

Des enfants ?

Trois... Trois et demi, en fait.

- Vous êtes fiancé ? - Non.

Les choses vont plutôt mal pour la jeune fille.

Il y a le procès-verbal de police. Tentative de suicide.

- Pourquoi elle a pas téléphoné ? - Elle l'a fait.

- Alors ? - Elle rentre chez elle.

Escortée par les gendarmes.

Après des incidents de ce genre, ils ne vous lâchent plus.

Et la fille se retrouve sur le trottoir.

Asseyez-vous.

Donnez-moi vos coordonnées.

Je vais m'arranger avec la police.

On peut étouffer l'affaire ?

Noms et prénoms. Vous la raccompagnerez peut-être.

Mais ce sera sous votre responsabilité.

Vous, d'abord. Nom et prénom.

Gino Buratti.

Soeur Maria...

C'est elle.

Je m'appelle soeur Teresa. Que veux-tu ?

Vous voyez, ils sont venus.

En prison !

Tu veux pas te reposer dans la couchette ?

- Qu'est-ce qu'elle fait ? - Elle pleure.

Ne te mets pas dans cet état-là. C'est idiot.

C'est peut-être toi qui as raison.

Je comprends que tu souffres, mais fais un effort.

En plus, ça sert à rien.

Il faut que tu penses à l'avenir. Pas au passé.

Qu'est-ce que je dois faire ?

Ce que tu veux. Mais ne te mure pas dans le silence

et ôte-toi cette idée de la tête.

Tu as vu ? On a trouvé un autre chargement.

C'était difficile, mais y a une solution à tout.

C'est toi qui avais raison.

A force de penser au camion, j'oublie le reste.

Avant, on entendait que toi.

Tu nous cassais les oreilles.

Je vais te ramener chez toi. Et on se reverra.

Je passerai le dimanche, les jours de congé...

On se promènera.

Ca me fait plaisir. Je le fais pas par pitié.

On ira au cinéma comme des amoureux.

Il en met du temps, Piero.

Où tu vas ?

Arrête !

Laisse-moi !

Qu'est-ce qui t'a pris ?

- Laisse-moi ! - T'es devenue folle ?

- Je t'aime ! - Lâche-moi !

Tu mens !

Vous auriez pas vu une fille et un type comme moi ?

- T'es comment ? - Comme toi, vieillard !

Que c'est beau d'être amoureuse !

J'en ai les larmes aux yeux.

Je m'y attendais.

Je me tuerai plus jamais.

Tout est différent, maintenant : les arbres, les maisons, les rues.

Tout a changé.

Tu m'as ouvert les yeux.

- Merci. - De quoi ?

- T'énerve pas ! - Moi ?

Tu cries !

Et maintenant, tu dis plus rien. On fait ça à tour de rôle.

- Je dois dire quoi ? - J'ai envie de papoter.

Mais lui, non.

Mais je l'aime quand même.

Même s'il se coupait la langue.

Tu préfères Gino et Esterina ou Esterina et Gino ?

Où ça ?

Partout. Par exemple, pour écrire sur une lettre. Alors ?

Je vais dormir. Caresse-moi pour que je rêve de toi.

Oui, Esterina.

Embrasse-moi.

Tu m'aimes bien, Piero ?

Présente-moi tes voeux.

Tous mes voeux. Que tu aies ce que tu veux.

C'est pas la peine, je suis déjà heureuse.

Pour la première fois.

Parce que j'aime Gino.

Je suis arrivé.

A demain, Piero.

On descend aussi.

- On se voit quand ? - Je passe ce soir.

Je t'attends.

Comment ça va, mon amour ?

Regarde ce qu'ils t'ont fait !

- C'est qui, cette fille ? - Je t'expliquerai.

- Voici ma femme. - Enchantée.

- Discutez entre vous. - Allons-y.

Tu vas faire quoi, avec Esterina ?

Je suis pas comme toi.

Pour moi, la vie, c'est autre chose.

Avec mes autres copines non plus, c'était pas du sérieux.

Où vous avez acheté vos chaussures ?

Corso Monginevra. Je vous emmènerai.

Vous êtes gentille.

Une glace !

- Ne vous dérangez pas. - Deux glaces.

Lui aussi ?

Non, juste deux.

Elle, c'est autre chose.

Exactement.

T'es pas blanc non plus. Et je crains pas l'enfer.

Tu sais, je t'en collerais bien une.

On bosse ensemble depuis cinq ans.

Quand t'étais paumé, je t'ai nourri, habillé.

J'étais coiffeur

et tu m'as enchaîné à ce camion que je peux plus lâcher.

Je te cracherais bien à la gueule !

Et moi, je te casserais la gueule.

Si tu veux qu'on bosse ensemble, mêle-toi de tes affaires.

Je veux pas de conseils d'un type pire que moi.

Esterina, viens ! On s'en va !

- Au revoir, madame. - A bientôt !

C'est la fiancée de Gino ?

Pour encore cinq minutes.

On va où ?

A la maison.

Oui, allons-y.

Chez toi.

Pourquoi ?

T'as bien une maison.

Merci beaucoup.

Tu croyais qu'on allait habiter ensemble ?

Bien sûr que non. On se connaît à peine.

- Et si t'en as marre ? - J'en ai pas marre.

Tu le penses maintenant. Et je pourrais en dire autant.

Mais dans un mois ? Dans un an ?

Ca, j'en ai rien à faire.

Ce qui compte, c'est que tu m'aimes pas.

Ca fait très mal parce que je me suis encore trompée.

Pourquoi tu dis ça ?

On peut continuer à se voir quand même.

- Alors, non. - Je veux plus te voir.

Je réponds même pas.

Voilà comment ça finit.

Je suis si en colère que j'arrive pas à pleurer.

Ecoute-moi.

Je serai là.

Si je peux faire quelque chose, dis-le-moi.

T'en as déjà assez fait.

Merci beaucoup.

Ramène-moi chez moi.

J'aurai voyagé, au moins !

Allez, accélère ! Accélère !

Je me mettrais des claques.

Ce serait drôle...

Tu comprends...

On passe sa vie à éviter de faire certaines choses.

Surtout à ceux qu'on aime.

Je sais pas comment t'expliquer...

mais je peux pas t'épouser. J'en suis incapable.

Je préfère être sincère.

Tu dis rien ?

Et il vaudrait mieux que toi non plus.

Je déteste l'été !

C'est là ?

Oui, c'est ma maison.

- On parle plus ? - Au revoir.

Attends !

Tes 30 000 lires.

- Mère ? - Morte dans un bombardement.

Père ?

Je l'ai jamais connu.

Tu es déjà venue ici, non ?

J'étais domestique. Et j'ai voulu changer.

Toujours la même histoire de garçon.

C'est pas vrai.

Vous croyez toutes que la vie, c'est comme dans un film.

Le garçon, l'amour...

Si tu savais combien j'en ai vus, des comme toi.

Et les années filent, la mort approche et vous revenez ici,

pour remettre un tablier.

Non, je remettrai pas de tablier.

Je vais me marier.

Salut. Où est Piero ?

Chez lui. Pourquoi ?

Tiens, c'est pour lui. Et ça, pour toi.

- C'est quoi ? - Des dragées.

Tu connais pas ? Ca se mange.

Pourquoi tu m'en donnes ?

Parce que je me marie.

Tu te maries ? Avec qui ?

Un retraité. J'ai rendez-vous dans une heure.

Attends !

Il est comment ?

C'est lui.

Il a 90 camions.

Si tu m'appelles, je m'occuperai de toi.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Je te trouverai du travail.

Un retraité, les camions... Tu es malade ?

Je lui ai donné ma parole d'honneur.

Salut, j'ai rendez-vous dans une heure.

Quoi, encore ?

Mange des dragées avec moi.

Vite, j'ai plein de choses à faire.

Tu te maries quand ?

Un de ces jours. J'ai déjà fait la photo.

C'est amer.

Prends-en une autre.

C'est bon. Sers-toi aussi.

On va les apporter à Piero.

- J'ai rendez-vous... - N'y va pas.

Mais le retraité m'épousera pas.

Tu trouveras quelqu'un d'autre.

Oui, un autre. Les années filent, la mort approche...

Allez, monte.

Viens chez Piero. Sa femme sera là.

On les mangera ensemble.

Sa femme, c'est mon amie, hein ?

Tu sais, je t'ai cherchée partout.

Quand on cherche, on trouve.

Ne pleure pas.

Tu dois plus pleurer.

Tu viens avec moi.

Laisse-moi pleurer. Tu vois pas comment est le monde ?

Plus tu dis de mensonges,

plus on te croit.

Toi aussi.

Non, Esterina. Maintenant, c'est fini.

Ca suffit.

Oui, ça suffit.

Point final.

Adaptation : Céline Merlin

Sous-titrage : C.M.C.

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